UNIVERSITÉ MOHAMMED V Rabat
FACULTE DES SCIENCES JURIDIQUES
ÉCONOMIQUES ET SOCIALES Rabat - Agdal
Filière : sciences de gestion
Semestre :5
Support de cours :
Module : Fiscalité de l’entreprise
PARTIE N°1 :
ASPECTS GÉNÉRAUX
DE LA FISCALITÉ
MAROCAINE
Professeur : Mme Moussaif loubna
Séquence1 : Introduction à la fiscalité de l’entreprise
La fiscalité est une discipline qui régit les relations entre l’état et les
contribuables à travers un certain nombre de prélèvements fiscaux.
Elle régit par une branche du droit des affaires appelé Droit fiscal.
La fiscalité est l'ensemble de la législation et réglementation en
vigueur en matière fiscale, des mesures et pratique relatives à
l'administration fiscale et aux prélèvements fiscaux et des autres
prélèvements obligatoires. En gros, c'est tous les taxes que nous
devons payer à l'État. A quoi servent ces pratiques ? Tout
simplement à financer les besoins de l'État et de ses collectivités.
Elle joue un rôle important dans la société, permettant ainsi à tous
les acteurs économiques publics (c'est-à-dire tous les conseils
municipaux, généraux, régionaux, parlement ainsi que les
administrateurs à tous les niveaux) de se procurer des ressources de
financements nécessaires à leurs besoins afin de payer ses dépenses
publiques (comme la construction des ponts, des routes, d'écoles ou
hôpitaux publics ou autres).
Elle sert aussi de levier de la politique économique pouvant
contribuer ainsi au développement économique favorisant tel ou tel
secteur clés ou permettant aussi a des agents économiques de
bénéficier des avantages économiques (les exonérations).
En effet, on peut assigner à la fiscalité trois fonctions différentes :
Fonction financière :
La fiscalité permet de procurer à l'État, aux collectivités locales
et aux établissements publics administratifs les ressources financières
dont ils ont besoin pour couvrir leurs dépenses publiques.
Fonction économique :
La fiscalité permet à l’état d’intervenir dans la vie économique et
sociale afin de modifier les conditions de la vie économique ;
Fonction sociale :
La fiscalité est un instrument de redistribution des revenus ce qui
permet de réduire les inégalités sociales.
Chapitre I : Notions élémentaires
Un impôt est valablement constitué lorsque les 4 éléments suivants
sont réunis :
Matière imposable : c’est l’élément sur lequel s’établit
l’impôt (revenu, capital, bien ou service). On parle également
d'assiette de l’impôt ;
Personne imposable : il s’agit du débiteur de l’impôt, c’est-à-
dire de la personne qui doit assumer la charge fiscale ;
Fait générateur : c’est l’évènement qui entraîne l’exigibilité
de l’impôt (ex. : la possession d’une fortune à une certaine
date, la vente d’un immeuble);
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Échéance : c’est le moment où la personne imposable doit
s’acquitter de l’impôt.
SECTION 1 : Définition et caractéristiques de l’impôt
Paragraphe 1 : Définition
L'impôt peut être défini comme un prélèvement pécuniaire, de
caractère obligatoire, effectué en vertu de prérogatives de puissance
publique, à titre définitif, sans contrepartie déterminée, en vue
d'assurer le financement des charges publiques de l'Etat, des
collectivités locales et des établissements publics administratifs.
Paragraphe 2 : Caractéristiques de l’impôt
2-1 : Un prélèvement obligatoire :
Effectué par voie d'autorité. Cela donne légitimité à l’état d'user
d'un appareil de contrainte et de sanction lui permettant de faire
pression sur le contribuable pour l'obliger à payer.
2-2 un prélèvement effectué à titre définitif :
L'impôt est une ressource définitive. Il ne peut faire l'objet d'une
restitution.
Ce caractère permet de distinguer l’impôt de l’emprunt.
En effet, dans le cas de l’emprunt il y a toujours restitution des
sommes empruntées par la puissance publique ;
A l’inverse, l’impôt ne fait pas l’objet d’une restitution.
