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Cours 2-12

Le document retrace l'évolution de la musique populaire, en commençant par la naissance de la Tin Pan Alley dans les années 1880, qui a transformé la musique en une véritable industrie. Il aborde l'essor du ragtime, influencé par la culture noire américaine, et son impact sur la musique populaire, ainsi que l'importance des comédies musicales et des films musicaux dans l'entre-deux-guerres. Enfin, il souligne l'influence américaine sur la chanson française, notamment à travers des artistes comme Jean Sablon et Charles Trenet.

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Cours 2-12

Le document retrace l'évolution de la musique populaire, en commençant par la naissance de la Tin Pan Alley dans les années 1880, qui a transformé la musique en une véritable industrie. Il aborde l'essor du ragtime, influencé par la culture noire américaine, et son impact sur la musique populaire, ainsi que l'importance des comédies musicales et des films musicaux dans l'entre-deux-guerres. Enfin, il souligne l'influence américaine sur la chanson française, notamment à travers des artistes comme Jean Sablon et Charles Trenet.

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Histoire des musiques populaires actuelles

2. Le ragtime, les débuts de la Tin Pan Alley et l’entre-deux guerres

L’avènement de laTin Pan Alley fit de la musique un vrai métier, une vraie industrie.

2.1. « After the Ball » et la naissance de la Tin Pan Alley


Les origines de la Tin Pan Alley remontent à 1880 environ.
Le succès du piano mène à la création de maisons d’édition, répondant à la demande.
Willis Woodward et Thomas B. Harms furent les premiers, s’installant près des Vaudeville, à
Union Square.
Witmark & Company (1885), déménage en 1890sur la 28ème rue, entre la 5 e et la 6ème
avenue, près de l’industrie du divertissement.
Ces éditeurs dominent le marché en vendant des partitions, souvent avec un passé
commercial.
Ils abordent ainsi ce monde en vendant leurs partitions comme de purs produits de
consommation, avec marketing sous trois formes :
- Passer des accords avec des artistes : ils interprétent le catalogue sur scène pour une part
des bénéfices.
- Commander des chansons à des artistes (contrat d’exclu. parfois) sur des sujets d’actualité,
dans tel style en vogue, etc.
- Employer des song pluggers, jouant le catalogue à des intèrprètes, gérants de salle ou
producteurs.

En 1884, Thomas B. Harms, avec une chanson de Charles Pratt, « Wait Till the Clouds
Roll By » vendit 75 000 partitions.
Le tournant industriel de cette activité reste symbolisé par « After the Ball », par Chas
K. Harris, en 1992 ; conçu et commercialisé comme un vrai produit de conso.
Musicien autodidacte, Harris crée sa maison d’édition en 1880, à 18 ans.
Il s’adresse a un marché local, prenant commandes de chansons qu’il interprètera au
banjo.
Il s’attaqua au marché des parlor songs, destinées à être jouées par les femmes de la
middle-class américaine sur le piano qui se trouve dans le « petit salon » (parlour).
Il envoya la partition d’« After the Ball », à des chanteurs de vaudeville : May Irwin,
Dick Jose et Helen Morra. (sur l’affiche de A Trip to Chinatown)
L’année même, la partition rapporte $25 000 par semaine, qui s’acoulera à cinq
millions d’exemplaires. C’est cette chanson qui marque l’entrée des musiques populaires
dans l’ère de la « musique industrielle ».

Chas K. Harris écrivit des conseils pour commercialiser sa musique :


- « Inspirez-vous des journaux pour l’intrigue » ;
- « Soyez au fait du style en vogue » ;
- « Évitez l’argot » ;
- et « connaissez les lois qui régissent le copyright » (c’est-à-dire l’édition).
After The Ball, dans ses paroles comme son style (valse), cochent les cases de ce qui
est populaire à l’époque, d’où son succès.
Harris décidera, en 1897, d’ouvrir un bureau dans ce secteur de Manhattan
récemment envahis par de jeunes éditeurs avec du potentiel.
Les nerfs de cette industrie étaient la partition et le spectacle vivant (vaudeville).

