Guide Jury
Guide Jury
Guide pratique
des concours administratifs
à l’usage des présidents
et membres de jury
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Guide pratique
des concours administratifs
à l’usage des présidents
et membres de jury
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Avant-propos
La révision générale du contenu des concours s’est traduite, depuis près de deux ans, par un vaste
mouvement de réformes qui a conduit, à la fin de l’année 2009, à faire évoluer environ 240
procédures de concours et d’examens professionnels dans le sens d’une plus grande
professionnalisation. Le développement des épreuves mettant en jeu la reconnaissance des acquis
de l’expérience professionnelle est une des mesures emblématiques de cette volonté de
professionnalisation.
Pour accompagner ces changements, et aider les administrations et les jurys à s’y adapter dans
un contexte marqué par ailleurs par une montée des problématiques liées à l’égalité des chances
et à la prévention des discriminations, il a été recommandé de développer les actions de formation
et d’information à l’intention des jurys.
Ce document, destiné aux présidents et membres de jurys ainsi qu’aux services gestionnaires de
concours, s'inscrit dans cette démarche. Il regroupe les principales dispositions législatives et
réglementaires relatives au recrutement dans la fonction publique ainsi que les bonnes pratiques
à adopter dans l’organisation et le déroulement des concours administratifs de façon à assurer une
parfaite sécurité juridique des procédures de recrutement.
Conçu comme une aide, ce document comprend également un certain nombre d’annexes utiles
à la compréhension des évolutions actuelles de la politique de recrutement de l’État, à la mise en
place d’un dossier de reconnaissance des acquis de l’expérience professionnelle, ou encore à la
bonne connaissance des engagements de la Charte pour la promotion de l’égalité dans la fonction
publique, notamment en matière de recrutement.
Tels sont les objectifs de ce guide pratique des concours administratifs à l’usage des présidents
et membres de jurys. La DGAFP forme le vœu qu’il réponde pleinement aux questions concrètes
que peuvent se poser tous les acteurs des processus de recrutement dans les administrations de
l’État.
Jean-François Verdier
Directeur général de l’administration
et de la fonction publique
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Sommaire
I- Constitution du jury p. 9
1 - La nomination et composition du jury et de son président p. 10
2 - Les règles devant présider au choix des membres du jury p. 11
3 - Les modifications apportées ultérieurement à la composition du jury p. 11
4 - Les compétences du jury p. 12
5 - Les engagements du jury p. 12
Annexes p. 37
1 - Charte pour la promotion de l'égalité dans la fonction publique p. 39
2 - Circulaires du 20 juin 2008 et du 2 juillet 2009 p. 42
3 - Dossier RAEP (exemple : Ira) p. 50
4 - Exemples de grilles d'évaluation (épreuves écrites et orales) p. 53
5 - Jurisprudence p. 57
6 - Rémunération des jurys p. 63
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Cadre juridique de l'organisation des concours
Les concours sont majoritairement organisés au niveau national mais plus de 40 % des personnes
recrutées aujourd’hui le sont par la voie d’un concours déconcentré.
Cependant, l’organisation des concours déconcentrés obéit aux mêmes règles et principes que ceux
qui s’imposent aux concours nationaux. Les autorités chargées d’organiser les concours au niveau
local doivent respecter les dispositions du statut général des fonctionnaires et celles qui relèvent
de la réglementation du concours de niveau national (c’est-à-dire les dispositions du statut
particulier du corps de fonctionnaires concerné et les dispositions de l’arrêté fixant la nature et le
programme des épreuves).
La nature et le programme des épreuves sont fixés dans les mêmes conditions que pour un
concours national. Bien que les concours soient juridiquement distincts et tout en respectant la
souveraineté de jurys locaux, il est recommandé de veiller à une harmonisation des pratiques des
jurys qui se prononcent pour l’accès à un même corps.
Pour assurer cette harmonisation, l’administration en charge du recrutement doit exprimer ses
besoins de recrutement, « commanditant » de fait l’action du jury. La formation de l’ensemble des
jurys aux techniques de recrutement et l’établissement pour tous les concours de critères de
correction pour les épreuves écrites et d’une grille d’évaluation pour les épreuves orales garantissent
aux candidats l’égalité des recrutements sur tout le territoire.
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>I - Constitution du jury
Le jury, composé d'un président et de membres, est une commission désignée par une autorité
compétente pour apprécier, sélectionner et classer les candidats qui seront nommés dans la limite
des emplois mis au concours.
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1- Nomination et composition du jury et de son président
Les règles de nomination des membres du jury et du président sont fixées par la réglementation
du concours ; le texte statutaire peut prévoir la consultation obligatoire d’un organisme. Ces règles
doivent être respectées sous peine d’annulation du concours. Le jury doit être nommé avant le
début des épreuves.
Sauf dispositions particulières des textes applicables au concours, l'autorité compétente pour
nommer les membres du jury est le ministre dont dépend le corps de fonctionnaires qu'il s'agit de
recruter ; lorsque la réglementation ne précise pas la qualité des membres de jury, le ministre
dispose de la plus grande latitude pour choisir les membres de jury.
Les membres du jury sont nommés pour une session et peuvent être reconduits.
La composition du jury est fixée par arrêté ministériel dont la publication au Journal officiel ne revêt
pas un caractère obligatoire, sauf disposition explicite du texte instituant le recrutement. Cet arrêté
mentionne les nom, prénoms, corps et grade d’appartenance ou niveau de l'emploi des intéressés.
La publication ou l'affichage des noms de membres du jury est fortement recommandée mais la
circonstance que la composition du jury n’ait pas été portée à la connaissance des candidats est
sans influence sur la régularité de la délibération du jury (10 mai 1985, n°42919, Dalpayrat).
Aucune modification à cet arrêté ne peut être apportée dès lors que les épreuves ont
commencé. C'est pourquoi il est recommandé de constituer des jurys un peu plus étoffés que
nécessaire, de manière à faire face à toute éventualité.
Cependant, si nécessaire et pour toute épreuve, des examinateurs spéciaux peuvent être nommés
au plus tard la veille des épreuves pour lesquelles ils sont désignés. Il est ainsi possible de nommer
des examinateurs après les résultats d’admissibilité et avant les épreuves d’admission d’un
concours (par exemple pour la nomination des examinateurs de langue vivante étrangère).
Les membres de jury ayant la qualité d'agent public doivent informer leur supérieur hiérarchique
de leur nomination.
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2 - Règles devant présider au choix des membres
du jury
• Ne peut siéger dans le jury une personne dont la partialité pour ou contre un candidat peut être
établie.
• Un membre de jury ayant un quelconque lien de parenté avec un candidat doit impérativement
le signaler au président. Dans ce cas, sa participation au jury est totalement exclue.
• Il est de saine tradition, pour les épreuves d’admission, que les membres de jury qui connaissent
un candidat s’abstiennent de l’interroger, ou mieux, après la publication de la liste d'admissibilité,
informent le service gestionnaire chargé de la constitution des groupes d'examinateurs afin qu'il
soit procédé à un changement de groupe.
• Tout membre de jury chargé d'enseignement ne doit proposer à ses élèves ou étudiants aucun
sujet qui, de près ou de loin, serait de nature à rappeler la proposition du sujet que ce membre
du jury aurait pu faire pour le concours dont il est membre.
• Afin de garantir l’équité de traitement des candidats aux concours, il est recommandé de veiller
avec le plus grand soin à ne pas nommer au sein du jury des enseignants assurant, parallèlement
à leurs fonctions, des préparations aux concours de recrutement.
• Le Conseil d’État est fréquemment saisi par les candidats de requêtes tendant à faire annuler
un concours pour manque d’impartialité, en particulier au motif que tel ou tel membre de jury a
participé à la préparation des candidats à ce concours. Une vigilance particulière s’impose donc
dans la composition du jury et dans l’attitude que devront observer les membres du jury.
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3 - Les modifications apportées ultérieurement
à la composition du jury
En cas de défaillance d'un membre du jury avant le début des épreuves, l'administration est dans
l'obligation de compléter le jury afin de rendre sa composition conforme aux règles fixées par les
textes applicables, dès lors qu'elle dispose d'un délai suffisant. Un membre du jury absent à une
épreuve d'admission est réputé empêché pour la suite de la procédure et ne pourra en aucun cas
siéger à la réunion d'admission.
Le remplacement en cours d'épreuves est absolument exclu. En effet, le principe d'égalité des
candidats suppose que la composition du jury reste inchangée pendant la durée des épreuves, et
un membre du jury doit avoir pris part à toutes les épreuves pour pouvoir participer aux délibérations.
En cas de démission d'un membre du jury après l'ouverture des épreuves, celui-ci ne peut donc pas
être remplacé.
