Année Scolaire 2008–2009
Lycée Guez De Balzac
MATHÉMATIQUES MPSI
DS N˚2
Samedi 11/10/2008 (4h)
Les candidats sont invités à porter une attention particulière à la rédaction: les copies illisibles ou mal
présentées seront pénalisées. La référence des questions doit obligatoirement être mentionnée et les
résultats doivent être encadrés .
La calculatrice et les formulaires sont interdits.
1
Problème 1
Partie I
Soit α un nombre réel. Résoudre sur R l’équation différentielle :
y 00 − 2αy 0 + y = t e αt
Partie II
On considère l’équation différentielle :
x 2 y 0 + |x|y = x 3
Q1) Résoudre cette équation sur ]0; +∞[.
Q2) Résoudre cette équation sur ] − ∞; 0[.
Q3) Déterminer les solutions sur R.
Problème 2
Soit R = (O, →
−
u ,→
−
v ) un repère orthonormé direct du plan, et C le cercle trigonométrique.
Partie I
Soient U, V, W et S quatre points distincts deux à deux de C et d’affixes respectives u, v, w, s.
Q1) Montrer que :
−−→ −−→ −−→ −−→
(OU , OV ) = (OS , OW ) (mod 2π) ⇐⇒ v s = uw
Vérifier que ceci est encore vrai lorsque V = S.
−−→ −−→ −−−→ −−→ −−→ −−→
Q2) a) Démontrer que (OU , OV ) = 2(WU , SV ) + (OS , OW ) (mod 2π).
b) En déduire que les deux cordes (SV) et (UW) sont parallèles si et seulement si v s = uw.
Q3) Le diamètre parallèle à (SV) coupe le cercle C en deux points d’affixes z 0 et −z 0 . Montrer que
−z 02 = sv.
Q4) Montrer que les deux cordes (SV) et (UW) sont perpendiculaires si et seulement si v s = −uw.
Partie II
Dans la suite du problème, on considère A, B, C trois points distincts de C d’affixes respectives a, b
et c. On note M, N, T les pieds des hauteurs de ABC issues respectivement des A, B, C.
2
.1
.C
→
−
.v .A
.T
.B
.M . .O
→
−
.u .1
.N
.C
Q1) Soit E d’affixe b + c. Faire une figure, placer E et construire H tel que AHEO soit un parallèlo-
gramme. Quelle est l’affixe h de de H ?
Q2) Montrer que (AH) et (BC) sont perpendiculaires. En déduire que H est l’orthocentre du triangle
ABC.
−−→ −−→
Q3) Montrer que OH = 3OG où G est le centre de gravité du triangle ABC. (La droite passant par O, G
et H est appelée droite d’Euler.)
Q4) Soit A0 le milieu du segment [AH] et I le milieu de [BC]. Montrer que A0 HIO est un parallèlogramme
dont le centre O0 est le milieu de [OH]. Préciser l’affixe de O0 et montrer que IO0 = 21 .
Q5) Montrer que le cercle de centre O0 et de rayon 1
2 passe par les pieds de hauteurs du triangle ABC,
par les milieux des côtés et par le milieu des segments [AH], [BH] et [CH]. (Ce cercle est appelé cercle
des neufs points ou cercle d’Euler.)
Partie III
La droite (AH) coupe le cercle C en P, la droite (BH) coupe ce même cercle en Q et la droite (CH)
coupe le cercle en R. Les affixes seront notées respectivement : p, q, r .
Q1) À l’aide de la partie I, montrer que p = − bc
a
, q = − ac
b
et r = − ab
c
.
−−→ −−→ −−→ −−→
Q2) À l’aide de la partie I, montrer que (OR , OA ) = (OA , OQ ) (mod 2π).
−−→ −→ −→ −−→
Q3) En déduire que (PR , PA ) = (PA , PQ ) (mod π), puis que H est le point de concours de bissectrices
intérieures ou extérieures du triangle PQR.
−−→ −−→ −−→ −−→
Q4) Montrer que (HB , HC ) = (PC , PB ) (mod π). En déduire que P est le symétrique de H par rapport
à la droite (BC).
Q5) En déduire les affixes m, n, t des points M, N, T.
Partie IV
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Soit F un point quelconque de C . Les projetés orthogonaux de F sur (AB), (BC) et (CA) sont notés
respectivement J, K, L.
Q1) Faire une figure. Montrer que les points : C, F, L, K sont cocycliques, ainsi que les points : B, F, J, K.
