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Sen 11729

La Loi n° 83-05 du 28 janvier 1983 établit un Code de l'Environnement au Sénégal, visant à moderniser la législation sur les établissements classés et à lutter contre diverses formes de pollution (eau, air, sonore). Elle introduit des mesures pour la classification des établissements, la gestion des déchets, et des incitations fiscales pour les entreprises adoptant des pratiques respectueuses de l'environnement. La loi prévoit également des sanctions pour les infractions et des procédures d'autorisation pour les installations potentiellement nuisibles.

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La Loi n° 83-05 du 28 janvier 1983 établit un Code de l'Environnement au Sénégal, visant à moderniser la législation sur les établissements classés et à lutter contre diverses formes de pollution (eau, air, sonore). Elle introduit des mesures pour la classification des établissements, la gestion des déchets, et des incitations fiscales pour les entreprises adoptant des pratiques respectueuses de l'environnement. La loi prévoit également des sanctions pour les infractions et des procédures d'autorisation pour les installations potentiellement nuisibles.

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SENEGAL

______________________________________________________________________

Loi n° 83-05 du 28 Janvier 1983


portant Code de l'Environnement

EXPOSE DES MOTIFS

Les premiers éléments constitutifs du projet de Code de l'Environnement ont été


élaborés à partir d'un certain nombre de priorités dans les domaines que sont:
- les établissements classés;
- la pollution des eaux;
- la pollution atmosphérique;
- la pollution sonore.

1. - Les établissements classés.

La législation applicable en ce domaine au Sénégal, est une législation héritée de


l'époque coloniale. Son inspiration est en même temps relativement ancienne puisque son
fondement repose sur la loi française de 1917, relative aux établissements classés,
dangereux, insalubres ou incommodes.

Cette législation se trouve aujourd'hui manifestement inadaptée non seulement au


contexte général sénégalais, mais surtout aux exigences nouvelles des contraintes de
l'environnement.

Il apparait dès lors indispensable de procéder à l'élaboration d'une nouvelle


législation qui, tout en s'inspirant, de l'économie générale de la législation actuelle,
propose la prise en compte des objectifs de lutte pour la protection de l'environnement.

La nouvelle législation proposée élargit le concept d'établissement classé par le


fait qu'elle ne s'applique plus seulement aux établissements considérés comme industriels
sur le plan des règles commerciales. Seront de la sorte réglementés, notamment les
dépôts, chantiers et installations qui, surtout pour ces derniers, du fait de leur mobilité ou
de leur caractère non permanent, ne peuvent être soumis aux dispositions actuelles.

Il est proposé de limiter le système des trois classes à deux classes. Cette nouvelle
classification est guidée par le souci de simplifier l'intervention de l'Administration dans
l'instruction des demandes d'autorisation. Elle trouve surtout son fondement dans
l'inadéquation de la nomenclature actuelle avec les techniques nouvelles et les
préoccupations actuelles dans le domaine de l'environnement.

La nouvelle législation proposée rend possible la fermeture provisoire d'un


établissement classé en cas d'impossibilité matérielle pour cet établissement, de respecter
les règlements en vigueur. Mais il s'agit là d'une action suffisamment grave pour justifier
une procédure particulière et un acte juridique suffisamment important, qui fixe les
conditions de l'arrêté qui pourrait être pris conjointement par les Ministres chargés
respectivement de l'Industrie et de l'Environnement. Il est donc prévu un décret
2

d'application de cette disposition qui fixera les conditions dans lesquelles pourra être pris
un tel arrêté.

Plusieurs innovations ont été apportées, notamment, au système organisé par le


décret n° 61-355 du 21 septembre 1961, fixant les frais d'inspection et de contrôle des
établissements dangereux, insalubres ou incommodes. Ces innovations portent sur:
- la mise en place d'une taxe unique, adaptée à chaque classe perçue à l'occasion de
la délivrance de l'autorisation;
- l'organisation d'une redevance annuelle, adaptée à chaque classe calculée en
fonction des superficies occupées et des frais effectifs de contrôle, qui sera plus
conforme à son affectation qu'en restant seulement assise sur la superficie occupée
par l'installation;
- l'exonération de la redevance annuelle au bénéfice de certaines entreprises
artisanales qui ne nécessitant pas de contrôles périodiques au titre de
l'environnement.

La nouvelle législation introduit une mesure simple pour les entreprises agréées,
au bénéfice du Code des Investissements, qui relève de dispositions faciles à mettre en
place et qui consiste à dispenser les acheteurs de matériels destinés à lutter contre les
pollutions et les nuisances, des charges fiscales qui frappent de telles opérations. Ces
matériels étant pour la plupart importés, il s'agit là de les dispenser du paiement des taxes
et redevances applicables aux importations.

Pour encourager les promoteurs de projets agréés à acheter les matériels et


matériaux nécessaires à la réalisation de l'investissement, produits au Sénégal, il sera
précisé dans la réglementation douanière que les ventes par des entreprises nationales à
des sociétés agréées seront considérées comme exportations et pourront de ce fait
bénéficier du drawback ou de la déclaration d'admission temporaire ou d'entrée en
entrepôt industriel.

Les entreprises non agréées pourront bénéficier de l'amortissement accéléré pour


le matériel anti-polluant. L'application de cette disposition nécessitera un amendement au
Code général des Impôts.

L'exonération des taxes et redevances et l'amortissement accéléré au bénéfice des


matériels destinés à lutter contre la pollution entraîne, en conséquence, l'obligation pour
tout exploitant d'installations polluantes de prendre les mesures nécessaires pour ne plus
polluer l'environnement.

Les exploitants d'installations polluantes qui n'auraient pas pris les mesures
nécessaires dans un délai d'un an, à partir de la date de publication de la nouvelle loi,
seront redevables d'une taxe à la pollution en fonction de la nature, la quantité et la
toxicité des résidus de leurs établissements.

