Conservation A Madagascar
Conservation A Madagascar
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Mémoire de Licence en
Sciences Agronomiques et Environnementale
EVOLUTION DE L’AGRICULTURE DE
CONSERVATION A MADAGASCAR
Que ceux que je n’ai pas pu citer ici veuillent bien m’excuser et qu’ils puissent
trouver dans cet ouvrage, l’image de leur contribution et ma sincère gratitude.
Veuillez bien accepter mes sincères reconnaissances !
Sarobidy
RÉSUMÉ
Conservation Agriculture (CA) is a system that promotes strong soil biological activity
and provides good fertility through three pillars including minimum tillage, permanent
cover and adoption of a judicious crop rotation. It was born in the United States on 1930
to face a context of phenomenal degradation of land following wind erosion problems.
The rise of CA was then highlighted by Southern Common Market countries
(MERCOSUR): Brazil, Argentina, and Paraguay with a high rate of adoption of farmers.
It was introduced in Madagascar in the early 1990s. Since then, through various projects
and organizations working in the field, agroecological zones have benefited from
extension, as well as technical and financial support. The issues at the CA are specific to
each zone, notably the sand silting problems at Lake Alaotra, the strong attack of Striga
asiatica in the Middle West, the poor soil on tanety and the climatic hazards in the South
East, as well as saturation of irrigated rice fields on the Highlands. The CA situation in
these areas currently shows decreases of 34.5% in terms of area and 64.82% of adopting
farmers. Generally, CA systems outreach is difficult to percolate in all these target areas.
But the techniques of "Climate Smart Agriculture" are a promising way to revive CA in
Madagascar.
Ny Fomba Fambolena miaro ny tany (AC) dia rafitra iray mampitombo ny fiainan’ireo
zavamanan’aina mpanatsara ny nofon-tany, ary mikojakoja ny fahavokaran’ny tany
amin'ny alalan'ny fototra lehibe telo: ny fiasana ny tany kely indrindra araka izay azo
atao, ny fampiasana voly rakotra mandavan-taona, ary ny fampifandimbiasam-boly. Tany
Etazonia no niforonany voalohany tamin'ny taona 1930 mba ahafahana manarina ny
fahasimban’ny nofon-tany nohon’ny fikahon’ny rivotra ny tany. Nanasongadina izany
Fomba Fambolena miaro ny tany izany ireo firenena anatin’ny Tsena iraisan’ny firenena
Tatsimo (MERCOSUR): Brezila, Arzantina, Paragoay ary ambony ny tahan’ireo tantsaha
nampiatra izany. Tamin'ny fiandohan'ny taona 1990 no nampidirina teto Madagasikara io
fomba io. Nanomboka teo dia maro ireo faritra agroekolojika no nahazo tombotsoa
tamin’ny fanapariahana, indrindra fa tamin’ny fanohanana ara-teknika sy ara-bola
nataon’ireo tetikasa isan-karazany sy ireo fikambanana miasa eo anivon’ny sehatra
fampandrosoana. Manokana isaky ny faritra tsirairay ny fanamby ho an’ny Fomba
Fambolena Miaro ny Tany, anisan'izany ny fandrindrana ireo tanimbary saron’ny fasika
any amin’ny faritra Alaotra, ny ady amin’ny firongatry ny bozaka Arema any amin'ny
faritra Afovoany Andrefana, ary ny fanatsarana ny famokaran’ny tany eny amin’ny tanety
sy ny ady amin’ny amin'ny loza voajanahary any atsimo atsinanana. Ankehitriny raha ny
momba ny Fomba fambolena miaro ny tany dia ahitana fihenana 34,5% ny velaran-tany
nambolena ary 64.82% eo anivon’ny tantsaha mpampiatra any amin’ireo faritra voalaza
ireo. Amin'ny ankapobeny dia sarotra ny nanapariahana ny Fomba Fambolena Miaro ny
Tany tamin’ireo toerana rehetra ireo. Saingy ireo teknikan’ny "Climate Smart
Agriculture" no antenaina hamelona indray izany Fomba fambolena izany eto
Madagasikara.
I. Historique .......................................................................................................................... 3
III. Principaux systèmes en semis direct sur couverture végétale permanente ................ 6
CONCLUSION ............................................................................................................................... 28
BIBLIOGRAPHIES.......................................................................................................................... 29
LISTE DES FIGURES
Figure 2:Progression des superficies et des adoptants du SCV au Lac Alaotra à partir du début
de la vulgarisation en 1998 ........................................................................................................ 15
Figure 3: Evolution des superficies en saison et en contre saison au Lac Alaotra ..................... 15
Figure 4: Evolution du nombre de paysans en saison et en contre saison au Lac Alaotra ......... 16
Figure 6: Superficie et Nombre de paysans adoptants l'AC dans le Sud Est ............................. 22
Tableau 2: Evolution Nationale de la diffusion de l'AC après les premières vulgarisations. ..... 11
AC : Agriculture de Conservation
FAO : Food and Agriculture Organization (Organisation des Nations unies pour
l’alimentation et l’agriculture)
INTRODUCTION
Cependant, pour atteindre ces objectifs, les défis à relever sont importants. L’agriculture
a évolué tout au long du XXème siècle, au fil de nouvelles technologies, de nouvelles
politiques, de l’explosion démographique galopante avec toujours plus de bouches à
nourrir et de la mondialisation. Le contexte est encore peu favorable. La croissance
démographique et les revenus demandent plus de nourriture, d’énergie et autres produits
issus de l’agriculture. En outre, la pauvreté, les inégalités, la faim et la malnutrition restent
systématiquement plus élevées en zones rurales qu’urbaines. Actuellement, les ressources
naturelles sont surexploitées et leur productivité croît moins vite que par le passé (PNUD,
2016). A cela s’ajoute le changement climatique, le taux d’inflation galopante des prix
des produits des premiers nécessités qui affectent les populations les plus vulnérables. A
Madagascar, le contexte agricole n’en est pas épargné.
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Évolution de l’Agriculture de Conservation à Madagascar
(Minten B, 2003). Selon les chiffres de la FAO en 2004, 53% de la population malgache
vivaient dans des zones avec une forte proportion de terres dégradées (Banque Mondiale,
2013). Cette dégradation rend de plus en plus difficile les efforts d’intensification agricole
à l’échelle des exploitations agricoles.
