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Chapitre 8 : LE CONTRAT DE PRET
Dans le Code des Obligations Civiles et Commerciales du Sénégal (COCC), le prêt est le contrat par lequel une
partie, le préteur, remet à une autre, l'emprunteur, une chose dont ce dernier pourra user, à charge de la
restituer, en nature ou par équivalent. Il existe deux types de prêt : le prêt à usage ou commodat et le prêt de
consommation.
La distinction est réglée par l’article 526 du COCC qui dispose que le contrat est un prêt à usage
essentiellement gratuit si l’emprunteur n’acquiert pas la propriété de la chose. À l’inverse, s’il l’acquiert, le
contrat est un prêt de consommation.
Il existe des conditions de fonds et des conditions de forme pour pouvoir qualifier un contrat de contrat de
prêt.
I. LES TYPOLOGIES DU CONTRAT DE PRET :
1. LE PRET A USAGE :
Ce type de prêt peut porter sur des choses mobilières comme immobilières qui ne se consomment pas par le
premier usage. En outre, l’emprunteur est seulement constitué détenteur à titre précaire de la chose prêtée
qu’il doit exactement restituer comme il l’avait empruntée. Ce type de prêt est essentiellement gratuit ; il
n’existe pas de contrepartie financière.
A. Obligations de l’emprunteur :
a) Usage de la chose :
Dans le prêt à usage, l’usage de la chose est reconnu non seulement à l’emprunteur mais aussi à ses préposés.
L’usage de la chose doit se faire selon sa nature à moins que les parties ne conviennent d’une autre
destination. Toutefois, il ne répond pas de la détérioration de la chose qui résulte de son usage normal ou celui
prévu par les parties.
b) Conservation de la chose :
Comme l’emprunteur est constitué détenteur à titre précaire de la chose prêtée, il est tenu de veiller à sa garde
et à sa conservation. Par conséquent, il supporte les frais d’entretien. Et spécialement, si le prêt porte sur des
animaux, il doit les nourrir. Cette obligation de conservation de la chose est une obligation de moyens. Si la
chose a péri, l’emprunteur est libéré à moins qu’il ait commis une faute qu’il appartient au prêteur d’établir.
Les risques de perte pèsent alors sur le prêteur qui est demeuré propriétaire.
c) Restitution de la chose :
L’obligation de restitution qui pèse sur l’emprunteur n’est exécutée qu’à l’échéance du terme convenu. Elle
doit porter sur la chose même qui a été prêtée. Elle constitue une obligation de résultat de telle sorte que si
l’emprunteur invoque un cas de force majeure, il lui appartient d’en apporter la preuve. Mais cette obligation
restitution, à moins que le prêteur justifie d’un besoin urgent et imprévisible au moment de la conclusion du de
contrat de la chose prêtée, ne peut faire l’objet d’une exécution anticipée sur décision du juge à la demande du
prêteur avant l’échéance du terme.
B. Obligations du prêteur :
a) Remboursement des dépenses exceptionnelles :
Lorsque la conservation de la chose a nécessité des dépenses exceptionnelles, celles-ci sont à la charge du
prêteur. Il en est ainsi si l’emprunteur a engagé des frais pour soigner l’animal prêté mais non pour les pièces
de rechange nécessaires à la conservation de la machine utilisée.
b) Responsabilité pour vice de la chose :
Tenu de révéler à l’emprunteur les défauts cachés de la chose, le prêteur est responsable du dommage causé
par les vices non apparents de la chose qu’il connaissait et qu’il a omis de dévoiler à l’autre partie lors de la
conclusion du contrat. Dans ce cas, le prêteur est convaincu de dol. Cette responsabilité pour vice de la chose
ne joue plus s’il est assez apparent pour ne pas échapper à la vigilance d’un bon père de famille.
