Droit de L'Environnement: DR KRAGBE A. Gilles, Enseignant Chercheur À L'université Alassane Ouattara de Bouaké
Droit de L'Environnement: DR KRAGBE A. Gilles, Enseignant Chercheur À L'université Alassane Ouattara de Bouaké
AUTEUR :
1
SOMMAIRE
INTRODUCTION
PARTIE PRELIMINAIRE
BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE
2
INTRODUCTION
3
PARTIE PRELIMINAIRE
4
Le droit de l’environnement reçoit plusieurs définitions suivant sa finalité ou son objet.
Mais ce dernier critère renseigne mieux sur sa substance et son champ d’application.
On peut ainsi le définir comme ‘’l’ensemble des règles et techniques juridiques,
ainsi que les institutions relatives à la protection du milieu et à la conservation
de la nature et des ressources naturelles’’.
Le droit de l’environnement peut également se définir comme ‘’l’ensemble des
règles juridiques tendues vers la suppression ou à tout le moins la limitation
des atteintes à l’environnement’’.
En la matière, des lois et règlements ont été adoptés en Côte d’Ivoire, notamment le
code de l’environnement de 1996, le code forestier de 2014, le code de l’eau de
1998…Ainsi, à ces textes, s’ajoutent les conventions internationales ratifiées par la
Côte d’Ivoire. Nous avons entre autres, la convention de Rio sur la diversité
biologique, la convention des Nations Unies sur le droit de la mer et la convention de
Vienne sur la protection de la couche d’ozone, etc.
Le droit de l’environnement étant une discipline jeune, il se pose la question de son
autonomie. Celle-ci a été contestée par certains auteurs qui voyaient dans cette
nouvelle discipline, une extension de certaines disciplines existantes, dépourvues de
techniques juridiques spécifiques.
En réalité, le droit de l’environnement constitue une branche nouvelle du droit. Son
autonomie tient à la spécificité de son objet. L’autonomie s’entend de l’affirmation par
l’expression d’une spécificité, d’une identité par rapport à ce qui existe déjà. Or, le
droit de l’environnement a un objet spécifique, lequel détermine ses techniques
juridiques et ses constructions doctrinales. Il faut ajouter à cela l’ampleur des
reformes entreprises par l’Etat et la conscience sociale accrue en matière
d’environnement.
Le droit de l’environnement ivoirien qui puise ses origines de l’ère coloniale a connu
un renouveau après la conférence de Rio de 1992 qui a tracé les orientations
nouvelles des politiques environnementales au plan planétaire.
Quelles sont donc les caractéristiques générales de ce droit et dans quelles mesures
protège-t-il l’environnement ?
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PARTIE I : LES CARACTERISTIQUES GENERALES DU DROIT DE
L’ENVIRONNEMENT
Le droit de l’environnement se caractérise par ses sources, les institutions qui ont en
charge la protection de l’environnement et les principes fondamentaux sur lesquels il
repose.
CHAPITRE I : LES SOURCES DU DROIT DE L’ENVIRONNEMENT
Ce sont des textes élaborés par les autorités publiques ivoiriennes légalement
établies. Nous étudierons ces textes selon la hiérarchie des normes en droit. Il s’agit
de la constitution, les lois ordinaires, les règlements, la jurisprudence, la doctrine et la
coutume.
Sous-section 1 : La constitution
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En effet, la protection de l’environnement par la constitution signifie que tout acte qui
serait contraire à la sauvegarde de l’environnement se verrait frapper de nullité étant
donné que la constitution est la norme des normes.
Les lois au sens strict sont des textes juridiques élaborés par le parlement tandis que
les règlements sont des textes élaborés par les autorités exécutives et
administratives. Cependant, il convient de noter que du point de vue de la hiérarchie
des normes, les lois ordinaires ont une valeur supérieure aux textes règlementaires.
Les textes législatifs et règlementaires sont composés du texte de commun de
référence en la matière, à savoir le code de l’environnement et d’autres textes
particuliers.
Paragraphe 1 : Le texte commun de référence : le code de l’environnement
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1. La loi n° 2014-390 du 20 juin 2014 d'orientation sur le développement durable
La faune qui désigne la diversité animale a fait l’objet de deux mesures de protection.
Celles-ci concernent d’une part l’identification et le recensement des espèces
menacées de disparition.
1. Loi n°65-255 du 04 août 1965 portant protection de la faune et de l’exercice de la
chasse ;
2. Décret n°97-130 du 07 mars 1997 portant réglementation de la détention des
ivoires ;
Préservation de la flore
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1.2. Préservation des ressources naturelles non vivantes
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4. Textes en matière de pollution et d’assainissement
Paragraphe 2 : La jurisprudence
La doctrine est constituée par l’ensemble des opinions émises sur le droit par les
spécialistes (les théoriciens et praticiens du droit). Comme les autres disciplines
juridiques, elle interprète ou aide à interpréter les textes de loi.
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Paragraphe 4 : La coutume
La coutume est un ensemble d’usages qui plusieurs fois répétés acquièrent valeur
obligatoire aux yeux du groupe social. Le droit coutumier traditionnel constitue
incontestablement une source du droit de l’environnement. La protection de la nature
et le souci de préserver l’équilibre du milieu ont toujours préoccupé les sociétés
traditionnelles. Cette préoccupation au plan juridique s’est traduite souvent par des
prescriptions de droit coutumier surtout dans le monde rural.
En Côte d’Ivoire, les sociétés traditionnelles ont toujours formellement réglementé le
domaine forestier, le domaine foncier rural et l’usage des eaux. C’est ainsi qu’au
village, la terre n’est pas une propriété privée, mais elle appartient à toute la tribu et
le chef de terre n’est que le gestionnaire du domaine foncier. En plus, la terre est
garantie pour les générations futures, puisqu'elle est hors du commerce dans les
traditions africaines.
Cette reconnaissance de la coutume fait que les communautés locales résistent le
plus souvent à l’application de la loi moderne sur les terres et les forêts. En outre,
dans le monde rural, lors de la résolution des conflits fonciers par les autorités
publiques, ceux-ci se réfèrent en général au droit coutumier pour départager les
parties; le droit moderne étant inadapté dans la plupart des cas à la situation.
Enfin, les chercheurs ont reconnu une portée écologique au droit coutumier à cause
du caractère sacré de la biodiversité dans les traditions locales. Les pratiques
coutumières fondent un sentiment de respect envers la nature en tant que création
divine. Elles ont donné naissance aux forêts sacrées dans lesquelles les
ressources naturelles sont fortement protégées des activités anthropiques.
Le droit international de l’environnement tire d’une part ses fondements, d’une part
des traités et accords internationaux, et d’autre part des résolutions et
recommandations internationales. Mais nous mettrons particulièrement l’accent sur
les traités internationaux qui jouent un rôle fondamental en droit international.
Les traités et accords internationaux sont des conventions conclues respectivement
entre Etats ou entre un Etat et une organisation internationale en vue de produire
des effets de droit dans leurs rapports mutuels. Ils relèvent du droit international
public, mais ils sont aussi source du droit interne. La Côte d’Ivoire dans ses
engagements internationaux a ratifié ou signé divers traités internationaux,
notamment en matière de conservation des ressources naturelles, en matière de
lutte contre les déchets dangereux, et dans le domaine de la lutte contre le
changement climatique. A cet effet, nous avons les traités à portée universelle, ainsi
que des traités dans le cadre régional et sous-régional:
Paragraphe 1 : Traités à portée universelle
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2. La convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontières des déchets
dangereux et de leur élimination ; adoptée à Bâle le 22 mars 1989, Adhésion le 09
juin 1994 ;
3. La convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques signée à
Rio en juin 1992, adhésion le 14 novembre 1994 ;
4. Le protocole de Kyoto sur la limitation des gaz à effet de serre entré en vigueur en
1997. Adhésion en 2003 ;
5. Le protocole de Montréal relatif à des substances qui appauvrissent la couche
d’ozone ; adopté à Montréal le 16 septembre1992 ; adhésion le 30 novembre 1997 ;
6. convention Ramsar relative aux zones humides d’importance internationales
particulièrement comme habitat de la sauvagine adoptée le 02 février 1971 ;
adhésion le 03 février 1993 ;
7. Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore
sauvages menacées d’extinction, adoptée à Washington le 03 mars 1973, adhésion
le 03 février 1993 ;
8. Convention de Rio sur la diversité biologique signée à Rio en juin 1992 adhésion
le 24 novembre 1994 ;
9. Convention sur la désertification adoptée à Paris en 1994 et ratifiée le 04 mars
1997 ;
10. Accord international sur les bois tropicaux ratifié le 25 juillet 1996 ;
11. Convention sur les polluants organismes persistants (POPS), signé en 2001 et
ratifiée en 2004.
