Module 12 - section 2 : Archives
et pédagogie : les services
éducatifs
Brigitte Guigueno,
Xavier Laubie
30/10/2019 28/12/2024
Table des matières
Objectifs 4
1. Créer un service éducatif : pourquoi ? comment ? 6
1.1. Pourquoi ? Pour apprendre l'histoire autrement ..............................................6
1.1.1. Le document d'archives en complément du manuel d'histoire ...........................................8
1.1.2. L'histoire locale en complément de l'histoire nationale .......................................................9
1.1.3. L'histoire locale participe à l'éducation civique ....................................................................9
1.2. Comment ? Fonctionnement et moyens .........................................................10
1.2.1. Partenariat avec les enseignants ..........................................................................................10
1.2.2. Moyens matériels ...................................................................................................................11
2. Pédagogie sur le site des archives 14
2.1. Découverte d'un centre d'archives ..................................................................14
2.2. Étude du document d'archives ........................................................................15
2.2.1. Le document d'archives est difficile à exploiter ..................................................................16
2.2.2. Le document éduque au patrimoine ....................................................................................16
2.2.3. L'étude du document forme l'intelligence ...........................................................................16
2.2.4. La compréhension du document passe par des outils pédagogiques ...............................18
3. Montage et animation de module et séance pédagogiques 21
3.1. Les objectifs d'un module pédagogique ..........................................................21
3.2. Les critères de validation d'un module pédagogique .....................................21
3.3. Les étapes d'une séance pédagogique ............................................................21
3.3.1. La mobilisation de l'équipe enseignante .............................................................................22
3.3.2. L'élaboration de la séance (ou des séances) aux archives ..................................................22
3.3.3. Le déroulement de la séance ................................................................................................23
3.3.4. L'exploitation ultérieure .......................................................................................................23
3.4. Qu'attendons-nous des élèves ? ......................................................................23
3.5. Les éléments constitutifs d'un module pédagogique .....................................24
3.5.1. Exemple : étude d'une photographie ...................................................................................24
3.5.2. Exemple : étude d'un paysage à travers une affiche ............................................................25
4. Pédagogie à l'extérieur des archives 26
4.1. Les expositions itinérantes ...............................................................................26
4.1.1. Principes de base de l'exposition itinérante ........................................................................26
4.1.2. Les objectifs de l'exposition itinérante ................................................................................26
4.1.3. Les composantes d'une exposition itinérante .....................................................................27
4.1.4. Un outil culturel particulier : l'archivobus ............................................................................27
4.1.5. Cas pratique : emprunt d'une exposition .............................................................................27
4.2. Les ateliers pédagogiques ................................................................................27
4.2.1. Un exemple d'atelier : l'atelier d'écriture .............................................................................27
4.2.2. Un second exemple : l'atelier de fabrication de sceaux ou les signes de pouvoir .............28
2
Table des matières
4.2.3. L'atelier d'héraldique ............................................................................................................29
4.3. Les dossiers pédagogiques ...............................................................................29
4.4. Les publications pédagogiques .......................................................................30
4.5. Les atouts pédagogiques des sites Internet et des CD/ROM ..........................30
4.6. Les concours d'histoire .....................................................................................30
4.6.1. Les objectifs d'un concours d'histoire .................................................................................31
4.6.2. Les éléments constitutifs d'un concours .............................................................................31
4.6.3. La remise des prix ..................................................................................................................32
4.7. Les produits pédagogiques et leur diffusion ...................................................32
5. Que faire en l'absence d'un service éducatif organisé ? 34
5.1. Que peut-on faire pratiquement ? ...................................................................34
5.2. Que peut-on envisager à plus long terme ? .....................................................34
5.3. Que peut-on faire face à une demande ponctuelle d'un enseignant ? ..........34
5.4. Que peut-on faire avec un établissement scolaire ? .......................................35
6. Évaluation des connaissances 36
1. Questionnaires à choix multiples ...........................................................................36
2. Exercice : Mot croisé ................................................................................................36
Les galeries associées à ce module 37
Ressources annexes 38
Mentions légales 40
3
Objectifs
Description du module :
Ce module, consacré à la valorisation des archives, traite des possibilités d'exploitation pédagogique et
culturelle des documents. Pour l'archiviste, il s'agit de répondre à une demande grandissante des publics
dans une programmation diversifiée et de qualité, aux formes plurielles : aujourd'hui, plus de 60% des
visiteurs des Archives y viennent, non plus pour consulter les documents originaux, mais pour participer
aux manifestations culturelles et pédagogiques.
Les différentes actions proposées prennent en compte le territoire, les moyens humains et financiers du
service, les différents publics ainsi que les possibilités offertes par les nouveaux outils numériques. Il est
chaque fois important de se poser les questions suivantes :
Valoriser, pour qui ?
Valoriser, pour quoi ?
Valoriser, comment ?
Pour répondre à cette triple interrogation, le module se décline en quatre volets :
Section 1 - Introduction générale sur les nouvelles attentes et les nouvelles technologies.
Sections 2 à 4 - Le "socle" des actions fondamentales, validées par une longue pratique et qui ont
fait leurs preuves dans les services d'archives en France et ailleurs : les services éducatifs, l'action
pédagogique, l'exposition, la publication.
Sections 5 à 8 - "Les nouveaux territoires" de l'action éducative et culturelle, modes d'exploitation
des archives de plus en plus utilisés afin de correspondre à l'évolution de la société, des outils, au
nouveau regard porté sur le document : les lectures d'archives, l'ouverture aux arts et aux artistes,
le ludique et les actions collaboratives et réseaux sociaux.
Section 9 - Conclusion sur le rôle que peuvent jouer les archives pour la cohésion sociale et la
citoyenneté.
Le but du module est de :
Donner des indications très précises d'organisation d'une manifestation ou d'une séquence de
travail
Présenter des exemples dans chacun des domaines
Susciter l'envie de se lancer dans l'action
Permettre à chacun de se nourrir des expériences des autres
L'apprenant doit être en mesure de :
Participer avec les archives à la valorisation sociale et culturelle d'un territoire
Engager et encadrer des actions pédagogiques et culturelles
Développer de nouveaux publics, de proximité, éloignés ou empêchés.
4
Objectifs
Positionnement :
Le module valorisation (module 12), introduit par le développement sur les publics commun aux modules
11 et 12, prend la suite du module 11 sur la communication des documents d'archives dont il constitue la
prolongation naturelle permettant de créer un lien spécifique entre la notion de communication des
documents et leur exploitation pédagogique et culturelle.
Conseils d'apprentissage :
Il est préférable, avant d'aborder ce module, d'avoir pris connaissance du cours sur les fondamentaux
(modules 1 et 2), de l'introduction sur les publics ainsi que du module 11 sur la communication des
documents avec une attention particulière aux règles de communicabilité. La consultation du module 14
sur les modes de partenariat sera très profitable. Les cours consacrés à la gestion ne sont pas
indispensables pour ce module ouvert aux membres de structures associatives culturelles ou
pédagogiques.
5
1. Créer un service éducatif : pourquoi
? comment ? I
Introduction
Un service éducatif au sein d'un service d'archives a pour
mission première l'accueil des élèves pour un contact
direct des élèves avec les documents originaux afin
d'apprendre l'histoire autrement.
La spécificité commune à tout service éducatif : c'est
permettre l'accès au document "source" c'est-à-dire au
document original et plus largement au patrimoine écrit.
Le contact direct et immédiat du document original est un
des éléments indispensables du succès d'un service
éducatif d'archives.
-
Ce contact :
suscite et retient l'intérêt de
l'élève,
développe son esprit critique,
son sens de l'observation et
de la compréhension du
document,
favorise les conditions
d'exploitation pédagogique
du document,
permet de rendre l'histoire
proche des élèves qui y
Sceau équestre de Guillaume de Rochefort, chevalier, appendu sur puisent un certain sens du
simple queue de parchemin à un acte de 1281 relatif à la fondation civisme.
du prieuré de Saint-Magloire de Léhon.
1.1. Pourquoi ? Pour apprendre l'histoire autrement
Introduction
L'histoire générale éduque à la citoyenneté et à la responsabilité.
6
1. Créer un service éducatif : pourquoi ? comment ?
Image 1 illustration
L'histoire locale y participe : comment ?
