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PAMANNÉ E - V ' C A H I E R
vw A t l a n t i s : :
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ct ù LR |
_Archéologie scientifique et traditionnelle
ne Directeur-Fondateur : Paul LE COUR
A. ARNAUD
TLANTIS, provisoirement 7, rue Jules-Ferry, FONTENAY-SOUS-BOIS (Seine)
Me - / C.G.P.Atlantis 1159.91. Paris ÿ
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0 LForrencwels call (510) 649-2500 :
VAN EArhe are auhiect to recall.
Y
è eu
_ Membres du Comité d'honneur d
depuis sa fondation en 1926Pa
FORTUNAT- STROWSKT. EN Ne es Maréchal te = “pierte FT
Sylvain LÉVI. — Ph. NÉGRIS, président de l'Ac démie -d'A;
RUTOT, de l'Académie Royale Belge. — J.-H. ROSNY aîn
HARAUCOURT. —— N. POLITIS. — Pari LANDOWSKI. — Philéas
Paul VALÉRY. — G. BARROSO, de l'Académie brésilienne. — ]
PIERRES, secrétaire d'Etat de Monaco. — Louis GERMAIN, directeurà
d'histoire. naturelle. —— V.-E. MICHELET. — ‘Pierre MILLE.
DUHAMEL, de l'Acädémie française. — Mario MEUNIER. )
NOUY. — Fernand BALDET, ancien Rene de la Sociétéastronom
France. |
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de leur procurer des ouvrages, consulter sur place des documents, +)
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la possibilité” de consulter la collection d'ATLANTIS et no:
publications complètent les activités HET de Paris. 8 SE?
Hate sous-Bois, 7, rue Jules-Ferry (Tél.: Tre. oh 43).
Ne pas attendre Pour Se ue inscrire, en raison du
demandes.
Abonnement à ATLANTIS : 200 fr. par
_ 21° année
N° 135
Chers amis,
Les idées semées par Atlantis depuis plus de vingt ans tendent à se
répandre, et l’on parle souvent maintenant du retour du Christ, de l’ère
du Verseau, de la grande année précessionnelle, ainsi que de l’impor-
tance de ce loan dont l'Eglise doit succéder à celle de Pierret,
Or, notre ami Paul Basiaux? vient de prendre l'initiative d’organi-
ser, Les 23, 24 et 25 juin prochain, pour la fête de la Saint-Jean, dans
la cité de Carcassonne, l'un des foyers de ce christianisme johannite
que fut le catharisme, un Congrès de la renaissance spirituelle, sous
l'égide d'Atlantis et de l’Institut d'Etudes Occitanes de Toulouse.
Cette idée d'un Congrès dans la cité médiévale de Carcassonne,
consacré à l’idée salvatrice d’un christianisme ramené à ses origines
druidiques, helléniques et johannites, est digne de retenir notre atten-
tion et notre appui; la date du 24 juin 1948 deviendrait ainsi un des
jalons de ce réveil spirituel marqué déjà par le 24 juin 1926, date de
la fondation d’Atlantis, et par le 24 juin 1940 où eut lieu la cessation
des hostilités entre la France et ses adversaires. Le feu de la Saint-Jean
du 24 juin prochain, à Carcassonne, apparaîtrait comme le symbole
de la résurrection des traditions de nos ancêtres aryens et gaulois
et de l'idéal de réconciliation sous lequel il est placé.
Les personnes que l’idée intéresse et celles qui auraient des com-
munications à faire àce Congrès sont priées de se mettre en rapport
avec Paul Basiaux, 20, rue du PI6, cité de Carcassonne (Aude) ou avec
… Atlantis. Le textè des communications devra être soumis avant le
- 81 mai.
F
Un billet collectif pourrait être pris de Paris à Carcassonne et
retour, à condition de se faire inscrire à l'avance.
Une excursion en auto-car serait organisée à la magnifique abbaye
de Fontfroide et peut-être à Montségur, le dernier refuge des Cathares.
Paul LE COUR.
1. Un ami d'Attantis a pris l'initiative de faire taper à la machine en trois
exemplaires mon commentaire de l'Evangile de Ioan qui pourra être ainsi
“communiqué s’il n’est pas possible de l'éditer.
2. Auteur de La formidable énergie, Les quatre fils Aymon au pays du
Graal, L& butte sacrée de Carcassonne, etc...
114 ATLANTIS È
Évolution ou révolution?
|
Nous voici arrivés à un moment de l’histoire humaine où se pose un
problème redoutable. En effet, la technique venue de l'intelligence
(Agni) a bouleversé le monde, mais en même temps la morale en
rapport avec la sensibilité (Aor) S’est amoindrie, si bien que l’intel-
ligence, au lieu de conserver la vie, a été mise au service des œuvres
-de mort et de destruction. Va-t-on vers une évolution pacifique où.
vers une révolution sanglante ? C’est à résoudre ce problème que ten-
dait le récent article de Lucien Duplessy, L'ère atomique (qui est
l'ère satanique), auquel répond l'article ci-après de À. Arnaud.
(( ‘A1 été vivement intéressé par l’article de Lucien Du-
plessy, L'ère atomique, paru récemment dans Atlantis:
L'auteur y dit des choses fort pertinentes, maïs que
je trouve teintées d’un peu trop de pessimisme. Or,
le pessimisme est une forme (ou une déformation)
du jugement, propre au caractère de chacun. Il
implique, dans le cas présent, un manque de confiance
que j'estime injustifié, en ce qui concerne la destinée
de l'Humanité. Le scepticisme serait plus explicable chez un matérialiste
sec et froid calculateur, lequel est naturellement conduit à admettre
qu’un calcul étayé par une observation rigoureuse peut être valable=.
ment extrapolé, sans craindre le démenti d’une expérienceà venir, dont
d’impossibles impondérables (puisqu'il n’admet pas de puissance
supra-humaine) seraient venus fausser subrepticement l'ordonnance
prévue, en y introduisant, contre toute attente, des données nouvelles.
Encore le pessimisme de Lucien Duplessy n’est-il pas complètement
noir, puisque son article se termine par des phrases d'encouragement .
et d'espoir. Mais les penseurs d'aujourd'hui nous habituent trop sou-
vent à une littérature désespérante et semblent trouver un sadique
plaisir dans un dénigrement systématique de la société. Cet état
d'esprit ne peut qu’engendrer la sécheresse du cœur et l'impuissance
d'agir. Il importe de lui opposer les forces éternellement jeunes de
confiance en soi et de foi en l'avenir, qui ont toujours fait la BRAS
et le bonheur des peuples.
A ce sujet, notons, en passant, que notre attachement à tous pour |
Atlantis est dû, pour une large part, à l’éternelle jeunesse d’esprit de c
notre Directeur, en qui ont su trouver asile l'enthousiasme sage et la &
foi lucide et qui sait joindre au sens aigu de l’analyse du passé le ;
sens non moins aigu de la synthèse de l'avenir.
Ceci dit, je voudrais, dès l’abord, examiner deux questions préa-
lables :
ATLANTIS 115
1° Est-il démontré que le machinisme, même hypertrophié, ait pour
résultat certain l’abrutissement physique et intellectuel de l’ouvrier et,
par suite, la dégénérescence de la race?
2° Est-il également démontré, ou seulement probable, que notre
époque, — où le matérialisme est en progrès, — prélude à l’écroule-
ment inéluctable et catastrophique de notre civilisation ?
Je ne crois jamais au pire. Mais il est bon de le prévoir si l’on veut
y remédier, et c’est grâce à cela qu’il ne se produit pas.
On sait que les contemporains d’une époque, — à la fois juges et
parties, — sont mal qualifiés pour la comprendre pleinement. Quoi
qu'il en soit, que pouvons-nous vraisemblablement augurer de l’avenir ?
Le machinisme est jugé différemment par les gens dont il boule-
verse les habitudes. Ceux qui refusent de s’y adapter le blâment; les
autres le louent. Il apparaît cependant qu’en apportant un immense
accroissement de la production, il doit permettre, d’une part, de satis-
faire beaucoup plus de besoins; d'autre part, de réduire dans une
large proportion la quantité d’efforts dont l’homme doit payer son
pain.
Par contre, il n’est que trop certain que notre société actuelle n’a
pas encore su s'adapter à ce nouvel état de choses, créé par l’ère de
l'abondance. Mais il est aisé de prévoir que, dans un proche avenir,
nos institutions sociales et surtout économiques seront reconstruites
sut des bases nouvelles, dont la perspective suffit à épouvanter les
timorés, mais réjouit au contraire ceux qui pensent que le système
. capitaliste périmé doit logiquement céder la place à un système plus
humain, plus évolué, mieux adapté à l’état actuel de la société.
Dès aujourd’hui, nous pouvons prévoir les effets de la grande révo-
lution qui s'annonce, qui devrait être accomplie déjà, n'étaient les
hésitations, les résistances, l’inertie des enkystés et des profiteurs d’un
régime qui a cessé d’être viable. Que diraient-ils, s'ils voyaient en
rêve le monde de demain, où l’homme, utilisant la machine au maxi-
mum, Subviendra largement aux besoins de son existence, en échange
de deux ou trois heures de travail quotidien (ou de huit heures par
jour pendant dix années par exemple) et disposant librement du reste
de son temps pour ses loisirs, ces pauvres loisirs que nous ne savons
d’ailleurs pas encore employer, par manque de préparation à cet effet ?
Primum vivere... Ce premier point étant acquis, nous pourrons tout à
notre aise philosopher grâce au dévéloppement de l'instruction géné-
rale, cet unique facteur de l'émancipation véritable.
Dans cet ordre d'idées, pour la généralisation de la culture intel-
lectuelle, il reste beaucoup à faire. Mais pourquoi ne serait-il pas fait
. beaucoup? Les moyens ne nous manquent point; il suffit de les
vouloir.
J'entends bien que l'instruction n’est pas l'éducation; que le déve-
Hoppement des facultés intellectuelles n’est pas le développement des
qualités morales. Mais l'instruction et l'éducation sont, malgré tout,
deux demandent pour se réaliser une sérieuse “ Te p
cest précisémentà la suite de l’intensification du machi Ê
la libération de temps qu’il procure, que l’homme pourra
pleinement aux études et exercices ayant pour but de
d’orner son cerveau.Il est d’ailleurs toujours plaisant d’ent
ie Vraiment, ce n’est pas sérieux ! Il reste, paraît
fort contingent de ratés. Possible ! Mais il est facile de comp
qu’il n’ y aura plus de ratés, . il s’agira Sn de
pas ‘toujours, mais souvent — moins de dextérité FO
plus d'intelligence que l’outil primitif. En quoi le pic du mi
l'atelier de la filature ou le tracteur agricole ? Les premiers to |
maient en bête de somme un pauvre homme, courbé sur sa tâche
ou quinze-heures par jour, usé, cassé, Hoi avant rue
, fatigue et les privations.
n reste, il . vrai, à nos tone dia à S ab
constances nouvelles. Si elles n’ont pas suivi le progrès matériel, c’est.
sans nul doute que l'esprit, non pasdu peuple, mais des classes diri-
in n’a pas su ou pas voulu évoluer assez vite afin 2 se.
passager, une crise de croissance.
Il nous faut donc regarder par dessus nos difficultés pe
parturition.
Reste à examiner le deuxième point concernant me
côté moral et surtout spirituel. Le développement du matérialism
vateurs, en particulier les lecteurs d'Atlantis, pour jecaitéé (
dégagée de toute spiritualité ne vaudrait pas la peine d’être
Allons, amis spiritualistes, cessez d’être en contradiction avec vous-
mêmes ! Puisque vous croyez en une autorité supérieure, transcen
ATLANTIS 117
dante à l’homme, cessez de douter de son pouvoir ! Vous lui faites
injure. Cherchez plutôt à comprendre les raisons de son comporte-
ment actuel: elles existent certainement et doivent se laisser pénétrer
à qui saura se dégager assez du cadre rigide des idées préconçues.
L'abaissement de la spiritualité est un symptôme inquiétant. Nous
savons que toute civilisation a toujours été étayée par une religion.
Les sociétés ont été d'autant plus prospères, solides, cohérentes,
qu’elles reposaient sur une religion plus scrupuleusement et universel-
lement observée. Civilisation et religion sont tellement synchronisées
qu’elles ont toujours présenté une évolution parallèle. L’apogée ou le
déclin de l’une correspond toujours à l’apogée ou au déclin de l’autre.
Telles les civilisations chaldéenne, égyptienne, juive, grecque, romaine,
et sans doute aussi, par analogie, la nôtre. é
Mais sommes-nous certains qu'il y ait analogie? Rien n’est moins
sûr. Une civilisation (avec sa religion) n’a pu mourir définitivement
que sous [a poussée victorieuse d’une autre civilisation naissante, plus
jeune, plus dynamique, plus brutale aussi. Et bientôt, ce nouveau
. flambeau éclaire le monde d’une lueur plus belle. Transformation
n’est pas disparition et ne nécessite pas le passage par un effondre-
ment, même provisoire. Il semble combien plus logique, plus simple
aussi, d'admettre que nous sommes à un changement radical d’orien-
tation du complexe civilisation-religion tel que nous le connaissons.
Un nouveau Virgile pourrait donc redire : « Le monde oscille sur le
point de tourner. » Eh bien! nous tournerons et continuerons. Où
donc, messieurs les pessimistes endurcis, voient-ils des catastrophes,
ailleurs que dans leur esprit ? II n’est que de bien tenir le volant pour
prendre le virage, après quoi nous trouverons la belle route.
Mais la religion, la spiritualité, que deviennent-elles dans le « tour-
nant », Sans doute, elles tourneront aussi; mais n’étant pas prophète
(ceiqueje regrette), j'ignore quelle route elles prendront. Et à quoi
cela vous servirait-il de le savoir ?
Peut-être pourrait-on interpréter comme une discordance avec la
règle générale, le fait que la civilisation aryenne se maintient pros-
père sur le plan matériel et périclite gravement sur le plan spirituel.
Rien fest moins certain. Il suffit de bien distinguer religion et spiri-
tualité. Chacun sait que la religion de base de la civilisation aryenne
est le christianisme sous ses diverses formes : Eglises catholique,
anglicane, réformée, orthodoxe, etc. Toutes ces Eglises sont plus
ou moins en déclin, ce qui prouve que l’idée chrétienne ne suffit plus
à satisfaire notre besoin de spiritualité, mais non pas que ce besoin
de spiritualité soit lui-même en déclin. Et parmi les matérialistes, —
il y en eut toujours de plus ou moins avoués à toutes les époques, —
un grand nombre sont des spiritualistes qui s’ignorent. Ils ont renoncé
aux dogmes traditionnels qu’ils jugeaient incapables de satisfaire
aux aspirations du cœur et surtout de l’esprit, mais ne se sont pas
préoccupés de rechercher une conception nouvelle. De même, parmi les
2
\\
SZ
118 | | Li ATLANTIS
adeptes de s vie ill es re li gi on s tra dit ion nel les , MR pr i
chercher à comprendre et même pour s’éviter l'effort de com
nécessai re . To ut ho mm e as pi re ver s Di eu ; cec i est aus si ra
_ d’hui qu e da ns les siè cle s pa ss és . Ma is la ro ut e co nd ui sa nt à 3
est longue et pénible; beaucoup sont effrayés à la vue du ch
parcourir et jugent la tâche trop ardue, ou la discernent…
s' ég ar en t. Le rôl e de s cr éa te ur s de rel igi ons a con sis té pré cis
grouper ces brebis en peine et, sous la conduite de bergers. ûmen
qualifiés, à les diriger dans la voie choisie et préparée, leur
toutes prescriptions et recommandations utiles, adornées d
penses ou de peines, le tout destinéà assurer le maximum de sécurité
pendant le voyage. Une Eglise n’est donc pas autre chose qu'une j
société de transports en commun, avec sa recherche de clien: sa
réclame (prosélytisme); le voyage est agrémenté de distractio s (
monies); dans les cas d’inobservation du règlement (rites), de:
tions sont infligées a purgatoire, ERuns où
mais on considère que les morts sont quand même arrivés à. OT
puisqu'on affirme (dans les deux camps) qu’ils s’en vont droiï au cie
Les voyageurs ayant vraiment la foi affrontent ces risques
france et de mort avec intrépidité, assurés d'y trouver avant
qui démontre bien, s’il en était encore besoin, la puissance de
pagande, en religion comme en politique. :
Quoi qu’il en soit, certains esprits indépendants répugnent Le el
eux-mêmes leur heure de départ, choisir leur itinéraire et rég
ordre de marche, se réservant, à leur fantaisie, de flâner en cher
médiaires et aux dure superilus, évitant ainsi la promiscuit L t
bousculades. Ils feront donc le voyage seuls et par leurs pr p
moyens. Ce sont les francs-tireurs de la religion. | ï
Mais les francs-tireurs ont toujours été suspects aux yeux 6
autorités constituées qui leur reprochent cet esprit indocile, W À:
frondeur et aussi... une perte de clientèle et de an La - ilui “
d'un important et confortable matériel moderne, elle 4
presque tout le monde et en retire richesse et puissance;
tireur étant l’exception connaîtra le bûcher qe me
ATLANTIS | 119
et le franc- tireur, devenu légion, se rit des excommunications. Il
passeà son tour à l’action et, surenchérissant sur ses vrais sentiments,
il demande la suppression légale des sociétés de transports en com-
mun en déclarant inutiles des voyages vers un Dieu qui n'existe pas.
Le libre-penseur évoluant est devenu athée et matérialiste. Mais ses
sentiments profonds n'ont pas changé; son matérialisme n’est qu’un
instrument de lutte pour la destruction d’'antiques survivances. Il
ignore qu'en religion, il n’est pas permis de détruire simplement, de
faire table rase; il faut remplacer le vieux matériel par du matériel
moderne, adapté aux goûts et aux besoins de la clientèle. $
La civilisation aryenne voit ses transports en commun, pour le ciel,
assurés par le consortium du christianisme. Les diverses sociétés dont
il se compose en sont encore à l’âge de la diligence. Les grands
services rendus dans le passé leur conservent toujours un reste de
considération; mais de plus en plus rares sont les voyageurs qui
consentent encore à prendre le coche pour ne pas rompre avec de
vieilles habitudes. On peut aller tellement plus vite aujourd’hui !
Cette nette insuffisance actuelle dans nos moyens de transport spi-
rituels est cause de difficultés sans nombre; mais pourquoi diable
envisager la fin de tout, alors qu’il n’est question que de la dissolution
d'une société vieillie et de la constitution d’une nouvelle? Bier sûr,
le problème est de taille; mais si nous devons aller jusqu'à l’avène-
ment de Ganymède, nous avons encore deux siècles à en attendre les
modalités. Jusque-là, quelques grinçantes diligences cahoteront encore
sur les routes spirituelles, et les libres-penseurs voyageront par leurs
“ propres moyens. L’humanité, dans deux siècles (soit. deux jours d’une
vie humaine), sera nantie de transports en commun ultra-modernes
donnant entière satisfaction à tous les usagers. Il n’est que d’attendre;
quoi bon vouloir brusquer le, destin ? Pourquoi se désoler? Où
…voit-on des catastrophes? Une évolution est, en fait, une révolution
non sanglante,
Ce que l’on peut faire aujourd’hui avec fruit, c’est un essai de large
… groupement des francs-tireurs dans une direction générale commune,
sans règles trop strictes, sans dogmes intangibles, chacun restant libre
de participer à la discussion et d’en retirer ce qui lui convient. Aflantis,
déjà, remplit ce rôle. |
Maïs qu'on se dispense d’appeler à cor et à cri une impossible
remontée de courant, un chimérique retour en arrière, Une civilisation
peut se dégrader, disparaître; jamais elle ne recule. Elle ne repasse
pas deux fois par le même chemin. Le temps est absolument irré-
versible.
Nous continuerons donc notre marche en avant, sous le signe du
machinisme qui ne doit pas nous effrayer. Si c’est, aux yeux de cer-
tains, un monstre, n’oublions pas que c’est nous qui l’avons créé et
que nous devons le diriger. Seulement, la transformation qu’il opère
a déjà fait des cadavres, dont la décomposition empoisonne notre
120 ATLANTIS te
atmosphère et qu’il est urgent d’enterrer . i e li nc eu l de po ur pr er a s e à
avoir déjà reçu le capitalisme, le li bé ra li sm e et au tr es sy st èm es pé ri -
més, que l’on veut s’ ob st in er à fa ir e vi vr e, à gr an d re nf or t de gu er re s, s à
d'impôts excessifs, de ve xa ti on s de to ut es so rt es . To us no s ma ux
viennent de là. Heureusement qu e le re mè de ex is te , ma is en co re fa ut -i l
vouloir l’ ap pl iq ue r. To ut le mo nd e es t à pe u pr ès d' av is qu e ma ch i-
nisme et ca pi ta li sm e ne pe uv en t ha rm on ie us em en t co ex is te r. Le s es sa is
d'adaptation ay an t to us pi te us em en t éc ho ué , il fa ut do nc su pp ri me r
l’un des an ta go ni st es . To ut e la qu es ti on es t là . Il es t pe rm is d' es pé re r
que la raison saura sans tarder reprendre ses droits. Fe
Et si la mort d’un régime est assimilée par certains à la mort d'une
civilisation, je n’insisterai pas sur ce que ce point de vue offre d’exces-
Ÿ
sif. Ou bien dans ce cas, en voyant dès le lendemain la vie continuer
avec un essor acclu, nous pourrions nous écrier comme autrefois àMa
mort d’un roi : « La civilisation est morte ! Vive la civilisation».
Enfin, pour terminer, nous proclamerons que nous vivons uñe magni-
fique époque qui nous oblige à sortir des sentiers battus. Comme le
marin aimeà triompher de la tempête, nous devons nous-mêmes lutter
afin de jouir du triomphe d'autant plus intensément que nous aurons
davantage souffert et peiné.
La vie humaine ne vaut que par Paction et le sacrifice. Vous voilà
servis à souhaït, vous ignoriez votre bonheur ! Et après cela, oseriez-
vous encore désespérer, pessimistes ?
Un mal dont on connaît le remède ne doit pas nous épouvanter.
Si l'actuel médecin refuse d'appliquer le traitement approprié, nous
en attendrons un autre, Mais assurés du succès final, ayant pleinement
confiance en l'avenir, nous appelons de tous nos vœux l’ère de Justice
et de Paix qui s’annonce. He
: A. ARNAUD.
Réponse de Lucien Duplessy
M. Arnaud présente avec finesse et humour des observations aux-
quelles j'ai répondu par avance dans mon ouvrage La machine ou
l’homme.
Ainsi pour le pessimisme, dont je veux prendre 12 défense encore
une fois, bien que mon aimable confrère en Aflantis ne me considère
pas comme un désespéré intégral. Le pessimisme, qui fait à l’occasion.
fort bon ménage avec la plus belle humeur, est une attitude purement
intellectuelle. En tout cas, elle peut être courageuse, voire héroïque,
et elle ne dissuade pas forcément d'agir, bien au contraire; n'est-ce
pas celle du vrai chrétien, exilé dans cette « vallée de larmes » et
confiant dans un avenir supra-terrestre, celle de notre moyen âge -
cs
ATLANTIS 121
tout tourné vers le ciel et pourtant si débordant de vie et d'œuvres ?
Un général trop optimiste est toujours battu, un général qui craint le
pire et cherche à l’éviter a toutes les chances pour lui. Comme dit
M: Arnaud, il est bon de prévoir le pire; mais alors, n’est-ce pas là
du pessimisme éclairé, plutôt qu’un optimisme intrépide ?
. L'optimisme, — je n’ai pas dit l’espoir, ni la foi, — est toujours
superficiel, parce qu’il est une autre face du rationalisme, qui s’en
tient à l'écorce des choses. C’est de cette position que procède la
croyance au progrès continu, héritée du siècle si peu véritablement
philosophe que fut le XVIHI°. Croyance démentie par l’histoire, jusqu’à
notre époque incluse. Celle-ci s’est trompée dans la mesure où elle
a été optimiste. Si elle avait jeté le moindre coup d'œil au tréfonds
de l'homme éternel, elle eût été épouvantée d’une invention telle que
l'avion. Pourquoi le comportement de l’Amérique et de la Russie
amène-t-il chez nous autres, vieux Européens, tantôt les sourires,
tantôt l'inquiétude ? Parce que ces deux peuples pratiquent un opti-
misme forcené.
Vaut-il mieux refuser de voir la catastrophe qui s’avance, au risque
d'y tomber sans préparation, ou la prévoir pour s’en garantir, et pour
que, justement, elle n'arrive pas ? M. Arnaud, malgré tout, penche vers
le second cas, puisqu'il parle, en terminant, d'action et de sacrifice,
"du «époque difficile », de « tempête ». Le bonheur, pour lui, consis-
terait donc dans la lutte et non dans les aises béates apportées par
dediligentes machines. J'aime mieux voir là le fond de sa pensée.
Car faut-il prendre au sérieux tous les faux adoucissements tech-
niques ? La perforatrice ? Mais quel engin ébranle davantage le sys-
tème nerveux ? Là comme ailleurs, cette bonne société machiniste n’a
eu qu'un souci de rendement, — sans compter que le supplice du
mineur, pourvoyeur de l'usine, est précisément son œuvre, En quoi la
filature pleine de bruit, où le salarié n’est plus maître de son travail,
est-elle moins abrutissante que le calme atelier du tisserand libre ?
. Enfin, quelle plaisanterie que de nous présenter un paysan usé avant
Pheure, alors que la vie à la campagne lui assurait un grand âge sans
infirmités, — du moins jusqu’à l’apparition du tracteur puant, qui
prive l’homme d'exercice et la terre de fumier. Si l’outillage moderne
demande plus d'intelligence à une poignée d'ouvriers qualifiés, en
revanche il a besoin, pour le servir, d’une armée d’automates humains
qui ignorent tout de son fonctionnement.
