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Droit de L'Environnement: DR KRAGBE A. Gilles, Enseignant Chercheur À L'université Alassane Ouattara de Bouaké

Le document traite du droit de l'environnement, en mettant en lumière ses caractéristiques générales, ses sources, et les institutions impliquées dans sa protection. Il souligne l'importance de la protection de l'environnement dans les politiques de développement, en particulier en Côte d'Ivoire, et évoque les lois et règlements qui régissent ce domaine. Enfin, il aborde les principes fondamentaux du droit de l'environnement et son autonomie par rapport aux autres branches du droit.

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Droit de L'Environnement: DR KRAGBE A. Gilles, Enseignant Chercheur À L'université Alassane Ouattara de Bouaké

Le document traite du droit de l'environnement, en mettant en lumière ses caractéristiques générales, ses sources, et les institutions impliquées dans sa protection. Il souligne l'importance de la protection de l'environnement dans les politiques de développement, en particulier en Côte d'Ivoire, et évoque les lois et règlements qui régissent ce domaine. Enfin, il aborde les principes fondamentaux du droit de l'environnement et son autonomie par rapport aux autres branches du droit.

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DROIT DE L’ENVIRONNEMENT

AUTEUR :

Dr KRAGBE A. Gilles, enseignant chercheur à l’Université


Alassane Ouattara de Bouaké

1
SOMMAIRE
INTRODUCTION

PARTIE PRELIMINAIRE

PARTIE I: LES CARACTERISTIQUES GENERALES DU DROIT DE


L’ENVIRONNEMENT

CHAPITRE I : Les sources du droit de l’environnement


Section I : Les textes nationaux
Section 2 : Les textes internationaux

CHAPITRE II : Les institutions du droit de l’environnement


Section 1 : Les institutions internationales
Section 2 : Les institutions nationales

CHAPITRE III : Les principes généraux du droit de l’environnement


Section 1 : Le principe de participation et de l’information
Section 2 : Le principe pollueur-payeur
Section 3 : Le principe de précaution
Section 4 : Le principe de coopération
Section 5 : Le principe de gestion efficace et écologiquement rationnelle

PARTIE II : LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT

CHAPITRE I : L’environnement naturel

Section 1 : Les milieux naturels


Sous-section 1 : Le sol et le sous-sol
Sous-section 2 : Les ressources en eau

Section 2 : La diversité biologique ou biodiversité


Sous-section 1 : Le principe de protection
Sous-section 2 : Les moyens de conservation de la biodiversité

Section 3 : Les sites et monuments

CHAPITRE II : L’environnement humain


Section 1 : La planification urbaine
Section 2 : La lutte contre les pollutions et nuisances
Sous- section 1 : Les déchets
Sous-section 2 : Les nuisances sonores
Sous-section 3 : La pollution atmosphérique

BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE

2
INTRODUCTION

La protection de l’environnement constitue l’un des défis majeurs des politiques de


développement à l’échelle mondiale depuis des années avec l’engagement de la
majorité des pays du monde. Les signes tangibles de cette vigueur sont illustrés par
la Conférence de Stockholm de 1972 et celle de Rio de Janeiro de 1992 appelée
‘’Sommet de la terre’’. La conférence de Stockholm sur l’environnement tenue du 05
au 16 juin 1972 a consacré l’expression « éco-développement » dont le sens s’est
élargi dans les années suivantes.

L’action de sensibilisation des Nations Unies face aux grandes catastrophes de


pollution maritime, chimique ou les perturbations climatiques, et l’avancée du désert
a engendré une certaine prise de conscience à l’égard de l’environnement et de
l’intérêt de sa protection.
Il est loin le temps où traiter de la protection de l’environnement dans les pays en
voie de développement suscitait des étonnements. Mais, on constate aujourd’hui que
dans la plupart des pays africains, dont la Côte d’Ivoire, l’environnement connaît une
véritable protection traduite par la création d’un ministère qui lui est spécifique. Les
journées de l’environnement ont fini par faire partie des rituels des célébrations
nationales annuelles. Cette politique écologique au plan international n’a pas
épargné les sciences humaines qui ont posé les fondements scientifiques d’une
utilisation rationnelle des ressources naturelles. Dans cette dynamique, les sciences
juridiques ont été déterminantes dans les recherches scientifiques.
La gestion de l’environnement intéresse à cet effet les juristes puisque les problèmes
environnementaux revêtent un caractère transversal. C’est notamment le cas du droit
public qui fixe les attributions des pouvoirs publics en matière d’environnement, du
droit privé régissant les rapports entre particuliers et qui permet de protéger leur
cadre de vie et enfin le cas du droit pénal qui permet de réprimer les infractions
écologiques.

3
PARTIE PRELIMINAIRE

Deux préoccupations essentielles seront examinées dans le cadre de cette partie. Il


convient en effet d’analyser d’abord la notion d’environnement, avant de cerner la
matière même du droit de l’environnement.
I. La notion d’Environnement

Selon l’approche notionnelle, l’environnement se définit au sens large comme tout ce


qui nous entoure. Il ressort du dictionnaire universel que l’environnement se définit
comme : « l’ensemble des facteurs naturels ou dus à l’action de l’homme qui
constituent le milieu dans lequel vit l’homme ou une espèce tant animale que
végétale en un moment donné ».
Cette appréhension générale de l’environnement a été davantage précisée par le
législateur ivoirien à travers la loi n°96-766 du 03 octobre 1996 portant code de
l’environnement. En effet, l’article 1er de cette loi définit l’environnement comme
‘’l’ensemble des éléments physiques, chimiques, biologiques, les facteurs
socio-économiques, susceptibles d’avoir un effet direct ou indirect, immédiat
ou à long terme sur le développement du milieu, des êtres vivants et des
activités humaines’’. A cet effet, l’environnement résulte de la combinaison de trois
grands types de milieux qui sont le milieu physique, le milieu biologique et le milieu
humain.
• Le milieu physique comprend les éléments naturels non vivants. Ils sont utilisés
par l’homme et participent au renouvellement et à la protection des autres
ressources naturelles. Parmi ces éléments, on distingue : le sol, le sous sol, les
eaux souterraines, les eaux de surface, l’air et le relief.
• Le milieu biologique comprend l’ensemble des espèces végétales et animales et
les communautés vivantes étroitement liées les unes aux autres. Dans ce milieu, la
faune et la flore vivent en symbiose avec les caractéristiques d’un milieu donné.
• Le milieu humain comprend tous les éléments construits, les relations sociales,
les modes d’utilisation de l’espace dans les villes et villages, le patrimoine culturel et
les paysages qui en résultent (cadre de vie).

De ce qui précède, nous pouvons dire qu’aujourd’hui, l’environnement n’est plus


confondu avec le milieu naturel, mais englobe le cadre de vie complexe que
l’homme a façonné depuis ses origines.
III. Le droit de l’environnement

Le droit de l’environnement selon Michel PRIEUR, est marqué par sa dépendance


étroite avec les sciences et la technologie. Les règles de police en matière de
pollution par exemple, sont exprimées sous forme de prescriptions techniques,
physiques, chimiques ou acoustiques. Le dépassement d’un seuil déclenche la
répression. La compréhension du droit de l’environnement exige donc un minimum
de connaissances scientifique set toute réflexion critique à son propos impose
une approche pluridisciplinaire . Comment peut-on le définir, et qu’est ce qui fonde
son autonomie par rapport aux autres branches du droit ?

4
Le droit de l’environnement reçoit plusieurs définitions suivant sa finalité ou son objet.
Mais ce dernier critère renseigne mieux sur sa substance et son champ d’application.
On peut ainsi le définir comme ‘’l’ensemble des règles et techniques juridiques,
ainsi que les institutions relatives à la protection du milieu et à la conservation
de la nature et des ressources naturelles’’.
Le droit de l’environnement peut également se définir comme ‘’l’ensemble des
règles juridiques tendues vers la suppression ou à tout le moins la limitation
des atteintes à l’environnement’’.

En la matière, des lois et règlements ont été adoptés en Côte d’Ivoire, notamment le
code de l’environnement de 1996, le code forestier de 2014, le code de l’eau de
1998…Ainsi, à ces textes, s’ajoutent les conventions internationales ratifiées par la
Côte d’Ivoire. Nous avons entre autres, la convention de Rio sur la diversité
biologique, la convention des Nations Unies sur le droit de la mer et la convention de
Vienne sur la protection de la couche d’ozone, etc.
Le droit de l’environnement étant une discipline jeune, il se pose la question de son
autonomie. Celle-ci a été contestée par certains auteurs qui voyaient dans cette
nouvelle discipline, une extension de certaines disciplines existantes, dépourvues de
techniques juridiques spécifiques.
En réalité, le droit de l’environnement constitue une branche nouvelle du droit. Son
autonomie tient à la spécificité de son objet. L’autonomie s’entend de l’affirmation par
l’expression d’une spécificité, d’une identité par rapport à ce qui existe déjà. Or, le
droit de l’environnement a un objet spécifique, lequel détermine ses techniques
juridiques et ses constructions doctrinales. Il faut ajouter à cela l’ampleur des
reformes entreprises par l’Etat et la conscience sociale accrue en matière
d’environnement.
Le droit de l’environnement ivoirien qui puise ses origines de l’ère coloniale a connu
un renouveau après la conférence de Rio de 1992 qui a tracé les orientations
nouvelles des politiques environnementales au plan planétaire.
Quelles sont donc les caractéristiques générales de ce droit et dans quelles mesures
protège-t-il l’environnement ?

5
PARTIE I : LES CARACTERISTIQUES GENERALES DU DROIT DE
L’ENVIRONNEMENT

Le droit de l’environnement se caractérise par ses sources, les institutions qui ont en
charge la protection de l’environnement et les principes fondamentaux sur lesquels il
repose.
CHAPITRE I : LES SOURCES DU DROIT DE L’ENVIRONNEMENT

Le cadre juridique couvre plusieurs secteurs de l’environnement et comprend aussi


bien des textes nationaux que des textes internationaux constituant les sources du
droit de l’environnement ivoirien. Au niveau des textes nationaux, nous avons pu
recenser plusieurs textes repartis en textes législatifs et en textes règlementaires
(décrets et arrêtés).
Nous pouvons soutenir que la réglementation est relativement importante, puisque la
plupart des textes qu’un pays peut avoir tant sur le plan national qu’international se
retrouve dans l’arsenal juridique ivoirien. Cette panoplie de textes qui n’est pas
exhaustive, constitue un ensemble d’instruments juridiques importants dans la
protection de l’environnement. Les sources identifiées sont constituées de textes
nationaux et de textes internationaux.
Section I : Les textes nationaux

Ce sont des textes élaborés par les autorités publiques ivoiriennes légalement
établies. Nous étudierons ces textes selon la hiérarchie des normes en droit. Il s’agit
de la constitution, les lois ordinaires, les règlements, la jurisprudence, la doctrine et la
coutume.
Sous-section 1 : La constitution

La Constitution Ivoirienne promulguée le 8 novembre 2016 consacre la protection de


l’environnement et le droit de l’homme à un environnement sain, notamment dans
son préambule, ainsi qu’en ses articles 27 et 40.
Au niveau du préambule, l’engagement de l’Etat « à contribuer à la préservation du
climat et d’un environnement sain pour les générations futures » est clairement
affirmé. L’Article 27 dispose que : « Le droit à un environnement sain est reconnu à
tous sur l’ensemble du territoire national. Le transit, l’importation ou le stockage
illégal et le déversement de déchets toxiques sur le territoire national constituent des
crimes ».
Enfin, et en ce qui concerne l’Article 40, il indique que : « La protection de
l'environnement et la promotion de la qualité de la vie sont un devoir pour la
communauté et pour chaque personne physique ou morale. L’Etat s’engage à
protéger son espace maritime, ses cours d’eau, ses parcs naturels ainsi que ses
sites et monuments historiques contre toutes formes de dégradation.
L’Etat et les collectivités publiques prennent les mesures nécessaires pour
sauvegarder la faune et la flore. En cas de risque de dommages pouvant affecter de
manière grave et irréversible l’environnement, l’Etat et les collectivités publiques
s’obligent, par application du principe de précaution, à les évaluer et à adopter des
mesures nécessaires visant à parer à leur réalisation ».

6
En effet, la protection de l’environnement par la constitution signifie que tout acte qui
serait contraire à la sauvegarde de l’environnement se verrait frapper de nullité étant
donné que la constitution est la norme des normes.

Sous-section2 : Les lois ordinaires et les règlements

Les lois au sens strict sont des textes juridiques élaborés par le parlement tandis que
les règlements sont des textes élaborés par les autorités exécutives et
administratives. Cependant, il convient de noter que du point de vue de la hiérarchie
des normes, les lois ordinaires ont une valeur supérieure aux textes règlementaires.
Les textes législatifs et règlementaires sont composés du texte de commun de
référence en la matière, à savoir le code de l’environnement et d’autres textes
particuliers.
Paragraphe 1 : Le texte commun de référence : le code de l’environnement

Il s’agit de la loi n° 96-766 du 3 octobre 1996 portant Code de l’environnement. C’est


une synthèse de l’ensemble des règles applicables sur chaque matière donnée de
l’environnement. L’adoption de ce texte découle de la conférence de Rio au Brésil
sur l’environnement en 1992 qui a recommandé aux Etats la mise en place d’un texte
de base en matière d’environnement. Alors, ce texte a pris en compte des
conclusions du Programme National d’Action Environnementale (PNAE) qui avait
déjà répertorié tous les problèmes environnementaux de la Côte d’Ivoire.
Six (6) titres et 113 articles forment le contenu de ce Code. Ils concernent les
définitions et termes utilisés par la loi, les objectifs et le domaine d’application de la
loi. La loi susvisée ne peut faire obstacle à d’autres dispositions législatives et
réglementaires poursuivant les mêmes buts et dont le présent Code ne fait pas cas
en raison de leur spécificité. Le code contient également des dispositions préventives
et pénales.
Il s’agit notamment des dispositions portant sur la prolifération des déchets
ménagers, du déversement incontrôlée des eaux usées, la pollution des eaux
maritimes et lagunaires, etc. En tant que texte de loi, il a donc une valeur
contraignante et fait appel à une obligation de résultat. Le Code situe enfin les
obligations de l’Etat et des collectivités locales en matière de protection et de gestion
de l’environnement.
Paragraphe 2 : Les autres textes juridiques

En matière d’environnement divers textes ont été adoptés dans le domaine de la


protection de la nature et du cadre de vie. C’est à une large collaboration entre le
parlement et l’exécutif que le droit de l’environnement prend corps à travers des
textes spécifiques venant en appoint au code de l’environnement. Ainsi, à la
compétence du parlement, se succèdent différents textes législatifs, ordonnances et
décrets élaborés pour la mise en œuvre du droit de l’environnement. Au nombre de
ces textes, tandis que certains ont une portée générale, d’autres ont un caractère
sectoriel.
A. Les textes de portée générale

Ce sont des textes ayant vocation à s’appliquer à tous les domaines de


l’environnement. Ces textes sont pour l’essentiel des mesures règlementaires.

7
1. La loi n° 2014-390 du 20 juin 2014 d'orientation sur le développement durable

2. Décret n° 97-393 du 9 juillet 1997 portant fonctionnement et attributions de


l’Agence Nationale de l’Environnement (ANDE), établissement à caractère
administratif ;
3. Décret n°2004-649 du 16/12/2004, portant attributions, organisation et
fonctionnement de la commission nationale du développement durable, en abrégée
CNDD ;
4. Décret n°96-894 du 08 novembre 1996 portant organisation des études d’impact
environnemental des projets de développement ;
5. Décret n°2005-03 du 06/01/2005 portant audit environnemental.
B. Les textes sectoriels

Ce sont des textes spécifiques à certains domaines de l’environnement.

1. Protection de la nature et des ressources naturelles


La gestion des ressources naturelles inclut dans la législation ivoirienne, la prise en
compte de deux groupes d’éléments qui sont successivement la diversité biologique
et les ressources non vivantes.
1.1. Conservation de la biodiversité

La diversité biologique est constituée par l’ensemble des ressources biologiques à


savoir la faune et la flore.
Préservation de la faune

La faune qui désigne la diversité animale a fait l’objet de deux mesures de protection.
Celles-ci concernent d’une part l’identification et le recensement des espèces
menacées de disparition.
1. Loi n°65-255 du 04 août 1965 portant protection de la faune et de l’exercice de la
chasse ;
2. Décret n°97-130 du 07 mars 1997 portant réglementation de la détention des
ivoires ;
Préservation de la flore

La Côte d’Ivoire a retenu comme priorité dans sa politique de protection de la nature,


la préservation d’aires protégées représentatives de la diversité biologique. Cette
législation a permis la constitution d’un patrimoine forestier important dont près de
deux millions d’ha de parcs nationaux.
1. Loi n°2014-427 du 14 juillet 2014 portant Code forestier;

2. Loi n°64-490 du 21 décembre 1964 portant protection des végétaux ;


3. Loi n°86-378 du 04 juin 1986 instituant un comité national de défense de la forêt et
de lutte contre les feux de brousse.