7
1. Créer un service éducatif : pourquoi ? comment ?
1.1.1. Le document d'archives en complément du manuel d'histoire
Il faut faire immédiatement remarquer aux élèves la nette différence entre
le document original
et le produit du travail critique de l’historien.
Dans son parcours scolaire, l’élève apprend bien souvent les pages
d’histoire en consultant le traditionnel manuel d’histoire qui retrace
les événements historiques nationaux illustrés par quelques
documents commentés.
Pour la majorité des élèves, l'histoire se résume généralement à ce qui
est écrit dans les manuels scolaires et à la façon dont ils présentent
l'événement. Et qu'importe le travail en amont pour collecter
l'information, la replacer dans son contexte et la mettre en forme !
illustration
En se rendant aux Archives proches de son lieu de vie, l'élève peut consulter des documents originaux.
Il engage, avec l'aide de ses professeurs, une véritable réflexion sur le sens de l'histoire avec une
phase de questionnements et des conclusions.
Image 2 Arrêté départemental d'interdiction de la pêche de l'huître pendant les mois de mai, juin,
juillet et août "pour la conservation des bancs d'huîtres", Saint-Brieuc, le 22 mai 1792 (8 L 76).
Par cette démarche pédagogique l'élève peut mieux saisir la notion de "source" en histoire. Il est
amené à "faire de l'histoire" autrement et à comprendre qu'il s'agit d'une démarche scientifique
rigoureuse.
8
1. Créer un service éducatif : pourquoi ? comment ?
1.1.2. L'histoire locale en complément de l'histoire nationale
Le manuel d'histoire offre un regard sur l'histoire nationale.
La demande des enseignants est de privilégier l'exemple local permettant ainsi d'approfondir un point
du programme national.
L'histoire locale s'inscrit dans une histoire générale : les deux formes d'histoire ne s'opposent pas, elles
se complètent.
La consultation des documents d'archives permet d'écrire une histoire locale, comme en écho à
l'histoire nationale.
1.1.3. L'histoire locale participe à l'éducation civique
Introduction
Lʼhistoire locale, plus que lʼhistoire nationale, grâce au recours aux documents originaux, favorise
lʼéducation de citoyens responsables en permettant aux jeunes gens et jeunes filles de prendre eux-mêmes
conscience :
de la responsabilité des hommes dans l’histoire
et par conséquent de leur propre responsabilité dans leur vie de citoyen participant à l’action
locale de leur pays.
[Link]. Éducation à la citoyenneté
Le recours à des documents originaux montre aux élèves que des événements ou des personnages
dont il est question dans les programmes scolaires
ont été bien vivants
et font partie de
l’histoire nationale
mais aussi de l’histoire locale.
Ces événements et personnages deviennent ainsi proches, permettant aux élèves de se rendre
compte que l’histoire ne se fait pas loin d’eux, que leur localité et leurs ancêtres y ont participé.
Les élèves peuvent alors pressentir qu’ils sont aussi à leur façon "acteurs de l’histoire" avec tout ce
que cela implique… belle leçon de citoyenneté !
[Link]. Éducation à la responsabilité
L’étude de documents originaux au sein d’une histoire locale permet de découvrir en partie dans quel
contexte a eu lieu l’histoire générale dont il est question dans les manuels scolaires.
La recherche locale, éclairant ainsi l’histoire générale, permet de :
confronter les faits généraux aux réalités,
de relativiser des idées toutes faites.
Elle participe par cette confrontation aux documents, sources d’informations historiques, à la tentative
de mieux comprendre le passé des hommes :
permettant ainsi à une forme de tolérance de pénétrer les esprits
tout en prenant conscience de la responsabilité humaine dans certaines formes d’horreur.
La recherche locale par l’étude de documents originaux est donc une remarquable formation
au jugement éclairé,
à l’esprit critique (à ne pas confondre avec l’esprit de critique qui, lui, est négatif car destructeur
par son négativisme !),
9
1. Créer un service éducatif : pourquoi ? comment ?
à la responsabilité de citoyens qui seront un jour adultes et participeront à la vie politique,
administrative, sociale de leur pays pour une saine démocratie et bonne gouvernance (Voir
module 01 - Archives : pour quoi? pour qui? par qui?).
1.2. Comment ? Fonctionnement et moyens
Introduction
Distinguons l'enseignant qui accompagne sa classe et qui utilise les documents sources mis à sa
disposition pour les intégrer au mieux dans les programmes scolaires du professeur relais chargé du
service éducatif.
Le fonctionnement d'un service éducatif repose sur un partenariat entre le service des archives dans lequel
s'insère le service éducatif et les structures de l'Éducation nationale représentée par la présence d'un ou
de plusieurs professeurs chargés de préparer et d'animer les différentes séances pédagogiques. Ils
disposent dans le cadre de ce dispositif d'heures de décharge et d'heures complémentaires.
Pour plus de détails : Les dotations horaires
Ces professeurs peuvent bénéficier de dotations horaires.
Ainsi, en France, en accord avec l’Éducation nationale, des heures dites de décharge (elles sont
prises sur les heures de cours) ou des heures supplémentaires sont accordées à des professeurs
d’histoire pour l’animation des services éducatifs.
Aux Archives départementales, les décharges hebdomadaires attribuées par les rectorats restent
cependant modestes, allant de deux à cinq heures, rarement plus.
Quant aux frais de fonctionnement d’un service éducatif, ils sont prélevés sur les crédits
départementaux des Archives.
Le Centre historique des Archives nationales à Paris a mis, ces dernières années, à la disposition
du service éducatif un secrétariat et un budget de l’ordre de 10000 euros.
1.2.1. Partenariat avec les enseignants
Le professeur relais a un triple rôle :
d'information, de conseil et d'accueil,
de formation,
de médiation.
Ses attributions s'organisent autour de plusieurs axes :
l'accueil des classes,
la préparation et la conception de séances pédagogiques,
l'animation des séances,
la formation d'enseignants (dans le cadre de la formation initiale ou continue),
la participation à des expositions,
les travaux de publication et de valorisation des archives,
la diffusion de l'information auprès de l'ensemble des établissements scolaires.
10
1. Créer un service éducatif : pourquoi ? comment ?
Pour plus de détails... Complément
Le professeur relais de la politique académique (exemple de la France)
En France, le ministère de l'Éducation nationale exerce sa tutelle sur des subdivisions administratives,
les académies (trente depuis le décret n° 96-1141 du 26 décembre 1996).
Chaque académie est dirigée par un recteur. Celui-ci est nommé par le Président de la République et
représente le ministre de l'Éducation nationale au niveau régional.
Placés sous sa responsabilité, les services administratifs d'une académie constituent le rectorat.
Une Académie comporte plusieurs départements. À la tête de chaque département un inspecteur
d'académie, responsable de tous les services de l'éducation nationale, représente le recteur.
Dans le cadre de ses fonctions, le professeur-relais a pour mission de mettre en œuvre, dans son
domaine d'intervention, la politique académique d'action culturelle, établie sous la responsabilité de
l'inspecteur d'académie.
Il fait généralement partie d'une équipe départementale d'action culturelle qui réunit l'ensemble des
professeurs nommés dans les différentes structures culturelles d'un territoire (archives, musées...). Sa
participation à ce type de réunion fait du professeur chargé du service éducatif un véritable relais utile
et pratique entre les Archives et l'Éducation nationale.
Des conventions locales signées entre collectivités territoriales et rectorats ont parfois vu le jour. Elles
ont l'avantage de définir les rôles et les missions des professeurs chargés de l'animation des services
éducatifs.
1.2.2. Moyens matériels
Introduction
Outre le partenariat avec lʼÉducation nationale, quatre points fondamentaux déterminent les conditions
dʼexercice dʼun service éducatif :
des locaux adaptés,
des moyens financiers,
du personnel des archives mis à disposition du service éducatif,
une organisation du travail.
a) [Link]. La configuration architecturale du bâtiment
La structure d’un bâtiment d’archives doit prendre en compte les conditions de fonctionnement des
services éducatifs.
L’accueil des groupes scolaires exige des espaces appropriés, c’est-à-dire faciles d’accès et
suffisamment isolés du reste du service (notamment de la salle de lecture).
Les programmes de construction des bâtiments d’archives tiennent compte du circuit des élèves et de
leur condition d’accueil.
Les professeurs chargés des services éducatifs doivent disposer, à proximité immédiate de la salle des
séances, d’un bureau (voir à ce sujet le module 6 consacré aux bâtiments).