Q2) En partant de la relation :
−→ −−→ −→ −−→ −−→ −−→
(KJ , KL ) = (KJ , KF ) + (KF , KL ) (mod 2π)
montrer que J, K, L sont alignés. (Cette droite s’appelle droite de Simson.)
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MPSI 2008–2009 DS N˚2: Corrigé
Problème 1
Partie I
• C’est une équation différentielle linéaire d’ordre deux à coefficients constants.
• L’équation caractéristique est : x 2 − 2αx + 1 = 0, le discriminant réduit est ∆0 = α2 − 1 d’où la discussion :
– Si α = ±1 alors il y a une racine double λ = α à l’équation caractéristique. Les solutions de l’équation homo-
gène sont donc :
y : t 7→ (a + bt )e αt avec a, b ∈ R
p
Si α ∈] − ∞[∪]1; +∞[ : il y a deux racines réelles à l’équation caractéristique, λ1 = α −
– p α2 − 1 et λ2 = α +
α2 − 1. Les solutions de l’équation homogène sont donc :
y : t 7→ ae λ1 t + be λ2 t avec a, b ∈ R
p p
– Si α ∈] − 1; 1[ : il y a deux racines complexes non réelles, λ1 = α − i 1 − α2 et λ2 = α + i 1 − α2 . Les solutions
de l’équation homogène sont donc :
p
y : t 7→ e αt [cos(ωt ) + b sin(ωt )] avec a, b ∈ R et ω = 1 − α2
• On cherche ensuite une solution particulière de la forme y 0 (t ) = Q(t )e αt avec Q(t ) un polynôme, en rempla-
çant dans l’équation, on obtient : Q00 + (1 − α2 )Q = t , d’où la discussion :
t t e αt
– Si α ∉ {−1; 1} alors Q(t ) = 1−α2
et y 0 (t ) =
1 − α2
t3 t 3 αt
– Si α = ±1 alors Q00 = t , on peut prendre Q(t ) = 6 et y 0 (t ) = e .
6
• On obtient les solutions générales en ajoutant les solutions de l’équation homogène à y 0 .
Partie II
C’est une équation différentielle linéaire d’ordre 1, dont le coefficient de y 0 s’annule en 0.
Q1) Sur ]0; +∞[ l’équation devient : y 0 + x1 y = x.
λ
• L’équation homogène est : y 0 = − x1 y et ses solutions sont les fonctions y H : x 7→ λe − ln(x) = x avec λ ∈ R.
• On cherche une solution particulière de la forme y 0 = λϕ avec λ une fonction dérivable et ϕ(x) = x1 (mé-
thode de la variation de la constante). En remplaçant dans l’équation on obtient λ0 = ϕ(x)
x
= x 2 , on peut
x3 x2
donc prendre λ(x) = 3 et donc y 0 (x) = 3
• Les solutions sur ]0; +∞[ sont les fonctions :
x2 λ
y : x 7→ + avec λ ∈ R
3 x
Q2) Sur ] − ∞; 0[ l’équation devient : y 0 − x1 y = x.
• L’équation homogène est : y 0 = x1 y et ses solutions sont les fonctions :
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y H : x 7→ λe ln(|x|) = λ|x| = βx avec β = −λ ∈ R
• On cherche une solution particulière de la forme y 1 βϕ avec β une fonction dérivable et ϕ(x) = x (méthode
de la variation de la constante). En remplaçant dans l’équation on obtient :
x
β0 = =1
ϕ(x)
on peut donc prendre β(x) = x et donc y 1 (x) = x 2 .
• Les solutions sur ] − ∞; 0[ sont les fonctions :
y : x 7→ x 2 + βx avec β ∈ R
Q3) Solution(s) sur R : soit y une fonction définie sur R, alors :
y est solution sur ] − ∞; 0[
y(x) = x 2 + βx si x < 0
y est solution sur ]0; +∞[
y(x) = x3 + λx si x > 0
2
y est solution ⇐⇒ ⇐⇒
y vérifie l’équation avec x = 0
y(0) quelconque
y est dérivable sur R
y est dérivable sur R
Pour que cette fonction soit continue en 0 à droite, il est nécessaire que λ = 0 (sinon on aura une limite
2
infinie), ce qui donne y(x) = x3 , ce qui entraîne y(0) = 0 et y 0 (0) = 0.