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2. LE PRET DE CONSOMMATION :
Le prêt de consommation porte sur des choses qui se consomment par le premier usage, donc qui sont
fongibles et consomptibles. Il en découle que l’usage que fait l’emprunteur de la chose la fait disparaitre. C’est
pourquoi, ce type de prêt ne peut porter que sur des choses mobilières corporelles. C’est cela qui justifie aussi
que l’emprunteur en est constitué propriétaire, à charge de restituer la chose en nature ou par équivalent.
A. Règles communes à tous les prêts de consommation :
a. Obligations de l’emprunteur :
Il est tenu de restituer les choses prêtées soit en nature, soit par équivalent. À cet égard, il n’est pas tenu
compte de l’augmentation ou la diminution de leur prix. Les choses rendues doivent être de même espèce en
quantité et en qualité dans le cas de la restitution en nature. Le droit sénégalais permet cependant la
restitution par équivalent contrairement au droit français qui exige une identité en nature. S’il se trouve dans
l’impossibilité de restituer, il est alors tenu de payer la valeur de la chose prêtée, au jour du paiement.
L’impossibilité dont il s’agit doit être absolue, c’est-à-dire qu’il ne doit plus exister sur le marché des choses de
genre de celles qui ont été prêtées ou leur équivalent.
b. Obligation du prêteur :
Avant l’arrivée du terme convenu, le prêteur est irrecevable à demander la restitution de la chose. C’est une
particularité du prêt de consommation qui ne se retrouve pas dans le prêt à usage. Il en découle que les parties
doivent fixer un terme pour la restitution de la chose prêtée. À défaut, le droit sénégalais ne prévoit pas
comment le prêt prend fin contrairement au droit français qui fait intervenir le juge.
B. Règles particulières au prêt de consommation avec intérêt :
a. Liberté de stipulation d’intérêts :
Il est possible dans les prêts de consommation de stipuler des intérêts, indifféremment de la question de savoir
s’il s’agit d’un prêt d’argent ou non. Même dans le prêt de consommation, l’emprunteur peut s’engager à
restituer plus que ce qu’il a reçu. Cette stipulation est valable si le taux effectif global de l’intérêt conventionnel
ne dépasse pas le double du taux d’escompte de la BCÉAO en vigueur à la date de conclusion du prêt. La
stipulation d’intérêt doit être écrite, mais la loi ne précise pas la sanction de l’inobservation de cette règle de
forme. Lorsqu’il s’agit d’un prêt d’argent, le prêt stipulé avec intérêt doit faire l’objet d’un contrat écrit.
b. Capitalisation des intérêts échus :
Lorsque l’emprunteur ne s’acquitte pas des intérêts échus, ceux-ci peuvent produire eux-mêmes des intérêts.
C’est ce qu’on appelle l’anatocisme qui est le fait, dans les obligations portant sur une dette d’argent, de voir
les intérêts échus s’ajouter à la dette initiale pour produire eux-mêmes des intérêts. Les intérêts échus sont
donc capitalisables. Cette capitalisation est possible pour les intérêts dus au moins pour une année entière
mais elle doit être soit demandée en justice, soit prévue par une convention spéciale après l’échéance.
Pour que l’anatocisme soit possible, trois conditions doivent être cumulativement remplies :
Première condition : il doit s'agir d'intérêts échus de capitaux.
Deuxième condition : il doit s'agir d'intérêts qui sont dus pour une année entière.
Troisième condition : il faut une sommation judiciaire (rien n’empêche d’adresser une sommation avant
l’écoulement d’un an), ou une clause contractuelle expresse, qui doit être renouvelée annuellement à
l'échéance mais il n’est pas possible de la convenir préalablement. Une telle convention serait illégale.
II. LA FIN DU CONTRAT DE PRET :
Si les parties ont prévu un délai, le prêt prend fin à l’échéance du terme convenu. Dès lors, l’emprunteur doit
restituer la chose prêtée. À défaut de terme, la chose doit être restituée dans le mois suivant la première
réclamation du prêteur faite par lettre recommandée.