J'ai déjà relevé l'erreur de ceux qui s’hypnotisent sur les avantages
partiels et éclatants du machinisme, sans voir que, toujours, ces dons
se trouvent plus qu'annulés par des inconvénients plus secrets : ainsi
le confort est débilitant, et puis il a pour contre-partie les crimes du
bombardier.
Si ta technique actuelle poursuit dans le même sens, on ne conçoit
pas comment ses méfaits pourront être corrigés, comment éviter la
catastrophe. La crise du monde moderne n’est pas un malaise passager
122 ne 4 ADANTES
dû à ce que nos on ne S ’adaptent DIU au progrès.
I s’agit de bien autre chose que de « difficultés ous
grène qui détruit la moralité, la perte de toutes les” a
de MIvre et lPimpossibilité, pour notre Société, d'en proposer d
s'était faite, et qui ne peut plus la rattraper. %
_ Au demeura nt, quand M. Arnaud parle de « la Dr vol
qui s’annonce », il me paraît donner au trouble présent son
caractère. Reste à savoir dans quel sens opérer cette révolution: si
c’est la société qui devra se modeler sur les errements de notre mc
nisme monstrueux et grégaire, — auquel cas c’est inévitablement
la nature de ce machinisme qui devra changer d’une manière plu "
favorable à l'épanouissement humain, — et alors elle devra ce
décentralisée, ramenée à la mesure de lapersonne.
même Ho de ses. mœurs transitoires, léssehtiel de
qu’il.est toujours porteur de sa destinée à accomplir. En tout
comment envisager la « dissolution d’une société vieillie » ctla Kate
lement des formes auxquelles elle obéissait, autrement dit de s L
lisation? La mort du régime mercantiliste et la création, soi
collectivisme totalitaire pe la société en un seul bloc, soi d n
se.
ment des conceptions on y compris d’abord la religion,De
_ Je dit M. Arnaud.
Pareïls bouleversements avaient eu lieuàJa fin de l’empire romain,
du moyen âge, de l’ancien régime, entraînés par la décrépitude m
de ces civilisations. La civilisation dite industrielle ne Survivra
tainement pasà [a révolution appelée autant par M. Arnaud que p
moi. Révolution ou catastrophe ? Encore querelle de mots. HA
de « changement d'orientation », ces expressions spatiales s
métaphores à n’employer qu'avec an L'histoire ne mon
des civilisations qui mourront après avoir plus ou moins pu
4 de l’objet visé. Sous tous ces régimes, la condition humaine a
qu’elle est toujours : plus supportable qu’on ne le croit, moins
reuse qu’on ne pourrait l’espérer. Il n’y a pas de raisons de penser qj
ATLANTIS 123
Père prochaine nous procurerale bonheur, qui dépend d’abord de
l'individu et est un état d'âme. Le système social ou économique est
bien incapable de le réaliser à lui seul. Peut-être même que sa mission
nest pas de le réaliser et qu’il doit tendre à quelque chose de plus
haut. Quoi qu’il en soit, le vrai bonheur n’est pas dans une large ration
de loisirs dont la plupart ne sauront jamais que faire, et que la société
cherchera toujours à diriger pour son propre bénéfice, mais dans un
travail Sain et varié qui mette en œuvre harmonieusement toutes les
forces, toutes les facultés de l’homme.
Lucien DUPLESSY.
Les signes des temps
«Le monde oscille sur le point de tourner », écrivait Virgile il y a
2000 ans, alors que le soleil, par le mouvement précessionnel, allait quitter
… lesigne astronomique du Bélier zodiacal, symbole des Hébreux, pour entrer
dans celui des Poissons qui allait voir naître une nouvelle forme religieuse.
Aujourd'hui, nous pouvons redire la phrase prophétique de Virgile, puisque
le Soleil, notre régulateur céleste, le guide de notre destinée, va entrer dans
un nouveau signe, celui du Verseau, et qu'une nouvelle ère sociale et reli-
gieuse à la fois va commencer. Comme l'a envisagé Joseph de Maistre, une
religion nouvelle va naître qui sera au christianisme actuel de l’ère des
… Poissons ce que celui-ci fut aux religions antérieures; cette religion sera
capable de donner satisfaction à l'esprit et au cœur. Tout indique l’approche
de ce grand événement que nous annonçons ici depuis plus de vingt ans
déjà : "disparition de la morale; perte de tout sentiment religieux; avilisse-
ment)des consciences; préparation intensive à la guerre; mépris de la vie
… humaine; bouleversements économiques et financiers; restrictions de toute
‘nature au milieu de l'abondance; suppression de la liberté d'exprimer ses
pensées tant par risque du danger que de l’augmentation du prix des
“impressions; élévation symbolique et raréfaction des deux aliments venus de
notre Dieu solaire et renfermant sa vitalité : le pain et le vin; obnubilation
de la doctrine traditionnelle chez ceux-là même qui ont pour mission de
lenseigner et dont l’effort concerté tend à nous ramener à la religion de
l’ère du Bélier, au lieu d’aller vers celle du Verseau et de préparer ainsi
le retour de celui qui doit alors régner et remettre l’ordre dans le monde.
Erreurs et mensonges sont si répandus que l’on ne peut douter que nous
soyions actuellement dominés par celui que le Christ a appelé « le père du
mensonge », lequel a triomphé de lui en le faisant crucifier, car il est
puissant.
Pour le vaincre, il faudra autre chose que cette non-violence qu’il fait
préconiser habilement, car il est sûr ainsi de conserver son empire. Il ne
1. & Nous som mes spi rit uel lem ent des sém ite s », a dit le Pap e Pre XI,
phrase répétée à l’e nvi par la maj ori té des mem bre s du cle rgé , et l’on fai t
maintenant du Chr ist le plu s ill ust re des jui fs, bie n qu' ils l’a ien t fai t met tre
à mort. En réalité, nous sommes spirituellement des hellènes,
124 ATLANTIS
pourra, en effet, être vaincu que par une chevalerie mettant la force au
service du droit et dont le Christ prendra la tête quand il reviendra, ainsi que
la vu le solitaire de Patmos. Il faut veiller et repousser toutes les tendances
. au retour en arrière, regarder vers l'avenir, cet avenir grandiose et sans tin,
qui est ouvert devant l’évolution ascendante de l’âme spirituelle des hommes.
Nous sommes malheureusement seuls à attirer l’attention sur ces ques-
tions primordiales, et cela sans moyens d'action, sans appuis et sans fes-
sources,
F1]
Les derniers temps
Parce que nous approchons à grands pas de la fin de l’ère précédant
l'entrée dans celle du Verseau qui verra revenir le Christ, notre démiurge
solaire, pour réaliser l’ordre et faire régner la justice et la paix, nous voyons
se réaliser les prédictions contenues dans les Evangiles et dans l’Apocalypse.
Après les faux prophètes qui ont été démasqués, voici maintenant les faux
Christs. On a ‘beaucoup parlé de ce personnage, actuellement à Paris, qui
se dit le sauveur du monde, le chef de léglise du Verseau et qui
dissimule une doctrine matérialiste et athée sous une formule spiritualiste,
en réalité un adversaire du Christ; et l’on nous annonce l’arrivée /plus ou
moins prochaine d’un autre personnage, actuellement aux Etats-Unis, lequel
se présente comme le Christ-Roi (revue Destin, de Lausanne).
Or, on lit dans l'Evangile de Matthieu :
Plusieurs viendront sous mon nom disant : « C’est moi qui suis le
Christ. » Et ils séduiront beaucoup de gens. Si quelqu'un vous dit
alors : « Le Christ est ici », ou : « Il est là », n’y allez pas.
Tout celà fait partie du même plan satanique que la désintégration ato-
mique; il s’agit, en effet, de détruire toute vie tant spirituelle que physique,
sur Ja terre, car Satan est l’adversaire de Celui qui est la Vie. Si donc ne se
produit à bref délai une intervention supérieure, ce sera la réédition du
désastre de l’Atlantide, après lequel de rares survivants auront à recom-
mencer la lente évolution vers une civilisation nouvelle.
« Cette génération ne se passera pas, a dit le Christ, avant que tout cela
ne se soit réalisé », et par « génération » il faut entendre cette ère zodiacale
qui s’'achemine vers sa fin au milieu des désordres et de l'inquiétude. Prépa-
rons-nous à voir pire !
« Seuls les apôtres des derniers temps seront sauvés », a-t-il été dit
aussi. Puissions-nous être au nombre de ces apôtres.
®
Êre du verseau
Miller, fondateur du mouvement adventiste, annonça, vers 1830, la seconde
venue du Christ pour l’année 1845, et beaucoup tremblèrent parce qu'ils
redoutaient le jugement dernier. Quand 1845 fut passé, il y eut, comme après
l'an 1000, une détente, et les adventistes déçus se divisèrent en plusieurs
groupes.
ATLANTIS es
Dans un ouvrage anonyme paru en 1799 et intitulé Histoire triomphale de
la religion chrétienn e par une expl icat ion de l’'A poca lyps e, on lit ceci :
Cette nation (la Fra nce ) éta it en Eu ro pe la pr em iè re en tou t; il
n’est pas éto nna nt que , la pr em iè re aus si, ell e ait été mû re dan s tou s
les sens. Les deux anges moissonneurs commencent par elle, et lorsque
la moisso n ser a prê te dan s tou te la chr éti ent é, alo rs le Se ig ne ur
paraîtra et mettra fin à foute moisson et à tout pressurage sur la
terre.
v
La non violence et l’objection de conscience
Pendant le mois de février, qui est celui du Verseau, nous avons appris
l'assassinat de Gandhi, apôtre de la non-violence, et reçu l’ouvrage d’un
objecteur de conscience qui cherche à réaliser un parti chrétien international
dressé contre la guerre et la préparation à la guerre1.
Quelle attitude doit donc adopter un disciple du Christ, fût-il hindou ou
européen, en présence de l'agressivité des puissances du mal? Doit-il les
supporter passivement, ce qui aboutit fatalement à leur triomphe, ou, au
contraire, agir contre elles de toutes ses forces, tant physiques que morales ?
\ En fait, la non-violence et l’objection de conscience sont des attitudes
HUE: négatives et non constructives. Or, l'idéal à poursuivre est celui du chevalier
ï sans peur pour lutter contre le mal et sans reproche pour être digne d’accom-
plir sa tâche.
LL Nota.‘ Dans sa conférence de Notre-Dame de Paris, du 14 mars, le
P.Riquet a soutenu une thèse exactement semblable; aux doctrines de non-
violence ou d’objection de conscience, if oppose l’idée de la chevalerie établie
pour la défense de la justice. On a, a-t-il dit, le droit de ne pas se laisser
massacrer, de ne pas laisser violenter, torturer et tuer sa femme, ses enfants,
ses concitoyens, Nous sommes heureux de constater cette similitude d'idées.
L'esprit souffle où il veut
Comme nous l’avons vu précédemment, l'esprit de l’homme vient non du
démiurge, mais du Dieu suprême, ce que l’on trouve exprimé au cha-
pitre IV - 13 de la ire Epître de Jean, où il est écrit :
Nous savons que nous demeurons en lui et qu'il demeure en nous,
en ce qu'il nous a donné de son esprit.
Cet esprit a été comparé à un souffle (le même mot grec preuma désigne
le souffle et l'esprit), et il peut agir même sur des êtres n'ayant reçu aucune
UM Mes témoignages à la cause au Christ Roi des Nations et Prince de la
“Pair, par R. Marcan», 20, rue Victor-Hugo, Caudéran (Gironde), 2 vol.
» (400 francs).
trot à
'ALETTES
126 d ATLANTIS
instruction. C’est pourquoi les tifres universitaires obtenus par des efforts
de mémoire ne sont d’aucune utilité pour pénétrer dans ce que le Christ a
appelé « le royaume de Dieu » où se trouvent réunis Amour et Connaïssance.
Mahomet, qui avait une instruction rudimentaire, a fondé une religion qui
réunit des millions d'hommes; Léonard de Vinci, l'un des plus grands génies
de l’humanité, ne connaissait pas le grec et à peine le latin. Il:protestait
d’ailleurs contre l'accusation d’ignorance que lui décernaient les érudits en
disant qu'ils ne faisaient qu'emprunter leurs idéesà ceux qui les avaient 3
précédés.
Nous pourrions citer bien d’autres exemples, à commencer par Jésus de N
Nazareth, fils d’ouvrier et ouvrier lui-même; Jeanne d'Arc, simple bergère,
qui ne savait ni lire, ni écrire, ni signer son nom; Jacob Bœhme, qui était
cordonnier; Saint Paul, fabricant de tentes; Ammonius, qui fut le maître de
Clément et d'Origène à Alexandrie, surnommé Sacchas, parce quol fabriquait
des sacs.
Et nous avons vu récemment un simple ouvrier mineur découvrir Atlantis
et s’y intéresser.
C'est donc faire preuve de la vanité raillée par La Fontaine dans sa
fable du geai paré des plumes du paon que de se targuer d'une supériorité
due à des titres universitaires près de ceux dont l'esprit n'ayant pas été
soumis à ce lit de Procuste qui tue toute intuition, peut avoir reçu des dons
et des lumières venues de cet Esprit qui souffle où il veut et quand il veut.
Ce sont ces dons auxquels fait allusion Saint Paul dans une de ses Epftres
Parmi eux se trouve le discernement des esprits, c’est-à-dire une juste appré-
ciation de la valeur des hommes et des doctrines qu’ils nous présentent, ce.
qui est précieux en ce temps d'Apocalypse où abondent les faux prophètes. $
RENATUS.
>» |
Johannisme
SAINT FRANÇOIS JOHANNITE. — Nous aurons souvent à parler ici de ce.
johannisme dans fequel se trouve la véritable norme de la vie spirituelle, et
je suis effrayé devant l’énorme tâche que représente la restauration de cet.
aspect supérieur du christianisme, alors que j'en ignorais tout au début de
notre œuvre. Cela se conçoit, puisque, au catalogue Matières de la Biblio-
thèque nationale, le mot « johannisme » n'existe pas. J'ai déjà parlé du
johannisme de Léonard; nous pourrons, un jour, envisager celui de Dante
Aujourd’ hui, je voudrais attirer l’attention sur le Greco dont on possède au
moins trois tableaux « johannites »: l’un représente Saint Jean seul tenant ie
le vase sacré, le vase philosophal, le Graal, d’où sort un dragon et nonun!
serpent comme le disent les non initiés (c’est le dragon qui garde les pommes | 1
d’or où la toison d’or). Il y a à Tolède un tableau du Greco représentant les
deux Saint Jean, qui n’en font qu'un en réalité. Un autre tableau, à Madrid,
représente Saint Jean, toujours avec le même vase symbolique dont il paraît -
expliquer la signification à Saint François. Le geste de celui-ci indique qu'il
est pénétré à la fois d’admiration, d’étonnement et de reconnaissance pou::
Arte D de tm
l'enseignement qu’ilAÉNE1, On sait que Saint pente était en marge de la
4 dogmatique romaine; il S’oppose nettement à Saint Thomas qui fait autorité
dans l'Eglise, I a montré qu’il était possible d’allier dans le christianisme
l'amour de tout ce qui vit dans la nature à l’amour des hommes et de Dieu,
alors que l’on reproche au christianisme son indifférence envers les souf-
frances des animaux qui seraient de pures machines, selon Bossuet, appuyé
sur Descartes,
Le Greco semble donc nous indiquer que Saint François faisait partie.de
éètte Eglise johannite, en sommeil aujourd’hui. On sait d’ailleurs qu'il était
assez en marge de l'Eglise de Rome.
… On me signale que ses tab lea ux éta ien t éta bli s sel on les règ les du No mb re
d'Or dont on voit encore le schéma tracé sur certains d’entre eux. En effet,
ses’ personnages ont les proportions du Nombre d’Or.
Note complémentaire. — Au x11° siècle, les Fraticelli étaient rattachés à la
_ règle franciscaine qu’ils distinguaient de ‘celle de l'Eglise romaine. Ils appe-
aient celle-ci « l'Eglise charnelle », celle de Saint François étant « l'Eglise
spirituelle ».
nNC'est que Saint François, d’origine celte (le saint français), avait consa-
U ù cré sa vie à l'amour et que l'Eglise de Rome, à cette époque, abusait de
son pouvoir coercitif contre les hérétiques qu’elle faisait mettre à mort.
_ Lorsque Saint François fut sur le point de mourir (et ceci montre encore
son attachement à Sain t Jean qui a dit : « Dieu est amou r »), il se fit lire
le 13° chapitre du 4 Evangile où il est dit qu'avant la fête de Pâques,
Jésu s- Chri st, voya nt que son heur e était proc he, réuni t ses disci ples dans
‘un suprême repas et leur donna ce commandement : « Aimez-vous les uns
les autres ! »
Pensées de Philèbe
HE dinés, iicendies, sans protection, nous ne saurions attendre de
_ ménagement de quiconque,et la France est une proie que les adversaires
vont déchiqueter en se la disputant.
t, tout en relisant les Nibelungen, je songe au temps de Jeanne d’Arc.
A Paris siégeait le roi d'Angleterre entouré de grands seigneurs et de hauts
rélats. I1 prétendait avoir quelques droits à la couronne de France. Vint
jeune fille illettrée et son « génie mystique » fit surgir du sein des
Ph. LE BESGUE..
“Le Greco, de son vrai nom Théocopuli, était d’origine crétoise; il vécut
XVI° siècle, époque de renaissance de la tradition. Comme Léonard et
à
j\ QU
128 ATLANTIS
. 4
Livres nouveaux
LEONARD DE VINCI OUVRIER DE L'INTELLIGENCE, \par Frédé-
ric Bérence (395 francs). — Ce qui m'a frappé en lisant ce bel ouvrage orné
de photogravures, ce sont les aperçus donnés par l’auteur sur les préoccu-
partons philosophiques de Léonard confirmant ce que j'ai dit moi-même mens
le n° 85 d’Aflantis (septembre 1939, épuisé).
On devine que l’auteur est lui aussi un néo-platonicien chrétien, c'est-à-
dire un johannite et un hermétiste, comme Léonard. Il écrit, en effet :
Parler de Léonard sans employer les mots Hermès, Platon, Christ,
serait vouloir parler du soleil Sans employer les mots rayon, chaleur,
lumière.
Il dit encore :
Si Platon lui expliquait le sens profond de sa destinée, Hermès
Trismégiste, Ficin et l'Evangile selon Saint Jean, lui (ARE le
chemin à parcourir.
Il cite aussi cette phrase de Jamblique :
Hermès, qui préside à la parole, est, selon l'antique tradition, celui
qui conduit à la science vraie.
On voit ici Hermès identifié au Verbe, au Logos, que l’auteur assimile au
soleil (p. 265).
Et il nous apprend que la dernière phrase écrite par Léonard sur,son
cahier de notes est celle-ci :
Le 24 juin 1518, jour de la Saint Jean, au Palais de Cloux,
ce qui confirme que Léonard était johannite. :
271
LA DEESSE SYRIENNE, de Lucien de Samosate, traduction Mario Meu-
nier (250 francs). — Cette description du temple de Hiérapolis (la ville
sacrée), en Asie Mineure, et des cérémonies du culte de la grande déesse est,
accompagnée de notes et de commentaires du savant helléniste. Dans le
clergé d'Hiérapolis se trouvaient ces Galles qui se faisaient eunuques pour”
résister à la concupiscence (on sait qu'Origène, père de l'Eglise primitive,,
employa le même procédé barbare et cruel).
Le culte de la grande déesse, qui porta tant de noms divers, est devenu,
dit Mario Meunier, celui qui est rendu à la Divine Mère par les chrétiens, et
aussi, pourrions-nous ajouter, par les grands mystiques hindous modernes.
DE L'UTILITE DE LA MORT, par le Docteur Rattier (50 francs). — Notre …
collaborateur, en écrivant ce petit ouvrage extrait de son important travail.
sur Les grands problèmes, a voulu démontrer que, selon l'expression de
Claude de Saint-Martin, il n’y a qu'une seule vie qui se poursuit à tRAYETE
les alternatives des existences successives de l’être humain.
ATLANTIS 129
LES PORTES DE BRONZE, par Jean Gattefossé, roman atlantéen
(110 francs). —— Jean Gattefossé, disciple de Berlioux, voit l’Atlantide et les
Atlantes dans l'Afrique du Nord et particulièrement dans Je Sous Marocain,
et cela, selon Diodoré de Sicile. Et ce sont les vestiges de cette Atlantide
& que l’auteur, qui habite le Maroc depuis longtemps, nous incite à retrouver
. avec ses explorateurs. À ajouter à la bibliothèque des curieux et fervents de
l’Atlantide.
Eu.
‘ … LE CHRIST REVIENT, par le Pasteur Antomarchi, Privas (Ardèche)
» {50\francs franco). — L'idée du retour du Christ gagne de plus en plus de
terrain et nous signalons ce livre à ceux que la question intéresse.
L'auteur nous donne un tableau saisissant de la perte de toute spiritualité
| dans le monde, et ses documents sont impressionnants. Par ailleurs, il consi-
W dère le Thibet comme la principale forteresse de Satan, et, en effet, tous
‘les faux/prophètes se prétendent inspirés par les « sages » du Thibet. Il
nous dit que ce roi usurpateur du monde va disparaître de la scène et que
le roi légitime, le Christ, va revenir. Lui seul, ajoute-t-il, est capable de
mettre un terme à cette confusion, à cette anarchie, à cette détresse, dans
lesquelles se débat l'humanité.
Mais l'auteur se trompe en considérant que l’Allemagne hitlérienne se
rattachait à l'Odinisme de Ludendori, alors qu’officiellement elle se ralliait
à Rosenbere qui voulait un chtistianisme dégagé du judaïsme, un Christ
glorieux et non humilié 1.
LE CATHARISME, par Déodat Roché (Institut d'Etudes Occitanes, Tou-
… louse) (200 francs). — Déodat Roché, qui,s’est spécialisé dans l’étude des
Cathares, nous expose l’histoire de cette secte qui, au moyen âge, eut un
grand développement dans le Midi de la France. Elle fit l’objet d’une croisade
“ commandée par le Pape Innocent III, qui promit la rémission des péchés à
ceux qui y participeraient. Les croisés entreprirent le siège de Béziers, qui
… avait refusé de livrer les Cathares. La ville fut envahie; tous les habitants,
… réfugiés dans les églises, massacrés, les églises brüûlées. On compta
_ 20.000 morts. C’est alors que le légat du Pape, auquel on signalait qu'il y
_ avait des catholiques parmi les habitants, répondit : « Tuez- les tous, Dieu
saura bien reconnaître les siens ! » Il est vrai que Saint Thomas, dans sa
"Somme, déclare que « l’on peut mettre à mort un homme, même innocent,
pour plaire à Dieu ». Dans les temps modernes, on trouve encore des catho-
liqués pour approuver ces massacres, tels le P. Gorce, dans l'Histoire des
religions de Quillet, et Raoul Auclair, dans son Livre des cycles.
» Maïs pourquoi Déodat Roché a-t-il cru devoir s'appuyer sur le Bulgare
“Michaël Ivanof, qui n’a aucun rattachement avec les bogomiles dans son
enseignement et qui est en mauvaise posture actuellement, et sur R. Steiner,
L
1 Le mythe du XX° siècle, de ROSENBERG, fut peu connu en France; une
traduction en fut faite au Mercure de France, et j'ai pu en prendre connais-
sance; mais l'ouvrage ne fut pas publié (par ordre supérieur sans doute).
ROSENBERG était surnommé « le pape du National-Socialisme »; son livre
_ commence par une évocation de lAtlantide et fait. des Allemands les descen-
“dants des Atlantes. On sait qu'il fut pendu comme l'un des responsables
des crimes commis par les Allemands.
*
130 ATLANTIS
l’anthroposophe, qui a écrit des choses invraisemblables tant sur l'Atantide
que sur l'Evangi le de Saint Jean. LA
Rappelons qu’Aflantis a publié un numéro spécial sur les Catnatiel bte la
doctrine, obligée de devenir souterraine et de se cacher, est devenue Nes
Tha (c est le même mot). ? +
Comme nous l’avons dit alors, les Cathares étaient johannites et, s'ap- k
puyant sur la parole du Christ aux juifs, dans HÉYRRAS de Saint. Jean à
Vous êtes les fils du diable, votre père c rest le père du mensonge,
vous voulez accomplir la volonté de votre père (le mettre à mort),
ils déclaraient qu’il existait un principe du mal et l’assimilaient à jte le *
Dieu des juifs,
LE PROBLEME N° 1, par Jules Romains (Plon, 150 francs). — Jules
Romains, ancien élève de l’Ecole normale supérieure, docteur en médecine,
agrégé de philosophie et membre de l’Académie Française, est l'un, des
esprits les plus remarquables de notre temps. Vers 1920, il démontra, par
une série d'expériences, que la vue pouvait être exercée en dehots de l'œil:
Il est l’auteur de la série de romans intitulée Les hommes de bonne volonté.