La limite à gauche en 0 est bien nulle, mais la dérivée à gauche en 0 est égale à β, il est donc nécessaire que
β = 0. Finalement il n’y a qu’une solution sur R, c’est la fonction :
(
x2
si x > 0
y : x 7→ 3
x si x 6 0
2
Problème 2
Partie I
Q1) On a :
−−→ −−→ −−→ −−→ v w
(OU , OV ) = (OS , OW ) (mod 2π) ⇐⇒ Arg( ) = Arg( ) (mod 2π)
u s
vs
⇐⇒ Arg( ) = 0 (mod 2π)
uw
∗
⇐⇒ ∃k ∈ R+ , v s = kuw
⇐⇒ v s = uw , car |v s| = |uw| = 1
Que les points soient distincts ou non, n’intervient pas dans cette question.
Q2) a) D’après la propriété de l’angle au centre :
−−→ −−→ −−−→ −−→
(OU , OV ) = 2(WU , WV ) (mod 2π)
−−−→ −−→ −−→ −−→
= 2(WU , SV ) + 2(SV , WV ) (mod 2π)
−−−→ −−→ −−→ −−→
= 2(WU , SV ) + 2(VS , VW ) (mod 2π)
−−−→ −−→ −−→ −−→
= 2(WU , SV ) + (OS , OW ) (mod 2π)
6
b) On en déduit que :
−−−→ −−→
(SV) est parallèle à (UW) ⇐⇒ (WU , SV ) = 0 (mod π)
−−−→ −−→
⇐⇒ 2(WU , SV ) = 0 (mod 2π)
−−→ −−→ −−→ −−→
⇐⇒ (OU , OV ) = (OS , OW ) (mod 2π)
⇐⇒ v s = uw
Les cordes (SV) et (UW) sont parallèles ssi v s = uw.
V S
O
A
B
U
W
Q3) Soit A le point d’affixe z 0 et B celui d’affixe z 0 , la corde (AB) est parallèle à la corde (SV) donc d’après la
question précédente, on a :
v s = −z 02 .
Q4) Les points U 0 (i u) ey W 0 (i w) sont également sur le cercle C , ce sont respectivement les images de U et W
par la rotation de centre O et d’angle π2 . Par conséquent, les cordes (SV) et (UW) sont perpendiculaires si et
seulement si les cordes (SV) et (U 0 W 0 ) sont parallèles c’est à dire ssi v s = i ui w , ce qui donne :
v s = −uw.
Partie II
−−→ −−→ −−→ −−→ −−→
Q1) Le point E est défini par la relation OE = OB + OC . Le point H est défini par la relation AH = OE et donc
l’affixe de H est :
h = a + b + c.
−−→ −−→ −−→ −−→
Q2) L’affixe de AH est z = b + c, celui de BC est z 0 = c − b, on a donc AH · BC = Re(zz 0 ) = Re[(b + c)(c − b)] =
|c|2 − |b|2 = 1 − 1 = 0, donc :
les droites (AH) est (BC) sont perpendiculaires.
De la même façon (permutation sur les lettres a, b et c) on montre que (BH) et (AC) sont perpendiculaires,
ainsi que (CH) et (AB), donc :
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H est l’orthocentre du triangle ABC.
−−→
Q3) Le centre de gravité a pour affixe g = 13 (a +b +c), donc l’affixe du vecteur 3OG est a +b +c, par conséquent :
−−→ −−→
OH = 3OG .
−−→ −−→ −−→ −→ −→
Q4) A0 H = 12 AH = 12 OE = OI car l’affixe de OI est 12 (b + c), on en déduit que :
A0 HIO est un parallèlogramme.
Le centre de celui-ci est le point de concours des diagonales, c’est aussi leur milieu, c’est donc le milieu de
[OH], c’est à dire O0 (qui est aussi le milieu de [AI]). L’affixe de O0 est :
h a+b+c
z= 2 = 2 .
−−→
L’affixe de IO0 est a+b+c
2 − a+c a
2 = 2 , comme |a| = 1, on a bien :
IO0 = 12 .
Q5) Le cercle (C 0 ), de centre O0 et de rayon 21 passe donc par I, mais O0 est aussi le milieu de [A0 I], ce cercle passe
donc également par A0 . Le triangle IA0 M est rectangle en M, donc le cercle (C 0 ) passe aussi par le point M. En
permutant les lettres a, b et c, (ce qui ne change pas le point H, donc ce qui ne change pas O0 ni la distance
O0 I), on en déduit que :
(C 0 ) passe par les pieds des hauteurs du triangle ABC, par les milieux des côtés et par les milieux des
segments [AH], [BH] et [CH].
