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08 Land Tenure Case Study FRN

Le projet Greater Rural Opportunities for Women (GROW) vise à améliorer la sécurité alimentaire et l'autonomisation économique des femmes agricultrices au Ghana, en mettant l'accent sur l'importance du régime foncier pour leur accès aux ressources. L'étude souligne que les inégalités de genre dans l'accès à la terre limitent la productivité et l'accès au crédit pour les femmes, ce qui entrave leur développement économique. Les résultats du projet montrent que des interventions ciblées peuvent réduire ces inégalités et améliorer la situation des femmes dans le secteur agricole.

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08 Land Tenure Case Study FRN

Le projet Greater Rural Opportunities for Women (GROW) vise à améliorer la sécurité alimentaire et l'autonomisation économique des femmes agricultrices au Ghana, en mettant l'accent sur l'importance du régime foncier pour leur accès aux ressources. L'étude souligne que les inégalités de genre dans l'accès à la terre limitent la productivité et l'accès au crédit pour les femmes, ce qui entrave leur développement économique. Les résultats du projet montrent que des interventions ciblées peuvent réduire ces inégalités et améliorer la situation des femmes dans le secteur agricole.

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ÉTUDE DE

CAS SUR LE
RÉGIME FONCIER
GREATER RURAL OPPORTUNITIES FOR WOMEN
PLAN D’APPRENTISSAGE

RÉGIME FONCIER
TABLE DES MATIÈRES
I. Résumé...................................................................................................................... 1
II. Introduction/Contexte............................................................................................. 1
A. Vue d’ensemble du projet GROW .......................................................................... 1
B. Contexte socioéconomique .................................................................................... 3
C. Description du groupe cible.................................................................................... 6

III. Description de la méthodologie.............................................................................. 7


A. Conception du projet pour les activités touchant le régime foncier ......................... 7

IV. Résultats et explication......................................................................................... 14


V. Histoire d’une cliente : Ama.................................................................................. 16
VI. Défis, leçons et conclusion ................................................................................... 17
SIGLES
CAD Dollar canadien
GHS Cédi ghanéen
GROW Greater Rural Opportunities for Women
(Meilleures opportunités pour les agricultrices)
HGO Haut Ghana occidental
MEDA Mennonite Economic Development Associates
MMES Militant masculin pour l’égalité des sexes
MAA Ministère de l’Alimentation et de l’Agriculture du Ghana
ONG Organisations non gouvernementales
PPF Principaux partenaires facilitateurs

REMERCIEMENTS
Auteure Sara Seavey

Édition et révision Mira Maude Chouinard, Jennifer Denomy,


Nicole Heaney et Karen Walsh

Photographie L’équipe de Ghana GROW

Conception graphique Dalilah Jesus

Traduction française François Couture, trad. a.

Un merci spécial au gouvernement du Canada, qui a financé le projet GROW.

Merci également aux principaux partenaires facilitateurs de GROW — CAPECS, CARD,


ProNet North, PRUDA et TUDRIDEP — et aux généreux donateurs privés de MEDA.
I. RÉSUMÉ
En général, les projets de développement économique axés sur l’agriculture et la sécurité
alimentaire ne tiennent pas compte du régime foncier. Cela s’explique par le fait que
la plupart de ces projets ont tendance à être neutres, ou à ne pas distinguer les enjeux
sexospécifiques. Ils s’adressent généralement aux chefs de famille masculins, qui ont
tendance à contrôler les ressources économiques, en présumant que les avantages se
répercuteront sur les femmes et les enfants. Pour un projet centré sur les femmes, comme
Greater Rural Opportunities for Women (GROW), MEDA a constaté que le régime foncier
était essentiel. Il soutient en effet la capacité des femmes à participer à l’agriculture,
leur productivité agricole — qui inclut l’accès à toutes les ressources naturelles, que ce
soit l’eau, les arbres pour le bois de chauffage ou les fruits des arbres eux-mêmes — et
finalement leur subsistance. Une fois en mesure de gagner un revenu, les femmes peuvent
prendre des décisions en investissant davantage dans l’éducation et la santé de leurs
enfants, en réduisant la pauvreté de leurs ménages et en améliorant leur action au sein de
leur foyer et de leur communauté.

Les projets de développement économique, en particulier les projets axés sur l’agriculture,
doivent être analysés sous l’angle de l’égalité des sexes, afin de cerner les contraintes
liées au genre, ainsi que les contraintes générales du marché. L’analyse comparative entre
les sexes peut également procurer aux responsables de la mise en œuvre et aux bailleurs
de fonds une compréhension de l’environnement qui régit et conduit le comportement
et les attitudes des femmes et des hommes. Par conséquent, il importe d’identifier les
contraintes sexospécifiques et d’élaborer des stratégies atténuantes qui réduisent les
inégalités entre les sexes en matière d’accès aux ressources et de leur contrôle et qui
favorisent le développement. Le présent document traitera de l’environnement et des
contraintes sexospécifiques du Ghana en ce qui concerne le régime foncier et sa sécurité.
Il soulignera les interventions du projet, telles que le plaidoyer et la sensibilisation accrue à
l’égalité entre les sexes. Il mettra également en lumière les résultats du projet, les difficultés
rencontrées et les leçons apprises. On y soulignera notamment la nécessité de fixer des
objectifs concernant l’accès assuré aux terres et la tenue d’activités de sensibilisation et de
plaidoyer avec les chefs coutumiers au début du projet.

II. INTRODUCTION/CONTEXTE
A. Vue d’ensemble du projet GROW
Rendu possible grâce au généreux soutien d’Affaires mondiales Canada, le projet Greater
Rural Opportunities for Women (GROW) a été mis en œuvre par Mennonite Economic
Development Associates (MEDA) avec un budget total de 20 millions CAD.1 Fort du
soutien de cinq principaux partenaires facilitateurs (PPF) — PRONET North, TUDRIDEP,
PRUDA, CARD et CAPECS2 — le projet GROW a été mené dans huit districts de la région

1
À hauteur de 20 millions CAD, le budget de GROW est composé de 18 millions CAD en provenance
du gouvernement du Canada et de 2 millions CAD de MEDA. Le projet a débuté en 2012 et se termine à la
fin 2018.
2
Les principaux partenaires facilitateurs de MEDA sont CAPECS (Capacity Enhancement and Community
Support), TUDRIDEP (Tumu Deanery Rural Integrated Development Program), CARD (Community Aid for Rural

Étude de cas sur le régime foncier 1


du Haut Ghana occidental. Il a permis aux agricultrices de trouver de nouveaux débouchés
grâce à la culture, à l’utilisation et à la vente de soja. Le projet leur a aussi donné accès aux
services de vulgarisation agricole et aux marchés pour accroître le bien-être économique de
leur ménage.

L’objectif de GROW était d’améliorer la sécurité alimentaire de 20 000 agricultrices


et de leurs familles dans la région du Haut Ghana occidental. Les activités du projet
consistaient notamment à aider les femmes à améliorer la disponibilité, l’accessibilité
et la consommation d’aliments appropriés et nutritifs. On renforçait pour ce faire la
production, la transformation et les liens avec les marchés. On désignait aussi des
agricultrices formatrices qui enseignaient les bonnes pratiques agronomiques aux femmes
de leur collectivité. Ces pratiques ont permis de maximiser les rendements des cultures
et spécialement celle du soja. Certaines agricultrices entrepreneures ont été formées
pour devenir des agentes de vente. Leur rôle était d’acheter et regrouper le soja d’autres
femmes, puis de le revendre aux transformateurs et aux marchés. Ces femmes ont été
mises en contact avec les services financiers appropriés, notamment des Associations
villageoises d’épargne et de crédit (AVEC), des institutions financières et des assureurs.
Le plaidoyer en faveur d’un renforcement de l’agentivité des femmes, particulièrement
en ce qui concerne la prise de décision au sein du ménage et de la communauté, était un
autre élément clé du projet GROW.