Les taux de la taxe unique, les modalités du taux de la redevance annuelle et celle
de la taxe à la pollution seront fixés par décret.

L'ensemble des sanctions administratives prévues par la nouvelle législation, en


3

plus des sanctions pénales encourues, offre l'avantage de rétablir le respect d'une règle
juridique bafouée dans les délais souvent très brefs tout en faisant prendre conscience à
son auteur que l'autorité administrative exerce un contrôle de son activité à des fins
d'intérêt général.

2. - La pollution des eaux.

Les dispositions législatives relatives à la lutte contre la pollution des eaux douces
et des eaux de la mer ont pour objectif de combler un vide juridique et pour vocation
d'organiser une police administrative orientée spécifiquement vers la lutte et la maîtrise
des problèmes de pollution des eaux.

La procédure d'autorisation de certains rejets et la fixation des conditions suivant


lesquelles certains rejets pourront être interdits, seront organisées par un décret.

Les nouvelles dispositions offrent la possibilité d'interdire par décret la mise en


vente ou la diffusion de certains produits considérés comme nocifs pour l'environnement
ou d'intervenir à ce titre sur les conditions de leur emploi (détergents, engrais chimiques,
etc).

Les dispositions relatives à la lutte contre la pollution de la mer par les navires ont
été formulées en conformité avec la convention internationale de 1954 et ses
amendements de 1989, pour la prévention de la pollution des eaux de la mer par les
hydrocarbures.

Les infractions aux termes de l'article 3 de la Convention de 1964, modifiée,


seront punies d'une amende dont le montant a été établi, pour avoir un caractère dissuasif,
à un taux supérieur au montant des frais acquittés par un navire pétrolier à l'occasion d'un
passage en station de déballastage.

3. - La pollution de l'air.

Les dispositions proposées par la nouvelle législation ont pour vocation de lutter
contre la pollution atmosphérique et les odeurs qui incommodent la population, avec leurs
conséquences sur la santé et la sécurité publique, la production agricole, la conservation
des constructions et des monuments et le caractère des sites.

Des décrets d'application préciseront les cas et conditions dans lesquels sera
interdite ou réglementés l'émission dans l'atmosphère de fumées, suies, poussières ou gaz
toxiques, corrosifs, odorants ou radioactifs. Les cas et conditions dans lesquels toutes
mesures exécutoires pourront être prises, par l'Administration, en vue de faire cesser
d'office le trouble avant l'intervention de condamnations pénales.

4. - La pollution sonore.
4

Il importe pour la santé publique et la tranquillité du voisinage, que toute personne


dans le cadre de ses activités s'abstienne de faire du bruit.

Les dispositions proposées par la nouvelle législation ont pour but de lutter contre
la pollution sonore par la maîtrise des bruits causés sans nécessité absolue ou dus à un
défaut de précaution.

Seront de la sorte interdits ou réglementés les bruits provenant:


- des activités industrielles, commerciales, artisanales, agricoles ou domestiques;
- des activité de travaux publics et du bâtiments;
- de la circulation des véhicules;
- des établissements ouverts au public;
- des propriétés privées et des habitations ou de leurs dépendances;
- des travaux de manipulation de toute nature sur la voie publique;
- de l'emploi de hauts-parleurs, de postes récepteurs de radiodiffusion ou de
télévision et d'appareils enregistreurs ou lecteurs et de tout autre appareil ou
instrument sonore, sur la voie publique;
- des cris, chants et toute manifestation bruyante sur la voie publique;
- des animaux domestiques.

Sont qualifiés comme bruits « toute sensation auditive désagréable ou gênante ou


phénomène acoustique produisant cette sensation, tout son ayant un caractère aléatoire qui
n'a pas de composantes définies » suivant la définition qu'en donne l'Association française
de Normalisation (AFNOR).

Les contrôles et la constatation des infractions prévues par la loi proposée et par
les textes pris pour son application sont effectuées par les officiers et sous-officiers de
l'Armée nationale, les officiers de police judiciaire et par des agents assermentés astreints
au secret professionnel dans les conditions et sous les sanctions prévues au Code pénal.
5

L'Assemblée nationale a délibéré et adopté en sa séance du vendredi 27 janvier 1983:


Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit:

TITRE PREMIER
DES ETABLISSEMENTS CLASSES

Chapitre premier

Dispositions générales

Article premier: Sont soumis aux dispositions de la présente loi,


les usines, ateliers, dépôts, chantiers et d'une manière général les
installations exploitées ou détenues par toute personne physique ou
morale, publique ou privée, qui présentent ou peuvent présenter des
dangers soit pour la santé, la sécurité, la salubrité publique, l'agriculture, la
nature et l'environnement en général, soit des inconvénients pour la
commodité du voisinage.

La présente loi ne fait pas obstacle à l'application des dispositions


législatives concernant l'urbanisme et la construction, la santé, l'hygiène et
la sécurité des travailleurs, la lutte contre les nuisances et la sécurité
publique, la protection de la nature et d'une manière générale, à l'exercice
des pouvoirs de police.

Article 2: Les établissements visés à l'article premier sont divisés en deux classes
suivant les dangers ou la gravité des inconvénients que peut présenter leur
exploitation.

Tout établissement comportant au moins une installation classée, entre


dans le champ d'application de la présente loi.

Article 3: La première classe comprend les établissements dont l'exploitation ne peut


être autorisée qu'a la condition que des mesures soient prises pour prévenir
les dangers ou les inconvénients mentionnés à l'article premier. Cette
autorisation peut notamment être subordonnée à leur éloignement des
habitations, des immeubles habituellement occupés, par des tiers, des
établissements recevant du public, d'un cours d'eau, de la mer, d'une voie
de communication, d'un captage d'eau, ou des zones destinées à
l'habitation.

Dans la seconde classe sont placés les établissements qui, ne présentant


pas d'inconvénients graves pour les intérêts visés à l'article premier, sont
soumis à des prescriptions générales destinées à assurer la protection de
ces intérêts.