8
1.2. Préservation des ressources naturelles non vivantes

Également appelées ressources du milieu physique, ces ressources constituent le


support de la vie de tout être vivant. Il s’agit de l’air, la terre et les ressources en eau.
Leur destruction est source de déséquilibre de la planète. Nous identifierons 05
textes protégeant ces ressources :
1. Loi n°2014-138 du 24 mars 2014 portant code minier ;
2. Loi n°98-750 du 23 décembre 1998 portant code foncier rural, modifiée par la loi
n°2004-412 du 14 août 2004 ;
3. Loi n°98-755 du 23 décembre 1998 portant code de l’eau ;
4. Décret n°97-678 du 03 décembre 1997 portant protection de l’environnement
marin et lagunaire contre la pollution.
2. Aménagement de l’environnement humain et du cadre de vie

Le cadre de vie est un milieu de vie socialement organisé. Selon le code de


l’environnement, l’environnement humain concerne le cadre de vie et l’aménagement
du territoire. Plusieurs mesures tendant à améliorer l’environnement urbain ont été
prises pour la planification et l’entretien des villes.
1. Loi n°62-253 du 31 juillet 1962 portant urbanisation en Côte d’Ivoire ;

2. Loi n°80-1180 du 17 octobre 1980 portant compétences territoriales des


communes modifiée par la loi n°85-578 du 29 juillet 1985;
3. Les lois n°2001-478 du 09 août 2001 et n°2002-44 du 21 janvier 2002 portant
statut des districts d’Abidjan et de Yamoussoukro ;
4. Loi n°2003-208 du 7 juillet 2003 portant transfert et répartition de compétences de
l’Etat aux collectivités territoriales ;
5. Ordonnance n°2007-586 du 4 octobre 2007 abrogeant certaines dispositions de la
loi n°2003-208 du 7 juillet 2003 portant transfert et répartition de compétences de
l’Etat aux collectivités territoriales.
3. Protection des sites et monuments

Les sites et monuments représentent le patrimoine culturel et historique des peuples.


Ils font bien partie des composantes de l’environnement au regard de la définition
donnée par le code de l’environnement.
1. Loi n°87-895 du 28 juillet 1987 portant protection du patrimoine culturel ivoirien ;
2. Décret n°88-413 du 20 avril 1988 portant classement des monuments de la ville
historique de Kong ;
3. Décret n°91-23 du 30 janvier 1991 portant classement des monuments historiques
de Grand Bassam ;

4. Décret n°91-186 du 27 mars 1991 portant classement des monuments historiques


d’Abidjan.

9
4. Textes en matière de pollution et d’assainissement

Les textes touchant directement à l’assainissement sont les plus nombreux et


constitue le socle essentiel de l’arsenal juridique national. Nous pouvons citer
notamment les textes sur la gestion des ressources en eau, les taxes et redevances
d’assainissement, les sanctions des infractions contre la salubrité, les installations
classées, etc.

1. Loi n°88-651 du 07/07/1988, portant protection de la santé publique et de


l'environnement contre les effets des déchets industriels toxiques et nucléaires et des
substances nocives ;
2. Décret n°98-43 du 28/01/1998, relatif aux installations classées pour la protection
de l'environnement ;
3. Décret n° 91-662 du 9 octobre 1991 portant création du centre ivoirien antipollution
(CIAPOL), établissement public à caractère administratif ;
4. Décret n°92-707 du 14 octobre 1992 portant création d’un comité national de
salubrité publique ;
5. Décret n°98-43 du 28/01/1998, relatif aux installations classées pour la protection
de l'environnement ;
6. Décret n°99-257 du 25/03/1999, portant approbation du contrat d'affermage pour
l'entretien et l'exploitation des réseaux et ouvrages d'assainissement et de drainage
de la ville d'Abidjan ;
7. Décret n°2012-1047 du 24 octobre 2012 fixant les modalités d’application du
principe pollueur payeur tel que défini par la loi n°96-766 du 03 octobre 1996 portant
code de l’Environnement

8. Décret n°2013-327 du 22 mai 2013 portant interdiction de la production, de


l’importation, de la commercialisation, de la détention et de l’utilisation des sachets
plastiques sur l’ensemble du territoire national.

Paragraphe 2 : La jurisprudence

La jurisprudence est entendue, au sens large comme l’ensemble des décisions de


justice et, au sens strict, comme la position des juridictions sur une question de droit
étant donné la multiplicité de textes qu’ils doivent interpréter avant application, les
juridictions interviennent, à travers leurs décisions, dans l’élaboration du droit de
l’environnement.
Paragraphe 3 : La doctrine

La doctrine est constituée par l’ensemble des opinions émises sur le droit par les
spécialistes (les théoriciens et praticiens du droit). Comme les autres disciplines
juridiques, elle interprète ou aide à interpréter les textes de loi.

10
Paragraphe 4 : La coutume

La coutume est un ensemble d’usages qui plusieurs fois répétés acquièrent valeur
obligatoire aux yeux du groupe social. Le droit coutumier traditionnel constitue
incontestablement une source du droit de l’environnement. La protection de la nature
et le souci de préserver l’équilibre du milieu ont toujours préoccupé les sociétés
traditionnelles. Cette préoccupation au plan juridique s’est traduite souvent par des
prescriptions de droit coutumier surtout dans le monde rural.
En Côte d’Ivoire, les sociétés traditionnelles ont toujours formellement réglementé le
domaine forestier, le domaine foncier rural et l’usage des eaux. C’est ainsi qu’au
village, la terre n’est pas une propriété privée, mais elle appartient à toute la tribu et
le chef de terre n’est que le gestionnaire du domaine foncier. En plus, la terre est
garantie pour les générations futures, puisqu'elle est hors du commerce dans les
traditions africaines.
Cette reconnaissance de la coutume fait que les communautés locales résistent le
plus souvent à l’application de la loi moderne sur les terres et les forêts. En outre,
dans le monde rural, lors de la résolution des conflits fonciers par les autorités
publiques, ceux-ci se réfèrent en général au droit coutumier pour départager les
parties; le droit moderne étant inadapté dans la plupart des cas à la situation.
Enfin, les chercheurs ont reconnu une portée écologique au droit coutumier à cause
du caractère sacré de la biodiversité dans les traditions locales. Les pratiques
coutumières fondent un sentiment de respect envers la nature en tant que création
divine. Elles ont donné naissance aux forêts sacrées dans lesquelles les
ressources naturelles sont fortement protégées des activités anthropiques.

Section 2 : Les textes internationaux

Le droit international de l’environnement tire d’une part ses fondements, d’une part
des traités et accords internationaux, et d’autre part des résolutions et
recommandations internationales. Mais nous mettrons particulièrement l’accent sur
les traités internationaux qui jouent un rôle fondamental en droit international.
Les traités et accords internationaux sont des conventions conclues respectivement
entre Etats ou entre un Etat et une organisation internationale en vue de produire
des effets de droit dans leurs rapports mutuels. Ils relèvent du droit international
public, mais ils sont aussi source du droit interne. La Côte d’Ivoire dans ses
engagements internationaux a ratifié ou signé divers traités internationaux,
notamment en matière de conservation des ressources naturelles, en matière de
lutte contre les déchets dangereux, et dans le domaine de la lutte contre le
changement climatique. A cet effet, nous avons les traités à portée universelle, ainsi
que des traités dans le cadre régional et sous-régional:
Paragraphe 1 : Traités à portée universelle

Au nombre de ces textes, nous pouvons citer notamment :


1. La convention de Vienne pour la protection de la couche d’ozone adoptée à
Vienne le 23 mars 1985 ; adhésion le 30 novembre 1992 ;

11
2. La convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontières des déchets
dangereux et de leur élimination ; adoptée à Bâle le 22 mars 1989, Adhésion le 09
juin 1994 ;
3. La convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques signée à
Rio en juin 1992, adhésion le 14 novembre 1994 ;
4. Le protocole de Kyoto sur la limitation des gaz à effet de serre entré en vigueur en
1997. Adhésion en 2003 ;
5. Le protocole de Montréal relatif à des substances qui appauvrissent la couche
d’ozone ; adopté à Montréal le 16 septembre1992 ; adhésion le 30 novembre 1997 ;
6. convention Ramsar relative aux zones humides d’importance internationales
particulièrement comme habitat de la sauvagine adoptée le 02 février 1971 ;
adhésion le 03 février 1993 ;
7. Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore
sauvages menacées d’extinction, adoptée à Washington le 03 mars 1973, adhésion
le 03 février 1993 ;

8. Convention de Rio sur la diversité biologique signée à Rio en juin 1992 adhésion
le 24 novembre 1994 ;
9. Convention sur la désertification adoptée à Paris en 1994 et ratifiée le 04 mars
1997 ;
10. Accord international sur les bois tropicaux ratifié le 25 juillet 1996 ;
11. Convention sur les polluants organismes persistants (POPS), signé en 2001 et
ratifiée en 2004.
Paragraphe 2 : Traités dans le cadre régional ou sous-régional

Nous avons les conventions africaines et celles dans le cadre de la cedeao et de


l’uemoa.
A) Conventions africaines

1. La convention de Bamako sur l’interdiction d’importer en Afrique des déchets


dangereux et sur le contrôle des mouvements transfrontières et la gestion des
déchets dangereux produits en Afrique, signée le 31 janvier 1991, ratifiée le 09 juin
1994 ;
2. Convention sur le criquet migrateur Africain adoptée à Kano le 25 mai 1962
adhésion le 14 avril 1963 ;
3. Convention africaine sur la conservation de la nature et des ressources naturelles ;
adoptée à Alger le 15 septembre 1968 ; adhésion le 17 juin 1969.
B) Conventions dans le cadre de la cedeao et de l’uemoa

1. La convention relative à la coopération en matière de protection et de mise en


valeur du milieu marin et des zones côtières de la région de l’Afrique de l’ouest et du

12
centre (ou convention d’Abidjan). Adoption le 23 mars 1981, ratification le 15 Janvier
1982 ;
2. Acte additionnel n°01-2008-CCEG-uemoa du 17/01/2008, de la Conférence des
chefs d'états et de gouvernement portant adoption de la politique commune
d'amélioration de l'environnement de l'uemoa ;
3. Règlement n°02-007-CM-uemoa du 06/04/2007, relatif à la mise en œuvre du
programme régional de lutte contre l'érosion côtière de l'uemoa. (PRLEC/uemoa) ;
4. Directive n°02-2008-CM-uemoa du 28/03/2008, relative a la recherche et au
sauvetage en mer et a la protection de l'environnement marin au sein de l'uemoa ;
5. Règlement n°04-2005-CM-uemoa du 04/07/2005, portant harmonisation des
règlementations relatives à l'importation, à la commercialisation, à l'utilisation et à la
réexportation des substances qui appauvrissent la couche d’ozone et des
équipements les contenant.
CHAPITRE II : LES INSTITUTIONS DU DROIT DE L’ENVIRONNEMENT

La protection de l’environnement est devenue une préoccupation majeure des Etats


aussi bien développés qu’en développement. Ceux-ci ont reconnu la nécessité de
prendre des mesures urgentes pour atteindre cet objectif. Cette volonté s’est traduite,
notamment par la mise en place de structures publiques tant au niveau au niveau
international que national.
Section 1 : Les institutions internationales

Il convient de retenir qu’au nombre de ces institutions, nous pouvons citer


succinctement les institutions du système des Nations Unies, les institutions
régionales et des Organisations Non Gouvernementales (ONG), en matière
d’environnement.
Concernant les institutions onusiennes, il est à noter que l’Organisation des Nations
Unies (ONU) joue un rôle essentiel en matière de protection de l’environnement. Sa
première structure en la matière est le Programme des Nations Unies pour
l’Environnement (PNUE) qui joue le rôle d’institution coordonnatrice. A cette
institution, nous pouvons ajouter la Commission du Développement Durable, la
Conférence des Nations Unies pour l’Environnement et le Développement et le
Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM).

Les institutions régionales de l’environnement ne sont pas en reste dans le dispositif


international. Entre autres, nous pouvons retenir les actions de l’Union Africaine (UA)
avec sa sous section le NEPAD, la conférence ministérielle africaine sur
l’environnement (CMAE) et le comité inter-Etats pour la lutte contre la sécheresse au
sahel (le CILSS).
Section 2 : Les institutions nationales

Ainsi, les acteurs institutionnels de la gestion durable de l’environnement sont de


deux grands ordres. Nous avons les institutions étatiques et les structures privées.

13
Sous-section 1 : Les institutions publiques

Ce sont des institutions qui constituent des démembrements de l’Etat. Il s’agit des
institutions gouvernementales, les collectivités locales et les institutions scientifiques.
Paragraphe 1 : Les institutions gouvernementales

Le cadre institutionnel de la gestion de l’environnement de la Côte d’Ivoire


indépendante est piloté en première ligne par le ministère de l’environnement de la
salubrité urbaine et du développement durable auquel des attributions importantes
sont reconnues. Ce ministère collabore avec d’autres ministères qui ont des
compétences environnementales de premier plan.
A) Le Ministère de l’Environnement et du développement durable
1) Historique du ministère

Cette institution a été créée en 1971 sous la forme d’un secrétariat chargé des parcs
nationaux et de la reforestation. En 1974, ce secrétariat changera de statut pour
devenir le ministère des eaux et forêts. Ensuite, le 03 mars 1976, il sera crée pour la
première fois, un ministère de la protection de la nature qui du reste sera supprimé
lors du remaniement du 20 juillet 1977. Il sera par ailleurs procédé en 1981 à la
création d’un ministère autonome de l’environnement, lequel sera aussi supprimé
lors du remaniement du 18 février 1983. Il faudra attendre 1990, soit sept ans après
pour voir apparaître à nouveau au sein de l’équipe gouvernementale, un ministère
chargé de l’environnement, plus précisément le ministère de l’environnement, de la
construction et de l’urbanisme qui changera de dénomination lors des remaniements
ultérieurs.
2) Les attributions du ministère

Le ministère de l’environnement assure la mise en œuvre de la politique du


gouvernement en matière d’environnement et de préservation du cadre de vie. Ces
attributions concernent en premier lieu la planification et le contrôle des politiques de
l’environnement notamment l’évaluation environnementale, les études d’impact et les
plans départementaux et communaux de l’environnement sans oublier la mise en
place d’un système d’information environnementale.

A cet effet, il a été chargé de la publication d’un état de l’environnement et de la mise


en œuvre du code de l’environnement et de la législation sur la protection de la
nature ainsi que du code de l’eau. Le code de l’eau assure la préservation des
écosystèmes aquatiques, la protection, l’utilisation rationnelle et durable des
ressources en eau. Il en est de même de l’information, éducation et sensibilisation
dans le domaine de l’environnement, de la protection, gestion et mise en œuvre du
réseau des parcs nationaux et des réserves naturelles.
L’organisation d’une concertation nationale entre toutes les parties prenantes pour
parvenir à la propreté et un cadre de vie meilleur dans les villes et villages participe
aussi de ses attributions. Cette attribution est accompagnée de la mise en œuvre
des politiques d’assainissement et de drainage, de l’aménagement des milieux
aquatiques. Ce ministère assure également la coordination de la lutte contre les
pollutions de l’air, de l’eau et du sol sans oublier la mise en valeur des monuments
naturels, sites et paysages en collaboration avec les communes y compris les jardins

14
botaniques et les parcs zoologiques. Enfin, il assure le contrôle des installations
classées et coordonne la gestion des risques naturels majeurs.
3) Les institutions sous tutelle du ministère

Le Ministère est assisté de trois établissements sous tutelle, à savoir le CIAPOL et


l’ANDE.
Le Centre ivoirien antipollution (CIAPOL) est un établissement public créé par décret
n° 91-662 du 9 octobre 1991. Il a pour mission entre autres la lutte contre les
diverses pollutions et nuisances, notamment la lutte contre les pollutions du milieu
marin, lagunaire par les entreprises, les navires, les engins de mer et de lagune.

