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2 Systemes Lineaires

Ce document traite des systèmes linéaires en électronique, en mettant l'accent sur le filtrage des signaux dans les télécommunications, notamment à travers l'exemple de l'ADSL. Il explique la représentation spectrale des signaux, leur décomposition en séries de Fourier, et la linéarité des systèmes à travers des équations différentielles. Les concepts de filtres passe-bas et passe-haut sont également abordés pour illustrer comment les signaux sont extraits et traités.

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2 Systemes Lineaires

Ce document traite des systèmes linéaires en électronique, en mettant l'accent sur le filtrage des signaux dans les télécommunications, notamment à travers l'exemple de l'ADSL. Il explique la représentation spectrale des signaux, leur décomposition en séries de Fourier, et la linéarité des systèmes à travers des équations différentielles. Les concepts de filtres passe-bas et passe-haut sont également abordés pour illustrer comment les signaux sont extraits et traités.

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PSI - Lycée Bellevue Électronique - chap.

II
Physique Réponse des systèmes linéaires

Électronique - chap.II
Réponse des systèmes linéaires

Les télécommunications sont au cœur du fonctionnement de la société dite "moderne". Les télécommu-
nications reposent sur la transmission et le décodage de signaux électriques ou électromagnétiques (voire
optiques). Afin que le signal reçu soit de bonne qualité, il est nécessaire d’utiliser une étape de filtrage
qui supprime les parasites et permet la bonne "lecture" du message. Par ailleurs, le débit d’informations
qui circule est particulièrement important ce qui incite à l’utilisation du multiplexage : l’envoi de plu-
sieurs messages codés dans le même signal initial ! Chaque destinataire devra alors extraire du signal le
message qui lui est adressé. C’est un peu comme extraire une conversation dans un brouhaha d’autres
conversations : il faut trouver un bon dispositif de filtrage.
Ce chapitre s’intéresse à la manière dont un système peut filtre un signal, qui peut être parfois complexe.

I Représentation spectrale d’un signal


I.1. Intérêt du filtrage
Prenons l’exemple de l’ADSL 1 (Asymmetric Digital Subscriber Line), service commercialisé en France
depuis 1999. C’est une technique de communication qui permet d’utiliser une ligne téléphonique (fil de
cuivre) pour transmettre et recevoir des données numériques de manière indépendante du service télépho-
nique (voir figure 1).

Figure 1 – Principe de fonctionnement de l’ADSL.

Le filtre ADSL permet de séparer deux signaux électriques, qui sont des domaines de fréquences dis-
tincts :
⋆ entre 25 Hz et 3,5 kHz pour la téléphonie (fréquences vocales) ;
⋆ entre 65 kHz et 1,1 MHz pour l’internet.
Considérons un signal formé de la superposition de deux signaux sinusoïdaux : l’un de basse fréquence
pour la téléphonie, l’autre de haute fréquence pour l’internet. Afin de permettre une communication
téléphonique audible, le filtre ADSL doit envoyer vers le téléphone un signal filtré, qui ne laisse passer que
les plus basses fréquences. Un tel filtre est appelé "filtre passe-bas". De la même manière, le signal internet
est extrait à l’aide d’un "filtre passe-haut" inclus dans le filtre ADSL.
1. En français, ADSL pourrait être traduit par "liaison numérique [à débit] asymétrique sur ligne d’abonné". La notion
de débit asymétrique vient du fait que le débit de données est plus important dans un sens que dans l’autre, contrairement
à la technologie SDSL (Symmetric Digital Subscriber Line).

Tristan Brunier Page 1/23 Année 2010-2011


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Physique Réponse des systèmes linéaires

e1 (t)

u(t) t
0

0
t = +
e2 (t)

t
0

Figure 2 – Somme de deux sinusoïdes de fréquences et d’amplitudes différentes.

Il est possible de représenter le signal complet en fonction du temps (voir figure 2) : ce signal se
décompose alors en somme de deux sinusoïdes. Afin de simplifier la représentation des signaux, on peut
utiliser une représentation spectrale en indiquant pour chaque signal :
⋆ les fréquences des sinusoïdes qu’il contient ;
⋆ l’amplitude associée à chacune de ces sinusoïdes.

Définition :

On appelle spectre en amplitude d’un signal le graphique obtenu en


portant :
⋆ en abscisses : la fréquence ou la pulsation ;
⋆ en ordonnées : les amplitudes des différentes sinusoïdes.

Les spectres des deux sinusoïdes sont représentées sur la figure 3.


