Manuscrit Version Finale
Manuscrit Version Finale
TALEB Meroua
BELMOSTEFAOUI Hadjer
MEMBRES DU JURY
ENCADRANT
À mes chers parents, qui m'ont soutenue sans relâche tout au long de ces années. Leur
amour, leurs sacrifices et leur confiance ont nourri ma volonté. Ce travail est le fruit de vos
prières, de vos encouragements et de votre patience.
À mes tendres grand-mères, dont les prières et les douas ont bercé chacun de mes pas et
illuminé mon chemin.
À mes grands-pères — Allah yarhamhoum — qui, même absents, restent présents dans
mon cœur. Ils auraient été fiers de ce chemin parcouru, eux qui ont tant espéré pour moi. Je
leur dédie cette étape avec amour, en espérant qu’elle soit digne de leur mémoire.
À mon frère Tarek et ma sœur Nesrine, pour leur soutien discret mais profondément
précieux.
À toutes mes amies, compagnonnes de route, avec qui j'ai partagé des années inoubliables,
tissé des liens forts et créé des souvenirs impérissables. Cette aventure n’aurait pas eu la
même saveur sans vous. Je vous garde précieusement dans mon cœur. Que la vie vous soit
douce, pleine de réussite, de joie et de belles surprises. Et que nos chemins continuent de se
croiser, portés par cette amitié sincère et durable.
À ma chère binôme Hadjer, mon alliée fidèle, avec qui j’ai eu la chance de partager non
seulement cette ultime année de mémoire, mais six années d’études riches en expériences, en
défis et en rires. Ensemble, nous avons traversé tant d'étapes : les longues journées de cours,
les heures passées à la bibliothèque, les couloirs familiers où résonnaient nos pas pressés, les
instants de doute balayés par notre détermination commune, la rédaction et bien d’autres
aventures inoubliables. Chaque moment a forgé notre amitié et scellé notre complicité. Nous
avons grandi, appris et évolué côte à côte. Que Dieu bénisse cette alliance, nous accorde
encore de nombreuses réussites communes et nous permet de poursuivre encore longtemps
cette belle aventure.
Enfin, à toute ma famille et à toutes les personnes que j'ai croisées et qui ont, à leur manière,
marqué mon chemin : ce travail est pour vous.
Meroua
Dédicace
À ma maman, qui a tant sacrifié pour moi, et qui n’a jamais cessé de m’encourager, de me
soutenir, et de me pousser à donner le meilleur de moi-même. Que ce travail modeste soit le
témoignage de ma reconnaissance et de mon amour infini.
À mon père, qui a été à mes côtés tout au long de ces années d’études, patient et généreux,
fournissant tout ce qu’il fallait pour ma réussite. Je lui adresse ici toute ma reconnaissance.
À ma grande sœur Safaa, ma meilleure amie, Je te dédie ce travail, que j’ai mené à bien en
te cassant mille fois la tête avec mes interrogations interminables, mes inquiétudes que tu as
toujours su apaiser. Je te souhaite aussi une réussite à la hauteur de tes espérances.
À ma petite sœur Sarah, ma moitié d’âme, toi qui es restée à mes côtés durant mes longues
veillées d'étude, toi qui as porté mes fatigues, mes doutes et mes rêves aussi, pendant toutes
ces années. Il n'y aura jamais assez de remerciements, pour exprimer toute ma gratitude.
À mes chers grands-parents, dont les sacrifices innombrables ont grandement contribué à
mon succès. Je vous aime profondément et je vous serai toujours reconnaissante.
À mon oncle Abbès, toujours bienveillant et plein de gentillesse, ton soutien constant a été
d’une valeur inestimable.
Enfin, je souhaite dédier ce travail à une personne chère, qui n'a pas eu le temps d'accomplir
son propre chemin, car elle nous a quittés bien trop tôt.
À toi, Fadia, avec qui nous avions déjà tout planifié pour notre graduation. Aujourd'hui, je
poursuis ce chemin seule, en portant ton souvenir à chaque étape. Qu'Allah nous donne la
force d'accepter ton départ, et qu'Il t'accorde une place auprès de Lui, dans sa paix infinie.
Hadjer
Remerciements
Avant tout, nous adressons nos plus profonds remerciements à Allah, le Tout-Puissant, pour
les innombrables bienfaits dont Il nous a comblées.
Nous le remercions de nous avoir accordé le courage, la patience et la persévérance
nécessaires pour mener à bien ce travail.
À lui reviennent toute la gloire et toute la reconnaissance pour avoir fait de ce mémoire une
opportunité de croissance et de dépassement de soi.
À notre encadrant,
C'est avec un immense plaisir et une profonde gratitude que nous tenons à vous remercier
pour votre accompagnement tout au long de ce travail.
Nous vous sommes vivement reconnaissantes pour votre implication, votre disponibilité, vos
précieux conseils et vos corrections avisées. Votre expertise, soutien et bienveillance ont su
nourrir notre motivation et enrichir notre réflexion.
Nous vous remercions d’avoir accepté de présider ce jury de mémoire et pour l'attention que
vous avez accordée à notre travail. Nous sommes profondément honorées par votre présence.
Votre bienveillance, votre expertise et vos enseignements ont marqué notre parcours et
contribué à notre évolution.
Nous sommes profondément honorées de vous compter parmi les membres de notre jury en
cette journée si spéciale. Nous vous remercions sincèrement pour votre présence et pour
l'attention que vous avez portée à l'évaluation de notre travail.
Votre bienveillance, votre expertise et vos enseignements ont marqué notre parcours et
contribué à notre évolution.
Remerciements ....................................................................................................................................... iv
Introduction générale............................................................................................................................... 1
Problématique.......................................................................................................................................... 3
Objectif .................................................................................................................................................... 3
3.1 Effets de la thérapie par ventouses sur les cellules de l’immunité innée ............................. 76
3.1.1 Granulocytes .................................................................................................................... 76
3.1.2 Monocytes et macrophages.............................................................................................. 78
3.1.3 Lymphocytes NK (Natural killer) .................................................................................... 79
3.2 Effets de la thérapie par ventouses sur les cellules de l’immunité adaptative ..................... 84
3.2.1 Lymphocytes.................................................................................................................... 84
3.3 Effets de la thérapie par ventouses sur les médiateurs immunitaires ................................... 92
4 Chapitre IV : Intérêt de la thérapie par ventouses dans les maladies immunologiques ..... 104
Tableau 1 Exemples des indications de la thérapie par ventouses dans les maladies 39
localisées et systémiques
Tableau 6 Les effets de la thérapie par ventouses humides sur certains paramètres 92
immunologiques des patients thalassémiques
Tableau 11 Comparaison de l’amélioration clinique entre les deux groupes I et II après 3 111
mois de traitement
Tableau 13 Modifications des paramètres cliniques des patients sous thérapie 123
médicamenteuse et combinée
Tableau 14 Effets des traitements sur 3 mois sur les paramètres biologiques de l’activité de 124
la polyarthrite rhumatoïde dans les deux groupes de patients
Tableau 15 Effets des thérapies médicamenteuse et combinée sur les cellules périphériques 124
des deux groupes de patients
Tableau 16 Changements cliniques après 3 séances de El-Hijama chez des patients atteints 129
de la maladie de Hashimoto
Tableau 17 Effet de trois séances de thérapie par ventouses humides (El-Hijama) à un 131
intervalle de trois semaines sur les niveaux de TPO et TG dans la thyroïdite de
Hashimoto
Tableau 18 Évolution des marqueurs sériques de la thyroïdite dans le groupe de El-Hijama 131
Liste des figures
Figure 1 Instruments de cupping gravés à l'entrée du temple égyptien de Kom Ombo, près de 5
Louxor
Figure 2 Corne d'animal utilisée dans la thérapie par cupping 7
Figure 3 Les instruments utilisés dans la thérapie par ventouses dans la Grèce antique 8
Figure 4 L’application de la thérapie par ventouses par un médecin musulman 11
Figure 5 Classification de 2016 de la thérapie par ventouses 13
Figure 6 Cupping aux aiguilles 17
Figure 7 Cupping à chaud 18
Figure 8 La procédure de la thérapie par ventouses à base de plantes 19
Figure 9 Cupping à l'eau 20
Figure 10 Le cupping pédestre 21
Figure 11 Le cupping facial 22
Figure 12 Les ventouses érectiles 22
Figure 13 La nouvelle mise à jour de la classification de la thérapie par ventouses 24
Figure 14 Des ventouses en bambou 26
Figure 15 Ventouses en céramique 27
Figure 16 Ventouse en métal 27
Figure 17 Ventouse en verre 28
Figure 18 Ventouses en caoutchouc 29
Figure 19 Ventouse à vis 30
Figure 20 Ventouses en plastique à valve 30
Figure 21 Ventouses magnétiques 31
Figure 22 Ventouses en silicone 32
Figure 23 Ventouses électriques 32
Figure 24 Ventouse à poire en caoutchouc 33
Figure 25 Classification des kits de la thérapie par ventouses 35
Figure 26 Surcharge sanguine en fer et éléments pathogènes 45
Figure 27 La première succion de El-Hijama sur une peau intacte 46
Figure 28 La deuxième succion de El-Hijama après les micro-incisions effectuées 46
Figure 29 Le rétablissement sanguin et cutané et restauration de l’homéostasie sanguine 47
Figure 30 La révision de la classification 2018 des effets indésirables de la thérapie par 52
ventouses
Figure 31 Liens entre les effets de la thérapie par ventouses et les théories de mécanismes 55
d’action
Figure 32 Schéma explicatif de la théorie de la porte de la douleur 57
Figure 33 La formation de l’oxyde nitrique à partir de L-arginine et ses effets biologiques 60
Figure 34 L’implication de l’oxyde nitrique (NO) dans la modulation des réponses cellulaires 61
au cours des différentes phases de la cicatrisation : inflammation, prolifération et
régénération tissulaire
Figure 35 Modèle de la théorie de l’élimination des microparticules 73
Figure 36 La neuro-immunomodulation en thérapie par ventouses 75
Figure 37 La numération des neutrophiles dans le sang veineux avant et après 4 semaines de 78
la thérapie par ventouses
Figure 38 La valeur des NLR dans le sang veineux avant et après 4 semaines de la thérapie 78
par ventouses
Figure 39 Niveaux moyens des lymphocytes tueurs naturels CD3-CD56+ (NK), de l'activité 81
des lymphocytes tueurs naturels (NKa), de la cytotoxicité des lymphocytes tueurs
naturels (NKc) et des lymphocytes T (T) après la thérapie par ventouses
Figure 40 Niveaux des lymphocytes tueurs naturels CD3-CD56+ après la thérapie par 82
ventouses
Figure 41 Les dynamiques individuelles des niveaux de cytotoxicité des lymphocytes tueurs 82
naturels après une séance de thérapie par ventouses (n=23) (lignes continues « bon
répondeurs », lignes discontinues noires « non répondeurs », lignes discontinues
grises « faibles répondeurs »)
Figure 42 Les dynamiques individuelles des niveaux d'activité des lymphocytes tueurs 83
naturels après une séance de thérapie par ventouses (n=14)
Figure 43 Reproductibilité de l'effet de la thérapie par ventouses sur le nombre de 84
lymphocytes tueurs naturels (NK%) et la cytotoxicité des lymphocytes tueurs
naturels (NKc). Les dynamiques des paramètres sans traitement par ventouses (A),
après la première séance de ventouses (B), et après la deuxième séance de
ventouses (C) sont montrées dans la figure. Les données ont été obtenues à partir de
deux manipulations de thérapie par ventouses sur le même individu
Figure 44 Le profil d'expression du gène du facteur de transcription GATA-3 (Th2) 85
Figure 45 Le profil d'expression du gène du facteur de transcription RORγt (Th17) 85
Figure 46 Le profil d'expression du gène du facteur de transcription Foxp-3 (Treg) 86
Figure 47 Le profil d'expression du gène du facteur de transcription T-bet (Th1) 86
Figure 48 Le ratio d'expression génique pour T-bet/GATA-3 (Th1/Th2) 87
Figure 49 Le ratio d'expression génique pour Foxp-3/RORγt (Treg/Th17) 87
Figure 50 La numération des lymphocytes dans le sang veineux avant et après 4 semaines de 89
la thérapie par ventouses
Figure 51 Les valeurs des MLR et PLR dans le sang veineux avant et après 4 semaines de la 89
thérapie par ventouses
Figure 52 Effet de la thérapie par ventouses sur les paramètres immunitaires 91
Figure 53 Les variations des niveaux d’IL-6 dans les groupes VE, CT et VECT avant, 95
immédiatement après, 30 min et 24h après
Figure 54 Les variations des niveaux de TNF-α dans les groupes VE, CT et VECT avant, 95
immédiatement après, 30min et 24h après
Figure 55 Changement des niveaux sériques des interleukines chez les patients après 6 100
semaines de WCT. (a) IL-1β, (b) IL-2, (c) IL-6, (d) IL-7, (e) IL-8, (f) IL-12 et (g)
IL-17. Les données représentent la moyenne ± SEM. P < 0,001
Figure 56 Changement des niveaux sériques de (a) TNF-α, (b) GM-CSF, (c) G-CSF, (d) 101
MCP-1, (e) MIP-1β et (f) IFN-γ après 6 semaines de WCT. Les données
représentent la moyenne ± SEM. P < 0,001 et P < 0,05
Figure 57 Changement des niveaux sériques des cytokines anti-inflammatoires (a) IL-4, (b) 101
IL-5, (c) IL-10 et (d) IL-13 chez les patients après 6 semaines de WCT. Les
données représentent la moyenne ± SEM. P < 0,001
Figure 58 Classification des hypersensibilités selon EAACI 105
Figure 59 Physiopathologie de l’asthme allergique : de l’inflammation à l’hyperréactivité 107
bronchique
Figure 60 Les mécanismes immunologiques impliqués dans la physiopathologie de 108
l’hypersensibilité de type I
Figure 61 Mécanismes physiopathologiques de l’asthme allergique et les conséquences 108
associées
Figure 62 Les groupes de gènes susceptibles d’être impliqués dans la pathogenèse de l’asthme 110
Figure 63 Comparaison entre les deux groupes après 3 mois de traitement 112
Figure 64 Comparaison des paramètres de la fonction respiratoire et l’ECP entre les deux 112
groupes après 3 mois de traitement
Figure 65 Activation des mastocytes par des anticorps anti-récepteur des IgE, suivie de 115
l'activation du complément et de la libération de C5a
Figure 66 Comparaison entre la thérapie par ventouses humides et les médicaments pour 118
l’urticaire chronique
Figure 67 Comparaison entre la thérapie par ventouses associée aux médicaments et les 118
médicaments seuls dans le traitement de l’urticaire chronique
Figure 68 Comparaison entre la thérapie par ventouses associée à l’acupuncture ainsi que la 119
pratique de l’acupuncture seule dans le traitement de l’urticaire chronique
Figure 69 Modification du pourcentage des cellules NK (CD3- CD16+ CD56+) chez un 125
patient atteint de polyarthrite rhumatoïde avant et après 3 mois de thérapie
combinée : Le quadrant supérieur gauche représente les cellules NK (CD3- CD16+
CD56+).
(a) Avant traitement : pourcentage de cellules NK = 11 %
(b) Après 3 mois de traitement combiné : pourcentage de cellules NK = 20 %
Figure 70 Les concentrations du récepteur soluble de l'interleukine 2 (en Pg/ml) chez les deux 125
groupes de patients
Figure 71 Modifications morphologiques dans les évaluations échographiques de la thyroïde 130
dans le groupe de El-Hijama
Figure 72 Changement des marqueurs sériques de la thyroïdite entre le départ et trois 132
semaines après El-Hijama dans le groupe interventionnel
Figure 73 État de fonctionnement normal de la glande thyroïdienne 134
Figure 74 Mécanismes immuno-pathologiques de la thyroïdite de Hashimoto 134
Figure 75 Impact du cupping sur l’immunité et la fonction thyroïdienne chez les patients 135
atteints de thyroïdite de Hashimoto
Introduction
Introduction
Introduction générale
La thérapie par ventouses, également connue sous le nom de « cupping therapy », est une
méthode thérapeutique ancienne qui consiste à appliquer des ventouses sur des zones
spécifiques du corps selon l’indication voulue. Une source de chaleur ou une pompe est ensuite
utilisée pour créer une pression à l’intérieur des ventouses, générant ainsi un effet de succion.
Il existe principalement deux formes de thérapie : la ventouse sèche, qui ne nécessite aucune
effraction cutanée, et la ventouse humide, qui associe l’aspiration à de légères scarifications de
la peau. Bien que ces deux types soient les plus connus, d’autres variantes, aux applications
spécifiques, sont également pratiquées dans diverses traditions médicales(2).
D’un point de vue historique, le cupping est une pratique ancestrale dont les origines
remontent à l’Égypte pharaonique, où elle était utilisée pour traiter divers troubles médicaux.
Les Égyptiens l’auraient ensuite transmise aux civilisations grecque et romaine antiques à
travers les mouvements migratoires. Puis elle s’est largement répandue dans le monde arabo-
musulman, où elle a été vivement recommandée par le Prophète Mohammed (paix et
bénédictions sur lui), devenant une composante essentielle de la médecine prophétique(3–5).
Parallèlement, en Asie de l’Est, notamment en Chine, cette méthode a été intégrée depuis
des millénaires à la médecine traditionnelle. Elle y était fréquemment associée à l’acupuncture
et à la théorie des méridiens énergétiques. Aujourd’hui, la thérapie par ventouses a également
trouvé sa place dans certains pays occidentaux, où elle est reconnue comme une thérapie
complémentaire intégrée dans quelques établissements de soins hospitaliers(2).
Néanmoins, malgré sa large utilisation dans les médecines anciennes, l’intérêt scientifique
autour de cette pratique a longtemps été limité, en raison du manque de preuves cliniques
robustes confirmant ses bienfaits.
1
Introduction
En 2016, la thérapie par ventouses a connu un regain d’intérêt médiatique, notamment grâce
à l’athlète olympique Michael Phelps, dont les marques circulaires visibles sur son dos ont attiré
l’attention mondiale. Plusieurs athlètes de haut niveau ont ensuite témoigné des effets positifs
de cette méthode sur la récupération musculaire et la diminution des douleurs post-effort(7).
Cependant, les indications thérapeutiques de la thérapie par ventouses vont bien au-delà du
domaine sportif. Elle est de plus en plus utilisée pour soulager les douleurs musculo-
squelettiques, traiter les migraines, ainsi que pour prendre en charge certains troubles
gynécologiques tels que la dysménorrhée et le prolapsus utérin. Elle a également montré des
résultats prometteurs dans le traitement de pathologies endocriniennes comme le syndrome des
ovaires polykystiques ou encore la thyroïdite, avec des effets notables rapportés par plusieurs
études(2,8–12).
De multiples hypothèses ont été avancées pour élucider les mécanismes d’action à travers
lesquels la thérapie par ventouses exercerait ses effets(13). Des théories neurologiques avancent
une modulation des voies nociceptives responsables de la douleur, tandis que d’autres suggèrent
une amélioration du microenvironnement tissulaire ou encore une détoxification sanguine. Plus
récemment, certaines propositions explorent des voies plus spécifiques, telles que l’influence
sur l’épigénétique, sur la clairance des microparticules, la régulation du champ
électromagnétique corporel, ou encore l’activation du système immunitaire, ce qui pourrait
contribuer à ses effets thérapeutiques(14–16).
Plusieurs études, tant précliniques que cliniques, ont été conduites pour examiner l’impact
de cette thérapie sur divers paramètres physiologiques, avec un intérêt croissant pour son
influence sur l’immunité. L’effet de cette thérapie sur l’immunité innée et adaptative a
notamment été exploré à travers l’analyse des composantes cellulaires (comme les
lymphocytes, macrophages, etc.) et humorales (cytokines, immunoglobulines), avec des
résultats globalement encourageants(1,17).
2
Introduction
restent encore limitées. Il est donc impératif de poursuivre les investigations afin d’étayer les
effets cliniques observés par des preuves rigoureuses et reproductibles.
Problématique
La thérapie par ventouses, une approche thérapeutique ancestrale documentée dans de
nombreuses cultures, réapparaît ces dernières années dans la médecine moderne pour faire part
des domaines de recherches récents. Son efficacité présumée n’a pas cessé d’attirer l’attention.
D’ailleurs, son retour sur le devant de la scène s’est fait grâce à son intégration dans la
préparation aux compétitions, les protocoles de récupération sportive et la médecine
complémentaire.
De cela, une réflexion s’impose, quels sont les mécanismes immunologiques de la thérapie
par ventouses et quel est son intérêt thérapeutique dans les pathologies impliquant des
dysrégulations immunitaires ?
Objectif
Notre mémoire est une synthèse bibliographique qui a pour objectif de comprendre les
mécanismes d’immunomodulation de la thérapie par ventouses, ainsi que son intérêt dans la
prise en charge de certaines pathologies immunologiques.
3
Chapitre I :
Généralités sur la thérapie
par ventouses
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
La thérapie par ventouses, également connue sous le nom de cupping therapy, est une
méthode thérapeutique ancestrale réputée pour ses multiples effets bénéfiques. Cette pratique
consiste à utiliser des ventouses spéciales pour créer une succion sur la peau, générant une
pression négative qui mobilise les tissus cutanés. Elle est supposée stimuler la circulation
sanguine, favoriser l'élimination des toxines, et contribuer à l'amélioration de l’état global(21).
Il convient de noter que les indications de cette thérapie peuvent varier en fonction des
techniques employées ainsi que des matériaux utilisés(21). L'intérêt croissant pour ses effets
positifs a conduit de nombreux chercheurs à approfondir les études sur ses mécanismes d’action
et ses applications potentielles, consolidant ainsi sa place dans les pratiques thérapeutiques
modernes.
La pratique médicale du cupping est à la fois ancienne et universelle. Cette méthode, qui a
traversé les siècles, répond au besoin humain fondamental de soulager la douleur et d'améliorer
l’état de santé des patients. Elle est ainsi devenue un héritage médical partagé, adopté et adapté
par diverses cultures à travers le monde.
La thérapie par ventouses trouve ses origines dans l’Egypte antique vers 2500 av. J.-C,
comme en témoignent les représentations iconographiques découvertes dans les temples
égyptiens. Ces illustrations montrent que la pratique était largement adoptée, non seulement par
la communauté royale, mais également par les différentes catégories sociales, soulignant son
rôle central dans le système de soins de l’époque(22).
Les papyrus égyptiens, notamment le Papyrus Ebers daté d’environ 1550 ans av. J.-C.,
constituent des preuves significatives de l’utilisation des ventouses pour traiter une large
gamme de troubles médicaux, tels que la dysménorrhée, la constipation, la perte d’appétit, les
4
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
vertiges, ainsi que certaines douleurs et fièvres(2,23). Ce document précise que la méthode par
ventouses humide était destinée à retirer les corps étrangers de l’organisme(3). Des preuves
supplémentaires de l’adoption de cette thérapie par les Egyptiens ont été retrouvées dans le
temple de Kom Ombo, près de Louxor, datant de la période ptolémaïque (180-47 av. J.-C.)(
figure 1 )(24).
Comme dans toutes les civilisations, les méthodes de la thérapie par ventouses en Égypte
ont connu une évolution au fil du temps. Des sources rapportent l’utilisation d’instruments
rudimentaires tels que des cornes munies de petites valves en peau de mouton, servant à
empêcher l’entrée d’air une fois la corne vidée(25). Par ailleurs, l’usage de ventouses en verre
est également mentionné(4).
Figure 1 : Instruments de cupping gravés à l'entrée du temple égyptien de Kom Ombo, près
de Louxor (26).
La thérapie par ventouses est une pratique ancestrale qui occupe une place essentielle dans
les soins traditionnels en Asie de l'Est. En Chine, où elle trouve ses origines il y a plus de 2 000
ans, elle fait partie intégrante de la médecine traditionnelle chinoise (MTC)(4). Les premières
traces écrites de son utilisation remontent à la dynastie Han (202 av. J.-C. - 220 apr. J.-C.), dans
un manuel écrit sur la soie intitulé « Fifty-Two Bingfang », elle est également mentionnée dans
le célèbre Huangdi Neijing (Classique de la médecine interne de l’Empereur Jaune), écrit en
deuxième siècle avant J.-C(2,3).
5
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
Par ailleurs, d’autres textes comme le « Susen Liang Fang » attestent de leur efficacité pour
soigner des affections spécifiques telles que la toux chronique ou les morsures de serpents
venimeux(3).
