Mémoire de Master
Mémoire de Master
KINSHASA-LIMETE
ROLE DE LA POLITIQUE
MONETAIRE DANS LE LISSAGE
DES FLUCTUATIONS DU TAUX
DE CHANGE : De 1980 à 2016
Par
Juillet 2018
ROLE DE LA POLITIQUE MONETAIRE
DANS LE LISSAGE DES FLUCTUATIONS DU
TAUX DE CHANGE :
De 1980 à 2016
Par
« En politique le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal. »
Nicolas MACHIAVEL
« Il n’y a que deux possibilités, soit un système dirigé par la discipline impersonnelle du marché,
soit un autre dirigé par la volonté de quelques individus ; et ceux qui s’acharnent à détruire le premier
contribuent sciemment ou inconsciemment à créer l’autre ».
Friedrich HAYEK
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En mémoire de
DEDICACES
A ma très chère et tendre Maman Marie José NZUZI WAYINU, pour son soutien moral et
matériel, son amour et son affection qu’elle n’a jamais cessés de me témoigner ;
A mon grand-père, affectueusement, Koko Anderson MAWAKANI SAMBA, pour son amour
et sa générosité inconditionnels, il a été, il est et demeura, une source d’inspiration pour ma
personne ;
A ma tante Véronique MOKOTI, à mes ainés Franck KOUVASI, Nathalie et Kevine SAMBA,
mes cousines Lydie et Solange MOKAMBO, mes nièces Francesca et Malika KOUVASI, pour
leur affection familiale.
AVANT-PROPOS
Nous rendons grâce à notre Dieu, Maître de toute science, qui a disposé sagesse, intelligence,
force et vie à notre être pour la réalisation de ce présent travail de fin d’étude.
Nos remerciements vont droit aux Messieurs les Assistants Jephté NSUMBU et Edy KISONI
pour tant de sacrifices consentis, l’encadrement et tous les précieux conseils, ainsi que leurs critiques
constructives qui nous ont aidés à peaufiner notre étude.
A tous les amis et compagnons de lutte, Passy BOLIMO, Christine CHIKURU, Jessica
DIAWAKU, Christelle DIGATA, les filleules de la Base, nos frères et sœurs des chorales Chœur des
Anges et Saint Jean-Paul II, ainsi qu’à tous ceux qui ont participé, de près ou de loin et de toute
manière à l’édition de cet ouvrage, nos sincères sentiments de gratitude vous sont ici adressés.
MN : Monnaie Nationale
SOMMAIRE
INTRODUCTION
CHAPITRE PREMIER GENERALITES SUR LE TAUX DE CHANGE ET LA POLITIQUE
MONETAIRE
CHAPITRE SECOND : CONDUITE DE LA POLITIQUE MONETAIRE ET LA STABILITE
DU TAUX DE CHANGE EN RDC
CHAPITRE TROISIEME : ESSAI DE LISSAGE DU TAUX DE CHANGE PAR LA
POLITIQUE MONETAIRE MENEE EN RDC : PAR LE MODELE GARCH ET VAR
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I. INTRODUCTION
1. ETAT DE LA QUESTION
En quête d’une réflexion préliminaire en rapport avec notre recherche, nous avons de prime
abord étudié et analysé les sources documentaires, qui ont déjà traité de cet objet. Des points de vue
théoriques et empiriques ont été émis suffisamment, parmi tant, nous pouvons retenir ceux-ci :
Sumata (2010), dans son étude sur la dynamique de l’hyperinflation engendrée par
l’économie parallèle de la RDC, a objecté que, les circuits parallèles de change effectuent une
ponction sur les recettes fiscales, en favorisant par ce canal, l’éclosion du secteur informel au
détriment de la bonne survie du système officiel1. Le constat final est tel que la monnaie nationale
ne représente plus une valeur sure de conservation de la liquidité, moins encore une garantie face à
l’érosion monétaire.
Le marché parallèle se développe rapidement grâce à la myopie, au pire de situation, c’est un
comportement spéculatif qu’adoptent les agents économiques. La situation est telle que les individus
préfèrent garder les devises étrangères, et la sensibilité profonde du circuit parallèle conduit à des
fluctuations régulières du cours parallèles.
Son impact est significatif sur les autres variables réelles, en l’occurrence, l’évolution de
l’indice de prix, et par inadvertance, la fragilisation de la Parité du Pouvoir d’Achat (PPA)2.
L’étude de Mutombo et al. (2006), voulant déterminer les facteurs explicatifs de la demande
de monnaie en RDC en vue d’un ajustement optimal de l’offre de monnaie par la BCC a abouti à
un résultat mettant en évidence la pertinence du revenu réel et la dépréciation du taux de change sur
les encaisses réelles à long terme. Le modèle utilisé a traduit que, dans le court terme, la dépréciation
du taux de change influe sur les variables réelles. Cette influence est expliquée par la forte
dollarisation de l’économie nationale.
1 Ce transfert rendant incommode la gestion du budget de l’Etat, fait générer un déficit, généralement couvert
par l’expansion monétaire, donc la planche à billet, tout en tenant compte du quasi inexistence des marchés
financiers. Les miniers ne rapatrient pas l’effectivité de la portion des recettes dues à l’Etat et la circonstance
éprouvante, est que l’Etat se retrouve face à un fait accompli de déficit structurel de la balance de paiement
et du budget, dans un premier temps la piste de solution la plus envisageable dans une situation de telle
envergure est le recours à la planche à billet, toute chose égale par ailleurs, l’économie étant très endettée
et faiblement diversifiée. On thésaurise en devises dans les milieux urbains et frontaliers ainsi que dans les
campagnes.
2 Cette théorie a été mise sur pied par G. CASSEL. En effet, le différentiel d’inflation entre deux pays paraît être
un déterminant important du taux de change. Le PPA d’une devise locale se traduit en relation inverse du
niveau général des prix.
|2
2. PROBLEMATIQUE
Le processus inéluctable de la mondialisation a accru la sensibilité des économies
domestiques aux chocs survenant de l’extérieur, à l’image de la globalisation due à l’ouverture,
contribuant ainsi à l’instabilité du niveau général des prix.
