Le SIDA, ou Syndrome d'ImmunoDéficience Acquise, est le stade avancé de l'infection par le
VIH (Virus de l'Immunodéficience Humaine). Il se caractérise par un affaiblissement sévère
du système immunitaire, rendant l'organisme vulnérable à des infections et des cancers
opportunistes.
Qu'est-ce que le VIH et le SIDA ?
Le VIH est un virus qui attaque et détruit les lymphocytes T CD4, des cellules essentielles au
fonctionnement du système immunitaire. L'infection par le VIH évolue généralement en
plusieurs phases :
• Primo-infection : Quelques semaines après la contamination, certaines personnes
peuvent présenter des symptômes ressemblant à une grippe (fièvre, fatigue, maux de
tête, ganglions, éruptions cutanées). Cependant, beaucoup n'ont aucun symptôme.
• Phase asymptomatique : Le virus se multiplie activement dans l'organisme, mais la
personne ne présente pas de symptômes visibles. Cette phase peut durer plusieurs
années.
• Stade SIDA : Lorsque le nombre de lymphocytes T CD4 chute considérablement, le
système immunitaire est très affaibli, laissant la place à des infections opportunistes
(tuberculose, pneumocystose, toxoplasmose, candidose œsophagienne, etc.) et à
certains cancers (maladie de Kaposi, lymphomes non hodgkiniens). C'est à ce stade
que l'on parle de SIDA.
Comment le VIH se transmet-il ?
Le VIH se transmet par le contact avec certains liquides corporels d'une personne infectée :
• Sang : Partage de matériel d'injection non stérile (seringues, aiguilles), transfusions
sanguines (extrêmement rares aujourd'hui grâce au dépistage systématique).
• Sperme et sécrétions vaginales : Lors de rapports sexuels non protégés (vaginal, anal
ou oral).
• Lait maternel : De la mère à l'enfant pendant l'allaitement.
• De la mère à l'enfant pendant la grossesse ou l'accouchement : Sans traitement, une
femme séropositive peut transmettre le virus à son bébé.
Il est important de noter que le VIH ne se transmet PAS par les contacts occasionnels
comme les baisers, les étreintes, le partage de nourriture, l'utilisation des mêmes toilettes,
piscines ou couverts.
Quels sont les symptômes ?
Comme mentionné précédemment, la primo-infection peut entraîner des symptômes
grippaux. Cependant, de nombreuses personnes séropositives ne présentent aucun
symptôme pendant de longues années. C'est pourquoi le dépistage est essentiel pour
connaître son statut sérologique. On ne peut pas savoir si une personne est porteuse du VIH
juste en la regardant.
Comment le VIH/SIDA est-il traité ?
Il n'existe pas de traitement permettant d'éliminer complètement le VIH de l'organisme.
Cependant, les traitements antirétroviraux (ARV) sont très efficaces pour contrôler la
multiplication du virus. Ces traitements, souvent une combinaison de plusieurs médicaments
(bi- ou trithérapie), permettent :
• De bloquer la reproduction du virus et ainsi de réduire la charge virale (quantité de
virus dans le sang), parfois jusqu'à la rendre indétectable.
• De reconstituer les défenses immunitaires.
• D'empêcher la progression de l'infection vers le stade SIDA.
• De permettre aux personnes séropositives de vivre longtemps et en bonne santé.
• De ne plus transmettre le virus par voie sexuelle si la charge virale est indétectable
(concept "Indétectable = Intransmissible" ou I=I).
Prévention du VIH
La prévention est primordiale et repose sur plusieurs piliers :
• Utilisation du préservatif : Le préservatif masculin et le préservatif féminin sont les
seules méthodes de contraception qui protègent du VIH et des autres Infections
Sexuellement Transmissibles (IST) lors des rapports sexuels.
• Matériel d'injection stérile : Ne jamais partager d'aiguilles, de seringues ou tout
autre matériel lié à l'injection de drogues.