Paragraphe 2 : Traités dans le cadre régional ou sous-régional
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centre (ou convention d’Abidjan). Adoption le 23 mars 1981, ratification le 15 Janvier
1982 ;
2. Acte additionnel n°01-2008-CCEG-uemoa du 17/01/2008, de la Conférence des
chefs d'états et de gouvernement portant adoption de la politique commune
d'amélioration de l'environnement de l'uemoa ;
3. Règlement n°02-007-CM-uemoa du 06/04/2007, relatif à la mise en œuvre du
programme régional de lutte contre l'érosion côtière de l'uemoa. (PRLEC/uemoa) ;
4. Directive n°02-2008-CM-uemoa du 28/03/2008, relative a la recherche et au
sauvetage en mer et a la protection de l'environnement marin au sein de l'uemoa ;
5. Règlement n°04-2005-CM-uemoa du 04/07/2005, portant harmonisation des
règlementations relatives à l'importation, à la commercialisation, à l'utilisation et à la
réexportation des substances qui appauvrissent la couche d’ozone et des
équipements les contenant.
CHAPITRE II : LES INSTITUTIONS DU DROIT DE L’ENVIRONNEMENT
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Sous-section 1 : Les institutions publiques
Ce sont des institutions qui constituent des démembrements de l’Etat. Il s’agit des
institutions gouvernementales, les collectivités locales et les institutions scientifiques.
Paragraphe 1 : Les institutions gouvernementales
Cette institution a été créée en 1971 sous la forme d’un secrétariat chargé des parcs
nationaux et de la reforestation. En 1974, ce secrétariat changera de statut pour
devenir le ministère des eaux et forêts. Ensuite, le 03 mars 1976, il sera crée pour la
première fois, un ministère de la protection de la nature qui du reste sera supprimé
lors du remaniement du 20 juillet 1977. Il sera par ailleurs procédé en 1981 à la
création d’un ministère autonome de l’environnement, lequel sera aussi supprimé
lors du remaniement du 18 février 1983. Il faudra attendre 1990, soit sept ans après
pour voir apparaître à nouveau au sein de l’équipe gouvernementale, un ministère
chargé de l’environnement, plus précisément le ministère de l’environnement, de la
construction et de l’urbanisme qui changera de dénomination lors des remaniements
ultérieurs.
2) Les attributions du ministère
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botaniques et les parcs zoologiques. Enfin, il assure le contrôle des installations
classées et coordonne la gestion des risques naturels majeurs.
3) Les institutions sous tutelle du ministère
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Pour l’efficacité de ses actions, il est assisté d’un établissement sous tutelle à savoir
la SODEFOR. La Société de Développement Forestière (SODEFOR) est un
établissement public créé par le décret n°66-422 du 15 septembre 1966. C’est une
structure qui est sous tutelle du ministère des Eaux et forêts. Créée en vue de
concilier les exigences de la gestion privée et les privilèges de la puissance publique,
la SODEFOR est une structure dont la mission consiste à assurer, conformément au
plan directeur forestier, la gestion rationnelle du patrimoine forestier ivoirien. Elle
intègre des actions d’aménagement, de délimitation et de reforestation visant à
réhabiliter les forêts classées.
Le souci majeur du Ministère de la Santé est que la population ivoirienne vive dans
un environnement physique plus sûr et dont les conditions de vie ne dépassent pas
des seuils critiques pour la santé humaine. Les problèmes de santé publique sont
donc définis dans un contexte plus global, conduisant à des préoccupations plus
environnementales. A cet effet, lors du déversement des déchets toxiques dans la
ville d’Abidjan et ses banlieues, le Ministère de la Santé Publique a adopté des
mesures rigoureuses pour atténuer les taux de contaminations à travers l’Institut
National d’Hygiène Public (INHP).
Ces mesures ont consisté notamment en la prise en charge des victimes et la
sensibilisation des populations de la ville d’Abidjan, en vue de l’adoption de mesures
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d’hygiène appropriées face aux dangers des déchets toxiques. Ces initiatives ont
pour but de permettre au secteur de la santé de stabiliser sa politique en matière
d’hygiène et d’assainissement du cadre de vie des populations.
6) Les autres ministères intervenant dans la gestion de l’environnement
Il importe de préciser que certains ministères touchent plus ou moins directement
aux questions environnementales. Nous avons :
La loi relative à l’organisation des communes requiert l’avis de celui-ci sur tous les
projets relatifs aux voies de communication et réseaux divers, autres que l’intérêt
départemental, les plans directeurs d’urbanisme et les dispositions du plan national
de développement intéressant la collectivité. Ces mêmes dispositions sont reprises
par l’article 63 des lois portant statut des districts d’Abidjan et de Yamoussoukro.
En ce qui concerne les communes, elles partagent également avec l’Etat, les plans
directeurs d’urbanisme et l’entretien des voiries selon la Charte communale. L’article
61 de la loi portant statut du district donnent compétence aux districts pour délibérer
et soumettre à approbation de la tutelle sur les objets suivants :
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Acquisition, gestion ou aliénation d’immeubles domaniaux par achat, échange,
donation ou legs et la gestion des biens du domaine privé immobilier du département
quelle qu’en soit la valeur, bâtis ou non bâtis et toutes opérations y afférentes
notamment le lotissement, la location, le permis d’habiter et les concessions. Ces
mêmes prérogatives sont reconnues aux communes qui les partagent
concurremment avec l’Etat. L’Etat assure la tutelle sur les activités communales.
Il faut noter que ces lois font une énumération assez large d’un ensemble de points
relatifs à l’environnement. L’article 70 du code de l’environnement confie à l’Etat et
aux collectivités locales, la gestion des eaux usées. Les voiries et réseaux divers
relèvent de la compétence de l’Etat et des collectivités locales.
Il en va de même pour la gestion et la création des parcs naturels, des sites et des
zones protégées. Il convient de préciser que bien que la compétence en la matière
ait été transférée aux régions, districts et communes, toutes les infrastructures de
cette catégorie aménagées sur des terrains bâtis ou non bâtis, demeurent à la
charge de l’Etat : d’où la compétence partagée. Comme on le voit, l’autonomie des
collectivités locales est limitée en matière de gestion de l’environnement.
2) Au titre des compétences propres
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l’aménagement du territoire de la commune ou de la région et la lutte contre les
effets néfastes de l’urbanisation.
A cet effet, le décret d’application de ladite loi prévoit de confier aux régions et
districts, la latitude d’appuyer les communes dans la gestion des ordures ménagères,
notamment pour la création et la gestion des décharges contrôlées, des centres de
groupage et de transfert, la sensibilisation des populations.
B) Les obligations des collectivités territoriales en matière d’environnement
De même que pour les compétences, il faut distinguer des obligations communes à
l’Etat et aux collectivités territoriales et des obligations propres aux collectivités.
1) Les obligations communes aux collectivités et à l’Etat
Ces obligations sont contenues dans les articles 68 à 73 du code de
l’environnement. Ainsi, l’Etat et les collectivités territoriales ont l’obligation de :
- assurer dans le respect des prescriptions environnementales, l’exploitation
rationnelle des gisements et accumulations rationnelles d’hydrocarbures existant en
Côte d’ivoire y compris sur le plateau continental,
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désormais chargé de la gestion des déchets ménagers. Cette attribution du ministère
prend donc en compte tout ce qui est propreté de la ville.
Ainsi, ni la gestion et la collecte des ordures ménagères, la vidange des égouts et la
propreté dans les différentes communes ne se feront par aucune mairie. Le rôle des
collectivités locales, consiste dorénavant à vérifier que les travaux ont été
effectivement exécutés dans les différentes communes. Par ailleurs, il a été mis
l'accent sur la nécessité pour les maires de travailler en synergie avec le ministère de
l’environnement pour que les populations sentent une amélioration dans leur cadre
de vie. Les communes agissent dans le système, au niveau de la pré-collecte. Cette
pré-collecte consiste à regrouper les ordures à un endroit facile d'accès où les
opérateurs privés accrédités par l'ANAGED passent les récupérer en vue de leur
transfert dans les décharges aménagées à cet effet.
Sous-section 2 : Les structures privées
Ces entreprises ont reçu des pouvoirs délégués de la part de l'État afin d’exécuter
ses programme dans la gestion de l’environnement urbain. A cet effet, nous
étudierons le rôle de la SODECI, et celui des entreprises spécialisées dans la
collecte et le ramassage des déchets ménagers.
A) La SODECI (Société de Distribution d’Eau de Côte d’Ivoire)
Les activités menées par la Sodeci sont régies par deux conventions avec l’Etat de
Côte d’Ivoire. Il s’agit de la convention de concession du service de distribution
publique urbaine d’eau potable et de la convention d’affermage pour l’entretien et
l’exploitation des réseaux et ouvrages d’assainissement et de drainage du district
d’Abidjan.
