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Droit Cours

Ce document présente un cours sur le droit de la propriété intellectuelle et industrielle, soulignant l'importance de la protection des créations et inventions dans un contexte de compétition internationale. Il aborde les différentes formes de propriété intellectuelle, notamment le droit d'auteur et la propriété industrielle, ainsi que les caractéristiques et genres d'œuvres protégées. Le texte insiste sur la nécessité d'une intervention humaine dans la création d'œuvres pour qu'elles soient éligibles à la protection par le droit d'auteur.
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Droit Cours

Ce document présente un cours sur le droit de la propriété intellectuelle et industrielle, soulignant l'importance de la protection des créations et inventions dans un contexte de compétition internationale. Il aborde les différentes formes de propriété intellectuelle, notamment le droit d'auteur et la propriété industrielle, ainsi que les caractéristiques et genres d'œuvres protégées. Le texte insiste sur la nécessité d'une intervention humaine dans la création d'œuvres pour qu'elles soient éligibles à la protection par le droit d'auteur.
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1

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO


ENSEIGNEMENT SUPERIEUR, UNIVERSITAIRE ET RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
INSTITUT SUPERIEUR DE TECHNIQUES APPLIQUEES

COURS DE DROIT DE LA PROPRIETE INTELLECTUELLE ET INDUSTRIELLE

Prof. Pierre BIDUAYA BEYA

Année Académique 2024


-2025
1

PREMIERE PARTIE
DROIT DE LA PROPRIETE INTELLECTUELLE
Introduction
Dans un monde ouvert à la compétition internationale en matière d’innovation,
la protection de la propriété intellectuelle et industrielle est une ardente
obligation de tout chercheur. Promouvoir la création et l’invention et garantir les
droits qui y sont affectés, tel est l’objet de notre cours.

Le système de la propriété intellectuelle vise à favoriser un environnement


propice à l’épanouissement de la créativité.

L’objectif est de faire comprendre l’importance de la protection de la propriété


intellectuelle et les droits qui y sont attachés. Cette partie constitue une
introduction à la propriété intellectuelle pour tous.

Elle exprime les principes qui constituent les fondements des droits de propriétés
industrielles et décrit les formes les plus fréquentes de la propriété industrielle
notamment les brevets et les modèles d’utilité pour les inventions, les dessins et
modèles industriels, les marque et indications géographiques.

Comme on peut le constater, la propriété intellectuelle englobe deux branches


principales qui sont : le droit d’auteur et la propriété industrielle.

Le droit d’auteur se rapporte aux créations littéraires et artistiques telles que la


musique, la peinture et les sculptures, les films et les œuvres fondés sur la
technologie.

La propriété industrielle (qui ressort de la convention de Paris), prend des formes


très variées dont les principaux exemples sont des brevets d’invention, des
dessins et modèles industriels, des marques de produits, des marques de
services, des schémas de configuration de circuits intégrés, des noms
commerciaux et des désignations commerciales.

Ainsi, l’objet de la protection est largement expliqué par l’Organisation


Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI) qui est une institution des
Nations Unies créée en 1970 dont le rôle est de permettre le développement
d’innovations et de créativités en matière des propriétés intellectuelles (droits
d’auteur, brevets et marques) de façon internationale, le développement
économique et le souci de l’intérêt général étant affichés comme préoccupations
principales.
2

Pour illustrer cela, en droit commercial ; la vente emporte le transfert immédiat


à l’acheteur la propriété de la chose. La vente est parfaite entre les parties et la
propriété est acquise de droit à l’acheteur à l’égard du vendeur dès qu’on est
convenu de la chose et du prix, quoique la chose n’ait pas encore été livrée ni le
prix payé.

Dans le droit des propriétés intellectuelles, la situation n’est pas la même. En


effet, alors que l’acheteur par exemple d’un terrain ou de denrées alimentaires
dispose sur ceux-ci d’un pouvoir absolu, l’acquéreur d’un livre, d’un disque,
d’une œuvre d’art voir d’un produit breveté ou marqué aura certes la propriété
corporelle du bien considéré, mais il devra respecter les droits particuliers
conférés, le cas échéant à l’écrivain ; l’artiste, l’inventeur breveté ou titulaire de
la marque, droits qui ne sont en principe pas cédés avec l’objet auquel ils
s’appliquent..

Ainsi ; l’acquéreur de ces biens sera peut-être selon le cas à devoir supporter des
restrictions aux attributs de la propriété de son acquisition.

La propriété intellectuelle est composée de la propriété littéraire et artistique et


la propriété industrielle.

La propriété littéraire et artistique comprend le droit d’auteur et ses droits


voisins. La propriété industrielle protège pour l’essentiel les innovations (dessins
et modèles, brevet…) et les signes d’identification.

La propriété intellectuelle confère à l’auteur d’une œuvre de l’esprit un


ensemble de droits exclusifs. La propriété incorporelle.

La création d’une œuvre littéraire et artistique offre à son auteur un droit de


nature économique puisqu’il a le droit de tirer profit de l’édition et de
l’exploitation de son œuvre. L’œuvre est alors un bien incorporel de nature
mobilière.

Les droits industriels reposent également sur une création intellectuelle mais
dont l’objet s’inscrit dans la sphère de la science, de l’industrie et du commerce.
Le droit d’auteur est sans doute l’un des droits les plus particuliers. Il offre une
place privilégiée au créateur d’une œuvre de l’esprit, reconnaissant non pas son
génie, mais son originalité.

Le droit d’auteur est un droit de la personnalité parce que la personnalité de


l’auteur s’est imprimée, par transfert, dans son œuvre.
3

L’œuvre pour être protégée doit être originale peu importe la personnalité de
l’auteur. De sa création naissent les droits de l’auteur qu’il va pouvoir exploiter
et protéger.
4

CHAPITRE I : L’ŒUVRE

Les différentes législations n’ont pas réussi à trouver une définition cohérente
sur la notion de l’œuvre. Néanmoins, on peut dire que, l’auteur d’une œuvre de
l’esprit jouit sur cette œuvre, du seul fait de sa création, d’un droit de propriété
exclusif et opposable à tous. Le droit d’auteur porte donc sur une œuvre, notion
que le législateur ne prend pas soin de définir. De tout ce qui précède se dégage
l’idée que l’œuvre procède d’un travail créatif. Plus précisément, un travail
créatif qui suscite une intervention de l’homme et la réalisation d’une forme.
Cette intervention de l’homme est un critère que l’on retrouve souvent au sein
de la propriété intellectuelle. Comme on l’a compris, l’œuvre implique une
création et une intervention de l’homme.
Mais, l’intervention de l’homme qui caractérise une création doit être
soigneusement distinguée de notions voisines. La découverte par exemple qui
est la simple mise à jour de l’existant n’est pas une création.

L’œuvre semble donc devoir présenter certains caractères pour prétendre à la


protection par le droit d’auteur. Lorsque ces conditions sont présentes, l’œuvre
est protégée quel que soit son genre. Il est toutefois possible de regrouper les
œuvres en fonction de leur genre.

Section I : Les caractères de l’œuvre

L’œuvre, l’objet de la protection, mérite une attention toute particulière. Seules


les œuvres présentant certains caractères peuvent prétendre à la protection par le
droit d’auteur. Fruit de l’esprit de l’homme, l’œuvre doit être mise en forme et
présenter une certaine originalité.

Paragraphe 1 : Une œuvre de l’esprit.

Seule une œuvre de l’esprit peut être protégée par le droit d’auteur.

L’œuvre de l’esprit peut se définir comme le résultat de l’activité créatrice d’une


personne physique. Seule une personne physique peut aussi faire naître un droit
d’auteur à l’exception d’une personne morale. Mais, si une personne morale ne
peut être à l’origine d’une œuvre de l’esprit, elle peut être titulaire de droits
d’auteur en tant que cessionnaire des droits.

L’œuvre de l’esprit est celle par laquelle l’auteur va modifier de manière


consciente, la réalité existante. Une création.
5

Le droit d’auteur ne peut être attribué qu’à la condition que celui qui met en
œuvre certains moyens de création ait eu une notion suffisante du résultat à
atteindre.

Lorsque l’activité créatrice fait défaut, il ne peut y avoir l’œuvre de l’esprit.


C’est le cas lorsque l’œuvre est en réalité une découverte, puisque découvrir ce
n’est pas créer, ou l’œuvre est le fruit d’un heureux hasard.

Si l’œuvre est uniquement le résultat de la machine sans aucune intervention de


l’homme, il faut nier l’existence d’une activité créatrice (en informatique par
exemple). Il peut en être différemment lorsque l’homme influence le travail du
logiciel.

Paragraphe 2 : Une œuvre mise en forme

Une œuvre de l’esprit ne peut être protégée qu’à partir du moment où elle prend
forme ou elle est créée. La propriété littéraire ne protège pas les idées ou les
concepts, mais la forme originale sous laquelle ils sont exprimés. La raison est
simple ; l’œuvre doit pouvoir être communiquée au public. Cela nécessite de lui
donner une forme intelligible et identifiable. Une création dont la forme n’est
pas perceptible par le public ne peut être protégée. Seule une réalisation concrète
peut bénéficier de la loi.

Ainsi, l’idée d’une émission télévisée ou d’un thème de campagne publicitaire


n’est donc pas une œuvre de l’esprit.

Dans le même ordre d’idée, un acte restauration est par essence, exclusif de toute
création originale puisqu’il a pour finalité de restituer à une œuvre son état
ancien. En ce cas, il n’y a pas création, mais exécution d’une technique .

Paragraphe 3 : Une œuvre originale

L’originalité est un élément décisif en matière de propriété littéraire et


artistique, spécialement en droit d’auteur.

La notion d’originalité est, toutefois, particulièrement délicate à cerner. La


doctrine en propose une conception classique et une conception plus moderne.
Dans une conception classique, l’originalité est l’expression de la personnalité
unique de l’auteur. La création est originale dans la mesure où la personnalité
unique de l’auteur s’est imprimée dans l’œuvre. L’originalité est conçue comme
l’empreinte de la personnalité de l’auteur, comme la marque, le reflet de sa
personnalité, l’empreinte du talent créateur personnel.
6

Dans une conception plus moderne, l’originalité implique nécessairement la


nouveauté. Selon cette conception, pour être originale, une création est
nécessairement nouvelle sans que l’inverse soit vrai.

