RAPPORT OCDE: Gestion Des Grands Projets TI Dans Le Secteur Public
RAPPORT OCDE: Gestion Des Grands Projets TI Dans Le Secteur Public
139, R UE DE BER CY
75572 PAR IS CEDE X 1 2
SOMMAIRE
SOMMAIRE .............................................................................................................................1
I. INTRODUCTION..............................................................................................................3
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2. Objectifs ......................................................................................................................17
3. Fonctionnalités -- Résultats ........................................................................................18
4. Cadre temporel............................................................................................................19
5. Organisation................................................................................................................19
6. Gestion du projet.........................................................................................................20
7. bilan du projet et enseignements .................................................................................20
IV. ENSEIGNEMENTS .....................................................................................................21
A. LES CRITÈRES DE RÉUSSITE D’UN PROJET .........................................................................21
B. QUELQUES FACTEURS DE RÉUSSITE DANS LA CONDUITE DE PROJET .................................22
1. Les contours d’un projet .............................................................................................22
2. La conduite de projet...................................................................................................23
3. La cohérence technique et la prise en compte des compétences humaines ................24
4. La communication .......................................................................................................24
5. L’externalisation .........................................................................................................24
6. La formation................................................................................................................25
V. DOCUMENTATION SUR PAPIER ET SUR LE NET...............................................25
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I. INTRODUCTION
Pratiques internes de conduite de projet : Elles sont abordées à travers l’étude de cas de deux
projets en cours du ministère de la justice, et regroupées dans la partie enseignements qui rassemble un
certain nombre de réflexions sur les critères d’évaluation des systèmes d’information et sur les facteurs
qui peuvent contribuer à la réussite d’un grand projet en TI.
Une dernière partie rassemble les références de quelques documents d’orientation publique en
matière de TI et les adresses des sites internet de suivi des chantiers en TI dans l’administration
française.
Enfin, l’annexe présente sous forme de fiches signalétiques les organismes institutionnels
intervenant dans le suivi et le contrôle des grands projets de TI.
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II. Contexte institutionnel:
La gestion et le suivi des grands projets publics de TI reposent sur un parcours institutionnel
bien défini. Ce parcours comprend quatre composantes essentielles: deux composantes liées à la
définition des grandes orientations, et deux composantes de contrôle. Les orientations abordent dans
un premier temps les aspects fonctionnel et organisationnel, puis s’appliquent dans un second temps à
la réalisation technique. Les contrôles, distribués entre les phases ex-ante, et les phases ex-post sont
quant à eux budgétaires et juridiques. La coordination des différentes instances intervenantes dans ce
circuit et la cohérence des décisions rendues sont des éléments essentiels à la réussite des projets
publics, mais ne vont pas nécessairement de soi en pratique.
Les orientations gouvernementales fixent le cadre général de développement et de
modernisation des systèmes d’information des administrations mais l’initiative ministérielle reste
prépondérante dans le fonctionnement de l’administration française.
Les initiatives gouvernementales majeures reposent essentiellement sur les services du Premier
ministre, véritable chef d’orchestre de la politique gouvernementale française, sur le ministère de la
Fonction publique et de la réforme de l’Etat dont la vocation est par nature transverse aux missions
ministérielles, et sur le secrétariat d’état au Budget (Ministère de l’Economie des finances et de
l’industrie) sur les aspects relevant du contrôle de la dépense.
Le développement de grands projets de TI au sein de l’Etat s’inscrit aujourd’hui plus que jamais
en cohérence avec d’une part, la réforme de l’Etat, et d’autre part, la construction d’une société de
l’information, sur un plan national, comme international.
Un nouvel élan politique a été donné aux technologies de l’information au début de l’année
1998 par l’élaboration d’un Plan d’Action Gouvernementale pour l’entrée de la France dans la Société
de l’Information (PAGSI). Ce plan décline six chantiers nationaux prioritaires dont l’un contenu dans
le volet n°3 est dédié spécifiquement à la modernisation des services publics. Deux autres volets
impliquent également les services de l’Etat au premier chef, à travers les recommandations énoncées
dans les secteurs de l’enseignement scolaire et de la culture.
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Les orientations politiques majeures, et l’élan donné aux NTIC s’inscrivent par ailleurs dans le
même esprit que le plan d’action européen e-Europe à la rédaction duquel la France a fortement
contribué.
La circulaire de septembre 1996 constitue un jalon important dans le regard porté sur les TI, en
étendant de manière explicite le périmètre d’analyse des schémas directeurs informatiques, de
l’informatique de production à la notion plus générale de systèmes d’information. Cette circulaire
prend acte des orientations fixées par le CIRE du 29 mai 1996 et établit un lien direct entre le
développement de l’informatique et la réforme de structure et de procédures engagée dans chaque
administration. Elle précise enfin les exigences de pilotage des politiques informatiques.
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3. Plan d’Action Ministériel pour la Société de l’Information (PAMSI) :
Le programme d’action gouvernemental (PAGSI), rédigé au début de l’année 1998, prévoyait
au niveau de chaque ministère une déclinaison sectorielle du plan d’action dans un document destiné à
être rendu public. Ce document se doit d’illustrer notamment l’apport des technologies de
l’information et de la communication tant à la modernisation interne du ministère qu’à l’amélioration
de ses relations avec les usagers, citoyens et entreprises.