Dans son récent ouvrage, Le problème n° 1, Jules Romains nous met en |
présence du danger couru par la civilisation par Suite du développement
formidable de la technique de destruction, alors que la nature humaineet
les institutions n’ont pas progressé. Pour résoudre ce problème, Jules Romains …
considère comme urgente la constitution d’une élite réalisée par un nouvel.
ordre de chevalerie; il rejoint ainsi les idées dont Aflantis s’est fait le pro- +
pagateur depuis sa fondation, Nous le constatons avec une légitime
satisfaction. FAT
Mais Le problème n° 1 ne peut se résoudre sans un renouveau spirituel 4
basé sur un nouvel évangile ou sur un évangile rénové. L :
ETUDES DE SYMBOLISME DANS LE CULTE DE LA VIERGE, par
M. l'Abbé Bertaud. — L'auteur, que nous sommes heureux de compter parmi M
nous, est de ceux, si rares dans le clergé, qui cherchent à pénétrer le sym=
bolisme religieux dont il comprend l’immense importance. « Le symbolisme, …
écrit-il, a existé de tout temps. Mais dans linterprétation des symboles, pen
il y a des règles à observer en conformité avec la tradition. » Et il étudie ê
particulièrement le symbolisme du chapelet et du « rosaire » établi au
moyen âge. Le nombre de grains du chapelet est de 153, comme celui des ”
poissons de la pêche miraculeuse dans l’évangile johannite. L'Abbé Ber-
taud voit le rapprochement, maïs ne s’explique pas la raison évidemment
symbolique de ce nombre. Nos lecteurs, au courant de l'importance”du
nombre 9 dans l’ésotérisme traditionnel, le retrouvent ici:. D'autre part,
l’auteur étudie le symbole de la rose sauvage (la fleur d’églantier), avec :
ses cinq pétales. Il se trouve ainsi amené à faire allusion à E ne
Ce petit CR VITRE pourra donc intéresser nos lecteurs 2.
1. Le chapelet hindou comporte 108 grains; c’est encore le Poe 9.
2. Un volume: 100 francs.
- ie ci Ft 3]
ksonrole
. Etudier la différence entre l'individualité et la personnalité pour monter
jusqu’ au Christ divisé entre le Moi Jésus et le Je Christ et ensuite jusqu” au
"Père qui, étant l'esprit, est le Je des Je, tel est l’objet de ce travail qui se
termine par des passages de l'Evangile de Saint Jean. G. Barbarin est un
HAE qui s’ignore.
A BOUT DE COURSE, par H.-G. Wells (1946)1,— Voici peut-être la der-
nière production du grand romancier-philosophe décédé il y a quelque temps
et en quelque sorte son testament philosophique. Il y exprime cette idée que
, Phumanité est parvenue à sa fin. Il voit. le monde fourbu et incapable de
… … réaction? Il ne pense pas qu’il puisse s’amorcer une nouvelle phase de vie
ï humaine et son optimisme de jadis a fait place au plus sombre pessimisme !
-< Les hommes, dit-il, se conduisent de façon ignoble et se laissent trop
. facilement égarer. Il faut qu’ils montent ou qu'ils descendent, et toutes les
Jrobabilités sont en faveur de leur descente et de leur extinction », dit Wells.
Cette perspective, Wells ne l’appuie pas sur la bombe atomique qui n'avait
pas encore fait son apparition, mais il semble qu’il la prévoit.
… fait d’ailleurs allusion à l’action de celui qu’il appelle l'Anfagoniste,
lequel, dit-il, à enduré la vie pendant longtemps avant de se retourner
ontre elle pour la balayer inexorablement ».
De qui s ’agit--il, sinon de l’antichrist que la tradition appelle l’Adversaire
(Satan), puisque le Christ est la vie, la force vitale?
lutte est ouverte entre eux, mais les johannites savent que le Christ
inalement triomphera, selon J’Apocalypse de Jean dont nous vivons actuel-
ement les terribles péripéties précédant l’'Ere du Verseau.
eversements
qui se préparent et la fin des temps, cette fin des temps étant
urs l’aurore des temps nouveaux (pour nous l’Ere du Verseau). Il s’agi-.
d’une hécatombe sans précédent qui serait la guerre décrite par l’Apo-
e, châtiment effroyable, mais rédempteur, de l'humanité, ARE échap-
ÿ : ions de D Table ronde (58 francs).
nc rappelle étonnamment le cas de la chenille paralysée pour être
132 CHCNATLANETS Di Path 43
Reçu de Paul Cattiaux un bel ouvrage, LE MESSAGE RETROUVE,
dont le format, la présentation typographique, les idées philosophiques et
ésotériques font un document de grande valeur. Cet ouvrage, du prix de
400 francs, est en vente aux Librairies Véga et Chacornac.
Reçu de M. Lucien Coquet, directeur du Centre européen de documentation: à
LA PAIX MONETAIRE et LE PROBLEME EUROPEEN RHENAN (Vrin,
éditeur, 400 francs). Cet important ouvrage est top en dehors de nos études
pour que nous puissions faire autre chose que de le signaler: Toutefois,
l'avenir de l’Europe et le problème de la paix étant la principale préoccu-
pation de l’heure présente nous devons admirer et encourager ceux qui leur
consacrent leur activité et leurs ressources. Souhaitons ardemment que leur
voix soit entendue. *
Dans le numéro de juin des ETUDES TRADITIONNELLES, MRené
Guénon, parlant de notre ouvrage HELLENISME ET CHRISTIANISME,
déclare que « l’on ne saurait nier la filiation traditionnelle, pourtant évidente,
qui relie le christianisme au judaïsme », Or, on lit dans les évangiles que le
Christ, parlant aux juifs, leur dit : « Il est écrit dans votre loi... >"Cette
loi n’est donc pas la sienne. Mais la sympathie de M. René Guénon pour
l'Orient et ses doctrines contradictoires ne saurait le faire s'intéresser aux
doctrines occidentales, alors qu'un savant français, Georges Domézil, dans
ses ouvrages récents (Mithra-Varouna; Les mythes romains, etc:.), déclare
qu’il a existé une civilisation et une langue nordique occidentale originelle.
Il en fait dériver le grec, le sanscrit, les langues celtique et germanique.
C’est ce que nous disons depuis vingt ans.
L'ABSURDITE CONTEMPORAINE, selon Emile Moussat, dans la revue
Culture humaine :
Il serait trop facile de prouver que nous vivons actuellement en
pleine absurdité.. Qu'il s’agisse de distribution de vin ou de viande,
que l’on aille au théâtre, que l’on visite une exposition d'art moderne,
qu'on se baigne ou qu’on se vautre dans là philosophie à la mode,
partout c’est le chaos, c’est l’absurde. Bien mieux, du spectacle incohé-
rent que nous oîfre d'époque, on a tiré une philosophie : la vie en
elle-même n’a pas de sens; elle est absurde en soi. Venant.de nulle
part, allant on ne sait où, nous sommes comme des voyageurs qui 4
se présentent au guichet de distribution des billets sans connaître
leur destination. L’’absurdité, c'est la loi du monde. Ù
L'ÉVOLUTION DES ÉGLISES. — Dans un récent numéro d'Echos de France,
le P. Sertilanges théologien et membre de l'Institut déclare qu’il existe très
probablement d’autres humanités que la nôtre dans la vaste étendue des Fe
PAE
cieux. « L'univers connu, dit-il, doit présenter un ensemble d’habitats, non!
pas peut-être aussi nombreux qu'on pourrait le supposer, mais prodigieux
quand même, »
Or, il n’y a pas si longtemps que l’idée de la pluralité des mondes habités
était considérée comme hérétique par l'Eglise appuyée sur la ee à
hébraïque.
À quand l’admission des vies successives ?
Seulement, il est dangereux de varier dans ses enseignements parce que
l’on est en droit de penser que ceux qui varient ne sont pas infaillibles.
DILANIIS 7 D
Atlantide
On a parfois prétendu que le peuplement de l'Amérique Centrale serait
venu des îles du Pacifique et non de l’Atlantide. Or, un savant norvégien,
M: Heyerdahl, ayant émis la théorie que les migrations humaines vers l’Océa-
_ nie provenaient, au contraire, de l'Amérique du Sud, en raison des courants
et des vents dominants, a tenté, sur un radeau primitif, de vérifier le bien
_ fondé de cette théorie. Le radeau, parti du Pérou, s’est laissé emporter
par les vents et les courants. Au bout de 101 jours, il avait parcouru
4.300 milles et s’échouait sur les coraux de l'île Ratoia dans l’archipel des
DE Touamotou.
= Quant au peuplement de l'Amérique du Nord par le détroit de Beyring,il
… n’expliquerait pas les similitudes constatées entre les symboles religieux du
Mexique et de l'Egypte.
L'UNIVERSALITÉ DU DÉLUGE. — Dans le numéro de juin dernier de la revue
… Psyché, François Berge nous apprend qu'il existe une centaine de récits du
déluge recueillis dans les cinq parties du monde. On a cru pouvoir les
associer à de grandes inondations en Mésopotamie ou à la fonte des glaciers
_ à l'époque quaternaire. L'un des plus anciens, celui que reproduit le récit
. biblique, c’est le déluge chaldéen de l’épopée de Gilgamesch.
- Dans l'Iran, Vima, premier préparateur du soma, s’abrite du déluge dans
un palais souterrain avec les hommes et les animaux menacés par la décision
des dieux.
“ Aux Indes, Manu construit un navire que remorque un poisson bienfaisant
qui le conduit sur une montagne.
… En Grèce, il y eut trois traditions du déluge : les déluges d'Ogygès, de
Dardanus et de Deucalion. Deucalion construit une arche et s’y enferme
vec sa femme Pyrrha; l’inondation dure 9 jours et 9 nuits; l’arche aboutit
sur le mont Parnasse. Ce déluge fut ordonné par Zeus pour détruire la race
erverse des hommes de l’âge du bronze.
La durée de 40 jours du déluge biblique est celle des purifications et des
traites dans l'Ancien et le Nouveau Testament.
DE AS chez les l'initiation des jeunes gens a lieu dans une
keA voit qu'il existe sur les deux rives de l'Océan des traditions relatives à
ispatition de l’Atlantide. On y retrouve, comme dans le récit de Platon,
e d’une punition des Dieux.
idement, il fallut évacuer les habitants.
ue lon nous dise, après cela, que la configuration de l'Océan Atlan-
tique n’a pas varié depuis le pie comme Je font certains hommes de
- A propos des dessins d'animaux évidemment symboliques tracés sur le
au Pérou (voir notre n° 133), Mme David (Nantes) rappelle qu’il existe
spalement dans l'Amérique du Nord, Wisconsin, Ohio, etc, habités par des
<
134 ATLANTIS
tribus indiennes d’origine inconnue, de grands tertres reproduisant des ani-
maux symboliques (serpent notamment), que l’on trouve également en
Europe.
Tout cela a évidemment une origine commune, et si l’on n’admet pas
l'hypothèse de l’Atlantide océanienne, on ne voit pas quelle elle peut être.
Les symboles universels (il y en a d’autres) constituent le langage de la
Tradition. Ils sont comme des phares qui éclairent la route et conduisent
vers le port. Mais beaucoup sont aveugles, même parmi les pilotes où les
instructeurs qui se chargent de nous guider.
UN NOUVEAU CENTRE D’ÉTUDES ATLANTÉENNES. — Sous la direction de
M. Egerton Sykes, 9, Markham Square, Kensington, un centre de recherches
atlantéennes vient d’être fondé en Angleterre. Ce centre se propose de recueil-
lir, comme nous le faisons nous-mêmes, fout ce qui peut concerner la pri-
mitive civilisation d’Atlantis.
Ce groupement publiera un bulletin sous ce titre : Research.
La galvanoplastie dans l’antiquité
M. Marcel Moreau, à Montluçon, nous a signalé une pièce grecque de
bronze qu’il a en sa possession, laquelle est recouverte d’une mince pellicule
d'argent confirmant l’existence de la galvanoplastie dans l'antiquité dont
nous avons parlé dans un de nos derniers numéros.
De Paul Basiaux, à Carcassonne :
« J'ai lu avec curiosité l'article sur la galvanoplastie utilisée dans l'anti.
quité par de pseudo-alchimistes pour tromper leurs semblables. Je connais-
sais cette découverte et j'en avais conclu qu’elle expliquait peut-êtrele
secret des Templiers. Ceux-ci, en effet, ont pu être initiés à ce sujet en
Asie Mineure, car ils acquirent d'immenses propriétés en donnant en garantie
des lingots d’or.
>» Leur fabuleuse réserve d’or fit envie au désargenté Philippe le Bel, et
deux cas se présentent alors à l'esprit :
> Ou bien le roi fit brûler les Templiers pour s'emparer de leur (ser
auquel cas il en fut bien puni;
» Ou le roi leur demanda des lingots pour les donner à l'étranger en
garantie, puis s'aperçut de la supercherie et les fit brûler. »
L'idée de Paul Basiaux a le mérite d’être originale; nous la donnons ici
sous toutes réserves.
AOGR f
N'est-ce pas ici le lieu de citer le passage ci-après de l’ouvrage récent de
David Néel, Le Bouddhisme, car il indique un élément de vie spirituelle
concernant l’action possible de la pensée affective :
me . ATLANTIS 135
Au monde qui souffre à cause de la haine, de la colère et de tous
les sentiments funestes qui s’y manifestent, le disciple en méditation
envoie une pensée-force qui est amour. Celle-ci doit agir sur le monde,
influencer les esprits, les incliner à la bienveillance, à l’amitié. Il envoie
une pensée de sympath ique pitié qui adoucira la douleur de ceux qui
souffrent, de ceux que personne ne plaint. Il envoie de la joie qui
accroîtra la joie de ceux qui sont heureux et qui en apportera à ceux
qui en sont dénués. Il envoie enfin une pensée de sérénité qui apaisera
2 les inquiétudes, les angoisses, les désirs exaspérés.
| Ceux qui conçoivent de cette manière l'action de la méditation
NE tiennent la pensée pour une énergie capable de produire des effets
CRT dont l’ampleur dépend de la force avec laquelle elle a été émise.
di : Et voici un passage des Chemins de l'amitié de G. de Lacaze-Duthiers :
À l'homme actuel de choisir entre deux voies : celle de l’amour ou
celle de la haïne. Selon la voie dans laquelle il s’engagera, il fera son
bonheur ou son malheur.
Rien n’est plus précieux aux hommes, en un temps où la violence
semble atteindre son apogée, qu’une pure et tendre amitié.
< Le cœur est toujours jeune et peut toujours aimer. » Cet alexan-
drin exprime une vérité première. Si le corps vieillit, si les sens
s’émoussent, si le désir meurt, le cœur, c’est-à-dire l’affection, la sym-
pathie, la douceur et la tendresse sont le fait des êtres d'élite parvenus
à un certain âge. Ne confondons pas le cœur avec le sentimenta-
lisme… D'où vient que tant de plaies ravagent l'univers ? C’est que le
cœur et la raison vivent séparément. La raison amoureuse et le cœur
raisonnable sont les deux piliers de l'amitié... L'amour, tel qu'il est
pratiqué dans le monde à l’envers où le hasard nous a jetés, ne fera
jamais bon ménage avec l’amitié, étant lui-même dépourvu de cœur et
de raison.
LES INCERTITUDES DE L’ASTROLOGIE MONDIALE. — Stella, dans le Bulletin de
l'Institut belge d’astrologie; Cassiopée, dans la revue Destins;: Edouard,
dans la revue Prévision, avaient annoncé que le début du mois d'août 1947
serait marqué par une série de bouleversements mondiaux tant physiques que
politiques. En effet, disaient-ils, des planètes particulièrement « maléfiques »,
Saturne et Pluton, Mars et Uranus, seraient en conjonction. Ils précisaient
même le jour et l'heure : le 6 août, à 0 h. 2,
- Or, il ne s’est rien produit du tout, et les prédictions en question ont
- tourné à la confusion des augures « scientifiques» ». #
De même, en août 1939, l’astrologue Louis Gastin annonçait gravement
que jamais les astres ne s'étaient montrés aussi favorables à la paix que
. pour le mois de septembre, et ce fut la guerre.
LE NOMBRE 9 ET L’ASTRONOMIE. — Ce nombre si important dans la doc-
trine démiurgique existe déjà dans le zodiaque où l’on trouve 360 degrés et
… Ja durée de 25.920 ans pour la grande année et de 2.160 années pour chaque
_ signe zodiacal (laddition de ces chiffres donne 9 et ils sont des multiples
= de 9). Mais voici que ce nombre est devenu celui des planètes du système
solaire depuis la découverte d’ Uranus, de Neptune et de Pluton. L’antiquité
n'en connaissait que 6; ce sont les six lumières qui accompagnent l’ostensoir
le soleil) sur l’autel chrétien, correspondant au chandelier à 7 branches des
iébreux, On a vécu dans l'erreur pendant bien des siècles et, par suite, les
déductions des astrologues ne pouvaient se réclamer d’une rigueur scien-
136 ATLANTIS
Ce nombre de 9 planètes, c’est l'échelle à 9 échelons de Cybèle (@à Notre-_
Dame de Paris), l'échelle de Jacob, qu’il faut gravir en passant de monde
en monde; les 9 cieux de Dante.
Il semble bien que l’on ne découvrira pas une dixième planète, puisque le
nombre 9 est celui des manifestations du démiurge.
1
DINER DU 22 FÉVRIER 1948. — LA DANSE ET L'ESTHETIQUE, par
Lucienne Seatelli. — Lucienne Seatelli, directrice de l'Ecole de danse, d'art
et d'expression de Saint-Mandé. dont on a vivement admiré les réalisations
lors de ses précédentes manifestations publiques et qui donnera un nouveau
récital à la salle de Ia Chimie le 18 juin, sut nous faire un vivant tableau
de ce que doit être la danse considérée comme l’une des neuf muses, Terpsi
chore. Le chant et la danse devraient, dit-elle, faire partie de la formation
esthétique de la jeunesse. Malheureusement, il n’en est rien et l'enseigne-
ment universitaire les négligeant au même titre que l'astronomie, neforme
que des intellectuels et non des artistes, alors que l’art est plus utile que‘la
science pour réaliser un monde où règne la joie de vivre.
Lucienne Seatelli est un exemple de l’harmonieux équilibre que peutpro-
curer l'éducation esthétique, et sa causerie fut vivement applaudie.
a
9
Correspondance
De M'° Pauline P.., à B... (Loiret):
« Aujourd’hui, j'entendais le reportage par T.S.F. du mariage-princier,“et
le speaker traduisait les paroles du pasteur anglican, et la phrase si pro:
fondément judaïque (et protestante par extension) revenait : & Vivez dans
la crainte de Dieu. » Je ne puis admettre cette représentation de Dieu sous
la forme d'un gendarme. Comme il serait plus beau de dire : « Vivez “dans
> l'amour et dans la connaissance de Dieu par Notre Seigneur Jésus-Christ,
> médiateur indispensable entre notre petitesse et la suprême grandeur du
» Père ! » L'amour, c’est la joie, c'est la confiance, c’est la reconnaissance
pour tout ce qui nous est donné de beau et de bon. La Connaissance; c'est
la possibilité pour l'homme de mesurer (non pas son indignité, commelle
répète si souvent l’auteur de l'Imitation), mais son infirmité avec des yeux .
qui ne voient pas, des oreilles qui n’entendent pas et son infime dimension
eu égard à la Création.
» Il y a dans vos réunions une atmosphère que l'on aimerait trouver dans
les milieux religieux... »
Dans le prochain numéro, un livre bouleversant :
VERS UN NOUVEAU PROPHETISME, par Raymond ABELHIO:
Le gérant : Paul Le Cour.
1948. Imprimerie BIÈRE, 18, rue du Peugue, Bordeaux (France). N° 182 impr.
Dépôt légal : 2° trimestre 1948. »
Nos Réunions
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LE CHEMIN DE RACINE DE PORT-ROYAL A CHEVREUSE.
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Départ gare du Nord : 9 h. 36. Rendez-vous devant guichet de-ban-
eue : 9 h. 15. Billet collectif :50 francs. Prix du couvert :250 francs.
Se faire inscrire avant le 15 mai.
Il sera demandé à M. Jules ROMAINS (actuellement Te de présenter
son récent ouvrage : LE PROBLEME NUMEROU
ti | 00
DIMANCHE 6 JUIN:
XCURSION ARCHEOLOGIQUE à Presles (dolmen la Pierre Turquoise).
Lise gare du Nord : 9 h. 36. Rendez-vous devant guichet de ban-
eu: 9 h. 15, S'inscrire pour le billet collectif. Emportèr provisions du
jeuner.
:AR (oXe)
î
, 24, 25 JUIN : :
ï CONGRES DE LA SAINT-JEAN
dans la Cité de Carcassonne.
Billet. collectif: départ gare d’Austerlitz le 22 à 21 heures. Se faire
scrire avant le 10 ‘juin. Renseignements à Atlantis (Tremblay 31.43).
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par Paul LE COUR
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L. DUPLESSY, La machine ou UE EC
Conférence de P. Termier sur l'Atlantide 5 Lt05 #0)
P. BASIAUX, La butte sacrée de Carcassonne..:........ -. 135
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R. IRLE, La bombe atomique et l’'Apocalypse...... AE RENE &
DE LACAZE-DUTHIERS, Les chemins de l'amitié ETS
R. BERTRAND, Tradition Secrète..... ra SIDE ROEL HAE
L. CATTIAUX, Le message retrouvé.:..... LEE LP <
DE CRESSAC, La métapsychique devant la science....:........ 4
P. LE COUR, À la recherche d'un monde perdu 18 masters dE
2er Diner les MEURT ENTER k SEA ANNE ae
— Hellénisme et christianisme..........,..,0 A A A te
Numéros d’ « Atlantis » non épuisés, réservés aux membres redua
ment : 53, 54,57, 58, 59.165, 67, 71, 72; 71, 18; 19,81. 82, 00)
95;-96:97; 100, 101. __ Chaque : 50 francs. |
Numéros réduits, parus pendant l'occupation : :104, 105, ne à il
119, — Chaque : 10 francs. !
Nouvelle série non réservée, numéros non épuisés, à 30 PA 5
123. Compagnonnage. 129. Les petits mystère N
124 Maitre de la terre. AD 130. Les grands mystère
125. Rex mundi. 131. Vingt années d'études.
126. Mens agitat molem. 132. Mystères chré
127: Le Logos: ÉAstL 133. L'ère atomique. :
128. Mystes,et mystiques. 134. Le cœur et le cervea
Pour les anciens numéros, voir les titres au n° 131
Quelques numéros épuisés, à 100 francs :
47. Les Touareg. TO TO NENT: Symbolique
52. L’alchimie. : | 87. Les Cathares.
56. L'arbre sacré. | 80. Siegfried et Perceval.
66. Les Argonautes. 91. La lumière et la vie.
68. Eglise - Maçonnerie. 99, La messe. k
,; Les anciens numéros et les ouvrages épuisés peuvent être
quelques jours aux abonnés, ainsi que les Rene du Hiéron. FA
N ’
Suppléments de cotisations
Grâce aux suppléments de cotisations que nous avons rec
| réserve qu'il n'y aura pas de nouvelles augmentations des ‘frais
sions, nous voici à peu près assurés de pouvoir terminer notre
être obligés de réduire encore le nombre des pages de. notre revue d
insuffisant en présence de la. quantité de documents
Ne
publication.
l’aide nous est si précieuse,
Notre Nova Atlantis va donc pouvoir babe le cap de sa
aborder aux,tives de la 22°. Nous donnerons dans le Prés
DIÉTAARE de cette 22° année,
2 ANNÉE - IV: CAHIER
vu Atlantis :::
l ( 1
Te EE
Archéologie scientifique et traditionnelle
Directeur-Fondateur : Paul LE COUR
Paul LE COUR
A la recherche d'une doctrine
IV. - L’'ISLAMISME
je ATLANTIS précédemment : 40, rue des Ecoles, PARIS
atéerieharhnilede À pero ement 7, rue Jules-Ferry, FONTENAY SOUS-BOIS (Seine)
1
\ C.G.P. Atlantis 1159.91. Par
à ! | éléphone : TREMBLAY 31-43 (le matin ou le soir après sp Sauf de Juillet, à. plembre.
Permanence à Paris, le samedi après-midi.,38 rue de la Verrerie (3° pi
derrière le Bazar de l'Hôtel-de- yul, à
nubeiTäéctobre.
age R
K oad
| CA 94709
F t : (510) 649-2500
Ne FT ve » cbiect to recall.
Membres du Comité d’honneur d’Atlantis
depuis sa fondation en 1926
FORTUNAT-STROWSKI. — M. le Maréchal LYAUTEY. — Pierre TERMIER.—
Sylvain LÉVI. — Ph. NÉGRIS, président de l'Académie d'Athènes. — A.
RUTOT, de l'Académie Royale Belge. — J.-H. ROSNY aîné. — Edmond
HARAUCOURT. — N. POLITIS. — Paul LANDOWSKI. — Philéas LE BESGUE. —
Paul VALÉRY. — G. BARROSO, de l’Académie brésilienne. — ROUSSEL-DES-
PIERRES, secrétaire d'Etat de Monaco. — Louis GERMAIN, directeur du Muséum
d'histoire naturelle. —— V.-E. MICHELET. — Pierre MILLE. — | Georges
DUHAMEL, de l’Académie française. — Mario MEUNIER. — P. LECOMTE DU
NOUY. — Fernand BALDET, ancien président de la Société astronomique de
France. — Claude FARRÈRE, de l’Académie française. — Charles LE GOFFIC,
de l'Académie française.
Les ‘Amis d’Atlantis ”
Le groupement des « Amis d’Atlantis » ne comporte aucune obligation:
Les « Amis d’Atlantis >» reçoivent le présent bulletin; ils participent à
des réunions, à des dîners avec causerie, ils ont à leur disposition un
centre de vacances au bassin d'Arcachon, ils peuvent nous demander
de leur procurer des ouvrages, consulter sur place des documents, se
rendre de mutuels services, emprunter des ouvrages, etc.