11
1. Créer un service éducatif : pourquoi ?
comment ?
[Link]. Des moyens financiers
Les principaux postes de dépenses sont :
les frais d’impression (catalogue d’exposition, dossiers pédagogiques publiés),
les travaux photographiques (pour exposition, ateliers pédagogiques),
les déplacements liés aux transferts d’exposition ou à des animations pédagogiques réalisées au
sein des établissements scolaires,
le matériel pédagogique (rétroprojecteur, vidéo projecteur, magnétoscope, ordinateur),
les frais d’entretien des espaces consacré au service éducatif : sonorisation de la salle de
conférences, liaison Internet…
les fournitures courantes.
Pour plus de détails... Complément
Budget des services éducatifs (exemple de la France)
En France, les services éducatifs ne disposent en général pas de ligne budgétaire spécifique. Les
dépenses nécessaires à leur bon fonctionnement sont faites sur le budget des structures où ils sont
implantés et sont prélevées sur plusieurs crédits (impression, acquisition de matériels, frais de
fonctionnement du véhicule de service...).
Les services éducatifs bénéficient donc d'une aide matérielle et financière importante pour leur
fonctionnement quotidien.
Dans certains cas même, l'intervention de l'exécutif départemental peut aussi prendre d'autres formes
comme la prise en charge par exemple du transport des élèves ou de la diffusion dans les collèges de
publications pédagogiques.
[Link]. La participation des agents des archives
Outre les moyens matériels et financiers, les services éducatifs ont à leur disposition, de manière
permanente ou ponctuelle des moyens humains. Les enseignants sont donc régulièrement assistés
dans leur tâche d’un ou plusieurs agents des Archives.
Le fonctionnement normal d’un service éducatif implique cette collaboration entre professeurs
relevant de l’Éducation nationale et agents exerçant leur fonction au sein d’un service d’archives.
Cette coopération permet au cours d’une animation pédagogique :
le regard pédagogique du professeur,
le regard de l'archiviste sur les fonds dont l'exploitation est possible.
Cette équipe bilatérale exige que les compétences de chacun soient clairement identifiées et
reconnues afin que toute initiative pédagogique puisse aboutir dans les meilleures conditions.
De même, lorsque l’équipe s’étoffe (recrutement de plusieurs professeurs, recrutement d’un animateur
pédagogique et culturel), il convient :
d’une part de prendre en compte les domaines de compétences de chacun en identifiant les
secteurs d’intervention de chaque agent,
d’autre part d’assurer un minimum de gestion et de suivi des opérations effectuées au cours
d’une année scolaire (fonction généralement assurée par un cadre des archives).
12
1. Créer un service éducatif : pourquoi ? comment ?
[Link]. Une organisation du travail et un suivi administratif
Le bon fonctionnement d’un service éducatif suppose enfin une organisation du travail rigoureuse et
méthodique.
Que faut-il gérer ?
les relations entre l’équipe des professeurs et les agents des archives,
la recherche et la réintégration des documents en vue de la préparation et du bon déroulement
des séances pédagogiques,
le calendrier d’occupation des salles pour l’accueil de classe ou des groupes de plus en plus
nombreux,
le suivi administratif des contacts établis avec les institutions de l’Éducation nationale et
l’ensemble des établissements scolaires,
le contrôle et la sécurité des documents communiqués lors des séances en vérifiant à l’issu de
chaque séance les liasses consultées,
le suivi des éléments statistiques (tableau de bord mensuel) et la rédaction de rapports annuels
d’activité.
13
2. Pédagogie sur le site des archives II
Introduction
Engager une démarche pédagogique aux Ar chives est essentiellement lʼoccasion de découvrir leur
mission patrimoniale et de sʼapproprier ainsi une mémoire collective.
Tous les aspects du patrimoine sont abordés :
le travail de collecte de la mémoire,
la gestion de cette mémoire,
les problèmes de conservation et de restauration,
les enjeux de la communication.
Il est en effet utile, avant d’entreprendre l’étude des documents d’archives, de voir :
pourquoi ils font partie du patrimoine local et national,
comment ils ont été rassemblés, conservés et classés pour être consultés par des lecteurs
diversifiés.
Des parcours au sein dʼun bâtimentdʼarchives permettent aux élèves la découverte des missions d'un centre
d'archives. Il leur est demandé en effet de pouvoir décrire le bâtiment, de savoir à qui et à quoi il sert,
avant de dire ce qu'est un document d'archives et son utilité.
2.1. Découverte d'un centre d'archives
La présentation de l'ensemble des Archives fait donc l'objet d'une séance particulière avec la visite du
bâtiment aidé d'un questionnaire type.
Exemple
Questionnaire de découverte d'un centre d'archives (proposé par les Archives départementales de Côte
d'Armor à adapter selon les réalités administratives de son pays, de sa région...)
1. Le Centre des Archives répond à des missions de service public. De quelle institution
administrative dépend-il ?
de la mairie ?
du Conseil général ?
du Conseil régional ?
de la Direction générale des Archives ?
etc. ?
2. Description du bâtiment vu de l'extérieur. On peut s'interroger sur plusieurs points :
Nombre de niveaux repérables
Localisation dans l'espace et dans le quartier
14
2. Pédagogie sur le site des archives
Signalétique : panneaux d'information, logo, texte d'accueil
Présentation de l'entrée et de l'accès du public
Dates de construction et d'inauguration du bâtiment
etc.
3. Configuration architecturale et missions du Centre d'archives :
Comment appelle-t-on les salles où sont conservés les documents d'archives ?
Je suis aux Archives et je souhaite y consulter des documents, dans quelle salle dois-je me
rendre ?
Je réceptionne un volume important de documents et un travail de classement s'impose :
où vais-je engager ce travail de classement ?
Chaque espace dans un bâtiment d'archives répond à trois grandes fonctions : quelles
sont-elles ?
etc.
4. Regard sur les lieux de conservation :
Quelle est la fonction première d'un bâtiment d'archives ?
Où range-t-on les documents d'archives ?
Pourquoi les étagères sont-elle métalliques ?
À quoi sert un fantôme ?
Pourquoi les documents sont-ils cotés ?
5. Observez les dessins ci-dessous : où est le bon Centre d'archives et pourquoi ?
Image 3 -
2.2. Étude du document d'archives
Introduction
Lʼélève doit pouvoir comprendre en profondeur le document puisque telle est la finalité de la démarche
pédagogique : se confronter au document pour se lʼapproprier.
Cʼest :
une démarche difficile,
une démarche qui favorise le développement de l’identité,
une démarche qui développe l’intelligence et le raisonnement des apprenants,
une démarche qui demande aux enseignants la mise au point d’outils pédagogiques.
15
2. Pédagogie sur le site des archives
2.2.1. Le document d'archives est difficile à exploiter
Il a d’abord été produit pour répondre à des objectifs administratifs, juridiques ou réglementaires et ne
répond certainement pas à des règles pédagogiques immédiates.
Il apparaît donc indispensable de mettre en place des dispositifs pour son exploitation afin que la
transmission de la connaissance de l’émetteur (l’enseignant) au récepteur (l’élève) soit pédagogique.
2.2.2. Le document éduque au patrimoine
Enseigner aux élèves comment étudier des documents, c’est leur permettre à leur tour d’en découvrir
l’intérêt historique et la valeur patrimoniale.
Cette éducation au patrimoine est essentielle car il s’agit pour les élèves de s’approprier soit leurs
racines, soit des éléments d’intégration.
C’est la raison pour laquelle il faut sélectionner et étudier des documents constitutifs de l’identité
culturelle d’une région.
2.2.3. L'étude du document forme l'intelligence
Introduction
La formation dans toutes les disciplines doit rendre capables de recevoir un enseignement dans un sain
esprit critique.
Appr
endre à étudier en profondeur des documents est dʼun excellent apport à la connaissance des
événements (document, du latin documentum ce qui sert à instruire et à enseigner) et à un jugement
serein et intelligent (formation du raisonnement).
[Link]. Le sens pédagogique du document
Au sens étymologique, le mot document vient du terme latin docere qui signifie "enseigner".
Le document sert à renseigner sur un fait ou sur un événement : selon les besoins ou les traditions
administratives, il prend des formes diverses (rapport, circulaire, lettre…).
