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Thomas Rossi
Aix-Marseille Université
(Président : Monsieur le Professeur Éric BERTON)
ROSSI Thomas
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Formation Initiale Professeur Michel RUQUET
Recherche Professeur Anne RASKIN
Formation Continue Professeur Frédéric BUKIET
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Internat et Diplômes d’études spécialisées Professeur Virginie MONNET-CORTI
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À Monsieur le Président du Jury,
Monsieur le Professeur Frédéric Bukiet,
Je vous remercie de l’honneur que vous me faites de présider ce jury de thèse. Merci
pour votre enseignement, votre pédagogie et votre bienveillance tout au long de ces
années d’étude.
Veuillez trouver dans ce travail l’expression de mon profond respect.
À Monsieur le Directeur de thèse,
Monsieur le Docteur Thomas Giraud,
J’apprécie l’honneur que vous me faites d’avoir accepté la direction de cette thèse. Je
vous remercie pour votre disponibilité, votre gentillesse, votre savoir et votre efficacité
qui nous ont permis de mener à termes ce travail.
Veuillez trouver dans ce travail, l’expression de ma reconnaissance et de mon profond
respect.
À Monsieur le Docteur Ludovic Pommel,
Je vous remercie d’avoir accepté de siéger dans ce jury. Merci pour la qualité de votre
enseignement théorique et clinique, ainsi que pour votre sympathie.
Veuillez recevoir par ce travail, l’expression de mon admiration et de mon profond
respect.
À Monsieur le Docteur Benoit Ballester,
INTRODUCTION .................................................................................................................................................... 2
I. Indications ............................................................................................................................................. 8
1. Lésions carieuses .............................................................................................................................. 8
2. Expositions pulpaires iatrogènes .................................................................................................... 11
3. Expositions pulpaires traumatiques ............................................................................................... 12
4. Contre-indications .......................................................................................................................... 13
II. Les biomatériaux disponibles .............................................................................................................. 14
1. L’hydroxyde de calcium .................................................................................................................. 14
2. Les silicates de calcium ................................................................................................................... 17
III. Protocole et suivi clinique ................................................................................................................... 26
1. Protocole clinique ........................................................................................................................... 26
2. Suivi clinique ................................................................................................................................... 32
IV. Pronostic .............................................................................................................................................. 33
BIBLIOGRAPHIE .................................................................................................................................................. 42
1
INTRODUCTION
Tout au long de sa formation et de sa présence sur l’arcade, l’organe dentaire est sujet à
de nombreuses agressions physiques, chimiques et thermiques. D’autre part, celui-ci peut être
sujet à des phénomènes pathologiques tels que les traumatismes et le développement de lésions
carieuses. Alors que la fréquence des traumatismes est relativement importante (Levin et al.
2020) (25% des enfants scolarisés écoliers et 33% des jeunes adultes) notamment dans les
secteurs antérieurs, la carie fait partie, d’après l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) des
pathologies les plus répandues dans le monde, et touche des milliards d’enfants et d’adultes de
tout âge (GBD 2017 Disease and Injury Incidence and Prevalence Collaborators 2018).
Au fil du temps, la dentisterie a évolué vers une approche de plus en plus conservatrice,
aussi bien vers un maintien maximum des structures tissulaires présentes, qu’au niveau
biologique avec le développement de thérapeutiques de conservation de la vitalité de l’organe
pulpo-dentinaire dites de « Vital Pulp Therapy » (VPT).
2
La préservation de la vitalité pulpaire doit aujourd’hui plus que jamais être une
préoccupation essentielle pour le chirurgien-dentiste. Si par le passé, le recours au traitement
endodontique était souvent inévitable, il est désormais acquis que dans de nombreuses
situations, l’organe pulpaire possède des capacités importantes de défense et de régénération,
permettant de mettre en place les techniques précédemment présentées. Au-delà même de ces
notions, il est aujourd’hui admis de limiter au maximum l’exposition du tissu pulpaire
notamment par le développement des approches de curetage sélectif des tissus carieux (F.
Schwendicke et al. 2016), ce qui peut limiter le recours à des manœuvres de coiffage pulpaire
direct. Cependant, les expositions du tissu pulpaire lors de curetage sélectif restent possibles et
le curetage total est encore largement étendu. Enfin, les expositions iatrogènes peuvent recourir
à une prise en charge de coiffage pulpaire, tout comme la place des techniques de conservation
de la vitalité pulpaire, dans la gestion des situations d’origine traumatiques.
Les objectifs de ce travail sont de faire le point sur les thérapeutiques actuelles du
coiffage pulpaire direct et les données actuelles de la littérature. Des rappels importants sur
l’organe dentaire, les processus physiologiques et pathologiques pouvant l’atteindre et les
modes de régénération possibles seront dans un premier temps présenté. Cette première partie
permettra de présenter ensuite les indications concernant la thérapeutique de coiffage pulpaire
direct. Par la suite, le protocole clinique sera présenté, par la description des biomatériaux
disponibles, les étapes opératoires, le suivi et le pronostic du coiffage pulpaire direct par
l’intermédiaire de la littérature disponible. Enfin, la dernière partie conclura sur le travail en
donnant les perspectives possibles à l’heure actuelles quant à l’extension permanente des
thérapeutiques de conservation de la vitalité pulpaire.
3
RAPPELS SUR LE COMPLEXE PULPO-DENTINAIRE
I. Notions histologiques
4
II. Lésions du complexe pulpo-dentinaire
5
D’autre part, la conservation de la vitalité pulpaire, par la protection du complexe pulpo-
dentinaire du milieu extérieur, ne sera possible que par le recrutement et la différenciation de
cellules dites odontoblast-like, remplaçant les odontoblastes détruits, à partir de cellules
souches pulpaires.
L‘inflammation générée est nécessaire à la mise en place des étapes de régénération,
cependant son intensité peut présenter des effets délétères sur le tissu pulpaire. En effet, localisé
au sein des parois rigides de dentine, les phénomènes de vasodilatation, afflux cellulaire et
augmentation de la pression intra-pulpaire peuvent aboutir à la nécrose pulpaire. La résolution
de cet état inflammatoire est indispensable à l’initiation des étapes de régénération permettant
la conservation de la vitalité pulpaire (Cooper, Holder, et Smith 2014).
6
Ainsi sous l’action de signaux de régénération, ayant pour origine la dissolution de la dentine,
les cellules pulpaires stimulées par les pathogènes et leurs toxines et notamment les cellules
souches pulpaires, sont recrutées sur le site lésionnel, afin de permettre la formation de cellules
sécrétrices de dentine tertiaire réparatrice, permettant la protection du complexe pulpo-
dentinaire.
Enfin, de très nombreux travaux ont également mis en évidence l’importance du système
du complément dans l’inflammation et la régénération du complexe pulpo-dentinaire. Cascade
enzymatique de l’immunité innée initialement décrit comme étant activé par la présence de
pathogènes, ce système a été également démontré comme pouvant être activé par des
biomatériaux. L’activation du système du complément, aboutit à la formation de protéines du
complément telles que des anaphylatoxines C3a et C5a (Charles A Janeway et al. 2001).
Ces protéines ont été décrites comme jouant un rôle important, par l’intermédiaire
notamment des fibroblastes pulpaires, sur les mécanismes de défense et de régénération, à
savoir la prolifération des fibroblastes pulpaires, des cellules souches et leur recrutement
(Chmilewsky et al. 2015; Rufas et al. 2016).
La mise en place de ces étapes de régénération nécessite cependant dans la grande
majorité des cas un prérequis essentiel, à savoir une thérapeutique clinique. En effet, la
suppression de l’étiologie, que ce soit l’exposition pulpaire en elle-même ou la présence des
pathogènes au sein du tissu dentinaire est nécessaire pour espérer la conservation de la vitalité
pulpaire. Ces processus régénératifs moléculaires et cellulaires pouvant même être stimulés par
les biomatériaux utilisés.