La coordination des différents ministères, dans ces travaux de modernisation, est assurée par la
constitution de groupes de travail et de réflexion, sous l’égide de la DIRE, sur les aspects fonctionnels
et organisationnels de la modernisation des services. Elle organise en particulier des réunions
périodiques des Hauts Fonctionnaires de Modernisation, représentants nommés par chaque
département ministériel.
L’exigence de plans stratégiques pluriannuels doit inciter les administrations au recul nécessaire
à une réflexion approfondie sur l’évolution de leurs missions et de leurs services. Ces exercices
représentent néanmoins des charges lourdes pour les services. Il est essentiel que les acteurs majeurs
du changement que sont les services administratifs, restent mobilisés et ne confient pas ces travaux à
des équipes externes trop éloignées de la réalité des services, ce qui confère inévitablement aux
documents produits un caractère purement intellectuel et théorique, inadapté à la conduite du
changement. Un effort de coordination dans l’organisation des exercices de planification stratégique
doit donc être une exigence permanente afin que le changement et la modernisation de
l’Administration soient bien au rendez vous.
Le Budget de l’Etat est voté par les pouvoirs législatifs (Assemblée Nationale, Sénat). Sa
préparation est confiée au secrétariat d’état au Budget dont dépend la direction du Budget.
Le suivi différentiel de l’évolution des dotations permet d’encadrer les discussions budgétaires
sur l’informatique, et conduit à identifier les enjeux budgétaires, et les marges de manœuvre des
ministères. Il ne doit constituer néanmoins en aucun cas l’objectif majeur des conférences techniques
et budgétaires.
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Les crédits budgétaires informatiques sont regroupées selon deux axes d’analyse :
- la nature de la dépense (matériel, réseaux, prestations de service,…)
- l’importance et l’urgence de la dépense quant au bon fonctionnement des services : dépenses
récurrentes annuelles (entretien, coûts réseaux, maintenance applicative, formation, …),
dépenses de renouvellement des matériels et logiciels dont la période de renouvellement peut
être ajustée, et dépenses pour projets nouveaux ou en cours, qui peuvent être repoussées ou
étalées en cas de restriction budgétaire.
Les projets nouveaux ou en cours sont présentés individuellement avec une justification
d’opportunité et un échéancier pluriannuel de la dépense. La dotation effectivement allouée aux
projets nouveaux en loi de finances ne peut être dissociée néanmoins des choix de priorité internes aux
ministères au sein de l’enveloppe budgétaire globale dont elle dispose. La structuration de la dépense
selon la nature et l’importance de la dépense est informative, et ne contraint en aucun cas l’exécution
de la dotation globale obtenue.
La mise en place d’éléments pérennes de visibilité sur la nature et l’objet de la dépense est un
effort constant et progressif qui doit être mené de manière concertée avec les acteurs ministériels de la
dépense. Elle constitue une condition majeure à l’usage optimal des ressources budgétaires et à
l’efficacité de l’exercice politique. Elle préfigure de ce fait l’instauration d’un contrôle de gestion
exhaustif dans les administrations.
La consolidation des dossiers de conférence budgétaire informatique est une priorité mise en
avant par la Direction du Budget. Elle doit se faire en respectant les rythmes d’évolutions des
méthodes d’analyse internes de la dépense informatique dans les différentes structures administratives,
tout en définissant un cadre d’étude commun et concerté de progression.
Le FRE est distribué par la DIRE (Fiche N°6) après consultation d’un comité de sélection où
siège notamment la direction du Budget et … Les critères de sélection sont essentiellement
fonctionnels et organisationnels, et ne préjugent pas des orientations techniques retenues. Les dossiers
présentés relevant du domaine des technologies de l’information sont aujourd’hui de plus en plus
nombreux.
L’attribution des crédits du FIM est menée sous la responsabilité conjointe de la MTIC (Fiche
N°8) et de la direction du Budget, mais associe également la DIRE et la Digitip : Ce fonds se
concentre sur la valorisation des initiatives techniques innovantes pouvant donner lieu à une
mutualisation ultérieure des compétences et expériences, tout en restant vigilant sur la composante
budgétaire de ces projets.
La coordination entre les deux fonds se révèle souvent utile pour éviter le double financement
de mêmes projets, qui est contraire à l’efficacité de la dépense.
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Les fonds d’amorçage permettent de protéger des initiatives intéressantes, et de rétablir certains
déséquilibres liés aux multiples arbitrages budgétaires souvent trop généraux. Certains projets font
l’objet d’une attention particulière, et qui peut donner lieu ultérieurement à une valorisation
interministérielle. Enfin, ces fonds mettent en évidence des ministères pilotes ou précurseurs sur un
certain nombre d’opérations, qui peuvent être sollicités pour assurer un effet d’entraînement sur les
autres ministères.
La MTIC (Fiche N°8) assure une part prépondérante de cette animation, et s’appuie pour ce
faire sur des moyens de communication multiples et modernes:
- Sensibilisation à certains thèmes techniques par lettres d’information électroniques régulières.
- Organisation de séminaires de sensibilisation sur des thèmes techniques majeurs, ouverts à
l’ensemble des administrations, avec intervention de personnes reconnues pour leurs
compétences dans le secteur (INRIA,…).
- Harmonisation des standards techniques par la mise en ligne de référentiels communs sur leur
site internet.
- Mise en place de groupes de travail interministériels sur la conduite de projets spécifiques
(développement des téléprocédures dans les administrations par exemple).
- Animation de cercles de compétences techniques.