Renseignement, enseignement et transmission d’une information : le document perçu dans une telle
perspective acquiert une valeur pédagogique liée à l’instruction, à la connaissance et au savoir-faire.
Exemple
Les rapports des autorités politiques ou administratives d’un pays peuvent apporter des
éléments sur la situation morale, politique et économique d’un territoire à une période donnée
ou à l’occasion d’événements particuliers, comme en période de guerre ou à l’occasion de
mouvements sociaux, comme on le constate dans ce rapport du préfet d’un département français
en 1936 :
Rapport mensuel du CABINET DU PREFET des COTES-DU-NORD
« Saint-Brieuc, le 25 juin 1936
Le Préfet des Côtes-du-Nord
à Monsieur le MINISTRE de L’INTERIEUR
(Direction Générale de la Sûreté Nationale. Cabinet du Directeur Général)
Conformément aux instructions de votre circulaire du 26 novembre 1934, j’ai l’honneur de
vous adresser mon rapport sur la situation dans les Côtes-du-Nord du 25 mai à ce jour.
SITUATION MORALE. - Les milieux républicains ont accueilli avec joie l’avènement du
nouveau Gouvernement. La psychose de panique qui a gagné les personnes appartenant
aux partis modérés s’est strictement limitée à cette catégorie de citoyens.
16
2. Pédagogie sur le site des archives
La population garde son sang-froid devant le mouvement social.
Chacun se plaît à reconnaître que le Gouvernement, malgré les difficultés de l’heure, a pu
maintenir la paix publique. L’opinion générale considère en outre qu’aucun
Gouvernement ne s’est trouvé placé aussi brusquement devant les conflits à résoudre, et
qu’il convient de ne pas compliquer sa tâche afin que " l’expérience " réussisse.
Le vote par le Parlement de certaines revendications de la classe ouvrière a eu un effet
modérateur auprès des militants syndicalistes. Chez les fonctionnaires, l’abrogation ou la
révision des décrets-lois a causé une légitime satisfaction, et un bon esprit règne dans les
Administrations.
Les conflits ouvriers n’ont revêtu qu’une minime importance; successivement l’industrie
et le commerce ont été touchés.
Grâce à la discipline des grévistes et l’intervention rapide des autorités, les accords ont pu
se faire promptement et sans incident. À l’heure actuelle quelques cahiers de
revendications sont encore à l’étude, mais tout permet d’espérer que d’ici quelques jours
la situation sera redevenue normale.
ACTIVITE POLITIQUE. - Le Front Populaire a fêté dignement la victoire républicaine. Aux
chefs-lieux et dans quelques cantons, les militants, par milliers, ont pris part aux
manifestations. Précédés du drapeau tricolore et du drapeau rouge, les cortèges ont
parcouru les rues aux chants alternés de la Marseillaise et de l’Internationale.
Le hasard a voulu que cette fête coïncide avec le jour où, dans de nombreuses villes des
Côtes-du-Nord, se déroule la traditionnelle procession de la Fête-Dieu. Néanmoins, les
cortèges ont suivi chacun leurs parcours dans le calme et la dignité.
La dissolution des Ligues factieuses a été faite dès réception de votre circulaire. La section
des Croix de Feu de St Brieuc a vainement tenté d’organiser, le 21 courant, une réunion à
Saint-Julien. Averti en temps utile, j’ai pu prendre toutes dispositions et les organisateurs
ont dû se séparer sans avoir pu réaliser leur projet.
TRAFIC DES ARMES ET DES MUNITIONS. – Rien à signaler
»
PROPAGANDE PAR AFFICHE ET TRACTS. - Le Comité des Forges a fait placarder, à Dinan et
à Saint-Brieuc, de nombreux exemplaires d’une affiche jeune intitulée "Le Comité des
Forges répond" - "Le journal l’Humanité", etc.
[Link]. La lecture d'un document sert d'exercice au raisonnement
La lecture d’un document d’archives est un temps formateur où l’attention se porte tant sur la forme
que sur le fonds du document étudié.
Plusieurs étapes jalonnent cette lecture :
je repère le type de document,
je prends connaissance d’une ou de plusieurs informations (objet principal et objets
secondaires),
je repère la structure de l’information et l’organisation des données,
je discerne les éléments suivants : auteur de l’écrit, destinataire, date,
je hiérarchise les faits afin de les restituer de façon organique et argumentée.
Cette méthodologie participe à la construction du savoir. Le questionnement d’un ou de plusieurs
documents est un moyen pour la formation intellectuelle d’un élève. La lecture d’un document conduit
l’élève à raisonner, à s’interroger et à éveiller son esprit critique. Le document devient une source
d’interrogation critique.
17
2. Pédagogie sur le site des archives
Exemple
Reprenons le rapport du préfet (cf. Rapport du préfet) et appliquons notre grille de lecture :
Repérage du document : il s’agit d’un rapport mensuel de juin 1936.
Objet principal du rapport : la situation d’un département en période de troubles.
Objet complémentaire : quelle est la situation morale et politique ?
Structure de l’information : en-tête, date du document, titulature, présentation des faits,
dispositif et conclusion.
2.2.4. La compréhension du document passe par des outils pédagogiques
Introduction
La dynamique pédagogique des archives consiste à "faire parler" les documents. Il sʼagit désormais
dʼinterpréter les textes et les documents soumis à lʼétude.
Il convient donc dʼapprendre aux élèves à "faire parler" les archives, cʼest-à-dire à les identifier et à les
décrire ; ils doivent se poser les questions suivantes :
que m’apprend le document ?
quelle conclusion je peux en tirer ?
Des moyens pédagogiques adaptés à différents niveaux et des grilles de lecture sont indispensables et
doivent être élaborés.
Ce travail pédagogique fondamental exige la mise en forme d’outils intermédiaires, appelés clés de
lecture, facilitant la compréhension du document lui-même.
Ces "clés de lecture" peuvent prendre différentes formes :
des notices explicatives,
des transcriptions partielles,
des questionnaires sur le texte ou grilles d’enquête,
des légendes.
[Link]. Les notices explicatives
Une notice explicative permet de présenter très succinctement le document (cote, date, dimension,
auteur, destinataire) et de le situer dans son contexte historique.
Exemple
Un rapport rédigé par une autorité politique ou administrative est un document daté ; il est rédigé dans
un contexte historique spécifique ; il peut commémorer un événement précis ; il décrit la situation d'un
pays sur le plan économique et social, etc.
Proposons donc à titre d'exemple la notice correspondante au rapport du préfet (cf. Rapport du préfet)
cité plus haut :
Le rapport du préfet du département des Côtes-du-Nord en date du 25 juin 1936 présente la situation
de son département tant sur le plan politique que sur le plan économique et social. Les élections
d'avril-mai 1936 viennent alors de se dérouler dans un climat social très tendu (grèves, lutte politique).
Le Front Populaire gagne les élections. Il doit conduire le nouveau gouvernement (gouvernement
socialo-radical). Les lois sociales de 1936 (congés payés, conventions collectives, semaine de quarante
heures) plantent le décor national dans lequel le préfet rédige son rapport mensuel.
18
2. Pédagogie sur le site des archives
[Link]. Les transcriptions partielles
La transcription est utile dans le cas de documents difficiles à lire. C'est le cas par exemple d'un
document manuscrit qu'il soit ancien ou récent. On peut alors transcrire, c'est-à-dire de recopier de
façon lisible, un passage du texte sur lequel on veut attirer précisément l'attention de l'élève.
Exemple
Toujours dans le cadre du rapport du préfet en date du 25 juin 1936 il serait intéressant de reprendre
le paragraphe consacré aux activités politiques. Il montre comment l'arrivée au pouvoir du Front
Populaire et la "victoire républicaine" ont été accueillis et célébrés par les habitants du département
des Côtes-du-Nord marqué par ailleurs par des fêtes religieuses traditionnelles.
Relisons cette partie du rapport :
« Le Front Populaire a fêté dignement la victoire républicaine. Aux chefs-lieux et dans
quelques cantons, les militants, par milliers, ont pris part aux manifestations. Précédés du
drapeau tricolore et du drapeau rouge, les cortèges ont parcouru les rues aux chants
alternés de la Marseillaise et de l'Internationale.
»
Le hasard a voulu que cette fête coïncide avec le jour où, dans de nombreuses villes des
Côtes-du-Nord, se déroule la traditionnelle procession de la Fête-Dieu. Néanmoins, les
cortèges ont suivi chacun leur parcours dans le calme et la dignité.
