République du Mali Un Peuple – Un But – Une Foi
Projet Tutoré
Rapport de recherche
Thème :
L’évolution des codes miniers
du Mali
Présenté par :
Zoumana B. Diallo
Étudiant en Licence2
Filière : [Exploitation /Exploration]
Année académique : 2024 – 2025
Lieu : Bamako / ESGM
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Sommaire
Introduction..................................................................................................3
I. Contexte général du secteur minier au Mali.............................................4
II. Analyse détaillée des codes miniers maliens (1963–2023)......................4
1. Le code minier de 1963........................................................................4
2. Le code minier de 1970 – Ordonnance n°34/CMLN du 12 août 1970. . .4
3. Le code minier de 1991 – Ordonnance n°91-065/P-CTSP.....................5
4. Le code minier de 1999 – Ordonnance n°99-032 modifiée par
l’Ordonnance n°00-027.............................................................................5
5. Le code minier de 2012 – Loi n°2012-015 du 27 février 2012..............5
6. Le code minier de 2019 – Loi n°2019-022 du 30 septembre 2019.......5
7. Le code minier de 2023 – Loi n°2023-040 et Loi n°2023-041...............6
III. Analyse comparative approfondie des codes miniers maliens................6
1. La participation de l’État dans les projets miniers................................6
2. La fiscalité minière................................................................................7
3. La gestion de l’environnement et des fermetures de mines.................7
4. Le contenu local (emploi, entreprises locales, savoir-faire national)....7
5. La transparence et la gouvernance......................................................8
Conclusion de l’analyse comparative...........................................................9
IV. Enjeux actuels et perspectives du secteur minier au Mali......................9
1. Mise en œuvre partielle et lente des réformes...................................10
2. Orpaillage artisanal non encadré........................................................10
3. Faible transformation locale des ressources.......................................11
4. Problèmes de gouvernance et de transparence.................................11
5. Difficultés d’application du contenu local...........................................12
6. Absence d’une stratégie minière intégrée..........................................12
Conclusion générale..................................................................................13
Bibliographie / Webographie......................................................................15
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Introduction
Enfouie dans les profondeurs du territoire malien se trouve une richesse
qui ne cesse de susciter convoitises, tensions et promesses de grandeur,
source d’espoir pour des générations et enjeu stratégique pour la nation :
l’or. Ce métal, précieux parmi tous, façonne depuis des décennies les
trajectoires économiques, politiques et sociales du Mali. Il ne s’agit pas
simplement d’un produit d’exportation : l’or incarne une promesse — celle
du développement, de la prospérité, et de la souveraineté nationale. Le
secteur minier, dominé par l’exploitation aurifère, est aujourd’hui l’un des
piliers de notre économie, représentant une part substantielle du produit
intérieur brut, des recettes fiscales et des devises d’exportation du pays.
Mais cette richesse n’est pas sans contrepartie. Elle soulève des
interrogations fondamentales : à qui profite-t-elle réellement ? Dans
quelles conditions est-elle exploitée ? Et comment garantir qu’elle
serve, avant tout, les intérêts du peuple malien ? Ces questions,
récurrentes, trouvent leur réponse – ou leur absence de réponse – dans
les choix de gouvernance, dans les politiques publiques, et surtout dans
les textes de loi qui encadrent le secteur.
Depuis l’indépendance, le Mali a connu plusieurs réformes majeures
de son cadre juridique minier. Chaque code adopté – en 1963, 1991,
1999, 2012, 2019, jusqu’au projet de réforme de 2023 – a tenté de
répondre aux défis de son temps : attirer les investissements,
renforcer la maîtrise nationale, garantir une meilleure redistribution
des richesses, ou encore encadrer les impacts environnementaux et
sociaux. Derrière ces textes, se dessinent des visions successives du
développement, des rapports de force internes et internationaux, et
une quête permanente d’équilibre entre ouverture économique et
souveraineté.