7
LE COIFFAGE PULPAIRE DIRECT
I. Indications
Ainsi, pour mettre en œuvre une thérapeutique ayant pour but de conserver une pulpe
vivante, un diagnostic pulpaire doit être établi tout en tenant compte d’un certain nombre
d’exigence techniques comme la pose d’un champ opératoire et la possibilité future de réaliser
une reconstitution étanche et pérenne de la dent.
Enfin, au-delà des considérations du statut pulpaire de la dent, par définition, le coiffage
pulpaire direct va pouvoir être envisagé lorsque la pulpe dentaire est exposée et ce en raison de
différentes situations cliniques : une lésion carieuse, une lésion traumatique ou une exposition
de type iatrogène.
Quel que soit l’étiologie, le patient doit être informé de l’évolution possible du statut
pulpaire et d’un possible recours à un traitement endodontique de la dent.
1. Lésions carieuses
Selon l’OMS, une lésion carieuse est « un processus pathologique localisé, d'origine
externe, apparaissant après l'éruption, qui s'accompagne d'un ramollissement des tissus durs et
évoluant vers la formation d'une cavité ». Initialement subclinique, une lésion carieuse peut
entrainer la destruction de l’organe dentaire sans intervention adaptée.
8
Afin de guider le praticien dans sa démarche diagnostique et thérapeutique de
nombreuses classifications visuelles et/ou radiologiques ont été successivement développées.
De nos jours la classification ICADS (International Caries Detection and Assessement System)
est reconnue au niveau international (Figure 1). Cette classification permet une détection
précoce des lésions carieuses en se basant sur une inspection visuelle des surfaces dentaires
préalablement nettoyées. Cette classification visuelle, et son pendant radiologique, ont été repris
dans les nouveaux concepts de prise en charge de la maladie carieuse tel que le système ICCMS
(International Caries Classification and Management System) et plus récemment le système
CariesCare4D.
Le risque d’exposition pulpaire étant corrélé au degré d’atteinte carieuse, l’ICDAS permet
tout de même d’anticiper le risque accru d’effraction pulpaire en cas de lésion profonde,
notamment pour les stades radiologique RC5 et RC6 de l’ICDAS (Figure 2). Pour de telles
lésions, le praticien devra alors se mettre dans de bonnes conditions (champ opératoire) et
adopter les bons gestes (éviction sélective) afin de minimiser le risque d’exposition pulpaire et
de maximiser la réussite d’un possible coiffage pulpaire.
9
Figure 2: Représentation schématique du système d’évaluation radiographique ICDAS (Dr
Benoit Ballester)
L’indication d’un coiffage pulpaire dans le cas d’un traitement de lésion carieuse fait donc
intervenir trois éléments :
Concernant les dents temporaires, quelle que soit l’atteinte pulpaire, le coiffage pulpaire
n’est pas recommandé pour les expositions pulpaires consécutives à un curetage de lésions
carieuses, comme présenté dans les dernières recommandations de l’American Academy of
Dentistry Pediatric (American Academy of Pediatric Dentistry 2019).
Dans le cadre des dents permanentes immatures, il est recommandé de réaliser un coiffage
pulpaire direct, dans le cas de lésion carieuse de petite étendue sans pathologie pulpaire, alors
que la pulpotomie partielle est recommandée dans le cas d’un syndrome pulpaire de type
réversible (American Academy of Pediatric Dentistry 2019).
10
Les recommandations de l’European Society of Endodontology (ESE) (Duncan et al. 2019)
indiquent que dans les cas d’effractions consécutives à un curetage de la lésion carieuse,
concernant les dents permanentes immatures/matures, la réalisation d’un coiffage pulpaire
direct en insistant sur un protocole strict dans le cas des lésions juxta-pulpaires et un contrôle
de la poursuite de l’édification radiculaire.
D’autre part, et concernant également les dents permanentes, une exposition pulpaire peut
être dans le cadre d’une prise en charge d’une lésion carieuse par curetage sélectif, ou après
temporisation par « step-wise ». Dans ces deux cas, de par l’indication posée initialement,
l’état pulpaire doit permettre la prise en charge par un coiffage pulpaire direct.
Une exposition pulpaire iatrogène est définie par la Haute Autorité de Santé (HAS) comme
« une situation qui désigne les expositions pulpaires effectuées accidentellement au cours d’un
soin, en l’absence de caries, au cours d’une instrumentation manuelle ou rotative » (Haute
Autorité de santé 2019).
Dans le cas de situation de prise en charge de pulpe non pathologique, la pulpe dentaire
exposée n’est pas inflammatoire. On observe une pulpe dentaire rosée/rouge qui présente un
léger saignement et qui pourra être traitée avec un coiffage pulpaire direct. Ainsi peuvent être
concernées les dents temporaires et les dents permanentes matures et immatures.
Dans le cas des dents temporaires, lors d’expositions iatrogènes de tailles limitées, le
coiffage pulpaire peut être envisagé, tout comme dans le cas des dents permanentes immatures,
où il est notamment recommandé d’effectuer un coiffage pulpaire direct (American Academy
of Pediatric Dentistry 2019).
11
réalisation d’un coiffage pulpaire direct. De la même manière, une pulpe d’aspect blanchâtre
ou grisâtre, peut faire suspectée une pulpe en stade de nécrose ou en voie de dégénérescence,
et contre-indique le coiffage pulpaire (Lasfargues et Colon 2009).
Concernant les dents temporaires, le coiffage pulpaire direct n’est pas recommandé quel
que soit les atteintes tissulaires. En revanche, des thérapeutiques de conservation de la vitalité
pulpaires peuvent être mise en œuvre, et notamment dans le cas de fractures coronaires amélo-
dentino-pulpaires (pulpotomie partielle, cervicale) tout comme, mais dans une moindre mesure,
dans le cas de fractures corono-radiculaires avec exposition pulpaire, après une analyse de la
conservabilité de la dent et du stade de développement radiculaire (Day et al. 2020). Il est tout
de même à noter que l’AAPD (American Academy of Pediatric Dentistry 2019) évoque le
coiffage pulpaire dans le cas d’expositions traumatiques pulpaires de très faibles étendues.
Concernant les dents permanentes immatures, le coiffage pulpaire direct tout comme la
pulpotomie partielle peuvent être envisagés en cas de fracture coronaire amélo-dentino-pulpaire
12
alors que la pulpotomie partielle, est, si la conservation de la dent le permet, à préférer dans le
cadre de fracture corono-radiculaire avec exposition pulpaire. Ces thérapeutiques sont
indiquées afin de permettre une poursuite de l’édification radiculaire.
Enfin, dans le cadre des dents permanentes matures, des traitements de conservation
de la vitalité pulpaire (coiffage pulpaire direct, pulpotomie partielle) sont envisageable en cas
de fracture coronaire amélo-dentino-pulpaire, tout en étant tout de même dépendant de la
restauration définitive envisagée de la dent. Dans le cas de fracture corono-radiculaire, les
recommandations tendent à préconiser en général le traitement endodontique (American
Association of Endodontists (AAE) 2016).
4. Contre-indications
Comme tout acte clinique, le coiffage pulpaire direct peut être contre-indiqué par des
paramètres liés à la dent concernée (contre-indications locales) ou liés au patient (contre-
indications générales).
Contre-indications locales :
Contre-indications générales :
• Sujets à risque infectieux : les patients à haut risque d’endocardite infectieuse puisque cette
thérapeutique peut être à l’origine d’une bactériémie (Lesclous 2011). Concernant les
patients immunodéprimés, l’acte de coiffage pulpaire à ce jour n’est plus contre-indiqué
mais les recommandations de la littérature sont encore vagues sur cette prise en charge. La
mise en place de précaution suivant le type de pathologie et d’un suivi régulier est
primordial.
