I- introduction
II- Rappels anatomiques
III- Principe de l’IRM
IV- Avantages de l'IRM médullaire
V- Limites de l'IRM médullaire
VI- IRM normal
VII- Indication
VIII- Principales pathologies
IX- Conclusion
L’IRM médullaire est une technique d’imagerie médicale non invasive, permettant une visualisation précise de la
moelle épinière, des racines nerveuses et des méninges.
Elle représente la méthode de référence pour l’évaluation des pathologies médullaires, grâce à sa haute résolution
des tissus mous.
La moelle épinière est une structure cylindrique Située dans le canal rachidien du TO à L2 et enveloppée par trois
méninges : dure-mère, arachnoïde et pie-mère.
On distingue plusieurs segments : cervical, thoracique, lombaire et sacré.
Sa fonction principale est la transmission des messages nerveux entre le cerveau et le reste du corps.
Elle contient également des circuits neuronaux indépendants qui contrôlent certains réflexes.
5 parties:
❖ Cervicale sup : de C1 à C3 2.5 cm
❖ Renflement cervical : situé entre C4 et T1 → le point d'entrée et de sortie des neurones sensoriels et des
motoneurones innervant les membres supérieurs (racine du plexus brachial)
❖ Dorsale : D2 à D10
❖ Renflement lombaire : D11 à L1 → regroupe ceux des membres inférieurs (racine du plexus lombaire et sacré)
❖ Cône médullaire : cou terminal L1 L2.
Structure de la moelle épinière :
Substance grise :
Formée de deux masses latérales reliées par une lame transversale.
Vue en coupe transversale, elle a la forme d'ailes de papillon.
Deux cornes antérieures : rôle moteur (commande des muscles).
Deux cornes postérieures : rôle sensible (réception des informations sensitives).
Au centre, présence du canal épendymaire, petit canal rempli de liquide céphalo-rachidien.
Substance blanche :
Organisée en trois faisceaux appelés cordons :
→ Cordon antérieur
→ Cordon latéral
→ Cordon postérieur
L’IRM repose sur l’utilisation d’un champ magnétique et d’ondes radio.
Elle capte les signaux émis par les protons de l’eau, une fois excités, pour produire des images détaillées sans recours
aux rayons X.
Les principales séquences incluent : T1, T2, STIR, diffusion, gadolinium.
T1 : étude anatomique, détection des tumeurs et hémorragies.
Elle permet d’évaluer la morphologie générale de la moelle et de détecter certaines masses avant injection de produit
de contraste.
T2 : met en évidence les zones riches en eau, qui apparaissent en hypersignal (blanches).
Idéale pour repérer les œdèmes, les inflammations, les kystes ou les lésions démyélinisantes comme celles de la
sclérose en plaques.
STIR : permet de supprimer le signal de la graisse, ce qui améliore la détection des lésions cachées dans des zones
riches en tissu adipeux, notamment autour de la moelle.
Très utile pour visualiser les inflammations, les œdèmes ou les infiltrations, en particulier dans un contexte post-
traumatique ou tumoral.
Post-Gadolinium : visualisation des rehaussements pathologiques.
Essentiel dans le suivi des pathologies tumorales, inflammatoires ou infectieuses.
Diffusion : mesure la mobilité des molécules d’eau dans les tissus.
Très utile pour détecter un infarctus médullaire (AVC de la moelle) ou un abcès, car ces pathologies modifient la
diffusion normale de l’eau.
Permet une détection précoce des lésions ischémiques, souvent avant que les anomalies ne deviennent visibles sur
d’autres séquences.
Excellente qualité d’image pour les tissus mous.
Examen non invasif, sans exposition aux radiations.
Permet un diagnostic précoce, souvent avant que les anomalies ne soient visibles au scanner.
Exploration complète de la moelle et de ses enveloppes.
Contre-indications :
1. Pacemakers non compatibles.
2. Corps étrangers métalliques.
Autres limites :
3. Sensible aux artefacts liés aux mouvements.
4. Moins adapté pour les patients agités ou non coopérants.
5. Moins performant que le scanner pour l’étude osseuse.
Comment savoir si une IRM médullaire est normale ?
La moelle épinière doit être continue, sans interruption ni déformation — elle apparaît comme un cordon régulier, fin
et bien centré dans le canal rachidien.
