Le cancer de la prostate
Introduction :
Rappel anatomique
Facteurs de risque
Anatomopathologie :
Macroscopie
Microscopie
Extension
Diagnostic positif :
Circonstances de découverte
Examen clinique
Examens complémentaires
Bilan d’extension
Classification TNM
Traitement :
Buts
Moyens
Indications
Résultats
Conclusion
Introduction :
Tumeur maligne au dépens du tissu prostatique le plus souvent adénocarcinome 90 %
2ème rang, 40 % chez les hommes > 60 ans
Cancer lymphophile et ostéophile
Progrès dans le diagnostic précoce
Marqueur tumoral spécifique : antigène spécifique de la prostate PSA
Biopsies transrectales : confirmation diagnostique
Meilleure codification du traitement
Rappel anatomique :
C’est une glande génitale, masculine, impaire et exocrine, sécrète le liquide prostatique
qui constitue 75 % du sperme
Elle s’organise en 2 lobes latéraux et un lobe médian selon Gil Vernet
Et en 4 zones selon Mc Neal :
o Une zone antérieure fibro-musculaire : absence du tissu glandulaire
o Une zone de transition : zone de prédilection de l’adénome de prostate
o Une zone centrale en arrière entourant les canaux éjaculateurs
o Une zone périphérique qui constitue 70 % du volume prostatique : zone
habituelle du cancer
Etiologie :
Facteurs hormonaux : testostérone (cancer hormono-dépendant)
Facteurs raciaux : race blanche
Facteurs environnementaux : alimentation (japonais vivants aux USA)
Facteurs génétiques : incidence familiale
Anatomopathologie :
Macroscopie :
o Prostate augmentée de volume
o Tumeur dure, mal limitée, grisâtre
Microscopie :
o Adénocarcinome 90 %
Zone périphérique 70 % ; zone de transition 30 %
Grade de Gleason (coté de 2 à 10) :
5 degrés de différenciation (coté de 1 à 5)
Additionne 2 contingents les plus représentés
Corrélé au volume tumoral, il évalue le risque de récidive (pronostic)
o Sarcomes, carcinomes à petites cellules, carcinomes transitionnels : rares
Extension :
o Locale :
Capsule prostatique
Urètre
o Locorégionale :
Graisse péri-prostatique
Vésicules séminales
Apex et col vésical
o Métastatique :
Ganglionnaires :
Iliaques externes
Obturateurs
Iliaques internes
Iliaques primitifs
Hématogène :
Osseuse +++ : bassin, rachis, côtes, sternum
Pulmonaire
Hépatique
Diagnostic positif :
Circonstances de découverte :
o Age > 50 ans
o Troubles mictionnels :
Dysurie, pollakiurie, impériosité mictionnelle
Hématurie
Rétention aigue d’urine
o Douleurs périnéales, irritation, picotement
o Douleurs osseuses avec conséquences neurologiques : paresthésies / paralysies
o Œdèmes des membres inférieurs
o Altération de l’état général
o Toucher rectal (dépistage en France)
o Insuffisance rénale
o Ganglion sus claviculaire
o Dosage de PSA (> 4 ng/ml)
o Histologie en cas d’adénome / résection trans-urétrale
Examen clinique :
o Fosses lombaires : normales ou gros rein unilatéral asymétrique
o Région hypogastrique : globe vésical en cas de résidu post-mictionnel
o Toucher rectal :
Lésion indurée
Irrégulière
Limitée ou non à la prostate
+/- fixée avec blindage pelvien
o Examen des aires ganglionnaires
o Examen du rachis
o Examen neurologique
Examens complémentaires :
o Biologie :
PSA :
4-10 ng/ml + toucher rectal normal = PSA dans 6 mois
4-10 ng/ml + toucher rectal anormal = biopsie
> 10 ng/ml = biopsie
NFS, VS
Urée, Créatinémie
ECBU
Bilan hépatique
Calcémie
o Echographie réno-vésico-prostatique :
Etat des Reins
Vessie : résidu post-mictionnel +++
Echo-structure de la prostate : zone hypo-échogène