L’Agence Nationale de l’Environnement (ANDE) est un établissement public créé par


décret n° 97-393 du 9 juillet 1997 qui a pour mission d’assurer la coordination de
l’exécution et l’évaluation des projets de développement à caractère
environnemental.
Quant à l’Office Ivoirien des Parcs et Réserves (OIPR), il a pour objectif la
conservation des écosystèmes et la gestion durable des aires protégées. Il en est de
même de l’aménagement, la valorisation par l’exploitation écotouristique des parcs
nationaux et réserves et l’implication des populations riveraines à la gestion des
parcs nationaux et réserves.

Il est important de noter qu’au plan international, le ministère de l’environnement


travaille en étroite collaboration avec le Programme des Nations Unies pour
l’Environnement qui est l’institution onusienne coordinatrice des politiques
environnementales dans le monde.
B) Le ministère des eaux et forêts

Ce ministère est chargé de la mise en œuvre et du suivi de la politique du


gouvernement en matière d’eau et des forêts. Dans ce cadre, il s’assure de
l’application de la réglementation en matière de gestion des eaux et de la mise en
œuvre le code de l’eau. En matière forestière, il est chargé d’appliquer la
réglementation forestière en vue de l’aménagement des forêts domaniales et de
l’accroissement de l’économie du bois.
Aux titres des autres attributions, ce ministère est chargé de la gestion de la faune
sauvage et de son exploitation rationnelle en collaboration avec le ministère de
l’environnement. Il est aussi chargé de la lutte contre les feux de brousse et de la
protection des sols. Enfin, ce ministère à l’instar du ministère de l’environnement,
joue un rôle essentiel dans la surveillance des paysans qui occupent les forêts de
manière clandestine.

15
Pour l’efficacité de ses actions, il est assisté d’un établissement sous tutelle à savoir
la SODEFOR. La Société de Développement Forestière (SODEFOR) est un
établissement public créé par le décret n°66-422 du 15 septembre 1966. C’est une
structure qui est sous tutelle du ministère des Eaux et forêts. Créée en vue de
concilier les exigences de la gestion privée et les privilèges de la puissance publique,
la SODEFOR est une structure dont la mission consiste à assurer, conformément au
plan directeur forestier, la gestion rationnelle du patrimoine forestier ivoirien. Elle
intègre des actions d’aménagement, de délimitation et de reforestation visant à
réhabiliter les forêts classées.

C) Le Ministère de la Construction, de l’urbanisme et de l’assainissement

Le Ministère de la Construction a pour but de définir et de réguler la planification


urbaine. Le contexte juridique et institutionnel de la Côte d’Ivoire s’est traduit par le
renforcement des plans d’urbanisme qui procèdent de la loi n°62-253 du 31 juillet
1962 qui ont été renforcés, notamment par le code de l’environnement de 1996. A
cet effet, cette politique du Ministère a pour but la mise en œuvre des plans de
lotissement des villes ivoiriennes, en vue d’éviter des constructions anarchiques des
bâtiments. Ses grandes actions visent la conception d’un plan d’aménagement des
quartiers précaires sur des sites appropriés avec la détention régulière de permis de
construire, et assurer l’accès des populations pauvres aux services urbains de base
(eau potable, latrines, réseaux d’égouts, claies à vaisselles, etc).
Pour rendre ses actions dynamiques, ce ministère travaille avec une structure
technique, en l’occurrence l’Office National de l’Assainissement et du Drainage
(ONAD) crée par décret n°2011-482 du 28 décembre 2011. Cette structure a pour
mission de répondre efficacement et durablement aux besoins d’assainissement et
de drainage des populations et de protection des ressources en eau. L’accès à un
service d’assainissement et de drainage adéquat est un facteur fondamental du
développement humain et partant, du développement économique et social.
Les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) fixent les priorités dans les
domaines les plus cruciaux du développement humain, sans lesquels aucun progrès
ne peut être réalisé. En matière d’eau potable et d’assainissement, l’objectif
correspondant est de réduire de moitié le nombre des populations n’ayant pas accès
à un assainissement efficace à l’horizon 2020. Cette structure est soutenue dans le
financement de ses activités par le Fonds National de l’Assainissement et du
Drainage (FNAD).
D) Le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique

Le souci majeur du Ministère de la Santé est que la population ivoirienne vive dans
un environnement physique plus sûr et dont les conditions de vie ne dépassent pas
des seuils critiques pour la santé humaine. Les problèmes de santé publique sont
donc définis dans un contexte plus global, conduisant à des préoccupations plus
environnementales. A cet effet, lors du déversement des déchets toxiques dans la
ville d’Abidjan et ses banlieues, le Ministère de la Santé Publique a adopté des
mesures rigoureuses pour atténuer les taux de contaminations à travers l’Institut
National d’Hygiène Public (INHP).
Ces mesures ont consisté notamment en la prise en charge des victimes et la
sensibilisation des populations de la ville d’Abidjan, en vue de l’adoption de mesures

16
d’hygiène appropriées face aux dangers des déchets toxiques. Ces initiatives ont
pour but de permettre au secteur de la santé de stabiliser sa politique en matière
d’hygiène et d’assainissement du cadre de vie des populations.
6) Les autres ministères intervenant dans la gestion de l’environnement
Il importe de préciser que certains ministères touchent plus ou moins directement
aux questions environnementales. Nous avons :

- le ministère des Affaires étrangères chargé du suivi de la procédure de ratification


des accords et traités internationaux signés, de leur mise en application et de leur
conservation ;
- le ministère des Infrastructures économiques est chargé de la réalisation, de
l’entretien, de la gestion de la réglementation et de l’exploitation des
infrastructures ;
- le ministère de l’Industrie est chargé de l’étude des demandes d’agrément en
qualité d’entreprise prioritaire ;
- le ministère de l’Enseignement supérieur et celui de la Recherche scientifique
contribuent entre autres à la connaissance des écosystèmes naturels et des
mécanismes de leur dégradation ;
- le ministère de l’Agriculture est chargé de la gestion des cultures, de
l’encadrement des planteurs et paysans en vue d’une part, de l’entretien de
l’environnement et d’autre part de lutter contre la dégradation naturelle de la
nature pour une meilleure rentabilité des exploitations agricoles.
- le ministère des mines et de l’énergie chargé de la gestion des ressources
minières et de la promotion des énergies renouvelables.

Paragraphe 2 : Les institutions décentralisées (les collectivités locales)

La décentralisation est un système d’administration consistant à permettre à une


collectivité humaine de s’administrer elle-même, sous le contrôle de l’Etat en la
dotant de la personnalité juridique, d’autorités propres et de ressources. L’étude a
pour objet de présenter le cadre légal qui définit les compétences et obligations des
collectivités territoriales que sont les communes, les districts et les regions en
matière de gestion de l’environnement.
A) Les compétences dévolues aux collectivités
On peut distinguer les prérogatives communes, partagées avec l’Etat et les
compétences propres à ces collectivités.
1) Au titre des attributions partagées avec l’Etat

La loi relative à l’organisation des communes requiert l’avis de celui-ci sur tous les
projets relatifs aux voies de communication et réseaux divers, autres que l’intérêt
départemental, les plans directeurs d’urbanisme et les dispositions du plan national
de développement intéressant la collectivité. Ces mêmes dispositions sont reprises
par l’article 63 des lois portant statut des districts d’Abidjan et de Yamoussoukro.
En ce qui concerne les communes, elles partagent également avec l’Etat, les plans
directeurs d’urbanisme et l’entretien des voiries selon la Charte communale. L’article
61 de la loi portant statut du district donnent compétence aux districts pour délibérer
et soumettre à approbation de la tutelle sur les objets suivants :

17
Acquisition, gestion ou aliénation d’immeubles domaniaux par achat, échange,
donation ou legs et la gestion des biens du domaine privé immobilier du département
quelle qu’en soit la valeur, bâtis ou non bâtis et toutes opérations y afférentes
notamment le lotissement, la location, le permis d’habiter et les concessions. Ces
mêmes prérogatives sont reconnues aux communes qui les partagent
concurremment avec l’Etat. L’Etat assure la tutelle sur les activités communales.
Il faut noter que ces lois font une énumération assez large d’un ensemble de points
relatifs à l’environnement. L’article 70 du code de l’environnement confie à l’Etat et
aux collectivités locales, la gestion des eaux usées. Les voiries et réseaux divers
relèvent de la compétence de l’Etat et des collectivités locales.
Il en va de même pour la gestion et la création des parcs naturels, des sites et des
zones protégées. Il convient de préciser que bien que la compétence en la matière
ait été transférée aux régions, districts et communes, toutes les infrastructures de
cette catégorie aménagées sur des terrains bâtis ou non bâtis, demeurent à la
charge de l’Etat : d’où la compétence partagée. Comme on le voit, l’autonomie des
collectivités locales est limitée en matière de gestion de l’environnement.
2) Au titre des compétences propres

L’article 66 portant code de l’environnement dispose que « les communes sont


responsables de la collecte, du transport et de l’élimination des déchets ménagers. »
Elles ont l’obligation d’élaborer des schémas de collecte et de traitement des déchets
ménagers avec le concours des services techniques des structures compétentes.
Elles assurent également l’élimination d’autres déchets qu’elles peuvent, eu égard à
leurs caractéristiques et aux quantités produites, de contrôler ou traiter.
Selon l’article 4 des lois n° 2001-478 du 9 août 2001 et 2002-44 du 21 janvier 2002,
portant statut des districts d’Abidjan et de Yamoussoukro, «les districts sont créés en
vue d’assurer dans l’intégrité territoriale, de l’autonomie et des attributions des autres
collectivités territoriales et en harmonie avec les orientations nationales : la protection
de l’environnement, la gestion des ordures et autres déchets, la planification de
l’aménagement du territoire du district et la lutte contre les effets néfastes de
l’urbanisation.
Or, l’article 1er de la loi n°96-766 du 3 octobre 1996 portant code de l’environnement,
dispose que « l’environnement humain concerne le cadre de vie et l’aménagement
du territoire ». De ce qui précède, on peut retenir que l’une des misions principales
confiées aux communes, aux districts et aux regions est l’amélioration du cadre de
vie et l’aménagement du territoire qui sont l’une des définitions données à
l’environnement.
Il est bon de préciser qu’en plus de cela, le district doit créer et gérer des centres de
compostage de déchets, promouvoir la valorisation des déchets. Les départements
et les districts ont donc pour mission, de façon spécifique, la gestion des déchets
ménagers. Cette gestion peut être entreprise en liaison avec des groupes publics ou
privés habilités à cet effet.
Selon la loi n°2003-208 du 7 juillet 2003 portant transfert et répartition de
compétences de l’Etat aux collectivités territoriales, les collectivités locales sont
créées en vue d’assurer la protection de l’Environnement, la gestion des déchets,

18
l’aménagement du territoire de la commune ou de la région et la lutte contre les
effets néfastes de l’urbanisation.
A cet effet, le décret d’application de ladite loi prévoit de confier aux régions et
districts, la latitude d’appuyer les communes dans la gestion des ordures ménagères,
notamment pour la création et la gestion des décharges contrôlées, des centres de
groupage et de transfert, la sensibilisation des populations.
B) Les obligations des collectivités territoriales en matière d’environnement

De même que pour les compétences, il faut distinguer des obligations communes à
l’Etat et aux collectivités territoriales et des obligations propres aux collectivités.
1) Les obligations communes aux collectivités et à l’Etat
Ces obligations sont contenues dans les articles 68 à 73 du code de
l’environnement. Ainsi, l’Etat et les collectivités territoriales ont l’obligation de :
- assurer dans le respect des prescriptions environnementales, l’exploitation
rationnelle des gisements et accumulations rationnelles d’hydrocarbures existant en
Côte d’ivoire y compris sur le plateau continental,

- veiller à la création, au maintien et à l’entretien d’espaces verts, gérer les eaux


usées et élaborer des programmes d’action et d’organisation des plans d’urgence
dans les domaines en vue de protéger l’environnement,
- mettre en place un plan d’éducation, de formation et de sensibilisation
environnemental, créer des services de protection civile et de lutte contre l’incendie,
et prendre en charge, les dépenses qui en découlent.
2) Les obligations spécifiques des collectivités territoriales

Dans le cadre de la gestion des déchets ménagers, les communes, regions et


districts ont l’obligation d’élaborer des schémas de collecte et de traitement des
déchets ménagers avec le concours des services techniques des structures
compétentes. En conséquence, selon l’article 67 du code de l’environnement, elles
sont tenues d’avoir :
Un plan de gestion de l’environnement, un ou plusieurs postes de groupage des
déchets, un plan de transport des ordures des postes de groupage au centre
d’enfouissement technique (CET), de la region, du district ou de la commune et un
ou plusieurs centres d’enfouissement mixte. Le projet de loi portant régime financier
des collectivités territoriales fait d’un certain nombre de dépenses relatives à
l’environnement, des dépenses obligatoires. Il s’agit : des frais d’entretien de la voirie
communale et des collecteurs de drainage et d’égouts, des dépenses relatives à
l’hygiène et la salubrité publique et enfin des dépenses afférentes à l’enlèvement des
ordures et au nettoyage de la cité.
Cependant, depuis 2007, avec la création du ministère de la ville et de la salubrité
urbaine, les collectivités locales ont perdu une composante essentielle de leurs
compétences environnementales dans la gestion des déchets solides. Selon
l’ordonnance n°2007-586 du 4 octobre 2007 abrogeant certaines dispositions de la
loi n°2003-208 du 7 juillet 2003 portant transfert et répartition de compétences de
l’Etat aux collectivités territoriales, c'est le Ministère de l’Environnement qui est

19
désormais chargé de la gestion des déchets ménagers. Cette attribution du ministère
prend donc en compte tout ce qui est propreté de la ville.
Ainsi, ni la gestion et la collecte des ordures ménagères, la vidange des égouts et la
propreté dans les différentes communes ne se feront par aucune mairie. Le rôle des
collectivités locales, consiste dorénavant à vérifier que les travaux ont été
effectivement exécutés dans les différentes communes. Par ailleurs, il a été mis
l'accent sur la nécessité pour les maires de travailler en synergie avec le ministère de
l’environnement pour que les populations sentent une amélioration dans leur cadre
de vie. Les communes agissent dans le système, au niveau de la pré-collecte. Cette
pré-collecte consiste à regrouper les ordures à un endroit facile d'accès où les
opérateurs privés accrédités par l'ANAGED passent les récupérer en vue de leur
transfert dans les décharges aménagées à cet effet.
Sous-section 2 : Les structures privées

Paragraphe 1 : Les entreprises privées chargés d’une mission de service


public

Ces entreprises ont reçu des pouvoirs délégués de la part de l'État afin d’exécuter
ses programme dans la gestion de l’environnement urbain. A cet effet, nous
étudierons le rôle de la SODECI, et celui des entreprises spécialisées dans la
collecte et le ramassage des déchets ménagers.
A) La SODECI (Société de Distribution d’Eau de Côte d’Ivoire)

Les activités menées par la Sodeci sont régies par deux conventions avec l’Etat de
Côte d’Ivoire. Il s’agit de la convention de concession du service de distribution
publique urbaine d’eau potable et de la convention d’affermage pour l’entretien et
l’exploitation des réseaux et ouvrages d’assainissement et de drainage du district
d’Abidjan.
Le contrat de concession de gestion de l’eau potable

La concession de service public est un contrat par lequel une personne publique (le
concédant) confie la charge d'assurer l'exécution d'un service public à une personne
privée (ou publique) librement choisie (le concessionnaire). Cette dernière doit
exploiter l'activité à ses frais et risques, conformément aux prescriptions d'un cahier
des charges, sa rémunération résultant du produit des redevances qu'elle perçoit,
conformément à un tarif, sur les usagers.
La concession de service public est, le plus souvent, doublée d'une concession de
travaux publics, le concessionnaire ayant la charge de construire les infrastructures
(par exemple, un réseau d'adduction d'eau) nécessaires à l'exécution du service (par
exemple, le service public de la distribution d'eau potable).
La SODECI est une société privée dont les actions sont détenues majoritairement
par un operateur français. Elle a obtenu après appel d’offres le 1er octobre 1959, le
contrat de concession pour la distribution de l’eau à Abidjan. Renouvelé le 12
décembre 1987, ce contrat a été reconduit pour une durée de vingt (20) entre l’Etat
ivoirien et la société avec l'exclusivité de la production et de la distribution d'eau
potable en milieu urbain (à l'exclusion du milieu rural).