La preuve de l’originalité incombe au demandeur.

Section II : Les genres d’œuvres

Ces œuvres peuvent être regroupées en différents genres parmi lesquels les
œuvres littéraires et scientifiques, les œuvres artistiques, les œuvres de
spectacles et les œuvres informatiques.

Paragraphe 1 : Les œuvres littéraires et scientifiques

Traditionnellement certaines œuvres ne sont pas couvertes par un droit d’auteur,


alors même qu’elles sont originales. Sans qu’un texte fonde cette exception, il
faut exclure les actes officiels, les décisions de justice, les discours
parlementaires. Il est en effet indispensable que les écrits puissent être largement
diffusés à la connaissance du public.

A. Œuvre écrite.

Les livres, brochures et autres écrits littéraires, artistiques et scientifiques


doivent être considérés comme des œuvres de l’esprit. La protection est accordée
autant aux écrits d’imagination qu’aux écrits scientifiques et cela quelle qu’en
soit la valeur. Un mauvais roman est protégé dès lors qu’il présente une certaine
originalité.

B. L’œuvre orale

Les conférences, allocutions, sermons, plaidoiries et autres œuvres de même


nature peuvent être protégés. Les sermons plaidoiries, cours, radioreportages ou
encore réponses orales données par un artiste à des questions sont protégés si la
forme de l’œuvre orale est tangible. L’originalité peut se loger dans la manière
de s’exprimer.

L’œuvre orale sera mieux protégée si elle fait l’objet d’une fixation sur un
rapport, rejoignant ainsi la catégorie des œuvres écrites. A noter aussi que les
discours du Chef d’Etat sont protégés par le droit d’auteur s’ils ont pour
vocation de traduire les principales orientations de son action politique et de
refléter sa réflexion sur des questions de société. Ils ne comportent aucune
7

disposition impérative ayant valeur normative et ne constituent dans pas des


actes officiels.

Paragraphe 2 : Les œuvres artistiques

Les œuvres artistiques comprennent bien évidemment l’œuvre d’art pur, avec le
cas spécifique de l’œuvre photographique. Elles comprennent également l’œuvre
musicale et l’œuvre d’art appliqué.

A. L’œuvre d’art pur

Les œuvres de dessin, de peinture, d’architecture et de sculpture sont des œuvres


de l’esprit pouvant être rangées sous la qualification d’œuvre d’art. Pour ces
œuvres d’art pur, l’originalité est en principe présumée.

D’autres œuvres méritent la même protection par le droit d’auteur lorsque cette
fois leur originalité est démontrée.

D’autres œuvres de l’esprit artistique méritent également une protection sous


réserve d’originalité, comme les personnages de bande dessinée ou de jeu vidéo.

B. L’œuvre photographique

Sont considérées comme des œuvres de l’esprit non seulement les œuvres
photographiques mais également celles réalisées à l’aide de techniques
analogues à la photographie.

Pour bénéficier de la protection par le droit d’auteur, la photographie doit


présenter une certaine originalité.

C. L’œuvre musicale

Les compositions musicales, avec ou sans parole, peuvent être considérées


comme des œuvres de l’esprit. L’originalité d’une composition musicale peut se
révéler dans la mélodie dans l’harmonie ou dans le rythme.

D. L’œuvre d’art appliqué

Les œuvres des arts appliqués sont considérés comme des œuvres de l’esprit.
L’art devient utile. Cette forme d’art touche autant l’industrie, l’architecture,
l’information que la mode.

En matière d’architecture par exemple, l’artiste n’est pas libre. Certaines


contraintes, notamment d’urbanisme peuvent lui être opposées. Sa personnalité
8

peut néanmoins s’exprimer dans son art et l’œuvre être originale. C’est ainsi
qu’on accorde une place particulière aux plans croquis et ouvrages plastiques
relatif à l’architecture que l’on considère expressément comme des œuvres de
l’esprit.

Plans, maquettes sont donc protégées.

Paragraphe 3 : Les œuvres informatiques

Le droit de la propriété intellectuelle considère comme des œuvres de l’esprit


protégeable par le droit d’auteur, le logiciel, y compris le matériel de conception
préparatoire.

Un logiciel est un ensemble composé d’un programme s’ajoutent les fichiers


nécessaires pour le rendre opérationnel. Le logiciel détermine les tâches qu’un
appareil informatique peut effectuer et donner à l’ordinateur sa valeur ajoutée.

Pour bénéficier de la protection par le droit d’auteur, le logiciel doit être original.
Il est donc nécessaire que l’auteur marque le logiciel de son apport intellectuel.
L’originalité peut se trouver dans la conception préparatoire, dans l’expression
du logiciel, dans l’expression visuelle du logiciel.

CHAPITRE II : L’AUTEUR

Une œuvre de l’esprit peut être le fruit de la création d’un unique auteur ou d’un
groupe d’auteurs.

Section I : L’œuvre d’un unique auteur

En l’absence d’une définition légale, il faut tenter une approche doctrinale.

Sans risque, il est possible de dire que l’auteur est celui qui fait naître une œuvre,
celui qui la crée. L’auteur est donc un créateur, celui dont la personnalité s’est
exprimée dans l’œuvre.

Cette qualité ne peut être reconnue ni à la personne qui se limite à fournir une
idée, ni au simple exécutant matériel qui se contente, par exemple, d’appuyer sur
le bouton d’un appareil photo. Fort logiquement, le monopole ne peut donc
naître que sur la tête d’une personne physique et non sur celle d’une personne
morale, laquelle ne peut exprimer sa personnalité dans une œuvre d’esprit.

La personne morale peut néanmoins acquérir des droits sur l’œuvre, mais, le
droit moral restera l’œuvre du créateur.
9

La qualité d’auteur appartient, sauf preuve contraire, à celui ou à ceux sous le


nom de qui l’œuvre est divulguée. La qualité d’auteur est donc présumée. Les
personnes morales ne bénéficient toutefois pas de cette présomption, suivant
l’idée qu’une personne morale ne peut créer directement une œuvre ?

Section II : L’œuvre d’un groupe d’auteurs.

Paragraphe 1 : L’œuvre composite

C’est l’œuvre nouvelle à laquelle est incorporée une œuvre préexistante mais
sous la collaboration de son auteur.

Les œuvres composites sont traditionnellement des œuvres secondes, appelées


également, œuvres dérivées. Par principe, l’auteur d’une œuvre composite ne
travaille pas avec l’auteur de l’œuvre première. Il se contente d’utiliser des
éléments de forme empruntés à une œuvre préexistante et protégée par le droit
d’auteur.

Illustration : l’insertion de photographies dans un catalogue publicitaire ou une


décoration florale incorporée à une œuvre d’architecture préexistante donne
naissance à une œuvre composite.

L’œuvre composite est la propriété de l’auteur qui l’a réalisée, sous réserve des
droits de l’auteur de l’œuvre préexistante. En conséquence, l’auteur de l’œuvre
première et l’auteur de l’œuvre composite ont des droits concurrents.
L’autorisation de l’auteur de l’œuvre première doit être donnée pour toute
exploitation de l’œuvre composite, l’exploitation faite à défaut d’autorisation
constituant une contrefaçon.

Paragraphe 2 : L’œuvre de collaboration

C’est l’œuvre à laquelle ont concouru plusieurs personnes physique. Ne pouvant


associer que des personnes physiques, l’œuvre de collaboration écarte
explicitement des personnes morales.

Chaque contribution doit être de nature à conférer la qualité d’auteur. En effet,


l’œuvre de collaboration suppose de la part des coauteurs un apport personnel,
une activité créatrice. Ces apports peuvent être de natures diverses.

Par exemple : s’agissant d’une chanson écrite par deux personnes, l’une se
charge de la musique et l’autre des paroles. La participation des coauteurs doit
être concertée et effective.
10

Paragraphe 3 : L’œuvre collective

L’œuvre est collective lorsqu’elle est créée sur l’initiative d’une personne
physique ou morale qui l’édite, la publie et la divulgue sous sa direction et son
nom. Dans une œuvre collective, la contribution personnelle des auteurs
participant à son élaboration, va se fondre dans l’ensemble en vue duquel elle est
conçue. Il ne sera alors pas possible d’attribuer à chacun des auteurs un droit
distinct sur l’ensemble réalisé.

Pour qu’une œuvre puisse être qualifiée d’œuvre collective, il est nécessaire
qu’elle soit créée et organisée sous l’autorité d’un maître d’œuvre.

L’œuvre collective se caractérise donc par l’initiative et le rôle moteur de son


entrepreneur.

Sauf preuve contraire, l’œuvre collective est la propriété de la personne


physique ou morale sous le nom de laquelle elle est divulguée. Cette personne
est investie des droits de l’auteur.
11

CHAPITRE III : LES DROITS DE L’AUTEUR

L’auteur d’une œuvre de l’esprit dispose des droits sur sa création. Il dispose sur
son œuvre d’un droit moral et d’un droit patrimonial.

Section I : Droit moral de l’auteur

Le contenu du droit moral peut s’avérer particulier dans le cas d’un groupe
d’auteurs, mais aussi en matière de dévolution successorale.

Paragraphe 1 : Le contenu du droit moral

L’auteur jouit du droit au respect de son nom, de sa qualité et de son œuvre. Il


est perpétuel, inaliénable et imprescriptible. Son exercice peut être conféré à un
tiers en vertu de dispositions testamentaire. Il est transmissible, à cause de la
mort, aux héritiers de l’auteur.

Tout d’abord le droit moral de l’auteur est inaliénable.

Cela veut dire que l’auteur ne peut ni renoncer ni céder son droit moral
notamment à un cessionnaire.

L’auteur peut néanmoins, en pleine connaissance de cause, consentir une


modification de son œuvre. Ensuite, le droit moral est imprescriptible. Il ne se
perd pas par non usage.

L’exercice par l’auteur du droit de propriété intellectuelle qu’il tient de la loi, et


qui est attaché à sa personne en qualité d’auteur, n’est limité par aucune
prescription. En revanche, la défense du droit moral doit respecter les règles de
droit commun.

Enfin, le droit moral est qualifié de perpétuel. Ce caractère peut sembler curieux,
on se demande comment ce droit peut être perpétuel alors qu’une œuvre est le
fruit de la personnalité de son auteur par nature mortel ? Le droit moral devrait
disparaître avec l’auteur.

