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L'analyse sectorielle des risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme pour les commissaires aux comptes en France vise à identifier les menaces et vulnérabilités spécifiques à leur activité. Elle s'appuie sur l'analyse nationale des risques publiée par le COLB et souligne que les commissaires aux comptes doivent respecter les obligations de LCB-FT tout en étant exposés à des risques indirects liés à leurs attestations. L'ASR est conçue pour informer les commissaires aux comptes sur ces risques sans fournir de préconisations techniques, et sera régulièrement mise à jour.

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L'analyse sectorielle des risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme pour les commissaires aux comptes en France vise à identifier les menaces et vulnérabilités spécifiques à leur activité. Elle s'appuie sur l'analyse nationale des risques publiée par le COLB et souligne que les commissaires aux comptes doivent respecter les obligations de LCB-FT tout en étant exposés à des risques indirects liés à leurs attestations. L'ASR est conçue pour informer les commissaires aux comptes sur ces risques sans fournir de préconisations techniques, et sera régulièrement mise à jour.

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Annexe 10

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Analyse sectorielle des risques de blanchiment de capitaux et de


financement du terrorisme susceptibles d’être rencontrés à
l’occasion de l’exercice de l’activité professionnelle de
commissaire aux comptes

6 février 2020

1. Contexte de l’analyse sectorielle des risques (ASR) de blanchiment de capitaux et


de financement du terrorisme en France

A. Analyse nationale des risques


Le Conseil d’orientation de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du
terrorisme (COLB), dont le H3C est membre en sa qualité d’autorité de contrôle des
commissaires aux comptes assujettis à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le
financement du terrorisme (« LCB-FT ») a publié en septembre 2019 une analyse nationale
des risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme en France (ANR).
L’ANR vise à identifier, à l’échelle nationale, les principales menaces, vulnérabilités et le
niveau de risque qui en découle pour chaque vecteur significatif de blanchiment de capitaux
et de financement du terrorisme.
L’ANR :
- présente le cadre légal et réglementaire de la LCB-FT en France ;
- décrit la menace de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme en France,
et
- procède à une cotation des risques, produit par produit ou secteur par secteur, en
caractérisant d’une part la menace, et d’autre part la vulnérabilité.
Les secteurs et produits étudiés sont les suivants :
- services bancaires et financiers
- services d’assurance
- espèces, transmissions de fonds, change et monnaies électroniques
- innovations financières
- professions réglementées du chiffre et du droit
- secteur de l’immobilier
- secteur des jeux
- secteur de l’art et du luxe
- constructions juridiques et personnes morales, dont sociétés de domiciliation
- structures associatives

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Annexe 10
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Sur la base de cette analyse, l’exposition de chaque produit ou secteur à la menace de


blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme a fait l’objet d’une cotation à trois
niveaux (exposition faible, modérée ou élevée). De même, la vulnérabilité de chaque produit,
service ou opération a fait l’objet d’une cotation à trois niveaux : faible, modéré et élevé. Il a
été tenu compte des mesures d’atténuation en place afin d’évaluer le niveau de risque résiduel.
Le croisement de ces menaces et vulnérabilités a permis d’identifier le niveau de risque
associé à chaque secteur ou produit selon les trois niveaux évoqués.

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Annexe 10
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B. Les commissaires aux comptes et l’ANR


