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DL13 Corr

Le document présente un corrigé d'un devoir de mathématiques sur les polynômes de Chebyshev, en détaillant les calculs des fonctions f0, f1, f2 et f3. Il démontre également l'existence et l'unicité d'un polynôme Tn associé à chaque fonction fn sur l'intervalle [-1, 1], ainsi que des propriétés de récurrence concernant ces polynômes. Enfin, il aborde le degré et le coefficient dominant des polynômes Tn.

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MP2I – Lycée Henri Poincaré Mathématique David Blottière

U N CORRIGÉ DU D EVOIR L IBRE N°13


§ 1 P OLYNÔMES DE T CHEBYCHEV
Pour tout n ∈ N, on définit la fonction f n par

R
¯
¯ [−1, 1] −→
fn ¯
¯ x 7−→ cos (n Arccos(x))

Q1 Calculer f 0 , f 1 , f 2 et f 3 .

• On commence par rappeler que la fonction Arccos : [−1, 1] −−−→ [0, π] est la fonction réciproque de la fonction bijective

¯ [0, π]
¯
−→ [−1, 1]
cos[−1,1]
|[0,π]
¯
¯ x 7−→ cos(x)

Donc pour tout y ∈ [−1, 1], Arccos(y) est l’unique x ∈ [0, π] tel que cos(x) = y. En particulier

∀ y ∈ [−1, 1] cos(Arccos(y)) = y

• Soit y ∈ [−1, 1]. ¡ ¢


f 0 (y) = cos ¡0 × Arccos(y)¢ = cos (0)
¡ =1 ¢
f 1 (y) = cos ¡1 × Arccos(y) = cos Arccos(y) = y
f 2 (y) = cos 2 Arccos(y) = 2 cos2 (Arccos(y)) − 1 = 2y 2 − 1
¢

• Pour calculer f 2 , nous avons exprimé cos(2x) à l’aide d’un polynôme en cos(x), pour x ∈ R. Pour le calcul de f 3 , nous allons
d’abord chercher à exprimer cos(3x) à l’aide d’un polynôme en cos(x), pour x ∈ R.

Re ³e i 3x ´
¡ ¢
cos(3x) =
¡ ¢3
= Re e i x
Re ¡(cos(x) + i sin(x))3
¡ ¢
=
Re cos3 (x) + 3i cos 2
(x) sin(x)¢− 3 cos(x) sin2 (x) − i sin3 (x)
¢
=
cos3 (x) − 3 cos(x) 1 − cos2 (x)
¡
=
= 4 cos3 (x) − 3 cos(x)

Nous en déduisons que, pour tout y ∈ [−1, 1]

f 3 (y) = cos 3 Arccos(y) = 4 cos3 (Arccos(y)) − 3 cos(Arccos(y)) = 4y 3 − 3y


¡ ¢

• Conclusion.

∀ y ∈ [−1, 1] f 0 (y) = 1 , f 1 (y) = y , f 2 (y) = 2y 2 − 1 , f 3 (y) = 4y 3 − 3y

Q2 Soient n ∈ N∗ et x ∈ [−1, 1]. Exprimer f n+1 (x) + f n−1 (x) en fonction de f n (x).

• Soit (u, v) ∈ R2 . À l’aide d’une formule d’Euler et de la transformation de l’angle moitié, nous calculons
³ ´ ³ u+v ³ u−v v−u
´´ ³ ³ u − v ´ u+v ´ ³u −v ´ ³u +v ´
(⋆) cos(u) + cos(v) = Re e i u + e i v = Re e i 2 e i 2 + e i 2 = Re 2 cos e i 2 = 2 cos cos
2 2 2
• Nous en déduisons
f n+1 (x) + f n−1 (x) = cos((n + 1) Arccos(x)) + cos((n − 1) Arccos(x))
= 2 cos(n Arccos(x)) cos(Arccos(x))
= 2x f n (x).