En réalité, la perpétuité s’affaiblit au fil du temps.

Le droit moral est attaché à la personne de l’auteur, c’est un droit de la


personnalité.

Seule la personne ayant la qualité d’auteur peut se prévaloir de droits moraux.


12

Paragraphe 2 : Le cas particulier de l’œuvre d’un groupe d’auteur

Lorsque l’œuvre est le fruit de plusieurs auteur, le droit moral emporte certaines
particularités.

Dans le cas de l’œuvre collective, chaque contributeur a la qualité d’auteur et, à


ce titre, dispose du droit à la paternité et du droit au respect de l’intégrité de
l’œuvre.

Chaque contributeur conserve donc son droit d’auteur sur sa contribution et


notamment son droit moral.

L’auteur d’une œuvre composite comme tout auteur dispose d’un droit moral sur
son œuvre. Il doit toutefois prendre soin de respecter le droit moral de l’auteur
de l’œuvre première.

En matière d’adaptation par exemple, l’œuvre composite suppose


nécessairement d’apporter des aménagements à l’œuvre adaptée.

Paragraphe 3 : La dévolution successorale

Le droit moral s’affaiblit après la mort de l’auteur. Le droit de la propriété


intellectuelle n’envisageant l’exercice du droit de repentir et de retrait que par
l’auteur lui-même, cette prérogative disparait en même temps que l’auteur.

Empêcher l’héritier de l’auteur de retirer ou de modifier certaines de ses œuvres


est une solution pleine de sagesse. Ensuite, après la mort de l’auteur le droit de
divulgation de ses œuvres posthumes est exercé leur vie durant, par le ou les
exécuteurs testamentaires qu’il aura désignés. A défaut ou après leur décès et
sauf volonté contraire de l’auteur, le droit est exercé dans l’ordre dans l’ordre
suivant : par les descendants, par le conjoint lorsqu’il n’y a ni séparation de
corps ni remariage, par les héritiers autres que les descendants qui recueillent
tout ou partie de la succession et par les légataires universels ou donataires de
l’universalité des biens à venir.

L’idée est que le droit de divulgation post mortem n’étant pas absolu, il doit être
mis au service de l’œuvre en accord avec la personnalité et la volonté de l’auteur
exprimée de son vivant.

L’héritier doit exercer ce droit tel que l’auteur l’aurait fait.

L’usage du droit de divulgation de la part de représentants de l’auteur décédé ne


doit donc pas faire l’objet d’un abus notoire. Il revient au juge de fond de
caractériser un abus éventuel.
13

Constitue un abus par exemple, le fait de s’opposer à la parution d’un tome des
œuvres complètes de l’auteur disparu sans proposer des projets alternatifs alors
que l’auteur a manifesté sans équivoque sa volonté de divulgation et que les
conditions de l’édition projetée ne dénaturent en rien l’œuvre.

En cas d’abus notoire, il revient au tribunal d’ordonner toute mesure appropriée.


Il en est de même en cas de conflit entre représentants de l’auteur décédé ou en
absence d’héritier connu.

Section II : Droit patrimonial de l’auteur

Le droit d’auteur, outre des attributs d’ordre intellectuel et moral, comprend des
attributs d’ordre patrimonial. En effet, il est conféré à l’auteur le privilège de
jouir, sa vie durant, du droit exclusif d’exploiter son œuvre sous quelque forme
que ce soit et d’en tirer un profit pécuniaire. Ce droit ne se perd pas par le non
usage.

Paragraphe 1 : Le contenu du droit patrimonial

Même si l’auteur peut exploiter son œuvre, sous quelque forme que ce soit, le
droit d’exploitation comprend le droit de représentation et le droit de
reproduction. Ces deux prérogatives lui permettent normalement de couvrir
toutes les formes d’exploitation de son œuvre.

Pour cette raison, toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite


sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droits ou ayants cause est
illicite.
Il en est de même pour la traduction, l’adaptation ou la transformation,
l’arrangement ou la reproduction par un art ou un procédé quelconque.

A. Le droit de représentation

La représentation consiste en la communication de l’œuvre au public par un


procédé quelconque et notamment par récitation publique, représentation
dramatiqu e, présentation publique, projection publique et transmission dans un
lieu public de l’œuvre télédiffusée par la télédiffusion.

La représentation de l’œuvre au publique, quelle que soit sa forme, emporte le


droit pour l’auteur de percevoir une redevance. A chaque représentation de
l’œuvre au public est attachée une redevance distincte. B. Le droit de
reproduction
14

La reproduction est la fixation matérielle de l’œuvre pour tous procédés qui


permettent de la communiquer au public d’une manière indirecte. Elle suppose
une fixation matérielle, totale ou partielle, de l’œuvre dont l’objectif est la
communication au public.

C. Le droit de suite

Seuls les auteurs d’œuvres originales graphiques et plastiques bénéficient d’un


droit de suite.

Il s’agit d’un droit inaliénable de participation au produit de toute vente d’une


œuvre après une première cession opérée par l’auteur ou par ses ayants droit. Le
droit de suite a pour but d’associer l’artiste au bénéfice d’une éventuelle
plusvalue de son œuvre et ainsi de compenser le faible prix auquel il l’a vendue
à une époque où il ne connaissait pas encore la notoriété.

Enfin le montant du droit de suite varie en fonction du prix de vente de l’œuvre


(entre 1% et 5% du prix de vente). D. Le droit de destination.

Le droit de destination est le droit que l’auteur a de contrôler les modes


d’exploitation de son œuvre. La transmission des droits de l’auteur est
subordonnée à la condition que chacun des droits cédés fasse l’objet d’une
mention distincte dans l’acte de cession et que le domaine d’exploitation des
droits cédés soit délimité quant à son étendue et à sa destination, quant au lieu
et quant à l a durée.

Le droit de destination permet ainsi à l’auteur de s’opposer à certaines formes


d’utilisations secondaires de son œuvre, comme la diffusion dans un magasin
d’une musique enregistrée pour un film.

Paragraphe 2 : Les exceptions au droit patrimonial.

Le monopole de l’auteur n’est pas absolu.

Une fois l’œuvre divulguée, il existe des différentes exceptions au droit de


l’auteur qui sont énumérées par les textes.

Tout d’abord, l’auteur ne peut pas interdire les représentations privées et


gratuites effectuées exclusivement dans un cercle de famille. Le cercle de
famille correspond au milieu familial ou amical restreint, ce à quoi ne
correspond pas une réunion d’électeurs dans un quartier ou une diffusion dans
une école. Ainsi, le président d’une cinémathèque universitaire qui organise des
projections de films sans autorisation, se rend coupable de contrefaçon.
15

La gratuité de la représentation ne constitue pas à elle seule une condition


suffisante pour bénéficier de l’exception, elle n’est pas une cause d’exonération.
Le caractère gratuit signifie simplement que les amis ou la famille ne paient
aucun frais pour la représentation.

Autre exception au droit de l’auteur : la copie privée. Elle permet de reproduire


une œuvre sans l’autorisation de l’auteur. L’auteur ne peut simplement pas
interdire les copies ou reproductions réalisées à partir d’une source licite,
strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation
collective.

Paragraphe 3 : La durée du droit patrimonial

La loi confère à l’auteur le privilège de jouir sa vie durant, du droit exclusif


d’exploiter son œuvre sous quelque forme que ce soit et d’en tirer un profit
pécuniaire.

A son décès, ce droit persiste au bénéfice de ses ayants droit pendant l’année
civile en cours et les 70 ans qui suivent.

Pour les œuvres de collaboration, il faut prendre en considération l’année civile


de la mort du dernier vivant des collaborateurs.

Paragraphe 4 : La dévolution (transfert) successoral du droit patrimonial.

La dévolution des droits patrimoniaux obéit aux règles du droit commun. La


propriété littéraire et artistique se veut temporaire.

L’auteur jouit, sa vie durant, du droit exclusif d’exploiter son œuvre sous
quelque forme que ce soit et d’en tirer un profit pécuniaire.

Au décès de l’auteur, ce droit persiste au bénéfice des ayants droit pendant


l’année civile en cours et le 70 années qui suivent. Durant cette période, le
conjoint survivant bénéficie, quel que soit le régime matrimonial, de l’usufruit
(droit de se servir d’un bien, d’en percevoir les revenus sans pour autant s’en
dessaisir), du droit d’exploitation dont l’auteur n’aura pas disposé.
16

CHAPITRE IV : L’EXPLOITATION DES DROITS DE L’AUTEUR.

L’auteur exploite ses droits en passant des contrats à titre onéreux avec des
partenaires à qui il consent une cession.

Aux principaux contrats d’exploitation s’ajoutent désormais des modes


d’exploitation particuliers. Leur gestion est bien souvent confiée à un organisme
de gestion des droits.

Section I : Les principaux contrats d’exploitation

Les contrats d’exploitation du droit d’auteur doivent respecter les dispositions


générales du code civil.

Paragraphe 1 : Les règles communes

Les règles communes posées par le code de la propriété intellectuelle pour les
principaux contrats d’exploitation du droit d’auteur concernent les règles de
forme et de fond.

S’agissant de règles de forme, il faut noter que le consentement, personnel et


donné par écrit de l’auteur est obligatoire.

Les contrats par lesquels sont transmis les droits d’auteur doivent être constatés
par écrit.

L’exigence d’un écrit a pour but de faire prendre conscience à l’auteur de la


portée de son engagement. Il s’agit néanmoins d’une simple règle de preuve. Par
conséquent, l’absence de l’écrit ne conditionne ni la validité des contrats, ni leur
opposabilité au tiers.

S’agissant des règles de fond, par principe, une cession globale des œuvres
futures est nulle. Il n’est donc pas possible pour l’auteur de céder par
anticipation ses droits sur des œuvres indéterminées futures.

La transmission de droits de l’auteur suppose que chacun des droits cédés fasse
l’objet d’une mention distincte dans l’acte de cession.

Ainsi la cession du droit de représentation n’emporte pas celle du droit de


reproduction et la cession du droit de reproduction n’emporte pas celle du droit
de représentation.