Ils doivent être: présentés ou s'être présentés.
La cotisation annuelle est de 300 francs minimum, l’année commençant
traditionnellement le 21 septembre (pays étrangers : 350 francs).
Pour tous les versements, utiliser notre DOPRDIE chèques postaux
Atlantis 1159.91 Paris.
Prière de joindre un timbre pour les lettres comportant une réponse.
SSH
LI LLE
ETC
31 août 1948.
Voici à peine quatre jours que nous avons renoué avec la vie parisienne,
et déjà nous la trouvons absolument insupportable et dénuée du moindre
intérêt. Comment pourrait-il en être autrement après ce merveilleux séjour
que nous avons passé à la Pignada, séjour qui n’a eu qu'un défaut, celui
d’être trop bref. Et ce n’est pas sans un regret immense que nous pensons
aux délicieuses randonnées en canoë, aux baignades dans l'Océan et aux
multiples plaisirs que nous offrait Atlantis.
André PERROTTET.
On bénéficie à Arès de ces deux grands bienfaits : un air pur et une
eau pure, les deux éléments de la vie, correspondant à Aor et à Agni.
La PIGNADA ATLANTIS sera ouverte cette année du 11 au 24 avril
(vacances de Pâques).
\ 300 francs par an minimum
Abonnement à ATLANTIS Etranger :
- 350 francs par an minimum
LYSTLC T; S
ïAU OC SAMU
“is ATLANTIS ,,,,
« À quoi servitait-il de ressusciter l’Atlan-
tide s’il ne devait en résulter aucun profit
moral, aucun enrichissement spirituel ? »
(N° 1 d'Aflantis.)
A la recherche d’ane doctrine
Chers amis,
E devrais plutôt écrire : à la recherche d’une doctrine de salut.
En effet, nombreux sont ceux que préoccupe le développement
dangereux de notre civilisation matérielle et qui Se demandent
comment lui insuffler une spiritualité qu'elle a perdue. Certains
pensent qu’il suffirait de répandre davantage dans le peuple l'idéal
chrétien; d'autres voient dans le matérialisme dialectique, c’est-à-dire
raisonné, le meilleur guide pour réaliser un monde dégagé des vaines
Superstitions qui entravent l’évolution de la pensée et la réalisation de
la justice; d’autres encore tournent leurs regards vers l'Orient, pensant
y trouver une vie spirituelle capable de donner tous les apaiserments
à leur inquiétude métaphysique.
C’est au problème ainsi posé que S’efforcent de répondre les études
que nous publions ici. Rien, en effet, n'est de plus urgente nécessité.
La civilisation chancelle parce qu’elle a développé inégalement les
deux modalités de la vie, l’une visant à la conquête de la matière,
l'autre au développement de l'esprit. Il semble, à tort assurément, que
lune soit incompatible avec l’autre, alors qu’il n’est que d'y réfléchir
un instant pour penser que les progrès matériels devraient faciliter
les progrès de l'esprit. Pourquoi donc n’en est-il pas ainsi? Tout
simplement parce que les normes de la vie spirituelle ne sont plus
connues ni enseignées, depuis que la science est devenue agnostique
et matérialiste et que la religion est devenue ignorante et superstitieuse.
Je Sais.que je vais choquer ceux d’entre vous qui ont gardé pour
la religion des sentiments de respect et de confiance et qui estiment
qu'à condition de faire des réserves sur certains points difficiles à
admettre, la religion reste la meilleure sauvegarde de l’ordre social et
de la paix intérieure. Mais justement, leurs restrictions mentales
prouvent que les doctrines ne les satisfont pas entièrement. Quel est
le chrétien qui admet, par exemple, que-l’on peut mettre à mort un
86 ATLANTIS.
homme, fût-il innoce nt, pou r pl ai re à Die u, co mm e le dit sai nt Th om as ,
ou les tou rme nts éte rne ls de l'e nfe r ? Et ne voi t-o n pas un thé olo gie n,
le P. Sertillanges, déc lar er qu’ il exi ste cer tai nem ent d’a utr es mo nd es
habités que le nôt re, alo rs que Gi or da no Br un o fut brû lé vif jad is pou r
avoir soutenu cette opinion ? On a aussi abandonné l’idée du créa-
tionisme et du géocentrisme. On ne condamnerait plus aujourd’hui
Galilée. Donc, la religion tend à se modifier, et il est devenu possible
de parler d’une doctrine capable de mettre d’accord la science et la
religion, de satisfaire à la fois l'esprit qui a besoin de comprendre
et le cœur qui a besoin d'aimer.
C’est ià, précisément, l’objet de notre queste à travers les grands
courants spirituels du monde actuel laissant de côté les doctrines
aujourd’hui périmées dont les temples sont en ruines.
Merci, chers amis, de m'y aider en me donnant les moyens financiers
nécessaires, et merci à tous ceux d’entre vous qui m'ont adressé, avec
leurs encouragements, un supplément de cotisation. ll
L'HOMME DE BARRE.
IV. — L’ISLAMISME
Et je vis au-dessus de ma tête un point
noir.
(Victor HUGO, Dieu.)
Ci. notre queste à la recherche d’une doctrine satisfai-
x
sante, nous en arrivons aujourd'hui à l’islamisme, religion …
fondée par Mahomet, qui englobe plus de 300 millions de
croyants 1.
L’islamisme est actuellement la seule religion ayant un enseignement
M
exotérique et des enseignements ésotériques par des confréries ou
écoles secrètes d’ailleurs diverses.
Religion sans tolérance, caf les musulmans, qui ont en horreur les … f Î
juifs et les chrétiens, exterminent actuellement les HindouS brahma-
nistes ou bouddhistes. Pour les musulmans, les chrétiens sont les
roumis, les représentants de la religion de Rome qui a divinisé Jésus-
Christ, car Allah seul est grand, Allah seul est Dieu. Les musulmans
interdisent aux chrétiens l’accès de leurs mosquées et celui de La
Mecque.
1. Mahomet prêcha sa religion pendant treize ans, le Bouddha pendant
cinquante ans, le COTE pendant trois ans seulement.
ATLANTIS 1er
Depuis le 11° siècle, l’église chrétienne était déchirée par ses disputes
sans fin avec les Ariens, les Nestoriens, les Sabelliens, etc.
C'est alors que Mahomet, qui naquit vers l'an 570, résolut, après
quinze ans de méditation, de rétablir la véritable religion qu’Adanï,
Noé, Abraham, Moïse, Jésus, avaient professée, et de détruire toutes
les superstitions que les juifs et les chrétiens y avaient, selon lui,
introduites, pour la ramener à sa pureté primitive consistant dans le
culte du seul et vrai Dieu.
Il prétendit que l’ange Gabriel lui était apparu et lui avait annoncé
sa mission. Il n’hésita pas, d’ailleurs, à employer la force pour pro-
pager ses doctrines. Les musulmans conquirent par les armes la
Syrie, Jérusalem, Damas, l'Egypte, Carthage, Alexandrie, l'Espagne,
la Gaule jusqu’à la Loire (ils furent repoussés par Charles Martel
en 732): L'empire arabe s’étendit du Maroc en Tartarie. L'apogée
de cette civilisation se situe vers le XIe siècle.
En réalité, l’islamisme apparaît par rapport au judaïsme ce qu’est
le protestantisme par rapport au christianisme romain, c’est-à-dire une
réforme prétendant revenir à la pure doctrine initiale.
L’islamisme, la religion des Arabes, se rattache, en effet, à la famille
de Sem par Ismaël, fils d’'Abram (devenu Abraham) et d'Agar. Comme
nous le savons déjà, le nom d’Ab Ram signifie « fils du bélier Ram »,
ce qui situe dans le temps la religion des sémites (voir L’Ere du
Verseau).
Pour comprendre l’origine de l’islamisme, il faut connaître la légende
concernant l’histoire d’Agar et de son fils Ismaël que l’on trouve dans
la Bible.
. Nous lisons au chapitre XVI de la Genèse qu'Abram avait épousé
Sarah. Or, ne lui ayant pas donné d’enfant, elle lui conseilla d’aller
vers une servante égyptienne, nommée Agar. Celle-ci, devenue mère,
manifesta son mépris envers Sarah, laquelle, indignée, la fit chasser
dans le désert par Abram, avec son enfant.
. Au chapitre XXI, nous voyons Agar et son fils Ismaël errant dans
le désert, alors que Sarah, à son tour, enfante un fils qui sera appelé
Isaac. Abram avait reçu de Dieu l’avis qu'Isaac et Ismaël devien-
“draient l’un et l’autre les chefs de grandes nations?.Agar, étant dans
le désert et n'ayant plus d’eau à donner à son fils, le mit sous un
arbrisseau et s’éloigna afin de ne pas le voir mourir; mais la voix de
l'ange de l'Eternel se fit entendre, lui indiquant un puits d’eau (celui
que l’on voit à La Mecque).
1. I1 faut bien croire à une protection spéciale de la France, car si les
Arabes furent repoussées, il y eut, avant eux, l’invasion des Huns repoussés
par sainte Geneviève, celle des Anglais repoussés par Jeanne d'Arc. Deux
invasions allemandes ont été également repoussées. Y aura-t-il maintenant
une tentative d’invasion russe ?
2, Isaac est le père des douze tribus d'Israël et Ismaël celui des douze
tribus arabes, ; ,
88 : ATLANTIS
C’est ici que se place la curieuse vision de Catherine Emmerich. Ne
Elle voyait Agar et Ismaël dans le désert et l'ange traçant sur les A
vêtements de l’enfant une croix rouge formée de quatre triangles. |
Or, cette croix est celle des Templiers johannites, celle des Rose- -
Croix: elle est un des grands symboles de la Tradition primitive. Ê
Elle fut représentée par l’octopode ou poulpe sur des vases antiques; x
en Amérique et en Europe, on le voit sur des monuments mégalithiques. #4
Or, les Templiers et les Assassis ismaëlites, qui eurent des contacts À
en Palestine, semblaient partager les mêmes doctrines. Il y a donc là
des rapports mystérieux qui relieraient l’ésotérisme musulman à l’éso-
térisme chrétien, l’ismaëlisme et le johannisme. Nous verrons plus :
loin ce qu'est devenu l’ismaëlisme. Or, le mot Islam paraît bien pro-
venir du nom d’Ismaël, plutôt qu’à l’arabe salama, « résignation»
(à la volonté de Dieu) :. Par ailleurs, le mot musulman proviendrait
de moslem, « résigné »; c’est la même idée. En effet, à la base de la
religion de Mahomet se trouve le fatalisme et la résignation dans les
épreuves de la vie. Cette doctrine supprimerait donc la liberté et la
responsabilité de l’homme. Nous y reviendrons.
# + 2
On sait que les conquêtes arabes s’étendirent jadis du Maroc jus- 2
qu’en Mongolie. Les Arabes occupèrent l'Espagne et s’avancèrent en si
France jusqu’à la Loire. Il existe encore des noms de lieux comme 4
les Maures, Castelsarrazin, qui en ont gardé le souvenir. Au Puy, la É
cathédrale comporte des orñements datant des Arabes. Aux Indes,
il y a actuellement 100 millions de croyants, et ceux-ci combattent les :
fidèles de Shiva ou de Vichnou. + 4
Cette religion, qui englobe tous les pays de langue arabe, gagne du 4
terrain en Chine, au Japon, en Afrique parmi les peuplades fétichistes. É
En revanche, elle n’a trouvé en Europe aucun appui 2. C’est dire néan- ÿ
moins quel est l'immense succès de cette religion sans prêtres, ni
sacrements. Mahomet déclarait : 4
Le temple de Dieu, c’est l’univers; le cœur de l’homme est son
autel, et tout musulman est grand prêtre. F
Il déclarait aussi :
Dieu n’est pas ici ou là; il est partout.
1. Le mot Ismaël vient de l’hébreu et signifie: « Celui que Dieu exauce. »
2. On peut citer, cependant, Isabelle Eberhardt, d’origine russe, devenue
musulmane, mais dont le père était musulman, et aussi Pierre Loti, qui eut
une prédilection toute particulière pour les musulmans et se fit l’ardent
défenseur de la Turquie. Depuis quelques années, sous l'impulsion de René
Guénon, converti à l’islamisme, et devenu le Cheikh Abd ad Ahad (le serviteur
de l'Unique), il s’est créé un mouvement en faveur de l’islamisme qui nous
est présenté comme supérieur au christianisme,
ATLANTIS 89
Si lislamisme primitif s’inspirait du judaïsme, il y eut au VIII siècle
une rupture avec Ali qui s’inspira des doctrines de l'Iran; c’est la
secte chiite, laquelle prévalut en Perse. Les Arabes et les Turcs appar-
tiennent à la secte sunnite. Chiites et sunnites sont ennemis jurés.,
En 1872, dans le Cachemire, les sunnites massacrèrent les chiites,
égorgeant les femmes, éventrant les enfants, brûlant les maisons.
Il y a lieu d'envisager que l’islamisme s'étendant en Perse et dans
les Indes, on trouve des sectes dont les concepts se rattachent au
mazdéisme, au brahmanisme et au bouddhisme. D'autre part, l’isla-
misme, par.ses sentiments de mystique et d'amour, est plus près du
christianisme que du judaïsme dont il procède cependant.
Il est donc très difficile de parler de lislamisme. Si les simples
croyants ont des pratiques et des doctrines identiques, il s’est greffé
sur le mahométisme un nombre important d'écoles diverses rappelant
celles du protestantisme dans le christianisme. Comme pour l’hin-
douisme, on ne peut donc parler d’une doctrine déterminée.
+
LES
La civilisation musulmane connut une période de splendeur au
temps des grands califes.
Au virr siècle, le calife Almanzor transféra sa capitale de Damas
à Bagdad dont il fit une ville splendide; il fonda diverses écoles. Son
petit-fils fut le célèbre Haroun al Rasthid, auquel se rattachent les
contes des Mille et une nuits, renfermant des allusions à la tradition
ésotérique. Puis'l'empire fut divisé en trois parties par trois dynasties
rivales : les Abassides, en Asie Mineure; les Fatimites, en Egypte;
les Omniades, en Espagne.
Chose peu connue, les chrétiens nestoriens ont joué un grand rôle
‘dans Pislam: le calife Haroun al Raschid plaça toutes ses écoles
publiques sous la direction d’un nestorien, Jean Masnée. A Bagdad,
un médecin nestorien, Honian, faisait des traductions des philosophes
grecs. Les califes d'Espagne avaient des palais magnifiques. Au
x° siècle, le calife Hakem II fit de l’Andalousie un paradis terrestre.
On connaît la magñnificence de la mosquée de Cordoue, de l’Alhambra
de Grenade. Dans les bosquets d’orangers, au milieu des jets d’eau,
les Maures se promenñaient en écoutant des contes ou en discutant
philosophie. Les califes s’entouraient de savants, de lettrés, de philo-
sophes, de poètes. La bibliothèque du Caire contenait 100.000 volumes;
celle des califes d'Espagne, 600.000. Les savants arabes découvrirent
_ la sphéricité du globe terrestre et parvinrent à connaître ses dimen-
sions : ils inventèrent l’algèbre:, constituèrent la trigonométrie,
MURAT djebr : la réduction.
et donnèrent leurs noms aux constellations : ils pratiquaient lachi
et même l’alchimie; le jeu d'échecs vient des Arabes.
Ils eurent de grands philosophes, comme Avicenne et Averroës. |
Puis vint la décadence. Gabriel Gobron a pu écrire : (ie ai
A voir la pouillerie musulmañe, en Algérie, par exemple, on. ali à
l'impression d’une religion finie, principalement si l’on songe à 1
splendeur de la civilisation arabe à une époque où l'Occident était
encore plongé dans les ténèbres et dans ja boue. Mais il faut se rap: |"M
peler que l'Islam est une synthèse (judaïsme, christianisme, zoroas-
trisme) où l’on vénère non pas seulement Mahomet, mais Moïse, Jésus,
Zoroastre et les grands prophètes, que le soufisme est essentiellement.
musulman, pour ne pas faire fi de la puissance dynamique qui est
en lui. Non seulement les oulémas sont actuellement occupés à « tra.
vailler le levain islamique, mais d'innombrables cas isolés prouvent
une incroyable fermentation dans une religion que l’on POMIPAIEEcroire
épuisée, morte, finie ».
LE CORAN. — Le livre sacré des musulmans, c’est le Coran’. Qu
en est l’auteur ? Mahomet était illettré. Les mahométans nient d’ails
Jeurs qu’il ait été écrit par lui, et c’est pour eux un article de foi qui (ee
fut apporté au prophète par l'ange Gabriel.
Ceux qui ne croient pas à son origine surnaturelle en attribuent la
rédaction au juif Abdallah et au moine Sergius.
On a fait venir le mot Coran de l’arabe karaa, lire: mais cette (ne
mologie est bien faible. Or, il ést curieux de constater que l’on trouve
dans les mots Coran, Kairouan, Karaouine, Le Caire, les consonnes.
sacrées d’Aor Agni. qi
Le style du Coran est très pur. Comme l’hébreu primitif, il ne com 7
portait pas de voyelles; celles-ci ne furent en usage que plusieur
années après Mahomet, |
I comporte 29 chapitres, au début desquels se trouvent une ou plu-
sieurs lettres dont on ignore la signification; 5 chapitres co er
par : À L M. On y a vu Allah Latif Magid, « Dieu est clément », o
encore : Amar li Mohamed, c’est-à-dire : « Par l’ordre de Mahomet >».
De même, chez les chrétiens, les lettres A.M.D.G. signifient : Ad maj
rem Dei gloriam.
On trouve dans le Coran la croyance aux anges et aux démons.
Les anges y jouent un grand rôle, particulièrement l’ange Gabriel, de
la tradition hébraïque, que l’on voit intervenir à diverses reprises et
qui, dit-on, inspira Mahomet. Chaque homme aurait son ange p 20
tecteur, comme dans le christianisme et dans l’hellénisme (le daïmon
de Socrate). Ces anges seraient des intermédiaires entre l'homm É
Dieu. li
1. On écrit indifféremment: Coran, Koran ou Qoran. En effet, leslettres
C aur, G, K, Q'et le Chi grec s’équivalent, |
ATLANTIS 4
1
Le chef des démons y porte le nom d’Eblis ou Iblis.
Le Coran enseigne la croyance à la résurrection dés morts dans
l'état de jeunesse et au jugement dernier, comme dans le judaïsme.
La description des joies toutes sensuelles du Paradis y tient une
large place, ainsi que celles des peines de l'Enfer.
Comme les juifs, les musulmans sont circoncis.
Ils sont astreints à cinq prières par jour, le visage tourné vers La
Mecque, précédées d’ablutions purificatrices,
Ils ont un chapelet composé de 99 grains (nombre 9).
Le jour religieux est le vendredi; ce jour-là, ils doivent aller à la
mosquée pour la grande prière de midi. 11 ne leur est pas interdit de
travailler comme chez les juifs. La viande de porc et l’usage du vin
sont interdits.
La pratique dés sacrifices sanglants s’est maintenue dans le maho-
métisme avec la mise à mort de moutons, de chèvres, de vaches ou de
chameaux.
Il existe un culte des marabouts, qui sont les saints de lIslam;
leurs tombeaux sont l’objet d’une vénération toute particulière. Toute-
fois, on n’y trouve pas le culte des reliques, comme dans le christia-
nisme,
Les deux villes saintes sont La Mecque, où est né Mahomet, et
Médine, où il est mort.
Tout mahométan doit se rendre en pèlerinage à La Mecque au
moins une fois dans sa vie, si ses moyens le lui permettent, afin de
faire son salut et d’effacer ses péchés.
Les docteurs de l'Islam gravitent autour des grandes écoles du Caire,
qui est leur capitale intellectuelle.
Chose importante : la loi civile et la loi religieuse ne sont pas
séparées; elles s'appuient l’une et l’autre sur le Coran, qui est à la
fois code civil et livre religieux.
Les mahométans sont autorisés à avoir quatre femmes,
Pour la légalité du mariage, il suffit de se présenter avec deux
témoins devant le cadi; l’homme déclare: « Je vous (pose » La
femme accepte. Le cadi ‘enregistre.
L'Islam, qui avait détruit les idoles, supprimé l’usage du vin, les
jeux de hasard, prohibé les guerres fratricides entre tribus, l'Islam,
qui Se disait continuer Abraham dont il prétendait rétablit la religion,
n'a pas voulu effrayer les Arabes en interdisant la polygamie. Le
Coran la tolère, mais ordonne de traiter les épouses équitablement :
Si vous craignez d’être injuste, si vous n'êtes pas en état de donner
à chacune les soins qu’elle réclame, n’en épousez qu'une seule.
. Mais la femme est considérée comme inférieure à l’homme. Elle est
renfermée dans le harem et ne doit sortir que voilée; l’Arabe est monté
sur l’âne et la femme marche à pied (ce qui, entre parenthèses, détruit
2
02 ATLANTIS
l’image conventio nne lle de la fui te en Egy pte ). La che val eri e ho no ra nt
la femme est, pour eux, incompréhensible,
Ils n’ont, par suite, aucun égard pour la Vierge Marie, et l'on n'y
trouve pas de dévotion pour la Mère, comme chez les Hindous.
Chez les japhétistes, au contraire, la femme est l’égale de l’homme;
il y eut des prêtresses chez les Gaulois, chez les Germains| et chez
les Grecs.
Les mahométans Considèrent que Jésus-Christ, qui n’est qu’un pro-
phète à leurs yeux , n’a pas été cruc ifié , mais que l’on a cruc ifié un
homme qui lui ressemblait. Dieu l’a enlevé au ciel, maïs il reviendra
sur la terre pour confirmer la loi de Mahomet.
L'islamisme proscrit les figures humaines dans l’art religieux, parce
qu’il redoute l’idolâtrie; il continue encore les prescriptions de Moïse.
L'art musulman est purement décoratif, fait d’entrelacs et d’ara-
besques, d’ailleurs d’un goût exquis.
LA MECQUE. — On voit à La Mecque la maison d'Abraham, le
puits que l’ange montra à Agar et la Kaaba, que l’on fait remonter
à Adam. La pierre noire, objet d’une vénération toute particulière, est
enchâssée dans un de ses angles. On dit qu’elle tomba du ciel; c'est
donc probablement un uranolithe; cependant elle auraît la propriété
de flotter sur l’eau, ce qui ferait penser à une pierre ponce volcanique
pouvant provenir de l’Atlantide qui disparut dans un cataciysme de
cette nature. D’autres prétendent qu’elle fut apportée par l'ange
Gabriel.
Le rite principal du pèlerinage à La Mecque, celui sans lequel il
serait considéré comme sans valeur, consiste à passer au moins un
moment le ® jour du mois d'Oubidja, entre le coucher et le lever du …
soleil, sur le mont Arafat où vécurent, dit-on, Adam et Eve.
Mais pour les mystiques musulmans, tous ces rites sont sans valeur,
et c’est ainsi que, voyant ses coreligionnaires se bousculer à grands
cris sur la route de La Mecque, un de ces mystiques, Al Hallaï, disait:
Les gens s’en vont en pèlerinage, moi je vais en PHETe vers l’ami
qui demeure en moi,
LES PHILOSOPHES. — Les Arabes eurent d’illustres philosophes;
les grandes figures de l'Islam datent des xI° et x1I° siècles.
Au xI° siècle, nous trouvons Ibn Sina (Avicenne) qui acquit une
grande réputation, mais qui s’appuyait sur Aristote. Bien qu'ayant fait
de nombreuses concessions au mahométisme, l’ensemble de ses doc-
trines ne saurait s’accorder avec les principes de l’islamisme, et c’est
Surtout contre lui que Gazali dirigea sa Destruction des philosophes.
Gazali, le plus célèbre théologien musulman, naquit vers l'an 1080.
Son but était, en effet, de démontrer la supériorité de l’islamisme sur
les autres religions et sur la philosophie grecque. Il fonda un monas-
ATLANTIS 03
tère pour les sou fis et y ter min a sa vie . Ce n’e st que dan s la vie asc é-
tique et con tem pla tiv e, dan s le mys tic ism e et l’e xta se des sou fis , qu’ il
trouva la satisfact ion qu’ il ava it che rch ée dan s sa pou rsu ite de la
vérité. Il serait l’a ute ur de liv res éso tér iqu es don t la co mm un ic at io n
était réservée.
Au xil° siècle, nous trouvons Ibn Roschd, plus connu sous le nom
d’Averrhoés, le plus illustre des philosophes arabes. Mais, ici encore,
nous trouvons l'influence d’Aristote. Il fut accusé de prôner la philo-
soph ie grec que au détr imen t de la reli gion mus ulm ane !, Dépo uill é de
ses dignités, il fut relégué dans la ville de Lucena, près de Cordoué,
avec défense d’en sortir. Il tenait cependant à passer pour un bon .
musulman, mais il niait la création, la révélation, l'efficacité de la
prière, des litanies, la résurrection.
Averrhoés considérait que la fin et le but de la vie religieuse sont
l'union de l’âme avec l’Etre suprême, que Dieu et la nature ont les
mêmes rapports que l’âme et le corps, et qu’il n’y a dans l'univers
qu'une seule intelligence, laquelle le remplit tout entier.
Avec lui, la philosophie arabe est parvenue à son apogée; après
lui, on ne trouve plus dans l’Islam aucun philosophe digne de ce nom.
ESOTERISME. — Vingt ans après la mort de Mahomet, son gendre,
l’imam Ali, le quatrième des califes considérés comme râchidin, c’est-
àa-dire orthodoxes, lequel aurait reçu de Mahomet des enseignements
secrets, initia un certain nombre de personnages, et ces connaissances
furent transmises de génération en génération.
