Géologie
Histoire géologique et paléontologique
Pangée avant la dérive des continents.
L'Antarctique fait partie du supercontinent appelé Pangée qui se morcèle il y a plus
de 200 Ma, dérivant vers l'est et le sud. Il y a 175 Ma, l'Antarctique est une partie
du Gondwana issue de la Pangée. Ce dernier se fragmente encore pour enfin
former, il y a environ 25 Ma, l'Antarctique tel que nous le connaissons aujourd'hui.
Paléozoïque (540-250 Ma)
Durant le Cambrien, le Gondwana accuse un climat tempéré. L'Ouest de
l'Antarctique se situe en partie dans l'hémisphère nord et, durant cette période, de
grandes quantités de grès, de roches calcaires et de schiste s'accumulent. L'Est de
l'Antarctique se trouve, quant à lui, au niveau de l'équateur où les fonds marins
tropicaux fleurissent d'invertébrés et de trilobites. Au début du Dévonien (416 Ma), le
Gondwana se situe dans des latitudes plus méridionales entraînant un climat plus
frais, bien que des fossiles de plantes terrestres datant de cette époque aient été
découverts. Du sable et du limon se déposent dans les régions qui correspondent
aujourd'hui aux monts Ellsworth, à la chaîne Horlick et à la chaîne Pensacola.
La glaciation commence à la fin du Dévonien (360 Ma) lorsque le Gondwana se
centre autour du pôle Sud et que le climat se refroidit, ce qui, néanmoins, n'entraîne
pas la disparition de la flore. Pendant le Permien, la vie végétale est dominée par
les fougères comme Glossopteris qui pousse dans les marécages. Au fil du temps,
ces marais se transforment en gisements de charbon dans la chaîne
Transantarctique. Vers la fin du Permien, le réchauffement conduit à un climat chaud
et sec dans une grande partie du Gondwana133. [ ]
Mésozoïque (250-65 Ma)
Article connexe : Notogée.
À cause d'un réchauffement continu, la calotte glaciaire fond si bien qu'une grande
partie du Gondwana devient un désert. Les fougères à graines colonisent
l'Antarctique oriental et de grandes quantités de grès et de schiste se déposent sur le
sol. Les synapsides sont communs en Antarctique entre la fin du Permien et le début
du Trias et comprennent des espèces comme Lystrosaurus. Pendant
le Jurassique (206-146 Ma), la péninsule Antarctique commence à se former et les
îles émergent progressivement de l'océan. En outre, les ginkgos et
les cycadophytas sont abondants. En Antarctique occidental, les conifères dominent
les forêts du Crétacé (145-65 Ma), bien que les hêtres commencent à s'imposer à la
fin de cette période. Au Jurassique et au Crétacé, les ammonites sont alors
courantes dans les eaux et les dinosaures sont également présents bien que
seulement quatre genres spécifiques au continent soient connus en
2013 : Cryolophosaurus, Antarctopelta, Glacialisaurus et Trinisaura134,135. C'est
[ ] [ ]
également pendant cette période que le Gondwana commence à se disloquer.
Morcellement du Gondwana (160-23 Ma)
Le mont Erebus, volcan actif sur l'île de Ross.
Il y a 160 Ma l'Afrique se sépare de l'Antarctique suivie par le sous-continent
indien au début du Crétacé (approximativement 125 Ma). Aux environs de 65 Ma,
l'Antarctique, alors reliée à l'Australie, a encore un climat tropical voire subtropical et
est dotée d'une faune composée de mammifères placentaires et marsupiaux, de
reptiles et de dinosaures, d'oiseaux. Vers 40 Ma, l'Australie et la Nouvelle-Guinée se
séparent de l'Antarctique si bien que les courants sont susceptibles de l'isoler de
l'Australie. Avant cette période, la Terre est plus chaude qu'aujourd'hui, mais le
déplacement du continent vers le sud s'accompagne d'un refroidissement de la
planète, autant que de la chute des températures sur le continent. Ainsi, la glace
commence à y apparaître il y a environ 34 Ma, alors que le niveau de CO2 est proche
de 760 ppm136 bien qu'il soit déjà en baisse par rapport aux précédents niveaux qui
[ ]
atteignaient alors des milliers de ppm. Vers 23 Ma, le passage de Drake s'ouvre
entre l'Antarctique et l'Amérique du Sud, formant le courant circumpolaire
antarctique qui finit d'isoler le continent. Diverses études suggèrent que le niveau de
CO2 baisse, dès lors, plus rapidement137. Il semble que ce soit l'apparition du courant
[ ]
circumpolaire qui entraîne une baisse plus grande de la température. La glace
commence à gagner du terrain et remplace les forêts. Depuis environ 15 Ma, ce
dernier est en grande partie recouvert de glace 138 tandis que la calotte glaciaire atteint
[ ]
son extension actuelle vers 6 Ma.
Géologie actuelle de l'Antarctique
La surface neigeuse du Dôme C (Concordia) est
représentative de la majorité de la surface du continent.
