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36-Insuffisance Aortique

L'insuffisance aortique est un défaut de la valve aortique entraînant un reflux sanguin vers le ventricule gauche pendant la diastole, avec diverses étiologies telles que les insuffisances aortiques chroniques, congénitales et aiguës. Les symptômes incluent dyspnée, angor et signes d'insuffisance cardiaque, tandis que les examens complémentaires comme l'échocardiographie permettent de diagnostiquer et de quantifier la gravité de la condition. Le traitement peut être médical ou chirurgical, en fonction de la sévérité de l'insuffisance et de la présence de symptômes.

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36-Insuffisance Aortique

L'insuffisance aortique est un défaut de la valve aortique entraînant un reflux sanguin vers le ventricule gauche pendant la diastole, avec diverses étiologies telles que les insuffisances aortiques chroniques, congénitales et aiguës. Les symptômes incluent dyspnée, angor et signes d'insuffisance cardiaque, tandis que les examens complémentaires comme l'échocardiographie permettent de diagnostiquer et de quantifier la gravité de la condition. Le traitement peut être médical ou chirurgical, en fonction de la sévérité de l'insuffisance et de la présence de symptômes.

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Insuffisance aortique

Définition : Défaut d’étanchéité de la valve aortique avec reflux de sang de l’aorte vers le
ventricule gauche pendant la diastole.

Etiologies :
Insuffisance aortique chronique :
Les insuffisances aortiques dystrophiques : Elles deviennent la 1e étiologie (40-60 ans +++)
idiopatique le + souvent, elles sont dues à une dystrophie du tissu élastique qui peut intéresser la
valve aortique uniquement ou l’aorte ascendante. On distingue classiquement :
 Les anévrysmes dystrophiques de l’aorte ascendante, observés notamment dans la
maladie de Marfan et la maladie d’Ehler – Danlos : le mécanisme de l’insuffisance aortique
est alors le plus souvent une dilatation de l’anneau aortique
 Les dystrophies valvulaires dans lesquelles l’IAo est due à un prolapsus valvulaire.
Le rhumatisme articulaire aigu : 1e étiologie dans les pays en voie de développement (20-30 ans
+++). La lésion anatomique est une fusion des commissures et une rétraction des valves, elle
alors souvent associée à une RAo (maladie aortique) et/ou à d'autres valvulopathies.
Les insuffisances aortiques congénitales : 1e cause à évoquer si âge< 65 ans
La bicuspidie aortique = maladie de toute la racine aortique : atteinte de la valve et de l’aorte
ascendante = malformation cardiaque congénitale la + fréquente (1% de la population)
Autres :
 Une CIV associée à une insuffisance aortique (syndrome de Laubry - Pezzy).
 Un anévrysme des sinus de Valsalva.
 IAo associée à d'autres cardiopathies malformatives, essentiellement coarctation de
l'aorte et rétrécissement aortique sous-valvulaire…
Endocardite infectieuse : ancienne par perforations valvulaires.
L’insuffisance aortique dégénérative : Est une étiologie fréquente chez le sujet âgé où elle est
souvent associée à une sténose aortique.
Maladies inflammatoires ou infectieuses : Takayasu, SPA, syphilis, syndrome de Fiessinger
Leroy-Reiter, rhumatisme psoriasique, maladie de Crohn, de Behçet, PR, LES…
Hypertension artérielle
Médicamenteuse : restriction valvulaire liée à la prise de Benfluorex (Mediator®), d'Isomeride®
Insuffisance aortique aiguë :
 Endocardite infectieuse.
 Dissection aortique aiguë : atteignant l’anneau aortique.
 Insuffisance aortique traumatique (traumatisme fermé du thorax).
Physiopathologie :
Régurgitation +/- importante de sang de l’aorte vers le VG pendant la diastole. Ce qui ↓
théoriquement le débit aortique (débit systémique) et la perfusion périphérique.
Dans l’insuffisance aortique chronique : Pour maintenir un débit normal, le VG augmente son
VES (dont une partie va être régurgitée) par hypertrophie « dilatation et épaississement ».
En amont de la valve aortique :
 Le VG se dilate et s’épaissie de façon proportionnelle à la sévérité de la fuite aortique.
 La dilatation : la régurgitation va entrainer une surcharge diastolique du ventricule gauche,
(précharge) qui augmente l’inotropsime selon la loi de Starling.
 L’épaississement : ↑ postcharge est « fonctionnelle » car un VES augmenté doit passer au
travers d’un orifice aortique normal, ce qui revient à augmenter la résistance à l’éjection.
 Cette adaptation explique que les insuffisances aortiques chroniques, même importantes,
restent longtemps bien tolérées et asymptomatiques.
 A la longue : épuisement et dysfonction VG (risque opératoire et pronostic réservé)
En aval :
 L’hyperpulsatilité artérielle par l’augmentation du VES.
 L’élargissement de la différentielle est lié à la chute de la PAD (fuite diastolique) associée à
une augmentation de la PAS (VES augmenté).
 2 mécanismes expliquent l’angor : chute de la pression aortique diastolique (débit
coronaire↓) et hyperconsommation d’O2 par le VG hypertrophié.
Dans l’insuffisance aortique aiguë : Le ventricule gauche n’a pas le temps de mettre en jeu ces
mécanismes compensateurs (pas d’hypertrophie dilatation-épaississement)
En amont :
 élévation brutale de la pression télédiastolique ventriculaire gauche.
 élévation des pressions capillaires pulmonaires, de la pression artérielle pulmonaire.
 risque d’insuffisance cardiaque aiguë.
En aval :
 baisse du débit cardiaque.
 baisse de la tension artérielle diastolique.
 parfois choc cardiogénique, nécessitant une chirurgie en urgence.