Dans ce contexte, l’agriculture doit trouver de nouvelles voies. Il s’agit à la fois de réussir
un développement intégrant beaucoup mieux l’impératif environnemental et un
développement beaucoup plus inclusif et plus harmonieux. L’agriculture est appelée à
mieux gérer les ressources naturelles et le « vivant », à devenir plus résiliente et plus
durablement productive dans tous les territoires ruraux. Depuis plusieurs décennies, un
ensemble de techniques agricoles se diffusent à travers le monde afin de répondre à ces
enjeux. Ces techniques sont réunies sous le vocable d’Agriculture de Conservation.
L’Agriculture de Conservation est un système s’inscrivant dans la démarche de l’agro
écologie. Ce système vise à améliorer la productivité sur le long terme en respectant les
services éco systémiques générés par l’activité biologique du sol et la matière organique
qu’il contient afin de répondre aux objectifs du développement durable.
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Évolution de l’Agriculture de Conservation à Madagascar
I. Historique
L’Agriculture de Conservation est née aux États-Unis vers les années 30 en réaction aux
problèmes d’érosion éolienne qui frappait les grandes plaines aux Etats-Unis et au
compactage du sol engendré par la révolution Agricole.
En Amérique Latine, des conditions similaires (érosion liée au travail du sol aux disques
se développant massivement dans les années 1960, notamment dans le Paraná) conduisent
à l’initiation du ‘no-tillage’ ou semis direct de maïs sur paillage en 1970. Avec l’inflation,
les entrepreneurs agricoles ont cherché à réduire leurs coûts de production notamment le
coût énergétique du labour, ce qui a favorisé l’essor du no-tillage (Dounias et Jouve,
2001).
Ensuite en Amérique centrale équatoriale, une toute autre dynamique s’est produite. Dans
les années 1970, des paysans pratiquant la culture itinérante de maïs sur brûlis ont
spontanément adopté, sur une partie de leurs terres fertiles, une rotation maïs-mucuna.
Or, le mucuna a déjà été introduit dans les années 1920 dans les plantations bananières
industrielles pour l’alimentation des mules et sert aussi à l’amélioration des sols et au
contrôle des adventices. L’adoption rapide (10 % des paysans en 1980, 66 % en 1990) a
été favorisée par l’intérêt économique de cette solution dans le contexte commercial et
d’occupation du sol local. (Buckle et al., 1998 ; Triomphe et al, 1999 ; Dounias, 2001)
La prise de conscience sur les pertes en terres dues à l’érosion a été la principale cause
d’adoption des systèmes de Semis Direct dans le reste du monde. Notamment en Australie
l’adoption commence en 1971, avec la commercialisation de l’herbicide Spray Seed à
base de paraquat et diquat.
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Évolution de l’Agriculture de Conservation à Madagascar
Vers les années 1990, les travaux de recherche menés par Lucien SEGUY et Serge
BOUZINAC du CIRAD ont contribué à une forte expansion du Semis direct dans le
monde. Comme les techniques de semis-direct sur résidus de culture développés
auparavant ne permettent pas une régénération rapide de fertilité, un recours à des
biomasses supplémentaires s’avère nécessaire. Ainsi, le CIRAD a développé une
technique qui allie semis direct et couverture permanente connue sous le terme de SCV.
En Argentine, l’adoption du semis direct est favorisée par l’introduction des sojas et
cotonniers transgéniques tolérants aux herbicides dès 1997 ; puis cette nouvelle technique
s’est répandue dans les pays environnants. (Cerdeira et Duke, 2006). En effet, le fait de
ne pas labourer favorise le développement des mauvaises herbes qui rend difficile les
systèmes de non labour quand la couverture n’est pas suffisante, et l’utilisation des
variétés tolérantes aux herbicides ont permis à l’essor des systèmes sans labour. En plus,
la chute du prix du glyphosate et du paraquat s’ajoute aux facteurs qui ont favorisé une
forte expansion des systèmes SCV. Le record mondial d’adoption appartenait aux Etats-
Unis, Paraguay, au Brésil et à l’Argentine. (ANNEXE 2)
II-1. Définitions
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Évolution de l’Agriculture de Conservation à Madagascar
Il sera idéal si le travail de sol est totalement supprimé mais les agriculteurs pratiquent
souvent un travail simplifié ou réduit particulièrement pendant les périodes de conversion
de leur système en semis direct. Le labour systématique peut alors être remplacé par
différentes pratiques :
Ces différentes pratiques peuvent se succéder dans le temps, dans une trajectoire allant
vers la suppression totale du travail du sol, ou bien coexister au sein d’une même
exploitation en fonction des parcelles et des cultures.
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Évolution de l’Agriculture de Conservation à Madagascar
Les sols sont couverts en permanence, soit par des résidus de cultures précédentes
(mulch), qui ne sont pas prélevés mais restitués, soit par des plantes de couverture
implantées en inter-culture (en association et/ou en rotation avec la culture principale).
Les semis sont réalisés directement dans la couverture végétale, après ouverture d’un
simple trou ou d’un sillon avec un semoir adapté (canne planteuse manuelle ou simple
bâton).
Le principe est d’alterner les espèces cultivées sur les mêmes parcelles pendant le cycle
cultural ou cultiver simultanément plusieurs espèces différentes sur les mêmes parcelles
(assolement). Les cycles culturaux sont parallèles ou se chevauchent. Les rotations
longues et diversifiées de cultures limitent le développement de maladies, de parasites et
de plantes adventices, qui prolifèrent en monoculture ; elles permettent de réduire, voire
de supprimer l’usage de produits phytosanitaires.
Ce système se base sur le semis d’une culture principale dans une plante de couverture
laissée vivante et pérenne. Ce type de système exige une intégration d’une plante de
couverture avec la culture principale et de les mettre en rotation ou en succession sur une
même parcelle. Il est nécessaire de contrôler les plantes de couverture avant le semis de
la culture principale pour qu’elles n’entrent pas en concurrence avec cette dernière (ou
ces dernières).
Par conséquent, il faut appliquer sur les lignes de semis ou pulvériser sur la parcelle
entière une dose d’herbicide qui dessèche seulement la partie aérienne de ces plantes.
Parfois, un simple fauchage manuel ou pâturage des animaux suffit. Les organes de
reproduction végétative souterrains sont préservés et permettent la pérennité du système.
Puis, la culture principale est directement implantée dans le tapis vivant pérenne de
légumineuse ou graminée.
III-2. Systèmes de culture sous couverture morte
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Évolution de l’Agriculture de Conservation à Madagascar
En plus des résidus de récolte de la culture précédente, une plante de couverture à forte
production de biomasse est implantée avant ou après la culture commerciale. Elle peut
être roulée ou broyée avec un outil ou bien desséchée aux herbicides totaux tels que le
Glyphosate avant le semis-direct de la culture commerciale. Dans ce système, un apport
de paille est parfois nécessaire. La différence avec la couverture vivante consiste à tuer
ou maîtriser totalement la plante de couverture et d’utiliser les mulch produits, en
renouvelant l’installation des plantes de couverture dans les prochaines années.
