0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
72 vues16 pages

Poly Enzymo

Le document présente un cours sur la biochimie des enzymes, abordant leur définition, classification, mécanismes d'action et leur importance médicale. Il détaille également la cinétique enzymatique, les facteurs influençant l'activité enzymatique, ainsi que les inhibiteurs et la coopération allostérique. Enfin, il souligne l'importance des enzymes dans le diagnostic et le traitement des maladies.

Transféré par

enzonsimba
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
72 vues16 pages

Poly Enzymo

Le document présente un cours sur la biochimie des enzymes, abordant leur définition, classification, mécanismes d'action et leur importance médicale. Il détaille également la cinétique enzymatique, les facteurs influençant l'activité enzymatique, ainsi que les inhibiteurs et la coopération allostérique. Enfin, il souligne l'importance des enzymes dans le diagnostic et le traitement des maladies.

Transféré par

enzonsimba
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Tutorat Santé de Tours

Module 2
Biochimie

Poly - Enzymo

Par la Team Bioch 2020 :


Camille Avril, Maël Cazenave, Corentin Jago, Anne-
Laure Laly, Mathilde Moubayed, Lisa Palud, Juliette
Pelé, Gautier Ségui, Romain Sevot, Alexis Turpin

Manon Bertrand et Adélie Mouchel

- Propriété exclusive du Tutorat Santé de Tours -


Sommaire
I. GENERALITES............................................................................................................................................ 2
A) Définition ................................................................................................................................................ 2
B) Classification ........................................................................................................................................... 2
C) Les unités ................................................................................................................................................ 3
D) Site actif .................................................................................................................................................. 4
E) Intérêt et spécificité de la catalyse enzymatique .................................................................................... 5
F) Intérêt médical des enzymes................................................................................................................... 6
G) Thermodynamique des réactions enzymatiques.................................................................................... 6

II. CINETIQUE ENZYMATIQUE ..................................................................................................................... 7


A) Vitesse de réaction.................................................................................................................................. 7
B) Ordre de réaction .................................................................................................................................... 7
C) Cinétique de Michaelis-Menten .............................................................................................................. 7

III. FACTEURS INFLUENÇANT L’ACTIVITE ENZYMATIQUE ........................................................................ 10


A) La température ..................................................................................................................................... 10
B) Le pH ..................................................................................................................................................... 10

IV. INHIBITEURS ENZYMATIQUES ............................................................................................................. 11


A) Inhibition réversible .............................................................................................................................. 11
B) Inhibition irréversible ............................................................................................................................ 12

V. PHENOMENE DE COOPERATION : ALLOSTERIE ................................................................................... 13


A) Deux états pour une enzyme allostérique ............................................................................................ 13
B) Deux types d’enzymes allostériques ..................................................................................................... 13
C) Equation de Hill ..................................................................................................................................... 14
D) Exemple d’enzyme allostérique ............................................................................................................ 14

Page de garde : https://www.pinterest.fr/pin/280700989254303872/


Enzymologie
I. Généralités

A) Définition
- Enzyme : Catalyseur biologique principalement protéique, dont la fonction est spécifique d’une
réaction qui ne se réalise que difficilement dans des conditions naturelles.

Remarque : Certaines enzymes peuvent être des ARN, comme c’est le cas dans les ribosomes

- Coenzyme : Composé organique complexe fonctionnant comme partenaire de catalyse en


collaboration avec une enzyme. Ils sont inactifs sans enzyme. C’est un groupement prosthétique lié
presque toujours par des liaisons covalentes.
➢ Exemple : Les vitamines

✓ NB : Un groupement prosthétique désigne un composé non protéique

- Cofacteur : Composé non organique qui contribue à la fonction enzymatique. Ce sont généralement
des métaux. Le cofacteur se présente majoritairement sous la forme d’un ion.
➢ Exemple : Dans les réactions de polymérases, il est essentiel d’avoir des ions magnésium

- Holoenzyme : Enzyme dans sa forme active, complète et fonctionnelle, constituée de :


• Une apoenzyme : composante protéique
• Un coenzyme : groupement prosthétique
• Un cofacteur : sa présence n’est pas obligatoire

B) Classification
Il a été identifié environ 6 000 enzymes dans le monde vivant, cependant elles ne sont pas toutes
présentes chez l’Homme. Une classification est nécessaire pour les caractériser.