[Link]. Les grilles d'enquête ou questionnaires
Cela consiste à établir une grille type qui permet d'interroger un document comme s'il s'agissait d'une
enquête sur une personne.
Exemple
Reprenons le rapport du préfet (cf. Rapport du préfet) .
Type de document : registre - lettre – rapport ?
Il s'agit d'un rapport écrit
Forme du document : tableau – liste – ensemble de textes – plan - carte ?
C’est un texte
Type d’écriture : manuscrit – imprimé – imprimé et manuscrit ?
Document manuscrit avec des éléments imprimés
Le document a-t-il un titre ?
Il s'agit d'un rapport mensuel du préfet
De quand date le document ?
25 juin 1936
Par qui est-il signé ?
Par le Préfet des Côtes-du-Nord
Quel est le destinataire ?
Le ministre de l’Intérieur
Où a-t-il été rédigé ?
À la préfecture des Côtes-du-Nord, précisément au cabinet du préfet
Que nous apprend le document ?
19
2. Pédagogie sur le site des archives
Il nous présente la situation morale, politique, économique et sociale du département des
Côtes-du-Nord à la suite de la victoire du Front Populaire
Petite notice explicative possible présentant le contexte historique dans lequel le rapport a été
rédigé :
La victoire du Front Populaire est accueillie avec des manifestations festives par ses
partisans, dans l’inquiétude par les modérés, mais dans le [Link] juin 1936, la vague de
grèves touche aussi les Côtes-du-Nord.
20
3. Montage et animation de module et
séance pédagogiques III
Introduction
Quels sont les objectifs d'un module pédagogique ?
Comment valider son contenu ?
Quels sont les éléments constitutifs d'un module ou d'une séance pédagogique ?
Comment le préparer et l'élaborer ?
3.1. Les objectifs d'un module pédagogique
Un module pédagogique consiste à proposer, aux enseignants et à leurs élèves, un parcours
pédagogique élaboré à partir de documents d'archives sur un sujet clairement identifié.
Ce parcours a pour point de départ une thématique illustrée par un ensemble de documents. Il
propose aux élèves une série d'étapes pour s'approprier les documents et aboutir à des conclusions
sur le sujet étudié.
Pour franchir toutes les étapes d'un module, plusieurs séances pédagogiques sont parfois nécessaires.
3.2. Les critères de validation d'un module pédagogique
Quatre critères permettent d’évaluer, à tout moment, la pertinence et l’intérêt d’un module
pédagogique :
il doit être en parfaite adéquation avec les programmes scolaires en vigueur,
il doit être validé tant sur le fond que sur la forme par les professeurs chargés du service éducatif,
il doit présenter une lecture d’événements historiques locaux, exploitables et utilisables dans le
cadre d’un enseignement plus général,
il doit permettre aux élèves de bien comprendre le sujet étudié.
3.3. Les étapes d'une séance pédagogique
Introduction
L'animation du module ou d'une séance est assurée par le professeur chargé du service éducatif, voire par
l'enseignant lui-même.
Préparer une séance est un important travail. Il est conseillé alors de suivre une démarche cohérente et
rigoureuse qui peut se décliner en quatre étapes.
21
3. Montage et animation de module et séance pédagogiques
3.3.1. La mobilisation de l'équipe enseignante
La qualité d’une séance dépend beaucoup de la mobilisation initiale de l’équipe enseignante.
Un projet pédagogique est porté en tout premier lieu par un établissement scolaire, par une équipe
d’enseignants. Le service éducatif participe au montage du projet éducatif avec l’équipe enseignante.
Cette première phase se découpe de la façon suivante :
une prise de contact entre les enseignants et l’équipe du service éducatif afin d’étudier la
faisabilité et la conception du projet pédagogique aux archives : on doit tenir compte d’une part
du niveau des élèves et de leur motivation et d’autre part de la nécessité de définir le rôle de
chacun ;
un parcours pédagogique (cherchant à faire jouer l’interdisciplinarité) à élaborer en fixant des
objectifs clairs et des étapes précises ;
une préparation préalable avec les élèves (mise en condition, consigne à respecter, objectifs à
fixer).
3.3.2. L'élaboration de la séance (ou des séances) aux archives
Lorsque les intentions pédagogiques de l'équipe enseignante sont cadrées et que les objectifs de
travail sont clairement identifiés s'ouvre la seconde phase : la sélection de documents d'archives.
Cette étape est fondamentale car elle pose deux questions majeures :
Que voulons-nous transmettre comme information et comme connaissance aux élèves ?
Quels sont les documents les plus pertinents qui vont permettre aux élèves de s'approprier le
sujet étudié ?
Le bon déroulement d'une séance passe par une sélection rigoureuse et logique de documents
d'archives à partir desquels l'élève sera capable de dégager les points essentiels du sujet retenu. Cette
sélection doit prendre en compte un certain nombre de critères :
la lisibilité du document,
l'état de conservation du document et la fragilité des supports,
sa communicabilité,
sa relation avec le sujet retenu.
Lorsque la compréhension ou la lecture d'un document s'avère plus difficile, quelques outils
complémentaires d'aide à la lecture doivent être rajoutés, comme par exemple :
des transcriptions intégrales ou partielles,
des notices explicatives,
des légendes,
un lexique,
des repères chronologiques…
Dans tous les cas, le fil conducteur reste la thématique de la séance à partir de laquelle tous les
documents exploités vont trouver une unité.
22
3. Montage et animation de module et séance pédagogiques
3.3.3. Le déroulement de la séance
Les élèves sont désormais arrivés sur le site des Archives et la séance doit bien évidemment tenir
compte des impératifs horaires.
Le déroulement de la séance pédagogique se découpe également en plusieurs étapes :
rappel des consignes, des objectifs et du sujet étudié,
mise en condition de travail (répartition en groupe),
présentation des objectifs par groupe,
découverte des documents,
lecture et travail sur document (à l’aide de questionnaires ou d’autres "clés" conçues à cet effet),
mise en commun des résultats (à l’aide d’un tableau synthétique)
bilan et évaluation.
C’est un temps "privilégié" car l’élève est directement mis en situation de "chercheur" et d’historien. Il
est au contact avec les documents originaux.
3.3.4. L'exploitation ultérieure
Même si un bilan rapide a été dressé à l'issue de la séance, il est conseillé d'en faire un second plus
approfondi quelques jours après la séance.
L'évaluation des connaissances acquises se fait sous la conduite des enseignants, au sein de
l'établissement scolaire. Il lui appartient désormais de réinvestir ces connaissances dans le programme
scolaire. C'est bien là sa fonction première.
L'équipe du service éducatif assure également de son côté un bilan de l'activité réalisée. Les
enseignants sont appelés à participer à cette évaluation afin d'améliorer, si nécessaire, le module
pédagogique lui même.
Des exploitations ultérieures peuvent prendre forme. Elles permettent aussi de vérifier les
connaissances des élèves et leur compréhension des événements :
réalisation d'une exposition,
rédaction d'un écrit illustré,
conception d'un CD/ROM ou d'un site Internet, etc.
3.4. Qu'attendons-nous des élèves ?
Qu'attendons-nous donc des élèves ? Avant tout de savoir identifier et analyser un document.
Cet objectif est fondamental dans le déroulement d'une séance pédagogique.
Mais aussi :
une compréhension des consignes qui vont leur permettre de s'approprier progressivement
(avec des étapes de travail) le sujet étudié,
un esprit de synthèse capable de pouvoir dégager des "fils conducteurs" entre les différents
documents traitant la question,
un moment de travail et de réflexion,
une capacité enfin à transmettre, sous des formes variées, les résultats d'un travail de recherche
et d'analyse.
23
3. Montage et animation de module et séance pédagogiques
3.5. Les éléments constitutifs d'un module pédagogique
Introduction
Quels sont les éléments constitutifs d'un module pédagogique qui permettront aux élèves de répondre
aux attentes qui viennent d'ê
tre décrites ?
un sujet d'étude,
des documents préalablement sélectionnés et censés illustrer le sujet étudié,
des questionnaires permettant l'exploitation du sujet,
des pistes d'exploitation complémentaires (bibliographie, sélection de cédéroms sur le sujet, sites
Internet, etc.),
des outils d'évaluation.
Cela convient aussi bien à un document écrit qu'à des documents figurés.