• Dépistage régulier : Connaître son statut et celui de ses partenaires permet de
prendre des décisions éclairées.
• Traitement comme prévention (TasP) : Une personne séropositive sous traitement
efficace et ayant une charge virale indétectable ne transmet pas le virus.
• Prophylaxie pré-exposition (PrEP) : Un traitement médicamenteux que des
personnes non infectées peuvent prendre avant une exposition potentielle au VIH
pour réduire leur risque d'infection. Elle est réservée aux personnes à haut risque.
• Prophylaxie post-exposition (PEP) : Un traitement d'urgence à prendre le plus tôt
possible (dans les 48 à 72 heures) après une prise de risque (rapport sexuel non
protégé, rupture de préservatif, partage de seringue) pour éviter l'infection.
Dépistage du VIH
Seul un test de dépistage permet de savoir si l'on est infecté par le VIH. Il existe plusieurs
types de tests :
• Prise de sang en laboratoire : Fiable et gratuite en France, sans ordonnance ni
rendez-vous. Le résultat est fiable 6 semaines après une éventuelle exposition.
• Tests Rapides d'Orientation Diagnostique (TROD) : Réalisés par des associations ou
certains professionnels de santé. Le résultat est rapide, mais un résultat positif doit
être confirmé par une prise de sang.
• Autotests VIH : Disponibles en pharmacie, ils permettent de se tester chez soi à partir
d'une goutte de sang. Le résultat est fiable 3 mois après une éventuelle exposition, et
un résultat positif nécessite une confirmation médicale.
Il est recommandé de se faire dépister au moins une fois dans sa vie et aussi souvent que
nécessaire en cas de prise de risque.
Vivre avec le VIH
Grâce aux avancées thérapeutiques, l'infection par le VIH est aujourd'hui considérée comme
une affection chronique gérable. Les personnes vivant avec le VIH, si elles suivent leur
traitement et adoptent une bonne hygiène de vie, peuvent avoir une vie normale, familiale,
sociale et professionnelle. Il est crucial d'avoir un suivi médical régulier et de maintenir une
bonne hygiène de vie (alimentation équilibrée, activité physique, pas de tabac ni de
consommation excessive d'alcool, bon sommeil).
Statistiques mondiales (estimation 2024 selon l'ONUSIDA)
• 40,8 millions de personnes vivaient avec le VIH dans le monde.
• 1,3 million de personnes ont été nouvellement infectées par le VIH.
• 630 000 personnes sont décédées de maladies liées au SIDA.
• 31,6 millions de personnes avaient accès à une thérapie antirétrovirale.
Les nouvelles infections ont diminué de 61% depuis le pic de 1996, mais l'objectif de passer
sous la barre des 370 000 nouvelles infections d'ici 2025 n'est pas encore atteint.
Historique
• Début des années 1980 : Premiers cas de maladies rares (pneumonies, cancers) chez
de jeunes hommes homosexuels aux États-Unis. La maladie est initialement appelée
GRID (Gay-Related Immune Deficiency).
• 1982 : La maladie est renommée Syndrome d'Immunodéficience Acquise (SIDA).
• 1983 : Le VIH est isolé par des chercheurs de l'Institut Pasteur en France.
• Fin des années 1980 : Découverte de la transmission du VIH de la mère à l'enfant et
approbation du premier médicament antirétroviral (AZT).
• 1988 : Première Journée Mondiale du SIDA.
• Années 1990 : Développement des multithérapies (cocktails d'antirétroviraux) qui
révolutionnent la prise en charge du VIH, transformant l'infection d'une maladie
mortelle en une maladie chronique.
• Années 2000-2020 : Amélioration constante des traitements (moins d'effets
secondaires, prises simplifiées), développement de la PrEP, et consolidation du
concept I=I.
Le SIDA reste un défi de santé publique mondial, mais les progrès scientifiques ont permis
des avancées considérables dans la prévention et le traitement, offrant un espoir et une
meilleure qualité de vie aux personnes vivant avec le VIH.
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