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2-3 L’impôt est prélevé sans contrepartie immédiate :
Une conception dominante selon laquelle il n’y a aucune
contrepartie au paiement de l’impôt.
L'absence de contrepartie déterminée est l'un des éléments essentiels
de l'impôt.
Double signification du principe :
Premier aspect de la définition : Il n'existe pas de contrepartie
directe en échange de l'import versé. Ce qui veut dire, que le
paiement de l’impôt n'est pas une condition d'accès au SP.
L'impôt n'est pas le prix payé pour chaque contribuable pour les
services rendus par les collectivités territoriales. Que l’impôt
soit payé ou non, tout citoyen a un droit d'accès au SP.
Un autre principe se trouve en cause ici : le principe de l'égalité de
tous devant les services publics.
Deuxième aspect : L'absence de contrepartie déterminée
n'autorise pas la contestation des conditions dans lesquelles le
produit des impôts est utilisé. L'impôt constitue une recette
pour l'Etat sans affectation spéciale.
2-4 est destiné à assurer le financement des charges
publiques de l'Etat, des collectivités locales et des établissements
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publics administratifs :
-L'impôt est perçu exclusivement au profit de personnes morales de droit
public : l'Etat, les collectivités locales (communes, départements,
régions), et les établissements publics administratifs.
- L'impôt a toujours pour objet de procurer à l'Etat, aux collectivités
locales et aux établissements publics administratifs les ressources
financières dont ils ont besoin pour couvrir leurs dépenses publiques.
SECTION 2 : La distinction de l'impôt et des autres types de
prélèvements :
La définition qui vient d'être donnée permet de distinguer l'impôt
d'autres types de prélèvements.
Trois éléments de cette définition revêtent une importance particulière :
d'une part, le caractère obligatoire de l'impôt, d'autre part,
l'absence de contrepartie et enfin, la nature juridique de l'organisme
bénéficiaire du prélèvement.
De ce fait, la distinction se fera au niveau de deux volets :
* La distinction de l'impôt et des prélèvements de caractère non
obligatoire ;
* La distinction de l'impôt et des autres prélèvements de caractère
obligatoire.
Ce sont, en réalité, quatre distinctions qui doivent être faites ici.
Tout d’abord l’impôt doit être distingué de la redevance. Le critère
essentiel est le caractère non obligatoire.
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Ensuite l'impôt doit être distingué d'une part, de la taxe, et d'autre
part, de la taxe parafiscale.
Les critères essentiels de cette double distinction sont au nombre
de deux. Ils résident l'un, dans l'idée de contrepartie et l'autre,
du moins pour la taxe parafiscale, dans la nature de l'organisme
bénéficiaire.
Une troisième distinction doit être faite avec les cotisations sociales.
Deux critères principaux peuvent être utilisés : celui de la matière
imposable et celui de la nature juridique des organismes auxquels
est affecté le produit de ces prélèvements. Cette distinction, qui est
assurément la plus importante, est aussi celle qui soulève les
plus grandes difficultés.
Paragraphe 1-La distinction de l'impôt et de la redevance
La dénomination de rémunération pour service rendu a été
introduite par l'ordonnance n° 59-2 du 2 janvier 1959 portant loi
organique relative aux lois de finances.
1-1La notion de redevance :
La redevance ou rémunération pour service rendu peut être définie
comme la somme versée en contrepartie d’un service public rendu et
de manière plus ou moins proportionnelle à ce service.
D’une autre manière on peut dire que La redevance ou rémunération pour
service rendu peut être définie comme la somme versée par l'usager
d'un service public ou d'un ouvrage public déterminé et qui trouve
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sa contrepartie directe et immédiate dans les prestations fournies
par ce service ou dans l'utilisation de l'ouvrage.
Exemple : La redevance de l’eau et de l’électricité
La redevance audio-visuelle………
Le caractère non obligatoire ne signifie pas que les prélèvements
en question dépendent uniquement de la volonté des administrés.