Régime
Fonds foncier
technologique

Participation
Agriculture des hommes
de conservation
Productivité Sécurité
agricole alimentaire
accrue Meilleures
Assurance GROW pratiques AEF grâce aux
récolte Sécurité alimentaire de nutrition revenus et à la
accrue pour les petites sécurité
productrices agricoles alimentaire
Assistance et leurs familles
technique

Commercialisation
accrue des produits
agricoles Agentes
de vente
Caisses
d’épargne Emploi du
temps et
travail des
femmes

Development), ProNet (Professional Network North) et PRUDA (Partnerships for Rural Development Action).

2 Étude de cas sur le régime foncier


Pendant la saison des récoltes de 2017, GROW a aidé 21 500 agricultrices à cultiver 13 643
hectares de soja, avec un rendement de 14 632 tonnes métriques. Les agricultrices de
GROW ont vendu 11 169 tonnes de ce soja au prix moyen de 200 GHS (cédis ghanéens)
par 100 kg, pour un total de plus de 22,3 millions GHS, soit environ 6,7 millions CAD (lors
de la récolte de 2017).3

Récolte de 2017

2500 AGRICULTRICES ONT CULTIVÉ 13 643 POUR UN RENDEMENT DE


ENCADRÉES PAR GROW HECTARES DE SOJA 14 632 TONNES MÉTRIQUES

Le Plan d’apprentissage de GROW


En sept ans de mise en œuvre, le projet GROW a beaucoup appris sur la sécurité
alimentaire et le renforcement du pouvoir économique des femmes dans le nord
du Ghana. L’équipe de projet est heureuse de partager les leçons tirées du Plan
d’apprentissage GROW. Les documents du Plan d’apprentissage portent sur l’emploi du
temps et le travail des femmes, la nutrition et la sécurité alimentaire, l’inclusion financière,
la technologie, l’agriculture de conservation et le renforcement du pouvoir économique
des femmes.

B. Contexte socioéconomique
À l’heure actuelle, le Ghana se classe au 139e rang sur 177 selon l’indice d’inégalité de
genre (IIG) de 2015 du Programme des Nations Unies pour le développement, avec une
valeur de 0,547. L’IIG indique si un pays connaît des inégalités prononcées et à quel point
la répartition du développement humain est inégale. Le classement du Ghana indique qu’il
reste encore beaucoup à faire pour atteindre l’égalité entre les sexes. En outre, le Ghana
affiche un score de discrimination très élevé (0,298 8 sur 1,0) selon l’Indice institutions
sociales et égalité homme-femme (ISE) de l’OCDE, en particulier en ce qui concerne l’accès
aux terres. Les données de l’ISE confirment que l’accès à la terre demeure un obstacle
majeur empêchant les paysannes ghanéennes d’atteindre la parité dans la répartition des
ressources économiques et naturelles.

En fin de compte, le régime foncier a une incidence sur la capacité de production des
femmes et sur leur accès au crédit, qui exige souvent des garanties foncières. Par exemple,
les banques ghanéennes préfèrent de loin les terres et les bâtiments comme garantie.
C’est malheureusement une sûreté difficile à fournir lorsque les femmes ont un accès plus
limité à la propriété, ce qui limite leur admissibilité au crédit.4

3
Le taux de change moyen, en 2017, était de 1 GHS (cédi ghanéen) pour 0,30 CAD (dollar canadien).
4
Women, Business and the Law 2016: Getting to Equal (2016). Tiré de [Link]
[Link]/bitstream/handle/10986/22546/[Link]?sequence=3&isAllowed=y

Étude de cas sur le régime foncier 3


Au cours de l’analyse initiale du système de commercialisation du soja, menée en 2012,
les recherches ont indiqué que les rendements des petits agriculteurs du Haut Ghana
occidental se situaient entre 400 et 600 kg/acre. Bien moins que les rendements potentiels
prévus par le MAA, lesquels pouvaient atteindre les 2,5 TM dans les fermes commerciales,
avec des pratiques agricoles appropriées. Les acteurs de la chaîne de valeur et les experts
du soja ont indiqué en très grande majorité que ces faibles rendements étaient le résultat
direct d’une mauvaise application des intrants et de mauvaises techniques de production.

Contexte du régime foncier au Ghana


La terre est pour les populations du monde entier l’un des biens les plus importants.5
Le régime foncier est la relation, définie par la loi ou la coutume, entre les personnes, en
tant qu’individus ou groupes, en ce qui concerne les terres (y compris les autres ressources
Lorsque les droits fonciers naturelles sur ces terres, comme l’eau et les arbres).6 Le régime foncier définit la manière
sont garantis, la terre peut dont les droits de propriété foncière sont attribués, transférés, utilisés ou gérés dans
être la pierre angulaire de la une société. Il définit également les conditions et les dates d’expiration pour l’accès aux
croissance économique et un terres. Lorsque les droits fonciers sont garantis, la terre peut être la pierre angulaire de
incitatif à l’investissement. la croissance économique et un incitatif à l’investissement. Lorsque ces droits ne sont
Lorsque ces droits ne sont pas pas garantis, on peut rencontrer des conflits, de l’instabilité et l’exclusion de groupes
garantis, on peut rencontrer vulnérables, comme les femmes, les Autochtones et les pauvres.7
des conflits, de l’instabilité
Le régime foncier était l’une des contraintes sexospécifiques relevées dans l’analyse
et l’exclusion de groupes
originale, menée en 2013, car les femmes du HGO ont des droits de propriété et
vulnérables, comme les
d’utilisation des terres limités.
femmes, les Autochtones et les
pauvres. — Land Links Les terres du Ghana sont régies par un régime juridique pluraliste dans lequel les systèmes
coutumier et légal se chevauchent.8 Les systèmes légaux comportent des règles écrites et
codifiées qui dictent qui a accès et pour quoi ; les systèmes coutumiers sont plus informels,
fondés sur la compréhension et la tradition de la communauté. Toutefois, le droit
coutumier considère la propriété comme un bien familial administré par le chef de famille,
qui est habituellement un homme.9 L’accès à la terre peut s’obtenir par voie d’héritage,
d’action en justice, de mariage, de métayage ou de location. Bien qu’il existe des systèmes
juridiques et réglementaires, le droit coutumier et les normes sociales vont à l’encontre de
ces garanties formelles. La FAO fait écho à cette déclaration : « Les lois d’un pays peuvent
déclarer que les hommes et les femmes ont le même droit de posséder et d’hériter, mais
si les normes et les pratiques culturelles sont en conflit avec ces lois, les droits des femmes
risquent d’être ignorés. »10 Au Ghana, 80 % des terres sont placées sous le régime foncier
coutumier géré par les chefs de village. Seulement 20 % des terres du Ghana sont régies
par le régime foncier statutaire.