2.2. La mode du ragtime


La culture noire américaine eut beaucoup d’influence sur ces musiques, fin 19ème. Le
ragtime, à la mode de 1880 à 1917,est un parfait exemple de cette évolution
Utilisant des musiciens blancs, il est comparables aux minstrels. Cependant :

Le ragtime a été le premier genre pop dans le sens où nous comprenons aujourd’hui le terme.
[...] Les minstrels se définissaient plus par l’usage de maquillage noir et la mise en scène
comique que par une forme particulière de musique. Elijah Wald

Tel le futur jazz et rock ’n’ roll, le ragtime symbolisant le mélange entre syncope, riffs,
pratiques noires, et marches de fanfare, modèles blancs.

En 1897, le terme de rag ou de ragtime naquit. Transmis oralement par des pianistes noirs, il
accède enfin à une reconnaissance nationale.

On retient notamment « Mississippi Rag » de William Krell (le premier ragtime)


« Louisiana Rag Two-Step » de Theodore Northrup (le premier ragtime pour piano)
« Harlem Rag » de Tom Turpin (le premier ragtime publié par un compositeur noir).

À la fin du siècle, Scott Joplin, « le maître du piano ragtime », publiait sa première


composition, « Maple Leaf Rag », un modèle du genre. On y trouve :

- Plan formel type AABBACCDD (avec modulation à la sous-dominante à partir du C)


- Main gauche qui marque tous les temps, souvent en « pompe » (Oom pah-Oom-pah)
- Main droite syncopée.

A la fin des années 1920, le ragtime est connu dans le monde entier.

Il influença des compositeurs savants comme Stravinsky, Ravel ou Debussy.

La Tin Pan Alley s’en empare en 1910. Ce tournant populaire dans l’histoire du genre est
symbolisé par « Alexander’s Ragtime Band », d’Irving Berlin (1911).

Ecrite par Emma Carus en avril 1917, elle l’interprêta dans toute l’Amérique. Berlin sera
connu mondialement comme « Le roi du ragtime ».

L’éditeur de Joplin, John Stark, promeut « une forme plus authentique » du ragtime :
le « classical ragtime » (ou « classic rag »).
Incarné par Joplin, James Scott et Joseph Lamb (les « Big Three » du classic rag, tous
trois édités par Stark), le style reprend le modèle Maple Leaf Rag : main droite syncopée,
main gauche marquant tous les temps, AABBACCDD, modulation en IV à C.
2.3. La Tin Pan Alley à l’ère du jazz, de la comédie musicale et des films musicaux

Scott Fitzgerald appelait l’entre-deux guerres « the jazz age », débutant avec « Lively
Stable Blues » et « Dixieland Jass Band One-Step », enregistrés par l’Original Dixieland Jazz
Band en 1917.

Suivirent la jazz craze (« mode du jazz ») des années 1920, et les big bands dans les années
1930 (Duke Ellington, Fletcher Henderson, Bennie Moten et Luis Russell).

« Le Roi du Jazz » (King of Jazz) est un musicien blanc : Paul Whiteman. Les orchestres blancs
accompagnaient des chanteurs solistes (Bing Crosby avec Paul Whiteman, Frank Sinatra avec
Tommy Dorsey et Harry James, Helen Ward avec Benny Goodman, Billie Holiday avec Artie
Shaw et Benny Goodman, et Jo Stafford avec Tommy Dorsey).

L’ère prit fin avec la grève de 1942 des musiciens syndiqués à l’AFM. Le syndicat interdisait
ses membres de signer tout contrat, avant l’obtention d’un accord pour remonter les niveaux
de vie. James Caesar Petrillo, président de l’AFM, gagne en 1944.

Cette restriction causa faillite chez les big bands. Les maisons de disques se tournèrent vers
les chanteurs, qui devinrent les nouvelles stars.