Au x1° siècle, Ibn Arabi, considéré comme le chef des écoles ésoté-
riques, se préoccupa tout particulièrement du mystère des lettres, et
cela, peut-être, sous l’influence des Kabbalistes juifs, avec lesquels il
se trouva en rapport en Andalousie. C’est ainsi que la lettre élif (cor-
respondant à aleph juif et à alpha grec) est le symbole de l'unité
essentielle; le bé, celui de l'unification; la lettre noun, qui vaut 50, est
le symbole de l’âme universelle, etc...
On voit que cette question du mystère des lettres se trouve dans
diverses religions; elle a préoccupé bien des penseurs, tels Ragon, chez
. les francs-maçons, et Philéas Le Besgue, dans son Au delà des gram-
maires. Nous avons toutes raisons de penser que leur signification
n’est connue que de ceux que l’on a désignés par les deux lettres R et C
et que les mystères du Verbe ne se trouvent éclairés que dans l’éso-
térisme helléno-chrétien ?.
ISMAELIENS. — Cette secte musulmane, qui semblerait devoir se
rattacher à Ismaël, fils d'Abraham, se rattache à un Ismaël, descen-
dant d’Ali, qui lui aurait confié des enseignements secrets. Elle
1. Un historien (Blochet) a écrit: « Les productions de la philosophie
arabe ne sont qu'une continuation de l’alexandrinisme, »
2, Voir Atlantis; numéro sur les Lettres sacrées.
94 ; :: CATLANTISS | a
comportait neuf degrés d'initiation. C’est avec les Assacis ismaëliens
que furent en rap por t les Tem pli ers en Pal est ine . Dan s cett e doc -
trine, on enseignait la supériorité de l’hellénisme pythagoricien, l'im-
portance du nombre 9 et le dualisme qui caractérise les manifestations
démiurgiques (Aor-Agni). Comme nous l’avons dit, ismaëli sme ét
johannisme ont des points communs; mais qu’est devenu l’ismaëlisme
dans les temps modernes ? Les ismaëliens actuels semblent constituer
une secte dissidente qui a totalement oublié les enseignements initia-
tiques qui les rattachaient au fils d'Ag-Ar l'Egyptienne,
Le chef actuel des ismaëliens hindous est l’Agha Khan. Il avait
épousé une chrétienne et possède une écurie de courses en France où
il réside généralement. Il n’a rien d’un chef religieux, et cependant,
vénéré comme un dieu, ses adeptes lui versent chaque année un tribut
en or et diamants représentant son propre poids, qui est fort res-
pectable. ,
(Je serais heureux si M. René Guénon voulait bien nous renseigner |
sur l’ésotérisme musulman dans un prochain numéro des PIE de
ditionnelles.)
DERVICHES ET SOUFIS. — A côté du simple et pieux musulman
récitant ses cinq prières par jour, assistantà la grande prière dir
vendredi, jeñnant pendant le Ramadan et accomplissant, s’il le peut,
le pélerinage de La Mecque, il y a les esprits plus indépendants ou de
| plus épris de hautes spéculations ou de vie mystique, et ce sont les
derviches et les soufis.
Les derviches sont des moïnes appartenant à des ordres re
Is se divisent en deux catégories : derviches tourneurs et derviches
hurleurs; les premiers atteignent l’extase par le tourbillonnement,
accompagné de formules religieuses inlassablement répétées. Il y a
aussi les aissaouas qui présentent d’étranges phénomènes, comme
l'insensibilité et qui ingèrent du verre pilé, des scorpions, de l’étoupe
enflammée, etc., sans en être incommodés.
Les soufis suivent les enseignements d’un scheikh dans une zaouiaz
Ces enseignements comportent plusieurs degrés. Leur nom a été Consi-
déré comme venant du grec sophos, « sagesse », encore que leur ori-
gine soit persane, On l’a fait venir aussi de l’arabe çouf, voulant dire
« laine », parce qu’ils sont vêtus de laine; mais tous les burnous
arabes sont en laine, et la première étymologie semble plus exacte,
étant donné que l’on considère que leurs doctrines proviennent de la
philosophie grecque, comme nous l’avons vu.
On trouve chez les soufis des mystiques et des métaphysiciens. Les
mystiques sont rarement métaphysiciens, et les métaphysiciens ne sont
1. Le scheïkh est l'équivalent du gourou chez les Hindous;‘C'est T'ins- î
tructeur.
!
QUI D
ATLANTIS oo
Ne jamais des mystiques. En effet, la mystique fait appel à la sensibilité
(Aor) et la métaphysique à l'intelligence (Agni), et il est rare de les
trouver réunies.
Les soufis métaphysiciens proclament que le Coran a deux sens,
un Sens exotérique et un sens caché, mais ils se partagent entre plu-
sieurs écoles ayant des enseignements différents concernant les grands
problèmes : nature de Dieu, rapports de Dieu et de l’homme, destinée
humaine, etc. Et cela rend perplexe sur l’unité des doctrines pouvant
être tirées du Coran.
_ Quant aux mystiques, on ne peut penser à leurs effusions spiri-
in tuelles sans songer au samadhi des Hindous et aux effusions des
ui grands mystiques chrétiens. Toutefois, elles en diffèrent, n'étant pas
extériorisation, mais intériorisation. Ces états ne sauraient, d’ailleurs,
être invoqués à l'appui de la véracité d’une doctrine.
Le mysticisme musulman a engendré des poëtes qui ont évoqué
lenivrement qui remplit l'âme par son contact avec le divin. Ils l'ont
comparé à l'ivresse produite par le jus du raisin interdit aux croyants.
… Ibn al Faridn, l’un des plus grands poètes mystiques soufñ, a écrit
un Eloge du vin, traduit et commenté par E. Dermenghem. Le vin dont
! il s’agit est symbolique. L’ivresse qu’il produit est toute spirituelle.
bu Le maître de la mystique des soufis est Gazali, comme Eckardt est
celui de la mystique allemande et Jean de la Croix celui de la mys-
tique chrétienne. La mystique existe partout, et c’est sur cette consta-
tation que l’on pourrait parler d'unité fondamentale des religions s’il
ny avait pas des divergences dans l’objet et la nature de la mystique.
… Celle de Plotin unit l'âme à Dieu sans l'identifier à lui; celle du soufi
identifie l'âme à Dieu et lui faire dire : « Je suis Dieu. »
Dans mon étude sur les mystes et les mystiques 1, j'ai tenté de
montrer en quoi diffère la voie du myste, ou plutôt de l’archimyste,
de celle du mystique. Le lecteur y trouvera les raisons qui doivent
+ faire se méfier de la voie mystique si elle n’est pas appuyée sur la
. recherche parallèle de la Connaissance. |
Nous l’avons vu déjà, la Connaïssance n’est pas la science qui
aboutit aux plus graves dangers. L’astronomie religieuse est l’une de
ses branches; on l’a dit : « Cæli enarrant gloria Dei. >» Nous avons
le privilège d’habiter un monde où les nuages ne voilent le ciel
_ que par intermittences (il en est tout autrement sur la planète Vénus
… constamment couverte de nuages). Grâce à cela, l’homme a pu
\ Savoir ce qu'est l’univers, connaître la place de notre terre dans
le Cosmos, découvrir les lois de la marche apparente du soleil à
travers le zodiaque, connaître la nature des étoiles, ces autres soleils,
. mesurer leurs distances, leurs vitesses, analyser leurs radiations, etc...
Ainsi, l’astronomie rtligieuse, par ses révélations, nous à donné sur
le Dieu suprême et sur les dieux solaires des révélations que les
1. Atlantis, n° 128.
96 ATLANTIS
*
religions ne nous ont pas données, quand elles ne nous ont pas induits
en erreur. Le Coran ne nous parle pas du ciel astronomique, mais seu-
lement d’un paradis peuplé de houris, et les soufis se perdent dans
x
des ivresses spirituelles, semblables à ces nuages qui nous voilent
précisément la vue du ciel, si beaux soient-ils, quand ils sont colorés
par les rayons du soleil invisible, car le monde extérieur les laisse
indifférents.
Et ce que je viens de dire de l’astronomie religieuse (qui n’a rien
de commun avec l'astrologie profane), nous pourrions le dire égale-
ment de l’alchimie et de la Cabale religieuses, ces deux autres branches
de la Connaissance hermétique.
Les soufis considèrent que Dieu vit en toutes choses. Ils passent
pour avoir puisé cette idée dans la philosophie platonicienne.
On trouve aussi des influences bouddhiques chez certains d’entre
eux. Un des leurs, Bestami, a écrit :
Quand les hommes s’imaginent adorer Dieu, c’est Dieu qui s’adore
lui-même.
Contrairement au Coran, les soufis envisagent que le monde est une
émanation de Dieu et non sa création.
Contrairement au Coran également, ils admettent les vies succes-
sives. Toutefois, il ne saurait s’agir de règles absolues, le soufisme
étant divisé en plusieurs écoles dont les enseignements présentent des
divergences, comme nous l’avons vu.
Les soufis, partisans de l’émanation et des vies successives, appa-
raissent comme des hérétiques vis-à-vis du mahométisme, comme ceux
qui partagent les mêmes idées, chez les chrétiens, le sont vis-à-vis de
l'Eglise. D'ailleurs, c’est seulement chez les japhétistes aryans qu'a
existé l’idée de la palingénésie; elle est ignorée des sémites qui n’envi-
sagent qu’une seule vie.
FATALISME ET LIBERTE. — Le trait dominant de l’islamisme,
c'est le fatalisme, la résignation aux vicissitudes de l’existence.
Lecomte du Nouy a écrit, dans L'homme et sa destinée :
Mal comprise, l’idée de la toute puissance de Dieu est dangereuse;
elle mène à un fatalisme neutralisant, incompatible avec ce que nous
savons de l’évolution. Le concept mahométan transforme l’homme en
une impersonnelle machine vivante, à peine supérieure à l’insecte,
Ce jugement est sans doute trop sévère, car la résignation n’est
pas le fatalisme; il est des cas où elle apporte à l’homme une conso-
lation dans le malheur. Combien de fois ai-je répété, après cette expul-
Sion qui a bouleversé ma vie : A
Mon Dieu, que votre volonté soit faite |
|P A T L A N T I S u 9
No 7
R n
La résignation peut trouver son appui dans cette idée que ce qui
nous arrive de douloureux a pour but notre bien. Nous en avons un
exemple dans ie livre de Pierre Hamp dont il sera question plus loin,
lequel a écrit :
La plus belle acquisition est celle qui, vous privant de tout, vous
comble de résignation ardente. ».
La résignation n’est donc pas liée au fatalisme, et sans doute trou-
verait-on dans l’islamisme, comme dans le christianisme, des tenants
du fatalisme et des partisans de la liberté.
Le problème du libre arbitre est un des écueils de la philosophie et
de la théologie. L'homme est-il libre ou est-il soumis au Fatum, au
Destin 1?
À la vérité, on trouve dans le Coran des passages contradictoires à
ce sujet. Averroés s'était efforcé de les concilier. De même, l'Eglise
romaine a défendu les deux positions sans prendre parti pour l’une
ou pour l’autre. Saint Augustin, avec l’idée de prédestination, est fata-
liste; il y eut dispute entre saint Thomas et Duns Scott sur cette
question, comme entre pumner et Erasme, puis entre Molina et Port-
Royal.
En réalité, les musulmans restent convaincus que l’être humain est
soumis à la fatalité.
Or, quand on réfléchit à ce problème, on constate qu’il existe un
plan préétabli, notamment dans le déroulement des cycles zodiacaux
annonçant à l’avance les transformations religieuses du monde qui
entraînent des transformations sociales; mais l’homme est libre d’ac-
cepter ou de repousser ces transformations. C’est ainsi que la religion
du Taureau s’est prolongée jusqu’à l’ère actuelle des Poissons, et il
en est de même de la religion du Bélier 2. Il est vraisemblable que la
religion du cycle des Poissons continuera au cours de l’ère du Verseau
qui doit lui succéder.
Donc, l'homme est libre de faire le bien ou de faire le mal, de croire
où de ne pas croire, mais il ne peut modifier l’évolution du monde, ni
les transformations qui ont fait de l’homme-animal l’Aomo-sapiens.
Il y a, au-dessus de la volonté humaïne, la volonté divine. De même,
sur un navire, les passagers peuvent se livrer à tous les actes, voire
se jeter à la mer, mais ils ne peuvent changer la marche et la desti-
nation du navire que dirige le capitaine.
L'existence d’une volonté extérieure et supérieure à celle de l’homme,
1) On lit, dans l’Imitation de Jésus-Christ: « Désire toujours et prie que
la volonté de Dieu s’accomplisse en toi » (liv. III, ch. XXIII). La même idée
se trouve dans le Pater, et nous avons vu déjà que si Dieu est esprit, il est
aussi la Volonté suprême,
2. L'islamisme se rattache à la religion du Bélier, avec ses sacrifices
d'animaux.
98 , ATLANTIS
M
nous la constatons dans l’histoire de notre pays si mystérieusement
protégé au cours des siècles en vue d’un but qui apparaîtra un jour,
mais que l’on entrevoit déjà.
Les prophètes et les prédictions contenues dans la mythologie, dans
les Ecritures, etc, prouvent que l’avenir est prédéterminé, mais
l’homme est libre.
LE PARACLET ET LE RETOUR DU CHRIST. — Selon le Coran
(ch. LXI), Jésus, fils de Marie, a dit aux enfants d'Israël :
Je suis messager de Dieu; il m'a envoyé pour confirmer l'Ancien
Testament et pour vous annoncer qu'il viendra un Front après moi
qui aura pour nom Mahomet.
Et il existe, dans les milieux musulmans, cette idée fort curieuse
que Mahomet serait le Paraclet annoncé par le Christ. Ils s'appuient:
sur ce passage de saint Jean (ch. XVI, 12-13):
J'aurais encore plusieurs choses à vous dire; elles sont encore
au-dessus de votre portée, mais quand l'esprit de vérité sera venu, il
vous conduira vers toute la vérité; il dira tout ce qu'il aura SL ae
et vous annoncera les choses à venir,
Or, les disciples, disent-ils, ne pouvaient pas être préparés à le
recevoir quarante jours après la crucifixion, comme le prétendent les
Evangiles. Le mot périclytos, bien proche de paracletos, Signifie d’ail-
leurs illustre, comme les mots Ahmed et Mohamed.
D’autre part, Mahomet aurait annoncé en mourant le retour de
Sidna Issa (Jésus-Christ), lequel dira que le Coran renferme toute
vérité, et il aurait ajouté qu’il sera nécessaire que se crée un groupe
de croyants pour se préparer à le recevoir.
Il est assez inattendu de trouver dans l’islamisme cette idée du
retour du Christ; elle vaut la peine d’être retenue, ne serait-ce que
pour montrer l’universelle attente qui se manifeste à ce sujet dans
le monde.
BEN ALIOUA. — L’islamisme a pris depuis quelques années une
forme nouvelle de propagande avec ce Ben Alioua, nommé aussi le
Cheikh EI Alaouï, mort il y a environ quinze ans à Mostaganem. Ben
Alioua, simple cordonnier, commença sa mission vers 1912; il voulait
ns
nl
À
un islamisme agissant et non enfermé; il enseignait l’unité de Dieu,
l'univers émañé de Dieu et non créé, comme l'enseigne le Coran aux 0
profanes; l’illumination dont se réclament les grands musulmans
comme Avicenne, Ghazali, sans séparation entre la sensibilité et l’intel- W:
;4
ligence. Il voulait orienter l'Islam vers plus de lumière et de fraternité, }/
en utilisant le Zohar des juifs et les Ennéades de Plotin. Il s’appuyaïit
sur la concentration et l’expansion, selon la méthode des soufis. Il
ê / ATDANTIS à 99
| ohmandait l'entente avec les chrétiens, avec les juifs. De l'Egypte
au Maroc, il a touché sans doute près de 200.000 croyants.
_ Ce saint musulman, un des derniers grands maîtres soufis, a montré
les possibilités d’action féconde de cet Islam que certains jugent mortt,
Ben Alioua fonda une confrérie mystique très fréquentée, rattachée
à l'école de soufisme la plus élevée et, par elle, à cette super-religion
réunissant les autres doctrines religieuses, les prophètes, selon un
aphorisme soufñ, « n'étant que les rayons multiples d’un même feu ».
Il a maintenant comme successeur le Cheikh Sidi Abda Bentounés,
qui a fondé Les Amis de l'Islam en vue de réaliser une fraternité entre
musulmans, chrétiens, israélites, bouddhistes et libres-penseurs, magni-
fique programme qui, malheureusement, risque fort d’être inopérant,
avec la lutte actuelle entre musulmans et juifs en Palestine, entre
musulmans et hindous dans l'Inde.
Sidi Bentounés considère que Mahomet est le Parole dont Jésus-
Christ annonçait la venue après lui et qui reviendra lui-même une
deuxième fois, comme nous venons de le voir. ,
(Renseignements puisés dans les publications des Amis de l'Islam
éditées à Mostaganem.)
CONCLUSION
| De cet examen de l’islamisme il résulte, tout d’abord, que nous ne
trouvons pas dans cette religion une unité de doctrine, mais des sectes
… nombreuses. D’autre part, tout ce que nous avons vu des influences
* grecques chez les philosophes et chez les mystiques de l’Islam ne fait
que nous confirmer dans notre opinion de la primauté de la Grèce,
encore que la philosophie grecque ne soit que l'aspect extérieur de
l’hellénisme.
De plus, un pays musulman comme la Turquie, représentant une
des citadelles de l’islamisme, est devenu officiellement irreligieux et
athée. La contagion de matérialisme qui s'étend sur le monde tend
donc à gagner également les pays musulmans.
L’islamisme fut une doctrine intolérante et conquérante qui menaça
[a civilisation chrétienne. Ïl n’a connu et enseigné la morale du Christ
et son enseignement d'amour universel que tardivement,
Issu du sémitisme, l’islamisme est devenu antisémite. Un véritable
antagonisme, qui à pris aujourd'hui un caractère particulièrement
aigu, sépare juifs et arabes musulmans. Mais son erreur capitale,
c'est de ne se préoccuper que du Dieu universel, qui est inaccessible
et inconnaissable dans son essence (sinon dans sa substance) et de
négliger le Dieu solaire auquel toute vie est suspendue. L’islamisme
1. Voir Lotus bleu, 1939 (article de Probst-Biraben).
100 ATLANTIS
considère, en effet, ie Christ comme un simple prophète, un homme
parmi les hommes. Il n’a pas compris que le Dieu solaire s’est incor-
poré pendant trois ans dans l'organisme de Jésus pour venir rappeler
aux hommes une doctrine qu’ils avaient oubliée ou méconnue. En
agissant ainsi, Mahomet a privé ses adeptes d’un enseignement qui,
sans cela, eût fait de sa religion une religion supérieure à toutes les
autres. ù
C’est à cette distinction entre le Dieu suprême et le démiurge que
fait allusion Platon dans sa & Lettre :
Si nous raisonnons sagement sur le Dieu, chef des choses présentes
et futures et sur le Seigneur (kyrie), père du chef et de la cause, nous
y verrons clair autant qu’il est donné à l’homme le plus heureusement
doué.
L
Et encore (Lettre 2 à Denys):
Le grand roi étant au milieu des choses et toutes choses ayant été
faites par lui, puisqu'il est l’auteur de tout bien, le second roi est au
milieu des secondes choses et le troisième au milieu des troisièmes,
ce qui ne doit point s’écrire d’une manière plus claire, afin que l'écrit
venant à se perdre, celui qui le trouverait n’y comprit rien.
Si Platon ne parle pas plus explicitement, c’est qu’il se sent tenu
par le secret imposé aux mystes (voir Dieu et les dieux).
I s’agit de cette hiérarchie des dieux, comprenant les dieux plané-
taires, les dieux solaires et le Dieu unique.
Cette mystique de l'Islam, cette soif de l'ivresse produite par l'union
avec Dieu, le Dieu absolu et inconnaissable des métaphysiciens (pro-
duite peut-être par leur imagination), n’est pas l’amour des mystiques
chrétiens, lesquels emploient le langage des amants pour exprimer
ce qu’ils éprouvent. [l'est vrai que ce n’est pas au Dieu suprême qu’ils
s'adressent, mais au Christ qui s’est incarné sur la terre (on s’imagine
mal le Dieu du Cosmos intervenant sur notre insignifiante planète).
À part Pythagore, Socrate, Plotin, Denys l’Aréopagite, dont les élans
mystiques se sont adressés à l’Unité suprême (le Dieu Pan, de Socrate),
les Occidentaux, élevés dans le néo-platonisme et le christianisme où
l'amour constitue le commandement nouveau, selon saïnt Jean, et la
force des forces, selon Platon, suivent une voie toute différente. À vrai
dire, cependant, comme certains Hindous modernes, des soufis, nous
l’avons vus, sont tout imprégnés de cet enseignement de fraternité
et d'amour qu’ils puisent inconsciemment peut-être dans le christia-
nisme. C’est là une évolution en relation avec l’approche de la nouvelle
ère chrétienne qui approche avec le signe du Verseau. Elle s'associe
d’ailleurs aux tendances actuelles vers la formation d’un gouverne-
ment mondial. Voici donc des signes avant-coureurs semblables à ces
rayons de soleil qui, perçant les nuages après un orage, annoncent le
retour du beau temps.
ATLANTIS 101
Quant à la métaphysique des soufis, elle ne saurait différer, nous
_ l'avons constaté, de celle des Grecs (celle d’Aristote notamment) ou,
si l’on veut, de celle d’un Leibnitz ou d’un Wronski. Elle s’écarte
d’ailleurs des idées créationistes du Coran, et c’est pourquoi les méta-
physiciens furent suspects aux théologiens musulmans.
Enfin, les données de l’ésotérisme hermétique, qui ont pu exister
jadis dans l’ismaëlisme, paraissent oubliées aujourd’hui.
_ Ajoutons qu’il est un problème que l'Islam n’a pas résolu, celui
du mal, dont j'espère pouvoir, un jour, montrer la solution.
Toutefois, ce que l’on peut admirer chez les musulmans, c’est leur
résignation aux coups du sort, la dignité noble des Arabes restés
fidèles à leur costume traditionnel, leur courtoisie, leur piété qui ne
. craïnt pas la raillerie. Je me rappelle cet épisode de mon voyage en
Tunisie : j'étais seul de Français dans le petit train minier reliant
Tozeur, dans l’extrême Sud, à Kairouan; nous traversions des régions
désertiques, et le vent de sable avait bloqué les organes de la loco-
motive. Il fallut s'arrêter. C’était l’heure de la prière du soir; les
Arabes descendirent des wagons et s’agenouillèrent sur le sable, priant
et se proSternant vers La Mecque. Quels sont les chrétiens qui ose-
raïent en faire autant ?
Avec ses jardins merveilleux, ses palais enchantés où pleuraient
… les jets d’eau au milieu des roses, ses mosquées splendides, ses baya-
dères, ses poètes, ses croyants et leurs cinq prières quotidiennes, ses
derviches et ses soufis, la civilisation de l’Islam nous apparaît donc
comme une fleur aux couleurs éclatantes, mais sans parfum. Elle peut
.… séduire ceux auxquels répugne notre civilisation, devenue semblable à
… un Champignon vénéneux poussé sur le fumier; mais elle ne saurait
… rivaliser avec le miracle grec et tout ce que représente de souveraine
beauté l’helléno-christianisme.
Paul LE C—R.
Je remercie ici le très distingué fonctionnaire musulman qui a bien
voulu me fournir divers renseignements concernant l’islamisme.
| 4 Les D hians ont fait autant de prosélytes par la parole que par
Pépée. » CVOLTAIRE.)
! « L'Eglise n’a su convertir ni le musulman, ni l’idolâtre, et elle a persécuté
le juif avec une implacable cruauté, » (GUÉROULT.)
. | « L'attitude impassible au milieu du danger exprime la doctrine du fata-
isme qui fait le fond de la religion musulmane. » (Th. GAUTIER.)
« L'amour peut sanctifier la chair, » (/slam.)
< La chair peut avilir l'amour. » (Christianisme.)
104 ATLANTIS
Symhbolisme
LE POINT. — Le plus simple et le plus important des symboles, celui
dont dérivent tous les autres, c’est le point. Le point métaphysique ne peut
d’ailleurs être tracé, puisque, si on le trace, on obtient une surface ou un
volume (en relief ou en creux). En fait, il représente l’Absolu et toutes ses
virtualités. Le point, en effet, est à l’origine de la manifestation. Là où il
n’y avait rien, un point surgit, et c’est de lui que tout va procéder.
Mais on trouve dans le symbolisme un autre signe : le point entouré d’un
cercle. C’est le symbole astronomique du soleil depuis la plus lointaine
antiquité.
D'autre part, le fhéta grec majuscule est aussi un cercle avec point central,
et cette lettre est celle du mot théos, Dieu. Ainsi, le signe du soleil corres-
pond au mot Dieu, Mais ce cercle autour du point représente la limitation de
sa puissance.
Par ailleurs, le fhéta est le nombre 9, lequel correspond à alpha et oméga
(801), et le Christ a déclaré : « Je suis l'alpha et l’oméga. » Ainsi se
trouvent associés par ce symbole le soleil, le Christ et le nombre 9, et
c'est là une chose admirable, indépendante des hommes, en même temps.
qu'il nous indique que le démiurge n’est pas omnipotent, comme l’indiquent,
du reste, les tâtonnements de la création et l’évolution sur la terre.
