7/9/25, 11:07 PM Vaccins et politique vaccinale : quelle situation en France ? | vie-publique.
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Vaccins et politique vaccinale : quelle situation
en France ?
Dernière modification : 29 novembre 2024
10 minutes
Par : La Rédaction ([Link]
Les nouveaux vaccins contre le Covid ont fait l'objet de débats et de réticences au
sein de la population. En France, des maladies disparues réapparaissent en raison
d'une moindre protection vaccinale de la population. Vie-Publique revient sur les
évolutions de la politique vaccinale en France et sur l'attitude des Français face à la
vaccination.
Protéger les populations des maladies infectieuses est l’objectif des politiques de vaccination mises en
place tout au long du XXe siècle. Au titre de la lutte contre les épidémies, la vaccination est une
composante de la politique de santé publique. Cependant, pour qu’une politique vaccinale soit efficace, il
faut l’adhésion de l’ensemble de la population.
Or, en France, une certaine défiance vis-à-vis des vaccins s'est développée ces dernières années. Avec
l'épidémie de Covid-19 et la mise au point de nouveaux vaccins, les pouvoirs publics souhaitent faire
reculer cette défiance et renouer avec une culture de la prévention qui englobe "un ensemble de
connaissances, de savoir-faire et de pratiques, partagés et valorisés par les soignants et la population, et
destinés à préserver le capital-santé de chacun, en agissant en amont de la maladie". (Comité
d’orientation de la concertation citoyenne sur la vaccination, 2016). Plus récemment, le 28 novembre 2024,
le ministère ([Link] de la santé et de l'accès aux soins a d'ailleurs appelé les Français à
la vaccination contre la grippe ou le Covid-19 ([Link]
ministere/article/pour-les-fetes-de-fin-d-annee-pensez-a-la-vaccination) .
Petite histoire de la vaccination en France
C’est au cours du XXe siècle que sont mises en place des obligations vaccinales contre certaines
maladies infectieuses graves :
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la variole à partir de 1902 jusqu’en 1979 ;
la diphtérie à partir de 1938 ;
le tétanos à partir de 1940 ;
la tuberculose à partir de 1950 jusqu’en 2007 ;
la poliomyélite à partir de 1964.
Devant la demande croissante de la population de participer aux décisions concernant sa santé et au nom
de la liberté et de la responsabilisation individuelle, les autorités de santé recherchent une adhésion
volontaire de la population à la vaccination. La loi du 4 mars 2002 ([Link]
[Link][Link] relative aux droits des malades et
à la qualité du système de santé, dite "loi Kouchner", comprend des dispositions relatives aux droits
fondamentaux des patients. Depuis, le code de la santé publique dispose : "Toute personne prend, avec le
professionnel de santé et compte tenu des informations et des préconisations qu'il lui fournit, les décisions
concernant sa santé. Toute personne a le droit de refuser ou de ne pas recevoir un traitement. Le suivi du
malade reste cependant assuré par le médecin, notamment son accompagnement palliatif.[...] Aucun acte
médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne et
ce consentement peut être retiré à tout moment" (article L1111-4).
La conséquence sur la politique vaccinale est le remplacement de l’obligation par la recommandation.
La France s’aligne alors sur la politique vaccinale des pays voisins. Les nouvelles vaccinations
recommandées en population générale concernent les maladies suivantes : la rougeole, les oreillons, la
rubéole, la coqueluche, l’hépatite B, les infections invasives à Haemophilus influenzae (sérotype b), les
infections invasives à pneumocoques, infections à méningocoques.
Cependant, face à la baisse de la couverture vaccinale et à l'émergence de messages de défiance sur les
vaccins, une concertation citoyenne ([Link]
dorientation-de-la-concertation-cit) est pilotée par le professeur Alain Fischer en 2016. Le rapport rédigé au
terme de la concertation conclut que la levée de l'obligation vaccinale est l'objectif à atteindre. Néanmoins,
dans le contexte de perte de confiance et de baisse de la couverture vaccinale, il préconise un
élargissement temporaire du caractère obligatoire des vaccins recommandés de l'enfant. Cette proposition
entre en vigueur le 1er janvier 2018, date à partir de laquelle 11 vaccins sont obligatoires (en comptant
ceux contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite qui l'étaient déjà) dans les 18 premiers mois du jeune
enfant.