13
• Hygiène bucco-dentaire insuffisante.
• Absence de motivation du patient, impossibilité de mettre en place un suivi clinique et
radiologique.
1. L’hydroxyde de calcium
La première utilisation lors d’un coiffage pulpaire direct remonte à 1937 (Hess et al. 1990).
L’hydroxyde de calcium, également appelé « chaux hydratée » ou « chaux éteinte », se
présente, pour sa forme extemporanée, sous la forme d’une fine poudre blanche inodore
présentant la formule chimique Ca(OH)2.
14
L’hydroxyde de calcium est obtenu par mélange de chaux vive (CaO) et d’eau (H2O), c’est
pourquoi en présence d’un environnement aqueux, il se dissocie en ions calcium Ca2+ et
hydroxyles OH-, selon la formule suivante : Ca(OH)2 → Ca2+ + 2OH-. (Farhad et Mohammadi
2005). Ces ions libérés, sont responsables des propriétés biologiques du biomatériau.
Ainsi, depuis plusieurs décennies, l'hydroxyde de calcium a été considéré comme un
biomatériau incontournable dans l’arsenal thérapeutique des chirurgiens-dentistes et comme le
«gold-standard» dans le cas d’un coiffage direct de la pulpe (Morotomi, Washio, et Kitamura
2019).
Dans notre pratique, l’hydroxyde de calcium peut se présenter sous deux formes : soit sous la
forme d’une préparation magistrale, soit sous la forme d’une préparation commerciale (de type
ciment par exemple). Différents types de véhicules peuvent être utilisés pour préparer
l’hydroxyde de calcium, à savoir de type aqueux, visqueux ou huileux. Ces différents véhicules
vont influencer la solubilité et la dissociation ionique de l’hydroxyde de calcium. Ainsi, d’une
manière générale, les situations cliniques nécessitant une libération ionique rapide au début du
traitement nécessitent une pâte d'hydroxyde de calcium contenant un véhicule aqueux, tandis
que celles qui nécessitent une libération ionique progressive et uniforme la libération nécessite
une pâte contenant un véhicule visqueux. Les pâtes contenant des véhicules huileux ont une
utilisation limitée et ne sont utilisées que lorsqu’une très faible dissociation ionique est
nécessaire (Farhad et Mohammadi 2005).
Au niveau physico-chimique, l’hydroxyde de calcium est un matériau peu soluble dans l’eau
mais permet néanmoins de libérer les ions hydroxyles OH - et calcium Ca2+ qui sont à l’origine
des propriétés des biomatériaux à base d’hydroxyde de calcium.
Bien que variables selon les formulations, les biomatériaux à base d’hydroxyde de calcium vont
présenter des temps de travail relativement courts de l’ordre de 3 à 5 minutes suivant l’humidité
et la composition (Commission des dispositifs médicaux de l’Association Dentaire Française
2003). Concernant le temps de prise, correspondant à la transformation en phase solide, pour
les pâtes durcissantes, il est compris entre 2,5 et 5,5 minutes (Commission des dispositifs
médicaux de l’Association Dentaire Française 2003). Enfin, la radio-opacité est variable en
fonction des formulations, mais est généralement, pour les formulations magistrales
notamment, d’une radio-opacité voisine de la dentine, ce qui peut le rendre difficilement
distinguable radiologiquement.
Au niveau mécanique, les biomatériaux à base d’hydroxyde de calcium ne présentent pas
réellement d’intérêt puisque ces derniers présentent par exemple des faibles valeurs de
résistance en compression de l’ordre de 10,5 MPa au bout de 24 heures. En comparaison, celle
15
de l’émail est de 400 MPa et celle de la dentine de 297 MPa. De plus, ils présentent également
une mauvaise capacité d’adhésion à la dentine, ce qui ne permet pas à l’hydroxyde de calcium
d’assurer une étanchéité à long terme (Cohenca, Paranjpe, et Berg 2013). De part ces faibles
propriétés, la mise en place de ce type de biomatériau va se limiter à la plaie pulpaire sur une
faible surface et il sera donc nécessaire de mettre en place une restauration coronaire étanche
après la mise en place de l’hydroxyde de calcium.
Bien que longtemps utilisé comme matériau « gold standard » pour la thérapeutique de
coiffage pulpaire direct, l’hydroxyde de calcium n’est à l’heure actuelle plus le matériau de
choix pour une utilisation en contact direct avec le tissu pulpaire. En effet, bien que présentant
de nombreuses propriétés biologiques intéressantes, l’hydroxyde de calcium présente une
étanchéité et une adhésion réduite à la dentine. De plus, des travaux histologiques ont mis en
évidence la formation d’une dentine tertiaire présentant des défauts et porosité, ce qui peut
entrainer la recolonisation des bactéries, ainsi qu’une inflammation pulpaire prolongée en
comparaison des matériaux plus récents à base de silicates de calcium (Nair et al. 2008 ; Tran
16
et al. 2012). Cependant il est important de garder à l’esprit que ce biomatériau, dans ses
différentes formulations, demeure en général assez simple d’utilisation, peu cher et facilement
disponible.
Au début des années 1990, le Mineral Trioxyde Aggregate (MTA) a été développé par
Torabinejad à l'Université de Loma Linda aux États-Unis. Ce biomatériau, dérivé de la
formulation du ciment de Portland de type I, a été initialement développé et autorisé en tant que
biomatériau d’obturation rétrograde, et de soins de perforations sous la formulation
commerciale ProRoot MTA®.(Camilleri, 2008). Par la suite, au vu de ses excellentes propriétés
présentées ci-après, et ayant fait l’objet de nombreuses études ses indications cliniques ont été
étendues, Ainsi, le MTA a été proposé en tant que biomatériau de coiffage pulpaire direct et a
été autorisé en 1998 par la Food and Drug Administration (FDA) dans cette indication, il fut
ensuite disponible au niveau européen. Les principaux composants de la formulation initiale
sont présentés dans la figure suivante (Fig.3).
Dans cette formulation, les silicates de calcium sont majoritaires, et ces derniers sont
également responsables des principales propriétés physico-chimiques et biologiques du MTA
et des formulations qui en ont été par la suite dérivées peuvent être groupées sous le terme de
biomatériaux de coiffage pulpaire à base de silicates de calcium. En comparaison au ciment de
Portland, l’ajout d’oxyde de bismuth assure la radio-opacité du biomatériau. Celle-ci est
caractérisée comme importante, supérieure à la radio-opacité de la dentine, permettant au
praticien la mise en place aisée du biomatériau et de vérifier son adaptation.
17
Au niveau physico-chimique et biologique, ce sont les potentiels bioactifs et la capacité
d’étanchéité qui ont permis l’utilisation du biomatériau dans ses différentes indications
cliniques. En effet il a été démontré des effets sur l’activité cellulaire, au niveau osseux,
cémentaire et pulpaire, entraînant des phénomènes de néoformation/minéralisation tissulaires
(Ford et al. 1996; Koh et al. 1997; Pitt Ford et al. 1995). L’étanchéité du biomatériau a été
évaluée et suffisante pour ses indications initiales, et notamment consécutive à une faible
expansion en milieu humide lors de sa prise (Mahmoud Torabinejad et al. 1995) et aux
appositions minérales constatées à la surface du matériau (Bozeman, Lemon, et Eleazer 2006).
Ces appositions minérales sont la conséquence d’interactions en présence de phosphates
environnants, et la formation de structures phosphocalciques à la surface du biomatériau permet
une infiltration des tissus dentinaires « en tag minéraux » (Kunert et Lukomska-Szymanska
2020).