Clinique :
Signes fonctionnels : Leur survenue traduit une cardiopathie évoluée.
 Dyspnée d’effort.
 Angor de repos, plus rarement d’effort.
 Lipothymies.
Examen physique :
Insuffisance aortique chronique :
Palpation : Choc de pointe étalé, dévié en bas et à gauche : choc « en dôme ».
Auscultation : Le souffle d’insuffisance aortique :
- Siège : Classiquement au foyer aortique, en fait le plus souvent au foyer d’Erb.
- Irradiations : descendantes vers la pointe et la xiphoïde.
- Temps : Holodiastolique, max protodiastolique allant decrescendo pour finir avant le B1.
- Timbre : Doux humé aspiratif.
- Intensité : Souvent faible, ↑ en position assise, penché en avant, expiration forcée.
- Autre : (généralement en faveur d’une insuffisance aortique importante) :
 Diminution ou abolition du B1 et du B2.
 Souffle systolique éjectionnel de sténose aortique fonctionnelle, peut être
remplacée par un bruit mésosystolique sec et bref « pistol shot ».
 Le roulement diastolique au foyer mitral : RM fonctionnel (fermeture par le flux)
 Bruit de galop (B3 +/- B4) : en cas d’une IAo compliquée d'insuffisance cardiaque.
Signes périphériques d'insuffisance aortique : Ils traduisent toujours une IAo volumineuse :
 Elargissement de la PA différentielle : une PA diastolique < 50mmHg traduit une IAo
sévère. La pression artérielle pulsée normale (PP= PAs-PAd) est de 50 à 60mmHg.
 Hyper-pulsatilité artérielle : pouls bondissant (cou= signe de Musset), « danse des artères»
(battements visibles des Artères périphériques), double souffle fémoral de Duroziez.
 Ictus pupillaire (signe de LANDOLFI), pouls capillaire.
 Sd de Loeys-Dietz : luette bifide, hypertélorisme, ATCD F de dissection aortique précoce.
Signes d’insuffisance cardiaque à un stade tardif.
Insuffisance aortique aigue :
 Le souffle diastolique est peu intense, parfois seulement protodiastolique.
 Les signes périphériques sont peu marqués.
 Les signes d’insuffisance cardiaque sont précoces.
Examens complémentaires :
ECG : normal (formes mineures), Typiquement : HVG diastolique puis systolique.
Radiographie thoracique :
Insuffisance aortique chronique : Les IAo de petit volume n’ont pas de signes radiologiques.
 IAo volumineuses chroniques → cardiomégalie « cœur de bœuf » aux dépens du
ventricule gauche (arc inférieur gauche saillant avec pointe plongeante).
 Arc moyen gauche hyper-concave
 Dilatation de l’aorte (convexité arc supérieur droit) dans les IAo dystrophiques.
 Signes d’insuffisance cardiaque (hypervascularisation pulmonaire) sont tardifs.
Insuffisance aortique aigue : Cœur de volume normal et Signes d’insuffisance cardiaque
(hypervascularisation pulmonaire) sont précoces.
Echocardiographie-doppler : Examen clés, il permet :
De faire le diagnostic positif : « Reflux diastolique de l’aorte vers le ventricule gauche visualisé
au doppler continu, pulsé ou couleur », signes indirects : le fluttering de la GVM = vibrations de la
GVM engendrées par le jet de la fuite aortique, avec fermeture mitrale prématurée
De préciser le mécanisme et/ou l’étiologie de cette insuffisance aortique
De quantifier l’insuffisance aortique : méthode de la PISA ++ (Proximal Isovelocity Surface Area
= mesure de la surface et du volume de la zone de convergence de l'IA sur le versant aortique de
la valve) permettant de calculer la SOR et VR à chaque diastole +++ = méthode de référence.
Évaluation semi-quantitative : cartographie du flux régurgitant en Doppler couleur, la largeur du
jet à l'origine (vena contracta > 6 mm si IAo sévère), la VTD dans l'isthme aortique+++, temps de
demi-décroissance ou PHT (PHT< 200 msec si IAo sevère)
 IA minime : volume régurgitant< 30 mL (grade 1).
 IA modérée : volume régurgitant 30-45 mL (grade 2) et 45-60 mL (grade 3).
 IA sévère : volume régurgitant> 60 mL, surface de l'orifice régurgitant ≥ 0,3 cm2 (grade
4).
D’évaluer le retentissement sur les cavités cardiaques surtout le Ventricule gauche (VG) :
 Le diamètre télédiastolique du VG (DTD) et Le diamètre télésystolique du VG (DTS).
 La fraction d’éjection ventriculaire gauche (FEVG).
D’analyser l’aorte ascendante surtout dans les formes dystrophiques et dans les bicuspidies.
De recherche des lésions associées.
IRM cardiaque : en cas d'ETT/ETO non conclusives sur la sévérité de l'IAo +++
 Évaluation très robuste de la sévérité+++ : mesure directe du volume régurgitant
 Analyse fine de la valve aortique : bicuspide ou tricuspide
 Évaluation de référence du retentissement sur le VG : dilatation et FEVG
 Recherche d'une dilatation de l'aorte ascendante associée+++
Angio-TDM aorte thoracique : si dilatation de l’aorte ascendante, notamment pour le suivi + + +
Coronarographie : recommandée avant chirurgie valvulaire chez les patients ayant une
valvulopathie sévère (insuffisance aortique ou autre) et au moins un des éléments suivants
 antécédent de maladie coronaire.
 suspicion d’ischémie myocardique : angor...
 dysfonction VG systolique ;
 hommes âgés de plus de 40 ans et femmes après la ménopause ;
 au moins un facteur de risque cardio-vasculaire. +++
Pour décider la nécessité d’une Chirurgie combinée.
Autres :
 ETO : précision des lésions anatomique, indispensable si EI ou dissection aortique.
 Cathétérisme gauche /angiographie : a été supplanté par l’échocardiographie, n’est
indiquée qu’en cas de discordance entre les données cliniques et échocardiographiques.

