REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
UNIVERSITE EVANGELIQUE EN AFRIQUE
B.P 3323/ BUKAVU
FACULTE DE SCIENCES ECONOMIQUES
ECONOMIE DE DEVELOPPEMENT
Travail pratique en groupe
La «3ème génération : virage institutionnel et la nouvelle économie
du développement
Dispensé par: Pr NGANDU Mardochée
Présenté par : 1. WENGA ILOMBE Norbert
2. KITUCHEMA BYUMANINE
3. CIRIGIRI AKILIMALI
4. AKSANTI RUHIMBASA
5. ANAWEZA CIKUTA
6. BINDJA MITIMA
7. BUKUBULE BULONZE
8. LWABOSHI PACIFIQUE
9. MBAMBU YOGO
Promotion: BAC+3 ECONOMIE
Année académique : 2024-2025
La troisième génération des économistes du développement, appelée virage institutionnel ou
encore nouvelle économie de développement. Elle se distingue par sa prise en compte des
institutions, des règles du jeu, de l’information imparfaite et de la coordination dans le
processus de développement.
Le viral institutionnel met donc l’accent sur l’importance des institutions dans le
développement économique. Il analyse également des couts de transaction liés à des
processus de changement institutionnel et à des politiques de bonne gouvernance.
Plusieurs auteurs interviennent dans cette pensée, d’où nous allons identifier différentes
théories explicatives ci-dessous :
I. ACEMOGLU ET ROBINSON : UNE THEORIE INSTITUTIONNELLE DU
DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE
Cette section est dédiée à l’étude d’Acemoglu et Robinson sur le développement des nations,
culminant avec leur ouvrage Why nations fail (2012). Acemoglu et Robinson ancrent leur
thèse dans la théorie institutionnelle du développement. Pour eux, le développement d’un
pays dépend de ses institutions et des caractéristiques de ces dernières, selon qu’elles
favorisent ou non certaines conditions d’interaction entre les différents acteurs.
Ils définissent ainsi l’institution à la suite de Douglass C. North (1990), comme étant les «
règles du jeu d’une société ou, plus formellement, l’ensemble des contraintes humaines qui
structurent les interactions humaines ».
A. Institutions inclusives et institutions extractives
La théorie d’Acemoglu et Robinson repose principalement sur la dualité entre institutions
inclusives et institutions extractives. Ces deux types institutionnels s’opposent
diamétralement, le premier ouvrant un chemin à la prospérité, le second menant
inévitablement à l’échec.
Pour eux, les institutions politiques déterminent les institutions économiques. Ainsi, le corpus
institutionnel d’une nation fonctionne normalement en paire, inclusive ou extractive. Des
institutions politiques inclusives créent les conditions pour implanter des institutions
économiques également inclusives. Il en va de même pour les institutions extractives
a) Les institutions économiques
Pour Acemoglu et Robinson, les pays diffèrent dans leur performance économique à cause de
leurs différentes institutions qui peuvent être inclusives ou extractives. Les institutions
économiques inclusives sont celles qui offrent des opportunités économiques. Pour cela, il
faut sécuriser la propriété privée, un système juridique impartial et des services publics qui
permettent l’implantation de règles du jeu équitables pour tous.
À l’inverse, les sociétés qui ne respectent pas ces conditions payent le prix fort, car leurs
institutions empêchent leur croissance économique et n’arrivent pas à mobiliser leurs talents
et leur innovation. Ces institutions qui divergent de cette définition inclusive sont dites
extractives, car elles sont créées pour « extraire revenus et richesses d’une partie de la
population au bénéfice d’une autre ».
b) Les institutions politiques
Les institutions économiques dépendent des institutions politiques dans la mesure où « c’est le
processus politique qui détermine sous quelles institutions économiques vit un peuple, et ce
sont les institutions politiques qui déterminent comment fonctionne ce processus ».
Acemoglu et Robinson affirment que les institutions politiques « déterminent qui a le pouvoir
dans une société et à quelle fin ce pouvoir peut être utilisé ». Comme les institutions
économiques, les institutions politiques doivent être inclusives pour favoriser le
développement d’une nation.
B. Des hypothèses qui ne fonctionnent pas
Afin de démontrer la pertinence de leur analyse institutionnelle, Acemoglu et Robinson
démontent les autres hypothèses qui tentent d’expliquer les inégalités de développement de
par le monde. Dans leur ouvrage, un chapitre entier est dédié à la critique de trois grandes
théories qui lient le développement à l’ignorance, à la géographie ou à la culture.