Article 4: Les catégories d'établissements soumis aux dispositions de la présente loi


et le classement de chacune d'elles sont définies par décret, sur la
proposition conjointe des Ministres chargés respectivement de l'industrie
6

et de l'Environnement.

Article 5: Les établissements rangés aussi bien dans la première que dans la seconde
classe, doivent faire l'objet avant leur construction ou leur mise en service,
d'une autorisation délivrée par arrêté conjoint du Ministre chargé de
l'industrie et du Ministre chargé de l'Environnement sur la demande de
l'intéressé.

Les autorisations visées à l'alinéa précédent sont également exigée soit en


cas de transfert, soit en cas d'extension ou de modifications notables des
installations.

Les demandes d'autorisation doivent être accompagnées d'une déclaration


expresse sur la nature, la quantité, la toxicité des résidus de l'établissement
et le mode de traitement ou d'élimination prévu pour ces résidus.

Article 6: Les autorisations sont accordées sous réserve des droits des tiers.

Article 7: Les entreprises agréées à un des régimes prévus au Code des


Investissements après la date d'entrée en vigueur de la présente loi peuvent
bénéficier d'une exonération pendant une période de trois ans des droits et
taxes perçus à l'entrée sur les matériels reconnus comme spécifiques à la
lutte contre les pollutions et les nuisances dues à leurs activités.

Les ventes de matériels anti-polluant fabriqués par des entreprises


nationales ou des sociétés agréées sont considérées comme des
exportations et soumises au taux réduit de la taxe sur le chiffre d'affaires.

Les entreprises non agréées à l'un des régimes prévus au Code des
Investissements pourront bénéficier de l'amortissement accéléré pour le
matériel anti-polluant.

La liste du matériel anti-polluant est fixée par arrêté conjoint du Ministre


chargé des Finances et du Ministre chargé de l'Environnement.

Chapitre 2

Dispositions applicables aux établissements


de première classe

Article 8: La demande d'autorisation prévue à l'article 5 ci-dessus pour les


établissements rangés dans la première classe, fait l'objet d'une enquête de
commodo et incommodo, provoquée par arrêté conjoint du Ministre chargé
de l'Industrie et du Ministre chargé de l'Environnement pris dans des
conditions fixées par décret.

Article 9: Les conditions d'installation et d'exploitation jugées indispensables pour la


7

protection des intérêts mentionnés à l'article premier, les moyens d'analyse


et de mesure et les moyens d'intervention en cas de sinistre sont fixés par
l'arrêté d'autorisation, et, éventuellement, par des arrêtés complémentaires
pris conjointement par le Ministre chargé de l'Environnement et le
Ministre chargé de l'Industrie postérieurement à cette autorisation.

Article 10: Pour la protection des intérêts mentionnés à l'article premier ci-dessus, les
Ministres chargés respectivement de l'Industrie et de l'Environnement
peuvent fixer par arrêté conjoint, des régles techniques visant certaines
catégories d'installations soumises aux dispositions de la présente loi. Ces
arrêtés s'imposent de plein droit aux installations nouvelles.
Ils précisent les délais et les conditions dans lesquelles ils s'appliquent aux
installations existantes.

Article 11: Les Ministres chargés respectivement de l'Industrie et de l'Environnement


peuvent, par arrêté conjoint pris dans des conditions fixées par un décret,
délimiter autour des établissements de première classe, un périmètre à
l'intérieur duquel sont imposées des dispositions particulières en vue
d'interdire ou de limiter la construction, ou toute activité dont l'exercice est
susceptible d'être perturbé par le fonctionnement des dits établissements.

Chapitre 3

Dispositions applicables aux établissements de la


deuxième classe

Article 12: Les établissements rangés dans la seconde classe sont soumis à des
prescriptions générales édictées, en vue de la protection des intérêts
mentionnés à l'article premier, par arrêtés. Les modifications
éventuellement apportées à ces prescriptions peuvent être rendues
applicables aux installations existantes.

Article 13: Si les intérêts mentionnés à l'article premier de la présente loi ne sont pas
garantis par l'exécution des prescriptions générales contre les
inconvénients inhérents à l'exploitation d'un établissement de seconde
classe, les Ministres chargés respectivement de l'Industrie et de
l'Environnement peuvent imposer, par arrêté conjoint toutes prescriptions
spéciales nécessaires.

Chapitre 4

Dispositions communes à tous les établissements


classés

Article 14: Les personnes chargées de l'inspection des établissements classés ou


d'expertise sont assermentées et astreintes au secret professionnel dans les
8

conditions et sous les sanctions prévues au Code pénal.

Elles peuvent visiter à tout moment les établissements soumis à leur


surveillance.

Article 15: Dans le cas où le fonctionnement d'établissements classés régulièrement


autorisés, d'établissement dont l'existence est antérieure au décret qui a
classé la catégorie d'établissement à laquelle ils appartiennent ou
d'établissements non compris dans la nomenclature des établissements
classés présente, pour les intérêts mentionnés à l'article premier ci-dessus,
des dangers ou des inconvénients graves que les mesures pouvant être
prises en vertu des dispositions de la présente loi ne seraient pas
susceptibles de faire disparaître, la fermeture provisoire de ces
établissements peut être ordonnée par arrêté pris conjointement par le
Ministre chargé de l'Environnement et la Ministre chargé de l'Industrie
dans des conditions fixées par décret.

Article 16. Les établissements existants soumis aux dispositions de la présente loi et
qui avant l'entrée en vigueur de celle-ci, n'entraient pas dans le champ
d'application de la loi et des décrets relatifs aux établissements dangereux,
insalubres ou incommodes peuvent continuer à fonctionner sans
l'autorisation prévue à l'article 5 ci-dessus. Toutefois, dans le délai de trois
mois à compter de l'entrée en vigueur de la présente loi, l'exploitant doit se
faire connaître aux Ministres chargés respectivement de l'Industrie et de
l'Environnement, qui peuvent lui imposer les mesures propres à
sauvegarder les intérêts mentionnés à l'article premier.

