Exercices – Mouvements dans un champ de forces
centrales conservatives, mouvement Newtonien
Exercice 1: Masse de la terre
En faisant l’hypothèse que la lune effectue un mouvement circulaire autour de la terre (hypothèse
justifiée car l’excentricité de la trajectoire lunaire est de 0,0549), de période T = 27, 32 jours et
de rayon RL = 384 400 km, calculer la masse de la terre en appliquant le PFD.
Donnée: G = 6, 67.10−11 N.m2 .kg −2 . Rép. : MT ≃ 6, 0.1024 kg.
Exercice 2 : Vitesse de libération
La vitesse de libération est caractérisée par une énergie mécanique (trajectoire parabolique)
nulle du point matériel de masse m étudié (dans le référentiel « astrocentrique ») à la surface de
l’astre de rayon R et de masse M : G = 6, 67.10−11 N.m2 .kg −2
Calculer la vitesse de libération (ou vitesse d’« évasion ») à la surface des astres suivants, dont
les masses et les rayons respectifs sont :
1) pour la Lune : ML = 7, 4.1022 kg et RL = 1 700 km,
2) pour Mars : MM a = 6, 4.1023 kg et RM a = 3 400 km,
3) pour Mercure : MM e = 3, 3.1023 kg et RM e = 2 440 km.
1 m.M
Rép. : Em = mvl2 − G =0 vl,L = 2, 4 km.s−1 ; vl,M a = 5 km.s−1 ; vl,M e = 4, 2 km.s−1 .
2 R
Exercice 3 : Satellite Phobos et Déimos de Mars
La planète Mars (masse MM = 6, 24.1024 kg) possède deux sa-
tellites naturels, Phobos et Déimos, considérés comme des asté-
roïdes en raison de leur petite taille et de leur forme irrégulière.
La distance moyenne du centre de ces satellites au centre de Mars
est rP ≃ 9 379 km pour Phobos et rD ≃ 23 459 km pour Déimos.
1) Calculer les vitesses de satellisation vP et vD de Phobos et
Déimos. (Orbites circulaires)
2) En déduire leurs périodes de révolution respectives TP et TD ,
en jours, heures, minutes, secondes.
T2
3) Vérifier que le rapport 3 est indépendant du satellite. Quelle
r Phobos
est l’expression littérale de ce rapport en fonction de MM ?
Rép : 1) vP = 6, 67 km.s−1 ; vD = 4, 21 km.s−1 ; 2) TP = 8 835 s = 2 h 27 min 15 s ; TD =
TP2 2
TD
35 010 s = 9 h 43 min 31 s ; 3) 3
rP
= 9, 46.10−14 s2 .m−3 ; 3
rD
= 9, 49.10−14 s2 .m−3 ; 3e loi de
T2 4π 2
Képler : a3
= GMM avec a = r pour une trajectoire circulaire.
Exercice 4 : Vitesse d’un lanceur selon la latitude
Les lanceurs (ou fusées) sont tirés dans l’espace depuis des
bases situées à des latitudes λ variées : Cap Canaveral aux
États-Unis (λ1 = 28, 5◦ ), Pletsek en Russie (λ2 = 63◦ ),
Baïkonour dans le Kazakhstan (λ3 = 46, 3◦ ), Tanegashima
au Japon (λ4 = 30, 5◦ ) et Kourou en Guyane Française
(λ5 = 5, 2◦ ). RT = 6 400 km.
La fusée étant fixée au sol, calculer la norme v de sa vitesse,
par rapport au référentiel géocentrique R0 = T x0 y0 z0 due
−
→
à la rotation uniforme de la Terre, de vecteur rotation Ω =
ωT −
→e S→N et de vitesse angulaire ωT = 7, 29.10−5 rad.s−1
autour de son axe sud-nord. Commenter.
Rép : v1 = 410 m.s−1 ; v2 = 212 m.s−1 ; v3 = 323 m.s−1 ; v4 = 402 m.s−1 ; v5 = 465 m.s−1 .
1-TSI 1
Exercice 5 : Étude des planètes
1) Première loi de Kepler : « Dans le référentiel de Képler, une planète (point M , masse m)
décrit une ellipse de foyer le soleil (point S, masse MS ) ».
En choisissant correctement la direction des axes Sx et Sy, l’équation polaire d’une telle trajec-
p c 2
p = ba
toire est : r =
1+e os
avec e =
a
G = 6, 67.10−11 N.m2 .kg −2 .
a est de demi grand-axe ; b le demi petit-axe ; c = ΩS ; p le paramètre et e l’excentricité.
L’excentricité e, comprise entre 0 et 1, donne une
indication précise de la forme de la trajectoire. Plus er M (RK) y
v
l’excentricité est grande, plus l’ellipse est écrasée ; r
eθ
au contraire, une excentricité de zéro est celle d’un θ
cercle (r = a = b = p). A F’ Ω x
S P
L’aphélie (A) est le point de la trajectoire le plus a
b
éloigné du soleil et le périhélie (P ) le point le plus
proche. a c
→ Montrer que : rA = a(1 + e) et rP = a(1 − e)
Les planètes du système solaire ayant une excentricité faible (voire très faible), par la suite, nous
ferons toujours l’approximation d’un mouvement circulaire de centre S et de rayon R pour leurs
trajectoires (a ∼
= b ≡ R).