1. L’hypothèse de l’ignorance
L’une des thèses rejetées par Acemoglu et Robinson énonce que l’échec des pays en
développement provient principalement de l’ignorance de leurs dirigeants. Ces derniers ne
sauraient pas comment mettre ou remettre leur nation sur les rails de la prospérité.
2. L’hypothèse géographique
Dans Why nations fail, leur opposition à l’hypothèse géographique se fait sentir. Ils critiquent
les visions exposées notamment par Jeffrey Sachs ou Jared Diamond selon lesquelles le
climat, les maladies tropicales ou les réserves en faune et flore domesticables ont favorisé la
richesse ou la pauvreté des nations. Selon ces analyses, les pays au climat tempéré tendent à
être plus prospères que les pays se situant entre les tropiques du Cancer et du Capricorne.
Par ailleurs, la théorie géographique n’explique pas, à leur avis, pourquoi certaines nations
stagnent durant de longues périodes avant d’entamer une croissance rapide.
3. L’hypothèse culturelle
Prenant origine dans les travaux de Max Weber sur l’éthique protestante et l’esprit du
capitalisme en Europe occidentale, la théorie culturelle atteste de l’importance des traits
culturels : religions, valeurs, éthiques, croyances, etc. dans la richesse ou la pauvreté des
nations.
II. THEORIE DES INSTITUTIONS ET DU DEVELOPPEMENT DE
DOUGLASS NORTH
La théorie des institutions de Douglass North met l'accent sur le rôle crucial des
institutions dans le développement économique. Pour lui, les institutions, définies comme les
"règles du jeu" dans une société, structurent les interactions humaines et influencent les
incitations économiques. Elles déterminent la manière dont les individus interagissent dans les
domaines politique, social et économique, et ont un impact direct sur la croissance
économique.
Cette théorie possède plusieurs points clés dont :
a. Définition des institutions:
Les institutions sont des contraintes humaines qui structurent les interactions sociales,
politiques et économiques. Elles peuvent être formelles (lois, constitutions) ou informelles
(coutumes, normes).
b. Rôle dans le développement:
Les institutions jouent un rôle essentiel dans la croissance économique en réduisant
l'incertitude, en définissant les droits de propriété et en facilitant les échanges. Elles façonnent
les incitations économiques et peuvent favoriser ou entraver le progrès technologique la
croissance.
c. Évolution des institutions:
Les institutions évoluent de manière incrémentale et influencent l'orientation du
changement économique. Elles ne sont pas toujours créées de manière optimale et peuvent
conduire à la stagnation ou au déclin, notamment en raison de coûts de transaction élevés.
d. Importance dans le développement:
North souligne que les pays en développement ont souvent besoin d'une théorie des
institutions plus que les pays développés, car les institutions peuvent avoir un rendement plus
élevé dans les pays où elles sont moins développées. L'amélioration des institutions peut avoir
un impact significatif sur l'ensemble de l'économie.
En résumé, la théorie de North met en évidence le rôle central des institutions dans le
développement économique. Elles agissent comme des "règles du jeu" qui structurent les
interactions humaines et influencent les incitations économiques, ce qui peut mener à la
croissance, à la stagnation ou au déclin selon la qualité et l'évolution de ces institutions.
III. LA THEORIE DU CAPITAL HUMAIN SELON MICHAEL KREMER
Dans un monde en constante évolution, la richesse des nations ne repose plus uniquement
sur les ressources naturelles ou le capital physique, mais de plus en plus sur la qualité de son
capital humain. Le capital humain, défini comme l’ensemble des connaissances, compétences
et aptitudes des individus, est désormais au cœur des politiques de développement.
a. Idée centrale
« Une seule faiblesse dans un système peut compromettre toute la production. »
Dans un processus productif complexe :
- Toutes les tâches doivent être réalisées avec précision.
- Si un seul travailleur est incompétent, la qualité totale chute.
- Donc, les travailleurs qualifiés ont plus de valeur dans des systèmes où la qualité
globale dépend de chaque étape.
b. Conséquences économiques
- Complémentarité du capital humain : les travailleurs qualifiés sont plus productifs s’ils
travaillent avec d’autres personnes qualifiées ;
- Polarisation du marché du travail : les pays riches attirent les travailleurs qualifiés et
cela accroît les inégalités mondiales et
- Importance de l’environnement de travail : former un individu ne suffit pas ; il faut
aussi un système cohérent pour utiliser ses compétences.