Le MTA est un biomatériau hydrophile, dont la réaction de prise consiste, après mélange
de particules de poudre et d’eau distillée, en une hydratation principalement due aux silicates
de calcium, aboutissant à la formation d’hydroxyde de calcium. Sa dissociation ionique permet
ainsi d’expliquer les propriétés remarquées lors de son développement, proches de celles
présentées précédemment de l’hydroxyde de calcium en tant que biomatériau. Comme décrit
précédemment, la libération d’ions hydroxyles entraine une alcalinisation du milieu
environnant consécutivement à la mise en place du MTA, avec un pH situé entre 10 et 11 après
avoir réalisé le mélange initial et augmentant dans le temps pour présenter des valeurs voisines
de celle de l’hydroxyde de calcium, qui est de l’ordre de 12,5 (Santos et al. 2005).
Au niveau mécanique, bien qu’augmentant avec le temps, de faibles propriétés mécaniques ont
été mises en évidence. En effet la résistance à la compression se situe initialement à 40 MPa
pour atteindre, au bout de 21 jours, des valeurs moyennes de 67 MPa. Ces faibles propriétés
mécaniques nécessitent la protection du biomatériau par la réalisation d’une restauration
définitive, et permettant à la dent traitée de retrouver sa fonction (Schönenberger Göhring,
Lehnert, et Zehnder, s. d.). Enfin, le MTA présente une faible solubilité et devient insoluble
dans l’eau après sa prise complète, on observe tout de même un maintien de son intégrité
physique dans le temps après sa mise en place (Alex 2018).
Au niveau biologique, les études initialement menées lors du développement du MTA
n’ont pas mis en évidence de caractère de mutagénicité ou de cytotoxité. Le biomatériau a été
comparé aux autres biomatériaux disponibles pour ses indications initiales, à savoir notamment
le Super-EBA®, IRM® ou l’amalgame (Kettering et Torabinejad 1995; M. Torabinejad et al.
1995), concluant en la biocompatibilité du biomatériau. Au niveau pulpaire, de très nombreuses
18
études ont mis en évidence des réponses cellulaires favorables consécutivement au contact avec
le MTA (Moghaddame-Jafari et al. 2005; Takita et al. 2006). De plus des essais d’implantation
osseuse (M. Torabinejad et al. 1998) et sous cutanée (Holland et al. 1999) ont permis de
confirmer sa biocompatibilité. D’autre part, bien que présentant des résultats variables en
fonction des études et des protocoles et germes étudiés, le MTA a été décrit comme présentant
des propriétés antibactériennes et antifongiques, principalement dues à l’alcalinisation du
milieu consécutive à la mise en place du biomatériau (Parirokh et Torabinejad 2010).
De plus, le MTA peut être qualifié de biomatériau « bioactif » puisque induisant des
réponses tissulaires/cellulaires spécifiques, attestées largement au niveau scientifique. Il a
notamment été démontré lors de coiffages pulpaires réalisés chez l’animal, la formation d’un
pont dentinaire et peu de signes d’inflammation consécutivement à l’utilisation de MTA
(Faraco Junior et Holland 2004; 2004; Ford et al. 1996). Plus récemment, des études par
technique d’imagerie micro-CT montrent la formation d’une couche de dentine réparatrice
homogène régulière à l’interface de la dentine et du matériau (Kunert et Lukomska-Szymanska
2020). Ces résultats sont retrouvés au niveau cellulaire ; une étude a par exemple démontré,
consécutivement à la mise en place de MTA sur des tissus pulpaires animaux exposés, une
augmentation de la prolifération de cellules pulpaires, de l’expression de marqueurs de
différenciation Nestin et la mise en évidence d’une morphologie cellulaire de type odontoblast-
like, suggérant le recrutement de cellules souches pulpaires et leur différenciation (Kuratate et
al. 2008).
Des travaux ont également mis en évidence un potentiel anti-inflammatoire, avec la diminution
de l’expression de certaines cytokines pro-inflammatoires au sein d’un tissu pulpaire de souris
(Barbosa Silva, Vieira, et Sobrinho 2008). De plus, des études récentes ont mis en évidence une
influence du placement de MTA au contact du tissu pulpaire, sur le phénotype de macrophages,
de type anti-inflammatoires « M2 », indispensables à la régénération du complexe pulpo-
dentinaire (Ito et al. 2014; Yoshiba et al. 2020).
Ce biomatériau a largement été étudié au niveau biologique, mettant en évidence un
caractère bioactif certain. Cependant, cliniquement, sa manipulation s’avère délicate, avec
l’obtention d’un matériau de consistance « sableuse ». Le temps de prise des formulations
classiques était en moyenne important, de l’ordre de 175 minutes, c’est pourquoi lors d’un
coiffage pulpaire une réintervention est nécessaire afin de déposer la restauration provisoire et
de permettre la réalisation d’une restauration coronaire définitive (Kaur et al. 2017). D’autre
part, des phénomènes de dyschromies coronaires ont été reportés consécutivement à son
utilisation.
19
Depuis le développement initial du MTA, de nombreuses formulations ont été mise sur
le marché, notamment pour pallier les doléances des formulations initiales. Ainsi, par exemple,
dans les années 2000, le ProRoot® MTA a été décliné dans sa formulation White (Fig. 4). Celle-
ci a été développée pour notamment réduire les phénomènes de dyschromie consécutives à
l’utilisation du biomatériau, ces derniers ayant été initialement reportés comme étant
consécutifs à la présence de la phase ferrique dans la composition du biomatériau.
D’autre part, de nombreux autres fabricants ont développé leur formulation de MTA
dont certaines sont particulièrement notables. C’est le cas d’Angelus avec les formulations
« Grey » ou « White » du MTA Angelus® (Fig. 5), se caractérisant par une réduction importante
du temps de prise nécessaire au biomatériau. En effet, celui-ci a été réduit à un temps d’environ
15 minutes. Cette importante réduction est consécutive à une modification de la formulation
initiale de base du MTA, à savoir l’absence de sulfate de calcium (Oliveira et al. 2007).
20
Figure 5: MTA Angelus® « white », d'après [Link]
21
Figure 6: Conditionnement du Biodentine™, d'après [Link]
D’autre part, c’est au niveau des propriétés mécaniques que ce biomatériau se distingue.
En effet, la résistance à la compression s’avère rapidement suffisante pour supporter soit la mise
en place d’une obturation définitive, soit sa mise en place en tant qu’obturation provisoire (en
l’absence d’une surcharge occlusale anormale). Dès la fin de la prise, la valeur de la résistance
à la compression augmente très rapidement pour atteindre une valeur moyenne de 130 MPa au
22
bout d’une heure et de 240 MPa au bout de 24 heures. Au bout de 7 jours, la résistance à la
compression est suffisante, tout comme la résistance en flexion et la micro-dureté, pour
permettre tous les traitements préparatoires avant la mise en place d’une obturation définitive
directe ou indirecte (Koubi et al. 2011). Cette résistance s’améliore ensuite continuellement
jusqu’à atteindre au bout de quelques jours une valeur de 300 MPa, valeur comparable à la
résistance à la compression de la dentine qui est d’environ 297 MPa (Kaur et al. 2017). De plus,
lors de la mise en place de Biodentine ™ sur le tissu dentinaire, il a été démontré qu’une
précipitation de cristaux de silicate de calcium se met en place dans les canalicules dentinaires.
Cette caractéristique et la stabilité dimensionnelle du matériau lors de sa prise contribuent à
l’excellente capacité d’étanchéité du matériau observé au niveau de la dentine. Cette capacité
d’étanchéité a été évaluée en comparaison de nombreux autres biomatériaux de restauration
(Raskin et al. 2012). Ces propriétés importantes permettent au biomatériau Biodentine ™ d’être
utilisé temporairement comme matériau de restauration jusqu’à 6 mois. Enfin, le radio-
opacifiant utilisé (oxyde de zirconium), et l’absence des autres phases de la formulation du
ciment de Portland, contribuent à la limitation d’apparition de dyschromies, possiblement
retrouvées en fonction des formulations dérivées du MTA. Il est cependant à noter qu’en
comparaison aux autres formulations, cette radio-opacité est cliniquement plus faible.
