RÔLE INFIRMIER DEVANT UNE CONVULSION
Il faut être toujours prêt pour l'accueil d'une convulsion (préparation et
vérification du matériel nécessaire, fongibles et médicaments).
1. Accueil et installation
Devant un enfant qui convulse, les parents sont souvent affolés et désorientés.
L'équipe soignante doit rester calme, afficher une attitude rassurante, mais
professionnelle afin d’assurer une prise en charge correcte de l’enfant. Dans
les tous cas, il faut :
- Accueillir convenablement les parents de l’enfant malade.
- Établir une relation humaine avec eux, les rassurer objectivement sur
l’état de leur enfant, les informer sur les formalités administratives
d'admission.
- Leur présenter l’équipe soignante,
- Leur montrer le service, chambre d'hospitalisation et les locaux (toilette,
cuisine, douche)
- Préciser aux parents le nécessaire dont leur enfant aura besoin pendant
son séjour au service de pédiatrie (habit, draps, nécessaire pour toilette,
ustensiles individuels…)
- Leur préciser la réglementation en vigueur.
Les modalités d'installation de l'enfant dépendent de son état à
l'admission :
- L'enfant est en pleine convulsion, la priorité est d'arrêter la crise.
Il faut mettre l'enfant en position de sécurité,
Dans un lit capitonné, pour éviter les chutes, sans l’attacher; vêtements
bien desserrés, Placer une canule de Mayo adaptée ou un linge mou
entre les dents,
Laisser s’agiter pour amortir le choc et éviter les traumatismes.
La chambrer doit être bien équipée pour une mise en condition de
l'enfant :
Libération des voies aériennes par aspirations naso-bucco-
pharyngées,
Oxygénation adéquate,
Maintien des fonctions vitales.
Arrêter la convulsion par l’injection en intra-rectale d’un
anticonvulsivant.
- L’enfant vient d'avoir une convulsion, actuellement il est calme, il faut :
Installer l ‘enfant dans un lit capitonné, pour éviter les chutes en cas de
nouvelles crises, dans une chambre équipée, individuelle en cas de
risque contagion.
Mettre l’enfant en position latérale de sécurité.
- Ne pas oublier d'entreprendre des mesures associées pour traiter d'autres
manifestations cliniques accompagnant la convulsion (fièvre,
vomissement, diarrhée…)
- Il faut toujours consigner les crises et les mesures thérapeutiques prises.
2. Contribution au diagnostic
Après l’installation de l’enfant, l’infirmier doit établir le dossier infirmier et
exécuter les explorations établies par le pédiatre.
2.1. L’interrogatoire :
- Identifier l'enfant, et préciser son âge : nouveau-né, nourrisson, petit
enfant…
- Antécédents personnels surtout de convulsion, d’épilepsie, traitements
pris au long court,
- Antécédents familiaux de convulsion ou d’épilepsie (fratrie, parents),
- Préciser les caractéristiques de la crise :
Déroulement, fréquence, date de début, durée, localisation, signes
accompagnateurs.
- Signes accompagnateurs (troubles digestifs, fièvre…),
- Conduite adoptée avant l'admission (médicaments pris),
- Notion de vaccination récente ou de contage infectieux récent,
- Allergies médicamenteuses connues,
- Déterminer ses conditions de vie (habitat, niveau socio-économique),
- Origine citadine ou rurale, contact avec des animaux,
- Il faut toujours s'enquêter sur le mode d’alimentation de l’enfant, sur son
statut vaccinal et sur son développement intellectuel et scolaire.
2.2. L’observation clinique :
- Évaluer l'état général de l'enfant et apprécier ses fonctions vitales :
L’état de conscience, la fonction respiratoire, l'état hémodynamique,
chercher des lésions de traumatismes causés par la convulsion
(chute, contusion, morsure de langue…)
- Prendre les constantes, surtout la température,
- Faire un examen clinique complet, orienté selon la cause présumée de la
convulsion, tout en cherchant activement un éventuel déficit post
critique.
2.3. L’exécution des bilans et préparation du matériel nécessaire
Il faut préparer le nécessaire pour pratiquer des prélèvements sanguins, pour
faire une ponction lombaire. Souvent le pédiatre sera amené à demander un
fond d'œil avant, pour éliminer une hypertension intracrânienne (hémorragie
rétinienne, œdème papillaire).
Toujours accompagner l'enfant malade (chariot, chaise roulante) pour faire un
EEG, une TDM ou IRM cérébrale.
3. Planification et exécution des soins prescrits
Après avoir établi le dossier médical et pratiqué les bilans, l’infirmier doit
planifier et exécuter les soins prescrits par le pédiatre.
Il faut se tenir prêt à prendre en charge une nouvelle crise convulsive.
4. Surveillance
- Assurer une surveillance régulière de l'enfant :
Constantes, plusieurs fois par jours, surtout de la température et
conscience,
État neurologique : conscience, convulsion, hypotonie, hypertonie,
mouvements des yeux, déficit moteur ou neurosensoriels…
État respiratoire : rythme et fréquence respiratoires, apnée (surtout
nouveau-né)…
État cardiaque,
Poids, Diurèse,
Survenue de nouveaux signes (diarrhée, vomissement, fièvre…)
- Surveillance des sites des perfusions, de l'observance des traitements
prescrits,
- recherche active et prise en charge rapide des complications.
5. Hygiène, confort et alimentation
Nursing, éviter la proximité d'objets traumatisants,
Conditions d'hygiène individuelles et vestimentaires adaptées,
Faire participer la maman à la prise en charge de son enfant (éducation),
Donner une alimentation facile, en dehors de tout trouble de la vigilance.
6. Rôle dans la prévention, l'éducation et l'information
La prévention de la convulsion passe par le dépistage et la prise en charge de
toute maladie connue pour son risque convulsif. Il faut souligner auprès de la
maman, l'importance de :
- La surveillance prénatale des grossesses,
- L'accouchement en milieu médicalisé, pour éviter toute SFAET,
traumatisme obstétrical
- La bonne prise en charge du nouveau-né (alimentation, ictère,
infection…),
- L'allaitement maternel,
- La surveillance de la température les jours suivant la pratique d'une
vaccination,
- L'hygiène vestimentaire (habits adaptés au climat ambiant),
- La bonne prise en charge alimentaire, avec diversification correcte et
apports équilibrés,
- La prise en charge d'une fièvre, surtout si l'enfant est sujet à des
convulsion fébrile : lui apprendre comment faire baisser la fièvre par des
moyens physiques, lui expliciter l'usage des antipyrétiques à domicile, et
lui indiquer les signes qui doivent l'inquiéter et la pousser à consulter
d'urgence un professionnel de santé.
- Prise en charge des convulsions à domicile : savoir mettre l'enfant en
position de sécurité, luxer sa mâchoire, administrer l'anticonvulsivant en
intrarectal,
- Consulter immédiatement après la survenue d'une convulsion, mais après
avoir pris les mesures indispensables à domicile.
Carnet de santé, toujours présenté et mis à jour.
7. Rôle dans le dépistage des enfants à risque de convulsion
Il faut savoir identifier les situations exposant l'enfant à un risque de
convulsion. Il peut s'agir d'une : Pathologie connue par son risque convulsif,
Nouveau-né, surtout souffrant, macrosome, infecté, ictérique,
traumatisé, hypotherme,
Nourrisson: fébrile, traumatisme crânien, retard psychomoteur…
Enfant connu épileptique, infirmité motrice cérébrale…
Déshydratation aiguë, shigellose, glomérulonéphrite post infectieuse,
malnutrition…
Vaccination récente,