L’action du filtre ADSL en direction du combiné téléphonique peut donc être résumé par la figure 4.
Le filtre a extrait du signal uniquement certaines fréquences.

Remarque
C’est pour cette raison que l’on entend des grésillements dans la ligne téléphonique lorsque le
filtre ADSL fonctionne mal : une partie du signal haute fréquence est dirigée vers le combiné
téléphonique.

De la même manière, la figure 5 montre l’effet d’un filtre sélectif (passe-bande) sur un signal sinusoïdal
parasité par du bruit à haute fréquence et par une ondulation à basse-fréquence (50 Hz par exemple).

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amplitude
e1 (t)
fréquence f1 E1
E1

t fréquence
0 0 f1

amplitude
e2 (t)
fréquence f2
E2
E2
t fréquence
0 0 f2

Figure 3 – Spectres de deux sinusoïdes de fréquences et d’amplitudes différentes.

Figure 4 – Action d’un filtre passe-bas sur la composition en fréquence d’un signal comportant une
composante à la pulsation ω0 et une composante parasite haute fréquence.

I.2. Décomposition spectrale de signaux périodiques

D’après ce qui précède, nous avons vu qu’un filtre agissait dans le domaine des fréquences. La ques-
tion qui se pose alors est la suivante : "comment déterminer les fréquences contenues dans un signal
quelconque ?".

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Physique Réponse des systèmes linéaires

Figure 5 – Action d’un filtre passe-bande sur la composition en fréquence d’un signal comportant une
composante à la pulsation ω0 , une ondulation sinusoïdale à basse fréquence et une composante parasite
haute fréquence.

a) Deux exemples
::::::::::::::::::

cos(nωt)
Posons gn (t) = et représentons successivement, en fonction de t :
n2
g1 (t) = cos(ωt)
1
g1 (t) + g3 (t) = cos(ωt) + cos(3ωt)
9
1 1
g1 (t) + g3 (t) + g5 (t) = cos(ωt) + cos(3ωt) + cos(5ωt)
9 25
...

g1 (t) ; g3 (t) ; g5 (t) ; g7 (t) ; g9 (t) g1 (t) + g3 (t) + g5 (t) + g7 (t) + g9 (t)

t t
0 0

Remarque
La somme g1 (t) + g3 (t) + . . . se rapproche alors d’une fonction triangle.

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sin(nωt)
Posons hn (t) = et représentons successivement, en fonction de t :
n

h1 (t) = sin(ωt)
1
h1 (t) + h3 (t) = sin(ωt) + sin(3ωt)
3
1 1
h1 (t) + h3 (t) + h5 (t) = sin(ωt) + sin(3ωt) + sin(5ωt)
3 5
...

h1 (t) ; h3 (t) ; h5 (t) ; h7 (t) ; h9 (t) h1 (t) + h3 (t) + h5 (t) + h7 (t) + h9 (t)

t t
0 0

Remarque
La somme h1 (t)+h3 (t)+. . . se rapproche alors d’une fonction créneaux. La convergence est plus
lente car la fonction créneaux présente des discontinuités, contrairement à la fonction triangle.

On montre que les fonctions sinusoïdales forment une "base" pour construire la plupart des fonctions
périodiques.

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Physique Réponse des systèmes linéaires

b) ::::::::::::
Théorème ::: de::::::::::
Fourier
Propriété
La plupart a des signaux T -périodiques u(t) sont décomposables de façon unique
en série de Fourier :
+∞
X
u(t) = a0 + [an cos(nωt) + bn sin(nωt)]
n=1
+∞
X
= a0 + cn cos(nωt + ϕn )
n=1


où ω = est la pulsation du signal.
T
Les différents coefficients sont donnés par les expressions :
Z t0 +T
1
a0 = u(t) dt
T t0

et
Z t0 +T Z t0 +T
2 2
an = u(t) cos(nωt) et bn = u(t) sin(nωt)
T t0 T t0
!
p bn
cn = a2n + b2n ≥ 0 et ϕn = −Arctan
an

où t0 est un instant quelconque.


a. Plus précisément, ces signaux doivent être bornés et continus par morceaux.

⋆ Le terme a0 correspond à la valeur moyenne de u(t) sur une période


Z t0 +T
1
a0 = u(t) dt = hu(t)iT
T t0

Ce terme correspond à une fréquence nulle : ω = 0.


⋆ Les termes an et bn (n ≥ 1) s’obtiennent en projetant le signal u(t) sur la base des fonctions cos(nωt)
et sin(nωt).