L’objectif fixé à la mission n’est pas de se positionner sur les offres commerciales existantes,
mais de mettre en place les éléments garantissant au mieux la compatibilité des solutions retenues
indépendamment par l’ensemble des ministères.
Les nouvelles techniques de groupware sont au cœur de cette animation technique et assurent
un accès constant et actualisé aux informations, supports et référentiels mis à disposition par la MTIC.
Le développement des projets informatiques dans l’administration est régi par la loi sur la
protection des données individuelles du 6 janvier 1978 qui a instauré la commission nationale de
l’informatique et libertés (CNIL).
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La CNIL est une autorité administrative indépendante qui est garante – mais la justice peut
également être saisie – de la conformité du développement des systèmes d’information à la loi de
1978, et en particulier que l’informatique ne porte pas atteinte « ni à l’identité humaine, ni aux droits
de l’homme, ni à la vie privée, ni aux libertés individuelles ou publiques ».
La phase d’instruction d’un dossier de demande d’avis donne lieu à des négociations techniques
avec l’organisme déclarant, et l’avis favorable émis par la Commission sur le projet de traitement peut
être conditionné au respect d’aménagements techniques.
Un sort particulier est réservé à l’identifiant NIR (ou numéro de sécurité sociale) en raison de
l’attrait qu’il opère sur les responsables de traitements informatiques, comme identifiant unique
potentiel pour l’interconnexion de fichiers, malgré son usage déjà effectif dans la gestion des données
sensibles de la santé. Le NIR est d’ailleurs, pour une large part, à l’origine de la réflexion qui a conduit
à l’adoption de la loi du 6 janvier 1978. La loi n’interdit pas à priori toute interconnexion de fichiers,
mais exige, en revanche que ces projets fassent l’objet d’un contrôle préalable.
La CNIL, enfin, est non seulement investie d’une mission de contrôle a priori sur les projets de
traitements ; elle dispose également d’un pouvoir de contrôle a posteriori qui lui permet d’organiser
des missions de vérification.
Les opérations dont le montant prévisionnel excède un seuil financier fixé aujourd’hui à 300
000 F TTC sont soumis à l’obligation d’une procédure d’appel d’offres. Les termes de cette procédure
sont fixés par le Code des marchés publics et visent à garantir les principes suivants :
- respect des règles de concurrence (égalité de traitement de l’ensemble des candidats).
- définition claire du besoin par les administations.
- conditions d’engagements réciproques bien définies entre cocontractants et responsabilités de
chacun des acteurs explicitées.
- durée du marché et conditions de révision des prix explicites.
Le Code des marchés publics distingue les marchés de l’Etat et des établissements publics
autres que ceux ayant un caractère industriel et commercial, des marchés des collectivités territoriales
et de leurs établissements publics. Il définit un certain nombre de modalités distinctes quant à la
procédure de passation de marchés avec la possibilité d’appels d’offres sur performances, ou de
passation de marchés négociés.
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La régularité de la procédure d’appels d’offres et la conformité au Code des marchés publics
sont examinées par une Commission Spéciale des Marchés (Fiche N°4), qui se décline selon différents
domaines de compétence. La CSM-I (Informatique), et la CSM-T (Télécommunications) couvrent le
secteur des TI.
Les procédures de contrôle des CSM s’appuient sur un secrétariat technique chargé d’effectuer
la sélection des dossiers problématiques destinés à être soumis à la commission. Chaque dossier retenu
est alors analysé par un rapporteur désigné au sein de l’administration.
Les avis défavorables rendus par la commissionpeuvent donner lieu à un passer outre de la part
du ministre concerné, cette décision devant être motivée et transmise pour information au Président de
la commission.
Le travail de la CSMI se fait dans le souci du bon fonctionnement des services, et doit
contribuer à une meilleure maîtrise des dépenses informatiques par l’administration. Lors de la phase
de préparation des procédures d’appel d’offres, des échanges constructifs entre ministère et Direction
des affaires juridiques prennent une place de plus en plus importante. Ce travail de conseil en
complément du rôle institutionnel de contrôle doit permettre la diffusion progressive des bonnes
pratiques financières et contractuelles au sein des administrations.
La mise à disposition publique d’éléments de jurisprudence sur ces aspects est également un
élément de transparence et de cohérence du travail des services de l’Etat, qui doit contribuer à une
meilleure maîtrise des dépenses publiques.
La conduite d’un projet peut être soumise à un certain nombre de mesures d’accompagnement
sous la forme de contrôles et de conseils de la part d’instances institutionnelles :
L’annualité dans l’attribution du budget de l’Etat fixe un rendez vous périodique d’examen des
projets informatiques en cours. Une attention est portée en priorité aux projets présentant un risque de
dérapage en termes budgétaires ou en termes de délai. L’obligation de solvabilité de l’Etat contraint
l’action de contrôle de la direction du Budget à cette étape, et ne permet pas nécessairement une
latitude complète dans la prise de décision.
Il est important, néanmoins, de pouvoir agir sur des projets pluriannuels lancés sur la seule
disponibilité interne des crédits dans les services et sans concertation avec les instances de contrôle,
car ces projets peuvent conditionner fortement les discussions budgétaires ultérieures.
En cas de risque de dérapage majeur, une procédure d’audit budgétaire et technique peut être
mise en place avec l’appui d’acteurs institutionnels (CGTI, Fiche N°1) ou privés (cabinets d’audit et
de conseil). Les mesures correctives d’accompagnement sont néanmoins difficiles à mettre en œuvre
dans un cadre strictement coercitif, et la concertation et le conseil restent des voies à privilégier.