La sanction du non-respect des dispositions légales dans la cession des droits


d’auteur est la nullité.
17

Le bénéficiaire de la cession a une obligation essentielle d’exploitation de


l’œuvre. Il s’engage par ce contrat à rechercher une exploitation du droit cédé
conformément aux usages de la profession et à verser à l’auteur, en cas
d’adaptation, une rémunération proportionnelle aux recettes perçues.

Par exception à la rémunération proportionnelle, celle-ci peut être


forfaitairement évaluée lorsque la base de calcul est, en pratique impossible à
déterminer ou lorsque les moyens de contrôler l’application de la participation
font défaut.

Paragraphe 2 : Le contrat d’édition

Le contrat d’édition est le contrat par lequel l’auteur d’une œuvre de l’esprit, ou
ses ayants droit, cèdent à des conditions déterminées, à une personne appelée
éditeur, appelée éditeur, le droit de fabriquer ou de faire fabriquer en nombre
des exemplaires de l’œuvre ou de la réaliser ou de faire réaliser sous une forme
numérique à charge pour elle d’en assurer la publication et la diffusion. C’est un
contrat à exécution successive dans la mesure où il régit les relations des parties
en cours d’exécution.

Le contrat d’édition a pour objectif la diffusion de l’œuvre. Il suppose donc, de


la part de l’auteur, la cession de tout ou partie du droit de reproduction et, de la
part de l’éditeur, l’obligation d’exploitation de l’œuvre. Il s’agit d’un contrat
synallagmatique (à obligations réciproques.

Paragraphe 3 : Le contrat de représentation

Le contrat de représentation est celui par lequel l’auteur d’une œuvre de l’esprit
ou ses ayants droit autorisent une personne physique ou morale à représenter
cette œuvre à des conditions qu’il détermine.

Le contrat de représentation ne met pas à la charge de cocontractant de l’auteur


une obligation d’exploiter l’œuvre, mais les parties peuvent stipuler, en lieu et
place de l’autorisation de représentation, une obligation de représentation.

Section II : Les organismes de gestion collective de droits.

L’auteur exploite rarement seul ses œuvres. Il lui est en effet difficile de gérer à
la fois les autorisations d’exploitation, de percevoir les rémunérations et d’agir
éventuellement en justice pour préserver ses droits. Il a souvent besoin de
recourir aux services d’un organisme de gestion.
18

En France par exemple, il existe plusieurs organismes de gestion dont le plus


connu est la Société des Auteurs Compositeurs et Editeurs de musique
(SACEM) ou encore la Société Française des intérêts des auteurs

Les organismes de gestion collective sont des personnes morales constituées


sous toute forme juridique dont l’objet principal consiste à gérer les droits
d’auteur ou les droits voisins de l’auteur pour le compte de plusieurs titulaires de
ces droits à leur profit collectif.

La modernisation du cadre juridique de cet organisme repose sur une volonté de


transparence dans l’affiliation aux organismes de gestion collective.

Cette modernisation du cadre juridique des organismes de gestion collective se


concentre également sur la gouvernance des organismes en imposant que les
statuts des organismes de gestion collective prévoient des règles permettant la
participation effective de leurs membres à leur processus de décision et assurent
au sein de ce dernier une représentation équilibrée de différentes catégories de
membres.

CHAPITRE V : LA PROTECTION DES DROITS DE L’AUTEUR.

L’objet de la protection

La protection vise à lutter contre l’utilisation non autorisée de ces signes pouvant
induire le consommateur en erreur.

Nous allons ici aborder essentiellement la question liée à la protection de la


propriété intellectuelle ou droit d’auteur. Celle relative à la protection de la
propriété industrielle ou brevet sera évoquée de temps à autre, mais elle fera
l’objet d’une étude approfondie ultérieurement.

La protection des droits de l’auteur passe par la prévention et en cas d’échec par
la répression.

Section I : La protection par la prévention

La protection par la prévention passe par la mise en place des mesures


techniques de protection et d’information, mais également par des mesures de
recommandation.
19

Paragraphe 1 : Les mesures technique de protection et d’information

L’œuvre peut être dotée d’une mesure technique de protection. Il s’agit d’une
technologie ou d’un dispositif qui a pour but d’empêcher ou de limiter les
utilisations d’une œuvre non autorisées par ses titulaires.

Il s’agit d’un mécanisme de prévention suivant le principe qu’il est préférable de


prévenir plutôt que de guérir.

Pour que la mesure fonctionne, elle doit pouvoir être contrôlée par les titulaires
des droits grâce à l'application d’un code ou de tout mécanisme de contrôle de la
copie qui atteint l’objectif de protection. Les mesures techniques de protection
ne peuvent s’opposer au libre usage de l’œuvre dans les limites des droits.

Paragraphe 2 : Les mesures de régulation

Ces mesures ont pour objet de protéger les œuvres et les objets bénéficiant d’un
droit d’auteur, d’un droit voisin ou d’un droit d’exploitation audiovisuelle contre
les atteintes commises en ligne. Ces mesures mènent entre autres, des actions de
sensibilisation et de prévention auprès des publics scolaires et universitaires.

C’est ainsi que la personne titulaire d’un accès internet a l’obligation de veiller à
ce que cet accès ne fasse pas l’objet d’une utilisation à des fins de reproduction,
de représentation, de mise à disposition ou de communication au public
d’œuvres protégées par un droit d’auteur.

Section II : La protection par la répression

La protection par la répression repose pour l’essentiel sur la contrefaçon. Cette


action peut toutefois être précédée d’une saisie- contrefaçon ou d’une retenue en
douanes lesquelles permettent notamment de prouver la contrefaçon.

Paragraphe 1 : La notion de contrefaçon

La contrefaçon peut se définir comme tout acte portant atteinte au droit moral et
patrimonial de l’auteur. La contrefaçon ne concerne que les œuvres protégées,
autrement dit originales.

Elle suppose la reprise non autorisée d’éléments d’une œuvre préexistante


reflétant la personnalité de l’auteur.

Paragraphe 2 : La saisie-contrefaçon

La saisie-contrefaçon est une procédure exceptionnelle qui permet de faire saisir


les exemplaires constituant une reproduction illicite de son œuvre. Il s’agit d’une
20

mesure probatoire qui, pour emporter la conviction du juge, doit être exécutée
dans le strict respect des règles légales, puisque la saisie-contrefaçon est, en effet
un acte qui porte atteinte aux droits et libertés du saisi.

Le but de la saisie réelle est d’empêcher l’introduction et la circulation des


œuvres illicites dans les circuits commerciaux.

Tout auteur d’une œuvre protégée peut agir en contrefaçon. A cet effet, il est en
droit de faire procéder par tous huissiers, sur ordonnance rendue sur requête par
la juridiction civile compétente, soit à la description détaillée, avec ou sans
prélèvement d’échantillons, soit à la saisie réelle des œuvres prétendument
contrefaisantes ainsi que de tout document s’y rapportant.

La saisie-contrefaçon est une mesure temporaire. Le saisissant doit se pourvoir


au fond par voie civile ou pénale.

Paragraphe 3 : La retenue en douanes.


L’administration des douanes peut, sur demande du titulaire d’un droit d’auteur,
assortie des justifications de son droit, retenir dans le cadre de ses contrôles les
marchandises qu’il prétend constituer une contrefaçon.

La demande écrite sollicitant l’intervention de la douane, qu’elle soit préalable


ou présentée après que le demandeur a été informé du placement de la
marchandise en retenue, doit comporter un certain nombre d’éléments, comme
les documents justificatifs permettant au service douanier compétent de s’assurer
que le demandeur est habilité à présenter la demande, mais aussi du ou des droits
dont la protection est demandée ainsi que les données spécifiques et techniques
sur les marchandises authentiques, telles que les marquages, les codes-barres ou
images et toutes les informations nécessaires pour permettre aux autorités
douanières de reconnaître facilement les marchandises authentiques.

La retenue est immédiatement notifiée au demandeur et au détenteur. Le


procureur de la République est également informé de la mesure par
l’administration de douanes.

La mesure retenue est levée de plein droit à défaut pour le demandeur, de


justifier auprès de l’administration des douanes soit de mesures conservatoires
décidées par la juridiction civile compétente, soit de s’être pourvu par la voie
civile ou correctionnelle et d’avoir constitué des garanties destinées à
l’indemnisation éventuelle du détenteur de marchandises au cas où la
contrefaçon ne serait pas ultérieurement reconnue.
21

Paragraphe 4 : L’action en contrefaçon

L’action en contrefaçon est l’action juridique qui permet à l’auteur de se protéger


contre les atteintes portées à son droit moral et patrimonial. Il s’agit d’une action
préservant le droit privatif de l’auteur.

A. Les moyens d’action

La juridiction peut ordonner, d’office ou à la demande de toute personne ayant


qualité pour agir en contrefaçon, toutes les mesures d’instruction légalement
admissibles, même si une saisie-contrefaçon n’a pas préalablement été ordonnée.

L’action en contrefaçon visant à protéger un droit privatif, c’est naturellement le


titulaire de ce droit qui va pouvoir agir. Le demandeur doit prouver qu’il est
bien titulaire des droits qu’il invoque. La prescription de l’action civile en
contrefaçon n’étant pas prévue par les textes, il convient d’appliquer la
prescription de droit commun.

Enfin, l’action pénale en contrefaçon se prescrit comme tout délit par six ans à
compter du jour où l’infraction a été commise. B. Les sanctions

En matière civile, la réparation du préjudice prend la forme de dommages et


intérêts.

Pour fixer leur montant, la juridiction prend en considération distinctement les


conséquences économiques négatives de l’atteinte aux droits, dont le manque à
gagner et la perte subis par la partie lésée, mais aussi le préjudice moral causé et,
enfin les bénéfices réalisés par l’auteur de l’atteinte aux droits, y compris les
économies d’investissements intellectuels, matériels et promotionnels que
celuici a retiré de l’atteinte aux droits.

En matière pénale, la contrefaçon d’ouvrages par exemple, est punie


d’emprisonnement et de fortes amendes.