Le Kaloyan Nunatak et le Shabla Knoll parmi les montagnes de Tangra sur l'île Livingston.
Topographie et bathymétrie sous-glaciaires de
l'Antarctique. Carte topographique de l'Antarctique
après avoir retiré la couche de glace et en tenant compte à la fois du rebond isostatique et de
l'élévation du niveau de la mer. Ainsi cette carte suggère que l'Antarctique peut s'être figé
ainsi depuis 35 millions d'années, quand la terre était assez chaude pour empêcher la
formation de glace à grande échelle dans l'Antarctique.
L'étude géologique de l'Antarctique est entravée par la couverture quasi totale du
continent par une épaisse couche de glace. De nouvelles techniques comme
la télédétection, le radar à pénétration de sol ou l'imagerie spatiale commencent à
fournir des informations sur le sol situé sous la glace.
Géologiquement, l'Antarctique occidental ressemble étroitement à la cordillère des
Andes située en Amérique du Sud133. La péninsule Antarctique s'est formée grâce au
[ ]
soulèvement et au métamorphisme du sédiment des fonds marins entre la fin
du Paléozoïque et le début du Mésozoïque. Ce soulèvement sédimentaire fut
accompagné par une intrusion de roches magmatiques et par le volcanisme. Les
roches les plus communes en Antarctique occidental sont l'andésite et la rhyolite,
roches volcaniques formées durant le Jurassique. Il existe des traces d'activité
volcanique, même après que la couche de glace s'est formée, en Terre Marie Byrd et
sur l'Île Alexandre-Ier. La seule zone qui présente des différences avec le reste de
l'Antarctique occidental est la région des monts Ellsworth où
la stratigraphie correspond plus à la partie orientale du continent.
L'Antarctique oriental, datant du Précambrien avec quelques roches formées il y a
plus de 3 milliards d'années, est géologiquement varié. Il est formé d'une plate-forme
composée de roches métamorphiques et magmatiques qui forment la base
du bouclier continental. Au sommet de cette base se trouvent différentes roches de
périodes postérieures telles que du grès, du calcaire, de la houille et du schiste qui
se sont déposées pendant le Dévonien et le Jurassique pour former la chaîne
Transantarctique. Dans les zones côtières comme la chaîne Shackleton et la terre
Victoria, des failles se sont formées.
La principale ressource minérale connue sur le continent est le charbon 138. Il a[ ]
d'abord été localisé près du glacier Beardmore par Frank Wild durant l'expédition
Nimrod. Il existe également du charbon de qualité inférieure à travers de
nombreuses régions des montagnes Transantarctiques. En outre, le mont Prince-
Charles renferme d'importants gisements de minerai de fer. Les ressources les plus
précieuses de l'Antarctique, à savoir le pétrole et le gaz naturel, ont été trouvées au
large, dans la mer de Ross en 1973. L'exploitation de toutes les ressources
minérales est interdite en Antarctique jusqu'en 2048 par le Protocole de Madrid.
Activités humaines
Population
Article connexe : Religion en Antarctique.
Deux chercheuses étudient du plancton à travers des
microscopes.
L'Antarctique ne compte pas d'habitants permanents mais un certain nombre de
gouvernements maintiennent en permanence des équipes dans les diverses stations
de recherche présentes sur le continent. Le nombre de personnes qui gèrent et qui
secondent la recherche scientifique et les autres travaux sur le continent et ses îles
proches varie d'environ 1 000 personnes en hiver à environ 5 000 en été. Beaucoup
de ces stations sont pourvues en personnel durant toute l'année mais la majorité des
employés qui passent l'hiver en Antarctique arrivent de leur pays d'origine pour des
missions d'un an. Une église orthodoxe, ayant ouvert en 2004 à la station russe
Bellingshausen, est également occupée par un ou deux prêtres qui alternent tous les
ans139,140.
[ ] [ ]
Les chasseurs de phoques anglais et américains furent les premiers résidents semi-
permanents des régions proches de l'Antarctique (notamment des zones situées au
sud de la convergence antarctique) dont ils se servirent, à partir de 1786, pour
passer un an ou plus en Géorgie du Sud. Durant l'époque de la chasse à la baleine,
qui dura jusqu'en 1966, la population de cette île variait de plus de 1 000 habitants
en été (voire plus de 2 000 certaines années) à environ 200 en hiver. Les chasseurs
de baleines étaient principalement norvégiens mais aussi britanniques et japonais.
Les principales stations baleinières furent la baie des Baleiniers sur l'île de la
Déception, Grytviken, Leith Harbour, King Edward Point, Stromness, Husvik, Prince
Olav Harbour, Ocean Harbour et Godthul. Les chefs et les officiers supérieurs des
stations baleinières y vivaient souvent avec leur famille. Citons par exemple le
fondateur de Grytviken, le capitaine Carl Anton Larsen, un célèbre chasseur et
explorateur norvégien qui acquit avec sa famille la nationalité britannique en 1910.