5
What is Land Tenure? USAID LandLinks. Extrait de [Link]
6
What is Land Tenure? FAO. Extrait de : [Link]
7
What is Land Tenure? USAID LandLinks. Extrait de [Link]
8
USAID LandLink, Ghana profile. Extrait de : [Link]
9
CEDAW (2005) pp. 59, 65 Extrait de : [Link]
PDF/[Link]?OpenElement
10
Why Land Tenure Should be Considered in Design of Projects, FAO. Extrait de : [Link]
docrep/005/y4307e/[Link]#TopOfPage

4 Étude de cas sur le régime foncier


Les lois coutumières sont des coutumes et des lois de propriété informelles qui ne sont
pas reconnues officiellement par l’État, mais qui ont souvent préséance sur les règles et
processus juridiques officiels. Dans le cadre du droit coutumier, la FAO tente de simplifier
les trois niveaux de droits de propriété pour qu’ils s’appliquent aux éléments suivants :

• Droit d’utilisation : droit d’utilisation des terres pour le pâturage, la culture de


subsistance, la cueillette de produits forestiers mineurs, etc.

• Droit de contrôle : droit de décider comment la terre doit être utilisée, y compris
de décider quelles cultures doivent être plantées, et de bénéficier financièrement de
la vente des cultures, etc.

• Droit de transfert : droit de vendre ou d’hypothéquer la terre, de la céder à


d’autres par des réaffectations intracommunautaires, de la léguer aux héritiers et de
réaffecter les droits d’utilisation et de contrôle.

Très souvent, les pauvres d’une communauté n’ont que des droits d’usage.11 Malgré cette
répartition, la FAO affirme que la façon exacte dont les droits fonciers sont répartis est très
complexe. Une femme peut avoir le droit de pratiquer des cultures de subsistance pour
nourrir sa famille, mais son mari aura le droit de contrôle, car il bénéficie financièrement
de la vente de cultures.

La Constitution du Ghana, promulguée en 1992, stipule que les femmes et les hommes
ont des droits légaux égaux en ce qui concerne l’accès aux biens non fonciers et leur
gestion. Elle stipule également que les femmes ont les mêmes droits que les hommes
pour conclure des contrats.12 Le paragraphe 22 (2) de la Constitution de 1992 précise que
le Parlement doit, dans les plus brefs délais, adopter une loi pour réglementer les droits
de propriété des époux pendant et après la dissolution du mariage. À ce jour, aucune
législation de ce type n’a été mise en place, ce qui signifie que les droits de propriété
des femmes mariées ne sont pas clairs et que leur accès à la terre est souvent limité.13
Une étude menée en 2013 a constaté que 64 % des femmes du HGO ne connaissaient
pas leurs droits fonciers. Cela pourrait être attribué au fait que les droits fonciers des
femmes ne sont pas habituellement prescrits et institutionnalisés.14

La loi PNDC 111 de modification du droit successoral intégratif (1985) et sa modification


en 1991 s’éloignent du droit coutumier. Elles ont été décrites comme des jalons importants
de la législation sur les droits successoraux au Ghana. La loi accorde aux veuves et aux
enfants une plus grande sécurité.15 Si un homme meurt sans testament, la loi sur la
succession intérimaire stipule que ses biens seront répartis également entre sa veuve, ses
enfants et les autres membres de la famille élargie. Pourtant, la plupart des femmes ne

11
What is Land Tenure? FAO. Extrait de : [Link]
12
CEDAW (2005) p.67-68 Extrait de : [Link]
[Link]?OpenElement
13
Social Institutions & Gender Index, Ghana Profile. Extrait de : [Link]
na/#_ftn39
14
Kuusaana, Elias Danyi, HYPERLINK “[Link] Land
Ownership and Gender Disparity in Ghana; Evidence from the Wa Municipality (November 5, 2010).
15
What is Land Tenure? FAO. Extrait de : [Link]

Étude de cas sur le régime foncier 5


sont pas conscientes de l’existence de la loi successorale et des garanties qu’elle offre.
Même lorsque les femmes en connaissent la teneur, elles manquent souvent de soutien
dans le processus de revendication de leurs droits.16

Les lois, les politiques, les règles et le droit coutumier peuvent renforcer les différences de
pouvoir entre hommes et femmes et discriminer directement ou indirectement contre les
femmes, les empêchant de participer pleinement à la vie économique.17 Dans la région du
HGO, l’héritage patrilinéaire représente 97,1 % des acquisitions foncières.18 Cet héritage
est défini comme l’ascendance et la filiation telles que tracées à travers la figure masculine,
ce qui a donc de profondes implications sur les relations de pouvoir entre les sexes. La
filiation patrilinéaire, régie par des normes culturelles, permet aux femmes d’accéder à
la terre et de l’utiliser par le mariage. Par conséquent, les femmes dépendent de leurs
relations avec des parents masculins, un mari, un père, un frère ou un fils. Si leur mari leur
donne la permission, beaucoup d’épouses peuvent obtenir une utilisation temporaire des
parcelles et des terres. Souvent, ces parcelles de terre sont les moins fertiles et les plus
éloignées. Les femmes non mariées ont rarement accès à la terre. Les veuves sont souvent
laissées sans recours juridique, surtout si elles n’ont pas d’enfants masculins. Comme les
femmes ne détiennent pas les droits sur la terre qu’elles cultivent, elles sont vulnérables
aux changements soudains. Ces changements comprennent le déménagement dans une
autre partie de la ferme ou la perte totale de l’accès à la terre. Les femmes n’ont pas de
recours juridique et culturel pour exiger des terres, car elles doivent être affiliées à un
homme (mari ou fils) pour avoir accès aux terres familiales ou coutumières. Le fait d’avoir
accès à une ressource foncière et d’en avoir le contrôle confère aux femmes un statut au
sein du ménage et de la communauté. Elles ont alors une source sûre de revenu et de
subsistance. Au bout du compte, cet accès améliore le pouvoir de négociation des femmes
dans les ménages. Dans une étude menée au Népal, Landesa, une organisation à but non
lucratif de premier plan axée sur le régime foncier, affirme que les femmes qui possèdent
des terres sont plus susceptibles d’avoir le dernier mot dans les décisions du ménage.19
Landesa indique également d’autres avantages incontestables qui lient des droits fonciers
sûrs à de meilleurs résultats nutritionnels, aux dépenses alimentaires, à l’accès au crédit, au
niveau d’instruction des enfants et à l’amélioration du bien-être général des ménages.20

C. Description du groupe cible


Le groupe cible des interventions de GROW sur le régime foncier comprend les
productrices de soja de GROW, les militants masculins pour l’égalité entre les sexes
(MMES), les agentes de district pour l’égalité entre les sexes, les chefs et les reines mères,

16
FAO, Base de données sur le genre et les droits fonciers, Ghana. Extrait de : [Link]
gender-landrights-database/country-profiles/countries-list/land-tenure-and-related-institutions/en/?country_
iso3=GHA
17
Groupe de haut niveau des Nations Unies sur l’autonomisation économique des femmes. (2016). Rapport
du Groupe de haut niveau des Nations Unies. Extrait de : [Link]
attachments/reports-toolkits/[Link]?la=fr&vs=1028
18
Kuusaana, Elias Danyi, HYPERLINK “[Link] Land
Ownership and Gender Disparity in Ghana; Evidence from the Wa Municipality (November 5, 2010). Page 69.
19
K. Allendorf, Do Women’s Land Rights Promote Empowerment and Child Health in Nepal?, WORLD
DEVELOPMENT 35 (11): p. 1975–1988, 1980, 1985 (2007).
20
Landesa, « Women’s Secure Rights to Land: Benefits, Barriers, and Best Practices, » Extrait de : https://
[Link]/wp-content/uploads/[Link]