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4 - Les compétences du jury
Le jury est lié par les textes qui organisent le concours. Il ne peut, notamment :
• aliéner à l'avance sa liberté d'appréciation en introduisant des conditions restrictives non prévues
par la réglementation (limiter dès l’ouverture des épreuves d’admissibilité le nombre des
admissibles, sans que cette décision puisse être fondée sur les résultats de l’ensemble des
épreuves d’admissibilité et sur l’appréciation de la valeur de la totalité de ces épreuves…) ou des
critères restrictifs non prévus par la réglementation ou prohibés par la loi au titre de la prévention
des discriminations (âge, ancienneté, origine, orientation sexuelle, etc…) ;
>>
> 5 - Engagements du jury
• correction des copies dans le respect scrupuleux des critères de notation retenus et, lorsque
l’épreuve le requiert, en tenant compte le plus possible des corrigés-type élaborés en commun.
Plutôt qu’un encadrement étroit du correcteur, doit être recherchée une homogénéité de la
correction ;
• participation aux épreuves orales dans le strict respect des dispositions de l’arrêté d’organisation
du concours ;
• les membres de jury doivent participer à la formation organisée par l’administration chargée du
recrutement en vue des épreuves d’entretien ;
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Par ailleurs la participation à un jury implique divers engagements de nature déontologique :
• impartialité ;
• secret absolu sur les opérations de concours, les interrogations et les délibérations. En aucun
cas les notes attribuées ne peuvent être communiquées par les membres de jurys aux candidats
et ce à tous les stades du concours (admissibilité ou admission) ; le ministre (ou son délégataire)
est seul habilité à communiquer les notes qui font l’objet d’une notification personnelle au
domicile du candidat ;
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>>
>II - Choix et élaboration
des sujets
Le choix des sujets est une compétence propre du jury, qui doit l'exercer dans le respect du texte
d’organisation du concours.
Le choix des sujets doit être conforme au programme ainsi qu’à la réglementation particulière à
chaque épreuve (le choix d’une question en dehors des limites du programme peut entraîner un
contentieux d'annulation). Il doit être tenu compte lors de leur élaboration, des contraintes
d’organisation ; ainsi les formats des papiers de composition doivent rester en conformité avec les
règles de l’anonymat.
L’élaboration des sujets doit être entourée de toutes les garanties permettant d’assurer que les
concepteurs des sujets observent une stricte obligation de secret sur le ou les sujet(s) dont ils ont
pu avoir connaissance.
Il est important de veiller à ce que les documents remis à l'imprimerie soient de bonne qualité et
aient fait l'objet, préalablement, d'un processus de contrôle permettant de détecter d'éventuelles
anomalies.
Les sujets soumis aux candidats peuvent prendre des formes diverses selon la catégorie visée, le
concours organisé et la voie choisie (externe, interne et 3e concours). On peut ainsi retrouver :
• une épreuve de composition qui permet d’évaluer l’ouverture au monde des candidats, leur
aptitude à l’analyse et au questionnement ainsi que leur capacité à se projeter dans leur futur
environnement professionnel ;
• une note de synthèse qui permet de rendre compte d’un ensemble de documents, parfois très
nombreux, d’une façon claire et dynamique, afin qu’on puisse se faire rapidement un avis sans
avoir besoin de prendre connaissance de ce corpus. Elle permet de vérifier et d’évaluer les
qualités de rédaction, d’analyse et de synthèse des candidats ;
• une note administrative : document interne à l’administration le plus couramment utilisé pour
faire circuler une information ou des propositions, régler un problème ou informer des supérieurs
ou leurs subordonnés. Elle permet de vérifier les qualités de rédaction, d’analyse et de synthèse
des candidats ainsi que leur aptitude à dégager des solutions appropriées ;
• un cas pratique qui consiste en la mise en situation d'un candidat permettant ainsi au jury
d'apprécier sa connaissance des réalités administratives, son esprit de méthode, sa capacité à
s’insérer dans un univers professionnel déterminé et à s’adapter aux évolutions de cet
environnement ;
• un questionnaire à réponse courte (QRC) qui se compose d'une série de questions découpées
en domaines (droit public, communautaire, finances publiques, etc…) et qui permet d'évaluer
le savoir, l'esprit de synthèse et les qualités rédactionnelles du candidat ;
• des tests psychotechniques qui rassemblent plusieurs types de tests (mémoire, culture
générale, personnalité, mais aussi des tests d’observation, des décryptages…). Ces tests
permettent de mesurer les aptitudes logiques, verbales et numériques d’une personne et sa
capacité logique et intellectuelle.
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>>
>
Sujets
Quelques conseils pratiques
• Il n’est pas souhaitable d’alourdir inutilement le sujet par des annexes en trop grand nombre ;
leur multiplication ne contribue pas forcément à éclairer le candidat et il peut être préférable
d’extraire les informations utiles des documents initiaux.
• L’absence d’ambiguïté dans la formulation des questions ainsi que dans l’expression des données
est essentielle. Elle évite les interrogations des candidats et les difficultés de correction, voire des
risques de recours en cas de grave défaut de formulation ou d'énoncé.
• Le jour des épreuves, les contestations sur le libellé des questions posées relèvent de
l'appréciation du jury. Les présidents et les auteurs des sujets devront pouvoir être joints à tout
moment, par téléphone, en cas de besoin.
• Toutefois, une erreur mineure de rédaction qui ne dénature pas l'énoncé n'est pas un cas
d'annulation de l'épreuve.
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>>
>III - Correction,
appréciation
et notation
>>
> 1 - Le respect du principe d'égalité des candidats
La règle fondamentale est que les candidats sont jugés uniquement en fonction de la valeur des
épreuves et que ces épreuves doivent se dérouler de manière à ce qu'il n'y ait pas de rupture
d'égalité entre les candidats. Ce principe , qui est l'essence même du concours et en fond toute
la réglementation, a été réaffirmé de façon solennelle avec la signature le 2 décembre 2008 de
la charte pour la promotion de l'égalité entre les ministre et secrétaire d’État chargés de la fonction
publique et le président de la Halde. La charte se décline autour de six thèmes dont l'un concerne
les conditions de recrutement et la non-discrimination.
Parmi les principes énoncés, on relève en particulier la nécessité de sensibiliser les jurys et les
membres des comités aux préjugés et stéréotypes et aux risques de discrimination (cf : annexe 1).
La nécessité, aussi, que l'ensemble des personnes participant au processus de recrutement,
qu'elles qu'en soient les modalités, soient en mesure de rendre compte de leur évaluation.
Le jury ne doit tenir compte, pour départager les candidats, que de la seule valeur des épreuves
telles qu'elles sont fixées par la réglementation.
À dater de l'ouverture des épreuves, le jury ne doit avoir aucun contact personnel avec les candidats.
>>
> 2 - La correction des épreuves écrites
La double correction n'est obligatoire que si le règlement du concours le prévoit : si tel n'est pas
le cas, le jury peut décider de soumettre seulement certaines épreuves à une double correction.
Rien n'oblige les correcteurs à porter des appréciations sur les copies. cela présente même des
inconvénients techniques en cas de double correction (sans toutefois que cela constitue une
cause d'annulation retenue par les tribunaux).
Le fait que le deuxième correcteur connaisse la note ou les appréciations du premier correcteur
ne constitue pas une cause d'annulation retenue par la juridiction administrative.
Chacun des correcteurs est responsable de son lot de copies. Les correcteurs doivent faire preuve
d'une vigilance de tous les instants pour assurer la garde et la conservation des documents dans
des conditions de sécurité optimales.
20
L'anonymat des épreuves écrites est une garantie d'impartialité du jury ; en conséquence la levée
de l'anonymat constitue une irrégularité qui entraîne l'annulation des épreuves.
Le jury est tenu de procéder à l'exclusion du candidat qui a rompu l'anonymat en portant son nom
sur sa copie (la copie ne peut en aucun cas être corrigée).
De même, les membres de jury ne corrigent que des copies qui ont été anonymées par les
gestionnaires du concours.
Le président du jury peut demander à voir les copies et prescrire une nouvelle correction en cas
d'anomalies (par exemple : lorsque les notes chiffrées attribuées par les deux correcteurs sont
très divergentes).
Aux termes de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984, "le jury peut, si nécessaire, et pour toute épreuve,
se constituer en groupes d'examinateurs. Toutefois, afin d'assurer l'égalité de notation des
candidats, le jury opère, s'il y a lieu, la péréquation des notes attribuées par chaque groupe
d'examinateurs et procède à la délibération finale".
La péréquation des notes consiste, après la correction de copies d'examen par différents
correcteurs, à réduire ou supprimer les écarts à la moyenne générale. Les notes sont modifiées
de manière à ce que les moyennes des notes attribuées par les uns et les autres soient proches.
>>
> 3 - Epreuves orales
L'épreuve orale est plus délicate, car le jury est en présence du candidat et la moindre faille dans
son comportement peut prêter à spéculation voire à contentieux.