Avec le temps, les outils et les techniques ont considérablement évolué. Les cornes
d’animaux utilisées à l'origine furent progressivement remplacées par des tasses en bambou, en
terre cuite, puis en verre, reflétant l’adaptation et l’évolution continue de cette pratique
thérapeutique à travers les siècles(4,7).
6
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
Associée à d’autres techniques comme l’acupuncture, cette méthode est perçue comme très
efficace, selon un dicton chinois : « Plus de la moitié des maladies seront guéries par
l'acupuncture et la thérapie par ventouses. »(4).
Cependant, cette technique ne se limitait pas à la Chine ; elle faisait également partie
intégrante des médecines traditionnelles de d'autres civilisations asiatiques. En Mongolie, par
exemple, la thérapie par ventouses en verre, utilisée depuis plus de 2 500 ans, occupe une place
importante dans la pratique médicale du pays. Elle était également connue dans la médecine
bhoutanaise et dans la médecine ayurvédique indienne, comme le décrit le Sushruta Samhita(3).
Dans l'Antiquité, les Grecs, profondément influencés par les pratiques médicales
égyptiennes, adoptèrent la thérapie par ventouses comme une composante essentielle de leur
système de soins. Cette influence remontait à Cécrops, un légendaire émigré d’Egypte et
fondateur présumé de la ville d’Athènes, qui introduisit ces techniques en Grèce. Avec le temps,
cette méthode fut perfectionnée et codifiée par les médecins grecs, notamment dans le cadre de
la médecine hippocratique(2,3,25).
7
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
déséquilibre, souvent attribué à des influences néfastes, pouvait être corrigé grâce à la thérapie
par ventouses, utilisée pour restaurer l’harmonie intérieure(3).
Dans ses écrits, Hippocrate donnait des détails sur la forme et l’utilisation de ces outils. Il
recommandait des ventouses de petit diamètre, coniques et légères, qu’il jugeait efficaces même
pour des affections graves. Bien que la ventouse humide fût connue, il préférait la ventouse
sèche, qu’il considérait comme une méthode plus sûre et plus précise(3).
Au fil des âges, cette pratique fut préservée et utilisée de manière ciblée par les médecins
héritiers de la tradition hippocratique. Par exemple, le prolapsus utérin était traité par
l’application de ventouses sur les hanches, tandis que la dysménorrhée nécessitait leur usage
sur les seins(2).
Figure 3 : Les instruments utilisés dans la thérapie par ventouses dans la Grèce antique(26).
universel alliant prévention et traitement, fondé sur les enseignements et les conseils issus des
hadiths les plus authentiques du Prophète Mohammed (paix et bénédictions sur lui)(29).
Ce riche héritage, imprégné de sagesse et de remèdes éprouvés, met en lumière les bienfaits
de El-Hijama, ainsi que les recommandations fortes du Prophète Mohammed (paix et
bénédictions sur lui). En effet, Ibn Abbas rapporte que le Messager d'Allah a déclaré : « La
guérison repose en trois choses : la gorgée de miel, l'incision de la ventouse, et la brûlure du
cautère, mais j'interdis à ma communauté la cautérisation » (Sahih al-Bukhari).
Pour Anas Ibn Malik, il rapporte que le Messager d'Allah a dit « Pendant mon Voyage
Nocturne, je ne suis pas passé devant un groupe sans qu'ils ne me disent : 'Ô Muhammad !
Ordonne à ta communauté de pratiquer Al-Hijamah.'»(5).
Cette thérapie était aussi vivement préconisée par des figures médicales éminentes inspirées
par la médecine prophétique, telles que le célèbre médecin Ibn Zakariya Al-Razi et Avicenne,
qui la recommandait dans son ouvrage emblématique « Al-Qanun fi al-Tibb » comme remède
de 30 maladies différentes(2).
Dans la tradition islamique, El-Hijama fait référence au cupping humide en trois étapes
essentielles, qui diffère légèrement de la méthode chinoise, qui n’en compte que deux. La
méthodologie consiste d’abord à aspirer la surface de la peau intacte à l’aide des ventouses,
créant un soulèvement cutané. Ensuite, des scarifications (appelées shartat al-mihjam) sont
pratiquées sur cette zone soulevée, suivies immédiatement de l’excrétion dépendante de la
pression(19,30). Le Prophète Mohammed (paix et bénédictions sur lui) a préconisé l’utilisation
des ventouses sur des points spécifiques, appelés les « points de Sunnah », connus pour leurs
vertus thérapeutiques(2). Ces points sont les suivants :
- Point de Kahil : situé entre les épaules, autour de la septième vertèbre cervicale ;
- Points d'Akhdaain : deux points situés de part et d'autre des veines jugulaires
externes postérieures, à droite et à gauche ;
- Point de Yafookh : situé au sommet de la tête, au centre ;
- Point de Kumohdwuah : situé à la base du crâne, au-dessus de la cavité de la
nuque ;
- Points de Werk : deux points situés de part et d'autre des hanches, à gauche et à
droite ;
- Points du dessus des pieds : deux points situés sur le dessus des pieds(2).
9
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
D'autres points d'application ont été mentionnés dans le livre "La médecine prophétique"
d'Ibn Al-Qayyim, chacun étant attribué à des bienfaits médicaux distincts dont il est mentionné
qu’El-Hijama été pratiquée sur les veines jugulaires postérieures afin de soulager les douleurs
du bras et de la gorge. Elle était également pratiquée sur les veines occipitales, afin de traiter
les affections liées à la tête et ses différentes parties telles que le visage, les dents, les oreilles,
les yeux, le nez et le cou, en particulier lorsque ces maux résultent de l'abondance ou de la
corruption du sang(5).
Anas (qu'Allah l'agrée) rapporte que le Prophète (paix et bénédictions sur lui) a pratiqué El-
Hijama sur son crâne alors qu'il était en état de sacralisation (Ihram), en raison de migraines,
ainsi que sur ses hanches pour traiter des douleurs corporelles.
Dans la médecine prophétique, la thérapie par ventouses est de préférence pratiquée durant
des jours spécifiques du mois lunaire comme en témoignent el hadith transféré par Abu
Hurayrah (qu'Allah l'agrée) qui rapporte que quant à lui que le Prophète (paix et bénédictions
sur lui) a dit : « Celui qui pratique El-Hijama les 17, 19 et 21 du mois lunaire, cela sera pour lui
un remède contre tous les maux »(5).
Cette précision, bien qu’elle confère une dimension spirituelle, peut également être étayée
par des observations scientifiques mettant en évidence une relation entre les phases lunaires et
l’état du corps humain. Les phases de la lune peuvent influencer les performances cardiaques,
la circulation sanguine et le système hormonal. Par ailleurs, des études ont signalé une
augmentation des décès soudains dus à l'épilepsie, des troubles comportementaux aigus, des
troubles psychotiques non-affectifs, de la dépression, des hémorragies gastro-intestinales et des
infarctus du myocarde aigus lors de la pleine lune. De plus, des événements tels que les fausses-
couches spontanées et les crises de fibrillation auriculaire pourraient également être liés aux
cycles lunaires(5,31).
10
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
Des Egyptiens aux Chinois, en passant par les Grecs et les musulmans, la pratique des
ventouses s’est progressivement répandue à travers le monde, atteignant finalement les sociétés
occidentales. Longtemps associée aux classes populaires ou à des pratiques jugées barbares,
elle a rapidement évolué pour devenir une thérapie reconnue, adoptée par des médecins
européens et américains influents tels que Paracelse et Ambroise Paré. Durant cette période, la
ventouse humide était la méthode la plus couramment utilisée(3).
Après 1860, l'intérêt médical s’est également porté sur les bienfaits de la ventouse sèche.
Des médecins ont entrepris de démontrer son efficacité de manière scientifique. Ainsi, en 1872,
le médecin français Martin a mené des expériences physiologiques sur des chiens et des lapins
en leur administrant des poisons comme la strychnine et l'arsenic. Il a observé que l'application
de ventouses sèches pouvait prévenir une issue fatale, à condition que les ventouses restent en
place ou que le poison soit retiré chirurgicalement(3).
Malgré cela, en 1950, une collaboration entre chercheurs chinois et russes a permis de valider
les applications cliniques de cette méthode dans les hôpitaux chinois, facilitant ainsi son
adoption dans d’autres établissements de santé en Chine, en Russie, et potentiellement ailleurs
dans le monde(25). Au cours des dernières décennies, la thérapie par ventouses a connu un
11
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
regain d’intérêt. Aujourd’hui, elle est pratiquée par divers professionnels, tels que les
acupuncteurs, les mésothérapeutes, les chiropraticiens, et même certains médecins(21).
12
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
Le cupping sec également appelé cupping statique(34) ou retenu(3), est une méthode qui
consiste à poser des ventouses sur des points spécifiques de la peau, et puis générer une pression
négative en évacuant l’air contenu à l’intérieur de celle-ci à l’aide du feu, d'une pompe manuelle
ou électrique(2,34).
13
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
que bénéfique, cette technique peut entraîner certains inconvénients, tels que des brûlures, des
irritations ou des dermatites(2,34).
Cupping flash est une méthode où les praticiens appliquent rapidement et de manière répétée
une à quatre ventouses de taille moyenne sur une zone spécifique du corps.
Cette technique utilise une pression légère à modérée et chaque ventouse étant posée et
retirée en moins de 30 secondes, favorisant ainsi un processus de stimulation. Elle est
particulièrement recommandée lorsque le cupping à sec n'est pas adapté, notamment chez les
jeunes et les femmes(2,34,35).
La thérapie par ventouses humides, aussi connue sous les noms de cupping par saignée,
cupping intégral ou El-Hijama dans l’Orient-Arabe et les cultures musulmanes, est une méthode
largement pratiquée en médecine traditionnelle et souvent considérée comme l'une des
techniques les plus couramment utilisées par les thérapeutes spécialisés en ventouses(2,33,36).
D'autre part, la technique en trois étapes ou « El-Hijama » commence par l'application des
ventouses pendant environ 5 minutes. Ensuite, procède à la scarification de la peau. Enfin, les
ventouses sont réappliquées pour recueillir le sang pendant environ 5 minutes supplémentaires.
Cette technique est principalement utilisée dans les pays arabes(2,19). L'asepsie est primordiale
lors de l'utilisation de cette méthode. Il est obligatoire pour tous les praticiens de suivre les
14
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
Bien que cette technique soit bénéfique, elle comporte le risque accru d'infections si ces
recommandations ne sont pas suivies de manière rigoureuse. D'autres inconvénients peuvent
également survenir, tels que des réactions vasovagales et la formation de cicatrices(34).
Dans cette classification, les types de cupping sont organisés en fonction du niveau de la
pression négative appliquée à l’intérieur des ventouses. Elle comprend le cupping léger, moyen
et fort ainsi que le cupping pulsatif(34).
Une faible pression est appliquée, entre 100 à 300 millibars, ce procédé est adapté aux
enfants, aux personnes âgées, ainsi qu’aux zones sensibles telles que le visage, notamment dans
le cadre de massages légers et du soulagement des douleurs liées à l'âge.
L'avantage du cupping léger réside dans le fait qu'il ne laisse généralement pas de marques
sur la peau tandis que son principal inconvénient est la chute fréquente de la ventouse(2,34,35).
15
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
Une pression modérée, entre 300 et 500 millibars. Il est utilisé pour soulager les douleurs
musculosquelettiques et les céphalées. Cependant, cette méthode laisse des marques, ce qui la
rend déconseillée pour le visage(2,34,35).
Dans ce type, la pression sous les ventouses dépasse les 500 millibars, ce qui le rend
déconseillé pour les enfants et les personnes âgées en raison du risque accru de dermatite et de
brûlures cutanées associées(2,34,35).
Cette catégorie est classée selon la manière dont les praticiens créent une pression négative
à l'intérieur de la ventouse ou selon la méthode de succion. Elle comprend les techniques de
ventouses par le feu, par aspiration manuelle et par aspiration électrique.
Une méthode traditionnellement très utilisée en Chine, la thérapie par ventouses à feu
consiste à créer une pression négative à l'aide d'une flamme. Pour ce faire, un morceau ou une
tige de coton imbibé d'un liquide inflammable, tel que l'alcool ou l'huile, est enflammé et
brièvement introduit dans la ventouse avant d’être retiré. La ventouse est ensuite
immédiatement appliquée sur la peau.
Bien que cette pratique soit efficace, elle présente des risques, notamment des brûlures
cutanées ou des ruptures capillaires pouvant entraîner l'apparition des cernes(2,34,38).
16
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
Cette méthode, bien que plus coûteuse, offre une grande précision grâce à la possibilité de
régler la pression à l’intérieur des ventouses(2,34).
Également connue sous le nom de « needle cupping », est une méthode qui combine la
thérapie par ventouses avec l'acupuncture. Le procédé consiste à insérer une aiguille
d'acupuncture dans la zone sélectionnée, puis à appliquer les ventouses. L'utilisation d'aiguilles
petites et courtes est essentielle pour garantir la sécurité du traitement (figure 6). Les praticiens
doivent éviter les zones abdominales ainsi que les régions thoraciques, en raison du risque de
perforation des organes internes ou de pneumothorax. Il est également impératif de respecter
les mesures d'asepsie afin d'assurer la sécurité et la santé du patient durant la séance(2,34,35).
17
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
Aussi désigné sous le terme de "hot cupping" ou "moxa cupping", il associe la thérapie par
ventouses et la moxathérapie. Cette dernière est une pratique traditionnelle chinoise qui utilise
le moxa, un dérivé obtenu à partir des feuilles séchées d'armoise. Dans le cadre du cupping à
chaud, une aiguille est chauffée à l'aide de la combustion de moxa, et les ventouses sont ensuite
appliquées sur la zone ciblée (figure 7) (2,34,35,39).
Pour éviter les brûlures, les praticiens placent une fine couche d'aluminium entre le moxa
chaud et la peau, garantissant ainsi la sécurité du patient (2,34).
18
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
Cette méthode combine la thérapie par ventouses et l'utilisation du magnétisme, ce qui lui
confère une double efficacité(38). Comme dans la méthode classique, les ventouses sont
appliquées sur la peau, mais ici, elles sont dotées d'aimants, permettant ainsi de bénéficier des
effets du champ magnétique pour traiter des affections des zones articulaires, telles que celles
des genoux et des coudes(2,4,34). Cependant, il est crucial de surveiller la durée d’application,
car une utilisation prolongée peut provoquer des ulcères de pression. Ce type de cupping est
également contre-indiqué chez les personnes portant des dispositifs médicaux, tels que des
stimulateurs cardiaques ou des pompes à insuline en raison du risque d'interférence du champ
magnétique avec leur fonctionnement(2,4,34).
Il est important de souligner que cette technique n’a pas encore été suffisamment évaluée, et
des recherches supplémentaires sont nécessaires pour en déterminer son efficacité(2,4,34).
19
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
Cupping à l’eau ou le « water cupping » est une méthode où un tiers de la ventouse est rempli
d'eau tiède (figure 9). Pour l'appliquer, le praticien tient la ventouse près de la zone à traiter.
Ensuite, il insère une mèche de coton enflammée à l'intérieur de la ventouse, avant de la
retourner rapidement et simultanément sur la peau. Cette action crée une aspiration qui permet
à la ventouse de se fixer à la peau. Cette technique est souvent utilisée pour traiter des affections
inflammatoires, ainsi que des troubles respiratoires tels que l'asthme et la toux sèche, bien
qu'elle ne soit pas recommandée pendant les phases aiguës de ces conditions. Il est important
de réguler la température de l'eau pour éviter les brûlures et assurer la sécurité du
traitement(2,34,43).
20
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
Cette technique consiste à appliquer des ventouses sur la région abdominale, et elle est
réputée pour son efficacité dans la gestion de l'obésité. Elle permet d'étirer les parois des
organes, d'améliorer la circulation sanguine et de favoriser le bon fonctionnement du système
digestif(2,4,34).
Il est utilisé à des fins esthétiques et thérapeutiques, cette méthode utilise des ventouses en
silicone pour revitaliser la peau du visage (figure 11). Elle stimule l'irrigation sanguine, active
la circulation lymphatique et favorise l'élimination des fluides. Connu pour ses effets
cicatrisants, cette technique doit être réalisée avec une succion légère et des manipulations
maîtrisées. Il est crucial de respecter strictement les mesures d'hygiène pour éviter toute
complication(2,4,34).
21
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
Cette thérapie est spécifiquement dédiée à la physiologie féminine, elle utilise les ventouses
pour soutenir et stimuler les tissus mammaires à des fins esthétiques. L'application de pression
légère à moyenne est privilégiée, car les résultats dépendent de l'âge et de la condition physique
de la femme. Il est important d'éviter une succion trop forte pour prévenir les effets indésirables,
tels que les éruptions cutanées ou les douleurs(2,4,34).
Cette technique repose sur l'utilisation d'un dispositif de stimulation sous vide, également
appelé ventouses érectiles (figure 12), et principalement utilisée pour aider à résoudre les
problèmes du dysfonction érectile(2,6,34).
22
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
1.3.6 Catégorie 6 : Types de thérapie par ventouses non classifiés dans les
catégories précédentes
1.3.6.1 Cupping sportif
Un exemple concret de cette approche est le traitement des troubles des ischio-jambiers. Le
processus débute par un grattage léger de la zone ciblée, afin d'améliorer la circulation sanguine
et d'identifier d'éventuelles adhérences des tissus mous. Les ventouses sont ensuite appliquées
sur les ischio-jambiers pendant 3 minutes, durant lesquelles l'athlète effectue une série de
mouvements actifs, tels que dix flexions des ischio-jambiers et dix élévations de la jambe droite
en position ventrale. Le thérapeute procède ensuite à des mobilisations passives de la jambe du
patient tout en maintenant les ventouses. Le traitement se conclut par un glissement des
ventouses le long de la zone traitée, suivant un mouvement de bas en haut(44).
Le cupping cosmétique est un concept innovant qui se développe dans les salons de beauté
et les spas. Principalement utilisé à des fins esthétiques, il vise à améliorer l’apparence de la
peau en stimulant la circulation sanguine, l'oxygénation des tissus et la régénération
cellulaire(34).
Le cupping aquatique consiste à réaliser des séances de thérapie par ventouses sous l'eau,
combinant ainsi les bienfaits de la thérapie aquatique et des ventouses.
Cette approche permet de bénéficier d’un effet dual, car l'eau chaude procure une sensation de
relaxation et de sédation, tandis que l'eau froide a un effet stimulant sur la circulation. Utilisée
principalement pour la rééducation et la promotion de la santé, cette méthode est
23
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
1.4 Utilisation
Au fil du temps, la thérapie par ventouses a connu une évolution remarquable, avec une
grande variété d'outils utilisés. Allant simplement des cornes d'animaux à des conceptions plus
24
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
Dans le passé, diverses ressources naturelles ont été utilisées pour créer la succion, comme
les coquillages chez les autochtones de la côte ouest de l'Amérique du Nord et les cornes
d'animaux dans d'autres régions du monde, témoignant ainsi d’une pratique ancestrale
largement répandue à travers de nombreuses cultures(3).
Décrite dès l'Antiquité, la technique de la corne, ou « Jiao Fa »(46), consistait à créer une
dépression à l'intérieur de la corne en aspirant l'air, soit physiquement par une succion buccale,
soit en utilisant le feu. Les incisions cutanées créées permettaient, selon les croyances de
l'époque, d'évacuer les « mauvaises humeurs » responsables des maladies. Cette méthode a
évolué au fil des siècles avec une diversification des matériaux utilisés (bambou, verre) et un
raffinement de la technique(3).
Les ventouses en bambou, parmi les plus anciennes utilisées en thérapie par ventouses, sont
fabriquées à partir de tiges de bambou creuses, elles sont légères, naturelles et faciles à
manipuler (figure 14). Traditionnellement employées dans la médecine chinoise et d'autres
cultures asiatiques, elles sont utilisées pour traiter des maux variés tels que les douleurs
musculaires, les inflammations et les troubles circulatoires, et sont également utilisées dans la
thérapie à base de plantes(2).
Pour créer la succion, les praticiens chauffaient l'intérieur de la ventouse en bambou à l'aide
d'une flamme ou d'un charbon incandescent, ou brûlaient un petit morceau de papier placé au
fond de la ventouse. Cependant, cette dernière méthode comportait un risque de brûlures
cutanées. La fabrication d’une ventouse en bambou consiste à découper un morceau de bambou
intact en un tube de 3 à 5 cm de diamètre et de 6 à 10 cm de longueur, conservant un nœud
comme base et découpant l'autre extrémité pour l'ouverture. La peau extérieure et la membrane
intérieure sont ensuite grattées pour donner à la ventouse une forme de "tambour en sablier",
puis elle est polie avec du papier de verre pour une finition lisse et agréable(3).
25
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
Bien que ce type s’avère moins utilisé de nos jours, les ventouses en bambou demeurent
prisées pour leur simplicité et leur lien avec les traditions anciennes ainsi que leur caractère
écologique. Toutefois, ces ventouses présentent quelques inconvénients, comme la difficulté de
leur nettoyage, une stérilisation parfois insuffisante et des bords tranchants. De plus, elles sont
fragiles et peuvent se fissurer, entraînant des fuites d'air lors de l’application(2,47).
Pour les ventouses en céramique, elles sont robustes et offrent une succion efficace, ce qui
les rend idéales pour traiter les douleurs musculaires, les tensions et les troubles circulatoires.
Elles sont souvent privilégiées pour leur durabilité et leur solidité, particulièrement par rapport
aux modèles en verre ou en plastique(48). Leur fabrication commence par la cuisson d'argile
ou de céramique, puis elles sont façonnées en une forme cylindrique. Une fois formées, elles
sont polies et lissées. La succion est habituellement obtenue par chaleur(49).
Les ventouses en céramique sont durables et esthétiques (figure 15). Cependant, elles sont
plus lourdes, ce qui peut rendre leur utilisation moins pratique dans certains cas. Elles sont
également sensibles aux chocs et peuvent se casser en cas de chute(48). Ces ventouses sont
fabriquées en poterie avec un calibre variable, où une ventouse plus courte a un calibre plus
petit et une ventouse plus longue a un calibre plus grand. La ventouse a une ouverture lisse et
un ventre rond plus large que son ouverture et son fond, lui donnant une forme de sablier(3,48).
Bien qu'elles offrent une forte succion, leur poids et leur fragilité restent des points à prendre
en considération(3).
26
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
Les ventouses en verre sont parmi les types ou matériaux les plus utilisés, tant historiquement
que dans les pratiques modernes, notamment pour la thérapie par ventouses à feu en raison de
27
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
leur résistance élevée à la chaleur (figure 17) (47). Elles permettent de créer une succion
localisée et constante, et leur rigidité offre une bonne stabilité mécanique. Un autre avantage
majeur des ventouses en verre est leur transparence, qui permet d'observer et de surveiller le
degré de congestion pendant le traitement. Les ventouses en verre sont également faciles à
stériliser, car elles peuvent passer à l'autoclave, ce qui en fait un choix fréquent pour les
contextes médicaux nécessitant un haut niveau d'asepsie(2). Cependant, leur fragilité constitue
un inconvénient important, avec un risque accru de casse lors de la manipulation ou du
stockage. Pour pallier ce problème, des dispositifs en verre modernes ont été développés,
intégrant des capteurs de pression et de température pour une mesure en temps réel, améliorant
ainsi la sécurité et l'efficacité de la thérapie par ventouses(2,3).
Un nouveau type de ventouse a été popularisé par Chirali, l'auteur du livre « Cupping
Therapy », c’est la ventouse en caoutchouc (figure 18). Ce modèle se distingue par sa forme
ondulée et la forte succion qu'il génère lorsque l'air est expulsé. Grâce à sa surface lisse, il est
idéal pour une utilisation sur des zones sensibles telles que le visage, l'estomac ou les jambes(3).
Reconnue pour sa polyvalence, cette ventouse offre une intensité de succion efficace.
Cependant, en raison de sa composition en caoutchouc, elle ne peut pas être bouillie ni stérilisée
avec des solutions fortes. Son usage est donc recommandé dans un cadre individuel, plutôt qu'en
milieu clinique(2).
28
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
La ventouse à vis est une amélioration technique des ventouses généralement en plastique,
qui se distingue par son mécanisme de succion basé sur un système de vis réglable permettant
de créer le vide et de contrôler précisément le niveau de pression négative à l'intérieur de la
ventouse (figure 19). Elle est souvent appréciée dans les contextes cliniques et domestiques en
raison de sa simplicité d’utilisation et de sa sécurité, évitant ainsi les risques liés à la flamme
utilisée avec les ventouses en verre(3).