Planète Mercure Vénus Terre Mars Jupiter Saturne Uranus
Excentricité 0,2056 0,0068 0,0167 0,0934 0,0484 0,0542 0,0472
Période (ans) 0,241 0,615 1 1,88 11,9 29,5 84,0
2) Rappeler la définition du référentiel héliocentrique.
3) En appliquant le PFD, déterminer la vitesse v de la planète en fonction de G, MS et R.
T2
4) Troisième loi de Kepler : « 3 = Cte pour toutes les planètes »
a
T2
4.a) Démontrer que la valeur de 3 est identique pour toutes les planètes (redémontrer la
R
troisième loi de Kepler).
4.b) Application de la troisième loi de Képler : Calculer numériquement les valeurs de R en ua
(unité astronomique) pour toutes les planètes sachant que pour la terre, R ≡ 1 ua.
4.c) Autre application de la troisième loi de Kepler : Sachant que 1 an = 365, 25 jours et
1 ua = 1, 49.108 km, déterminer la masse MS du soleil.
5) Calculer alors la valeur numérique de la vitesse v de la terre dans le référentiel héliocentrique.
Exercice 6 : Orbite géostationnaire (télécommunications, télévision, météo)
Un corps se trouvant sur une orbite géostationnaire possède une période de révolution égale à la
période de rotation de la Terre sur elle-même (24 h). Il paraît immobile par rapport à la surface
de la Terre. L’orbite est [Link] maintien nécessite des manœuvres de correction d’orbite
consommant des ergols , leur épuisement étant la cause principale de fin de vie du satellite. Au
1er janvier 2005, on dénombrait 1 124 objets de plus d’1 m sur l’orbite géostationnaire. Parmi
eux, 346 seulement sont des satellites opérationnels !
La ceinture de Van Allen est, pour simplifier, à une altitude comprise entre 2000 km et 22 000 km.
Elle est constituée de particules chargées piégées dans le champ magnétique terrestre qui aveuglent
les équipements des satellites.
La masse de la terre est MT = 6.1024 kg et son rayon RT = 6 400 km.
1) En appliquant le PFD, déterminer le rayon R de l’orbite, puis son altitude h, et vérifier qu’il
n’est pas dans la ceinture de Van Allen.
2) Déterminer les formules donnant la vitesse et l’énergie en fonction de G, R, msat et MT .
3) En orbite, un réservoir d’appoint du satellite explose et lui procure la vitesse v = 6 km.s−1 .
Est-ce suffisant pour l’arracher à l’attraction terrestre ?
4) Chute du satellite
4.a) En admettant que les deux formules établies en 2) restent correctes par la suite, déterminer
la loi donnant l’évolution de R au cours du temps dans le cas du frottement du satellite dans
−
→
l’atmosphère (de masse volumique ρ) : f = −kρ− →
v . On utilisera le théorème de l’énergie méca-
nique.
2 1-TSI
4.b) Dans le cas d’un satellite spot (msat = 2 tonnes) de coefficient k = 1, 35.105 uSI, à 822 km
d’altitude la masse volumique de l’air est ρ = 3.10−14 kg.m−3 . Calculer de combien de mètres le
satellite chute en 1 jour.
4.c) S’il évoluait à 250 km d’altitude, la masse volumique de l’air serait ρ = 6, 8.10−11 kg.m−3 .
Effectuer le même calcul et conclure.
1 MT .msat 6
Rép. : 1) R = 42 300km ; h = 35 900 km ; 2) Em = − 2 G R ; 3) Em = msat .(8, 5.10 ) > 0 ;
2kρ
4.a) R(t) = R(0).exp − m sat
.t ; 4.b) ∆z = −2, 5 m/jour ; 4.c) ∆z = −5, 3 km/jours
Exercice 7 : Transfert d’orbite
On veut transférer un satellite S de masse m initia-
lement sur une orbite circulaire basse de rayon r1 = (3)
6 400+500 km (autour de la Terre de masse MT ) à une
orbite circulaire haute de rayon r2 = 6 400+36 000 km.
Pour cela, on utilise une ellipse de transfert (de A à B)
dite ellipse de Hohmann dont la Terre est un foyer. Terre
Données : masse de la Terre : MT = B A
5, 97.1024 kg ; constante de gravitation universelle : r2 O
G = 6, 67.10−11 N.m2 .kg −1 .
r1
1) Exprimer et calculer la vitesse v1 du satellite sur (2) (1)
l’orbite basse.
2) Exprimer l’énergie mécanique du satellite Em1 sur
sa trajectoire basse.
