L’inéluctable évolution du génome au sein des populations
La génétique des populations étudie l’évolution des fréquences alléliques dans une population donnée au cours des
générations.
Le premier modèle proposé est celui de Hardy-Weinberg au début du XX° siècle et postule que les fréquences des
allèles demeurent stables de génération en génération dans une population à reproduction sexuée. Néanmoins dans
une population naturelle l’équilibre de Hardy-Weinberg (stabilité de la fréquence génotypiques et alléliques) n’est
pas toujours respecté :
- Des mutations peuvent apparaitre, introduisant de nouveaux allèles et donc modifiant les fréquences alléliques
- Les allèles avantageux favorisant la reproduction auront une fréquence qui va augmenter (et inversement pour
les allèles désavantageux) : c’est le principe de sélection naturelle
- Dans les populations de faibles effectifs la fréquence des allèles peut varier aléatoirement et peut aller jusqu’à
sa disparition ou sa fixation dans la population : on dit que les gènes sont soumis à la dérive génétique. (l’effet
de la dérive génétique peut cependant être masqué par le processus de sélection naturelle)
- Des préférences sexuelles peuvent aussi augmenter la fréquence des allèles des individus choisis pour la
reproduction.
- Lors des migrations d’individus , une fraction seulement de la diversité allélique est exportée, entrainant une
modification de la fréquence allélique au sein de la population de départ ou d’arrivée.
Ainsi l’équilibre de Hardy- Weinberg n’est vérifié que dans des conditions restreintes : Population d’effectif infini,
isolée, sans préférences sexuelles, dont les allèles ne sont pas soumis à la sélection naturelle, sans mutation. Il
représente un modèle théorique
Les différentes causes conduisant à une modification de la fréquence allélique (selection naturelle, migration,
mutation..), associées à un isolement reproducteur, peut conduire en une transformation de l’espèce aboutissant à
une impossibilité de reproduction avec la population d’origine : il y a alors spéciation. Néanmoins la fin de
l’isolement peut conduire à des cas de reproduction (exemple de l’ours blanc et grizzly) :
On considère alors l’espèce dans un cadre spatiotemporel : on la définit comme un ensemble de populations
hétérogènes, coévoluant dans le temps et entre lesquelles des échanges génétiques sont permis.