Prenons le cas pratique de documents iconographiques qui peuvent, par exemple, servir à l'étude d'une
ville, d'une région ou de bien d'autres sujets :
le cas d'une affiche,
le cas d'une photographie.
3.5.1. Exemple : étude d'une photographie
Objectif : étudier une ville à travers une photographie
La démarche consiste à :
présenter la photographie
l'observer et la décrire,
l'analyser
PRÉSENTER
La présentation du cliché doit amener les éléments suivants :
la nature du document
l'origine : auteur, éditeur, parution, utilisation
la date : celle-ci a-t-elle une signification ? dans quel contexte s'insère le cliché ?...
le format, les couleurs et l'appareil utilisé
OBSERVER ET DÉCRIRE
Il convient d'aller du général au particulier (quel est le sujet principal de la photographie ?) au
particulier (quels sont les détails les plus significatifs ?). Cette description de la composition de la
photographie doit retrouver les choix techniques du photographe : le format, l'échelle des plans,
l'angle, le cadrage, la composition et les codes utilisés.
ANALYSER
L'analyse doit donner du sens à l'ensemble de la description, en créant une cohérence entre toutes les
informations discernées. Son message compris, le cliché peut être évalué, c'est-à-dire regardé avec un
esprit critique. Quelle était la fonction de cette photographie ? Informer, décrire, témoigner, dénoncer,
symboliser, créer une émotion ?...
24
3. Montage et animation de module et séance pédagogiques
3.5.2. Exemple : étude d'un paysage à travers une affiche
L'affiche est un moyen d'expression particulier très répandu de nos jours. Son origine est liée au
développement de la publicité qui apparaît dès le XIXe siècle.
Destinée tout d'abord à informer le client et à le convaincre d'acheter, l'affiche va rapidement
intéresser les partis politiques qui y voient un moyen de "propagande" ou de "publicité" : c'est ce type
d'affiche que l'on étudie le plus souvent avec des élèves.
La démarche proposée se déroule en trois étapes :
présenter l'affiche,
l'analyser
et l'évaluer.
PRÉSENTER
Quel est le sujet de l'affiche ? (but politique, commercial, culturel)
Quelle est la date de l'affiche : il est indispensable de situer l'époque à laquelle l'affiche a été
utilisée en précisant le contexte politique.
Où a-t-elle été diffusée et réalisée ?
Quel est la taille de ce document ? Il est intéressant de connaître le format de l'affiche. Un format
géant est par exemple révélateur d'une propagande organisée car il faudra réserver des
emplacements spécifiques.
ANALYSER
L'analyse doit conduire à identifier le plus clairement possible le message de l'affiche.
1. Analyse de l'image
Comment est-elle construite ?
Quelle est la nature du dessin (naïf, stylisé, figuratif, etc.)
La ou les couleurs jouent-elles un rôle ?
Quelle est la valeur suggestive ou symbolique de chaque élément dessiné (décors,
personnages, attitudes, physionomies...)
2. Analyse du texte (Il est rare que l'affiche ne soit pas accompagnée d'un texte qui précise et
renforce le message).
Il faut en apprécier la simplicité ou la complexité
Il faut en mesurer le rôle (incitation, mise en garde, conseil, etc.)
3. Synthèse image-texte
Elle permet d'énoncer clairement le message que celui qui a commandé l'affiche a voulu faire
passer.
ÉVALUER
Évaluer, c'est regarder l'affiche avec esprit critique.
Qui a commandé l'affiche et quelles sont ses intentions ?
Qui est concerné par le message et pourquoi ?
Comment le message a-t-il été perçu ?
Quels ont été les résultats et conséquences ?
25
4. Pédagogie à l'extérieur des archives IV
Introduction
L'histoire par l'étude des documents constitue une formation si importante dans l'éducation à la
citoyenneté et à la responsabilité qu'il ne suffit pas de la donner à ceux qui se déplacent en venant au
bâtiment des archives.
Il faut également la proposer à tous les élèves qui n'ont pas la possibilité de se rendre au sein d'un centre
d'archives par l'utilisation de moyens pédagogiques appropriés à la diffusion.
4.1. Les expositions itinérantes
Introduction
Il convient dʼappliquer aux expositions itinérantes la mêmerigueur scientifique et la mêmerecherche
esthétique quʼaux expositions conçues pour ester
r dans le bâ
timent des Ar
chives.
Toutefois la mise à la disposition dʼun public lointain répond à certains points particuliers.
4.1.1. Principes de base de l'exposition itinérante
Il y a deux grands principes de base :
L'accès au patrimoine écrit : certains établissements scolaires sont éloignés géographiquement
du Centre des Archives. Emprunter des expositions "itinérantes" (accompagnées de nombreuses
reproductions de documents) offre une formule "culturelle" intéressante et motivante parce
qu'elle facilite l'accès au patrimoine écrit.
Le prêt (avec contrat de prêt à l'appui) des supports pédagogiques dotés de toute une série
d'exploitations pédagogiques proposés aux élèves, à une classe ou un établissement scolaire
constitue la condition sine qua non de l'accès au patrimoine écrit.
4.1.2. Les objectifs de l'exposition itinérante
Pour le service des archives :
un emprunt facile : aucune assurance de documents puisqu'il ne s'agit que de reproductions,
une ouverture du "monde" des archives vers l’extérieur : on "exporte" les activités pédagogiques
!
l’occasion de nouer et d’engager des contacts entre établissements et de promouvoir le
patrimoine écrit : une véritable "carte de visite" d’un service éducatif !
Pour l'établissement scolaire :
une exploitation possible au sein d’un établissement scolaire par une ou plusieurs classes,
une éventuelle prolongation de l’activité à la suite d’un déplacement aux Archives,
un moyen pour limiter les coûts de transports des classes,
une autonomie totale de l’équipe enseignante qui emprunte l’exposition.
26
4. Pédagogie à l'extérieur des archives
4.1.3. Les composantes d'une exposition itinérante
Au niveau du contenu :
un sujet d'étude,
des outils pédagogiques immédiatement exploitables (réalisation de maquettes,
questionnaires…),
des travaux pratiques et des exercices à réaliser en classe (à partir de reproductions de
documents originaux)
des supports de cours pour les enseignants,
Au niveau du contenant :
des panneaux pédagogiques simples, faciles à lire et à exploiter,
des reproductions de documents (diapositives, photographies, CD/ROM),
du matériel résistant et facilement transportable.
4.1.4. Un outil culturel particulier : l'archivobus
L’archivobus est un véhicule, généralement financé par la collectivité territoriale, qui permet à
l’ensemble de la population locale de bénéficier gratuitement d’un outil culturel de proximité,
grâce à des expositions itinérantes.
Mis à la disposition des établissements scolaires, spécialement de ceux implantés en zone rurale, ce
dispositif a pour objectif premier de faire connaître le patrimoine d’une collectivité sur l’ensemble d’un
territoire.
Un animateur pédagogique accompagne généralement l’archivobus dans ses déplacements.
Les élèves peuvent alors consulter et étudier au sein même de leur établissement des documents
conservés aux Archives qui viennent illustrer les cours d’histoire, de géographie ou d’instruction
physique.
4.1.5. Cas pratique : emprunt d'une exposition
Cas pratique : emprunt d'une exposition (cf. cas_pratique.swf)
4.2. Les ateliers pédagogiques
Introduction
L'atelier permet dʼassocier la présentation historique dʼun thème à la réalisation dʼexemples concrets
(ateliers pratiques).
Ces ateliers peuvent se réaliser aussi bien aux Ar
chives quʼau sein des établissements scolaires (système
du prêt des ateliers pédagogiques, un peu comme le principe dʼune exposition itinérante).
4.2.1. Un exemple d'atelier : l'atelier d'écriture
L’atelier d’écriture (parfois appelé atelier de calligraphie) a pour but d’initier les élèves aux différentes
façons d’écrire depuis le Moyen-Âge jusqu’à nos jours. Il y est utilisé des techniques d’écriture
d’autrefois.
Une pratique active à partir de documents originaux fait comprendre combien lire et écrire a pu
être un privilège à certaines époques.
L'étude puis la production de documents, tout en développant l’esprit critique, permettent d’améliorer
les capacités d’analyse et la rapidité d’exécution des élèves.