Il peut s'agir :
- d'un exposé portant sur des matières théoriques (droit, finances…) ou sur un sujet d'ordre
général, généralement après un temps de préparation ;
- d'un entretien s'appuyant sur un dossier présenté par le candidat (ex : dossier RAEP) ;
Le jury doit être unique pour un même concours mais il peut se constituer en groupes
d’examinateurs (sous-jurys) composés de plusieurs personnes.
Les services gestionnaires veillent, dans la mesure du possible, à respecter la parité, à grouper des
membres anciens et nouveaux du jury d’admission, à assurer une diversité dans les origines
ministérielles et professionnelles.
Une fois le groupe d’examinateurs constitué, les dates et horaires des vacations sont déterminés,
compte tenu des contraintes de calendrier, d'un commun accord entre les gestionnaires et les
membres du jury. L’attention des membres du jury est attirée sur la grande importance qui s’attache
à respecter strictement ces horaires, pour respecter l’égalité du temps d’interrogation des candidats.
L'interrogation orale constitue une occasion privilégiée pour juger certaines aptitudes personnelles,
qui ne peuvent être efficacement perçues dans le cadre d'une épreuve écrite, qui, elle, reflète
principalement des connaissances et des qualités de raisonnement ou d'organisation. C'est
pourquoi, à l'épreuve orale, le candidat doit pouvoir compter sur un "environnement" qui ne soit pas
agressif ou inutilement impressionnant. Cela est d'autant plus vrai que la nouvelle orientation des
21
épreuves orales d'admission suppose un type de "questionnement" différent de celui qui prévalait
auparavant, plus conforme aux règles et pratiques des entretiens de recrutement.
En effet, l'oral ne doit pas conduire à placer systématiquement le candidat dans une situation de
"déstabilisation". Certes il est normal, à l'occasion, de mesurer ses capacités de réaction dans
des circonstances sortant de l'ordinaire, mais tout excès à cet égard peut conduire à écarter des
candidats dont l'esprit d'à-propos a été pris au dépourvu, mais qui sont par ailleurs tout à fait aptes
à exercer leurs fonctions.
De plus, les membres du jury sont soumis à une obligation d’impartialité, d’objectivité et de
neutralité. À ce titre, les examinateurs doivent éviter de faire des commentaires pendant le
déroulement des épreuves et de poser toute question qui pourrait faire penser au candidat que le
jury préjuge de sa performance en fonction de son âge, de son sexe, de son origine, de sa formation,
de son handicap, etc.
Très généralement, les jurys s'emploient avec beaucoup de conscience à faire abstraction de tout
élément étranger à l'appréciation des mérites propres des candidats. C'est un impératif fondamental
du droit des concours de respecter les principes constitutionnels d'égalité et de non-discrimination :
chaque candidat a droit à un traitement équitable quelles que soient les circonstances de son
interrogation.
Dans l’une de ses récentes délibérations, la Haute autorité de lutte contre les discriminations
et pour l’égalité (HALDE) a rappelé que des questions portant sur l’origine, les convictions des
candidats, qu’elles soient politiques, syndicales ou religieuses, devaient être proscrites.
Le ministre et le secrétaire d’État chargés de la fonction publique ont saisi cette occasion pour inviter
les services, et plus particulièrement ceux chargés des questions de recrutement et de formation,
à faire preuve de vigilance dans la prévention des discriminations.
La neutralité et l’impartialité des jurys doivent être garanties en toutes circonstances. Ainsi, la
liste des candidats convoqués est remise aux membres des groupes d’examinateurs en début de
séance ; dans l’hypothèse où l’un des membres du jury connaîtrait personnellement l’un des
candidats qu’il devra interroger, il doit en avertir le secrétaire, qui s’efforcera de faire passer le
candidat devant un autre groupe d’examinateurs.
Si cela n’est pas possible matériellement, le membre du jury concerné ne doit pas quitter la salle
pendant l’interrogation du candidat ; il lui est demandé de s’abstenir de poser des questions.
Selon un principe jurisprudentiel traditionnel, les épreuves orales d'un concours ont en principe un
caractère public, cela pour garantir l'impartialité d'un jury ; il peut donc arriver que des auditeurs
assistent aux interrogations.
Les modifications dans l'ordre de passage des candidats à l'oral ne constituent une irrégularité
que s'il y a atteinte au principe d'égalité, notamment en ce qui concerne le temps de préparation
et d'interrogation.
22
>>
>IV - Formation des jurys
et grille d’évaluation
Le jury doit, pour exercer son rôle de la façon la meilleure et la plus sereine possible, d’une part
connaître les règles à respecter, d’autre part maîtriser les techniques de la conduite d’entretien.
Dans cette perspective, une formation du jury doit être organisée dont le but sera de créer une
approche commune et partagée par les membres du jury en vue de l’entretien de recrutement,
garante du respect du principe d’égalité.
Les nouvelles orientations des épreuves orales d’admission dans le cadre de la réforme des
concours de recrutement dans la fonction publique (professionnalisation des jurys, reconnaissance
des acquis de l'expérience professionnelle…), dont le but est de valoriser le parcours professionnel
du candidat dans une logique d'adéquation entre son profil et les compétences recherchées (et
non plus exclusivement de procéder à une évaluation des connaissances), supposent un type de
"questionnement" différent de celui qui prévalait auparavant, plus conforme aux règles et pratiques
des entretiens de recrutement.
La formation se fixe pour objectifs de rappeler les principes qui régissent les concours ainsi que les
obligations du jury, et de préparer à l'appréciation de la prestation orale des candidats au moyen
d’une grille d’évaluation élaborée par les participants eux mêmes. Outre les techniques mises en
œuvre lors de l’entretien oral, la formation pourra porter sur l’élaboration des cas pratiques en
vue de la mise en situation des candidats.
Le jury doit évaluer de manière équitable les prestations des candidats. La notation doit être
entourée de garanties de fiabilité et de transparence. Pour cela il convient de dégager des critères
d'appréciation qui résulteront d'une concertation du jury en vue d'affiner le processus de notation.
Ces critères doivent être compris et acceptés par l'ensemble des examinateurs.
L'utilisation d'une grille d'évaluation (voir exemples de grilles en annexe) permet au jury :
- d'apprécier les candidats selon des critères communs à tous les évaluateurs ;
- d'introduire un maximum d'impartialité et d'équité dans le processus d'évaluation ;
- de traiter les candidats à égalité ;
- de conserver une trace objective de la prestation des candidats.
> La Commission d’accès aux documents administratifs (CADA) a estimé à plusieurs reprises que
"malgré la circonstance que les décisions des jurys n’ont pas à être motivées, dès lors que les
documents qui sont utilisés par le jury pour préparer ses délibérations et notamment les
bordereaux de notes, les feuilles d’appréciations ou d’harmonisation, sont conservés par
l’administration, ce sont des documents administratifs communicables une fois les résultats des
délibérations rendus" (Avis - Référence 20002923 - 27/07/2000 – ministre de l'Éducation
nationale).
24
>>
>V - La reconnaissance des
acquis de l’expérience
professionnelle (RAEP)
>>
> 1 - Qu'est-ce que la RAEP ?
>>
> 2 - Mise en place de la RAEP
Ce nouveau type d’épreuve, qui trouve sa place dans le cadre des voies de recrutement existantes
(concours externe, interne, 3ème concours et examen professionnel), substitue aux exercices
académiques traditionnels des modalités nouvelles de mise en œuvre du recrutement par concours,
permettant aux candidats de valoriser l’expérience professionnelle acquise dans l’exercice de
leurs fonctions au sein d'une administration, d'un service déconcentré, d'un établissement public,
d'une collectivité territoriale, ainsi que celle acquise en qualité de salarié d'une entreprise, de
responsable d'une association ou d'élu d'une collectivité territoriale…en lien avec le métier auquel
ils postulent.
La RAEP a déjà été mise en place dans différents ministères tels que : la Justice, les Finances, la
Santé, la Culture, l'Écologie. C'est dans ce contexte que toutes les directions des ressources
humaines ont été sensibilisées à l’intérêt qui s’attache au développement de ce type d'épreuve tant
pour favoriser la promotion interne que pour assurer un enrichissement des modalités de
recrutement par concours de personnes extérieures à l’administration.
26
Exemples de concours ou examens pour lesquels l'épreuve de reconnaissance des acquis
de l'expérience professionnelle est appliquée
27
>>
> 3 - Modalités
Comme toute épreuve, celle de RAEP peut être l’unique épreuve d’admissibilité ou d’admission d’un
concours, une épreuve supplémentaire commune à tous les candidats ou une épreuve
supplémentaire proposée en option. Dans tous les cas, pour cette épreuve, un dossier type est
rempli par le candidat et évalué par le jury. Lorsqu’il sert de support à une « épreuve » d’admissibilité,
il est noté. En revanche, lorsque le dossier est rempli en vue d’une épreuve d’entretien, le dossier
est évalué mais non noté et sert de support au jury pour conduire l’entretien.