Quant à leur principe et à leur montant, ils peuvent être fixés par les
collectivités publiques. Mais ils ne sont opérés qu'en fonction d'un
avantage particulier qui est procuré aux intéressés. Par ailleurs,
ceux-ci conservent la faculté d'y échapper, soit en renonçant à
acquérir les produits ou les prestations de services en contrepartie
desquels ces prélèvements sont effectués (prix, rémunération pour
service rendu), soit en s'abstenant d'exécuter les opérations ou travaux
qui les justifient (contributions).
Le caractère non obligatoire est entendu ici dans un sens strictement
juridique; la réalité est tout à fait différente car les contraintes
psychologiques, sociales, économiques ou professionnelles font
qu'il peut être difficile, sinon impossible, de s'affranchir de ces
prélèvements.
Paragraphe 2 : La distinction de l'impôt et de la taxe
2-1La notion de taxe :
La taxe est un prélèvement obligatoire payé en contrepartie des
prestations offertes par un service public.
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Exemple : La taxe professionnelle, la taxe d’habitation ……
- On retrouve dans la notion de taxe l'idée d'un service rendu,
d'une contrepartie. Cet élément la rapproche de la redevance
et la différencie fondamentalement de l'impôt.
Il en résulte au moins deux conséquences. La taxe doit être payée par
celui qui est susceptible de profiter du service. La jurisprudence
autorise ainsi le débiteur légal de la taxe à la récupérer sur le véritable
bénéficiaire du service, même en l'absence de conventions ou d'usages
contraires, ce qui n'est pas admis
pour l'impôt. Par exemple, le propriétaire est assujetti à la taxe
d’édilité sous le même rôle que celui de la taxe urbaine sur
les appartements loués; c'est lui qui doit en verser le montant au
Trésor ; mais il peut la récupérer sur le locataire, à qui elle incombe
normalement puisqu'il bénéficie du service correspondant .
-Il n'y a pas d'équivalence financière entre le montant de la taxe et
la valeur du service rendu. Par-là, la taxe se différencie de la
redevance. Son tarif peut être fixé indépendamment du coût réel du
service. Le taux de la taxe ne doit pas être nécessairement fixé «de
telle manière que son produit soit en rapport avec les dépenses
occasionnées à la collectivité bénéficiaire ».
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Mais si le contribuable qui remplit son obligation fiscale ne reçoit
pas, en échange, une contrepartie directe, il bénéficie néanmoins du
fonctionnement des services publics. De tel manière que tous les
citoyens s’engagent à payer l’impôt pour garantir la continuité et
l’ordre des services publics.
2-2 Champ d'application :
Le principe est que les taxes ne peuvent être perçues que par des
personnes publiques (l’Etat, les collectivités locales, les
établissements publics administratifs) et seulement en vue d'assurer
le fonctionnement de leurs services publics administratifs.
Le financement du service au moyen de taxes est, du reste, l'un des
critères de la distinction entre les services publics administratifs et
les services publics industriels et commerciaux. Le service se voit
reconnaître un caractère administratif s'il tire la plus grande partie
de ses ressources de recettes fiscales. Mais ce critère n'a qu'une
portée limitée : un service public peut présenter un caractère
administratif, même lorsque son financement est assuré pour
l'essentiel par les recettes provenant des redevances versées par les
usagers. Le financement au moyen de taxes est donc seulement un
critère d'exclusion du caractère industriel et commercial du service.
Paragraphe 3 : La distinction de l'impôt et de la taxe parafiscale
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3-1 La notion de taxe parafiscale :
Les taxes parafiscales sont des prélèvements obligatoires « perçues
dans un intérêt économique ou social au profit d'une personne morale
de droit public ou privé autre que l’Etat, les collectivités locales ».
( exp : un établissement public industriel et commercial)
La taxe parafiscale est un prélèvement dont les rémunérations
seront affectées, réservé au budget de certains organismes pour
mener une action précise tel que la taxe de la formation
professionnelle.
Exemple :
- Taxes au profit du Comité national de prévention des accidents de
la circulation ;
- Taxe parafiscale à l'importation pour le financement de la promotion
économique et de l'inspection des exportations .