Le contrat de concession de gestion de l’eau potable
La concession de service public est un contrat par lequel une personne publique (le
concédant) confie la charge d'assurer l'exécution d'un service public à une personne
privée (ou publique) librement choisie (le concessionnaire). Cette dernière doit
exploiter l'activité à ses frais et risques, conformément aux prescriptions d'un cahier
des charges, sa rémunération résultant du produit des redevances qu'elle perçoit,
conformément à un tarif, sur les usagers.
La concession de service public est, le plus souvent, doublée d'une concession de
travaux publics, le concessionnaire ayant la charge de construire les infrastructures
(par exemple, un réseau d'adduction d'eau) nécessaires à l'exécution du service (par
exemple, le service public de la distribution d'eau potable).
La SODECI est une société privée dont les actions sont détenues majoritairement
par un operateur français. Elle a obtenu après appel d’offres le 1er octobre 1959, le
contrat de concession pour la distribution de l’eau à Abidjan. Renouvelé le 12
décembre 1987, ce contrat a été reconduit pour une durée de vingt (20) entre l’Etat
ivoirien et la société avec l'exclusivité de la production et de la distribution d'eau
potable en milieu urbain (à l'exclusion du milieu rural).
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Le contrat de la Sodeci qui devait initialement prendre fin en septembre 2007, a été
renégocié avec l’Etat de Cote d’Ivoire et reconduit jusqu’aujourd’hui. L’article 4 de la
convention de concession de l’eau dispose que la SODECI sera responsable de la
pureté chimique et bactériologique de l’eau distribuée dans la mesure où le
permettent les installations mises à sa disposition.
A cet effet, l’eau distribuée doit présenter constamment les qualités imposées par la
législation et la réglementation en vigueur au moment de sa distribution. Le
concessionnaire devra vérifier la qualité de l’eau distribuée aussi souvent que cela
s’avère nécessaire. Il devra notamment se conformer à cet égard aux prescriptions
du ministère chargé de la santé et donner toute facilité pour l’exercice des contrôles
sanitaires, visites, prélèvements et analyses.
La surveillance de l’eau potable implique que des mesures sont prises pour lutter
contre la pollution. Ce service est exécuté sous le contrôle de la Direction de
l’Hydraulique Humaine qui est une structure du Ministère des Infrastructures
Économiques. En 45 ans d’existence, l’entreprise a relevé un défi vital qui est celui
de fournir de l’eau potable à 85% de la population urbaine ivoirienne.
Le contrat d’affermage lié à l’assainissement des eaux usées et leur
canalisation
Les travaux sont financés par SODECI. Cette convention permet en outre d’équiper
le pays en infrastructures de base pour l’approvisionnement en eau potable et
l’assainissement. Mais la mise en œuvre du contrat d’affermage a montré que le
secteur de l’assainissement nécessite une réforme institutionnelle adaptée à la
nouvelle politique de décentralisation et dont l’objectif est de doter le pays
d’instruments de gestion intégrée des ressources en eau.
B) Les entreprises spécialisées dans la collecte et le ramassage des déchets
ménagers
Pour l’histoire, la ville d’Abidjan avait concédé à la société ASH International, par une
convention signée en septembre 1992 pour une période de 15 ans, le service public
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de balayage des grands axes, de précollecte, de collecte, de transfert et de mise en
décharge des ordures ménagères y compris le curage des caniveaux des grands
axes. Le suivi de l’exécution de la mission de ASH était assuré par un service de
contrôle. La collecte des ordures ménagères a connu des années particulièrement
pénibles de 1991 à 1995. Du fait de certaines défaillances de cette société, le district
d’Abidjan et les communes ont du intervenir directement dans la collecte des déchets
urbains.
Avec les reformes sur la décentralisation en 2001, la ville d’Abidjan devenue district a
fait appel à d’autres sociétés prestataires de services dans la gestion des déchets
solides. Depuis octobre 2007, le ministère de la ville étant chargé de la gestion des
ordures ménagères, il a passé des contrats avec les sociétés sont donc autorisées à
ramasser les ordures ménagères sur le territoire du district d’Abidjan.
Actuellement, leurs prestations sont payées par le ministère de l’environnement, à
travers sa structure de gestion des ordures, l’Agence nationale de la salubrité
urbaine (ANAGED). La collecte consiste à enlever les ordures d’un point précis pour
les acheminer au Centre d’Enfouissement Technique (CET) en vue de leur traitement
et leur valorisation. Au niveau de la précollecte, il s’agit d’effectuer l’enlèvement des
ordures dans les quartiers en faisant particulièrement du porte-à-porte.
Paragraphe 2 : Les Bureaux d'études techniques en environnement
Les Bureaux d'études en environnement sont des structures qui apportent leur
expertise aux entreprises, les collectivités et l’Etat dans la prise en compte de
l’environnement dans les projets de développement. Avec leurs compétences
techniques, elles fournissent des prestations en étude d’impact environnemental,
audit, évaluation environnemental et management environnemental.
A cet effet, ces bureaux d’études donnent des conseils et des directives aux
entreprises dans leurs démarches d’éco-conception et de labellisation écologique.
Cela consiste à aider les investisseurs à concevoir des produits ‘’verts’’, c’est dire
des produits respectueux de l’environnement. Enfin, leurs prestations permettent aux
opérateurs économiques de mettre en œuvre les MDP (les Mécanismes de
Développement Propre) dans toutes leurs activités de production. Au nombre des
bureaux d’études existantes en Côte d’Ivoire, nous pouvons citer notamment le
BNETD, le bureau Veritas et le Group Efort Consulting.
En droit, le concept de principe d’entend d’une règle juridique établie par un texte en
termes assez généraux, destinée à inspirer diverses application et s’imposant avec
une autorité supérieure. Les principes consacrent un intérêt dans la science du droit.
Ils définissent les valeurs fondamentales de la société en une matière donnée. A cet
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effet, plusieurs principes font l’objet de consécration aussi bien au plan international
que national.
Section 1 : Le principe de participation et de l’information
Paragraphe 1 : Le principe de l’information
Ce principe signifie que les personnes susceptibles d’être affectées par les pollutions
doivent être informées des projets et des programmes qui risquent de détériorer leur
environnement. Tel est le cas des riverains des cimenteries du port autonome
d’Abidjan. L’Etat de Côte d’Ivoire se doit de faciliter l’accès aux données et aux
renseignements concernant ou susceptibles de concerner leur environnement. En
clair, les riverains, qu’ils soient travailleurs ou habitants du port, ne doivent pas être
empêchés d’avoir toute information sur les risques auxquels ils sont exposés, les
mesures de dépollution envisagées. C’est un principe général que le Code de
l’environnement proclame en son article 35-6 : « Toute personne a le droit d’être
informée de l’état de l’environnement ».
Paragraphe 2 : Le principe de participation
Du point de vue étymologique, participer, c’est « prendre part à » c’est à dire exercer
sa part de responsabilité dans la réalisation d’une action ou d’un processus. A
travers ce principe, les personnes pouvant être affectées par les pollutions produites,
doivent pouvoir participer aux décisions concernant leur cadre de vie ou tout cadre
voisin, notamment à travers les audiences et enquêtes préalables avec la possibilité
d’exprimer leur opinion ou le cas échéant, leurs objections à l’encontre des projets de
décisions des autorités publiques en cause.
Le principe 23 de la charte mondiale de la nature indique que « toute personne aura
la possibilité en conformité avec la législation de son pays de participer
individuellement ou avec d’autres personnes, à l’élaboration des décisions qui
concernent directement son environnement ». Le code de l’environnement reconnaît
également ce droit et toute décision d’une autorité administrative tendant à le violer
peut être déférée devant le juge de l’excès de pouvoir aux fins d’être annulée.
Selon la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement,
« Les populations et communautés autochtones et les autres communautés
locales ont un rôle vital à jouer dans la gestion de l’environnement et le
développement du fait de leurs connaissances du milieu et de leurs pratiques
traditionnelles. Les Etats devraient reconnaître leurs identité, leur culture et
leurs intérêts, leur accorder l’appui nécessaire et leur permettre de participer
effectivement à la réalisation d’un développement durable ». Principe 22 de la
déclaration de Rio de la CNUCED.
L’acte final de la conférence d’Helsinki (Finlande) déclarait : « le succès d’une
politique de l’environnement suppose que toutes les catégories de populations et
toutes les formes sociales conscientes de leur responsabilité contribuent à protéger
et à améliorer l’environnement ».