La période de l’entre-deux guerres va introduire d’autres changements. Le succès de Show


Boat en 1927 amena les comédies musicales à supplanter le Vaudeville. Les chansons ne sont
donc plus placées à l’unité.

Le succès du film The Jazz Singer (premier film parlant avec scènes chantées et bande son
synchronisée, 1927) lance la mode des films musicaux, tel Paris (Cole Porter) en 1929.
Comédie musicale, film musical : dans les années 1930 et 1940, ces deux formes dominent la
Tin Pan Alley.

Le verse chorus s’imposera aussi, avec le couplet comme transition entre passage dialogué et
le chorus, soit la chanson à proprement parler (seul le chorus est joué en concert).

Chorus = AABA de 4*8 mesures, le B appelé bridge, middle-eight ou release.

Beaucoup de groupes, tels les Beatles, gardent une structure AABA « étendue » du type
AABABA, AABAABA, etc.
2.4. Du café-concert au music-hall : vers une chanson française influencée par le jazz

Le ragtime et le jazz eurent leur scène en France aussi. En juillet 1926 apparaissent les
premiers orchestres de jazz français : Ray Ventura et ses Collégiens, Fred Adison et son
Orchestre, Roland Dorsay et ses Cadets, etc. C’est un premier pas vers la révolution swing des
années 1930.

A la même époque se faisait l’avènement du music-hall français, grâce à Joseph Oller,


qui créa les Fantaisies Oller (1886), puis le Moulin Rouge (1889) et l’Olympia (1893), « le
temple de la chanson française ».

Le Ba-Ta-Clan et l’Alcazar d’été se reconvertirent en music-halls. Les cafés-concerts et les


music-halls travaillent cependant souvent ensemble.

Les plus grandes figures de l’entre-deux-guerres sont Mistinguett et Maurice Chevalier,


Yvette Guilbert et Damia, ayant fait leurs débuts avec les cafés-concerts, mais aussi le
chanteur comique Georgius, des orchestres de jazz avec chanteurs comme celui de Ray
Ventura ou des chanteurs de charme comme Jean Sablon et Tino Rossi.

L’influence américaine va se traduire dans la façon de concevoir les chansons, mais


aussi de les interpréter. Le microphone américain permit de fredonner les chansons en étant
tout de même entendu. Le crooning va se développer ainsi en France, avec Jean Sablon en
1936, suivi de près par Tino Rossi.

Jean Sablon débute une carrière de chanteur d’opérette au milieu des années 1920.
Il s’essaye au cinéma et partagera l’affiche du Casino de Paris avec Mistinguett en 1931
(cohésion café-concert/music-hall).
Il rencontrera ensuite Django Reinhardt et Mireille (a introduit le swing dans la culture
française). Avec son parolier attitré, Jean Nohain, Mireille écrivit des classiques de la chanson
française.

Charles Trenet maria le swing et d’autres caractéristiques du jazz avec la poésie


française des paroles de chansons. À ses débuts (1933), il se produit avec le pianiste de jazz
suisse Johnny Hess, le duo Charles et Johnny. Fréquentant le cabaret Le Bœuf sur le toit, ils
font la connaissance de Jean Sablon, et enregistrent « Vous qui passez sans me voir », en
1936. Le service militaire de Trenet y mit fin, mais Trenet écrivit deux chansons qui seront
décisives : « Y’a d’la joie », enregistrée avec Maurice Chevalier en 1937, chantée en duo au
Casino de Paris ; et « Je chante », inaugurant son succès.

Mireille et Charles Trenet occupent une place centrale dans l’histoire de la chanson
française, à travers leurs collaborations avec Maurice Chevalier et Jean Sablon. Cela
symbolise la jonction entre le café-concert de Chevalier et le music-hall de Sablon.

Couplant rythmes américains et l’écriture de paroles française, cela pose les bases du futur
couplage de traditions. Mireille fera connaître d’autres artistes avec le «Petit Conservatoire».
Trenet sera décrit par Georges Brassens comme « Le père de la chanson française ».

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