-Taxe sur les Assurances
-Taxe de licence à percevoir sur les établissements de
consommation de boissons alcooliques ou alcoolisées
-Taxe annuelle sur la publicité par affiches aux bords des voies de
communication routières de l'État
-Taxe pour la promotion du paysage audiovisuel national
-Taxe sur la publicité radiodiffusée
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-Taxe d'affrètement pour la pêche des espèces pélagiques
-Taxe parafiscale au profit de l'association dite le Croissant-Rouge
-Taxe de recherche halieutique au profit de l'Institut national de
recherche Halieutique
- Taxe d'équipement aéroportuaire
- Taxe de commercialisation des céréales et des légumineuses
- Taxe spéciale sur le ciment
- Taxe parafiscale à l'importation pour le financement de la
promotion économique et de l'inspection des exportations
- Taxe pour la promotion des apprentis dans le secteur du tapis
- Taxe parafiscale sur les tapis estampillés
- Taxe parafiscale au profit du CDVM
- Taxe de développement coopératif
- Taxe de promotion touristique
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- Taxe sur le poisson pélagique
- Taxe sur les prix de cession des produits des forêts
- Taxe de commercialisation de la pulpe sèche de betterave
- Taxe sur les bois importés
- Taxe pour la conservation et le développement des ressources
cynégétiques
- Taxes perçues par les agents diplomatiques et consulaires au
titre des actes relatifs à la navigation, au commerce et aux
divers certificats
- Droits de Chancellerie
- Taxes sur les transports privés
- Taxe d'inspection sanitaire des plantes et des produits végétaux
- Taxe d'inspection sanitaire d'animaux et de produits animaux
- Taxe sur les permis de recherches minières, permis d'exploitation,
taxe de mutation
- Taxe de vérification des poids et mesures.
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Source : Rapport du Conseil économique et social, 2012
Trois caractéristiques permettent de distinguer les taxes parafiscales des
autres types de prélèvements.
a) La taxe parafiscale ne comporte aucune contrepartie directe et
Immédiate pour le redevable, ni même parfois de contrepartie
indirecte ou à terme. Cet élément est fondamental :
il permet de situer les taxes parafiscales plus près de l'impôt que ne
le sont la redevance et même la taxe.
b) Il s'agit d'un prélèvement à caractère obligatoire.
c) Une troisième caractéristique de la taxe parafiscale réside
dans son affectation et dans la nature juridique de l'organisme
bénéficiaire.
La taxe parafiscale est nécessairement affectée ; par-là, elle se
distingue de l'impôt.
L'impôt et la taxe sont prélevés nécessairement au profit d'une personne
publique (l'Etat, une collectivité territoriale locale, un établissement
public administratif).
Il résulte de la définition de la taxe parafiscale qu’elle ne peut être perçue
qu'au profit d'organismes privés ou, s'agissant de personnes publiques,
qu'au profit d'établissements publics industriels et commerciaux.
3-2 Le champ d'application des taxes parafiscales :
Le champ d'application des taxes parafiscales est très vaste.
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Certaines d'entre elles sont perçues au profit d'organismes qui
relèvent des affaires culturelles ou de l’éducation nationale.
Cependant, leur domaine d'élection reste le secteur agricole et
le secteur industriel.
Toutes les taxes parafiscales sont perçues soit dans un intérêt
économique (amélioration du fonctionnement des marchés et de
la qualité des produits, encouragement des actions collectives de
recherche et de développement agricoles, encouragement des actions
collectives de recherche et de restructuration industrielle), soit dans
un intérêt social(promotion culturelle et loisirs, formation
professionnelle).
Paragraphe 4 : La distinction de l'impôt et des cotisations sociales.
Les impositions de toutes natures, ne constituent que l'une des
catégories de prélèvements obligatoires. Il en est une autre,
d'importance aussi grande, celle des prélèvements sociaux.
La distinction entre l'impôt et les prélèvements sociaux soulève
de nombreux problèmes concernant d'abord la définition de ce qu'il
est convenu d'appeler les "cotisations sociales". La distinction juridique
entre les deux catégories de prélèvements est tout aussi relative.
4-1 La définition des cotisations sociales :
Cette définition est très variable, suivant que l'on retient une définition
large ou étroite de ces prélèvements.