Article 17: Les établissements régulièrement autorisés avant la date d'entrée en


vigueur de la réglementation applicable, conservent la bénéfice de leur
autorisation.

Chapitre 5

Dispositions financières

Article 18: I. - Les établissements dont certaines installations sont classées comme
dangereuses, insalubres ou incommodes, sont assujettis à une taxe unique
perçue lors de toute autorisation au titre de la présente loi.

Une redevance annuelle est perçue sur ceux des dits établissements, qui en
raison de la nature ou du volume de leurs activités font courir des risques
particuliers à l'environnement et requièrent de ce fait des contrôles
approfondis et périodiques.

Une taxe annuelle à la pollution est perçue sur les établissements dont
certaines installations sont classées comme dangereuses, insalubres ou
incommodes et qui n'auraient pas pris les mesures adéquates un an après la
9

date de publication de la présente loi pour traiter ou éliminer leurs résidus.

II. - Les taux de la taxe unique sont fixés par un décret, en fonction du
classement, de la nature et de l'importance des installations. Un taux
minimum et un taux maximum sont fixés pour chaque catégorie
d'établissements.

Une pénalité dont le taux est fixé au double du montant de la taxe est
appliquée à l'exploitation qui, en vue de la détermination du taux de la taxe
et de sa mise en recouvrement, ne donne pas les renseignements demandés
ou fournit des informations inexactes.

Le montant de la taxe est majoré de 10% lorsque le paiement des sommes


correspondantes n'est pas effectué dans les délais prescrits et il continuera,
si le paiement n'était toujours pas effectué un mois après la majoration de
10% tous les mois.

III. - Les établissements visés au deuxième alinéa du paragraphe I ci-


dessus sont ceux dans lesquels sont exercées une ou plusieurs des activités
figurant sur une liste établie par décret.

Le taux de base de ladite redevance est fixé par décret.

Le décret prévu ci-dessus fixe pour chacune des activités retenues en


fonction de sa nature et de son importance, un coefficient multiplicateur
compris entre 1 et 6. Le montant de la redevance effectivement perçue par
établissement au titre de chacune de ces activités est égal au produit du
taux de base et du coefficient multiplicateur.

La pénalité prévue au troisième alinéa du paragraphe 2 ci-dessus


s'applique à la redevance annuelle. Celle-ci est majorée de 10% lorsque le
paiement des sommes correspondantes n'est pas effectué dans le délai
prescrit et elle continuera si le paiement n'était toujours pas effectué un
mois après la majoration de 10%, à être majorée de 10% tous les mois.

IV. - Certaines entreprises artisanales qui ne nécessitent pas de contrôles


périodiques au titre de l'environnement peuvent être exonérées de la
redevance annuelle.

V. - Le montant de la taxe de la pollution est fonction de la nature, la


quantité et la toxicité des résidus de l'établissement suivant un coefficient
multiplicateur compris entre 1 et 10 dont les modalités sont fixées par
décret dans les mêmes formes que le décret prévu pour la redevance
annuelle. Le montant de la taxe perçue par établissement est égal au
produit du taux de base et du coefficient multiplicateur.

Le taux de base de la taxe à la pollution est fixé par décret. La pénalité


prévue au troisième alinéa des paragraphes 2 et 3 ci-dessus s'applique à la
10

taxe à la pollution lorsque le paiement des sommes correspondantes n'est


pas effectué dans le délai prescrit.

VI. - Le recouvrement de la taxe unique, de la redevance annuelle et de la


taxe à la pollution est effectué comme en matière de contributions directes,
par le receveur de l'enregistrement.

Article 19: Les sommes perçues au titre de la taxe unique, de la redevance annuelle et
de la taxe à la pollution sont entièrement affectées à un compte spécial du
Trésor ouvert pour la protection de l'environnement.

Chapitre 6
Dispositions pénales

Article 20: Quiconque exploite un établissement rangé en vertu de l'article 3 en


première classe sans l'autorisation prévue à l'article 5 sera puni d'une
amende de 500.000 à 1.000.000 de francs.

En cas de récidive, il sera prononcé une peine d'emprisonnement de deux à


six mois et une amende de 1.500.000 à 2.000.000 de francs ou l'une de ces
deux peines seulement.

Article 21: Quiconque exploite un établissement rangé en vertu de l'article 3 en


seconde classe sans l'autorisation prévue à l'article 5 sera puni d'une
amende de 300.000 à 500.000 francs.

En cas de récidive, il sera prononcé une peine d'emprisonnement de un à


deux mois et une amende de 500.000 à 1.000.000 de francs ou l'une de ces
deux peines seulement.

Article 22: En cas de condamnation à une peine de police pour infraction aux
dispositions des arrêtés prévus par la présente loi ou par les règlements
pris pour son application, le jugement fixe, s'il y a lieu, et le cas échéant,
sous astreinte, le délai dans lequel devront être respectées les dispositions
auxquelles il a été contrevenu. En cas de non-exécution dans le délai
prescrit, une amende de 500.000 francs peut être prononcée par le tribunal
compétent.

Le Tribunal peut prononcer l'interdiction d'utiliser les installations jusqu'à


l'achèvement des travaux. Il peut en outre ordonner que ces derniers
soient exécutés d'office aux frais du condamné.

Article 23: Quiconque fait fonctionner un établissement en infraction à une mesure de


fermeture ou de suspension de fonctionnement prise en application de la
présente loi, ou à une mesure d'interdiction prononcée en vertu de l'article
précédent, sera puni d'un emprisonnement de six à douze mois et d'une
amende de 1.000.000 à 1.500.000 francs ou de l'une de ces deux peines
11

seulement.