Donc f n+1 (x) + f n−1 (x) = 2x f n (x)

Q3 Soient n ∈ N. Démontrer qu’il existe un unique polynôme Tn de R[X ] dont la fonction polynomiale associée coïncide avec
f n sur [−1, 1].

1
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• Première démonstration de l’existence Nous raisonnons par récurrence à deux pas, en exploitant la relation de récur-
rence obtenue en Q2.
— Définition du prédicat. Pour tout n ∈ N, nous définissons le prédicat P (n) en la variable n par

P (n) : il existe un polynôme Tn de R[X ] dont la fonction polynomiale


associée coïncide avec f n sur [−1, 1]

— Initialisation à n = 0 et à n = 1. D’après Q1, pour tout x ∈ [−1, 1], f 0 (x) = 1 et f 1 (x) = x. Donc en posant T0 = 1 et T1 = X ,
nous établissons que P (0) et P (1) sont vraies.
— Hérédité. Soit n un entier naturel supérieur ou égal à 1 tel que P (n − 1) et P (n) sont vraies. Ainsi existe-t-il Tn−1 , Tn ∈
R[X ] tels que
∀ x ∈ [−1, 1], f n−1 (x) = Tn−1 (x) et f n (x) = Tn (x)
D’après la question 2 et l’hypothèse de récurrence

∀ x ∈ [−1, 1], f n+1 (x) = 2x f n (x) − f n−1 (x) = 2xTn (x) − Tn−1 (x).

Donc, en posant
Tn+1 = 2X Tn − Tn−1 ∈ R[X ]
il vient
∀ x ∈ [−1, 1], f n+1 (x) = Tn+1 (x).
Donc P (n + 1) est vraie.
— Conclusion. D’après l’initialisation à n = 0 et n = 1, l’hérédité et l’axiome de récurrence, pour tout n ∈ N, il existe un
polynôme Tn de R[X ] dont la fonction polynomiale associée coïncide avec f n sur [−1, 1].
• Deuxième démonstration de l’existence Nous généralisons l’approche choisie pour expliciter f 3 en Q1.
D’après la question 1, T0 = 1 ∈ R[X ] convient. Soit n ∈ N∗ .

Re e i nx
¡ ¢
cos(nx) =

n
³¡ ¢ ´
= Re e i x

= Re ((cos(x) + i sin(x))n )
ÃÃ ! !
n n
k k n−k
X
= Re i sin (x) cos (x)
k=0 k
à à ! à ! !
E (n/2) n 2k E ((n−1)/2) n
2k n−2k 2k+1 2k+1 n−2k−1
X X
= Re i sin (x) cos (x) + i sin (x) cos (x)
k=0 2k k=0 2k + 1
à à ! à ! !
E (n/2) n E ((n−1)/2) n
(−1)k sin2k (x) cosn−2k (x) + i k 2k+1 n−2k−1
X X
= Re (−1) sin (x) cos (x)
k=0 2k k=0 2k + 1
à !
E (n/2) n
(−1)k sin2k (x) cosn−2k (x)
X
=
k=0 2k
à !
E (n/2) n
(−1)k (1 − cos2 (x))k cosn−2k (x)
X
=
k=0 2k

Donc en posant à !
E (n/2) n
(−1)k (1 − X 2 )k X n−2k ∈ R[X ]
X
Tn :=
k=0 2k

2
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il vient, pour tout y ∈ [−1, 1]


à !
E (n/2) n
(−1)k (1 − y 2 )k y n−2k
X
Tn (y) =
k=0 2k
à !
E (n/2) n
(−1)k (1 − cos2 (Arccos(y))k cosn−2k (Arccos(y))
X
=
k=0 2k

= cos(n Arccos(y))

= f n (y)

Donc le polynôme Tn précédemment défini convient.


• Démonstration de l’unicité Soit n ∈ N. Soient P n ,Q n ∈ R[X ] tels que

∀ x ∈ [−1, 1], P n (x) = f n (x) = Q n (x).