Le premier enfant né au sud de la convergence antarctique est une Norvégienne du
nom de Solveig Gunbjørg Jacobsen qui voit le jour à Grytviken le 8 octobre 1913 et
dont la naissance est déclarée par le représentant de la magistrature anglaise en
Géorgie du Sud. Elle est l'une des filles de Fridthjof Jacobsen, le directeur adjoint de
la station baleinière, et de Klara Olette Jacobsen. M. Jacobsen arrive sur l'île en
1904 afin de devenir le directeur de Grytviken ; un poste qu'il assure de 1914 à 1921.
Deux de ses enfants sont nés sur l'île141. [ ]
Emilio Marcos Palma est la première personne née au sud du 60e parallèle sud (la
limite du continent selon le traité sur l'Antarctique142), et également la première née
[ ]
sur ledit continent, en 1978 à la base Esperanza à l'extrémité de la péninsule
Antarctique143,144. Ses parents ainsi que sept autres familles furent envoyées sur ce
[ ] [ ]
territoire par le gouvernement argentin qui cherchait à déterminer si la vie de famille
y était possible. En 1984, Juan Pablo Camacho voit le jour à la base Presidente
Eduardo Frei Montalva et devient le premier chilien né en Antarctique. Plusieurs
bases sont aujourd'hui le domicile de familles avec des enfants qui fréquentent les
écoles présentes à proximité145. Jusqu'en 2009, onze enfants étaient nés en
[ ]
Antarctique (au sud du 60e parallèle sud) : huit à la base antarctique
argentine Esperanza146 et trois à la base chilienne Presidente Eduardo Frei
[ ]
Montalva147.
[ ]
Économie
Article détaillé : Tourisme en Antarctique.
Un groupe de touristes débarque à l'île de
Cuverville au milieu d'une colonie de Manchots papous.
Bien que de la houille, des hydrocarbures, du minerai de fer, du platine, du cuivre,
du chrome, du nickel, de l'or et d'autres minéraux aient été découverts en
Antarctique, ils ne sont pas présents en quantités suffisantes pour permettre une
exploitation rentable. Le protocole de Madrid de 1991 limite par ailleurs une
éventuelle activité liée aux ressources naturelles. En 1998, un accord aboutit à
l'interdiction, pour une durée illimitée, d'exploiter les ressources minérales de
l'Antarctique. Ce consensus, qui sera réétudié en 2048, limite davantage le
développement et l'exploitation économique du continent. La principale activité
économique repose sur la pêche et la vente du poisson. En 2000-2001, la quantité
de poissons pêchée en Antarctique s'élevait à 112 934 tonnes.
Dans une moindre mesure, les « expéditions touristiques » existent depuis 1957 et
sont théoriquement encadrées par le protocole de Madrid. En réalité, elles sont
régulées par l'Association internationale des voyagistes antarctiques (IAATO). Tous
les navires liés au tourisme ne sont pas membres de l'IAATO mais les adhérents de
cette association sont à l'origine de 95 % de l'activité touristique du continent. Les
voyages, qui s'effectuent le plus souvent sur des navires de petite ou de moyenne
taille, privilégient les sites typiques où la faune et la flore caractéristiques du
continent sont facilement accessibles, c'est-à-dire les parties côtières des îles
Shetland du Sud et de la péninsule Antarctique. En 1990, le continent a accueilli
3 000 touristes. Depuis 2004, environ 27 000 touristes, provenant presque tous
de navires de croisière, visitent l'Antarctique chaque année, soit une augmentation
de 500 % en dix ans148. Ce nombre a atteint 37 506 lors de l'été austral 2006-2007. Il
[ ]
a augmenté jusqu'à atteindre le nombre de 73 991 en 2019149. [ ]
Récemment, les possibles effets néfastes de l'afflux de visiteurs sur l'environnement
et l'écosystème furent un sujet de préoccupations. Un appel à des réglementations
plus strictes envers les navires et à la mise en place d'un quota de touristes fut émis
par plusieurs écologistes et scientifiques150. La première réponse des signataires du
[ ]
traité sur l'Antarctique fut de mettre en place, à travers leur comité pour la protection
de l'environnement et leur association avec l'IAATO, d'une part des directives
concernant l'organisation des débarquements des touristes sur les sites visités, et
d'autre part l'interdiction ou la restriction d'accès aux sites qui recevaient la plus forte
abondance de visites. Les vols touristiques étaient assurés par l'Australie et la
Nouvelle-Zélande jusqu'au crash du vol 901 Air New Zealand sur le mont Erebus qui
tua les 257 passagers en 1979. Qantas reprend les vols commerciaux de l'Australie
vers l'Antarctique au milieu des années 1990, on compte environ 3 000 « touristes
aériens » par an148.
[ ]
Durant la dernière saison touristique avant le Covid-19, 74 000 visiteurs se sont
rendus sur le continent austral151.
[ ]
Transport
Article détaillé : Transport en Antarctique.