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Dans le sens le plus large du terme, les cotisations sociales s'entendent
de toutes les sommes versées aux institutions de protection sociale,
publiques ou privées, par des personnes protégées ou par leurs
employeurs, en exécution d'obligations légales ou d'obligations
conventionnelles instituant un régime supplémentaire de prévoyance
(maladie, retraite etc.).
Cette définition des cotisations sociales est compliquée par une
fiscalisation croissante des recettes de la sécurité sociale.
4-2 La relativité de la distinction juridique
entre impôt et cotisations sociales :
Lorsqu'on compare, non pas les natures juridiques, mais les régimes
juridiques de ces prélèvements, la distinction présente un intérêt évident
en ce qui concerne les pouvoirs du Parlement.
En réalité, le législateur est compétent pour créer des cotisations sociales,
pour fixer les principales règles d'assiette et de recouvrement,
pour déterminer les catégories de personnes bénéficiaires des
prestations et de personnes assujetties à l'obligation de cotiser,
pour définir les exonérations.
La seule distinction réside dans le fait qu'il n'est pas compétent pour
fixer les taux des cotisations. La fixation de ces règles entre dans
la compétence de l'autorité réglementaire, qui exerce ces
pouvoirs après négociation avec les partenaires sociaux.
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Au contraire, le législateur est seul compétent pour fixer les règles
relatives au taux des impositions et il ne peut renoncer à l'exercice
de cette compétence.
Il est beaucoup plus difficile d'établir une distinction entre
l'impôt et les cotisations sociales au regard de la nature juridique
de ces prélèvements.
Il y a bien longtemps que, pour les salariés, les cotisations patronales
ne sont plus considérées comme un supplément de salaire qui
serait alloué individuellement à chaque assuré en rémunération de son
travail. Aucune distinction ne peut être faite non plus suivant la
nature des revenus professionnels, surtout depuis la généralisation de
la sécurité sociale, dès lors que l'assiette des cotisations sociales
est constituée, comme pour l'impôt, non seulement des rémunérations
salariales, mais aussi des revenus professionnels non-salariés
(bénéfices industriels et commerciaux, bénéfices non commerciaux,
bénéfices agricoles). Le lien existant entre les deux catégories de
prélèvements est encore renforcé par la règle suivant laquelle
l'assiette de la cotisation est constituée par le revenu net fiscal
retenu pour le calcul de l'impôt sur le revenu.
L'affectation directe des cotisations sociales au financement d'un régime
de sécurité sociale ne fournit aucun critère, car l'impôt peut aussi être
affecté. Par ailleurs, les techniques des compensations de la sécurité
sociale, qui se traduisent par des transferts financiers d'un régime à
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l'autre, relativisent l'application de la règle de l'affectation .
Chapitre II : Classification des impôts
Les impôts peuvent être classés selon plusieurs critères.
Les classifications sont nombreuses selon l’approche qui est privilégiée.
Il existe plusieurs classifications qui reposent sur des oppositions
binaires et ensuite qui reposent sur la nature de l’opération économique
qui est imposée.
A côté de la classification administrative ou traditionnel on peut retenir
deux autres classifications, celle qui classe les impôts selon la nature de
l’assiette et celle qui les classe selon la personne du contribuable.
Regardons tout cela de plus près.
Section 1 : Classification traditionnelle
La distinction impôts directs impôts indirects reste une classification
légale. Elle s'impose donc toujours à la jurisprudence, ne serait-ce
que pour déterminer la juridiction compétente, La distinction connaît
même un regain d’intérêt.
Paragraphe 1 : Impôt direct
Un impôt direct est un impôt supporté et payé par la même personne.
C’est-à-dire que la personne qui verse le montant de l'impôt ne le
répercute pas sur autrui et donc le contribuable et le redevable de
l'impôt direct sont la même personne.
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Sont des impôts directs, supportés et payés par la même personne :
L'impôt sur le revenu ;
L'impôt de Solidarité sur la Fortune ;
La taxe d'habitation ;
L’impôt sur les sociétés ;
Les droits d'enregistrement.