LE SYMBOLISME (numéro de mai 1947)..— Cette revue maçonnique pose
la question suivante : « Y eut-il un secret maçonnique ? » En effet, on n’a
rien trouvé à ce sujet dans les archives de l’Ordre ouvertes pendant l’oc-
cupation, parce que la Maçonnerie était considérée par les hitlériens comme.
une œuvre juive,
A la vérité, la Maçonnerie, déviée depuis la Révolution française, par les
illuminés de Bavière, ne possède plus aucun secret, puisqu'elle n’est plus
chrétienne. Or, le mot Kryst signifiait, en égyptien, « le possesseur du |"
secret »; elle a perdu le fil d’Aryane, qui est le fil d’Aor-Agni, en perdant
ses directives johannites.
La puissance du verbe
LE MOT « ENTHOUSIASME ». — Encore un mot venu du grec enthou-
siasmos., Il contient en théos asthma, « le souffle de Dieu en soi > (asthma a
donné naissance à asthmatique, respiration pénible). Quel mot magnifique et
quelle beauté il y a dans l'enthousiasme, qui comporte un corollaire : l’indi-
gnation ! Celui qui entretient en lui la flamme de l'enthousiasme ne vieillit
“pas. Plaignons les jeunes qui n’ont plus d'enthousiasme, comme cela est.
presque général aujourd’hui, où la véulerie, l'indifférence, l'insensibilité, sont
devenues la règle.
Quel intérêt présentent les mots dns on sait ce qu’ils renferment ! Or,
c'est surtout par le grec que le Verbe se manifeste. Le Christ n’a-t-il pas dit:
€ Je suis l'alpha et l'oméga » et non l’aleph et le fau ? Quant aux incroyants
qui se déclarent enthousiastes, ils ne sont pas logiques.
LES CONFERENCES DE SIDDHESWARANANDA, A LA SORBONNE.
— Reprenant cette année ses conférences, l’Hindou Siddheswarananda, qui
appartient à la Ramakrishna Mission, a pris pour sujet la concordance de
la spiritualité des grands mystiques chrétiens comme sainte Thérèse,
ATLANTIS 4080
saint Jean de la Croix, avec la mystique hindoue, en réalité avec les mys-
tiques hindous modernes comme Ramakrishna, Vivekananda, Sundar Sing,
Gandhi et même Aurobindo, dont la dévotion à la « Mère » rappelle celle
des chrétiens envers Marie et des gnostiques envers Sophia.
_ Et cela confirme notre thèse tendant à démontrer que c’est toujours
l'Occident qui a fécondé l'Orient.
N'est-ce pas l’occasion de rappeler les lignes par lesquelles se termine
… L'Inde et le monde de l’orientaliste Sylvain Lévi ? Constatant l'engouement
Wa de certains Occidentaux pour Je doctrines hindoues, qui ont tout emprunté
à l'Occident, il écrit:
Il serait piquant, mais il serait douloureux de voir l'Occident déser-
ter sa tradition (lhumanisme gréco-latin et helléno-chrétien) quand
l'Orient s’essaye à la lui emprunter.
1 Ajoutons qu’il est perçu 100 francs d’entréeà ces conférences, ce qui n’est
‘el pas à la portée de toutes les bourses, alors que le Christ prêchait gratui-
; tement aux foules.
LA FEDERATION MONDIALE. — Si l'idée de la constitution des Etats-
Unis d'Europe que nous demandons depuis vingt ans est à l’ordre du jour,
woici, d'autre part, que naissent de divers côtés des mouvements en faveur
» de la création d’un Etat et d’un Gouvernement mondial, ce qui nécessite
celle d'un grand Ordre de chevalerie constituant une police internationale
comme celui des Templiers, Ce mouvement, on en conviendra, est un des
signes avant-coureurs de l’ère du Verseau pendant laquelle doit s'exercer
le règne social et temporel de celui que l’on appelle Krishna dans l'Inde et
Christ en Europe. La place nous manque malheureusement pour citer tous
… ceux qui se préoccupent de cette question, mais on constatera que ces
. mouvements sont en accord avec celui que nous avons fondé à la Sorbonne
de Paris, dans la nuit de la Saint-Jean, en 1926. D’ ailleurs, la France étant
le point de départ des mouvements fédéralistes, c’est à elle que reviendra
le soin de réaliser cette organisation, comme la écrit récemment Edouard
. Krakowski.
La religion de l’humanité
En Russie, l’enseignement est strictement laïc, L'enseignement des
doctrines religieuses est interdit dans tous les établissements scolaires
ou privés.
L’historien Potemkine, qui fut commissaire du peuple à l'instruction
publique en Russie, a défini ainsi les traits généraux de l’instruction
soviétique : « La démocratie, l’humanisme, une foi ardente dans la
force créatrice de la science et l'éducation de la jeunesse dans l'esprit
national et patriotique. »
(Extrait de l’ouvrage en faveur de la Russie, intitulé Présen-
tation de lU.R.S.S., par hot BRUHAT, agrégé de
J'Université, 1947.)
’humanisme, c’est-à-dire la religion de l’humanité d’Auguste Comte, est
ain placé au-dessus de toutes les religions et, d'autre part, on est surpris
Oir,proclamer pideal LE au lieu de l'esprit international, sur lequel
106 | ATLANTIS
LES GAULOIS, D’APRES L’ « HISTOIRE DE FRANCE >» DE H. GUIL-
LEMAIN ET DE L’ABBE LE STER:
Les Gaulois sont des ignorants: ils ne savent ni lire, ni écrire. On
dit que ce sont des barbares. Au contraire, les Français d'aujourd'hui
sont des gens civilisés. Etre civilisé, c’est être instruit, poli, connaître
beaucoup de choses que les anciens Gaulois ignoraient, comme les
livres, les armes à feu, la façon de construire de belles maisons de
pierre, etc. Les Gaulois étaient des païens, ils ne connaissaient pas
le vrai Dieu; ils adoraient toutes sortes de choses.
Cette Histoire de France est à l'usage des enfants de 7 à 10 ans dans les f
écoles et collèges catholiques de Bretagne.
Par ailleurs, j'ai entendu un instituteur déclarer à ses élèves que Ja fr
cisque (la double hache des mystères) était l’instrument avec lequel les ï
Francs, qui étaient des barbares, avaient jadis massacré les Gaulois.
La haine
Ce qui domine aujourd’hui, dans le monde, après 2000 ans dé christia-
nisme, c’est la haine : haine entre les individus, haine entre les peuples. Au
cours de l’année dernière, parut, en tête de l'Humanité, un article intitulé
Eloge de la haine, signé — Ô ironie ! — « Bonte ». Antérieurement, au cours
d'une séance de la Chambre, M. Léon Blum, s'adressant à ses adversaires,
s'écria :
Je vous haïs !
Pendant l'occupation allemande, j'ai reçu un journal clandestin de la l
Résistance, portant en tête :
Il faut tuer.
En y réfléchissant, nous verrons que l’on peut sans doute justifier la haïne
en y voyant l’attitude de celui qui a horreur de l’égoïsme, de l'injustice et
du mensonge; horreur des vicieux, des tarés, des jouisseurs égoïstes, des |
êtres cruels, des conquérants assoiffés de domination, Mais, même sous cet
aspect, la haine peut-elle être justifiée ? C’est là une question fondamentale.
Ne peut-on avoir horreur de la laideur sans en avoir la haine ? Car, en
définitive, c’est de la laideur qu'il s’agit, tout, en définitive, se rattachant au
problème esthétique.
Il n’y a, en effet, qu’une attitude à prendre dans la vie : l'amour de la
beauté, l'horreur de la laideur. Il ne reste pas de place alors pour la haine,
qui est un sentiment destructeur, tandis que l'amour de la beauté et l'horreur
de la laideur sont constructeurs.
Celui qui prononça, un jour, cette parole :
Je hais les mensonges qui nous ont fait tant de mal,
voulait dire qu’il en avait horreur.
Et quand le Christ attaque les scribes et les pharisiens, quand il chasse
les vendeurs du Temple, il ne le fait pas par haine, mais par indignation,
par horreur des sentiments bas et égoïstes, des attitudes fausses, de l’orgueil,
de la cupidité.
© ATLANTIS Re ME
NY (pur. ailleurs, s'il est infiniment doux de se sentir aimé, il est profondément
_ douloureux de se sentir haï. Il est donc devenu bien difficile de vivre dans
un monde où domine la haine,
_ Les plus grands génies, les êtres les plus purs, ont connu l’abandon, la
‘haine; tel fut le cas de Socrate, celui du Christ, celui de Jeanne d’Arc. Le
” Christ, dans l'Evangile de loan, le prédit à ses disciples :
Vous serez haïs.
Ainsi, la haine, comme une bête monstrueuse au mufle sanglant, aux yeux
menaçants, tapie dans l’ombre, dévore ceux qu’elle peut atteindre. N'est-elle
… | pas l'arme préférée de celui que l’on appelle Satan, dont le nom, en chaldéen,
signifie haïr ?
4
La tradition hindoue et le retour
de Vichnou
On trouve dans les traditions de l’Inde que la seconde personne de la
trinité brahmanique, Vichnou, s’incarne d'âge en âge, quand cela devient
nécessaire, pour rétablir l’ordre dans ie monde. Lors de sa dernière incar-
nation, il portait le nom de Krishna, si proche de celui du Christ. Il doit
revenir à la fin de l’âge noir, le Kali Yuga, dans lequel nous sommes plongés.
D _ Il montera un cheval blanc, portera un diadème, signe de sa royauté, et
tiendra en main un glaive flamboyant. Alors le monde du désordre et de
l'erreur sera détruit et l’ordre et la justice règneront.
Tout ceci est si proche de ce que l’on peut lire dans l’Apocalypse, où l’on
Nivoit le Christ revenir sur un cheval blanc pour rétablir l'Ordre, la Justice
et la Paix, qu'il est impossible de douter que l'Inde ait copié le Nouveau
Testament et les traditions johannites après la venue du christianisme nes-
torien dans ce pays.
Ch Et l’on peut espérer que, malgré la descente vertigineuse dans l’obscurité
fi d l’âge noir, il existera une élite, si petite soit-elle, qui aura gardé le dépôt
dé la tradition sacrée, de façon à sauver ce qui peut être sauvé. De même,
jadis, Noé et sa famille sauvèrent la tradition, enfermés dans l’arche, et la
transportèrent en Asie Mineure. Puissions-nous, en Aflantis, constituer aussi
_ une arche de sauvetage!
nel LE MESSIE EST VENU. — Tel est le titre d’un prospectus avec photo-
graphie représentant un Hindou enturbané, du nom de Hazrat Hamad, avec
cette déclaration:
. Je suis la lumière de cet âge de ténèbres.
… Ce personnage, qui aurait fondé un mouvement dans l'Inde musulmane, a
envoyé à Paris un délégué chargé de faire connaître en France l'avènement
du Messie et les doctrines de l'Islam. Nous avons vu, en effet, que Mahomet
‘a annoncé que Jésus reviendrait et le glorifierait, ainsi que le Coran.
. Nous avons eu déjà un sauveur du monde, venu du Thibet par Cuba. Il y a
ssi, au Vénézuéla, un Français, R. de la F:., qui fait des miracles, et
ai reçu récemment un livre édité en Amérique, déclarant que le Christ est
108 ATLANTIS
vice
Atlantide
Dans son ouvrage sur l’Atlantide, le Colonel Braghine m'’attribue d’avoir
dit que, lors de la découverte des Açores, les indigènes ne connaissaient
pas la roue. Or, les Açores étaient désertes quand on les découvrit. En
réalité, j'ai écrit :
Quand on découvrit l'Amérique, les indigènes ne connaissaient pas
la roue,
ce qui est historique et a de très hautes conséquences au point de vue de
l'existence de l’Atlantide, qui aurait eu une civilisation non technique, contrai-
rement à ce que disent les occultistes. Une civilisation peut posséder une
science très avancée sans avoir réalisé d'applications techniques de cette
science.
Les revues
LA «4 REVUE DOLORISTE ». — Quelle singulière idée d’avoir créé une
revue dans le but de nous démontrer que la vie est abominable et que la
douleur y est l'élément dominant ! J'ai cependant connu un homme qui me
déclarait :
Je suis tellement heureux que j’en suis parfois effrayé.
Pour lui, en effet, la vie re fut qu’une suite de satisfactions, et il mourut
sans avoir connu la souffrance physique ou morale. C’est là, d’ailleurs, un. |
cas exceptionnel. Acceptons donc qu’existence rime avec souffrance, mais il
faut nous proposer un remède. I1 y eut celui du Bouddha : supprimer les
retours sur la terre en anéantissant notre monade spirituelle dans le nirvana;
il y eut celui de Fénelon et de Mme Guyon : le quiétisme; il y a celui des
musulmans : la résignation, le fatalisme; et il y a ceux qui pensent, avec
Musset, que la douleur est nécessaire et que rien ne se crée de grand sans
douleur.
Quelle solution propose la Revue Doloriste ? Nous ne l'avons pas encore
compris.
Mais nous l’approuvons de stigmatiser l’étalage du crime et de l'assassinat
par le cinéma, comme l’a fait cette revue dans son dernier numéro.
Ones
Les livres
Un ami d’Aflantis, le Docteur Jean Gautier, vient de faire paraître une
importante étude sous ce titre : DERNIERES ET NOUVELLES CONNAIS-
SANCES SUR L'HOMME, qui veut être une contribution à l'étude de
« l’homme, cet inconnu », selon l’expression du Docteur Carrel (éditions
Bière, 400 francs). Alors que, jusqu’à présent, on a donné la prééminence au
ù
ATLANTIS 109
de nerveux, l'auteur prétend que cette prééminence appartient au sys-
tème glandulaire. Toutes nos activités physiques et psychiques seraient dues
au fonctionnement des glandes thyroïde, surrénale, hypophyse et génitale.
Ces glandes contribueraientà la formation de nos activités intellectuelles,
sentimentales, artistiques; elles seraient à l’origine de nos émotions; elles
endraient notre système nerveux sous leur dépendance. Les troubles men-
taux seraient dus à la déficience de la glande génitale interstitielle.
Par suite, le Docteur Gautier établit des types caractéristiques des hommes,
suivant la prééminence de telle ou telle glande, et c’est la glande génitale
qui présiderait au développement des idées supérieures (ce qui fait penser
aux théories freudiennes).
L'homme de Cro-Magnon était un thyroïdien succédant à un ancêtre
| surrénalien; de là ses facultés artistiques. Les Egyptiens étaient hypophy-
| saires, doués d'esprit pratique et de moralité.
ae be miracle grec serait dû à la prééminence de la génitale interstitielle.
Un Michel-Ange, un Léonard de Vinci, étaient des génitaux.
L'auteur pense que la circoncision a pour résultat de produire des
. surhommes. Voilà qui fera plaisir aux israélites et qui expliquerait les apti-
tudes particulières d’un Freud, d’un Lombroso, d’un Bergson, d’un Einstein,
d'un Karl Marx, d’une Sarah Berhardt, et les autres caractères particuliers
des sémites.
. Par ailleurs, la connaissance des propriétés glandulaires permettrait de
An les individus et de les diriger selon leurs dispositions particulières.
D'autre part, la rééquilibration du système glandulaire par des méthodes
appropriées (lesquelles ?) permettrait de donner à l’enfant des aptitudes
intellectuelles ou artistiques, de créer en fait des surhommes.
n Mais que devient l'esprit dans tout cela ? Et ne sommes-nous pas en
présence d’une théorie faisant émaner l'esprit de la matière ?
ji ONE âttendons la réponse de l’auteur gi pensons-nous, est spiritualiste.
tre
(l (MES CATASTROPHES, par José Germain. — Il s’agit d'un exposé des
circonstances dra mat iqu es dan s les que lle s s’e st tro uvé l’a ute ur au cou rs de
son existe nce . Co mm e tou tes les aut obi ogr aph ies , on lit cet ouv rag e ave c
curiosité et sympat hie , d'a uta nt plu s que sa der niè re cat ast rop he fut son
ncarcération non jus tif iée pen dan t prè s de deu x ans , lor s de la lib éra tio n,
pui squ 'il fut lib éré apr ès un jug eme nt ren du en sa fav eur .
Hé considérant l’état du monde actuel, il écrit:
On ne fait pas des nations lumineuses avec des hommes troubles.
anité, il écrit :
Il faudrait que le fils de Dieu revint sur la terre, où il serait plus
) mal accueilli encore que la première fois.
! À|
r,c'est la seule espérance qui nous reste. Nous savons, d’ailleurs, que
te fois il ne se laissera pas injurier, frapper et mettre à mort, mais qu’il
_
110 ATLANTIS
établira son règne à la fois spirituel et temporel, afin de ramener les hommes
à la raison et de faire régner cette paix qu’ils sont impuissants à réaliser.
Cette belle édition, ornée de nombreux bois gravés, est mise en ere au
prix de 700 francs (éditions La Couronne).
!
LE DUALISME CHEZ PLATON, LES GNOSTIQUES ET LES MANI-
CHEENS, par Simone Pétrement. — On a coutume d’appeler dualisme la
croyance en l'existence de deux principes, l’un du Bien, l’autre du Mal,
ayant collaboré dans l’organisation de l’univers. Ce fut la doctrine de
Zoroastre, avec Ormüzd et Ahriman; toutefois, au-dessus d’eux, se trouvait
Zervane-Akéréné qui les avait tirés de son sein, et le bon génie devait fina- ||
lement triompher du mauvais (remarquer que dans Akéréné nous retrouvons,
une fois encore, le vocable Aor-Agni). Le dualisme fut aussi la doctrine des
manichéens. On trouvera dans l'ouvrage de Simone Pétrement de nombreux
textes concernant aussi le gnosticisme, cette forme hellénique du christia=
nisme, hostile à l'Ancien Testament. Les gnostiques pensaient, en effet, que is
le Dieu bon de l'Evangile n’était pas le même que le terrible lahweh.
La théorie äu dualisme ne doit pas nous faire oublier qu'entre les deux”
principes contraires que sont l'esprit et la matière, se trouve un principe duel
intermédiaire : la force, manifestée par l'attraction et la répulsion. C’est en
développant la répulsion au détriment de l'attraction que l’on a dissocié la
matière et mis à jour la force colossale qu’elle renferme. L’attraction corres-
pond à l’amour, et la répulsion à la haine. Or, en même temps que l’on libère
la répulsion, on développe la haine.
Voici donc un second dualisme qui s’insère dans le premier et le complète a
en ce qui concerne l’Absolu.
Par ailleurs, le dualisme Aor-Agni (masculin et féminin, sensibilité et intel-
ligence, etc.) se rapporte aux manifestations du démiurge.
Tout cela est simple, mais combien ignoré.
L'ETERNEL, par Pierre Hamp (360 francs). — La lecture de ce livre m'a
passionné, Cette autobiographie d’un homme emprisonné sans motif valable.
dans la grande bagarre d’août 1944, est profondément émouvante et confirme
ce que j'ai écrit au précédent numéro d’Aflantis, où je signalais que la priva-
. tion de liberté du corps peut produire la libération de l’esprit. Ce fut le cas
pour Pierre Hamp, car il puisa dans l’emprisonnement une joie, un bonheur
qu'il n'avait pas connus dans la liberté. La vie nouvelle des mystiques an
toujours eu pour origine la retraite, la solitude, Beata solitudo. C’est dans
la solitude que l’homme découvre Dieu. Le Christ lui-même, dit-on, se retira.
dans le désert pendant quarante jours après le baptême du Jourdain. Les
salles souterraines, les cavernes, les dolmens, les cryptes, le cabinet de
réflexion des francs-maçons, sont autant de lieux destinés à réaliser, ne
serait-ce que symboliquement, cette transformation de l’être qui, mourant
à sa vie antérieure, naît à une vie nouvelle, la vifa nuova de Dante. «< Nul
ne peut connaître Dieu s'il ne naît de nouveau », a dit le Chtist dans
l'Evangile johannite.
Mais le mystique qui s’isole dans une joie égoïste est dépassé par celui
qui se préoccupe, comme l’auteur de ce> livre, de se dévouer aux autres et
de secourir Jeuts peines; L
ATLANTIS AN
Je recommande ce livre passionnant.
Quelques extraits :
Pa La prison ma été un temple. Prisonnier de corps, libéré d'esprit,
A * l'incarcération, qui est un renoncement au monde, m'a donné la médi-
tation, le creusement de conscience. Je bénissais ces bienfaiteurs qui
m'accordaient une vie nouvelle, illuminée de méditation Dans le
malheur, l'amitié de Dieu est le plus grand secours. Je réalisais mon
vieux rêve monacal .: la somptuosité de la solitude...
K À
EPISODES DE LA VIE ESOTERIQUE (1780-1824), par van Rijnberk,
avec 5 portraits hors-texte (525 francs). — Cet ouvrage d’un de nos abonnés
évoque l'étrange période qui a précédé la Révolution française, alors que
florissaient les thaumaturges, les mages et les devins, tandis que toute une
élite s’affiliait à la Maçonnerie, L’auteur écrit :
À cette époque, l'attention de toute personne douée d’un peu de
sens politique et social était concentrée sur la désorganisation gra-
duelle de l'Etat et de la société, Pour la majorité de la population,
la dynastie avait perdu le respect, l'Eglise son autorité, le Gouverne-
ment son pouvoir. Les finances se trouvaient dans une condition de
confusion déplorable; la situation économique générale était mauvaise.
Pour ceux qui se rendaient compte de la signification des événements,
le présent était plein de doutes et d’appréhension, l’avenir rempli de
crainte et d'angoisse...
Ne croirait-on pas lire une description des temps actuels ?
L'auteur nous parle de la Franc-Maçonnetie de cette époque, où l’on trou-
_ ait J. de Maistre, le prince de Hesse, le duc de Brunswick, Willermoz, etc,
. Maçonnerie alors chrétienne, le but de l'Ordre étant de servir le Christ.
Ch. de Hesse écrit à Willermoz :
Je sais que l’apôtre saint Jean, le bien aimé de notre divin Sauveur,
est l’instituteur de la Maçonnerie.
il dit encore :
Celle-ci était donc johannite.
J'appelle vraie Maçonnerie, celle qui a pour but la religion chré-
tienne la plus sublime.
(On voit combien cet Ordre a dévié depuis lors, puisque, pour certains
… maçons contemporains, il n'y à jamais eu de Maçonnerie chrétienne,
I est vrai que le convent de Wilhemsbad n'avait pas encore eu lieu.
… Il est intéressant de lire dans les lettres écrites par le franc-maçon Willer-
moz au prince de Hesse, lequel était rattaché à la Maçonnerie spiritualiste
et johannite de Swédenborg, que celui-ci a, durant toute sa carrière de
franc-maçon, proclamé que l'Ordre maçonnique avait pour but de préparer le
etour du Christ. Il cite Cläude de Saint-Martin comme étant un véritable
ranc-maçon chrétien. Selon lui, l'Ordre du Temple n’était pas l'initiateur de
a Franc-Maçonnerie, mais son continuateur. De même, Jean l’Evangéliste
n'aurait fait que transmettre une doctrine antérieure à lui. En effet, l’Argo-
N
112 ATLANTIS
nautique d’O rph ée et les liv res d'H erm ès Tri smé gis te son t bie n ant éri eur s
aux Templiers et à saint Jean.
Il existerait donc une filière ininterrompue de connaissances d'ordre her-
métique dans les cont rées occi dent ales à laqu elle ont accé dé ceux qui ont
reçu l’illumination. Mais le term e d’ « illu miné s » fut pris par cert aine sect e
apparue en Allemagne à la fin du xviri® siècle. Elle avait pour chef le juif
Weishaupt (la tête blan che, surn om de Jého vah) et pour pro gra mme la
destruction de la royauté et de la religion. Weïishaupt fit triompher ses
idées au convent maçonnique de Wilhemsbad, en 1782. Jusqu’alors, les juifs
n'étaient pas admis dans les Loges maçonniques, mais l’abbé Grégoïre venait
de leur faire accorder les droits civils en France. Telle fut l'origine de la
Franc-Maçonnerie judaïque dont se séparèrent les maçons chrétiens, comme
Claude de Saint-Martin,
Cagliostro fut l'agent désigné pour faire sombrer la royauté en France.
On sait, d’autre part, quel rôle jouèrent les jacobins dans la Révolution et
quelle lutte entreprit l'Eglise romaine contre la Maçonnerie antireligieuse.
L'ERE DU VERSEAU. — Comme cela est annoncé d’autre part, une nou-
velle édition, revue et augmentée, de mon ouvrage, L’Ere du Verseau, dont
la première édition remonte à 1937, vient de voir le jour. Elle était attendue
par beaucoup de nos amis qui n’ont pu, jusqu'ici, se procurer cet ouvrage
depuis longtemps épuisé, Le prix de cette édition a été fixé aussi bas que
possible, en dépit de la hausse générale des impressions. Nous espérons
donc pouvoir maintenant satisfaire les demandes précédemment adressées et
celles qui nous parviendront.
Depuis que nous avons fait connaître notre découverte (remontant à 1924)
des relations entre les signes zodiacaux et les transformations sociales et
religieuses, on a vu paraître un Evangile du Verseau, un Livre des cycles et
même des Ordres du Verseau et leurs chefs. Tout cela montre bien l’impor-
tance d’une question que certains s’efforcent d’accaparer à Jeur profit en
disant que nous sommes déjà dans l'ère du Verseau, ce qui est en désaccord
avec la situation effroyable du monde plongé dans lé désordre moral, l'injus-
tice et les guerres permanentes.
(Au prix de 250 francs, ajouter les frais de port : 30 francs ou 50 francs,
recommandé, Utiliser le Compte chèques postaux Aflantis 1159-91, Paris.
Exemplaires de luxe sur papier Rives : en souscription, 650 francs; seront
mis en vente à 800 francs.)