Les transports en Antarctique ont été améliorés par les technologies humaines : les
zones isolées et reculées traversées par les premiers explorateurs sont aujourd'hui
transformées en des régions plus accessibles au transport terrestre, mais surtout
aérien et maritime, plus adapté et plus rapide notamment par l'utilisation de navires
brise-glace. L'utilisation de chiens de traîneaux est maintenant interdite car les
chiens sont une espèce exotique en Antarctique et par leur statut
de superprédateurs qui sont une menace pour la faune locale.
Recherche
Des chercheurs de l'ANSMET découvrent une météorite durant
l'été austral 2001.
Chaque année, des scientifiques de 27 pays différents effectuent en Antarctique des
expériences impossibles à réaliser ailleurs dans le monde. En été, plus de
4 000 scientifiques travaillent dans la cinquantaine de stations de recherche. Ce
nombre décroît à environ 1 000 en hiver61. Certains États y maintiennent en effet une
[ ]
présence humaine permanente ou semi-permanente.
Les chercheurs présents en Antarctique peuvent être des biologistes, des géologues,
des océanographes, des physiciens, des astronomes, des glaciologues et
des météorologues. Les géologues étudient notamment la tectonique des plaques,
les météorites provenant de l'espace et les traces du morcellement
du supercontinent Gondwana. Les glaciologues travaillent sur l'histoire et la
dynamique des icebergs, de la neige saisonnière, des glaciers et de l'inlandsis. Les
biologistes, en plus d'étudier la faune et la flore, s'intéressent à la façon dont les
températures rigoureuses et la présence de l'être humain agissent sur l'adaptation et
les techniques de survie d'un grand nombre d'organismes. Les médecins ont fait des
découvertes concernant la propagation de virus et la réaction du corps aux
températures extrêmes. Les astrophysiciens étudient la voûte céleste et le fond diffus
cosmologique à la station d'Amundsen-Scott. Beaucoup d'observations
astronomiques sont de meilleure qualité lorsqu'elles sont effectuées au sein du
territoire Antarctique plutôt qu'à un autre endroit du Globe car l'altitude élevée offre
une atmosphère raréfiée. En outre, les basses températures minimisent la quantité
de vapeur d'eau dans l'atmosphère et l'absence de pollution lumineuse permet une
vision de l'espace plus nette que n'importe où sur Terre. La glace de l'Antarctique
sert à la fois de protection et de milieu de détection pour le plus grand télescope à
neutrinos du monde, l'IceCube, construit à 2 kilomètres en dessous de la station
d'Amundsen-Scott152. [ ]
Une pleine lune et une exposition de 25 secondes ont
permis un éclairage suffisant pour réaliser cette photographie à la station d'Amundsen-
Scott durant une nuit polaire. La station peut être vue à l'extrême gauche, la centrale
électrique au centre et l'atelier de réparation mécanique en bas à droite. La lumière verte à
l'arrière plan est une aurore australe.
Depuis les années 1970, la couche d'ozone dans l'atmosphère au-dessus de
l'Antarctique est un point important des différentes études menées sur le continent.
En 1985, trois scientifiques britanniques qui travaillent sur les données qu'ils ont
recueillies sur la plateforme de glace de Brunt, près de la base antarctique Halley,
découvrent l'existence d'un « trou » dans cette couche. En 1998, les données
satellites de la NASA montrent que le trou de la couche d'ozone présente une taille
plus importante que jamais, couvrant 27 millions de km2. Il a finalement été montré
que la destruction de l'ozone était causée par les chlorofluorocarbures émis par
l'Homme. Avec l'interdiction des CFC dans le protocole de Montréal de 1989, on
estime que le « trou de la couche d'ozone » sera refermé d'ici les cinquante
prochaines années.
Financé par la CEE depuis 2006 pour 4 années, ARENA (Antarctic Research, a
European Network for Astrophysics) est un programme européen de recherche en
astrophysique situé en Antarctique153,154. Soutenu par le CNRS en ce qui concerne la
[ ] [ ]
France, et par chaque organe de recherche national des États membres de l'Europe,
les recherches s'effectuent principalement à la base antarctique Concordia.
En 2007, selon Mark Meier de l'université du Colorado à Boulder aux États-Unis, la
fonte des glaces du Groenland et de l'Antarctique ne contribuerait, pour le siècle en
cours, qu'à hauteurs respectives de 28 % et 12 % à l'élévation du niveau des mers.
Ce serait plutôt les plus petits glaciers, qui, fondant désormais à une vitesse
accélérée, contribueraient actuellement à des apports excédentaires de 417 milliards
de mètres cubes en eau par an, et devraient rester les plus gros contributeurs
jusqu'à la fin du siècle. Alors le niveau marin se sera élevé de 10 à 25 cm155. [ ]
Bases scientifiques
Article connexe : Liste de bases antarctiques.
La station Amundsen-Scott située au pôle Sud
géographique.