Certaines populations font l’objet de recommandations spécifiques. Il s’agit par exemple de personnes
souffrant de certaines pathologies ou exposées à des risques particuliers dans le cadre de leur activité
professionnelle. Des vaccinations sont également obligatoires pour les voyageurs vers
certaines destinations.
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L’ensemble des vaccinations, obligatoires et recommandées, le calendrier des injections
nécessaires, les recommandations associées, sont précisés dans un document ([Link]
[Link][Link] mis à jour chaque
année par la commission technique des vaccinations.
La commission technique des vaccinations
Au sein de la Haute Autorité de santé (HAS), la commission technique des vaccination (CTV),
créée le 22 mars 2017, assure les missions en matière de vaccination. Elle est chargée de
préparer les délibérations du collège relative notamment :
aux recommandations vaccinales, y compris en urgence à la demande du ministre
chargé de la santé ;
au calendrier vaccinal arrêté par le ministre chargé de la santé ;
aux mentions minimales obligatoires des campagnes publicitaires portant sur des
vaccins.
Elle collabore à la préparation des avis de la commission de la transparence et de la commission
évaluation économique et de santé publique portant sur des vaccins.
Comment est définie la politique vaccinale ?
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Vaccins et couverture vaccinale
Les vaccins visent à protéger les individus contre les maladies contagieuses et transmissibles. Inoculés à
des personnes en bonne santé, leur utilité doit être évaluée en fonction d’un bilan entre les bénéfices
pour les individus et pour la collectivité et les risques encourus (effets secondaires plus ou moins
graves). C’est ce qu’on appelle la balance bénéfice/risque. À partir d’un certain niveau de couverture
vaccinale, qui varie selon le vaccin, c’est l’ensemble de la population qui bénéficie de l’immunité ainsi
construite (immunité collective). Lorsque la couverture vaccinale est de 95%, on considère que la maladie
a disparu. Ainsi, en 1980, la variole, maladie mortelle qui a longuement sévi dans le monde, est considérée
comme éradiquée par l’OMS, et la vaccination n’est plus obligatoire.
En 2016, le rapport ([Link]
concertation-cit) du comité d’orientation de la concertation citoyenne sur la vaccination faisait le constat
suivant :
les couvertures des rappels à l’âge de 15 ans contre DTP, coqueluche et hépatite B sont
estimées respectivement à 84%, 70% et 43% ;
moins d’un adulte sur deux (44%) âgé de 65 ans et plus était en 2011 à jour de son rappel
DTP décennal ;
le taux de couverture vaccinale des jeunes filles contre le papillomavirus est en diminution
(14% pour les trois doses à l’âge de 16 ans en 2015 contre 28% en 2010) et celui de la
population à risque contre la grippe saisonnière également (48% en 2015-2016 contre 60%
en 2009-2010) ;
la non-vaccination de nombreux enfants et jeunes adultes favorise la résurgence de la
rougeole. En 2018, 350 000 cas de rougeole sont signalés dans le monde, soit le double du
nombre de cas de 2017, et le nombre de cas répertoriés pour le premier trimestre 2019 est
multiplié par quatre comparativement à la même période pour 2018.
La situation a changé en 2018 avec une couverture vaccinale au-delà de 90% pour les vaccins chez les
jeunes enfants, une progression constante du vaccin contre le papillomavirus (autour de 30%) même si
cette couverture reste très en-deçà de celle de certains pays comme l’Australie (90%), le Portugal (84%),
le Royaume-Uni (75%). On constate également une amélioration de la couverture vaccinale des
professionnels de santé en 2019 : 73% pour la rougeole, 54% pour la coqueluche et 26% pour la varicelle,
35% contre la grippe.
