Les Piliers de l’Islam
Les Piliers de l’Islam reposent sur l’a esta on de foi, qui consiste à prononcer avec la langue
après y avoir cru pleinement avec le cœur : "Il n’y a de divinité digne d’adora on qu’Allâh, et
Muhammad ص ﷲ عل ه وسلمest Son Messager." Cela implique de ne rien associer à Allâh en
adora on, d’accomplir la prière en respectant ses horaires, ses condi ons (Shouroūt et Arkān) et ses
obliga ons (Wājibāt), de s’acqui er de la zakāt si l’on possède le minimum requis et qu’une année
lunaire s’est écoulée, de jeûner le mois de Ramadân et d’accomplir le Hajj (pèlerinage) si l’on en a la
capacité.
Le Prophète ص ﷲ عل ه وسلمa résumé ces piliers en disant :
"L’Islam repose sur cinq piliers : a ester qu’il n’y a de divinité digne d’adora on qu’Allâh et
que Muhammad ص ﷲ عل ه وسلمest Son Messager, accomplir la prière, s’acqui er de la zakât, jeûner
le mois de Ramadan et accomplir le pèlerinage si l’on en a la capacité."1
Quant à la foi (Al Īmân) et l’Islam, ils sont considérés par les gens de la Sunnah et du
Consensus (Ahlou As-Sounnah wa’l Jamâ’ah) comme étant indissociables, tout comme les deux faces
d’une pièce. Autrement dit, il ne peut y avoir d’Islam sans Imân, ni d’Imân sans Islam. Une personne
ne peut pas être mouslim sans être mou'min, tout comme elle ne peut pas être mou'min sans être
mouslim.
La foi (Al Īmân) se définit par une convic on profonde et inébranlable dans le cœur, tandis
que l’Islam se manifeste par l’a esta on orale et la mise en pra que. Ainsi, la foi (Al-Imân) repose sur
deux éléments essen els :
• La convic on du cœur (At-Tasdīk).
• L’a esta on de la langue (Al-Ikrār).
Sa transcendance, Exalté Soit-Il, du lieu et de la direction
Allâh — Exempté soit-Il — n’est ni dans un lieu ni dans une direc on, car Il ne peut être dans
une direc on que s’Il était un corps ou une en té soumise aux lois de l’espace et du temps. Or, il est
catégoriquement établi qu’Il n’est ni l’un ni l’autre. Avant la créa on du Trône, Allâh Existait sans lieu,
et Il est maintenant tel qu’Il était : sans lieu ni direc on.
Si l’on rencontre des versets dont le sens apparent semble impliquer une localisa on ou une
direc on pour Allâh, il faut comprendre que ce sens apparent n’est pas celui qui est voulu. En effet, le
consensus des savants de la Sunnah établit que ces expressions ne doivent pas être prises dans un
sens li éral qui impliquerait une ressemblance avec la créa on.
Allâh a révélé le Coran en arabe et y a introduit des versets clairs (mouhkam) et des versets
équivoques (moutashâbih). Ceux dont le cœur est dévié suivent les versets équivoques en quête
d’égarement et d’interpréta ons erronées, alors que seuls les savants enracinés dans la science en
connaissent le véritable sens.