Dans ce système, la culture commerciale est suivie d’une plante de couverture et à une
culture fourragère pour l’intersaison. Les deux cultures successives sont récoltées pendant
la saison des pluies et la culture fourragère en saison sèche.
La décomposition de la matière organique est lente, et une bonne partie est incorporée
dans le profil du sol, conséquemment la libération du carbone dans l'atmosphère est
ralentie. Dans le bilan global, le carbone est piégé dans le sol. L'AC est dite une "
agriculture de carbone ".
Le travail mécanique est remplacé dans ce système par un travail biologique. Par l’activité
des microorganismes qui incorporent et mélangent le mulch au sol, la matière organique
est repartie dans les différentes couches du sol et mélangée avec la matière minérale issu
de la décomposition de la roche-mère. Le réseau racinaire profond des couvertures
vivantes joue un rôle majeur dans la décompactions et récupération des sols colmatés.
Ces systèmes racinaires puissants fait remonter des éléments nutritifs lessivés en
profondeur par l’effet de "pompe biologique" (Séguy, Bouzinac, 1999). Au final, la
structure du sol est améliorée et stabilisée en maintenant les agrégats argilo-humiques et
la macroporosité constituée par les galeries des organismes. L’infiltration de l’eau est
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Évolution de l’Agriculture de Conservation à Madagascar
Les plantes de couverture vivante agissent sur les adventices soit par concurrence pour
les ressources et soit par l’allélopathie soit les deux à la fois. Cela comprend des cultures
telles que l'orge, l'avoine, la vesce velue, et le ray-grass anglais (James J. et al, 2011).
Les couvertures mortes agissent sur les adventices par effet d’ombrage. Ainsi, elles
doivent être découpées finement, afin qu’elles soient suffisamment couvrantes pour
contenir les adventices, sans pour autant étouffer la culture principale.
Par exemple, une étude menée en Grèce a montré qu’à plus de 60 % de couverture du sol
par les paillis, une diminution significative de la biomasse d’adventice par rapport à celle
sur témoin sans couverture est observée (Bilalis et al., 2003).
En plus, les rotations culturales font l’objet d’une lutte phytosanitaire intégrée en brisant
les cycles des pathologies et des adventices.
Le technique de semis direct sur couverture végétale permanente (SCV), offrent toute une
gamme de solutions pour restaurer la fertilité à des sols extrêmement dégradés et / ou
exploités, ceux inutilisés.
De la réduction des risques d’érosion : les résidus sur le sol atténuent la battance des
gouttes de pluies, et une fois que l'énergie des gouttelettes est amortie, elles s'infiltrent
dans le sol sans effets désastreux. Il y a une infiltration accrue de l’eau, le ruissellement
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Évolution de l’Agriculture de Conservation à Madagascar
et l'érosion sont diminués. Ceci est permis par une meilleure structuration du sol (porosité
plus importante à long terme), à condition que la quantité de résidus de cultures à la
surface soit suffisante et que la rotation inclue des cultures à système racinaire développé.
De l’amélioration de la qualité de l’eau : les cours d'eau sont plus alimentés par de l'eau
souterraine que par l'eau de ruissellement qui est minimisé. L'eau de surface est toute
aussi propre que l'eau souterraine en AC comparativement aux zones où le labour intensif
et ses corollaires, l'érosion et le ruissellement, prédominent. Une bonne infiltration réduit
les inondations en stockant beaucoup d'eau dans le sol et en la libérant lentement pour
alimenter les cours d'eau.
De la réduction des émissions des gaz à effets de serre : elle présente un grand intérêt
pour la réduction des émissions des gaz à effets de serre grâce : au stockage du carbone
dans la matière organique, à la réduction de l'érosion, la réduction de la consommation
des carburants et, à terme, un recours limité à la fertilisation azotée par l’intégration des
légumineuses dans le système de culture. Son intérêt pour la prévention des effets
désastreux du réchauffement climatique est avéré (ANNEXE1).
Du fait de la suppression des opérations de travail du sol, les pointes de travail liées à la
préparation des semis ou le sarclage sont en général allégées. Cette réduction de travail
permet aux producteurs de diversifier les sources de revenu. Le suivi technico-
économique d’accompagnement a mis en évidence un net accroissement du revenu du
travail dès la première année avec dépassement du coût d’opportunité du travail, puis sa
croissance avec les années de pratique.
Les charges de mécanisation peuvent être diminuées du fait d’une moindre usure du
matériel en l’absence de labour à l’échelle des grandes exploitations.
Également, une réduction des coûts et dépenses énergétiques peuvent être importante,
notamment pour les grandes cultures.
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Évolution de l’Agriculture de Conservation à Madagascar
Les premiers tests de Semis direct sur Couverture Végétale permanente du sol (ou SCV)
datent des années 1990 et se sont inspirés de l’expérience brésilienne (Charpentier et al,
2001) pour répondre à la nécessaire modernisation des systèmes de production des
céréales à grande échelle. Ils ont débuté sur les Hautes Terres centrales malgaches
(Antsirabe) avec la mise en place de sites de références ayant pour objectifs de créer, de
maîtriser et de reproduire une gamme de systèmes SCV qui sont comparés au système
traditionnel sur labour, en termes de performances techniques et économiques.
- Dans les zones d’altitude, en plus du site d’Andranomanelatra (1500 m), sur sols
ferralitique d’origine volcano-lacustre, celui d’Antsampanimahazo et celui d’Ibity
(1600 m), sur sol volcanique récent, celui de Betafo (1300 m) ;
- Dans les zones de moyenne altitude (600 à 1100 m), 3 sites au Lac Alaotra (sols
pauvres de la rive ouest, sols « riches » de la rive est, sols de fertilité moyenne des
vallées du sud, en couvrant à chaque fois tanety, baiboho et Rizière à Mauvaise
Maîtrise de l’Eau ou RMME), un site dans le Moyen Ouest sur sol ferralitique sur
basalte (Ivory) ;
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Évolution de l’Agriculture de Conservation à Madagascar
- Dans le climat subtropical de la côte Est, 3 sites dans le Sud Est sur sols
hydromorphes (Ankepaka) sur recrus forestiers sur basalte (Andasy II) et sur sol
ferralitique hydromorphe à jachère à Aristida (Faraony) ;
Les superficies sont reparties à Antananarivo 48,8 ha, Alaotra 37,5 ha, Fianarantsoa 3ha,
SAVA 0,3 ha, Mahajanga 6,4ha, Manakara 0,5 ha.