T A
B A0
H
O0
M O
I N
Partie III
Q1) Les cordes (AP) et (BC) sont perpendiculaires, d’après la partie I, on a bc = −ap, soit :
p = − bc
a
Par permutation circulaire, on en déduit q = − cba et r = − ab
c .
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Q2) D’après la question précédente, on a r q = a 2 , donc d’après la première question de la partie I, les points A,
Q et R étant sur le cercle, (C ), on a :
−−→ −−→ −−→ −−→
(OR , OA ) = (OA , OQ ) (mod 2π)
Q3) On en déduit, d’après la propriété de l’angle inscrit, que :
−−→ −→ 1 −−→ −−→
(PR , PA ) = (OR , OA ) (mod π)
2
1 −−→ −−→
= (OA , OQ ) (mod π)
2
−→ −−→
= (PA , PQ ) (mod π)
−−→ −−→ −−→ −−→
Les points P, H et A étant alignés, on en déduit que (PR , PH ) = (PH , PQ ) (mod π) et donc H est sur l’une
Par permutation circulaire, il en va de même pour les deux autres
des deux bissectrices de l’angle QPR.
et PRQ,
angles géométriques : RQP donc :
H est le point de concours de bissectrices intérieures ou extérieures du triangle PQR.
Q4) L’égalité demandée a lieu modulo 2π en réalité, en effet :
−−→ −−→ b−p
(PC , PB ) = Arg( ) (mod 2π)
c −p
b(a + c)
= Arg( ) (mod 2π)
c(a + b)
b a +c
= Arg( ) + Arg( ) (mod 2π)
c a +b
−−→ −−→ −−→ −−→
= (OC , OB ) + (CH , BH ) (mod 2π)
−−→ −−→ −−→ −−→
= 2(PC , PB ) − (BH , CH ) (mod 2π)
−−→ −−→ −−→ −−→
= 2(PC , PB ) − (HB , HC ) (mod 2π)
et donc on a :
−−→ −−→ −−→ −−→
(HB , HC ) = (PC , PB ) (mod 2π)
Soit H0 le symétrique de H par rapport à la droite (BC), comme une symétrie orthogonale « transforme » un
−−→ −−−→ −−→ −−→
angle orienté en son opposé, on a (H0 B , H0 C ) = −(HB , HC ) (mod 2π) et donc :
−−→ −−−→ −−→ −−→
(H0 B , H0 C ) = (PB , PC ) (mod 2π)
−−→ −−→
= (AB , AC ) (mod π) car A, B, C, P sont cocyliques
D’où la discussion :
– Si P = B ou H0 = B : le triangle ABC est rectangle en B, dans ce cas H0 = H = P = B.
– Si P = C ou H0 = C : le triangle ABC est rectangle en C, dans ce cas H0 = H = P = C.
– Sinon : les quatre points P, B, C, H0 sont alignés ou cocycliques, or P, B et C sont sur le cercle (C ), donc H0
aussi. Finalement, H0 est sur la droite (AH) = (AP) et le même arc de cercle que P d’extrêmités B et C, donc
H0 est à l’intersection, c’est à dire :
H0 = P
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Q5) On en déduit que M est le milieu du segment [HP], d’où :
m = 12 (a + b + c − bc
a )
puis par permutation circulaire : n = 21 (a + b + c − cba ) et t = 12 (a + b + c − ab
c ).
Partie IV
F
A
K
B J
O L
C
C
et CLF
Q1) Les angles CKF d sont droits, donc les quatre points C, K, L, F sont sur le cercle de diamètre [CF]. De
d sont droits, donc les quatre points B, K, F, J sont sur le cercle de diamètre [BF].
même, les angles BKF et BJF
Q2) On a :
−→ −−→ −→ −−→ −−→ −−→
(KJ , KL ) = (KJ , KF ) + (KF , KL ) (mod 2π)
−→ −→ −−→ −−→
= (BJ , BF ) + (CF , CL ) (mod π) (cocyclicité)
−−→ −→ −−→ −−→
= (BA , BF ) + (CF , CA ) (mod π)
−−→ −−→ −−→ −−→
= −(CF , CA ) + (CF , CA ) (mod π)
= 0 (mod π)
−−→ −→ −−→ −−→
Car les points A, B, C, F étant cocycliques, on a (BA , BF ) = (CA , CF ) (mod π). On en déduit que :
Les points J, K et L sont alignés.
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