Paragraphe 2 : Impôt indirect
2-1définition :
Impôt indirect est versé par les entreprises ou les personnes redevables,
mais répercuté sur le prix de vente d’un produit ; il est donc supporté par
une autre personne.
En gros, une personne (ou dans de nombreux cas, une entreprise)
Payant l’impôt à l’état (le redevable légal) répercute le montant de
l’impôt sur le prix de vente au consommateur final (le redevable réel).
Ainsi, la TVA est versée par les entreprises redevables, mais
entièrement payée par les consommateurs finaux, contribuables,
inconnus de l’administration fiscale.
Ce genre de fiscalité est très prisé par les gouvernements pour deux
raisons :la première est qu’il est plus facile à collecter car il y a
moins de [Link] seconde est que les contribuables réels
(les consommateurs) ont moins l’impression de payer des impôts
qu’avec l’impôt direct. C’est pour cela qu’on appelle les impôts
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indirects les impôts indolores.
* Exemples :
•La TVA ;
• les droits de douane.
2-2 Notion de contribuable :
Le "contribuable" est la personne qui supporte l'impôt de manière
directe ou indirecte :
Concernant l'impôt sur le revenu, le contribuable de l'impôt est
la personne physique qui encaisse des revenus. Il est soumis à
l'impôt sur le revenu car il perçoit des revenus, il est donc
contribuable de cet impôt. Mais il est également redevable de
l'impôt car il paie directement cet impôt au Trésor Public.
En matière de taxe foncière, les personnes physiques
propriétaires d'un logement sont contribuables au titre de cet
impôt. Ils le supportent effectivement, car ils logent dans une
habitation au 1er janvier.
2-3 Notion de redevable :
Le "redevable" désigne la personne qui paye l'impôt au Trésor
Public. Sont ainsi des "redevables" :
Au titre de la TVA : les consommateurs qui achètent des biens
et des services à des professionnels sont des contribuables ; les
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redevables sont les professionnels car ce sont eux qui ont la
charge de reverser et donc de payer la TVA au Trésor Public ;
Concernant la taxe d’habitation, le redevable de l'impôt est
celui qui habite le logement au 1er janvier de l'année, il paye
la taxe directement au Trésor Public.
2-4 Confusion entre la notion de redevable et de
contribuable
Lorsque le contribuable de l'impôt est la même personne que le
redevable, cet impôt est alors qualifié d'impôt direct. Cette notion
de confusion entre redevable et contribuable permet de distinguer
les impôts directs et les impôts indirects :
Les impôts directs sont supportés et payés au Trésor Public par
la même personne ;
Les impôts indirects sont supportés par une personne, mais
payés au Trésor Public par une autre personne.
Exemples : la TVA est supportée par le client consommateur, mais
est payée au Trésor public par l’entreprise qui vend le bien ou le
service : c'est un impôt indirect, le contribuable et le redevable étant
des personnes différentes. La taxe d'habitation est due par la
personne qui occupe un logement au 1er janvier et, est payée par
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cette même personne au Trésor public : c'est un impôt direct, le
contribuable et le redevable de l'impôt étant les mêmes personnes.
Section 2 : Classification moderne : Impôt sur le capital ;
Impôt sur le revenu ; Impôt sur la dépense
L'impôt est un prélèvement sur la richesse. La richesse, dans le sens large
du terme, se présente sous trois aspects.
Paragraphe 1 : Impôt sur le capital
Le capital est la richesse acquise ; c'est le patrimoine d'un individu,
sa fortune. L’imposition du capital est susceptible de revêtir plusieurs
formes. Il peut s'agir d'une imposition annuelle du capital. Le capital
peut être imposé lors de certains faits particuliers : droits de succession,
droits de mutation, dans le cas de cessions de fonds de commerce ou
d'immeubles, d'apports en société, imposition des plus-values, etc.
(C’est un impôt qui frappe la richesse déjà acquise, c’est le cas de l’IGE
:impôt sur les grandes fortunes en France)
Paragraphe 2 : Impôt sur le revenu
Les revenus correspondent soit à l'existence d'un capital productif
(revenus fonciers, revenus de valeurs mobilières, etc.), soit à l'exercice
d'une activité (salaires rémunérant un travail).