Les commissaires aux comptes sont concernés à deux titres par les conclusions de l’ANR :
- Ils sont tout d’abord concernés par l’ANR en tant qu’acteurs économiques inclus dans la
catégorie des professions réglementées du chiffre et du droit (tout comme les avocats,
experts comptables, notaires, huissiers de justice, commissaires-priseurs judiciaires et
administrateurs judiciaires-mandataires judiciaires). Ce secteur est considéré comme étant
d’un niveau de risque modéré, à la fois en termes de menace et de vulnérabilité. Ce secteur
recouvre toutefois des professions très différentes par leur activité et le risque qui est
associé. Les vulnérabilités intrinsèques identifiés pour le secteur des professions
réglementés du chiffre et du droit proviennent principalement :
(i) de l’activité de gestion de compte ou de séquestre ;
(ii) de la nature de la relation d’affaires que certains professionnels entretiennent avec
leur client ;
(iii) des missions de conseil juridique et fiscal ;
(iv) de l’intervention dans des opérations particulièrement exposées et
(v) de l’usage de faux par les clients.
Si les commissaires aux comptes, du fait de la particularité de leur mission de contrôle
légal des comptes, ne sont pas concernés en premier chef par les vulnérabilités évoquées,
il convient toutefois de considérer l’ensemble des missions et prestations susceptibles
d’être réalisées par un commissaire aux comptes au regard du risque de blanchiment de
capitaux et de financement du terrorisme (B-FT). A ce titre, les évolutions introduites par
la loi n° 2019-486 relative à la croissance et à la transformation des entreprises, dite loi
Pacte, sont susceptibles de faire naitre de nouveaux risques en matière de LCB-FT.
- Les commissaires aux comptes sont par ailleurs concernés par l’ANR en tant que
professionnels assujettis à la réglementation en matière de LCB-FT en application de
l’article L.561-2 12° bis du code monétaire et financier et doivent à ce titre mettre en œuvre
les obligations relatives à la LCB-FT définies aux sections 2 à 7 du chapitre Ier du titre VI
du livre V du code monétaire et financier. L’ANR fournit des indications sur les risques liés
aux entités dans lesquelles ils détiennent des mandats.
L’ANR a fait l’objet d’une large diffusion auprès des commissaires aux comptes du fait de sa
publication sur les sites internet du H3C et de la CNCC.
([Link]

C. Environnement juridique
L’ASR s’inscrit dans le prolongement de l’ANR. Elle est fondée sur les textes suivants :

• Recommandation 28 du GAFI
Cette recommandation dispose que : « Les entreprises et professions non financières
désignées devraient être soumises aux mesures de réglementation et de contrôle suivantes :
(a) [applicables uniquement aux casinos]
(b) Les pays devraient s’assurer que les autres catégories d’entreprises et de professions
non financières désignées sont soumises à des dispositifs efficaces de
surveillance assurant qu’elles respectent leurs obligations en matière de
LBC/FT. Ces mesures devraient être prises en fonction des risques. Cette
surveillance peut être effectuée par (a) une autorité de contrôle ou (b) par
l’organisme d’autorégulation pertinent, à condition qu’un tel organisme puisse garantir
que ses membres respectent leurs obligations en matière de LBC/FT. L’autorité de

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Annexe 10
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contrôle ou l’organisme d’autorégulation devrait également (a) prendre les mesures


nécessaires pour empêcher les criminels ou leurs complices d’accéder au statut de
professionnel agréé ou de détenir une participation significative ou de contrôle, de
devenir les bénéficiaires effectifs d’une telle participation, ou d’occuper des fonctions
de direction, par exemple en soumettant ces personnes à un test d’aptitude et
d’honorabilité (fit and proper test) ; et (b) disposer de sanctions efficaces,
proportionnées et dissuasives conformes à la recommandation 35 en cas de non-
respect des obligations de LBC/FT » ;

• Article 48 de la 4ème directive anti-blanchiment (Directive UE 2015/849 du 20 mai


2015)
Cet article dispose, à son 6ème alinéa, que : « Les États membres veillent à ce que, lorsqu'elles
mettent en œuvre une approche de la surveillance fondée sur les risques, les autorités
compétentes :
a) aient une bonne compréhension des risques de blanchiment de capitaux et de
financement du terrorisme existant dans leur État membre;
b) aient accès sur site et hors site à toutes les informations pertinentes relatives aux
risques nationaux et internationaux spécifiquement liés aux clients, aux produits et
aux services des entités assujetties; et
c) fondent la fréquence et l'intensité de la surveillance sur site et hors site sur le
profil de risque des entités assujetties et les risques de blanchiment de capitaux
et de financement du terrorisme existant dans cet État membre » ;