• le jury prend connaissance du dossier-type renseigné par le candidat (voir modèle Ira en annexe),
comportant une présentation par écrit de son parcours professionnel. Ce dossier doit comporter
des informations suffisamment précises sur la nature de l'activité professionnelle passée du
candidat et les compétences qu'il a développées à ce titre. Le dossier peut être noté (ex : attachés
d'administration de l'Intérieur et de l'Outre-mer) ou non quand il sert de support à la conversation
avec le jury (ex : concours d'accès aux Ira généralistes) ;
• afin de préparer l'examen des dossiers des candidats, le jury s’appuie sur le répertoire
interministériel des métiers de l’État (RIME) ou, le cas échéant, sur le répertoire ministèriel, de
manière à faire le lien entre l'activité décrite et l’emploi-référence ou l’emploi type correspondant ;
• le jury, lors de l'entretien, apprécie la personnalité, les aptitudes, la motivation du candidat mais
aussi identifie et évalue son activité et ses compétences au regard des profils recherchés.
28
>>
>VI - Les délibérations
du jury
>>
> 1 - Les délibérations du jury
Les membres du jury doivent avoir participé à toutes les épreuves pour pouvoir assister à la
délibération finale arrêtant la liste des candidats.
L'indépendance du jury impose que ses membres délibèrent sans témoin. Toutefois, les
gestionnaires chargés de l'organisation du concours peuvent être présents pour assister le jury et
assurer le secrétariat du concours ; leur présence n’est pas entachée d’irrégularité dès lors qu’ils
ne participent pas aux délibérations.
Tous les membres du jury sont convoqués aux délibérations et doivent être effectivement présents.
Sauf disposition particulière, le président n'a pas de voix prépondérante. Les candidats doivent être
évalués collégialement.
Le président du jury ne peut prendre à lui seul une décision impliquant une appréciation de la
valeur du candidat qui doit être prise collégialement par le jury.
Les membres du jury ne peuvent s’abstenir de se prononcer, le cas échéant, par un vote.
>>
> 2 - La notation des copies
Toutes les copies doivent être notées (sauf les copies non anonymes).
Les épreuves d’un concours visent à établir un ordre de classement des candidats en vue de
l’accès à un emploi public et ne sauraient être assimilées à des devoirs universitaires donnant
lieu à correction détaillée portée sur la copie dans un but pédagogique.
> Les délibérations du jury, siégeant collégialement, peuvent aboutir à modifier les notes arrêtées
par les correcteurs, sauf disposition contraire du texte réglementaire. On veillera donc à ne pas
divulguer, notamment aux candidats, des notes qui n’auraient pas acquis un caractère définitif.
30
>>
> 3 - La motivation des délibérations
Ni les dispositions de la loi du 11 juillet 1979 relative à la motivation des actes administratifs, ni
aucune disposition législative ou réglementaire n’obligent un jury à motiver ses délibérations, ni
à accompagner les notes qu’il attribue aux copies des motifs donnés par le jury et de ses
appréciations. Les candidats ne peuvent donc demander que leur soient communiquées de telles
appréciations. Il convient toutefois de préciser que ce sujet est susceptible d'évoluer de manière
notable dans le cadre du développement du droit de la prévention des discriminations.
>>
>
4 - L'établissement de la liste de classement
L'article 20 de la loi du 11 Janvier 1984 prévoit que " chaque concours donne lieu à l'établissement
d'une liste classant par ordre de mérite les candidats déclarés aptes par le jury ". Il est rappelé
que le jury doit classer les admis par ordre de mérite, sauf s'il en est disposé autrement (fonction
publique territoriale ou texte spécial prévoyant, par exemple, le classement par ordre alphabétique).
Le classement est établi selon le nombre de points obtenus – sous réserve d'éventuelles notes
éliminatoires prévues par la réglementation du concours – à l'exclusion de toute autre considération.
Pour départager les éventuels ex-aequo, le jury doit se conformer à la réglementation du concours.
Si rien n'est prévu, il n'a pas le pouvoir "d'inventer" de nouvelles épreuves. Dans ce cas, il appartient
à l'administration, au moment de la nomination, de trancher cette question au vu de critères
objectifs.
Le jury peut ne proposer aucun candidat ou ne proposer qu'un nombre de candidats inférieur au
nombre de postes ouverts au concours ou à l'examen, dès lors qu'il estime que certains candidats
ne justifient pas du niveau exigé.
Les méthodes d'évaluation des jurys ne doivent pas porter atteinte à l'égalité des candidats.
Un jury ayant délibéré une première fois et arrêté la note d'un candidat ne peut pas délibérer à
nouveau et modifier cette note.
Le jury ne peut modifier l'ordre de classement d'une liste arrêtée après délibération. Toutefois il peut
dans le délai du recours contentieux (deux mois après la notification des résultats) modifier une
délibération illégale. Il appartient à l'autorité administrative de signaler au jury toute anomalie ou
toute erreur matérielle constatée.
31
>>
>
5 - Les listes complémentaires dans le cadre
des concours
Le principe de l’établissement d’une liste complémentaire a été posé par l’article 20 de la loi du
11 janvier 1984. Il est rappelé que la validité de cette liste a une durée limitée « à la date d’ouverture
du début des épreuves du concours suivant, et au plus tard, deux ans après la date d’établissement
de la liste complémentaire».
Dans les mêmes conditions que pour la liste principale, l’administration, lorsqu’elle nomme les
candidats de la liste complémentaire, doit respecter l’ordre de classement établi par le jury.
Les candidats inscrits sur la liste complémentaire peuvent être nommés en remplacement des
candidats inscrits sur la liste principale qui ne peuvent être nommés, soit parce qu’ils n’ont pas
accepté leur nomination, soit parce qu’ils ne réunissent pas les conditions requises, ou sur des
postes vacants qui ne l’étaient pas au moment de l’ouverture du concours.
Certains statuts particuliers prévoient que le jury ne peut inscrire qu’un nombre limité de candidats
sur la liste complémentaire. Par ailleurs, conformément aux dispositions de la loi du 11 janvier
1984, l’administration ne peut nommer de candidats de la liste complémentaire qu’à concurrence
d’un pourcentage, fixé par décret, du nombre des postes offerts au concours.
Le jury ne commet pas d'irrégularité en s'abstenant de dresser une liste complémentaire lorsqu'il
estime qu'en dehors de ceux déclarés aptes, aucun candidat ne justifie des aptitudes nécessaires
pour être inscrit sur cette liste.
Les règles régissant l’utilisation des listes complémentaires des concours d’accès aux corps de la
fonction publique de l’État sont fixées par le décret n°2003-532 du 18 juin 2003. Ce décret prévoit
la possibilité de nomination de candidats inscrits sur la liste complémentaire dans la limite de
200 % du nombre de postes offerts au concours, sauf dérogation par décret contresigné par le
ministre chargé de la fonction publique. En outre, en l’absence de candidats sur la liste
complémentaire d’un concours déterminé (externe, interne ou autre), ou lorsque celle-ci est
épuisée, il est possible, dans les mêmes conditions et limite, de recourir aux autres listes
complémentaires pour procéder à des nominations au titre de ce concours.
>>
> 6 - Attitude des membres des jurys et notation
Aucun texte législatif ou réglementaire n’oblige un jury à justifier les notes qu’il attribue. La
formulation d’appréciations écrites n’est donc pas une condition formelle de validité de l’évaluation
des candidats, qui se matérialise par les notes qui leur sont attribuées. Il n’est toutefois pas interdit
aux membres du jury d’en établir. En effet, une trace écrite de l’appréciation d’ensemble synthétique
du travail de chaque candidat peut l’aider à garder la mémoire des traits marquants de la prestation
(notamment lors des discussions collégiales pour harmoniser les notes ou classer les candidats
en cas d’établissement d’une liste complémentaire).
32
La jurisprudence considère qu'un jury n'est pas obligé de motiver ses délibérations, ni de faire
figurer une appréciation rédigée sur les copies des candidats. La justification des notes est laissée
à l'appréciation du jury.
Cependant, les candidats qui ont échoué à un concours demandent de plus en plus des
éclaircissements pour comprendre dans quelles conditions et selon quels critères ils ont été
évalués. Ils souhaitent obtenir ces renseignements dans le but d'améliorer leur prestation à la
session suivante.
Ces indications sont nécessaires car les candidats désireux de réussir ne peuvent comprendre
que toute évaluation ne puisse être motivée. Elles revêtent une importance particulière lorsque les
candidats constatent sur leur relevé de notes qu’une ou plusieurs épreuves ont fait l’objet d’une
évaluation proche de la note éliminatoire.