Alors tout élément de [−1, 1] est racine du polynôme P n −Q n . Le polynôme P n −Q n possède une infinité de racines ; il est donc
nul. Ainsi P n = Q n et le polynôme Tn est donc unique.
• Conclusion

Pour tout n ∈ N, il existe un unique polynôme Tn de R[X ] dont la fonction polynomiale associée
coïncide avec f n sur [−1 ; 1]. En outre, il ressort de notre démonstration que pour tout n ∈ N

Tn+1 = 2X Tn − Tn−1
et que, pour tout n ∈ N∗ ! Ã
n E (n/2)
(−1)k (1 − X 2 )k X n−2k
X
Tn =
k=0 2k
cette dernière identité valant aussi pour n = 0.

Q4 Soient n ∈ N. Déterminer le degré et le coefficient dominant du polynôme Tn .

• Comme T0 = 1, le polynôme T0 est de degré 0 et de coefficient dominant 1.


• Nous déduisons de Q1
T1 = X T2 = 2X 2 − 1 T3 = 4X 3 − 3X .
Ainsi, conjecturons-nous
∀ n ∈ N∗ , deg (Tn ) = n et dom (Tn ) = 2n−1
• Première solution Nous exploitons la relation de récurrence

(⋆) ∀ n ∈ N∗ , Tn+1 = 2X Tn − Tn−1

établie à la question précédente pour démontrer la conjecture. Nous raisonnons par récurrence à deux pas.
— Définition du prédicat
Pour tout n ∈ N∗ , nous définissons le prédicat P (n) en la variable n par

P (n) : deg (Tn ) = n et dom (Tn ) = 2n−1

— Initialisation à n = 1 et à n = 2
Nous savons T1 = X et T2 = 2X 2 − 1. Donc deg (T1 ) = 1, dom (T1 ) = 1, deg (T2 ) = 2, dom (T1 ) = 2. Donc P (1) et P (2) sont
vraies.
— Hérédité
Soit n un entier naturel supérieur ou égal à 2 tel que P (n − 1) et P (n) sont vraies. Ainsi

deg (Tn−1 ) = n − 1 dom (Tn−1 ) = 2n−2 deg (Tn ) = n dom (Tn ) = 2n−1

Donc il existe R n−1 ∈ Rn−2 [X ] et R n ∈ Rn−1 [X ] tels que :

Tn−1 = 2n−2 X n−1 + R n−1 Tn = 2n−1 X n + R n .

3
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D’après la relation de récurrence (⋆)

Tn+1 = 2X Tn − Tn−1 = 2n X n+1 + 2X R n − 2 n−2 n−1


X − R n−1 .
| {z } | {z } | {z }
∈Rn [X ] ∈Rn−1 [X ] ∈Rn−2 [X ]

Nous en déduisons deg (Tn+1 ) = n + 1 et dom (Tn+1 ) = 2n . Donc P (n + 1) est vraie.


— Conclusion
D’après l’initialisation à n = 1 et n = 2, l’hérédité et l’axiome de récurrence, pour tout n ∈ N∗ , deg (Tn ) = n et dom (Tn ) =
2n−1 .
• Deuxième solution Soit n ∈ N∗ . Nous nous appuyons sur l’identité
à !
E (n/2) n
(−1)k (1 − X 2 )k X n−2k
X
Tn =
k=0 2k | {z }
deg=n , dom=(−1)k

établie à la question précédente. Nous en déduisons que deg (Tn ) ⩽ n et que le coefficient de degré n de Tn est
à ! à !
E (n/2)
X n E (n/2)
X n
k k
c n := (−1) (−1) =
k=0 2k k=0 2k

Nous calculons à ! à ! à !
n n E (n/2)
X n E ((n−1)/2) n
n n
X X
2 = (1 + 1) = = +
k=0 k k=0 2k k=0 2k + 1
à ! à ! à !
n n E (n/2) E ((n−1)/2)
n n k 2k n 2k+1 n
X X X
0 = (1 + (−1)) = (−1) = (−1) + (−1)
k=0 k k=0 2k k=0 2k + 1
à ! à !
E (n/2)
X n E ((n−1)/2)
X n
= −
k=0 2k k=0 2k + 1
En sommant membre à membre ces deux identités, il vient
à !
E (n/2) n
n
X
2 =2 = 2c n
k=0 2k