ٌات ۖ فَ ما ا ِ َن ِﰲ قُلُوﲠِ ِ ْم َزيْغ ٌ َ ِات هُن م الْ ِك َ ِاب َو خ َُر ُم َشَ اﲠ ٌ َاب ِم ْ ُه ٓ َ ٌت ُم ْح َﳬ َ َ ه َُو ا ِ ي ْ َز َل َلَ ْي َك الْ ِك
ون ٓ َم ا ِب ِه َ ون َما َشَ اب َ َه ِم ْ ُه ابْتِغَا َء الْ ِف ْنَ ِة َوابْتِغَا َء تَ ِوي ِ ِ ۗ َو َما يَ ْع َ ُﲅ تَ ِوي َ ُ اﻻ ا ُ ۗ َوالر ِاﲯ
َ ُُون ِﰲ الْ ِع ْ ِﲅ يَ ُقول َ فَ َت ِب ُع
ُﰻ ِم ْن ِع ْن ِد َ ِرب ّنَا ۗ َو َما يَذك ُر اﻻ ولُو ا ْ لْ َب ِاب
(7 :)آل عمران
C’est Lui qui a fait descendre sur toi le Livre : il s’y trouve des versets clairs – qui sont la base du
Livre – et d’autres versets équivoques. Ceux qui ont dans leur cœur une inclina on vers l’égarement
suivent ce qui est équivoque en quête de dissension et d’interpréta ons erronées, alors que nul
n’en connaît l’interpréta on, si ce n’est Allâh. Et ceux qui sont fermement enracinés dans la science
disent : Nous y croyons : tout est de la part de notre Seigneur ! Mais seuls les doués d’intelligence
s’en rappellent.
Les versets explicites sont par exemple :
ْ َ ِ ِ ْلَ ْ َس َ ِﳈث
ﳾ ٌء
(11 :)الشورى
Rien n’est semblable à Lui.
َولَ ْم َ ُك ْن َ ُ ُك ُف ًوا َ ٌد، ْ َ لَ ْم ي َ ِ ْ َولَ ْم يُو، ُ ا ُ الص َمد،قُ ْل ه َُو ا ُ َ ٌد
(4-1 :)اﻹخﻼص
Dis : Il est Allâh, l’Unique. Allâh, le Seul à être imploré pour ce que nous désirons. Il n’a jamais
engendré, ni n’a été engendré. Et nul n’est égal à Lui.
Ces versets cons tuent les fondements du Coran. Lorsqu’un verset équivoque semble
contredire ces principes, il est impéra f de le ramener à ce qui est explicite, car on ne peut établir
une croyance sur l’ambiguïté.
Ainsi, si l’on rencontre un verset comme :
الر ْ َﲪ ُن َ َﲆ الْ َع ْر ِش ْاس َت َوى
(5 :)ﻃه
Le Tout-Miséricordieux S’est établi sur le Trône.
Ou :
َو َ ا َء َرب َك َوالْ َم َ ُ َصفا َصفا
(22 :)الفجر
Et ton Seigneur viendra, ainsi que les anges, rang par rang.
Il faut les comprendre selon les versets explicites, sans anthropomorphisme ni assimila on à
la créa on.
ِ ْ َ لَ َق الس َم َاو ِات َوا ْ ْر َض ِ لْ َح ّ ِق ۖ تَ َع َ ٰاﱃ َﲻا
َ ُﴩ ُك
ون
(17 :)النحل
Il a créé les cieux et la terre en toute vérité. Il est exempt de ce qu’ils Lui associe.
Lorsqu’Allâh — Exalté et Glorifié soit-Il — informe qu'Il n’est semblable à rien et que rien n’est
comme Lui, il est impossible d’interpréter le terme "is wâ" ( )استواءdans un sens corporel, spa al ou
similaire à celui des créatures. En effet, l’égalité dans les habitudes et les événements n’implique pas
nécessairement une égalité dans les réalités. Si l’on disait qu’Il s’élève comme un corps s’élève au-
dessus d’un autre corps, cela reviendrait à affirmer qu’Il est un corps, ce qui est absurde et
impossible.
Les savants sont unanimes sur le fait qu’Il n’est ni un corps ni une en té matérielle. Dès lors,
l’is wâ ne peut être compris dans un sens qui impliquerait une ressemblance avec les créatures.
D’ailleurs, les Arabes eux-mêmes emploient ce terme avec des significa ons figurées, et le Coran
s’exprime dans la langue arabe.