Les enzymes du vivant sont regroupées en 6 grandes classes :


- Classe 1 : Oxydoréductases
- Classe 2 : Transférases
- Classe 3 : Hydrolases
- Classe 4 : Lyases
- Classe 5 : Isomérases
- Classe 6 : Ligases

Page 2 sur 15
-Propriété exclusive du Tutorat Santé de Tours-
1. Les oxydoréductases
Elles catalysent les réactions d’oxydo-réduction.

➢ Exemple : La phénylalanine hydroxylase

Cette enzyme ajoute un hydroxyle sur le noyau aromatique


de la phénylalanine pour former de la tyrosine. L’hydroxyle est
ajouté grâce à du dioxygène et de l’hydrogène, donné par le
cofacteur bioptérine.

2. Les hydrolases
Elles catalysent l’hydrolyse d’une liaison via une molécule d’eau.

➢ Exemple : Les endopeptidases

La trypsine hydrolyse la liaison peptidique en C-term d’une lysine. Elle utilise une molécule d’eau pour
réaliser cette coupure.

3. Les lyases
Elles catalysent la coupure de liaison par des moyens différents de l’hydrolyse ou de l’oxydation.

➢ Exemple : L’adénylate cyclase (PO lyase)

Cette enzyme transforme l’ATP en AMPc, en formant une liaison par


l’intermédiaire d’un phosphate entre l’hydroxyle du C3’ et du C5’ de l’ose.

Remarque : Distinction entre lyase et ligase


- Une lyase est une enzyme catalysant la coupure d’une liaison
- Une ligase est une enzyme catalysant la formation d’une liaison

C) Les unités
- Unité Internationale (UI) : Quantité d’enzyme catabolisant 1 μmol de substrat par minute (μmol.min-1).
Unité surtout utilisée en biologie et en médecine.

✓ NB : Ce n’est pas une unité du SI !

- Katal : Quantité d’enzyme catabolisant une mole de substrat par seconde (mol.s-1=kat). Elle
correspond à l’unité du SI.

- Activité spécifique : Quantité de substrat métabolisée par unité de temps et par mg de protéine
(μmol.s-1.mg-1).

Page 3 sur 15
-Propriété exclusive du Tutorat Santé de Tours-
D) Site actif
La catalyse enzymatique est réalisée au niveau du site actif de l’enzyme. C’est une poche au sein de la
protéine dans laquelle se déroule la réaction.

Le substrat va se lier sur le site actif via des interactions particulières entre acides aminés.

Attention : Un récepteur ne modifie pas la molécule qu’il lie alors qu’une enzyme modifie le substrat
après fixation sur son site actif

1. Modèle du site actif


a) Modèle clé-serrure (modèle de Fischer en 1894)
Le modèle initial est l’hypothèse de la clé et de la serrure :
- La clé = substrat
- La serrure = enzyme

Le substrat possède une charge opposée à celle du site actif afin


d’avoir une interaction optimale avec un recouvrement optimal. Cela
permet de définir l’affinité de l’enzyme pour son substrat.

b) Modèle de l’ajustement induit (modèle de Koshland en 1958)


Dans les années 1950, le modèle initial a été remis en cause, car le substrat et l’enzyme avaient été
assimilés à des molécules rigides alors que ce n’est pas le cas. Le modèle de Koshland a donc été préféré au
modèle de Fischer.

Quand le substrat se fixe, l’extrémité de l’enzyme se replie afin d’augmenter l’affinité pour son ligand.

