LA VIOLENCE BASÉE SUR LE GENRE (VBG)
INTRODUCTION
La violence basée sur le genre (VBG) désigne toute forme de violence exercée contre une
personne en raison de son genre. Bien qu’elle puisse concerner tous les genres, elle touche
principalement les femmes et les filles. Cette violence peut être physique, psychologique,
sexuelle ou économique. Elle résulte souvent de rapports de pouvoir inégaux et de stéréotypes
de genre profondément ancrés dans la société. En Côte d’Ivoire comme ailleurs, la VBG
demeure un problème majeur, affectant les droits, la santé et le bien-être des victimes.
La problématique soulevée ici est : Comment les causes sociales et culturelles de la VBG
affectent-elles les individus, et quelles solutions peut-on apporter pour y remédier ? Nous
allons explorer les différentes formes de violence, leurs causes, leurs conséquences, les
mesures prises par la justice et les solutions possibles.
I. LES FORMES DE VIOLENCE BASÉE SUR LE GENRE
1. Violence physique
La violence physique inclut tous les actes de violence qui causent des blessures physiques.
Cela comprend les coups, les violences conjugales, le féminicide (meurtre de femmes en
raison de leur genre) et les mutilations génitales féminines (excision). Ces actes ont des
conséquences graves pour la santé physique des victimes, qui peuvent souffrir de
traumatismes, de handicaps ou même perdre la vie.
2. Violence psychologique et émotionnelle
Cette forme de violence se manifeste par des actes de manipulation mentale, d’humiliation, de
menaces et de harcèlement. Elle a des effets durables sur l’estime de soi des victimes,
entraînant souvent des troubles mentaux comme la dépression, l’anxiété et le stress post-
traumatique. La violence psychologique est parfois plus difficile à détecter car elle laisse
rarement des traces visibles, mais elle est tout aussi destructrice.
3. Violence sexuelle
La violence sexuelle inclut le viol, les agressions sexuelles, le mariage forcé et les abus
sexuels dans les situations de conflits armés. Le viol est une forme de violence extrêmement
traumatisante, qui peut laisser des cicatrices physiques et émotionnelles à vie. En outre, le
mariage forcé prive les victimes de leur droit à l’autonomie et à la liberté. Les victimes de
violence sexuelle, notamment les femmes et les enfants, sont souvent stigmatisées, ce qui rend
encore plus difficile leur réinsertion dans la société.
4. Violence économique et sociale
Cette violence se manifeste par des comportements qui visent à priver la victime de son
indépendance économique. Cela peut inclure le contrôle des finances, l’interdiction de
travailler, ou encore la confiscation des biens. Les victimes de violence économique se
retrouvent souvent dans des situations de dépendance totale, ce qui les empêche de quitter
leurs agresseurs ou d’améliorer leur situation de vie.
II. LES CAUSES ET FACTEURS AGGRAVANTS DE LA VBG
1. Stéréotypes de genre
Les stéréotypes de genre jouent un rôle central dans la perpétuation de la violence basée sur le
genre. Dans de nombreuses sociétés, il existe des attentes sociales rigides quant à ce que
chaque genre doit être ou faire. Par exemple, l’idée selon laquelle les hommes doivent être
dominants et les femmes soumises mène souvent à des comportements violents et à une
acceptation de la violence comme étant “normale” dans certaines situations.
2. Poids des traditions et des normes culturelles
Les normes culturelles et les traditions, bien que parfois positives, peuvent aussi renforcer des
pratiques de violence. Dans certaines communautés, des coutumes comme le mariage
précoce, l’excision ou la polygamie sont considérées comme des pratiques acceptées, ce qui
renforce la domination masculine et la subordination des femmes.
3. Manque d’éducation et pauvreté
Le manque d’éducation, particulièrement pour les femmes, et la pauvreté sont des facteurs
aggravants de la VBG. Les personnes moins instruites sont moins conscientes de leurs droits
et ont moins de ressources pour échapper à des situations abusives. La pauvreté rend aussi les
femmes plus vulnérables, car elles dépendent souvent économiquement de leurs agresseurs.
4. Faiblesse des lois et impunité
Dans de nombreuses sociétés, les lois ne protègent pas suffisamment les victimes de violence
basée sur le genre. L’impunité dont bénéficient souvent les agresseurs crée un climat
d’inaction et de peur chez les victimes. Les victimes hésitent à dénoncer la violence, de peur
de ne pas être crues ou de voir leur agresseur ne pas être puni.
III. MESURES PRISES PAR LA JUSTICE EN CAS DE VIOLENCE BASÉE SUR LE
GENRE
En Côte d’Ivoire, la justice a mis en place plusieurs mesures pour lutter contre la violence
basée sur le genre et protéger les victimes :
1. Réformes législatives
• Loi sur la lutte contre les violences faites aux femmes : Depuis 2019, la Côte d’Ivoire a
adopté des lois plus strictes pour lutter contre la violence domestique et les violences
sexuelles. Par exemple, la loi prévoit des peines sévères pour les auteurs de violences
physiques, sexuelles ou économiques à l’égard des femmes.