Au niveau biologique, de très nombreuses études ont été réalisées, démontrant d’une
part une absence de mutagénicité et de toxicité cellulaire sur des nombreuses populations cibles
(Giraud et al. 2018; Laurent et al. 2008) tout en présentant une activité antibactérienne liée à
l’alcalinisation du milieu, avec des valeurs de pH importantes (Kunert et Lukomska-Szymanska
2020). D’autre part, il a été prouvé la bioactivité de ce biomatériau au contact des cellules/tissus
pulpaires. En effet, incubés en présence d’extraits de Biodentine ™, les fibroblastes pulpaires
secrètent une matrice qui va se minéraliser progressivement sous forme de nodules exprimant
le collagène I, la dentinsialoprotein et la nestine, marqueurs de différenciation de la dentine et
des odontoblastes, sans incidence sur l’expression phénotypique des fibroblastes pulpaires
(Laurent et al. 2008). Des études sur l’évaluation d’autres étapes importantes de régénération
in vitro au niveau cellulaire, telles que la prolifération des fibroblastes, la migration de cellules
souches pulpaires, ou encore sur la séquence de recrutement des cellules inflammatoires ont
permis de démontrer le potentiel important de ce biomatériau (Giraud et al. 2017; 2018). De
plus, le traitement d’exposition pulpaire sur dents extraites cultivées ex vivo a confirmé ces
propriétés bioactives, avec notamment au niveau histologique, un tissu pulpaire d’aspect
23
physiologique et des nodules de minéralisation au contact du biomatériau Biodentine™
(Jeanneau et al. 2017).
Le biomatériau TheraCal LC® se présente sous la forme d’une seringue contenant une pâte de
couleur blanchâtre (Fig. 8), conçu pour être placé en couche mince, par incrément de 1 mm et
photopolymérisé pendant 20 secondes.
24
Figure 8: Conditionnement du TheraCal LC®, d’après [Link]
Le TheraCal LC® est considéré comme un ciment hydrophile, sa réaction de prise est
dépendante de la polymérisation du composant résine et d’une réaction de type hydratation pour
la prise du silicate de calcium (ciment de portland). C’est pourquoi les indications du fabricant
sont de placer le matériau sur une dentine humide. Il a été démontré que le TheraCal LC® libère
des ions calciums mais n’entraine que peu la formation d’hydroxyde de calcium contrairement
aux biomatériaux cité précédemment (Alex 2018). De même pour l’alcalinisation du milieu qui
est, bien que présente, est en général plus faible, avec par exemple des valeurs de pH supérieures
à 10 au bout de 3 heures et légèrement inférieure au bout de 24 heures (Arandi et Rabi 2018).
Par ailleurs, le zirconate de baryum présent dans la composition du Theracal LC ® permet au
matériau une radio-opacité équivalente à une épaisseur de 3mm d’aluminium (Gandolfi, Siboni,
et Prati 2012). Au niveau de l’étanchéité, le TheraCal LC ® a montré une capacité supérieure
aux formulations de MTA et Biodentine™ (Kunert et Lukomska-Szymanska 2020).
1. Protocole clinique
26
la conservabilité de la dent, les moyens de restauration possibles de la dent concernée et
d’écarter des signes contre-indiquant le coiffage pulpaire, tel que la présence de signes péri-
apicaux. L’ensemble de ces éléments doit confirmer l’indication thérapeutique d’un coiffage
pulpaire direct.
Examens complémentaires
Radiographie type « bitewing » et rétro-alvéolaire avec un angulateur de Rinn pour
limiter les déformations. Ces examens sont indispensables et permettent notamment en cas de
lésion carieuse d’évaluer l’étendue de celle-ci, le volume de la chambre pulpaire et de
contrôler l’absence de lésions péri-apicales.
Ils permettent également dans le cas de dents immatures, notamment dans le cadre de lésions
traumatiques, d’évaluer l’édification radiculaire de la dent concernée. Enfin ces examens
auront une importance dans le suivi clinique également au niveau médico-légal dans le cadre
d’un traumatisme.
Anesthésie
Le coiffage pulpaire direct étant un acte s’effectuant sur dent vitale, il est donc
nécessaire d’anesthésier le patient pour son confort. En fonction de la dent concernée et de l’état
de santé du patient, une anesthésie loco-régionale et/ou para-apicale sera réalisée.
27
Figure 9: Exemple de mise en place de digue dentaire et digue photo-polymérisable dans le
cadre de la gestion d’une effraction pulpaire (flèche) consécutif à une éviction de tissu
carieux (Pr Hervé Tassery).
28
Figure 10 : Exemple de cavité après curetage sélectif d’une lésion carieuse , d'après (Falk
Schwendicke 2018).
29
Figure 11 : Exemple de cavité après hémostase et désinfection, d’une effraction pulpaire
consécutive à une carie seconde sous une restauration mésio-occluso-distale (Pr Hervé
Tassery).
30
Figure 12 : Exemple de mise en place d’u biomatériau de coiffage pulpaire Biodentine™ en
préservant des tissus environnants sains (Pr Hervé Tassery).
En effet, une restauration coronaire étanche sus-jacente adaptée doit être mise en place pour
empêcher une infiltration bactérienne, et prévenir toute infection (Fig. 13).
31
Le choix du biomatériau peut être également influencé par la situation clinique et
notamment le risque de dyschromies dentaires en fonction des formulations disponibles.
L’utilisation d’un biomatériau Biodentine™ peut permettre de réaliser en un temps une
restauration coronaire étanche pendant plusieurs semaines (Fig. 14).
2. Suivi clinique
Les critères de succès du coiffage pulpaire direct sont déterminés lors des contrôles post-
opératoires. Ainsi, la mise en place d’un suivi clinique régulier par l’intermédiaire de l’examen
clinique et d’examens complémentaires radiographiques, est primordiale. Les patients sont en
général revus à 6-8 semaines, 6 mois puis 1 an pour évaluer les paramètres suivants ;
Au niveau clinique :
- Absence de signes cliniques,
- Réponses aux tests de sensibilité positives,
- Absence de douleurs à la percussion, à la palpation.
Au niveau radiologique (à 6 mois et 1 an) :
- Absence de lésions péri-apicale, d’épaississement ligamentaire, de signes de résorption
ou tout autre processus pathologique.
- Élaboration d‘un pont dentinaire,
32
- Poursuite de l’élaboration radiculaire (pour les dents immatures),
- Intégrité et étanchéité de la restauration coronaire.
Dans certaines situations, comme dans le cadre d’un coiffage pulpaire consécutif à une
lésion traumatique par exemple, certains éléments cliniques (luxations ou suspicion de
luxations associées) peuvent nécessiter un suivi prolongé, ceci reste également à la discrétion
du praticien.
IV. Pronostic
Une première étude clinique réalisée par Nowicka et al, a été menée sur 28 troisièmes
molaires maxillaires et mandibulaires humaines saines dont l'extraction pour raison
orthodontiques été indiquée, chez des jeunes patients âgés de 19 à 28 ans. La vitalité pulpaire a
été vérifiée par tests thermique et électrique. Les dents ont été réparties dans 3 groupes
expérimentaux, avec un groupe Biodentine™ (n=11), un groupe du ProRoot® White MTA
(n=11) et un groupe contrôle témoin (n=6) (Nowicka et al. 2013). Dans les deux groupes des
biomatériaux, les pulpes dentaires ont été exposées à l’aide d’instruments rotatifs stériles et une
thérapeutique de coiffage pulpaire direct a été réalisée, sous champ opératoire, et une mise en
place des biomatériaux selon les recommandations des fabricants. Après 7 jours, un examen
clinique et une restauration composite définitive ont été réalisés. Concernant le groupe témoin,
des dents intactes ont été sélectionnées et n'ont reçu aucune exposition ni coiffage pulpaire.