Ce rapport propose une analyse approfondie de cette évolution
législative et politique. À travers une lecture attentive des différents
codes miniers maliens, il s’agira de comprendre leurs objectifs initiaux,
les innovations qu’ils ont introduites, les limites auxquelles ils se sont
heurtés, et les raisons profondes de leur transformation. Cette étude,
fondée sur des textes juridiques, des rapports institutionnels, des
travaux scientifiques et des données de terrain, vise à éclairer les
dynamiques de gouvernance des ressources extractives au Mali et à
nourrir la réflexion sur l’avenir de ce secteur clé, au service d’un
développement plus juste, plus durable, et pleinement souverain
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I. Contexte général du secteur minier au Mali
L'exploitation des ressources minérales au Mali remonte à l’époque
précoloniale, avec des pratiques artisanales très répandues, notamment
dans les régions de Kayes, Sikasso et Koulikoro. Ces activités
traditionnelles ont longtemps constitué un pilier économique pour les
communautés locales. À partir des années 1990, avec l’ouverture du pays
aux investissements internationaux, le secteur minier industriel a connu
une expansion rapide, notamment grâce à l’or.
Aujourd’hui, l’or représente plus de 70 % des exportations nationales. Le
secteur contribue entre 8 à 10 % du PIB et génère des recettes fiscales
importantes. Cependant, cette croissance n’a pas toujours profité
équitablement aux populations locales. Les inégalités sociales, la faible
transformation locale, l’orpaillage non encadré et les impacts
environnementaux sont autant de défis que le pays tente de résoudre à
travers ses réformes successives du code minier.
Par ailleurs, les pressions des institutions financières internationales, les
exigences de développement durable et la nécessité de préserver la
souveraineté économique du pays ont fortement influencé les révisions
des textes miniers. Ainsi, chaque code traduit un moment précis de
l’histoire économique et politique du Mali, tout en révélant les ambitions
du pays en matière de gouvernance des ressources naturelles.
II. Analyse détaillée des codes miniers maliens (1963–
2023)
1. Le code minier de 1963
Institué sous la présidence de Modibo Keïta, ce premier code (non publié
officiellement, mais mentionné dans les archives de la SONAREM) plaçait
toutes les ressources naturelles sous le contrôle total de l’État. Dans
l’esprit socialiste de l’époque, l’exploitation minière était exclusivement
publique. Ce monopole a limité les investissements et entraîné un
ralentissement de l’exploration, bien que des découvertes importantes
aient été faites (Kalana , Médinandi , etc.).
Limites : Ce code ne prévoyait aucun mécanisme d’incitation pour les
investissements privés ni de réglementation moderne sur la gestion
environnementale ou sociale. Il bloquait le développement industriel du
secteur minier.
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2. Le code minier de 1970 – Ordonnance n°34/CMLN du 12
août 1970
Ce code marque une transition vers une économie plus ouverte après le
coup d’État militaire de 1968. L’État conserve la main, mais autorise, sous
conditions strictes, la participation privée. Il institue les permis de
recherche et d’exploitation. La Direction Nationale de la Géologie et des
Mines (DNGM) est également créée.
Limites : Malgré une certaine ouverture, les conditions d’accès aux titres
étaient lourdes, la procédure administrative centralisée et peu
transparente, ce qui n’a pas réellement amélioré l’attractivité du secteur.
3. Le code minier de 1991 – Ordonnance n°91-065/P-CTSP
Dans un contexte de démocratisation et de libéralisation, ce code met en
œuvre de grandes avancées. Il introduit la convention minière (chapitre
IV), qui garantit aux investisseurs la stabilité juridique et fiscale pendant
toute la durée du projet. L’État détient une participation gratuite de 10 %,
avec la possibilité d’en acquérir 10 % supplémentaires. Ce code a
fortement contribué à l’essor de l’investissement minier, mais a été
critiqué pour les nombreuses exonérations qu’il accordait, réduisant
significativement les revenus de l’État.
4. Le code minier de 1999 – Ordonnance n°99-032 modifiée
par l’Ordonnance n°00-027
Cette réforme s’inspire du Code Minier Communautaire de l’UEMOA. Elle
impose l’étude d’impact environnemental (article 112), oblige les
entreprises à établir un plan de réhabilitation (article 116) et améliore la
protection des droits des communautés locales (article 120). Elle introduit
également le Fonds de Développement Local.
Limites : Malgré des avancées importantes, le suivi des obligations
environnementales et communautaires restait faible. De plus, le manque
de coordination entre les ministères et collectivités locales a limité
l’efficacité de certaines dispositions.