20
Le contrat de la Sodeci qui devait initialement prendre fin en septembre 2007, a été
renégocié avec l’Etat de Cote d’Ivoire et reconduit jusqu’aujourd’hui. L’article 4 de la
convention de concession de l’eau dispose que la SODECI sera responsable de la
pureté chimique et bactériologique de l’eau distribuée dans la mesure où le
permettent les installations mises à sa disposition.
A cet effet, l’eau distribuée doit présenter constamment les qualités imposées par la
législation et la réglementation en vigueur au moment de sa distribution. Le
concessionnaire devra vérifier la qualité de l’eau distribuée aussi souvent que cela
s’avère nécessaire. Il devra notamment se conformer à cet égard aux prescriptions
du ministère chargé de la santé et donner toute facilité pour l’exercice des contrôles
sanitaires, visites, prélèvements et analyses.
La surveillance de l’eau potable implique que des mesures sont prises pour lutter
contre la pollution. Ce service est exécuté sous le contrôle de la Direction de
l’Hydraulique Humaine qui est une structure du Ministère des Infrastructures
Économiques. En 45 ans d’existence, l’entreprise a relevé un défi vital qui est celui
de fournir de l’eau potable à 85% de la population urbaine ivoirienne.
Le contrat d’affermage lié à l’assainissement des eaux usées et leur
canalisation

Le contrat d’affermage relatif à l’entretien et l’exploitation des réseaux et ouvrages


d’assainissement et de drainage de la ville d’Abidjan a été signé entre l’Etat de Côte
d’Ivoire et SODECI en 1974 et fut reconduit en juin 1999 pour une durée de seize
(16) ans. Le service confié à SODECI concerne la collecte, le transport et l’épuration
des eaux usées, la collecte et le transport des eaux pluviales par réseaux enterrés à
l’exclusion de certains ouvrages de surface (fossé en terre, caniveaux à ciel ouvert)
qui seront exécutés en prestation de service. La convention confère à SODECI de
façon exclusive:

- l’entretien et l’exploitation des réseaux et installations d’assainissement et de


drainage de la ville d’Abidjan étendu aux stations d’épuration de Bingerville et de
Dabou.
- la gestion des abonnés, notamment la facturation et l’encaissement de la
redevance assainissement auprès des usagers
- l’exécution des travaux confiés (curage des passages sous voies, instruction des
demandes de branchement, curage des caniveaux d’intérêt national, branchements,
ouvrages à usage collectif) à titre exclusif à SODECI.

Les travaux sont financés par SODECI. Cette convention permet en outre d’équiper
le pays en infrastructures de base pour l’approvisionnement en eau potable et
l’assainissement. Mais la mise en œuvre du contrat d’affermage a montré que le
secteur de l’assainissement nécessite une réforme institutionnelle adaptée à la
nouvelle politique de décentralisation et dont l’objectif est de doter le pays
d’instruments de gestion intégrée des ressources en eau.
B) Les entreprises spécialisées dans la collecte et le ramassage des déchets
ménagers

Pour l’histoire, la ville d’Abidjan avait concédé à la société ASH International, par une
convention signée en septembre 1992 pour une période de 15 ans, le service public

21
de balayage des grands axes, de précollecte, de collecte, de transfert et de mise en
décharge des ordures ménagères y compris le curage des caniveaux des grands
axes. Le suivi de l’exécution de la mission de ASH était assuré par un service de
contrôle. La collecte des ordures ménagères a connu des années particulièrement
pénibles de 1991 à 1995. Du fait de certaines défaillances de cette société, le district
d’Abidjan et les communes ont du intervenir directement dans la collecte des déchets
urbains.
Avec les reformes sur la décentralisation en 2001, la ville d’Abidjan devenue district a
fait appel à d’autres sociétés prestataires de services dans la gestion des déchets
solides. Depuis octobre 2007, le ministère de la ville étant chargé de la gestion des
ordures ménagères, il a passé des contrats avec les sociétés sont donc autorisées à
ramasser les ordures ménagères sur le territoire du district d’Abidjan.
Actuellement, leurs prestations sont payées par le ministère de l’environnement, à
travers sa structure de gestion des ordures, l’Agence nationale de la salubrité
urbaine (ANAGED). La collecte consiste à enlever les ordures d’un point précis pour
les acheminer au Centre d’Enfouissement Technique (CET) en vue de leur traitement
et leur valorisation. Au niveau de la précollecte, il s’agit d’effectuer l’enlèvement des
ordures dans les quartiers en faisant particulièrement du porte-à-porte.
Paragraphe 2 : Les Bureaux d'études techniques en environnement

Les Bureaux d'études en environnement sont des structures qui apportent leur
expertise aux entreprises, les collectivités et l’Etat dans la prise en compte de
l’environnement dans les projets de développement. Avec leurs compétences
techniques, elles fournissent des prestations en étude d’impact environnemental,
audit, évaluation environnemental et management environnemental.

En outre, ils procèdent à une veille quotidienne de la réglementation


environnementale par les entreprises et les installations classées. Ces bureaux
d'étude ont reçu un agrément de la part de l'État en vue des réaliser des Études
d'impact Environnemental qui sont imposées pour certains projets de développement
tels que le préconise le décret n°96-894 du 08 novembre 1996 portant organisation
des études d’impact environnemental des projets de développement.

A cet effet, ces bureaux d’études donnent des conseils et des directives aux
entreprises dans leurs démarches d’éco-conception et de labellisation écologique.
Cela consiste à aider les investisseurs à concevoir des produits ‘’verts’’, c’est dire
des produits respectueux de l’environnement. Enfin, leurs prestations permettent aux
opérateurs économiques de mettre en œuvre les MDP (les Mécanismes de
Développement Propre) dans toutes leurs activités de production. Au nombre des
bureaux d’études existantes en Côte d’Ivoire, nous pouvons citer notamment le
BNETD, le bureau Veritas et le Group Efort Consulting.

CHAPITRE III : LES PRINCIPES GENERAUX DU DROIT DE L’ENVIRONNEMENT

En droit, le concept de principe d’entend d’une règle juridique établie par un texte en
termes assez généraux, destinée à inspirer diverses application et s’imposant avec
une autorité supérieure. Les principes consacrent un intérêt dans la science du droit.
Ils définissent les valeurs fondamentales de la société en une matière donnée. A cet

22
effet, plusieurs principes font l’objet de consécration aussi bien au plan international
que national.
Section 1 : Le principe de participation et de l’information
Paragraphe 1 : Le principe de l’information

Ce principe signifie que les personnes susceptibles d’être affectées par les pollutions
doivent être informées des projets et des programmes qui risquent de détériorer leur
environnement. Tel est le cas des riverains des cimenteries du port autonome
d’Abidjan. L’Etat de Côte d’Ivoire se doit de faciliter l’accès aux données et aux
renseignements concernant ou susceptibles de concerner leur environnement. En
clair, les riverains, qu’ils soient travailleurs ou habitants du port, ne doivent pas être
empêchés d’avoir toute information sur les risques auxquels ils sont exposés, les
mesures de dépollution envisagées. C’est un principe général que le Code de
l’environnement proclame en son article 35-6 : « Toute personne a le droit d’être
informée de l’état de l’environnement ».
Paragraphe 2 : Le principe de participation
Du point de vue étymologique, participer, c’est « prendre part à » c’est à dire exercer
sa part de responsabilité dans la réalisation d’une action ou d’un processus. A
travers ce principe, les personnes pouvant être affectées par les pollutions produites,
doivent pouvoir participer aux décisions concernant leur cadre de vie ou tout cadre
voisin, notamment à travers les audiences et enquêtes préalables avec la possibilité
d’exprimer leur opinion ou le cas échéant, leurs objections à l’encontre des projets de
décisions des autorités publiques en cause.
Le principe 23 de la charte mondiale de la nature indique que « toute personne aura
la possibilité en conformité avec la législation de son pays de participer
individuellement ou avec d’autres personnes, à l’élaboration des décisions qui
concernent directement son environnement ». Le code de l’environnement reconnaît
également ce droit et toute décision d’une autorité administrative tendant à le violer
peut être déférée devant le juge de l’excès de pouvoir aux fins d’être annulée.
Selon la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement,
« Les populations et communautés autochtones et les autres communautés
locales ont un rôle vital à jouer dans la gestion de l’environnement et le
développement du fait de leurs connaissances du milieu et de leurs pratiques
traditionnelles. Les Etats devraient reconnaître leurs identité, leur culture et
leurs intérêts, leur accorder l’appui nécessaire et leur permettre de participer
effectivement à la réalisation d’un développement durable ». Principe 22 de la
déclaration de Rio de la CNUCED.
L’acte final de la conférence d’Helsinki (Finlande) déclarait : « le succès d’une
politique de l’environnement suppose que toutes les catégories de populations et
toutes les formes sociales conscientes de leur responsabilité contribuent à protéger
et à améliorer l’environnement ».
Le principe de participation et de l’information trouve également un fondement dans
la constitution ivoirienne du 1er aout 2000. Aux termes de l’article 28, «la protection
de l’environnement et la promotion de la qualité de la vie sont un devoir pour la
communauté et pour chaque personne physique ou morale ».

23
Il en est de même pour le code de l’environnement qui dispose dans son article 35.6
que « toute personne a le droit d’être informée de l’Etat de l’environnement et de
participer aux procédures préalables à la prise de décision susceptible d’avoir des
effets préjudiciables à l’environnement».
Section 2 : Le principe pollueur-payeur

Le code de l’environnement ivoirien fait référence au principe pollueur-payeur en son


article 35-5 qui dispose que « toute personne physique ou morale dont les
agissements et/ou les activités causent ou sont susceptibles de causer des
dommages à l’environnement est soumise à une taxe et/ou à une redevance. Elle
assume entre autres les mesures de remise en état ».
La mise en œuvre de ce principe fait aujourd’hui l’objet d’un décret d’application, à
savoir le décret n°2012-1047 du 24 octobre 2012 fixant les modalités d’application du
principe pollueur payeur tel que défini par la loi n°96-766 du 03 octobre 1996 portant
code de l’Environnement.
Le principe pollueur-payeur consiste au sens large à imputer au pollueur le coût de la
pollution qu’il engendre et les dommages y liés. Dans un sens strict, il vise à faire
prendre en charge par le pollueur une partie seulement des dépenses de lutte contre
la pollution.
Le principe est le plus souvent appliqué aux installations classées pour la protection
de l'environnement. Selon l’article 1er du décret n°98-43 du 28 janvier 1998, une
installation classée pour la protection de l'environnement (ICPE) est une installation
exploitée ou détenue par toute personne physique ou morale, publique ou privée, qui
peut présenter des dangers ou des inconvénients pour la commodité des riverains, la
santé, la sécurité, la salubrité publique, l’agriculture, la protection de la nature et de
l’environnement, la conservation des sites et monuments. Nous pouvons citer
notamment les usines, dépôts, chantiers, carrières, etc. Ces installations dites
classées font courir de gros risques aux populations par rapport aux pollutions
massives injectées dans l’environnement lorsqu’elles sont exploitées dans l’illégalité.
Il y a pollution lorsqu’il y a introduction dans un milieu de vie (terre, air, eau) de
manière accidentelle ou non de toute substance susceptible de modifier les
caractéristiques physiques, chimiques et biologiques dudit milieu de nature non
seulement à porter atteinte à la qualité de l’environnement mais aussi à créer des
risques pour la santé humaine.
Le principe pollueur-payeur a été annoncé pour la première fois dans la
recommandation C (72) 128 du 26 mai 1972 de l’organisation de coopération et de
développement économique (OCDE). Le principe a fait l’objet d’une consécration
universelle avec la déclaration de Rio de 1992 qui en son article 16 dispose que « les
autorités nationales devraient s’efforcer de promouvoir l’internalisation des coûts de
protection de l’environnement et l’utilisation d’instruments économiques.
Ce principe est édicté en vertu de la règle selon laquelle c’est le pollueur qui doit, en
principe, assumer le coût de la pollution, dans le souci de l’intérêt public et sans le
jeu du commerce international et de l’investissement ». Le principe pollueur-payeur
vise à intégrer dans le coût de production tout ou partie des coûts dus à la pollution

24
et permet d’imposer des taxes et redevances aux pollueurs, sans faire supporter la
dépollution par l’ensemble de la communauté.
Le principe est inspiré de la théorie économique selon laquelle « les coûts sociaux
externes qui accompagnent la production industrielle (donc le coût résultant de la
dépollution) doivent être internalisés, c’est-à-dire prises en compte par les agents
économiques dans leurs productions. L’application de ce principe s’explique par le
fait que l’activité industrielle est productrice de déchets.
Il peut s’agir du dioxyde de souffre, ou des amides malodorantes dans le milieu
aérien, des nitrates ou des métaux lourds dans l’eau et dans le sol ». On le sait, le
traitement des déchets n’est pas gratuit. Il peut alourdir considérablement les coûts
de production et par conséquent les coûts de consommation. Mais il est normal que
celui qui pollue soit responsable des dégâts qu’il cause à l’environnement ; il doit
contribuer en conséquence, à leurs réparations.

En modulant la taxation selon l’importance de la pollution causée à l’environnement,


on va diminuer la taxation de celui qui pollue peu, et augmenter celle du gros
pollueur. Les taxes devront être versées au Fonds national de l’environnement créé
par le décret n°98-19 du14/01/98. L’article 2 de ce décret dispose que le Fonds a
pour objet de soutenir financièrement la politique de l’Etat relative à la protection et à
la restauration de l’environnement et des ressources naturelles.
La reconnaissance du principe pollueur-payeur par le droit ivoirien constitue un pas
important dans l’amélioration des procédés de production industrielle et exprime
clairement la volonté de l’Etat de Côte d’Ivoire d’agir efficacement pour le respect de
l’environnement.
Section 3 : Le principe de précaution
Paragraphe 1 : Les fondements du principe

Aux termes de l’article 35.1 alinéa 2 du code de l’environnement, toute personne


dont les activités sont susceptibles d’avoir un impact sur l’environnement doit, avant
d’agir, prendre en considération les intérêts des tiers, ainsi que la nécessité de
protéger l’environnement.
A cet effet, face à l’irréversibilité de certaines atteintes à l’environnement et à
l’incertitude scientifique qui affecte des dossiers complexes (diminution de la couche
d’ozone, centrales nucléaires et déchets radioactifs, utilisation d’OGM), une nouvelle
forme de précaution a été imaginée pour protéger la société contre les risques
encore inconnus ou incertains. L’ignorance quant aux conséquences exactes à court
ou à long terme de certaines actions ne doit pas servir de prétexte pour remettre à
plus tard, l’adoption de mesures visant à prévenir la dégradation de l’environnement.
Ainsi, lors de la planification ou de l’exécution de toute action, des mesures
préliminaires doivent être prises de manière à éviter ou à réduire tout risque ou
danger pour l’environnement. Par exemple, si à la lumière de l’expérience ou des
connaissances scientifiques, une action est jugée susceptible de causer un risque ou
un danger pour l’environnement, celle-ci n’est entreprise qu’après une évaluation
préalable indiquant qu’elle n’aura pas d’impact préjudiciable à l’environnement.

25
Autrement dit, face à ces situations incertaines, il vaut mieux prendre des mesures
de protection appropriées à titre de précaution que de rien faire. Ce principe a été
consacré au plan international par la déclaration de Rio de 1992 et dans diverses
conventions internationales, notamment la Convention sur la Diversité Biologique et
la Convention sur les Changements Climatiques.
Le principe de précaution a pour corolaire, le principe d’anticipation et de prévention
formulé dans le préambule de la convention de Rio de juin 1992 sur la diversité
biologique en ces termes : « il importe au plus haut point d’anticiper et de prévenir les
causes de réduction ou de la perte de la diversité biologique à la source ».
Ce principe veut contribuer à exercer un certain contrôle sur la technoscience en
remontant en amont des problèmes environnementaux. Ce principe admet
l’incertitude en reconnaissant que les êtres humains ne maîtrisent pas toutes les
données scientifiques. A cet effet, il conclut à la prudence face à des risques encore
inconnus ou mal connus.
Paragraphe 2 : Nature et objectifs du principe

Ce principe devient un instrument d’action pour contrôler les projets, activités


humaines ou décisions politiques susceptibles de présenter des risques graves ou
irréversibles à la préservation de l’environnement et à la vie humaine. C’est donc un
principe à respecter de la part des pouvoirs publics, des populations et des créateurs
des risques que font planer les scientifiques et les industriels.
Relativement aux objectifs, le premier objectif de ce principe est d’inciter à la
recherche sur les effets différés des produits et des techniques afin de dissiper
l’incertitude. Le second objectif est de stimuler la vigilance chez les scientifiques et
les industriels. Le troisième objectif est de réviser les décisions si cela est
nécessaire. Le quatrième objectif est lié à la non maîtrise du risque. Pour ce fait, il
est concevable d’adopter une attitude qui consiste à prendre des mesures face à un
risque inconnu ou mal connu.