Article 24: Quiconque met obstacle à l'exercice des fonctions des personnes chargées
de l'inspection ou de l'expertise des établissements classés sera puni d'une
peine de un à deux mois d'emprisonnement et d'une amende de 200.000 à
500.000 francs ou de l'une de ces deux peines seulement.

Article 25: Les infractions sont constatées par les procès-verbaux des officiers de
police judiciaire et des agents assermentés. Ces procès-verbaux sont
dressés en quatre exemplaires, dont l'un est adressé au Ministre chargé de
l'Industrie, un autre au Ministre chargé de l'Environnement, le troisième au
Gouverneur de région et le quatrième au Procureur de la République. Ils
font foi jusqu'à preuve du contraire.

Chapitre 7

Sanctions administratives

Article 26: Indépendamment des poursuites pénales qui peuvent être exercées et
lorsqu'un agent assermenté ou un expert désigné par le Ministre chargé de
l'Environnement a constaté l'inobservation des conditions imposées à
l'exploitant d'un établissement classé, ou l'inexactitude des déclarations de
l'exploitant sur la nature, la quantité, la toxicité des résidus de
l'établissement ou l'insuffisance des modes de traitement ou d'élimination
prévue par l'exploitant, les Ministres chargés respectivement de l'Industrie
et de l'Environnement mettent en demeure ce dernier de satisfaire à ces
conditions dans un délai déterminé.

Si, à l'expiration du délai fixé pour l'exécution, l'exploitant n'a pas


obtempéré à cette injonction, le Ministre chargé de l'Environnement et le
Ministre chargé de l'Industrie, peuvent, par arrêté conjoint, charger le
Gouverneur de région:
- soit de faire procéder d'office, aux frais de l'exploitant à l'exécution
des mesures prescrites;
- soit obliger l'exploitant à consigner entre les mains d'un comptable
public une somme correspondant au montant des travaux à réaliser,
laquelle sera restituée à l'exploitant au fur et à mesure de
l'exécution des travaux;
- soit suspendre par arrêté, jusqu'à exécution, le fonctionnement de
l'établissement.

Article 27: Lorsqu'un établissement rangé dans l'une des catégories des activités
classées, est exploité sans l'autorisation requise par la présente loi, les
Ministres chargés respectivement de l'Industrie et de l'Environnement
mettent l'exploitant en demeure soit d'en arrêter le fonctionnement soit de
régulariser sa situation en déposant une demande d'autorisation.
12

Si l'exploitant ne défère pas à la mise en demeure et s'il poursuit


l'exploitation, le Ministre de l'Environnement peut faire procéder par le
Gouverneur de région à l'apposition des scellés sur l'établissement en
cause.

Le Ministre chargé de l'Environnement et le Ministre chargé de l'Industrie


peuvent également faire procéder par le Gouverneur de région, en cas de
nécessité, à l'apposition des scellés si un établissement, dont la suspension
de fonctionnement ou la fermeture a été ordonnée en application des
dispositions de la présente loi, continue d'être exploité.

Article 28: Pendant la durée de la suspension ou de l'arrêt de fonctionnement


prononcé en application de l'article 26 ou de l'article 27 le Ministre chargé
de l'Environnement et le Ministre chargé de l'Industrie peuvent, par arrêté
conjoint, et après avis des services intéressés, prescrire à l'exploitant
d'assurer à son personnel le paiement des salaires, indemnités et
rémunérations de toute nature auxquels il avait droit jusqu'alors.

Chapitre 8

Dispositions diverses

Article 29: Lorsque l'exploitation d'une installation non comprise dans la


nomenclature des établissements classés, présente des dangers ou des
inconvénients graves pour les intérêts mentionnés à l'article premier de la
présente loi, le Ministre chargé de l'Environnement et le Ministre chargé
de l'Industrie peuvent, par arrêté conjoint, mettre l'exploitant en demeure
de prendre les mesures nécessaires pour faire disparaître les dangers ou les
inconvénients dûment constatés. Faute par l'exploitant de se conformer à
cette injonction dans le délai imparti, il peut être fait application des
mesures prévue à l'article 26.

Article 30: Si l'intérêt public l'exige et sur la proposition du Ministre chargé de


l'Environnement, des décrets pourront être pris pour certaines installations
appartenant à l'Etat. Ces décrets détermineront pour chacune de ces
installations les procédures d'enquête et d'autorisation ainsi que les
conditions de surveillance et de contrôle.

Article 31: Des décrets détermineront pour le service de l'Etat ainsi que pour les
collectivités locales et les établissements publics à caractère administratif,
les conditions d'application des mesures prévues aux articles 20, 21, 22,
26, 27, 28 et 29.

Chapitre 9

Dispositions transitoires
13

Article 32: Les établissements classés régulièrement autorisés avant la date d'entrée en
vigueur de la présente loi, peuvent bénéficier dans un délai d'un an, à
compter de cette date d'une exonération des droits et taxes perçus à l'entrée
sur les matériels reconnus comme spécifiques à la lutte contre les
pollutions et les nuisances dues à leurs activités. Il en est de même des
établissements mentionnés à l'article 16 du présent Code; à leur égard,
l'exonération, portant sur le même délai d'un an, prendra effet à compter de
la date à laquelle auront été signifiées par les Ministres chargés de
l'Industrie et de l'Environnement les mesures mentionnées audit article 16.

TITRE II
DE LA POLLUTION DES EAUX
CHAPITRE PREMIER

De la protection qualitative des eaux

Article 33: Sont soumis aux dispositions de la présente loi, les déversements,
écoulements, rejets, dépôts directs ou indirects de toute nature, et plus
généralement tout fait susceptible de provoquer ou d'accroître la
dégradation des eaux en modifiant leurs caractéristiques physiques,
chimiques, biologiques ou bactériologiques, qu'il s'agisse d'eaux
superficielles, souterraines ou des eaux de la mer dans la limite des eaux
territoriales.