L'avantage principal de la ventouse à vis réside dans son ajustabilité fine du niveau de
succion, permettant une personnalisation en fonction de la sensibilité du patient ou de la zone
ciblée, ainsi que parfois sa transparence, qui facilite l’observation directe de la peau pour ajuster
la pression ou surveiller les réactions locales pendant le traitement(2). Cela en fait un outil
adapté pour des applications variées, allant des traitements localisés pour des douleurs
musculaires spécifiques jusqu’aux séances plus longues nécessitant un contrôle précis de la
pression pour éviter tout effet indésirable. La ventouse à vis est légère, résistante, et souvent
disponible en kits de différentes tailles pour traiter diverses zones du corps. Cependant, son
plastique n'est pas conçu pour résister aux hautes températures du cupping à feu et l'usure des
systèmes de valve ou de vis peut entraîner une perte d'efficacité. L'intérieur de la ventouse est
recouvert d'un lubrifiant, ce qui limite le degré de stérilisation(3).
La ventouse à vis est une alternative pratique et sûre aux outils traditionnels, idéale pour une
approche moderne et contrôlée de la thérapie par ventouses, en particulier dans des contextes
non professionnels ou médicaux où la sécurité est primordiale.
29
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
Ce type de ventouse est fabriqué en plastique transparent avec une valve fixée sur le dessus
(figure 20). La succion peut être appliquée manuellement ou à l'aide d'un appareil de vide ou
une pompe qui accompagne le kit. Cette méthode permet de contrôler précisément le degré de
puissance de la succion et de l’adapter en fonction des besoins spécifiques(2). De plus, ces
ventouses sont jetables à usage unique, faciles à utiliser, peu coûteuses et peuvent être stérilisées
facilement. Certaines entreprises proposent même des modèles déjà stériles(47).
Les ventouses magnétiques sont conçues pour traiter les douleurs articulaires, notamment au
niveau des genoux et des coudes. Certaines ventouses contiennent des sondes magnétiques
opposées, tandis que d'autres intègrent une tête magnétique à l'intérieur de la ventouse ordinaire
pour activer sa puissance de succion. Selon certains praticiens, la stimulation magnétique
30
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
Enfin, malgré leur facilité d'utilisation, les ventouses en silicone peuvent être moins
performantes pour des applications nécessitant une pression intense et localisée, car leur
flexibilité peut limiter la profondeur de la succion par rapport aux ventouses rigides en verre ou
en plastique(47).
31
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
À côté des différents types, les ventouses électriques représentent une innovation moderne
dans la pratique de la cupping thérapie. Elles combinent des dispositifs mécaniques et
électroniques afin d’améliorer le contrôle de la pression et de renforcer la sécurité lors des
traitements(3). Ces dispositifs, souvent appelés ventouses à contrôle automatisé, utilisent des
technologies comme des capteurs de pression ou des systèmes de contrôle en boucle fermée
pour réguler précisément l'aspiration, ce qui les rend particulièrement adaptés aux
environnements cliniques (figure 23). Un article publié par Qi-Min Zhang et ses collègues
(2021) décrit un dispositif de ventouses en verre doté d’un contrôle en boucle fermée, intégrant
à la fois des sondes thermiques et des moniteurs de pression, conçu pour une application plus
sécurisée et efficace dans les interventions médicales modernes(51).
Ces avancées soulignent l’intégration croissante des technologies de pointe dans cette
pratique traditionnelle, offrant de nouvelles perspectives en termes de précision, de répétabilité
et de personnalisation du traitement.
32
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
Outre les ventouses elles-mêmes, la cupping thérapie repose sur une variété d’équipements :
Avant l’application des ventouses, plusieurs produits sont utilisés pour préparer la peau. Des
huiles ou lubrifiants, comme des huiles essentielles ou des gels à base de plantes, l’huile d'olive
ou huile de lavande, pour certains types de thérapie par ventouses(52). Ils permettent un
glissement fluide des ventouses, particulièrement dans les techniques dynamiques. Des
antiseptiques comme l’alcool ou les désinfectants cutanés sont également essentiels pour
nettoyer la peau, surtout dans les cas de El-Hijama, afin de réduire les risques d’infection(53).
Des sources de chaleur telles que des bâtonnets ou mèches imbibées d’alcool ou des
dispositifs de pompage au vide complètent efficacement les ventouses, en particulier celles en
plastique ou en verre(3,6).
Les poires en caoutchouc sont le plus souvent utilisées pour le cupping sec (figure 24) (4,25).
Appréciée pour sa simplicité et sa praticité, la poire en caoutchouc permet de générer une
succion par compression et relâchement manuel, offrant une intensité ajustable grâce à sa
flexibilité. Son utilisation est particulièrement recommandée pour des applications légères à
modérées, comme la relaxation ou la gestion de douleurs mineures(3,32).
Ainsi, elle est bien tolérée chez les jeunes enfants en raison de son fonctionnement doux et
manuel, sans recours à des dispositifs mécaniques ou à la chaleur. Néanmoins, son usage est
limité par son manque de précision, en raison de la quantité restreinte d'air qu’elle peut extraire,
et certaines préoccupations concernant la stérilisation(3).
33
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
Les pompes à vide manuelles offrent un contrôle précis de la succion en ajustant la pression
en fonction des besoins du patient. En milieu clinique, des pompes électriques sont souvent
privilégiées pour assurer une pression constante et uniforme sans effort manuel. Ces outils sont
particulièrement adaptés aux zones sensibles ou aux séances de longues durées(2,3).
Pour les séances de El-Hijama, on utilise des scarificateurs, des dispositifs munis de lames
ou d’aiguilles permettant de réaliser des incisions superficielles sur la peau avant l’application
des ventouses pour extraire le sang. Ces instruments sont souvent accompagnés de gants
médicaux pour garantir la stérilité, ainsi que de contenants dédiés à la collecte ou à l’élimination
du sang après la séance. Ces équipements sont conçus pour garantir la sécurité et l’hygiène tant
du patient que du praticien(47,52).
Pour maintenir une hygiène optimale, différents produits et équipements de stérilisation sont
utilisés. Les ventouses en verre peuvent être stérilisées à l’aide d’un autoclave, garantissant leur
réutilisation en toute sécurité. En revanche, pour les ventouses en plastique ou en silicone, qui
ne peuvent pas toujours être autoclavées, des lingettes désinfectantes, sprays nettoyants ou
solutions chimiques sont recommandés. Ces procédés assurent une désinfection efficace, bien
que l’usure de certaines matières comme le silicone puisse être un problème à long terme(47).
Un kit de thérapie par ventouses classique comprend généralement six ventouses ou plus, de
tailles variées, accompagnées d'un système de succion. Ces ensembles sont classés en trois
catégories principales : la première concerne le type de ventouses utilisées, avec des modèles
en plastique, verre, caoutchouc, bambou, céramique, métal ou silicone. La deuxième se réfère
aux techniques de succion, avec des ensembles manuels, automatiques ou à succion auto-
générée. Enfin, la troisième catégorie qui les classe en fonction de leur usage, tels que le kit
pour le visage, pour les femmes, pour les hommes, et pour le massage. Cette classification des
kits a été proposée pour la première fois en 2013 par Tamer Shaban dans son livre « Cupping
Therapy encyclopedia » (figure 25)(2,45).
34
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
Les sites d’application de la thérapie par ventouses sont nombreux et ils varient en fonction
de l’objectif thérapeutique, de la technique utilisée (ventouses sèches, humides, dynamiques,
ou cupping à feu), des zones du corps ciblées par la médecine traditionnelle ou moderne et
enfin, de l’état de santé de la personne. Le dos est le site d’application le plus courant, suivi de
la poitrine, de l'abdomen, des fesses et des jambes. D'autres zones, comme le visage, peuvent
également être traitées par ventouses(54).
Dans certains cas, la cupping thérapie est appliquée sur des points spécifiques selon des
systèmes de la médecine énergétique comme les méridiens en médecine chinoise(21).
Ces sites sont choisis pour leurs relations avec des troubles internes ou généraux (comme le
stress, l’insomnie, ou les déséquilibres hormonaux)(2).
Les zones corporelles les plus couramment ciblées par la ventousothérapie et leurs
indications respectives sont présentées ci-dessous :
1.4.2.1 Dos
35
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
1.4.2.1.2 Indications
• Soulagement des douleurs musculosquelettiques, telles que les tensions
musculaires et lombalgies(21).
1.4.2.2 Thorax
1.4.2.2.2 Indications
• Soulagement des troubles respiratoires tels que la toux, l’asthme, et les
infections des voies respiratoires. Ce site est souvent choisi pour aider à
décongestionner(48).
1.4.2.3 Abdomen
1.4.2.3.2 Indications
• Traitement des troubles digestifs tels que les ballonnements, la constipation, ou
les colopathies fonctionnelles(2,4).
36
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
1.4.2.4.2 Indications
• Traitement des douleurs dans le bas du dos ou de la région pelvienne,
notamment en cas de troubles comme la sciatique(4).
1.4.2.5.2 Indications
• Soulagement des douleurs musculaires, crampes, et tension dans les membres
inférieurs provoquées par l’exercice physique ou une mauvaise circulation(21).
• Utilisée dans la récupération après des activités sportives intenses(2,44).
1.4.2.6.2 Indications
• Soulagement des douleurs liées à des tensions ou des raideurs dans le cou ou
les épaules (par exemple, torticolis, syndrome de tension cervicale)(21).
• Utilisée pour traiter des maux de tête cervicogéniques ou des migraines lorsque
la tension musculaire cervicale est impliquée(48).
37
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
1.4.2.7.2 Indications
• Stimulation des points réflexologiques. Par exemple, en lien avec la médecine
chinoise pour des troubles globaux liés au sommeil(2,55).
• Réduction de la douleur ou des inflammations, notamment en cas de fasciite
plantaire ou de douleurs articulaires dans les chevilles(2,56).
1.4.2.8.2 Indications
• Utilisée pour soulager les douleurs localisées dues à des surmenages
musculaires. Par exemple, tennis elbow ou l'épicondylite et les douleurs liées
au syndrome du canal carpien(21).
1.4.2.9.2 Indications
• Soulagement des maux de tête et des migraines(2).
1.4.2.10 Oreilles
38
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
1.4.2.10.2 Indications
• Le traitement du dysfonctionnement de l’articulation temporo-mandibulaire
(ATM)(56).
• Appliquée pour des affections spécifiques liées à l’audition ou à l’équilibre(4).
La cupping thérapie est une technique ancienne, largement reconnue pour ses bienfaits en
matière de promotion de la santé, de prévention et de traitement des maladies(3). Sa polyvalence
lui permet de favoriser le bien-être général tout en ciblant à la fois des affections localisées et
systémiques (tableau 1). Cette thérapie doit ses effets thérapeutiques à divers types de
stimulations notamment la modulation nerveuse et la stimulation du système immunitaire, ce
qui la rend applicable dans la prise en charge d’un large éventail de problèmes de santé.
Tableau 1 : Exemples des indications de la thérapie par ventouses dans les maladies
localisées et systémiques(2).
Depuis des millénaires, la thérapie par ventouses est utilisée de manière traditionnelle pour
traiter divers symptômes douloureux, tels que la sciatique, les maux de dos, ou encore pour
39
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
décongestionner les voies bronchiques en cas de rhume ou de grippe. Récemment, elle a gagné
en popularité grâce à sa simplicité et ses effets intéressants, notamment sa capacité à favoriser
l'élimination des toxines des tissus, à améliorer la circulation sanguine, à stimuler le système
immunitaire et à réduire le stress. Ces propriétés, ont fait élargir sa gamme d’indications pour
couvrir même certaines maladies relevant de la médecine interne, telles que celles de l’appareil
respiratoire (tuberculose pulmonaire, rhume…), du système digestif (douleurs abdominales,
maux d'estomac, troubles digestifs…), du système musculosquelettique (rhumatismes,
lombalgies, douleurs dorsales…), les migraines, l’hypertension ainsi que les troubles du foie,
des reins et certains troubles gynécologiques comme la dysménorrhée(3).
Ces dernières années, un nombre croissant de recherches ont été menées pour évaluer et
confirmer l’efficacité de cette thérapie dans le traitement de nombreuses affections médicales.
Lauche et al (2011) ont examiné l’effet de la cupping thérapie sèche sur la douleur et en
particulier la qualité de vie des patients qui souffrent de douleur cervicale chronique non
spécifique. Cinquante patients ont été recrutés et répartis aléatoirement en un groupe de
traitement, qui a reçu cinq séances de ventouses sèches sur une période de deux semaines et un
groupe témoin, qui n’a reçu aucun traitement. Après deux semaines, les patients du premier
groupe ont rapporté une diminution significative de la douleur et ont obtenu de meilleurs
résultats sur les sous-échelles du test SF-36 « Short Form Health Survey » liés à la douleur
corporelle (un questionnaire standardisé utilisé pour mesurer la qualité de vie liée à la santé
chez les patients dans les études de recherche clinique ou d'évaluation des traitements et des
services médicaux), comparativement aux patients du groupe témoin. Concluant qu’une série
de cinq séances de ventouses sèches semble avoir été efficace pour soulager la douleur
chronique cervicale non spécifique. Car non seulement les mesures subjectives se sont
améliorées, mais également la sensibilité mécanique à la douleur différait significativement
40
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
entre les deux groupes, suggérant qu’il y a une influence sur le traitement fonctionnel de la
douleur(58).
De même, Kim et al (2012) ont mené un essai pilote contrôlé randomisé pour évaluer
l'efficacité de la thérapie par ventouses sur la douleur cervicale chez les travailleurs utilisant
des écrans d'ordinateur. Quarante participants présentant une douleur cervicale modérée à
sévère ont été répartis aléatoirement en deux groupes : l'un recevant six séances de thérapie par
ventouses humides et sèches, et l'autre utilisant des coussins chauffants. Les deux groupes ont
suivi leurs traitements trois fois par semaine pendant deux semaines. Les symptômes liés au
travail ont été évalués à plusieurs reprises sur une période de sept semaines, et les participants
ont également suivi un programme d'exercices pendant cette période. Ensuite les résultats ont
montré que la thérapie par ventouses était plus efficace que l'utilisation des coussins chauffants
pour réduire la douleur, mesurée par l'échelle numérique d'évaluation de la douleur (NPRS),
l'indice de handicap cervical (NDI) et l'inconfort mesuré par le questionnaire (MYMOP-2) à
deux moments d'évaluation (trois et sept semaines). Une amélioration significative de l'indice
de santé EuroQoL (EQ-5D) a été observée dans les deux groupes après sept semaines.
Finalement, les chercheurs ont conclu que deux semaines de thérapie par ventouses et un
programme d'exercices peuvent être efficaces pour réduire la douleur et améliorer les fonctions
cervicales(59).
Une autre étude menée par El Rahim et al en 2017, visait à évaluer l'efficacité de la thérapie
par ventouses combinée ou non avec la thérapie interférentielle (TIF) pour soulager la
lombalgie mécanique (douleur mécanique au bas du dos). Soixante patients souffrant de ce type
de douleur, ont été recrutés à l'hôpital de neurochirurgie de l'Université de Sohag et répartis
aléatoirement en trois groupes. Le groupe « A » a reçu une thérapie par ventouses associée à
une physiothérapie traditionnelle, tandis que le groupe « B » a reçu une thérapie par ventouses
et TIF en plus de la physiothérapie traditionnelle. Le groupe « C » qui était le groupe témoin, a
uniquement bénéficié de la physiothérapie traditionnelle. Les séances de traitement ont eu lieu
trois fois par semaine durant quatre semaines, la douleur, l'invalidité et l'amplitude des
mouvements ont été mesurées avant et après le traitement en utilisant respectivement le
questionnaire de douleur de McGill, le questionnaire d'invalidité de Roland Morris et un
goniomètre (un instrument utilisé pour mesurer des angles et déterminer les amplitudes de
mouvement au niveau des articulations du corps).
41
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
Les résultats ont montré une diminution significative de la douleur et de l'invalidité, ainsi
qu'une augmentation de l'amplitude des mouvements dans les trois groupes après le traitement.
Cependant, le groupe B, qui a bénéficié de la combinaison de thérapie par ventouses et TIF, a
présenté une amélioration statistiquement plus importante par rapport aux deux autres groupes,
en particulier, la réduction de la douleur était de 86,69% dans le groupe B, comparée à 73,87%
dans le groupe A et 61,13% dans le groupe C. De même, le pourcentage d'amélioration de
l'invalidité était plus élevé dans le groupe B (79,63%) que dans les groupes A (54%) et C
(39,17%). Ces résultats suggèrent que la combinaison de thérapie par ventouses et de TIF est
plus efficace que la thérapie par ventouses seule ou la physiothérapie traditionnelle pour le
traitement de la lombalgie mécanique et l'étude a conclu que cette combinaison thérapeutique
pouvait être utilisée comme un traitement efficace pour les patients souffrant de cette
condition(60).
Ainsi pour le syndrome du canal carpien, Michalsen et al ont réalisé, en 2009, un essai
contrôlé randomisé qui évalue l'efficacité de la thérapie par ventouses traditionnelles chez des
patients atteints du syndrome du canal carpien (SCC). Cinquante-deux patients de SCC
neurologiquement confirmé ont été répartis en deux groupes : un groupe verum (n=26) recevant
une unique application de ventouses humides et un groupe témoin (n=26) recevant une unique
application locale de chaleur sur la région du muscle trapèze. Un suivi a été réalisé au 7ᵉ jour
post-traitement(61). Les résultats ont montré une réduction significative du critère de jugement
principal qui était la gravité des symptômes du syndrome du canal carpien, mesurée par l'échelle
visuelle analogique (EVA), avec 61,5 ± 20,5 à 24,6 ± 22,7 mm dans le groupe ventouses
contre 67,1 ± 20,2 à 51,7 ± 23,9 mm dans le groupe témoin. Les effets significatifs du traitement
ont également été observés pour le score CTS de Levine, la douleur au cou, le handicap
fonctionnel (score DASH) et la qualité de vie physique dans le groupe de la thérapie par
ventouses(61).
Les auteurs de l'étude ont conclu que la thérapie par ventouses pourrait être efficace pour
soulager la douleur et les autres symptômes liés au syndrome du canal carpien. Cependant, ils
ont également souligné que l'efficacité de la thérapie par ventouses dans la prise en charge à
long terme du SCC et les mécanismes impliqués nécessitent encore des éclaircissements. De
plus, une perspective indique que l'application de ventouses sur les zones de l'épaule liées de
manière segmentaire semble atténuer les symptômes du SCC(61).
42
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
De même pour la fibromyalgie, Cao et al en 2011, ont mené une étude observationnelle
d’une série de 30 patients souffrant de fibromyalgie afin d'explorer les effets de l'utilisation de
la thérapie par ventouses chez ces personnes(41). L'intervention consistait en l'application de
ventouses en bambou, qui étaient bouillies dans une décoction à base de plantes pendant 5
minutes. La ventouse était appliquée sur les points Ashi pendant 10 minutes, une fois par jour
pendant 15 jours. Les résultats mesurés étaient la douleur, évaluée à l'aide d'une échelle visuelle
analogique (EVA), et le nombre de points sensibles(41).
À l'inclusion, la douleur moyenne était de 2,63 ± 0,73 sur l'EVA, et les patients présentaient
en moyenne 13,5 ± 1,66 points sensibles. Les scores ont diminué au cours du traitement (2,22
± 0,77 à 5 jours, 1,78 ± 0,75 à 10 jours, et 1,36 ± 0,76 à 15 jours), de même que le nombre de
points sensibles (12,57 ± 2,25 à 5 jours, 11,2 ± 2,50 à 10 jours, 9,33 ± 2,89 à 15 jours).
Sur les 30 patients, 29 ont terminé le suivi 2 semaines après la fin du traitement, montrant un
maintien de la réduction de la douleur (1,31 ± 0,76 sur l'EVA) et des points sensibles (9,07 ±
2,96). Aucun effet indésirable grave lié aux ventouses n'a été observé(41).
À la suite des résultats, la thérapie par ventouses médicinales a été associée à une réduction
des symptômes de la fibromyalgie, des essais contrôlés peuvent être réalisées pour confirmer
ces suggestions(41).
Par ailleurs, plusieurs rôles bénéfiques de la thérapie par ventouses sur les différentes
maladies inflammatoires ont été prouvés, allant simplement du soulagement de la douleur à
l'amélioration de la circulation sanguine et à la réduction de l'inflammation. Le cupping est
particulièrement recommandé pour la goutte et d'autres formes d'arthrites, une étude a été
réalisée par Zhang et al en 2010, avec l'objectif principal d'évaluer l'efficacité d'une approche
thérapeutique issue de la médecine traditionnelle chinoise, combinant ainsi la thérapie par
ventouses humides et la phytothérapie pour le traitement de l'arthrite goutteuse aiguë. Cette
étude, grâce aux résultats trouvés, a montré une efficacité intéressante de cette pratique pour le
traitement et le soulagement de la goutte(62). Un autre exemple d’une étude de Teut et al
(2012), qui a examiné l'effet de la ventouse sèche pulsatile sur des patients souffrant
d'ostéoarthrite du genou et a révélé un soulagement des symptômes de l'arthrose du genou par
rapport à l'absence d'intervention. Cependant, les chercheurs ont conclu qu'il est nécessaire de
réaliser d'autres études comparant la ventouse avec des traitements actifs(33,63). Zhao et al en
2009 ont, eux aussi, évalué l'efficacité de l'électro-acupuncture associée aux ventouses humides
dans le traitement de la goutte comparée au Probénécide. Le groupe ayant reçu la thérapie par
43
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
ventouses humides présentait un taux d'acide urique sérique inférieur au groupe recevant le
Probénécide par voie orale (un agent uricosurique qui permet d'abaisser la concentration de
l'acide urique dans le sang en augmentant son élimination urinaire)(64). Cela est dû
probablement à la pression exercée par les ventouses, qui agit en améliorant la circulation pour
éliminer la stagnation sanguine, réduire l'enflure et arrêter la douleur. Les ventouses après
scarification autour de l'articulation aident à drainer le sang coagulé, les épanchements
inflammatoires et à éliminer les substances toxiques qui créent des douleurs articulaires, comme
exemple les acides métaboliques, les toxines bactériennes et d'autres substances chimiques, une
étape clé pour l’efficacité du traitement de l'arthrite(3).
D’autres exemples ont également été investis, le psoriasis par Malik et al en 2015(65), la
spondylarthrite ankylosante (SA) par Shi-yu Ma et al en 2018(66), la sclérodermie par Zhou en
2011(67,68) et la maladie de Behçet par Samar Erras et ses collègues(69).
De plus, la thérapie par cupping a démontré son efficacité dans le traitement de certaines
maladies cardiovasculaires telles que l'hypertension systolique. La thérapie par ventouses
humides est efficace pour réduire la pression artérielle systolique chez les patients hypertendus
jusqu'à 4 semaines, sans effets secondaires graves, elle devrait être envisagée comme un
traitement complémentaire de l'hypertension, a confirmé l’étude d’Aleyeidi et al menée en
2015(70). Lee et al ont, eux aussi, réalisé une revue systématique en 2010, qui examine
l'efficacité de la technique de la ventouse comme traitement de l'hypertension artérielle(71).
Par ailleurs, cette thérapie est également bénéfique pour les troubles liés à la surcharge
circulatoire et les conditions neurologiques telles que les céphalées, les migraines et la paralysie
faciale(9,72). Au 18ème siècle, le cupping était considéré comme un remède efficace contre les
maux de tête et était fortement recommandé pour les migraines. Duo, en 1999, a traité 100 cas
de migraine réfractaires en utilisant une combinaison d'acupuncture et de ventouses(73), Benli
et Sunay, quinze ans après, ont également évalué l'efficacité de la thérapie par ventouses
humides dans le traitement de la migraine et ont étudié si cette efficacité variait en fonction de
la phase lunaire(74). Ainsi, en 2012, les auteurs Cao et Liu, ont fait une revue systématique
d'essais contrôlés randomisés dans le but d’évaluer l'efficacité de la thérapie par ventouses dans
le traitement de la paralysie faciale(72).