Dans le cas d’une épreuve orale, leur déception est d'autant plus grande que les candidats pensent
avoir fait une prestation acceptable. Il conviendrait de rappeler aux jurys qu'ils ne doivent pas faire
de commentaires pendant le déroulement des épreuves et que leur attitude doit être la plus
impartiale possible.
Lorsque de telles appréciations ont été inscrites sur un document en relation avec la note attribuée,
(par exemple dans une case réservée à cet effet sur la grille de notes remise aux correcteurs),
elles ont le statut de document administratif dont un candidat peut demander la communication.
Il s’agit, en l’occurrence, de documents préparatoires à la décision définitive, traditionnellement
qualifiée de complexe par la jurisprudence, arrêtant la liste des candidats déclarés admis.
Cette communication a simplement pour objet d’éclairer davantage le candidat sur les éléments
qui ont conduit le jury à attribuer telle note à son travail dans une épreuve. Elle lui permet de saisir,
plus concrètement qu’à la lecture du rapport du jury, les insuffisances ou les erreurs qui ont affecté
sa prestation et d’en tirer parti pour améliorer sa préparation en vue d’une session ultérieure.
Elle n’a aucunement pour effet de porter atteinte ou de restreindre le caractère souverain de
l’appréciation portée par le jury qui demeure insusceptible d’être contestée utilement devant le juge
administratif.
• des appréciations ont été formulées par écrit sur les travaux de l’ensemble des candidats dans
les épreuves. Elles sont communicables de plein droit à tout candidat qui en fait la demande, à
titre individuel en ce qui le concerne personnellement. En revanche, leur caractère nominatif
s’oppose à ce que lui soient communiquées les appréciations concernant d’autres candidats que
lui-même ;
• aucun document écrit comportant des appréciations n’a été établi par le jury. L’impossibilité de
communiquer des appréciations matériellement inexistantes doit être expressément indiquée
au candidat qui en fait la demande.
33
Les demandes de communication d’appréciations doivent obéir à la plus grande cohérence. Elles
seront donc traitées de manière uniforme pour une même section ou option d’un concours,
conformément à l’une ou à l’autre des situations ci-dessus évoquées, dans le délai pendant lequel
elles doivent être conservées (qui est d’un an à compter de la date de la première épreuve).
Toutefois, même dans le cas d’un concours pour lequel aucune appréciation écrite n’a été
consignée, il importe que la note 0 ou la note éliminatoire soit assortie des motifs qui ont conduit
le jury à l’attribuer sous la forme d’un rapport écrit à remettre au président du jury avant la
délibération de celui-ci.
Dans tous les cas, il est recommandé aux membres des jurys qui garderont une trace écrite de leurs
appréciations de veiller à les formuler de manière constructive : même si elles font état de graves
insuffisances disciplinaires ou méthodologiques de la part des candidats, il convient d’en bannir
les expressions polémiques ou méprisantes. Il convient également de veiller à ce que la teneur des
appréciations soit en résonance avec la note attribuée.
Conformément au titre 1er (alinéa 2) de la loi n° 78-753 du 17 juillet 1978 portant diverses
mesures d’améliorations des relations entre l’administration et le public et diverses dispositions
d’ordre administratif, social et fiscal, modifié par la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 relative aux
citoyens dans leurs relations avec les administrations, tous les documents liés aux concours sont
considérés dorénavant comme des documents administratifs communicables de plein droit à
l’intéressé qui en fait la demande.
> Enfin, il est souhaitable que les notes attribuées soient compréhensibles par les candidats.
Certaines notes, comportant des décimales, suscitent en effet des demandes d'explications. Le
Médiateur de l’Éducation nationale a fait état dans son rapport publié au mois de mai 2000 (au
titre de l’année 1999), de la nécessité de veiller à renforcer "la crédibilité et la lisibilité de
certaines notations" sans remettre en cause la souveraineté des jurys. C’est pourquoi il rappelle
dans son rapport remis en 2001 la nécessité de pouvoir justifier les notes attribuées. Il convient,
à cet égard, de préférer l’attribution de points entiers quel que soit le nombre de correcteurs.
La péréquation des notes obtenues par les candidats, obligatoire lorsque les groupes de
notateurs sont multiples pour une même épreuve, contribue à l’incompréhension si le relevé de
notes n’est pas accompagné d’une explicitation du résultat.
34
>>
>VII - Fraudes et
irrégularités
En cas de fraude, le fraudeur doit être exclu du concours. Il appartient à l'administration d'engager,
concurremment avec le président du jury, l'action pénale prévue par la loi du 23 décembre 1901.
Le président du jury dispose personnellement d'un pouvoir de police, lui permettant notamment
d'exclure de la salle d'examen un candidat qui causerait des désordres lors du déroulement des
épreuves.
Il appartient au jury de corriger les irrégularités qui ont affecté le concours, le cas échéant en
faisant recommencer une épreuve par tous les candidats, mais il ne peut légalement annuler une
épreuve et donner une note égale à tous les candidats.
Lorsque des irrégularités de nature à entraîner l'annulation de l'ensemble du concours sont portées
à la connaissance du jury après la publication de la liste des admis, le jury doit rapporter, dans le
délai du recours contentieux, les décisions prononçant les admissions définitives. L'administration
peut alors organiser un nouveau concours.
36
>>
>Annexes
38
>>
>
Annexe 1
Charte pour la promotion de l'égalité
dans la fonction publique
L’égalité de tous les citoyens devant la loi est assurée par la Constitution et son préambule, qui
renvoie notamment à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.
Ainsi, son article 6 garantit l’égal accès de tous à la Fonction publique. Il précise que : «Tous les
citoyens, étant égaux [aux] yeux [de la loi], sont également admissibles à toutes dignités, places
et emplois publics, selon leur capacité et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de
leurs talents.»
La Constitution, lors de la dernière révision du 23 juillet 2008, a par ailleurs ajouté que « La loi
favorise l’égal accès des femmes et des hommes… aux responsabilités professionnelles et
sociales.»
Ces principes sont déclinés dans le statut général des fonctionnaires (Titre I) : « Aucune distinction,
directe ou indirecte, ne peut être faite entre les fonctionnaires en raison de leur sexe…, de leurs
opinions politiques, syndicales, philosophiques ou religieuses, de leur origine, de leur orientation
sexuelle, de leur âge, de leur patronyme, de leur état de santé, de leur apparence physique, de
leur handicap ou de leur appartenance ou de leur non appartenance, vraie ou supposée, à une
ethnie ou à une race. »
La promotion de l’égalité de traitement et de l’égalité des chances est donc, plus que jamais, un
objectif que la fonction publique doit se fixer, conformément aux exigences de promotion sociale,
d’intégration et de cohésion par le travail, de manière à être plus représentative de la société
qu’elle sert.
C’est pourquoi le ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique et le secrétaire
d’État à la Fonction publique s’engagent, en liaison avec la Haute autorité de lutte contre les
discriminations et pour l’égalité (HALDE), à promouvoir l’égalité dans toutes les fonctions publiques
et à prévenir toutes formes de discriminations, en ce qui concerne l’accès à la Fonction publique
dans ses différentes modalités, le déroulement des carrières, l’exercice du droit à la formation ou
les cessations définitives de fonctions ou d’activités.
39
La Charte se décline autour de six thèmes
1 - Agir en amont du recrutement pour promouvoir l’égal accès de tous aux emplois publics :
• en développant des actions de communication sur les métiers et sur le recrutement dans la
fonction publique, notamment par le Réseau des écoles de service public (RESP) et plus
particulièrement les Instituts régionaux d’administration (Ira), en application de la charte de la
diversité et de l’égalité des chances des lauréats des écoles de service public du 3 février 2005 ;
• en renforçant les possibilités de soutien financier pour encourager la préparation des concours
de la fonction publique ;
2 - Veiller aux conditions de recrutement pour répondre aux besoins sans discriminer :
• en généralisant la formation des jurys, des membres des comités et commissions de sélection
afin qu’ils choisissent les candidats en fonction de leurs capacités et des besoins de
l’administration ;
• en sensibilisant les jurys et les membres des comités et commissions de sélection aux préjugés,
aux stéréotypes et aux risques de discrimination ;
• en réexaminant le contenu des concours par une étude attentive de la définition des programmes
et de la nature des épreuves afin de sélectionner les candidats en fonction de leurs compétences
en rapport avec les emplois à pourvoir, et non de leurs seules connaissances ;
• en encourageant la formation des évaluateurs et en les sensibilisant aux préjugés, aux stéréotypes
et aux risques de discrimination ;
• en veillant à ce que les conditions d’exercice de la mobilité, les critères et les procédures de
promotion, ainsi que les modalités de rémunération ne défavorisent aucun agent pour des motifs
prohibés par la loi ;
• en facilitant l’adaptation des postes de travail pour prendre en compte, soit le handicap, soit l’état
de santé d’un agent ;
40
4 - Sensibiliser et former les agents de l’administration :
• en mutualisant les bonnes pratiques, notamment en ce qui concerne des solutions de prévention
des discriminations, de désignation d’interlocuteurs dédiés, etc. ;
• en mettant en place des procédures d’information au sein des services d’une même administration
sur les faits et pratiques discriminatoires constatés et sur les réponses apportées ;
• en identifiant et en diffusant les outils destinés à faire évoluer les mentalités et changer les
comportements professionnels en matière de prévention des discriminations ;
• en faisant participer les agents aux initiatives et actions locales menées par les administrations
sur le thème de la prévention des discriminations et de la promotion de l’égalité des chances ;
• en mettant en oeuvre des actions communes pour les agents des trois fonctions publiques.
