Année Scolaire 2009–2010
Lycée Guez De Balzac
MATHÉMATIQUES MPSI
. .
DS N˚4
Samedi 05/12/2009 (4h)
Les candidats sont invités à porter une attention particulière à la rédaction: les copies illisibles ou mal
présentées seront pénalisées. La référence des questions doit obligatoirement être mentionnée et les
résultats doivent être encadrés .
La calculatrice et les formulaires sont interdits.
1
Problème 1
On considère R = (O, →
− − , →
ı ,→
−
k ) un repère orthonormé direct de l’espace usuel. Pour tout réel m, on
considère l’ensemble S m d’équation cartésienne :
p
S m x 2 + y 2 + z 2 − 2mz 2 + m 2 − 2 = 0
On appelle aussi E l’ensemble des points vérifiant l’équation :
E x2 + y 2 = z2 + 2
On note enfin P le plan d’équation y = 0, c’est à dire le plan (xOz).
Q1) Démontrer que, pour tout réel m, S m est une sphère dont on déterminera le centre et le rayon.
Q2) Montrer que l’intersection de P et de E est une conique G, dont on déterminera la nature et les
asymptotes éventuelles.
Q3) Représenter dans le plan P la conique G.
Q4) Donner l’excenticité ainsi que les coordonnées du ou des foyer(s) dans le repère R de la conique
G.
Q5) Pour tout θ ∈ R, on définit la droite (Dθ ) ayant pour système d’équations cartésiennes :
p
x − z cos(θ) = 2 sin(θ)
(Dθ ) :
y − z sin(θ) = −p2 cos(θ)
Pour tout θ ∈ R, déterminer un point et un vecteur directeur de la droite (Dθ ).
On choisira un vecteur directeur dont la troisième coordonnée est égale à 1.
Q6) Soit θ et m deux réels quelconques. Prouver que la droite (Dθ ) est tangente à la sphère S m .
Q7) Montrer que pour tout θ ∈ R, la droite (Dθ ) est incluse dans E .
Q8) Réciproquement, montrer que si M est un point de l’ensemble E de coordonnées (x, y, z) dans le
repère R, alors il existe un réel θ tel que M appartienne à la droite (Dθ ).
Q9) Que peut-on déduire des deux questions précédentes ?
(Mines de sup 2009, épreuve commune, extrait)
Problème 2
n (−1)k
∑
Pour n ∈ N, on pose S n = , u n = S 2n et v n = S 2n+1 .
k=0 k!
Partie I : convergence de (S n )
2
Q1) a) Montrer que (u n ) et (v n ) sont strictement monotones et que lim u n − v n = 0. Conclusion ?
1
b) En déduire que la suite (S n ) converge vers une limite ` et que 3 < ` < 21 .
1
c) Montrer que ∀n ∈ N, |S n − `| É .
(n + 1)!
d) À partir de quelle valeur de n est-on sûr que S n est une valeur approchée de ` à 10−3 près ?
p
Q2) Dans cette question, on montre par l’absurde que ` est irrationnel. On pose ` = q avec p, q ∈ N∗ .
1
a) Soit n Ê q, montrer que |n!S n − n!`| É et que n!S n − n!` est un entier.
n +1
b) En déduire que pour n Ê q on a S n = ` et montrer que ceci est absurde.
Partie II : calcul exact de `
Q1) Montrer que pour x Ê 0 on a 1 − x É e −x .
Q2) En intégrant l’inégalité 1 − t É e −t sur [0; x], montrer que pour x Ê 0, on a :
x2
1 − x É e −x É 1 − x + .
2
Q3) En déduire pour n ∈ N et x Ê 0 :
∑ (−x)k
2n+1 ∑ (−x)k
2n+2
É e −x É .
k=0 k! k=0 k!
Q4) Montrer que :
1
S 2n+1 É É S 2n+2
e
en déduire la valeur exacte de `.
Partie III : généralisation
n (−x)k
∑
Soit x positif et S n (x) = .
k=0 k!
x n+1
Q1) Montrer que |S n (x) − e −x | É (indication : utiliser la partie II Q3)).
(n + 1)!
Q2) En déduire que lim S n (x) = e −x .
n→+∞
Q3) Montrer que pour x ∈ R+ , on a 0 É e x − 1 É xe x .