Article 34: Des décrets déterminent:


1° Les conditions dans lesquelles peuvent être réglementés ou
interdits les déversements, écoulements, jets, dépôts directs ou
indirects d'eau ou de matières et plus généralement tout fait
susceptible d'altérer la qualité de l'eau superficielle ou souterraine
et des eaux de la mer dans les limites territoriales;

2° Les conditions dans lesquelles peuvent être réglementées la mise


en vente et la diffusion de certains produits susceptibles de donner
naissance à des déversements qui ont fait l'objet d'une interdiction
ou d'une réglementation en vertu du 1° ci-dessus ou d'accroître leur
nocivité ou d'aggraver leur nuisance.
14

3° Les conditions dans lesquelles sont effectués les contrôles des


caractéristiques physiques, chimiques, biologiques ou
bactériologiques des eaux réceptrices et des déversements
notamment les conditions dans lesquelles sont effectués les
contrôles des caractéristiques physiques, chimiques, biologiques
ou bactériologiques des eaux réceptrices et des déversements et
notamment les conditions dans lesquelles il est procédé aux
prélèvements et aux analyses d'échantillons;

4° Les cas et conditions dans lesquels l'Administration peut prendre


toutes mesures exécutoires destinés d'office à faire cesser le trouble
avant l'intervention de toute sanction pénale.

Des zones de protection spéciale, faisant l'objet de mesures


particulières peuvent, en cas de nécessité, être instituées par arrêté
du Ministre chargé de l'Hydraulique et du Ministre chargé de
l'Environnement en fonction des niveaux de pollution observés et
compte tenu de certaines circonstances propres à en aggraver les
inconvénients.

Article 35: Il est procédé au contrôle des dispositions de l'article 34 et la constatation


des infractions prévues par le présent titre et par les textes pris pour son
application par des agents assermentés ou par les officiers de police
judiciaire.

Les procès-verbaux dressés par ces agents font foi jusqu'à preuve
contraire.

Article 36: En cas de condamnation à une peine contraventionnelle pour infraction


aux dispositions de la présente loi ou des textes pris pour son application,
le tribunal fixe le délai dans lequel les travaux et aménagements rendus
nécessaires par la réglementation doivent être exécutés. Si les
circonstances l'exigent, il peut, dans le cas où il n'y aurait pas lieu de
procéder à des travaux ou aménagements, fixer un délai au condamné pour
se soumettre aux obligations résultant de ladite réglementation.

Article 37: En cas de non-exécution des travaux, aménagements ou obligations dans


le délai prescrit, le contrevenant est passible d'une amende de 1.000.000 à
1.500.000 francs sans préjudice, le cas échéant, de l'application de toutes
autres dispositions législatives ou réglementaires en vigueur.

En outre, le tribunal peut, après audition du représentant de


l'Administration, prononcer jusqu'à l'achèvement des travaux ou
aménagements ou l'exécution des obligations prescrites, soit une astreinte
dont le taux par jour de retard ne peut dépasser un quatre millième du coût
estimé des travaux ou aménagements à exécuter, soit l'interdiction
d'utiliser les installations qui sont à l'origine de la pollution.
15

Sera puni d'une peine d'emprisonnement de six à douze mois et d'une


amende de 800.000 à 1.000.000 de francs ou de l'une de ces deux peines
seulement quiconque aura fait fonctionner une installation en infraction à
une interdiction prononcée en application de l'alinéa précédent.
16

Article 38: Lorsque les déversements, écoulements, jets, dépôts directs ou indirects de
matières constituant l'infraction proviennent d'un établissement industriel,
commercial, artisanal ou agricole, les chefs d'entreprises, directeurs ou
gérants de ces établissements peuvent être déclarés solidairement
responsables du paiement des amendes et frais de justice dus par les
auteurs de ces infractions.

Le coût des travaux ordonnés en application de l'article 36 ou du deuxième


alinéa de l'article 37 incombe à la personne physique ou morale dont le
condamné est le préposé ou le représentant.

Article 39: Sera puni d'une peine de prison de un à deux mois et d'une amende de
200.000 à 500.000 francs ou de l'une de ces deux peines seulement
quiconque aura mis obstacle à l'accomplissement des contrôles ou à
l'exercice des fonctions des agents prévus à l'article 35 ou d'un expert
désigné.

Chapitre 2

De la pollution de la mer par les navires

Article 40: Sera puni d'une amende d'un montant minimum de 10.000.000 de francs et
d'un montant maximum calculé sur la base des préjudices subis et d'un
emprisonnement de deux à six mois, ou de l'une de ces deux peines
seulement, et en cas de récidive, du double de ces peines, tout capitaine
d'un bâtiment sénégalais soumis aux dispositions de la Convention
internationale pour la Prévention de la Pollution des Eaux de la Mer par
les Hydrocarbures signée à Londres le 12 mai 1954 et de ses modificatifs,
qui sera rendu coupable d'infraction aux dispositions de l'article 3 de ladite
convention relatif aux interdictions de rejet à la mer d'hydrocarbures ou de
mélanges d'hydrocarbures.
Dans tous les cas, les droits des tiers à l'égard des auteurs de pollution sont
réservés.

Article 41: Sera puni d'une amende de 500.000 à 1.000.000 de francs, et en cas de
récidive, d'un emprisonnement de 2 à 6 mois et d'une amende de
1.000.000 à 2.000.000 de francs ou de l'une de ces deux peines seulement,
tout capitaine d'un bâtiment sénégalais non soumis aux dispositions de la
Convention internationale mentionnée à l'article 40 et appartenant aux
catégories suivantes, à l'exception des bâtiments de la Marine nationale,
qui aura commis les actes interdits par les dispositions précitées:
a) navires-citernes d'une jauge brute inférieure à 150 tonneaux;
b) autres navires d'une jauge brute inférieure à 500 tonneaux.