Ex : cas de l’Impôt sur le revenu et de l’IS
Paragraphe 3 : Les impôts sur la dépense
La richesse d'un individu, au lieu d'être constatée directement par
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un capital ou un revenu, peut être révélée indirectement par l'emploi
qu'il fait de ses ressources. Ils procurent le plus de ressources à l'État
Exple. : cas de la TVA, la taxe sur le débit des boissons……
Section 3 : impôts réels et impôts personnels :
Paragraphe 1 : impôts réels
L’impôt réel vient de l’étymologie latine « res ;rei »la chose.
C’est à dire que l’impôt réel est un impôt qui atteint la matière
imposable en faisant abstraction de la personne du contribuable
sans tenir compte de sa situation personnelle alors que l’impôt
personnel prend en compte de manière déterminante la situation
individuelle et personne de chaque contribuable :TVA , droit de
douane….,
C’est un impôt objectif, il s’attache à l’objet et non pas au sujet
Paragraphe 2 : impôt personnel
Au sens strict, l’impôt personnel est un impôt qui repose sur la personne
Même du contribuable ce qui veut dire que la personne physique (même
Morale) est considérée comme une matière imposable.
C’est un impôt subjectif qui prend en considération la faculté
contributive et la situation familiale des contribuables : IR.
Chapitre III : Technique fiscale
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Afin de mettre en application un impôt, les éléments suivants
doivent être précisés.
On distingue 4 phases :
1. Détermination de la base imposable :
C’est l’élément économique sur lequel porte l’impôt, il peut concerner
un bien (immeuble, maison…); un revenu ou un produit.
2. Fixation de l’assiette imposable :
Il s’agit de déterminer la base qui sert pour la liquidation (le calcul)
de l’impôt.
L'assiette est une détermination opérée dans la matière imposable
pour délimiter une base de calcul de l'impôt.
Autrement dit, c'est la base sur laquelle est établi l'impôt.
Ex : L'assiette de l'impôt sur le revenu est constituée par le revenu.
L'assiette de l'impôt sur les sociétés est constituée par
le bénéfice.
L’évaluation peut être faite soit par l’administration fiscale, soit par les
particuliers :
a. Évaluation administrative : Pour ce faire, trois méthodes sont
généralement utilisées :
• La méthode directe : l’assiette est déterminée avec le maximum
de précision en utilisant les principes comptables et fiscaux tel que l’IS ;
• La méthode indirecte : l’assiette est déterminée à partir des signes
extérieurs de la richesse qui serviront de base pour assurer une
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comparaison tel que la taxe urbaine ;
• La méthode forfaitaire : l’assiette est déterminée par estimation
elle consiste à attribuer à la matière imposable une valeur moyenne
(valeur locative d’une maison, revenu, résultat fiscal…)
b. Évaluation par les contribuables :
Il s’agit de demander aux contribuables de déclarer le chiffre d’affaires
réel de la matière imposable. Ce qui pose certains problèmes dans
les pays ou le sens civique est presque absent.
3. Liquidation de l’impôt :
C’est l’opération qui consiste à calculer exactement la somme due par
le contribuable en appliquant un taux à la matière imposable.
Ce taux peut être proportionnel , ou progressif comme pour l’IR .
4. Recouvrement de l’impôt : C'est à ce stade que le caractère
pécuniaire de l'impôt prend toute sa signification.
Il s’agit de la perception de l’impôt dû par l’administration fiscale
(le paiement de l’impôt). Généralement deux méthodes sont
utilisées: :
• La retenue à la source : l’impôt est prélevé à la source du revenu
(IR sur salaires)
• La retenue par «voie de rôle »: c’est le contribuable qui se déplace à
l’administration fiscale pour payer l’impôt ou bien l’inverse
(impôt de patente). C’est l’opération qui vise la perception de l’impôt dû
par le contribuable. En principe les redevables de l’impôt sont
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les contribuables eux même. Sauf dans le cas de l’IR salarial c’est
l’employeur qui est redevable de l’impôt et non le salarié.
Le recouvrement peut être effectué soit en numéraire soit en espèce.
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