Le principe de participation et de l’information trouve également un fondement dans
la constitution ivoirienne du 1er aout 2000. Aux termes de l’article 28, «la protection
de l’environnement et la promotion de la qualité de la vie sont un devoir pour la
communauté et pour chaque personne physique ou morale ».
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Il en est de même pour le code de l’environnement qui dispose dans son article 35.6
que « toute personne a le droit d’être informée de l’Etat de l’environnement et de
participer aux procédures préalables à la prise de décision susceptible d’avoir des
effets préjudiciables à l’environnement».
Section 2 : Le principe pollueur-payeur
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et permet d’imposer des taxes et redevances aux pollueurs, sans faire supporter la
dépollution par l’ensemble de la communauté.
Le principe est inspiré de la théorie économique selon laquelle « les coûts sociaux
externes qui accompagnent la production industrielle (donc le coût résultant de la
dépollution) doivent être internalisés, c’est-à-dire prises en compte par les agents
économiques dans leurs productions. L’application de ce principe s’explique par le
fait que l’activité industrielle est productrice de déchets.
Il peut s’agir du dioxyde de souffre, ou des amides malodorantes dans le milieu
aérien, des nitrates ou des métaux lourds dans l’eau et dans le sol ». On le sait, le
traitement des déchets n’est pas gratuit. Il peut alourdir considérablement les coûts
de production et par conséquent les coûts de consommation. Mais il est normal que
celui qui pollue soit responsable des dégâts qu’il cause à l’environnement ; il doit
contribuer en conséquence, à leurs réparations.
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Autrement dit, face à ces situations incertaines, il vaut mieux prendre des mesures
de protection appropriées à titre de précaution que de rien faire. Ce principe a été
consacré au plan international par la déclaration de Rio de 1992 et dans diverses
conventions internationales, notamment la Convention sur la Diversité Biologique et
la Convention sur les Changements Climatiques.
Le principe de précaution a pour corolaire, le principe d’anticipation et de prévention
formulé dans le préambule de la convention de Rio de juin 1992 sur la diversité
biologique en ces termes : « il importe au plus haut point d’anticiper et de prévenir les
causes de réduction ou de la perte de la diversité biologique à la source ».
Ce principe veut contribuer à exercer un certain contrôle sur la technoscience en
remontant en amont des problèmes environnementaux. Ce principe admet
l’incertitude en reconnaissant que les êtres humains ne maîtrisent pas toutes les
données scientifiques. A cet effet, il conclut à la prudence face à des risques encore
inconnus ou mal connus.
Paragraphe 2 : Nature et objectifs du principe
La loi n°96-766 du 03 octobre 1996 portant code de l’environnement précité fixe dans
son article 39 un grand principe du droit de l’environnement. L’obligation de réaliser
une Etude d’impact environnementale (EIE) à l’occasion de toutes les opérations ou
activités publiques ou privées risquant d’avoir des impacts sur l’environnement. Il en
est de même des programmes, plans et politiques pouvant affecter l’environnement.
L’EIE n’est rien d’autre que la mise en œuvre d’un vieux principe : « mieux vaut
prévenir que guérir ». Le ministère de l’Environnement veille à la protection de
l’environnement en mettant à la disposition des acteurs concernés, un service
dénommé « Bureau d’étude d’impact environnemental » (BIE) chargé de la mise en
application de la procédure d’études d’impact environnemental.
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Ainsi, le décret n°96-894 du 08 novembre 1996 définit ladite procédure. Cette prise
de décision du législateur ivoirien oblige tout concepteur d’un projet, d’une activité,
d’un plan ou d’un programme de prendre toutes les dispositions nécessaires pour
une protection de l’environnement. Pour bien détailler cette étude, nous verrons
d’une part les objectifs fondamentaux et les outils de l’Etude d’impact
environnemental (EIE) et d’autre part le contenu et les règles de procédure de l’EIE.
B/ Objectifs fondamentaux de l’EIE
Ce sont des projets prévus aux annexes I et III du code de l’environnement et sont
réglementés par le décret n°96-894 du 08 novembre [Link] projets sont
notamment :
- agriculture : projet de remembrement rural, défrichement et projets d’affectation de
terres incultes ou d’étendues semi-naturelles à l’exploitation agricole intensive d’une
superficie supérieure à 999 hectares.
- Aménagements forestiers : opérations de reboisement d’une superficie
supérieure à 999 hectares.
- Industries extractives : opérations d’exploration et d’exploitation de pétrole et de
gaz naturel, extraction des ressources minérales et de carrières.
- Industries de l’énergie : raffineries de pétrole brut et installations de gazéification
et de liquéfaction, centrales thermiques et autres installations de combustion d’une
puissance calorifique élevée, barrages hydro-électriques.
- Eliminations de déchets : installations destinées à stocker ou à éliminer les
déchets quelle que soit la nature et le procédé d’élimination de ceux-ci, décharges
non contrôlées recevant ou non des déchets biomédicaux, les stations d’épuration
d’eaux usées.
Section 4 : Le principe de coopération
Ce principe est énoncé par la convention de Bâle de 1989 sur les déchets
dangereux. Elle dispose « qu’un Etat ne peut et ne doit importer de déchets que s’il
dispose d’installations techniques, ainsi que du savoir technologique nécessaire pour
les traiter et les gérer d’une manière telle qu’il ne puisse s’en suivre un dommage
écologique quelconque».
Toutefois, ce principe ne s’applique pas seulement aux déchets. Il s’étend à d’autres
domaines de l’environnement, notamment des ressources naturelles. De façon
générale, il suppose une gestion de l’environnement d’une manière qui garantisse sa
protection et celle de la santé humaine.
28
PARTIE II : LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT
Il comprend les milieux naturels, la diversité biologique ainsi que les sites et
monuments.
Section 1 : Les milieux naturels
Ce principe est consacré par l’article 10 du code de l’environnement qui dispose que
« le sol et le sous-sol constituent des ressources naturelles à préserver de toutes
formes de dégradation et dont il importe de promouvoir l’utilisation durable». Le
principe prend en compte les richesses que contiennent ces ressources. Son
application nécessite selon la même disposition, un rétablissement des droits et
obligations du propriétaire dans le sens d’une meilleure protection desdites
ressources.
Paragraphe 2 : La règlementation de l’usage
29
Sous-section 2 : La protection des ressources en eau
Aux termes de la loi n°98-755 du 23 décembre 19981, portant code de l’eau, l’eau
fait partie du patrimoine commun national. L’eau est gérée par l’Etat qui en assure la
qualité, la quantité, la disponibilité et la protection. Pour mieux analyser ses
dispositions, nous parlerons des objectifs du code de l’eau, de ses apports et de
l’exploitation de l’eau.
A. Les objectifs et les apports de la législation
Concernant ses objectifs, le code dispose en son article 5: « La présente loi portant
code de l’eau a pour objet, une gestion intégrée des ressources en eau, des
aménagements et ouvrages hydrauliques ». Cette gestion vise à assurer2 :
Au regard des objectifs du code de l’eau de 1998, l’accès à l’eau potable est un droit
imprescriptible de tout citoyen, du fait que celle-ci constitue un des besoins de base
1
JORCI, 12 janvier 1999
2
GAGO Chelome Nio : droit rural en Côte d’Ivoire, 2001
3
DIRECTION DE L’HYDRAULIQUE HUMAINE : Atelier sur l’accès des populations à l’eau potable, Abidjan juin
2003 au Conseil économique et social.
30
et est indispensable à la vie. Toute eau est considérée comme potable si elle
n’affecte pas la santé du consommateur à court, moyen et long terme. Cependant, sa
mise à la disposition du consommateur, de manière pérenne en quantité suffisante et
de qualité compatible avec les exigences de santé, nécessite de supporter des
charges d’investissement et d’exploitation ainsi que les coûts de service.
Ainsi, s’est trouvée posée la problématique de l’approvisionnement en eau potable,
bien économique dont la mise à la disposition des populations engendre des coûts
de production. La stratégie pour résoudre cette problématique doit être globale. Elle
doit également s’appuyer sur une politique vigoureuse avec des objectifs clairement
définis sur le plan technologique, économique, financier et social.
Apporter de l’eau potable à toutes les populations et notamment aux plus
défavorisées, a été et demeure un souci constant des autorités politiques et
administratives de la Côte d’Ivoire. Cela s’est traduit en 1973 par le lancement d’un
vaste programme d’hydraulique humaine sur l’ensemble du territoire national. Le 10
mars 1996, les Nations Unies ont retenu pour la journée mondiale de l’eau, le thème
suivant : « l’eau pour nos cités assoiffées »4. Ce thème a posé la problématique de
l’eau potable dans le monde.