6 Étude de cas sur le régime foncier


de même que nos principaux partenaires facilitateurs. En outre, MEDA a inclus des
propriétaires fonciers et le gouvernement du Ghana. Afin de cibler les messages à ces
divers groupes, l’équipe du projet a conçu des interventions spécifiques pour mener des
actions de plaidoyer et de sensibilisation communautaire. Ces activités comprennent des
séances de sensibilisation à l’égalité entre les sexes avec les PPF et les militants MMES
sur l’importance de l’accès aux terres. À des fins de sensibilisation, GROW a convié à
deux grands événements sur le régime foncier les personnes ayant une influence sur
le droit coutumier : chefs et reines mères, les agentes de district à l’égalité des sexes,
MMES, PPF et productrices de soja. GROW a également mis à l’essai une formation sur le
mode alternatif de règlement des conflits (MARC) afin de parfaire les connaissances des
productrices de soja sur les droits fonciers.

III. DESCRIPTION DE LA MÉTHODOLOGIE


A. Conception du projet pour les activités
touchant le régime foncier
L’analyse comparative entre les sexes a examiné les rôles et les responsabilités des femmes
dans le secteur de l’agriculture du HGO. Elle a révélé que les femmes étaient souvent
obligées (culturellement) de fournir du travail gratuit à la ferme familiale en premier lieu,
au lieu de se concentrer sur leur propre parcelle de terre. Pour ces raisons, la contribution Les contraintes liées au genre
substantielle des femmes continue d’être systématiquement marginalisée et sous- sont définies comme des
évaluée dans les analyses et les politiques économiques conventionnelles. La contribution obstacles à la participation
des hommes, en revanche, demeure le point central, souvent le seul, sur lequel les socio-économique qui existent
gouvernements se concentrent (FAO, 2011). Cette marginalisation s’étend à la taille et à en plus de la pauvreté et des
la qualité des terres fournies aux petites agricultrices du HGO. Dans un rapport de 2012, problèmes sociaux auxquels
la FAO a déclaré que « les hommes du Ghana détiennent 3,2 fois plus de fermes que les les hommes sont également
femmes ; ils détiennent 8,1 fois plus de fermes de moyenne et grande taille (de 5 acres confrontés. Dans le contexte
ou plus) tandis que les femmes possèdent plus de petites fermes de moins de 5 acres ».21 du régime foncier, les femmes
Dans le HGO, les petites agricultrices ont indiqué que leurs exploitations étaient beaucoup et les hommes peuvent
plus modestes, soit une ou deux acres en général, ce qui correspond aux conclusions de souffrir d’une contrainte
notre rapport de référence (voir IV. Résultats et explication). générale des petites
propriétés foncières, mais
L’analyse comparative entre les sexes effectuée à l’origine par MEDA a également
les femmes au Ghana sont
examiné les questions d’accès et de contrôle entourant les principales ressources ou
confrontées à une barrière
avantages. Cet examen permet de comprendre comment les activités du projet auront
supplémentaire de lois ou de
une incidence (ou non) sur les femmes et leurs familles. L’analyse a permis de cerner les
coutumes qui limitent l’accès
contraintes fondées sur le sexe et des stratégies permettant de les atténuer, ce qui, au
des femmes (utilisation de la
bout du compte, aurait une incidence sur la capacité du projet de produire les résultats
terre) et le contrôle (propriété)
voulus. Il est essentiel de comprendre quels sont les biens et les opportunités auxquels
de la terre comme un bien
les femmes ont accès ou sur lesquels elles exercent un contrôle. Il faut voir qui prend les
pour les femmes.
décisions au sujet de ces biens et qui en bénéficie. Comme il a été mentionné ci‑dessus,
personne ne « possède » de terres dans le HGO. Les groupes de discussion avec les
femmes et les hommes ont indiqué que les deux sexes ont accès à la terre, mais que les

21
FAO, Gender Inequalities in Rural Employment in Ghana: an Overview (2012). Extrait de : [Link]
org/docrep/016/ap090e/[Link]

Étude de cas sur le régime foncier 7


hommes et les dirigeants communautaires conservent le contrôle. Dans la plupart des
cas, ce sont les hommes et les dirigeants communautaires qui prennent les décisions
concernant l’utilisation des terres. Ils décident aussi de la qualité et de l’étendue des terres
auxquelles les femmes ont accès. Dans le cadre des discussions des groupes de discussion,
les agricultrices ont indiqué que, bien que le contrôle des hommes et des communautés
évolue, les femmes sont encore très sujettes à ce contrôle dans une multitude de
domaines.

L’analyse comparative entre les sexes a mis en évidence des différences régionales, comme
le fait que les femmes des communautés de Sissala-Est et de Nadowli reçoivent des
terres moins fertiles. Les femmes ont fait part de leurs luttes pour obtenir des terres plus
importantes et du fait que leurs droits fonciers changent d’une année à l’autre. Souvent,
lorsque les femmes commençaient à améliorer leurs terres et à produire des rendements
plus élevés, les hommes reprenaient ces terres aux femmes et leur cédaient des parcelles
moins fertiles. La terre accessible aux femmes exige un travail physique intense pour
déraciner les souches d’arbres, déterrer les roches et niveler les pentes abruptes.
Les hommes confient souvent aux femmes les terres les plus arides. Les femmes sont si
désespérées d’avoir accès à la terre qu’elles feront tout le dur labeur pour améliorer le
sol et les hommes récupèrent ensuite les parcelles ainsi améliorées. À Wa Est, cependant,
les femmes ont mentionné que la terre était abondante et que les hommes avaient
commencé à confier aux femmes de meilleurs lopins pour que leurs rendements soient
plus élevés.

Enfin, l’analyse comparative entre les sexes de GROW a révélé que les hommes ont un
meilleur accès à la terre et conservent les meilleures parcelles (plus fertiles, plus proches de
l’eau, etc.). Les hommes ont également tendance à se réserver les terres les plus proches
du village. Même si les femmes ont accès à la terre, elles ont généralement de la difficulté
à obtenir des terres fertiles ou de grande surface (plus de trois acres). Elles ont aussi du mal
à les garder longtemps (plus d’un ou deux ans). GROW a identifié la capture des terres et
des actifs des femmes par les hommes comme un risque, surtout si les hommes voient la
valeur du soja.