Les bases ou stations de l'Antarctique sont les centres stratégiques et logistiques de
la recherche scientifique internationale. À l'intérieur de ces infrastructures cohabitent
les laboratoires, les lieux de vie (cuisine, chambres, salle médicalisée, etc.) et les
locaux techniques (générateur, ateliers, salle de stockage, etc.). Pour des raisons
d'accessibilité, elles se situent principalement aux îles Shetland du Sud, en péninsule
Antarctique et sur les parties côtières du continent. Seules les bases
permanentes Amundsen-Scott (États-Unis), Concordia (France-Italie), Vostok (Russi
e) et celles estivales Dôme Fuji (Japon), Kunlun (Chine), Kohnen (Allemagne) où se
situe le forage du projet EPICA, et Princesse Elisabeth (Belgique), sont installées sur
l'inlandsis156. Ces bases sont ravitaillées par avions spécialement équipés pour
[ ]
atterrir sur des pistes gelées ou bien par bateaux pendant l'été austral lorsque le
retrait ou la diminution de l'épaisseur de la banquise permet aux navires de
s'approcher suffisamment des côtes et d'accoster grâce à des embarcadères de
glace comme celui utilisé à la base antarctique McMurdo. Cette base américaine
peut loger plus de 1 000 scientifiques, visiteurs et touristes. Construite en 1956, la
base Dumont d'Urville est la seule française. « Véritable campus universitaire », une
cinquantaine de bâtiments répartis sur 5 000 m2 est occupée par 30 personnes
durant l'hiver austral. Un distillateur d'eau de mer est utilisé pour l'eau des sanitaires
et les déchets sont soit traités sur place soit ramenés hors du continent 157. C'est le
[ ]
navire polaire L'Astrolabe qui assure les rotations. Dans la station américaine
Admundsen-Scott est installé un laboratoire de culture hydroponique. Des jeunes
arbres, des plantes grimpantes, des légumes-feuilles (salades, choux, etc.) mais
aussi des melons et des pastèques y poussent éclairés par des lampes à vapeur de
sodium158.
[ ]
Une lycéenne bulgare et un manchot à jugulaire sur
l’île Livingston. La Bulgarie a construit une base sur l’île en 1988.
Des nations qui avaient été absentes de l'exploration polaire y sont finalement
venues, comme la Bulgarie qui a construit la base antarctique Saint-Clément-
d'Ohrid sur l'île Livingston en 1988 et comme la Chinoise Zhongshan conçue
en 1989 et, durant l'été 2009, la station allemande Neumayer 3 qui vient remplacer
celle de 1992. Elle est conçue pour fonctionner pendant 30 ans et a coûté 40 millions
d'euros. Elle peut accueillir 40 personnes dont les recherches portent sur l'état de la
banquise et le niveau des eaux159.
[ ]
Si c'est en 2009 que la station belge Princesse Élisabeth est érigée non loin de
l'ancienne base belge Roi-Baudouin (1958-1968), c'est qu'elle prolonge la tradition
polaire belge remontant à 1898. La réalisation belge se distingue de la technique
habituelle des bases polaires. Patronnée par la Fondation polaire internationale,
organisation scientifique basée en Belgique depuis le 6 septembre 2007, elle révèle
le premier projet écologique en Antarctique, celui de la station Princesse Élisabeth, la
première base « zéro-émission » du monde160 qui a pour but d'étudier
[ ]
les changements climatiques. La station préfabriquée, construite lors de l'Année
polaire internationale est expédiée par bateau de Belgique jusqu'au pôle Sud vers la
fin de l'année 2008 afin de surveiller les conditions naturelles des régions polaires.
La construction, le transport et l'équipement de la station auront coûté près de
22 millions d'euros161. L'explorateur polaire belge Alain Hubert a déclaré que cette
[ ]
base serait la première de la sorte à produire « zéro émission », faisant d'elle un
modèle unique de la façon dont l'énergie devrait être utilisée en Antarctique 162.
[ ]
L'équipe de conception de la station a été dirigée par le directeur du projet Johan
Berte qui mène des recherches en glaciologie, en microbiologie et en climatologie163. [ ]
Dans le prolongement des études climatologiques, se place l'observation
des aurores australes qui ne peut avoir lieu que pendant la nuit polaire, ce qui
implique d'affronter un hivernage en Antarctique. En effet ces réactions lumineuses
issues d'éjections de matières coronales ne peuvent pas être vues en dehors du
continent164.
[ ]
Météorites
ALH 84001, une météorite en provenance de Mars,
tombée en Antarctique.