B. L’exploitation des ressources en eau
Ce domaine comprend les eaux de la mer territoriale, les cours d’eau navigables ou
flottables (lacs, étangs, lagunes). Il comprend également les aménagements et
ouvrages hydrauliques installés sur le domaine public (le barrage, le forage, le
puits…). Dans le domaine public hydraulique, les prélèvements d’eau et la réalisation
d’aménagements ou d’ouvrages hydrauliques sont soumis selon les cas, soit à
l’autorisation de l’autorité compétente, soit à déclaration préalable.
Il est à noter qu’à partir de 1956, est apparu le système de gestion déléguée. Les
autorités nationales choisirent de confier la gestion du service public d’eau à des
sociétés publiques et privées. Ainsi, l’Energie Electrique de Côte d’Ivoire (EECI) qui
était une société publique avait en gérance la distribution de l’eau. Mais, elle sera
remplacée en 1959 par la Société de Distribution d’Eau de la Côte d’Ivoire (SODECI)
4
KIMOU Ngbocho, directeur de l’hydraulique humaine, Ministère d’Etat, Ministère des Infrastructures
Economiques « l’accès des populations à l’eau potable » Conseil économique et social ; Abidjan juin 2003, pp.
5-6
31
dont la gestion lui était confiée par un contrat de concession. La circulaire prévoit que
les villes dotées d’installations modernes de traitement et d’épuration des eaux
doivent veiller qu’à tout moment, l’eau distribuée soit bactériologiquement pure. La
qualité de l’eau est garantie de manière plus précise par les diverses dispositions
contenues dans les cahiers des charges des services de distribution d’eau.
Dans les centres secondaires ou ruraux, cette question est réglée par la même
circulaire du 04 septembre 1955 et par des textes particuliers. Dans la circulaire de
1955, les dispositions relatives à la qualité des eaux sont générales : « l’eau doit être
saine et pure ». De même, l’article 4 de la convention de gérance pour la distribution
de l’eau dispose que le gérant sera responsable de la pureté chimique et
bactériologique de l’eau distribuée dans la mesure où le permettent les installations
mises à sa disposition5.
Nous pouvons également citer d’autres textes postérieurs adoptés après
l’indépendance qui pris dans un cadre particulier concourent également à la
protection du domaine public hydraulique en Côte d’Ivoire. Il s’agit du décret n°63-
171 du 18 avril 1963 portant règlement de la police du port d’Abidjan et du décret
n°68-528 du 7 novembre 1968 fixant l’alimentation, la conservation, la préservation
et l’utilisation des ressources en eau de la région d’Abidjan.
Nous pouvons mentionner également deux conventions internationales ratifiées par
la Côte d’Ivoire pour la protection des eaux. Nous avons d’abord la convention
d’Abidjan ratifiée par la Côte d’Ivoire depuis 1984. Elle est ouverte à l’ensemble des
pays côtiers et des Etats insulaires de la zone géographique allant des côtes de la
Mauritanie aux côtes namibiennes inclusivement. Elle vise la protection du milieu
marin des zones côtières et des cours d’eau sous juridiction des Etats d’Afrique de
l’ouest et du centre.
Nous avons ensuite la convention des Nations Unies sur le droit de la mer. Initiée en
1992, elle n’a pu entrée en vigueur qu’en 1994 soit 12 ans plus tard. Elle compte 136
parties et marque une étape importante dans l’évolution du droit international public
et traite d’un grand nombre de questions relatives à la mer y compris la protection du
milieu marin. Tous les pays de la sous région ainsi que les pays enclavés l’ont
signée.
Le code de l’eau indique à cet égard que l’usage des puits et même des sources
privées n’est autorisé pour l’alimentation humaine que si l’eau est potable. Il en
résulte qu’en milieu desservi par l’adduction d’eau potable, l’usage des eaux de pluie
pour la consommation peut être interdit. Les eaux de surface et les eaux souterraines
peuvent être utilisées par les particuliers à condition de respecter les droits des
autres riverains de la source d’eau. De la même façon, tout aménagement ou
ouvrage qui prive les autres usagers de la jouissance convenable de l’eau est
interdite6. Ces mesures précitées concernent la quantité et la qualité de l’eau
distribuée et consommée.
5
Cf. « D.A. CAPONERA, la législation et l’administration des eaux en Côte d’Ivoire » analyse de la situation
hydraulique, rapport préliminaire, octobre 1984, page 8 et 9
6
COURRIER DE LA PLANETE : à l’aube du 21ème siècle, les stratégies de l’eau, la rédaction, n°24, septembre-
octobre Paris, 1994
32
- S’agissant de la quantité de l’eau, l’article 19 du contrat de concession
dispose que : « le concessionnaire s’engage à fournir toute l’eau nécessaire aux
besoins des usagers publics et privés sur l’ensemble de la concession et à entretenir,
réparer et renouveler les installations et réseaux. Si ceux-ci deviennent insuffisantes
pour satisfaire ces besoins, le concessionnaire a l’obligation de soumettre à l’autorité
concédante, dès que le risque d’insuffisance apparaît, le projet des travaux de
renforcement ou d’extension à exécuter pour établir la distribution avec une charge
de sécurité suffisante »7.
- En ce qui concerne la qualité de l’eau, l’eau distribuée doit présenter
constamment les qualités imposées par la législation et la réglementation en vigueur
au moment de sa distribution. Le concessionnaire devra vérifier la qualité de l’eau
distribuée aussi souvent que cela s’avère nécessaire. Il devra notamment se
conformer à cet égard aux prescriptions du ministère chargé de la santé et donner
toute facilité pour l’exercice des contrôles sanitaires, visites, prélèvements et
analyses8.
Le domaine public des particuliers
Il ressort des dispositions du code de l’eau que la notion de domaine public des
particuliers, et l’exercice des droits locaux sur ce domaine conduit à la
reconnaissance des pratiques traditionnelles sur une certaine catégorie des eaux
nationales. Les communautés locales voient implicitement leurs droits coutumiers
protégés et reconnues par les autorités étatiques. Il en est de même des savoirs
écologiques traditionnels qui peuvent s’exercer librement sur les domaines
halieutiques villageois. Il peut s’agir des rivières, des lagunes, des lacs, des
marigots…situés dans les villages et campagnes ivoiriens.
Paragraphe 2 : La lutte contre le gaspillage et la pollution des ressources en
eau
L’accès à l’eau potable est un droit imprescriptible de tout citoyen, du fait que celle-ci
constitue un des besoins de base et est indispensable à la vie. Toute eau est
considérée comme potable si elle n’affecte pas la santé du consommateur à court,
moyen et long terme. Cependant, sa mise à la disposition du consommateur, de
manière pérenne en quantité suffisante et de qualité compatible avec les exigences
7
Cf. « concession du service de distribution publique urbaine d’eau potable en Côte d’Ivoire », république de
Côte d’Ivoire, concessionnaire : SODECI, autorité concédante : ministère des travaux publics et des transports,
Fait à Abidjan, le 30 mai 1988, p.15
8
Cf. « avenant n°1 de la convention de concession du service de distribution d’eau potable en Côte d’Ivoire »,
république de Côte d’Ivoire, concessionnaire : SODECI, autorité concédante : ministère de l’équipement, des
transports et du tourisme, Fait à Abidjan le 02 décembre 1993, article 7B, p5
33
de santé, nécessite de supporter des charges d’investissement et d’exploitation ainsi
que les coûts de service.
En Côte d’Ivoire, l’eau potable suscite des interrogations en termes de quantité et de
qualité. Les besoins en eau potable augmentent très rapidement en adéquation avec
le taux de croissance de la population, estimée à 3 ou 4%9. Les eaux souterraines
qui servent à l’alimentation en eau potable de la population sont disponibles, mais
dans des conditions très variables de stockage et d’accès à la source10. Il en résulte
un problème de pénurie d’eau dans certaines régions.
9
Les normes de consommation d’eau potable dans les centres urbains à considérer pour la Côte d’Ivoire étaient
de 60l/j/h en 1990 et passeront à 100l/j/h en 2010. Le taux de satisfaction des besoins était de 37% en 1990.
C’est donc 518 millions de m3 d’eau par an en plus qu’il faudra mobiliser et rechercher pour les prévisions
fixées pour 2010. Pour les populations rurales, les objectifs de 1990 fixaient les besoins de consommation en eau
potable à 25l/j/h. Un point d’eau doit être réalisé pour chaque centre de peuplement entre 100 et 800 habitants.
10
La Côte d’Ivoire dispose de ressources en eau importantes dans le bassin sédimentaire côtier. Les débits
disponibles dans les aquifères des socles restent modestes par rapport à ce que l’on peut rencontrer dans le bassin
côtier.
34
Toute activité susceptible de nuire à la qualité des eaux est interdite. Le législateur
prend tout de même des précautions en prescrivant dans l’article 13 du code de
l’environnement que les points de prélèvement de l’eau destinés à la consommation
humaine, doivent être entourés d’un périmètre de protection.