⋆ Les termes de pulsation nω = n × , avec n ≥ 1, sont appelés composantes harmoniques
T
d’ordre n.
⋆ L’harmonique d’ordre 1 est aussi appelée fondamental du signal.
⋆ Le coefficient cn est appelé amplitude de l’harmonique d’ordre n.
La figure 6 représente les spectres en amplitude d’un signal sinusoïdal, d’un signal triangle et d’un
signal créneaux.
⋆ Un signal sinusoïdal ne contient que le terme fondamental : il n’y a pas d’harmoniques.
⋆ On note la présence d’une composante continue (ω = 0) correspondant à une valeur moyenne non-
nulle.

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amplitude
u(t)

t fréquence
0 0 f0 3f0 5f0 7f0

amplitude
u(t)

t fréquence
0 0 f0 3f0 5f0 7f0

amplitude
u(t)

t fréquence
0 0 f0 3f0 5f0 7f0

Figure 6 – Spectre de quelques signaux T-périodiques. On a posé f0 = 1/T .

⋆ On constate l’apparition d’harmoniques d’ordre élevé lorsque la forme du signal "s’éloigne" d’une
sinusoïde. Un signal créneaux contient plus d’harmoniques qu’un signal triangle. On dit que le spectre
d’un signal créneaux est plus riche que celui d’un signal triangle.

Remarque
On peut montrer que l’amplitude des harmoniques
⋆ varie en 1/n2 pour un signal triangle ;
⋆ varie en 1/n pour un signal créneaux.
où n est le numéro de l’harmonique. La décroissance est donc plus lente pour un signal créneaux.

II Réponse spectrale des systèmes linéaires


II.1. Linéarité d’un système
a) Définition
::::::::::::

Un filtre est un système physique qui, à un ou plusieurs signaux d’entrée fait correspondre un ou
plusieurs signaux de sortie. Nous nous restreindrons à l’étude des systèmes à une entrée et une sortie.

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Physique Réponse des systèmes linéaires

Système physique
e(t) s(t)
(opérateur)

Figure 7 – Modélisation d’un filtre à une entrée et une sortie. Le filtre agit comme un opérateur dans
l’espace des fonctions.

Définition :

Notons s1 (t) et s2 (t) les réponses respectives d’un système aux signaux
d’entrée e1 (t) et e2 (t).

Ce système est dit linéaire si, pour tout signal d’entrée de la forme

e(t) = λ1 e1 (t) + λ2 e2 (t)

le signal de sortie est

s(t) = λ1 s1 (t) + λ2 s2 (t)

Remarque
On en déduit que, pour un filtre linéaire, l’opérateur de transfert est un opérateur linéaire.

Considérons un système tel que la sortie et l’entrée soient reliées par une équation différentielle linéaire
de la forme
dn s(t) ds(t) dm e(t) de(t)
an n
+ . . . + a1 + a0 s(t) = bm m
+ . . . + b1 + b0 e(t)
dt dt dt dt
où les ai et les bj sont des coefficients réels constants.
L’équation différentielle étant linéaire, pour tout signal d’entrée de la forme

e(t) = λ1 e1 (t) + λ2 e2 (t)

les solutions pour le signal de sortie sont de la forme

s(t) = λ1 s1 (t) + λ2 s2 (t)

où s1 (t) et s2 (t) sont les réponses associées respectivement à e1 (t) et e2 (t). Un tel filtre est donc linéaire.

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Propriété
Tout système reliant une entrée et une sortie par une équation différentielle linéaire
de la forme
dn s(t) ds(t) dm e(t) de(t)
an + . . . + a1 + a0 s(t) = bm + . . . + b1 + b0 e(t)
dtn dt dtm dt
est un système linéaire.

On parle alors d’un système d’ordre n.

b) ::::::::::
Exemple::::en :::::::::::::
mécanique

Considérons un dispositif de suspension avec amortisseur (figure 8).

Figure 8 –

Appliquons le principe fondamental de la dynamique au dispositif dans le référentiel terrestre supposé


galiléen :
d2 X dX
m 2
= −h − k(X − X0 ) + F − mg
dt dt
où X(t) est la position du centre de masse du dispositif et X0 est sa position lorsque l’allongement du
ressort est nul.
A l’équilibre et en l’absence d’excitation F appliquée, k(Xeq − X0 ) = −mg, soit

mg
Xeq = X0 −
k

Posons x(t) la position du centre de masse de l’ensemble par rapport à sa position d’équilibre. On
trouve alors
d2 x dx
m 2 +h + kx(t) = F (t)
dt dt

On peut considérer que x(t) est la réponse du système à l’entrée F (t) : le dispositif de suspension se
comporte alors comme un système linéaire du deuxième ordre.