Bien qu’énoncé dans le domaine spécifique de la diversité biologique, il a une portée


générale et s’applique à tous les domaines de l’environnement.
Paragraphe 3 : Application du principe de précaution au cas de la Côte d’Ivoire
à travers l’institution de l’Etude d’Impact Environnemental (EIE)
A/ Signification des EIE

La loi n°96-766 du 03 octobre 1996 portant code de l’environnement précité fixe dans
son article 39 un grand principe du droit de l’environnement. L’obligation de réaliser
une Etude d’impact environnementale (EIE) à l’occasion de toutes les opérations ou
activités publiques ou privées risquant d’avoir des impacts sur l’environnement. Il en
est de même des programmes, plans et politiques pouvant affecter l’environnement.
L’EIE n’est rien d’autre que la mise en œuvre d’un vieux principe : « mieux vaut
prévenir que guérir ». Le ministère de l’Environnement veille à la protection de
l’environnement en mettant à la disposition des acteurs concernés, un service
dénommé « Bureau d’étude d’impact environnemental » (BIE) chargé de la mise en
application de la procédure d’études d’impact environnemental.

26
Ainsi, le décret n°96-894 du 08 novembre 1996 définit ladite procédure. Cette prise
de décision du législateur ivoirien oblige tout concepteur d’un projet, d’une activité,
d’un plan ou d’un programme de prendre toutes les dispositions nécessaires pour
une protection de l’environnement. Pour bien détailler cette étude, nous verrons
d’une part les objectifs fondamentaux et les outils de l’Etude d’impact
environnemental (EIE) et d’autre part le contenu et les règles de procédure de l’EIE.
B/ Objectifs fondamentaux de l’EIE

L’Etude d’impact environnementale (EIE) ou Evaluation environnementale (EV)


désigne l’ensemble de la démarche destinée à analyser les effets sur
l’environnement, d’un programme de développement ou d’actions stratégiques pour
mesurer leur acceptabilité environnementale et éclairer sur les prises de décisions à
prendre.
L’évaluation vise à faciliter la prise de décisions optimales tenant compte
explicitement des considérations environnementales, à gérer les conséquences sur
l’environnement des actions du projet permettant aux citoyens de s’exprimer sur les
modifications attendues de leur cadre de vie. Elle vise également à atteindre ou
maintenir les objectifs fondamentaux que sont la protection de l’environnement et le
développement durable. Les outils que nous étudierons ont permis de mettre en
œuvre les objectifs de l’EIE.
C/ Les projets soumis à l’EIE

Ce sont des projets prévus aux annexes I et III du code de l’environnement et sont
réglementés par le décret n°96-894 du 08 novembre [Link] projets sont
notamment :
- agriculture : projet de remembrement rural, défrichement et projets d’affectation de
terres incultes ou d’étendues semi-naturelles à l’exploitation agricole intensive d’une
superficie supérieure à 999 hectares.
- Aménagements forestiers : opérations de reboisement d’une superficie
supérieure à 999 hectares.
- Industries extractives : opérations d’exploration et d’exploitation de pétrole et de
gaz naturel, extraction des ressources minérales et de carrières.
- Industries de l’énergie : raffineries de pétrole brut et installations de gazéification
et de liquéfaction, centrales thermiques et autres installations de combustion d’une
puissance calorifique élevée, barrages hydro-électriques.
- Eliminations de déchets : installations destinées à stocker ou à éliminer les
déchets quelle que soit la nature et le procédé d’élimination de ceux-ci, décharges
non contrôlées recevant ou non des déchets biomédicaux, les stations d’épuration
d’eaux usées.
Section 4 : Le principe de coopération

Le principe de coopération suppose une collaboration de tous les acteurs en matière


de gestion de l’environnement, eu égard à l’interdépendance des problèmes
d’environnement. Ainsi, l’article 35.7 du code de l’environnement relatif à la
coopération prescrit que « les autorités publiques, les institutions internationales, les
27
associations de défense de l’environnement et les particuliers concourent à protéger
l’environnement à tous les niveaux possibles ».
Section 5 : Le principe de gestion efficace et écologiquement rationnelle

Ce principe est énoncé par la convention de Bâle de 1989 sur les déchets
dangereux. Elle dispose « qu’un Etat ne peut et ne doit importer de déchets que s’il
dispose d’installations techniques, ainsi que du savoir technologique nécessaire pour
les traiter et les gérer d’une manière telle qu’il ne puisse s’en suivre un dommage
écologique quelconque».
Toutefois, ce principe ne s’applique pas seulement aux déchets. Il s’étend à d’autres
domaines de l’environnement, notamment des ressources naturelles. De façon
générale, il suppose une gestion de l’environnement d’une manière qui garantisse sa
protection et celle de la santé humaine.

28
PARTIE II : LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT

Les phénomènes de dégradation de l’environnement avec leurs effets néfastes sur la


santé humaine ont conduit les Etats à prendre des mesures de protection. La
protection de l’environnement est d’intérêt général. C’est ce qui explique l’existence
de services publics en la matière. Le code de l’environnement distingue
l’environnement naturel de l’environnement humain. Pour cause d’efficacité,
l’environnement du travail sera détaché de l’environnement humain dans le cadre de
ce cours.
CHAPITRE I : L’ENVIRONNEMENT NATUREL

Il comprend les milieux naturels, la diversité biologique ainsi que les sites et
monuments.
Section 1 : Les milieux naturels

Ce sont le sol, le sous-sol et les ressources en eau.


Sous-section 1 : Le sol et le sous-sol

L’affirmation du principe de la protection du sol et du sous-sol nécessite la


règlementation de leur usage.
Paragraphe 1 : Le principe de la protection du sol et du sous-sol

Ce principe est consacré par l’article 10 du code de l’environnement qui dispose que
« le sol et le sous-sol constituent des ressources naturelles à préserver de toutes
formes de dégradation et dont il importe de promouvoir l’utilisation durable». Le
principe prend en compte les richesses que contiennent ces ressources. Son
application nécessite selon la même disposition, un rétablissement des droits et
obligations du propriétaire dans le sens d’une meilleure protection desdites
ressources.
Paragraphe 2 : La règlementation de l’usage

L’article 10 du code de l’environnement préconise que l’usage du sol et du sous-sol


soit fait en respectant les intérêts collectifs attachés à leur préservation. Il prescrit à
ce titre que le droit de propriété doit être exercé sans qu’il nuise à l’intérêt général.
Les statuts du sol doivent établir les droits et obligations du titulaire vis-à-vis d’une
protection du sol.
Aux termes de l’article 11 du même code, les sols doivent être affectés à des usages
conformes à leur vocation. L’utilisation de l’espace pour des usages non réversibles
doit être limitée et doit se faire de la manière la plus rationnelle possible.
Pour mieux assurer la protection des sols et des sous-sols, le législateur soumet à
autorisation préalable tout projet d’aménagement et d’affectation du sol à des fins
agricoles, industrielles ou urbaines et tout projet de recherche ou d’exploitation des
matières premières du sous-sol.

29
Sous-section 2 : La protection des ressources en eau

Aux termes de l’article 1er du code de l’environnement, les ressources en eau


comprennent les eaux intérieures et les eaux souterraines. Il faut entendre par eaux
intérieures, les eaux de surface y compris la mer territoriale. Constituent également
les eaux intérieures, selon l’article 21 de la loi n°98-755 du 23 décembre 1998
portant code de l’eau, les eaux atmosphériques ou météoriques. La gestion de l’eau
est une obligation de l’Etat qui lutte contre son gaspillage et sa pollution.
Paragraphe 1 : Le principe de l’usage des ressources en eau

Aux termes de la loi n°98-755 du 23 décembre 19981, portant code de l’eau, l’eau
fait partie du patrimoine commun national. L’eau est gérée par l’Etat qui en assure la
qualité, la quantité, la disponibilité et la protection. Pour mieux analyser ses
dispositions, nous parlerons des objectifs du code de l’eau, de ses apports et de
l’exploitation de l’eau.
A. Les objectifs et les apports de la législation

Concernant ses objectifs, le code dispose en son article 5: « La présente loi portant
code de l’eau a pour objet, une gestion intégrée des ressources en eau, des
aménagements et ouvrages hydrauliques ». Cette gestion vise à assurer2 :

- La préservation des écosystèmes aquatiques, des sites et zones humides, la


protection contre toute forme de pollution, la restauration des eaux de surface, des
eaux souterraines et des eaux de la mer dans la limite des eaux territoriales.
- La planification cohérente de l’utilisation des ressources en eau tant à l’échelle du
bassin versant qu’à l’échelle nationale : cette planification se traduit par l’amélioration
des conditions de vie des populations dans le respect de l’équilibre avec le milieu
ambiant. Ladite loi prévoit également les conditions d’une utilisation rationnelle et
durable des ressources en eau pour les générations présentes et futures. Enfin, elle
insiste sur la mise en place d’un cadre institutionnel caractérisé par la distinction
entre le gestionnaire et les différents utilisateurs de l’eau3.
Quant à ses apports, le code de l’eau a des répercussions diverses. Entre autres
nous notons qu’elle comble un vide juridique et consacre la notion et la définition du
domaine public hydraulique. De même, elle renforce la législation nationale relative à
l’expropriation pour cause d’utilité publique, l’occupation temporaire et le régime
foncier de l’immatriculation. Le code institue également la gestion par bassin versant
(article 57) et précise le cadre institutionnel de gestion des ressources en eau qui
repose sur un principe caractérisé par la distinction entre le gestionnaire et les
différents utilisateurs de l’eau (article 58).

Au regard des objectifs du code de l’eau de 1998, l’accès à l’eau potable est un droit
imprescriptible de tout citoyen, du fait que celle-ci constitue un des besoins de base

1
JORCI, 12 janvier 1999
2
GAGO Chelome Nio : droit rural en Côte d’Ivoire, 2001
3
DIRECTION DE L’HYDRAULIQUE HUMAINE : Atelier sur l’accès des populations à l’eau potable, Abidjan juin
2003 au Conseil économique et social.

30
et est indispensable à la vie. Toute eau est considérée comme potable si elle
n’affecte pas la santé du consommateur à court, moyen et long terme. Cependant, sa
mise à la disposition du consommateur, de manière pérenne en quantité suffisante et
de qualité compatible avec les exigences de santé, nécessite de supporter des
charges d’investissement et d’exploitation ainsi que les coûts de service.
Ainsi, s’est trouvée posée la problématique de l’approvisionnement en eau potable,
bien économique dont la mise à la disposition des populations engendre des coûts
de production. La stratégie pour résoudre cette problématique doit être globale. Elle
doit également s’appuyer sur une politique vigoureuse avec des objectifs clairement
définis sur le plan technologique, économique, financier et social.
Apporter de l’eau potable à toutes les populations et notamment aux plus
défavorisées, a été et demeure un souci constant des autorités politiques et
administratives de la Côte d’Ivoire. Cela s’est traduit en 1973 par le lancement d’un
vaste programme d’hydraulique humaine sur l’ensemble du territoire national. Le 10
mars 1996, les Nations Unies ont retenu pour la journée mondiale de l’eau, le thème
suivant : « l’eau pour nos cités assoiffées »4. Ce thème a posé la problématique de
l’eau potable dans le monde.
B. L’exploitation des ressources en eau

Relativement à l’exploitation de l’eau, le code de l’eau indique qu’il faut faire la


distinction selon que les ressources en eau font partie du domaine public hydraulique
ou du domaine des particuliers.
Le domaine public hydraulique

Ce domaine comprend les eaux de la mer territoriale, les cours d’eau navigables ou
flottables (lacs, étangs, lagunes). Il comprend également les aménagements et
ouvrages hydrauliques installés sur le domaine public (le barrage, le forage, le
puits…). Dans le domaine public hydraulique, les prélèvements d’eau et la réalisation
d’aménagements ou d’ouvrages hydrauliques sont soumis selon les cas, soit à
l’autorisation de l’autorité compétente, soit à déclaration préalable.

Il convient de mentionner que cette notion de domaine public hydraulique est


antérieure au code de l’eau, d’autant plus qu’il avait été prévu par des textes
anciens. Ces textes sont encore en vigueur et viennent en appoint au code de l’eau.
A cet effet, les premiers textes qui ont réglementé l’eau en Côte d’Ivoire ont été
hérités de la période coloniale. Les textes adoptés sous cette période sont
notamment le décret du 14 avril 1904, le décret du 05 mars 1921, la circulaire du 07
septembre 1955 et le cahier des charges des services distributeurs d’eau.

Il est à noter qu’à partir de 1956, est apparu le système de gestion déléguée. Les
autorités nationales choisirent de confier la gestion du service public d’eau à des
sociétés publiques et privées. Ainsi, l’Energie Electrique de Côte d’Ivoire (EECI) qui
était une société publique avait en gérance la distribution de l’eau. Mais, elle sera
remplacée en 1959 par la Société de Distribution d’Eau de la Côte d’Ivoire (SODECI)
4
KIMOU Ngbocho, directeur de l’hydraulique humaine, Ministère d’Etat, Ministère des Infrastructures
Economiques « l’accès des populations à l’eau potable » Conseil économique et social ; Abidjan juin 2003, pp.
5-6

31
dont la gestion lui était confiée par un contrat de concession. La circulaire prévoit que
les villes dotées d’installations modernes de traitement et d’épuration des eaux
doivent veiller qu’à tout moment, l’eau distribuée soit bactériologiquement pure. La
qualité de l’eau est garantie de manière plus précise par les diverses dispositions
contenues dans les cahiers des charges des services de distribution d’eau.
Dans les centres secondaires ou ruraux, cette question est réglée par la même
circulaire du 04 septembre 1955 et par des textes particuliers. Dans la circulaire de
1955, les dispositions relatives à la qualité des eaux sont générales : « l’eau doit être
saine et pure ». De même, l’article 4 de la convention de gérance pour la distribution
de l’eau dispose que le gérant sera responsable de la pureté chimique et
bactériologique de l’eau distribuée dans la mesure où le permettent les installations
mises à sa disposition5.
Nous pouvons également citer d’autres textes postérieurs adoptés après
l’indépendance qui pris dans un cadre particulier concourent également à la
protection du domaine public hydraulique en Côte d’Ivoire. Il s’agit du décret n°63-
171 du 18 avril 1963 portant règlement de la police du port d’Abidjan et du décret
n°68-528 du 7 novembre 1968 fixant l’alimentation, la conservation, la préservation
et l’utilisation des ressources en eau de la région d’Abidjan.
Nous pouvons mentionner également deux conventions internationales ratifiées par
la Côte d’Ivoire pour la protection des eaux. Nous avons d’abord la convention
d’Abidjan ratifiée par la Côte d’Ivoire depuis 1984. Elle est ouverte à l’ensemble des
pays côtiers et des Etats insulaires de la zone géographique allant des côtes de la
Mauritanie aux côtes namibiennes inclusivement. Elle vise la protection du milieu
marin des zones côtières et des cours d’eau sous juridiction des Etats d’Afrique de
l’ouest et du centre.
Nous avons ensuite la convention des Nations Unies sur le droit de la mer. Initiée en
1992, elle n’a pu entrée en vigueur qu’en 1994 soit 12 ans plus tard. Elle compte 136
parties et marque une étape importante dans l’évolution du droit international public
et traite d’un grand nombre de questions relatives à la mer y compris la protection du
milieu marin. Tous les pays de la sous région ainsi que les pays enclavés l’ont
signée.
Le code de l’eau indique à cet égard que l’usage des puits et même des sources
privées n’est autorisé pour l’alimentation humaine que si l’eau est potable. Il en
résulte qu’en milieu desservi par l’adduction d’eau potable, l’usage des eaux de pluie
pour la consommation peut être interdit. Les eaux de surface et les eaux souterraines
peuvent être utilisées par les particuliers à condition de respecter les droits des
autres riverains de la source d’eau. De la même façon, tout aménagement ou
ouvrage qui prive les autres usagers de la jouissance convenable de l’eau est
interdite6. Ces mesures précitées concernent la quantité et la qualité de l’eau
distribuée et consommée.