Comme l’a dit le poète :
تَ َمك ْ َت ِم ا َو ْاس تَ َويْ َت َلَﳱْ ِ ُم
اﱒ ُم ْر َﴇ ِل َي ْ ُوا َو َطا ِ ُر
ْ ُ ََج َعلْن
"Tu as pris le dessus sur nous et tu t’es imposé (istawâ) sur eux,
Nous les avons affaiblis pour qu’ils construisent, et l’oiseau..."
Cela signifie qu’ils ont été dominés et soumis, et non qu’ils se soient physiquement assis sur
eux.
Un autre poète a dit :
ِﴩ َ َﲆ الْ ِع َر ِاقٌ ْ قَ ِد ْاس تَ َوى
ِم ْن َ ْ ِﲑ َس ْي ٍف َو َد ٍم ُمه َْر ِاق
Bishr s’est is wâ (imposé) sur l’Irak,
Sans épée ni effusion de sang.
Cela signifie qu’il a pris l’ascendant sur l’Irak et s’est affirmé comme souverain, non pas qu’il
s’est assis sur l’Irak…. Sans que cela n’implique un établissement physique.
De même, il est établi qu’Allâh n’est pas un corps doté d’organes. Si cela était le cas, cela
impliquerait la corporéité et la dépendance, ce qui est impossible. Ainsi, lorsque le Coran men onne
la "main" d’Allâh, il ne s’agit pas d’une main au sens matériel, mais d’une expression métaphorique
désignant Sa puissance et Sa souveraineté.
Dans la langue arabe, un mot peut avoir une significa on propre et une significa on figurée.
Ainsi, il appar ent au croyant, lorsqu’il rencontre un verset équivoque, de le ramener au verset
explicite :
ْ َ ِ ِ ْلَ ْ َس َ ِﳈث
ﳾ ٌء
(11 :)الشورى
Rien n’est semblable à Lui.
C’est ainsi que l’on évite l’anthropomorphisme et l’assimila on à la créa on, et que l’on
s’a ache au Tawhîd et à Sa transcendance absolue.
Les miracles des saints
Les miracles des saints sont une vérité établie par le Livre, la Sunna et le consensus des gens
de la vérité.
Le miracle (karâma) est la manifesta on d’un événement surnaturel par la main d’un saint
pieux, sans qu’il ne prétende à la prophé e. Quant à l’événement extraordinaire qui contredit et
enfreint les lois naturelles, c’est un prodige (mu'jiza) propre aux prophètes, comme parcourir de
longues distances en un temps très court, marcher sur l’eau ou dans les airs, ou encore parler aux
objets inanimés et accomplir des merveilles.
Le saint (wali) est celui qui connaît Allah, Ses a ributs, Ses commandements et Ses
interdic ons, selon ses capacités. Il est assidu dans l’accomplissement des actes d’obéissance,
s’éloigne des péchés et se détourne des plaisirs et des passions.
Allah, Exalté soit-Il, dit :
« Quelqu'un qui avait une connaissance du Livre dit : "Je te l'apporterai avant que tu n'aies cligné de
l'œil." Quand ensuite, Sulayman (Salomon) a vu le trône installé auprès de lui, il dit : "Cela est de la
grâce de mon Seigneur." » (Sourate An-Naml, 40)
Et Il dit également :
« Et ils demeurèrent dans leur caverne trois cents ans, auxquels ils en ajoutèrent neuf. » (Sourate Al-
Kahf, 25)
C’est-à-dire qu’ils vécurent dans ce e caverne sans nourriture ni boisson durant toutes ces longues
années.
Ainsi, le miracle qui apparaît par la main d’un saint est en réalité une preuve de la véracité du
prophète qu’il suit. Car ce miracle ne se manifeste que par l’intermédiaire d’un serviteur d’Allah qui
ne peut être véritablement un saint qu’en suivant un prophète. Son miracle est donc une preuve
miraculeuse confirmant la véracité du prophète qu’il suit.