• Article L561-36 modifié du code monétaire et financier


Dans le cadre de la transposition de la 5ème directive anti-blanchiment, l’article L561-36 modifié
du code monétaire et financier devrait être rédigé comme suit :
« IV. – Les autorités de contrôle mentionnées au I ont une bonne compréhension des risques
de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme. Dans le cadre de leurs contrôles
sur pièces et sur place, elles ont notamment accès à toutes les informations relatives aux
risques nationaux et internationaux liés aux clients et à l’activité des personnes relevant de
leur compétence. Elles évaluent le profil de risques de blanchiment de capitaux et de
financement du terrorisme, y compris les risques de non-respect de la réglementation, des
personnes relevant de leur compétence et réexaminent cette évaluation périodiquement ou
lorsque des changements majeurs interviennent dans la gestion ou les activités de ces
personnes.
Les autorités de contrôle mentionnées au I. fondent la fréquence et l'intensité de leurs
contrôles sur pièces et sur place en tenant compte notamment du profil de risque des
personnes relevant de leur compétence et des risques de blanchiment de capitaux et
de financement du terrorisme.
Elles examinent l’évaluation des risques prévue à l’article L. 561-4-1 ainsi que
l'adéquation et la mise en œuvre, selon une approche par les risques, des politiques,
procédures internes et mesures de contrôle interne mentionnés à l’article L. 561-32 par
les personnes relevant de leur compétence. »

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Annexe 10
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2. Analyse sectorielle des risques pour les commissaires aux comptes

A. Objet de l’ASR
L’ASR pour l’activité professionnelle des commissaires aux comptes doit être comprise comme
une déclinaison de l’ANR et a pour objectif d’identifier les principales menaces et vulnérabilités
auxquelles les commissaires aux comptes et leurs structures d’exercice professionnel peuvent
être exposés en matière de LCB-FT.
Les conclusions de l’ASR seront également prises en compte dans les orientations des
contrôles du H3C, ainsi que dans le cadre des orientations de la formation continue des
commissaires aux comptes.
L’objectif de l’ASR est distinct de celui des Normes d’Exercice Professionnel (NEP) ou des
lignes directrices.
En effet, Il ne s’agit pas de donner des préconisations techniques aux commissaires aux
comptes sur la manière dont ils doivent conduire leur activité professionnelle, mais d’attirer
leur attention sur le risque de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme lié à
une activité ou à un secteur qui pourrait concerner des entités dans lesquelles ils exercent
leurs missions et prestations.
Les mesures techniques à mettre en œuvre résultent de l’application par les commissaires
aux comptes :
- des dispositions des articles L. 561-2 12° bis et L. 561-4-1 et suivants du code monétaire
et financier,
- de la NEP 9605 révisée relative aux obligations du commissaire aux comptes en matière
de LCB-FT homologuée par arrêté du garde des Sceaux du 24 octobre 2019 après son
adoption par le H3C ;
L’ASR fera l’objet d’une évaluation et d’une mise à jour régulières afin de tenir compte de
l’évolution des risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme liés à
l’exercice de l’activité professionnelle des commissaires aux comptes.

B. Les commissaires aux comptes face aux risques en matière de blanchiment de


capitaux et de financement du terrorisme
Le commissaire aux comptes, qui est soumis en toute occasion à une obligation
d’indépendance vis-à-vis de son client, ne peut participer directement à une opération réalisée
par son client ou la réaliser au nom de ce dernier. Il intervient soit dans le cadre d’une mission
de certification des comptes, soit dans le cadre d’une fourniture de services ou d’attestations,
mais il est dans tous les cas soumis au dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et
le financement du terrorisme.
Les commissaires aux comptes sont confrontés à deux types de risques :
- Le concours indirect à une action de blanchiment : le commissaire aux comptes est
susceptible de produire certaines attestations au profit des entreprises. De telles
attestations pourraient, dans certaines situations, conduire un commissaire aux comptes,
à concourir indirectement à une opération de blanchiment.
- La non détection d’une opération de blanchiment de capitaux ou de financement du
terrorisme : à l’occasion de toute diligence mise en œuvre par le commissaire aux comptes,
celui-ci est confronté au risque de ne pas détecter une opération de blanchiment de
capitaux ou de financement du terrorisme. A cet égard, il est rappelé que si le commissaire
aux comptes n’est pas spécifiquement chargé de rechercher l’existence de fraudes ou
d’opérations de blanchiment de capitaux ou de financement du terrorisme, il doit
néanmoins faire preuve de vigilance sur ces sujets à l’occasion des diligences qu’il met en