Enfin, la circulaire de septembre 1996 sur l’élaboration des schémas directeurs informatiques,
fait obligation de la présentation d’un état de réalisation sur une base annuelle. Ce document est
l’occasion d’échanges des ministères avec la DIRE et peut conduire à un recadrage fonctionnel et
organisationnel des projets.
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L’évaluation des réalisations des administrations est un sujet délicat et complexe. Le
développement progressif du contrôle de gestion dans les administrations, et la mise en place
d’indicateurs de résultats et de performance doivent contribuer à apporter une plus grande visibilité et
par là même un meilleur contrôle sur les réalisations ministérielles.
De plus une fiche bilan est demandée pour chaque projet terminé, et un éclairage sur les gains
permis par le projet est sollicité.
La qualité et la sincérité du compte rendu des réalisations effectuées, sont des éléments qui
concourent à l’établissement d’un climat de confiance entre les ministères et la Direction du Budget,
bénéfique pour chacun des acteurs.
Le schéma directeur représente quant aux réalisations d’un ministère, un bilan plus complet et
précis, mais n’est pas conçu dans une approche de consolidation interministérielle. Son exploitation à
des fins de comparaison et consolidation systématique en est donc rendue difficile.
J. Le contrôle a posteriori
Le contrôle institutionnel a posteriori est effectué par la Cour des comptes (Fiche N°3), qui
constitue l’institut supérieur de contrôle (ISC) de l’administration française compétent dans le suivi
des organismes recourant à des finances publiques ou faisant appel à la générosité publique. Le suivi
des collectivités locales au niveau territorial, est assuré quant à lui, par les chambres régionales des
comptes (CRC). Le contrôle effectué est global, sur auto-saisie de la Cour (ou des CRC)
essentiellement et présente aujourd’hui une périodicité pouvant varier entre 3 et 7 ans (4 ans dans les
CRC).
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En ce sens, des référentiels d’analyse permettant la réalisation de monographies des systèmes
d’information et de la conduite de projet des services contrôlés, sont progressivement élaborés et mis à
la disposition du magistrat instructeur de la procédure de contrôle, par une mission transverse outils et
méthodes. Une séparation progressive est opérée entre contrôles généraux et contrôles techniques, par
le recrutement de profils plus techniques ou par l’appel ponctuel à une assistance technique extérieure.
Par ailleurs, l’importance de disposer dans les systèmes d’information de gestion en place
d’indicateurs fiables et pertinents pour la conduite de ses opérations de contrôle, amène la Cour des
Comptes à se positionner comme un utilisateur potentiel parmi les autres dans les phases de définition
des projets nouveaux majeurs en matière de contrôle de gestion. Cette implication dans la définition
des spécifications fonctionnelles des futures applications doit se faire néanmoins, dans le souci de
préserver l’indépendance des travaux de contrôle ultérieurs.
Sous la conduite des préfectures et avec l’aide des services centraux de la DIRE et de la MTIC,
des travaux de mise en réseau des services déconcentrés de l’Etat sont menés au niveau départemental.
Les Systèmes d’Information Territoriaux (SIT), comprennent à la fois la constitution d’un intranet
commun à l’ensemble des services présents à l’échelle départementale, et la mise en place d’un portail
internet d’accès unique aux services de l’Etat.
Les réflexions se poursuivent pour permettre une interconnexion progressive des SIT à
l’échelon régional, et à travers les travaux menés par la DATAR (Fiche N°5) en matière
d’aménagement du territoire pour y adjoindre progressivement les acteurs publics locaux que sont les
collectivités locales, ou les acteurs du monde hospitalier.
La décision récente de création d’un poste de chargé de mission sur les TI auprès de chaque
secrétaire général à l’action régionale (qui appartiennent aux services du Premier ministre) confirme
l’accent nouveau donné au développement des TI dans le contexte régional et déconcentré.
D’autres zones spécifiques se prêtent aux réflexions sur l’intégration et la concertation des
services de l’Etat. Les zones portuaires, ou les aéroports constituent des terrains d’innovation ou des
initiatives spontanées des acteurs locaux démontrent tout le potentiel de la mise en réseau des services
de l’Etat.
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III. Etudes de cas
Deux projets du ministère de la justice font l’objet d’une présentation. L’un concerne
l’administration pénitentiaire à travers la gestion informatisée des détenus (Application Gide), l’autre
l’informatisation des tribunaux d’instance (suite logicielle X-TI). ). Ces deux projets ont été lancés en
1994 après une remise à plat des conduites de projet au sein du ministère. L’expérience de la période
du schéma directeur 1988-1992 a montré que le développement d’applications informatiques:
- ne pouvait se faire qu’avec une liaison étroite et fiable avec les utilisateurs,
- devait s’appuyer sur une organisation avec une répartition claire des responsabilités entre
maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre,
- requérait une adéquation entre les compétences et les effectifs des équipes internes, et les
ambitions des projets,
- demandait une stratégie adaptée au contexte culturel et politique des services ciblés.
Les deux projets décrits ci-après relèvent de cette approche, et ont été menés selon deux
stratégies très différentes. Le premier projet (gestion informatisée des détenus en établissement
(GIDE)) relève d’une approche grand projet classique, le second (chaîne civile x-TI) d’une approche
modulaire.