Le retard pris dans l’obligation de restitution oblige l’emprunteur à verser des intérêts légaux de retard. Il
peut également prendre fin par tous autres moyens prévus par la réglementation en vigueur. Le contrat fait
naitre des obligations à l’égard des parties signataires dont le non-respect entraine des sanctions (pécuniaire,
pénale, résiliation…).
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3- LE PRET A INTERET
Le contrat de prêt à intérêt ou d’argent est une convention par laquelle une personne (le prêteur) remet une
somme d’argent à une autre personne (l’emprunteur ou le bénéficiaire). Le prêt à intérêt fait partie des prêts
de consommation qui se définit comme le contrat par lequel l’une des parties livre à l’autre une certaine
quantité de choses qui se consomme par l’usage à la charge pour cette dernière de lui en rendre autant de
même espèce et qualité. En effet, le prêt bancaire est un prêt de consommation,
Il est le contrat par lequel un agent économique ou une entreprise s’engage à emprunter une certaine somme
auprès d’une banque ou d’un établissement de crédit ou même auprès d’une tierce personne afin de satisfaire
un besoin de financement immédiat tout en s’engageant à rembourser cette somme soit sous la forme de
versement périodique constant soit en intégralité. Ce remboursement se fera en majoration d’intérêts. Compte
tenu des besoins des agents économiques, les banques ont mis à la disposition des clients différents types de
crédits : (le découvert ou l’avance en compte courant, la Facilité de Caisse, le crédit d’escompte, le Crédit
Immobilier, le crédit-bail).
Au terme du contrat, l’entreprise bénéficiaire a généralement le choix entre deux options : soit restituer le
bien, soit l’acquérir pour un montant défini lors de la conclusion du contrat.
1/ Les obligations du prêteur :
Il s’agit principalement de la mise à disposition des fonds, l’obligation d’information et de conseil.
a/ La mise à disposition des fonds :
La première obligation du préteur est le respect de l’objet de l’engagement qu’il a consenti. En effet, ce dernier
doit mettre les fonds promis à l’emprunteur dès l’acceptation de l’offre préalable. La mise à disposition des
fonds peut être immédiate, future (promesse de crédit) ou éventuelle (si le client est défaillant).
b/ L’obligation d’information :
L’information constitue une donnée essentielle en matière de crédit bancaire. C’est pourquoi, la banque
sollicitée aux fins d’ouvrir un crédit, se trouve obligée d’informer le client sur l’opération, ses caractéristiques et
si besoin de lui donner des conseils appropriés
Il a aussi l’obligation de mentionner le taux effectif global(TEG) comme le stipule l’article 542 du COCC selon
lequel : « toute stipulation d’intérêt, dans le prêt d’argent, qui n’est pas constatée par écrit visé dans les
conditions à l’alinéa 1 est nulle ».
2/ Les obligations de l’emprunteur :
L’emprunteur devient propriétaire des fonds, il est donc libre de les utiliser comme il l’entend
sauf quand le prêt est affecté.
a/ Le remboursement du capital :
Le remboursement du crédit majoré de la rémunération du banquier est l’obligation de l’emprunteur et
consiste au paiement selon les modalités au contrat d’une somme d’argent en contre partie des fonds qui lui
ont été octroyés et ne peut alors avoir lieu que lorsque tous les fonds ont été versé. Il appartient au prêteur de
fixer librement la date de l’échéance des paiements.
Cependant en cas de difficultés de remboursement l’emprunteur est dans l’obligation d’avertir sa banque en
vue de ne pas tomber sous les dispositions régissant la défaillance de l’emprunteur et exiger le remboursement
total.
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b/ Le paiement des intérêts :
Les intérêts sont la rémunération d’un capital emprunté. Ils sont déterminés par un taux fixé à l’origine du prêt
et versés par le débiteur à son créancier. Les intérêts consistent donc en un profit réalisé par le prêteur sur
un prêt accordé à l’emprunteur. Les emprunts sont généralement contractés auprès d’une banque qui met
son capital à la disposition de particuliers et d’entreprises. Elle les aide ainsi à financer un projet et va donc
percevoir des intérêts sur la somme prêtée.
c/ La mise à disposition de garantie :
L’un des plus gros risque que comporte l’activité bancaire, est celui de ne pas être payé par son client
débiteur. De ce fait, la banque cherche généralement à atténuer ce risque en demandent a ses clients des
garanties ou suretés .