Les modalités de suivi de la présente charte devront contribuer à favoriser l’échange d’expériences
et de bonnes pratiques entre les administrations et à diffuser l’information sur la prévention des
discriminations et la promotion de l’égalité des chances :
• en associant à cet échange la HALDE, qui présentera notamment un bilan de ses délibérations
concernant les réclamations examinées pour la fonction publique ainsi que des suites qui leur
sont données par les administrations ;
• en rendant compte, dans le rapport annuel de la fonction publique, des différentes actions
entreprises dans le cadre de la présente charte en matière de prévention des discriminations et
de promotion de l’égalité des chances.
41
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>
Annexe 2
Circulaires
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>
Annexe 3
Exemple de dossier RAEP
Dossier de candidature
Concours d'accès aux Ira - Généralistes
Session :
Voir la page 3 du guide de remplissage
Nom de naissance :
Nom d’usage ou de femme mariée :
Prénom :
Une fois le présent dossier complété, vous en conserverez une copie avant de le transmettre,
exclusivement par courrier (en quatre exemplaires), au service concours de l'Ira de formation
choisi, au plus tard à la date fixée dans l’arrêté d’ouverture du concours.
Sommaire
Première partie
•Votre situation administrative actuelle
Deuxième partie
•Votre expérience professionnelle
•Votre formation professionnelle et continue
Les actions de formation en lien avec vos compétences et/ou votre projet professionnel
•Les acquis de votre expérience professionnelle au regard du profil recherché
Troisième partie
Annexes
Quatrième partie
Fiche administrative de traitement du dossier
Déclaration sur l’honneur
Visa de l'autorité compétente
50
Première partie : VOTRE SITUATION ADMINISTRATIVE ACTUELLE
Cochez les cases et renseignez les champs correspondant à votre situation.
CONCOURS INTERNE
Fonctionnaire
titulaire stagiaire
•Catégorie : A B C
•Corps/cadre d'emplois/grade : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Administration(*) : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
.........................................................................
.........................................................................
Direction/service/établissement(*) : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
.........................................................................
.........................................................................
Fonctions actuelles
Période Nom, adresse, et activité principale Nom et activité du Statut
de l’organisme d’emploi service d’emploi
De :
A:
Si temps partiel, précisez la quotité
Catégorie/corps/ Domaine fonctionnel/ Principales activités Principales compétences
cadre d'emplois emploi et/ou travaux réalisés developpées dans cette activité
Fonctions antérieures
Période Nom, adresse, et activité principale Nom et activité du Statut
de l’organisme d’emploi service d’emploi
De :
A:
Si temps partiel,précisez la quotité
Catégorie/corps/ Domaine fonctionnel/ Principales activités Principales compétences
cadre d'emplois emploi et/ou travaux réalisés developpées dans cette activité
51
VOTRE FORMATION PROFESSIONNELLE ET CONTINUE
Les actions de formation en lien avec vos compétences et/ou votre projet professionnel
du :
au :
du :
au :
du :
au :
du :
au :
du :
au :
Caractérisez, en quelques mots, les éléments qui constituent, selon vous, les acquis de votre
expérience professionnelle et précisez vos motivations (1 à 2 pages dactylographiée(s)
maximum).
52
>>
>
Annexe 4
Grilles d’évaluation
N° du candidat :
1. Appréciation d’ensemble Note : /20
2. Appréciation détaillée
Introduction
Présentation du sujet
Annonce de plan
Plan
Qualité du plan choisi
Respect du plan
Transitions
Conclusion
Phrase de synthèse
Ouverture
Forme
Orthographe
Style
Présentation
Écriture
53
Exemple 2
Note décisionnelle : rédaction d'une note de synthèse et réponse à une ou plusieurs questions
à partir d'un dossier de nature économique, financière ou sociale.
N° du candidat :
1. Appréciation d’ensemble Note : /20
2. Appréciation d’ensemble*
TI I M B TB
Forme du devoir
Capacité de synthèse
et pertinence de l’analyse
Exemple 3
Modalités de notation
Barème / 20 : 20 points
Introduction 4
54
Exemple 4
Barème /20 : 20 points
Forme : présentation – orthographe – style 3
Fond : 17 points répartis de la manière suivante :
> plan
> introduction 3
> annonce du plan
> conclusion
> Compréhension du sujet 4
> Cohérence des raisonnements 3
> Niveau de connaissance 2
> Exhaustivité des thèmes 5
55
Exemple 3
++ + +- --
Connaissances :
- étendue des connaissances
- précisions des connaissances
- capacité à articuler les connaissances par rapport au
contexte sociétal et aux enjeux administratifs actuels
- capacité à mobiliser rapidement des connaissances
Aptitude à l'analyse :
- compréhension de la problématique posée
- capacité à argumenter (qualité du raisonnement)
- capacité à conduire une réponse (ou un exposé)
- capacité à proposer une réflexion personnelle
- capacité à appréhender des logiques et intérêts différents
voire divergents
- capacité à faire preuve d'honnêteté intellectuelle
56
>>
>
Annexe 5
Jurisprudence
1 - La composition du Jury
La nomination des membres du jury doit être conforme à la réglementation du concours qui précise
la qualité requise des membres du jury.
Sa composition doit assurer le respect de la règle de l’égalité entre les candidats (afin que les
candidats ne soient pas privés des « garanties d’impartialité auxquelles tout candidat est en droit
de prétendre » (1) et offrir des garanties de technicité et d’impartialité.
C’est la raison de sa collégialité et de l’exclusion des personnalités dont l’indépendance peut être
contestée.
Une personne dont la partialité peut être établie ne peut siéger dans le jury. Il peut s’agir soit de
prises de position avant le concours (21), soit de la participation de personnes qui, en raison de
leurs liens avec les candidats, peuvent être suspectées de partialité (32) ou qui ont pu connaître
les candidats ou tout au moins certains d’entre eux lors de la préparation au concours (43).
L’égalité entre les candidats implique qu’ils soient mis en compétition dans des conditions qui
assurent l’égalité de leur traitement ; cela exige que les résultats des épreuves soient appréciés
par un jury unique.
En cas de défaillance d’un membre de jury avant le début des épreuves, l’administration est dans
l’obligation de compléter le jury dès lors qu’elle dispose d’un délai suffisant (1).
En revanche, le remplacement en cours d’épreuves est illégal. En effet, le principe d’égalité des
candidats suppose que la composition du jury reste inchangée pendant la durée des épreuves et
un membre du jury doit avoir pris part à toutes les épreuves pour pouvoir participer au délibéré. En
cas de démission d’un membre du jury après l’ouverture des épreuves, celui-ci ne peut donc être
remplacé.
La division du jury en groupes d’examinateurs n’est légalement possible que si elle est nécessaire
à l’organisation du concours compte tenu, notamment, du nombre de candidats et des caractères
de l’épreuve en cause (2) et si, eu égard aux modalités retenues, elle ne compromet pas l’égalité
entre les candidats (3).
57
(1) 22/06/56, Trad, - 13/10/71 Jarry – 24/11/76 Rességuier – 11/05/81, Mme Joncquiert n° 17881.
(2) 12/06/87, Barbezier, n°53612 – 20/06/90, n°90021 - CAA Paris, 04/06/98, Garde des sceaux, Ministre de la
justice, n°97PA53161
(3) 27/03/87, Mlle Espieu, n°47143 – 05/11/2003, M. V., n°246587
(4) 20/06/90, Peretti, n°90021
3 - Les programmes
La violation du droit des candidats au respect du programme est génératrice d’une inégalité entre
les candidats qui entraîne l’annulation du concours (2).
4 - Les sujets
Ils doivent être distribués de façon que le secret des épreuves et l’égalité pour tous les candidats
soient sauvegardés : pour les interrogations individuelles, ils seront donc le plus souvent tirés au
sort (12/01/05, Hamon - Morvan n°250538 et 250692).
Les membres du jury doivent faire preuve de réserve et de discrétion à l’occasion de l’exercice de
leurs fonctions.
Le rôle du jury est de noter les épreuves et de dresser la liste des candidats par ordre de mérite.