A partir d’une structure tridimensionnelle de la protéine native, il est difficile de prévoir quelles seront
les formes du substrat pouvant rentrer dans le site actif.

2. Acides aminés des sites actifs


Le site actif est situé à l’intérieur des protéines, ce qui correspond à leur zone hydrophobe. Un
environnement hydrophobe est principalement créé par des acides aminés à chaine latérale aliphatique et
à cycle aromatique.

Les acides aminés présents dans cette poche vont présenter des propriétés importantes pour la catalyse
enzymatique.

Dans les sites actifs, la plupart des AA sont indispensables, et se répartissent différemment en fonction
de leurs propriétés. Certains vont se localiser sur la paroi afin de former la poche hydrophobe, tandis que
les AA polaires vont plutôt se localiser au fond de l’enzyme et permettre la catalyse des réactions.

Page 4 sur 15
-Propriété exclusive du Tutorat Santé de Tours-
E) Intérêt et spécificité de la catalyse enzymatique
Les enzymes catalysent seulement les réactions spontanées, c’est-à-dire celles qui n’ont pas besoin
d’aide extérieure pour se réaliser. Elles ont donc pour rôle d'accélérer des réactions chimiques qui peuvent
déjà se réaliser seules mais à une vitesse très faible.

➢ Exemple : L’uréase de la fève

L’urée est le produit de dégradation de l’azote dans l’organisme des mammifères. Les humains ne
possédant pas d’uréase, ils éliminent l’urée via les urines. L’uréase transforme l’urée en ammoniac et
carbamate, qui se dissocie lui-même en NH3 et CO2. Sous l’influence de l’enzyme, la réaction se déroule 1014
fois plus vite qu’à l’état basal !

➢ Exemple : La fumarase ou fumarate hydratase

Cette enzyme permet de catalyser la transformation du fumarate de configuration trans en L-Malate.


Son action permet l’ajout d’une molécule d’eau sur la double liaison de l’acide fumarique ou fumarate, ce
qui permet la création d’un alcool secondaire et d’un CH2 : cela forme l’acide L-malique ou L-Malate.

Cet exemple montre que les enzymes sont spécifiques du substrat qu’elles catalysent.

La fumarase reconnaît spécifiquement le fumarate de configuration trans. Le maléate de configuration


cis n’est quant à lui pas reconnu par la fumarase. Le positionnement des acides carboxyliques est donc capital
pour la reconnaissance de l’enzyme.

✓ NB : L’enzyme catalysant la formation du D-Malate à partir du maléate n’existe pas dans le vivant

Ce schéma est une représentation 3D des liaisons


réalisées entre une enzyme et son substrat. Ici, le substrat
est le malate (l’acide malique) et les liaisons autour de celui-
ci représentent l’enzyme qui est la fumarase.

On observe que l’enzyme interagit avec le substrat grâce


à son groupement prosthétique (représenté par un cube). Ce
groupement est très utilisé par l’enzyme pour réaliser des
réactions d’oxydoréduction. Il se fixe de manière transitoire
au malate.

Page 5 sur 15
-Propriété exclusive du Tutorat Santé de Tours-
On observe sur le schéma que le malate en configuration trans porte deux oxygènes interagissant avec
le groupement prosthétique de l’enzyme. S’il était en configuration cis, les deux oxygènes seraient de l’autre
côté et l’enzyme ne pourrait pas interagir avec le substrat.

Cela permet de mettre en évidence la spécificité de l’enzyme pour son substrat.

F) Intérêt médical des enzymes


En médecine, les enzymes sont extrêmement importantes et ont plusieurs intérêts.

1. Maladies liées à des déficits enzymatiques


Ce sont des maladies métaboliques plutôt rares, néanmoins il en existe de très nombreux types
différents. Leur diagnostic se réalise grâce à la mesure de l’activité enzymatique. Un traitement substitutif
ou des régimes spécifiques peuvent être mis en place pour certaines maladies.