Le tribunal peut, en outre, procéder à la fermeture temporaire ou définitive de


l’établissement ayant servi à commettre l’infraction. Il peut, également,
prononcer la confiscation de tout ou partie des recettes procurées par
l’infraction. Il a encore la possibilité de prononcer la confiscation des
exemplaires contrefaisants et du matériel spécialement installé en vue de la
réalisation du délit. Il peut aussi ordonner, aux frais du condamné, l’affichage du
jugement prononçant la condamnation ainsi que sa publication intégrale ou par
extrait dans les journaux.
22

DEUXIEME PARTIE
LE DROIT DES PROPRIETES INDUSTRIELLES.
Introduction
Poétiquement, on dira que la propriété industrielle s’épanouit avec des jolies
fleurs : les brevets, les marques, les dessins et modèles. Juridiquement, on
procédera dans la catégorie du droit : la propriété industrielle est une propriété.
Ici, la propriété est le droit de disposer de choses de la manière la plus absolue.

1. La propriété industrielle dans la propriété.

Si nous prenons l’image d’un arbre, la propriété industrielle est une branche de
la propriété intellectuelle. La propriété intellectuelle quant à elle, est une branche
de la propriété incorporelle qui se distingue de la propriété corporelle. La notion
de propriété sera au cœur de la matière.

2. La propriété industrielle dans la propriété intellectuelle.

En tant que propriété intellectuelle, la propriété industrielle est une propriété


incorporelle. Elle permet à son titulaire d’exploiter en exclusivité certains biens
immatériels créés par l’esprit mais aussi d’interdire leur usage ou leur
exploitation par autrui et de se défendre contre les usages ou exploitations non
autorisés.

3. La propriété industrielle dans toute sa diversité.


Cela suppose de la considérer dans sa diversité : au-delà de certaines
constantes, un régime spécifique s’applique en effet à chacun de droits de
propriété industrielle. La propriété industrielle est une, mais les droits de
propriété industrielle sont multiples : les brevets, les marques et signes
distinctifs, les dessins et modèles.
23

Chapitre I : Les droits des brevets d’invention

Le droit de brevet est un droit de propriété temporaire dépendant d’un dépôt


et portant sur des inventions qui sont des créations techniques.
Traditionnellement on estime que, sans brevet, il n’y a pas d’innovation, tout
au moins dans certains secteurs.

Section 1 : Définition et esprit du droit des brevets.

Paragraphe 1 : Droit de propriété temporaire.

En principe, l’Etat accorde à un inventeur un monopole d’une certaine durée


(selon la législation de chaque pays) pour commercialiser son invention et
une redevance annuelle. C’est du donnant donnant.

Paragraphe 2 : Un outil majeur de l’économie au service de l’innovation.

Si l’on prolonge l’idée du « donnant donnant », l’image d’un contrat social


entre les créateurs et la collectivité résume bien le principe du droit des
brevets. Par ce contrat social, la société offre un droit exclusif aux créateurs ;
ainsi, le brevet n’existe pas sans l’Etat. En contrepartie, les créateurs
innovent pour le bien de tous ; c’est du moins ce qu’on espère. On peut dire
que le brevet encourage l’innovation.

Section 2 : Historique du Droit des brevets.

Paragraphe 1 : D’où vient le droit de brevets

Le droit des brevets est historiquement lié au contexte économique lui-même


marqué par les évolutions techniques. L’idée semble apparaitre en Grèce au
siècle avant Jésus christ sous la forme d’un droit exclusif accordé aux cuisiniers
inventifs.
La première législation générale sur les brevets est édictée en Angleterre en
1624.

Paragraphe 2 : Où va le droit des brevets.


24

Au 21è siècle, l’harmonisation se poursuit au sein de l’Union européenne. Le


premier texte en la matière n’a toutefois pas envisagé le droit des brevets dans
son ensemble comme l’aurait fait une directive cadre.

Section 3 : Source du droit des brevets.

Paragraphe 1 : Source internationale

Pourquoi harmoniser le droit des brevets. Parce que le brevet est un titre
territorial. Il faut par exemple un brevet français pour obtenir une protection en
France et un brevet allemand pour obtenir une protection en Allemagne : autant
de titres que de pays et autant de systèmes juridiques différents. Avec la
mondialisation, l’harmonisation devient encore plus utile.

Paragraphe 2 : Sources nationales

C’est la loi numéro 82-001 du 7 janvier 1982 qui consacre la propriété


industrielle. C’est cette loi qui protège la propriété industrielle et fixe les
modalités de cette protection. Elle réglemente les conditions et modalités
d’octroi et d’enregistrement des œuvres et de l’exercice des droits et obligations
afférentes à l’usage de ces œuvres.
Dans d’autres pays, la France par exemple, les textes du droit des brevets sont
codifiés et rassemblés dans le code de la propriété intellectuelle (CPI). Sans
oublier la jurisprudence.
25

Chapitre II : Les conditions de brevetabilité

La brevetabilité est le caractère brevetable. Elle requiert la réunion de cinq


conditions :
1- Le brevet doit concerner une invention, c’est-à-dire une création
technique définie comme une solution technique à un problème
technique ;
2- L’invention doit être nouvelle ;
3- L’invention doit impliquer une activité inventive ;
4- L’invention doit être susceptible d’application industrielle ; 5- L’invention
doit être licite.
Ces conditions s’apprécient à la date de la demande de brevet.

Section I : Le brevet doit concerner une invention

Paragraphe 1 : L’invention est une création technique.

Le brevet porte toujours sur une invention. Le législateur sous-entend qu’il s’agit
d’une création technique. Plus précise, la jurisprudence estime que l’invention
est une solution technique apportée à un problème technique.

Paragraphe 2 : Exclusions.

Les découvertes ne sont pas brevetables. On doit bien les distinguer des
inventions. Par exemple la découverte d’un champignon nouveau n’est pas
brevetable. En revanche, l’invention d’un produit thérapeutique utilisant ce
champignon peut l’être.
- Les théories scientifiques et méthodes mathématiques sont trop abstraites
pour être brevetables.
- Les plans, principes et méthodes dans l’exercice d’activités intellectuelles
ou économiques et en matière de jeu sont également exclus de la
brevetabilité.
- Les programmes d’ordinateurs, autrement dit les logiciels ne sont pas non
plus brevetables. Toutefois, une calculatrice programmable est brevetable,
le logiciel étant alors un sous-ensemble de ce produit.
26

Section II : L’invention doit-être nouvelle

Paragraphe 1 : L’état de la technique

La nouveauté s’apprécie au regard de l’état de la technique. En effet, une


invention est considérée comme nouvelle si elle n’est pas comprise dans l’état
de la technique.
L’état de la technique est constitué par tout ce qui a été rendu accessible au
public. Il contient donc ce qu’on appelle les antériorités.

Paragraphe 2 : Comparaison de l’invention et de l’état de technique.

On apprécie la nouveauté dans le temps en comparant l’invention et l’état de la


technique :
- A la date du dépôt de la demande,
- Ou à la date de priorité en cas de demandes dans plusieurs pays.
On apprécie la nouveauté au regard de différences objectives en comparant là
encore l’invention et l’état de de la technique.

Section III : L’invention doit impliquer une activité inventive

Paragraphe 1 : Méthode : comparaison de l’activité inventive et de l’état de la


technique.

En plus d’être nouvelle, l’invention doit résulter d’une activité inventive. Or, une
invention est considérée comme impliquant une activité inventive si pour un
homme du métier, elle ne découle pas d’une manière évidente de l’état de la
technique.

Paragraphe 2 : L’auteur de la comparaison : l’homme du métier


L’homme du métier est un standard : C’est un personnage fictif de référence qui
se situe dans la moyenne et qui appartient au même secteur d’activité.

Paragraphe 3 : Critère de l’acivité inventive : la non-évidence.

L’activité inventive n’existe que si l’invention n’est pas évidente pour l’homme
du métier. La non évidence est le critère de l’activité inventive.
27

Section IV : L’invention doit être susceptible d’application industrielle.

En plus d’être nouvelle et de résulter d’une activité inventive, l’invention doit


être susceptible d’application industrielle, c’est-à-dire doit donc pouvoir être
fabriquée ou utilisée dans tout genre d’industrie.

Section V : L’invention doit être licite.

C’est une condition importante de brevetabilité. Ainsi, même si elle est


nouvelle ; qu’elle résulte d’une activité inventive et qu’elle et susceptible
d’application industrielle, une invention n’est pas brevetable si elle est illicite :
- Cas des inventions contraires à la dignité de la personne humaine, à
l’ordre public ou aux bonnes mœurs ;
- Cause de nullité : L’annulation d’un brevet peut résulter de la preuve de la
non brevetabilité, ou de l’insuffisance de la description ou de l’extension
au-delà du contenu de la demande.
28

Chapitre III : Procédure d’obtention du brevet.

La procédure d’obtention du brevet s’organise autour de la demande de brevet.


La personne physique ou morale procède d’abord au dépôt de la demande, en
suivant la voie nationale ou la voie internationale selon le cas.

Section I : Dépôt de la demande.

Paragraphe 1 : Choix du titre et de la voie de dépôt.

1- 3 titres différents.
- Brevet d’invention ; C’est un titre classique qui dure 8à ans maximum à
compter du dépôt de la demande.
- Le certificat d’utilité : C’est un titre également national mais beaucoup
moins utilisé (petit brevet).
- Le certificat complémentaire de protection ; C’est un titre qui succède au
brevet mais seulement dans le domaine pharmaceutique.

2- Deux voies de dépôt possibles.

A. Voie nationale
La voie nationale permet de déposer la demande de brevet auprès d’un
enregistrement national. La demande peut être déposée par une
personne morale ou physique.

B. Voie internationale.
29

La voie internationale existe depuis 1978 et connait un grand succès.


Elle facilite la procédure de dépôt de brevets dans 153 Etats signataires
du traité.

Paragraphe 2 : Le respect du formalisme

La demande est concrétisée par une requête :


- La requête doit être accompagnée par la description qui détaille
l’invention
- Les revendications définissent l’objet de la protection demandée.
- L’abrégé technique est le résumé des caractéristiques de l’invention.

Paragraphe 3 : Cohérence de la demande

La cohérence de la demande est importante et cette cohérence tient d’abord à


l’unité de l’invention. La demande de brevet ne peut concerner qu’une invention
ou une pluralité d’inventions liées entre elles de telle sorte qu’elles ne forment
qu’un seul concept inventif.