Complications :
Dissection ou rupture aortique : en cas de dilatation de l'aorte ascendante : en rapport avec la
taille de l’anévryseme, risque ↑ en cas de maladie de Marfran, de bicuspidie aortique, de
syndrome de Turner et/ou d'antécédent familial de dissection aortique et/ou de mort subite.
Insuffisance cardiaque gauche ou globale
Troubles du rythme ventriculaire (HVG) et auriculaire (du fait de la dilatation des oreillettes).
Endocardite infectieuse

Traitement :
Traitement médical :
 Règles hygiéno-diététiques : régime pauvre en sel.
 Vasodilatateur (IEC ou IC dihyropyridinique) : entrainant une diminution de la PAD et donc
du volume régurgité + une diminution de la post charge, il est indiqué en cas d’insuffisance
aortique importante sans indication opératoire et chez les patients inopérables.
 β bloquants : en cas de dilatation de l’aorte ascendante et systématiques dans la maladie
de Marfan (ralentir la progression de la dilatation et diminuer le risque de complications).
Traitement chirurgical :
Remplacement valvulaire simple (prothèse mécanique ou biologique) si IA valvulaire isolée.
Remplacement valvulaire + un remplacement de l‘aorte ascendante + réimplantation des
coronaires : intervention de Benthal (en cas d‘IA associée à une dilatation de l’aorte ascendante).
Indication de la chirurgie en cas de fuite aortique ou dilatation de la racine aortique :
Dilatation aortique importante.
Fuite aortique sévère :
 Patient symptomatique (dyspnée en NYHA II, III, IV et/ou angor).
 Patient asymptomatique avec une FEVG au repos ≤ 50%.
 Patient devant être opéré d’un pontage aorto-coronaire ou de l’aorte ascendante ou
d’une autre valve.
 Patient asymptomatique ayant une FEVG au repos > 50% mais une dilatation sévère du VG
: un DTD > 70 mm ou un DTS > 50 mm (ou > 25 mm/m² de surface corporelle)

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