La règle fondamentale est que les candidats sont jugés uniquement en fonction de la valeur des
épreuves. Celles-ci doivent se dérouler de manière à ce qu’il n’y ait pas de rupture d’égalité entre
les candidats.
Le juge administratif contrôle si les modalités retenues pour assurer l’harmonisation de la cotation
des épreuves par les examinateurs ont permis ou non de respecter l’égalité entre les candidats (1).
Les membres des groupes d’examinateurs doivent être désignés au sein du jury (2).
Le jury ne doit tenir compte, pour départager les candidats, que de la seule valeur des épreuves
telles qu’elles sont fixées par la réglementation.
L’appréciation de la valeur des épreuves relève du seul jury et les notes qu’il attribue ne sont pas
de nature à être discutées devant la juridiction administrative (3) sauf dans le cas de présomptions
concordantes et sérieuses permettant de considérer que le jury ne s’est pas déterminé uniquement
en fonction de la valeur des épreuves (4).
En cas d’erreur de donnée dans une épreuve, le jury ne peut décider qu’une note fictive égale soit
attribuée aux candidats (5). Il doit faire annuler l’épreuve et la faire recommencer par tous les
candidats (6).
L’obligation d’assurer l’égalité dans le déroulement des épreuves repose sur l’exigence d’impartialité
et d’indépendance des membres du jury comme il l’a été rappelé ci-dessus et sur le respect de la
règle d’anonymat des candidats.
L’anonymat des épreuves écrites est une garantie d’impartialité ; en conséquence, une levée de
l’anonymat constitue une irrégularité qui entraîne l’annulation des épreuves (7).
58
Le jury est tenu de procéder à l’exclusion du candidat qui a rompu l’anonymat en portant son nom
sur sa copie (7).
Pour les épreuves orales, l’impartialité est garantie par la publicité des interrogations.
Le candidat doit avoir été reconnu « travailleur handicapé » par la Commission des droits et de
l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) ou appartenir à l’une des catégories de
bénéficiaires de l’obligation d’emploi mentionnées à l’article L.323-3 du code du travail. Il bénéficie
ainsi de dispositifs dérogatoires ayant pour but de rétablir une équité de chances dans l’accès à
la fonction publique.
Des dérogations aux règles normales de déroulement des concours et examens sont également
prévues par les services organisateurs en faveur des candidats handicapés.
La durée et le fractionnement des épreuves doivent être adaptés aux moyens physiques des
candidats. Des aides humaines et techniques peuvent leur être apportées. Des temps de repos
suffisants sont également accordés entre deux épreuves successives
Les candidats, notamment ceux reconnus travailleurs handicapés, doivent s’inscrire directement
aux concours auprès de chaque service organisateur et, le cas échéant, déposer une demande
d’aménagement des épreuves.
Les aménagements d’épreuves sont décidés après avis du médecin agréé. Le médecin consulté
(dans le département du domicile de l’intéressé), établit un certificat déterminant, en fonction du
degré d’invalidité et de la demande du candidat, de quelles conditions particulières (installation,
majoration de temps, assistance) il peut bénéficier lors des épreuves.
7 - La réglementation
La fixation d’une note éliminatoire à une épreuve d’un concours fait partie de la réglementation de
celui-ci et doit être arrêtée par l’autorité investie du pouvoir réglementaire avant le début des
épreuves (Conseil d’État 26/04/2000).
Le jury ne peut modifier la nature ou la cotation des épreuves, aliéner à l’avance sa liberté
d’appréciation en introduisant des conditions restrictives non prévues par la réglementation.
Le jury ne peut ajouter une nouvelle condition de recrutement (2) ou modifier le règlement (3)
même avec l’accord des candidats. Il ne peut donner un caractère éliminatoire à certaines épreuves
lorsque la réglementation ne le prévoit pas (4) même pour des raisons d’intérêt général (5). Une
solution contraire violerait directement le principe d’égalité.
59
(1) 22/6/94 C.E., M.G., et 18/3/49 C.E., Chalvon-Demersay – 6/11/1981, Syndicat national de l’éducation physique
de l’enseignement public, n° 21993
(2) 24/3/50 C.E., Boulo
(3) 2/7/1909 C.E., Pruvost
(4) 1/7/87 C.E., Vende et autres, 28/6/46 C.E., Annoussamy, 26/14/2000 M. Amoury
(5) 22/6/62 C.E., Dubourgnon
8 - Liberté d’appréciation
Le jury ne peut fixer arbitrairement, avant le début des épreuves, un nombre maximum
d’admissibles : par exemple décider à l’avance qu’il limitera le nombre des admissibles au double
des postes à pourvoir (1). Il aliénerait alors sa liberté d’appréciation.
L’appréciation du jury, qui est discrétionnaire, ne saurait couvrir toute espèce d’illégalité qu’il
s’agisse de détournement de pouvoir (2), de violation du règlement du concours ou altération
d’une épreuve (3), de la violation de l’égalité des candidats, de l’erreur matérielle ou de la méprise
sur l’objet même du concours (4). Le juge peut être amené à déduire la partialité du jury de la
réunion de diverses circonstances (5) Il peut ordonner une enquête (6).
Les membres du jury doivent avoir participé à toutes les épreuves pour pouvoir participer à la
délibération finale arrêtant la liste des candidats (2).
Ne peuvent participer aux délibérations du jury des correcteurs nommés après le commencement
des épreuves (3).
L’indépendance requise des membres du jury impose que ses membres délibèrent sans témoin
(4). Des fonctionnaires de la direction chargée de l’organisation du concours peuvent être présents
pour assurer le secrétariat (5).
Le jury doit délibérer au complet : l'absence sans motif légitime d’un membre de jury vicie sa
délibération (6). Les membres du jury doivent être effectivement présents (7).
Le président du jury ne peut prendre à lui seul une décision impliquant une appréciation de la
valeur du candidat qui doit être prise collégialement par le jury (8).
Les examinateurs, sauf règle expresse contraire, peuvent avoir connaissance des notes attribuées
par d’autres examinateurs pour la même épreuve (9). Ils sont tenus d’exprimer leur opinion (10).
60
(7) 22/6/56 C.E Hassin Trad, et 6/12/91 ministre des Affaires sociales C/Mlle Szekely
(8) 14/6/67 C.E, dame Fueri-Silberstein.
(9) 20/5/55 C.E, Poirier
(10) 28/7/1908 C.E, Mathieu
Ni les dispositions de la loi du 11 juillet 1979 relative à la motivation des actes administratifs, ni
aucune disposition législative ou réglementaire n’oblige un jury à motiver ses délibérations (1).
Les délibérations d'un jury d'examen chargé d'apprécier les mérites des candidats n'entrent dans
aucune des catégories de décisions défavorables énumérées par la loi du 11 juillet 1979 (2). Le
jury n’est pas tenu d’accompagner les notes qu’il attribue aux copies de ses motifs et de ses
appréciations (3) ni les correcteurs tenus d’annoter les copies en arrêtant les notes (4). Les
candidats ne peuvent donc demander que leur soient communiquées de telles appréciations
lorsqu’elles sont matériellement inexistantes (5).
Ne peuvent être discutés au contentieux, ni l’appréciation du jury sur la valeur des copies, ni les
principes de correction qu’il a retenus (6).
Si tous les candidats ont droit d’obtenir communication des notes qui leur ont été attribuées,
aucune disposition de la loi du 17 juillet 1978 sur l’accès aux documents administratifs ne leur
ouvre droit à obtenir communication des notes obtenues par les autres candidats (1). La copie d’un
candidat à un examen ou à un concours constitue un document nominatif, et le candidat a le droit
d’en avoir communication (2) dans les conditions fixées par la loi du 17 juillet 1978 et ses textes
d’application (décret n° 2005-1755 du 30 décembre 2005).
Dans la mesure où le jury a communiqué à l’administration des annotations relatives aux prestations
des candidats, ces informations seront transmises sans référence à l’identité des notateurs (sauf
demande explicite), aux candidats qui en feront la demande, conformément à la doctrine dégagée
par la commission d’accès aux documents administratifs.
La destruction du test d’une candidate par l’administration a mis cette dernière dans l’impossibilité
matérielle de remplir son obligation de communication, ce qui constitue une faute valant à la
candidate une indemnité de 5000 FF en raison du préjudice subi (3).
Le jury n’est pas tenu de prescrire une troisième correction lorsque les notes chiffrées attribuées
par les deux correcteurs sont très divergentes (1).
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Les notes n’ont pas à être mentionnées expressément sur les copies, notamment lorsque ces
dernières font l’objet d’une double correction donnant lieu à une note unique (2). Seule la note
unique est mentionnée.
En effet, en cas de contentieux, le juge administratif considère que l’absence de note sur la copie
interdit au juge de déceler d’éventuelles erreurs dans le report de notes et de contrôler que les
délibérations reposent sur des faits matériellement exacts.