La thérapie par ventouses a été rapportée comme efficace pour réduire le taux du fer sérique
et la ferritine chez des sujets sains. Ainsi, dans le traitement des maladies métaboliques telles
44
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
De cela, elle a été proposée comme un traitement novateur suggéré pour l'excrétion
percutanée de fer et de ferritine dans le traitement de la thalassémie, de l'hémochromatose et
d'autres conditions de surcharge en fer. L’article de El Sayed et al publié en 2014, propose El-
Hijama comme un traitement pour la surcharge en fer dans la béta-thalassémie majeure,
l'hémochromatose et l'anémie sidéroblastique, en montrant le mécanisme d’action potentiel de
la cupping thérapie humide dans cette condition, toutefois cette proposition requiert des
recherches supplémentaires pour sa validation(30).
La première étape de El-Hijama consiste en une succion initiale créant un dôme cutané où
s'accumulent les fluides filtrés des capillaires et liquides interstitiels (figure 27)(30).
45
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
46
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
El-Hijama a été signalée également comme étant efficace dans le traitement des affections
dermatologiques, Tabatabaei et al (2020) ont mené une étude dont l'objectif était d'évaluer
l'efficacité de la pratique des ventouses humides dans le traitement de l'acné vulgaire modérée
à sévère(75). En outre, Xiao et ses collègues ont réalisé une méta-analyse (2020) pour examiner
l’efficacité de cette pratique dans le traitement de l’urticaire chronique(20).
La thérapie par ventouses s'est aussi montrée bénéfique pour les maladies respiratoires telles
que la rhinite allergique, l’asthme et la bronchite asthmatique (les études sont mentionnées dans
les chapitres 3 et 4)(36,76,77), ainsi que contre les infections virales telles que le zona et
l'hépatite virale(78) et bactérienne comme la cellulite (une réaction inflammatoire bactérienne
des tissus sous-cutanés causée principalement par des bactéries Gram-positives telles que
Staphylococcus aureus et Streptococcus)(30).
Cao et ses associés (2010) ont réalisé un essai randomisé et ont suggéré que la thérapie par
ventouses peut être efficace pour diverses affections médicales, y compris l'herpès zoster(39).
47
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
Une étude d’un cas de cellulite, présentée par Asif Ahmed et al en 2011, a suggéré un
potentiel intéressant de la thérapie par ventouses en complément à l’antibiothérapie. En créant
une pression négative, les ventouses semblent aspirer les bactéries et leurs toxines, contribuant
ainsi à nettoyer la zone infectée. Cette méthode pourrait expliquer l'amélioration observée chez
le patient, où les antibiotiques seuls n'avaient pas été suffisants. La thérapie par ventouses ne
doit en aucun cas remplacer un traitement médical conventionnel, mais pourrait constituer une
approche complémentaire intéressante(79).
Sans oublier son indication pour les maladies auto-immunes telles que la polyarthrite
rhumatoïde (PR) et le vitiligo(19,68,80).
L’un des principaux objectifs de la thérapie par ventouses est de favoriser un apport suffisant
en nutriments aux tissus affectés. Par conséquent, en stimulant la circulation sanguine et
lymphatique, elle contribue à améliorer les fonctions de l'organe cible. Les organes gastro-
intestinaux, notamment l'estomac, la rate et les intestins, jouent un rôle central dans la digestion.
La thérapie par ventouses sèches exerce une action en stimulant leur activité péristaltique et
leurs sécrétions. Cela favorise une meilleure digestion, une meilleure absorption des nutriments
et une meilleure élimination des déchets. En conséquence, l'application des ventouses sur
l'abdomen soulage efficacement les troubles digestifs chroniques tels que la gastro-entérite et
la constipation(3).
À travers les nombreuses études et recherches menées jusqu’à ce jour, les techniques de
cupping, qu’il s’agisse de la méthode sèche ou humide, ont toutes les deux démontré leur
efficacité. Cependant, le cupping sec est généralement privilégié dans les pratiques occidentales
en raison de son faible risque d’exposition aux fluides biologiques, ce qui le rend plus sûr pour
les praticiens et les patients(81).
Néanmoins, bien que le cupping sec présente un avantage notable en termes de sécurité, des
études montrent que le cupping humide pourrait offrir des bienfaits plus étendus. Il semble
particulièrement utile et plus efficace pour traiter les troubles systémiques comme l'obésité,
l'hypertension, les maladies auto-immunes, les inflammations chroniques, le diabète, et même
certaines affections cutanées(45,81).
De même, grâce à ses effets stimulants et fortifiants, la technique des ventouses humides a
été utilisée avec succès pour traiter de nombreux troubles liés à la circulation du sang. Elle est
ainsi particulièrement indiquée dans les cas de stagnation sanguine, de mauvaise circulation et
48
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
de polyglobulie(17). De ce fait, bien que le cupping sec soit plus couramment utilisé pour son
caractère sûr, le cupping humide pourrait potentiellement offrir une efficacité supérieure dans
le traitement de conditions plus diversifiées(81).
Enfin, au-delà de ses effets thérapeutiques ciblés, la thérapie par ventouses contribue
également à renforcer la résistance naturelle de l’organisme, à éliminer les facteurs pathogènes
pour prévenir les maladies, à réguler la fonction sanguine, et à stimuler l’immunité tout en
promouvant une santé globale. Cette technique mobilise le système immunitaire en créant des
ecchymoses localisées et temporaires, ceux qui activent les cellules défensives du corps pour
réparer la zone concernée. Ainsi, la thérapie par ventouses utilise une stimulation locale pour
optimiser les mécanismes de défense et renforcer la résistance naturelle du corps contre les
maladies(3).
La cupping thérapie est une pratique dont les preuves de ses bienfaits potentiels dans le
traitement de certaines maladies sont de plus en plus nombreuses, toutefois considérer les
contre-indications lors de l'application de cette thérapie est crucial pour assurer la sécurité et le
bien-être des patients(45).
En général, la thérapie par ventouses est contre-indiquée directement sur les nerfs, les
artères, les veines, les varices, les lésions cutanées, les orifices corporels, les ganglions
lymphatiques, les yeux ou les zones de peau enflammées. En présence d’une peau excoriée,
suintante ou infectée, il est recommandé de s'abstenir de l'application des ventouses, car cela
pourrait entraîner une élévation des taux de D-dimères, produits de la dégradation de la
fibrine qui est l’élément final de la coagulation sanguine(82), reflétant la possibilité d’une
hypercoagulabilité ou d'autres effets indésirables. De ce fait, cette pratique est généralement
évitée chez les personnes âgées ayant la peau très fine et fragile(81).
Les ventouses sont également à éviter sur les plaies ouvertes, les fractures osseuses et les
sites de thrombose veineuse profonde. Pour les ventouses humides, elles sont, quant à elles,
contre-indiquées sur les zones où de gros vaisseaux sanguins sont distribués(3).
49
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
absolument contre-indiquée chez les patients atteints de cancers et chez ceux présentant une
insuffisance d'organe (comme l’insuffisance rénale, l’insuffisance hépatique et l’insuffisance
cardiaque). Elle est également absolument contre-indiquée chez les patients porteurs d’un
dispositif médical électronique implanté, tel qu'un pacemaker et chez ceux souffrant
d'hémophilie, de saignements spontanés ou interminables après un traumatisme ou de tout autre
trouble sanguin similaire. Les contre-indications relatives à la thérapie par ventouses, et surtout
le wet cupping, comprennent les infections aiguës, l'utilisation d'anticoagulants, les maladies
chroniques graves telles que les maladies cardiaques, le post-partum, l'anémie, une récente
séance de ventouses humides et un don de sang récent(45).
Même si elle s’avère très recommandée, la thérapie par ventouses ne convient généralement
qu'aux adultes et elle n'est pas recommandée pour les patients gériatriques et pédiatriques,
car ses effets sur le nourrisson ne sont pas suffisamment étudiés. Ainsi que certaines conditions
comme les femmes enceintes ou allaitantes, il est donc préférable de l'éviter pendant ces
50
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
périodes. En outre, les patients avec un taux élevé de cholestérol sérique présentent un risque
plus élevé de développer des événements cardiovasculaires liés à la thérapie par ventouses(81).
Par rapport aux complications suite à des événements indésirables lors de la pratique, le
cupping est généralement considéré comme une procédure relativement sûre. Bien que
rarement signalés, ces événements ne sont pas rares et la plupart sont de sévérité légère à
modérée.
Kim et ses collaborateurs ont réalisé en 2014 une méta-analyse en Corée pour analyser les
effets indésirables liés à la thérapie par ventouses. Sur les 16 études incluses, les effets
indésirables les plus couramment rapportés étaient l'anémie, la panniculite factice et les
infections virales à l'herpès. L'étude a également mis en évidence des événements indésirables
rares associés à cette pratique(83).
Selon l’OMS, un événement indésirable est une blessure liée à la prise en charge médicale,
par opposition aux complications d'une maladie. La prise en charge médicale inclut tous les
aspects des soins, y compris le diagnostic et le traitement, l’échec de ces deux ainsi que les
systèmes et équipements utilisés pour fournir les soins. Les événements indésirables peuvent
être évitables ou inévitables. Tandis que selon l’institut national du cancer, un événement
indésirable est tout signe défavorable et non-intentionnel (y compris un résultat de laboratoire
anormal), symptôme ou maladie, associé temporellement à l’utilisation d’un traitement médical
ou d’une procédure, qu’il soit ou non considéré comme lié au traitement médical ou à la
procédure.
De ce fait, les événements indésirables de la cupping thérapie ont été classés en évitables et
inévitables selon Aboushanab et al dans leur article “Cupping therapy: An overview from a
modern medicine perspective” réalisé en 2018 (tableau 3)(2,45). Ensuite, Moghimi et ses
collègues ont remis en question cette classification et ont affirmé que tous les événements
indésirables liés à la thérapie par ventouses étaient évitables(76). Ce qui a poussé Tamer S et
Aboushanab à établir une nouvelle révision de la classification, et leur a permis de reclasser
chaque catégorie en effets locaux et systémiques, en constatant que les événements indésirables
évitables de la thérapie par ventouses étaient principalement locaux, tandis que les événements
indésirables inévitables étaient principalement systémiques (figure 30)(85).
51
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
52
Chapitre I : Généralités sur la thérapie par ventouses
panniculite. Ces problèmes sont souvent attribués à des erreurs d'instrumentation, de technique
ou de stérilité(2).
Pour les événements indésirables non évitables de la thérapie, ils comprennent les maux de
tête, les vertiges, la fatigue, la syncope vasovagale, l’anémie, les nausées, l'insomnie et le
phénomène de Koebner, qui est décrit comme l'apparition de nouvelles lésions cutanées ou
d’une dermatose préexistante sur une zone de peau saine résultant du traitement(86). Ces
derniers sont classés comme inévitables car ils diffèrent et dépendent largement de la réponse
du patient(2).
Le plus souvent, l'infection, la syncope vasovagale et les cicatrices sont plus fréquemment
associées aux techniques de ventouses humides. Les effets indésirables courants des ventouses
sèches comprennent l'érythème localisé, les ecchymoses aux sites d'application ainsi le risque
accru de brûlures lors de l'utilisation de la succion par le feu(2,45).
Enfin, les précautions d’utilisation sont essentielles pour éviter les risques de complications
comme les saignements, les infections ou l’aggravation de certaines pathologies. Il est
important de noter que la thérapie par ventouses ne doit jamais remplacer un traitement médical
conventionnel et qu'il est toujours recommandé de consulter un professionnel de santé avant de
procéder à cette pratique.
53
Chapitre II :
Les mécanismes d’action
potentiels de la thérapie par
ventouses
Chapitre II : Les mécanismes d’action potentiels de la thérapie par ventouses
Divers mécanismes d’action ont été proposés pour expliquer les effets thérapeutiques de
cette thérapie. Pourtant, malgré les avancées scientifiques, le fonctionnement exact par lequel
elle produit ses effets reste largement inexpliqué(13,45). À ce jour, les publications en médecine
moderne reposent principalement sur des hypothèses et des modèles théoriques, sans parvenir
à une compréhension complète des processus physiopathologiques impliqués.
Plusieurs chercheurs ont proposé des processus biologiques et mécaniques, parmi lesquels
nous citons ci-dessous les six mécanismes principaux ; trois liés aux effets analgésiques, à
savoir la théorie du portillon ou « gate control theory », le contrôle inhibiteur nociceptif diffus
ou « diffuse noxious inhibitory controls » et la théorie des zones réflexes « reflex zone theory »,
expliquant comment la thérapie par ventouses pourrait soulager la douleur soit par la
modulation centrale ou par les principes de la réflexologie. Les trois autres mécanismes
concernent d’autres effets bénéfiques, ainsi la relaxation musculaire, les modifications des
structures tissulaires locales et l’augmentation de la circulation étaient attribués à la théorie de
l’oxyde nitrique ou « nitric oxide theory ». Les effets immunologiques et les ajustements
hormonaux observés suite aux études menées étaient attribués à la théorie de l’activation du
système immunitaire ou « activation of immune system theory ». La libération de toxines et
l’élimination des déchets et des métaux lourds pourraient être expliquées par la théorie de
désintoxication du sang ou « blood detoxification theory ».
54
Chapitre II : Les mécanismes d’action potentiels de la thérapie par ventouses
Figure 31 : Liens entre les effets de la thérapie par ventouses et les théories de mécanismes
d’action(13).
Par conséquent, aucune théorie unique n'existe pour expliquer l'ensemble des effets de la
thérapie par ventouses. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour soutenir ou
réfuter les théories susmentionnées, et également pour développer de nouvelles
conceptualisations à l'avenir.
L’une des hypothèses majeures est la théorie du portillon (Gate control theory), introduite
pour la première fois en 1965 par les chercheurs Melzack et Wall. Cette théorie a révolutionné
la compréhension de la nociception en décrivant les mécanismes de transmission et de
modulation de la douleur(89). Elle postule l'existence d'un système de régulation situé dans la
moelle épinière, fonctionnant comme un portillon capable d’inhiber ou de laisser passer les
signaux douloureux vers les centres supérieurs. Par ailleurs, elle met en évidence un phénomène
55
Chapitre II : Les mécanismes d’action potentiels de la thérapie par ventouses
Selon Melzack et Wall, la transmission des signaux douloureux implique trois structures clé
de la moelle épinière :
L’interaction entre ces trois composantes joue un rôle fondamental dans la modulation de la
douleur(89).
Selon ce modèle, les signaux nociceptifs sont véhiculés par les fibres de petit diamètre Aδ
et C, qui sont amyélinisées ou faiblement myélinisées. En parallèle, les fibres de gros diamètre
Aβ, qui sont fortement myélinisées et impliquées dans le toucher, la pression et la vibration,
exercent un effet inhibiteur sur la transmission des messages douloureux(87,89).
L’activation des fibres Aβ dans une région cutanée spécifique entraîne l’activation d’inter-
neurones inhibiteurs situés dans la substance gélatineuse. Ces inter-neurones bloquent alors
l’activité des cellules de transmission, ce qui ferme le portillon et empêche la propagation des
signaux douloureux vers les centres supérieurs. Ainsi, lorsque l’activité des fibres Aβ
prédomine, la perception de la douleur est atténuée. À l’inverse, lorsque les messages
nociceptifs deviennent plus intenses, l’activité des fibres Aδ et C augmente et inhibe celle des
inter-neurones inhibiteurs de la substance gélatineuse. Cette inhibition entraîne alors
l’ouverture du portillon, permettant ainsi la transmission des signaux douloureux vers les
cellules de transmission et, par conséquent, vers le cerveau où la douleur est
perçue(87,89,90,92).
De plus, les fibres de gros diamètre transmettent également des informations vers les
structures supérieures du système nerveux central, qui, par le biais de voies descendantes,
exercent une action inhibitrice sur l’activité des fibres de petit diamètre. Ce mécanisme
contribue ainsi à la régulation du seuil de perception de la douleur (figure 32) (87,89,92).
56
Chapitre II : Les mécanismes d’action potentiels de la thérapie par ventouses
Dans ce contexte, la thérapie par ventouses apparaît comme une approche thérapeutique
prometteuse pour le traitement de divers troubles douloureux. Son efficacité a été démontrée
dans la prise en charge de la douleur chronique, notamment dans l’arthrose du genou, les
lombalgies, les cervicalgies, la fibromyalgie, les douleurs musculosquelettiques ainsi que les
douleurs associées au zona(93–95). Il est plausible que son mécanisme d’action puisse être
expliqué par la théorie du portillon. En effet, lors de la procédure, les petites et grandes fibres
nerveuses sont simultanément activées. L’application de la pression exercée par les ventouses
stimule les fibres de gros diamètre Aβ, ce qui entraîne une inhibition partielle de la transmission
des signaux douloureux. Toutefois, une stimulation prolongée peut entraîner une adaptation des
fibres Aβ, réduisant progressivement leur effet inhibiteur et permettant ainsi la réapparition de
la douleur. Pour pallier cette adaptation, des stimuli supplémentaires, tels que des vibrations ou
des frottements, peuvent être intégrés au protocole thérapeutique. Ces stimuli permettent de
réactiver les fibres de gros diamètre et de prolonger l’effet analgésique(96).
Cependant, bien que cette hypothèse soit convaincante, il n’existe pas encore de preuves
formelles établissant clairement dans quelle mesure la thérapie par ventouses induit ces effets.
Des études cliniques supplémentaires sont donc nécessaires afin de valider scientifiquement
cette hypothèse et d’élucider les mécanismes précis sous-jacents à cette approche thérapeutique.
57
Chapitre II : Les mécanismes d’action potentiels de la thérapie par ventouses
Les Contrôles inhibiteurs diffus nociceptifs (CIDN), décrits pour la première fois par Bars
et al (97), désignent un mécanisme de modulation nociceptive impliquant une voie reliant la
moelle épinière aux centres supra-spinaux(98), ou l'application d'une douleur intense sur une
région du corps entraîne l'inhibition de la douleur dans d'autres zones corporelles distantes,
créant ainsi une forme unique d'analgésie endogène(99). Ce phénomène est mesuré par
l'inhibition des neurones de deuxième ordre à large plage dynamique (WDR), induite par une
stimulation éloignée(100). Les mécanismes sous-jacents des CIDN impliquent une boucle
complexe entre plusieurs structures neuronales et peuvent être interprétés comme une forme
d'analgésie basée sur le principe de la contre-irritation, d'où l'expression « la douleur masque la
douleur »(101–103).
La thérapie par ventouses génère un effet analgésique par l'activation des fibres nerveuses
sensibles à la stimulation, un mécanisme similaire à celui de l'acupuncture. Celle-ci stimule les
fibres Aδ et C, ce qui active le système CIDN et renforce l'efficacité de cette approche
thérapeutique (107,108).
Cette théorie, qui constitue la base de la réflexologie(109), postule qu’une affection touchant
un dermatome peut s’étendre à d’autres dermatomes, formant ainsi un réseau de
correspondances somatiques(13). Elle suggère également l’existence de connexions
58
Chapitre II : Les mécanismes d’action potentiels de la thérapie par ventouses
fonctionnelles entre la peau et les organes internes, permettant de traiter des déséquilibres
internes par l’application de traitements sur des zones cutanées neurologiquement associées aux
organes correspondants(109).
Pour soutenir cette théorie, Sato et ses collaborateurs ont démontré que la stimulation de
zones somatiques spécifiques, telles que la peau ou les articulations, peut moduler les fonctions
viscérales, notamment cardiovasculaires et gastro-intestinales, chez les animaux. Ces réponses
impliquent des mécanismes complexes, régulant les fonctions corporelles via des voies opérant
à différents niveaux du système nerveux (spinal, supra-spinal et cortical)(13).
Dans le cadre de la thérapie par ventouses, la stimulation d'une zone située au niveau de la
7e vertèbre cervicale, souvent appelée « bosse hormonale », est ciblée par les praticiens pour
traiter des déséquilibres hormonaux, comme le diabète ou les dysfonctionnements
ovariens(2). L'application de cette thérapie active les récepteurs cutanés, favorisant la
circulation sanguine et améliorant la vascularisation des zones traitées ainsi que des organes
internes, ce qui stimule le métabolisme des tissus conjonctifs en quelques jours(13).
Un autre exemple concret de cette interaction est observé dans l’utilisation des ventouses sur
une zone spécifique de l’épaule, en lien avec le nerf médian, permettant de soulager les
symptômes du syndrome du canal carpien(61).
59
Chapitre II : Les mécanismes d’action potentiels de la thérapie par ventouses
Par ailleurs, une autre étude de Schäffer et al (1996) a exploré le rôle de l'oxyde nitrique
dans le processus de cicatrisation des plaies, bien que les mécanismes d'action précis du NO
dans la synthèse et la dégradation du collagène restent à élucider, les données existantes
suggèrent que la synthèse de NO joue un rôle crucial à chaque étape de la cicatrisation, de
l'inflammation à la formation de la matrice extracellulaire avec le dépôt du collagène et
l'acquisition de la résistance mécanique(117).
60
Chapitre II : Les mécanismes d’action potentiels de la thérapie par ventouses
Le monoxyde d’azote (NO) est produit à partir de l’arginine par trois isoformes distinctes de
la NO synthase (NOS) : deux constitutives, l’endothéliale (eNOS) et la neuronale (nNOS), ainsi
qu’une inductible (iNOS) (figure 33). L’iNOS est principalement exprimée par les cellules
inflammatoires telles que les macrophages. Son expression, sa transcription et sa fonction sont
induites par une variété de cytokines, de facteurs de croissance et de stimulus inflammatoires
61
Chapitre II : Les mécanismes d’action potentiels de la thérapie par ventouses
qui agissent sur les cellules cibles, ce qui conduit à la libération de niveaux élevés de NO par
rapport aux quantités générées par les isoformes constitutives. Ce dernier joue un rôle clé dans
la phase précoce de la cicatrisation, avec une activité maximale au début du processus en raison
de la forte présence de ces cellules ainsi par la participation des fibroblastes, des kératinocytes
et des cellules endothéliales(122).
Il existe de plus en plus de preuves du rôle fonctionnel du monoxyde d’azote (NO) dans la
cicatrisation des plaies. L'inhibition de l'iNOS par des inhibiteurs compétitifs réduit le dépôt de
collagène et la résistance à la rupture des plaies incisionnelles, tout en altérant la cicatrisation
dans d'autres modèles de plaies. Dans l’essai expérimentale de Bulgrin et al (1993), lorsque les
rats étaient nourris avec un régime sans arginine, la cicatrisation était entravée ; à l’inverse, un
régime enrichi en arginine à améliorer la cicatrisation, mesurée par une augmentation du dépôt
de collagène et de la résistance des plaies. Les rats recevant un supplément d'arginine avaient
présenté des niveaux plus élevés de métabolites du NO dans le liquide de leurs plaies, suggérant
fortement que l'arginine supplémentaire est au moins partiellement métabolisée via la synthèse
de NO(125). De plus, Witte et Barbule en 2002 ont trouvé que l'utilisation de donneurs de NO
améliore également la cicatrisation des plaies incisionnelles et excisionnelles chez les rats. Ces
données montrent que le NO exerce un effet régulateur positif sur la réparation des
tissus(122,126).L’effet du NO sur la cicatrisation n’est pas uniquement lié à l’iNOS, car les
souris dépourvues d’eNOS présentent également une cicatrisation altérée(122). Et également,
Maggie J et ses collègues qui ont réalisé une étude en 2019 dont l'objectif principal était
d'examiner l'efficacité de diverses stratégies thérapeutiques basées sur l'oxyde nitrique (NO)
pour améliorer les résultats de la cicatrisation des plaies, en particulier les plaies chroniques
associées au diabète(123).
La théorie de l'oxyde nitrique est une théorie moderne qui trouve un certain fondement dans
les mécanismes physiopathologiques de la vasodilatation et de la réduction de l'inflammation.
Grâce à la libération de l'oxyde nitrique, cette théorie explique plusieurs bienfaits de la thérapie
par ventouses, tels que la diminution de la résistance vasculaire et de la pression artérielle, ainsi
62
Chapitre II : Les mécanismes d’action potentiels de la thérapie par ventouses
que l'inhibition de l'agrégation et de l'adhésion des plaquettes, ce qui peut prévenir certains
phénomènes inflammatoires et réduire le risque de maladies cardiovasculaires(116).
Bien que cette théorie commence à être explorée dans les recherches scientifiques, cela reste
un domaine d'étude relativement récent, et des recherches supplémentaires sont nécessaires
pour confirmer l'ampleur de ce mécanisme et pour mieux comprendre les interactions entre la
thérapie par ventouses et la biologie vasculaire.
Trois principales hypothèses étaient proposées sur les potentielles voies d’action de la
thérapie par ventouses sur le système immunitaire :
De plus, il s’est avéré que l'effet de la thérapie par ventouses s’étend également vers le
thymus avec l’augmentation du flux du système lymphatique(131,132).
