La macroéconomie est une branche essentielle de l'économie qui
s'intéresse au comportement et à la performance de l'économie dans son
ensemble. Contrairement à la microéconomie qui étudie les décisions des
agents individuels (ménages, entreprises) et le fonctionnement des
marchés spécifiques, la macroéconomie analyse les grands agrégats
économiques et les interactions entre eux.
I. Les grands agrégats et concepts de la macroéconomie
Pour comprendre l'économie globale, la macroéconomie s'appuie sur
plusieurs indicateurs clés :
Le Produit Intérieur Brut (PIB) : C'est la mesure la plus
fondamentale de la production économique d'un pays. Il représente la
valeur totale de tous les biens et services finaux produits à l'intérieur
des frontières d'un pays pendant une période donnée (généralement
un an). On distingue le PIB nominal (en prix courants) et le PIB réel
(en prix constants, ajusté de l'inflation), ce dernier étant un meilleur
indicateur de la croissance économique.
L'Inflation : C'est l'augmentation générale et durable du niveau des
prix des biens et services dans une économie. Elle se mesure
généralement par un indice des prix à la consommation (IPC). Une
inflation trop élevée érode le pouvoir d'achat de la monnaie, tandis
qu'une déflation (baisse des prix) peut freiner l'activité économique.
Le Chômage : Il représente la proportion de la population active qui
est sans emploi et en recherche active. Un taux de chômage élevé
indique une sous-utilisation des ressources productives et peut avoir
des conséquences sociales importantes.
Le Revenu National : Il s'agit de l'ensemble des revenus perçus par
les résidents d'un pays (salaires, profits, intérêts, loyers). Il est
étroitement lié au PIB.
La Balance des Paiements : C'est un document comptable qui
enregistre l'ensemble des flux économiques (biens, services,
capitaux) entre un pays et le reste du monde. Elle se compose
notamment de la balance courante (échanges de biens et services,
revenus) et du compte de capital (flux de capitaux). Son équilibre ou
déséquilibre est un objectif majeur.
Le Taux d'intérêt : C'est le coût de l'emprunt ou la rémunération de
l'épargne. Il joue un rôle crucial dans les décisions d'investissement et
de consommation et est un outil clé des politiques monétaires.
II. Les objectifs de la macroéconomie
Les principaux objectifs des politiques macroéconomiques, souvent
représentés dans le "carré magique" de Nicholas Kaldor, sont :
1. La Croissance Économique : Assurer une augmentation soutenue
et durable du PIB réel, synonyme d'amélioration du niveau de vie.
2. Le Plein Emploi : Réduire le chômage à son niveau "naturel" (c'est-à-
dire le chômage incompressible lié aux frictions du marché du travail).
3. La Stabilité des Prix : Maintenir un taux d'inflation faible et stable,
évitant ainsi les distorsions économiques et l'érosion du pouvoir
d'achat.
4. L'Équilibre Extérieur : Assurer un solde de la balance des paiements
courants équilibré ou soutenable pour éviter une dépendance
excessive vis-à-vis de l'étranger.
III. Les outils de la politique macroéconomique
Pour atteindre ces objectifs, les gouvernements et les banques centrales
disposent de plusieurs instruments :
1. La Politique Budgétaire (ou Fiscale) :
Définition : Ensemble des décisions prises par le gouvernement
concernant les dépenses publiques (G) et les recettes fiscales
(T).
Outils :
Dépenses publiques : Investissements publics
(infrastructures), transferts sociaux (allocations chômage,
retraites), consommation publique (salaires des
fonctionnaires).
Fiscalité : Impôts (sur le revenu, sur les sociétés, TVA),
cotisations sociales.
Objectifs :
Relance (politique expansionniste) : Augmenter G et/ou
diminuer T pour stimuler la demande globale, l'activité
économique et l'emploi.
Rigueur (politique restrictive) : Diminuer G et/ou augmenter
T pour freiner la demande globale, réduire l'inflation ou les
déficits publics.
2. La Politique Monétaire :
Définition : Ensemble des actions menées par la banque
centrale pour contrôler la masse monétaire (quantité de
monnaie en circulation) et les taux d'intérêt afin d'influencer
l'activité économique et la stabilité des prix.
Outils :
Taux directeurs : Le taux d'intérêt principal auquel la banque
centrale prête aux banques commerciales. Une baisse des
taux directeurs encourage l'emprunt et l'investissement.
Opérations d'open market : Achat ou vente de titres
financiers par la banque centrale pour injecter ou retirer des
liquidités du système bancaire.
Réserves obligatoires : Proportion des dépôts que les
banques doivent garder en réserve et ne peuvent pas prêter.
Objectifs :
Expansionniste : Augmenter la masse monétaire et/ou
baisser les taux d'intérêt pour stimuler l'investissement et la
consommation.
Restrictive : Réduire la masse monétaire et/ou augmenter
les taux d'intérêt pour freiner l'inflation.
3. La Politique de l'Offre (ou structurelle) :
Définition : Ensemble des mesures visant à améliorer les
conditions de production et la compétitivité de l'économie à long
terme.
Outils : Réformes du marché du travail, politique de concurrence,
investissements dans la recherche et développement (R&D),
politique de formation, réformes fiscales favorisant
l'investissement.
Objectifs : Augmenter la capacité de production de l'économie,
améliorer la productivité, stimuler la croissance potentielle.
4. La Politique Commerciale (pour les économies ouvertes) :
Définition : Mesures régissant les échanges de biens et services
avec le reste du monde.
Outils : Tarifs douaniers, quotas, subventions à l'exportation,
accords commerciaux.
Objectifs : Améliorer la balance commerciale, protéger les
industries nationales, promouvoir les exportations.
IV. Les grandes écoles de pensée macroéconomique
L'histoire de la macroéconomie est jalonnée de débats entre différentes
écoles de pensée, chacune proposant une explication des phénomènes
économiques et des recommandations de politiques :
Les Classiques et Néo-Classiques : Ils croient en la capacité des
marchés à s'autoréguler. Ils mettent l'accent sur l'offre et estiment que
l'intervention de l'État doit être minimale.
Les Keynésiens : Influencés par John Maynard Keynes, ils
soutiennent que l'économie peut connaître des périodes de sous-
emploi durable en raison d'une demande globale insuffisante. Ils
préconisent l'intervention de l'État (via les politiques budgétaires et
monétaires) pour stabiliser l'économie et atteindre le plein emploi. Le
modèle IS-LM est une représentation emblématique de la pensée
keynésienne.
Les Monétaristes : Menés par Milton Friedman, ils mettent en avant
le rôle de la monnaie dans l'explication des fluctuations économiques
et de l'inflation. Ils critiquent l'interventionnisme budgétaire et
préconisent une gestion stable de la masse monétaire.
La Nouvelle Macroéconomie Classique et la Nouvelle École
Keynésienne : Ces courants plus récents intègrent des éléments des
théories précédentes en utilisant des fondements microéconomiques
plus rigoureux.
La macroéconomie est une discipline complexe et en constante évolution,
indispensable pour analyser les défis économiques mondiaux et locaux, et
pour éclairer les décisions des gouvernements et des institutions
financières.
Avez-vous des questions plus spécifiques sur l'un de ces concepts ou sur
la manière dont ils interagissent ?