➢ Exemple : La phénylcétonurie

2. Enzymes comme marqueurs de pathologies


Ces enzymes sont particulièrement utilisées dans les pathologies cardiaques et hépatiques.

➢ Exemple : Etude de l’augmentation de l’aspartate-amino-transférase (ALAT) lors d’une atteinte hépatique

3. Enzymes comme outils de dosage (dans l’ingénierie de la biologie)


➢ Exemple : La glycémie (= concentration de glucose dans le sang)

La réaction de l’hexokinase permet de transformer le glucose en


glucose-6-phosphate à l’aide d’ATP et d’un cofacteur Mg2+. Elle peut être
combinée à une autre réaction pour détecter la quantité de glucose et
ainsi servir comme outil de dosage du glucose.

G) Thermodynamique des réactions enzymatiques


Les enzymes étudiées précédemment vont agir sur des
réactions chimiques. Leurs actions peuvent être illustrées
grâce à un schéma simplifié représentant la
thermodynamique de leurs réactions.

L’axe des Y représente l’énergie libre (ΔG) et l’axe des X


représente le sens de la réaction pouvant être assimilé au
temps.

La courbe en trait plein représente la réaction sans


utilisation d’enzyme. La réaction est difficilement réalisable
car elle nécessite une grande quantité d’énergie d’activation.

L’enzyme permet alors de baisser drastiquement


l’énergie d’activation nécessaire à la réalisation de la
réaction (courbe en pointillé).

Les interactions réalisées par l’enzyme vont affaiblir les liaisons de la molécule sur laquelle elles agissent
et de ce fait, permettre l’accélération de la réaction.

Page 6 sur 15
-Propriété exclusive du Tutorat Santé de Tours-
II. Cinétique enzymatique

A) Vitesse de réaction
La vitesse de réaction est définie comme la pente de la tangente de la
courbe correspondant à la concentration du substrat au cours du temps.

La vitesse dépend de la quantité du substrat qui se trouve dans la


solution, elle correspond à la fois à la disparition du substrat (S) et à
l’apparition du produit (P).

✓ NB : Dans la formule, il y a un signe négatif devant le substrat car sa concentration diminue, ce qui
permet de garder une vitesse positive

B) Ordre de réaction
L’ordre de réaction correspond au nombre de molécules qui interagissent au cours de la réaction.

- Réaction d’ordre 0 : la vitesse est constante (v=k) et indépendante des concentrations.


- Réaction d’ordre 1 : la vitesse dépend de la concentration d’une seule molécule (v=k[A]).
- Réaction d’ordre 2 : la vitesse dépend de 2 molécules (v=k[A][B]).

✓ NB : k correspond à la constante de la réaction

C) Cinétique de Michaelis-Menten
1. Conditions de HMM
Lors d’une réaction enzymatique, l’enzyme va interagir avec le substrat, induisant sa transformation en
produit. L’enzyme, quant à elle, ne subit pas de modification.

Comment varie la vitesse de réaction d’apparition du produit P, catalysée par une enzyme E, en fonction
de la concentration S en substrat ?

a) 1ère hypothèse : il existe un complexe ES intermédiaire


Le substrat se lie à l’enzyme avec une constante de vitesse k1. Rapidement l’enzyme va transformer le
substrat en produit avec une constante k2 puis le produit va se détacher de l’enzyme.

On cherche d’abord comment varie ES en fonction de S.

✓ NB : les réactions peuvent revenir en arrière de par les constantes k’1 et k’2.

Page 7 sur 15
-Propriété exclusive du Tutorat Santé de Tours-
b) 2ème hypothèse : on considère la vitesse initiale de la réaction
Au début de la réaction, on définit V=V0 et S=S0.

c) 3ème hypothèse : on considère le système stationnaire


Nous admettons qu’il existe un équilibre entre la liaison du
substrat sur l’enzyme et le détachement du produit de l’enzyme à
une certaine vitesse.