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Annexe 10
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œuvre dans le cadre de sa mission ou de ses prestations. Ainsi, l’identification par un


commissaire aux comptes de montages complexes susceptibles d’opacifier des flux
financiers ou de présenter un risque de fraude fiscale doit entraîner une vigilance
particulière de sa part.
L’obligation de vigilance à laquelle le commissaire aux comptes est tenu, et l’analyse des
risques à laquelle il doit se livrer, le conduisent à apprécier le risque de blanchiment de
capitaux ou de financement du terrorisme présenté par certaines opérations, ce qui est de
nature à atténuer ce risque.

C. Risques cabinet
Il s’agit, d’une part, du risque lié à la structure d’exercice professionnel et, d’autre part, du
risque lié à l’organisation du cabinet en matière de LCB-FT.

Risque lié à la structure d’exercice


Le risque est celui de la présence d’une personne impliquée dans une opération de
blanchiment de capitaux ou de financement du terrorisme au sein d’une structure de
commissariat aux comptes et pourrait résulter de l’inscription d’une telle personne comme
commissaire aux comptes ou de la détention du contrôle ou de la direction d’une société de
commissaires aux comptes.
Les conditions d’inscription sur la liste des commissaires aux comptes sont précisées aux
articles L. 822-1 et suivants et R. 822-1 et suivants du code de commerce. Elles sont de nature
à s’assurer de la moralité et de l’absence de condamnation d’un commissaire aux comptes
personne physique. S’agissant d’une personne morale, les conditions d’inscription conduisent
à s’assurer que la majorité des droits de vote est détenue par des commissaires aux comptes
inscrits, que le représentant légal de la personne morale est un commissaire aux comptes
inscrit et que la majorité des membres des organes de gestion, d’administration, de direction
ou de surveillance sont également des commissaires aux comptes inscrits.
Le respect de ces conditions est vérifié lors de l’inscription et fait l’objet de vérifications
ultérieures dans le cadre des contrôles.
Au regard de ces prescriptions, le risque lié à la structure d’exercice peut être considéré
comme faible.

Risque lié à l’organisation du cabinet


Les commissaires aux comptes, qu’ils exercent en nom propre ou sous forme de société,
doivent mettre en place une organisation, des procédures et des mesures de contrôle interne
en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme en
application des dispositions de la section 6 du chapitre Ier du titre VI du livre V du code
monétaire et financier.
La conformité de l’organisation des cabinets en matière de LCB-FT fait l’objet d’une vérification
systématique lors des contrôles réalisés par le Haut conseil. En application de l’article R 821-
75 du code de commerce, ces contrôles sont réalisés au moins une fois tous les 6 ans.
Dans ces conditions, le risque lié à l’organisation du cabinet peut être considéré comme faible.

D. Risques missions et prestations : secteurs ayant fait l’objet d’une classification


« risque élevé » par l’ANR
Les commissaires aux comptes étant présents dans tous les secteurs de l’économie, il
convient de considérer les dispositions de l’ANR.

