Philosophie de l’esprit : Suis-je ce que j’ai conscience d’être ?
Définition du Moi/Inconscient :
- C’est le moi qui est interrogé et personne d’autre : je pense et mes pensées font ce que je
suis : ‘’L’H est un roseau pensant’’ J-J. Rousseau.
- Connaissances, pensées, désirs, vécu intérieur, corps extérieur
- ‘’Je est autre’’, comme le dit Arthur Rimbaud dans une lettre à Paul Demeny en 1871
I.) La conscience nous donne accès à la connaissance de nous même
Le vrai Moi n’est-il pas intérieur et caché ? Qui suis-je ? => identité sociale qui ne dit rien sur le fond
de mon être. Moi = intériorité c-à-d. personne d’autre accède à mes pensées, ne peut les contraindre.
Vie de société = vie superficielle : ‘’L’habit ne fait pas le moine’’. => On joue à être ce que l’on n’est
pas aux yeux des autres.
BERGER Gaston, La présence d’autrui : ‘’Mon jardin secret est une prison’’ = solitude
essentielle du sujet => la subjectivité isole l’H de manière irrémédiable.
DERRIDA : ‘’Une singularité est, par essence, un secret.’’
SARTRE, Le garçon de café : Il ‘’est’’ garçon de café, l’essence PRECEDE l’existence : j’existe
d’abord et je me définis tout au long de ma vie.
La conscience de soi est une conscience intérieure de soi. Le doute débouche sur la certitude de
notre existence. Ma conscience m’offre sur ma personne un point de vue dont je ne saurais douter :
ainsi je suis bien ce que j’ai conscience d’être. Lorsque l’H pense comme tout le monde = SOLIPCISME
radical
DESCARTES & le projet CARTESIEN :
DESCARTES : ‘’Par le mot penser, j’entend tout
Démarche qui consiste à douter de tout
ce qui se fait en nous de telle sorte que nous
jusqu’à l’indubitable
l’apercevons immédiatement par nous même
et en avons une connaissance intérieure.’’ Le Descartes s’est rendu compte que le savoir
philosophe suit un raisonnement en trois qu’il avait acquis durant ses études
étapes => COGITO CARTESIEN contenait des erreurs => il a donc cherché à
1) La seule chose dont on peut douter le reconstruire sur des bases solides et
c’est qu’on doute. sûres. Pour lui, c’est l’entièreté du savoir qui
2) Pour douter, il faut penser nécessite d’être refondé.
3) Et pour penser il faut être => d’où
le ‘’je pense donc je suis’’
Attention à ne pas confondre, il existe plusieurs formes de doute :
1. Le doute ordinaire : c’est un état d’incertitude de l’esprit, mais une incertitude passagère que l’on
dissipe en choisissant l’opinion la plus probable.
2. Le doute sceptique : Les sceptiques doutent de tout : la vérité n’étant pas accessible à l’H, on ne
peut rien affirmer, ni nier => suppression définitive du jugement.
3. Le doute cartésien : ( du doute sceptique) il est construit, fondé, provisoire => on doute pour
parvenir à une première certitude. Il est aussi radical/universel/volontaire : c’est un doute qui
s’attache aux fondations de la connaissance.
Le libre-arbitre est une évidence. Grâce à ma conscience et lui accordant toute ma confiance, je sais
que je suis un être libre. Je possède un libre-arbitre.
Libre-arbitre : capacité de choisir soi-même à la seule force de sa volonté, capacité de faire des choix.
DESCARTES : ‘’le libre-arbitre consiste à faire une chose ou à ne pas la faire sans qu’aucune
force extérieure nous y contraigne’’. => acte CONTINGENT
II.) Mais, la conscience de soi ne peut pas tout révéler de nous-
mêmes.
Inconscient : structure fondamentale du psychisme humain distincte de la conscience et qui constitue
l’essentielle réalité de notre identité. C’est une structure psychique à part entière qui va avoir ses
propres lois de fonctionnements et d’actions.
