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Taro Ensaf

Le document traite des plantes de la famille des Aracées, en particulier le taro (Colocasia esculenta) et le macabo (Xanthosoma sagittifolium), en décrivant leur origine, caractéristiques, exigences écologiques, préparation des semences, cycle de développement, entretien, fertilisation, préparation du sol, systèmes de production, rotation, association, ravageurs, maladies et récolte. Le taro et le macabo nécessitent un climat chaud et humide, avec des pratiques culturales spécifiques pour optimiser leur rendement. Les maladies et ravageurs affectant ces cultures sont également abordés, avec des recommandations pour leur contrôle.

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Taro Ensaf

Le document traite des plantes de la famille des Aracées, en particulier le taro (Colocasia esculenta) et le macabo (Xanthosoma sagittifolium), en décrivant leur origine, caractéristiques, exigences écologiques, préparation des semences, cycle de développement, entretien, fertilisation, préparation du sol, systèmes de production, rotation, association, ravageurs, maladies et récolte. Le taro et le macabo nécessitent un climat chaud et humide, avec des pratiques culturales spécifiques pour optimiser leur rendement. Les maladies et ravageurs affectant ces cultures sont également abordés, avec des recommandations pour leur contrôle.

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Le Taro.

Famille des Aracées.

Espèces. Colocasia esculenta ou Taro; Xanthosoma Sagittifolium ou Macabo

Origine

L’origine des genres Colocasia est de l’Indonésie. Le genre Xanthosoma est originaire
d’Amérique tropicale plus particulièrement d’Amérique centrale et des caraïbes.
L’introduction du taro en Afrique, précède celle du macabo.

Feuilles.

Elles sont reconnaissables du à leurs immenses taille, elles sont subcordiformes et avec un
long pétiole, ces plantes rhizomateuses peuvent atteindre une hauteur de 2m. Elles se
différencient facilement entre elles par le mode d’insertion de la feuille sur le pétiole.

Chez Colocasia, cette insertion se réalise approximativement vers le tiers inférieur de la


feuille, alors que chez Xanthosoma, le pétiole se prolonge à partir de la base de la feuille pour
en constituer la nervure médiane.

Les pétioles de Xanthosoma sont longs, rigides, épais, aplatis dans la partie supérieure, Pour
Colocasia, les pétioles sont minces, cylindriques et flexibles.

Le Tubercule de Colocasia esculenta (taro)

La chair des tubercules est blanche, mais certaines variétés sont à chair jaune ou rose. Le
tubercule a une forme cylindrique, pesant jusqu’à 4kg, 10 à 30cm de longueur et 5 à 15cm de
diamètre. Les tubercules latéraux sont petits et peu nombreux.

Le Tubercule de Xanthosoma sagittifolium (macabo).

Il est généralement plus grand, et plus productif que Colocasia. La plupart des cultivars
montrent une chair blanche. Le tubercule, avec une longueur d’environ 15 à 40 cm, est plus
large vers l’apex (côté tourné vers le sol). Les tubercules latéraux sont produits par quantités
de 10 ou plus.

Exigences écologiques

Le taro et le macabo exigent un climat chaud et relativement humide. Ils préfèrent des
températures moyennes supérieures à 21°C et des températures minima ne descendant pas en
dessous de 10°C. La photosynthèse est optimale entre 25 et 29°C et avec une pluviométrie
annuelle d’environ 1500 à 2000 mm est nécessaire pour une bonne croissance. Une culture de
taro ou de macabo a besoin d’un sol léger, sablo-argileux, riche, profond, bien ameubli, avec
une nappe phréatiques peu profonde et un pH se situant de préférence entre 5,5 et 6,5.

Colocasia esculenta, est exigeante du point de vue de la fertilité des sols. Certains cultivars de
taro supportent l’hydromorphie permanente et tolèrent assez bien la salinité. Le taro se plait
à l’ombre et est souvent cultivé sous bananiers ou en intercalaire avec des cultures comme
l’igname

X. sagittifolium est plus rustique que colocasia, elle se cultive en altitude avec plus de 2000
m en Afrique centrale et sur sols moins fertiles et moins arrosés. Xanthosoma supporte
davantage l’ombrage que colocasia mais il ne supporte pas les sols hydro morphes.

Préparation des semenceaux

Avant la plantation, dans le but de protéger les semenceaux contre la maladie de la pourriture
molle (Phytophthora sp) et d’autres maladies fongiques, il est recommandé de traiter les
semences comme suit :
- En les séchant pendant 24 heures au soleil
- En les enrobant avec de la cendre
- En les trempant dans une solution insecticide-fongicide puis en séchant 24 heures avant de
semer. Les semenceaux peuvent être immergés, pendant 2 à 3 minutes dans une suspension tel
que : L’Aliette à 3 g/L d’eau ou du Ridomil Gold MZ 68 (2 g/L) ou encore du Benlate 50% (1
g/L d’eau). Laisser sécher à l’air avant de planter.