Nos bienfaiteurs
Reçu de M. A. T.., habitant Bordeaux, la somme de 5.000 francs avec
ces mots :
« Vous êtes dans la bonne voie. Mais quelle chose pénible que vous ne
puissiez diffuser davantage vos idées ! Il est temps que les hommes de bonne
volonté soient prévenus, sinon le monde court à sa perte totale. Je voudrais
pouvoir faire plus. »
M. G. C.., de Paris, qui avait fait un premier versement de 2.000 francs,
en a adressé un second de 1.000 francs.
Tous nos remerciements bien sincères et notre reconnaissance.
' Prochain cahier : LE JUDAISME.
Nos réunions
Dimanche 13 mars, à ilheures, Salle de Géographie, boulev. St-Germain:
ECRET DU ZODIAQUE
ECLE PR CHE AVENIR DE L'HUMANITE,
par M. Paul LE COUR,
à l’occasion de la nouvelle édition de L'Ere du Verseau
dont des exemplaires seront mis en vente.
DIMANCHE 20 MARS, à 16 heures :
REUNION AMICALE,
à Colin-Maillard, 73, boulevard Saint-Germain (métro Saint-Michel).
DIMANCHE 3 AVRIL, à 16 heures :
REUNION AMICALE dans la même salle,
Ces réunions, où se font diverses communications, ont pour objet d’éta-
< blir des liens d’amitié entre nos amis et, au besoin, de s’entr’ aider.
© S’entr’aider, c’est déjà s'entr’aimer.
LE: SAMEDI, de 15 à 18 heures (sauf les 9, 16, 23 avril), 38, rue de la
Verrerie, 3 étage (derrière le Bazar de l'Hôtel de Ville):
PERMANENCE. - ENTRETIENS PHILOSOPHIQUES.
PRETS D'OUVRAGES.
Prêts : 1 franc par jour et par ouvrage. On est prié de ne pas les
$ garder plus de 15 jours. En raison du prix prohibitifde l’affranchissement
$ (90 francs), il n’est pas possible d’expédier en province L’Evangile de Toan.
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Société Philomathique
38, rue de la Verrerie
Jeudi 24 mars, à 20 h. 45:
si LA GEOLOGIE ET L'ANTHROPOLOGIE DEVANT L'HISTOIRE,
# pat M. SACCHI.
Dimanche 27 mars:
LA SAINTE CHAPELLE, LE PALAIS DE JUSTICE,
LA CONCIERGERIE,
avec M. Jacques de MARIGNY.
Rendez-vous à 10 heures, 4, boulevard du Palais.
Dimanche 24 avril:
VISITE DE L'OBSERVATOIRE DE MEUDON,
avec M. F. BALDET, /
Î
Membre du Bureau des Longitudes,
ancien Président de la Société Astronomique de France.
_ Rendez-vous à 10 heures, devant la grille du château. — Train : gare
Aontparnasse, à 9 h. 20 pour Bellevue. — Après la visite, déjeuner
facultatif dans le parc avec provisions emportées.
Jeudi 28 avril, à 20 h. 45:
: HISTOIRE DE LA CIVILISATION MALGACHE,
pat M. E, LYET, licencié ès lettres.
Cotisation à la Société Philomathique : 100 francs. Réccmsooe
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La métaphysique occidentale, par Paul LE COUR
L’Ere du Verseau, par Paul LE COUR
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Léonard de Vinci (4 pl. hors-texte)
ANCIENS NUMEROS DISPOMIBLES, réservés à nos abonnés (voir les
titres dans le n° 131). — N°° 22, 53, 54,57, 58, 59, 61,:62,%63;
65, 67, 72, 75, 16, 78, 79, 81 à 84, 87, 90, 91, 92, 93, 95, 96, 97, 08, 100,
101. Chaque : 60 francs.
NUMEROS EPUISES ET RARES. — N°: 41, 56, 62, 63, 66, 70, 77, 87.
Chaque : 100 francs. — N° 85 : 120 francs.
BULLETINS REDUITS PARUS PENDANT L'OCCUPATION. — La
série : 70 francs. :
NOUVELLE SERIE. — N°° 123 à 133 : 30 francs; 134 à 136 : 40 francs;
137 à 139 : 50 francs.
LEO OP OP II III ITTSI CITE COLIS T ETES TITICIILIS IIS IITICITTTITESIIETIITCT
Vient de paraître :
REPAS
PAUL LE COUR
L'ÈRE DU VERSEAU F
Le secret du Zodiaque et le proche avenir de l'humanité
Nouvelle édition revue et augmentée avec 4 planches hors-texte
et l’horloge zodiacale.
Prix : 250 francs.
Exemplaires de luxe dédicacés : 650 francs (en souscription).
Selon le désir d’un certain nombre de nos amis, nous
faisons refaire des insignes représentant le trident du
dieu de l’Atlantide (or sur fond bleu, diam.: 18 mm).
Le trident est à l’origine de la fleur de lys; c’est un
symbole de haute importance. Ces insignes seront ven-
dus 40 francs.
Le gérant : Paul Le Cour. k
1949. Imprimerie Bière, 18, rue du Peugue, Bordeaux (France). N° 212 impr. |
Dépôt légal: |‘ trimestre 1949.
i s Tr 2 ]
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Métapsychisme et Spiritisme
À 047
"À : (510) 649-2500
ve À 11
} AA 1GENS 4re subject to recall.
à
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ATLANTIS, précédemment : 40, rue des Écoles, PARIS, €. c. P. Atlantis 1159.91 Paris
étre rragemete * 7 : PRAAg L 7e AS
Membres du Comité d'honneur d’Atlantis
depuis sa fondation en 1926
FORTUNAT-STROWSKI. — M. le Maréchal LYAUTEY. — Pierre TERMIER.—
Sylvain LÉVI. — Ph. NÉGRIS, président de l’Académie d'Athènes. — A
RUTOT, de l’Académie Royale Belge. — J.-H. ROSNY aîné. — Edmond.
HARAUCOURT. — N. POLITIS. — Paul LANDOWSKI. — Philéas LE BESGUE. —"
Paul VALÉRY. — G, BARROSO, de l’Académie brésilienne. — ROUSSEL-DES-
PIERRES, secrétaire d'Etat de Monaco. — Louis GERMAIN, directeur du Muséum
d'histoire naturelle. — N.-E. MICHELET. — Pierre MILLE — Georges
DUHAMEL, de l'Académie française. Mario MEUNIER. — P. LECOMTE DU
NOUY. — Fernand BALDET, ancien président de la Société astronomique de
France. — Claude FARRÈRE, de l’Académie française. — Charles LE GOFFIC, 2
de l’Académie française. ne
Les ‘‘Amis d’Atlantis ”
Le groupement des « Amis d’Atlantis » ne comporte aucune obligation.
Les « Amis d’Atlantis » reçoivent le présent bulletin; ils participent à FA
des réunions, à des dîners avec causerie: ils ont à leur disposition un ds
centre de vacances au bassin d'Arcachon: ils peuvent nous demander |
de leur procurer des ouvrages, consulter sur place des documents, se à
pure de mutuels services, emprunter des ouvrages, etc. 3
lis doivent être présentés ou s'être présentés. 4
Est considérée comme faisant partie des « Amis d’Atlantis » toute 5e
personne ayant effectué un versement supplémentaire, ce versement
donnant droit à l’insigne sur demande.
Prix de l’insigne seul (le trident de Poséidôn or sur azur): 40 francs.
La Pignada Atlantis
La PIGNADA ATLANTIS d’Arès (Gironde), à proximité immédiate du
Bassin d'Arcachon, correspond à une idée entièrement nouvelle. Dans la
pensée de son fondateur, elle est destinée à constituer le complément
de la revue Atlantis. Tout en participant à une vie saine et de plein air,
dans des tentes ou des bungalows, les membres du groupement « Atlan-
tis » (les néo- atlantes) peuvent y trouver des précisions sur l’œuvre et
les buts tout à la fois esthétiques, moraux, philosophiques et sociaux Die
‘qu’elle poursuit, par le retour à la vie simple et naturelle, ainsi qu'aux à
grandes traditions sur lesquelles repose la vie spirituelle du monde.
Elle reçoit, pendant les mois de juillet, août et septembre, les Arnis $ a
d'Atlantis ou leurs amis. Renseignements sur demande. œ
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Les abonnements commencentle21 septembre, début de l'année traditionnelle.
Fies ATLANTIS 7"
Freseenns
Chers amis et lecteurs,
E ce troisième degré de la Connaissance où nous étions parvenus
avec le précédent fascicule d’Atlantis, nous allons aujourd'hui
redescendre au premier en passant de la métaphysique à la
métapsychique.
A ce premier degré, se place la démonstration, par l'étude des
phénomènes psychiques, de l'existence de l'esprit humain, de sa survi-
- vance et de son action possible encore dans notre monde.
… Je me suis penché pendant dix ans (1908 à 1918) sur ces problèmes;
j'ai pu acquérir les certitudes que je cherchais, et c’est afin de per-
mettre à chacun de se faire une opinion à ce sujet que j'ai cru devoir
exposer ici le résultat de mes investigations dans ce domaine et que
j'ai prié nos amis R. Warcollier, Vice-Président de l’Institut Métapsy-
chique de Paris, et Gaston Luce, qui fut le collaborateur de Léon Denis,
… l'apôtre du Spiritisme, de nous dire ce qu’ils pensent, l’un de la
métapsychique, l’autre du spiritisme 1.
… Je suis passé, depuis, à d’autres activités, suivant en cela l'exemple
de ce Claude de Saint-Martin qui avait réalisé les extraordinaires
… manifestations par lesquelles se terminèrent mon enquête alors que
… j'ignorais tout de lui. En effet, après avoir participé, dans sa jeunesse,
aux évocations de Martinez de Pasqualis, il les abandonna pour vivre
de la vie intérieure et se mettre directement en rapport avec les hautes
puissances spirituelles ?,
L'HOMME DE BARRE.
1, Voir aussi mon ouvrage en cours d'impression: Manifestations posthumes.
2, Depuis nos rapports de 1918, Claude de SAINT-MARTIN semble devenu le
”… guide et l'inspiration de notre œuvre, Elle poursuit, en effet, les mêmes buts
. que lui: restaurer ce que J. de MaïISTRE appelait « le christianisme transcen-
dantal, c’est-à-dire un mélange d’origénianisme et d'hermétisme sur une base
chrétienne ». C’est, en fait, le johannisme, doctrine de l'élite et des cheva-
… liers. Il est à remarquer, d’ailleurs, que c’est en France qu'ont pris déjà
naissance les mouvements johannites antérieurs, ceux des Templiers et des
_ Cathares notamment.
OO
Pa do © Ne.
#.
par Paul LE COUR.
Laisse l'esprit diriger le corps afin de devenir un Dieu par
Dieux. (PYTHAGORE, VI‘ siècle avant J.-C.) :
Mourir, c’est vivre. (PLATON, V° siècle avant J.-C.)
La mort est le milieu d’une longue vie. (LUCIEN, poète grec, 1e
de notre ère.)
Mourir, c’est changer de corps, comme l'acteur change d’habit.…
(PLOTIN, 11° siècle de notre ère.)
Quand je n'aurais comme preuve de l’immortalité de lan qi
triomphe du méchant et l'oppression du juste en ce monde, cela s
mempêchait d'en douter. (J.-J. ROUSSEAU.)
.… [ny a pas d'autre vie, il n’y a qu'une seule vie, (Claude de Saivr-
en
MARTIN.)
A d'entreprendre de parler des preuves de la survie, il me #
{
plaît de citer ci-dessus l’opinion de certains de ceux sur |
quels s'appuie notre œuvre. C’est, en effet, un pieux d
à accomplir, et c’est une grande joie de se sentir en comm
d'idées avec eux.
se” 3
La métapsychique (mot créé par Charles Richet) est une science qui
étudie les PRÉRSAIONSS établissant lexistence chez l’homme de facu! és
pie (vision de l’intérieur de son DEOBTE corps), dédoublement, voyai
radiesthésie, médiumnité, etc, lesquels sont à rapprocher de
réalisés aujourd’hui par la T.S.F., la radioscopie, les appareil
Geiger, etc. Nous entrons ici, en effet, dans un domaine ©
rejoignent phénomènes physiques et phénomènes psychiques. l
de ces derniers est une des branches les plus importantes et.
la plus importante de la psychologie; c’est elle, en effet, qui perme
d'établir scientifiquement l'existence de l'esprit.
pagnent étant tiribiées. à des . désincarnés.
Cette POrQnE constitue en quelque sorte une religion sans
ATLANTIS 153
sédant une somptueuse cathédrale, un pape et tout un clergé masculin
et féminin 1.
Ce que l’on peut appeler le spiritisme familial, manifestations de
parents disparus, pratiqué dans de nombreux milieux 2, peut consoler,
mais n'apporte, en général, aucune lumière sur les grands problèmes
philosophiques et métaphysiques, les communicants restant au point
de leur évolution auquel ils se trouvaient au moment de leur mort.
Cependant, on chante dans nos églises le Requiescat in pace et le
Requiem aeternam, en ajoutant : et lux perpetua luceat ei, c’est-à-dire
que l’on espère que la lumière éternelle brillera pour le défunt.
Il est cependant des communications de haute valeur, comme celles
reçues par Victor Hugo, à Jersey, et celles publiées par Henry Azam,
sous le titre : La tombe parle. Chose curieuse, les communications en
alexandrins reçues par Victor Hugo, comme celles publiées dans La
tombe parle, sont d’un style qui rappelle celui de l’auteur de la Légende
des siècles.
Voici, par exemple, ce que répond l'entité à Henry Azam lui deman-
dant : « Qu’'y êtes-vous ? »
Je suis le pur esprit dont les ailes de flammes
S’épandent du zénith au nadir sur les âmes...
Je suis la voix des nuits, je suis l'ombre du soir
Qui balance, en le ciel, le divin encensoir….
Je suis celui qui vient apaiser les détresses….
à Je suis le doux rayon des ultimes tendresses...
Je suis tout le passé, etc.
C’est absolument le style hugolien.
Puis il y a des dissertations et des poèmes sur cette trilogie ESPRIT,
AMOUR, DEVOIR.
Et tout cela (plus de 400 pages) fut reçu par l'intermédiaire d’une
; jeune femme n'ayant que son certificat d’études !
> Moi-même, au cours de mon enquête de dix années, j'ai été en pré-
_ sence de communicants remarquables; l’un d'eux nous fit un cours
(parfois en latin) sur « l’évolution de la conscience à travers la série
. des êtres animés, y compris l’homme », et je cite dans Manifestations
posthumes un magnifique poème attribué à Albert Samain, lequel
rappelle tout à fait le style de ce poète.
Si ces communications ne nous renseignent pas sur ce qu’est la vie
après la mort, il apparaît, en tout cas, qu’elle n’est ni le repos éternel,
ni l’accès à la lumière du Requiem aeternam et du Lux perpetua. En
. effet, les pro grè s inte llec tuel s, mor aux ou spi rit uel s néc ess ite nt un
organisme, instrument d’information pour l'esprit par l'intermédiaire
1. Voir Atlantis, n° 139.
2, Voir, par exemple, les publications récentes de Mme de JouveneL dont je
parle plus loin.
Ce manque ioniations sur la vie post a peut décevir As
mais il va de soi que ce qui importe en premier lieu c'est de Savoir
pas de la subconscience des médiums. Celle-ci serait, en effet, alors Fa
instrument à la fois transmetteur et récepteur par un étrange phéno-
mène de dédoubleiment. Toutefois, la preuve de l'identité des commu-…
nicants est ce qui importe le plus et, en même temps, ce qui est”
plus difficile à obtenir. Certains, comme Aksakofïf, ont même déclai
que cette preuve était impossible, même quand le communicant fait.
preuve de connaissances que seul peut posséder celui qu’il prétend
être. Et c’est pourquoi les manifestations d'Emilie de Sainte-Ama-
ranthe, organisées en 1918 par Claude de Saint-Martin, dont il est
questions dans Manifestations posthumes, constituent sans doute un
des remarquables cos qui aient été tentés en vue de. cette ps
démonstration ?. oe
« L'immortalité de l’âme est une ire qui nous touche si or a
dit Pascal, qu’il faut avoir perdu 0e sentiment pour être dans lin Î
férence de savoir ce qui en est. 4,
En fait, la croyance à la survie a été universelle. Dès la protohis-
toire, on voit l'homme de La Chapelle-aux-Saints (Néanderhal) ense=.
velir ses morts, le corps replié sur lui-même dans la position di
_fœtus et orienté vers le soleil levant avec des vivres et des armes, ce
qui indique bien la croyanceà la continuation de la vie après la mc
et l'existence d’un culte solaire. ke
On trouve l’idée de la vie posthume chez les Egyptiens. Le Livre
passe dans l’autre monde, ét il s’écrie: « Ne voit-on pas qu'il y à 1à q
chose de plus monstrueusement puéril que de véritablement édifiant
appelle ces manifestations: « Le témoignage de la mort de la mort. >
J'avoue ne pas saisir ce qu’il entend par « la mort de la mort »,
aurait pu comprendre que le plus urgent, à l'heure actuelle, CIeS ttde do
une preuve irréfutable de la survivance de l’esprit humain et qu'une des
tion de la vie dans l'au-delà, ne pouvant être contrôlée, n'aurait aw
valeur. -
Pa
ATLANTIS 155
morts est rempli de téxtes magiques, et l’on pensait que les esprits
des morts pouvaient agir sur les vivants et se communiquer à eux.
Chez les Perses, l’Avesta enseignait l'existence de la vie dans l’au-
delà, en fonction de la conduite morale pendant la vie et notamment
de la pureté.
De son côté, l’Inde, dans les Védas, parle de félicité céleste pour
les bons et de châtiments pour les méchants.
Chez les Grecs, Platon a admirablement exposé l’existence de l’âme
après la mort dans le Phédon.
Puis Virgile, ie poète initié, parle, comme lui, dans l’Enéide, des
punitions des criminels dans le Tartare et du bonheur des justes dans
les Champs-Elysées.
de Les Egyptiens, les Grecs et les Gaulois imaginaient qu’il existait
… dans l'Océan une île où se rendaient les âmes vertueuses après la
mort.Ily a là peut-être un souvenir ancestral de l’Atlantide considérée
comme l’Eglise-mère dans le sein de laquelle il était désirable de
revenir ?.
Par contre, la croyance à la survie de l'esprit n’existait pas dans
le judaïsme primitif. Il faut en arriver à l’époque d'Ezéchiel et de
Daniel, vers le v° siècle avant Jésus-Christ, pour trouver dans le
judaïsme l’idée de la résurrection après la mort (Ezéchiel, XXXVI;
Daniel, XII, 2), mais au temps du Christ les sadducéens la niaient
(Matth, XXII, 23).
Sous l'influence du judaïsme, l’église romaine a fait sienne l’idée
de la résurrection des corps. Saint Thomas déclare, dans la Somme,
que l’on ressuscitera avec ses ongles et ses cheveux2.
Bien différente était la doctrine druidique, orphique, pythagori-
… cienne, platonicienne, reprise par le spiritisme, qui enseigne que l'esprit
“anime bien des corps successivement pour se perfectionner.
Dans les temps modernés, la croyance à l’existence de l'esprit et
à la survie a été combattue, en même temps que la croyance en Dieu.
Chose curieuse, on a vu Izoulet enseigner l’existence de Dieu et nier
celle de l’esprit.
En fait, à notre époque positiviste, les arguments tirés des Ecritures
. ou du consentement universel ne suffisent pas; il faut des preuves. Ces
preuves, la science méjapsychique les fournira. Déjà, les faits de
télépathie prouvent que l'esprit des vivants peut se communiquer à
d’autres vivants, quelle que soit la distance 8. Il reste à admettre que
… l'esprit d'un désincarné peut se communiquer à un esprit incarné.
… 1. L'histoire des anguilles venant mourir dans la mer des Sargasses, voisine
de VAtlantide, est à rapprocher de cette tradition.
… 2. Somme théol. sup. quest. 81.
Voir Les communications télépathiques de DUCHATEL et WARCOLLIER.
156 . ATLANTIS
Mais il y a autre chose de beaucoup plus important à déduire de
ces phénomènes, c’est d'acquérir ainsi la conviction que le monde
invisible est hiérarchisé (ce fut l’idée de Denys l’Aréopagite dans son
Traité de la Hiérarchie céleste) qu’il existe non seulement des entités
chargées de veiller sur chacun de nous (l'ange gardien des chrétiens,
le daïmon de Socrate), mais que chaque nation a son gouverneur
comme chaque planète et chaque système solaire, avec, au-dessus
d'eux, Celui qui règne sur l’ensemble du Cosmos t.
J'ai dit précédemment que Plutarque, qui fut prêtre d’Apollon, c’est
à-dire du soleil, parle, dans son Traité du destin, des génies qui
observent et dirigent les actions des hommes, et nous avons vu qu'il.
existe deux natures en ce qui concerne les esprits incarnés. Il va de
soi qu’il en est de même pour les esprits désincarnés et que l’on y
trouve des fils de Dieu et des fils du diable, des fils d’Abel et des fils
de Kaïn. Les uns et les autres influencent les hommes en bien ou
en mal.
Nous avons vu également qu’il y a tout lieu de penser qu’il existe
dans le monde invisible une sorte de conseil supérieur dont le rôle
est d'assister Joan, le gouverneur de la terre, pour lutter contre les
forces maléfiques 2.
Son intervention dans les affaires humaines s’est manifestée. à
diverses reprises en faveur de la France. Les Huns furent chassés par
sainte Geneviève, les Arabes par Charles Martel, les Anglais par & Et
Jeanne d’Arc, les Allemands plusieurs fois déjà. Rappelons-nous aussi
+
le miracle du 24 juin 1940 (cessation des hostilités et de la tuerie).
Jeanne d’Arc avait parfaitement conscience de cette influence (voir ;
4
plus loin une note sur ses « voix »). :
À peine âgée de 18 ans, elle écrivait au roi d'Angleterre : Fi
4
Fais ce que j'ai écrit. Si tu ne le fais, je suis chef de guerre ayant AE
71
puissance et mission de Dieu de bouter tes gens partout où je les
atteindrai en terre de France. Que, s'ils veulent obéir, j'aurai merci
4
d'eux, Et sinon les ferai occire. ;
Si l’on trouve tout au long de l’histoire de notre pays ces inter-
ventions, c’est qu’il a un rôle à remplir.
Mais il y a aussi, de l’autre côté du rideau « sidéral » 2, des forces
antagonistes dont le chef est Satan.
9
1. C’est pourquoi rien ne me semble plus singulier et de moins compréhen-
sible que d'entendre parler de Dieu ou l’invoquer sans savoir de quel Dieu
il s’agit.
2. Voir Atlantis, n° 124: Le Maître de la terre.
3. En 1941, les atlas allemands mettaient Strasbourg en Allemagne, ce
qui détruisait la forme hexagonale et symbolique de la France.
4. Le mot « sidéral » a deux sens: en grec, sideros signifie « fer »; en
latin, siderus veut dire « qui a rapport aux astres ». C’est dans ce dernier
sens que je l’emploie ici, car il ne s’agit pas d’un autre rideau de fer.
Je me souviens avoir vu à Athènes cette inscription sur un mur, au Cours
ATLANTIS 157
L'existence des esprits du mal et de leur chef est indiquée dans les
évangiles. Dans Matthieu (XXII, 22) et Marc (XXI, 22-23), on voit le
Christ chassant le démon qui rendait un homme aveugle et sourd, de
sorte qu'il voit et parle. Les Pharisiens déclarent qu’il chasse les
démons par Belzébuth, prince des démons. Ce à quoi le Christ répond :
Comment donc Satan peut-il chasser Satan ? Toute maison divisée
contre elle-même ne peut subsister.
Or, la direction du monde est disputée par les forces adverses, les
uns avilissant toutes les valeurs, transformant le Vrai en Faux, l'Amour
en Haine, le Beau en Laïid, révélant aux hommes les moyens d’uti-
liser la force dé répulsion contenue dans la matière, détruisant les
sentiments religieux et menaçant ainsi toute vie physique et psychique
sur la terre; les autres tentant d'organiser une chevalerie interna-
_ tionale, de fédérer les peuples, suscitant des œuvres protectrices
comme la croix rouge (de Ioan) et s’efforçant de préparer le retour
du démiurge malgré la résistance de leurs adversaires.
Pour lutter contre les forces maléfiques, Ioan, le Maître de la terre,
successeur de Poséidôn et chef des chevaliers, a pour auxiliaire
Michaël, que l’on représente en chevalier terrassant le dragon, symbole
du Mal. Il fut l’un des inspirateurs de la chevalière Jeanne d’Arc.
Le Mont Saint-Michel, avec sa magnifique salle des chevaliers, lui
est consacré.
ÊE PROCHE CONFLIT ENTRE LES FORCES MALÉFIQUES.
Afin de permettre la restauration des valeurs spirituelles et de
sauver l'humanité de la destruction tant matérielle que spirituelle, il
apparaît que, dans un délai maintenant très court, va se produire la
lutte entre les deux adversaires qui se disputent l'empire du monde, en
s'appuyant, l’une sur la dialectique matérialiste, l’autre sur les forces
énergétiques de la matière, donc l’un et l’autre matérialistes et sous
la direction des forces du mal. Is arborent le même symbole : l'étoile
à cinq branches représentant ici l’homme divinisé et mis à la place
de Dieu. L'un proclame l'égalité aux dépens de la liberté; l’autre se
place sous l’égide de la liberté éclairant le monde, mais condamne
légalité :, alors que liberté et égalité ne doivent pas être séparées.
d’un de mes voyages en Grèce: Ærgané sideros (« Paix de fer »). J'ignore
quel est le parti politique auquel appartenait celui qui avait tracé ce graffite.