Q4) En déduire que pour n ∈ N, on a :
x n+1
0 É e x − S n (−x) É e x
(n + 1)!
Q5) Que dire alors de la limite de la suite (S n (−x)) ?
3
MPSI 2009–2010 DS N˚4: Corrigé
Problème 1
2 2
p 2 2
p de S m s’écrit : x p+ y + (z − m 2) = 2 + m , on reconnaît l’équation de la sphère de centre
Q1) L’équation
C(0, 0, m 2) et de rayon R = 2 + m 2 .
Q2) Un point M(x, y, z) est dans P ∩ E ssi x 2 + y 2 = z 2 + 2 et y = 0, ce qui équivaut à y = 0 et x 2 − z 2 = 2, soit
→− x2 z2 p
dans le repère (O, →
−
ı , k ) du plan P : 2 − 2 = 1 avec a = b = 2, on reconnaît l’équation réduite d’une
a b
hyperbole équilatère de centre O, ses asymptotes sont les deux bissectrices du repère.
Q3) Dans le plan P :
.z
.4
.3
.2
.1
p p
−
. 2 .0 . . 2 .x
.−4 .−3 .−2 −
. 1 .0 .1 .2 .3 .4
.−1
.−2
.−3
.−4
p
Q4) D’après le cours on a c = a 2 + b 2 = 2, les foyers sont donc F(2, 0, 0) et F0 (−2, 0, 0).
Q5) En posant z = t on a une repréentation paramétrique de (Dθ ) :
p
= 2 sin(θ) + t cos(θ)
x p
y = − 2 cos(θ) + t sin(θ)
z =t
p p
Un point de cette droite est Aθ ( 2 sin(θ), − 2 cos(θ), 0) et un vecteur directeur est →
−
u θ (cos(θ), sin(θ), 1).
Q6) La droite est tangente à la sphère S m ssi il y a un seul point commun. Notons M(t ) le point de la droite (Dθ )
de paramètre t :
(p )2 ( p )2 p
M(t ) ∈ S m ⇐⇒ 2 sin(θ) + t cos(θ) + − 2 cos(θ) + t sin(θ) + t 2 − 2mt 2 + m 2 − 2 = 0
p
⇐⇒ 2t 2 − 2mt 2 + m 2 = 0
p m2
⇐⇒ t 2 − m 2 + =0
2
( )2
m
⇐⇒ t − p =0
2
m
⇐⇒ t = p
2
4
Il y a bien un seul point commun, la droite (Dθ ) est donc tangente à la sphère S m .
Q7) Notons M(t ) le point de la droite (Dθ ) de paramètre t :
(p )2 ( p )2
x2 + y 2 − z2 − 2 = 2 sin(θ) + t cos(θ) + − 2 cos(θ) + t sin(θ) + t 2 = 0
On en déduit que M(t ) ∈ E et donc la droite (Dθ ) est incluse dans l’ensemble E .
p
Q8) Si M(x, y, z) ∈ E alors x 2 + y 2 = z 2 + 2 donc les complexes
p i θ x + i y est z − i 2 ont le même
p module, par
conséquentp il existe θ un réel tel que x + i y = (z − i 2)e , ce qui donne : x = z cos(θ) + 2 sin(θ) et y =
z sin(θ) − 2 cos(θ), ce qui signifie que le point M est sur la droite (Dθ ).
Q9) On déduit des deux questions précédentes que l’ensemble E est exactement la réunion de toutes les droites
∪
(Dθ ) : E = Dθ . Cet ensemble E est un hyperboloïde à une nappe :
θ∈R
Problème 2
PARTIE I
1 1
Q1) a) u n+1 − u n = S 2n+2 − S 2n = − < 0, donc :
(2n + 2)! (2n)!
la suite (u n ) est strictement décroissante
1 1
v n+1 − v n = S 2n+3 − S 2n+1 = − + > 0 donc :
(2n + 3)! (2n + 1)!
la suite (v n ) est strictement croissante
.
1
u n − v n = S 2n − S 2n+1 = −→ 0. Les deux suites sont adjacentes, elles
(2n + 1)! n→+∞
convergent donc vers une même limite `
5
b) On a lim S 2n = ` et lim S 2n+1 = `, d’après un théorème du cours, on peut affirmer que lim S n = ` . Pour
tout entier n on a v n < ` < u n , en particulier, on a v 1 < ` < u 1 i.e. S 3 < ` < S 2 ce qui donne :
1 1
3 <`< 2
1
c) On a toujours ` compris entre S n et S n+1 , donc |S n − `| É |S n+1 − S n | = .