Section II : Procédure après la demande

Paragraphe 1 : Voie nationale

I. Instructions :
Une fois la demande déposée, la procédure se poursuit par une phase
d’instruction qui comporte quatre étapes.
1° Examen par les services compétents de la défense nationale permet
à l’Etat d’exproprier ou d’obtenir une licence d’office si l’invention
présente un intérêt pour la défense.
2° L’examen technique conduit à accepter ou à rejeter la demande. 3°
L’établissement du rapport de recherche conduit également à accepter
ou à rejeter la demande.
4° Publication de la demande intervient dans environ 18 mois après la
date de dépôt de la demande.

II. Délivrance : Si la demande est acceptée, le brevet est délivré.

Paragraphe 2 : Voie internationale


30

L’Organisation Internationale de la Propriété industrielle (OMPI) effectue un


examen de forme, puis transmet la demande aux offices d’enregistrement
concernés. Les procédures nationales suivent ensuite leur cours normal.

Chapitre IV : Titulaire du droit de brevet

Le droit au brevet est le droit de déposer la demande de brevet. Le droit de


brevet qui est un droit de propriété portant sur le brevet appartient au déposant
qui est le plus souvent une personne morale.

Section I : Droit au brevet et droit de brevet.

Paragraphe 1 : Le droit au brevet appartient à l’inventeur ou à son ayant cause.

Le droit au brevet est le droit de déposer la demande de brevet. Le droit au


brevet appartient à l’inventeur ou à son ayant cause qui peut être cessionnaire ou
héritier de l’inventeur.

Paragraphe 2 : Le droit de brevet appartient au déposant.

Le droit de brevet est le droit de propriété portant sur le brevet. Il appartient au


déposant, c’est-à-dire à celui qui effectue la demande de dépôt du brevet. En
pratique, le déposant est rarement l’inventeur personne physique. C’est le plus
souvent une personne morale.

Section II : Invention de salarié, fonctionnaire ou agent public.


31

Paragraphe 1 : Existence de dispositions spécifiques

Un sort spécial est réservé aux inventions de salariés, fonctionnaires et agents


publics, c’est-à-dire les chercheurs des universités et des organismes de
recherche. Des dispositions spécifiques tiennent compte de leur contexte
particulier. Par nature, ces inventions sont fortement liées à l’entreprise ou à la
collectivité publique qui emploient l’inventeur.

Paragraphe 2 : Contenu des dispositions spécifiques

I. Trois catégories d’invention.


A- Invention de mission.
Ce sont toutes les inventions faites par un salarié, un fonctionnaire
ou un agent de l’Etat dans l’exécution de son contrat comportant
une mission inventive qui correspond à ses fonctions effectives.
Ces inventions appartiennent à l’employeur sauf dispositions
contractuelles plus favorables au salarié, fonctionnaire ou agent de
l’Etat.
B- Invention hors missions attribuables
Elles sont périphériques au contrat de travail, mais reliées à
l’entreprise d’une façon ou d’une autre.
Elles appartiennent au salarié, fonctionnaire ou agent de l’Etat,
mais l’employeur peut s’en faire attribuer la propriété ou la
jouissance, c’est pourquoi elles sont dites attribuables.
C- Inventions hors missions non attribuables
Lorsqu’elles n’ont aucun lien avec l’entreprise, ce qui est rare,
les inventions hors mission ne sont pas attribuables à
l’employeur et sont dites non attribuables. Elles appartiennent
alors au salarié.

II. Mise en place d’une procédure de classement.


Elle permet de classer les inventions dans l’une des trois catégories
précitées.

Section III : Cas de l’invention de stagiaire.

Le stagiaire n’est ni salarié, ni fonctionnaire ni agent public. Les textes


spécifiques précités ne sont pas applicables, on recourt au droit commun.
Le droit au brevet appartient par conséquent au stagiaire inventeur ou à son
ayant cause.
32

Chapitre V : Droits et obligations du brevet.

Le droit de brevet est un droit d’exploitation qui comporte diverses prérogatives


patrimoniales définies largement. Il est limité dans le temps. Le brevet a des
droits mais aussi des obligations.

Section I : Droits du brevet.

Paragraphe 1 : Territorialité des droits

Le brevet est limité dans l’espace. Il s’étend sur un champ géographique délimité
qui est le territoire de l’Etat qui a délivré le titre. On dit qu’il obéit au principe de
territorialité. Ce qui signifie qu’il nait et vit dans un certain espace avec un
certain droit. Exemple : un brevet national délivré en RDC permet d’obtenir une
protection en RDC et le brevet est régi par le droit congolais.

Paragraphe 2 : Durée des droits


33

Le brevet est limité dans le temps déterminé par les textes. On considère que
cette limitation est justifiée par la finalité sociale du brevet ; il est socialement
utile que l’invention puisse tomber dans le domaine public au bout d’un temps
raisonnable. Tomber dans le domaine public signifie ne plus faire l’objet d’une
propriété privée et appartient à tous. Des copies sont alors possibles.
L’invention ne peut pas être exploité par un tiers sans autorisation pendant le
délai de protection. Le breveté peut librement décider d’abandonner le brevet au
bout d’une ou plusieurs années.

Paragraphe 3 : Contenu des droits

I. Des prérogatives patrimoniales.


Le droit de brevet est un droit de propriété. Il confère un droit
d’exploitation lequel comporte diverses prérogatives patrimoniales
largement définies.
- Pour les brevets de produits, les droits principaux sont les droits de
fabrication et de mise sur le marché.
- Pour les brevets de procédés, les droits principaux sont des droits
d’utilisation et d’offre d’utilisation du procédé ainsi que le droit
d’utilisation et de mise sur le commerce du produit obtenu par le procédé.

II. Etendue de la protection.


L’étendue de la protection conférée par le brevet est déterminée par les
revendications
Pour un brevet de produit comprenant un produit non existant, la
portée du brevet est celle du produit en tant que tel.
Pour un brevet portant sur une invention biotechnologique, c’est-à-dire
sur les technologies du vivant, la portée du brevet est également liée à
la fonction revendiquée.

Paragraphe 4 : Copropriété des droits

La copropriété est une modalité de la propriété ; le droit de propriété appartient


alors à plusieurs personnes notamment :
- Lorsque plusieurs déposants font une demande de brevet commune ;
- Lorsque plusieurs héritiers recueillent la succession d’un brevet ;
- Lorsqu’un propriétaire cède une partie de son brevet ;
- Lorsque la décision de justice reconnait la copropriété d’un brevet à la
suite d’une action en revendication.

Section II : Obligations du breveté.


34

Paragraphe 1 : Obligation de paiement des redevances annuelles

C’est l’une des particularités du droit de brevet et cela le distingue du droit


d’auteur. Le breveté doit payer les annuités s’il souhaite éviter la déchéance de
son brevet.

Paragraphe 2 : Obligation d’exploitation

Le titulaire doit également exploiter l’invention brevetée par sa fabrication par


exemple dans un délai de trois ans après la délivrance du brevet.

CHAP. VI. LES DROITS RESULTANT DU BREVET


(Etendue de la protection)
Un brevet confère à son titulaire des droits d’exploitation exclusifs qui
impliquent le droit d’interdire aux tiers d’utiliser l’invention sans autorisation
préalable (droit d’interdiction). Le titulaire du brevet a également le droit de
céder ou donner en licence le brevet, ainsi que d’agir en cas d’atteinte portée à
son droit. Le demandeur d’un brevet jouit également de certains droits, même
avant que le brevet ne lui soit effectivement délivré.
Section 1. Un droit d’exploitation exclusif
Un brevet confère à son titulaire un droit d’exploitation exclusif, temporaire,
territorial et limité, sur une invention. Le titulaire du brevet est la seule personne
habilitée à exploiter l’invention, c’est-à-dire à utiliser, produire, vendre, importer
ou exporter l'invention.
35

Ce droit est toutefois soumis à certaines exceptions et limitations.


En pratique, cela signifie que le titulaire d’un brevet peut interdire à tout tiers
d’accomplir un certain nombre d’actes sans son autorisation. Les actes qui sont
réservés au titulaire du brevet sont énumérés à l’article 27 de la loi sur les
brevets d’invention. Le titulaire du brevet peut ainsi interdire :

• Fabrication, l’offre, la mise dans le commerce, l’utilisation, l’importation


d’un produit sur lequel porte un brevet!
• l’utilisation d’un procédé sur lequel porte le brevet ou, lorsque le tiers sait
ou lorsque les obtenu directement par le procédé sur lequel porte le brevet
;
• la livraison des moyens de mise en œuvre d’une invention protégée,
lorsque le tiers sait ou lorsque les circonstances rendent évident que ces
moyens sont aptes ou destinés à cette mise en œuvre. Par contre ces
moyens peuvent être fournis à la personne qui a reçu du titulaire du brevet
l’autorisation de l’exploiter. En outre cette interdiction ne s’applique pas
si les moyens en question sont des produits qui se trouvent couramment
dans le commerce.
Les produits qui sont obtenus au moyen d’un procédé protégé par un brevet
tombent également dans le champ de a protection par le brevet portant sur le
procédé.
Un brevet belge accorde une protection sur le seul territoire belge. Pour obtenir
une protection dans d’autres pays, il faut déposer une demande de brevet dans
ces pays soit par le biais d’une procédure nationale dans chacun de ces pays, soit
par le biais d’une procédure d’enregistrement d’un brevet européen ou d’une
demande internationale de brevet. Par conséquent une invention qui est protégée
par un brevet à l’étranger n’est pas protégée en Belgique par ce brevet.
Cession et licence
Le titulaire du brevet peut céder son brevet (et même sa demande de brevet) à
des tiers, soit en totalité soit partiellement. Une cession du brevet doit être faite
par écrit à peine de nullité. En outre, la cession ne sera opposable aux tiers que si
elle est inscrite au Registre des brevets. Pour ce faire, la cession du droit de
brevet doit être communiquée à l ’Office de la Propriété Intellectuelle et doit être
accompagnée :

• d’une preuve de l’acte de cession (ou d’un extrait de l’acte) ;  de la


preuve du paiement des taxes.
Le titulaire du brevet (ou le titulaire d’une demande de brevet) peut aussi opter
pour l’octroi d’une licence sur le brevet. Une licence donne l’autorisation à des
36

tiers d’utiliser ou d’exploiter l’invention, en totalité ou en partie, de manière


exclusive ou non, tout en laissant la propriété du brevet au titulaire du brevet.
Ces licences doivent être écrites, à peine de nullité et, pour être opposables aux
tiers, elles doivent êtres transcrites dans le Registre des brevets.
Pour ce faire il faut :
• communiquer la licence à l ’Office de la Propriété Intellectuelle au moyen
du formulaire suivant (PDF
• payer la taxe (DOC, 70 Kb) requise ;
• déposer une copie ou un extrait du contrat de licence.
Ce n’est pas seulement l’existence d’un contrat de cession ou de licence qu’il
faut signaler à l’OPRI mais également tout autre changement de statut du brevet
(par exemple un changement de nom ou d’adresse du titulaire, la constitution
d’un gage ou d’un usufruit sur le brevet). Pour tous ces changements, des
formalités doivent être accomplies ainsi qu’il est expliqué dans cette brochure.
Le titulaire du brevet et le cessionnaire ou le preneur de licence sont libres de
déterminer le contenu du contrat de cession ou de licence (prix, durée, étendue
territoriale, limitations, modalités de contrôle, etc.). Le droit de la concurrence
impose toutefois certaines restrictions.