Khalil et ses collègues (2013) ont suggéré que la thérapie par ventouses joue un rôle dans
l'activation du complément et la modulation de la réponse cellulaire du système immunitaire,
ce qui pourrait renforcer l’immunité et protéger le corps contre les maladies(130). Une étude
clinique menée par Xiao Wei et al (2010) a conclu que la thérapie par ventouses améliore de
63
Chapitre II : Les mécanismes d’action potentiels de la thérapie par ventouses
manière significative les fonctions immunologiques chez les patients atteints de maladie
pulmonaire obstructive chronique(133). Sahbaa et al (2005) ont, quant à eux, constaté que la
thérapie par ventouses influence de manière significative l'activité de la polyarthrite rhumatoïde
en agissant sur divers paramètres immunologiques, comme le pourcentage des cellules
immunitaires impliquées, en particulier celui des cellules tueuses naturelles (NK), les
lymphocytes du système immunitaire inné, ainsi que le récepteur soluble de l’interleukine 2
(SIL-2R).
Sur le plan immunitaire, les auteurs ont mis en évidence une modulation à la fois des
mécanismes de l'immunité innée et de l'immunité adaptative. Concernant l'immunité innée, ils
ont observé une activation et une régulation des cellules tueuses naturelles (Natural Killer cells,
ou NK), qui jouent un rôle clé dans la surveillance et l'élimination des cellules anormales ou
infectées. Parallèlement, la thérapie par ventouses a également montré des effets sur l'immunité
adaptative, notamment en influençant la production et l'expression de certaines molécules
impliquées dans la régulation des lymphocytes T. En particulier, les chercheurs ont noté une
modulation du récepteur soluble de l'interleukine 2 (SIL-2R), un marqueur associé à l'activation
et à la prolifération des lymphocytes T, soulignant ainsi un impact sur les réponses immunitaires
spécifiques. Cette double modulation immunitaire pourrait expliquer en partie l'amélioration
des symptômes inflammatoires observée chez les patients atteints de polyarthrite
rhumatoïde(134,135).
Une autre étude de Mohammad Reza et al (2012) a évalué les concentrations d'Interféron
Gamma (IFN-γ) et d'Interleukine 4 (IL-4) dans des échantillons de sang veineux et de sang de
ventouses, avec ou sans la présence du mitogène phytohémagglutinine (PHA). Les résultats ont
montré que, sans mitogène, les niveaux d'IFN-γ et d'IL-4 étaient plus élevés dans le sang des
ventouses que dans le sang veineux, suggérant une activation accrue des lymphocytes.
Cependant, en présence de PHA, les niveaux de ces cytokines étaient similaires dans les deux
types de sang, ce qui indique une altération de la fonction des lymphocytes dans le sang des
ventouses. Enfin, deux semaines après la séance de ventouses, aucune différence n’a été
observée dans les concentrations de ces cytokines dans le sang veineux, suggérant que l’effet
de la thérapie par ventouses sur la réponse immunitaire bien qu’il soit probable, il peut être
temporaire, d’où la répétition des séances peut-être favorisée(135).
64
Chapitre II : Les mécanismes d’action potentiels de la thérapie par ventouses
Cette théorie soutient l'idée que la thérapie par ventouses pourrait renforcer l'immunité, un
sujet de recherche en pleine expansion dans le monde entier. Cependant, des études
immunologiques supplémentaires sont nécessaires pour mesurer et valider cette hypothèse
préliminaire(13).
D'un point de vue physique, pour éliminer les toxines, la pression négative générée par les
ventouses favorise l'extraction des toxines produites par les fluides purulents, les exsudats, les
germes et les enzymes histolytiques. Cette pratique joue également un rôle dans la modulation
de la composante cellulaire du système immunitaire, notamment en augmentant le nombre des
globules blancs. Ce qui peut indiquer une stimulation de la défense immunitaire
globale(13,130).
Plusieurs études ont rapporté des différences significatives dans de nombreux paramètres
biochimiques, hématologiques et immunologiques entre le sang veineux et le sang extrait par
les ventouses(17,139), dont l’étude de Badulla et al en 2021, qui a mis en évidence des
différences significatives entre le sang veineux et le sang collecté lors de la thérapie par
ventouses, aussi appelé sang du cupping(139).
D'un point de vue biochimique, le sang du cupping se caractérise par des taux
significativement plus élevés de cholestérol, de triglycérides (TG) et de lipoprotéines de basse
densité (LDL) par rapport au sang veineux. Par ailleurs, une augmentation des niveaux de
65
Chapitre II : Les mécanismes d’action potentiels de la thérapie par ventouses
lipoprotéines de haute densité (HDL), de glucose, d'acide urique, d'urée et de fer est également
observée dans le sang de cupping. Ce dernier semble également contenir une quantité accrue
de composants lipidiques, ce qui pourrait expliquer une réduction du profil lipidique dans le
sang veineux après une séance de thérapie par ventouses(139).
Sur le plan hématologique, des différences significatives sont également constatées entre les
deux types de sang, le sang de cupping étant prélevé par scarification cutanée, contrairement au
sang veineux obtenu par prélèvement intravasculaire.
Lors du cupping humide, le flux sanguin sous l’effet de la pression négative exercée, crée
un passage permettant aux toxines d'être extraites du corps. Il pourrait aussi jouer un rôle dans
l'excrétion des anciens globules rouges(53). Des essais réalisés de Danyali et al (2009) ont
montré que les niveaux de globules rouges, d'hémoglobine, d'hématocrite, de viscosité et de
l'hémoglobine corpusculaire moyenne (CCMH) dans le sang de la ventouse humide étaient
significativement plus élevés par rapport au sang veineux. De même, les niveaux de certains
paramètres biochimiques tels que l'acide urique, l'urée, les triglycérides et le cholestérol(17).
Dans le cas de l'arthrite goutteuse aiguë, il a été rapporté que les ventouses appliquées sur la
zone affectée soulagent la douleur, dissolvent les toxines, éliminent la stase sanguine et
favorisent la circulation. Daniali et al (2008) ont rapporté que les concentrations d'acide urique,
de HDL, de LDL, de transaminase glutamique oxaloacétique sérique et de fer étaient élevées
dans le sang de la ventouse humide(62).
L'augmentation du flux sanguin pourrait favoriser la libération des toxines et des déchets,
améliorer l’état nutritionnel local, stimuler le métabolisme et soutenir les aspects sains tout en
éliminant les facteurs pathogènes. Selon Sumeyye Gok et al (2016), l'élimination des métaux
lourds tels que l'aluminium, le mercure, l'argent et le plomb, qui étaient significativement plus
élevés dans le sang de la ventouse par rapport au sang veineux des mêmes patients, soutiendrait
les mécanismes de détoxification en action. Par conséquent, cette thérapie pourrait traiter les
maladies associées au dépôt de métaux lourds dans différentes parties du corps(13,140).
66
Chapitre II : Les mécanismes d’action potentiels de la thérapie par ventouses
Cette théorie suggère que les forces mécaniques générées par l'application des ventouses
provoquent une succion qui induit une hypoxie locale. L'hypoxie, quant à elle, est considérée
comme un stimulus important intervenant dans la modulation génétique. Ce processus se fait
par l'intermédiaire du facteur induit par l'hypoxie (HIF), qui influence certains paramètres
épigénétiques, tels que la méthylation de l'ADN et l'acétylation des histones, modifiant ainsi
l'expression des gènes(2,14,16).
De plus, ils ont suggéré que les scarifications réalisées lors de la méthode des ventouses
humides provoquent de petites blessures superficielles. Ces blessures pourraient activer un
mécanisme naturel de cicatrisation en stimulant certains gènes via un facteur de transcription
appelé MRTF-A. Ce dernier active les fibroblastes, des cellules essentielles à la réparation des
tissus. En réponse aux blessures, les fibroblastes déclenchent un programme génétique qui
favorise la régénération et la cicatrisation des tissus. Ainsi, les scarifications liées à la thérapie
par ventouses joueraient un rôle clé dans l'activation des gènes impliqués dans la réparation
tissulaire(14).
Des recherches ont montré que les champs électromagnétiques affectent les canaux ioniques
et les potentiels membranaires(143). Par exemple, Ayala et al (2018) ont démontré qu'un champ
magnétique spatio-temporel induit l'afflux de sodium par l'ouverture des canaux sodiques
voltage-dépendants(144).
De plus, Yan et al (2010) ont observé que des champs à basse fréquence modifient les
concentrations extracellulaires de Na+ et K+ dans des cellules-souches humaines. Ce type de
perturbation modifie l'activité cellulaire et la signalisation entre les cellules(145). Zablotskii et
al (2021) ont également montré qu'un champ électromagnétique à gradient élevé pourrait
entraîner une dépolarisation ou une hyperpolarisation des membranes cellulaires en affectant
les canaux magnéto-sensibles et en modifiant l'équilibre ionique(146).
Dans ce cadre, une théorie sur la thérapie par ventouses propose que cette technique pourrait
interagir avec le champ électromagnétique naturel du corps. Elle suggère que le cupping
humide, en raison de la pression négative et des micro-incisions créées durant la procédure,
modifie le potentiel électrique de la peau et des tissus voisins ce qui module le champ
électromagnétique. Ces changements influencent le transport membranaire et la circulation des
ions, ce qui pourrait perturber les flux ioniques et affecter les voies de signalisation cellulaire.
Ce phénomène jouerait un rôle important dans la prolifération, la différenciation et l'apoptose
cellulaire, et pourrait expliquer certains effets thérapeutiques du cupping sur le corps(16).
Bien que cette théorie présente un intérêt certain, elle reste sous-exploitée et insuffisamment
étudiée. Des recherches approfondies et des études rigoureuses sont indispensables pour en
évaluer pleinement la pertinence et en établir la validité scientifique de manière définitive.
68
Chapitre II : Les mécanismes d’action potentiels de la thérapie par ventouses
À titre d’exemple, les microparticules érythrocytaires, libérées par les globules rouges,
jouent un rôle essentiel dans la protection des cellules vieillissantes. Au fil du temps, les
69
Chapitre II : Les mécanismes d’action potentiels de la thérapie par ventouses
érythrocytes accumulent des antigènes sénescents, des marqueurs moléculaires signalant leur
vieillissement. Ces antigènes sont considérés comme des signaux de danger (DAMPs) par le
système immunitaire(15).
Pour éviter d’être détectés trop tôt et détruits, les érythrocytes éliminent progressivement ces
antigènes en les expulsant sous forme de microparticules. Ce mécanisme leur permet de rester
« invisibles » au système immunitaire et ainsi de prolonger leur durée de vie. Cependant,
lorsque les globules rouges ne peuvent plus éliminer ces marqueurs, ils sont alors reconnus
comme des cellules vieillissantes et éliminés par le système réticulo-endothélial(15).
Les microparticules (MPs) jouent aussi un rôle important dans plusieurs processus
pathologiques, notamment en activant de manière excessive les cellules immunitaires et en
exacerbant l'inflammation par l'activation de voies de signalisation spécifiques telles que la voie
NF-Κb. Ce phénomène pourrait contribuer au développement de pathologies telles que la lésion
pulmonaire post-transfusionnelle(15).
De plus, ces microparticules sont impliquées dans des processus de coagulation, en exposant
des phospholipides chargés négativement à leur surface, principalement la phosphatidylsérine.
Ces phospholipides négatifs sont essentiels à l’assemblage des complexes impliqués dans la
coagulation, tels que la ténase et la prothrombinase. Cela suggère que les microparticules ont
un effet pro-coagulant. L’étude de Sinauridze et al (2007) a montré que les microparticules
dérivées des plaquettes ont une activité pro-coagulante de 50 à 100 fois supérieure à celle des
plaquettes elles-mêmes(153). Étant donné que les microparticules issues des globules rouges
possèdent également une membrane externe chargée négativement, elles pourraient également
favoriser la coagulation, ce qui pourrait potentiellement entraîner la formation de thrombus in
situ(152,154).
70
Chapitre II : Les mécanismes d’action potentiels de la thérapie par ventouses
En outre, les microparticules des cellules endothéliales sont impliquées dans plusieurs
processus pathologiques(155). Par exemple, elles jouent un rôle clé dans l’adhésion et la
prolifération des monocytes, favorisant ainsi l’accumulation de cellules inflammatoires dans
les vaisseaux sanguins. Elles modifient également le fonctionnement des macrophages,
contribuant ainsi à l’inflammation vasculaire et au développement de lésions
athérosclérotiques(156). Une étude menée par Wang et al en 2019 a démontré que les
microparticules issues de cellules endothéliales dysfonctionnelles favorisent l’adhésion des
monocytes et intensifient l’inflammation en activant des voies de signalisation spécifiques,
telles que la voie NF-κB, cela entraîne une surexpression des molécules MCP-1 et CCR-5, qui
sont impliquées dans le recrutement et l’adhésion des monocytes(156).
71
Chapitre II : Les mécanismes d’action potentiels de la thérapie par ventouses
L'élimination des microparticules par la thérapie par ventouses humides pourrait réduire
l'activation en aval des signaux inflammatoires, ce qui expliquerait ses effets bénéfiques sur les
maladies à processus inflammatoire. Ainsi, l'élimination des microparticules induite par la
ventouse pourrait avoir un effet protecteur sur la vascularisation des tissus. En plus, la
modulation des forces hydrodynamiques par la pression négative pendant la thérapie pourrait
augmenter le stress au niveau de la paroi endothéliale, ce qui activerait l’eNOS et favoriserait
la libération d'oxyde nitrique (NO)(15). Le NO disponible induirait alors une vasodilatation,
réduisant ainsi les effets délétères associés aux maladies (15)(figure 35).
72
Chapitre II : Les mécanismes d’action potentiels de la thérapie par ventouses
Une autre dimension à explorer, est le lien entre les effets anti-nociceptifs rapportés de la
ventouse et les microparticules. La thérapie par ventouses est connue pour ses effets
analgésiques(159). Cependant, le mécanisme exact par lequel la ventouse exerce ces effets n'a
pas encore été entièrement élucidé. Étant donné que les microparticules sont également
impliquées dans la nociception(160), Hassan et al (2021) ont proposé que l’un des mécanismes
par lesquels la ventouse pourrait exercer ses effets analgésiques est l’élimination des
microparticules des tissus. Bien que l’effet anti-nociceptif des microparticules soit bien établi,
le mécanisme précis reste à clarifier(15).
73
Chapitre III :
Effets de la thérapie par
ventouses sur le système
immunitaire
Chapitre III : Effets de la thérapie par ventouses sur le système immunitaire
Pour que ce système fonctionne efficacement, il repose sur l'action de divers acteurs,
notamment les cellules immunitaires et les médiateurs comme les cytokines et les anticorps. La
communication entre les leucocytes se fait par le biais de molécules, qu’elles soient
membranaires (molécules d’adhésion) ou solubles (cytokines), elles agissent sur les récepteurs
et permettent aux cellules de se reconnaître et d'échanger des messages.
L’immunité innée elle-même comprend deux composantes principales, d’abord les barrières
physiques et chimiques de la peau et les muqueuses, qui sont présentes avant même l’attaque
de l’agresseur. Ensuite la réponse inflammatoire où l’organisme est agressé, mise en place
immédiatement dès qu’un agent pathogène pénètre, et qui est assurée par des cellules
phagocytaires comme les macrophages et les cellules présentatrices d'antigènes (CPA)(162).
L’immunité adaptative, quant à elle, constitue la réponse spécifique de l’hôte contre l’agent
étranger, en sollicitant les éléments spécialisés de cellules et de médiateurs afin d’éliminer
efficacement l’agresseur. Les cellules de ce système comprennent les lymphocytes T et B et les
substances que ces derniers élaborent : les anticorps. Contrairement à l'immunité innée,
l’immunité adaptative s’adapte à chaque type d’infection ou d’agent pathogène, ce qui lui
permet de réagir de manière plus efficace, notamment si le germe a déjà été rencontré
auparavant(162).
Des recherches récentes montrent que la peau, lorsqu’elle est soumise à des facteurs externes
tels que la pression, les coupures, la chaleur ou les allergènes, ou à des facteurs internes comme
74
Chapitre III : Effets de la thérapie par ventouses sur le système immunitaire
La thérapie par ventouses (cupping therapy) s'inscrit dans ce cadre comme une méthode de
stimulation externe, dont les effets varient en fonction de la durée du traitement et de l'intensité
de la pression négative appliquée. Cette technique induit des changements dans le
microenvironnement de la zone traitée, notamment par la libération de grandes quantités de
molécules de signalisation, en réponse à la rupture des capillaires. Ces modifications entraînent
une immuno-modulation via l'activation des cellules immunitaires et la libération de cytokines,
tout en déclenchant une neuromodulation par l'excitation des terminaisons nerveuses (figure
36)(163).
75
Chapitre III : Effets de la thérapie par ventouses sur le système immunitaire
3.1 Effets de la thérapie par ventouses sur les cellules de l’immunité innée
L'immunité innée constitue la première ligne de défense contre les agressions extérieures.
Elle se caractérise par une réponse rapide et non spécifique, qui ne nécessite pas de
sensibilisation préalable. Cette défense repose sur plusieurs mécanismes et acteurs qui jouent
un rôle clé dans la reconnaissance et l’élimination des envahisseurs(164). Parmi ces acteurs, on
distingue les cellules suivantes :
3.1.1 Granulocytes
Les granulocytes, une variété très importante des globules blancs, jouent un rôle essentiel
dans la réponse immunitaire innée. Leur fonction et leur nombre peuvent être influencés par
divers facteurs, y compris la thérapie par ventouses, qui a récemment attiré l'attention pour son
potentiel à moduler l'activité des cellules immunitaires. Dans ce contexte, plusieurs recherches
se sont penchées sur les modifications que pourrait induire cette thérapie au niveau des
granulocytes.
Afin d’explorer l’impact potentiel de la thérapie par ventouses sur ce groupe de cellules, une
étude clinique a été menée par Asmalinda et Sapada en 2018 auprès de 30 femmes adultes. Des
échantillons de sang ont été prélevés avant (pré-test) et huit heures après (post-test) l’application
des ventouses. Pour garantir la fiabilité des résultats, les participantes ont été engagées à éviter
toute activité physique ainsi que la consommation de suppléments pendant les deux jours
précédant le pré-test et jusqu’à la réalisation du prélèvement afin d’analyser les paramètres
leucocytaires (le nombre total de leucocytes et leur différenciation) à l’aide d’un analyseur
hématologique. Les résultats ont montré une augmentation significative du pourcentage de
neutrophiles après la thérapie, cette hausse est attribuée à leur mobilisation par les macrophages
dans les zones inflammées, en réponse à la pression négative exercée par les ventouses. Les
neutrophiles, attirés vers les tissus affectés, participent à la phagocytose des cellules
endommagées. Cette augmentation peut s’expliquer aussi par l’activation des réserves de
neutrophiles stockés dans la moelle osseuse, stimulée par la sécrétion d’épinéphrine, de
norépinéphrine et de dopamine. Ces hormones, libérées par les glandes surrénales sous l’effet
76
Chapitre III : Effets de la thérapie par ventouses sur le système immunitaire
Concernant les basophiles, les analyses ont montré que leur nombre restait inchangé après
huit heures de traitement par la thérapie par ventouses humide. Cette observation pourrait
s’expliquer par le rôle distinct des basophiles dans la réponse inflammatoire. Contrairement aux
macrophages, les basophiles ne semblent pas être directement impliqués dans les mécanismes
de phagocytose déclenchés par cette thérapie. L’absence de variation suggère que cette thérapie
ne provoque pas de réactions allergiques. Cependant, les mécanismes sous-jacents à cette
observation n’ont pas encore été étudiés en détail. Les chercheurs estiment que la stabilité des
basophiles confirme la sûreté de cette thérapie en termes de réactions allergiques(165).
77
Chapitre III : Effets de la thérapie par ventouses sur le système immunitaire
Figure 37 : La numération des neutrophiles dans le sang veineux avant et après 4 semaines de
la thérapie par ventouses(53).
Figure 38 : La valeur des NLR dans le sang veineux avant et après 4 semaines de la thérapie
par ventouses(53).
Dans la même étude de Asmalinda et Sapada (2018)(165), les résultats analytiques ont mis
en évidence une augmentation significative du nombre moyen de monocytes après la thérapie
par ventouses humide. L'augmentation du nombre de monocytes tissulaires (macrophage) et
aussi dans le sang après la thérapie est généralement liée à leur activité phagocytaire conjointe
avec celle des neutrophiles.
78
Chapitre III : Effets de la thérapie par ventouses sur le système immunitaire
D’autres études, comme celle de Lowe en 2017 suggère que l'application de la pression
négative lors de la cupping thérapie au niveau de la peau induit une extravasation endogène du
sang, ce qui stimule le recrutement des macrophages et provoque des ecchymoses. Ces
ecchymoses entraînent la migration des cellules inflammatoires, telles que les macrophages,
qui phagocytent les érythrocytes et les stimulent pour produire l'hémoxygénase-1 (HO-1). Cette
enzyme dégrade l'hème contenu dans les érythrocytes en biliverdine, en bilirubine, en
monoxyde de carbone (CO) et en fer, ce dernier étant ensuite séquestré par la ferritine. Les
produits de dégradation, tels que la biliverdine, la bilirubine, et le monoxyde de carbone (CO),
sont considérés comme ayant des propriétés antioxydantes, anti-inflammatoires, anti-
prolifératives et neuro-modulatrices, ce qui renforce l’hypothèse suggérant le renforcement du
système immunitaire par la thérapie par ventouses(166).
Widada et al (2017) ont examiné l'effet de la thérapie par ventouses sur les cellules Natural
Killer (NK). L’étude a duré deux semaines et a impliqué 20 participants. Des échantillons de
sang veineux ont été prélevés avant et après les traitements pour évaluer les niveaux de cellules
à l’aide de la cytométrie en flux.
Les participants ont reçu des traitements par les ventouses sur sept points corporels
spécifiques. Les échantillons sanguins ont été prélevés à partir de la veine cubitale médiane et
79
Chapitre III : Effets de la thérapie par ventouses sur le système immunitaire
Cependant, dans certains cas, le potentiel cytotoxique des NK peut s’accumuler de manière
excessive et devenir incontrôlable. Cette fonction peut alors dominer sur certaines fonctions
physiologiques. Une cytotoxicité excessive des cellules NK reflète un déséquilibre fonctionnel
au sein de ce système, ce qui est observé dans certains problèmes de reproduction associés à
des complications telles que les échecs d’implantation embryonnaire ou les avortements. Ainsi,
le contrôle ciblé de cette cytotoxicité (NKc) apparaît comme une approche prometteuse pour
résoudre ce problème(1).
À cet égard, une étude clinique pilote a été menée par Dons'koi et al en 2016 afin d'explorer
l'effet de la thérapie par ventouses sur les lymphocytes tueurs naturels. Les chercheurs ont
examiné si cette approche pouvait moduler les niveaux de NK ainsi que leur activité cytotoxique
(NKc) chez 23 femmes présentant des niveaux élevés de NK, générateurs de problèmes
reproductifs. Les participantes ont reçu trois séances de thérapie par ventouses (CT) au cours
de cinq jours, et les sous-populations de lymphocytes, ainsi que le test de cytotoxicité des NK,
ont été identifiés par cytométrie en flux. L'activité de ces lymphocytes (NKa) a également été
mesurée avant le traitement et aux jours 3, 10 et 17 après(1).
Les résultats ont montré que la thérapie par ventouse affectait les cellules NK, mais aucun
changement significatif n’a été observé sur les autres sous-populations de lymphocytes T, B,
ainsi que sur les lymphocytes auxiliaires T helpers et les lymphocytes T régulateurs (Figure
39). En revanche, le niveau moyen de cellules NK au jour 10 a diminué de manière significative,
passant de 14,4 ± 3,7 % au départ à 11,1 ± 4,1 % (P = 0,03), soit 62,0 % des niveaux initiaux
(Figure 39). Au jour 3, le niveau moyen des cellules NK était de 14,03 ± 4,70 %, soit 94,8 %
des niveaux initiaux, sans différence significative.
80
Chapitre III : Effets de la thérapie par ventouses sur le système immunitaire
L'activité cytotoxique des cellules NK (NKa) a également diminué chez la majorité des
individus après la manipulation (Figure 42). Aux jours 3ᵉ et 10ᵉ suivant la manipulation, les
niveaux moyens de NKa ont été significativement réduits, passant respectivement à 43,9 ± 11,3
et 31,9 ± 8,9, contre un niveau initial de 52,0 ± 9,1 (P = 0,048 et 0,012 respectivement) (Figure
39).