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Annexe 10
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L’ASR doit déterminer si certains des secteurs ayant fait l’objet d’une classification « risque
élevé » au sein de l’ANR doivent ou non faire l’objet d’une attention renforcée en matière de
LCB-FT dans le cadre des missions ou des prestations réalisées par un commissaire aux
comptes, en tenant compte des particularités de celles-ci.
Sur la base des secteurs d’activité/produits/structures juridiques décrits dans l’ANR, la
Compagnie nationale des commissaires aux comptes (CNCC) a réalisé une analyse
statistique à partir des déclarations d’activité des commissaires aux comptes afin d’évaluer le
nombre de mandats de commissariat aux comptes existant dans chacun de ces
secteurs/produits, ou dans chaque type de structure juridique. Ces chiffres, mentionnés dans
les développements qui suivent, sont indicatifs car le recoupement entre la classification
établie au sein de l’ANR et celle résultant de l’analyse des mandats effectuée principalement
sur la base du code NAF est malaisée. De plus, il convient de noter que ces chiffres ne
concernent que les seuls mandats de certification des comptes et non les prestations que
peuvent réaliser les commissaires aux comptes depuis l’entrée en vigueur de la loi Pacte, ce
qui est susceptible de modifier l’image présentée.

Secteur « services bancaires et financiers » : banque privée


Il n’a pas été possible d’isoler le nombre de mandats détenus dans des entités ayant une
activité de banque privée. Toutefois, nombre d’établissements financiers dans lesquels les
commissaires aux comptes détiennent des mandats exercent une activité de banque privée.
Le niveau de risque élevé évoqué par l’ANR résulte du profil de clientèle de ces
établissements, clientèle notamment composée de personnes exposées, communément
appelées personnes politiquement exposées (PPE), c’est-à-dire exposées à des risques
particuliers en raison de fonctions politiques, juridictionnelles ou administratives (risque de
corruption ou de fraude fiscale de grande ampleur et d’une vulnérabilité modérée,
conséquence de la complexité des produits offerts (opacification et profit escompté).
Dès lors, ce risque doit également être considéré comme élevé par le commissaire aux
comptes qui intervient au profit d’une telle structure.

Secteur « services bancaires et financiers » : certains crédits à la consommation


L’ANR a classé certains crédits à la consommation comme étant à niveau de risque élevé en
matière de financement du terrorisme. Il s’agit des crédits à la consommation de faible montant
non affectés à une dépense particulière et dont les fonds peuvent être retirés en espèces.
Il existe 566 établissements de crédits disposant d’un commissaire aux comptes.
Le secteur services bancaires et financiers ne peut être considéré, dans sa globalité, comme
à risque élevé pour le commissaire aux comptes, notamment en raison du volume relativement
marginal que peut représenter le crédit à la consommation (tel qu’identifié comme étant à
risque élevé par l’ANR) au sein de l’activité du secteur services bancaires et financiers.
Le commissaire aux comptes doit toutefois, dès lors que cette activité de crédit à la
consommation est significative, considérer les opérations décrites plus haut comme étant à
risque élevé.

Secteur « espèces, transmissions de fonds, change manuel et monnaies


électroniques »
Les mandats de commissaires aux comptes identifiés dans des entités intervenant dans le
secteur « espèces, transmissions de fonds, change et monnaies électroniques » sont au
nombre de 28. Il convient cependant de considérer également l’ensemble des entités
susceptibles, dans le cadre de leur activité, de manipuler des espèces de manière importante
et l’ensemble des prestations susceptibles de leur être fournies par les CAC.

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Annexe 10
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S’agissant de l’activité « Espèces, transmission de fonds et services de change manuel »,