Après 6 semaines de traitement, des tests de sensibilité ont été effectués pour évaluer la santé
de la pulpe, puis les dents ont été extraites de la manière la plus atraumatique possible afin de
réaliser des analyses histologiques en aveugle.
Consécutivement à l’acte de soin, seulement 7 patients ont décrit des signes de douleurs
mineures, et sur l’ensemble de la période de traitement, aucun patient n’a décrit de douleurs ou
33
d’autres signes cliniques. Cliniquement et radiologiquement, l’ensemble des dents traitées se
sont avérées être vitales et ne montraient pas de signes péri-apicaux. Concernant les critères
d'évaluation histologique, l’enquête a montré qu'il n'y avait pas de différence statistiquement
significative entre les réponses consécutives à l’utilisation du biomatériau Biodentine™ ou
ProRoot® White MTA, en tant qu'agent de coiffage pulpaire (P> 0,05). Un pont dentinaire a été
formé directement sous les matériaux de recouvrement sur le site de la lésion avec les deux
biomatériaux. Le nombre de patient reste cependant assez faible et le temps de traitement assez
court (6 semaines). D’autre part il est important de noter que ces dents ne présentaient pas
initialement de pathologies traumatiques ou de lésions carieuses (Nowicka et al. 2013).
Dans une étude clinique randomisée, en simple aveugle, réalisée sur 40 prémolaires
humaines saines dont l'extraction été indiquée pour des raisons orthodontiques, chez des
patients âgés de 15 à 25 ans, Jalan et al ont évalué le biomatériau de coiffage pulpaire
Biodentine™ en comparaison d’un hydroxyde de calcium (Jalan, Warhadpande, et Dakshindas
2017). Les dents à traiter ont été réparties au hasard en deux groupes de 20 avec un groupe pour
lequel un hydroxyde de calcium (Dycal®) a été utilisé et un autre groupe avec Biodentine™, en
tant que biomatériaux de coiffage pulpaire direct. Un examen clinique et radiologique a permis
de vérifier le statut pulpaire de la dent, et l’absence de pathologies pulpaires et/ou péri-apicales.
Les effractions pulpaires été réalisées sous champ opératoire, à l’aide d’instruments rotatifs
stériles, et le soin a été réalisé après obtention de l’hémostase pulpaire. Consécutivement, un
ciment verre-ionomère modifié par adjonction de résine a été placé, suivi d'une restauration
finale avec une résine composite. Après 45 jours, des tests de sensibilité ont été effectués pour
évaluer la santé pulpaire, et les dents ont été extraites de la manière la plus atraumatique possible
et une analyse histologique a été ensuite réalisée (Jalan, Warhadpande, et Dakshindas 2017).
Une inflammation pulpaire légère à sévère a été mise en évidence dans le cas de
plusieurs échantillons du groupe hydroxyde de calcium alors qu'il n'y avait aucun signe
d'inflammation, d'abcès ou de nécrose sous le pont dentinaire dans les échantillons du groupe
Biodentine™. Une formation complète de pont dentinaire a été observée dans 16 (80%)
échantillons de Biodentine™ et 4 (20%) échantillons d’hydroxyde de calcium, et les épaisseurs
moyennes du pont dentinaire dans les groupes Biodentine™ et hydroxyde de calcium étaient
respectivement de 0,58 et 0,17mm. Ainsi, les résultats de cette étude démontrent un pont
dentinaire significativement plus épais et plus continu dans les échantillons Biodentine™ avec
une absence de cellules inflammatoires dans la pulpe par rapport au matériau à base
d’hydroxyde de calcium. Cependant, dans cette étude, le nombre de patient était très réduit,
34
puisque plusieurs soins ont été réalisés chez des même patients, et les temps de traitement
étaient courts. D’autre part, les dents sélectionnées ne présentaient pas de lésions carieuses. Ce
travail met tout de même en évidence que le biomatériau Biodentine™ est un agent de coiffage
pulpaire intéressant présentant le potentiel d'apporter des contributions majeures au maintien
de la vitalité pulpaire chez des patients judicieusement sélectionnés pour un coiffage pulpaire
direct (Jalan, Warhadpande, et Dakshindas 2017).
Brizuela et al ont réalisé une étude clinique randomisée, en aveugle, incluant 169
patients (87 femmes et 82 hommes) âgés de 7 à 16 ans (moyenne 11,3 années) et présentant une
lésion carieuse sur une molaire permanente avec une édification radiculaire complète ou
incomplète, et une vitalité pulpaire compatible avec une pulpe saine ou inflammatoire de type
pulpite réversible, déterminée à l’aide de test thermique (froid) et électrique (Brizuela et al.
2017). Les principaux critères d’exclusions sont d’ordre général (état de santé incompatible),
locales cliniques et radiologiques (conservation impossible de la dent, signes de pathologies
pulpaires, de résorptions) et per-opératoire (impossibilité de contrôle de l’hémostase).
L’éviction carieuse a été réalisée par curetage total à l’aide d’instruments manuels et rotatifs
stériles, sous champ opératoires, conduisant à des expositions pulpaires inférieures à 2mm, par
5 opérateurs indépendants. Après exposition, les patients ont été répartis aléatoirement dans l'un
des 3 groupes expérimentaux en vue de réaliser un coiffage pulpaire direct à l’aide d’hydroxyde
de calcium ou de silicates de calcium (Biodentine™ ou ProRoot® MTA). Des examens de suivi
clinique ont été effectués à 1 semaine, 3 mois, 6 mois et 1 an, lors de ces deux derniers temps
de suivi, un examen radiographique a été également réalisé. Le succès clinique est défini dans
l’étude par l’intermédiaire de l’examen clinique et radiologique avec notamment une réponse
normale aux tests de sensibilité et une absence de signes cliniques et radiologiques de
pathologies pulpaires ou péri-apicales.
L’étude conclue en l’absence de différence statistiquement significative entre les
groupes (biomatériaux) étudiés pour les procédures de coiffage pulpaire direct avec des taux de
réussite très élevés au cours d'une période de suivi d'un an, avec notamment un taux de 100%
pour le matériau Biodentine™. Cependant, cette étude présente un temps de suivi court (1an) et
une perte de suivi importante est à noter pour chacun des trois groupes, aux alentours de 40%
(Brizuela et al. 2017).
35
Katge et Patil ont réalisé une étude clinique randomisée en simple aveugle portant sur
20 patients âgés de 7 à 9 ans (14 garçons et 7 filles), qui présentaient une atteinte carieuse
bilatérale au niveau des premières molaires permanentes maxillaires ou mandibulaires (Katge
et Patil 2017). Les principaux critères d’exclusion portaient sur des signes cliniques évoquant
des symptômes pulpaires irréversibles, et des signes radiographiques évoquant des pathologies
de types péri-apicales ou de résorptions. La procédure de coiffage pulpaire direct a été attribuée
au hasard à la moitié de la dentition de chaque patient, divisée par le plan sagittal médian, avec
d’un côté l’utilisation de Biodentine™ et de l’autre le MTA Angelus. Celle-ci a été réalisée sous
champ opératoire, exposition lors de curetage total à l’aide d’instruments stériles et contrôle de
l’hémostase.