Selon l’analyse du programme GROW, « pour obtenir des résultats optimaux, les
agricultrices doivent avoir un accès constant et sûr à des terres fertiles pendant et entre
les saisons de croissance pour permettre une bonne intendance du sol et des autres
ressources ». Par conséquent, compte tenu du résultat intermédiaire, l’augmentation
de la productivité agricole diversifiée des cultures vivrières pour les familles de petits
exploitants agricoles, en particulier pour les femmes du Haut Ghana et du Haut Ghana
occidental, est un indicateur du rendement (TM/ha) en soja obtenu par les agricultrices
participantes. Afin d’assurer l’accès des femmes à la terre, GROW a axé ses interventions
sur la sensibilisation et le plaidoyer par le biais de la tenure coutumière. Le droit coutumier
et les transactions foncières informelles sont considérés comme le moyen le plus pratique
d’assurer aux femmes l’accès à la terre. En effet, plus de la majorité des terres du Ghana
relèvent du régime foncier coutumier. Des recherches récentes sur les règles légales ou
statutaires d’occupation ont révélé que l’accès des femmes est souvent perdu en raison de
l’octroi de titres fonciers et de leur enregistrement officiel. Suivre cette stratégie statutaire
formelle serait très coûteux, bureaucratique et lent, et exigerait une éducation approfondie
des femmes et des hommes sur le processus d’enregistrement foncier. La recherche de
2010 sur la propriété foncière et la disparité entre les sexes par rapport à Wa indique

8 Étude de cas sur le régime foncier


que 45 % des hommes et 60 % des femmes interrogées qui détenaient des rapports de
recherche de titre pensaient qu’il s’agissait de baux fonciers. Ce phénomène est attribuable
au faible niveau d’éducation du public sur le processus de documentation foncière et son
importance.22 De plus, pour que la stratégie statutaire soit efficace, les petits exploitants
agricoles devraient être alphabétisés. Par conséquent, le projet a poursuivi la sensibilisation
afin de changer les normes et les pratiques culturelles touchant la terre. D’autres
interventions du projet se sont concentrées sur l’amélioration de l’accès aux ressources
non foncières. Celles-ci comprennent l’amélioration des pratiques agronomiques des petits
exploitants et l’accès à des intrants améliorés, ce qui est souligné dans d’autres documents
du plan d’apprentissage de GROW.

B. Étapes de la mise en œuvre des interventions


en matière de régime foncier
Les interventions de GROW comprenaient des séances de sensibilisation et des dialogues
sur les contraintes et les inégalités fondées sur le sexe. Ces séances de sensibilisation à
l’égalité entre les sexes ont été menées avec les cinq PPF du projet, les MMES, les acteurs
du marché et les communautés du projet. Dans le cadre de ces efforts de sensibilisation,
GROW a mené un petit projet pilote sur le règlement extrajudiciaire des litiges, qui a porté
sur les droits fonciers des productrices de soja. L’autre intervention sur le régime foncier a
porté sur le plaidoyer auprès des chefs coutumiers, comme les chefs et les reines mères,
ainsi qu’avec des représentants gouvernementaux (agentes de district pour l’égalité des
sexes) et des membres de la collectivité. GROW a organisé deux grands événements sur le
régime foncier pour discuter et promouvoir l’accès aux terres pour les femmes paysannes.

Plus de 1 000 personnes ont participé au Forum sur le régime foncier GROW de novembre 2017

GROW a organisé des ateliers pour offrir une formation sur l’égalité entre les sexes à tous
les membres du personnel du projet et aux partenaires, spécialement les correspondants
en matière d’égalité entre les sexes. Ces correspondants sont des membres du personnel
chargés d’intégrer l’égalité entre les sexes dans leur organisation et de mener des activités

22
Kuusaana, Elias Danyi, Land Ownership and Gender Disparity in Ghana; Evidence from the Wa Municipality
(5 novembre 2010).

Étude de cas sur le régime foncier 9


de sensibilisation à ce sujet au sein de la collectivité. Au cours de la quatrième année,
GROW a lancé une nouvelle initiative visant à faire participer les hommes à la défense des
droits des femmes et à les sensibiliser par le biais de dialogues sur les questions
sexospécifiques. Ces hommes, qu’on appelle les militants masculins pour l’égalité entre les
sexes, ou MMES, reconnaissent les contributions importantes des femmes dans la société
pendant les dialogues sur l’égalité entre les sexes. De plus amples renseignements sur les
MMES se trouvent dans le document d’apprentissage de GROW sur la participation
masculine au renforcement du pouvoir économique des femmes. Les partenaires de
GROW et les MMES ont mené des activités communautaires afin de sensibiliser la
population à l’accès aux terres et aux droits fonciers. La formation initiale a sensibilisé les
partenaires et les MMES aux questions de genre et aux concepts de base. Étaient
notamment abordées les questions de l’accès, lequel permet à une personne d’utiliser une
ressource (p. ex., des terres pour faire pousser des cultures) ou d’y avoir accès, et du
contrôle (p. ex., pouvoir de vendre des terres), permettant à une personne de décider qui
utilise la ressource ou d’en disposer. On a également formé les partenaires et les MMES sur
la stratégie du programme GROW pour l’égalité entre les sexes et sur leurs responsabilités
dans le renforcement du dialogue sur l’inégalité, y compris dans le régime et les droits
fonciers. GROW a fourni des mises à jour sur la sensibilisation à l’égalité entre les sexes et
la façon de mener la mobilisation communautaire autour de ce thème. On a aussi prévu
du temps pour que les PPF et les MMES se réunissent chaque année et discutent des
questions d’apprentissage et de résolution de problèmes. La séance de sensibilisation
menée par les PPF et les MMES visait à éclairer les participantes et participants sur les
différences entre les sexes, l’importance de l’égalité, les avantages d’un régime foncier
stable et les rôles respectifs de chacun et chacune.

Le père Clement Mweyang Aapengnuo, du CECOTAPS, anime un dialogue avec les femmes de
GROW sur la négociation et les approches basées sur les droits pour garantir les droits fonciers.

Afin de mieux faire connaître le régime et les droits fonciers, GROW a mis à l’essai un
atelier de formation sur le mode alternatif de règlement des conflits (MARC) pour les petits
exploitants de soja avec le Center for Conflict Transformation and Peace Studies

10 Étude de cas sur le régime foncier


(CECOTAPS). Les interventions du projet sont axées sur le changement de comportement,
les normes perturbatrices et la dynamique du pouvoir, en particulier en ce qui concerne les
ressources limitées et rares comme les terres et les ressources naturelles. Il était donc
essentiel de mettre à l’essai cette formation qui sensibiliserait les femmes et leur
permettrait d’acquérir des compétences en matière de MARC. Le CECOTAPS a donné une
formation sur les causes des litiges concernant les terres et les ressources naturelles. Étaient
aussi abordés les droits d’accès aux terres, les ressources naturelles et la sécurité des terres,
de même que la façon dont l’officialisation des droits pouvait prévenir les conflits.
La formation s’est déroulée avec cinquante femmes de Wa Ouest. Elle comprenait des
simulations, des pièces de théâtre, des récits et des chansons pour comprendre les cinq
façons de gérer les conflits, soit l’accommodement, l’évitement, la collaboration, le
compromis et la compétition. Les femmes ont pu comprendre et mettre en pratique les
compétences et les processus nécessaires pour négocier et documenter les droits
d’utilisation des terres afin de prévenir les conflits. La formation a été très participative, car
les agricultrices ont pu échanger leurs expériences, écouter des contes et partager des
connaissances. Cette formation sur le MARC a mis en évidence l’importance des
compétences en négociation et en médiation. Elle a montré comment ces compétences
pouvaient améliorer la dynamique de genre, le régime foncier et la sécurité des terres et
des ressources naturelles. En fin de compte, la formation sur le MARC aidera à atténuer le
risque de violence familiale, d’injustices fondées sur le sexe et d’isolement social.
Les cinquante participantes à la formation se sont engagées à mettre à profit leurs
connaissances et attitudes améliorées pour servir de leaders et appliquer leurs nouvelles
connaissances sur le MARC dans leurs communautés et groupes.