l’ANR conclu à une menace élevée tant pour le blanchiment de capitaux (notamment dans les
secteurs se caractérisant par une forte présence d’espèces tels que l’hôtellerie-restauration et
les commerces de proximité mais aussi dans d’autres secteurs en raison du blanchiment de
capitaux issus d’infractions telles que le travail dissimulé, le trafic de stupéfiant ou les fraudes
fiscales et les escroqueries) que pour le financement du terrorisme (transfert de fonds à
destination ou en provenance de zones de conflits). La vulnérabilité est quant à elle élevée en
raison des possibilités d’anonymat, d’opacification et de l’instantanéité des opérations.
La monnaie électronique (carte prépayée, serveur électronique, carte rechargeable) peut être
utilisée à des fins de blanchiment de capitaux ou de financement du terrorisme d’une manière
similaire aux espèces du fait de son caractère non traçable et de l’anonymat de l’utilisateur.
L’ANR considère la menace et la vulnérabilité comme élevée. Des mesures réglementaires
d’atténuation du risque ont été élaborées, notamment par limitation des montants de
chargement, de retrait et de remboursement ou paiement. L’ANR note que l’usage de la
monnaie électronique reste faible en France.
Ce secteur et plus généralement l’ensemble de ses acteurs économiques doivent être
considérés comme à risque élevé par le commissaire aux comptes qui devra intégrer ce
risque, dès lors que l’entité dans laquelle il intervient manipule des espèces en quantité
importante, est amenée à transférer des fonds dans des pays à risque ou utilise de la monnaie
électronique.
Dans le cadre des nouvelles prestations qui pourraient être assurées par les commissaires
aux comptes suite à la loi Pacte, ce risque élevé devra particulièrement être pris en compte
par ces derniers s’ils étaient amenés à manipuler des fonds.

Secteur innovations financières : financement participatif


Aucun mandat de commissaire au compte n’a été identifié dans une entité intervenant dans le
secteur du financement participatif.
La menace de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme est classée comme
modérée dans l’ANR mais la vulnérabilité est considérée comme élevée, le risque global étant
qualifié d’élevé.
Dans l’hypothèse où un commissaire aux comptes serait amené à intervenir dans une société
de financement participatif il devrait tenir compte du caractère élevé de ce risque.

Secteur de l’art et du luxe


Le nombre de mandats de commissaires aux comptes identifié dans ce secteur s’élève à 1113,
dont 443 pour l’activité bijouterie, horlogerie, orfèvrerie, joaillerie, et 670 pour les antiquaires,
brocanteurs et galeries d’art. Pour ces secteurs, l’ANR souligne le bénéfice que la vente
d’œuvres d’art ou d’antiquités issues du pillage peut générer. En matière de blanchiment de
capitaux, il peut également s’agir d’achat d’œuvres d’art, d’antiquités ou de produits de luxe à
des fins de dissimulation de produits illicites. Les vulnérabilités de ce secteur tiennent au
paiement en espèces, à la forte volatilité des prix ainsi qu’aux ventes à distance qui permettent
un certain anonymat.
Au regard de la typologie des risques identifiés, ce n’est pas l’ensemble du secteur qui est
vecteur de risque mais le caractère atypique de certaines opérations réalisées au sein de ce
secteur. Ainsi dès que le commissaire aux comptes est amené à identifier des opérations
atypiques (par exemple : matière première décotée, ventes survalorisées) il devra les
considérer comme présentant un risque élevé.

Secteur associatif (associations ou fondations intervenant dans un secteur sensible)


Ce secteur recouvre les associations, les fondations et les fonds de dotation.