Le constat fait en RD Congo, dévoile que l’économie est sous l’emprise prédatrice de la
monnaie étrangère, en l’occurrence le dollar américain, étant donné son statut de petite économie
ouverte et extravertie, ainsi que son système de change flottant (Mankiw, 2016).
A force de subir ces chocs, la monnaie locale tend à perdre constamment sa parité de pouvoir
d’achat4, d’autant plus que le niveau général des prix intérieurs par rapport aux prix des produits
comparables étrangers ne présente quasiment aucune réelle compétitivité, en dépit de l’amélioration
du terme de l’échange5 passant de 95.6 en 2015 à 97 points en 2016 (Rapport Annuel BCC, 2016).
Les mouvements des capitaux avec le reste du monde, ont une incidence réelle qui impactent
le comportement des prix domestiques, comme on peut l’observer au terme de l’an 2016.
L’accentuation du déficit de la balance de paiement, passant de 253.2 en 2015 à 501.4 millions de
dollar, à cause du ralentissement de l’économie mondiale, la chute des cours de matières premières,
et la baisse sensible des rentes des exploitants miniers a entraîné une dépréciation jusqu’à 25.8%
de la monnaie nationale (Rapport Annuel BCC, 2016).
Sachant que le budget en devise de l’Etat dépend essentiellement des recettes minières, les
dépenses publiques ont été quasiment financées par la BCC, entrainant la pénurie des devises face
à l’abondance de la monnaie nationale.
En vue de juguler la volatilité du taux de change ; la BCC a injecté 268.3 millions des dollars
américains en 2016. Cette action relève traditionnellement de la Politique de Change de la BCC,
cependant, le résultat n’a pas été escompté : l’inflation a flambé allant de 4.2% prévus à 23.6%, le
taux de change parallèle passant de 926.76 en 2015 à 1215.59 Francs Congolais en 2016, puis à
1700 en mi 2017 et les réserves de change ont baissé de 558.2 millions par rapport à 246.1 millions
déboursés en 2015 (Rapport Annuel BCC, 2016).
Par conséquent, non seulement la politique de change qui vise, elle, le lissage des fluctuations
du taux de change et l’amélioration du niveau des réserves de change est en risque d’inefficacité,
mais également la politique monétaire, est fragilisée dans la poursuite de ses objectifs de stabilité.
4 Le différentiel d’inflation : si l’inflation de la monnaie locale est élevée, les agents économiques vont plus
utiliser la monnaie étrangère dans les transactions courantes.
5 Ce terme désigne le taux de change réel.
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Considérant, l’évolution des politiques de change et monétaires en RDC ainsi que les diverses
tentatives de la BCC pour améliorer le cadre macroéconomique du pays, nous nous posons les
questions suivantes comme fil conducteur de notre recherche :
1. Quel est le rôle joué par la politique monétaire dans le lissage des fluctuations du taux de
change ?
2. Quel est l’instrument de la Politique Monétaire dont la manipulation se révèle être propice
à la stabilisation du taux de change ?
Partant des questions ci-dessus, nous poursuivons deux objectifs, à savoir :
- Objectif global : analyser l’efficacité de la Politique Monétaire dans la stabilisation du taux
de change.
- Objectif spécifique : déterminer l’instrument de la politique monétaire qui est le plus
efficace dans le lissage du taux de change.
Notre recherche se propose être une ébauche non négligeable de la réponse aux
préoccupations formulées ci-haut, d’autant plus que l’on ne peut prétendre y répondre entièrement.
3. HYPOTHESE
Pour répondre éventuellement à ces préoccupations, nous formulons les hypothèses
suivantes :
1. La BCC aurait joué son rôle d’autorité monétaire engagée dans la stabilisation du niveau
général des prix.
2. Le coefficient de réserves obligatoire et les opérations d’open-market seraient mieux
indiqués pour contrer les fluctuations du taux de change.
5. METHODOLOGIE
5.1. METHODES
Pour atteindre notre objectif, nous avons opté pour la méthode analytique quantitative : par
cette méthode nous allons analyser les effets des ajustements des variables monétaires et leur
incidence sur le comportement du taux de change.
|5
5.2. TECHNIQUE
A la méthode analytique quantitative, nous allons associer la technique explicative-
corrélationnelle, qui nous permettra d’apprécier l’implémentation de la politique monétaire grâce à
la manipulation des séries de données mensuelles, afin de vérifier la nature de l’influence des
« variables monétaires sur la stabilité du taux de change ».
Enfin, nous utiliserons des tests économétriques dans le but de valider les modèles que nous
aurons à estimer dans le cadre de notre étude.
7. CANEVAS DU TRAVAIL
Notre travail se présente en trois grands chapitres dont le fond renferme ce qui suit :
Le chapitre premier est intitulé « généralités sur le taux de change et la
politique monétaire ». Le second chapitre est intitulé « La politique monétaire face à la volatilité
du taux de change en RDC». Le troisième et dernier chapitre est intitulé « Essai de lissage du taux
de change par la politique monétaire : modélisation GARCH et VAR».
Une conclusion générale suivra le paragraphe portant les recommandations et suggestions
formulées à l’aide des résultats de l’estimation du modèle économique de notre travail.
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CHAPITRE PREMIER
GENERALITES SUR LE TAUX DE CHANGE ET LA POLITIQUE
MONETAIRE
1.1.1. Définition
Le taux de change correspond au prix d’une monnaie exprimée dans une autre monnaie, c’est
donc un prix coté (Plihon, 2006). C’est le cours, autrement dit le prix de cette devise par rapport à
une autre. On parle aussi de la « parité d'une monnaie ». Mais ce dernier désigne en l'anglais «
parity » qui indique une égalité absolue, ce qui n’est pas le cas.
Par exemple, le taux de change d’un dollar américain en francs congolais est noté : CDF/USD
(ou CDFUSD) = 1620 (ce qui signifie que 1 USD vaut 1620 francs congolais. Les taux de change,
cotés sur les marchés des changes, varient en permanence, également en fonction de la place de
cotation.