Ces premiers travaux sur les techniques d’agriculture de conservation ont servi de
référence pour l’élaboration de différents projets de développement rural et diffusion des
techniques de Semis-direct. De ce fait, des projets d’envergure se sont basés sur ces
techniques d’agriculture de conservation pour aborder dans un premier temps la
protection et la mise en valeur des bassins versants des périmètres irrigués puis d’une
manière générale, d’autres zones de développement rural (ANNEXE 3).
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Évolution de l’Agriculture de Conservation à Madagascar
Après la création du GSDM, plusieurs projets de développement ont été mis en œuvre
afin de promouvoir l’AC à Madagascar.
La diffusion passe par l’instauration de contrats, explicites ou non, entre des producteurs
et l’organisme de promotion, grâce auxquels l’expérimentateur accède à des appuis
spécifiques pour l’accès aux capitaux qui lui font défaut (foncier, crédit, organisation
sociale) ou à des privilèges (commercialisation, approvisionnements, notamment en
semences et intrants chimiques, conseils rapprochés). Le producteur encadré est ainsi
incité à prolonger l’expérience par ces actions de fidélisation. L’adoption « nette » devrait
être mesurée par le taux de mise en pratique après la fin du contrat qui lie le paysan
encadré au promoteur, et par la soustraction des adoptions opportunistes.
De ce fait, l’adoption a fait un bond entre 2003/2004 (240 ha, 1169 exploitants) et
2004/2005 (844 ha, 3146 exploitants) (Husson et al., 2008). En 2006, la pratique des SCV
à Madagascar atteint 3500 ha pour 4800 exploitations familiales (Séguy et al., 2007). Une
baisse importante est remarquée vers les années 2011/2012 surtout en termes de
superficie.
Madagascar possède 10 zones agroécologiques mais seulement 4 grandes zones ont été
fortement orientées vers l’Agriculture de Conservation depuis la diffusion de 1990.
(ANNEXE 4). Il faut toutefois reconnaître que toutes les données ne sont pas répertoriées
à cause de la multiplicité des intervenants et la petite taille des exploitations agricoles, et
notamment pour les pratiques agro-écologiques plus larges qui restent mal-chiffrées
actuellement.
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Évolution de l’Agriculture de Conservation à Madagascar
- Les zones de climat tropical d’altitude supérieur à 1200 m : les hautes terres centrales
(Régions du Vakinankaratra et Région d’Itasy) ;
- Les zones de moyenne altitude (600 à 1100 m) avec longue saison sèche : le Lac
Alaotra et le Moyen Ouest ;
Pour les zones concernées, l’AC s’avère comme un système alternatif aux problématiques
de la région.
Les éléments de cette partie sont basés principalement sur les acquis durant plusieurs
années de mise au point technique avec TAFA et une dizaine d’années de diffusion dans
le cadre du Projet BVLac avec l’accompagnement permanent du GSDM.
III-1.1. Enjeu de l’Agriculture de Conservation
Lac Alaotra privilégie d’une forte potentialité en production agricole, avec ses 100.000 ha
de rizières. Ce grenier à riz de Madagascar est menacé principalement par l’érosion des
bassins versants autour. Ces phénomènes entrainent des pertes de fertilité, ensablement
des canaux d'irrigation en aval, baisse de disponibilité en eau dans les barrages, baisse de
la nappe phréatique, saturation des rendements des rizières en plaine, chute de la
production halieutique et même comblement amorcé du lac et conduit à la dégradation du
milieu et des infrastructures de production. (ANNEXE 5)Ainsi, la production rizicole
reste constante voire diminue face à la pression démographique.
A cela s’ajoute les changements et les irrégularités climatiques. Il y a une période à faible
précipitation et une saison fortement arrosée. Les premières précipitations importantes
tardives entraînent parfois un décalage dans le lancement de la saison de culture. Ce
décalage est souvent accompagné en cours de saison par l’agressivité spectaculaire des
précipitations Cette zone a été aussi classée prioritaire par le Plan National de lutte contre
la dégradation des terres et la désertification. Le désengagement de l’Etat sur la gestion
du périmètre constitue également une menace dans la gestion durable de cette zone de
production.
Les systèmes d’Agriculture de Conservation ont été proposés depuis une dizaine d’année
pour augmenter la productivité des bas-fonds et de les préserver en mettant en valeur les
collines situées aux alentours selon des techniques durables. Mais la fertilité pose
problème sur ces tanety, d’où l’intérêt de la diffusion d’une technique permettant de
rehausser cette fertilité. En effet, les systèmes de Semis direct sous couvert végétal
13
Évolution de l’Agriculture de Conservation à Madagascar
Face à l’ensablement des rizières, la colonisation des tanety pour la production des riz
pluviales, de maïs et de légumineuses était une meilleure option. En plus, vue le climat
de moyenne altitude (600-1100 mètres d’altitude) avec longue saison sèche (6 à 7 mois),
ces systèmes sont adaptés pour le Lac Alaotra.
Il s’agit de pratiquer des rotations entre le riz pluvial (en laissant les résidus de récolte) et
le Maïs (qui peut être changé en Sorgho ou Mil) associé aux légumineuses volubiles
(Niébé, Vigna, Dolique, Mucuna…) pour l’année suivante.
Les techniques d’AC ont été introduites en 1998 mais le développement démarre
seulement en 2003 avec le projet BV-LAC.
Cette phase est caractérisée par l’adaptation des paysans aux changements de paradigme
allant de la promotion du labour attelé avant 1998 vers un zéro labour. Le nombre
d’adoptant était encore relativement faible. A la fin de cette période, Une exploitation de
de base de données réalisée par BRL en 2003 dans le Sud-Est du Lac Alaotra faisait état
de 20 % des parcelles en SCV abandonnées. Les principaux facteurs de blocage évoqués
ont été par ordre d’importance : les résultats économiques (29 % des abandons), la
divagation des animaux d’élevage (28 %), les aléas climatiques (23 %) et le foncier (14
%).
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Évolution de l’Agriculture de Conservation à Madagascar
Les superficies en semis direct sur couverture végétale par adoptant ont très nettement
augmenté entre les saisons 2003-2004 et 2004-2005, le pic se situe en 2005-2006. Ces
époques marquent le début du lancement du projet BV-LAC.