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Annexe 10
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Selon l’ANR, il existerait en France 1,3 million d’associations déclarées actives, plus de 1 000
fondations (reconnues d’utilité publique ou d’entreprise) et 3 000 fonds de dotation.
Le nombre de mandats de commissaires aux comptes est de 26 231 dans les associations,
de 879 dans les fondations et de 951 dans les fonds de dotation.
Seules les associations remplissant certains critères sont soumises à l’obligation de nommer
un commissaire aux comptes (celles qui reçoivent au moins 153 000 € de subventions
publiques, celles qui bénéficient de dons dont le montant annuel dépasse 153 000 € et qui
ouvrent droit aux profit des donateurs à une réduction de l'impôt sur le revenu ou de l'impôt
sur les sociétés, et celles qui, ayant une activité économique, remplissent 2 des 3 critères
suivants : au moins 50 salariés, au moins 3 100 000 € hors taxe de chiffre d'affaires ou de
ressources, au moins 1 550 000 € de total du bilan).
Les fondations reconnues d’utilité publique, les fondations d’entreprise et les fonds de dotation,
dont les ressources dépassent 10 000 euros doivent également nommer un commissaire aux
comptes.
Si le nombre d’associations dotées d’un commissaire aux comptes est donc relativement faible
au regard de la totalité d’entre elles, il s’agit justement de celles qui, par leur taille ou le montant
des subventions ou dons reçus, peuvent être considérées comme plus vulnérables.
L’ANR considère que globalement, s’agissant des associations, l’exposition à la menace tant
en matière de blanchiment de capitaux que de financement du terrorisme est faible.
Cependant, l’ANR souligne que cette menace peut se révéler élevée en ce qui concerne le
financement du terrorisme pour certaines associations :
- associations implantées en périphérie de grandes agglomérations et ayant un objet
culturel, cultuel ou socio-éducatif, qui peuvent être exposées à une menace de
financement de la radicalisation ;
- associations ayant un objet humanitaire, dont les opérations ou flux financiers sont dirigés
vers des zones à risque où opèrent des groupes terroristes, et qui peuvent être
instrumentalisées aux fins de financer des actions à caractère terroriste à l’étranger ;
- associations opérant dans une zone de conflit ou en lien avec d’autres associations
présentes dans une telle zone.
La vulnérabilité des associations dépend quant à elle notamment de leur statut et de leur
capacité à recevoir des fonds, qui pourraient être utilisés à des fins autres que celles prévues
par leur objet associatif.
En matière de financement du terrorisme, l’ANR établit des critères d’alerte permettant
d’identifier les associations pouvant financer des organisations radicales (objet culturel, cultuel
ou socio-éducatif, implantation en périphérie de grandes agglomérations, financement à partir
de fonds émanant de l’étranger), et celles pouvant financer des opérations terroristes (objet
humanitaire, faible structuration, recours massif à internet, aux réseaux sociaux et aux
cagnottes en ligne, recours à des subventions publiques, champ d’action et flux financiers
dirigés vers des zones de conflit, absence de compte-rendu crédible sur les actions menées à
l’étranger).
En matière de blanchiment de capitaux, les associations les plus vulnérables sont celles les
plus exposées au risque de blanchiment de détournement de fonds publics, en particulier de
la part d’élus locaux et de personnes en charge d’une mission de service public (les critères
d’alerte peuvent être le montant du budget disproportionné par rapport à son objet, la nature
des dépenses sans rapport avec l’objet, le recours à des pratiques financières incohérentes
ou non justifiées).
L’ANR indique également que l’un des éléments susceptibles d’atténuer le risque global est la
présence d’un commissaire aux comptes.

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Toutefois, en dépit des mesures d’atténuation évoquées dans l’ANR, le risque global est
considéré comme élevé pour certaines associations opérant en secteur sensible.
Dès lors, le commissaire aux comptes doit tenir compte de ce risque élevé pour ces
associations opérant en secteur sensible.

E. Risques missions et prestations : certains secteurs n’ayant pas fait l’objet d’une
classification « risque élevé » par l’ANR

Secteur associatif (hors activités sensibles)


Si le secteur associatif est considéré dans son ensemble par l’ANR comme présentant une
menace faible et une vulnérabilité modérée notamment en raison de la présence d’un
commissaire aux comptes, présentée dans l’ANR comme une mesure d’atténuation de la
vulnérabilité, le risque est qualifié « élevé » pour les associations répondant aux critères
d’activités sensibles (voir supra). En conséquence, pour les autres associations, le risque
résiduel peut être considéré comme modéré par les commissaires aux comptes, au regard de
la conséquence de leur intervention en termes d’atténuation du risque global.