27
4. Pédagogie à l'extérieur des archives
L'intérêt pédagogique de cet atelier permet une approche dynamique et concrète :
du rôle majeur de l’Église dans la vie culturelle et scientifique,
de l’importance de l’écrit comme facteur d’unité politique et de centralisation du pouvoir civil,
de l’évolution des techniques (l’imprimerie supprime les copistes).
4.2.2. Un second exemple : l'atelier de fabrication de sceaux ou les signes de
pouvoir
L’atelier "sceaux" se propose d’initier les élèves à la sigillographie, c’est-à-dire à l’étude des sceaux et
des cachets.
Le sceau est une empreinte en relief obtenue par l'impression, sur une matière suffisamment
malléable, d'une matrice dure gravée en creux, portant l'effigie ou la représentation symbolique d'une
personne physique ou morale.
Le cachet est une plaque de matière dure gravée avec laquelle on imprime une marque.
Trop souvent réservée à un milieu d’érudits, la sigillographie s’ouvre au public scolaire.
Il s’agit là d’un choix pédagogique qui associe la découverte des actes authentiques à une pratique
concrète de moulage de sceaux :
chaque élève, en effectuant son propre moulage va découvrir le sens du sceau ;
la réalisation d’un sceau est aussi l’occasion de réfléchir
sur la symbolique du pouvoir seigneurial et ecclésiastique,
sur la vie quotidienne (vêtements et métiers),
sur la société médiévale (le Chevalier, la Dame),
sur l’armement du chevalier (sceaux équestres).
L’atelier, d’une durée de deux heures, s’accompagne d’un dossier descriptif, avec des diapositives
commentées et des reproductions photographiques, sur :
les types de sceaux,
leur forme,
leur taille,
et autres éléments de description.
Étude d'un sceau Exemple
Le sceau présenté est celui de l'Abbaye de Beauport. Cette abbaye maritime est implantée en Bretagne
(du côté de Paimpol). Dès le milieu du XVe siècle l'abbé de Beauport, situé à l'avant du navire (proue de
la nef), obtient le droit de porter la crosse face à l'évêque du diocèse, mitré et tenant une croix d'argent
situé sur le sceau de Beauport à l'arrière du navire (poupe de la nef).
Atelier de fabrication de sceaux ou les signes de pouvoir (cf. [Link])
Les signes de pouvoir
Plus largement, un travail sur les signes de pouvoir peut être proposée dans le cadre de cet atelier. Il
s'agit, à travers la lecture de documents (et tout particulièrement les "en-têtes") d'identifier et de
repérer les signes d'une autorité administrative qui détient le "pouvoir" de l'écrit. La lecture des logos
actuels s'inscrit dans cette continuité historique et administrative.
28
4. Pédagogie à l'extérieur des archives
4.2.3. L'atelier d'héraldique
L’héraldique est une science qui se consacre à l’étude du blason et des armoiries : c’est l’occasion
d’étudier les armoiries d’une famille, d’une ville, d’un État .
Les élèves :
Vont s’initier aux règles de base de l’héraldique à l’aide d’un cahier de découverte et de
questionnaires ;
ils apprennent à décoder les armoiries par l'observation de blasons comme ceux des villes, des
corporations de métiers et autres ;
ils acquièrent ainsi un certain sens de la symbolique les amenant à une faculté d'abstraction
propice à leurs études.
Cette familiarisation avec le monde de l’héraldique aboutit à une activité manuelle : la
fabrication d’un blason.
Ils réalisent en effet leur propre blason ; cela leur permet de matérialiser les connaissances acquises et
chacun repart satisfait avec son écu, comme un chevalier du Moyen-Âge !
4.3. Les dossiers pédagogiques
Le service éducatif prépare également des dossiers permettant d'illustrer des cours d'histoire.
Chaque dossier comprend :
des recueils de textes exploitables par les enseignants,
un ensemble de documents et de références,
des pistes d'exploitation pédagogique.
Exemple
Prenons le cas d'un dossier pédagogique sur la population :
Le document d'étude par excellence est le dénombrement de population. On pourra trouver dans un
dossier pédagogique
des ouvrages de références : par exemple des monographies communales (dans le cas de l'étude
de la population pour une commune précise),
des documents sources : les recensements classés généralement chronologiquement et par
commune,
des grilles d'exploitation : un dénombrement permet de recomposer une famille, de repérer des
professions aujourd'hui disparues.
29
4. Pédagogie à l'extérieur des archives
4.4. Les publications pédagogiques
Ces dossiers thématiques font l'objet de publications imprimées
proposées à la vente auprès de tout public.
Ces publications se constituent généralement de reproductions de
documents originaux transcrits et commentés, accompagnés de
suggestions d'utilisation en classe.
Les sujets traités peuvent être très diversifiés :
la presse,
la citoyenneté,
la vie quotidienne,
l'enseignement,
les révolutions,
les guerres, etc.
La réalisation de productions pédagogiques de ce type exige des
moyens financiers. Des subventions peuvent parfois compléter les illustration
crédits dégagés par les services d'Archives.
4.5. Les atouts pédagogiques des sites Internet et des CD/ROM
Aujourd'hui l'enseignement de l'histoire passe par l'utilisation et l'exploitation de nombreux sites
Internet.
Les services éducatifs ne peuvent ignorer ces nouvelles formules pédagogiques : ils sont conduits à
réaliser et à proposer des actions pédagogiques en ligne.
Les atouts d'une telle démarche pédagogique sont riches :
cela permet d'engager un enseignement "en ligne" en complément de l'enseignement
"traditionnel",
la possibilité pour les enseignants d'utiliser des documents d'archives sous forme d'images
haute définition,
enfin la capacité à exploiter des documents en utilisant toutes les techniques offertes par les
nouveaux médias :
agrandissement de détails de l'image,
ouverture de fenêtres pour les transcriptions,
textes complémentaires ou explicatifs de points particuliers,
animations sonorisées, etc.
4.6. Les concours d'histoire
Introduction
Des concours dʼhistoire peuvent parfois être organisés par les services d'Archives. Ils sont souvent
l'occasion de comprendre comment se construit l'histoire et quels sont les matériaux qu'il convient
d'exploiter pour lʼécrire ?
30
4. Pédagogie à l'extérieur des archives
Ils permettent généralement de répondre aux questions suivantes :
Comment l'historien travaille-t-il ?
Où trouve-t-il les informations dont il a besoin ?
Comment vérifie-t-il ses hypothèses ?
4.6.1. Les objectifs d'un concours d'histoire
Concevoir un concours à partir des sources d'archives répond à un triple but :
susciter une formule d'enseignement de l'histoire plus vivante et plus concrète : participer à
un concours est un bon moyen pour des élèves et l'équipe enseignante d'aborder l'histoire au
travers de documents originaux et d'engager une réflexion sur l'enseignement de l'histoire ;
aider les jeunes élèves (ou les moins jeunes) à s'enraciner dans leur culture régionale en les
sensibilisant à la richesse du passé du lieu où ils vivent en s'appuyant sur des documents locaux
censés illustrés leurs dossiers ;
donner enfin le goût de la recherche personnelle et scientifique par l'exploitation rigoureuse
et systématique de la documentation historique repérée dans les fonds d'archives.
4.6.2. Les éléments constitutifs d'un concours
L'organisation d'un concours suppose de réfléchir sur un certain nombre d'éléments importants
constitutifs d'un concours :
Un sujet :
les participants au concours élaborent et développent des dossiers à partir d'un thème bien
défini et délimité dans le temps. Si le concours a une périodicité annuelle, le choix du thème doit
être rediscuté chaque année.
Une publicité sur le concours :
c'est là un point essentiel : il est capital d'utiliser tous les moyens de communication (presse
locale et nationale, revues spécialisées, médias, Internet, courriers officiels, etc...) pour porter à
la connaissance de tous l'existence du concours et les conditions pour y participer ;
l'utilisation des nouvelles technologies devrait favoriser une diffusion plus importante ;
il convient également d'assurer la diffusion dans des délais suffisamment longs pour une
meilleure participation des candidats.
Un règlement :
participer au concours suppose d'établir les "règles du jeu" ; le règlement doit être le plus précis
possible ; le règlement accompagne la diffusion.
Un public ciblé et des candidats variés :
tout concours s'adresse à un public déterminé à l'avance : il faut donc être précis : à qui
s'adresse le concours et qu'attendons-nous des participants ?
des indications précisent le contenu et le descriptif des dossiers, en proposant, si nécessaire, des
niveaux d'appréciation différents selon des catégories de participants (associatifs ou scolaires
par exemple) ;
ces indications sont mentionnées clairement dans le règlement.