En 2024, le bulletin Vaccination ([Link]
tous/vaccination) publié par Santé publique France constate :
chez les nourrissons : une couverture vaccinale élevée pour les vaccins obligatoires, une
couverture vaccinale pour la rougeole insuffisante et une progression importante des
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vaccinations nouvellement recommandées ;
chez les adolescents : une hausse de la vaccination contre les linfections à papillomavirus
(HPV) chez les filles.
Outre la vaccination contre le Covid-19, toujours d'actualité, les recommandations vaccinales 2024
prennent en compte les nouvelles données épidémiologiques, en particulier :
l'épidémie de coqueluche ([Link] ;
la très forte hausse (+72 % entre 2022 et 2023) du nombre de cas d'infections invasives à
méningocoque ([Link]
meningocoque-recrudescence-de-cas-en-france-en-2023) ;
la recrudescence de la rougeole ([Link]
actualites/2024/recrudescence-de-la-rougeole-en-france-et-en-europe-restons-mobilises) .
Questions-réponses
Neuf questions sur le processus de mise sur le marché des
médicaments ([Link]
des-medicaments-en-9-questions)
15 janvier 2024
Aux origines de la défiance des Français
37% des Français sont défavorables à certains vaccins en 2023, proportion qui reste stable (36% en
2022). La défiance porte essentiellement sur la vaccination contre la Covid-19 (29 % des 18-75 ans).
40% des Français déclarent douter de la sécurité des vaccins. Selon une enquête mondiale menée
par l’Institut Gallup et publiée en 2019, un Français sur trois ne croit pas que les vaccins soient sûrs, un
Français sur dix ne croit pas à l’importance de faire vacciner les enfants.
Les enquêtes menées par le comité d’orientation de la concertation citoyenne sur la vaccination permettent
de lister les causes de cette défiance.
Des raisons sociologiques
une défiance, plus grande en France que dans d’autres pays, à l’encontre des institutions.
Les autorités de santé, l’industrie du médicament, les experts sont soupçonnés de
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collusion sous l’effet de scandales réels et fortement médiatisés ;
la vaccination a permis l’éradication, la diminution de certaines maladies infectieuses. La
population ne voit pas la nécessité de se faire vacciner contre des maladies "inexistantes" ;
les nouveaux vaccins à acides nucléiques (ARN) ainsi que les adjuvants (comme le sel
d’aluminium), nécessaires pour une bonne réponse immunitaire et sa prolongation dans le
temps, suscitent beaucoup d’inquiétude et de contestations ;
la reconnaissance du droit des citoyens à prendre en charge eux-mêmes les décisions de
nature médicale les concernant qui a créé un contexte utilisé par certains pour contester
l’obligation de vaccination.
Des obstacles matériels
des ruptures d’approvisionnement pour certains vaccins ont engendré des soupçons sur
l'industrie pharmaceutique ;
la complexité du parcours de vaccination (ordonnance médicale, achat en pharmacie puis
une vaccination) peut décourager les familles ;
le manque d’information des praticiens sur le statut vaccinal de leurs patients (carnets
perdus ou non présentés pour les enfants, absence de carnet pour les adultes) aboutit à un
manque de suivi des vaccinations et des rappels ;
la complexité du calendrier vaccinal.
Des crises sanitaires qui font douter des politiques de santé publique
les deux crises sanitaires du sang contaminé et du Mediator, la polémique sur les liens
supposés entre vaccination contre l’hépatite B et sclérose en plaque ont provoqué une
relative perte de confiance dans l’industrie du médicament, les autorités de santé et la
profession médicale ;
la gestion contestée de l’organisation de la campagne vaccinale lors de la pandémie de
grippe H1N1 en 2009 a généré un fort mécontentement particulièrement chez les
professionnels de santé.
Ces crises et contestations ont favorisé les positions d’associations hostiles à la vaccination (les anti-vax)
dont les messages sont largement diffusés sur les réseaux sociaux.
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En bref
Covid-19 : troisième cause de décès en France en 2021 ([Link]
[Link]/en-bref/292453-covid-19-troisieme-cause-de-deces-en-france-en-2021)
20 décembre 2023
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