Cycle de développement

Le cycle de développement complet des Araceae est similaire. Il est généralement de 5 à 12


mois pour le taro et le macabo. Le cycle de développement de Colocasia esculenta et de
Xanthosoma sagittifolium peut être découpé en trois phases:

La phase d’installation. Elle correspond à la période allant de la plantation à l’apparition des


premières feuilles. C’est la période zéro du cycle

Phase de développement végétatif. Elle est caractérisée par la formation et le


développement des racines et des cormes. Elle est aussi marquée par un renouvellement des
feuilles et une possible floraison, La floraison est beaucoup influencée par les facteurs
climatiques. Les stress dus à l’environnement peuvent arrêter l’initiation florale, la formation
et le développement des racines commencent quelques jours après la phase d’installation
suivie du rapide développement des jeunes pousses. Jusqu’à la maturité, pendant que les
premières feuilles jaunissent et tombent, apparaissent de nouvelles feuilles. Le rythme de
renouvellement des feuilles dépend des facteurs climatiques et du stade de développement de
la plante. Il est très ralenti à l’approche de la maturité. La formation de la corme principale
commence environ trois mois après l’installation.

Phase de maturation.

Il y a réduction du nombre total de feuilles par plante, diminution de la longueur des pétioles,
ralentissement du développement des jeunes pousses et le grossissement des cormes. Ainsi, le
développement de l’appareil aérien ralentit au profit de celui des cormes. Lorsque les
conditions du milieu deviennent difficiles, le développement des jeunes pousses diminue et
les cormes permettent à la plante de résister. La récolte a lieu au moment où toutes les feuilles
ont séché.

Entretien du taro et du macabo.


Il se limite à un désherbage, chimique ou manuel, pendant les trois premiers mois du cycle.
Un ou deux sarclages constituent, jusqu’à la récolte, ces cultures qui couvrent rapidement et
totalement le sol de par leurs larges canopées. Lorsque qu’ils sont en association, aucun
entretien spécial ne leur est réservé, en dehors de celui réservé aux autres cultures en
association. Il est nécessaire de faire un buttage après chaque apport de fumure
complémentaire, suivi d’un désherbage afin de bien entretenir le champ. Les pertes sont
principalement dues aux sécheresses, au Phytophthora ou aux viroses

Fertilisation

Le taro et le macabo répondent favorablement à tout apport de fumier et d’engrais, dans la


pratique la quantité de fumure apportée dépend de la variété. Sur sol à fertilité moyenne, les
rendements escomptés sont de l’ordre de 15 à 20 t/ha. Les doses de fumure recommandées
sont:

A la plantation: 25 à 40 t/ha de fumier décomposé; 200 à 250 kg/ha de superphosphate triple


et 300 à 400 kg/ha de sulfate de potassium;

- six semaines après la plantation: 225 kg à 300 kg/ha du sulfate d’ammoniaque;

- deux mois plus tard: 300 kg à 400 kg/ha du sulfate d’ammoniaque.

Le fumier et les engrais minéraux sont mélangés au fond des fossés à la plantation. Les
fumures complémentaires sont épandues en couronne à une distance de 10 à 15 cm autour de
la base des plantes, puis recouvertes d’une couche de terre. En Afrique, la fumure minérale
recommandée est d’environ 65kg de N, 50kg de P2O5 et 100kg de K2O.

Préparation du sol.

La préparation du sol se fait comme pour la plupart des plantes à racines et tubercules en
donnant la préférence à la plantation sur buttes ou billons .Dans d autres pays on aménage des
trous de plantation, pour les Colocasia, tolérant à des sols hydro morphes , peut également se
cultiver à plat sous irrigation quasi permanente. Le sol est labouré à une profondeur de 20 à
30 cm et des fossés de 20 cm creusés.

Le taro et le macabo se propagent par voie végétative à partir des bourgeons latéraux formés
au bas de la tige, plus ou moins développée en plantules ou par des bourgeons terminaux de la
partie supérieure du tubercule, par des fragments des rhizomes et également par des
tubercules entiers

Il existe une corrélation positive directe entre le poids de la propagule et le rendement final. Il
faut utiliser des tubercules pesant au moins 150 g chacun comme boutures. Si on utilise les
bourgeons, elles doivent mesurer au moins 10-15 cm de long. Le poids des semenceaux pour
1ha est de 1,5 à 2 t pour Colocasia et 2 à 3t pour Xanthosoma.