2n
Comme c n ̸= 0 et deg (Tn ) ⩽ n, nous obtenons deg (Tn ) = n et dom (Tn ) = c n = = 2n−1 .
2
• Conclusion

∀ n ∈ N∗ deg (Tn ) = n et dom (Tn ) = 2n−1

Q5 Soient n ∈ N∗ . Démontrer que le polynôme Tn possède n racines réelles deux-à-deux distinctes, toutes dans ] − 1, 1[. On
explicitera ces n racines.

• Le polynome Tn est de degré n. Il possède donc au plus n racines réelles.


• Pour tout k ∈ ‚0, n − 1ƒ, posons
π kπ
x k := +
2n n
Nous observons
0 < x 0 < x 1 < . . . < x n−1 < π.
La fonction cos étant strictement décroissante sur l’intervalle [0, π], nous en déduisons :

−1 < cos(x n−1 ) < . . . < cos(x 1 ) < cos(x 0 ) < 1.

Les nombres cos(x k ), k ∈ ‚0, n − 1ƒ, sont donc deux-à-deux distincts.

4
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• Soit k ∈ ‚0, n − 1ƒ.

Tn (cos(x k )) = f n (cos(x k )) [cos(x k ) ∈ [−1, 1]]

= cos(n Arccos(cos(x k )))

= cos(n x k ) [∀ x ∈ [0, π] Arccos(cos(x)) = x et x k ∈ [0, π]]


³π ´
= cos + kπ
2

= 0

Donc les n réels cos(x 0 ), . . . , cos(x n−1 ), cos(x n ) deux-à-deux distincts, appartenant à ] − 1; 1[, sont racines de Tn .
• Conclusion

Le polynôme Tn possède n racines réelles distinctes, toutes comprises dans l’intervalle ] − 1, 1[. Il
s’agit des nombres :
π kπ
µ ¶
cos + où k ∈ ‚0, n − 1ƒ.
2n n

§ 2 T HÉORÈME DE LUCAS DANS R


Nous souhaitons démontrer la version réelle d’un théorème de Lucas, qui s’énonce comme suit.

Théorème de Lucas dans R Soit un polynôme P ∈ R[X ] tel que


(H1) de degré supérieur ou égal à 2
(H2) scindé sur R
Alors
£ est¡scindé sur¢R

(C1) le polynôme
¡ ′¢ P ¡ ¢¤
(C2) SpecR P ⊂ min SpecR (P ) , max SpecR (P ) .

Dans les questions Q6, Q7, Q8, nous établissons des résultats généraux, utiles pour répondre à notre problématique, mais qui ont un
intérêt propre. Ensuite, nous scindons l’étude en quatre parties.
(a) P est scindé sur R, de degré supérieur ou égal à 2, avec une unique racine réelle.
(b) P est scindé sur R, de degré supérieur ou égal à 2, avec au moins deux racines réelles, toutes simples.
(c) P est scindé sur R, de degré supérieur ou égal à 2, avec au moins deux racines réelles, toutes multiples.
(d) P est scindé sur R, de degré supérieur ou égal à 2, avec au moins deux racines réelles, certaines simples et d’autres multiples.

Soient P ∈ K[X ] et α ∈ K une racine de P de multiplicité m ⩾ 2. Démontrer que α est racine de P ′ et que mult α, P ′ = m −1.
¡ ¢
Q6

Q7 Soient A, B,C des polynômes de K[X ] tels que A = BC et α ∈ K une racine de A qui n’est pas racine de B . Démontrer que α
est racine de C et que mult (α, A) = mult (α,C ).