15
Évolution de l’Agriculture de Conservation à Madagascar
Vue cette évolution, la culture en contre saison est moins motivante pour les paysans par
rapport aux cultures en saison. La surface occupée par les cultures en saison présente une
grande ampleur que celle occupée par les contre saison. Le nombre de paysans adoptant
et la superficie fluctue beaucoup dans le temps. Jusqu’en 2013, nombreux sont les paysans
qui abandonnent. En 2007 : 26,4 % ont abandonné le SCV sur une ou plusieurs parcelles,
et 28 % des surfaces encadrées n’ont pas été pérennisées. (Contre 39 et 31 en 2006) : 36
% des abandons sont liées à une mauvaise « adaptation aux techniques » (échec dû au
non-respect de l’itinéraire technique préconisé, pointes de travail liées à une saison des
pluies mal distribuée, zones à prédominance de riziculture irriguée), 32 % pour
insuffisance de trésorerie, 13 % pour des raisons foncières (Domas et al., 2008).
Cette zone a bénéficié les acquis des interventions du GSDM, et aussi du projet BVPI
SE/HP notamment dans la région d’Amoron’i Mania, du Vakinankaratra et du
Bongolava.
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Évolution de l’Agriculture de Conservation à Madagascar
Contrairement aux sols de bas-fonds, plus ou moins stabilisés et sécurisés, les sols de
tanety ou collines, le plus souvent en pente, sont plus fragiles à l’érosion. Le transfert de
fertilité des sols de collines vers les rizières et terrasses, est de plus en plus important et
non compensé, entraînant la dégradation continue des collines (Raharison T. et al, 2012).
A ces contraintes s’ajoute la déficience dans la gestion commune des ressources naturelles
avec notamment le surpâturage sur sol en friche avec le système de vaine pâture et par la
pratique courante de feux brousse souvent allumés par les éleveurs.
Actuellement, 3 à 4 générations après l’arrivée des migrants, la superficie en jachère ne
constitue qu’une très faible proportion de la surface de l’exploitation alors qu’auparavant
4 fois plus important que la superficie des cultures annuelles ; elle a même disparu pour
la majorité des exploitations.
En effet, d’après les essais sur plusieurs années avec le CENTRE FAFIALA de
2003/2004 à 2008/2009, le meilleur contrôle du Striga asiatica a été obtenu avec le
système avec les Arachis pérennes ou le système avec du Stylosanthes et le meilleur
rendement avec le système avec du Stylosanthes (Michellon et al, 2011), les systèmes à
base de Stylosanthes consistent à semer le Stylosanthes au début dans les cultures déjà en
place (sur labour). A la fin de la récolte et durant l’année suivante, le Stylosanthes est
laissé se développer sur place et produire de biomasse. Cette biomasse est maîtrisée et les
cultures vivrières (généralement les graminées comme le Riz et le Maïs) sont semées
dessus.
- Sur sol pauvre : [arachide (ou pois de terre) + stylo] // Stylo//Riz : lorsque le sol est pauvre
le stylo a besoin de 2 ans pour produire une bonne biomasse. Dans beaucoup de cas,
17
Évolution de l’Agriculture de Conservation à Madagascar
cependant, il arrive à faire une biomasse moyenne en une année et les paysans mettent
tout de suite en culture vivrière.
- Sur sol relativement riche : [riz + stylo] //stylo//riz : il est à noter que lorsque le sol est
riche, le stylo arrive à produire une bonne biomasse en une année.
Les surfaces en 2008/2009 sur tanety s’étendent sur 1117 ha et il y avait 939 paysans
(2303 parcelles).
1200
1000
800
600
400
200
0
2005/2006 2006/2007 2007/2008 2008/2009
La diffusion des SCV dans cette région est plus récente et les surfaces et le nombre
d’adoptants sont par conséquent plus faibles mais les systèmes diffusés et la tendance des
résultats sont les mêmes.
18
Évolution de l’Agriculture de Conservation à Madagascar
Comme toutes les régions du Moyen Ouest, les cultures pluviales de céréales (maïs, riz)
sont fortement attaquées par le Striga asiatica (Rakotondramanana et al, 2006). Les
cultures pluviales sur tanety ne sont pas très développées à cause de l’importance du riz
dans le périmètre irrigué (en partie en double culture) et à cause des aléas climatiques dû
essentiellement à une saison de pluie trop courte et souvent aléatoire.
La Diffusion de l’AC dans cette région a encore été très récente. Les principales plantes
de couvertures les plus importantes sont le stylosanthes (250 ha) et le brachiaria (18,9 ha)
en 2009.
Sur les Hautes Terres, face à une croissance démographique, les rizières irriguées
deviennent de plus en plus saturées. Les majeures confrontations aux problèmes d’érosion
sont essentiellement dues aux techniques de cultures encore traditionnelles et à
l’abondance de pluies. Un fort transfert de fertilité est observé donc de la colline vers les
rizières soit par le phénomène d’érosion, soit par l’élevage, ou directement par le
décapage des couches arables pour combler le manque de fumier. Ainsi, ces situations
engendrent une baisse ou stagnation de la productivité qui compromet la viabilité des
petites exploitations.
L’installation de Brachiaria dans le manioc permet d’implanter à faible coût une plante
fourragère pérenne, à fort pouvoir restructurant du sol. La production de fourrage est très
appréciée par les éleveurs (en particulier les éleveurs laitiers). Une régénération des
pâturages est possible en quelques années en cultivant en semis direct une culture qui
bénéficiera de l’amélioration du sol. Il faut cependant être vigilant et ne pas exporter de
fourrage de manière irraisonnée, sans apport de fertilité en retour pour compenser les
exportations. La remise en culture des Brachiaria est très laborieuse ou difficile à maîtriser
sans herbicide. Ce système a échoué car l’utilisation du Brachiaria a été confrontée à la
19
Évolution de l’Agriculture de Conservation à Madagascar
Sur le bas fond, la Vesce a été également proposée (en plein ou en association avec les
cultures maraîchères). Son développement, bien qu’intéressant pour apporter de l’azote
pour le Riz suivant, ces systèmes n’ont pas pu se développer avec une difficulté de
production de semence (cycle long).
A l’arrêt du projet BVPI SE/HP, Seul le crotalaire dans le Riz pluvial, ou le Maïs associé
a la potentialité de se diffuser. Le Crotalaire n’est pas appété par les animaux et la pression
de l’élevage n’est pas un problème. Il peut se développer durant la contre saison,
valorisant la période sans culture. Il permet d’apporter de l’Azote. Par contre, il ne produit
pas suffisamment de biomasse pour conduire en AC sans herbicide.