L’épandage d’engrais, le creusement de puits dans les zones protégées, ainsi que
toute activité susceptible de dégrader la qualité des eaux, des aménagements et
ouvrages hydrauliques constituent également des infractions. Il en est de même de
l’importation, de l’exportation ou de la commercialisation des eaux minérales ou de
tables non conformes aux normes en vigueur.
En conséquence, toute personne responsable de dégradation de ressources en eau
ou d’un danger les menaçant a l’obligation d’y remédier faute de quoi l’autorité
compétente peut prendre des mesures pour faire exécuter les sanctions nécessaires
aux frais des personnes responsables11. Il y a ici, l’application du principe pollueur-
payeur, institué par le code de l’environnement de 1996. Le ministère de
l’environnement peut, en cas de résistance de l’intéressé, y procéder ou y faire
procéder aux frais et dépens du contrevenant12.
C. La pollution des cours d’eau
11
GIROD Pascal, La réparation du dommage écologique, Paris, PUF 1974 ; page 111
12
Cf. Décret n°68-528 du 07 novembre 1968 portant fixation de l’alimentation, la conservation, la préservation
et l’utilisation des ressources en eau de la région d’Abidjan
35
amende de 360.000 francs à 1.000.000 de francs ou de l’une de ces deux peines
seulement, toute personne qui use de produits toxiques dans les eaux de surface
comme appât et susceptible de nuire à la qualité du milieu aquatique. La loi interdit
également les dépôts de substances nocives dans les eaux ou les régions
fréquentées par les oiseaux migrateurs.
De façon générale, l’article 122 du code précité, considère comme une infraction, le
fait de jeter, verser ou laisser s’écouler dans les eaux de surface, les eaux
souterraines ou les eaux de la mer dans les limites des eaux territoriales, directement
ou indirectement, tout déchet ou substance dont l’action ou les réactions ont, même
provisoirement, entrainé des effets nuisibles sur la santé ou des dommages à la flore
ou à la faune ou des modifications significatives du régime normal d’écoulement des
eaux.
Un tel acte est puni par cette disposition d’un emprisonnement de 2 mois à 2 ans et
d’une amende de 2.000.000 à 100.000.000 de francs ou de l’une de ces deux peines
seulement.
36
loi de référence est le code forestier de 2014 auquel s’ajoute le Plan Directeur
Forestier (1988-2015). Ainsi, la protection de la forêt se démontrera à travers la
composition du domaine forestier, l’exploitation du domaine forestier et la lutte contre
les feux de brousse.
La loi portant code forestier définit le domaine forestier de l’Etat, le domaine forestier
des particuliers et celui des collectivités.
Le domaine forestier de l’Etat comprend les forêts classées, les forêts
protégées, les périmètres de protection et enfin les périmètres de reboisement13. Le
classement d’une forêt consiste en un règlement dans un périmètre déterminé que
l’on désire conserver à l’état boisé en l’affranchissant de l’exercice de certains droits
d’usage14. Les forêts protégées sont des forêts dont l’exploitation bien que permise
est réglementée afin d’éviter leur dégradation. Quant aux périmètres de protection, ils
concourent à la conservation des sols et des sites les plus sensibles à la lutte contre
les causes de dégradation de la nature qu’elles soient ou non d’origine anthropique.
Les périmètres de reboisement enfin sont des espaces de reconstitution du couvent
végétal créés par l’homme à des fins écologiques ou économiques.
La subdivision réalisée par le code forestier a été complétée et précisée par le
décret n°78-231 du 15 mars 1978. Ce décret distingue le domaine forestier
permanent de l’Etat du domaine forestier rural. Le domaine forestier permanent de
l’Etat est composé des forêts classées, des périmètres de reboisement et de certains
massifs forestiers. Le domaine forestier permanent a pour fonction de produire du
bois et de garantir l’équilibre écologique du pays15.
Quant au domaine forestier rural, il correspond essentiellement aux forêts
dites protégées et est aujourd’hui réservé aux activités socio-économiques des
populations riveraines.
Enfin, le domaine forestier des particuliers et des collectivités est
composé des terres ou forêts immatriculées en leur nom. Eu égard à l’inefficacité de
la procédure d’immatriculation ce domaine ne représente qu’un très faible
pourcentage du domaine forestier.
Par ressources fauniques, il faut entendre toutes les espèces animales vivant dans
un écosystème donné. En vue d’assurer leur conservation, l’Etat a prévu un certain
nombre d’infractions en matière cynégétique. Ces infractions sont relatives à celles
portant sur les délits de chasse et les délits de pêche.
A. La chasse
La chasse est définie par l’article 7 de la loi n°65-255 du 04 aout 1965 relative à la
protection de la faune et à l’exercice de la chasse, comme tout acte tendant, soit à
13
Le domaine forestier de l’Etat fait partie de son domaine privé auquel nul n’a, en principe, accès aux fins
d’usage.
14
GAGO Chelome Nio : droit rural en Côte d’Ivoire, Université d’Abidjan Cocody, 2001
15
KABLAN N'guessan Alfred (1989) : Commentaire du code forestier ivoirien, page 333 pages.
37
blesser ou à tuer, pour s’approprier ou non tout ou partie de sa dépouille, un animal
de la faune sauvage.
A cet effet, la protection de la faune (les animaux) est assurée par la mise en place
d’un arsenal juridique important. Il s’agit des lois nationales telles que le code de
l’environnement, la loi portant code forestier et certaines conventions internationales
telles que la convention de Rio sur la diversité biologique. Ainsi, la faune a fait l’objet
de deux mesures de protection. Celles-ci concernent d’une part l’identification et le
recensement des espèces menacées de disparition et d’autre part la réglementation
de l’exercice de la chasse. S’agissant de l’identification et du recensement des
espèces animales menacées, nous pouvons citer le code de l’environnement et le
code forestier16 qui régit les parcs nationaux.
La règlementation précise que la protection de la faune tend à assurer la
conservation et l’enrichissement qualitatif et quantitatif des animaux des espèces
sauvages vivant naturellement dans le pays. Ce sont, notamment les espèces
animales rares ou menacées d’extinction ou présentant un intérêt scientifique ou
nécessaire à l’équilibre biologique ou particulièrement utile à l’homme.
En vue de renforcer la protection de la faune, plusieurs conventions ont été adoptées
par la Côte d’Ivoire. Il s’agit notamment de la convention de Rio sur la diversité
biologique précitée et la convention sur le commerce international des espèces de
faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) adoptée à Washington le
03 mars 1973. Entrée en vigueur en 1975, la Côte d’Ivoire a adhéré à la CITES par
le décret n°19 du 03 février 1993. Elle réglemente ou interdit le commerce
international d’espèces menacées parmi lesquelles, plus de 5.000 espèces animales
sont dénombrées17.
S’agissant de l’exercice de la chasse et de la pêche, la protection s’est réalisée
surtout dans le cadre des lois nationales. Il s’agit notamment du code forestier et de
la loi n°65-255 du 04 août 1965 portant protection de la faune et l’exercice de la
[Link] J.O.R.C.I. n° 7 du 20 octobre 196519. Selon le code forestier, l’exercice
de la chasse dans le domaine forestier rural est subordonné à la détention d’un
permis délivré par l’administration forestière. Périodiquement, cette administration
établit la liste des animaux particulièrement ou intégralement protégés de même que
celle d’animaux dont la chasse est autorisée. Si le chasseur traditionnel peut exercer
son activité dans le domaine forestier rural, il doit toutefois respecter les périodes de
fermeture de la chasse.
Sur ce point, il importe d’indiquer que depuis un arrêté du 20 février 1974, l’Etat a
décidé de la fermeture de la chasse sur toute l’étendue du territoire. Ces mesures ont
permis de réduire la chasse abusive des éléphants et de freiner le trafic illicite des
ivoires.
16
Loi n° 65-425 du 20 novembre 1965 portant code forestier
17
KRAGBE A. G. : « bilan du droit de l’environnement dans le cadre des politiques et stratégies de gestion de
l’environement en Côte d’Ivoire », mémoire de DEA en Sciences et Gestion de l’Environnement, université
d’Abobo-Adjamé (Côte d’Ivoire), 2004, 126 pages
18
Loi n° 65-255 du 4 août 1965 portant protection de la faune et de l’exercice de la chasse
19
Loi n° 65-323 du 25 juillet 1963 portant police sanitaire des animaux en Côte d’Ivoire
38
B. La pêche
La pêche, selon la loi n°86-478 du 1er juillet 1998, consiste en la capture, l’extraction
ou la récolte de poissons, cétacées, chéloniens, végétaux, planctons ou d’animaux
invertébrés vivant partiellement ou complètement dans le milieu aquatique. La
réglementation en vigueur interdit l’utilisation de méthodes susceptibles de
compromettre la reproduction des espèces (produit toxiques)20.