Q8 Soit P ∈ K[X ] un polynôme possédant r ∈ N∗ racines deux-à-deux distinctes α1 , . . . , αr dans K. On note, pour tout k ∈ ‚1, r ƒ,
m k := mult (αk , P ). Démontrer qu’il existe Q ∈ K[X ] tel que
r

(X − αk )mk
Y
P =Q




k=1

 et
α1 , . . . , αr ne sont pas racines de Q

On pourra raisonner par récurrence finie sur le nombre de racines deux-à-deux distinctes de P .

Q9 Soit un polynôme P ∈ R[X ], de degré n ⩾ 2, scindé sur R, ne possédant qu’une racine réelle. Ainsi, si α désigne l’unique
racine réelle de P
P = dom (P ) · (X − α)n

5
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Démontrer que la conclusion du théorème de Lucas (cf. propriétés C1 et C2) vaut pour P .

Q10 Soit un polynôme P ∈ R[X ], de degré n ⩾ 2, scindé sur R, possédant des racines réelles toutes simples (i.e. de multiplicités
toutes égales à 1). Ainsi, il existe des nombres réels α1 < . . . < αn tel que
n
(X − αk )
Y
P = dom (P ) ·
k=1

Démontrer que le polynôme P ′ est scindé à racines simples sur R et que SpecR P ′ ⊂ [α1 , αn ].
¡ ¢

Q11 Soit un polynôme P ∈ R[X ], de degré supérieur ou égal à 2, scindé sur R, possédant au moins deux racines réelles toutes
multiples (i.e. de multiplicités toutes supérieures ou égales à 2). Ainsi, il existe
• un entier r ⩾ 2
• des nombres réels α1 < . . . < αr
• des nombres entiers naturels m 1 ⩾ 2, . . . , m r ⩾ 2
tels que
r
(X − αk )mk
Y
P = dom (P ) ·
k=1

Démontrer que le polynôme P est scindé sur R et que SpecR P ′ ⊂ [α1 , αr ]. On pourra s’aider de Q6, Q8 et exploiter de nouveau

¡ ¢

une idée qui a permis de résoudre Q10.

Q12 Soit un polynôme P ∈ R[X ], de degré supérieur ou égal à 2, scindé sur R, possédant au moins deux racines, certaines
simples (de multiplicités 1), d’autres multiples (de multiplicités supérieures ou égales à 2). Ainsi, il existe
• un entier r ⩾ 2
• des nombres réels α1 < . . . < αr
• des nombres entiers naturels non nuls m 1 , . . . , m r
tels que à ! à !
mk
(X − αk ) × (X − αk )
Y Y
P = dom (P ) ·
k∈S k∈M


S := {k ∈ ‚1, r ƒ : mult (αk , P ) = 1} ̸= ;
et M := {k ∈ ‚1, r ƒ : mult (αk , P ) ⩾ 2} ̸= ;
Démontrer que le polynôme P ′ est scindé sur R et que SpecR P ′ ⊂ [α1 , αr ].
¡ ¢

Q13 Si K est un corps, on note P (K) l’assertion


 
deg (P ) ⩾ 2
∀ P ∈ K[X ]  =⇒ P ′ est scindé à racines simples sur K
¡ ¢
 et
P est scindé à racines simples sur K

D’après Q11, l’assertion P (K) est vraie si K = R. Étudier l’assertion P (K) pour les corps K = Q et K = C.

§ 3 C ALCUL DE ζ(2) À L’ AIDE DE COTANGENTES


Soit n un entier naturel non nul.

Q14 Soit θ ∈ [0, 2π[. Déterminer, s’ils existent, module et argument du nombre complexe u = 1 + e i θ .