La concentration de [ES] étant stable, la vitesse de variation de


[ES] est égale à 0, ce qui correspond à l’état stationnaire.

Donc d[ES]dt ≈ 0.

Remarque : Cette hypothèse est applicable lorsque la


concentration en enzyme est très faible par rapport à la
concentration en substrat

2. Démonstration de l’équation de Michaelis-Menten


A l’état initial (t=0), il n’y a pas de formation de produit ainsi la concentration en produit est nulle. Il n’y
a donc pas formation de substrat à partir du produit étant donné que la concentration en produit est nulle.
Il est ainsi possible de négliger la réaction E+P → ES (avec pour constante de réaction k’2).

Nous pouvons alors simplifier l’équation :

A l’état stationnaire, d[ES] = formation complexe ES - disparition complexe ES = 0. Or :


- La formation du complexe ES est représentée par : k1[E][S]
- La disparition du complexe ES est représentée par : k’1[ES]+k2[ES]

Rappel : k′2 n’est pas pris en compte car elle est négligeable à l’état initial

Nous en déduisons que :

Une grande démonstration permet la construction de l’équation de Michaelis Menten mais celle-ci n’est
plus au programme cette année.

Equation de Michaelis Menten :

𝑉𝑚𝑎𝑥 [𝑆]
𝑉=
𝐾𝑚 + [𝑆]

(S) est inconnue ! mais (S) = (S0) à t0

Page 8 sur 15
-Propriété exclusive du Tutorat Santé de Tours-
3. Représentations graphiques et signification Km
a) Représentation classique
La vitesse dépend de la concentration en substrat :
- Quand la concentration en substrat est nulle, la vitesse est
nulle
- Quand la concentration en substrat tend vers l’infini, la
vitesse devient maximale : cela correspond à la fixation de
l’enzyme sur tous les sites

Cette courbe est sous la forme d’une hyperbole équilatère.

La Km est la constante de Michaelis et correspond à la concentration en substrat pour laquelle la


vitesse est égale à la moitié de la Vmax.

b) Représentation de Lineweaver Burk


Ce modèle linéarise la représentation michaelienne et permet
d’obtenir la Vmax et le Km avec plus de précision.

Cette droite représente l’inverse de la vitesse en fonction de


l’inverse de la concentration en substrat.

Cette droite coupe :


- L’axe des abscisses en -1/Km
- L’axe des ordonnées en 1/Vmax

c) Signification et propriétés de Km
Km possède les dimensions d’une concentration : mol.L-1. Elle correspond à la concentration du substrat
pour laquelle la vitesse de réaction enzymatique est égale à la moitié de la vitesse maximale Vmax.

Rappel : Km correspond au rapport entre 3 constantes :

En conditions particulières, k2 correspond à la constante limitante de la vitesse que l’on appelle aussi
kcat. Ainsi si k2 est largement inférieur à k’1, notre Km vaut k’1/k1. Km correspond donc à la constante de
dissociation du complexe ES.

Si Km est faible, alors k1 est grand devant k’1, cela signifie que l’enzyme lie fortement le substrat.

Plus Km est élevée, plus l’affinité de l’enzyme pour le substrat est faible et inversement.

Page 9 sur 15
-Propriété exclusive du Tutorat Santé de Tours-
d) Effet de la concentration en enzyme
En conditions saturantes de l’enzyme, c'est-à-dire quand la concentration de l’enzyme est très petite par
rapport à celle du substrat (E <<< S), la relation entre la vitesse et l’enzyme est linéaire.

Cela correspond à l’équation de la vitesse maximale qui ne dépend


que deux entités :
- La concentration totale de l’enzyme [E]t : la concentration en
enzymes étant faible par rapport au substrat, les enzymes sont
toutes liées à un substrat. Ainsi [E]t= [ES].
- Le kcat (≈k2), qui correspond à la constante reliant Vmax et [E]t.
Cette constante fait passer du complexe ES au produit.