Il a été observé donc que l’Agriculture de Conservation dans ces zones ne correspond pas
à l’attente des paysans dans les premières vulgarisations. Mais, depuis quelques années,
l’introduction de la variété de riz pluvial d’altitude (le Chhommrong Dhan), a constitué
un essor du riz pluvial en surface et en nombre d’agriculteurs touchés. Les chiffres de la
DRDA de Vakinankaratra ont avancé une surface actuelle de 12.000 Ha sur les Hautes
terres de Vakinankaratra (Base de données du DRDA Vakinankaratra, 2015). Cette
surface correspond globalement à 71% des exploitations agricoles d’altitude selon les
enquêtes menées en 2012 sur 16 villages et 485 exploitations (Randriambololona, 2012).
Rien qu’entre les campagnes 2013-2014 et 2014-2015, une augmentation de surface de
l’ordre de 30% a été notée selon le recensement du DRDA, en 2015. Cela montre une
20
Évolution de l’Agriculture de Conservation à Madagascar
Les régions du Sud Est sont souvent sujettes à des contraintes climatiques surtout le
passage du cyclone qui constitue un obstacle au développement des cultures. La
complexité du calendrier Agricole est l’une des conséquences majeures. En relation avec
ces aléas climatiques, les bas-fonds sont devenus difficile à exploiter à cause de
l’inondation fréquente ou parfois permanente. À cela s’ajoute des problèmes
pédologiques notamment les sols sont très pauvres, et sont soumis à un fort risque érosif
sur les pentes des collines. Cette pauvreté du sol limite souvent le type de culture pratiqué,
principalement au Manioc sur les tanety pauvre.
Ainsi que la mauvaise gestion du milieu (en lien avec la complexité du milieu et la faible
capacité d’investissement). La succession des cultures non fertilisées, les décapages sur
les pentes, les feux de brousses et les sûrpaturage des zébus accentuent la pauvreté des
sols sur tanety qui sont déjà peu fertiles et fortement désaturés.
Manioc ou pois de terre + brachiaria // manioc + brachiaria sur les pentes fortes de
tanety dégradées
21
Évolution de l’Agriculture de Conservation à Madagascar
Actuellement, les principes de l’Agroécologie plus large dominent plutôt cette zone
notamment l’essor du basket-compost, des systèmes d’Arachis sous verger et les
reboisements avec des arbres/arbustes légumineuses en milieu humide.
En 2008/2009, la surface totale des SCV sur tanety et sur bas-fond est de 849 ha dont
254 ha pour 600 paysans environ dans la région de Farafangana, 455 ha sur 780 paysans
à Manakara et 140 ha avec 600 paysans dans le district de Mananjary.
Manakara
455; 54% Manakara
780; 40%
Actuellement, l’AC proprement dite n’est plus très développée. Les techniques de l’AC
sont intégrées dans les principes de l’Agroécologie au sens plus large incluant les
principes d’agroforesterie et d’embocagement. A cela s’ajoute les principes du CSA ou
22
Évolution de l’Agriculture de Conservation à Madagascar
Les pratiquants sont les adoptants actuels qui vont intégrer d’une manière permanente et
habituelle l’AC. A partir des résultats des enquêtes effectuées par des organismes
oeuvrant dans le domaine, les taux de réponses positives sur la continuité de l’AC même
sans appui extérieur varient de 61% à 100%. Ce taux est de 100% dans les Régions
Vatovavy Fitovinany et Atsimo Atsinanana, ce qui est confirmé par l’évolution des
superficies conduites sous AC. En effet, à la différence des autres zones, c’est dans ces 2
Régions que cette tendance est vers la hausse.
Taux de Estimation
Adoptants Estimation
Région réponses des
actuels arrondie
positive (%) pratiquants
Vakinankaratra 2 112 67,48 1 425 1 430
Le nombre d’adoptants actuel (année 2015) des techniques de l’AC à Madagascar est
estimé à 4087 exploitants.
23
Évolution de l’Agriculture de Conservation à Madagascar
Le tableau suivant montre une étude comparative des données collectées au début et à la
fin du projet dans trois zones d’intervention des différents projets.
Tableau 4: Tableau Comparatif des données recueillies
Hautes
Lac Alaotra Moyen Ouest Zones Est
Terres
Situation ha adoptants ha adoptants ha adoptants Non dispo
Fin de
3700 4500 1317 4750 849 1980 Non dispo
projet
Taux de
Ha : 34,5%
diminution
Adoptants : 64,82%
au total
Au Lac Alaotra, la dissémination a été surtout assurée de 2003 à 2013 par le projet de
développement BV-Lac mais après une année d’arrêt du projet, les surfaces globales en
systèmes innovants basés sur l’AC ont diminué de 16 % et de l’ordre 76 % en nombre de
paysans. Cela montre la précarité des agriculteurs et notamment des petites exploitations
agricoles, et les besoins continus en appui pour accompagner le processus d’innovation,
qui est long pour ces types d’innovation (et pas que, car d’autres innovations n’ont pas
pu globalement développé même avec accompagnement à long terme : utilisation
d’engrais très faible même avec des sensibilisation accompagnement depuis une
cinquantaine d’année, SRI faiblement développé à Madagascar par rapport à d’autres
pays, même le repiquage en ligne a pris des dizaines d’années pour se diffuser).
Dans les zones du Moyen Ouest, l’AC est bien reconnu par les agriculteurs comme
solution pour les problèmes de faible fertilité du sol, de l’érosion du sol et la valorisation
des tanety pour permettre une bonne production de céréales. En effet, la production de
céréales notamment du riz est souvent limitée dans cette zone par l’insuffisance des
rizières irriguées et le développement de Striga sur tanety. Toutefois, ces motivations ne
se traduisent pas par une forte diffusion de ces systèmes. En effet, après la fin des projets,
leur diffusion a été en baisse de 60 % en nombre d’agriculteurs et de 70 % en surface.
24
Évolution de l’Agriculture de Conservation à Madagascar
la filière lait. Ainsi, l’Agriculture de Conservation avec ses trois principes n’est pas
pratiquée dans ses trois principes.
Dans le Sud Est, les agriculteurs acceptent plus ou moins l’application des trois principes
d’AC. En effet, contrairement à d’autres zones de Madagascar, la combinaison des 2
principes clés du CA (couverture permanente et travail minimal du sol) est la plus adoptée
par les bénéficiaires car cela coïncide déjà avec la pratique traditionnelle avec des
végétations spontanées à la place des plantes de couverture. Toutefois, un faible taux de
pérennisation de parcelle de l’ordre de 40% a été observé en 2014, et cela, en deux
campagnes sans appuis du projet. La superficie a diminué environ de 60% et les adoptants
de 51%.