Il est recommandé de planter en début de saison des pluies mais l’absence de dormance
permet en fait une plantation à tout moment. La plantation peut se faire dans des trous de 10
cm à 30 cm de profondeur, à plat ou encore sur des billons ou des buttes.
La partie supérieure du semenceau portant des bourgeons doit être orientée vers la surface et
dépassera le niveau du sol afin d’éviter les pourritures. Un léger paillage permet d’éviter un
dessèchement trop rapide des bourgeons.

Les densités de plantations qui donnent de meilleurs rendements varient de 60 cm à 80 cm


sur 80 cm à 1m (soit environ 15000 pieds/ha). En sols moins humide, certaines variétés de
Colocasia peuvent être plantées à des écartements de 80 x 50cm. En situation de sol fertile,
Xanthosoma pourra être planté à des écartements plus larges, allant de 100 x 100cm.

Systèmes de production.

La culture du taro est pratiquée d’une manière étendue et intensive dans certains pays D
Afrique (Côte d’ivoire, Cameroun, Nigéria,).et même d Asie et d Amérique, car elle vise des
marchés lucratifs et se fait à hauts niveaux d’intrants. Dans ces pays, la culture est irriguée,
mécanisée, depuis la plantation jusqu’à la récolte.

En Asie du Sud-Est, le taro pluvial est souvent cultivé sur les digues des rizières. Le taro et le
macabo se cultivent aussi bien en système pluvial qu’irrigué. Les cultures irriguées produisent
des tonnages sensiblement plus élevées, mais l’irrigation par aspersion est toutefois
déconseillée car les gouttes d’eau peuvent transmettent la maladie du mildiou (Phytophtora
colocasia).

Rotation

En Afrique, le taro et le macabo se cultivent souvent en plein champ, ils sont souvent plantés
après l’igname ou le maïs, rarement en ouverture de rotation. Apres le taro ou le macabo
viendra généralement le manioc, le maïs ou une deuxième culture d’igname.

Colocasia peut être cultivé en rotation avec le riz irrigué dans les rizières. Toutefois, il faudra
veiller, lors de l’irrigation, de maintenir la lame d’eau à moins de 4cm du collet. La culture de
taro se conduit sur plusieurs années en champs inondés. Au bout de quelques années, on
assèche les champs et on fait pousser des tomates, des concombres ou des piments, avant de
retourner à la culture de taro inondé.

Association

Xanthosoma est associé avec succès au cacaoyer, kolatier, cocotier, hévéa, caféier ou bananier
comme cultures intercalaires. Dans les Caraïbes, Xanthosoma s’associe volontiers à l’igname,
selon des lignes alternées à un écartement de 1m. En Afrique, on utilise volontiers
Xanthosoma comme plante d’ombrage pour les jeunes plantations de café ou de cacao.

Ravageurs et leurs contrôles

L’attaque des ravageurs peut causer des dégâts importants ceux ci sont les
suivantes : Pucerons (Aphis gossypii), Chenilles (Spodoptera littoralis), Cochenilles
(Planoccoccus citri). On obtient un contrôle efficace de ces ravageurs en ayant recours à des
pulvérisations d’insecticides tels que Decis 2.5 EC à une dose de 0.5 ml/L d’eau. Délai
d’emploi: 3 jours

Maladies et leurs contrôles


Les maladies les plus importantes qui affectent le taro et le macabo sont:

Le mildiou (Phytophthora colocasia) est la maladie la plus grave qui affecte le taro, mais le
macabo n’est pas concerné. Le mildiou est favorisé par une condition climatique fraîche et
humide. On peut minimiser l’incidence de cette maladie par : utilisation de variétés
résistantes ; la culture du taro pendant les périodes sèches ou en cultivant dans des régions à
basse altitude où les conditions chaudes et sèches sont défavorables au développement du
mildiou ; la pratique d’une bonne sanitation par enlèvement et destruction des feuilles
infestées ou par l’application avec un fongicide cuprique tel le Melody Duo à raison de 6 g/L
d’eau avec un délai d’emploi de 14 jours.

Divers Pythium spp peuvent provoquer des pourritures des tubercules. L’emploi de fongicides
systémiques tels que le metaxyl permet de contrôler l attaque causé par le champignon du sol
Pythium myriotylum (le taro y est moins sensible) répandu surtout sur les sols hydromorphes.
Pour réduire leur gravité, il est conseillé d’effectuer des plantations sur billons et d’appliquer
des quantités importantes de matières organiques. Cependant il existe des variétés résistantes.

Récolte

La récolte s’effectue de préférence en saison sèche ou par temps sec. Elle doit avoir lieu à la
maturité complète, lorsque les feuilles les plus âgées dépérissent (dès que les canopées
commencent à flétrir et à sécher. Les nombreuses variétés cultivées nécessitent une période de
végétation de 5 à 12 mois. En Afrique les rendements se situent souvent autour de 5 à 10t/ha.

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