On distingue deux types de cotation du taux de change, notamment la cotation à l’incertain,
qui se réfère à l’expression de la valeur d’une unité de monnaie étrangère en monnaie locale, et
cotation au certain qui fait référence à l’expression d’une unité de monnaie nationale en monnaie
étrangère (Dupuy, 2006).
1.1.2. Rôle
Le taux de change joue à la fois un rôle économique et financier en économie ouverte.
Il est l’une des variables fondamentales en économie ouverte, car il exerce un impact
considérable sur la plupart des variables macroéconomiques dont l’offre et la demande de monnaie
(Debeaunais 2011). En outre, il vient rétablir l’équilibre dans les relations commerciales
internationales (Dupuy 2006).
On distingue également :
𝑃𝑡𝑒
𝑆=
𝑃𝑡𝑖
- Le taux à terme pour les opérations à terme, par exemple pour les Swaps6 de change. Ce
taux correspond au taux dégagé par la préférence des capitaux étrangers, dans la parité
du taux d’intérêt.
𝟏 + 𝒊𝑪𝑫𝑭
𝑭= 𝑺
𝟏 + 𝒊$
6 Le swap de change est une opération de change dans laquelle deux parties s’échangent des devises pour des
fins de protection contre le risque des change et pour spéculer à court terme.
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𝑝
𝜀 = 𝑒 . ( ⁄𝑝∗ )
Avec e le taux de change nominal, p/p* le rapport de niveau des prix intérieurs et étrangers.
Le TCER est une moyenne pondérée des niveaux de prix entre les différents partenaires
commerciaux et les concurrents7.
𝟏 𝟏⁄𝑺
= ∗
𝒑 𝒑
𝒑
𝑺=
𝒑∗
Donc la PPA au sens absolu, est le taux de change nominal qui compare le niveau général
des prix de deux pays. Si elle est égale à 1, la monnaie est correctement évaluée ; si elle est inférieure
à 1, la monnaie est sous-évaluée ; si elle est supérieure à 1, la monnaie est surévaluée.
Prenons l’exemple d’un panier des biens évalué à 100 USD aux Etats-Unis ; selon la loi du
prix unique, si le même panier reviendrait à 450. 000 CDF, alors le niveau des prix en RDC et aux
Etats-Unis ne sont pas égaux. L’on peut dire que la monnaie congolaise est surévaluée. Les agents
économiques vont se diriger vers les Etats-Unis pour acquérir plus des biens puis venir amasser
fortune en RDC. La PPA est un indicateur inverse de la compétitivité ; en effet, une hausse du
pouvoir d’achat indique que les prix étranger sont en baisse par rapport aux prix nationaux, d’où la
compétitivité se détériore (Piller, 2005).
𝒑∗𝒕
𝑷𝑷𝑨𝒕 ⁄𝒑∗
= 𝒑 𝒕−𝟏
𝑷𝑷𝑨𝒕−𝟏 𝒕⁄
𝒑𝒕−𝟏
Il s’agit ici du Taux de change réel, qui suit la variation de différentiel d’inflation de deux
pays donnés, le Taux de change effectif. La théorie du PPA prévoit que le taux de change réel
s’adaptera pour rétablir l’équilibre initial via l’impact du gain ou de la perte compétitivité.
Cette expression est appuyée par la condition-Marshall, qui stipule que la détérioration de la
balance courante détériore la Balance de paiement (Krugman et Obstefield, 2009). Dans le long
terme y aura détérioration réelle du change qui va ramener la situation d’équilibre. Il est à noter que,
le déséquilibre de la balance courante est une conséquence du déséquilibre au niveau de l’épargne
et de l’investissement intérieur.
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𝑪𝑪 = 𝑺𝒑 − 𝑰𝒑 + (𝑺𝒈 + 𝑰𝒑 )
Avec CC la Balance Figure 1. La courbe en J
commerciale, S l’épargne et I
l’investissement, les indices p et g
définissent respectivement le privé
et le public. Si S est inférieur à I le
pays est emprunteur, dans le cas
contraire, le pays est préteur net.
On parle de déficit de la
balance de paiement quand le
compte courant et le solde budgétaire sont déficitaires. Or, ce déficit affecte négativement le taux de
change. D’où il faut assurer l’équilibre S=I.
D. La balance commerciale parallèle
C’est un modèle déformé de la balance commerciale (Azam 1991), qui exerce une influence
positivement évidente sur le comportement du taux de change. Il s’agit du taux de change parallèle.
Ce taux dépend de la quantité de monnaie en circulation, prix de producteur exportateur et les prix
extérieurs du circuit officiel. La balance commerciale parallèle est l’accumulation de devises
provenant des transactions clandestines entre le pays et le reste du monde. Les circuits parallèles se
forment à cause de la méfiance des agents économiques, qui sont à la recherche d’un gain, lorsque
les chocs subséquents des circuits officiels en change fixe (chnage flottant) dévaluent (déprécient)
la monnaie nationale drastiquement et entraînent des pertes considérables aux producteurs. La
balance parallèle est représentée par la fonction ci-dessous :
𝑩𝑪(𝒀∗ , 𝒀, (𝒆𝒑∗ − 𝒑))
Où 𝑒𝒑∗ − 𝒑 le taux de change parallèle fixé en fonction du prix intérieur et étranger des
biens, dans le marché noir.
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+
Y=C+I+(X-M) = RNB=C+I+(X-M) + BRP
Balance des Revenus Primaires (BRP) = Paiement
des revenus des non-résidents - paiement revenu
aux non-résidents (Le revenu d’un travail).
RNBD-C= Epargne
CC =S-I=
CC= (SP-IP) + (Sg+Ig)
10 Elaboré par l’auteur à l’aide du
Manuel de la Balance de Paiement,
Page 27. FMI.
| 12
Cette approche est liée à la relation de la Parité du taux d’intérêt et est beaucoup plus
d’usage dans les grandes économies ouvertes. Il y a un lien entre le taux d’intérêt et les sorties des
capitaux, qui soit tel que, les agents économiques, comparent les taux d’intérêts domestiques et
étrangers. Si ceux domestiques sont bas, les agents déversent la masse d’argent en leur possession
dans le marché de change pour pouvoir effectuer des placements à l’étranger (Betoine et al, 1989).