Le 18 novembre 2017, GROW a organisé un événement inédit de sensibilisation aux


questions foncières à l’University of Development Studies de Wa, au Ghana. Durant ce
forum animé par le père Clement Mweyang Aapengnuo, directeur général du CECOTAPS,

Des femmes parlent de leurs expériences avec le régime foncier

Étude de cas sur le régime foncier 11


l’événement d’une journée a plaidé en faveur d’accords fonciers officiels pour les
hommes et les femmes du HGO. L’auditoire comprenait des chefs, des reines mères, des
propriétaires fonciers, des dirigeants communautaires, des agricultrices formatrices de
GROW, des PPF, des représentants du ministère de l’Alimentation et de l’Agriculture, des
femmes en développement agricole, des MMES et des leaders d’opinion. L’événement
a mobilisé plus de 1000 participants et a donné la parole aux petites agricultrices
de GROW (voir la photo ci-contre). Les conférencières ont conseillé les chefs et les
propriétaires fonciers sur la façon dont ils pourraient aider les femmes à créer des moyens
de subsistance plus durables pour elles et leurs familles. Après six ans, les productrices
de GROW ont vu comment leur investissement était perdu avec les déménagements
constants d’une parcelle à l’autre, et maintenant ce message est entendu plus largement.
Les témoignages directs ont amorcé dans la région une conversation sur les raisons pour
lesquelles tous les membres de la collectivité, en particulier les femmes, doivent avoir accès
à la propriété foncière. Le père Aapengnuo a expliqué aux dirigeants des communautés
locales les avantages socio-économiques de l’accès des femmes aux terres pour de plus
longues périodes, un facteur essentiel de la réussite agricole. Il a également souligné que le
fait d’offrir aux femmes l’accès à un mode d’occupation durable était la meilleure forme de
gestion des ressources et de sécurité pour les générations futures d’agriculteurs. À la suite
de l’événement, l’équipe de GROW a visité ses cinq PPF pour s’assurer que le message était
entendu dans toute la collectivité.

Afin de consolider les gains du forum de novembre 2017, GROW a organisé l’année
suivante un autre forum avec les chefs suprêmes et les reines mères, le registraire régional,
les avocats, les comptables, les agents de recherche et d’autres intervenants. L’objectif
de ce forum du 9 juillet 2018 était de préconiser un régime foncier plus durable et sûr,
d’obtenir l’engagement des chefs suprêmes et d’élaborer un communiqué devant être
appliqué dans toutes les collectivités. Le communiqué établissait que le Ghana avait
un système pluraliste, comme nous l’avons vu ci-dessus, et que l’accroissement de la
propriété foncière améliorerait la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des
familles. Le communiqué engageait les signataires à travailler avec toutes les parties
prenantes, les ONG et les organisations internationales pour élaborer une stratégie claire
qui délimiterait, consignerait et synchroniserait l’utilisation des terres dans toutes les zones
traditionnelles du HGO. Il a également préconisé une collaboration en vue d’un accès
facile et équitable aux terres pour les femmes et les communautés vulnérables du HGO.
Enfin, le communiqué préconisait l’adoption d’une législation sur les questions foncières,
l’engagement à renforcer les capacités en ressources humaines des chefs et des parties
prenantes et le renforcement des capacités des conseils traditionnels et des secrétariats
fonciers coutumiers. Le communiqué, qui a été approuvé par le président de la Chambre
régionale des chefs et la gestionnaire nationale du projet GROW, engage les chefs de
division et de sous-division à défendre les droits fonciers des femmes. Le communiqué a
été approuvé par la Chambre régionale des chefs, et les reines mères ont été désignées
comme étant les personnes les plus aptes à faire connaître ce communiqué et en parler
à la collectivité. Les reines mères ont reçu quatre exemplaires du communiqué pour
en remettre aux chefs de leur collectivité, aux groupes de femmes de la région et aux
Tindaanas (propriétaires fonciers). Les reines mères ont dit que ce communiqué était une
arme puissante pour rendre des comptes aux chefs et aux propriétaires fonciers, car il
pouvait justifier des ententes de tenure plus longues et plus sûres pour les femmes.

12 Étude de cas sur le régime foncier


De plus, l’agente régionale de l’égalité des sexes a maintenant intégré le communiqué à sa
stratégie de sensibilisation dans toute la région. Ils font plus de 100 000 copies du
document et concevront des formations pour toutes les communautés ciblées où ils ont
entendu parler de la résistance des hommes au sein des communautés. Il s’agit d’un
excellent exemple de la façon dont la propriété d’une entité gouvernementale assurera la
durabilité et une plus grande sensibilisation de toutes les femmes du HGO.

Les reines mères, les chefs et l’équipe de GROW après le forum sur le régime foncier de juillet
2018, dans le cadre de leur engagement en faveur d’un régime foncier plus durable et plus sûr
pour les femmes petites exploitantes agricoles dans l’UWR.

Étude de cas sur le régime foncier 13


IV. RÉSULTATS ET EXPLICATION
Les données sur le régime foncier ont été recueillies auprès de plusieurs sources, y compris
l’analyse initiale de la chaîne de valeur du soja (juin 2012), qui comprenait une évaluation
sexospécifique intégrée ; la stratégie de GROW pour l’intégration d’une dimension de
genre, qui comprenait des conclusions élargies de l’analyse comparative entre les sexes
(mars 2013) et divers rapports de surveillance et d’évaluation, y compris le rapport de
référence (juin 2013), l’évaluation à mi-parcours (juillet 2017) et le rapport final (novembre
2018). L’un des indicateurs du projet était la tonne/hectare de soja produit par les
agricultrices participantes, ce qui a permis à GROW de comprendre la taille des terres des
femmes et la façon dont elles les utilisaient pour la diversité et la productivité agricoles.

Au cours de l’analyse initiale et de l’évaluation sexospécifique, la recherche et les


discussions avec les agricultrices ont fait état de superficies de terres d’une à trois acres,
dont une demie à un acre était consacrée au soja. Selon les données de référence, la
superficie des terres cultivées par les petites productrices variait entre cinq et un dixième
d’âcre, la moyenne étant d’une. Une analyse plus poussée de cette situation montre que la
majorité des femmes (82 %) ont cultivé une acre ou moins et que seulement quelques-
unes (18 %) ont cultivé une acre et demie ou plus. Au début du projet, les femmes
cultivaient d’autres espèces, comme le maïs, le millet, l’arachide, le riz, le sorgho et divers
types de légumineuses. Le soja était une culture relativement nouvelle au Ghana et, depuis
son introduction au début du XXe siècle, il a lentement été reconnu comme un aliment de
base important pour la consommation des ménages. La culture du soja n’était pas
courante chez les agricultrices pendant la saison de culture 2012. L’étude préliminaire a
révélé que seulement 16 % des petites exploitantes agricoles du programme GROW
cultivaient auparavant du soja.