A. L’application GIDE
1. Objectif
GIDE répond aux objectifs stratégiques du ministère de la justice à travers la mise en place d’un
système d’information dans l’administration pénitentiaire qui permette, de rationaliser les circuits de
gestion associés à la vie des détenus, d’améliorer le travail des agents en établissement par la mise à
disposition d’informations fiables et pertinentes, et de constituer une base d’information commune aux
différents services du ministère sur la situation pénale des détenus. La phase de déploiement de ce
projet doit couvrir l'équipement de près de 190 établissements répartis sur toute la France.
Cet objectif s’inscrit dans un contexte existant d’une application de gestion des détenus
préexistante installés dans 28 établissements sur 183, au périmètre fonctionnel réduit et ne desservant
que quelques services d’un établissement, complété par quelques rares logiciels locaux. Pour certains
établissements, l’installation de GIDE a coïncidé avec l’introduction des premiers micro-ordinateurs.
2. Economie
Le coût total du projet avait été évalué fin 94 après l'étude préalable à :
- Développement : 50 MF (y compris les études préalables).
- Déploiement : 163 MF
- Câblage : 99 MF
En terme de bilan économique, GIDE est une application dont le coût de développement ramené
au nombre de détenus (capacité théorique des établissements), est inférieur à 1. 000 Frs par détenu. Le
déploiement matériel et les frais d’infrastructure correspondant reviennent à 4 129 Frs/détenu, en
moyenne. Les frais d’exploitation, hors personnel de l’Administration Pénitentiaire, sont évalués à 73
kF, en moyenne, par établissement.
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3. Fonctionnalité -- résultats
GIDE est une application dont la couverture fonctionnelle répond à l’essentiel des besoins en
matière de détention, comptabilité des détenus et greffe. Certains compléments correspondant à de
nouvelles attentes ont été mis en service depuis sa première version (parloirs, réinsertion, transfert
inter-établissement), sans perturber le déroulement global du projet. Ces fonctionnalités nouvelles
assurent une meilleure pérennité de l’application par une plus grande adaptation aux besoins en
établissement.
Au terme de la première année, les résultats sont plutôt encourageants : les objectifs 1999 de
déploiement ont été atteints à plus de 90% ; un tiers de la population pénale est désormais géré par
l’application GIDE, et plus du quart des agents ont vu leur travail modifié, notamment par
l’introduction de l’informatique dans le quotidien du métier de surveillant.
Globalement, les utilisateurs sont satisfaits du produit GIDE, qui répond à la quasi-totalité de
leurs attentes. Après un an de déploiement, bien que pour la plupart des sites le recul ne soit pas
encore suffisant, il est néanmoins possible de mettre en évidence certains acquis fonctionnels :
- Suppression des supports papier et des registres (de 1 à 6 registres pour les plus gros sites).
- Meilleure gestion de la détention (pas d’erreurs sur les appels de détenus, meilleure
programmation des fouilles de cellule).
- Revalorisation du rôle du surveillant au sein de la détention (en accédant directement à
l’information pénale et comptable via GIDE, le surveillant est à même de renseigner le détenu
; La procédure impliquait jusque là la rédaction d’un courrier adressé au service compétent
dont le délai de réponse pouvait atteindre plusieurs jours).
- Gain de temps dans l’accomplissement des tâches de certains services administratifs comme
celui de la comptabilité (en lien avec les gains mentionnés précédemment).
- Meilleure connaissance de la population pénale grâce à des outils statistiques fiables : la mise
en œuvre d’un infocentre national devrait permettre d’accroître encore cet acquis.
Le seul déploiement de l’application dans un établissement ne suffit pas à garantir les gains
attendus et observés. Une prise de conscience au niveau de chaque direction de site, et des actions
volontaires de conduite de changement sont nécessaires à la réussite de la réorganisation du travail
dans les établissements pénitentiaires qu'implique l’application GIDE.
4. Cadre temporel
Le planning initial établi fin 94 était le suivant :
- 93/94 : Etude préalable - prototype
- 95/96 : Réalisation phase 1 / implantation sur 3 sites pilotes
- 97 : Réalisation phase 2 / industrialisation
- 98/2001 : Déploiement
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5. Organisation
Compte tenu de l’ampleur du projet, une structure de projet basée sur une organisation associant
maîtrise d’ouvrage (MOA ) et maîtrise d’œuvre (MOE) a été mise en place. L’organisation a été
conçue afin de favoriser la concertation et permettre les prises de décisions rapides en réunissant les
informaticiens, les experts et les utilisateurs au sein d’une même entité. La direction de projet a été
confiée à l'adjoint du sous-directeur des affaires administratives de l'administration pénitentiaire
détaché à 50% pour suivre les travaux.
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6. Gestion de Projet
Indépendamment du suivi des prestataires, des instances internes décisionnelles ont été mises en
place au plus haut niveau :
Les délais et les budgets ont été globalement respectés sur le projet. Le planning général
prévoyant un bilan de phase I en fin du dernier trimestre de l’année 1997 a été respecté à 2 mois près,
ce qui est très satisfaisant au regard de la taille du projet.
Le périmètre initial du projet a été respecté et les grandes fonctionnalités prévues ont toutes été
installées dès la version 1.2 du logiciel.
Les bénéfices attendus se sont traduits par un nombre limité de bugs lors du démarrage de GIDE
dans les établissements pilote, que ce soit pour la version 1.0 ou pour la version 1.2.