La vitesse de réaction permet de trouver la concentration en


enzyme. Cette vitesse est exprimée en μmol de substrat hydrolysé par
minute.

Régulièrement en biochimie hospitalière ou au laboratoire, il est possible de doser indirectement la


quantité d'enzymes grâce à cette relation.

III. Facteurs influençant l’activité enzymatique

A) La température
Plus la température est élevée, plus les molécules bougent vite et
plus l’activité enzymatique est rapide. Cela correspond à la courbe
d’activation.

✓ NB : L’activité enzymatique correspond à la vitesse enzymatique,


elle augmente avec la température jusqu’à un certain point

En effet, à une température trop élevée, l’agitation thermique


entraîne une dénaturation des protéines. Cela induit un éloignement des zones catalytiques et donc une
perte des capacités catalytiques de l’enzyme. Cette propriété est traduite par la courbe de dénaturation.

La température optimale correspond à la température à laquelle l’activité catalytique de l’enzyme est


maximale, tout en conservant le plus possible sa conformation. Elle est d’environ 37°C dans l’espèce
humaine.

B) Le pH
Le pH optimal est fonction des pKa des sites actifs et de la structure 3D des
enzymes. Il diffère selon la localisation de l’enzyme dans l’organisme. Il est
souvent aux alentours de 7.

dénaturation dès qu’il y a éloignement du pH de 7.


On utilise souvent un tampon pour ne pas les dénaturer.

Page 10 sur 15
-Propriété exclusive du Tutorat Santé de Tours-
IV. Inhibiteurs enzymatiques
Les inhibiteurs enzymatiques sont des molécules dotées de certaines caractéristiques :
- Ils modifient les constantes cinétiques Vmax et/ou Km.
- Ils ne sont pas modifiés par l'enzyme. Ils ne font qu'interagir avec elle, contrairement aux substrats.
- Ils se lient à l'enzyme :
• Le plus souvent par des liaisons non covalentes au niveau du site actif ou non.
• Parfois de manière covalente, inhibant de façon définitive l’activité de l’enzyme : ce sont les
substrats suicides.

A) Inhibition réversible
1. Inhibition compétitive
a) Principe
L’inhibiteur I est une molécule ressemblant structurellement au
substrat. De ce fait, il peut se lier à au site actif de l’enzyme par des
liaisons non covalentes. Il peut alors empêcher la fixation du substrat
et donc l’activité enzymatique. l’inhibiteur empêche seulement le substrat de se fixer sur le
récepteur, il ne le modifie pas

L’association de l’inhibiteur et de l’enzyme est caractérisée par la


constante k3. C’est une inhibition réversible réalisée par des liaisons
non covalentes, il y a donc une possibilité de dissociation de l’enzyme
et de l’inhibiteur (k’3).

L’enzyme active est donc diminuée : [E]t = [E] + [ES] + [EI].

L’enzyme existe donc sous trois formes :


- Enzyme libre : qui peut fixer soit l’inhibiteur soit le substrat
- Complexe enzyme – substrat : qui va mener, in fine, au produit
- Complexe enzyme – inhibiteur : qui ne donnera pas de produit

Plus la concentration en inhibiteur est forte, moins le substrat pourra se fixer. La constante qui définit
l’efficacité de l’inhibiteur est appelée Ki = k’3/k3.

b) Influence sur les paramètres de HMM

Lorsque la concentration en substrat est très importante on finit par diluer l’inhibiteur et le substrat
prend alors le pas sur l’inhibiteur, il le chasse du site actif. La Vmax reste donc identique.

En revanche, l’affinité apparente est touchée, Km augmente donc l’affinité pour le substrat diminue.

Page 11 sur 15
-Propriété exclusive du Tutorat Santé de Tours-
2. Inhibition non compétitive
a) Principe
Cet inhibiteur peut se fixer sur l’enzyme quand elle est seule mais il
peut aussi se fixer sur le complexe ES déjà formé. On en déduit donc que
l’inhibiteur se fixe sur un autre site que le site actif du substrat.