La théorie du capital humain selon Michael Kremer nous rappelle que le développement
économique passe par l’humain, mais aussi par la qualité de l’environnement dans lequel il
évolue. Investir dans l’éducation, la santé et l’organisation du travail n’est donc pas une
option, mais une nécessité stratégique pour toute société qui souhaite progresser durablement.
LA THEORIE DES ANNEAUX EN O DU DEVELOPPEMENT
ECONOMIQUE (MICHAEL KREMER 1993)
L’O-Ring theory est un modèle qui montre que les travailleurs hautement qualifiés sont ceux
qui commettent peu d’erreur, et que les salaires et la production augmentent fortement avec la
qualification. L’idée est que les taches productives sont complémentaires, d’où la qualité du
travail d’un individu n’a de valeur que si les autres taches associées sont aussi bien faites.
Le modèle soutien que la théorie du développement en O explique pourquoi les pays riches
produisent des produits plus complexes, ont des entreprises plus grandes et une productivité
des travailleurs beaucoup plus élevée que les pays pauvres. Les travailleurs les plus productifs
veulent travailler avec d’autres travailleurs compétents. D’où une segmentation du marché du
travail. Les travailleurs qualifiés se retrouvent tous dans les pays/entreprises déjà performants
(effet de concentration).
Les écarts de productivité entre pays s’expliqueront ainsi par le fait que même si tous les pays
utilisent des technologies similaires, les pays riches seront toujours plus productifs parce que
toutes les taches y sont coordonnées. Dans les pays pauvres, les défaillances dans certaines
taches réduisent l’efficacité globale (piège de sous-développement).
Le modèle explique pourquoi certains pays restent coincés dans la pauvreté, il ne suffit pas
d’améliorer un seul secteur, il faut améliorer l’ensemble de secteur simultanément. Mais ce
modèle est en même temps critiqué sur le fait qu’il suppose que toutes les taches sont
également critiques, ce qui n’est pas toujours vrai.
GROWTH DIAGNOSTICS (THE HAUSMANN-RODRICK-VELASCO MODEL)
Au début des années 2000, de nombreux pays en développement suivaient des
recommandations économiques générales (libéralisation, privatisation, discipline budgétaire)
issues du Consensus de Washington. Pourtant, les résultats étaient hétérogènes.
En réponse, Hausmann, Rodrick et Velasco (HRV) proposent en 2005 un modèle de
diagnostic permettant d’identifier les obstacles spécifiques à la croissance dans chaque pays.
Le modèle part donc de l’idée que tous les pays ne sont pas freinés par les mêmes facteurs. Il
est donc inefficace de proposer des politiques uniques.
HRV développent un arbre de décision pour guider l’analyse. Il commence par une question
centrale : « pourquoi l’investissement privé est-il faible ou inefficace dans le pays ? ». Deux
grandes branches sont explorées :
le coût du financement est élevé (faible épargne domestique, faible accès au
financement et risque financier).
le rendement attendu de l’investissement est faible (insuffisance de productivité,
mauvaise gouvernance et risques élevés).
En descendant l’arbre, on peut identifier la contrainte principale à lever, ce que HRV
appellent la « bilding contraint ».
LE DEVELOPPEMENT DURABLE : ENJEUX, DEFIS ET
PERSPECTIVES
Le développement durable est apparu dans les années 1970, en réaction aux dégâts
environnementaux causés par la croissance économique rapide des trente Glorieuses. Il a été
institutionnalisé par le rapport Brundtland (1987), qui le définit comme : « un développement
qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de
répondre aux leurs. »
Il permet une articulation de trois dimensions interdépendantes dont l’économie (croissance
soutenable), sociale (équité et solidarité) et environnementale (préservation des ressources
naturelles). Il appelle également une coopération entre Etats (via les politiques publiques et
régulations), Entreprise (par l’innovation responsable) et Citoyens (par des consommations
responsables). Ainsi les entreprises intègrent progressivement la logique de 3P (profit, people
& planète).
Cependant, le développement durable fait face à un défi méthodologique dans la mesure où on
ne sait pas comment définir, mesurer et mettre en œuvre une telle approche de façon
cohérente. Il n’existe pas d’indicateur synthétique universel, même si certains outils comme le
bilan carbone ou l’IDH sont utilisés.