5
Cf. « D.A. CAPONERA, la législation et l’administration des eaux en Côte d’Ivoire » analyse de la situation
hydraulique, rapport préliminaire, octobre 1984, page 8 et 9
6
COURRIER DE LA PLANETE : à l’aube du 21ème siècle, les stratégies de l’eau, la rédaction, n°24, septembre-
octobre Paris, 1994

32
- S’agissant de la quantité de l’eau, l’article 19 du contrat de concession
dispose que : « le concessionnaire s’engage à fournir toute l’eau nécessaire aux
besoins des usagers publics et privés sur l’ensemble de la concession et à entretenir,
réparer et renouveler les installations et réseaux. Si ceux-ci deviennent insuffisantes
pour satisfaire ces besoins, le concessionnaire a l’obligation de soumettre à l’autorité
concédante, dès que le risque d’insuffisance apparaît, le projet des travaux de
renforcement ou d’extension à exécuter pour établir la distribution avec une charge
de sécurité suffisante »7.
- En ce qui concerne la qualité de l’eau, l’eau distribuée doit présenter
constamment les qualités imposées par la législation et la réglementation en vigueur
au moment de sa distribution. Le concessionnaire devra vérifier la qualité de l’eau
distribuée aussi souvent que cela s’avère nécessaire. Il devra notamment se
conformer à cet égard aux prescriptions du ministère chargé de la santé et donner
toute facilité pour l’exercice des contrôles sanitaires, visites, prélèvements et
analyses8.
Le domaine public des particuliers

Ce domaine comprend d’abord les eaux atmosphériques accumulées artificiellement


ou non sur leurs terres. Font ensuite partie du domaine hydraulique des particuliers,
les ressources en eau sur lesquelles leurs droits ont été reconnus. Tel est le cas des
droits antérieurement acquis par les particuliers sur le domaine public hydraulique.
Le code de l’eau indique par ailleurs que les autorisations et les concessions de
prélèvement d’eau de même que les actes portant reconnaissance des droits acquis
sur les eaux peuvent faire l’objet d’une institution dans le livre foncier.

Il ressort des dispositions du code de l’eau que la notion de domaine public des
particuliers, et l’exercice des droits locaux sur ce domaine conduit à la
reconnaissance des pratiques traditionnelles sur une certaine catégorie des eaux
nationales. Les communautés locales voient implicitement leurs droits coutumiers
protégés et reconnues par les autorités étatiques. Il en est de même des savoirs
écologiques traditionnels qui peuvent s’exercer librement sur les domaines
halieutiques villageois. Il peut s’agir des rivières, des lagunes, des lacs, des
marigots…situés dans les villages et campagnes ivoiriens.
Paragraphe 2 : La lutte contre le gaspillage et la pollution des ressources en
eau

L’accès à l’eau potable est un droit imprescriptible de tout citoyen, du fait que celle-ci
constitue un des besoins de base et est indispensable à la vie. Toute eau est
considérée comme potable si elle n’affecte pas la santé du consommateur à court,
moyen et long terme. Cependant, sa mise à la disposition du consommateur, de
manière pérenne en quantité suffisante et de qualité compatible avec les exigences

7
Cf. « concession du service de distribution publique urbaine d’eau potable en Côte d’Ivoire », république de
Côte d’Ivoire, concessionnaire : SODECI, autorité concédante : ministère des travaux publics et des transports,
Fait à Abidjan, le 30 mai 1988, p.15
8
Cf. « avenant n°1 de la convention de concession du service de distribution d’eau potable en Côte d’Ivoire »,
république de Côte d’Ivoire, concessionnaire : SODECI, autorité concédante : ministère de l’équipement, des
transports et du tourisme, Fait à Abidjan le 02 décembre 1993, article 7B, p5

33
de santé, nécessite de supporter des charges d’investissement et d’exploitation ainsi
que les coûts de service.
En Côte d’Ivoire, l’eau potable suscite des interrogations en termes de quantité et de
qualité. Les besoins en eau potable augmentent très rapidement en adéquation avec
le taux de croissance de la population, estimée à 3 ou 4%9. Les eaux souterraines
qui servent à l’alimentation en eau potable de la population sont disponibles, mais
dans des conditions très variables de stockage et d’accès à la source10. Il en résulte
un problème de pénurie d’eau dans certaines régions.

Par ailleurs, les activités industrielles et agricoles entraînent la pollution de l’eau


potable, si bien que le problème de la qualité de l’eau se pose avec acuité. La
protection de l’eau potable a fait l’objet de nombreuses mesures juridiques. Les
textes prévoient également des sanctions en cas de pollution.
A. La lutte contre le gaspillage de l’eau potable

Il s’agit en l’espèce d’assurer la protection quantitative de l’eau. Aux termes de


l’article 45 du code de l’eau, tout gaspillage de l’eau est interdit. Par conséquent,
l’administration est habilitée à imposer des conditions d’utilisation aux particuliers et
aux installations publiques ou privées. Ces conditions doivent être plus strictes, selon
l’article 46 du même code, dans les parties du territoire national où les ressources en
eau sont rares et/ou menacées.
Le gaspillage de l’eau est sanctionné pénalement. En effet, aux termes de l’article
120 du code précité, tout gaspillage de l’eau est passible d’une peine
d’emprisonnement d’un (01) mois à six (06) mois et d’une peine d’amende de trois
cent soixante mille (360.000) francs à dix (10) millions de francs ou de l’une de ces
deux peines seulement.
Le gaspillage de l’eau peut être également sanctionné par une peine
d’emprisonnement de 6 mois à 2 ans et/ou une amende de 360.000 F à 5 millions en
cas de circonstances aggravantes. En vue de sauvegarder l’intérêt général, les
ressources en eau peuvent se voir reconnaître la qualité de patrimoine d’utilité
publique.
B. La lutte contre la pollution de l’eau potable

La protection de l’eau revêt ici un caractère qualitatif. La pollution de l’eau se définit


comme l’introduction dans le milieu aquatique de toute substance susceptible de
modifier les caractéristiques physiques, chimiques ou biologiques de l’eau et de créer
des risques pour la santé de l’homme, de nuire à la faune et à la flore terrestre et
aquatique, de porter atteinte à l’agrément des sites ou de gêner toute utilisation
rationnelle des eaux.

9
Les normes de consommation d’eau potable dans les centres urbains à considérer pour la Côte d’Ivoire étaient
de 60l/j/h en 1990 et passeront à 100l/j/h en 2010. Le taux de satisfaction des besoins était de 37% en 1990.
C’est donc 518 millions de m3 d’eau par an en plus qu’il faudra mobiliser et rechercher pour les prévisions
fixées pour 2010. Pour les populations rurales, les objectifs de 1990 fixaient les besoins de consommation en eau
potable à 25l/j/h. Un point d’eau doit être réalisé pour chaque centre de peuplement entre 100 et 800 habitants.
10
La Côte d’Ivoire dispose de ressources en eau importantes dans le bassin sédimentaire côtier. Les débits
disponibles dans les aquifères des socles restent modestes par rapport à ce que l’on peut rencontrer dans le bassin
côtier.

34
Toute activité susceptible de nuire à la qualité des eaux est interdite. Le législateur
prend tout de même des précautions en prescrivant dans l’article 13 du code de
l’environnement que les points de prélèvement de l’eau destinés à la consommation
humaine, doivent être entourés d’un périmètre de protection.
L’épandage d’engrais, le creusement de puits dans les zones protégées, ainsi que
toute activité susceptible de dégrader la qualité des eaux, des aménagements et
ouvrages hydrauliques constituent également des infractions. Il en est de même de
l’importation, de l’exportation ou de la commercialisation des eaux minérales ou de
tables non conformes aux normes en vigueur.
En conséquence, toute personne responsable de dégradation de ressources en eau
ou d’un danger les menaçant a l’obligation d’y remédier faute de quoi l’autorité
compétente peut prendre des mesures pour faire exécuter les sanctions nécessaires
aux frais des personnes responsables11. Il y a ici, l’application du principe pollueur-
payeur, institué par le code de l’environnement de 1996. Le ministère de
l’environnement peut, en cas de résistance de l’intéressé, y procéder ou y faire
procéder aux frais et dépens du contrevenant12.
C. La pollution des cours d’eau

Nous mettrons ici l’accent sur la pollution de l’environnement marin et lagunaire. La


protection de l’environnement interdit le rejet de substances nuisibles dans les eaux
où se fait la pêche.

selon l’article 19 du décret n°97-678 du 03 décembre 1997 portant protection de


l’Environnement marin et lagunaire contre la pollution, il est interdit à tout exploitant
d’installation classée d’évacuer à la mer ou dans le milieu lagunaire, des eaux usées,
des huiles usagées ou des matières de toute nature, sans traitement préalable,
conformément aux dispositions de l’article 96 du code de l’environnement. Les
dispositions du code de l’environnement sont aussi applicables à la pollution du sol,
du sous-sol et de l’air.

Constitue également une infraction, conformément à l’article 96 du code de


l’environnement, le déversement et le rejet, l’écoulement et le dépôt de tout corps
solide, de toute substance liquide et gazeuse non préalablement traités dans les
eaux et leurs abords, notamment les eaux maritimes et lagunaires et, de façon
générale, toute activité susceptible de détruire la faune et la flore, de constituer un
danger pour la santé des êtres vivants, de porter atteinte à la valeur esthétique et
touristique desdits milieux (eaux et littoral) en général d’accroitre la pollution desdites
eaux.
Il s’agit ici pour le législateur, de protéger l’homme et les ressources
environnementales contre toute forme d’atteinte. L’auteur d’un tel comportement
s’expose à une amende de 100.000.000 à 500.000.000 de francs.
La loi portant code de l’eau comporte en son sein, des dispositions pénales. En effet,
elle punit dans son article 123, d’une peine d’emprisonnement de 2 à 6 mois et d’une

11
GIROD Pascal, La réparation du dommage écologique, Paris, PUF 1974 ; page 111
12
Cf. Décret n°68-528 du 07 novembre 1968 portant fixation de l’alimentation, la conservation, la préservation
et l’utilisation des ressources en eau de la région d’Abidjan

35
amende de 360.000 francs à 1.000.000 de francs ou de l’une de ces deux peines
seulement, toute personne qui use de produits toxiques dans les eaux de surface
comme appât et susceptible de nuire à la qualité du milieu aquatique. La loi interdit
également les dépôts de substances nocives dans les eaux ou les régions
fréquentées par les oiseaux migrateurs.
De façon générale, l’article 122 du code précité, considère comme une infraction, le
fait de jeter, verser ou laisser s’écouler dans les eaux de surface, les eaux
souterraines ou les eaux de la mer dans les limites des eaux territoriales, directement
ou indirectement, tout déchet ou substance dont l’action ou les réactions ont, même
provisoirement, entrainé des effets nuisibles sur la santé ou des dommages à la flore
ou à la faune ou des modifications significatives du régime normal d’écoulement des
eaux.
Un tel acte est puni par cette disposition d’un emprisonnement de 2 mois à 2 ans et
d’une amende de 2.000.000 à 100.000.000 de francs ou de l’une de ces deux peines
seulement.

Selon le code de l’environnement, l'infraction consistant à rejeter des polluants à la


mer peut se voir sanctionnée d'une amende relativement faible ou importante, selon
la gravité des faits. L'amende peut être accompagnée d'une injonction ou d'une
ordonnance enjoignant de prendre des mesures pour éviter la récidive. Selon le code
de la marine marchande, l’infraction consistant à rejeter des déchets à la mer sans
permis peut à la fois être sanctionnée de manière plus rigoureuse et entraîner la
confiscation du navire, ainsi que le retrait du permis d’exploitation.

Section 2 : La diversité biologique ou biodiversité

La diversité biologique ou biodiversité est la variabilité des organismes vivants de


toute origine y compris entre autres les écosystèmes terrestres, marins et autres
écosystèmes aquatiques et les complexes écologiques dont ils font partie. Ce
système comprend la diversité au sein des espèces et entre espèces ainsi que celle
des écosystèmes. De façon concrète, la diversité biologique est constituée de deux
grandes composantes écologiques, à savoir la faune et la flore. La préservation de
la diversité biologique fait partie des principes généraux découlant du code de
l’environnement. En effet, celui-ci affirme dans son article 35.3 que toute action
humaine doit éviter d’avoir un effet préjudiciable notable sur la biodiversité.
Sous-section 1 : Le principe de protection

L’affirmation du principe s’accompagne nécessairement de la règlementation des


prélèvements. Dans l’affirmation du principe, la préservation de la diversité
biologique ou biodiversité fait partie des principes généraux découlant du code de
l’environnement. En effet, celui-ci affirme dans son article 35.3 que toute action
humaine doit éviter d’avoir un effet préjudiciable notable sur la biodiversité.
Paragraphe 1 : La protection des ressources floristiques

Nous porterons nos analyses particulièrement sur les ressources forestières au


regard de la déforestation galopante qui menace la Côte d’Ivoire.
La Côte d’Ivoire a retenu comme priorité dans sa politique de protection de la nature,
la préservation d’aires protégées représentatives de la diversité biologique. Ainsi, la

36
loi de référence est le code forestier de 2014 auquel s’ajoute le Plan Directeur
Forestier (1988-2015). Ainsi, la protection de la forêt se démontrera à travers la
composition du domaine forestier, l’exploitation du domaine forestier et la lutte contre
les feux de brousse.
La loi portant code forestier définit le domaine forestier de l’Etat, le domaine forestier
des particuliers et celui des collectivités.
Le domaine forestier de l’Etat comprend les forêts classées, les forêts
protégées, les périmètres de protection et enfin les périmètres de reboisement13. Le
classement d’une forêt consiste en un règlement dans un périmètre déterminé que
l’on désire conserver à l’état boisé en l’affranchissant de l’exercice de certains droits
d’usage14. Les forêts protégées sont des forêts dont l’exploitation bien que permise
est réglementée afin d’éviter leur dégradation. Quant aux périmètres de protection, ils
concourent à la conservation des sols et des sites les plus sensibles à la lutte contre
les causes de dégradation de la nature qu’elles soient ou non d’origine anthropique.
Les périmètres de reboisement enfin sont des espaces de reconstitution du couvent
végétal créés par l’homme à des fins écologiques ou économiques.
La subdivision réalisée par le code forestier a été complétée et précisée par le
décret n°78-231 du 15 mars 1978. Ce décret distingue le domaine forestier
permanent de l’Etat du domaine forestier rural. Le domaine forestier permanent de
l’Etat est composé des forêts classées, des périmètres de reboisement et de certains
massifs forestiers. Le domaine forestier permanent a pour fonction de produire du
bois et de garantir l’équilibre écologique du pays15.
Quant au domaine forestier rural, il correspond essentiellement aux forêts
dites protégées et est aujourd’hui réservé aux activités socio-économiques des
populations riveraines.
Enfin, le domaine forestier des particuliers et des collectivités est
composé des terres ou forêts immatriculées en leur nom. Eu égard à l’inefficacité de
la procédure d’immatriculation ce domaine ne représente qu’un très faible
pourcentage du domaine forestier.

Paragraphe 2 : La protection des ressources fauniques

Par ressources fauniques, il faut entendre toutes les espèces animales vivant dans
un écosystème donné. En vue d’assurer leur conservation, l’Etat a prévu un certain
nombre d’infractions en matière cynégétique. Ces infractions sont relatives à celles
portant sur les délits de chasse et les délits de pêche.

A. La chasse

La chasse est définie par l’article 7 de la loi n°65-255 du 04 aout 1965 relative à la
protection de la faune et à l’exercice de la chasse, comme tout acte tendant, soit à

13
Le domaine forestier de l’Etat fait partie de son domaine privé auquel nul n’a, en principe, accès aux fins
d’usage.
14
GAGO Chelome Nio : droit rural en Côte d’Ivoire, Université d’Abidjan Cocody, 2001
15
KABLAN N'guessan Alfred (1989) : Commentaire du code forestier ivoirien, page 333 pages.