Protection contre les atteintes au brevet.


Quand un tiers commet une atteinte au droit du brevet, c’est-à-dire lorsqu’il
effectue un acte couvert par le brevet sans autorisation et sans qu’une exception
ne soit applicable, le titulaire du brevet peut le poursuivre en justice pour
contrefaçon.
Préalablement à la délivrance du brevet
Le demandeur d’un brevet a la possibilité d’agir devant les tribunaux contre des
tiers qui utiliseraient son invention sans son autorisation, même avant que le
brevet ne soit délivré. Si l’acte d’utilisation correspond à un acte non autorisé
par le brevet, le tiers peut être condamné au paiement d’une indemnité équitable
et provisoire qui pourra être confirmée lors de la délivrance définitive du brevet.
Cette possibilité n’est ouverte au demandeur qu’après la publication de la
demande de brevet ou dès la notification d’une copie de cette demande de brevet
au tiers concerné.
Si le brevet n’est finalement pas délivré ou s’il ne couvre pas l’exploitation
réalisée par le tiers, ce dernier pourra demander la restitution de l’indemnité
qu’il a payée. Publications
37

• Changement de statut des brevets et certificats complémentaires de


protection
Réglementation

• Loi du 28 mars 1984 sur les brevets d’invention (MB 09.03.85)


Services en ligne

 Formulaire: déclaration de concession d’une licence notification à l’office


de la Propriété Intellectuelle
Section 2 : Limitation territoriale
Étant un droit de propriété, le droit conféré par un brevet est nécessairement
limité au pays où i1 a été obtenu, et ce même s’il existe ce qu'on appelle des
"brevets régionaux'' ou des "demandés de brevets internationales", Ainsi, un
brevet canadien n’est bon que sur le territoire du Canada et n'a aucune valeur
aux ÉtatsUnis ou en Europe. En effet, comment le gouvernement du Canada (ou
celui de n’importe quel autre pays) pourrait-il octroyer un titre de propriété sur
un territoire qui n'est pas le sien.

Plusieurs pays se sont regroupés pour faciliter les procédures de dépôt et


d'examens des demandes de brevets. Ainsi la Convention du brevet européen
dont sont membres la quasi-totalité des pays de l’Europe de l’Ouest, permet le
dépôt d'une seule demande en vue, d'obtenir une protection dans tous les pays.
Ceci a l’avantage de simplifier les procédures notamment d'examen. Toutefois,
dès que le brevet européen est accepté, il se doit d'être validé dans le trois (3)
mois qui suivent dans chacun des pays membres pour y être valide et opposable,
ceci impliquant la nomination d’un mandataire local, le dépôt d'une traduction
dans la langue du pays et, il va sans dire, le paiement de taxes. il en est de même
des demandes internationales, qui se doivent d'être couvertes en demandes
nationales quelques mois après leur dépôt, Section 3 : Limitation dans le
temps
La propriété conférée par un brevet est également temporaire. En fait, dans la
quasi-totalité des pays du monde où une récente uniformisation des droits, des
propriétés intellectuelles s'est effectuée dans le cadre des derniers accords du
GATT, un brevet n'est valide que pour une période maximale de vingt (20) ans
commençant à compter de la date de dépôt de la demande,
Paragraphe 1 : Exclusivité – droit négatif
Comme n'importe quel titre de propriété, le brevet confère des droits à son
propriétaire. Ces droits sont un monopole exclusif d’exploitation de la
technologie dans le pays où le brevet a été obtenu. Par monopole exclusif
38

d’exploitation, on entend une exclusivité de fabrication, de vente, d’utilisation et


même d’importation. D’un point de vue, le droit conféré par un brevet est un
droit essentiellement négatif. La délivrance d’un brevet ne donne pas le droit à
son propriétaire d’exploiter l’invention, mais plutôt le droit d’empêcher les
autres d’exploiter cette même invention. Ainsi le fait d’obtenir un brevet au
Canada sur un nouveau médicament ne donne pas automatiquement le droit au
titulaire du brevet de commercialiser le médicament en question. Pour cela, il
faut qu’il ait reçu l’approbation du Ministère de la Santé. Par contre, ce brevet
donne le droit à son titulaire d’empêcher toute autre société pharmaceutique de
fabriquer ou importer et vendre le médicament au Canada.
Section 4 : Pourquoi le brevet ?
Comme on vient de le voir, le brevet est un droit de propriété octroyé à un
inventeur ou son ayant droit. Une question vient donc immédiatement à l’esprit.
Qu’est-ce qui peut pousser le gouvernement d’un pays à octroyer un tel privilège
à un des membres de la collectivité qu’il gère, cette question et particulièrement
pertinente dans les pays comme les nôtres, anciennement appelés ‘‘
capitalistes‘‘, où la libre concurrence est supposée être la règle et où tout entrave
au commerce et réputée interdite.
Dans le monde dans lequel nous vivons, l'altruisme est une vertu extrêmement
rare et presque personne n'aime se compliqué la vie pour le simple plaisirs de le
faire pour vous de rendre service à la collectivité, à moins bien sûr d’y trouver
certains avantages.
Comment donc convaincre un inventeur ou une entreprise de se donner, la peine
de développer et lancer commercialement de nouvelles technologies, si ce n’est
en lui donnant et une certaine forme de récompense en échange.
Ceci a été reconnu depuis plusieurs centaines d'années. Et à justifier l'octroi de
ce qu'on appelait dans les temps des ‘‘lettre patentes’’ et de ce qu'on appelle
aujourd'hui, dans nos pays du brevet d’invention.
De par sa nature le brevet d'invention équivaut donc une forme de contrat passé
entre, d'une part, un inventaire qui a travaillé ou participer au développement
d'une nouvelle technologie utile, qui a réussi et qui aimerait pouvoir ‘‘amortir’’
les coûts de ses recherches et, d'autre part le public est représenté par le
gouvernement, qui, lui est intéressé à bénéficier des technologies nouvelles et à
pouvoir en faire usage pour améliorer son bien-être. Comme dans tout contrat,
les deux parties ont des droits et des obligations. Le gouvernement, de son coté,
accorde à l’inventeur ou à son ayant droit un monopole exclusif de fabrication,
de vente et d’usage de de l’invention dans tout le pays, pour une durée de 20 ans
à compter du dépôt de la demande, avec droit de poursuivre tout contrefacteur
39

devant les tribunaux. De son coté, en considération de ce monopole temporaire,


l’inventeur s’engage à dévoiler en détail et par écrit son invention et la façon
dont celle-ci fonctionne afin de permettre au public de la comprendre, de
pouvoir la reproduire et d’en bénéficier librement une fois le monopole expiré.
Dans certains pays comme le Canada, l’inventeur est en autre tenu d’exploiter
son invention dans les trois (3) années qui suivent la délivrance de son brevet,
sous peine d’être obligé d’accorder des licences à des tiers qui les réclameraient
et seraient en position d’exploiter. Ceci est prévu dans la Loi afin que nul ne
puisse obtenir en toute impunité un brevet dans le seul but d’éviter la mise en
marche de son invention et par conséquent d’en priver le public.
On a parlé plous haut du fait que le brevet est essentiellement un titre national.
On a aussi évoqué une nette tendance à une harmonisation mondiale en matière
de brevets, notamment à la suite de la dernière ‘‘ronde’’ du GATT.
Qu’en est-il réellement ?
Paragraphe 1 : Les conventions internationales en matière de brevets En fait, dès
la fin de XIXe siècle, il s’est avéré nécessaire d’établir des règles et d’harmoniser
les pratiques en matière de brevets à travers le monde.

La convention de l’Union
La première Convention qui fut signée à cet effet est toujours en vigueur. Elle est
connue sous le nom de Convention de l’Union. Cette Convention a été signée à
Paris en 1883 et regroupe actuellement plus de 100 pays membres. Incluant la
quasi-totalité des pays développés qu’ils soient de l’Est ou de l’Ouest.
Cette première Convention a établi deux grandes règles : une de Droit et une de
pratique.
La règle de Droit est que chacun des pays membres de la Convention doit
accorder aux résidants des autres pays membres les mêmes droits qu’il accorde à
ses propres résidants, à savoir le même type de brevet et la même protection. En
d’autres mots, un Allemand ou un Japonais déposant un brevet au Canada se
verra accorder les mêmes droits et la même protection que n’importe quel
Canadien. Inversement, un Canadien déposant brevet en Allemagne ou au Japon
aura les mêmes droits que n’importe quel Allemand ou Japonais. Ceci n’est pas
du tout évident et n’existe pas dans de nombreux autres domaines (comme par
exemple pour le remboursement des soins hospitaliers).
La seconde règle qui a été établie est l’octroi d’un délai d’un an, dit de
‘‘priorité’’ à n’importe quel déposant dans n’importe quel pays membre pour
étendre sa protection dans les autres pays. Si cette extension de protection est
faite en dedans de cette année prioritaire commençant à partir de la date de dépôt
40