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- une équipe dédiée à plein temps au projet, plus facilement mobilisable, sans contraintes
extérieures trop importantes (gestion de priorités entre plusieurs projets)
- une équipe de dimension restreinte, rendue possible par l’appel à une société extérieure pour
la réalisation des développements
- la mixité souhaitée entre les équipes métiers administration pénitentiaire et les équipes
informatiques qui s’est traduite dès le démarrage par la présence d’un expert fonctionnel dans
chacun des 3 domaines, permettant la prise de connaissance des contraintes réciproques entre
les domaines métier et le développement informatique
- une structure de communication efficace avec la société extérieure, intégrant en particulier les
aspects de suivi des délais (suivi du déroulement des réunions, suivi de l’avancement de la
qualification, ...)
- des délais dimensionnés au minimum (par contrainte ?), limitant de fait les travaux et les
réflexions non directement liés au projet, consommateurs de ressources et de délais.
Sur le détail du déroulement du projet, l’anticipation des délais de passation des marchés
pourrait être améliorée par un ensemble d’actions :
- l’identification claire du processus de consultation à l’intérieur du déroulement du projet
- l’affectation d’une personne dédiée au suivi du déroulement de ce processus, chargée en
interne des relations avec les acteurs de la décision et en externe avec les sociétés en
concurrence
- la mesure de l’impact des différents retards sur le déroulement global du projet et la définition
de solutions alternatives (re-séquencement des phases, augmentation du parallélisme, ...)
- la présentation en Comité des impacts des retards (délais et budget lorsque cela est possible).
L’exercice d’identification des axes d’amélioration présenté pour la passation des marchés peut
être généralisé, comme cela a été effectué au cours du projet GIDE, aux principaux processus d’un
projet :
- La reprise des données
- La formation
- La qualification
- La cohésion technique de la solution.
1. Introduction
Le tribunal d’instance est le niveau juridictionnel de base du système judiciaire français. Il offre
la plus grande proximité des citoyens, avec 530 points de présence sur le territoire national.
Ses attributions sont essentiellement centrées sur le domaine civil : droit de la famille,
responsabilité civile, nationalité, tutelles, etc.. Certains tribunaux d’instance ne sont compétents que
sur une partie de ces attributions, et il existe des greffes détachés, guichets d’accès rattachés à un
tribunal.
2. Objectifs
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Débutée en fin des années 80, leur informatisation a consisté en un équipement de postes
bureautiques et de logiciels épars traitant de telle ou telle autre activité du tribunal d’instance. Ces
logiciels sont développés par les services locaux ou confiés à des sociétés extérieures. Leurs
caractéristiques sont :
- une excellente satisfaction des utilisateurs,
- une forte disparité tant technique que fonctionnelle, limitant les capacités de suivi d’activité au
niveau national,
- une sensibilité importante par rapport aux mutations de personnel en cas de développement
interne ou par rapport à la santé financière des sociétés éditrices.
La stratégie d’implantation est basée sur la séduction des services utilisateurs, module par
module, et l’incitation financière des services gestionnaires.
Depuis 1995, une suite, appelée x-TI, de logiciels adaptés à leurs activités a été conçue et est
mise en place progressivement. Elle tend donc à se substituer aux procédures manuelles ou aux
logiciels locaux existants.
3. Fonctionnalités -- Résultats
La base technique est un serveur à base de processeur Intel, à système d’exploitation Netware
équipé de logiciels développés sous SQL Windows avec comme base de données SQL Base et
utilisant des postes Windows.
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4. Cadre temporel
Le schéma directeur informatique du ministère de la justice a prévu des cibles d’équipement des
tribunaux d’instance pour chacune des applications de la suite x-TI.
Début 2000, les 400 plus gros tribunaux d’instance sont équipés de tout ou partie de cette suite
x-TI.
Activité Cible schéma directeur Etat de la suite x-TI Tribunaux d’instance équipés
Procédures civiles 400 sites fin 99 Généralisée 400 (85%)
Injonctions de payer 200 sites fin 99, Généralisée 380 (81%)
400 fin 2001
Gestion des personnes 130 sites fin 99, version 2 sur site pilote 380 (100% des tribunaux ayant
majeures : sous tutelle 473 fin 2002 l’activité)
Gestion des personnes 0 site fin 99, version 2 en cours de 240 (100% des tribunaux ayant
mineures : sous tutelle 369 fin 2002 développement l’activité)
Saisies-arrêts sur 200 sites fin 99, En cours de généralisation 130 (27% des tribunaux ayant
salaires 400 fin 2001 l’activité)
Régie 200 sites fin 99, En cours de développement 0
400 fin 2001
Nationalité 200 sites fin 99 En fin de généralisation 190 (84% des tribunaux ayant
l’activité)
Tribunal de police 370 sites fin 1999, Généralisée 400 (95% des tribunaux ayant
454 sites fin 2000 l’activité)
Synthèse de la suite x-TI
Les objectifs du schéma directeur sont atteints, voire dépassés sur 3 applications, et présentent
simplement un léger décalage sur une autre.
Le développement du logiciel de régie a été lancé dans un cadre différent de façon à pouvoir
équiper plusieurs types de juridictions, ce qui a eu pour conséquences de différer l’implantation du
logiciel de saisies-arrêts sur salaires avec lequel il sera interfacé.