Les météorites, disponibles en quantité sur le continent antarctique, sont une part
importante de l'étude des matières qui se sont formées au début de la conception
du système solaire. La plupart viennent probablement d'astéroïdes mais certaines
proviendraient de planètes plus importantes. Les premières météorites sont
découvertes en 1912. En 1969, une expédition japonaise en découvre neuf dont la
majorité est tombée sur l'inlandsis de l'Antarctique au cours du dernier million
d'années. Aujourd'hui, les expéditions scientifiques pour la recherche et la récolte de
ces objets célestes sont notamment envoyées dans le cadre du
programme ANSMET. Les déplacements de l'inlandsis ont tendance à rassembler
les météorites, par exemple au niveau des chaînes montagneuses. Sous l'action de
l'érosion, les météorites recouvertes depuis plusieurs siècles par l'accumulation des
chutes de neige, sont alors entraînées vers la surface. Comparées à d'autres
météorites recueillies en des régions plus tempérées du Globe, celles tombées en
Antarctique sont mieux préservées165.
[ ]
Le grand nombre de météorites recueillies permet de mieux comprendre leur
diversité dans le système solaire ainsi que leurs liens avec les astéroïdes et
les comètes. De nouveaux types de météorites et des météorites rares y ont été
découverts. Certaines d'entre elles ont été éjectées de la Lune voire probablement
de Mars à la suite de collisions. Ces spécimens et particulièrement ALH
84001 découvert par une expédition du programme ANSMET, sont au centre de la
controverse sur l'éventuelle existence de vie microbienne sur Mars. Les météorites
absorbant et réémettant des rayons cosmiques dans l'espace, le temps
écoulé depuis leur entrée en collision avec la Terre peut être estimé grâce à des
études en laboratoire. Le temps écoulé depuis la chute ou la durée du séjour sur
Terre d'une météorite constituent encore des informations qui peuvent être utiles
pour les études environnementales de l'inlandsis de l'Antarctique 165.
[ ]
En 2006, une équipe de chercheurs de l'université d'État de l'Ohio a utilisé des
mesures de la pesanteur réalisées par les satellites GRACE de la NASA pour
découvrir le cratère de la Terre de Wilkes de 480 kilomètres de diamètre qui s'est
probablement formé il y a environ 250 millions d'années166.
[ ]
Volcanologie
Article connexe : Liste des volcans d'Antarctique.
Le continent possède des volcans actifs qui se situent dans sa partie occidentale, en
mer de Ross, le long de la péninsule Antarctique, sur certaines îles sub-antarctiques
comme l'île de la Déception et enfin on observe la présence de volcans sous-
marins167. C'est au pied du mont Erebus, le volcan en activité le plus austral du
[ ]
monde, qu'est installé le MEVO (Mount Erebus Volcano Observatory),
un observatoire volcanologique au sein de la base de recherche géophysique, Lower
Erebus Hut168. Les chercheurs ont à leur disposition des données satellites fournies
[ ]
notamment par le spectromètre pour imagerie de résolution moyenne, le MODIS,
embarqué sur les satellites Terra et Aqua du programme de la NASA, l'Earth
Observing System (EOS) ou bien également par l'imagerie haute résolution de la
mission de cartographie de l'Antarctique réalisée par RADARSAT169. L'activité
[ ]
volcanique du mont Belinda sur l'île Montagu a pu ainsi être confirmée en 2001 grâce
à des photographies prises par le MODIS170. [ ]
En janvier 2008, les scientifiques du British Antarctic Survey (BAS) dirigés par Hugh
Corr et David Vaughan, s'appuyant sur des images radar réalisées lors d'un relevé
aérien, annoncent dans le journal Nature Geoscience qu'il y a 2 200 ans,
un volcan est entré en éruption sous l'inlandsis de l'Antarctique. Il s'agit de la plus
grosse éruption en Antarctique au cours des 10 000 dernières années : des cendres
volcaniques ont été retrouvées sur la surface de glace de la chaîne Hudson près du
glacier de l'île du Pin171.
[ ]
Politique
Articles détaillés : Revendications territoriales en Antarctique et Traité sur
l'Antarctique.
Drapeau officiel du traité sur l'Antarctique adopté en
2002, ne s'appliquant qu'aux territoires situés au sud du 60e parallèle sud.