o Anatomopathologie :
Biopsie prostatique écho-guidée
Transrectale
Trans-périnéale
Copeaux de résection trans-urétrale
Deux possibilités :
Confirme le diagnostic = bilan d’extension
Si doute = refaire biopsies
Bilan d’extension :
Local :
o Echographie prostatique : nodules hypo-échogènes
o UIV :
Métastases osseuses ostéo-condensantes
Résidu post-mictionnel
Rétrécissement irrégulier de l’urètre prostatique
Retentissement asymétrique sur le haut appareil
o IRM/TDM pelvienne : peu fiables
Ganglionnaire :
o TDM/IRM pelvienne si ganglions > 2 cm
o Curage ilio-obturateur : examen extemporané
Métastatique :
o Osseuse : ASP, UIV et scintigraphie
o Pulmonaire : radio des poumons, TDM thoracique
o Hépatique : échographie abdominale
o Cérébrale : TDM cérébrale
Classification TNM :
Tx : non décelable
T0 : pas de signe de tumeur primitive
T1 : tumeur indétectable ni cliniquement ni par imagerie
o T1a : tumeur < 5 % du tissu réséqué
o T1b : tumeur > 5 % du tissu réséqué
o T1c : tumeur découverte par biopsie à l’aiguille
T2 : tumeur limitée à la prostate
o T2a : tumeur < ½ d’un lobe
o T2b : tumeur > ½ d’un lobe
o T2c : tumeur atteint les 2 lobes
T3 : extension au-delà de la capsule
o T3a : extension capsulaire uni ou bilatérale
o T3b : extension aux vésicules séminales
T4 : tumeur fixée ou envahissement des structures adjacentes
Nx : ganglions régionaux non évalués
N0 : absence de métastase ganglionnaire régionale
N1 : atteinte ganglionnaire régionale
Mx : métastases à distance non évaluées
M0 : absence de métastases à distance
M1 : métastases à distance
o M1a : atteinte des ganglions non régionaux
o M1b : atteinte osseuse
o M1c : autres sites métastatiques
Traitement
Réunion de concertation pluridisciplinaire
Buts :
o Exérèse de la tumeur sans résidu R0 + curage ganglionnaire
o Réduire le risque de récidive
o Ralentir le développement de la tumeur ou des métastases
Moyens
o Traitement curateur :
Prostatectomie totale
Radiothérapie externe
Curiethérapie
o Traitement suppresseur des androgènes (hormonothérapie) :
Oestrogènes
Agonistes LH-RH
Anti-andorgènes
Ochidectomie/pulpectomie
o Chimiothérapie
o Traitement symptomatique :
Antalgiques
Résection trans-urétrale
Biphosphonates
Indications :
o Cancers de la prostate localisés T1/T2, N0, M0 :
A faible risque de récidive (Gleason < 7) :
Prostatectomie totale +/- curage ganglionnaire
Ou radiothérapie externe
Ou curiethérapie
A risque intermédiaire de récidive (Gleason ≈ 7) :
Prostatectomie totale avec curage ganglionnaire
Ou radiothérapie externe
A haut risque de récidive (Gleason > 7) : hormonothérapie (3 ans) +
radiothérapie externe
o Cancers de la prostate localement avancés T3/T4, N0, M0 : hormonothérapie (3
ans) + radiothérapie externe
o Cancers de la prostate avec atteinte ganglionnaire N1 M0 : hormonothérapie de
longue durée
o Cancers de la prostate métastatique M1 : hormonothérapie de longue durée
Résultats :
o Taux de récidive :
13 – 35 % à 5 ans
25 – 50 % à 10 ans
o Taux de survie à 5 ans :
Stades I et II : 100 %
Stade III sans propagation à distance : 100 %
Stade IV avec propagation à distance : 31 %
o Facteurs pronostiques :
Age et antécédents
Taux de PSA
Grade et stade du cancer
Choix thérapeutique
Résistance au traitement
Conclusion :
Cancer fréquent chez l’homme de plus de 50 ans
Evolution lente
Diagnostic précoce
Développement des moyens thérapeutiques
Prise en charge multidisciplinaire
Dépistage : toucher rectal, PSA +++