3) Exprimer l’énergie mécanique du satellite Em3 sur l’ellipse de transfert.
4) Que faire pour que le satellite au point A passe de sa trajectoire circulaire initiale à l’ellipse
de Hohmann ?
Exprimer et calculer l’écart de vitesse ∆vA = vA,(3) − vA,(1) nécessaire.
5) Quelle action faut-il avoir sur le satellite en B pour qu’il passe sur l’orbite circulaire haute ?
Exprimer et calculer l’écart de vitesse ∆vB = vB,(2) − vB,(3) nécessaire.
6) Exprimer et calculer la durée du transfert (entre A et B).
r
GMT Ep1 1 GMT m
Rép : 1) v1 = = 7 600 m.s−1 ; 2) Em1 = −Ek1 = =− < 0;
r1 r 2 2 r1
GMT m 2r2
3) Em3 = − < 0 ; 4) ∆vA = v1 − 1 ≃ 2 370 m.s−1 ;
r1 + r2 r r 1 + r 2
r
GMT 2r1
5) En posant v2 = vB,(2) = : ∆vB = v2 1 − ≃ 1 440 m.s−1 ;
r2 r1 + r2
π
6) ∆tA→B = √ (r1 + r2 )3/2 ≃ 5 h 21 min
2 2GMT
Exercice 8 : Distance minimale de passage d’un astéroı̈de
Le référentiel géocentrique R0 = Ox0 y0 z0 est supposé galiléen, et on néglige les effets gravita-
tionnels du Soleil.
Un astéroïde de masse m et de taille négligeable par
rapport à la masse MT de la Terre est repéré en M0 , à
une distance très grande de la Terre où on supposera
que son influence gravitationnelle est négligeable. On
mesure son vecteur vitesse − →
v0 = −v0 −e→
x0 , porté par
la droite (M0 x0 ) telle que la distance du centre de
la Terre à (M0 x0 ) est b (b est le « paramètre d’im-
pact »).
−−−−→
1) Montrer que Em (M ) et LO/R0 (M ) se conservent. Exprimer les deux constantes du mouvement
en fonction des données initiales.
2) Exprimer l’énergie potentielle effective Ep,eff (r) en fonction de m, MT , et LO .
1-TSI 3
3) Déterminer la distance minimale rm in à laquelle l’astéroïde passe du centre de la Terre et
donner la condition de non collision. On utilisera très utilement le potentiel effectif.
−−−−→ −−−→
Rép : 1) Em = 12 mv02 ; LO/R0 (M ) = OM0 × m− →v0 = mbv0 −
e→
z0 ;
r
2
LO b2 v04
[Link] GMT
2) Ep,eff = Em − 21 mṙ2 = 2mr 2 − G r ; 3) r min = v2
1 + G2M 2
− 1
0 T
Exercice 9 : Expérience de Rutherford
L’expérience de Rutherford est l’expérience historique qui
a établi le caractère lacunaire de la matière, l’essentiel de
la masse d’un atome étant concentrée dans un noyau très
petit devant les dimensions de l’atome.
On se propose d’étudier la déviation angulaire ϕ de la tra-
jectoire d’une particule α par un noyau massif de masse M
et de charge Ze. Une particule α est un noyau d’hélium de
masse m et de charge 2e (ion hélion).
La particule α arrive avec une vitesse −
→
v =v −
0
→e et une ordonnée b loin du noyau, situé à l’origine
0 x
des coordonnées.
1) En supposant la masse M suffisamment grande pour que le noyau massif reste pratiquement
immobile, déterminer deux constantes du mouvement de la particule α.
2) En déduire que le mouvement est plan, et déterminer la vitesse − →
v1 loin du noyau massif, après
l’interaction.
3)
3.a) Montrer que la composante selon e− → de l’accélération de la particule α peut s’exprimer en
y
fonction de θ et de θ̇, où r et θ représentent les coordonnées polaires de la particule α dans le
plan de la trajectoire.
3.b) Déterminer la composante selon − →
ey de −
→
v1 et en déduire l’angle de déviation ϕ.
4) On répète l’expérience de Rutherford en envoyant sur une cible fixe dans le référentiel du
laboratoire et constitué par une très mince feuille d’or, des hélions d’énergie E0 = 5 M eV . On
supposera la masse des atomes d’or grande devant la masse des hélions. On observe une déviation
des hélions atteignant 150◦ au maximum.
4.a) Calculer la valeur minimale bmin du paramètre d’impact.
4.b) Calculer la plus petite distance d’approche r0 d’un hélion et d’un noyau d’or, lorsque le
paramètre d’impact a pour valeur bmin . En déduire une borne supérieure de la valeur du rayon
du noyau de l’atome d’or.
Donnée : Numéro atomique de l’or Z = 79.
ϕ 2Ze2
Rép : 3.b) tan = ; 4.b) bmin = 6, 17.10−15 m ; 4.b) r0 = 4, 5.10−14 m.
2 4πǫ0 mbv02
1-TSI 4