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Le document souligne les lacunes normatives et l'inefficacité du système juridique congolais dans la lutte contre la corruption, notamment l'absence de responsabilité pénale pour les personnes morales et le manque de protection pour les dénonciateurs. Il met également en lumière le chevauchement des compétences entre différentes institutions anticorruption et l'absence d'indépendance de ces dernières, ce qui nuit à leur efficacité. Enfin, il décrit le rôle de la Cour des comptes dans la prévention de la corruption, bien qu'elle ne puisse pas sanctionner pénalement les fautes de gestion.

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Le document souligne les lacunes normatives et l'inefficacité du système juridique congolais dans la lutte contre la corruption, notamment l'absence de responsabilité pénale pour les personnes morales et le manque de protection pour les dénonciateurs. Il met également en lumière le chevauchement des compétences entre différentes institutions anticorruption et l'absence d'indépendance de ces dernières, ce qui nuit à leur efficacité. Enfin, il décrit le rôle de la Cour des comptes dans la prévention de la corruption, bien qu'elle ne puisse pas sanctionner pénalement les fautes de gestion.

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 Lacunes normatives : le dispositif légal demeure partiellement incomplet.

Certaines obligations issues des engagements internationaux n’ont pas encore


été pleinement intégrées dans le droit interne. Il en va ainsi de l’absence de
reconnaissance explicite de la responsabilité pénale des personnes morales, du
manque de protection juridique pour les dénonciateurs d’actes de corruption,
ces lacunes limitent l’efficacité juridique du système. Cela n'est pas juste et
démontre que le législateur congolais n'a pas intégré dans le code pénal l'article
26 de la Convention de l'ONU contre la corruption dans son entièreté. Cet
article dispose :

« Anticle 26. Responsabilité des personnes morales


1. Chaque État Partie adopte les mesures nécessaires, conformément à ses
principes juridiques, pour établir la responsabilité des personnes morales qui
participent aux infractions établies conformément à la présente Convention.
2. Sous réserve des principes juridiques de l'État Partie, la responsabilité des
personnes morales peut être pénale, civile ou administrative.
3. Cette responsabilité est sans préjudice de la responsabilité pénale des personnes
physiques qui ont commis les infractions.
4. Chaque Etat Partie veille, en particulier, à ce que les personnes morales tenues
responsables conformément au présent article fassent l'objet de sanctions
efficaces, proportionnées et dissuasives de nature pénale ou non pénale, y
compris de sanctions pécuniaires ».

 Chevauchement des compétences : la multiplicité des structures


intervenant dans le champ de la lutte contre la corruption telles que l’IGF, la
CENAREF, l’APLC ou l’OSCEP se traduit souvent par une confusion des
rôles. L’absence de coordination formellement prévue par la loi engendre des
doublons, un éclatement des responsabilités et une perte d’efficacité
opérationnelle.

 Faible effectivité des textes : les textes en vigueur peinent à produire les
effets escomptés. L’application demeure irrégulière, marquée par une
justice sélective, des lenteurs procédurales et des poursuites parfois
motivées par des considérations extra-juridiques. Ces éléments nuisent à la
crédibilité du système répressif et entretiennent un climat d’impunité.
 Manque d’indépendance fonctionnelle et financière de plusieurs
institutions anticorruption limite leur capacité à agir de manière impartiale.
Subordonnées à l’exécutif, dépourvues de statut légal autonome ou de
budget propre, elles restent vulnérables aux pressions politiques et aux
influences extérieures.

Très bien. Voici une analyse approfondie et contextuelle de l’arrêt C.S.J., R.P. 135, 17 mars
1973, Bull. 1974, p. 50, en lien avec la législation congolaise sur la corruption, notamment la
loi de 2005 modifiant les articles 147 à 150 du Code pénal congolais.

🔎 1.
Résumé de l’arrêt

Dans cette affaire, la Cour suprême de justice (C.S.J.) a condamné des fonctionnaires publics
qui avaient :

 activement sollicité et obtenu des sommes d’argent d’un autre agent public (le
prévenu),
 dans le but d’obtenir son silence sur des faits de détournement de deniers publics.