5. Le code minier de 2012 – Loi n°2012-015 du 27 février
2012
Ce texte renforce le pouvoir de l’État. Il impose une participation gratuite
de 10 % dans toutes les sociétés minières, et la possibilité pour l’État de
monter à 30 % (article 13). L’impôt spécial sur les produits miniers (ISPM)
est introduit pour la première fois (article 108). Le permis de recherche est
délivré pour 3 ans renouvelables deux fois. Le code insiste aussi sur la
réhabilitation des sites (article 120) et sur la promotion des compétences
nationales, posant ainsi les bases du futur contenu local.
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6. Le code minier de 2019 – Loi n°2019-022 du 30 septembre
2019
Issu d’une volonté de justice fiscale, ce code supprime plusieurs
exonérations (article 110) et étend l’ISPM à de nouveaux produits (lingots
d’or, marbres, etc.). Il limite la durée des permis d’exploitation à 12 ans
renouvelables (article 63). Il formalise l’exploitation artisanale mécanisée
et renforce l’obligation d’élaborer un plan de contenu local (article 42).
Limites : Ce code a suscité de fortes résistances de la part des opérateurs
miniers, en raison du durcissement fiscal et de la suppression des
avantages précédemment acquis. Son application a été ralentie par des
décrets d’application tardifs et un manque de moyens pour les contrôles.
7. Le code minier de 2023 – Loi n°2023-040 et Loi n°2023-041
Adopté en période de transition politique, ce code représente une réforme
stratégique. Selon l’article 12, l’État détient désormais 10 % de
participation gratuite et peut acquérir 25 % supplémentaires. La loi
n°2023-041 encadre de manière contraignante le contenu local :
recrutement prioritaire de personnel malien (article 6), recours obligatoire
à des fournisseurs locaux (article 12), et plan de développement
communautaire. Le compte séquestre de fermeture est obligatoire dès le
début de la production (article 124). Le code vise à augmenter la
contribution du secteur minier au PIB à 20 % tout en assurant une
gouvernance durable.
Limites : Bien que très ambitieux, ce code nécessite des capacités
techniques et administratives accrues pour sa mise en œuvre. L’exigence
de contenu local pose également des défis aux sociétés minières,
notamment en matière de formation, et peut provoquer des lenteurs dans
l’exploitation si les ressources humaines locales ne sont pas disponibles.
III. Analyse comparative approfondie des codes miniers
maliens
L’analyse des différents codes miniers maliens montre une transformation
progressive des priorités de l’État : de l’étatisation totale à une meilleure
gouvernance des ressources, en passant par la souveraineté économique,
la justice fiscale, la protection environnementale et surtout l’intégration du
développement local. Voici les principales évolutions par thème.
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1. La participation de l’État dans les projets miniers
1963 : L’État détient 100 % du secteur minier. Le code ne permet aucun
investissement privé. Résultat : peu d’activités, car l’État manque de
moyens techniques et financiers.
1991 : L’État autorise les entreprises privées à investir. Il garde 10 % de
participation gratuite et peut acheter 10 % de plus (Ord. n°91-065, art.
11). C’est le début d’un partenariat État/entreprise.
2012 : La Loi n°2012-015 (art. 13) élève la part achetable à 20 %, ce qui
donne à l’État jusqu’à 30 % dans chaque projet.
2023 : Le code (Loi n°2023-040, art. 12) permet une participation de 10 %
gratuite et 25 % achetable, soit 35 % maximum.
Analyse : Plus la participation de l’État est grande, plus il peut bénéficier
des profits. Mais cela oblige aussi l’État à être plus actif et compétent dans
la gestion des entreprises minières.
2. La fiscalité minière
1991 : Les investisseurs bénéficient de nombreuses exonérations fiscales,
parfois durant toute la période d’exploitation. Cela attire les sociétés, mais
prive l’État de revenus importants.
2012 : L’introduction de l’Impôt Spécial sur les Produits Miniers (ISPM)
(art. 108) vise à capter une part des profits. Cela marque un tournant vers
une fiscalité plus équilibrée.
2019 : La loi n°2019-022 supprime certaines exonérations (art. 110) et
élargit l’ISPM à de nouveaux produits comme le marbre et les lingots d’or
(art. 109). Le taux d’imposition est ajusté pour rester compétitif (de 5 % à
3 % selon VivAfrik).
2023 : Le nouveau code consolide les mécanismes de collecte fiscale avec
plus de contrôle, notamment grâce à la transparence des contrats (art.
50).
Analyse : La réforme fiscale vise à augmenter les revenus de l’État sans
faire fuir les investisseurs, ce qui est un équilibre difficile à atteindre.