Contraintes techniques
Concernant le premier point, les systèmes de semis direct sur couverture végétale
nécessitent un niveau de technicité important et sont de surcroît très évolutif. Le non-
respect des itinéraires techniques préconisés ou l’inadéquation des systèmes proposés aux
réalités paysannes locales peuvent avoir de lourdes conséquences sur l’évolution de la
diffusion.
Les paysans et les agents vulgarisateurs devraient donc bénéficier d’encore plus de
formations régulières.
Les petites exploitations agricoles sont contrastées à prendre de risque et de suivre des
innovations proposées : la nécessité d’accompagnement à plus long terme et en continue,
alors que l’Etat s’est désengagé de l’accompagnement/conseil et vulgarisation agricole,
au profit des ONG et Projets qui sont souvent limités dans le temps (à court terme) et dans
l’espace (zones d’intervention limitées).
Producteurs optent souvent pour une adoption partielle des principes de l’AC
Dans les localités où des opérations de promotion d’AC ont été conduites, les producteurs
optent généralement pour l’adoption partielle des trois principes de l’AC (ANNEXE 7).
25
Évolution de l’Agriculture de Conservation à Madagascar
Le processus d’adoption est progressif au fur et à mesure que les producteurs développent
les compétences ou reçoivent le soutien nécessaire pour relever les défis émergents suite
à une mise en application plus large. De fait, l’intensité d’adoption de l’AC ou de ses
principes dépend plus des centres d’intérêt des producteurs, des bénéfices immédiats
qu’ils tirent de l’AC et aussi de leurs capacités à gérer les contraintes émergentes
(production et conservation d’une biomasse suffisante pour le paillage, surcroît de travail,
augmentation des dépenses pour les intrants externes etc.) de l’application de l’AC.
-Beaucoup d'agriculteurs ayant adopté l'agriculture de conservation ont été contraints par
des changements notables dans le développement et le comportement des adventices, des
ravageurs et des maladies. Le développement des rongeurs et des gastéropodes, limaces
particulièrement, pose de sérieux problèmes dans les systèmes ‡ base de non-labour et de
semis direct. En absence de stratégie de gestion intégrée des adventices, des ravageurs et
des maladies, l'agriculture de conservation devient moins profitable aux agriculteurs et
vraisemblablement préjudiciable à l'environnement quand elle fait un recours massif aux
pesticides
Les problèmes de divagation des animaux d’élevage (pâture des plantes de couverture ou
des résidus de récolte pendant la saison sèche, destruction des cultures en cours de cycle)
peuvent être contournés si les parcelles sont embocagées ou si des lois internes visant à
interdire ce type de pratique sont mises en place à l’échelle des terroirs villageois.
26
Évolution de l’Agriculture de Conservation à Madagascar
Pour le cas de l'agriculture de conservation, il est clair que les trois principes ne pourraient
être maîtrisés par les paysans dans une durée aussi courte qu'un projet de 5 ans, c’est-à-
dire quatre campagnes agricoles. Il faut donc aller de manière progressive selon le choix
de l'agriculteur. Si l'association/rotation lui est beaucoup favorable, il faut l'encourager
dans ce sens et lui proposer des associations et des rotations plus performantes basées sur
ses cultures.
Stimuler le petit élevage familial pour produire du bon compost est une technique qui
pourrait aboutir à l'adoption de l'agriculture de conservation. Il faut arriver à faire
comprendre à l'agriculteur que sa survie et celle de sa famille repose sur du bon fertilisant
fabriqué sur place. Lui conseiller aussi de planter en ligne est aussi important pour
s'acheminer vers l'objectif d'agriculture de conservation. Faire adopter les cultures en
ligne est déjà une bonne performance. Le paillage en soi ne fait pas partie des principes
de l'agriculture de conservation néanmoins, dans les rizières pour les cultures de contre-
saison et dans les zones basses destinées aux cultures maraîchères, il est conseillé. Il faut
savoir gérer l'eau et éviter de la gaspiller. Le paillage, les haies vives et l'embocagement
vont dans ce sens. Utiliser des semences locales si on n'en trouve pas d'autres n'est pas
une fatalité. Il appartient à l'encadrement de proposer un itinéraire technique basé sur la
gestion de la fertilité, la gestion de l'eau et la lutte intégrée contre les ravageurs pour
maximiser le rendement. L'agriculture de conservation est un vocabulaire étranger dans
son milieu et il faut donc commencer par des messages qui font partie du milieu et faire
de telle sorte que le concept de l'agriculture de conservation s'y introduise
progressivement. Il est clair que cela demande du temps.
Adoption du ferme-école
Les sites de démonstration sont utiles dans le sens où les agriculteurs y trouvent ce qu'ils
cherchent et qu'ils adoptent ce qui y sont démontrés. Malheureusement, les résultats ne
sont pas toujours probants pour assurer une mise à l’échelle effective. Probablement des
fermes-écoles sont plus préconisées. Cela signifie qu'il y a un changement d'échelle et
qu'on peut y trouver de nombreuses techniques qui permettent d'augmenter le revenu,
d'améliorer la qualité nutritionnelle des aliments, d'être plus indépendant vis-à-vis des
intrants externes.
27
Évolution de l’Agriculture de Conservation à Madagascar
CONCLUSION
Pour conclure, les acquis techniques sont importants et notamment sur les pratiques d’AC
dans différentes zones agro-écologiques de Madagascar. Au début des projets de
vulgarisation, dans toutes les zones d’interventions, les paysans ont fait preuve
d’enthousiasme. Mais dans la phase après projet, le nombre des adoptants et la superficie
exploitée ont fortement diminué. La diminution est plus effective au Lac Alaotra, dans le
Moyen Ouest et le Sud Est. L'agriculture de conservation en soi-même est complexe à
mettre en œuvre avec ses principes et les itinéraires techniques rigides proposés. L'origine
des problèmes pour la diffusion serait les pratiques habituelles des agriculteurs
malgaches. Les méthodes traditionnelles sont fortement ancrées et sur les trois principes
de l'Agriculture de Conservation, aucun n'est familier pour les paysans. L'adoption des
techniques AC est un processus que les paysans ne pouvaient l’appliquer que de manière
progressive. Les paysans commencent généralement par adopter une ou deux principes
parmi les trois proposés sur de faibles superficies avant d'étendre sur de plus grandes
surfaces et d'appliquer davantage d’autres principes. Le niveau d’application des
systèmes d’AC diffère selon les zones agro-écologiques et les contextes socio-
économiques. Les contraintes et les blocages sont de différentes natures : techniques,
organisationnelles, sociales, liés à la sécurisation foncière, spécifiques aux zones de
riziculture irriguée, liés à l’encadrement, liés aux filières.