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c) Exemple en électronique analogique


::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

Exemple
:::::::::
Considérons le filtre de la figure 9, où l’amplificateur opérationnel est idéal et fonctionne en régime linéaire.
La loi des nœuds appliquée à la borne − conduit à

Ve Vs dVs
i= = iR0 + ic = − −C
R R0 dt
d’où
dVs R
RC + Vs = −Ve
dt R0
Ce filtre est un filtre linéaire d’ordre 1.

R0

R −

Ve
+
Vs

Figure 9 – Exemple de filtre linéaire. L’amplificateur est idéal et fonctionne en régime linéaire.

Remarque
Dans la suite, on s’intéressera essentiellement à des systèmes régis par une équation différen-
tielle linéaire. Toutefois, il existe d’autres types de systèmes linéaires : par exemple, un système
tel que s(t) = e(t−τ ), qui applique une fonction retard, se comporte comme un système linéaire.

II.2. Réponse d’un système linéaire en régime permanent


a) Réponse à un signal sinusoïdal
::::::::::::::::::::::::::::::::::::

Considérons un système linéaire régi par une équation différentielle de la forme :

dn s(t) ds(t) dm e(t) de(t)


an + . . . + a1 + a0 s(t) = bm + . . . + b1 + b0 e(t)
dt n dt dt m dt
et un signal d’entrée e(t) sinusoïdal de pulsation ω.

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Physique Réponse des systèmes linéaires

La solution de cette équation est la somme de la solution homogène, sh (t), et d’une solution particu-
lière sp (t) :
s(t) = sh (t) + sp (t)
où la solution homogène vérifie l’équation

dn sh (t) dsh (t)


an n
+ . . . + a1 + a0 sh (t) = 0
dt dt
L’équation homogène correspond à l’absence de signal d’entrée : on parle de régime libre. Le régime
libre caractérise la relaxation d’un système et décrit généralement un régime transitoire.
Propriété
Soit un système régi par une équation différentielle linéaire. La réponse à un signal
d’entrée e(t) est la superposition :
⋆ d’une réponse libre, donnée par la solution homogène (e(t) = 0) ;
⋆ d’une réponse en régime forcé, donné par une solution particulière.

Remarque
Lorsque la réponse libre tend vers 0, on parle de régime transitoire. On dit alors que le système
est stable et on a la correspondance :

solution homogène ←→ régime transitoire


solution particulière ←→ régime permanent

Dans la suite, on se s’intéressera qu’à des systèmes stables.

Au bout d’une durée τ caractérisant le régime transitoire, seule subsiste la solution en régime forcé.
On dit que le régime permanent est atteint. La solution en régime forcé peut alors être recherchée sous la
forme d’une sinusoïde de même pulsation ω que l’entrée.
Propriété
En régime permanent, la réponse d’un système linéaire à un signal sinusoïdal
est un signal sinusoïdal de même pulsation :

e(t) = E cos(ωt) 7−→ s(t) = S(ω) cos [ωt + ϕ(ω)]

L’amplitude S et la phase à l’origine ϕ du signal de sortie :

⋆ sont différentes de celles à l’entrée ;

⋆ ne dépendent que de la pulsation ω du signal d’entrée.

Remarque
S’il apparaît dans le signal de sortie de nouvelles fréquences, c’est que le filtre est non-linéaire.
Cette propriété est donc un critère qui permet de tester la linéarité d’un filtre.

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T=2π
s(t) ω0
S

Système
linéaire s(ω)
T=2π
e(t) ω0 S
E

t 0 ω0 ω

e(ω) T=2π
E s(t) ω0
S

0 ω0 ω
Système t
non-linéaire
s(ω)
S

0 ω1 ω0 ω

Figure 10 – Caractérisation d’un système en régime harmonique : un système linéaire ne crée pas d’har-
moniques supplémentaires par rapport au signal d’entrée.