3. La gestion de l’environnement et des fermetures de mines
Avant 1999 : Aucun cadre clair pour la protection de l’environnement. Les
sites miniers sont souvent abandonnés, pollués ou laissés dangereux.
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1999 : Le code impose une Étude d’Impact Environnemental (EIE) (art.
112), un plan de fermeture (art. 116), et des obligations de suivi.
2012 : Obligation de créer un fonds de réhabilitation (art. 120), que
l’entreprise verse progressivement durant l’exploitation.
2023 : Création d’un compte séquestre obligatoire dès le début de la
production (art. 124). Ce compte sécurisé garantit que les fonds serviront
à restaurer les sites après exploitation.
Analyse : Le Mali passe d’un modèle tolérant la dégradation à un cadre
strict. Ces mesures protègent la santé publique, les sols, l’eau et
l’agriculture autour des mines.
4. Le contenu local (emploi, entreprises locales, savoir-faire
national)
Qu’est-ce que le contenu local ?
C’est l’ensemble des mesures prises pour que les bénéfices de l’activité
minière profitent aux Maliens eux-mêmes, en termes d’emploi, de
formation, de services et d’investissements dans les entreprises locales.
Avant 2012 : Aucune mention de contenu local. Les sociétés étrangères
pouvaient importer leur main-d'œuvre, équipements, et fournisseurs.
2012 : Première allusion à l’emploi de la main-d’œuvre nationale, mais
sans obligation chiffrée (Loi n°2012-015).
2019 : Le code oblige les sociétés à proposer un plan de contenu local
(art. 42). Mais il reste vague, avec peu de sanctions en cas de non-respect.
2023 : Changement de cap radical avec la Loi n°2023-041 sur le contenu
local :
Article 6 : Obligation de recruter prioritairement du personnel malien,
sauf justification claire.
Article 12 : Les entreprises minières doivent recourir à des prestataires
locaux (sous-traitance, fournitures, logistique…).
Les sociétés doivent également :
Organiser des formations techniques pour les jeunes et employés
locaux.
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Développer des plans de développement communautaire.
Participer à l’équipement d’écoles, de centres de santé, etc., dans
les zones minières.
Analyse : Le contenu local est devenu un axe majeur de souveraineté
économique. L’objectif est de ne plus seulement “extraire de l’or”, mais de
faire croître les compétences, les emplois et les entreprises maliennes. Le
défi reste de former rapidement assez de main-d'œuvre qualifiée et de
structurer le tissu économique local.
5. La transparence et la gouvernance
1999 : Introduction du Fonds de Développement Local, mais peu de
contrôle.
2019 : Les collectivités territoriales sont associées à la planification
minière. Plus de contrôle sur les engagements sociaux.
2023 :
Article 50 : Toutes les conventions minières doivent être publiées.
Digitalisation du cadastre minier : plus de transparence sur les
titres accordés.
Mécanismes communautaire de suivi: associations, mairies et
citoyens peuvent suivre l’application des obligations.
Analyse : Le Mali progresse dans la lutte contre la corruption et l’opacité.
Ces réformes s’alignent sur les normes de l’ITIE, qui visent une gestion
équitable et publique des ressources extractives
Conclusion de l’analyse comparative
En résumé :
Critère 1963 1991 2012– 2023
2019
Part de l’État 100 % 10–20 % 10–30 % 10 % + 25 % =
35 %
Fiscalité N/A Très ISPM introduit Fiscalité
avantageuse consolidée
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Environnemen Absent Faible Réhabilitation Compte séquestre
t obligatoire
Contenu local Inexistant Optionnel Plan exigé Loi stricte (2023-
041)
Transparence Opacité Moyenne Participation Contrats publiés,
locale ITIE
Ces progrès juridiques sont majeurs. Mais leur impact dépendra de
l’application réelle sur le terrain : inspections régulières, sanctions, et
implication des communautés locale
IV. Enjeux actuels et perspectives du secteur minier au
Mali
Malgré les nombreuses réformes législatives et les améliorations notables
du cadre juridique à travers les différents codes miniers, le secteur minier
malien fait encore face à plusieurs défis de mise en œuvre, d’équité
sociale et de développement durable. Cette partie analyse les enjeux
majeurs actuels ainsi que les perspectives nécessaires pour transformer le
potentiel minier en véritable moteur de croissance inclusive pour le pays.