Figure 39 : Niveaux moyens des lymphocytes tueurs naturels CD3-CD56+ (NK), de l'activité
des lymphocytes tueurs naturels (NKa), de la cytotoxicité des lymphocytes tueurs naturels
(NKc) et des lymphocytes T (T) après la thérapie par ventouses(1).
81
Chapitre III : Effets de la thérapie par ventouses sur le système immunitaire
Figure 40 : Niveaux des lymphocytes tueurs naturels CD3-CD56+ après la thérapie par
ventouses(1).
Figure 41 : Les dynamiques individuelles des niveaux de cytotoxicité des lymphocytes tueurs
naturels après une séance de thérapie par ventouses (n=23) (lignes continues « bon
répondeurs », lignes discontinues noires « non répondeurs », lignes discontinues grises
« faibles répondeurs »)(1).
82
Chapitre III : Effets de la thérapie par ventouses sur le système immunitaire
Figure 42 : Les dynamiques individuelles des niveaux d'activité des lymphocytes tueurs
naturels après une séance de thérapie par ventouses (n=14)(1).
Le type de réponse semble être spécifique à chaque individu. Cela a été démontré en répétant
la manipulation chez le même volontaire un an après la première manipulation. Cet individu a
présenté une réponse prometteuse dans les deux cas (Figure 43). Chez trois individus des
groupes à faible réponse ou sans réponse, un protocole plus long de six manipulations de CT
sur 12 jours a été répété, une réaction plus forte par rapport à celle rapportée ci-dessus a été
détectée(1).
Cette étude fournit des résultats montrant que la thérapie par ventouses est dépourvue d'effet
pro-inflammatoire et qu'elle peut être une approche non-invasive prometteuse pour la réduction
de l’activité des lymphocytes NK, génératrice de certains problèmes reproductifs(1).
83
Chapitre III : Effets de la thérapie par ventouses sur le système immunitaire
3.2 Effets de la thérapie par ventouses sur les cellules de l’immunité adaptative
3.2.1 Lymphocytes
Les lymphocytes, cellules pivots de la réponse immunitaire adaptative, assurent une
spécificité et une mémoire immunologique(164), garantissant une réponse plus rapide et
efficace lors d’un second contact avec les mêmes envahisseurs. Leur rôle central dans la
modulation de l’immunité nous a amenés à examiner les effets de la thérapie par ventouses sur
ces cellules, à travers les études qui ont suscité un intérêt croissant.
Reza Soleimaini et ses collègues en 2020, dans une étude observationnelle pré-post cupping
thérapie, ont examiné 81 individus sains, dont 41 ont reçu la technique par ventouses humide
« Wet cupping therapy » (WCT) et 40 ont bénéficié de la méthode sèche « Dry cupping
therapy » (DCT). Les informations ont été obtenues à partir de prélèvements de sang veineux
afin de mesurer les niveaux d'expression génique à l'aide de la méthode PCR en temps réel.
L'objectif était d'examiner les effets immuno-modulateurs ainsi que les effets régulateurs de
cette technique sur les facteurs de transcription associés aux sous-populations des lymphocytes
T. L'étude s'est focalisée sur les facteurs suivants : Foxp3, impliqué dans le développement et
84
Chapitre III : Effets de la thérapie par ventouses sur le système immunitaire
85
Chapitre III : Effets de la thérapie par ventouses sur le système immunitaire
L'expression de T-bet a diminué dans le groupe WCT après une semaine, alors qu'elle a
augmenté dans le groupe DCT (figure 47)(142).
86
Chapitre III : Effets de la thérapie par ventouses sur le système immunitaire
Étant donné que la thérapie par ventouses humide a entraîné des changements significatifs
par rapport au cupping sec, l'analyse s'est concentrée sur ses résultats. L'augmentation
de RORγt suggère que le WCT pourrait accroître le nombre de cellules Th17, entraînant une
élévation des niveaux des cytokines IL-17 et IL-22 sécrétées par ces cellules, indispensables à
la réponse immunitaire. De même, la hausse de Foxp3 pourrait augmenter le nombre de cellules
régulatrices et influencer la production de cytokines immunosuppressives telles que l’IL-
10 et TGF-β(142).
87
Chapitre III : Effets de la thérapie par ventouses sur le système immunitaire
Il faut savoir que Les cellules Th17 et Treg partagent une voie de signalisation commune
médiée par TGF-β, où les signaux pro-inflammatoires présents lors de l'activation cellulaire
régulent réciproquement leur voie de différenciation(142).
Le ratio Treg/Th17 joue un rôle clé dans l'équilibre entre l’inflammation et la tolérance
immunitaire, et est considéré comme un problème majeur dans l'immuno-pathologie du cancer
et des maladies auto-immunes. L'augmentation de ce ratio indique que le système immunitaire
devient plus tolérant envers les antigènes du soi, réduisant ainsi le risque de développer des
maladies auto-immunes. Dans cette étude, l'augmentation du ratio
d'expression Foxp3/RORγt dans le groupe WCT par rapport au DCT au fil du temps.
L'expression génique moyenne de T-bet a diminué de façon non statistiquement significative
dans le groupe WCT après deux semaines d'intervention. Étant donné que T-bet est le facteur
de transcription des cellules Th1, productrices de cytokines inflammatoires, cela pourrait
indiquer une réduction de la réaction inflammatoire. Par ailleurs, l'expression génique de
GATA-3 dans le groupe WCT suppose une augmentation du nombre de cellules Th2 et des
cytokines qui leur sont associées. La réponse Th2 semble dominante dans le groupe WCT,
favorisant ainsi la suppression de l'inflammation et la réduction de l'activité des cellules Th1.
Dans de nombreuses maladies inflammatoires, le ratio Th1/Th2 est un indicateur de
l'inflammation dans le corps. Dans cette étude, le ratio d'expression génique T-bet/GATA-3
(Th1/Th2) a diminué dans le groupe WCT, bien que ce changement ne soit pas significatif, cela
suggère que le WCT pourrait être efficace pour supprimer l'inflammation dans certaines
maladies inflammatoires. Cette étude indique également que la thérapie par ventouses humide
peut réguler les sous-populations des lymphocytes en réduisant l'inflammation(142).
Dans une l’étude mentionnée précédemment de widada et al (2017)(168), l'accent a été mis
sur le rôle de la thérapie par ventouses dans la modulation des cellules CD8+, une cellule qui
joue un rôle central dans la réponse immunitaire cytotoxique. Les résultats ont révélé une
augmentation significative du nombre moyen de lymphocytes T CD8+, passant de 34,56 à
63,26, soulignant le potentiel du WCT à stimuler efficacement le système immunitaire(168).
Pour appuyer cet effet positif de la thérapie envers les lymphocytes, une autre étude a été
conduite par Abdelfattah et al (2024), des échantillons de sang veineux ont été prélevés chez
des athlètes avant et après quatre semaines de traitement par la thérapie par ventouses humide.
Les analyses ont révélé une augmentation significative du nombre de lymphocytes après la
thérapie (p = 0,005), tout en restant dans des limites normales(figure 50), démontrant ainsi une
88
Chapitre III : Effets de la thérapie par ventouses sur le système immunitaire
Figure 51 : Les valeurs des MLR et PLR dans le sang veineux avant et après 4 semaines
de la thérapie par ventouses(53).
Dans une autre étude, les chercheurs El Shanshory et al (2022) ont examiné spécifiquement
l'impact de la méthode humide (El-Hijama) sur les lymphocytes chez les patients atteints de
89
Chapitre III : Effets de la thérapie par ventouses sur le système immunitaire
bêta-thalassémie, une maladie hématologique héréditaire caractérisée par une anémie chronique
nécessitant des transfusions sanguines répétées à vie. Cette condition perturbe fréquemment le
système immunitaire, notamment en réduisant le ratio CD4+/CD8+ et les taux de lymphocytes
CD4+. Ces altérations sont principalement dues à la surcharge en fer, conséquence des
transfusions et de l’hémolyse générée par un stress oxydatif non compensé. Cette surcharge
compromet l’immunité humorale et cellulaire, affectant la prolifération des lymphocytes T, la
génération des lymphocytes T CD8+ cytotoxiques et la réponse aux traitements par interféron.
Elle diminue également la fonction du système du complément, favorise la production
d’anticorps anti-ferritine et de complexes immuns circulants, déséquilibrant ainsi l’immuno-
régulation et augmentant les risques tumoraux et infectieux(169–171).
Face à ces dysfonctionnements, la thérapie par ventouses a montré des effets prometteurs,
notamment une réduction d’environ 25 % de la surcharge en fer après une séance. Pour
approfondir ces observations, l’étude a évalué l’impact cellulaire de cette réduction chez 20
patients (15 hommes et 5 femmes) recevant un traitement combiné de la thérapie par ventouses
humide et de chélation du fer, comparés à un groupe témoin de 20 patients uniquement traités
par chélation. Les résultats ont révélé une augmentation significative du nombre moyen de
cellules T auxiliaires CD4+ chez les patients recevant la thérapie combinée, passant de 124,10
± 30,27 cellules/mm³ à 326,20 ± 57,94 cellules/mm³ après la thérapie par ventouses (P<0,01)
(Figure 52A). Dans le groupe témoin, le nombre de cellules T auxiliaires CD4+ était de 124,90
± 28,85 cellules/mm³, sans changement significatif par rapport aux valeurs initiales du groupe
d'intervention (avant El-Hijama) (P>0,05)(169).
90
Chapitre III : Effets de la thérapie par ventouses sur le système immunitaire
91
Chapitre III : Effets de la thérapie par ventouses sur le système immunitaire
Tableau 6 : Les effets de la thérapie par ventouses humides sur certains paramètres
immunologiques des patients thalassémiques(169).
Les cytokines sont un groupe de glycoprotéines agissant sur de nombreuses cibles cellulaires
via des récepteurs membranaires spécifiques(172). Sécrétées après stimulation, elles jouent un
rôle central dans l’inflammation, l’hématopoïèse, la modulation et la régulation du système
immunitaire(173,174).
Certaines études ont suggéré que la thérapie par ventouses, par sa modification du
microenvironnement, pourrait influencer les cytokines pro-inflammatoires et anti-
inflammatoires en affectant leurs niveaux sériques. Bien qu'il existe encore un débat
scientifique concernant les mécanismes exacts par lesquels elle agit, cela expliquerait les effets
bénéfiques de cette thérapie sur le système immunitaire.
92
Chapitre III : Effets de la thérapie par ventouses sur le système immunitaire
inflammation, ce qui aide à contrôler les infections, tandis que l'IL-6 active les lymphocytes et
favorise la production d'anticorps. En revanche, l'Interleukine-10 (IL-10) est une cytokine anti-
inflammatoire qui limite la réponse immunitaire excessive et stimule la prolifération ainsi que
la différenciation des cellules B, entraînant la production d'anticorps tels que les IgM, IgG et
IgA(129).
Une étude récente de Al-Tawarah (2022) a été conçue pour approfondir les connaissances
sur les effets à long terme (deux semaines) de la thérapie par ventouses humides « Wet cupping
therapy » (WCT) chez des volontaires en bonne santé. Plusieurs marqueurs inflammatoires ont
été sélectionnés pour évaluer les réponses immunitaires, notamment l'IL-6, l'IL-10, le C3, le
C4, les IgA, les IgM et les IgG. De plus, l'effet de la WCT sur les niveaux d'antioxydants a
également été étudié. Les valeurs initiales ont été déterminées dans le sang veineux avant la
WCT et comparées aux échantillons de sang veineux prélevés après(129).
Après deux semaines, la WCT avait significativement réduit les niveaux des cytokines IL-
6, IL-10 et TNF-α en se comparant au groupe témoin normal et au groupe expérimental avant
la séance (voir Tableau 7). Ces résultats concordent avec deux théories expliquant l'effet anti-
inflammatoire de la WCT, à savoir la détoxification du sang et/ou l'activation des mécanismes
du système immunitaire(129).
En outre, cette étude a examiné l'impact de WCT sur l'augmentation des niveaux de divers
antioxydants, tels que la superoxyde dismutase (SOD), la glutathion S-transférase (GST), la
glutathion peroxydase (GPX) et la glutathion réductase (GR). Les résultats biochimiques
obtenus à partir des échantillons de sang sont présentés dans le Tableau 8. Des différences
93
Chapitre III : Effets de la thérapie par ventouses sur le système immunitaire
significatives ont été observées entre les échantillons de sang veineux prélevés avant et après
le traitement en ce qui concerne les niveaux de GPX et de GR. En revanche, l'efficacité
antioxydante de la WCT était légèrement plus élevée, mais de manière non-significative, pour
la SOD et la GST. Ces résultats suggèrent globalement que la WCT conduit à une élévation des
niveaux d'enzymes antioxydantes, lesquelles jouent un rôle clé dans la défense contre les
espèces réactives de l'oxygène (ROS) produites par l'organisme(129).
Une autre étude de Ekrami et al, publiée en 2021, a exploré l'effet de la thérapie par ventouses
humide sur les marqueurs inflammatoires, notamment l’interleukine-6 (IL-6) et le facteur de
nécrose tumorale-α (TNF-α), chez des athlètes masculins pratiquant le karaté. 21 participants
ont été répartis aléatoirement en trois groupes : un groupe d’exercice vigoureux (VE), un groupe
recevant uniquement la Cupping thérapie (CT) et un groupe combinant la cupping thérapie et
l’exercice physique (VECT). Les marqueurs inflammatoires ont été mesurés avant
l’intervention, immédiatement après, 30 minutes après et 24 heures après. Les résultats ont
montré que les valeurs d’IL-6 ont significativement diminué immédiatement après
l’intervention par ventouses dans le groupe CT par rapport à la ligne de base (P < 0,025). En
revanche, IL-6 a augmenté immédiatement et 30 minutes après l’exercice dans le groupe VE,
ainsi qu’à 24 heures post-exercice dans le groupe VECT, par rapport à la ligne de base (P <
0,025). Ainsi, pour le TNF-α les valeurs étaient significativement plus faibles dans le groupe
CT par rapport aux groupes VE et VECT immédiatement après et 30 minutes après l’exercice
(P < 0,01). TNF-α a diminué immédiatement et 30 minutes après la thérapie par ventouses dans
le groupe CT (P < 0,01). En revanche, TNF-α a significativement augmenté immédiatement
94
Chapitre III : Effets de la thérapie par ventouses sur le système immunitaire
après l’exercice dans le groupe VE et 30 minutes et 24 heures après l’exercice dans le groupe
VECT (P < 0,025)(175)(figure 53,54).
Figure 53 : Les variations des niveaux d’IL-6 dans les groupes VE, CT et VECT avant,
immédiatement après, 30 min et 24h après(175).
Figure 54 : Les variations des niveaux de TNF-α dans les groupes VE, CT et VECT avant,
immédiatement après, 30min et 24h après(175).
Ces résultats suggèrent que la thérapie par ventouses pourrait être un outil complémentaire
pour gérer l'inflammation liée à l'exercice intense chez les athlètes, en réduisant les niveaux des
marqueurs inflammatoires. Une étude à plus grande échelle est nécessaire pour confirmer ces
conclusions(175).
Par ailleurs, chez un modèle murin réalisé par Zhang et al en 2018, visant à mimer les
probables conséquences sur l’humain, l’application des ventouses sur la peau dorsale des souris
a révélé une augmentation significative des lipides anti-inflammatoires comme PGE1, 5,6-EET,
14,15-EET, 17R-RvD1 et une diminution des lipides pro-inflammatoires 12-HETE, TXB2 dans
la peau et le plasma. Les tests in-vitro sur les macrophages ont montré que certains lipides anti-
95
Chapitre III : Effets de la thérapie par ventouses sur le système immunitaire
En plus de l’IL 6 et le TNF-α, plusieurs recherches et investigations ont été menées pour
explorer d’autres cytokines, ainsi que l’effet de cette pratique sur les individus atteints de
maladies. Un exemple d’étude réalisée en 2014 par les chercheurs chinois Ke et long, a comparé
l'efficacité clinique de la vésication médicamenteuse combinée à la thérapie par ventouses
rapide avec un traitement médicamenteux classique dans la prise en charge de la rhinite
allergique. Un total de 82 patients a été randomisé en deux groupes : un groupe d'observation
traité par vésication couplée à des séances de ventouses rapide et un groupe témoin recevant
Loratadine orale et budésonide en pulvérisation nasale. Après traitement, les deux groupes ont
montré une réduction significative des niveaux sériques d'IgE, d’IL-4, d’IL-5 et de TNF-α, mais
le groupe d'observation avait un effet plus marqué que celui du groupe témoin pour la réduction
de l'IgE et de l'IL-4 (P<0,05). Concluant que cette approche combinée pourrait offrir un
avantage thérapeutique supérieur dans la gestion de cette pathologie(77).
96
Chapitre III : Effets de la thérapie par ventouses sur le système immunitaire
transformant-β1) ainsi que des valeurs de d’autres marqueurs inflammatoires tels que l’IL-1β
et IL-25. L’étude de Tao et Zou (2023) était portée sur l’évaluation de l’efficacité clinique de
la combinaison de la ventouse à vésication et de la moxibustion "feu de tonnerre" (une
thermothérapie topique ciblée qui consiste à brûler des plantes d'armoise « moxa », pour
générer de la chaleur sur des zones corporelles précises(178)) chez 76 patients atteints d’asthme
bronchique associé au syndrome de sifflement froid. Les patients ont été répartis en deux
groupes : un groupe témoin recevant un traitement conventionnel par inhalation de budésonide-
formotérol, et un groupe d’observation bénéficiant en plus du traitement conventionnel, de
séances de ventouses et de moxibustion sur des points spécifiques. Après deux cycles de
traitement de 7 jours, les résultats ont montré une amélioration significative des symptômes
cliniques, une réduction des marqueurs inflammatoires IL-1β, IL-25, et une inhibition du
remodelage des voies respiratoires dans le groupe d’observation comparant au groupe témoin
(P<0,05) par diminution de MMP-9, TIMP-1 et TGF-β1. De plus, les scores de fonction
pulmonaire (FEV1, PEF) et de qualité de vie (AQLQ) étaient supérieurs dans le groupe
d’observation. En déduisant que l’association des thérapies traditionnelles chinoises avec le
traitement conventionnel améliore l’état clinique des patients asthmatiques, réduit
l’inflammation et optimise leur qualité de vie(179).
Toujours dans le cadre des maladies et l’impact de la thérapie par ventouses sur leurs
médiateurs, une étude a été menée par Wang et al en 2022 pour évaluer l'effet de la thérapie
combinée (scarification + ventouses + compresses humides d'herbes chinoises) sur les
cytokines des Th1/Th2 et la substance P (SP), un neuropeptide impliqué dans la transmission
de la douleur et sa modulation et jouant un rôle crucial dans l'inflammation, chez des patients
atteints de zona aigu. Elle a inclus 232 patients, répartis aléatoirement en quatre groupes : un
groupe combinant la scarification, les ventouses, les compresses humides et traitement de base
; un groupe avec scarifications et ventouses uniquement ; un groupe avec compresses humides
uniquement ; et un dernier groupe recevant uniquement le traitement de base. Les patients ont
été suivis pendant neuf jours. Les marqueurs immunologiques, incluant les niveaux d'IL-4,
d'IFN-γ, et de SP, ont été mesurés par ELISA. Les chercheurs ont également évalué les scores
de douleur, de qualité de sommeil et les délais de guérison des lésions cutanées. Les résultats
ont montré que la thérapie combinée entraînait une réduction significative des niveaux sériques
d’IL-4 et de SP, ainsi qu’une augmentation des niveaux d’IFN-γ et du ratio IFN-γ/IL-4,
témoignant d’un rééquilibrage immunitaire favorable. De plus, ce groupe a présenté une
amélioration notable des scores de douleur et de sommeil, ainsi qu'une accélération de la
97
Chapitre III : Effets de la thérapie par ventouses sur le système immunitaire
guérison des lésions, en le comparant aux autres groupes. Le taux d’efficacité clinique global
était de 96,55 % dans le groupe combiné, contre 74,58 % dans le groupe recevant uniquement
le traitement de base. Aucun effet secondaire n'a été signalé dans les quatre groupes.
Finalement, cette approche combinée semble restaurer l’équilibre immunitaire Th1/Th2 tout
en réduisant les marqueurs inflammatoires comme la SP, ce qui contribue à un soulagement
plus rapide des symptômes et à une réduction du risque de névralgie post-zostérienne.
Cependant, des recherches supplémentaires avec des cohortes plus larges et un suivi à long
terme sont nécessaires pour confirmer ces observations et mieux comprendre les mécanismes
sous-jacents(180).
98
Chapitre III : Effets de la thérapie par ventouses sur le système immunitaire
Une autre étude de Al Jouani et al (2023), plus spécifique et qui englobe un ensemble de
facteurs impliqués dans les mécanismes de l’inflammation et la douleur, vise à analyser les
changements dans les niveaux sériques de diverses cytokines et facteurs de croissance,
notamment l’interleukine (IL)-1β, 2, 4, 5, 6, 7, 8, 10, 12, 13, 17, le facteur de nécrose tumorale-
alpha (TNF-α), l’interféron-gamma (IFN-γ), le facteur de stimulation des colonies de
granulocytes-macrophages (GM-CSF) et le facteur de stimulation des granulocytes (G-CSF),
six semaines après la thérapie par ventouses humide (WCT) dans l’objectif de mieux
comprendre son rôle et son efficacité dans la gestion de la douleur et de l’inflammation(95).
99
Chapitre III : Effets de la thérapie par ventouses sur le système immunitaire
de 18 à 79 ans. La majorité des patients (33,3 %) avait entre 45 et 54 ans. La population étudiée
était principalement féminine, représentant 88 % des participants(95).
Les résultats ont identifié une diminution des niveaux sériques d'IL-1β, IL-5, IL-6, IL-7, IL-
8, IL-12, IL-13, TNF-α, GM-CSF, G-CSF, MCP-1 et MIP-1β à la fin de la thérapie par
ventouses humides (WCT). Cependant, aucun changement n'a été observé dans les niveaux
d'IL-2, IL-4, IL-10, IL-17 et IFN-γ après la thérapie par ventouses (figures 55,56,57) (95).
Contrairement à une autre étude de Zang et al de 2023, dont la cupping thérapie était associée
à l’acupuncture dans le traitement du zona aigu et qui trouvait une réduction du niveau des
cellules Th17 et le ratio Th17/Treg dans le sang périphérique, ainsi que les niveaux sériques
d’IL-10 et d’IL-17(181).
Figure 55 : Changement des niveaux sériques des interleukines chez les patients après 6
semaines de WCT. (a) IL-1β, (b) IL-2, (c) IL-6, (d) IL-7, (e) IL-8, (f) IL-12 et (g) IL-17. Les
données représentent la moyenne ± SEM. P < 0,001(95).
100
Chapitre III : Effets de la thérapie par ventouses sur le système immunitaire
Figure 56 : Changement des niveaux sériques de (a) TNF-α, (b) GM-CSF, (c) G-CSF, (d)
MCP-1, (e) MIP-1β et (f) IFN-γ chez les patients après 6 semaines de WCT. Les données
représentent la moyenne ± SEM. P < 0,001 et P < 0,05(95).
Figure 57 : Changement des niveaux sériques des cytokines anti-inflammatoires (a) IL-4,
(b) IL-5, (c) IL-10 et (d) IL-13 chez les patients après 6 semaines de WCT. Les données
représentent la moyenne ± SEM. P < 0,001(95).
de la douleur, par contre, d’autres études sont nécessaires pour garantir sa validité et explorer
encore son champ d’action(95).
En plus des cytokines, le système du complément est également modulé par cette thérapie.
Défini comme étant un ensemble de protéines qui forme une cascade enzymatique, le système
du complément relie l’immunité innée et l’immunité acquise, en participant à la défense de
l'organisme contre l'infection par l'activation d'une réponse inflammatoire locale et en
augmentant la réponse à anticorps et la mémoire immunologique(182).
L’étude citée précédemment, qui présente l’effet de la thérapie par ventouses sur les
cytokines et les antioxydants, a également montré l’impact de cette dernière sur les protéines
du complément ainsi que sur les immunoglobulines ou les anticorps. Après la récolte du sérum
et son analyse, l’étude a détecté une réduction remarquable du niveau du complément sérique
C3, mais aucun changement significatif n'a été observé concernant les composants sériques du
complément C4 et la protéine C-réactive (CRP) (Tableau 11)(129).
