Théorème de Cauchy-Lipschitz global
Pierron Théo
5 janvier 2014
Théorème Soit I un intervalle, t0 ∈ I, x ∈ Rn et f : I × Rn → Rn continue telle que
∀t0 ∈ K ⊂ I compact,∃k > 0, ∀(t, y, z) ∈ K × Rn × Rn , kf (t, y) − f (t, z)k 6 k ky − zk
Alors il existe un unique y : I → Rn dérivable vérifiant
(
y ′ (t) = f (t, y(t))
(S) :
y(t0 ) =x
Démonstration. Soit E = C 0 (I, Rn ).
• Supposons d’abord I compact et notons l son diamètre. On définit pour y ∈ E et t ∈ I,
Z t
F (y)(t) = x + f (s, y(s)) ds
t0
Si y : I → Rn est dérivable et vérifie S alors en intégrant,
Z t
y(t) = y(t0 ) + f (s, y(s)) ds = F (y)(t)
t0
Donc y = F (y) et y ∈ E.
Réciproquement si y ∈ E vérifie y = F (y) alors t 7→ f (t, y(t)) est continue donc y = F (y)
est dérivable donc
y ′ (t) = F (y)′ (t) = f (t, y(t))
De plus y(t0 ) = F (y)(t0 ) = x donc y est solution de (S).
• I est compact donc il existe une constante de lipschitz k > 0 globale sur I. Définissons
alors sur E l’application
kykk = max(e−k|t−t0 | ky(t)k)
t∈I
qui est bien définie sur E car t 7→ e−k|t−t0 ky(t)k est continue sur le compact I. Cette
application est clairement une norme sur E.
On a de plus pour tout y ∈ E,
kyk∞ e−kl 6 kykk 6 kyk∞
Donc k·kk et k·k∞ sont équivalentes et comme I est compact, E est complet pour la
topologie définie par chacune de ces deux normes.
• Soit maintenant y, z ∈ E. On a si t > t0 ,
Z t Z t
kF (y)(t) − F (z)(t)k 6 kf (s, y(s)) − f (s, z(s))k ds 6 k ky(s) − z(s)k ds
t0 t0
Z t
6 k ky − zkk ek(s−t0 ) ds 6 (ek(t−t0 ) − 1) ky − zkk
t0
1
Donc e−k(t−t0 ) kF (y)(t) − F (z)(t)k 6 (1 − e−k(t−t0 ) ) ky − zkk . De même si t 6 t0 , on a avec
des intégrales de t à t0 :
e−k(t−t0 ) kF (y)(t) − F (z)(t)k 6 (1 − e−k(t−t0 ) ) ky − zkk
Donc finalement, on a l’inégalité pour tout t et en passant au sup,
kF (y) − F (z)kk 6 (1 − e−kl ) ky − zkk
1−e−kl < 1 donc F est une application contractante dans l’espace (E, k·kk ) qui est complet.
Elle admet donc un unique point fixe noté y (qui est donc solution de (S)).
• Supposons maintenant I intervalle quelconque. Il existe (Kn )n une suite croissante de
∞
[
compacts contenant t0 tels que I = Kn .
n=0
Notons yn l’unique solution de (S) sur Kn .
Alors si y est solution de S sur I, alors pour tout n, y|Kn = yn par unicité de la solution
sur Kn .
Réciproquement, la fonction y : t 7→ yn (t) si t ∈ Kn est bien définie sur I car par unicité
yn+1 |Kn = yn et constitue bien une solution de (S). On a donc trouvé l’unique solution de
(S) sur I.