37
blesser ou à tuer, pour s’approprier ou non tout ou partie de sa dépouille, un animal
de la faune sauvage.
A cet effet, la protection de la faune (les animaux) est assurée par la mise en place
d’un arsenal juridique important. Il s’agit des lois nationales telles que le code de
l’environnement, la loi portant code forestier et certaines conventions internationales
telles que la convention de Rio sur la diversité biologique. Ainsi, la faune a fait l’objet
de deux mesures de protection. Celles-ci concernent d’une part l’identification et le
recensement des espèces menacées de disparition et d’autre part la réglementation
de l’exercice de la chasse. S’agissant de l’identification et du recensement des
espèces animales menacées, nous pouvons citer le code de l’environnement et le
code forestier16 qui régit les parcs nationaux.
La règlementation précise que la protection de la faune tend à assurer la
conservation et l’enrichissement qualitatif et quantitatif des animaux des espèces
sauvages vivant naturellement dans le pays. Ce sont, notamment les espèces
animales rares ou menacées d’extinction ou présentant un intérêt scientifique ou
nécessaire à l’équilibre biologique ou particulièrement utile à l’homme.
En vue de renforcer la protection de la faune, plusieurs conventions ont été adoptées
par la Côte d’Ivoire. Il s’agit notamment de la convention de Rio sur la diversité
biologique précitée et la convention sur le commerce international des espèces de
faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) adoptée à Washington le
03 mars 1973. Entrée en vigueur en 1975, la Côte d’Ivoire a adhéré à la CITES par
le décret n°19 du 03 février 1993. Elle réglemente ou interdit le commerce
international d’espèces menacées parmi lesquelles, plus de 5.000 espèces animales
sont dénombrées17.
S’agissant de l’exercice de la chasse et de la pêche, la protection s’est réalisée
surtout dans le cadre des lois nationales. Il s’agit notamment du code forestier et de
la loi n°65-255 du 04 août 1965 portant protection de la faune et l’exercice de la
[Link] J.O.R.C.I. n° 7 du 20 octobre 196519. Selon le code forestier, l’exercice
de la chasse dans le domaine forestier rural est subordonné à la détention d’un
permis délivré par l’administration forestière. Périodiquement, cette administration
établit la liste des animaux particulièrement ou intégralement protégés de même que
celle d’animaux dont la chasse est autorisée. Si le chasseur traditionnel peut exercer
son activité dans le domaine forestier rural, il doit toutefois respecter les périodes de
fermeture de la chasse.
Sur ce point, il importe d’indiquer que depuis un arrêté du 20 février 1974, l’Etat a
décidé de la fermeture de la chasse sur toute l’étendue du territoire. Ces mesures ont
permis de réduire la chasse abusive des éléphants et de freiner le trafic illicite des
ivoires.

16
Loi n° 65-425 du 20 novembre 1965 portant code forestier
17
KRAGBE A. G. : « bilan du droit de l’environnement dans le cadre des politiques et stratégies de gestion de
l’environement en Côte d’Ivoire », mémoire de DEA en Sciences et Gestion de l’Environnement, université
d’Abobo-Adjamé (Côte d’Ivoire), 2004, 126 pages
18
Loi n° 65-255 du 4 août 1965 portant protection de la faune et de l’exercice de la chasse
19
Loi n° 65-323 du 25 juillet 1963 portant police sanitaire des animaux en Côte d’Ivoire

38
B. La pêche

La pêche, selon la loi n°86-478 du 1er juillet 1998, consiste en la capture, l’extraction
ou la récolte de poissons, cétacées, chéloniens, végétaux, planctons ou d’animaux
invertébrés vivant partiellement ou complètement dans le milieu aquatique. La
réglementation en vigueur interdit l’utilisation de méthodes susceptibles de
compromettre la reproduction des espèces (produit toxiques)20.
C. La destruction de l’habitat animal

La destruction du couvert végétal suppose la destruction des biotopes, éléments


indispensables à la vie des populations animales. En outre, la forêt permet de réguler
le cycle de la pluie. Au total, l’article 87 du code de l’environnement interdit de :

- tuer, blesser ou capturer les animaux appartenant aux espèces végétales ;


- détruire ou endommager les habitats, les laves et les jeunes espèces protégées ;
- faire périr, endommager les végétaux protégés, en cueillir tout ou partie ;
- transporter ou mettre en vente tout ou partie d’un animal ou d’un végétal protégé ;
- procéder à l’abattage d’un arbre dans les forêts classées, aires protégées et parcs
nationaux.

Sous-section 2 : Les moyens de conservation de la biodiversité : les parcs


nationaux et réserves

Les moyens de conservation de la biodiversité sont constitués par les aires


protégées que sont les parcs nationaux et réserves. Ils sont régis par la loi n°2002-
102 du 11 février 2002 relative à la création, la gestion et au financement des parcs
nationaux et réserves naturelles.
Aux termes de l’article 3 de la loi précitée, les parcs et réserves sont créés et gérés
aux fins de permettre la conservation des milieux naturels, de la faune et de la flore
terrestre et aquatique, ainsi que le maintien de la diversité biologique et des
processus écologiques contre toutes les formes de dégradation qui les menacent. Ils
ont également pour vocation de participer, par la recréation et l’éducation, à
l’équilibre harmonieux des populations, qu’elles soient rurales ou urbaines.
Cependant, ces aires protégées peuvent faire l’objet de nombreuses atteintes.
Paragraphe 1 : Incendie dans une forêt classée
Lorsque l'incendie est volontaire, ce sont les articles 423 à 425 du code pénal de
1981 qui s’appliquent. Ce que la loi punit, c’est la préservation du domaine forestier
de tout incendie. Cette infraction est une infraction d'imprudence, car l'incendie n'est
provoqué que par l’imprudence, la négligence, l'inattention ou l'inobservation des
règlements.
La loi estime que la forêt classée doit faire l'objet d'une protection plus rigoureuse.
Elle punit donc les délinquants d'une peine d’emprisonnement de deux mois â deux
ans et d'une peine d'amende de 10.000 à 1.000.000 de franc ou l'une de ces deux
peines seulement.

20
KRAGBE A. G., op. cit.

39
Paragraphe 2 : Abattage d'arbres et d'animaux dans les forêts classées, les
aires protégées et les parcs nationaux

Cette infraction est contenue dans le code de I’environnement et forme un


complément avec les dispositions du code forestier. Elle réprime tout abattage
d'arbres dans les zones protégées21. Selon le professeur ALFRED KABLAN
N’GUESSAN 22, il faut faire une distinction entre la restitution en nature des produits
(bois coupés ou enlevés) qui doit toujours être ordonné même en l’absence de toute
demande de la part du propriétaire et la restitution en argent qui n’est susceptible
d’être ordonné que sur une demande formelle de la partie lésée. Si les infractions
forestières aboutissent généralement à des sanctions pénales, l’article 43
permet à l’administration de transiger.
Paragraphe 3 : Les défrichements non autorisés

Ce sont les défrichements sans autorisation portant sur une partie du domaine
forestier classé, des périmètres de protection et des reboisements. Le code forestier
prévoit à cet effet une peine d'emprisonnement de deux mois à deux ans et une
peine d'amende de 10 000 à 1.000.000 de francs ou l'une de ces deux peines
seulement.
Section 3 : Les sites et monuments

Les sites et monuments sont des composantes de l’environnement qui font l’objet de
protection contre toute forme de dégradation. L’élément essentiel qui caractérise le
site est l’élément naturel : c’est ce qui le différencie notamment des monuments
historiques et de la perspective monumentale qui résultent des réalisations
humaines.

Ces valeurs culturelles sont actuellement régies par deux importantes sources
normatives. Il s’agit d’une part d’une source internationale à savoir la convention
portant protection du patrimoine mondial, culturel et naturel adoptée à Paris le 23
novembre 1972 et à laquelle la Côte d’Ivoire a adhéré par le décret n°77-86 du 21
novembre 1977 sous l’égide de l’UNESCO. Cette convention a instauré trois sites en
Côte d’Ivoire : la réserve du mont Nimba située à la frontière entre la Côte d’Ivoire et
la Guinée, le parc national de la Comoé, et le parc national de Taï.
La seconde source est la loi ivoirienne du 28 juillet 1987 portant protection du
patrimoine culturel. La loi du 28 juillet 1987 qui apparaît comme la nouvelle charte du
patrimoine culturel ivoirien vient répondre aux recommandations de l’UNESCO qui
lors de sa 20e session de 1978 demandait aux Etats membres qui ne disposaient pas
encore de législation en ce domaine, d’envisager la promulgation d’une telle
législation.
La loi adoptée se rapporte en l’espèce à la réglementation des sites archéologiques
et historiques, œuvres architecturales et monuments isolés ou constituent un

21
Jugement (inédit) N° 6848 du 06/10/97 Tribunal de première instance d’Abidjan. Nature du délit: abattage
illicite de bois de chauffe dans le parc national du banco
22
ALFRED KABLAN N’GUESSAN, op. cit.

40
ensemble ainsi que leurs abords dès lors que leur mise en valeur en nécessite la
protection.
Ce patrimoine culturel devra être protégé suivant son intérêt historique, artistique,
scientifique ou technologique ainsi qu’en raison de son état de conservation. Nous
pouvons citer à cet effet trois décrets qui établissent la classification des sites et
monuments en Côte d’Ivoire. Il s’agit :

Du décret n°88-413 du 20 avril 1988 portant classement des sites et


monuments de la ville historique de Kong. Les sites protégés sont : tout le
secteur aux alentours de la grande mosquée, la grande mosquée elle même,
l’ancienne case, l’ancien marché, le Da-Ba, la case de Binger, la petite
mosquée, la tombe de Moskovitch ;

Le décret 91-23 du 30 janvier 1991 précité portant classement des


monuments historique de la ville de Grand Bassam. Les monuments protégés
sont notamment : l’ancien palais du gouverneur, l’ancien palais de justice,
l’ancien hôpital, le phare, l’ancien hôtel des postes, l’ancien marché, la mairie,
l’ancienne maison du trésor, l’ancien centre culturel français (actuel centre
coopératif des céramistes) ;

Le décret n°91-186 du 27 mars 1991 portant classement des monuments


historiques de la ville d’Abidjan. Nous avons notamment : le phare de Port
Bouet, les anciens bureaux des finances (1er et 2eme bâtiment), l’ancien
trésor, le collège Notre Dame des Apôtres, l’Imprimerie Nationale et ses
dépendances, la maison des anciens combattants du Plateau.

En effet, l’article 85 du code de l’environnement interdit tout affichage, notamment


sur les immeubles classés monuments historiques, les monuments naturels et dans
les sites classés ou protégés, ainsi que sur les panneaux de signalisation routières.
La violation de cette interdiction constitue une infraction sanctionnée par l’article 104
du code précité, d’un emprisonnement de trois (03) mois au maximum et d’une
amende de 50.000 à 5.000.000 francs. Il en est de même pour celui qui fait de la
publicité sur un immeuble sans l’autorisation du propriétaire et des autorités
compétentes.
CHAPITRE II : L’ENVIRONNEMENT HUMAIN

L’environnement humain ou cadre de vie est un milieu de vie socialement organisé.


Selon le code de l’environnement, l’environnement humain concerne le cadre de vie
et l’aménagement du territoire. La protection de l’environnement humain est assurée
au moyen de la planification urbaine et la lutte contre les pollutions et nuisances.
Section 1 : La planification urbaine

Le milieu urbain concerne le cadre de la ville. Plusieurs mesures tendant à améliorer


l’environnement urbain ont été prises. Avec l’avènement de l’urbanisation et de la
démographie galopante, la plupart des villes ivoiriennes connaissent d’énormes
problèmes environnementaux.
La planification urbaine est donc une politique qui consiste en l’intervention de la
puissance publique pour déterminer la configuration de la ville par la soumission des

41
initiatives tant privées que publiques à une certaine discipline ou rationalité. Il s’agit
de prévenir l’anarchie, les errements, en fixant de façon prévisionnelle l’utilisation des
sols, la définition des usages sociaux de l’espace urbain. Cette politique apparaît
inhérente à la notion même d’urbanisme, c'est-à-dire à l’action rationnelle et
volontaire d’agir sur le développement urbain. Nôtre étude se concentrera sur le
contexte post colonial.
Le contexte post-colonial s’est traduit par le renforcement des plans d’urbanisme.
Ces plans expriment la dimension planificatrice de l’urbanisme. La création des villes
post coloniales et leur extension se sont réalisées grâce à l’exploitation des
ressources naturelles (minières et agricoles) : cas de Séguela, Tortiya etc… et à la
politique d’aménagement du territoire : cas des villes de San Pedro et
Yamoussoukro. La planification exprime donc le souci de rendre plus rationnel le
développement de la ville, et son extension. Les plans d’urbanisme se présentent
comme des documents qui fixent à l’avance, les conditions juridiques d’occupation
des sols que doivent respecter toutes les implantations sur l’espace urbain auquel ils
s’appliquent.
Les plans d’urbanisme ivoiriens procèdent de la loi n°62-253 du 31 juillet 1962. En la
matière, le législateur ivoirien, tout comme ses collègues centrafricains, togolais et
sénégalais, ont largement puisé leur inspiration du décret n°58-1463 du 31 décembre
1958 qui fixait alors en France le regime de la planification urbaine. Cette politique fut
renforcée notamment par le code de l’environnement de 1996.

Sous l’appellation générique de plans d’urbanisme, deux catégories de


documents doivent être distingués : le plan d’urbanisme directeur (PUD) et le
plan d’urbanisme de détail (PUd). Leur différence tient d’une part à leur champ
d’application ; le premier couvrant un espace plus grand, et d’autre part à leur
précision. Le second qui vient généralement en complément du premier, est
plus précis. Ils partagent cependant la même nature juridique : documents
réglementaires opposables à l’administration comme aux particuliers. Ces lois
ont pour nature de préciser le tracé du zonage et la prescription de règles et
servitudes.
Le zonage consiste à délimiter le territoire couvert par le plan d’urbanisme en
zones caractérisées par l’affectation dominante de leurs sols ou l’usage
principal qui pourra en être fait. Concernant le zonage, le code de
l’environnement dispose que les plans d’aménagement du territoire, les
schémas directeurs, les plans d’urbanisme et autres documents d’urbanisme
doivent prendre en compte les impératifs de protection de l’environnement,
dans le choix, l’emplacement et la réalisation des zones d’activité
économique, industrielle, de résidence et de loisir.

S’agissant des servitudes d’urbanisme, elles établissent des limitations du droit de


construire voire même l’interdiction de celui-ci dès lors qu’elles s’avèrent nécessaires
au respect des impératifs urbanistiques et à la mise en œuvre du plan adopté28.
Ces lois instaurent à cet effet la mise en œuvre des plans de lotissement des villes
ivoiriennes en vue d’éviter des constructions anarchiques des bâtiments.

28
Voir Saint Claire Alary : les servitudes et l’aménagement de l’espace urbain in propriété et urbanisme,
colloque de Toulouse, Dalloz 1968, page 229 et suivants

42
Les orientations globales de ces lois sont les suivantes :

concevoir un plan d’aménagement des quartiers précaires sur des sites


appropriés avec la détention régulière de permis de construire.

assurer l’action des populations pauvres aux services urbains de base (eau
potable, latrines, réseaux d’égouts, claies à vaisselles etc.)
Section 2 : La lutte contre les pollutions et nuisances

La nuisance se définit comme un fait ou un agissement perceptible, susceptible de


présenter un danger pour la santé ou l'environnement. Les déchets et le bruit
constituent l’une des premières sources de plaintes dans de nombreux pays,
notamment la Côte d’Ivoire.

Sous-section 1 : La règlementation des déchets

Un déchet se définit étymologiquement comme tout débris, reste sans valeur ou tout
objet destiné à l’abandon. Au plan juridique, nous pouvons retenir la définition
donnée par la loi française du 15 juillet 1975 relative à l’élimination et à la
récupération des déchets.
Aux termes de cette loi, le déchet se définit comme tout résidu d’un processus de
production, de transformation ou d’utilisation, toute substance, matériau, produit ou
plus généralement tout bien meuble abandonné ou que son détenteur destine à
l’abandon. Selon l’article 1er du code de l’environnement ivoirien, les déchets sont
des produits solides, liquides ou gazeux résultant des activités des ménages, d’un
processus de fabrication ou tout bien meuble ou immeuble abandonné ou
susceptible d’être abandonné ou qui menace ruine.