👉 La finalité principale était d’empêcher la dénonciation de faits répréhensibles.

Ce comportement constituait une corruption passive, fondée sur un dol spécial.

⚖️2.
Lien avec la loi de 2005 sur la corruption
La loi n°05/006 du 29 mars 2005 modifie notamment l’article 147 du Code pénal congolais
(Livre II) en définissant la corruption passive et active comme suit :

Art. 147 : « Sera puni […] tout agent public qui, directement ou
indirectement, **aura sollicité ou agréé des offres, promesses,
dons ou avantages quelconques, pour faire, s’abstenir de faire ou
retarder un acte de sa fonction, ou facilité par sa fonction. »

🔹Application à l’arrêt R.P. 135

 Sollicitation d’un avantage : ✅ Oui


 Finalité spécifique (s’abstenir de dénoncer) : ✅ Oui
 Lien avec la fonction : ✅ Oui, car les agents avaient le devoir légal de dénoncer les
faits de détournement.

👉 On retrouve donc tous les éléments constitutifs de la corruption passive, avec dol spécial :
l’intention d’obtenir un avantage pour s’abstenir de faire un acte de fonction (dénonciation).

🎯 3. Nature du
dol spécial
dans cet arrêt

Le dol spécial apparaît ici par :

 l’intention spécifique de ne pas dénoncer un crime,


 en contrepartie d’un avantage financier.

C’est plus qu’un simple dol général (volonté de recevoir de l’argent), car la finalité précise est
déterminante : bénéficier personnellement d’un silence complice.

📚 4. Apport doctrinal
Des auteurs comme Jean-Baptiste Mahulu, Kumbu Ki Ndondo ou Ngoyi Kasanji soulignent
que dans le droit congolais :

 certaines infractions, dont la corruption, nécessitent un dol spécial, parce qu’elles sont
fonctionnellement liées à un abus de charge publique ;
 la présence de ce dol permet de distinguer la corruption d’autres infractions comme
l’extorsion, la concussion ou la simple perception illégale.

📌 5. Importance de l’arrêt dans la jurisprudence

Cet arrêt est souvent cité comme illustration de :

 La délimitation entre devoir de fonction et infraction de corruption ;


 Le rôle du silence ou de l’abstention d’agir comme “acte de corruption” ;
 L’interprétation stricte du mobile de l’agent public, essentielle pour établir le dol
spécial.

✅ Conclusion synthétique

L’arrêt C.S.J., R.P. 135, 17/03/1973 met en évidence que :

 ✅ La corruption passive d’agents publics peut porter non pas sur l’accomplissement,
mais sur l’abstention d’un acte de fonction (ici, la dénonciation d’un détournement) ;
 ✅ L’élément moral nécessaire est un dol spécial, car l’acte est posé dans une finalité
bien déterminée ;
 ✅ Cet arrêt reste parfaitement conforme à la logique de la loi de 2005, qui codifie
expressément cette approche.
Il est possible que l’efficacité limitée de la lutte contre la corruption
en RDC s’explique en partie par l’existence de lacunes normatives.
En effet, malgré l’existence de textes incriminant la corruption,
La Cour des
plusieurs éléments essentiels font défaut ou sont
comptes : un acteur de contrôle budgétaire au service de la
lutte contre la corruption

1. Base légale et statut institutionnel

La Cour des comptes est une juridiction financière indépendante de la RDC, prévue par :

 Article 180 de la Constitution du 18 février 2006,


 Loi organique n° 18/024 du 13 novembre 2018 fixant son organisation, son
fonctionnement et sa compétence.

Elle est investie d’un pouvoir juridictionnel, consultatif et d’audit sur la gestion des finances
publiques.

2. Missions principales (en lien avec la lutte contre la corruption)

Même si elle n’est pas une juridiction pénale, la Cour des comptes lutte contre la corruption
de manière indirecte mais essentielle, par :

✅ a.