b) ::::::::::
Réponse::à::::
un::::::::
signal :::::::::::::
périodique::::::::::::::
quelconque
Nous avons vu que la majorité des signaux étaient décomposables en somme de signaux sinusoïdaux.
Si le système est linéaire, il va répondre indépendamment à chaque sollicitation sinusoïdale de sorte que le
signal de sortie soit la superposition de chacune de ses réponses. Ainsi, pour un système linéaire, on aura
les correspondances :
e(t) = E0 − 7 → s(t) = S0
e(t) = E1 cos(ωt + ϕ1e ) 7−→ s(t) = S1 cos(ωt + ϕ1e + ϕ1 )
e(t) = E2 cos(2ωt + ϕ2e ) 7−→ s(t) = S2 cos(2ωt + ϕ2e + ϕ2 )
...
e(t) = En cos(nωt + ϕne ) 7−→ s(t) = Sn cos(nωt + ϕne + ϕn )
Ainsi, si l’entrée est de la forme
e(t) = E0 + E1 cos(ωt + ϕ1e ) + E2 cos(2ωt + ϕ2e ) + . . .
alors, en sortie du filtre linéaire, on aura
s(t) = S0 + S1 cos(ωt + ϕ1e + ϕ1 ) + S2 cos(2ωt + ϕ2e + ϕ2 ) + . . .

Propriété
Pour déterminer l’action d’un système linéaire sur un signal périodique :

1. On décompose le signal d’entrée en série de Fourier ;


2. On étudie la réponse du système pour chacune des fréquences du signal ;
3. Le signal de sortie est alors la somme des réponses du système pour chacune
des fréquences.

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c) Application au fonctionnement d’un onduleur


::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

On souhaite alimenter un appareil électrique qui ne supporte qu’une tension sinusoïdale (ordinateur,
climatiseur, . . . ). Supposons que la tension d’alimentation subisse régulièrement des variations brutales
(coupures, surtension) susceptibles de détériorer l’appareil. Afin de ne pas brancher directement l’appareil
sur le circuit d’alimentation, on introduit un filtre afin de lisser la tension. Ce filtre fait le lien entre le
circuit d’alimentation et le circuit d’utilisation : il a une structure quadripolaire (voir figure 11).

Définition :

En électronique analogique, un quadripole est réseau électrique possé-


dant 2 bornes d’entrée reliées à une source et 2 bornes de sortie reliées à
une charge.

Ab ie is Cb
Générateur de Circuit
ue Quadripôle us
commande d’utilisation
b b

B D

Modélisable Modélisable
par un dipôle par un dipôle
Figure 11 – Modélisation d’un filtre à une entrée et une sortie. Le filtre agit comme un opérateur dans
l’espace des fonctions.

Afin de faire fonctionner l’appareil sans risquer sa détérioration, il faut choisir un quadripôle adapté.
Pour ce faire, modélisons les variations brutales du signal d’entrée par des discontinuités et assimilons
la tension d’alimentation à un signal créneau d’amplitude E et de période T . Le signal d’entrée et son
spectre sont représentés sur la figure 12.
Afin d’extraire un signal sinusoïdal, il faut appliquer un filtre passe-bas qui ne transmettrait que le
fondamental. Le gain d’un tel filtre pourrait avoir la forme représentée en tirets sur la figure 12 : le gain
étant le coefficient multiplicateur à appliquer à l’amplitude du signal d’entrée pour obtenir celle de sortie.
On peut vérifier que le circuit RC de la figure 13 peut convenir. C’est en effet un filtre passe-bas
puisque :
⋆ à la limite d’un fonctionnement continu (basses fréquences), le condensateur se comporte comme un
interrupteur ouvert ce qui implique Vs = Ve ;
⋆ à la limite d’un fonctionnement continu (hautes fréquences), le condensateur se comporte comme un
fil ce qui implique Vs = 0.
Ce filtre laisse donc passer les basses fréquences mais pas les hautes fréquences : c’est bien un filtre passe-
bas. Si C est fixée, il suffit de choisir R telle que la pulsation de coupure du filtre ω0 = 1/RC soit de l’ordre
de grandeur de la pulsation du fondamental ω = 2π/T . où le condensateur a pour capacité C = 100 nF.

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amplitude d’entrée
e(t)

gain du filtre

t fréquence
0 0 f0 3f0 5f0 7f0

amplitude de sortie
s(t)

t fréquence
0 0 f0 3f0 5f0 7f0

Figure 12 – Filtrage d’une tension créneau par un filtre passe-bas.

Ve C Vs

Figure 13 – Modèle simplifié d’un onduleur.