Dernière terra nullius de la planète, le continent antarctique fait l'objet d'un régime
juridique défini par le traité sur l'Antarctique de 1959 (entrée en vigueur en 1961172) et [ ]
n'a donc pas de gouvernement, c'est un territoire neutre. En raison de la contiguïté
territoriale, de la paternité de leur découverte, de leur occupation ou par
intérêt géostratégique ou économique (au vu des probables ressources
naturelles que comporte son sous-sol et des droits de pêche et de chasse), des États
ont revendiqué des portions du continent, matérialisées, pour la plupart, par des
sortes de tranches partant du pôle Sud, allant jusqu'à l'océan Austral, et dont les
bords sont des méridiens. Bien que quelques-uns de ces pays aient reconnu
mutuellement la validité de leurs revendications 173, ces dernières ne sont
[ ]
généralement pas admises universellement61. Dans certains cas, un même secteur
[ ]
est revendiqué par plusieurs États. La péninsule Antarctique est ainsi revendiquée
par l'Argentine, le Chili et le Royaume-Uni. Le traité offre cependant un cadre
juridique international aux expéditions scientifiques172. [ ]
Le « gel » des prétentions territoriales est établi depuis 1959 174 et le continent est
[ ]
considéré comme « dépolitisé »175. C'est une différence importante avec l'Arctique qui
[ ]
ne bénéficie pas de ce cadre174. La neutralité signifie que la France, par exemple,
[ ]
peut continuer à affirmer que la Terre Adélie relève du droit français alors que
d'autres États, au contraire, pourront considérer que l'Antarctique est un espace
international. Ce statut est réglementé par le traité sur l'Antarctique qui date de 1959,
conclu sous l'égide de Dwight David Eisenhower et de Nikita Khrouchtchev. Selon ce
traité, l'Antarctique est défini comme étant l'ensemble des terres et
des banquises situées au sud du 60e parallèle Sud. À l'origine, le traité est signé par
douze pays dont l'Union soviétique (et plus tard la Russie), le Royaume-Uni,
la Belgique, l'Argentine, le Chili, l'Australie et les États-Unis176. En outre, le traité
[ ]
établit le continent comme une réserve naturelle, met en place la liberté de recherche
scientifique, la protection de l'environnement et y interdit les activités militaires. Il
s'agit de la première maîtrise des armements établie durant la Guerre froide, avec
des mentions relatives aux armes nucléaires175. Néanmoins, dès 1947, les États-Unis
[ ]
avaient proposé l'« internationalisation » du territoire, proposition rejetée par de
nombreux États qui y voyaient un moyen de défense des intérêts américains et qui, à
la suite du coup de Prague et du blocus de Berlin, rendait impossible l'adhésion
soviétique au projet177. [ ]
À quai au port de Portsmouth, le HMS Endurance est
le patrouilleur de la Royal Navy en Antarctique.
Le traité est sans durée limite et renouvelable par tacite reconduction. Aujourd'hui,
49 États ont apposé leur paraphe, 28 d'entre eux disposant d'un droit de vote. Deux
moratoires renforcent la protection du continent : la convention pour la protection des
phoques (1972) et celle sur la conservation de la flore et de la faune marines (1978).
Enfin, le Protocole de Madrid (rédigé en 1991), relatif à la protection de
l'environnement et imprescriptible avant cinquante ans, stipule : « seules les activités
pacifiques sont autorisées dans l'Antarctique et toute activité relative aux ressources
minérales, autre que la recherche scientifique, est interdite »178. Il désigne [ ]
l'Antarctique comme « réserve naturelle consacrée à la paix et à la science ». Entré
en vigueur le 14 janvier 1998 (après dépôt des instruments de ratification,
d'acceptation, d'approbation ou d'adhésion par les États), ce protocole prohibe
notamment toute activité minière pour cinquante ans. Interdiction tacitement
reconductible, qui ne peut être levée qu'à l'unanimité des parties.
Unique dans l'histoire du droit international, le système de gouvernance que le traité
a instauré est reconnu par la plupart des juristes comme le plus innovant
du XXe siècle178.
[ ]
En 1983, les signataires du traité sur l'Antarctique entament des négociations afin de
réglementer l'exploitation minière du continent 179, celle-ci comme d'autres points
[ ]
(tourisme, pêche et chasse, navigation des sous-marins, protection de
l'environnement) n'ayant pas été anticipée en 1959 180. Cependant, une première
[ ]
tentative en ce sens portée par la Nouvelle-Zélande sous le nom de « convention de
Wellington » n'avait pas abouti181. Une campagne de pression publique ayant pour
[ ]
but d'empêcher toute exploitation des minéraux en Antarctique est alors menée dans
les années 1980 par une coalition d'organisations internationales182 et notamment [ ]
par Greenpeace183 qui établit sa propre base, la World Park Base, dans la région de
[ ]
la mer de Ross184 et mène des expéditions annuelles afin de mesurer l'impact de
[ ]
l'Homme sur l'environnement185. En 1988, la Convention pour la réglementation des
[ ]
activités sur les ressources minérales antarctiques est adoptée 186. Cependant, [ ]
quelques années après, l'Australie et la France refusent de signer le traité, le faisant
tomber en désuétude. Ces derniers proposent à la place qu'une réglementation
complète de protection sur l'environnement de l'Antarctique soit négociée 187. Soutenu [ ]
par d'autres pays, le Protocole au traité sur l'Antarctique relatif à la protection de
l'environnement en Antarctique, ou protocole de Madrid, est alors négocié et entre en
vigueur le 14 janvier 1998188 : il interdit toute exploitation minière en Antarctique,
[ ]
désignant le continent comme une « réserve naturelle consacrée à la paix et à la
science ». Selon le traité, « seules les activités pacifiques sont autorisées ». Pas de
militaires ni de nucléaire, liberté de recherche scientifique et coopération
internationale.