Audit et contrôle de la gestion publique

 Elle vérifie la régularité, la sincérité et la conformité des comptes des institutions


publiques, entreprises du portefeuille, provinces, établissements publics, etc.
✅ b.

Détection des fautes de gestion et irrégularités

 Lors de ses audits, elle peut relever des faits de mauvaise gestion, de détournement ou
de non-respect des procédures budgétaires, qui sont souvent des signes de corruption.

✅ c.

Transmission aux juridictions compétentes

 En cas d’infractions graves, la Cour transmet ses rapports au ministère public, à la


Cour de discipline budgétaire ou à d’autres autorités judiciaires.

✅ d.

Recommandations et pression sur la transparence

 Elle émet des recommandations visant à améliorer la gestion des fonds publics et
renforcer la bonne gouvernance.

3. Rôle stratégique dans la chaîne de prévention

La Cour des comptes intervient en amont de la répression judiciaire :

Elle identifie les faiblesses systémiques, les opacités dans les


dépenses publiques et les irrégularités comptables qui peuvent
nourrir la corruption, et en rappelle la responsabilité des
ordonnateurs.

Son travail alimente les institutions répressives comme :

 L’IGF,
 L’APLC,
 Le Parquet,
 Et même la CENAREF si des flux financiers suspects sont impliqués.

⚖️

4. Compétence et types de sanctions

La Cour :

 Juge la régularité des comptes des comptables publics ;


 Peut prononcer des amendes ou décharges ;
 Ne peut pas condamner pénalement mais peut poursuivre les fautes de gestion ou les
manquements aux règles budgétaires.

insuffisamment encadrés dans le droit positif congolais. On peut


notamment le La répression de la corruption en droit congolais repose sur un appareil judiciaire
structuré, dans lequel la compétence à juger varie selon le statut de l'auteur, la nature des faits ou encore la
juridiction d'appel concernée.

protection juridique des lanceurs d’alerte, l’insuffisance de régulation


du 🔹 1.

Tribunaux de droit commun

 Tribunal de grande instance (TGI) : compétent pour juger les cas ordinaires de
corruption impliquant des personnes civiles ou des agents publics ordinaires.
 Cour d’appel : juge en appel les décisions du TGI.

2. Cour de cassation

 Compétente pour juger les hauts magistrats et les membres du gouvernement,


notamment en cas de haute corruption.
 Elle connaît aussi des pourvois contre les arrêts des Cours d’appel.

🔹 3.

Cour constitutionnelle

 Compétente pour juger le président de la République et le Premier ministre en cas


de haute trahison ou de corruption dans l’exercice de leurs fonctions (article 164
de la Constitution).
🔹 4.

Cour des comptes

 Si la corruption concerne la gestion des deniers publics, la Cour des comptes peut
intervenir pour sanctionner financièrement les fautes de gestion, mais pas
pénalement : elle ne juge pas les infractions au sens du droit pénal.

🔹 5.

Juridictions militaires

 En cas de corruption impliquant des militaires, la compétence revient aux cours et


tribunaux militaires.

financement politique, ainsi que la non-transposition complète des


engagements internationaux. Ces vides affaiblissent l’applicabilité
des normes existantes et limitent l’efficacité de la répression.
incriminant la corruption, plusieurs éléments essentiels font défaut
ou sont insuffisamment encadrés dans le droit positif congolais. On
peut notamment relever l’absence de responsabilité pénale des
personnes morales, le manque de protection juridique des lanceurs
d’alerte, l’insuffisance de régulation du financement politique, ainsi
que la non-transposition complète des engagements internationaux.
Ces vides affaiblissent l’applicabilité des normes existantes et
limitent l’efficacité de la répression.
La compétence juridictionnelle en matière de corruption en RDC
n’est pas unique, elle varie selon la qualité de l’auteur et la gravité
des faits. Dès lors, plusieurs juridictions interviennent, chacune selon
les critères définis par la loi.

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