Concernant les immunoglobulines ou les anticorps IgG, IgM et IgA, la même étude a
rapporté une réduction significative de l'IgG, mais la diminution de l'IgM et de l'IgA était
insignifiante (Tableau 11)(129). Cela pourrait être expliqué par deux facteurs :
Une autre étude de El Domyati et al (2013) citée précédemment dans le chapitre 02 (voir la
théorie de l’activation du système immunitaire), a également exploré le composant C3 du
système du complément en plus de l’IgE et la cytokine Il-2, l’étude s’est concentrée sur l’effet
de la thérapie par ventouses humide sur 50 patients atteints de différentes dermatoses,
notamment l'urticaire chronique idiopathique, la dermatite atopique, l’acné vulgaire, le vitiligo
et le psoriasis(128).
102
Chapitre III : Effets de la thérapie par ventouses sur le système immunitaire
Les résultats ont montré qu’une amélioration clinique a été observée chez 24 patients sur 50,
dont 12 atteints d'urticaire chronique idiopathique (UCI), 10 d'acné vulgaire et 2 de dermatite
atopique, tandis que les patients atteints de vitiligo et de psoriasis n'ont montré aucune
amélioration. Après la thérapie par ventouses, les niveaux sériques d'IgE et d'IL-2 ont
significativement diminué (p=0,006, p=0,001 respectivement), cependant, le niveau sérique de
C3 a significativement augmenté (p=0,02)(128).
Ainsi, la thérapie par ventouses humide peut être considérée comme une thérapie
complémentaire efficace pour les patients atteints d'UCI et d'acné vulgaire. La modification des
niveaux sériques d'IgE, d'IL-2 et de C3 chez les patients améliorés, peut suggérer que la thérapie
par ventouses exerce son action en corrigeant les anomalies du système immunitaire(128).
Pour étudier l'effet à long terme de la thérapie par ventouses humide sur le système du
complément et ses composants, une étude avec des séances fréquentes de ventouse humide chez
des individus en bonne santé est recommandée, car la mesure des sérums C3 et C4 est utile pour
le diagnostic ainsi que le suivi des maladies infectieuses et immunitaires(129).
En conclusion, les multiples études et expériences menées jusqu'à présent suggèrent que la
thérapie par ventouses repose sur des bases scientifiques solides, qui expliquent ses effets
bénéfiques sur le système immunitaire, en particulier sur les cellules de l'immunité innée et
adaptative, ainsi que sur les médiateurs solubles. Toutefois, bien que ces résultats soient
prometteurs, les données actuelles restent insuffisantes pour tirer des conclusions définitives. Il
est donc nécessaire de mener davantage de recherches pour renforcer la fiabilité de ces
observations et confirmer l'efficacité de cette thérapie. Une validation plus rigoureuse
permettrait d’envisager la cupping thérapie comme une approche préventive et potentiellement
thérapeutique pour traiter diverses pathologies.
103
Chapitre IV :
Intérêt de la thérapie par
ventouses dans les maladies
immunologiques
Chapitre IV : Intérêt de la thérapie par ventouses dans les maladies immunologiques
Cette pratique, par les succions locales, agit via plusieurs mécanismes : Stimulation de la
circulation sanguine et lymphatique, modulation des médiateurs inflammatoires et activation
des réponses immuno-régulatrices. Des études précliniques et cliniques émergentes suggèrent
son impact sur la réduction de l’inflammation, et même l’amélioration de la tolérance
immunitaire.
Ce chapitre a pour objectif d’analyser les données disponibles sur les effets
immunomodulateurs des ventouses, en évaluant leur pertinence dans le cadre des
hypersensibilités (asthme, urticaire), des pathologies auto-immunes (polyarthrite rhumatoïde,
thyroïdite d’Hashimoto) et de l’oncologie.
Cette analyse vise ainsi à éclairer le potentiel, partiellement exploré, de la thérapie par
ventouses comme outil complémentaire dans l’arsenal thérapeutique des maladies
immunologiques, tout en soulignant la nécessité de recherches plus rigoureuses pour en valider
l’efficacité et les protocoles d’application.
104
Chapitre IV : Intérêt de la thérapie par ventouses dans les maladies immunologiques
4.1 Hypersensibilités
Selon l’académie européenne d’allergie et d’immunologie clinique (EAACI),
l'hypersensibilité provoque des symptômes ou des signes objectivement reproductibles, initiés
par l'exposition à un stimulus défini à une dose tolérée par des sujets normaux(183). En
immunologie, elle est connue sous le terme « Allergie » et fait référence à des réactions
excessives du système immunitaire face à un stimulus, qui est un antigène, en impliquant des
mécanismes immunologique cellulaire ou humorale(184,185).
105
Chapitre IV : Intérêt de la thérapie par ventouses dans les maladies immunologiques
les lymphocytes T, elle est retardée en se manifestant 48h à 96h après l'exposition à
l'antigène(186).
En 2023, cette classification a été actualisée par l’EAACI en reclassifiant toutes les
hypersensibilités en sept types. Les types I, II et III restent distingues, mais ont été regroupés
dans la catégorie des hypersensibilités médiées par les anticorps, le type IV qui est
l’hypersensibilité cellulaire s’est subdivisée en 3 sous-types (a, b et c), les nouveaux types V et
VI impliquent respectivement des défauts de la barrière épithéliale et une dysrégulation
immunitaire d'origine métabolique ainsi l’hypersensibilité type VII qui implique les réponses
cellulaires et inflammatoires directes aux produits chimiques(184).
L'asthme allergique est déclenché par une réaction du système immunitaire à des allergènes
courants, tels que les pollens, les acariens, les poils d'animaux ou les moisissures(189). Cette
réaction allergique provoque une inflammation des voies respiratoires, entraînant des
symptômes typiques de l'asthme, comme une respiration sifflante, une toux, une oppression
thoracique et une difficulté à respirer(190). Elle se manifeste par des épisodes récurrents de
respiration sifflante et de bronchoconstriction. La chronicité de cette inflammation peut
entraîner des lésions structurelles et un remodelage des voies respiratoires(191,192).
4.1.1.2 Physiopathologie
La physiopathologie de l'asthme allergique est complexe, impliquant plusieurs mécanismes
immunologiques et inflammatoires ainsi qu’une combinaison des facteurs génétiques et
environnementaux qui contribuent à sa pathogenèse( figure 59) (193). Ces processus entraînent
106
Chapitre IV : Intérêt de la thérapie par ventouses dans les maladies immunologiques
une inflammation chronique, une hyperréactivité bronchique et une obstruction des voies
respiratoires, responsables des symptômes caractéristiques de la maladie(193,194).
L'asthme allergique est déclenché par l'exposition à des allergènes qui pénètrent dans les
voies respiratoires et sont reconnus par les cellules immunitaires. L'initiation de
l’hypersensibilité se produit au niveau des surfaces muqueuses, où les allergènes
environnementaux entrent en contact avec l'épithélium muqueux(194).
Chez les personnes atopiques, ces allergènes déclenchent une réponse immunitaire
adaptative de type Th2(193), responsables de la production des cytokines comme l'IL-4, l'IL-5
et l'IL-13, qui stimulent à leur tour la production d'immunoglobulines E (IgE) par les
plasmocytes. Les IgE se fixent à la surface des mastocytes et des basophiles y compris celles
des voies respiratoires(193,196).
Lors d'une autre exposition à l'allergène, celui-ci se lie aux IgE fixées sur les mastocytes,
provoquant ensuite leur dégranulation et la libération des médiateurs inflammatoires comme
l'histamine, les leucotriènes et les prostaglandines (figure 60)(196).
107
Chapitre IV : Intérêt de la thérapie par ventouses dans les maladies immunologiques
Ces médiateurs déclenchent une inflammation des voies respiratoires, qui est caractérisée
par un afflux de cellules inflammatoires comme les éosinophiles, un œdème de la paroi
bronchique et une hypersécrétion de mucus, ce qui rend les bronches hyperréactives. En
parallèle, les médiateurs inflammatoires provoquent également une bronchoconstriction par la
contraction des muscles lisses entourant les bronches, participant à leur obstruction et rendant
la respiration difficile (figure 61)(197).
Ainsi, plusieurs facteurs génétiques semblent être impliqués, aussi le rôle des processus
épigénétiques dans l'asthme, notamment la méthylation de l'ADN, reçoit une attention
croissante(198). Les progrès du séquençage génomique ont conduit à l'utilisation d'études
d'association pangénomique (GWAS) pour identifier des marqueurs génétiques liés à la
susceptibilité à l'asthme. Des variants dans plus de 100 gènes ont été identifiés comme des
contributeurs potentiels à ce risque(199).
Les gènes associés à l'asthme identifiés par les études génétiques peuvent être classés en
groupes en fonction de leur rôle dans la pathogenèse de cette maladie(193,200). Parmi les gènes
découverts grâce aux études d'association, le premier groupe est impliqué dans le
déclenchement de la réponse immunitaire et la différenciation des cellules Th0, cruciales dans
l'inflammation allergique. Il comprend des gènes codant pour des récepteurs de reconnaissance
de motifs (CD14, TLR2, TLR4, TLR6, TLR10, NOD1 et NOD2), des cytokines
immunorégulatrices (IL10 et TGFB1), le facteur de transcription STAT3, des molécules de la
présentation antigénique (allèles HLA-DR, HLA-DQ et HLA-DP) et le récepteur de la
prostaglandine PTGER2(200).
Le deuxième groupe de gènes comprend ceux qui régulent la différenciation des cellules
TH2 et leurs fonctions effectrices. Il inclut les facteurs de transcription (GATA3 et TBX21) qui
contrôlent l'expression des gènes dans les cellules TH2, les cytokines et leurs récepteurs (IL4,
IL13, IL4RA, IL5, IL5RA), qui favorisent l'inflammation et la production d'immunoglobulines
E (IgE), ainsi que les molécules de signalisation comme STAT6, qui transmettent les signaux
inflammatoires. Ces gènes sont essentiels dans la réponse allergique et l'hyperréactivité des
voies respiratoires observées dans l'asthme(200).
Enfin, le troisième groupe, exprimé dans les cellules épithéliales et jouant un rôle clé dans
la protection des voies respiratoires et la prévention des dommages tissulaires. Il comporte des
chimiokines (CCL5, CCL11, CCL24 et CCL26), des peptides antimicrobiens (DEFB1), la
protéine anti-inflammatoire CC16 et des facteurs impliqués dans le maintien de l'intégrité de la
barrière des cellules épithéliales (SPINK5 et FLG)(200).
Un autre groupe de gènes de susceptibilité à l'asthme a été découvert par des approches de
clonage positionnel, ce dernier comprend des gènes exprimés dans l'épithélium et/ou le muscle
lisse comme ADAM33, DPP10, PHF11, GPRA, HLA-G, IRAKM et COL29A1 (qui code pour
109
Chapitre IV : Intérêt de la thérapie par ventouses dans les maladies immunologiques
le collagène XXIX). Ils sont impliqués dans la structure et la fonction des voies respiratoires,
ainsi que dans la régulation de la réponse immunitaire locale (figure 62)(200).
110
Chapitre IV : Intérêt de la thérapie par ventouses dans les maladies immunologiques
divers indicateurs cliniques et respiratoires avant et après trois mois, ainsi qu'avant et après
certaines séances de thérapie par ventouses(202).
Les résultats présentés dans le tableau 11, indiquent une amélioration dans les deux groupes,
mais le groupe recevant la thérapie par ventouses a en plus montré une réponse plus
favorable sur plusieurs aspects, notamment pour tous les paramètres cliniques (figure 63)(202).
111
Chapitre IV : Intérêt de la thérapie par ventouses dans les maladies immunologiques
Figure 64: Comparaison des paramètres de la fonction respiratoire et l’ECP entre les deux
groupes après 3 mois de traitement(202).
112
Chapitre IV : Intérêt de la thérapie par ventouses dans les maladies immunologiques
Les résultats ont montré une amélioration significative du score ACT dans le groupe WCT
par rapport au groupe témoin, avec une réduction des symptômes, une meilleure qualité du
sommeil et une diminution du recours aux inhalateurs de secours ou le traitement de crise
(salbutamol)(203).
À la fin de l'étude, une proportion de 75,6% de patients du groupe WCT avait un contrôle
complet de leur asthme et une satisfaction de traitement plus élevée, mesurée à l'aide d'une
échelle visuelle analogique (VAS) de 0 à 10 et qui était de 7,48 par rapport à 4,53 dans le groupe
témoin. Les auteurs ont conclu que la WCT, en complément des traitements conventionnels,
pourrait être une approche thérapeutique prometteuse pour améliorer la qualité de vie des
patients asthmatiques(203).
113
Chapitre IV : Intérêt de la thérapie par ventouses dans les maladies immunologiques
Enfin, la thérapie par ventouses semble présenter des bénéfices en tant que traitement
complémentaire dans la prise en charge de l’asthme bronchique. Cependant, des études
supplémentaires sont nécessaires pour approfondir les connaissances sur son intérêt
thérapeutique et élucider ses mécanismes d’action exacts.
Pour l'urticaire chronique, elle est caractérisée par la persistance de ces symptômes pendant
plus de 6 semaines(205). Ces derniers peuvent se manifester de manière quotidienne ou quasi-
quotidienne, ou suivre une évolution intermittente ou récurrente. L'urticaire chronique
spontanée (UCS) peut récidiver après des mois, voire des années, de rémission complète(204).
4.1.2.2 Physiopathologie
L'urticaire chronique inductible se distingue par des déclencheurs spécifiques et bien
identifiés qui provoquent systématiquement l'apparition de papules, d'angioœdème, ou des
deux. Ces déclencheurs sont dits "définis", car les symptômes surviennent toujours en leur
présence et jamais en leur absence. Ils sont également "spécifiques", car chaque sous-type
d'urticaire inductible possède son propre déclencheur, comme le froid pour l'urticaire au froid,
qui n'est pas pertinent pour d'autres formes d'urticaire inductible, le frottement ou une pression
sur la peau pour le dermographisme, la chaleur ou l'exercice physique pour l'urticaire
cholinergique(206). Il existe des sous-types rares d'urticaire inductible où la combinaison de
deux déclencheurs ou plus est nécessaire pour induire les symptômes, comme dans l'urticaire
cholinergique induite par le froid(204).
114
Chapitre IV : Intérêt de la thérapie par ventouses dans les maladies immunologiques
Certains patients atteints d'urticaire spontanée peuvent également présenter des papules, de
l'angioœdème, ou les deux, en réaction à des facteurs déclenchants. Cependant, ces facteurs ne
sont pas considérés comme "définis", car leur présence n'entraîne pas toujours de symptômes,
et ces derniers peuvent également survenir en leur absence, de manière spontanée(204).
Figure 65: Activation des mastocytes par des anticorps anti-récepteurs des IgE, suivie de
l'activation du complément et de la libération de C5a(207).
Sur le plan histologique, l'urticaire chronique spontanée, dans ses deux formes, se caractérise
par un infiltrat périvasculaire non nécrosant composé de lymphocytes CD4+, ainsi que des
monocytes, neutrophiles, éosinophiles et basophiles. Le recrutement de ces cellules résulte
115
Chapitre IV : Intérêt de la thérapie par ventouses dans les maladies immunologiques
d'interactions avec le C5a, les cytokines activatrices, les chimiokines et les molécules
d'adhésion(207).
Bien que les immunoglobulines E, responsables de l’hypersensibilité (HS) de type I, ont été
longtemps considérées comme la principale cause immunologique responsable de l’activation
des mastocytes, cette voie est en fait rare. Il est maintenant bien établi que l’urticaire puisse
résulter fréquemment de la liaison d’auto-anticorps IgG anti-IgE et/ou au récepteur des IgE
présents sur les mastocytes (réaction d’HS de type II). L’activation des mastocytes peut
également résulter de mécanismes d’HS de type III par la liaison de complexes immuns
circulants à des Fc-récepteurs pour les IgG, qui sont des récepteurs activateurs des mastocytes.
Enfin, dans certains cas, les lymphocytes T peuvent induire l’activation des mastocytes, ainsi
que la libération d’histamine (type IV HS)(208).
116
Chapitre IV : Intérêt de la thérapie par ventouses dans les maladies immunologiques
Une étude de El Domyati et al (2013), s’est concentrée sur l’effet de la thérapie par ventouses
humide sur 50 patients atteints de différentes dermatoses, notamment l'urticaire chronique
idiopathique (UCI). Les résultats ont montré une amélioration clinique chez 12 patients atteints
d'urticaire chronique idiopathique et ont conclu qu’elle peut être considérée comme une
thérapie complémentaire efficace(128).
De plus, Xiao et ses collègues ont réalisé une méta-analyse publiée en 2020 pour examiner
l’efficacité de cette pratique, notamment la thérapie par ventouse sèche et humide, dans le
traitement de l’urticaire chronique. Les chercheurs ont extrait les données des études incluses
et ont évalué leur qualité méthodologique et leur risque de biais, ils ont ainsi évalué le taux
d’efficacité global du traitement comme résultat principal et les scores de qualité de vie liée aux
maladies cutanées, le taux de récidive et les événements indésirables comme résultats
secondaires(20).
Les résultats ont montré que l’efficacité de la thérapie par ventouses humides n'était pas
significativement différente des médicaments (antihistaminiques) en termes de taux d'efficacité
global ou de taux de récidive (figure 66)(20).
117
Chapitre IV : Intérêt de la thérapie par ventouses dans les maladies immunologiques
Figure 66 : Comparaison entre la thérapie par ventouses humides et les médicaments utilisées
pour le traitement de l’urticaire chronique(20).
Figure 67 : Comparaison entre la thérapie par ventouses associée aux médicaments et les
médicaments seuls dans le traitement de l’urticaire chronique(20).
De même, la thérapie par ventouses combinée à l'acupuncture était plus efficace que
l'acupuncture seule. Aucun événement indésirable grave n'a été signalé (figure 68)(20).
118
Chapitre IV : Intérêt de la thérapie par ventouses dans les maladies immunologiques
Figure 68 : Comparaison entre la thérapie par ventouses associée à l’acupuncture ainsi que la
pratique de l’acupuncture seule dans le traitement de l’urticaire chronique(20).
Enfin, bien que les résultats suggèrent des bénéfices, des études plus rigoureuses sont
nécessaires pour valider ces observations.
4.2 Auto-immunité
L'une des fonctions les plus remarquables du système immunitaire est sa capacité à
déclencher une réponse face à une grande variété d’agents extérieurs, tout en préservant
l’intégrité des composants de l’organisme. Cette aptitude à distinguer le soi du non-soi est
connue sous le nom de tolérance immunologique. L’auto-immunité, quant à elle, résulte d’une
rupture de cette tolérance et a longtemps été considérée comme une réponse systématiquement
anormale et nuisible. Cependant, il est désormais établi que certaines réponses auto-immunes
jouent un rôle essentiel dans la régulation du système immunitaire et peuvent être
asymptomatiques. Ainsi, leur présence ne signifie pas nécessairement l’existence d’une maladie
auto-immune(210–212).
Toutefois, lorsque l’auto-immunité entraîne une réponse inflammatoire excessive,
caractérisée par une production incontrôlée d’auto-anticorps ou une reconnaissance cellulaire
anormale, elle peut provoquer des lésions tissulaires et conduire au développement d’une
maladie auto-immune(210–212).
Ces maladies sont classées en deux catégories : les maladies spécifiques d’organe et celles
qui ne le sont pas. Dans les formes spécifiques d’organe, le processus auto-immun cible un tissu
119
Chapitre IV : Intérêt de la thérapie par ventouses dans les maladies immunologiques
Reconnues pour leur prévalence en constante augmentation ces dernières années, les
maladies auto-immunes constituent une cause majeure de morbidité et de mortalité(214). Leur
prise en charge repose principalement sur l’utilisation d’immunosuppresseurs. Cependant, un
traitement prolongé à fortes doses est associé à un risque accru d’infections opportunistes, de
cancers et d’autres effets indésirables délétères. Afin de limiter ces complications, la recherche
explore de nouvelles approches thérapeutiques, qu’elles soient plus ciblées ou
complémentaires, dans le but d’améliorer la qualité de vie des patients(215). Parmi ces
approches, la thérapie par ventouses fait partie des traitements complémentaires qui pourraient
apporter un bénéfice dans la prise en charge de plusieurs maladies auto-immunes(19).
4.2.1.2 Physiopathologie
La physiopathologie de la polyarthrite rhumatoïde (PR) est particulièrement complexe. Il
s'agit d'une maladie auto-immune et inflammatoire chronique impliquant à la fois l’immunité
innée et adaptative, tant sur le plan cellulaire qu’humoral(219). Le processus pathogène s’initie
plusieurs années avant l’apparition des signes cliniques. Il résulte de l’interaction entre des
120
Chapitre IV : Intérêt de la thérapie par ventouses dans les maladies immunologiques
Dans ces muqueuses (notamment les poumons, les gencives et le tractus gastro-intestinal),
des protéines subissent des modifications post-traductionnelles, comme la citrullination, sous
l’action des enzymes peptidyl-arginine déiminases (PAD). Cette transformation crée des
néoépitopes reconnus comme étrangers par le système immunitaire, entraînant la production
d’auto-anticorps, en particulier les ACPA (anticorps anti-protéines citrullinées)(220–222).
Les macrophages activés au sein des tissus synoviaux libèrent à leur tour des cytokines
majeures comme le TNF-α et l’IL-6, qui entretiennent et amplifient l’inflammation. Ces
cytokines agissent également sur l’endothélium vasculaire, stimulant la production de VEGF
(Vascular Endothelial Growth Factor), un facteur de croissance favorisant l’angiogenèse. Cette
néovascularisation augmente la perméabilité vasculaire, provoquant œdème, rougeur, chaleur
et infiltration de nouvelles cellules immunitaires — autant de signes typiques de l'inflammation
articulaire(220–222).
Par ailleurs, les lymphocytes T CD4+ activent les lymphocytes B, qui se différencient en
plasmocytes producteurs d’auto-anticorps :
• Les ACPA, qui ciblent les protéines citrullinées présentes dans les articulations,
contribuant à une inflammation locale(223) ;
Les patients ont été divisés en deux groupes. Le premier comprenait 20 patients recevant
uniquement le traitement médicamenteux conventionnel, incluant la prednisolone à une dose
supérieure à 7,0 mg/jour et le méthotrexate (MTX) à une dose de 7,5 mg/semaine. Le deuxième
groupe comprenait 30 patients recevant en plus du traitement conventionnel la thérapie par
ventouses humides. Un troisième groupe témoin sain a également été inclus. L’activité de la
maladie chez les deux groupes a été évaluée par des marqueurs inflammatoires, notamment la
vitesse de sédimentation des érythrocytes (VS) et la protéine C-réactive (CRP), ainsi que par le
facteur rhumatoïde (RF) et une numération sanguine complète. De plus, une quantification du
pourcentage de cellules NK par cytométrie de flux et une détermination de la concentration en
sIL-2R par un dosage immuno-enzymatique (ELISA) ont été réalisées. Ces analyses
biologiques et immunologiques ont été suivies par des examens cliniques portant sur l’échelle
visuelle analogique de la douleur (VAS), le dénombrement des articulations sensibles (TJC), le
score d’activité de la maladie (DAS) et le dénombrement des articulations gonflées (SJC)(134).
122
Chapitre IV : Intérêt de la thérapie par ventouses dans les maladies immunologiques
Quatre prélèvements sanguins ont été réalisés pour chaque patient : le premier, effectué avant
l’initiation du traitement par ventouses, a servi de valeur de référence pour les marqueurs
inflammatoires, tandis que les trois suivants, prélevés mensuellement, ont permis d’évaluer
l’impact des différentes thérapies. Les analyses du premier et du quatrième prélèvement ont
inclus la quantification du pourcentage de cellules NK ainsi que des niveaux de sIL-2R. Les
résultats ont montré une amélioration significative des scores de douleur (VAS) et d’activité de
la maladie (DAS) dans le groupe 1 après un, deux et trois mois de traitement (P < 0,01 ; P <
0,001). Le nombre d’articulations sensibles (TJC) n’a diminué de façon notable qu’après trois
mois, tandis que le nombre d’articulations gonflées (SJC) a commencé à baisser
significativement dès le deuxième mois (P < 0,01 ; P < 0,001). Dans le groupe 2, la thérapie
combinée a influencé tous les paramètres cliniques (VAS, TJC, SJC et DAS) dès le premier
mois d’application de la thérapie par ventouses, traduisant une amélioration rapide (P <
0,001)(tableau 13)(134).