Remarque

⋆ L’onduleur choisi ici est un filtre d’ordre 1. Il serait plus intéressant de choisir un filtre plus
sélectif, d’ordre 2 ou plus !
⋆ Attention ! L’impédance du circuit d’utilisation est placée en parallèle avec le
condensateur : le comportement du filtre s’en trouve modifié. Pour être sûr que
l’onduleur fonctionne, il faut réaliser une adaptation d’impédance entre le filtre
et la charge d’utilisation.

II.3. Fonction de transfert complexe

a) Notations complexes
::::::::::::::::::::::::

Les notations complexes permettent de déterminer la solution particulière d’une équation différentielle
en régime sinusoïdal forcé.

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Notations complexes
À tout signal sinusoïdal de la forme

x(t) = X0 cos(ωt + ϕ)

on associe une grandeur complexe x(t) (donc non mesurable !) de la forme

x(t) = X0 ej(ωt+ϕ) = X0 ejωt

où X0 = X0 ejϕ est l’amplitude complexe du signal.

Réciproquement, on obtient la grandeur réelle x(t) en prenant la partie réelle de x(t) :

x = Re [x]

Remarque
Si x(t) = X0 sin(ωt + ϕ), on utilisera la même grandeur complexe

x(t) = X0 ejωt

de sorte que
x = Im [x]

Remarque
Les grandeurs complexes seront toujours soulignées.

On note les propriétés importantes de dérivation et d’intégration des grandeurs complexes :


dx(t) d  dx(t)
= X0 ej(ωt+ϕ) = jω X0 ej(ωt+ϕ) ⇒ = jω x(t)
dt dt dt
Z t Z t Z t
′ ′ j(ωt′ +ϕ)


1 j(ωt+ϕ)
1
x(t )dt = X0 e dt = X0 e ⇒ x(t′ )dt′ = x(t)
jω jω

Propriété
En notations complexes, on a les équivalences suivantes :

d
←→ jω
dt
Z t
1
dt′ ←→

Autrement dit :
⋆ il est équivalent de dériver par rapport au temps et de multiplier par jω ;
⋆ il est équivalent d’intégrer par rapport au temps et de diviser par jω.

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b) ::::::::::
Fonction::::
de :::::::::::
transfert::::::::::::
complexe
Pour un signal d’entrée de la forme e(t) = E cos(ωt+ϕe ) et un signal de sortie s(t) = S cos(ωt+ϕe +ϕ),
on a
e(t) = E ej(ωt+ϕe ) et s(t) = S ejϕ ej(ωt+ϕe )

Définition :

La fonction de transfert complexe H(jω) d’un système est définie par

s(t)
H(jω) =
e(t)

On obtient alors
S ejϕ
H(jω) =
E

Propriété importante
La fonction de transfert complexe d’un système linéaire est de la forme

S(ω) ejϕ(ω)
H(jω) =
E
de sorte que

S(ω)
= |H(jω)| = G(ω)
E
ϕ(ω) = arg [H(jω)] = ϕs − ϕe

⋆ G(ω) est appelé gain du filtre : c’est le coefficient multiplicatif qui permet de
passer de l’amplitude du signal d’entrée à celle du signal de sortie ;
⋆ ϕ(ω) est le déphasage de la sortie par rapport à l’entrée.

Remarque
La fonction de transfert complexe contient toutes les informations requises pour déterminer le
signal de sortie en régime sinusoïdal permanent :
⋆ son module (le gain) donne accès à l’amplitude du signal de sortie ;
⋆ son argument (le déphasage entre la sortie et l’entrée) donne accès à la phase du signal de
sortie.

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c) Calcul de fonction de transfert complexe


::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

On retrouve l’équation différentielle vérifiée par les grandeurs réelles en prenant la partie réelle 2 de
l’équation suivante :

dn s(t) ds(t) dm e(t) de(t)


an + . . . + a1 + a0 s(t) = bm + . . . + b1 + b0 e(t)
dtn dt dtm dt
où e(t) et s(t) sont les grandeurs complexes associées respectivement à e(t) et s(t).
Mais, les notations complexes permettent d’exprimer simplement les dérivées successives d’un signal :

dx(t)
= jω x(t)
dt
de sorte que l’équation différentielle se réduit à une équation algébrique complexe :

[(jω)n an + . . . + jω a1 + a0 ] s(t) = [(jω)m bm + . . . + jω b1 + b0 ] e(t)

La fonction de transfert complexe vaut donc

s(t) b0 + jω b1 + . . . + (jω)m bm
H(jω) = =
e(t) a0 + jω a1 + . . . + (jω)n an

Réciproquement, si la fonction de transfert complexe a la forme précédente, on obtient l’équation


différentielle

dn s(t) ds(t) dm e(t) de(t)


an + . . . + a1 + a0 s(t) = bm + . . . + b1 + b0 e(t)
dtn dt dtm dt
vérifiée également par les grandeurs réelles.