On écrit
θ iθ
µ ¶
θ θ θ
³ ´
u = e i 2 e −i 2 + e i 2 = 2 cos e 2
2
On distingue alors trois cas.
θ θ θ
µ ¶ µ ¶
• Si θ ∈ [0, π[ alors cos > 0. On a alors |u| = 2 cos et arg(u) = .
2 2 2
• Si θ = π alors u = 0. Le module est nul et la notion argument non définie.
θ θ θ
µ ¶ µ ¶
• Si θ ∈]π, 2π[ alors cos < 0. On a alors |u| = −2 cos et arg(u) = π + .
2 2 2

6
MP2I – Lycée Henri Poincaré Mathématique David Blottière

On note P n le polynôme de C[X ] défini par


1 ¡
(X + i )2n+1 − (X − i )2n+1
¢
P n (X ) =
2i

Q15 Déterminer les polynômes P 1 et P 2 .

Le calcul donne P 1 = 3X 2 − 1 et P 2 = 5X 4 − 10X 2 + 1.

Q16 Démontrer que P n ∈ C2n [X ], puis donner son degré et son coefficient dominant.

P n est différence de deux polynômes de degré 2n + 1 et est donc dans C 2n+1 [X ]. Le coefficient de degré 2n + 1 dans P n est

1
(1 − 1) = 0
2i
et donc P ∈ C2n [X ]. Le coefficient de degré 2n dans P n est

1
((2n + 1)i − (2n + 1)(−i )) = 2n + 1 ̸= 0
2i
Ainsi, P n est de degré 2n et son coefficient dominant est 2n + 1.

Q17 Calculer P n (i ).

(2i )2n+1
On a P n (i ) = = 22n (−1)n .
2i

Q18 Démontrer, par un argument géométrique, que les racines complexes de P n sont réelles.

Nous munissons le plan usuel d’un repère orthonormé, ce qui nous autorise à l’identifier à C. Soit a une racine de P n . De
P n (a) = 0, on déduit
|a + i | = |a − i |
Les racines de P n sont à égale distance de i et −i , donc sur la médiatrice du segment [−i , i ], i.e. l’axe des réels.

Q19 Soit a ∈ C. Démontrer l’équivalence


³ 2kπ ´ ³ 2kπ ´
a ∈ SpecC (P n ) ⇐⇒ ∃ k ∈ ‚1, 2nƒ a e i 2n+1 − 1 = i e i 2n+1 + 1

¶2n+1
a +i
µ
=⇒ Supposons que a soit racine de P n . On a alors a ̸= i et = 1. Il existe donc k ∈ ‚0, 2n + 1ƒ tel que
a −i

a +i 2kπ
= e i 2n+1
a −i
et donc (produit en croix) : ³ 2kπ ´ ³ 2kπ ´
a e i 2n+1 − 1 = i e i 2n+1 + 1

On remarque alors que k ̸= 0 car


³ pour k =
´ 0 la³ relation précédente
´ est fausse (0 ̸= i ).
2kπ 2kπ 2kπ
⇐= Réciproquement, si a e i 2n+1 − 1 = i e i 2n+1 + 1 avec k ∈ ‚1, 2nƒ, on a (a + i ) = (a − i )e i 2n+1 . En élevant à la puissance
2n + 1 on trouve que (a + i )2n+1 = (a − i )2n+1 et donc que P n (a) = 0.

Q20 Déterminer les racines du polynôme P n puis retrouver le résultat de Q18.

Les racines de P n sont donc les ³ ´


2kπ kπ
e i 2n+1
+1 2 cos 2n+1
µ


ak = i 2kπ
=i ³ ´ = cotan
e i 2n+1 − 1 2i sin kπ 2n + 1
2n+1

pour k ∈ ‚1, 2nƒ. On trouve bien des racines toutes réelles.