IL existe plusieurs types de sureté : les suretés réelles et les suretés personnelles.
La sureté réelle est une garantie offrant à un créancier un droit sur une chose(bien meuble ou immeuble),
qui lui permet d’obtenir paiement de sa créance sur le produit de la vente de ce bien, en cas de défaillance du
débiteur. Exemple : l’hypothèque, le gage, le nantissement, la caution, l’assurance et l’aval.
Garantir un prêt avec une hypothèque :
L’importance du montant qu’implique un prêt immobilier requiert obligatoirement la mention d’une garantie
personnelle dans le dossier de demande d’emprunt. Et même si les aides au droit d’accès à la propriété sont
toujours possibles, un débiteur ne peut en aucun cas ignorer cette obligation de cautionnement s’il veut
optimiser ses chances d’obtention de crédit. La mise en hypothèque est alors un mécanisme financier qui incite
l’emprunteur à respecter son engagement de remboursement et qui rassure le créancier quant à la
récupération de son argent.
Garantir un prêt avec un gage ou un nantissement :
Le gage ou le nantissement présentent une alternative pour garantir un crédit auprès d’un créancier via un bien
susceptible de couvrir la valeur de l’emprunt, tout en conservant l’usage de ce même bien. Il peut s’agir de
mettre en gage des bijoux de famille, des fonds, une œuvre d’art ou un meuble de valeur. Tout comme les
autres solutions déjà mentionnées, le créancier peut disposer du plein droit de saisie et de vente de ce bien en
cas de non-remboursement des
échéances. Il peut également devenir un créancier privilégié et bénéficier d’une priorité de
paiement par rapport aux autres prêteurs.
Il convient de savoir dans ce cas que les biens immobiliers ne peuvent pas être mis en gage, mais ils peuvent
être hypothéqués.
NB : La différence entre le gage et le nantissement :
Comme le gage, le nantissement est une assurance présentée par un débiteur à son organisme prêteur afin de
garantir son emprunt ou ses dettes. Cependant, il s’agit dans ce cas d’un « bien incorporel », sans existence
réelle, comme des parts sociales, des fonds de commerce, un contrat d’assurance-vie, un droit de propriété,
etc. La rédaction d’une convention entre les deux parties est une condition à la réalisation du nantissement.
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Garantir un prêt avec une caution (le cautionnement) :
La caution est une sureté personnelle par laquelle une personne nommée la caution s’engage à l’égard d’une
troisième dite le bénéficiaire du cautionnement à payer la dette du débiteur principal dite la personne
cautionnée, au cas où cette dernière faillirait à ses engagements.
Garantir un prêt avec une assurance :
Pour les crédits dont la durée de remboursement est relativement longue, la plupart des banques et des
institutions financières exigent traditionnellement la mise en place d’un contrat d’assurance, dans le but
de se protéger et de protéger l’emprunteur en cas de manquement aux remboursements.
Dans le cas contraire, il n’est pas rare qu’un organisme prêteur refuse d’octroyer la somme
sollicitée pour faute de garanties personnelles, en particulier en ce qui concerne les prêts immobiliers.
Un contrat d’assurance auprès d’un assureur de confiance pourrait présenter une protection financière idéale
pour la personne assurée, ainsi que pour sa famille en cas de décès, de maladie, d’invalidité professionnelle
temporaire ou permanente et de tout autre type d’accident de la vie.
Garantir un prêt avec l’aval :
L’aval est une garantie personnelle par laquelle une personne appelée avaliseur ou avaliste s’engage à payer le
montant de l’effet de commerce en cas de défaillance du signataire déterminé appelé avalisé.