Superficie consacrée au soja par les clientes (juin 2013)

Trois acres
2% Cinq acres
Deux acres 2%
11 %
Une acre Une demi-
et demie acre ou
3% moins
41 %

Une acre
41 %

14 Étude de cas sur le régime foncier


Le projet s’est concentré sur l’éducation des agricultrices non seulement sur les
opportunités économiques de la culture du soja, mais aussi sur les bienfaits nutritionnels.
Le projet était également axé sur l’amélioration de la productivité des terres auxquelles
les femmes avaient accès. Par conséquent, le programme GROW a mis l’accent sur la
vulgarisation agricole et l’amélioration des pratiques agronomiques et intrants. Il a adopté
le modèle d’agricultrice formatrice et s’est attaché à améliorer l’accès des femmes aux
technologies permettant de gagner du temps et de faciliter le travail par le biais du Fonds
technologique. GROW a adopté des stratégies axées sur la sensibilisation et le plaidoyer
pour améliorer l’accès des femmes à la terre. Il a ainsi promu les accords fonciers informels
pour que les femmes aient un accès plus durable et sûr à la terre. Ces stratégies ont fait « C’était très facile
en sorte que les agricultrices veulent enrichir leur sol avec des intrants de haute qualité et
parce que nos maris
investir dans l’agriculture commerciale.
allouent facilement
Le rapport final préliminaire de novembre 2018 montre que chaque productrice de soja
une partie de leurs
cultivait 1,93 acre de terre. Les terres cultivées par les agricultrices étaient en grande partie
familiales (93,64 %). Seulement 2,44 % du soja était cultivé sur des terres louées et le terres pour que nous
reste était fondé sur d’autres types d’arrangements. Une analyse plus poussée a montré puissions les utiliser
que la durée moyenne d’accès à la terre, quel que soit le mode d’occupation, était en
pour l’agriculture…
moyenne de cinq ans. Cela signifie que les agricultrices n’ont pas à négocier leur mode
d’occupation chaque année avant la culture. Cependant, les agricultrices de DBI, de Sissala nous ne faisons
Est et de l’Ouest avaient tendance à avoir un accès relativement plus long aux terres pas de bêtise pour
familiales, ce qui était estimé à environ huit ans comparativement aux femmes des
autres districts.
accéder à la terre.
D’un autre côté, s’il
GROW a aidé les femmes agricultrices à diversifier leur éventail de cultures. Lorsqu’on
a demandé aux agricultrices quels types de cultures étaient pratiqués, 34,2 % des
y a même possibilité
agricultrices en ont cité au moins quatre. Parmi les 2 063 agricultrices interrogées pour le d’obtenir de la terre
rapport final, 90,06 % cultivaient du soja. Celles qui ne pouvaient pas cultiver le soja pour d’une personne
la saison ont indiqué qu’elles avaient cultivé huit autres espèces, dont le maïs, le millet, le
sorgho, le haricot, le niébé et l’igname. Les trois principales raisons invoquées pour ne pas
pour la cultiver,
cultiver le soja étaient l’incapacité d’accéder aux intrants en temps opportun (30,56 %), votre mari supposera
l’incapacité d’acquérir des terres (28,70 %) et le la perte d’intérêt envers la culture du soja que vous partagez
(17,59 %).
quelque chose avec
GROW attribue ce changement de régime foncier aux résultats de ses clientes qui cultivent la personne et que
le soja et qui, maintenant, ont amélioré l’accès du ménage à une meilleure nutrition, à
l’éducation des enfants et à une meilleure situation économique. Là où les gains sont
c’est pourquoi cette
substantiels, les hommes sont prêts à donner à leurs femmes un accès plus sûr aux terres. personne vous a cédé
Cela est évident dans la quantité de terres cultivées dans le nord du HGO. GROW a la terre. »
également pu constater que les femmes investissent désormais dans les intrants, ce qui
— Participante au groupe de
montre qu’elles considèrent leur accès à la terre comme plus sûr, car elles n’investissaient
discussion sur l’amélioration
pas dans leur terre auparavant. Le rapport final a montré que 85,17 % des agricultrices
de l’accès à la terre lors des
avaient accès aux intrants agricoles et en utilisaient, alors que 14,83 % n’y avaient pas
interventions d’évaluation de
accès. Cela montre une amélioration de l’accès à des intrants améliorés de la base de fin de projet.
référence (14,1 %) et du groupe témoin (55,04 %).

Étude de cas sur le régime foncier 15


V. HISTOIRE D’UNE CLIENTE : AMA
Ama est une veuve de 61 ans et mère de cinq enfants adultes
vivant dans le district de Sissala Est. Elle s’est jointe au projet
GROW en 2014 et est membre de l’association villageoise
d’épargne et de crédit (AVEC) Angenkye (ce qui signifie « qui
peut prédire le lendemain ? »).

Avant de se joindre au projet, Ama ne cultivait que des


arachides et des légumes sur un terrain qu’elle avait hérité de
son défunt mari. En raison de son âge avancé, elle ne pouvait
pas parcourir la distance jusqu’à la ferme de son mari, qui
était un vaste terrain situé dans la brousse. Par conséquent,
elle a compté sur la parcelle d’une demi-acre pour ses
activités agricoles. Il y avait des parcelles plus grandes à
proximité de son jardin, où elle pouvait diversifier ses cultures
pour inclure le soja, mais les frères de son mari refusaient
de lui céder ces terres. Le produit de la ferme d’une demi-
acre était à peine suffisant pour ses besoins personnels et
familiaux. Lorsque Ama s’est jointe au projet en 2014, elle
voulait cultiver une acre de soja, mais elle n’avait pas accès à
des terres supplémentaires pour agrandir sa ferme.
Ama dans son champ de soja
Dans le cadre du processus de mobilisation communautaire,
GROW a travaillé avec les agricultrices pour recruter des
militants masculins pour l’égalité entre les sexes (MMES) dans
les diverses communautés où le projet est mis en œuvre. Ces MMES servaient d’alliés aux
agricultrices et sensibilisaient la communauté. Saani, un MMES du district de Sissala Est,
a négocié avec les frères du défunt mari d’Ama, qui contrôlent les terres familiales. Il les a
convaincus de confier à Ama des parcelles supplémentaires, afin qu’elle puisse avoir plus
de terres pour cultiver le soja. Au bout du compte, Ama s’est vu attribuer deux acres et
demie de terrain. Ama s’est exclamée « eeii se wu be hu se ? baa wo acres mienu e niferwa
fie » (on voit rarement une femme avec plus de deux acres de terre chez nous). Pendant la
saison agricole 2017, elle a utilisé les deux acres et demie pour cultiver le soja.

Ama a l’intention de recourir au Fonds technologique de GROW pour acheter du fil de


clôture afin de protéger adéquatement son terrain contre la destruction par le bétail.
Elle a remercié le projet GROW et son partenaire, TUDRIDEP, d’avoir sensibilisé les frères
de son mari ainsi que les hommes de sa communauté à l’importance d’attribuer des terres
aux femmes. Ama espère une bonne récolte pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa
famille.