Concernant les paramètres biologiques testés, le groupe 1 n'a montré aucune différence
significative (P > 0,05) dans les valeurs moyennes de la VS après un, deux et trois mois de
traitement par rapport à la valeur basale. Toutefois, des différences significatives (P < 0,01) ont
été notées pour la CRP et le RF, mais uniquement après trois mois de traitement. Dans le groupe
2, une diminution significative de la VS (P < 0,05) a été observée après trois mois de traitement,
ainsi qu’une réduction très significative des valeurs moyennes de CRP et de RF (P < 0,001) dès
le premier mois. Chaque type de thérapie a eu un impact variable sur les marqueurs de l’activité
de la maladie. Les effets du traitement médicamenteux n’ont été observés qu’après trois mois.
En revanche, la thérapie combinée a entraîné une diminution marquée des niveaux de CRP et
de RF dès le premier mois (tableau 14)(134).
123
Chapitre IV : Intérêt de la thérapie par ventouses dans les maladies immunologiques
Tableau 14 : Effets des traitements sur 3 mois sur les paramètres biologiques de l’activité
de la polyarthrite rhumatoïde dans les deux groupes de patients(134).
124
Chapitre IV : Intérêt de la thérapie par ventouses dans les maladies immunologiques
Concernant les concentrations de sIL-2R, les valeurs initiales étaient significativement plus
élevées (P<0,001) dans les deux groupes ((2020±526,75) et (2023±508,46) pg/ml) par rapport
au groupe témoin (1230,70±112,17 pg/ml), sans différence significative entre les groupes 1 et
2. Après trois mois, la diminution de la concentration de sIL-2R chez le groupe suivant le
traitement médicamenteux seul n’était pas significative (p>0,05). En revanche, une réduction
marquée et statistiquement significative (P<0,001) de la concentration de sIL-2R a été observée
chez le groupe traité par la thérapie combinée (voir figure 70).
Cela indique que l’El-Hijama a renforcé l’immunité innée naturelle tout en supprimant
l’immunité pathologique impliquée dans les réactions inflammatoires et la production d’auto-
anticorps(134).
Figure 70 : Les concentrations du récepteur soluble de l'interleukine 2 (en Pg/ml) chez les
deux groupes de patients(134).
125
Chapitre IV : Intérêt de la thérapie par ventouses dans les maladies immunologiques
Cette étude met en évidence les bénéfices d’une thérapie combinée dans la prise en charge
de la polyarthrite rhumatoïde, avec une réduction significative de la douleur et des marqueurs
biologiques de l’activité inflammatoire. Elle joue un rôle clé dans la modulation des réponses
immunitaires innée et adaptative, en faisant un outil précieux pour suivre l’évolution de la
maladie et évaluer l’efficacité des traitements. L’intégration de la thérapie par ventouses en
complément du traitement conventionnel est ainsi recommandée. Cependant, des recherches
approfondies, notamment sur l’analyse du liquide synovial, sont nécessaires pour mieux
comprendre ses effets immunomodulateurs, tant sur la polyarthrite rhumatoïde que sur d’autres
maladies invalidantes(134).
Dans une étude visant à évaluer l’efficacité de El-Hijama en tant que thérapie
complémentaire, Khan et al (2025) ont examiné son impact sur 32 patients atteints de
polyarthrite rhumatoïde (PR). Plusieurs marqueurs inflammatoires ont été analysés avant et
après dix jours de traitement, notamment la vitesse de sédimentation (VS), la protéine C-
réactive (CRP), l’acide urique et le facteur rhumatoïde (FR). Les résultats ont mis en évidence
une diminution significative des niveaux de CRP et d’acide urique (p < 0,05), ainsi qu’une
réduction hautement significative du FR (p < 0,005), suggérant un effet anti-inflammatoire
notable de la thérapie par ventouses. En revanche, la diminution de la VS n’a pas atteint le seuil
de significativité statistique (p < 0,2). Ces données renforcent l’hypothèse selon laquelle la
thérapie par ventouses exerce un effet anti-inflammatoire et immunomodulateur(224).
En ce qui concerne le choix des sites anatomiques optimisant les bénéfices thérapeutiques
du cupping dans la PR, deux approches stratégiques sont suggérées. L’application directe des
ventouses sur les articulations touchées favoriserait l’élimination des médiateurs
inflammatoires et des substances pathogènes au sein des fluides interstitiels locaux. Par ailleurs,
une application sur des zones plus distales, telles que le dos ou la nuque, faciliterait l’évacuation
des toxines du sérum. Cette double approche contribuerait à restaurer l’homéostasie, à ralentir
la progression de la maladie et à améliorer les résultats cliniques des patients atteints de
PR(19,225).
4.2.2.2 Physiopathologie
Sur le plan de l’immunité cellulaire, les lymphocytes T CD8+ exercent une cytotoxicité
directe sur les cellules folliculaires thyroïdiennes, favorisant l’inflammation et la formation
d’un tissu fibreux(226,235). Les cellules T régulatrices (Treg), qui limitent les réponses auto-
immunes, sont diminuées et dysfonctionnelles chez les patients souffrant de Hashimoto. Des
marqueurs comme PD-1, impliqués dans la tolérance immunitaire, sont également altérés,
favorisant ainsi l’agression auto-immune de la thyroïde(228).
127
Chapitre IV : Intérêt de la thérapie par ventouses dans les maladies immunologiques
Concernant l’immunité cellulaire, les cellules T auxiliaires jouent un rôle central dans la
pathogenèse de la thyroïdite de Hashimoto. Chez les patients atteints de cette affection, on
observe une expression accrue des facteurs de transcription T-bet et GATA-3, associée à une
diminution marquée de FOXP3. En conséquence, les rapports d'expression T-bet/FOXP3,
GATA-3/FOXP3 et RORα/FOXP3 sont significativement augmentés, traduisant un
déséquilibre entre les lymphocytes Th1/Treg, Th2/Treg et Th17/Treg. Cette prédominance des
cellules Th1, Th2 et Th17 est un facteur clé dans la progression de la maladie. Corriger ce
déséquilibre pourrait donc constituer une approche thérapeutique prometteuse (10,240). Chez
les individus en bonne santé, la thérapie par ventouses humides a montré une diminution de
l'expression de T-bet et GATA-3 (Th1/Th2) (52), suggérant un potentiel correcteur de
l’instabilité des lymphocytes T observée dans la thyroïdite de Hashimoto(10).
Afin d’explorer beaucoup plus de bienfaits de cette thérapie sur la pathogénie de la maladie
de Hashimoto. Une étude a été menée par Obeid et al (2022), auprès de femmes adultes suivies
pour une hypothyroïdie d’origine auto-immune Hashimoto(241). L’étude comprend à la fois un
groupe interventionnel et un groupe témoin. Le groupe témoin n’a reçu que le traitement
standard, tandis que le groupe interventionnel comprenait 13 femmes adultes ayant accepté de
suivre une thérapie par El-Hijama sur une durée de trois mois en complément à leur traitement
128
Chapitre IV : Intérêt de la thérapie par ventouses dans les maladies immunologiques
Tableau 16: Changements cliniques après 3 séances de El-Hijama chez des patients
atteints de la maladie de Hashimoto(241).
129
Chapitre IV : Intérêt de la thérapie par ventouses dans les maladies immunologiques
Concernant les paramètres biologiques, la thérapie par ventouse humide a entraîné une
diminution marquée des niveaux d’anticorps anti-thyroïdiens et d’autres marqueurs
inflammatoires. Les niveaux d’anticorps anti-TPO sont passés de 153,00 ± 264,55 UI/ml avant
El-Hijama à 86,20 ± 185,63 UI/ml, avec une diminution moyenne de 60,47 UI/ml, tandis que,
dans le groupe témoin, ils ont augmenté de 98,95 UI/ml (voir Tableau 17) pour la comparaison
avant/après). De même, les niveaux d’anticorps anti-TG ont fortement diminué dans le groupe
de El-Hijama, passant de 314,06 ± 349,75 UI/ml à 84,99 ± 106,58 UI/ml, avec une réduction
moyenne de 229,06 UI/ml, alors qu’ils ont augmenté de 28,39 UI/ml dans le groupe témoin
(voir Tableau 17). En parallèle, une réduction significative de la prolactine a été observée, avec
130
Chapitre IV : Intérêt de la thérapie par ventouses dans les maladies immunologiques
un passage de 331,58 ± 129,43 UI/ml à 211,73 ± 62,18 UI/ml (voir Tableau 18). De plus, la
vitesse de sédimentation des érythrocytes (VS), indicateur d’inflammation, est passée de 112,80
± 197,64 mm/h à 73,60 ± 131,64 mm/h, montrant ainsi une réduction notable de l’inflammation
systémique (voir Tableau 18). Concernant les hormones thyroïdiennes, une baisse du TSH a été
notée, passant de 5,47 ± 5,64 mUI/L à 3,48 ± 3,73 mUI/L (voir Tableau 18 et Figure 72), tandis
que le taux de thyroxine libre (T4) est resté relativement stable, passant de 15,08 ± 1,99 pmol/L
à 15,11 ± 3,09 pmol/L(Figure 72)(241).
131
Chapitre IV : Intérêt de la thérapie par ventouses dans les maladies immunologiques
À travers ces résultats, on peut conclure que la thérapie par ventouses pourrait représenter
un espoir pour les patients atteints de la maladie de Hashimoto grâce à ses effets
immunomodulateurs. Elle pourrait également réduire le risque de cancer de la thyroïde, souvent
associé à une exposition prolongée aux auto-anticorps, en diminuant leur taux. Parallèlement,
la réduction des marqueurs inflammatoires, comme la vitesse de sédimentation (VS), confirme
son action anti-inflammatoire. Chez les patients atteints de la maladie de Hashimoto, une
augmentation de l’inflammation est généralement corrélée à une aggravation de la pathologie.
Or, cette étude a mis en évidence une diminution significative de la TSH, malgré une dose fixe
du traitement conventionnel pour tous les patients, suggérant ainsi une amélioration de la
fonction thyroïdienne. De plus, le taux de prolactine, souvent élevé en cas d'hypothyroïdie, a
significativement baissé, ce qui soulève l’hypothèse d’un effet de rétrocontrôle négatif des
hormones thyroïdiennes restaurées sur l’hypophyse. L'échographie a montré une amélioration
morphologique de la glande thyroïde et des ganglions cervicaux, tandis que les patients ont
rapporté une amélioration clinique de leurs symptômes, malgré un suivi relativement court de
trois mois. Ces résultats suggèrent une diminution de l’inflammation thyroïdienne, une
prévention de la destruction glandulaire et une amélioration de la vitalité et de la fonction
thyroïdienne(241).
132
Chapitre IV : Intérêt de la thérapie par ventouses dans les maladies immunologiques
El-Hijama semble non seulement ralentir l’activité de la maladie, mais aussi potentiellement
inverser le processus auto-immun et inflammatoire. Parmi les mécanismes expliquant ces effets,
l’aspiration exercée pourrait permettre d’éliminer les médiateurs inflammatoires, tels que
l’histamine, les cytokines et les auto-anticorps, en les drainant des capillaires et des espaces
interstitiels vers la surface cutanée, puis en les évacuant via l’incision cutanée. Une étude
approfondie du contenu du sang extrait serait nécessaire pour valider cette hypothèse. Par
ailleurs, El-Hijama pourrait restaurer l’immunité humorale et l’homéostasie tissulaire en
éliminant les substances pro-inflammatoires du sérum et du liquide interstitiel. Certaines
recherches suggèrent également que les métaux toxiques, notamment le mercure, favorisent les
maladies thyroïdiennes en déclenchant des réactions auto-immunes et du stress oxydatif.
L’élimination accrue de ces métaux lourds par cette thérapie, comparée au sang veineux,
pourrait ainsi contribuer à son efficacité dans la prise en charge de la thyroïdite de
Hashimoto(241).
Les figures ci-dessous illustrent l’impact de la thérapie par ventouses humides sur
l’immunomodulation dans la thyroïdite de Hashimoto, en contribuant au rééquilibrage partiel
du système immunitaire. Ainsi, dans un état thyroïdien sain, la signalisation entre l’hypophyse
et les thyréocytes via la TSH garantit une production hormonale stable, régulée par une boucle
de rétroaction négative sur l’hypophyse (figure 73)(10).
133
Chapitre IV : Intérêt de la thérapie par ventouses dans les maladies immunologiques
134
Chapitre IV : Intérêt de la thérapie par ventouses dans les maladies immunologiques
exercée par la thérapie. Cette modulation conduit à une diminution des cytokines pro-
inflammatoires, facilitant ainsi une restauration partielle des fonctions thyroïdiennes. Par
ailleurs, le recrutement de cellules immunitaires telles que les cellules NK, les lymphocytes et
les macrophages contribue à stabiliser cette amélioration en limitant l’apoptose des thyréocytes
(figure 75)(10).
Figure 75 : Impact du cupping sur l’immunité et la fonction thyroïdienne chez les patients
atteints de thyroïdite de Hashimoto(10).
Cependant, des études supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre les
bénéfices que cette thérapie apporte en complément des traitements conventionnels, et explorer
sa capacité à inverser le processus pathologique de la maladie définitivement.
4.3 Cancer
4.3.1 Définition et physiopathologie
Le cancer est un terme complexe qui peut être défini de différentes manières selon l’angle
sous lequel on l’aborde. D’un point de vue biologique, il s’agit d’une prolifération anarchique
de cellules anormales, soumises à l’évolution par sélection naturelle et insensibles aux signaux
d’arrêt de la prolifération ainsi qu’aux mécanismes normaux de régulation de la croissance, de
la différenciation et de la mort cellulaire (apoptose)(242). Le cancer est également un terme
générique englobant un large éventail de maladies pouvant affecter différentes parties du
corps(243).
135
Chapitre IV : Intérêt de la thérapie par ventouses dans les maladies immunologiques
136
Chapitre IV : Intérêt de la thérapie par ventouses dans les maladies immunologiques
directement des mutations, mais favorisent la prolifération des cellules déjà initiées. Ils
n’ont toutefois aucun effet sur les cellules saines qui n’ont pas subi de mutation
préalable. Toutefois, certains cancérogènes puissants sont capables d'induire un cancer
sans l’intervention de promoteurs. C’est notamment le cas des rayonnements ionisants,
utilisés en imagerie médicale ou produits par les centrales nucléaires et les explosions
atomiques, qui peuvent directement altérer l'ADN et provoquer divers types de
cancers(249).
- Progression : Cette étape correspond à l’acquisition de mutations
supplémentaires au fur et à mesure du développement de la tumeur. Ces mutations
affectent divers gènes impliqués dans la sénescence cellulaire, la différenciation, la
signalisation et la mort cellulaire, entraînant une croissance plus agressive et anarchique.
Cette évolution s’accompagne d’une diversité clonale croissante, signifiant que les
cellules tumorales deviennent de plus en plus hétérogènes. Certaines sous-populations
cellulaires acquièrent des capacités supplémentaires, comme l’échappement au système
immunitaire ou la capacité à former des métastases. La progression tumorale s’étale
généralement sur plusieurs années et dépend de nombreux facteurs, notamment le
micro-environnement tumoral et la pression sélective exercée par l’organisme(249,251–
254).
Cependant, cette affection à étiologie multiple, reste encore mal comprise. Toutefois, l’étude
des mécanismes de la cancérogenèse a permis d’identifier certains facteurs de risque. Il est
désormais établi que plusieurs types de tumeurs sont associés à ces facteurs, qu’ils soient liés à
des comportements et des habitudes de vie, ou à des éléments environnementaux et
génétiques(251,252).
137
Chapitre IV : Intérêt de la thérapie par ventouses dans les maladies immunologiques
épargnant autant que possible les cellules saines. L’immunothérapie biologique, quant à elle,
stimule le système immunitaire du patient pour qu’il reconnaisse et détruise plus efficacement
les cellules tumorales(255).
L’inflammation joue un rôle clé dans le développement du cancer, depuis son initiation
jusqu’à sa propagation(256). Un micro-environnement inflammatoire est présent dans presque
tous les types de tumeurs. Des recherches ont montré que l’inflammation persistante,
notamment à la suite d’infections, de maladies auto-immunes ou d’autres causes, est impliquée
dans environ 20 % des cancers. Par ailleurs, les cellules cancéreuses libèrent des cytokines et
des chimiokines qui favorisent la métastase(257–259). Dans cette optique, l’exploitation des
propriétés anti-inflammatoires et immunomodulatrices de la thérapie par ventouses semble
prometteuse.
Des recherches menées sur des modèles animaux par Zhang et al (2018) ont montré que la
thérapie par ventouses humides pouvait augmenter les lipides anti-inflammatoires (par
exemple, PGE1, 5,6-EET, 14,15-EET, 10S,17S-DiHDoHE, 17R-RvD1, RvD5 et 14S-HDoHE)
et réduire les lipides pro-inflammatoires comme 12-HETE et TXB2. Cette étude a également
révélé une diminution de la sécrétion d’IL-6 et de TNF-α induite par le lipopolysaccharide
(LPS) in vivo, ainsi qu’une modulation de l’équilibre métabolique entre les acides gras
polyinsaturés pro- et anti-inflammatoires(176). De même, Soleimani et al (2020) ont observé
chez des individus sains une modulation de l'expression génique des lymphocytes T, indiquant
une augmentation de la tolérance immunologique et une suppression de l'inflammation après
un traitement par ventouses humides (6).
Une étude menée par Sun et al (2016) a évalué les effets de la thérapie par ventouses humides
sur soixante-six patients atteints de périarthrite scapulohumérale aiguë. Les chercheurs ont
138
Chapitre IV : Intérêt de la thérapie par ventouses dans les maladies immunologiques
Cependant, les études spécifiquement dédiées à l’évaluation des bienfaits de cette thérapie
chez les patients cancéreux ont principalement porté sur son efficacité dans l'atténuation des
effets secondaires de la chimiothérapie, ainsi que sur la gestion des douleurs associées à certains
types de cancer, et non pas sur son potentiel direct à favoriser la guérison du cancer lui-même.
Par exemple, Yan-Wen Liu (2022) a mené une étude observationnelle auprès de patients
souffrant de cancer colorectal, évaluant leur qualité de vie après 10 semaines d’application de
la thérapie par ventouses mobiles, appliquée trois fois par semaine. La qualité de vie a été
évaluée à l'aide du questionnaire EORTC QLQ-C30. Après la thérapie par ventouses mobiles,
les participants ont montré des améliorations significatives dans la fonction physique, la fatigue,
les nausées et vomissements, les troubles du sommeil, ainsi que la douleur, suggérant que ces
améliorations étaient probablement dues à une meilleure circulation sanguine(261).
Une autre étude, menée par Wei Chen et al en 2023, a exploré l’efficacité de cette méthode
chez 30 patients souffrant de cancer du poumon. Dans cette étude clinique, les patients atteints
de cancer du poumon ont été divisés en deux groupes : un groupe témoin recevant un traitement
conventionnel et un groupe expérimental bénéficiant d’un traitement basé sur la médecine
traditionnelle chinoise, incluant l’application de l’onguent Longgui Ping Chuan combinée à la
thérapie par ventouses. L’onguent Longgui Ping Chuan, composé de plantes médicinales telles
que Astragalus membranaceus, Codonopsis pilosula et Salvia miltiorrhiza, a été appliqué sur
des points d’acupuncture spécifiques (Feishu, Dazhui, Dingchuan et Fengmen) avant la pose
des ventouses. Ce procédé permet une meilleure absorption des principes actifs par la peau et
favorise une meilleure circulation de l’énergie vitale (Qi) dans les méridiens pulmonaires(262).
Les résultats ont montré que le groupe traité par la méthode combinée présentait une
amélioration significative de ses symptômes par rapport au groupe témoin. En particulier, une
diminution marquée de la toux, des douleurs thoraciques et de l’essoufflement a été observée,
ainsi qu’une réduction des effets secondaires liés à la chimiothérapie, notamment les troubles
digestifs et la fatigue. Le taux d’effets secondaires (vomissements, constipation, sécheresse
buccale) était significativement plus faible dans le groupe de la thérapie combinée(262).
139
Chapitre IV : Intérêt de la thérapie par ventouses dans les maladies immunologiques
Ces études confirment l’implication prometteuse de la thérapie par ventouses dans la gestion
du cancer. Toutefois, son exploitation demeure encore insuffisamment explorée pour en
maximiser tout le potentiel. De plus, le mécanisme exact par lequel la thérapie par ventouses
pourrait être bénéfique dans le traitement du cancer reste encore inconnu, ce qui rend son
utilisation encore plus complexe. Ce manque de recherches approfondies soulève des
interrogations, notamment en raison de la perception de certains praticiens qui considèrent le
cancer comme une contre-indication à l’application de cette thérapie. De plus, des
complications potentielles pourraient survenir chez des patients déjà fragilisés par la maladie.
Il est donc crucial de mener d’autres études afin de confirmer la sécurité et l’efficacité de cette
approche chez cette population vulnérable.
140
Conclusion
Conclusion
Conclusion
La thérapie par ventouses est réapparue aujourd’hui avec un intérêt considérable en
médecine moderne. Plusieurs investigations sont lancées, et la recherche scientifique s’est
intensifiée afin d’élucider les fondements scientifiques et les mécanismes d’action de cette
thérapie.
Bien que partiellement validée, la thérapie par ventouses ouvre toujours des pistes de
recherches et ses perspectives méritent d’être explorées davantage à travers des études plus
rigoureuses, standardisées et à grande échelle. Les futures explorations pourraient révéler des
mécanismes d'action encore méconnus de la thérapie par ventouses. Quoi qu’il en soit, une
évidence s’impose : dans un paysage thérapeutique souvent dichotomique, cette pratique
incarne une synthèse remarquable entre savoirs traditionnels et méthodologies modernes.
141
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Résumé
La thérapie par ventouses ou cupping therapie est une pratique médicale ancienne utilisée dans
plusieurs traditions médicales, notamment égyptienne, arabo-musulmane et chinoise. Elle
consiste à appliquer des ventouses sur la peau pour créer une succion, stimulant ainsi la
circulation sanguine et induisant des effets locaux et systémiques. Elle se caractérise par une
grande variété de techniques, de matériaux utilisés, ainsi qu’un choix ciblé des zones à traiter,
en fonction des troubles abordés. Bien que longtemps considérée comme une pratique
empirique, elle a récemment regagné en popularité et attire l’attention de plusieurs chercheurs,
notamment pour ses effets immunomodulateurs.
Des études ont mis en évidence son rôle dans la régulation immunitaire, à travers des
améliorations observées sur plusieurs marqueurs biologiques. La thérapie par ventouses a
montré une action bénéfique sur les médiateurs inflammatoires, les cellules de l’immunité
innée, telles que les neutrophiles, les macrophages ou encore les cellules NK, ainsi que sur
l’immunité adaptative, en particulier les lymphocytes T, en favorisant surtout une réponse anti-
inflammatoire. Ces propriétés ouvrent des perspectives thérapeutiques prometteuses dans la
prise en charge des dysrégulations immunitaires comme les hypersensibilités et les maladies
auto-immunes. Cependant, les preuves scientifiques restent encore limitées et nécessitent des
investigations plus approfondies pour établir des protocoles standardisés et valider son
efficacité clinique.
Studies have demonstrated its role in immune regulation through observed improvements in
various biological markers. Cupping therapy has shown beneficial effects on inflammatory
mediators, innate immune cells (such as neutrophils, macrophages, and NK cells), and adaptive
immunity (particularly T lymphocytes), primarily promoting an anti-inflammatory response.
These properties suggest promising therapeutic applications for immune dysregulation
disorders, including hypersensitivities and autoimmune diseases. However, scientific evidence
remains limited, necessitating further research to establish standardized protocols and validate
its clinical efficacy.
العالج بالكؤوس أو ما يسمى بالحجامة هو ممارسة طبية تعود إلى الحضارات القديمة ،من بينها المصرية ،واالسالمية،
والصينية .تقوم هذه التقنية على وضع كؤوس خاصة على الجلد لخلق تأثير الشفط ،مما يحفّز الدورة الدموية ويُحدث
تأثيرات عديدة .كما تتميّز بتنوع كبير في التقنيات والمواد المستخدمة ،باإلضافة إلى اختيار دقيق لمواضع التطبيق بحسب
.نوع االضطرابات ال ُمراد عالجها
وتفتح هذه الخصائص آفاقًا عالجية واعدة في التعامل مع اضطرابات المناعة ،مثل فرط التحسس وأمراض المناعة الذاتية.
ومع ذلك ،تبقى األدلة العلمية محدودة وتستدعي المزيد من الدراسات المعمقة لتأكيد فعاليتها سريريًا.