Article 42: Sans préjudice des peines prévues aux articles 40 et 41 à l'égard du
capitaine si l'infraction a été commise sur ordre du propriétaire ou de
l'exploitant du navire, ce propriétaire ou cet exploitant sera puni des peines
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prévues audits articles, le maximum de ces peines étant toutefois portés au


double.

Article 43: Dans les eaux territoriales sénégalaises fréquentées normalement par les
navires, les dispositions de la présente loi s'appliquent aux bâtiments
étrangers mêmes immatriculés dans un territoire relevant d'un
gouvernement non contractant, et y compris les catégories de navires
énumérées à l'article 41.

Article 44: Sont habilités à rechercher et à constater les infractions aux dispositions
des articles 3 et 9 de la convention mentionnée à l'article 40, aux
dispositions réglementaires qui étendront l'application du dit article 9 et à
celles de la présente loi:
- les administrateurs des affaires maritimes;
- les inspecteurs de la navigation et du travail maritime;
- les officiers du corps technique et administratif des affaires
maritimes;
- les capitaines, maîtres et officiers de port dans la limite de leur
circonscription portuaire;
- les officiers et sous-officiers de l'Armée nationale;
- les officiers de police judiciaire;
- les agents assermentés.

Article 45: Quiconque met obstacle à l'exercice des fonctions des agents prévus à
l'article 44 sera puni d'une peine de un à deux mois d'emprisonnement et
d'une amende de un million à cinq millions de francs ou de l'une de ces
deux peines seulement.

Article 46: Les procès-verbaux dressés par les agents visés à l'article 44 sont transmis
à l'Administrateur des Affaires maritimes avec copie au Ministre chargé de
l'Environnement et au Procureur de la République.

Article 47: Les infractions aux dispositions de la convention mentionnée à l'article 40


et à celles de la présente loi sont jugées, soit par le tribunal compétent du
lieu de l'infraction soit après celui dans le ressort duquel le bâtiment est
attaché en douanes s'il est sénégalais, soit celui dans le ressort duquel peut
être trouvé le bâtiment s'il est étranger.

TITRE III

De la pollution de l'air et des odeurs incommodantes

Article 48: Les pollutions de l'atmosphère et les odeurs qui incommodent la


population compromettent la santé ou la sécurité publique ou nuisent à la
production agricole, à la conservation des constructions et monuments ou
au caractère des sites sont soumises aux dispositions de la présente loi et
des règlements pris pour son application.
18

Article 49: Les décrets pris sur la proposition du Ministre chargé de l'Environnement
après avis du Ministre chargé de l'Industrie et le cas échéant, des Ministres
chargés de l'Industrie et le cas échéant, des Ministres chargés
respectivement de la Construction, des Transports, de la Santé publique et
de l'Intérieur en application de la présente loi déterminent:
- les conditions dans lesquelles les immeubles, établissements
industriels, commerciaux, artisanaux ou agricoles, les véhicules ou
autres objets mobiliers possédés, exploités ou détenus par toutes
personnes physiques ou morales, seront construits, exploités ou
utilisés de manière à satisfaire aux dispositions de la présente loi;

- les cas et conditions dans lesquels pourra être interdite ou


réglementée l'émission dans l'atmosphère de fumées, suies,
poussières ou gaz toxiques, corrosifs, odorants ou radioactifs;
- les conditions dans lesquelles seront réglementés et contrôlés la
construction des immeubles, l'ouverture des établissements ne
figurant pas dans la nomenclature des établissements classés,
l'équipement des véhicules, la fabrication des objets mobiliers,
l'utilisation des combustibles et carburants et, au besoin, la nature
des combustibles et carburants utilisés;
- les cas et conditions dans lesquels toutes mesures exécutoires
pourront être prises par l'Administration destinées d'office à faire
cesser le trouble, avant l'intervention de condamnation pénale;
- les délais dans lesquels il devra être satisfait à ces dispositions à la
date de publication de chaque règlement.

Des zones de protection spéciale faisant l'objet de mesures particulières


peuvent, en cas de nécessité, être instituées par arrêté du Ministre chargé
de l'Environnement en fonction des niveaux de pollution observés et
compte tenu de certaines circonstances propres à en aggraver les
inconvénients.

Article 50: Les contrôles et la constatation des infractions prévues par la présente loi
et par les règlements pris pour son application sont effectués par des
officiers de police judiciaire et des agents assermentés astreints au secret
professionnel dans les conditions et sous les sanctions prévues au Code
pénal.

Article 51: En cas de condamnation pour infraction aux dispositions de la présente loi
ou des règlements pris pour son application, le tribunal fixera le délai dans
lequel devront être respectées les dispositions auxquelles il a été
contrevenu. En cas de non-exécution dans le délai prescrit, une amende de
1.000.000 à 1.500.000 francs peut être prononcée.

Le jugement fixe, s'il y a lieu et, le cas échéant, sous astreinte de délai dans
lequel les travaux ou aménagements expressément prévus par la
19

réglementation applicable seront exécutés.

En cas de non-exécution des travaux ou aménagements dans le délai


prescrit, une amende de 1.000.000 à 1.500.000 francs peut être prononcée,
sans préjudice, le cas échéant, de l'application de toutes autres dispositions
législatives ou réglementaires en vigueur et notamment du titre premier du
présent Code.

Le tribunal pourra, en outre, ordonner que les travaux ou aménagements


soient exécutés d'office, aux frais du condamné, et prononcer jusqu'à leur
achèvement, l'interdiction d'utiliser les installations qui sont à l'origine de
la pollution atmosphérique ou des odeurs.

Article 52: Quiconque aura fait fonctionner une installation, en infraction à une
mesure d'interdiction prononcée en application du dernier alinéa de
l'article 51 sera puni d'une peine d'emprisonnement de six à douze mois et
d'une amende de 1.000.000 à 2.000.000 de francs ou de l'une de ces deux
peines seulement.