(n + 1)!
1 1
Q2) a) Comme |S n − `| É il est clair que |n!S n − n!`| É .
(n + 1)! n +1
(−1)k n!
Pour tout entier k compris entre 0 et n, n! est un multiple de k! et donc est un entier, on en
k!
n!p
déduit que n!S n ∈ Z et que n!` = ∈ Z, donc n!S − n − n!` ∈ Z .
q
1
b) Si n Ê q alors < 1 et donc |n!S n − n!`| est un entier positif strictement inférieur à 1, donc n!S n −
n +1
n!` = 0, i.e. S n = ` . Cela voudrait dire que les suites (u n ) et (v n ) sont stationnaires à partir d’un certain
rang ce qui est absurde car elles sont strictement monotones. Par conséquent :
` est irrationnel
PARTIE II
∫x ∫x
−t
Q1) Si t Ê 0 on a e −t É 1 donc si x Ê 0 alors e dt É 1 d t c’est à dire 1 − e −x É x ou encore :
0 0
1 − x É e −x
∫x ∫x
x2 x2
Q2) a) On en déduit pour x positif : [1−t ] d t É e −t d t ce qui donne x − É 1−e −x d’où e −x É 1−x + ,
0 0 2 2
par conséquent :
x2
1 − x É e −x É 1 − x +
2
Q3) Par récurrence sur n : l’encadrement
∫x ∫x [2n+2 ] vrai pour n = 0, supposons le démontré au rang n, alors pour x
est
∑ (−t )k
∑
2n+2 x k+1
positif on a e −t d t É d t ce qui donne 1 − e −x É (−1)k c’est à dire [en posant
0 0 k=0 k! k=0 (k + 1)!
∑ (−x)p
2n+3
p = k + 1], 1 − e −x É − ou encore :
p=1 p!
∑ (−x)p
2n+3
É e −x
p=0 p!
∫x [2n+3
∑
] ∫x
(−t )p ∑
2n+3 x p+1
On en déduit que dt É e −t d t ce qui donne 1 − e −x Ê (−1)p c’est à dire [en
0 p=0 p! 0 p=0 (p + 1)!
k
∑ (−x)
2n+4
posant k = p + 1], 1 − e −x Ê − ou encore :
k=1 k!
∑ (−x)k
2n+4
e −x É
k=0 k!
6
1
Q4) En prenant x = 1 on obtient exactement S 2n+1 É É S 2n+2 on sait que les suites (S 2n+1 ) et (S 2n+2 ) tendent
e
1
vers `, donc d’après le théorème des gendarmes on a ` = .
e
PARTIE III
Q1) a) D’après II Q3), entre deux termes consécutifs de la suite (S n (x)) il y a le réel e x , d’où :
¯ ¯ n+1
¯S n (x) − e −x ¯ É |S n (x) − S n+1 (x)| É x
(n + 1)!
xn x n+1
b) On sait (cours) que x n est négligeable devant n! donc lim = 0, d’où lim = 0 et par consé-
n! (n + 1)!
quent :
lim S n (x) = e −x
n→+∞
Q2) a) On sait que pour x positif, on a 1 É e x et 1 − x É e −x d’où en multipliant par e x : e x − xe x É 1 et donc :
0 É e x − 1 É xe x
b) Par récurrence sur n, la formule est vraie au rang n = 0, supposons la vraie au rang n, on a donc pour
t ∈ [0, x] :
∑n tk t n+1 t t n+1 x
0 É et − É e É e
k=0 k! (n + 1)! (n + 1)!
en intégrant de 0 à x (par rapport à t ) il vient :
∑n x k+1 x n+2 x
0 É ex − 1 − É e
k=0 (k + 1)! (n + 2)!
c’est à dire avec un changement d’indice :
∑
n+1 xk x n+2 x
0 É ex − É e
k=0 k! (n + 2)!
c’est la formule au rang n + 1.
xn x n+2
c) On sait que x n est négligeable devant n! donc lim = 0, d’où lim = 0 et par conséquent :
n! (n + 2)!
lim S n (−x) = e x
n→+∞