Des examens de suivi clinique et radiographique ont été effectués à 6 puis 12 mois et
ont rapportés un taux de réussite de 100% avec le Biodentine™ et le MTA Angelus. Ce succès
clinique a été établi par l’absence de signes cliniques et radiographiques, ainsi qu’un statut
pulpaire sain. Concernant l’évaluation radiographique, l’enquête a montré qu’après une période
de suivi de 12 mois, 95,24% des dents du groupe Biodentine™ (20 sur 21) et 85,71% des dents
du groupe MTA (18 sur 21) ont montré la formation d'un pont dentinaire. Cette étude met en
évidence un taux de succès très élevés pour les deux biomatériaux à base de silicates de calcium,
aussi bien au niveau clinique que radiologique, chez des patients très jeunes, présentant des
expositions consécutives à un curetage de lésions carieuses.
Le nombre de patient est cependant faible et il est à noter que le suivi n’a pu être effectué sur 8
patients sur 29 et reste faible (12 mois) (Katge et Patil 2017).
36
analysés ont été réalisé à l’aide d’hydroxyde de calcium (Calxyl rot) (Dammaschke, Leidinger,
et Schäfer 2010).
Une étude de Willerhausen et al, rétrospective sur plus de 1000 patients, a permis
d’évaluer le succès clinique d’une thérapeutique de coiffage pulpaire direct à l’aide
d’hydroxyde de calcium, et ce jusqu’à 9 années de suivi (Willershausen et al. 2011). Les cas
sélectionnés reposent sur des expositions pulpaires consécutives à un curetage carieux, une
lésion traumatique ou lors de la réalisation d’un soin restaurateur. Les soins de coiffage étaient
réalisés par des étudiants ou des dentistes, après une exposition pulpaire de taille limitée, sous
champ opératoire et après obtention de l’hémostase. Consécutivement, différents matériaux de
restaurations étaient utilisés pour réaliser l’obturation coronaire définitive. Les principaux
critères d’exclusion étaient de l’ordre de données insuffisantes, d’une impossibilité de suivi du
patient (déménagement, décès) ou de syndromes pulpaires incompatibles (états irréversibles).
Le suivi a été réalisé à trois mois puis annuellement par l’intermédiaire d’un examen clinique
et radiologique (Willershausen et al. 2011).
Cette étude met en évidence des taux de succès importants, mais diminuant avec le
temps puisque passant de 80,1% à 1 an, à 58,7% au bout de 9 ans. Cependant bien que ce choix
soit justifié par les auteurs, les soins ont été réalisés à l’aide d’hydroxyde de calcium. Par
ailleurs tout comme l’étude précédente (Dammaschke, Leidinger, et Schäfer 2010), cette étude
conclu sur l’importance du pronostic de nombreux autres facteurs tels que la bonne indication
de cet acte clinique, l’étendue de la lésion ou encore le choix du matériau de restauration sus-
jacent (Willershausen et al. 2011).
Ces nombreux facteurs, tout comme le choix du matériau de restauration sont sujets à
de nombreux travaux, par exemple Mente et al ont évalué l’influence du matériau (MTA ou
hydroxyde de calcium) sur des soins de coiffages pulpaires directs, ainsi que l’influence du
temps de placement consécutif au soin, du matériau de restauration définitif (Mente et al. 2014).
Cette étude, réalisée sur 229 dents, et avec un suivi moyen de 42 mois (jusqu’à 10 ans), met en
évidence une supériorité du matériau MTA en comparaison de l’hydroxyde de calcium avec
des succès cliniques globaux respectifs de 80,5% et 59% (Mente et al. 2014). Les auteurs
concluent également sur l’importance de réaliser une restauration définitive rapide.
37
Une étude rétrospective de Cho et al a été menée sur 175 patients, présentant des
statuts pulpaires de type inflammatoire réversible, sans sensibilité à la percussion ni
d’antécédent de douleurs spontanées. Les dents devaient être possibles à isoler à l’aide d’un
champ opératoire, et lors de l’effraction, l’hémostase devait être obtenue. Les effractions
pulpaires ont été traitées à l’aide de ProRoot® White MTA ou d’hydroxyde de calcium (Dycal®)
et des restaurations provisoires puis définitives ont été réalisées (Cho et al. 2013).
Le suivi des patients a été effectué à 1, 3, et 6 mois puis tous les 6 mois. En plus d’un examen
clinique, un examen radiographique a été réalisé à 3 et 6 mois puis tous les 6 mois. Les critères
retenus d’échec lors de l’analyse étaient la réalisation d’un traitement endodontique, une pulpe
nécrosée ou vitale mais présentant pour le patient des douleurs spontanées. Le suivi moyen est
de 13,7 mois avec des suivis étendus à 4 ans au maximum.
Les résultats montrent un succès clinique à 1 an pour le MTA de 89.9% et de 67.4%
à 3 ans contre 73.9% et 52.5% respectivement pour le matériau à base d’hydroxyde de calcium
(Cho et al. 2013).
38
CONCLUSION ET PERSPECTIVES
La mise en place d’une thérapeutique de type coiffage pulpaire direct implique la mise
en place d'un matériau dentaire directement sur une pulpe vitale exposée de manière physique
principalement consécutivement à une lésion traumatique ou carieuse, reposant sur un
diagnostic pulpaire qualifiable de sain ou d’inflammatoire de type « réversible ». Un tel
diagnostic repose cependant sur des outils diagnostiques bruts qui ne représentent pas avec
précision le véritable état physio-pathologique de la pulpe, sans qu’il existe non plus de réelle
frontière entre les différents stades possible d’inflammation pulpaires décrits.
Par ailleurs, il a été établi que lorsque les signes subjectifs et objectifs recueillis
permettent au chirurgien-dentiste de poser un diagnostic de pulpite « irréversible », l’éviction
de l’ensemble du tissu pulpaire et le traitement endodontique de la dent était à indiquer. En
effet, la terminologie diagnostique recommandée par la conférence de consensus de l'American
Association of Endodontists (AAE) stipule notamment que les dents permanentes matures
diagnostiquées cliniquement comme présentant un stade inflammatoire de pulpite irréversible,
nécessitent une prise en charge par pulpectomie et obturation du canal radiculaire considérant
que la pulpe vitale inflammatoire n'est plus capable de régénération et de revenir à son état
normal.(American Association of Endodontists (AAE) 2016).
39
Néanmoins, de nombreuses études histologiques ont démontré que l’état
inflammatoire tissulaire et la présence d’agents pathogènes dans les dents diagnostiquées
comme présentant une inflammation pulpaire irréversible se limitent au tissu pulpaire
coronaire/caméral et qu’un tissu pulpaire radiculaire sain peut être retrouvé (Lin et al. 2020).
Suite à ces considérations, ces dernières années, des études ont été menées pour
évaluer la mise en place de thérapeutiques de type pulpotomie à but thérapeutique sur des dents
présentant des symptômes et signes cliniques de pulpites « irréversibles ». La pulpotomie
partielle ou coronaire est définie comme une procédure qui implique une élimination
douce/limitée des copeaux de dentine infectés/du tissu pulpaire endommagé afin de préserver
la vitalité des tissus pulpaires coronaires et/ou radiculaires restants.(Ricucci et al. 2019).
Une revue menée par Cushley et al. retient huit de ces travaux, répondant à leurs
critères d'inclusion, à savoir 5 articles originaux et 3 constituant un suivi à différents temps de
contrôle (Cushley et al. 2019). Cette revue systématique est la première à se limiter aux dents
présentant des signes et des symptômes indiquant une pulpite irréversible et incluaient des dents
carieuses matures où un traitement par pulpotomie était réalisé. Bien que présentant des
différences dans leurs protocoles, l’ensemble de ces traitements ont été réalisés à l’aide de
matériaux à base de silicates de calcium (Cushley et al. 2019).
Les résultats de la revue à 12 et 36 mois de suivi ont montré un taux de réussite élevée
pour ces traitements de type pulpotomie coronaire, de dents présentant des signes et des
symptômes indiquant une pulpite irréversible, des résultats en termes de pronostic comparables
à ceux de traitements de dents présentant des signes de pulpites réversibles.