Le gain correspond alors au différentiel de taux de change et d’intérêt domestiques et
étrangers. Ces différentiels guident les anticipations des investisseurs (Piller 2005). Pour qu’un
investisseur choisisse de placer ses capitaux à l’étranger, il doit s’assurer que son placement pourra
couvrir les pertes causées par la transaction d’achat de devises sur le marché de change.
Ainsi donc, il faut que le différentiel de taux de change soit inférieur au différentiel des taux
d’intérêts. Cela est mathématiquement formulé de la manière suivante :
𝑺−𝑭
𝒓𝒅 − 𝒓𝒇 =
𝑺
∗
= 𝑲 . 𝒀 . 𝒆𝒙𝒑(−𝜶∗ 𝒊∗ )
𝑷
| 13
11
La théorie du surajustement désigne les réactions excessives de taux de changes aux chocs monétaires
(développée par Dornbusch).
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La politique monétaire exerce des effets sur l'activité économique et le comportement des
agents économiques à travers quatre canaux de transmission à savoir :
A. Le taux d'intérêt
Lorsque la banque centrale augmente ou diminue ses taux directeurs, le coût du crédit
augmente ou diminue. La baisse des taux d'intérêt dynamise l'investissement des entreprises et la
consommation des ménages.
B. Le crédit
En rendant l'accès au crédit plus ou moins facile ou plus ou moins coûteux, la politique
monétaire agit sur l'offre et la demande de biens et de services.
C. L'effet de richesse
L'effet de richesse traduit la variation de la demande consécutive à la variation de la valeur
du patrimoine des agents économiques. Ces derniers réduisent leur demande en cas de baisse de
la valeur du patrimoine et l'accroissent en cas de hausse de la valeur du patrimoine.
D. Le taux de change
Les fluctuations des taux de change ont une influence directe sur les coûts des importations
et des exportations. La banque centrale est amenée à surveiller la position de la monnaie nationale
sur le marché des changes par rapport aux devises étrangères.
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Une baisse du taux de change renchérit les importations et peut stimuler les exportations en
diminuant leur prix.
Notons qu’en période d'inflation, une politique monétaire restrictive est susceptible de
réduire les tensions inflationnistes. Elle se traduit par la hausse des taux d'intérêt et une diminution
des liquidités bancaires, l’accroissement des titres, le ralentissement de la croissance et
l'augmentation du chômage. Mais en période de crise, une politique d'expansion monétaire est
susceptible de stimuler la demande globale.
Elle se traduit par la baisse des taux d'intérêt et un accroissement des liquidités bancaires.
Cette politique doit être conduite avec précaution car elle peut générer de l'inflation
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Agrégats monétaires Ciblage d’inflation Fixité de change Taux d’intérêt Croissance Base monétaire Stabilité financière
Composantes ou M1 = pièces et billets de Indice des prix à la Ancrage à une Taux de court Croissance du La monnaie centrale, la Le taux de rendement
objectifs banque en circulation + dépôt consommation (ipc) monnaie forte terme revenu nominal en réserve obligatoire des des titres des marchés
bancaires à vue valeur banques dans les financiers.
Inflation sous- Référence à un panier Nominal et réel coffres de la banque
- M2 = M1 + dépôt bancaires à jacente, déflateur de devises centrale
terme du prix intérieur
brut (PIB) Flottement administré
- M3 = M2 + dépôts auprès (crawling peg)
d’institutions non bancaires.
- M4 = M3 + les bons du
trésor et le titre de trésorerie.
Non cohérent Contrôle de la base Taux de Contrôle du taux Contrôle du taux d’intérêt
monétaire change fixe d’intérêt
Horizon temporel et A court et moyen terme, en Annuel et moyen Court et moyen Court et moyen Annuel à moyen Très court terme, Court terme, la
Pertinence d’action cas de chocs réels. terme, chocs terme, stratégie de terme, terme, chocs indifférence au niveau spéculation et la volatilité
monétaires désinflation et instabilité de la monétaire et du taux d’intérêt, des cours des matières
appartenance à un demande de financiers, déficit accroissement du PIB premières et des titres.
système monétaire monnaie de la balance des ou de la masse
paiements monétaire.
Instruments Taux d’intérêt de la Banque Taux d’intérêt de la Dévaluation, et Il est lui-même Taux d’intérêt Contrôle de coefficient Taux d’intérêt des
Centrale Banque Centrale et évaluation de la un instrument de réserves obligatoire opérations d’open-market
taux de change monnaie nationale Taux de chômage et rationnement de
Le coefficient des réserves et l’inflation flottement des
obligatoires Intervention sur le changes.
marché de change
marché de change en intervenant sur ce marché ou en laissant jouer les forces de l’offre et de la
demande, soit au contraire en réglementant autoritairement.
Définir les fluctuations consiste à étudier les cycles de croissance d’une variable donnée.
Ces différents cycles sont l’expansion, la crise, la récession et la reprise. Ces fluctuations peuvent
être ralliées à des chocs12.
Il est à noter que le taux de change est une variable financière qui connaît également les
fluctuations. Ces fluctuations sont erratiques et elles sont par conséquence désignées par le terme
volatilité13. La volatilité est vue comme la principale source du risque de change.
Pour calculer la volatilité du taux de change, il faut tenir compte de sa variation par rapport
au temps passé, en général, journalièrement 𝑒𝑡𝑎 = ∆𝑒𝑡−1. Cette variation dépend également et
surtout des approches de déterminations ci-haut énumérées. La volatilité du taux de change draine
le comportement des agents économiques.
12
[Link]
13 [Link] consulté le 19 juin 2018
| 22
Dans la première section, le point saillant a été les déterminants du taux de change, que nous
avons étalé en trois approches, à savoir : l’approche réelle, l’approche monétaire et l’approche
financière. L’approche réelle permet de déterminer la parité du pouvoir d’achat à partir de deux
versions : la version absolue comprend plusieurs limites du fait de l’exclusion de certains facteurs
entrant en compte dans la détermination du niveau des prix. Ainsi, l’on recourt à la version relative,
qui prend en compte le niveau de prix de biens échangeables. L’approche par la balance
commerciale incorpore le solde de la balance courante et l’importance de l’équilibre intérieur.