Propriété
Un filtre linéaire régi par une équation différentielle est décrit de façon équivalente :

⋆ par son équation différentielle linéaire


n m
X dp s(t) X dq e(t)
ap = bq
p=0
dtp q=0
dtq

⋆ par sa fonction de transfert complexe


m
P
bq (jω)q
q=0 N(jω)
H(jω) = n =
P D(jω)
ap (jω)p
p=0

où N(jω) et D(jω) sont des polynômes en jω.


Le degré du dénominateur est appelé ordre du système.

2. ou imaginaire

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R R R

e(t) C s(t) e(t) C s(t) C

Figure 14 – Exemple de filtre RC en circuit ouvert (gauche) et en charge (droite).

Remarque
Il sera souvent plus facile de déterminer la fonction de transfert puis d’en déduire l’équation
différentielle.

Remarque
Une fois la fonction de transfert calculée, on détermine l’amplitude et le déphasage du signal
de sortie en régime sinusoïdal permanent :
⋆ S(ω) = |H(jω)| E ;
⋆ ϕ(ω) = arg[H(jω)].

d) ::::::::::
Exemple

Exercice
::::::::
Considérons le filtre de la figure 14 en circuit ouvert (gauche). Le signal d’entrée est de la forme

e(t) = E cos(ωt)

1. Déterminer la fonction de transfert complexe de ce filtre.


2. En déduire l’équation différentielle reliant s(t) et e(t).
3. On place à la sortie du filtre une charge modélisée par la mise en série d’une résistance R et d’une ca-
pacité C (voir le montage de la figure 14 (droite)). Que deviennent la fonction de transfert et l’équation
différentielle ?

1. La formule du pont diviseur de tension permet d’écrire

s(t) Zc 1
= =
e(t) Zc + R R
1+
Zc

Avec Zc = 1/jCω, on trouve aisément la fonction de transfert

s(t) 1
H(jω) = =
e(t) 1 + jRCω

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2. De la question précédente, on déduit

ds(t)
(1 + jRCω)s(t) = e(t) soit, en notations réelles RC + s(t) = e(t)
dt

3. Lorsqu’une charge d’impédance Zu est branchée sur le filtre, le signal de sortie s(t) est la tension
aux bornes de Zeq = Zc //Zu . Ici l’impédance de la charge vaut

1 + jRCω
Zu = R + Zc =
jCω

Le filtre n’étant plus utilisé en circuit ouvert, la formule du pont diviseur de tension fournit

s(t) Zeq 1
= =
e(t) R + Zeq R
1+
Zeq

avec
1 1 1 jCω 2 + jRCω
= + = jCω + = jCω
Zeq Zc Zu 1 + jRCω 1 + jRCω

Finalement, on trouve

s(t) 1 1 1 + jRCω
= = soit H(jω) =
e(t) R jRCω(2 + jRCω) 1 + 3jRCω + (jRCω)2
1+ 1+
Zeq 1 + jRCω

On en déduit l’équation différentielle

d2 s ds de
(RC)2 + 3RC + s = e + RC
dt2 dt dt

Remarque
Le comportement du filtre est complètement différent lorsqu’il est "chargé". Si l’on veut éviter
cet effet, il suffit de placer un suiveur entre le filtre et la charge d’utilisation.

Propriété
Une fonction de transfert n’est pas caractéristique d’un filtre quadripolaire : elle
dépend aussi du circuit d’utilisation.

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II.4. Notation opérationnelle de Laplace


La notation complexe ne peut être utilisée qu’en régime sinusoïdal permanent : elle ne tient donc pas
compte des conditions initiales et n’est pas bien adaptée à l’étude des signaux quelconques. Pour remédier
à ce problème, on utilise la notation opérationnelle de Laplace.

Définition :

La transformée de Laplace a F (p) d’une fonction f (t) est une fonction


de la variable complexe p donnée par l’intégrale :
Z +∞
F (p) = L[f ](p) = f (t) e−pt dt où p ∈ C
0

F (p) est appelé image de l’original f (t).

a. L’intégrale est définie si f (t) est continue par morceaux, intégrable en 0 et ne diverge pas
plus vite qu’une exponentielle à l’infini.