Deux conséquences :
- Quand l’inhibiteur fixe l’enzyme, le substrat peut aussi se fixer
- Quand le complexe ESI est formé, il n’y a pas de libération de
produit

L’enzyme existe donc sous 4 formes différentes :


- L’enzyme libre
- Le complexe enzyme-substrat
- Le complexe enzyme-inhibiteur
- Le complexe enzyme-substrat-inhibiteur

Quand l’inhibiteur est fixé, il y a une modification du site actif par


un effet allostérique (effet à distance). Ensuite quand le substrat se fixe
sur le complexe EI, le site actif n’est plus congruent donc la catalyse n’a
pas lieu.
inhibiteur agit comme si il enlevait l’enzyme

b) Influence sur les paramètres de HMM

Dans le cas d’une inhibition non compétitive pure, l'inhibiteur se fixe avec la même affinité sur l'enzyme
liée au substrat que sur l'enzyme libre. La fixation de l'inhibiteur n'influe donc pas sur la reconnaissance entre
l'enzyme et le substrat. La Km reste donc constante mais la Vmax diminue
jusqu’à mtn toutes les réactions étaient réversibles même si un des deux sens est
B) Inhibition irréversible prédominant

L’inhibiteur se fixe de manière irréversible à l’enzyme par des liaisons covalentes. L’inhibiteur est capable
de modifier l’enzyme, voire de l’inactiver de manière définitive.

Ce phénomène ressemble à l’inhibition non compétitive. Cependant, on ne peut pas ajouter de substrat
pour augmenter la vitesse. En effet, ici c’est la quantité d’enzyme fonctionnelle qui diminue irréversiblement.

➢ Exemple : L’aspirine (ou acide-acétylsalicylique) est un anti-inflammatoire qui lutte contre certaines
enzymes responsables de la transformation d’éléments de la réponse inflammatoire. En effet l’acide
acétylsalicylique est l’inhibiteur d’une cyclo-oxygénase (COX). Le site actif A (poche hydrophobe)
reconnaît le noyau aromatique de l’aspirine.

Page 12 sur 15
-Propriété exclusive du Tutorat Santé de Tours-
L’aspirine agit en transférant son acétate sur l’hydroxyle de la cyclo-oxygénase pour faire une liaison
ester : c’est l’acétylation de la sérine 530 de la COX. Une fois l’acétate fixé, la cyclo-oxygénase n’est plus
active. C’est cette réaction qui bloque l’enzyme.

V. Phénomène de coopération : Allostérie


Dans les complexes enzymatiques multimériques, lors de la fixation d’un substrat sur une des sous-unités
de l’enzyme, la constante d’affinité des autres sous-unités va changer.

On est alors dans une situation de coopérativité avec des interactions entre les différentes sous-unités
de l’enzyme. Cette coopérativité permet alors la modulation de l’activité générale enzymatique.

L’allostérie est un phénomène qui n’appartient pas aux conditions de l’équation de HMM.

Rappel : Un modèle de coopérativité se traduit par une courbe sigmoïde.

Le modulateur allostérique peut-être ou non le substrat. Il existe trois grandes possibilités de


modulateurs allostériques :
- Le substrat se fixant sur le site actif
- Le substrat se fixant sur un site différent du site actif
- Le modulateur non substrat se fixant sur un site différent du site actif

A) Deux états pour une enzyme allostérique


Pour une enzyme allostérique, il existe deux états qui varient selon le phénomène de coopération :
- T pour tendue : faible affinité pour le substrat donc le site actif est plutôt fermé.
- R pour relaxée : forte affinité pour le substrat donc le site actif est ouvert.

B) Deux types d’enzymes allostériques


1. Type K
Pour les enzymes allostériques de type K le modulateur allostérique modifie l’affinité de l’enzyme pour
le substrat. Ce modulateur agit en modifiant les liaisons entre le substrat et le site actif de l’enzyme. C’est le
type enzymatique le plus fréquent.