7
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Démontrer qu’il existe un unique polynôme Q n de degré n et à coefficients réels tel que P n (X ) = Q n X 2 .
¡ ¢
Q21

• Prouvons d’abord l’existence d’un tel polynôme Q n . On développe les deux puissances par formule du binôme et on re-
groupe les termes à !
2n+1
X 2n + 1 k 2n+1−k
2i P n (X ) = X i (1 − (−1)2n+1−k )
k=0 k
Les termes d’indice k pairs sont nuls. Il reste donc
à ! à !
n 2n + 1 n 2n + 1
2k 2n+1−2k
(−1)n−k X 2k
X X
2i P n (X ) = 2 X i = 2i
k=0 2k k=0 2k

On en déduit que à !
n 2n + 1
2
(−1)n−k X k
X
P n (X ) = Q n (X ) avec Q n (X ) =
k=0 2k

• Passons à l’unicité. Soient Q n,1 (X ) et Q n,2 (X ) deux polynômes de degré n à coefficients réels tels que P n (X ) = Q n,1 (X 2 ) et
P n (X ) = Q n,2 (X 2 ). Soit x ∈ R+ . p p
Q n,1 (x) −Q n,2 (x) = P n ( x) − P n ( x) = 0
Le polynôme Q n,1 (X ) −Q n,2 (X ) possède une infinité de racines. Il est donc nul.

Q22 Expliciter Q 1 et Q 2 et déterminer leurs racines respectives.

D’après Q15
µ ¶ p !Ã
à p !
1 2 5+2 5 5−2 5
Q1 = 3 X − et Q 2 = 5X − 10X + 1 = 5 X − X−
3 5 5
La factorisation donne les racines.

Q23 Déterminer les racines de Q n en fonction de celles de P n .

• Si a est racine de P n alors a 2 est racine de Q n . En particulier, on dispose des racines


µ ¶
a k2 = cotan2
2n + 1

pour k ∈ ‚1, nƒ.


• La fonction ¯ i πh
¯ 0, −→ R
¯
f
¯ 2
¯ cos(x)
¯ x 7−→ cotan(x) =
sin(x)
¯
i πh
est dérivable sur 0, et
2 i πh 1
∀ x ∈ 0, f ′ (x) = − <0
2 sin2 (x)
i πh
En appliquant le critère différentiel de stricte monotonie sur l’intervalle 0, à la fonction f , nous obtenons que f est stric-
i πh 2
tement décroissante donc injective sur 0, . Ainsi, les réels
2

µ ¶
a k = cotan
2n + 1

pour k ∈ ‚1, nƒ, sont deux-à-deux distincts. Comme ils sont en outre positifs, leurs carrés sont donc également deux-à-deux
distincts.
• Ceci donne n racines distinctes de Q n , qui est de degré n, donc toutes les racines.

On pose
n
X 1
Sn = ³ ´

k=1 tan2
2n+1

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MP2I – Lycée Henri Poincaré Mathématique David Blottière

n(2n − 1)
Q24 En utilisant des résultats obtenus en Q23, montrer que S n = .
3

S n est la somme des racines b k de Q n , qui est scindé à racines simples et s’écrit (son coefficient dominant est celui de P n )
à !
n n
n n−1 n
Y X
Q n = (2n + 1) (X − b k ) = (2n + 1) X − bk X + · · · + (−1) b 1 . . . b n
k=1 k=1
à !
2n + 1
On voit que l’on a besoin du coefficient de degré n − 1 dans Q n (formules de Viète) qui vaut − (cf. Q21). On a ainsi
2n − 2
à ! à !
1 2n + 1 1 2n + 1 (2n + 1)2n(2n − 1) n(2n − 1)
Sn = = = =
2n + 1 2n − 2 2n + 1 3 6(2n + 1) 3

Q25 Démontrer les inégalités suivantes


h πh
∀x ∈ 0, 0 ⩽ sin(x) ⩽ x ⩽ tan(x)
2
En déduire : i πh 1 1 1
∀x ∈ 0, ⩽ ⩽ 1+
2 tan2 (x) x 2 tan2 (x)