C. La destruction de l’habitat animal
20
KRAGBE A. G., op. cit.
39
Paragraphe 2 : Abattage d'arbres et d'animaux dans les forêts classées, les
aires protégées et les parcs nationaux
Ce sont les défrichements sans autorisation portant sur une partie du domaine
forestier classé, des périmètres de protection et des reboisements. Le code forestier
prévoit à cet effet une peine d'emprisonnement de deux mois à deux ans et une
peine d'amende de 10 000 à 1.000.000 de francs ou l'une de ces deux peines
seulement.
Section 3 : Les sites et monuments
Les sites et monuments sont des composantes de l’environnement qui font l’objet de
protection contre toute forme de dégradation. L’élément essentiel qui caractérise le
site est l’élément naturel : c’est ce qui le différencie notamment des monuments
historiques et de la perspective monumentale qui résultent des réalisations
humaines.
Ces valeurs culturelles sont actuellement régies par deux importantes sources
normatives. Il s’agit d’une part d’une source internationale à savoir la convention
portant protection du patrimoine mondial, culturel et naturel adoptée à Paris le 23
novembre 1972 et à laquelle la Côte d’Ivoire a adhéré par le décret n°77-86 du 21
novembre 1977 sous l’égide de l’UNESCO. Cette convention a instauré trois sites en
Côte d’Ivoire : la réserve du mont Nimba située à la frontière entre la Côte d’Ivoire et
la Guinée, le parc national de la Comoé, et le parc national de Taï.
La seconde source est la loi ivoirienne du 28 juillet 1987 portant protection du
patrimoine culturel. La loi du 28 juillet 1987 qui apparaît comme la nouvelle charte du
patrimoine culturel ivoirien vient répondre aux recommandations de l’UNESCO qui
lors de sa 20e session de 1978 demandait aux Etats membres qui ne disposaient pas
encore de législation en ce domaine, d’envisager la promulgation d’une telle
législation.
La loi adoptée se rapporte en l’espèce à la réglementation des sites archéologiques
et historiques, œuvres architecturales et monuments isolés ou constituent un
21
Jugement (inédit) N° 6848 du 06/10/97 Tribunal de première instance d’Abidjan. Nature du délit: abattage
illicite de bois de chauffe dans le parc national du banco
22
ALFRED KABLAN N’GUESSAN, op. cit.
40
ensemble ainsi que leurs abords dès lors que leur mise en valeur en nécessite la
protection.
Ce patrimoine culturel devra être protégé suivant son intérêt historique, artistique,
scientifique ou technologique ainsi qu’en raison de son état de conservation. Nous
pouvons citer à cet effet trois décrets qui établissent la classification des sites et
monuments en Côte d’Ivoire. Il s’agit :
41
initiatives tant privées que publiques à une certaine discipline ou rationalité. Il s’agit
de prévenir l’anarchie, les errements, en fixant de façon prévisionnelle l’utilisation des
sols, la définition des usages sociaux de l’espace urbain. Cette politique apparaît
inhérente à la notion même d’urbanisme, c'est-à-dire à l’action rationnelle et
volontaire d’agir sur le développement urbain. Nôtre étude se concentrera sur le
contexte post colonial.
Le contexte post-colonial s’est traduit par le renforcement des plans d’urbanisme.
Ces plans expriment la dimension planificatrice de l’urbanisme. La création des villes
post coloniales et leur extension se sont réalisées grâce à l’exploitation des
ressources naturelles (minières et agricoles) : cas de Séguela, Tortiya etc… et à la
politique d’aménagement du territoire : cas des villes de San Pedro et
Yamoussoukro. La planification exprime donc le souci de rendre plus rationnel le
développement de la ville, et son extension. Les plans d’urbanisme se présentent
comme des documents qui fixent à l’avance, les conditions juridiques d’occupation
des sols que doivent respecter toutes les implantations sur l’espace urbain auquel ils
s’appliquent.
Les plans d’urbanisme ivoiriens procèdent de la loi n°62-253 du 31 juillet 1962. En la
matière, le législateur ivoirien, tout comme ses collègues centrafricains, togolais et
sénégalais, ont largement puisé leur inspiration du décret n°58-1463 du 31 décembre
1958 qui fixait alors en France le regime de la planification urbaine. Cette politique fut
renforcée notamment par le code de l’environnement de 1996.
28
Voir Saint Claire Alary : les servitudes et l’aménagement de l’espace urbain in propriété et urbanisme,
colloque de Toulouse, Dalloz 1968, page 229 et suivants
42
Les orientations globales de ces lois sont les suivantes :
assurer l’action des populations pauvres aux services urbains de base (eau
potable, latrines, réseaux d’égouts, claies à vaisselles etc.)
Section 2 : La lutte contre les pollutions et nuisances
Un déchet se définit étymologiquement comme tout débris, reste sans valeur ou tout
objet destiné à l’abandon. Au plan juridique, nous pouvons retenir la définition
donnée par la loi française du 15 juillet 1975 relative à l’élimination et à la
récupération des déchets.
Aux termes de cette loi, le déchet se définit comme tout résidu d’un processus de
production, de transformation ou d’utilisation, toute substance, matériau, produit ou
plus généralement tout bien meuble abandonné ou que son détenteur destine à
l’abandon. Selon l’article 1er du code de l’environnement ivoirien, les déchets sont
des produits solides, liquides ou gazeux résultant des activités des ménages, d’un
processus de fabrication ou tout bien meuble ou immeuble abandonné ou
susceptible d’être abandonné ou qui menace ruine.
Selon la définition économique, le déchet est un objet dont la valeur économique est
considérée ou est estimée comme nulle ou négative, pour son détenteur à un
moment donné et dans un lieu donné.
Les déchets constituent la source de pollution la plus importante des villes
ivoiriennes. Il convient de dire à cet effet qu’à Abidjan, la gestion des ordures
ménagères n’est pas maîtrisée : une vingtaine d’entreprises non professionnelles
dont les activités souffrent d’un manque de coordination, collectent et déversent sans
soin les ordures ménagères dans la décharge d’Akouédo qui est aujourd’hui saturée.
Le code de l’environnement distingue explicitement les déchets incommodants des
déchets dangereux. Le code qualifie les seconds de déchets dangereux du fait qu’ils
présentent une menace sérieuse ou des risques particuliers pour la santé, la sécurité
des êtres vivants et la qualité de l’environnement.
Paragraphe 1 : La règlementation des incommodants
43
ou verse des eaux usées domestiques en un lieu public ou privé, sauf si le lieu a un
emplacement désigné à cet effet par l’autorité nationale compétente. Il en est de
même pour celui qui pollue par des déjections un domaine public ou privé.
Est également sanctionné, l’abandon d'ordures, déchets ou autres objets nocifs sur
les lieux de travail, sur la voie publique ou dans les lieux publics.
Le déversement des déchets se situe dans la catégorie des contraventions qui sont
des infractions parmi les moins graves en matière d’environnement. Elles donnent
généralement lieu au paiement d’une somme d’amende à l’encontre de l’auteur de
l’infraction. L’amende est payée soit chez l’inspecteur du travail, soit chez l’inspecteur
des installations classées ou chez l’officier de police judiciaire. Il appartient à
l'autorité exécutive de déterminer, pour chaque contravention, la peine applicable.
La gestion de ces déchets qui incombait aux collectivités locales, est aujourd’hui
assurée par l’Agence Nationale de Gestion des Dechets (ANAGED) par l’effet de
l’ordonnance 2007- 586 du 04 octobre 2007 abrogeant certaines dispositions de la loi
n°2003-208 du 07 juillet 2003 portant transfert et répartition des compétences,
notamment les dispositions relatives à la gestion des ordures ménagères et à la
réalisation d’ouvrages y afférents. Aux termes de l’article 2 de cette ordonnance, un
plan national de salubrité urbaine prenant en compte ces attributions sera défini par
l’Etat et mis en œuvre par l’intermédiaire d’une agence de régulation.
Paragraphe 2 : La règlementation des déchets dangereux
Les déchets dangereux sont une des catégories de déchets pour la législation (qui
varie selon les pays). Selon l’article 1er du code de l’environnement, les déchets
dangereux sont « des produits solides, liquides ou gazeux qui présentent une
menace sérieuse ou des risques particuliers pour la santé, la sécurité des êtres
vivants et la qualité de l’environnement». Nous avons trois catégories, à savoir, les
déchets industriels spéciaux, les déchets ménagers spéciaux et les déchets
d’activités de soins. Des incriminations tournent autour de la manipulation des
déchets dangereux.