de la première demande dans le pays d’origine, les autres pays où l’extension est
faite devront reconnaitre la date de dépôt de cette première demande comme
date de dépôt chez eux également. Il y a donc une certaine forme de
rétroactivité des droits à la date du premier dépôt effectué.
Comme on peut donc le comprendre, cette seconde règle ne signifie pas qu’une
protection est octroyée au déposant d’une première demande de brevet dans les
100 pays membres. Elle accorde uniquement le droit à étendre sa protection à
l’intérieur d’un délai d’un an dans les 100 pays de propriété sur l’invention mais
une option à un tel droit, étant entendu que l’inventeur ou son ayant droit doit
amorcer des démarches dans chacun des pays membres de la Convention qui
l’intéressent, en s’adaptant à la Loi et à la longue de chacun des pays étrangers
qui l’intéresse.
Paragraphe 2 : La Convention du brevet européen et les autres Conventions
analogues.
La suite logique que l’on pouvait imaginer à cette première Convention est
l’établissement d’autres Conventions réduisant les formalités que représente le
dépôt de brevets dans de nombreux pays différentes.
Une Convention a été adoptée dans ce sens il y a de très nombreuses années par
les pays africains ‘‘nés’’ lors de l’indépendance des anciennes colonies
françaises. Selon cette Convention, entrée en vigueur en 1964, un seul dépôt
effectué à Yaoundé, au Cameroun, établit un droit dans tous les pays signataires.
Le second ‘‘regroupement’’ a été établit lors de l’adoption de la Convention du
brevet européen, maintenant signée par 18 pays de l’Europe de l’Ouest, en fait
tous sauf la Norvège.
Selon cette Convention qui est en vigueur depuis 1979, on peut procéder au
dépôt d’une demande unique dite de brevet européen, en français, en anglais ou
allemand au choix. Cette demande subit un seul examen à l’Office européen des
brevets, à Munich. Une fois acceptée, elle donne lieu à l’octroi d’un certificat de
brevet européen que son propriétaire peut alors faire homologuer comme tel
dans chacun des pays membres qui l’intéressent, sans autre examen
supplémentaire amis moyennant certaines formalités comme le dépôt d’une
traduction littérale, la nomination d’un mandataire local et le paiement d’une
taxe. Il n’est donc plus obligatoire de déposer une demande de brevet dans
chacun des pays où l’on veut être protégé et d’y subir l’examen requis pour
obtenir la délivrance du brevet.
On constate toutefois qu’in n’existe pas de brevet européen en tant que tem,
puisqu’on doit effectuer une homologation du certificat de brevet européen une
41

fois celui-ci octroyé dans chaque pays. Ceci provient du faut que tous les pays
membres ont voulu conserver leur souveraineté en matière de propriété.
On parle actuellement de la possibilité prochaine de délivrer des ‘‘brevets
communautaires’’, qui seraient émis pour le pays de l’Union européenne sans
devoir faire appel à une procédure d’homologation pays par pays. Toutefois ceci
est encore à l’état de projet.
Il convient de signaler que des regroupements du même type existent entre
plusieurs pays résultant de l’ex-URSS, et plusieurs pays africains anglophones.
Toutes ces conventions sont ouvertes à tous les déposants, quelle que soit leur
nationalité.

Paragraphe 3 : Le Traité de coopération en matière de brevets


Une autre Convention importante dans le domaine des brevets est le Traité de
coopération en matière de brevets, plus connu sous son abréviation anglaise de
‘‘PCT’’. Ce traité qui regroupe plus de 70 pays incluant la totalité des pays de
l’Europe de l’Ouest et de l’Est, les États-Unis, le Mexique, le Brésil, le Japon, la
Corée, la Chine, l’Australie, la Nouvelle Zélande, etc., a été ratifié par le Canada
en 1990.
Le but de ce traité est de rendre plus simple et soi-disant plus économique
l’obtention de brevets sur une même invention dans plusieurs pays, en réduisant
la répétition des taches normalement effectuées dans chaque pays (réduction,
dépôt, examen, etc.)
Pour atteindre ce but, le PCT prévoit le dépôt d’une seule et unique demande,
dite demande internationale, qui peut être effectuée dans n’importe quel pays
membres, en une seule langue, avec un seul type de brevets. Cette demande
internationale, une fois déposée, a le même effet que des demandes nationales
qui auraient été déposées dans tous les pays désignés lors du dépôt international.
En pratique, il existe deux phases de procédure. La première, dite phase
internationale consiste dans le dépôt proprement dit de la demande internationale
qui subit un examen préliminaire de forme se voit accorder une date par les
autorités du Bureau des brevets du pays où a eu lieu ce dépôt. Lors de ce dernier,
le demandeur doit également désigner les autres pays membres du traité om il
veut obtenir une protection.
Une copie de la demande est alors expédiée à l’Office mondial de la propriété
industrielle (OMPI) à Genève à tire de preuve. Une autre copie de cette demande
est simultanément expédiée à un organisme chargé d’effectuer une recherche en
nouveauté expédiée à un organisme chargé d’effectuer une recherche en
42

nouveauté. Cet organisme est constitué en pratique par un Bureau des brevets de
pays membres désignés comme ‘‘Administration chargée de la recherche
internationale’’. Parmi ces pays désignés, on peut citer les États-Unis, l’Union
soviétique, le Japon, la Suède et l’Office européen des brevets qui s’occupe des
demandes internationales déposées au Canada (c’était le seul à pouvoir offrir un
service bilingues). Ce Bureau des brevets désigné va émettre un rapport de
recherche dont copie est envoyée à l’OMPI et le déposant à la liberté de modifier
ses revendications au vu des antériorités localisées. Une copie de cet
amendement est également envoyée à l’OMPI et est valide dans tous les pays
désignés lors du dépôt.
Dans les vingt(20) mois suivant la date de priorité ou dix-huit (18) mois suivant
la date de dépôt international si celui-ci est effectué à la limite de délai
prioritaire mentionné ci-dessus, le Demandeur doit entrer dans la phase dite
nationale, c’està-dire faire ‘‘homologuer’’ officiellement sa demande
internationale dans chacun des pays qu’il a désignés lors du dépôt, ce qui
implique de payer des taxes locales, fournir des traductions, nommer des agents
dans chacun des pays, etc… Alternativement, le demandeur peut demander le
déclenchement d’un examen dit international, où la brevetabilité de son
invention sera réellement examinée en détail au vu de l’antériorité localisée au
cours de la recherche. Si un tel examen et réclamé, l’homologation dans les pays
désignés est reportée de dix (10) mois (pour laisser le temps à l’examen d’être
effectué).
Dans tous les cas, on se retrouve de toute façon avec des démarches à effectuer,
des traductions à préparer et des taxes à verser dans les pays désignés à l’origine,
qui, en autre, en sont pas obligés de reconnaitre et peuvent validité du rapport de
recherche et de l’examen international et peuvent donc recommencer leur propre
examen en fonction de leur exigence locale.
On peut donc se demander quels sont les avantages d’un tel dépôt international
dans le cadre du PCT. A notre avis, ceux-ci sont doublés.
Tout d’abord, le dépôt d’une demande internationale permet de gagner du temps
(8 mois ou 18 mois selon que l’on demande ou non l’examen, qui viennent
s’ajouter au 12 mois du délai de priorité internationale). Ce gain de temps peut
avoir deux utilités : ‘‘sauver’’ les droits d’un inventeur qui a ‘‘oublié’’ sa date de
priorité internationale ou qui attend ou cherche du financement pour
l’extension de sa protection à l’étranger ; et permettre à ce même inventeur de
compléter des essais, tests ou analyses sur son invention et de là pouvoir
déterminer avant de faire trop de frais si une extension de protection à l’étranger
est souhaitable.
43

Par ailleurs, le dépôt d’une demande internationale conduit automatiquement à


une recherche en nouveauté, ce qui permet de déterminer ou confirmer si
l’invention est réellement nouvelle et, de là, brevetable. Cela permet de tenir
compte de toute antériorité pertinente dans la rédaction des revendications, ceci
étant extrêmement utile dans le cas des pays où il n’y a pas d’examen.

Conclusion
Lorsqu’on parle d’invention, l’on songe très souvent aux inventeurs farfelus ou
aux créateurs d’inventions géniales et spectaculaires, comme MM. PASTEUR,
MARCONI, BELL, etc… il faut cependant noter qu’à coté de ces grandes
inventions, il y a une infinité de petits perfectionnements tout à fait intéressants
et utiles, qui sont apportés chaque jour à nos connaissances techniques.
Lorsqu’un inventeur découvre un nouveau produit ou un procédé accomplissant
mieux ou à meilleur compte une tache donnée les concurrents sont
immédiatement menacés de subir une perte à moins de copier avec les risques
d’être accusé de contrefaçon et devoir payé des dommages ou encore de
découvrir un autre procédé ou un produit encore meilleur, à un prix
concurrentiel. Le ‘‘génie inventif’’ est donc stimulé pour trouver encore mieux
sans enfreindre le brevet, donnant sa signification au vieil adage : ‘‘En industrie,
qui ne progresse pas recule’’. Il s’ensuit que le brevet, au lieu de devenir un
instrument exclusivement monopolisateur, stimule souvent la concurrence et
favorise la découverte d’autres méthodes, ou d’autres produits toujours meilleurs
ou moins chers. Dans tous le cas, c’est le public qui en bénéficie. Chacun de ces
perfectionnements peut paraitre modeste en lui-même ; mais quand il est
appliqué à des milliers d’objets, il se trouve en quelque sorte multiplié à l’infini ;
il prend une place considérable dans l’industrie et constitue, de ce fait, un apport
considérable pour la société. C’est ce qui motive le gouvernement à octroyer des
brevets.
44

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

ALLEAUME C, 2008 : Propriété Intellectuelle, Monchrétien, Co « Cours »

BINCTIN N. LGDJ 2010 : Droit de la Propriété Intellectuelle.

GALLOUX J.C. 2003 : Droit de la Propriété Industrielle, 2è éd. DALLOZ ;


Coll. « Cours

GAUTIER P-Y, 2010 : Propriété Littéraire et Artistique ; PUF ; 7è éd.

MOUSSERN J- M1984 ; 1984 : Traité des Brevets, LITEC, Coll. « CEIPI »

Protéger les Innovations de demain, INPI ; dans la Documentation Française,


2003.

VIVANT M. BRUGUIERE J. M., 2003 : Droit d’auteurs, Dalloz, Coll. « Précis


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