• Prouvons d’abord l’inégalité de gauche. Soit la fonction


¯ h πh
¯ 0, −→ R
f 2
¯
¯
¯ x 7−→ x − sin(x)
h πh h πh
La fonction f est dérivable sur l’intervalle 0, et pour tout x ∈ 0,
2 2

f ′ (x) = 1 − cos(x) ⩾ 0.
h πh h πh
La fonction f est donc croissante sur l’intervalle 0, . Donc pour tout x ∈ 0,
2 2
f (x) = x − sin(x) ⩾ f (0) = 0

d’où :
sin(x) ⩽ x.
• Passons à l’inégalité de droite. Soit la fonction
¯ h πh
¯ 0, −→ R
g 2
¯
¯
¯ x 7−→ tan(x) − x
h πh h πh
La fonction g est dérivable sur l’intervalle 0, et pour tout x ∈ 0,
2 2

g ′ (x) = 1 + tan2 (x) − 1 ⩾ 0


h πh h πh
La fonction g est donc croissante sur l’intervalle 0, . Donc pour tout x ∈ 0,
2 2
g (x) = tan(x) − x ⩾ g (0) = 0

d’où
x ⩽ tan(x)
• D’après les deux points précédents
h πh
(⋆) ∀x ∈ 0, sin(x) ⩽ x ⩽ tan(x)
2

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MP2I – Lycée Henri Poincaré Mathématique David Blottière

1
• Enfin établissons la dernière double inégalité. Comme la fonction y 7−→ décroît sur R∗+ , on déduit de (⋆)
y2
i πh 1 1 1 1
∀x ∈ 0, 2
⩽ 2⩽ 2
= 1+
2 tan (x) x sin (x) tan2 (x)

à !
n 1 n 1 π2
est convergente et que ζ(2) := lim
X X
Q26 Justifier que la suite 2 2
= .
k=1 k k=1 k 6
n→+∞
n∈N∗

kπ i πh
Soit n ∈ N∗ . Pour k ∈ ‚1, nƒ, ∈ 0, et donc
2n + 1 2
n
X 1
Sn ⩽ ³ ´2 ⩽ n + S n
k=1 kπ
2n+1

ce qui donne
π2 S n n 1
X π2 (n + S n )
⩽ ⩽
(2n + 1)2 k=1 k 2 (2n + 1)2
Avec l’expression de S n (cf. Q24)

π2 S n π2 π2 (n + S n ) π2

− −−−→ et −
− −−−→
(2n + 1)2 n→+∞ 6 (2n + 1)2 n→+∞ 6

Par théorème d’encadrement


Xn 1 π2

− −−−→
2 n→+∞ 6
k=1 k

§ 4 P OLYNÔMES DE C[X ] PRENANT DES VALEURS ENTIÈRES AUX ENTIERS


Si A est un sous-anneau de C, on note P (A) l’assertion

∀ P ∈ C[X ]
¡ ¢
∀ a ∈ A Pe(a) ∈ A =⇒ P ∈ A[X ] .

Q27 Démontrer que l’assertion P (A) est vraie lorsque A est un sous-corps de C. On pourra considérer des polynômes interpo-
lateurs de Lagrange.

Q28 Démontrer que l’assertion P (A) est fausse lorsque A = Z.

Dans la suite, on fixe un entier naturel non nul n, et on s’intéresse à l’ensemble

E n := P ∈ Cn [X ] : ∀ a ∈ Z Pe(a) ∈ Z
© ª

1 k−1
(X − ℓ). On se propose de démontrer que
Y
On définit P 0 = 1 et, pour tout k ∈ ‚1, nƒ, P k := ·
k! ℓ=0
( )
n
n+1
En = a k · P k : (a 0 , . . . , a n ) ∈ Z =: Fn
X
k=0

Q29 Démontrer que, pour tout k ∈ ‚0, nƒ, P k ∈ E n .

Q30 En déduire que Fn est inclus dans E n .

n
Soit P ∈ Cn [X ]. Démontrer qu’il existe un unique uplet (λ0 , . . . , λn ) ∈ Cn+1 tel que P = λk · P k .
X
Q31
k=0

n
En déduire que, si P ∈ E n , alors il existe un unique uplet (a 0 , . . . , a n ) ∈ Zn+1 tel que P = a k · P k ∈ Fn .
X
Q32
k=0

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