A. Le transport et le commerce illicite de déchets dangereux
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d’une amende de 500.000.000 de francs. L’infraction ici est qualifiée de crime par
l’article 3 du code pénal, puisque le maximum de la peine privative de liberté est
supérieur à 10 ans.
B. L’empoisonnement par les déchets toxiques
L’article 342.4° du code pénal définit l’empoisonnement comme tout attentat a la vie
d’une personne par l’effet d’une substance qui peut donner la mort plus ou moins
promptement de quelque manière que cette substance ait été employée ou
administre ou quelles qu’aient été les suites de cet attentat.
Les déchets toxiques agissent sur la santé à court ou à long terme, soit en
provoquant de l’inconfort (irritation des yeux et de la gorge, maux de tête, toux,
nausée), soit en amenant des troubles graves pouvant conduire à la mort pour les
personnes les plus fragiles (personnes âgées, enfants en bas âge, personnes
atteintes de troubles respiratoires...).
Dès lors, l’infraction est constituée lorsque la victime décède ou non et que l’agent ait
ou non eu l’intention de tuer. La simple volonté d’emploi ou d’administration de
substances mortifères suffisant à caractériser cette infraction. En matière écologique,
les populations peuvent être victimes d’empoisonnement à travers des substances
dangereuses. Il peut s’agir de produits chimiques, toxiques ou radioactifs déversés
dans la nature et pouvant porter atteinte a la vie de celles-ci. L’infraction
d’empoisonnement est punie de 20 à 25 ans d’emprisonnement.
Les nuisances sonores proviennent des différents bruits. Le bruit peut être défini
comme toute sensation auditive désagréable, gênante ou tout phénomène
acoustique produisant cette sensation. Il est aussi appréhendé par la convention de
1977 sur le milieu de travail (pollution de l’air, bruit et vibration) comme tout son qui
peut entrainer une perte d’audition ou être nocif pour la santé ou dangereux à
d’autres égards. Ces nuisances proviennent le plus souvent des troubles anormaux
du voisinage et des activités des entreprises.
Paragraphe 1 : Les troubles anormaux du voisinage
Les bruits de voisinage sont des types de nuisances qui proviennent des bâtiments
ou de l’habitat urbain. Il s’agit des bruits domestiques (bruits des habitations et des
ménages) et des bruits de construction. Ces bruits peuvent être de source humaine
(cris des familles) ou de sources animales (aboiement, élevage, refuge). Le trouble
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anormal du voisinage est considéré par la jurisprudence comme un abus du droit de
propriété définit par l'article 544 du Code civil.
C’est pour prévenir une telle situation que le législateur interdit, à travers l’article 84
du code de l’environnement, les émissions de bruits susceptibles de nuire à la santé
des êtres vivants ou de constituer une gêne excessive et insupportable pour le
voisinage. Cette disposition interdit également l’usage de l’avertisseur sonore dans
les agglomérations et aux environs des hôpitaux et des écoles, sauf nécessité
absolue et dans ce cas, il doit être bref et modéré. Les contrevenants à ces mesures
encourent une peine d’amende de 10.000 francs à 500.000 francs (article 103 du
code de l’environnement).
Aussi, le pouvoir a-t-il été conféré au maire, dans le cadre de la police municipale, de
prendre des arrêtés généraux ou individuels, en vue de réprimer les atteintes à la
tranquillité publique par les bruits. C’est le cas, notamment des bruits de voisinage
qui troublent le repos des habitants.
La sanction pénale en matière de bruit présente un caractère utile, en raison de ses
effets réels sur la santé humaine. Par exemple, les sons, passant par le mécanisme
de l’ouïe, il ne fait l’ombre d’aucun doute que le bruit provoque la destruction du
système auditif, c'est-à-dire la surdité.
Paragraphe 2 : Nuisances sonores des entreprises
L’étude du bruit en milieu industriel trouve son intérêt particulièrement dans le cadre
de la protection des travailleurs et des riverains des unités industrielles. Pour ce faire,
il convient d’identifier les activités bruyantes dans la nomenclature des installations
classées et de sanctionner les nuisances sonores générées par les activités
industrielles.
Selon l’article premier du décret n°69-356 du 31 juillet 1969, déterminant les
contraventions, sera puni d’une amende de 1.000 a 10.000 francs inclusivement,
quiconque aura trouble pendant le jour, le travail, le repos ou la tranquillité d’autrui,
notamment par des signaux, sonneries, ou par l’usage abusif d’instruments,
machines ou objets sonores. En outre, selon l’article 46 du code de l’environnement,
les installations classées émettant de grands bruits ou diverses autres nuisances
sont assujetties à une taxe de contrôle d’inspection, versée au Fonds National de
l’Environnement.
L’air ou l’atmosphère se définit comme la mince couche de gaz qui entoure la surface
de la terre. Cette mince couche est le siège de plusieurs fonctions qui lui confèrent
un grand nombre de propriétés importantes pour le maintien et la protection de la vie
sur terre.
La pollution de l’air ou pollution atmosphérique se définit comme l’émission volontaire
ou accidentelle dans la couche atmosphérique de gaz, de fumée ou de substances
de nature à créer des nuisances pour les êtres vivants, à compromettre la santé ou la
sécurité publique ou à nuire à la production agricole, à la conservation des édifices
ou au caractère des sites et paysages.
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La qualité de l’air est détériorée par deux catégories de polluants issus de la
combustion industrielle ou domestique des combustibles fossiles ou de la
consommation des produits pétroliers comme les carburants : ceux émis
directement comme les oxydes de soufre, les oxydes d’azote, les poussières, l’acide
chlorhydrique, les composés organiques volatiles et l’oxyde de carbone... ; ceux qui
se forment dans l’atmosphère par réaction photochimique, aboutissant à la formation
d’ozone en particulier.
Les polluants de l’atmosphère agissent sur la santé soit directement lors de la
respiration, soit indirectement par la modification de l’environnement (retombées
acides, déplétion de la couche d’ozone, effet de serre).
Aussi, l’accumulation dans l’atmosphère des "gaz à effet de serre" risque, d’entraîner
des changements de climat, à l’horizon de quelques décennies. Les émissions dues
aux activités humaines font croître de façon notable la concentration, voire la durée
de vie, dans l’atmosphère des gaz à effet de serre. Il s’agit de six gaz retenus par le
Protocole de Kyoto qui ont le pouvoir d’absorber les rayonnements infrarouges émis
par la terre et donc de réchauffer l’atmosphère.
Les risques de changements climatiques liés aux émissions de gaz à effet de serre
ont été jugés suffisamment inquiétants pour que la communauté internationale se
mobilise pour les réduire. La protection de la qualité de l’air suppose donc la mise en
place de mécanismes juridiques visant à empêcher sa pollution.
Comme instrument national de protection de l’air, nous avons principalement le code
de l’environnement. Selon cette loi, les immeubles, les installations classées, les
véhicules, les activités industrielles doivent être exploitées dans le sens de
préservation de l’atmosphère. Ce code poursuit en affirmant que l’Etat s’engage à
lutter contre toute forme de gaspillage d’énergie. A cet effet, il a été prévu la création
d’un observatoire de la qualité de l’air.
Au titre des dispositions préventives et pénales, ledit code dispose qu’il est interdit
toute émission dans l’air de gaz toxiques, de fumée, de suie, de poussière ou toutes
autres substances chimiques non conformes à la réglementation en vigueur.
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environ dix (10) conventions pour la préservation de l’air. Nous pouvons citer
notamment :
La convention de Vienne de 1985 pour la protection de la couche d’ozone
adoptée le 20 mars 1985 et à laquelle la Côte d’Ivoire a adhéré par décret du
30 novembre 1992.
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BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE
Saeeleer, N. de, Le droit communautaire des déchets, LGDJ, Bruylant, Paris, 1996.
KRA K. R., La gestion dans le domaine juridique des déchets solides urbains : le cas
du district d’Abidjan, Mémoire de DEA, Université d’Abobo-Adjamé, 2002, 64 p.
KRAGBE A. G., Bilan du droit de l’environnement dans le cadre des politiques et
stratégies de gestion de l’environnement en Côte d’Ivoire, Mémoire de DEA,
Université d’Abobo-Adjamé, 2005, 126 p.
KRAGBE A. G., les politiques de gestion de l’environnement à l’aune du droit
traditionnel africain : cas des peuples de région forestière en Côte d’Ivoire, Thèse de
Doctorat Unique, Université d’Abobo-Adjamé, 2011, 414 p.
NENE BI B. S., « la terre et les institutions traditionnelles africaines : cas des Gouro
de Côte d’Ivoire », Thèse unique de Doctorat en Droit. Université de Cocody, 2005,
750 pages
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