• Loi sur le mariage : Cette loi modifie les règles sur le mariage, l’égalisation des droits entre
les conjoints et l’interdiction des mariages forcés. Elle rend également le consentement
obligatoire pour le mariage.
• Criminalisation de l’excision : La pratique des mutilations génitales féminines (excision) est
désormais illégale en Côte d’Ivoire et les auteurs de ces actes sont passibles de sanctions
pénales sévères.
2. Création de tribunaux spécialisés
• Certains tribunaux ont été spécifiquement désignés pour traiter les affaires de violence
domestique et de violence basée sur le genre. Cela permet d’assurer une prise en charge
rapide des affaires de VBG et de garantir une meilleure protection des victimes.
3. Services de soutien aux victimes
• Centres d’accueil pour les victimes : Des centres spécialisés offrent des services d’assistance
juridique, psychologique et sociale aux victimes de violence basée sur le genre. Ces centres
visent à fournir un soutien aux victimes pour les aider à surmonter le traumatisme et à accéder
à la justice.
• Ligne d’écoute gratuite : Des lignes d’assistance téléphonique ont été mises en place pour
permettre aux victimes de violence de signaler les abus et de demander de l’aide en toute
confidentialité.
4. Sensibilisation et éducation
• Le gouvernement et les ONG organisent des campagnes de sensibilisation pour informer la
population sur les lois contre la violence basée sur le genre et sur les droits des femmes. Ces
campagnes visent à modifier les mentalités et à promouvoir une culture du respect de l’égalité
des sexes.
• Des programmes d’éducation sont mis en place dans les écoles pour sensibiliser les jeunes
aux questions de genre et à l’importance de la non-violence.
5. Collaboration avec les ONG et la société civile
• Le gouvernement collabore avec des organisations non gouvernementales (ONG) pour
renforcer la lutte contre la VBG. Ces partenariats permettent de renforcer les capacités de
sensibilisation, d’accompagnement des victimes et d’application des lois.
6. Protection et réinsertion des victimes
• Des mécanismes de protection pour les victimes sont mis en place, incluant des ordonnances
de protection pour éloigner l’agresseur et garantir la sécurité de la victime. La réinsertion
sociale et économique des victimes, en particulier les femmes, est également une priorité,
avec des programmes visant à leur fournir une formation professionnelle et un soutien pour
retrouver une vie autonome.
IV. CONSÉQUENCES DE LA VBG
1. Conséquences psychologiques et physiques
Les victimes de violence basée sur le genre souffrent de graves conséquences psychologiques,
telles que des troubles de l’anxiété, des dépressions, des troubles de l’image corporelle et des
comportements suicidaires. Les blessures physiques peuvent aller de simples contusions à des
traumatismes graves, et dans les cas extrêmes, la mort.
2. Conséquences économiques
La violence basée sur le genre a un impact considérable sur l’économie des victimes.
Beaucoup d’entre elles sont incapables de travailler ou de subvenir à leurs besoins en raison
de la violence. Les soins médicaux, l’assistance juridique et la protection des victimes coûtent
également cher, ce qui accroit la précarité économique.
3. Conséquences sociales
Les conséquences sociales de la VBG sont nombreuses. Elle peut entraîner la rupture des liens
familiaux, l’isolement social des victimes et la stigmatisation. Les enfants exposés à la
violence peuvent reproduire ce comportement plus tard, perpétuant ainsi un cycle
générationnel de violence.
V. SOLUTIONS POUR LUTTER CONTRE LA VBG
1. Renforcement des lois et des sanctions
Il est crucial de renforcer les lois pour garantir une protection efficace des victimes. Les lois
doivent être strictes et les peines doivent être suffisamment sévères pour dissuader les
agresseurs.
2. Sensibilisation et éducation
La sensibilisation de la population, dès le plus jeune âge, est un moyen important de
combattre la VBG. L’éducation sur l’égalité des sexes, les droits humains et la lutte contre les
stéréotypes de genre peut transformer les mentalités et réduire la violence.
3. Autonomisation des femmes
Pour réduire la vulnérabilité des femmes à la violence, il est essentiel de les autonomiser,
notamment par l’éducation, la formation professionnelle et l’accès à des emplois stables.
L’autonomisation économique permettrait de donner aux femmes les moyens de fuir des
situations abusives.
4. Collaboration internationale
Il est nécessaire de renforcer la coopération entre les différents pays pour lutter contre la
violence basée sur le genre. Les efforts doivent être coordonnés au niveau régional et mondial
afin de partager des stratégies efficaces et des ressources pour protéger les victimes et réduire
cette violence à l’échelle globale.
CONCLUSION
La violence basée sur le genre est une violation des droits humains qui affecte gravement les
victimes et les sociétés. Si des progrès ont été réalisés pour lutter contre cette violence, il reste
encore beaucoup à faire. La justice, la sensibilisation et la protection des victimes sont
essentielles pour éradiquer la VBG et garantir un avenir plus égalitaire pour tous.