L’approche financière définit le taux de change au moyen du différentiel du taux d’intérêt
domestique et étranger. L’approche monétaire incorpore dans la détermination du taux de change
l’impact de l’offre et de la demande de monnaie, ou alors des facteurs influant sur leur croissance
en l’occurrence, le différentiel des taux d’inflation, d’intérêt et le revenu.
CHAPITRE DEUX
LA POLITIQUE MONETAIRE FACE A LA VOLATILITE DU
TAUX DE CHANGE EN RDC
Taux directeur Coefficient des réserves obligatoires Les opérations d’open market Politique de change
contenu Le taux directeur est le Le coefficient de la réserve obligatoire est Les opérations d’open market consistent en l’achat et Dans le cadre de sa
principal instrument de la aussi un instrument structurel tel que le la vente contre de la monnaie centrale des titres politique de change, la
Politique Monétaire de la BCC taux directeur. C’est un ratio en négociables en vue de ponctionner des liquidités au BCC poursuit deux
(Cadre de Référence). Il est pourcentage appliqué aux dépôts et aux système financier. objectifs : Le lissage des
fixé par la BCC, au regard du ressources provenant des banques fluctuations du taux de
comportement de l’inflation, commerciales et non rémunéré. Il existe La BCC organise trois maturités du bon BCC, à savoir change et la
du taux de change et de la des réserves suivant la nature et la : hebdomadaire (7 jours), mensuel (28 jours) et consolidation du niveau
croissance économique. monnaie de dépôt. D’où il y a des taux trimestriel 84 jours. Lorsqu’on observe qu’une période des réserves
discriminatoires pour les dépôts à vue et d’accalmie se suivra durant une période en cours, soit internationales.
Le taux directeur est un pour le dépôt en monnaie étrangère. lorsqu’il n’y a qu’une maturité ou deux qui sont actives,
instrument quasi structurel, l’on peut arriver à suspendre l’émission du titre Bon
car il n’est pas modifiable à BCC.
tous égards.
Les réserves libres excédentaires sont un élément
déclencheur de l’émission du Bon BCC. Mais en cas de
choc structurel, la BCC actionne un autre instrument
pour ne pas rendre inopérant le Bon BCC. Par ailleurs
le taux directeur est considéré comme le taux plafond
dans les opérations de Bon BCC, à ce titre, les banques
ne peuvent proposer un taux supérieur au taux
directeur.
Rôles Le mécanisme de La réserve obligatoire sert à limiter la La BCC émet généralement un titre de créance Pour assurer ce lissage
transmission par le taux capacité des BCM à octroyer du crédit. négociable dans le but d’opérer le réglage fin de la de fluctuation, la BCC
directeur, fluidifie l’action de liquidité, dont le BTR14 ou le Bon BCC. recours éventuellement
la BCC dans l’encadrement du à ses réserves de change
crédit à l’économie
Critique Le taux directeur renvoie La réserve obligatoire est méticuleusement Les actions de la Banque ne s’attaquent pas seulement Seulement en régime de
comparat principalement à la politique entretenue. Sous d’autres cieux, la réserve à la circulation fiduciaire mais aussi aux actifs change fixe. Cependant
ivement de crédit et de dépôts des obligatoire constitue la vis de jointure que financiers. La banque centrale vend les titres aussi en les banques restent
aux
banques commerciales. C’est les banques centrales n’hésitent de serrer guise de certificat de dette pour soutenir les reformes prévenantes face aux
autres
l’instrument phare car il est pour arrêter le contexte de surliquidité des structurelles. distorsions de la parité
déterminant pour les objectifs banques commerciales. de change.
finaux de la politique
monétaire Les actions sont donc
tournées non pas vers
les marchés de change
mais sur le marché
monétaire pour
améliorer les conditions
de liquidité des banques
qui peuvent porter
atteinte à la circulation
fiduciaire
Source : élaboré par l’auteur, sur base du cadre de référence de la BCC
| 26
Partant du tableau 1, où nous avons énoncé l’ensemble des stratégies Nous représentons la stratégie monétaire de la BCC, dans les parties
monétaires des banques centrales en générales. hachurées.
La politique monétaire ne peut agir sur l’ensemble de l’activité économique Les instruments de la politique monétaire ne correspondent pas
avec n’importe quel instrument. précisément aux objectifs précis, mais concourent à l’atteinte de l’objectif
final.
Les objectifs de stabilité financière sont atteints au moyen des opérations Les opérations d’adjudication du BTR font partie de la stratégie. On ne
d’open-market, lesdites opérations ont vocation de financer le plan peut pas totalement affirmer qu’elles représentent une stratégie de
budgétaire en cas d’insuffisance de recette publique ; de refinancer les stabilité financière, du fait de la quasi-inexistence du marché des titres.
institutions de crédit en pénurie de liquidité mais détenteur des titres
d’obtenir facilement des fonds auprès de la banque centrale ; les réglages
fins de liquidité, pour estomper les réponses de la liquidité bancaire aux
chocs transitoires. Cette stratégie nécessite l’existence d’un réel marché
des titres et des actifs mobilisables.
En général, le taux directeur est l’instrument de base de politiques de Le BTR est l’instrument qui tend à s’imposer comme instrument de base
banques centrales de la politique monétaire de la BCC.
Le taux de change fixe est une stratégie incompatible en régime flottant. En RDC, le régime est flottant, mais la Banque Centrale met en œuvre
L’un de ses instruments est l’intervention sur le marché de change par également une politique de change. Ce fait étant encore un grand débat,
ventes de devises l’on ne peut totalement réfuter cette stratégie.
Source : l’auteur.