1. Mise en œuvre partielle et lente des réformes
Ce que disent les lois :
Les codes de 2012, 2019 et 2023 posent des obligations claires en matière
de fiscalité, d’environnement, de contenu local, et de participation
communautaire.
Problème :
Beaucoup de ces dispositions peinent à être appliquées sur le terrain,
faute de moyens humains, logistiques et financiers. Le manque de
coordination entre les ministères, les collectivités territoriales, et les
entreprises minières affaiblit l’impact de ces lois.
Exemple concret :
Le compte séquestre de réhabilitation imposé par l’article 124 du code de
2023 est difficilement mis en œuvre dans plusieurs mines artisanales et
semi-mécanisées, par manque de mécanisme de suivi adapté.
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2. Orpaillage artisanal non encadré
Réalité :
Des dizaines de milliers de Maliens pratiquent l’orpaillage artisanal,
souvent sans permis ni encadrement. Cela provoque :
Des conflits avec les sociétés minières,
Des accidents fréquents,
De graves dégâts environnementaux (utilisation du mercure,
déforestation, contamination de l’eau).
Le code de 2019 (Loi n°2019-022) a tenté d’organiser ce sous-secteur à
travers des autorisations spécifiques pour les exploitations artisanales
mécanisées, mais ces mesures restent insuffisamment appliquées.
Perspectives :
Créer des zones d’orpaillage formalisées,
Fournir des formations et du matériel sécurisé,
Intégrer l’orpaillage au cadastre minier.
3. Faible transformation locale des ressources
Constat :
L’or extrait au Mali est en majorité exporté brut, sans transformation
locale (raffinage, bijouterie, etc.). Cela prive le pays de valeur ajoutée,
d’emplois et de revenus.
Objectif visé par le code de 2023 :
Favoriser la création d’une chaîne de valeur minière au Mali :
Fonderies et raffineries locales,
Développement de la bijouterie,
Industrialisation des sous-produits.
Ce qu’il faut faire :
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Offrir des avantages fiscaux ciblés pour les investisseurs dans la
transformation,
Créer des zones économiques spéciales pour les industries minières.
4. Problèmes de gouvernance et de transparence
Défi majeur :
Même si la publication des conventions minières est désormais obligatoire
(art. 50 du code de 2023), la corruption et l’opacité dans l’attribution des
permis persistent à certains niveaux.
Progrès à saluer :
Adhésion du Mali à l’Initiative pour la Transparence dans les
Industries Extractives (ITIE),
Numérisation progressive du cadastre minier.
Ce qu’il reste à faire :
Renforcer les organes de contrôle,
Impliquer davantage la société civile,
Sanctionner systématiquement les entreprises non conformes.
5. Difficultés d’application du contenu local
Limite actuelle :
Bien que la Loi n°2023-041 sur le contenu local soit ambitieuse, de
nombreuses entreprises peinent à respecter les quotas, faute de personnel
local qualifié ou d'entreprises locales suffisamment structurées.
Solutions proposées :
Investir massivement dans la formation technique (géologues,
ingénieurs, mécaniciens, etc.),
Développer un réseau d’entreprises locales certifiées pour la sous-
traitance,
Renforcer les sanctions contre les entreprises qui ne respectent pas
leurs engagements.
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6. Absence d’une stratégie minière intégrée
Constat :
Le Mali n’a pas encore une politique minière globale qui coordonne les
volets économiques, sociaux, fiscaux, environnementaux et industriels.
Ce qu’il faut :
Un Plan National de Développement Minier clair et chiffré
Une coordination entre les ministères, les collectivités, les
chercheurs, les partenaires techniques et les populations.
Objectif :
Faire du secteur minier un levier de développement durable, et non une
simple extraction de ressources au profit d’acteurs extérieurs.
En résumé :
L’avenir du secteur minier malien dépend moins de nouvelles lois que de
la mise en œuvre rigoureuse de celles déjà votées. Le Mali a désormais un
cadre juridique solide et complet, notamment avec le code de 2023. Ce
qu’il lui faut maintenant, c’est :
Une volonté politique forte,
Des institutions efficaces,
Un suivi permanent,
Et une participation réelle des populations locales.