Sur les coupes T2, elle est généralement en signal intermédiaire, homogène.
Aucun hypersignal ni hyposignal anormal dans la moelle — pas de zones lumineuses (hypersignal) ni sombres
(hyposignal) suspectes.
Pas de prise de contraste anormale après gadolinium.
Racines nerveuses et espaces méningés libres — pas de compression.
Le liquide céphalo-rachidien (LCR) autour doit être bien visible et homogène, noir en T1, clair en T2.
Pas d'élargissement de la moelle — une moelle gonflée ou asymétrique est souvent le signe d’une pathologie.
Elle doit garder une forme fine et régulière sur toute sa longueur.
Examen de référence du contenu rachidien :
► Réalisé en première intention devant toute suspicion de pathologie médullaire ou intra-canalaire :
6. Sclérose en plaque
7. Myélite inflammatoire/infectieuse
8. Moelle post-radiothérapie
9. Myélopathie arthrosique
10. Syndrome médullaire antérieur
11. Compression médullaire
12. Épidurite
13. Tumeur médullaire / intradurale
14. Parésie/paraplégie
15. Troubles sphinctériens/sensitifs
Compression médullaire non traumatique :
On parle de compression médullaire lorsque la moelle épinière et les nerfs qui s’en détachent sont comprimés par une
lésion.
Cette compression entraîne alors des douleurs dans le dos, des irradiations et dans les cas les plus graves des troubles
moteurs, sensitifs et sphinctériens.
Cela est révélé par une triade syndromique :
16. Syndrome rachidien : rachialgies, douleurs dans le dos ; raideur segmentaire + faux torticolis - douleur à la percussion
des épineuses.
17. Syndrome lésionnel ou radiculaire : paresthésies, douleurs, déficit sensitif ou moteur dans le territoire d'une racine
nerveuse, douleur à la percussion paravertébrale irradiant le long d'un trajet radiculaire (« signe de la sonnette »).
18. Syndrome sous-lésionnel : déficit moteur bilatéral (paraparésie ou tétraparésie), troubles sensitifs à type de niveau
sensitif, troubles sphinctériens (rétention/incontinence urinaire, constipation).
TASSEMENT VERTÉBRAL MALIN : TASSEMENT MÉTASTASIQUE DE T12 ENTRAÎNANT UNE COMPRESSION
MÉDULLAIRE
19. Séquence T2 qui montre un tassement en galette de T12 qui apparaît en hypersignal avec un bombement du mur
antérieur et surtout du mur postérieur qui entraîne une compression du cône terminal.
20. Hypersignal intramédullaire en rapport avec une souffrance ischémique.
HERNI DISCALE
MYÉLOPATHIE CERVICARTHROSIQUE
21. Sténose canalaire cervicale aux étages C3-C4, C4-C5 et C5-C6 causée par des saillies discales et une arthrose
articulaire postérieure.
22. Hypersignal intramédullaire en regard de la sténose témoignant d’une souffrance ischémique.
HÉMATOME ÉPIDURAL
23. Collection péri-médullaire en hypersignal T1
MÉNINGIOME INTRA-CANALAIRE (ESPACE INTRADURAL EXTRA-MÉDULLAIRE)
CAUSE INTRAMÉDULLAIRE
Épendymome
Image montrant une lésion intramédullaire en hypersignal T2 avec rehaussement après injection de gadolinium,
caractéristique des épendymomes.
Myélite transverse
IRM sagittale en séquence STIR démontrant une hyperintensité étendue de la moelle épinière, typique d'une myélite
transverse.
Syringomyélie
Image illustrant une cavité syringomyélique étendue de C1 à T9, visible en hypersignal sur les séquences T2.
Sclérose en plaques (SEP)
IRM montrant des lésions focales en hypersignal T2 au niveau de la moelle cervicale, caractéristiques de la SEP.
L’IRM médullaire est une technique clé pour diagnostiquer les pathologies neurologiques.
IX - CONCLUSION
Elle offre une évaluation précise, non invasive et essentielle pour guider le traitement et le suivi des patients.
Elle complète utilement d’autres examens comme le scanner ou la myélographie.
Comment savoir si une IRM médullaire est normale ?
La moelle épinière doit être continue, sans interruption ni déformation — elle apparaît comme un cordon régulier, fin et
bien centré dans le canal rachidien.