Babylone (akkadien : Bāb-ili(m)[1] ; sumérien : KÁ.DINGIR.
RA[1] ; arabe : بابل, Bābil ; araméen :
Babel) était une ville antique de Mésopotamie. C'est aujourd'hui un site archéologique majeur qui
prend la forme d'un champ de ruines incluant des reconstructions partielles dans un but politique ou
touristique. Elle est située sur l'Euphrate dans ce qui est aujourd'hui l'Irak, à environ 100 km au sud
de l'actuelle Bagdad, près de la ville moderne de Hilla.
Sous le règne de Hammurabi, dans la première moitié du XVIIIe siècle av. J.-C., cette cité jusqu'alors
d'importance mineure devient la capitale d'un royaume qui étend progressivement sa domination
sur toute la Basse Mésopotamie et même au-delà. Elle connaît son apogée au VIe siècle av. J.-C.
durant le règne de Nabuchodonosor II qui dirige alors un empire dominant une vaste partie du
Moyen-Orient. Il s'agit à cette époque d'une des plus vastes cités au monde, ses ruines actuelles
occupant plusieurs tells sur près de 1 000 hectares. Son prestige s'étend au-delà de la Mésopotamie,
notamment en raison des monuments célèbres qui y ont été construits, comme ses grandes
murailles, sa ziggurat (Etemenanki) qui pourrait avoir inspiré le mythe de la tour de Babel et ses
légendaires jardins suspendus dont l'emplacement n'a toujours pas été identifié, si tant est qu'ils
aient bien existé.
Babylone occupe une place à part en raison du caractère mythique qui devint le sien après son déclin
et son abandon, qui a lieu dans les premiers siècles de notre ère. Ce mythe est porté par plusieurs
récits bibliques et par ceux des auteurs gréco-romains qui l'ont décrite. Ils ont assuré une longue
postérité à cette ville, mais souvent sous un jour négatif. Son site, dont l'emplacement n'a jamais été
oublié, n'a fait l'objet de fouilles importantes qu'au début du XXe siècle sous la direction de
l'archéologue allemand Robert Koldewey, qui a exhumé ses monuments principaux. Depuis,
l'importante documentation archéologique et épigraphique mise au jour dans la ville, complétée par
des informations provenant d'autres sites antiques ayant eu un rapport avec Babylone, a permis de
donner une représentation plus précise de l'ancienne ville, au-delà des mythes.
Des zones d'ombre demeurent malgré tout, sur ce qui constitue l'un des plus importants sites
archéologiques du Proche-Orient ancien, tandis que les perspectives de nouvelles recherches ont
longtemps été réduites du fait de la situation politique actuelle de l'Irak.
Murs de Babylone le soir en 1970.
La redécouverte de Babylone
Les explorations des sites de la Mésopotamie antique débutèrent dans le courant de la première
moitié du XIXe siècle et se firent plus intenses dans les décennies qui suivirent ; elles concernaient
cependant en premier lieu les sites assyriens dont les ruines étaient plus spectaculaires. Si le site de
Babylone a rapidement attiré l'attention en raison de l'importance du nom qui lui était attaché, il n'a
fait l'objet de fouilles que tardivement, au début du XXe siècle, lesquelles permirent de nombreuses
découvertes. D'autres campagnes suivirent durant la seconde moitié du XXe siècle, permettant un
accroissement des connaissances sur le site dont la majeure partie reste inexplorée, alors que les
perspectives de fouilles sont limitées depuis la mise en œuvre d'un programme de reconstruction de
certains monuments, surtout depuis le déclenchement de plusieurs conflits en Irak à partir de 1990.
Les premières explorations et fouilles du site
Malgré quelques confusions possibles avec les sites voisins de Birs Nimrud (Borsippa) et Aqar Quf
(Dur-Kurigalzu) où les ruines des ziggurats rappelaient la Tour de Babel, l'emplacement du site de
Babylone ne fut jamais réellement perdu, une partie de celui-ci conservant son ancien nom, Bābil.
Plusieurs voyageurs venus d'Europe visitèrent ses ruines : Benjamin de Tudèle au XIIe siècle, Pietro
della Valle au XVIIe siècle, et au XVIIIe siècle l'abbé de Beauchamp, un diplomate français[2].
Le premier à y effectuer un travail scientifique fut le Britannique Claudius James Rich, qui établit au
début du XIXe siècle le premier travail de cartographie du site, travail pionnier dans l'exploration
scientifique de la Mésopotamie[3]. Plusieurs de ses compatriotes le suivirent sur le site, notamment
Austen Henry Layard en 1850 et Henry Rawlinson en 1854, deux des principaux découvreurs des sites
des capitales assyriennes, qui y restèrent peu de temps car le site de Babylone présentait moins de
découvertes spectaculaires que ceux du nord de la Mésopotamie, ce qui explique pourquoi il resta en
marge des principales fouilles de cette période.