Article 53: Sera puni d'une peine d'emprisonnement de un à deux mois et d'une
amende de 500.000 à 1.000.000 de francs ou de l'une de ces deux peines
seulement quiconque met obstacle à l'accomplissement des contrôles ou à
l'exercice des fonctions des agents prévus aux articles 49 et 50.

Article 54: Les infractions sont constatées par les procès-verbaux des officiers de
police judiciaire et des agents assermentés. Ils font foi jusqu'à preuve
contraire.

TITRE 4

DE LA POLLUTION SONORE

Article 55: Les bruits qui compromettent la santé publique et incommodent le


voisinage sont interdits ou réglementés suivant les dispositions de la
présente loi et des règlements pris pour son application.

Article 56: Est reconnu comme bruit toute sensation auditive gênante pour le
voisinage.

Article 57: Des décrets pris sur la proposition conjointe des Ministres chargés
respectivement de l'Industrie, de l'Environnement et le cas échéant,
respectivement de la Construction, des Transports, de l'Intérieur et de la
Santé publique, en application de la présente loi déterminent:
- les cas et conditions dans lesquels sont interdits ou réglementés les
bruits causés sans nécessité absolue ou dus à un défaut de
précaution, provenant notamment par:
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- des activités industrielles, commerciales, artisanales, agricoles ou


domestiques;
- des activités de travaux publics et du bâtiment;
- de la circulation des véhicules;
- des établissements ouverts au public;
- des propriétés privées et des habitations ou leurs dépendances;
- des travaux et manipulations de toute nature sur la voie publique;
- de l'emploi de hauts-parleurs, de postes récepteurs de radio-
diffusion ou de télévision et d'appareils enregistreurs ou lecteurs et
tout autre appareil ou instrument sonore sur la voie publique ou
dans les lieux publics;
- des cris, chants et toute manifestation bruyante sur la voie
publiques;
- des animaux domestiques;
- les conditions dans lesquelles les immeubles, établissements
industriels, commerciaux, artisanaux ou agricoles, les véhicules ou
autres objets mobiliers possédés, exploités ou détenus par toute
personne physique ou morale, devront être construits, exploités ou
utilisés de manière à satisfaire aux dispositions de la présente loi;
- les conditions dans lesquelles toutes mesures exécutoires pourront
être prises, par l'Administration, destinées d'office à faire cesser le
trouble avant l'intervention de condamnations pénales;
- les délais dans lesquels il devra être satisfait aux dispositions de la
présente loi à la date de publication de chaque règlement pris pour
son application.

Article 58: Les contrôles et la constatation des infractions prévues par la présente loi
et les règlements pris pour son application sont effectués par les officiers
de police judiciaire et par des agents assermentés astreints au secret
professionnel dans les conditions et sous les sanctions prévues au Code
pénal.

Les infractions sont constatées par les procès-verbaux des officiers de


police judiciaire et des agents assermentés. Ils font foi jusqu'à preuve
contraire.

Article 59: En cas de condamnation pour infraction aux dispositions de la présente loi
ou des règlements pris pour son application, une amende de 3.000 à
300.000 francs peut être prononcée par le tribunal.

En cas de récidive, l'amende prononcée peut être doublée.

Article 60: Si en cas de condamnation pour infraction aux dispositions de la présente


loi ou des règlements pris pour son application, le condamné était dans
l'impossibilité de respecter dans l'immédiat les dispositions auxquelles il a
été contrevenu, le tribunal fixe le délai dans lequel devront être respectées
ces dispositions.
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En cas de non-exécution dans le délai prescrit, l'amende prononcée peut


être doublée.

Le jugement fixe, s'il y a lieu et le cas échéant, sous astreinte le délai dans
lequel les travaux ou aménagements expressément prévus par la
réglementation applicable devront être exécutés.

En cas de non-exécution des travaux ou aménagements dans le délai


prescrit, une amende de 200.000 à 500.000 francs peut être prononcée,
sans préjudice le cas échéant, de l'application de toutes autres dispositions
législatives ou réglementaires en vigueur.

Le tribunal peut, en outre, ordonner que les travaux ou aménagements


soient exécutés d'office, aux frais du condamné, et prononcer jusqu'à leur
achèvement, l'interdiction d'utiliser les installations ou les objets mobiliers
qui sont à l'origine de la pollution sonore.

Article 61: Quiconque aura fait fonctionner une installation ou utilisé un objet
mobilier, en infraction à une mesure d'interdiction prononcée en
application du dernier alinéa de l'article 60 sera puni d'une peine
d'emprisonnement de six à douze mois et d'une amende de 1.000.000 à
2.000.000 de francs ou de l'une de ces deux peines.

Article 62: Sera puni d'une peine d'emprisonnement de un à deux mois et d'une
amende de 200.000 à 500.000 francs ou de l'une de ces deux peines
seulement quiconque met obstacle à l'accomplissement des contrôles ou à
l'exercice des fonctions des agents prévues à l'article 58.
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TITRE 5
Dispositions finales

Article 63: Le produit des amendes prononcées en application des dispositions des
titres II, III et IV du présente Code est réparti comme suit:
- 30% au budget général de l'Etat;
- 70% au compte spécial du Trésor ouvert pour la protection de
l'Environnement.

Article 64: Sont abrogées toutes dispositions contraires à la présente loi et notamment
la loi du 19 décembre 1917 relative aux établissements dangereux,
insalubres ou incommodes, le décret n° 61-355 du 21 septembre 1961
fixant les frais d'inspection et de contrôle des établissements dangereux,
insalubres ou incommodes et le décret n° 62-297 du 26 juillet 1982 portant
réglementation des établissements dangereux, insalubres ou incommodes.

La présente loi sera exécutée comme loi de l'Etat.

Fait à Dakar, le 28 janvier 1983.

Abdou DIOUF.

Par le Président de la République:


Le Premier Ministre,
Habib THIAM

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