5. Organisation
Chaque projet donne lieu à l’élaboration d’un cahier des charges qui est validé par le comité de
suivi. La SDI établit un marché de développement pour la réalisation qui est toujours pilotée par le
chef de projet du ministère responsable de l’application.
Le développement de cette suite a été réalisée à partir de spécifications établies avec les
maîtrises d’ouvrage centrales et des utilisateurs de juridictions. La validation se fait en trois temps :
- une validation technique portant sur l’architecture logicielle et son bon fonctionnement
- une validation fonctionnelle vérifiant la conformité aux spécifications
- un test sur sites pilotes. Ce test permet de juger de la qualité de l’ergonomie et des
performances obtenues en grandeur réelle.
Les évolutions fonctionnelles détectées lors du test sur sites pilotes sont intégrées avant
diffusion à l’ensemble des sites.
Après validation technique et validation sur site pilote, l’application est déclarée conforme et
peut entrer dans le processus de déploiement ; elle est intégrée dans le kit de diffusion de la suite x-TI
et son implantation peut commencer.
Dès que le premier site est opérationnel, elle est prise en charge par les services de support
(utilisateurs et exploitation) et de maintenance applicative. Le premier niveau de support est réalisé par
les équipes de formateurs de la Direction des services judiciaires, le second niveau et la maintenance
applicative sont effectués dans le cadre du BSI, domaine « maintenance et support », qui regroupe des
agents de la SDI et des prestataires de service.
Avant implantation dans un tribunal d’instance, le site fait l’objet d’une visite de préparation qui
regroupe les techniciens du CPR et de la Cour d’appel afin de décider de l’implantation du serveur et
des équipements de brassage et de communication. Le plan de câblage et le dimensionnement des
baies d’accueil des équipements actifs sont réalisés lors de la visite. Le module « chaîne civile »
constitue le cœur du système d’information local qui nécessite par ailleurs l’implantation d’un serveur
dimensionné en fonction de la taille du service et des applications à installer, d’un équipement de télé-
administration et le nombre de postes de travail nécessaires correspondant au périmètre fonctionnel de
la version. Au fil de l’installation de nouvelles applications et de l’extension du périmètre fonctionnel
pris en charge par la « chaîne civile », la juridiction peut être dotée de postes de travail
complémentaires.
7. bilan du projet et enseignements
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IV. Enseignements
L’appréciation de l’échec ou de la réussite d’un projet de TI est avant tout une notion
extrêmement subjective, pouvant varier d’un interlocuteur à l’autre en fonction de son rôle et de sa
fonction au sein du processus de suivi des projets. Si le respect ou la dérive des enveloppes
budgétaires et des délais prévisionnels sont des indicateurs utiles pour juger du résultat d’un projet, on
ne doit pas oublier l’approche empirique des travaux de préparation, et l’impact du contexte politique
dans lequel ces travaux sont menés.
La capacité financière et le contexte politique d’une administration ont un impact fort sur
l’établissement des budgets et des plannings. Certains ministères, prioritaires, ont tout intérêt à se
prémunir contre tout aléa en sollicitant un budget prévisionnel important, mais peuvent être amenés à
fixer des plannings serrés. D’autres devront estimer leurs besoins financiers au plus juste pour que le
projet ait une chance d’être soutenu budgétairement. Si le non dépassement de l’enveloppe financière
initiale dévolue à un projet, constitue un impératif vu du côté du gestionnaire comme du budgétaire, le
strict respect de cette enveloppe ne témoigne néanmoins pas pour autant, dans les conditions citées
précédemment, d’une bonne efficacité de la dépense ou de la réussite du projet, ces considérations
s’appliquant de la même façon au respect du délai.
La réussite d’un projet doit donc s’apprécier selon plusieurs axes, qui ont parfois tendance à
converger :
Adéquation fonctionnelle et technique : La satisfaction des commanditaires du projet et
l’utilisation du produit sont là pour en témoigner. En cas d’échec, le risque encouru consiste en un
désintéressement pour le produit, un manque de mobilisation, et une intégration laborieuse de l’outil
dans la chaîne des processus de travail du service. Un impact négatif sur les projets de TI suivants ou
connexes est également à redouter dans ce cas.
De plus, les gains de productivité recherchés peuvent ne pas être au rendez vous, bien au
contraire. Si l’usage des nouveaux produits ne se superpose pas entièrement à celui des produits
existants précédemment, leur déploiement peut conduire à un alourdissement des procédures et des
pertes de temps synonymes de perte de productivité.
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La pérennité de l’investissement : La pérennité des réalisations fonctionnelles et des choix
techniques constitue une autre estimation de la qualité de la dépense. Le recours à des standards
communs et la prise en compte attentive des enjeux de compatibilité favorisent l’adaptation ultérieure
des produits aux évolutions, et aux changements.
L’administration, se doit de travailler selon ces quatre axes, et de trouver les voies de
compromis satisfaisantes qui permettent de construire un système d’information efficace qui serve de
fondation à sa modernisation.
Cela incite à se méfier des ambitions trop fortes dans la définition du périmètre fonctionnel d’un
projet. L’objectif stratégique à long terme peut être ambitieux mais doit pouvoir s’appuyer sur un
découpage en projets à taille plus humaine, dont les contours sont clairement délimités et dont la
charge correspondante soit adaptée à la capacité des services internes. Le projet x-TI du ministère de
la justice sur l’informatisation des tribunaux d’instance illustre parfaitement cette recherche de
compromis entre une ambition forte à long terme d’informatisation complète et cohérente des
processus internes, et une conduite du changement segmentée et progressive.