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Actif Passif
AEN (Avoir extérieur-engagement BASE MONETAIRE
extérieur). MASSE MONETAIRE
RESERVES
CIRCULATION FIDUCIAIRE
ENCAISSE EN MN QUASI-MONNAIE
RESERVES LIBRES
RESERVES OBLIGATOIRES PROVISIONS POUR IMPORTATION
AIN
CNE
CREANCES AUX BCM
APN
Dans le contexte de notre étude, nous avons appréhendé non pas le mécanisme de
transmission mais plutôt de dépréciation monétaire, allant du choc exogène à la réponse de la
politique monétaire de la manière suivante :
1. Le choc exogène, notamment sur les recettes des exportateurs miniers, amenuise les
avoirs extérieurs nets. 2. Le budget en devise de l’Etat qui dépend essentiellement des
recettes issues de l’exploitation minière ne peut donc être exécuté à cause de la baisse de
dépôt. 3. Vue dans le sens de rigidité, l’ajustement des dépenses à court terme ne peut être
effectué d’où l’avènement du déficit. 5. C’est ainsi que l’Etat va recourir au financement
monétaire de son déficit, qui va 6. Croitre la base monétaire et ensuite 7. La masse
monétaire. 8. L’économie étant dollarisée, la masse monétaire sera déversée dans le
marché de change en entrainant la distorsion des parités 9. Qui suscitera les anticipations
des agents économiques 10. Menant à l’inflation. 11. En réponse, la BCC ressert le taux
| 28
de directeur, cela dit 12. Les titres sont plus accommodants que le refinancement au taux
directeur.
2. Au niveau de la Banque Centrale il y aura croissance des charges financières qui vont
également augmenter les charges financières, et rendre inopérant le BTR. Le coefficient
de la réserve obligatoire peut dans ce cas réguler le problème de la surliquidité.
Le cours du
Dépôt de l’Etat Financement
cuivre
Charges monétaire
financières
Dépenses
Base monétaire
publique
RO
Encours BTR
Déficit
Masse monétaire
Effet
Inflation dollarisation
(D
Source : l’auteur.
épôt en
devise/t
otal
dépôts)
| 30
800000,00 2000
600000,00 1500
400000,00 1000
200000,00 500
0,00 0
sept.-09
juin-10
sept.-12
juin-13
sept.-15
juin-16
mars-17
mars-11
mars-14
déc.-08
déc.-11
déc.-14
déc.-17
15
[Link]
| 31
la RDC. Le graphique 3
démontre comment les variations du taux de change a suivi l’évolution du taux de dollarisation,
durant sous étude. L’emprise de la devise a comme cause les tensions socio-politiques
généralisées, la rupture inopinée des coopérations internationales ayant entraîné le déséquilibre des
paramètres macroéconomiques durant la période 1990 à 2001, la baisse considérable des activités
économiques, exacerbées par le pillage, les destructions des infrastructures, etc.
Ce phénomène demeure encore en RDC, malgré tous les moyens mis en place par le
Gouvernement et la Banque Centrale au cours de ces dix dernières années, de rigueur et suivi de
la Politique monétaire pour stabiliser le cadre macroéconomique dans son ensemble, un facteur
de fluctuation des cours de change, à cause de la méfiance des agents économiques envers la
monnaie nationale (Kisoni, 2017).
Au vu du degré élevé de la dollarisation en RDC, qui compliquerait non seulement la
conduite de la politique de change, celle de la politique monétaire, la BCC aurait renforcé les
mesures de dédollarisation de l’économie, en s’appuyant sur les 28 mesures économiques de l’Etat
pour une meilleure perspective de stabilité, pour qu’au terme de ce processus, la monnaie locale
recouvre la confiance de la population et ses fonctions traditionnelles.
| 33
juil.-15
nov.-15
juil.-16
nov.-16
mai-15
mai-16
janv.-15
sept.-15
janv.-16
mars-16
sept.-16
janv.-17
mars-15
-5,0000
période 90, comme le montre le graphique 6.
Les fluctuations du cours de change ont été Infl var mens. tx chg var mens.
12.0
vision de base a été de relever le système
10.0
économique international après la deuxième guerre 8.0
4.0
une autre grande dépression économique comme
2.0
graphique 6 montre les niveaux d’avoirs extérieurs 2 % ≥ cost of holding reserves <3 %
4 % ≥ cost of holding reserves <5 %
3 % ≥ cost of holding reserves <4 %
5 % ≥ cost of holding reserves <6 %
cost of holding reserves =6 % reserve holdings (baseline)
CHAPITRE TROISIEME
ESSAI DE LISSAGE DU TAUX DE CHANGE PAR LA POLITIQUE
MONETAIRE
Dans ce troisième chapitre, nous présentons une étude empirique qui vise à vérifier la
théorie sur laquelle, notre hypothèse de départ se base.
Nous nous sommes basé sur le modèle théorique de Robert Mundell et Marcus Fleming,
dont les dérivations expliquent que la politique monétaire en change flottant est efficace et le cas
échéant, elle parviendrait au lissage de la fluctuation du taux de change. Notre chapitre comprend
trois sections : la première est le cadre théorique empirique, la seconde est l’analyse empirique et
la troisième présente les résultats, leur interprétation et les différentes recommandations formulées.
𝑦𝑡 = 𝜇 + 𝜀𝑡
Où 𝜀𝑡 est l’innovation. Le modèle GARCH incorpore dans l’analyse le carré de la variance
des résidus, cela veut dire qu’il tient aussi compte des résidus du modèle pour expliquer la
volatilité :
𝑝
2
𝜎𝑡2 =𝜔+ 𝛼𝑖 𝜀𝑡−1
𝑖=1
TXCH_P
1,800
80
1,600
Series: DTXCH_P
70 Sample 2004M01 2018M05
1,400
Observations 172
60
Source : Eviews 9.
De l’analyse des graphes 7 et 8 de la série du taux de change, nous déduisons ce qui suit :
- Le graphique 7 montre que notre série n’est pas très volatile mais on observe des
regroupements de volatilité. Cela, nous permet d’essayer de dégager la volatilité du taux
de change par un processus de type GARCH.