Conclusion générale
L’évolution des codes miniers du Mali de 1963 à 2023 illustre un
cheminement progressif vers une meilleure gouvernance des ressources
naturelles, une souveraineté économique renforcée, et un développement
plus inclusif du secteur minier. Chaque réforme juridique a été dictée par
des contextes politiques, économiques et sociaux spécifiques, mais elles
partagent toutes un objectif commun : faire en sorte que les richesses
minières du pays profitent réellement au peuple malien.
Le code de 1963, purement étatique, a montré ses limites en matière
d’efficacité et de financement. Le code de 1991, en ouvrant le secteur aux
investisseurs étrangers, a permis un essor rapide de l’exploitation
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industrielle. Cependant, cette libéralisation s’est souvent faite au
détriment des intérêts nationaux et communautaires. Les réformes de
1999, 2012, 2019 et 2023 ont successivement introduit des éléments de
régulation sociale, environnementale, fiscale et économique plus solides,
jusqu’à faire du contenu local, de la transparence et de la protection de
l’environnement des piliers fondamentaux de la législation minière.
Le code de 2023 marque aujourd’hui un tournant décisif : il affirme la
volonté du Mali d’accroître sa part dans les bénéfices miniers (jusqu’à 35
% de participation de l’État), de contrôler davantage l’exploitation via une
fiscalité rénovée et des mécanismes de suivi, et surtout de faire du
secteur minier un moteur de développement local, industriel et durable.
Cependant, des défis majeurs subsistent. L’application effective des lois
est souvent ralentie par le manque de moyens, la faiblesse des
institutions, l’inefficacité des contrôles, et le faible niveau de formation
locale. Le développement du secteur minier ne pourra être véritablement
bénéfique que si l’État malien investit dans la capacité institutionnelle, la
formation technique, l’encadrement de l’orpaillage artisanal, et la
structuration des entreprises locales.
En somme, la transformation du secteur minier malien est bien engagée
sur le plan législatif, mais le défi de la mise en œuvre concrète reste
entier. Le succès des futures politiques minières dépendra de la capacité
du Mali à faire respecter ses lois, à associer tous les acteurs — y compris
les communautés locales — et à inscrire l’exploitation minière dans une
vision de développement équitable, transparent et souverain.
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L'important ce n'est pas d'applaudir qu'un nouveau Code minier
soit voté mais de chercher à savoir en quoi ce Code est-il meilleur
aux autres qui l'ont précédé ? Est-ce que ce Code fera briller l'or
malien pour le Mali mieux que ses prédécesseurs ?
Bibliographie / Webographie
🧾 Textes juridiques officiels
Ordonnance n°34/CMLN du 12 août 1970 portant Code minier.
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Ordonnance n°91-065/P-CTSP du 30 septembre 1991 portant Code minier.
Ordonnance n°99-032/P-RM du 19 août 1999 portant Code minier.
Ordonnance n°00-027/P-RM du 28 mars 2000 modifiant l’ordonnance de
1999.
Loi n°2012-015 du 27 février 2012 portant Code minier.
Loi n°2019-022 du 30 septembre 2019 portant Code minier.
Loi n°2023-040 du 27 juillet 2023 portant Code minier.
Loi n°2023-041 du 27 juillet 2023 relative au contenu local dans le secteur
minier.
🔗 Accès aux textes :
https://itie.ml – Plateforme officielle de l’Initiative pour la Transparence
dans les Industries Extractives au Mali.
https://www.droit-afrique.com – Base de données des textes législatifs
africains.
📚 Sources académiques et rapports
ITIE Mali, Rapports de conciliation 2018–2023.
OCDE, Cadre de gouvernance des ressources naturelles en Afrique de
l’Ouest, 2020.
BAD (Banque africaine de développement), Note sur le secteur extractif au
Mali, 2021.
PNUD Mali, Étude sur le développement local autour des sites miniers,
2022.
Articles et analyses
Jeune Afrique, Mali : ce que contient le nouveau code minier de 2023
(2023).
Africanews, Le Mali renforce la fiscalité minière pour plus de retombées
locales (2023).
VivAfrik, L’introduction de l’ISPM au Mali : un pas vers la justice fiscale
(2023).
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Pinsent Masons, Mining law reform in Mali: the shift towards greater state
control (2023).
Business & Human Rights Resource Centre, Harmonisation des codes
miniers en Afrique de l’Ouest (2023).
Autres ressources utilisées
Archives SONAREM et DNGM (Direction Nationale de la Géologie et des
Mines).
Plateforme de documentation de l'UEMOA sur l'harmonisation minière.
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