On ne peut pas isoler le moi pensant du corps. Dans les neurosciences, le cerveau est le siège de la
pensée. Nietzsche affirme que Descartes est victime d’une illusion : le sujet conscient est une illusion
grammaticale. Je dis ‘’je’’ or ce cela ne me donne pas accès à mon existence en tant que sujet comme
chose pensante.
NIETZSCHE : Le moi est une illusion, je ne sais pas ce que qui pense en moi. L’H ne peut
qu’être une réalité déterminée à être ce qu’elle est par autre chose que lui.
MARX, Critique de l’Economie Politique : ‘’Ce n’est pas par la conscience des H qui détermine
leur existence, c’est au contraire leur existence sociale qui détermine leur conscience’’, la
conscience humaine n’a pas de réalité en dehors de la société, elle résulte des rapports
sociaux.
Double illusion de la déf. De l’H comme réalité consciente :
1) L’H n’est pas une réalité spirituelle
2) Il n’est pas le premier dans le rapport H/monde
Il y a une vie psychique inconnue du sujet elle-même. C’est ce que le médecin Freud va étudier.
L’illustration du sens de l’inconscient freudien se matérialise par la métaphore de l’iceberg.
FREUD Sigmon : ‘’Le moi n’est pas maître dans sa propre maison’’, l’H n’est plus maître de son
monde intérieur qui échappe à la conscience.
La plus grande partie de notre psychisme est cachée,
inconsciente, non accompagnée de savoir : l’inconscient est
et demeure inconscient, il est caché. => Le moi
L’inconscient est producteur de processus psychiques : ces
manifestations sont les actes manqués et les rêves. =>Le ça
L’inconscient est une réalité psychique dynamique possédant une structure et ses propres lois de
fonctionnement et d’actions que la psychanalyse étudie. => Le Moi
L’hypothèse de l’inconscient a eu bcp de mal à être acceptée. Il était dans une démarche médicale
pour aider ses patients qui souffraient d’hystérie (ex. Anna O.) dont on considérait les troubles
comme imaginaires. Freud a inventé la psychanalyse c-à-d. Le pouvoir libérateur de la parole.
Le libre-arbitre est une ILLUSION. Spinoza défend l’idée selon laquelle tout est déterminé dans la
nature => on ne peut pas penser l'homme comme ‘’un empire dans un empire’’. L'existence de
l'homme s'inscrit dans un enchaînement strict et nécessaire de causes et d'effets qui conditionnent
son action.
SPINOZA, Lettre à Schuller : ‘’Les H sont conscients de leurs désirs et ignorants des causes qui
les déterminent.’’ Nos désirs sont l'ensemble des choix qui sont inconsciemment déterminés.
L'illusion du libre-arbitre résulte de l’IGNORANCE des causes réelles de nos comportements/
conduites. Notre volonté est le fait de causes antécédentes et inconscientes. Cependant, la prise de
conscience de notre ignorance est la connaissance des causes qui nous font agir et pour Spinoza la
véritable LIBERTE.
SPINOZA : ‘’Ne pas se moquer ne pas déplorer ne pas détester mais comprendre.’’
Apprendre à se servir de sa raison pour comprendre ce qui nous détermine et s'adapter au
monde.
A ne pas confondre déterminisme et fatalisme
Fatalisme : conception d'une nécessité qui conduit à une forme d'impuissance exclut toute place à la
liberté.
Déterminisme : idée selon laquelle tout événement est la conséquence logique d’une cause
intérieure dans un enchaînement sans fin de cause et d’effet
III.) Puis-je prendre conscience de ce dont je n’ai actuellement
pas conscience et dans quelle mesure ?
Autrui est indispensable à mon existence et à la connaissance que j’ai de moi-même. Nécessité du
regard de l’autre=> Jugement=> instaure une certaine réflexivité en moi-même/surmonter obstacles.