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b) UNE ETUDE D’IMPACT SUR L’ORGANISATION
L’évolution du système d’information facilite la conduite du changement, mais ne peut à elle
seule l’effectuer. Le déploiement de nouveaux outils informatiques est l’occasion d’une réorientation
des missions des services, mais la qualité du produit ne garantit pas la réussite du changement. L’agent
ne doit pas s’adapter à l’outil, mais s’appuyer sur l’outil mis à sa disposition, pour opérer un
changement défini et attendu pour la structure, identifié préalablement à la mise en place du produit.
La prise en compte de ses propres attentes, est à cette fin, un facteur d’adhésion au changement
souvent décisif.
2. La conduite de projet
Un projet de TI peut se définir comme la recherche d’un compromis optimal entre des
orientations fonctionnelles et organisationnelles d’une part, et des contraintes technico-budgétaires
d’autre part.
Afin de se rapprocher de ce compromis idéal, il est important d’équilibrer la prise en compte de
ces deux aspects. Pour cela la distinction entre une maîtrise d’ouvrage responsable des spécifications
fonctionnelles, et une maîtrise d’œuvre en charge de la réalisation technique est une solution adoptée
de manière classique dans la conduite de projets.
Le chevauchement trop important des phases de développement distinctes d’un projet est un
facteur de risque à éviter soigneusement. L’achèvement de l’étape de spécification fonctionnelle
notamment, qui est de la responsabilité de la maîtrise d’ouvrage doit être un préalable au démarrage
des phases d’analyse technique et de développement, qui sont du ressort de la maîtrise d’œuvre. Des
choix techniques arrêtés trop précipitamment, ou un développement logiciel simultané à la poursuite
des réflexions de nature fonctionnelle ont été à de nombreuses reprises identifiées comme des
éléments de blocage dans le déroulement du projet.
Les impressions recueillies quant à la conduite de projets soulignent l’importance des éléments
suivants:
- une visibilité claire sur les plannings
- une répartition précise des tâches
- une clarification des responsabilités
- la mise en place d’une politique d’identification et de gestion des contraintes et des risques
La prise en compte de tout aléa ou évolution, sur le plan fonctionnel (évolution du contexte
politique) comme technique (absence de solutions techniques raisonnables face aux orientations
fonctionnelles attendues), doit faire l’objet d’une analyse d’impact exhaustive sur l’ensemble du
projet, et s’intégrer dans un circuit décisionnel bien identifié.
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La poursuite du projet après achèvement d’une phase importante ou préalablement à une
réorientation fonctionnelle ou technique rendue nécessaire, doit être conditionnée au renouvellement
de l’engagement de la direction de projet selon une stratégie du type Go/ no Go.
4. La communication
5. L’externalisation
Les aspects contractuels de la relation avec le prestataire externe doivent être soignés :
- Les résultats du marché doivent être explicités de manière claire
- Les engagements et responsabilités réciproques des co-contractants clairement identifiés
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- Les priorités du projet fixées avec précision dans les documents contractuels.
Le suivi des prestataires et la maîtrise interne des enjeux techniques sont essentiels. C’est la
pertinence de ce suivi interne qui conditionne le plus souvent le rendement intellectuel des équipes
externes. Un dimensionnement insuffisant des équipes internes affectées à ces tâches conduit à une
perte de la maîtrise du projet par le commanditaire, ce qui ouvre la voie à toutes les dérives.
La mobilisation d’un responsable administratif garant du respect des termes contractuels, et seul
habilité à traiter avec le prestataire extérieur peut contribuer à limiter les risques. C’est ce choix que le
ministère de la Justice met en exergue.
6. La formation
Un support et une assistance utilisateurs soignés favorisent enfin également une bonne
appropriation du produit dans l’ensemble de ses fonctionnalités.
Sur le Net, ces informations ainsi que les principaux indicateurs de suivi sont disponibles sur les
sites suivants :
www.internet.gouv.fr (site du PAGSI)
www.service-public.fr (portail de l’administration française)
Les sites des différents organismes participant au suivi et contrôle des grands projets publics de
TI sont accessibles à partir du portail de l’administration française www.service-public.fr
Des données budgétaires de suivi des projets sont effectivement disponibles notamment à la
direction du Budget. L’ambiguïté portant sur la notion de réussite ou d’échec des projets, ainsi que la
difficulté de traiter ce type d’information en dehors de toute prise en compte d’un contexte fonctionnel
et technique spécifique constituent autant de frein à une consultation élargie.
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VII. Annexe :
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A. Fiche N°1 : Le CGTI
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B. Fiche N°2 : La CNIL
La directive européenne insiste moins sur les contrôles a priori que le texte de loi
national actuel. Cela pourrait modifier la nature des procédures de la CNIL dans le
futur, en multipliant le contrôle a posteriori pourtant plus délicat .
Communication La commission est très présente sur internet, et a développé une politique de
sensibilisation et de communication importante. Une déclinaison junior du site CNIL
a même été installée.
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C. Fiche N°3 : La Cour des comptes
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D. Fiche N°4 : La CSM-I
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E. Fiche N°5 : La DATAR
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F. Fiche N°6 : La DIRE/UTIC
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G. Fiche N°7 : La Direction du Budget
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H. Fiche N°8 : La MTIC
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