Le juge administratif a considéré qu'il n'y a pas double correction lorsqu'il ressort des pièces du
dossier que la majorité des copies a été, de fait, corrigée par un seul correcteur, le deuxième se
contentant d'avaliser une note, dès lors retenue comme définitive (3).
Chaque concours donne lieu à l’établissement d’une liste classant par ordre de mérite les candidats
déclarés aptes par le jury. Ce jury établit, dans le même ordre, une liste complémentaire afin de
permettre le remplacement des candidats inscrits sur la liste principale qui ne peuvent pas être
nommés ou, éventuellement, de pourvoir des vacances d’emplois.
Le jury peut ne proposer aucun candidat (1) ou ne proposer qu’un nombre de candidats inférieur
au nombre de places mises au concours (2) dès lors que la moyenne des notes obtenues par
certains candidats ne justifie pas leur présentation (3) et sans avoir à motiver sa décision sur ce
point (4).
Pour arrêter le nombre des admissibles, le jury peut légalement tenir compte du nombre total de
postes à pourvoir (5).
La décision du jury ne peut être fondée que sur les résultats d’ensemble des épreuves et sur son
appréciation de la valeur de la totalité des épreuves. Seul le nombre des points obtenus détermine
l’ordre de classement (6). Les méthodes d’évaluation du jury ne doivent pas porter atteinte à
l’égalité des candidats.
La méthode retenue pour départager les ex-aequo ne doit pas être étrangère à la réglementation
(7).
Un concours unique ne saurait donner lieu qu’à une liste d’admission unique (8). Lorsque le jury
a effectué le classement des candidats, il a épuisé sa compétence. Il ne saurait ultérieurement
modifier ses propositions et présenter d’autres candidats sur la base des mêmes épreuves (9) ou
changer l’ordre de classement (10).
L’établissement de la liste de classement par ordre de mérite ne donne pas cependant aux
candidats dont le nom est retenu un droit à être nommé (11). Mais l’administration est tenue, sous
peine d’annulation, de ne nommer que les candidats admis conformément aux règles statutaires.
Elle est liée par l’ordre de mérite que le jury a établi.
62
(1) 21/11/47 C.E., Paissenat – 12/06/70, Bretones – 09/03/79, Pan et autres
(2) 23/6/50 C.E., Chauliat - 09/7/90, Mme L.
(3) 31/10/30 C.E., Blum - 13/03/85, Bonavita, n°63585 – 08/11/85, Synd gén CGT perso aff. culturelles, n°63336
(4) 27/5/22 C.E., Orticoni
(5) 17/2/88 C.E., M.J, et 12/10/90 Juszezak, n°98853
(6) Section 30/3/81 Aubert et autres
(7)15/2/78 Plantureux
(8) 3/11/67 C.E., André
(9) 19/2/54 C.E., Thibaux
(10) 13/7/67 C.E., Geslin
(11) 6/11/1913 C.E., Anisset – 30/01/87, Min. éduc/Martin, n°51870
L’inscription sur une liste complémentaire n’ouvre pas droit à nomination. Les candidats proposés
pour être inscrits sur la liste complémentaire doivent être obligatoirement classés par ordre (il ne
peut pas y avoir d’ex-aequo). Dans les mêmes conditions que sur la liste principale, l’administration,
lorsqu’elle nomme les candidats de la liste complémentaire doit respecter l’ordre de classement
établi par le jury.
L’élimination d’office d’un candidat n’est prévue que s’il ne s’est pas présenté à une épreuve, a
rendu une copie blanche ou a omis de rendre sa copie.
La décision de ne pas corriger la copie d’un candidat remise avec retard relève du jury ou de son
président, seul compétent pour apprécier « si le dépassement par le candidat du temps qui lui
était imparti pour composer était de nature à entraîner son élimination à l’issue des épreuves
d’admissibilité » (*).
(*) C.E. 30/12/1996, Mme Barrière, n°158142 et 06.03.1998 C.E., Mme Vanneste Laudadio, n°112848 et n°116159
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>
La rémunération des jurys
Les taux applicables en euros au 1er octobre 2008 sont les suivants :
(*) Taux applicable pour quatre heures d’interrogation - (**) Taux applicable pour une copie
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2 - Frais de déplacement
Le remboursement des frais de déplacement est effectué en application du décret n° 2006-781
du 3 juillet 2006 fixant les conditions et modalités de règlement des frais occasionnés par les
déplacements des personnels civils de l’État. Un arrêté du 3 juillet 2006 fixe les taux des indemnités
de mission prévues à l’article 3 de ce décret. Pour la métropole, le taux de remboursement forfaitaire
des frais supplémentaires de repas est fixé à 15,25 € par repas. Le taux maximal de
remboursement des frais d’hébergement est fixé à 60 €.
3 - La réforme en cours
Un décret rénovant en profondeur le dispositif issu du décret n° 56-585 du 12 juin 1956 est en
cours de finalisation. La réforme, qui entrera en vigueur au 1er septembre 2010, présente un fort
enjeu d’accompagnement des ministères dans la modernisation de leurs politiques de recrutement
et de formation de leurs personnels, ainsi que de leurs politiques ministérielles de formation de
publics extérieurs à l’administration, selon trois grands axes :
S’agissant du champ des publics concernés, le projet de décret combine un champ obligatoire et
un champ facultatif : seront obligatoirement rémunérés au titre de ce texte les agents publics
participant à des activités de recrutement et de formation des agents publics pour le compte de
l’État et de ses établissements publics ; peuvent en outre être rémunérées selon les mêmes
barèmes les activités de même nature effectuées, pour le compte d’un employeur public, à
destination de publics extérieurs (examen de formation initiale, validation des acquis de l’expérience
professionnelle...). Par ailleurs, la possibilité actuelle de rémunérer les intervenants extérieurs à
l’administration (retraités, salariés) effectuant des activités de formation ou participant à des jurys
de concours est maintenue.
S’agissant du champ des activités rémunérées, le projet de réforme vise à adapter le cadre juridique
à la modernisation des activités de recrutement (rémunération des membres des instances de
sélection des candidats dans le cadre d’un recrutement sans concours) et de formation (plus
grande transparence dans la rétribution de la préparation et de l’évaluation des activités
d’enseignement), et à intégrer des activités de validation des acquis de l’expérience professionnelle
dans le champ du nouveau décret.
64
La politique de recrutement de l'État connaît de fortes évolutions, marquées par une
volonté de professionnalisation et de diversification. Conduite de façon systématique
depuis plus de deux ans, la révision générale du contenu des concours a permis jusqu’à
présent de réformer 240 voies de recrutement. Il s’agit d’une démarche globale,
appelée à se poursuivre, et qui met également l’accent sur le renforcement de la
coordination interministérielle et la professionnalisation des jurys.
Dans ce contexte, il est apparu essentiel d’accompagner les administrations en mettant
à leur disposition un outil d’information aussi complet que possible. Tel est l’objet de ce
guide, destiné aux présidents et membres de jurys ainsi qu’aux services gestionnaires de
concours. Il propose un état du droit applicable aux recrutements par concours dans la
fonction publique et identifie les bonnes pratiques à adopter dans ce domaine.
Conçu comme une aide, ce document comprend également des informations utiles à la
compréhension des évolutions actuelles de la politique de recrutement de l'État,
s’agissant notamment de la reconnaissance des acquis de l’expérience professionnelle
ou des engagements de la Charte pour la promotion de l’égalité dans la fonction
publique.
collections
tous ceux qui s’intéressent à la fonction publique. La collection « Statistiques » est déclinée en
deux publications distinctes. « Points Stat »,
outil apprécié des décideurs et des gestionnaires,
Politiques d’emploi public dégage les idées forces en quelques pages. « RésulStats »
Ce rapport constitue le volume II du « Rapport présente, pour qui recherche une information plus
annuel sur l’état de la fonction publique ». détaillée, les études complètes. Elle convient
Il traite de tous les thèmes rattachés à la gestion prévisionnelle particulièrement aux chercheurs et aux statisticiens.
des ressources humaines, pour les trois fonctions publiques,
avec leurs points communs et leurs spécificités. Il présente en Point Ph re
particulier les projets en cours, de la gestion des connaissances
à celle des compétences. Cette collection apporte un éclairage
approfondi sur un thème ou un chantier,
chiffres et références à l’appui.
Ressources humaines
Cette collection rassemble des informations et Intr doc
des documents (guides, études, la formation, la
rémunération, et au sens large tous les aspects de la gestion des Cette collection, à usage interne, réunit tous
agents de la fonction publique. Elle se veut volontairement les documents de travail de la DGAFP utilisés
pédagogique, qu'il s'agisse d'éclairer le grand public ou de fournir dans le cadre de réunions interservices, séminaires,
aux gestionnaires les outils dont ils ont besoin au quotidien. journées d’étude…
www.fonction-publique.gouv.fr