- Du graphique 8, nous retenons en résumé :
Le coefficient de kurtosis La valeur 12.41 est supérieure La courbe de la série de taux de change est beaucoup
à la valeur du coefficient moins aplatie que la courbe de loi normale.
conventionnelle de la loi
normale qui est 3 ;
Le coefficient de skeweness 1.63 est différent de la valeur Il y a présence de l’asymétrie dans la distribution de
théorique du coefficient de notre série du taux de change. L’asymétrie peut être un
skeweness pour une la loi indicateur de non linéarité.
normal qui est zéro ;
Le coefficient de Jarque- La probabilité ralliée au test de Ceci nous fait conclure que l’hypothèse nulle de
Bera Jarque et Bera qui est de normalité de la distribution du taux de change parallèle
0.0000 est inférieur au seuil est rejetée.
critique de 0.05.
Source : Eviews 9.
En somme, nous concluons qu’un modèle ARMA non linéaire de type ARCH peut être adéquat
pour notre cas.
| 41
Source : Eviews 9.
Le résultat affiche que la probabilité rattachée au coefficient du terme AR est fortement
significatif. Il y a donc lieu de signifier une forte présomption d’hétéroscédasticité des résidus.
16
Le prince de parcimonie stipule : la limitation de la taille de Lag, des variables ou de nombre à considérer
pour expliquer un phénomène. Ce principe opte pour une exhaustivité minimale.
| 42
Test Equation:
Dependent Variable: RESID^2
Method: Least Squares
Date: 07/06/18 Time: 07:18
Sample (adjusted): 2004M03 2016M12
Included observations: 154 after adjustments
Variance Equation
Source : Eviews
Le tableau de l’estimation de GARCH(1,1) illustre que les coefficients de paramètre de
l’équation de la variance sont significativement différents de zéro et que les coefficients de
l’équation de la variance vérifient les contraintes qui assure la positivité de la variance.
Nous pouvons retenir ce modèle et générer la série de volatilité du TXCH_P que nous
allons appeler VOLATILITY.
Où Ai est une matrice composé des variables exogènes ; le 𝜺 𝒕 représente le vecteur des
erreurs qui permet d’analyser les chocs structurels ; Y est le vecteur des variables endogènes.
Pour qu’un modèle VAR soit stationnaire, il faut que les racines de son polynôme soient situées
à l’intérieur du disque unité.
Pour établir une relation entre la volatilité du taux de change et la politique monétaire, nous
sommes partis du modèle ISLM BP, qui stipule que la politique monétaire est efficace en régime
de change flottant. Nous présentons dans le tableau ci-dessous les variables que nous avons choisis
pour notre estimation :
A. Test de racine unitaire de DICKEY-FULLER
Source : l’auteur
D’après le tableau du test ADF effectué sur nos variables, il s’avère que la majorité de nos
variables sont stationnaires à la première différence, et seuls la volatilité est stationnaire à niveau
et la base monétaire, stationnaire en tendance. Pour retirer cette tendance nous avons estimé un
| 45
moindre carré ordinaire et généré par la suite, le résidu de l’estimation qui sera considéré dans
l’estimation du modèle VAR.
B. Choix du décalage optimal
Dans le cadre de notre étude, nous avons estimé un modèle VAR à deux retards,
conformément au critère AIC, HQ et FPE. Ainsi notre modèle VAR construit avec six variables
endogènes à deux lags se présente comme suit :
2 2 2
Source : Eviews 9
Au seuil critique de 0.05, nous rejetons l’hypothèse nulle de non causalité et affirmons que,
la réserve obligatoire cause la volatilité, la volatilité cause la base monétaire.
| 46
1,000 1,000
0 0
-1,000 -1,000
-2,000 -2,000
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
1,000 1,000
0 0
-1,000 -1,000
-2,000 -2,000
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
1,000 1,000
0 0
-1,000 -1,000
-2,000 -2,000
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
Source : Eviews 9.
Le graphique ci-dessus fournit les réponses dynamiques de la volatilité à chaque choc dans
le modèle VAR estimé. Chacune de ces réponses est ponctuellement limitée par l’intervalle de
confiance de Monte Carlo à 10 000 répétitions du modèle. L’innovation de la réserve obligatoire
est la plus tapante à première vue, en effet, elle provoque immédiatement une forte chute de la
volatilité à la troisième période.
| 47
Quant au BTR, son innovation vacille faiblement autour de la zone de confiance jusqu’à ce
qu’elle s’estompe, après 5 mois. Quant à la base monétaire et au taux directeur, leurs impulsions
sont de faible impact.
L’innovation du cours du cuivre montre qu’au bout de 5 mois, la volatilité réagit à
l’amélioration de cours de cuivre.
Le tableau 13 indique la décomposition de la variance ainsi que les erreurs types obtenues
à partir de 10 000 réplications du modèle au moyen de la méthode de Monte Carlo.
A la première période, aucune décision de politique monétaire et aucun choc exogène n'a
d'effet immédiat sur la volatilité, donc sa variance s’explique tout d'abord par ses propres
innovations.
En effet, la variance de la volatilité expliquée par la politique monétaire n'est significative
qu'à partir du deuxième mois tel qu’on peut voir la variance expliquée par le BTR à la seconde
période, explique à 1.8% la variance de la volatilité. Ce n’est qu’à partir de la troisième période
que la variance de la réserve obligatoire devient significative, soit 36 %.
Au fil du temps, les autres variables accroissent leur significativité dans la variance de la
volatilité. Pour le taux directeur, la base monétaire ainsi que le cours du cuivre, leurs chocs
n'expliquent qu’une variation de faible significativité. Le modèle permet d’expliquer comment à
court-terme, la BCC permet d’éliminer la volatilité. En absence de l’action de la politique de
change, la force de la politique monétaire repose sur les instruments BTR et réserves obligatoires.
| 48
Source : Eviews
- Au niveau du secteur monétaire, que la rupture du contexte des avoirs libres excédentaires
des banques commerciales, soit une piste de solution pour rendre opérationnel le guichet
de refinancement de la Banque Centrale et pour un meilleur contrôle de la liquidité de
banques créatrices de monnaie. Le renforcement du système financier par la mise en place
d’un marché d’actifs financiers afin de financer tout déficit pouvant subvenir dans
l’économie.