28
Évolution de l’Agriculture de Conservation à Madagascar
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31
Évolution de l’Agriculture de Conservation à Madagascar
Évolution de l’Agriculture de Conservation à Madagascar
i
Évolution de l’Agriculture de Conservation à Madagascar
PAYS 1999/2000
Brésil (2 ) 23600000
ii
Évolution de l’Agriculture de Conservation à Madagascar
iii
Évolution de l’Agriculture de Conservation à Madagascar
Projet Bassins Versants et Périmètres Irrigués Hauts Plateaux Sud Est (BVPI-
SEHP)
Le projet BVPI SEHP sur financement de l’AFD (CMG 6003) couvre les périmètres
irrigués des régions du Vakinankaratra, d’Amoron’i Mania, de Vatovavy Fitovinany et
du Sud Est. Le Moyen Ouest du Vakinankaratra (district de Mandoto) a été ajouté aux
zones d’interventions de ce projet en 2008 après des actions initiées par le GSDM. Le
principal défi du projet est de réaliser l’aménagement de bassins versants, pris comme un
ensemble géomorphologique cohérent (incluant à la fois zone basse et zone d’altitude),
par le développement d’activités productives prenant en compte les différents potentiels
offerts par les unités de paysages successives (cultures irriguées, cultures pluviales sur
collines ou sur bas-fonds plus ou moins inondés, parcours, foresterie). Cette approche
s’appuie sur la mise en œuvre des techniques d’agriculture de conservation dans des
climats très variés.
Les opérateurs de ce projet sont SD MAD, SD MAD/RAMILAMINA, FAFIALA et
AVSF. Le GSDM assure le suivi de la mise en œuvre des techniques d’agriculture de
conservation dans ce projet.
Projet INTERREG
Ce projet sur financement de la Région Réunion faisait l’objet d’un partenariat entre le
CIRAD La Réunion et les organismes malgaches impliqués dans l’agriculture de
conservation et l’intégration avec l’élevage (FIFAMANOR, TAFA et GSDM) et avait
pour objectif de produire des fiches techniques en français et en malgache sur la
production et l’utilisation des fourrages et l’intégration de l’élevage avec l’agriculture de
conservation.
Projet FASARA/PSASA dans la région semi-aride de l’Androy
Le Programme d’appui aux Filières Agricoles et d’amélioration de la Sécurité
Alimentaire de la Région Androy (FASARA, 2005 – 2008) était mis en œuvre par le
GRET, demandeur principal auprès de l’Union Européenne et par le GSDM, demandeur
secondaire, pour une partie des fonds propres. Le projet vise à assurer la sécurité
alimentaire des ménages dans cette zone semi-aride avec forte érosion éolienne de
l’Androy en augmentant la production locale des principales denrées vivrières (sorgho,
dolique, niébé, maïs, manioc, mil,) par un système de production durable au moyen de
l’agriculture de conservation où le GSDM et ses partenaires (TAFA et FOFIFA) ont
apporté leurs compétences. Les actions du projet FASARA sont continuées dans le cadre
du projet PSASA (Projet de Sécurisation de l’Approvisionnement en semences pour
l’Androy, 2008-2010) dont les objectifs principaux sont maintenus mais en mettant
l’accent sur la production de semences.
Projet PACA dans la région du Sud-Ouest
Le projet PACA (Production Agricole dans la plaine d’Ankililoaka et le Couloir
d’Antseva, 2006 - 2010) situé dans cette région fertile du Sud-Ouest où l’eau est présente
toute l’année a pour objet de montrer qu’il est possible d’augmenter les productions
vivrières (riz, maïs) en même temps que les cultures de rente (coton, arachide). Le projet
résulte d’une réponse à un appel à proposition de l’UE où le demandeur principal est
l’ONG TAFA et les demandeurs secondaires sont SD MAD et HASYMA. Le GSDM a
financé une partie des fonds propres. Le projet fait intervenir l’agriculture de conservation
sur la base des expériences de TAFA et du GSDM sur les systèmes de culture sur
couverture végétale.
Projet PLAE
Le projet PLAE (Programme de lutte antiérosive, sur financement allemand KfW), a pour
objet de mener des actions de lutte anti-érosion dans les sites sensibles des bassins
versants des périmètres irrigués de Marovoay (région Boeny, depuis 1998), de Soavina
iv
Évolution de l’Agriculture de Conservation à Madagascar
(région Amoron’i Mania, depuis 2005) et de Bezaha (région Sud-Ouest, depuis 2006).
Dans une phase ultérieure le projet a étendu ses actions dans le périmètre d’Andapa
(région SAVA) et d’Ambanja (région DIANA). Le PLAE a demandé au GSDM de faire
une étude sur les possibilités de diffusion des SCV dans ses antennes de Marovoay, de
Soavina et de Bezaha. Suite à ces études, des sites de références et des parcelles de
démonstrations ont été mises en place dans ces 3 antennes et le personnel du PLAE
v
Évolution de l’Agriculture de Conservation à Madagascar
vi
Évolution de l’Agriculture de Conservation à Madagascar
vii
Évolution de l’Agriculture de Conservation à Madagascar
Maïs + stylosanthes
Betafo Maïs : 2 T/ Ha
Riz pluvial + maïs
Maïs + stylosanthes Maïs : 1,750 T/ Ha
Mandoto
Riz pluvial + stylosanthes Riz pluvial : 2,125 T/ Ha
viii
ANNEXE 7 : Superficie par adoptant occupée par l’Agriculture de Conservation en 2014
Région Amoron’i Mania
Toposéquence Bas-fonds RMME Tanety
Sup/adoptant (are) Travail Couverture Association Travail Couverture Association Travail Couverture Association
minimal permanente /rotation minimal permanente /rotation minimal permanente /rotation
du sol du sol du sol
Ambositra 2,00 4,34 0,33 0 3,44 0,53 0 17,22 5,68
Ambatofinandrahana 0,00 17,69 31,33 0 10,82 20,03 0 105,09 61,13
TOTAL 2,00 15,19 28,85 0 8,98 18,59 0 92,39 22,00
Région Vankinankaratra
Toposéquence Bas-fonds RMME Tanety
Sup/adoptant (are) Travail Couverture Association Travail Couverture Association Travail Couverture Association
minimal permanente /rotation minimal permanente /rotation minimal permanente /rotation
du sol du sol du sol
Antsirabe II 2,57 1,84 24,63 21,87
Betafo 1,09 3,95 2,00 2,57 8,52 13,00 48,79 13,78
Faratsiho 6,00 6,00
Mandoto 10,00 4,04 253,91 81,77 150,17
ix