Selon la définition économique, le déchet est un objet dont la valeur économique est
considérée ou est estimée comme nulle ou négative, pour son détenteur à un
moment donné et dans un lieu donné.
Les déchets constituent la source de pollution la plus importante des villes
ivoiriennes. Il convient de dire à cet effet qu’à Abidjan, la gestion des ordures
ménagères n’est pas maîtrisée : une vingtaine d’entreprises non professionnelles
dont les activités souffrent d’un manque de coordination, collectent et déversent sans
soin les ordures ménagères dans la décharge d’Akouédo qui est aujourd’hui saturée.
Le code de l’environnement distingue explicitement les déchets incommodants des
déchets dangereux. Le code qualifie les seconds de déchets dangereux du fait qu’ils
présentent une menace sérieuse ou des risques particuliers pour la santé, la sécurité
des êtres vivants et la qualité de l’environnement.
Paragraphe 1 : La règlementation des incommodants

Ce sont les ordures ménagères et déchets assimilés. On entend par déchets


assimilés, ceux issus des entreprises et qui peuvent être traités ou stockés dans les
mêmes installations que les déchets ménagers.
L’article 102 du code de l’environnement punit d’une amende de 1.000 francs à
10.000 francs celui qui dépose, abandonne, jette des ordures, déchets ou matériaux

43
ou verse des eaux usées domestiques en un lieu public ou privé, sauf si le lieu a un
emplacement désigné à cet effet par l’autorité nationale compétente. Il en est de
même pour celui qui pollue par des déjections un domaine public ou privé.
Est également sanctionné, l’abandon d'ordures, déchets ou autres objets nocifs sur
les lieux de travail, sur la voie publique ou dans les lieux publics.

Le déversement des déchets se situe dans la catégorie des contraventions qui sont
des infractions parmi les moins graves en matière d’environnement. Elles donnent
généralement lieu au paiement d’une somme d’amende à l’encontre de l’auteur de
l’infraction. L’amende est payée soit chez l’inspecteur du travail, soit chez l’inspecteur
des installations classées ou chez l’officier de police judiciaire. Il appartient à
l'autorité exécutive de déterminer, pour chaque contravention, la peine applicable.

La gestion de ces déchets qui incombait aux collectivités locales, est aujourd’hui
assurée par l’Agence Nationale de Gestion des Dechets (ANAGED) par l’effet de
l’ordonnance 2007- 586 du 04 octobre 2007 abrogeant certaines dispositions de la loi
n°2003-208 du 07 juillet 2003 portant transfert et répartition des compétences,
notamment les dispositions relatives à la gestion des ordures ménagères et à la
réalisation d’ouvrages y afférents. Aux termes de l’article 2 de cette ordonnance, un
plan national de salubrité urbaine prenant en compte ces attributions sera défini par
l’Etat et mis en œuvre par l’intermédiaire d’une agence de régulation.
Paragraphe 2 : La règlementation des déchets dangereux

Les déchets dangereux sont une des catégories de déchets pour la législation (qui
varie selon les pays). Selon l’article 1er du code de l’environnement, les déchets
dangereux sont « des produits solides, liquides ou gazeux qui présentent une
menace sérieuse ou des risques particuliers pour la santé, la sécurité des êtres
vivants et la qualité de l’environnement». Nous avons trois catégories, à savoir, les
déchets industriels spéciaux, les déchets ménagers spéciaux et les déchets
d’activités de soins. Des incriminations tournent autour de la manipulation des
déchets dangereux.
A. Le transport et le commerce illicite de déchets dangereux

L’article 101 du code de l’environnement dispose que quiconque procède ou fait


procéder à l’achat, à la vente, à l’importation, au transit, au stockage, à
l’enfouissement ou au déversement sur le territoire national de déchets dangereux
ou signe un accord pour l’autorisation de telles activités, est puni d’un
emprisonnement de 10 à 20 ans et d’une amende de [Link] frs.
S’agissant des activités sur les déchets dangereux, le législateur a érigé, en
infraction, plusieurs activités s’y rapportant. En effet, l’article 96 du code de
l’environnement punit d’une amende de 100.000.000 à 500.000.000 de francs,
l’importation non autorisée de déchets sur le territoire national.

Commet également un fait infractionnel, conformément à l’article 101 du code de


l’environnement, celui qui procède ou fait procéder à l’achat, la vente, l’importation, le
transit, le stockage, l’enfouissement ou le déversement sur le territoire national de
déchets dangereux ou signe un accord pour l’autorisation d’une telle activité. Le
délinquant dans un tel cas de figure, est puni d’un emprisonnement de 10 à 20 ans et

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d’une amende de 500.000.000 de francs. L’infraction ici est qualifiée de crime par
l’article 3 du code pénal, puisque le maximum de la peine privative de liberté est
supérieur à 10 ans.
B. L’empoisonnement par les déchets toxiques

L’article 342.4° du code pénal définit l’empoisonnement comme tout attentat a la vie
d’une personne par l’effet d’une substance qui peut donner la mort plus ou moins
promptement de quelque manière que cette substance ait été employée ou
administre ou quelles qu’aient été les suites de cet attentat.

Les déchets toxiques agissent sur la santé à court ou à long terme, soit en
provoquant de l’inconfort (irritation des yeux et de la gorge, maux de tête, toux,
nausée), soit en amenant des troubles graves pouvant conduire à la mort pour les
personnes les plus fragiles (personnes âgées, enfants en bas âge, personnes
atteintes de troubles respiratoires...).

Dès lors, l’infraction est constituée lorsque la victime décède ou non et que l’agent ait
ou non eu l’intention de tuer. La simple volonté d’emploi ou d’administration de
substances mortifères suffisant à caractériser cette infraction. En matière écologique,
les populations peuvent être victimes d’empoisonnement à travers des substances
dangereuses. Il peut s’agir de produits chimiques, toxiques ou radioactifs déversés
dans la nature et pouvant porter atteinte a la vie de celles-ci. L’infraction
d’empoisonnement est punie de 20 à 25 ans d’emprisonnement.

Dans la nuit du 19 au 20 août 2006, plusieurs centaines de tonnes de déchets


toxiques issus du cargo Probo Koala ont été déversées à l’air libre dans une
quinzaine de décharges ou terrains vagues de la capitale économique de Côte
d’Ivoire. Cet acte a selon les autorités locales, provoqué la mort d`au moins quinze
personnes et l`intoxication de dizaines de milliers d’autres. Les traitements
administrés à ces derniers étaient destinés à lutter contre les saignements du nez, le
vomissement, les diarrhées, les céphalées, la toux suspectés d’être les effets de
l’inhalation par les riverains des gaz dégagés par les décharges ayant reçues les
produits déversés.

Sous-section 2 : Les nuisances sonores

Les nuisances sonores proviennent des différents bruits. Le bruit peut être défini
comme toute sensation auditive désagréable, gênante ou tout phénomène
acoustique produisant cette sensation. Il est aussi appréhendé par la convention de
1977 sur le milieu de travail (pollution de l’air, bruit et vibration) comme tout son qui
peut entrainer une perte d’audition ou être nocif pour la santé ou dangereux à
d’autres égards. Ces nuisances proviennent le plus souvent des troubles anormaux
du voisinage et des activités des entreprises.
Paragraphe 1 : Les troubles anormaux du voisinage

Les bruits de voisinage sont des types de nuisances qui proviennent des bâtiments
ou de l’habitat urbain. Il s’agit des bruits domestiques (bruits des habitations et des
ménages) et des bruits de construction. Ces bruits peuvent être de source humaine
(cris des familles) ou de sources animales (aboiement, élevage, refuge). Le trouble

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anormal du voisinage est considéré par la jurisprudence comme un abus du droit de
propriété définit par l'article 544 du Code civil.
C’est pour prévenir une telle situation que le législateur interdit, à travers l’article 84
du code de l’environnement, les émissions de bruits susceptibles de nuire à la santé
des êtres vivants ou de constituer une gêne excessive et insupportable pour le
voisinage. Cette disposition interdit également l’usage de l’avertisseur sonore dans
les agglomérations et aux environs des hôpitaux et des écoles, sauf nécessité
absolue et dans ce cas, il doit être bref et modéré. Les contrevenants à ces mesures
encourent une peine d’amende de 10.000 francs à 500.000 francs (article 103 du
code de l’environnement).
Aussi, le pouvoir a-t-il été conféré au maire, dans le cadre de la police municipale, de
prendre des arrêtés généraux ou individuels, en vue de réprimer les atteintes à la
tranquillité publique par les bruits. C’est le cas, notamment des bruits de voisinage
qui troublent le repos des habitants.
La sanction pénale en matière de bruit présente un caractère utile, en raison de ses
effets réels sur la santé humaine. Par exemple, les sons, passant par le mécanisme
de l’ouïe, il ne fait l’ombre d’aucun doute que le bruit provoque la destruction du
système auditif, c'est-à-dire la surdité.
Paragraphe 2 : Nuisances sonores des entreprises

L’étude du bruit en milieu industriel trouve son intérêt particulièrement dans le cadre
de la protection des travailleurs et des riverains des unités industrielles. Pour ce faire,
il convient d’identifier les activités bruyantes dans la nomenclature des installations
classées et de sanctionner les nuisances sonores générées par les activités
industrielles.
Selon l’article premier du décret n°69-356 du 31 juillet 1969, déterminant les
contraventions, sera puni d’une amende de 1.000 a 10.000 francs inclusivement,
quiconque aura trouble pendant le jour, le travail, le repos ou la tranquillité d’autrui,
notamment par des signaux, sonneries, ou par l’usage abusif d’instruments,
machines ou objets sonores. En outre, selon l’article 46 du code de l’environnement,
les installations classées émettant de grands bruits ou diverses autres nuisances
sont assujetties à une taxe de contrôle d’inspection, versée au Fonds National de
l’Environnement.

Sous-section 3 : La pollution atmosphérique

L’air ou l’atmosphère se définit comme la mince couche de gaz qui entoure la surface
de la terre. Cette mince couche est le siège de plusieurs fonctions qui lui confèrent
un grand nombre de propriétés importantes pour le maintien et la protection de la vie
sur terre.
La pollution de l’air ou pollution atmosphérique se définit comme l’émission volontaire
ou accidentelle dans la couche atmosphérique de gaz, de fumée ou de substances
de nature à créer des nuisances pour les êtres vivants, à compromettre la santé ou la
sécurité publique ou à nuire à la production agricole, à la conservation des édifices
ou au caractère des sites et paysages.

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La qualité de l’air est détériorée par deux catégories de polluants issus de la
combustion industrielle ou domestique des combustibles fossiles ou de la
consommation des produits pétroliers comme les carburants : ceux émis
directement comme les oxydes de soufre, les oxydes d’azote, les poussières, l’acide
chlorhydrique, les composés organiques volatiles et l’oxyde de carbone... ; ceux qui
se forment dans l’atmosphère par réaction photochimique, aboutissant à la formation
d’ozone en particulier.
Les polluants de l’atmosphère agissent sur la santé soit directement lors de la
respiration, soit indirectement par la modification de l’environnement (retombées
acides, déplétion de la couche d’ozone, effet de serre).
Aussi, l’accumulation dans l’atmosphère des "gaz à effet de serre" risque, d’entraîner
des changements de climat, à l’horizon de quelques décennies. Les émissions dues
aux activités humaines font croître de façon notable la concentration, voire la durée
de vie, dans l’atmosphère des gaz à effet de serre. Il s’agit de six gaz retenus par le
Protocole de Kyoto qui ont le pouvoir d’absorber les rayonnements infrarouges émis
par la terre et donc de réchauffer l’atmosphère.
Les risques de changements climatiques liés aux émissions de gaz à effet de serre
ont été jugés suffisamment inquiétants pour que la communauté internationale se
mobilise pour les réduire. La protection de la qualité de l’air suppose donc la mise en
place de mécanismes juridiques visant à empêcher sa pollution.
Comme instrument national de protection de l’air, nous avons principalement le code
de l’environnement. Selon cette loi, les immeubles, les installations classées, les
véhicules, les activités industrielles doivent être exploitées dans le sens de
préservation de l’atmosphère. Ce code poursuit en affirmant que l’Etat s’engage à
lutter contre toute forme de gaspillage d’énergie. A cet effet, il a été prévu la création
d’un observatoire de la qualité de l’air.
Au titre des dispositions préventives et pénales, ledit code dispose qu’il est interdit
toute émission dans l’air de gaz toxiques, de fumée, de suie, de poussière ou toutes
autres substances chimiques non conformes à la réglementation en vigueur.

Le code de l’environnement interdit dans ce sens, le rejet de tout contaminant


susceptible de porter atteinte à la vie, à la santé, à la sécurité, au bien-être et au
confort de l'être humain, de causer des dommages ou de porter autrement préjudice
à la qualité du sol, à la végétation, à la faune ou aux biens. A cet effet, l'émission de
polluants, au-delà des normes autorisées constitue une infraction industrielle
fréquente pouvant faire l'objet de sanctions pénales diverses telles l'imposition
d'amendes plus ou moins importantes et/ou de peines d'emprisonnement.

Egalement, l'émission d'oxyde de soufre au-delà des normes autorisées, la


législation rend les personnes passibles d'une peine d'emprisonnement. Par ailleurs,
les sanctions peuvent être accompagnées d'une injonction enjoignant de cesser
toute activité pouvant entraîner la récidive. Enfin, l'émission d'un polluant réglementé
en vertu de la loi peut entraîner l'imposition d'une peine d'emprisonnement lorsque
les seuils critiques sont dépassés par les auteurs.

Les conventions internationales applicables au domaine constituent l’arsenal


juridique abondant pour la protection de l’atmosphère. Ainsi, la Côte d’Ivoire a ratifié

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environ dix (10) conventions pour la préservation de l’air. Nous pouvons citer
notamment :
La convention de Vienne de 1985 pour la protection de la couche d’ozone
adoptée le 20 mars 1985 et à laquelle la Côte d’Ivoire a adhéré par décret du
30 novembre 1992.

Nous avons également la convention de Rio sur les changements climatiques


signée en juin 1992 et à laquelle la Côte d’Ivoire a adhéré le 14 novembre
1994. Entrée en vigueur en 1994, cette convention cadre comptait 186 parties
en décembre 2001. Elle vise à stabiliser les émissions des gaz à Effet de
serre pour rester en dessous des niveaux néfastes pour le climat mondial. Son
principe structurant des responsabilités communes mais différenciées
exposent les pays industrialisés comme étant les premiers responsables des
émissions des gaz à Effet de serre.

Pour préserver l’atmosphère, le législateur recommande que les immeubles, les


installations classées, les véhicules et engins à moteur, les activités industrielles,
commerciales, artisanales ou agricoles soient conçues et exploitées conformément
aux normes en vigueur (article 20 du code de l’environnement). L’article 75 interdit
toute activité susceptible de nuire à la qualité de l’air. Le non respect de cette
interdiction est sanctionné par l’article 96 du code de l’environnement qui prévoit, à
cet effet une peine d’amende de 100.000.000 de frcs à 500.000.000 de francs.

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BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE

I) OUVRAGES GENERAUX ET SPECIFIQUES

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Ghial, D., Droit répressif de l’environnement, 3e éd., Economica, Paris, 2008.

KAMTO M., Droit de l’environnement en Afrique, Edicef, Vanves, 1996, 416 p.

PRIEUR M., Droit de l’environnement, 3è Edition, Dalloz, Paris 1010 p.


Lascoumes, P., L’éco-pouvoir. Environnements et Politique, Paris, La Découverte,
1994.

Nérac-Croisier, R. (Dir), Sauvegarde de l’environnement et droit pénal, L’Harmattan,


Paris, 2006.

Saeeleer, N. de, Le droit communautaire des déchets, LGDJ, Bruylant, Paris, 1996.

II) THESES ET MEMOIRES

GADJI Y. A., 2007 : Libéralisation du commerce international et protection de


l’environnement ; Université de Limoges ; CRIDEAU, Thèse Unique de Doctorat en
Droit de l’environnement, 661 pages.

GOH D. : « la gestion participative des aires protégées en Côte d’Ivoire : l’expérience


du Projet Autonome pour la Conservation du Parc National de Taï (PACPNT) »,
Thèse unique de doctorat 2005, université d’Abobo-Adjamé, 266 pages

Huglo, C., Le juge, la prévention et la résolution des litiges en matière


d'environnement, thèse Paris II, 1994

KRA K. R., La gestion dans le domaine juridique des déchets solides urbains : le cas
du district d’Abidjan, Mémoire de DEA, Université d’Abobo-Adjamé, 2002, 64 p.
KRAGBE A. G., Bilan du droit de l’environnement dans le cadre des politiques et
stratégies de gestion de l’environnement en Côte d’Ivoire, Mémoire de DEA,
Université d’Abobo-Adjamé, 2005, 126 p.
KRAGBE A. G., les politiques de gestion de l’environnement à l’aune du droit
traditionnel africain : cas des peuples de région forestière en Côte d’Ivoire, Thèse de
Doctorat Unique, Université d’Abobo-Adjamé, 2011, 414 p.

NENE BI B. S., « la terre et les institutions traditionnelles africaines : cas des Gouro
de Côte d’Ivoire », Thèse unique de Doctorat en Droit. Université de Cocody, 2005,
750 pages

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