- Au niveau du secteur réel, l’analyse de facteur de pression sur les prix et la croissance
ainsi que la diversification de la production nationale soient des voies vers la stabilité
structurelle, en outre, la BCC doit veiller à optimiser les réserves de change en période
favorable sur le marché des produits de base.
Outre ces suggestions, nous pouvons recommander à la Banque, du point de vue de son
pilotage et de sa gouvernance ce qui suit :
Étant donné le lien existant entre le taux de change et les décisions de la politique monétaire,
la quasi-dépendance de la Banque d’entités publiques ne lui permettra pas de mieux se positionner
dans la maîtrise de la volatilité. D’où la nécessité pour la Banque Centrale d’être totalement
indépendante et autonome dans la conception et la mise en œuvre de la politique monétaire.
| 50
Conclusion générale
Notre recherche s’était fixé comme objectifs, l’analyse de l’efficacité de la politique
monétaire dans la stabilisation du taux de change et la détermination de l’instrument de la politique
monétaire qui est le plus efficace dans le lissage du taux de change. Afin de les atteindre, nous
avons formulé deux questions de recherche qui nous a servi de fil conducteur :
1. Quel est le rôle joué par la politique monétaire dans le lissage des fluctuations du taux de
change ?
2. Quel est l’instrument de la Politique Monétaire dont la manipulation se révèle être propice
au rééquilibrage du marché de change ?
En réponse préalable, nous avons formulée les hypothèses selon lesquelles, la BCC aurait
joué son rôle d’autorité monétaire engagée dans la stabilisation du niveau général des prix et le
coefficient de réserves obligatoire ainsi que les opérations d’open-market auraient mieux indiqués
pour contrer les fluctuations du taux de change.
A l’issu de l’application des modèles GARCH et VAR, sur la sous-période allant de 2004
à 2016, nous sommes parvenus à un résultat qui révèle que, la Banque Centrale a réellement joué
son rôle de stabilisateur. Le fort de sa stratégie a été la mise en œuvre d'une politique restrictive,
vecteur significatif de la stabilité en période de crise.
La réalité a révélé que les fluctuations du taux de change ont été volatiles durant la période
sous-étude. Pour réagir à cette évolution erratique, la politique monétaire de la BCC s’est
appesantie sur le resserrement du coefficient des réserves obligatoires pour diminuer la liquidité
bancaire. Ce mécanisme de transmission a été la principale action de la BCC car, la volatilité a
significativement répondu au choc de la réserve obligatoire.
Contrairement au contexte d’efficacité énoncé par le modèle ISLM BP, en change flottant,
la BCC ne recourt pas directement à l’usage du taux directeur pour ramener la situation d’équilibre.
Elle procède d’abord par le réglage fin puis par le resserrement des réserves obligatoires.
Les pistes de solution que nous proposons à la BCC, sont d’abord de rompre le contexte
d’avoir libre excédentaire des banques commerciales, en effet, cette liquidité suffisante peut
entrainer la surchauffe sur le marché de change si elle n’est pas bien canalisée ; de durcir davantage
les réserves obligatoires, pour rendre le guichet de refinancement au taux directeur opérant ; et in
fine, mettre en place un réel marché d’actifs financiers permettant de résorber la liquidité excessive
et attirer les fonds oisifs, pour que le BTR ne soit pas le seul titre sur le marché primaire, et pour
que son canal soit plus efficace.
| 52
Annexe
A. Série des données mensuelles
janv-15 932,16 2 229 836,00 229 836 68,49 753 728,74 -20,8156075
févr-15 931,04 2 237 466,26 237 466 67,88 759 441,78 7,21616242
mars-15 931,89 2 236 555,98 236 556 68,92 765 154,82 -3,87373965
avr-15 931,81 2 225 377,44 225 377 69,72 770 867,87 -14,302499
mai-15 931,84 2 232 037,79 232 038 70,89 776 580,91 26,7311506
juin-15 932,02 2 242 142,50 242 142 70,59 782 293,96 -6,64294187
juil-15 931,98 2 243 478,76 243 479 69,91 788 007,00 -18,8299033
août-15 932,01 2 240 740,35 240 740 69,80 793 720,04 7,56829022
sept-15 932,52 2 237 706,00 237 706 70,16 799 433,09 -9,54685929
oct-15 931,48 2 240 253,00 240 253 69,04 805 146,13 -5,40975457
nov-15 931,43 2 245 661,80 245 662 68,81 810 859,17 -1,52076609
déc-15 933,61 2 235 129,86 235 130 67,50 816 572,22 -5,95561435
janv-16 940,6 2 233 657,00 233 657 68,23 822 285,26 3,47342969
févr-16 943,11 2 285 611,33 285 611 65,92 827 998,31 4,64742759
mars-16 950,04 2 294 100,54 294 101 66,15 833 711,35 17,5611319
avr-16 972,04 2 292 431,67 292 432 66,23 839 424,39 -10,0715788
mai-16 980,01 2 290 461,93 290 462 65,58 845 137,44 -4,87901088
juin-16 1 012,76 2 289 683,50 289 683 65,48 850 850,48 13,9187182
juil-16 1 058,37 2 289 683,50 289 683 66,91 856 563,52 -2,35912586
août-16 1 071,28 2 341 549,00 341 549 66,74 862 276,57 0,08790112
sept-16 1 115,69 2 333 403,92 333 404 66,31 867 989,61 -0,42830987
oct-16 1 192,91 2 346 959,00 346 959 66,97 873 702,66 -2,32060217
nov-16 1 217,23 2 407 042,00 407 042 68,02 879 415,70 -9,27446871
déc-16 1 250,13 2 432 482,93 432 483 66,76 885 128,74 10,5364716
Source : base de données BCC
| 57
1 29.46724 0.7710
2 40.89870 0.2641
1.0
0.5
0.0
-0.5
-1.0
-1.5
-1.5 -1.0 -0.5 0.0 0.5 1.0 1.5
| 58
1,200
1,000
800
120
600
80
400
40 200
-40
-80
04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16
Source: Eviews
D. Les chocs économiques
Source : wikisource
| 59
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