16 Étude de cas sur le régime foncier


VI. DÉFIS, LEÇONS ET CONCLUSION
La FAO partage les points de vue suivants sur l’importance d’aborder et de modifier les
normes socioculturelles et le droit coutumier qui gèrent les comportements, les attitudes
et les règles entourant le régime foncier : « La promotion de changements, comme l’équité
entre les sexes en matière de propriété foncière, pourrait nécessiter non seulement des
modifications dans la législation foncière, mais aussi dans les attitudes d’une grande partie
de la population. Étant donné que le régime foncier est une relation entre les personnes,
les règles définissant les droits d’accès à la terre reflètent l’équilibre ou le déséquilibre
du pouvoir. Changer les règles n’est pas simplement une question d’accroître l’accès de
certains ; ce changement peut entraîner un changement fondamental dans les structures
de pouvoir. »23 Ces structures de pouvoir sont les facteurs sociaux et culturels sous-
jacents qui limitent la capacité des femmes à interagir avec l’économie agricole et à en
tirer profit, en particulier au Ghana. Le pouvoir influe sur le genre dans les stéréotypes
et les présupposés. Il mène à des attitudes discriminatoires qui se manifestent dans de
nombreuses normes culturelles ayant une incidence sur les clientes de GROW au-delà
du régime foncier. GROW reconnaît qu’on aurait pu en faire davantage pour aborder
les structures de pouvoir, accroître la sensibilisation à l’égalité entre les sexes, et en faire
la promotion. À l’heure actuelle, le projet discute des relations entre les sexes et des
contraintes dans ses formations de sensibilisation à l’égalité entre les sexes. Toutefois on
aurait pu en faire davantage pour encourager l’inclusion des femmes dans les structures de
gouvernance foncière coutumière, pour sensibiliser les dirigeants (traditionnels, religieux et
autres) et pour encourager les femmes à actualiser leur connaissance de leurs droits dans
le HGO. Afin de faire face aux changements sociaux multidimensionnels, le projet aurait
également pu s’associer à une organisation locale de défense des droits des femmes.
Celle-ci aurait pu l’aider à établir et à améliorer l’éducation civique des femmes sur les lois
foncières. GROW est reconnaissant de son partenariat avec le CECOTAPS, car il a enrichi
la vision holistique du renforcement du pouvoir économique des femmes qui combine
les droits et la résolution des conflits à l’approche du projet pour le développement des
systèmes de marché. Les séances de sensibilisation à l’égalité des sexes ont amorcé entre
les femmes et les hommes un dialogue sur les questions foncières qui est nécessaire pour
faciliter le changement.

Il faut des années et même des générations pour changer les normes socioculturelles
et le droit coutumier. Cependant, le changement est possible, car nous pouvons tous
déterminer comment les normes liées au genre dans nos propres cultures peuvent évoluer.
Tant que des projets comme GROW existeront pour mettre en évidence et atténuer les
contraintes sexospécifiques, pour sensibiliser les femmes et les hommes, pour promouvoir
les modèles locaux et les leaders, et pour améliorer l’accès des femmes aux organismes,
nous verrons lentement, mais sûrement changer les normes et les coutumes. Nous verrons
alors émerger une nouvelle structure sociale qui valorise l’égalité entre les sexes.

Le Ghana est dans une période de transition entre l’utilisation informelle, formelle,
culturelle, coutumière et légale des terres. Chaque individu est touché par ce changement
et la façon dont le Ghana aborde cette question sera le fondement de l’avenir de l’accès

23
Why Land Tenure Should be Considered in Design of Projects, FAO. Extrait de : [Link]
docrep/005/y4307e/[Link]#TopOfPage

Étude de cas sur le régime foncier 17


aux ressources naturelles. Les femmes sont vulnérables à toutes les étapes de la dynamique
familiale, du manque de représentation dans les affaires juridiques et du manque
d’éducation. La question du régime foncier doit être à la base de chaque engagement
avec les femmes dans l’agriculture. Ne pas donner la priorité à la perspective de genre sur
la question du régime foncier, c’est entraver l’impact et la durabilité d’un projet. L’une des
recommandations est d’exiger un résultat immédiat, dans le cadre d’un résultat relatif à
l’égalité des sexes, pour faire en sorte que le projet agricole garantisse aux femmes et aux
hommes la propriété foncière, ce qui permettrait aux responsables de la mise en œuvre
de s’attaquer aux causes profondes sous-jacentes d’inégalité et de combler les lacunes
des données concernant la durée et la durée de l’accès des femmes aux terres et la taille.
Les projets agricoles doivent impliquer toutes les parties prenantes à tous les niveaux sur
la question du régime foncier, c’est pourquoi il est important que le régime foncier soit
pris en compte dans la conception du projet. Cette prise en compte aidera également à
transmettre à tous le message positif constant que le régime foncier n’est tout simplement
pas la propriété de la terre, mais la façon dont on l’administre, de sorte qu’elle soit
préservée pour les générations futures.

GROW et ses partenaires ont vu des terres vendues pour des gains monétaires rapides ou,
pire encore, louées à des entreprises qui détruisaient la productivité des terres sans pénalité
de remise en état. GROW recommande aux bailleurs de fonds et aux autres exécutants
de projets d’inclure la formation formelle des dirigeants locaux et la promotion d’un bon
régime foncier. Grâce à notre partenariat avec les CECOTAPS, GROW a identifié le besoin
d’éducation et de formation supplémentaires sur la Formalisation des droits d’utilisation
des terres (FDUT), qui offre une plus grande sécurité foncière aux femmes et autres
groupes vulnérables en développant leurs compétences et en renforçant les structures
communautaires de gouvernance foncière. La FDUT offre aux agriculteurs et à d’autres
groupes la possibilité de consigner leurs terres pour obtenir des prêts auprès d’institutions
financières, créant ainsi un point d’entrée pour le plaidoyer communautaire, mais aussi une
base de données des détenteurs de droits fonciers, ainsi qu’une hiérarchie dans l’utilisation
et l’accès aux ressources. Au cours de l’activité de sensibilisation auprès des chefs et des
reines mères, les chefs coutumiers ont souligné la nécessité d’en apprendre davantage
sur le régime foncier tant formel qu’informel. Dans leur communiqué, les chefs et les
reines mères ont souligné la nécessité de tenir d’autres forums avec des experts en régime
foncier, des représentants de la commission foncière et d’autres intervenants. Le processus
de FDUT de CECOTAPS décrit le dialogue avec les chefs traditionnels et les « Tendamaba »
(propriétaires fonciers), la réalisation du renforcement des capacités et la formation des
autorités traditionnelles, des femmes et des jeunes. Grâce à la formation sur la négociation
foncière et la délimitation des parcelles, ainsi qu’à l’élaboration et à la signature d’accords
sur les droits d’utilisation des terres, les femmes et les groupes vulnérables auront un
accès plus sûr à la terre, les conflits fonciers seront réduits et la coexistence pacifique se
développera.

Afin de lutter contre la pauvreté et la faim, les femmes doivent être en mesure de profiter
des opportunités économiques et d’avoir accès aux ressources (foncières et autres). L’une
des pierres angulaires de l’amélioration de l’accès est la connaissance et la reconnaissance
du droit des femmes à obtenir des droits fonciers. C’est grâce à un meilleur accès que les
femmes pourront améliorer leur autonomie et leur participation à l’économie. Lorsque cela
se produira, les femmes et les hommes seront en mesure de combler l’écart entre les sexes

18 Étude de cas sur le régime foncier


et de faire augmenter les rendements dans les fermes de 20 à 30 %. On pourrait ainsi
accroître la production agricole totale de 2,5 à 4 % dans les pays en développement et
réduire de 12 à 17 % le nombre de personnes affamées dans le monde.

Une participante de GROW s’adresse à une foule d’intervenants lors du Forum sur le régime
foncier de novembre 2017.

Étude de cas sur le régime foncier 19


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