2. Type V
Pour les enzymes de type V le modulateur allostérique modifie la Vmax de l’enzyme, mais ne modifie pas
son affinité. Le modulateur entraîne dans ce cas un changement de conformation de l’enzyme qui la rendra
plus efficace. Ainsi la formation de produit à partir du substrat est plus rapide. Ce type d’enzyme est rarement
retrouvé.
Autres modèles cinétiques :
Lorsque les conditions de Michaelis Menten ne sont pas respectées : l’équation de MM n’est plus valable !
Si [E]t>Km : équation différente, Km limite très importante. Souvent concentration inférieure au dixième ou centième du Km pour utilise MM.
Modèle cinétique dérivé des équations de MM donc.
Si effet allostérique du substrat sur une enzyme multimérique : enzyme allostérique.

Page 13 sur 15
-Propriété exclusive du Tutorat Santé de Tours-
C) Equation de Hill
L’équation de Hill est un modèle mathématique permettant d’expliquer le phénomène de coopérativité.

𝑉𝑚𝑎𝑥 [𝑆]𝑛
𝑉= 𝑛
𝐾 + [𝑆]𝑛

- V représente la vitesse observée


- n représente la constante de Hill. Elle décrit le degré de coopérativité de la fixation du ligand.
• Si n = 1, la fixation sur les différents sites est indépendante, il n’y a pas de coopérativité. Nous
sommes donc dans une cinétique michaelienne.
• Si n < 1, la fixation représente une coopérativité négative
• Si n > 1, la fixation représente une coopérativité positive

L’équation de Hill représente la fraction des sites comportant un ligand lié (V) en fonction de la
concentration de ligand libre (n).

On observe que lors d’un phénomène de


coopérativité positive, la saturation des sites libres
augmente de manière significative lors de
l’augmentation du nombre de ligands.

En résumé :
- Si n = 1, nous sommes dans une cinétique michaelienne. La courbe est une hyperbole équilatère. Il
n’y a pas de coopération.
- Si n = 2, la courbe est une sigmoïde représentant une coopérativité positive.

D) Exemple d’enzyme allostérique


L’aspartate transcarbamylase est une enzyme qui
catalyse la première étape de synthèse des pyrimidines.
Cette synthèse se fait dans toutes les cellules. La première
étape de synthèse est finement régulée puisque cette
étape est limitante.

L’aspartate transcarbamylase permet la fixation du carbamoyl-phopshate sur un aspartate entraînant la


formation du carbamoyl-aspartate.

Cette enzyme contient 12 sous-unités :


- 6 sous unités catalytiques (C)
- 6 sous unités régulatrices (R)

L’ATP est un activateur allostérique qui va faire passer l’enzyme de la forme T à la forme R.

Page 14 sur 15
-Propriété exclusive du Tutorat Santé de Tours-
D’autres molécules peuvent être des activateurs allostériques, nous pouvons l’observer sur le graphique
suivant :
- L’enzyme native (ATCase native) est représentée par une courbe sigmoïde (phénomène de
coopérativité). En effet, le substrat qu’est l’aspartate permet la coopérativité.

- Lorsque l’enzyme est désensibilisée (donc dénaturée),


elle ne possède plus de coopérativité et se comporte
comme lors d’une cinétique michaelienne.
- L’ATP est un modulateur allostérique positif
(activateur). C’est une purine, elle permet de réaliser un
équilibre entre la formation des purines et des celles des
pyrimidines.
- Le CTP (produit final) est un modulateur allostérique
négatif (inhibiteur) en agissant sur un autre site que le
site actif.

La régulation de la synthèse s’opère donc par différents moyens et permet un contrôle très fin des voies
métaboliques et des voies de synthèse.

Page 15 sur 15
-Propriété exclusive du Tutorat Santé de Tours-

Vous aimerez peut-être aussi