Le traité sur l'Antarctique empêche toute activité militaire sur ce continent, y compris
la construction de bases militaires et de fortifications, les manœuvres militaires et les
essais d'armements. Le personnel ou l'équipement militaire n'est permis que pour la
recherche scientifique ou pour d'autres fins pacifiques 189, sachant que la coopération
[ ]
scientifique fut un instrument pour éviter une militarisation du continent 172. La seule
[ ]
action militaire effectuée sur le continent est l'Operación 90 lancée par
l'armée argentine en 1965190. L'Antarctique est la seule zone démilitarisée acceptée
[ ]
par les États-Unis175.
[ ]
L'armée américaine remet la décoration Antarctica Service Medal aux militaires ou
aux civils qui accomplissent le devoir de recherche en Antarctique. Cette médaille est
enrichie d'une distinction supplémentaire pour ceux qui passent l'hiver sur le
continent191.
[ ]
Revendications de souveraineté territoriale
Sept États ont des prétentions territoriales en Antarctique. Seul le secteur de la Terre
Marie Byrd n'a pas été revendiqué, à l'exception de l'île Pierre Ier :
Pays Territoires Limites Date Superficie
60° 00′ S,
Antarctique
Argentine 25° 00′ O à 60° 00′ S, 1943 965 597 km2
argentin
74° 00′ O
60° 00′ S,
160° 00′ E à 60° 00′ S,
Territoire
142° 02′ O
Australie antarctique 1933 6 119 818 km2
et 60° 00′ S,
australien
136° 11′ O à 60° 00′ S,
44° 38′ E
Territoire 60° 00′ S,
Chili chilien de 53° 00′ O à 60° 00′ S, 1940 1 250 000 km2
l'Antarctique 90° 00′ O
60° 00′ S,
France Terre Adélie 142° 02′ E à 60° 00′ S, 1924 432 000 km2
136° 11′ E
60° 00′ S,
Nouvelle- Dépendance
150° 00′ O à 60° 00′ S, 1923 450 000 km2
Zélande de Ross
160° 00′ E
60° 00′ S,
Terre de la
44° 38′ E à 60° 00′ S, 1939
Reine-Maud
Norvège 20° 00′ O 2 000 000 km2
Île Pierre Ier 68° 50′ S, 90° 35′ O 1929
Territoire 60° 00′ S,
Royaume-
antarctique 20° 00′ O à 60° 00′ S, 1908 1 950 000 km2
Uni
britannique 80° 00′ O
60° 00′ S,
Non Terre Marie
90° 00′ O à 60° 00′ S, - 3 426 317 km2
revendiqué Byrd
150° 00′ O
Les territoires revendiqués par l'Argentine, le Royaume-Uni et le Chili se
chevauchent et ont causé des tensions diplomatiques, voire des escarmouches192. [ ]
Les régions qui sont revendiquées par l'Australie et la Nouvelle-Zélande étaient des
territoires de l'Empire britannique avant que ces deux pays n'obtiennent leur
indépendance193. L'Australie revendique la plus grande superficie. L'Australie, la
[ ]
Nouvelle-Zélande, la France, la Norvège et le Royaume-Uni reconnaissent
mutuellement la validité de leurs revendications 173. [ ]
Ces revendications territoriales peuvent s'interpréter sous forme de graphiques :
Nouve
Argent Austra Franc Norvè Royau
Chili lle-
ine lie e ge me-Uni
Zélande
Pays intéressés à une éventuelle division territoriale
Ce groupe de pays, signataire du traité sur l'Antarctique, s'intéresse au territoire
antarctique mais n'est pas autorisé à faire valoir ses revendications tant que les
dispositions du traité sont en vigueur194,195. [ ] [ ]
Le Brésil a désigné une « zone d'intérêt » qui n'est pas une revendication
actuelle.
Le Pérou s'est formellement réservé le droit de faire une revendication sur le
territoire194,195.
[ ] [ ]
La Russie s'est réservé le droit de revendiquer les « territoires découverts par
les Russes » qui pourraient correspondre à l'ensemble du continent.
L'Afrique du Sud s'est formellement réservé le droit de faire une revendication
sur le territoire194,195. [ ] [ ]
L'Espagne s'est formellement réservé le droit de faire une revendication sur le
territoire.
Les États-Unis se sont formellement réservé le droit de faire une
revendication sur le territoire.
Pollution chimique
Des traces de DDT, insecticide à très longue durée de vie, ont été retrouvées en
1964 dans certains tissus - foie et graisse - de manchots Adélie et de phoques
crabiers d’Antarctique196. En s’introduisant dans la chaine alimentaire par le biais des
[ ]
poissons, les manchots mais également de grands prédateurs et même l’homme
sont touchés. L'utilisation de pesticides tel le DDT est interdite dans la plupart des
pays mais, très persistant, il est transporté par les courants jusqu’en Antarctique.
Alors que la quantité de DDT est infime dans l’eau, cette dose se multiplie par 12 000
dans la chair des poissons herbivores, par 30 000 dans celle des poissons
carnivores, et par 60 000 à 500 000 chez les oiseaux mangeurs de poissons197. [ ]