Constructions juridiques et personnes morales, dont sociétés de domiciliation


L’ANR, qui vise ici la constitution de sociétés sous toutes leurs formes, fiducies ou trusts, et
des sociétés de domiciliation, conclut à une faible exposition à la menace de blanchiment de
capitaux ou de financement du terrorisme tant en matière de blanchiment de capitaux que de
financement du terrorisme. Elle souligne toutefois que des constructions juridiques peuvent
être utilisées dans le cadre de montages complexes et transnationaux visant à opacifier
l’identité du bénéficiaire effectif d’une opération, ce qui justifie une vulnérabilité intrinsèque
élevée. Celle-ci est atténuée par les obligations de formalités de publicité (annonces légales,
immatriculation au RCS) et la mise en place du registre des bénéficiaires effectifs.
Ce secteur peut être considéré comme à risque faible par le commissaire aux comptes mais
l’identification par le commissaire aux comptes, dans le cadre de sa mission d’audit légal, de
montages complexes susceptibles d’opacifier des flux financiers ou de présenter un risque de
fraude fiscale doit l’alerter et le conduire à considérer le risque comme élevé. Ce risque devra
également être considéré comme élevé par le commissaire aux comptes qui, dans le cadre
de prestations qu’il peut désormais réaliser depuis l’entrée en vigueur de la loi pacte, sera
amené à avoir connaissance de montages juridiques dont la finalité pose question.

Secteur Immobilier
Aux termes de l’ANR, les activités d’acquisition immobilière sont exposées à une menace
importante en termes de blanchiment de capitaux, mais les vulnérabilités sont efficacement
atténuées par les pouvoirs publics et présentent en conséquence un risque de blanchiment de
capitaux modéré.
Certaines transactions, principalement celles portant sur des biens de prestige localisés dans
le centre de Paris, sur la Côte d’Azur ou Outre-mer, peuvent toutefois présenter des risques
plus élevés.
Au regard du croisement des menaces et vulnérabilités résiduelles tenant compte des
mesures d’atténuation prises, l’ANR conclut que les activités de location immobilière
présentent un faible risque résiduel en matière de blanchiment de capitaux.
L’ANR mentionne parmi les mesures d’atténuation des risques en matière d’acquisition
immobilière le fait que ces activités (i) sont obligatoirement réalisées par virement bancaire,
(ii) sont majoritairement réalisées par l’intermédiaire d’agents ou mandataires immobiliers et
(iii) requièrent l’intervention d’un notaire (à l’exception des cessions de parts de sociétés à
prépondérance immobilière qui peuvent être réalisées par acte sous seing privé).

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Annexe 10
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Ainsi, ce secteur peut être considéré comme étant à risque faible par le commissaire aux
comptes, mais l’identification par celui-ci d’opérations portant sur des parts de sociétés à
prépondérance immobilière, ou portant sur des opérations de gré à gré sans intervention d’un
notaire ou réalisées par des marchands de biens doit l’alerter et le conduire à considérer le
risque comme élevé dans le cas où elles sont accompagnées de facteurs de risques ou
d’éléments de contexte tels que la complexité du montage ou la qualité des parties à
l’opération.

F. Risques missions et prestations : risques géographiques


Dans le cadre de la réalisation d’une mission ou d’une prestation, le commissaire aux comptes
peut être amené à identifier des opérations avec des tiers, personnes morales ou physiques
établies dans des pays étrangers. L’identification de telles opérations réalisées avec une
personne physique ou morale, domiciliée, enregistrée ou établie dans un Etat ou un territoire
figurant sur les listes publiées par le GAFI parmi ceux dont la législation ou les pratiques font
obstacles à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme ou par
la Commission européenne en application de l’article 9 de la directive (UE) 2015/849 du 20
mai 2015 relative à la prévention de l’utilisation du système financier aux fins de blanchiment
de capitaux ou du financement du terrorisme doit amener le commissaire aux comptes à
considérer ces opérations comme présentant un risque élevé.

3. Conséquence pour les commissaires aux comptes


Lorsque le risque de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme appréhendé à
l’occasion de la réalisation d’une mission ou d’une prestation est élevé, le commissaire aux
comptes applique les mesures de vigilance renforcées prévues par la NEP 9605 relative aux
obligations du commissaire aux comptes en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux
et le financement du terrorisme.

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