Remarque
La transformée de Laplace est une application linéaire de sorte que

L[λ1 f1 + λ2 f2 ] = λ1 L[f1 ] + λ2 L[f2 ] ∀ (λ1 , λ2 ) ∈ R2

Déterminons la transformée de Laplace de f ′ (t) :

Z +∞ Z +∞
′ ′ −pt
 ∞
L[f ](p) = f (t) e dt = f (t) e−pt 0 +p f (t) e−pt dt = pF (p) − f (0)
0
|0
| {z }
=−f (0)
{z }
=F (p)

où l’on a noté F (p) = L[f ](p).


La transformée de Laplace de f ′′ (t) vaut

Z +∞
′′
L[f ](p) = f ′′ (t) e−pt dt = pL[f ′ ](p) − f ′ (0) = p2 F (p) − pf (0) − f ′ (0)
0

On généralise aisément ces résultats à la transformée de Laplace d’une dérivée d’ordre quelconque de f .

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Dérivation et intégration

L[f (n) ](p) = pn F (p) − pn−1 f (0) − . . . − f (n−1) (0)


Dans le cas particulier où les conditions initiales sont nulles (f (k) (0) = 0 pour
tout k ∈ N), on a simplement
T.L.
f (n) (t) −→ pn F (p)

D’autre part, si f est bornée en 0 alors


Z t
T.L. F (p)
f (τ )dτ −→
p

Remarque
Si les conditions initiales sont toutes nulles, dériver une fonction revient à multiplier la trans-
formée de Laplace par p :
d
←→ p
dt
De la même manière Z t
1
· dt′ ←→
p
On retrouve les propriétés des notations complexes avec p = jω. Il suffira généralement de
travailler en notations complexes puis de remplacer jω par p.

Définition :

La fonction de transfert (ou transmittance opérationnelle) d’un filtre


est définie, en notations de Laplace, par :

S(p)
H(p) =
E(p)

Pour calculer H(p), il suffit d’utiliser les notations complexes en posant p =


jω.

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Propriété
La transformée de Laplace permet de déterminer la réponse à un signal d’entrée
quelconque suivant le principe suivant :
1. On calcule E(p) et H(p) à l’aide des tables de transformées de Laplace ;
N(p)
2. On en déduit S(p) = H(p)E(p) = E(p) que l’on décompose en éléments
D(p)
simples ;
3. On détermine s(t) en calculant la transformée de Laplace inverse de S(p) à
l’aide des tables de transformées de Laplace.

F (p) f (t) pour t > 0


1 δ(t) (impulsion de Dirac)
1
u(t) = 1
p
eτ p
u(t − τ )
p
1
t
p2
1 tn
pn+1 n!
1
e−at
p+a
1
te−at
(p + a)2
1 tn−1
e−at
(p + a)n (n − 1)!
ω
sin(ωt)
p2 + ω 2
p
cos(ωt)
p2 + ω 2
p+a
e−at cos(ωt)
(p + a)2 + ω 2
A e−at cos(ωt + ϕ)
αp + β
p
(p + a)2 + ω 2 α2 ω 2 + (β − aα)2
avec A =
ω !
β − aα
et ϕ = −Arctan
αω

Table 1 – Transformées de Laplace de fonctions usuelles.

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Remarque
En fait, la transformée de Laplace permet aussi de tenir compte des conditions initiales. Soit
un système régi par une équation différentielle de la forme :

dn s(t) ds(t) dm e(t) de(t)


an n
+ . . . + a1 + a0 s(t) = bm m
+ . . . + b1 + b0 e(t)
dt dt dt dt
où e(t) et s(t) sont respectivement les signaux d’entrée et de sortie. En prenant la transformée
de Laplace des deux membres de cette équation et par linéarité de la transformée de Laplace,
on a
(an pn + . . . + a1 p + a0 ) S(p) + S0 (p) = (bm pm + . . . + b1 p + b0 ) E(p) + E0 (p)
où S0 (p) et E0 (p) sont des polynômes en p dont les coefficients dépendent des conditions initiales
et E(p) et S(p) sont respectivement les transformées de Laplace des signaux d’entrée et de sortie.
On en déduit
bm pm + . . . + b1 p + b0 C0 (p)
S(p) = n
E(p) + n
an p + . . . + a1 p + a0 an p + . . . + a1 p + a0
où C0 (p) = E0 (p) − S0 (p) est un polynôme qui ne dépend que des conditions initiales.

Il suffit alors de calculer la transformée de Laplace inverse de cette expression pour trouver s(t).

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