Dans la même optique, et en allant même plus loin, Asgary et al, ont réalisé une étude
randomisée, avec une taille d’échantillon de 302 patients dans la prise en charge de molaires
permanentes matures vitales, présentant des lésions carieuses, avec ou sans symptomatologies
pulpaires et/ou périapicales, et par l’intermédiaire de techniques de coiffage pulpaire
direct/indirect ou de pulpotomie totale/partielle (Asgary et al. 2018).
40
Les groupes étaient homogènes en termes d'âge, de sexe, de situation matrimoniale,
d'éducation et de praticiens ; les conditions pré et peropératoires étaient similaires dans tous les
cas et n'ont pas affecté le succès à long terme. L’étude a révélé un taux de réussite à 3 et 12
mois supérieur à 91% sans différence significative dans les taux de réussite
clinique/radiographique indépendamment de la technique opératoire employée, avec tout de
même un taux important de perte de patient dans le suivi (Asgary et al. 2018).
Dans les limites de ces études, les taux de succès élevés rapportés, notamment dans la
mise en œuvre de pulpotomies à visée thérapeutique dans le cas de pulpites irréversibles
suggèrent que cette procédure offre de l'espoir comme alternative au traitement endodontique
orthograde. Il est tout de même à prendre en compte la situation de soin souvent liée à cet état
pulpaire, amenant les patients à consulter en urgence, sur l’organisation nécessaire à la bonne
réalisation de ce type de thérapeutique notamment dans un contexte de pratique libérale. D’autre
part, le contrôle clinique pour des actes tels que des pulpotomies thérapeutiques est souvent
limité à l’absence de signes cliniques et radiologiques, ce qui implique une motivation
importante du patient et ce qui peut également dans certains cas, s’avérer insuffisant, en
fonction de son état de santé général.
41
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VII
SERMENT MEDICAL
Admis dans l’intérieur des maisons, mes yeux ne verront pas ce qui s’y passe, ma
langue taira les secrets qui me seront confiés et mon état ne servira pas à
corrompre les mœurs ni à favoriser le crime.
Que les hommes m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses.
Résumé :
De nos jours, lors de sa pratique, le chirurgien-dentiste a pour préoccupation essentielle la
conservation de la vitalité pulpaire. Une des procédures de cette conservation est le coiffage
pulpaire direct : c’est un traitement qui consiste, en cas d’exposition pulpaire et par
l’intermédiaire d’un biomatériau, à maintenir la vitalité pulpaire d’une dent.
L’hydroxyde de calcium est le premier matériau à être utilisé et considéré comme le "gold
standard" en matière de coiffage pulpaire.
Cependant, depuis quelques années, des matériaux à base de silicate de calcium ont fait leur
apparition et sont d’excellentes alternatives à l’hydroxyde de calcium : on parle du Mineral
Trioxyde Aggregate (MTA), de Biodentine™ et de Theracal.
Ce travail présente, dans une première partie, les différentes indications et contre-indications
locales et générales à la technique du coiffage pulpaire direct.
La deuxième partie présente les différents biomatériaux utilisables, ainsi que leurs propriétés
physico-chimiques et biologiques. Les étapes opératoires cliniques ainsi que le suivi et les
pronostics y sont ensuite traités. La troisième et dernière partie propose une discussion autour
de cette procédure clinique et ses perspectives.
Mots clés : Coiffage pulpaire direct, Biodentine, Hydroxyde de Calcium, Mineral trioxyde
Aggregate, Theracal.
Abstract:
Nowadays, during his practice, the dentist has for essential preoccupation the conservation of
the pulp vitality. One of the procedures of this conservation is the direct pulp capping: this is a
treatment which consists, in case of pulp exposure and through a biomaterial, to maintain the
pulp vitality of a tooth.
Calcium hydroxide is the first material to be used and is considered to be the "gold standard"
for pulp capping.
However, in recent years, materials based on calcium silicate have appeared and are excellent
alternatives to calcium hydroxide: we speak of Mineral Trioxide Aggregate (MTA),
Biodentine™ and Theracal.
This work presents, in a first part, the different indications and the local and general
contraindications to the technique of direct pulp capping.
The second part presents the different biomaterials available, and their physicochemical and
biological properties. The clinical operating steps as well as the follow-up and prognosis are
then treated. The third and last part proposes a discussion around this clinical procedure and
its perspectives.
Key words : Direct pulp capping, Biodentine, Calcium Hydroxide, Mineral Trioxide
Aggregate, Theracal.
Silicate-based materials, such as MTA and Biodentine™, offer improved physical, chemical, mechanical, and biological properties over traditional calcium hydroxide. They provide better sealing abilities, higher dentin bridge formation, and induce less inflammatory response. These materials also show better long-term success rates in maintaining pulp vitality .
The choice of biomaterial significantly affects the success of direct pulp capping. Studies show that calcium silicate-based materials like MTA and Biodentine™ generally result in better clinical outcomes compared to calcium hydroxide. MTA shows higher success rates, with 80.5% compared to 59% for calcium hydroxide over 42 months . Biodentine™ has demonstrated a significantly thicker and more continuous dentin bridge formation compared to calcium hydroxide and an absence of inflammatory cells, making it a superior choice for maintaining pulp vitality .
In patients with carious permanent molars, the outcomes of direct pulp capping differ based on the material used. Studies indicate no significant difference in success between calcium silicate-based materials, such as MTA and Biodentine™, and calcium hydroxide in terms of maintaining pulp vitality for short-term follow-up durations. However, long-term success rates tend to favor MTA and Biodentine™ due to their superior biological and mechanical properties .
Accurate diagnosis of pulp status, particularly determining if the pulp is healthy or has reversible inflammation, is crucial for the success of direct pulp capping. Current diagnostic methods rely heavily on subjective measures, such as sensitivity tests, which do not fully capture the true physiological condition of the pulp, potentially leading to misdiagnosis and treatment failure .
For immunocompromised patients, direct pulp capping is no longer universally contraindicated; however, specific precautions tailored to the type of immunodeficiency must be implemented. Regular follow-up and monitoring are emphasized to ensure proper healing and management of any complications that may arise .
Critical factors influencing the prognosis of direct pulp capping include proper isolation of the tooth with a dental dam, achieving hemostasis during the procedure, selecting the appropriate biomaterial, and ensuring patient compliance for follow-up care. The initial pulp status, being either healthy or having reversible inflammation, also significantly affects the prognosis .
Local contraindications for direct pulp capping include irreversible pulp inflammation, pulp necrosis, or situations where a tooth requires pulpectomy for other reasons. Additionally, if there is significant tooth decay preventing retention, inability to place a dental dam, or pulp exposure for more than 24 hours, pulp capping is not advised. Persistent pulpal bleeding also suggests excessive inflammation, making pulp capping unsuitable .
Biodentine™ elicits a superior biological response compared to calcium hydroxide. It leads to a more complete and thicker dentin bridge formation with an average thickness of 0.58 mm versus 0.17 mm for calcium hydroxide. The inflammatory response is also notably less with Biodentine™, as it shows no signs of inflammation or necrosis beneath the dentin bridge, while calcium hydroxide can cause mild to severe inflammation .
General contraindications for direct pulp capping include patients with a high risk of infective endocarditis, poor oral hygiene, lack of patient motivation, and inability to implement clinical and radiological follow-ups. Although previously contraindicated for immunocompromised patients, current literature suggests more nuanced approaches are required with proper precautions .
The long-term success rates of direct pulp capping using MTA are significantly higher than those for calcium hydroxide. On average, MTA shows a clinical success rate of 80.5% over 42 months, while calcium hydroxide shows a success rate of only 59% . At three years, MTA maintains a success rate of 67.4%, compared to 52.5% for calcium hydroxide .