SARTRE : ‘’autrui est le médiateur indispensable entre moi et moi-même’’, importance
capitale des autres de tous les autres (étranger/famille/amis) pour chacun de nous.
IDEM : ‘’L’enfer c’est les autres’’, le regard d’autrui peut être aliénant.
ARISTOTE, Ethique à Nicomaque : Il existe l’amitié d’intérêt/de plaisir/vertueuse. Avec la
dernière, l’ami est un véritable miroir moral, c’est une relation de bienveillance réciproque.
=> entrer dans le cercle vertueux de la quête de l’excellence.
MONTAIGNE, Les Essais : ‘’Si on me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne
peut s’exprimer, qu’en répondant : Parce que c’était lui, parce que c’était moi’’. A l’opposé,
celui qui n’a pas d’amis ne fréquente que des flatteurs.
La cure analytique. Il y a des secrets que nous craignons de savoir (Inconscient). Le but de la cure
analytique c’est de rendre aux patients une partie de sa propre histoire en le rendant de nouveau
conscient (hypnose + langage). Le psychanalyste sert de médiateur entre mon inconscient et la
représentation de moi que j’ai élaboré.
LACAN : ‘’L’inconscient est ce chapitre de mon histoire qui est marqué par un blanc ou
occupé par un mensonge c'est le chapitre censuré.’’
FREUD, Essais de la psychanalyse appliquée : ‘’Rentre en toi-même, dans tes profondeurs et
apprends d'abord à te connaître, alors tu comprendras pourquoi tu dois devenir malade, et tu
éviteras peut-être de le devenir.’’
La théorie de l’inconscient de Freud a été critiquée parce qu’elle déresponsabilisait le sujet. Or,
FREUD : ‘’Irresponsable, comme chacun sait, n'est pas une définition de la psychologie des
profondeurs.’’ => L'inconscient explique sans pour autant justifier certains comportements.
L’objectif de Freud et de montrer les limites de la conscience qui se prétend totalement libre.
FREUD : ‘’Là où le ça a été, je dois advenir’’, restaurer la dignité de la conscience, la préserver,
conserver au ‘je’ sa place en tant que facteur d’équilibre.
RICOEUR Paul, Philosophie de la volonté : ‘’la psychanalyse est une guérison par l'esprit, le
véritable analyste n'est pas le despote de la conscience malade, mais le serviteur d'une
liberté à restaurer.’’
Je suis un être libre, un être en devenir, un être de projets. Mon identité n’est pas fixée mais se
constitue progressivement au fur et à mesure de ce que je fais dans mon histoire. Si l’on reconnaît
que le sujet est capable de changer, nous somme contraint de renoncer à l’idée d’un soi-même
déterminé.
SARTRE : ‘’L'existence précède l'essence’’, L'H est un être libre de se déterminer, il a
entièrement le choix.
Je ne suis que l'ensemble de mes projets/ décisions /engagements. L'H sera d’abord ce qu’il aura
projeté d’être ;
MOREAU Joseph : ‘’Un être conscient ne peut être enfermé dans une essence.’’ Si l'idée de
conscience a un sens elle doit être désigner cette capacité à changer. Un être conscient est
capable de devenir autre que ce qu’actuellement il est.
De NATURE humaine => CONDITION humaine. Chacun de nous va librement conférer un sens à
une situation : ex. c'est moi seul qui vais donner un sens à la mort. La mauvaise foi est une attitude
essentielle à l'homme qui tente de fuir sa liberté c'est la mauvaise foi c'est ne pas être soi-même
SARTRE, L’être et le néant : ex. du garçon de café => cette mauvaise foi car il se ‘la joue’
garçon de café, il cherche à se persuader lui-même qu'il se confond parfaitement avec sa
fonction
+ principe de la RESPONSABILITE : excuses pour dissimuler notre liberté car problème de la liberté du
choix => choix non déterminé qui est source d’angoisse mais qui garantit un sens à une vie le sens
que je voudrais bien lui donner moi-même.