Un jury :
la sélection des dossiers se fait par un jury qui se réunit spécialement à cet effet, quelques
semaines avant la remise des prix ; il examine l'ensemble des dossiers et sélectionne les dossiers
les plus pertinents y compris ceux ayant recours à la vidéo ou aux nouvelles technologies.
31
4. Pédagogie à l'extérieur des archives
Des prix :
livres, CD/ROM et vidéos, objets d'art, voyages, attribution d'une récompense financière : les prix
sont variés et nombreux; ils doivent être attractifs ;
la quête de partenaires public ou privés (via le mécénat) à l'échelon local, régional et national
peut s'avérer parfois fructueuse ;
le jury peut décerner plusieurs prix répartis en plusieurs séries selon les niveaux des
participants.
Un budget :
les dépenses occasionnées par l'organisation d'un concours sont à déterminer soigneusement ;
il est indispensable de tenir une comptabilité rigoureuse pendant toute la durée de la
préparation et de la tenue du concours.
4.6.3. La remise des prix
On entre dans la phase finale du concours : rien ne doit être oublié !
Les contacts établis dans le cadre de la préparation du concours ont fait l’objet de courriers
officiels (jury, invitation).
Les élus sont informés assez tôt du jour de la remise des prix.
Des cartons d'invitation sont adressés à l’ensemble des partenaires et des participants.
Les médias sont informés de la date de remise des prix.
Un vin d’honneur (ou buffet) est à prévoir.
Une présentation des dossiers retenus est à organiser.
Les interventions de chacun sont programmées.
La vérification du matériel (micro, vidéo-portable, écran) est nécessaire.
4.7. Les produits pédagogiques et leur diffusion
Dès qu’un outil pédagogique est élaboré, il convient de le faire connaître, surtout s’il répond à une
partie du programme scolaire (ce qui est un des critères essentiels de la mise en forme d’un nouveau
support pédagogique).
Cette diffusion de l’information est fondamentale et s’exerce en priorité auprès des établissements
scolaires voire par l’intermédiaire des instances de l’Éducation nationale.
L’ensemble des établissements scolaires doit être touché.
32
4. Pédagogie à l'extérieur des archives
Les services d'Archives peuvent assurer cette
diffusion de diverses façons en se servant de moyens
relativement traditionnels qui continuent à faire leur
preuve (dépliants, affiches, bulletins et réunions
d'informations) ou en profitant de l'apport des
technologies informatiques.
Afficher d'autres vues : (cf. ) (cf. p.38)
(cf. dépliant recto) (cf. p.38), (cf. ) (cf. p.38)
(cf. dépliant verso) (cf. p.38).
Dépliant de présentation des Archives
départementales des côtes-d'Armor
Les sites Internet participent aujourd’hui très largement aux actions de diffusion et d’information.
Tous les nouveaux outils ou produits pédagogiques doivent être signalés sur les sites, un peu comme
un véritable catalogue à partir duquel l’enseignant pourra effectuer ses choix et retenir telle exposition,
tel module pédagogique ou tel atelier.
Exemple
Il convient ici de nommer le site conjoint de la Direction des Archives de France, de la Direction des
Musées de France et de la Réunion des Musées Nationaux "Histoire par l’image 1789-1939"
([Link]).
Ce site propose depuis le mois de mars 2002 de mettre en rapport des documents et des œuvres par le
biais d’un commentaire historique et artistique.
Les documents d’archives y sont mis en valeur sous forme d’images de haute définition afin de
dépasser le seul "niveau de l’illustration".
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5. Que faire en l'absence d'un service
éducatif organisé ? V
Introduction
Nous avons vu combien le contact direct avec les sources historiques était profitable à la formation des
élèves dʼoù lʼimport
ance des services pédagogiques organisés dans les centres dʼAr
chives.
Mais tous les centres ou services d'archives nʼont pas de service pédagogique organisé.
Il faut tout de mêmeagir et la diffusion de produits pédagogiques permet aussi aux services dʼarchives
qui ne sont pas dotés dʼun service éducatif de nouer des contacts privilégiés avec le tissu des
établissements scolaires se trouvant dans leur rayon dʼaction.
5.1. Que peut-on faire pratiquement ?
S’informer auprès des services d’Archives de l’existence (ou pas) d’expositions itinérantes et de
leur possibilité d’emprunt.
Dresser l’inventaire des publications.
Repérer, au cours des classements de fonds d’archives, des documents susceptibles d’intéresser
des élèves pour réaliser des dossiers pédagogiques.
Utiliser les nouvelles technologies (site Internet, CD/ROM) pour faire connaître les archives au
public scolaire.
5.2. Que peut-on envisager à plus long terme ?
Engager une réflexion avec les instances de l’Éducation nationale pour étudier les conditions de
création d’un service éducatif.
Étudier les moyens à mettre en œuvre pour le fonctionnement d’un service éducatif : moyens
humains et financiers.
Défendre ce projet éducatif auprès des élus responsables.
Proposer des animations pédagogiques via Internet.
5.3. Que peut-on faire face à une demande ponctuelle d'un
enseignant ?
Lui proposer d’élaborer des questionnaires à partir d’expositions présentées aux Archives (en
dehors de tout service éducatif organisé).
Réaliser des reproductions de documents qu’il pourra présenter à ses élèves.
Monter avec sa collaboration un atelier pédagogique portatif qu’il pourra ensuite emprunter.
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5. Que faire en l'absence d'un service éducatif organisé ?
5.4. Que peut-on faire avec un établissement scolaire ?
Engager un partenariat limité dans le temps pour une opération ciblée.
"Exporter" les archives en proposant une animation pédagogique au sein de l'établissement lui-
même ("Un outil culturel particulier : l'archivobus").
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6. Évaluation des connaissances VI
Introduction
Trois exercices vous sont proposés ci-dessous : le premier porte sur le rôle du service éducatif ; le second
vous interroge sur les "critères de base" nécessaires à la constitution d'un module pédagogique ; le
troisième consiste à vous faire réfléchir aux termes qui caractérisent une pédagogie menée à partir
d'archives mais à l'extérieur du site où sont conservés les archives.
Les deux premiers sont des questionnaires à choix multiples, le troisième se présente sous forme d'un
mot croisé simplifié.`
QUESTIONNAIRE A CHOIX MULTIPLES
Exercice 1
EQuels sont les intérêts d'un déplacement et d'une séance de travail aux archives ?
Un contact direct avec les documents originaux
Une simple sortie scolaire dénuée de tout sens pédagogique
Une utilisation des sources de l'histoire locale
Un moyen pour supprimer les cours inutiles !
L'occasion de former les élèves à la citoyenneté
Exercice 2
Quels sont les critères de base pour la validation d'un module pédagogique?
La conformité au programme scolaire
Des sujets utilisant une grande diversité de documents choisis au hasard
L'approbation par le titulaire
Permet surtout aux élèves d'explorer de nouveaux concepts
Toutes les réponses
xEercice : Mot croisé
(cf. Mots croisés)
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Les galeries associées à ce module VII
(cf. 01_accueil31)
(cf. 02_Documents-objets-texte86)
(cf. 03_scenographie32)
(cf. 04_signalétique82)
(cf. 05_montage29)
(cf. 06_exposition28)
(cf. 07_section-3-122a)
(cf. 08_section-3-122b)
(cf. 09_section-2-3122a)
(cf. 10_section-2-3122b)
(cf. 11_section-3-4121a)
(cf. 12_section-3-4121b)
(cf. 13_section-3-4124)
(cf. 14_section-3-42)
(cf. 15_section-3-51)
(cf. 16_section-3-53)
(cf. 17_section-3-543)
(cf. 18_section-3-544)
(cf. 19_section-3-331)
(cf. 20_section-4-143)
(cf. 21_section-3-332)
(cf. 22_section-3-334)
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Ressources annexes
Dépliant de présentation des Archives départementales des côtes-d'Armor : RECTO
Dépliant de présentation des Archives départementales des côtes-d'Armor : RECTO
Dépliant de présentation des Archives départementales des côtes-d'Armor : VERSO
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Ressources annexes
Dépliant de présentation des Archives départementales des côtes-d'Armor : VERSO
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