Que signifiait-il ? Sans doute une paix définitive, aussi rigide que le fer, vœu,
hélas! tout platonique dans la ville de Platon, qui a connu depuis lors toutes
les horreurs de la guerre et de la révolution.
1. Washington, 21 mai. — Le projet de loi Truman contre les discrimi-
nations dues à la race, à la couleur ou à la religion, a été mis en échec au
… Sénat (les journaux), et l’on a récemment brûlé un nègre enduit de pétrole.
158 ATLANTIS
. Actuellement, la tension s’accentue, et tout porte à croire que bientôt
la lutte sera déclenchée par le pays de la liberté (elle se déroulera
vraisemblablement dans les régions nordiques) :. ,
Or, le Christ a déclaré, comme nous venons de le voir : | =
Tou t e ma i s o n div i s é e co n t r e el l e - m ê m e périra. ? 4
è L
C'est là ce qu’attendent les forces johannites pour intervenir uti- À
Le.
lement et redonner au monde, sous la direction du couple France-
Allemagne, des bases de vie véritablement spiritualistes et non ps
matérialistes. de
Alors les meilleurs des Allemands et les meilleurs des Français ="
s’uniront pour la réalisation des Etats-Unis d'Europe et des réformes j
économiques, en vue de réaliser la justice sociale, tandis qu’une édu- en
cation sélective européenne formera l’armée internationale aérienne
destinée à assurer l’ordre, véritable chevalerie à la tête de laquelle
se placera le Christ lors de son retour.
Tel est le but poursuivi par Ioan, auquel nous devons accorder
tout notre appui 2. 72
*%
Il y a donc lieu, lorsque l’on est convaincu de la survie, de ne pas
s’attarder à ce que j’appellerai le bas spiritisme. Celui-ci est d’ail-.
‘leurs dangereux, car les êtres faibles peuvent se laisser indignement …
La
er Los
1. À New-York, le 21 mai, eut lieu la « journée des forces armées », où le
Secrétaire de la Marine, déclara: « Le danger est aussi grand aujourd’hui ER
qu’à la veille de Pearl-Harbourg. » Tandis que la presse soviétique attaque
violemment la Suède, l’accusant de préparer des bases pour l'Amérique, en rl
vue d’une guerre contre la Russie. ‘x =.
2. Le Général de GAULLE, parlant à Bordeaux le 25 septembre devant un
nombreux public, a prononcé ces paroles figurant en gros caractères en tête LT
d'un journal local: (4
IL y aura, où il n'y aura pas d'Eur ope, suivant qu'un accord sans intermé-
diaire sera ou non possible entre Germains et Gaulois, lesquels sont, à tant %
d'égards, complémentaires. on
Et le 20 mars dernier, à Saint-Genis-Laval, il a de nouveau affirmé que la
France devait être à la base de la constitution d’une nouvelle Europe et que
l'Allemagne ne pouvait en être tenue à l'écart. |
A quand maintenant la libération de ceux que l’on a CHONRES pour
avoir préconisé trop tôt ce que l’on conseille aujourd’hui ? s FA
C'est Hermann et Roland qui feront la patrie européenne, où l'Europe LH
périra. (Kou Hone MiInG, vers 1925.) ; KT
L'Europe doit se fédérer ou périr. (Sir ATTLEE, 1989.) h 4
Un monde uni ou la fin du monde. (R. DAUTRY.) "1h
Il faut désormais nous sauver ensemble ou périr ensemble, nous autres, A
Européens. (Jean IZOULEr.) UE
Si le présent ne réclame pas le secours de la chevalerie chrétienne, il peut."
venir des jours où Les peuples n'en dédaigneront pas la résurrection. C@. LaAcoR- TR
DAIRE, dans la chaire de Notre-Dame de Paris.) y FÉ
| Nan PU ATLANTIS \ 159
tromper et aboutir même à des obsessions (phénomènes de possession,
comme ceux dont il est question dans les Evangiles) 1, Il est infini-
ment préférable de se mettre en rapport direct avec les hiérarchies
spirituelles du monde invisible par la méditation et la prière, afin de
recueillir leurs inspirations et de devenir leur auxiliaire, car elles
ont besoin de nous.
11 est, en effet, devenu possible de concevoir que nous recevons des
idées, des impulsions bonnes ou mauvaises, en provenance de ce
monde invisible qui nous entoure. C’est à nous de ne nous laisser
influencer que par les bonnes et de repousser les mauvaises.
La vie intérieure n’est pas la vie solitaire, même dans l'isolement
absolu. On a vu des prisonniers retranchés du monde pendant des
mois où des années, être transformés spirituellement et vivre dans
la joie. Jusqu'ici, en effet, on enfermait le corps, mais on n’enfermait
pas l’esprit, mais voici que de nouvelles méthodes réussissent à détruire
la volonté, de manière à faire avouer des fautes que l’on n’a pas
commises. N'est-ce pas là ce péché contre l’esprit, le plus grave des
péchés qu’il soit possible à l’homme de commettre, n’a-t-il pas pour
but d'anéantir l’esprit en même temps que le corps ?
*
\ #*
Il va de soi que celui qui a acquis ainsi la certitude que la vie
individuelle continue après la séparation du principe spirituel de son
support matériel et temporaire, considère la mort sans inquiétude, De
combien de soucis il sera alors délivré ! Quelle joie de pouvoir donner
libre cours à son enthousiasme, à son admiration ou à son indigna-
tion non conformiste, sans crainte d’être incompris, voire même pour-
suivi, arrêté, jugé et, peut-être, exécuté, ou de finir ses jours en
prison ! (Je pense aux Templiers, aux Cathares, à Jeanne d’Arc, à
Galilée, à Giordano Bruno, à bien d’autres encore dans les temps
actuels.)
Cette liberté de pensée, de parole et d’action est si rare sur la terre
où les passions sont déchaînées par l'influence des puissances malé-
fiques qui ont toujours poursuivi les porteurs de flambeaux |!
Quelle joie également de se trouver alors dans un milieu en rapport
avec son degré d'évolution, de connaître certains grands êtres qui
nous ont précédés, de pouvoir collaborer avec eux à la direction spiri-
tuelle du monde, en inspirant à notre tour certains hommes, comme
nous avons été nous-mêmes aidés et assistés !
En définitive, le but de la vie qui apparaît comme l’entremangement
universel, c’est en réalité l’entraide universelle,
1. Cette constatation de la possession d'êtres humains par des esprits désin-
carnés rend plausible la croyance de certains gnostiques d’après lesquels
l'esprit du démiurge s’est incorporé dans le corps de Jésus pendant trois
années (à partir du baptême de Jean).
RE ATLANTA
Li
LES CIMÉTIÈRES
la puisèrent sans doute en . pendant leur re puisqu
y embaumait les corps pour les conserver.
cesse n’est qu’un vêtement. Le cadavre est le daruies vêtement porté
par le défunt. Par suite, le respect de ce corps est sans objet. Il en est
de même du culte des reliques.
Voilà pourquoi, peut-être, les corps des plus grands êtres NA
vécu sur la terre, à commencer par celui de Jésus, sont disparus, afin +
de ne pas être l’objet d’une vénération sans raison, car ce qui importe, …
c'est l'esprit qui a utilisé le corps, et cet esprit n’est pas enfermé
dans la tombe où il dormirait jusqu’à la résurrection. D’ailleurs, qu
deviendraient tous ceux dont les corps ont été dissociés par le on.
dévorés par les bêtes féroces, etc...?
Si Je christianisme contrairement au brahmanisme, interdit Pi
tiques), la raison en est dans cette croyance en lé résurrection |€
Corps.
et
Gandhi, dont le corps ne incinéré, ne ressusciterait donc pas,
pensée subsistera, et c’est cela seul qui importe.
SPIRITISME ET DRUIDISME.
intitulé Le génie celtique et n monde invisible, où il expose he
doctrine spirite coïncide avec le druidisme et constitue un reto
ses traditions. Ceci s'appuie notamment sur la croyance aux wi
successives que l’on trouve dans le druidisme.
D'autre part, certaine communication attribuée à Allan Karde e
publiée par Léon Denis rattache les Celtes aux Atlantes. Il19 a
christianisme 4 le spiritisme.
L’ENFER ET LES ENFERS.
Es
ATLANTIS 161
les Champs-Elysées, séjour des justes, et le Tartare, où les âmes
perverses subissaient des châtiments.
- Or, le Credo chrétien comporte que le Christ, après la Passion,
descendit « aux Enfers », comme Orphée qui s’identifie à lui. Il y a là
un curieux rappel de la doctrine hellénique qu'il est inattendu de
HUMAN EPOLVET, (
Selon
saint Augustin, les enfants non baptisés sont damnés, et
saint Thomas déclare dans la Somme que les souffrances des damnés
réjouissent les élus. On voit mal, cependant, une mère se réjouissant
des souffrances dans l’Enfer de son enfant non baptisé.
Ce sont là des affirmations que l’on ne saurait retenir sur la vie
après la mort.
Si l'on revit sur la terre, comment se fait-il que nous ne nous
rappellions pas nos existences passées 1? |
Il est dit, dans la doctrine orphique, que l’esprit désincarné, étant
à descendu aux Enfers, boit l’eau du Léthé qui efface la mémoire, La
4 loi d’oubli est d’une grande sagesse, car il ne serait pas bon, il serait
même dangereux de se rappeler ses vies antérieures. Mais si la mémoire
est abolie, le souvenir persiste, les acquis sont conservés; c’est pourquoi
Platon disait:
Apprendre, c’est se ressouvenir.
. De là les dispositions natives des enfants prodiges.
RETROUVE-T-ON LES ÊTRES CHERS QUE L’ON A PERDUS ?
… Toute la question de la survie est là pour une mère qui a vu mourir
(parfois fusillé) son fils chéri, pour l’époux qui a perdu une épouse
… adorée. Mais on retrouverait donc aussi ceux qui nous ont fait souffrir,
qui nous ont haïs et persécutés ? Nous avons des exemples de mani-
festations familiales; il n’y est pas question que l’on se retrouve avec
les êtres monstrueux dont on a pu souffrir, Ce problème est d’ailleurs
résolu si l’on admet, avec la doctrine orphique, qu’il existe des lieux
d’expiation pour les êtres pervers.
LA SURVIE EST-ELLE ÉTERNELLE OU MOMENTANÉE ?
AL Selon les enseignements religieux, l’âme est immortelle. La raison
_ nous dit, d’ailleurs, que s’il y a survie, il y a immortalité; car les
causes de destruction qui peuvent atteindre le corps ne sauraient
attenter à l'existence d’un principe spirituel. Cependant, on peut envi-
3 ; EX Cependant, TALTÉSsIN, dans ses chants, déclarait se rappeler tout ce qu'il
avait été au cours des siècles, et PYTHAGORE se souvenait, dit-on, qu'il avait
_ pris part au siège de/Troie.
Rues pot E ML PNA LE D €
162 ATLANTIS
{
säger que les monades spirituellequi s se seront enfoncées dans le n
mal avec obstination pourront être annihilées. Cela n’est-il pas repré-
senté dans la scène du jugement de la cathédrale de Bourges où l'on
voit les âmes perverses placées dans une grande marmite loù elles.
seront dissoutes (ce qui rappelle l’histoire de Peer Gynt).
LE PROGRÈS SPIRITUEL EST-IL INDÉFINI ?
Dans L'avenir de l'esprit, Lecomte du Nouy a exprimé sa croyance
au progrès indéfini de l'esprit humain. En fait, si l’on considère les
individus, on constate que certains restent stationnaires, tandis que. à
d’autres progressent. La volonté peut se développer; on peut acquérir
la maîtrise de soi; l'intelligence peut grandir, la sensibilité s’affiner.
Ce sont là des acquis servant de point de départ pour une nouvelle
existence, soit sur cette terre, soit sur une autre planète de notre
système, celles-ci paraissant constituer des étapes successives que
l’on gravira par nos propres efforts et où les conditions de vie iront
en s’améliorant. ï
Et c’est pourquoi je pense souvent à ce message reçu jadis de 24
l'invisible : RE ‘
Regardez l'avenir, toujours l'avenir, car il est grandiose et sans fin.
POSITION DE L'EGLISE VIS-A-VIS DU SPIRITISME. ren s
Tout en déclarant que ces phénomènes sont dus, en général, au
subconscient, l'Eglise, par décision du 24 avril 1917, a condamné la
pratique du spiritisme. Elle admet que, dans certains cas, il s’agit de
l’action du démon qu’elle chasse par les exorcismes. Cependant, on a
ne saurait voir l’action du démon dans les voix de Jeanne d'Arc,
lesquelles impliquent qu’il peut y avoir des communicants de haute 3
valeur spirituelle.
_ Dans une de ses conférences sur La métapsychique et le mare
religieux, le R. P. Reginald Omez a déclaré que le démon ne peut avoir
de pouvoir sur les hommes que « dans la mesure où Dieu le permet
ou du moins le tolère ». Ceci justifierait le Ne nos inducat in tenta-.
tionem du Pater. Mais quelle singulière conception se fait-on de ce
Dieu qui permet (ou tolère) que le démon détruise ses enseignements
et persécute ses plus fidèles serviteurs dans le but de leur permettre
de se sanctifier en résistant au mal ?
PAUL LE CR.
AFLANTIS | 170 163
Où en est la métapsychie
par René WARCOLLIER.
Vice-Président de l'Institut Métapsychique International de Paris.
Le métapsychisme est la science des phénomènes inexpliqués de la
physiologie et de la psychologie classiques. Comme la métapsychique
est, en fait, issue des investigations scientifiques des phénomènes spi-
rites, il va de soi que ceux-ci font partie de la métapsychique.
Mais le spiritisme est une doctrine qui a pour but de démontrer
que les morts ont un genre d’existence permettant leur communication
avec les vivants et qui expose ces conditions d’après les messages
obtenus. Aussi, la doctrine spirite ne se rattache pas à la métapsy-
chique et réciproquement. De même, les autres doctrines philosophiques
ou morales, qu’elles soient spiritualistes ou matérialistes. Il en est
| ainsi au stade actuel de la métapsychique. Cela n'empêche pas les
au métapsychistes d’avoir des opinions philosophiques, comme les astro-
te nomes qui, selon leurs tendances, trouvent dans l’étude de leur science
… des arguments pour ou contre l’existence de Dieu.
Toutefois, comme il s’agit de la science par excellence du « Connais-
toi toi-même », il y a beaucoup de raisons pour penser que c’est par
la métapsychique que le problème de l'existence de l’âme se trouvera
» un jour résolu, et aussi des questions comme son existence avant la
Vie, sa survie, voire son immortalité pourront se poser au méta-
psychiste. Mais le spiritisme est dogmatique, parce qu’il a des certi-
tudes, tandis que la métapsychique recherche seulement la vérité, qui
semble toujours fuyante, comme on le voit en chimie ou en physique
contemporaine.
Personnellement, je crois que le spiritisme est arrivé à un point
mort. Depuis ses débuts, il y a cent ans, il a constitué sa doctrine ou
plutôt ses doctrines différentes en pays latins et anglo-saxons. Il a
bien mis à jour les manifestations supranormales qui l’ont fait naître.
: … Mais il apparaît que les grands médiums se raréfient, ceux à phéno-
__ mènes physiques comme Home, Eusapia, Paladino, Kluski, Guzik,
fi etc.…., et ceux à grands phénomènes intellectuels, comme M°° Piper,
tous étudiés par des savants éminents.
Même les cas spontanés de hantise où ceux d'apparition sont en
régression.
Les causes en sont complexes et nous ne les étudierons pas ici.
Par contre, la métapsychique est en constante évolution. Elle a
commencé par l’étude des médiums et des phénomènes spirites. En
leur absence, elle s’est attachée à la recherche des phénomènes dans
lesquels l’intervention apparente d'agents extérieurs (esprits, démons,
anges, fées, etc...) n’a pas une apparence de nécessité, en un mot des
… phénomènes que les spirites avaient reconnus eux-mêmes et nommés
| « animiques ». |
1167 2H ATLANTIS
La majorité des métapsychistes a la conviction que ces phénomènes.
seuls expliquent tous les autres. Mais la métapsychique n'apporte
aucune certitude. Il s’est produit chez elle ce qui est arrivé dans les
sciences qui deviennent de plus en plus compliquées avec les nou-
velles conceptions de l’éther, des ondes, de la lumière, des quanta,
de Ia relativité, etc. Les métapsychistes avaient commencé par
expliquer les cas d’apparitions véridiques de fantômes .de vivants par
la télépathie.
Puis la télépathie a été mise en doute par les premiers travaux de
Rhine qui a montré que la clairvoyance jouait le rôle important, per-.
ception extra-sensorielle (« extra sensory perception »: E.S.P.), Par.
la suite, il a prouvé, ainsi que Soal, l'existence de la télépathie pure.
Mais ces deux expérimentateurs ont pu obtenir la prémonition expé-
rimentale, et ce phénomène a remis en question, pour certains métap-
sychistes, l'existence même de la clairvoyance et de la télépathie; car
on peut les expliquer par la prémonition des états mentaux de l’expé-
rimentateur au moment de la reconnaissance des faits eux-mêmes.
On avait pensé que l’existence de la prémonition pouvait donner des
certitudes sur le problème du libre arbitre et du déterminisme. Main-
tenant, on croit l'expliquer par une nouvelle conception du Temps,
un Temps spatial eistenien, ou plutôt un Temps ayant plusieurs
dimensions, comme l'Espace.
Avec ces conceptions de Temps multidimensionnel, on en est réduit
à faire l'hypothèse que l’observateur de ces phénomènes, l’homme, a
plusieurs états de conscience, dont un ou plusieurs coexistent dans
le monde du Temps spacial normal et d’autres dans d’autres moda-
lités temporo-spatiales. C’est dire que, dans ce sens, la métapsychique
semble retrouver les conceptions occultistes très anciennes des plans
différents de condensation de ce que l’on a appelé « la matière ».
Au point de vue des phénomènes physiques, comme les mouvements -
sans contact, les lévitations, les apports, les matérialisations, il va
sans dire que les nouvelles hypothèses sur l’Espace-Temps apporte-
ront des interprétations inattendues. Pour le moment, la métapsychique
démontre, par des preuves statistiques, l’existence de la psychokinésie.
(P.K.), c’est-à-dire que la pensée humaine serait capable d’influencer
les mouvements matériels.
Ce développement de la méthode statistique qui était insoupçonné
il y a dix ans, a permis d'apporter des preuves numériques guanti-
tatives de tous les phénomènes supranormaux : télépathie, lecture de
pensée, clairvoyance de la matière, postcognition, précognition, télé-.
kinésie. Ges preuves, si satisfaisantes pour les mentalités anglo-
saxonnes, viennent doubler les preuves qualitatives obtenues dans les.
pays latins. Si bien qu’actuellement, la métapsychique a dépassé le”
cap des tempêtes. Le bien fondé de son existence ne sera pas mis en
doute dans quelques dizaines d'années, et son essor pourra influencer
le développement de toutes les autres sciences, de la sociologie, de la
ATLANTIS 165
as
philosophie, de la morale et — qui sait ? — des religions dont les
plus clairvoyantes $e rapprochent de la métapsychique.
La doctrine spirite, comme les doctrines politiques, se doit d’être
claire et facilement compréhensive pour la masse. La métapsychique
"n’a pas cette obligation; elle se réclame de la science moderne, qui n’a
plus la belle clarté qu’elle avait au XIx° siècle. Le fait d’être impen-
sable, épithète que donnait Bozzano à la conception de l’Eternel-
Présent, n’effraye plus les scientistes qui, parlent de relativité
généralisée, d’indétermination, etc. ‘
Position actuelle du spiritisme
par Gaston LUCE.
« Le spiritisme, en tant que philosophie, se rattache à la doctrine
spiritualiste dont il présente l’une des phases », a dit Allan Kardec.
Basé sur des faits d'expérience, il appartient également à la science.
D'où la position qu’il occupe actuellement. Il embrasse donc un champ
extrêmement vaste dont il.importe d'envisager l’ampleur, et c’est à
quoi l’on manque généralement, aussi bien chez les spirites que chez
. leurs adversaires.
Il est évident que la science, ici, doit servir de support à la philo-
sophie, puisqu'il s’agit de spiritualisme expérimental. Or, pour avancer
dans ce domaine, il faut, comme le dit Balzac, rassembler les faits,
procéder par analyse, seul flambeau qui nous puisse guider aujour-
d'hui à travers les obscurités de la moins saisissable des natures.
‘Autrement dit : « C’est en termes d'expérience qu’un tel problème
doit être posé, en termes d'expérience qu’il sera progressivement et
toujours partiellement résolu. » Tout le monde est d'accord avec
n Balzac et Bergson; tout le monde peut voir comment la science, la
* religion, le spiritisme, concourent à fournir des solutions complémen-
taires au problème philosophique, celui de l’au-delà.
En donnant la parole aux habitants d’un autre monde en relation
occasionnelle avec le nôtre, les chercheurs spirites ont inauguré une
méthode audacieuse, certes, mais qui ne va pas sans difficultés et
sans risques, méthode d’ailleurs condamnée par les sacerdoces jaloux
de leur privilège.
Qu'il y ait, en effet, des difficultés et des risques, cela n’est pas
niable, et c’est normal. La médiumnité comporte des insuffisances et
… des défaillances, voire des vices; mais les médiums sont assez nom-
. breux aujourd’hui, les recoupements des phénomènes auxquels ils
donnent lieu assez faciles, pour que les bases d'appréciation ne soient
plus resserrées à un oracle ou à une sentence unique et rare, comme
166 ATLANTIS
au temps de la Sibylle; les documents abondent, et leur nombre ne.
cesse de grandir. En outre, certains expérimentateurs sont eux-mêmes
leur propre médium. Les spirites ne sont donc pas condamnés à
poursuivre une aventure sans profit possible.
Quelles que soient les critiques qui leur sont communément adres-
sées, il faut reconnaître, si l’on n’est pas de parti pris, que les faits
par eux enregistrés et étudiés présentent souvent, du point de vue de
la connaissance, un intérêt majeur, que les enseignements recueillis
constituent un ensemble suffisamment cohérent, quelle qu’en soit l’ins-
piration particulière; que nous voyions le pasteur Stainton Moses,
engagé dans un dialogue théologique avec ses éminents instructeurs
invisibles, ou le guéridon de Jersey répondre en prose et en vers aux
cogitations de Victor Hugo. Et ce ne sont pas là des cas exception-
nels : des résultats tout aussi marquants, tout aussi curieux, n’ont
cessé d’être enregistrés, que ce soit chez les Latins ou chez les Anglo-
Saxons, et en d’autres lieux du globe, comme s’il s'agissait d'un
plan concerté d'en haut en vue d’instruire les hommes dans tout ce
qui peut leur être utile de savoir dès cette vie et pour l’avenir.
L'un des traits caractéristiques du spiritisme, dans les pays d'Occi-.
dent, c’est l'importance que l’on attache à la notion de personne.
Allan Kardec et son continuateur, Léon Denis, n’ont cessé de mettre
l'accent sur cette idée qui, au reste, reflète l’opinion des sages de
l’ancienne Celtide. L'auteur du Génie celtique, pour sa part, a toujours
associé dans sa pensée le spiritisme au druidisme primitif, les Triades
bardiques, qui sont en quelque sorte l’écho de celui-ci, lui servaient de
bréviaire. De fait, ces sentences nous restituent un aspect de l’ésoté-
risme occidental teinté de christianisme par endroits. Relativement à
la notion de personne, dont nous venons de parler, la triade 37, par
exemple, expose que « deux vivants ne peuvent être primitivement
semblables en rien ». C’est l’awen, le génie propre à chacun, qui nous
distingue de notre prochain, et ce génie peut être développé à l'infini.
Il appartient donc à chaque individu, dans sa sphère d’activité libre,
de se construire lui-même conformément à son type original.
Ceci est très important, et c’est en cela que le spiritisme se sépare
nettement de l’hindouisme et de la théosophie pour se rapprocher du
christianisme. Il est curieux de voir que la théorie du personnalisme,
mise en valeur au siècle dernier par des philosophes éminents, un
Paul Janet, un Charles Renouvier, a été reprise de nos jours par
À. Lalande et J. Demarquette, parallèlement à des maîtres réputés des
Universités américaines. En effet, toute la question est là, et J. Deémar-
quette la pose en ces termes :
L’être humain, non seulement dans son corps, ce qui est évident,
mais aussi dans les réceptacles les plus subtils et les plus élevés de
sa conscience, n’est-il qu'un agrégat de qualités variées provenant du
milieu ambiant qui disparaîtraient par dissociation, ou bien y a-t-il
en lui quelque chose de réellement personnel; qui non seulement tient
ATLANTIS 167
lieu, au cours de l'existence physique, de fin permanente proposée à
l’entéléchie par laquelle l’être se réalise, et que certains biologistes
modernes ont été amenés à postuler, mais encore est capable de
persister comme unité distincte de vie consciente, après la disparition
du corps physique qu’elle a animé 1,
En dehors de toute théologie, et s'appuyant constamment sur les
faits, les spirites n’ont jamais cessé de répondre à semblable question
par l’affirmative. Toutefois, il convient de noter que deux tendances
opposées se sont fait jour dans la recherche, depuis les débuts : l’une,
d'inspiration religieuse; l’autre, strictement rationaliste. Laissant de
à côté toute préoccupation scientifique, certains spirites ont opté délibé-
ñ rément pour la foi chrétienne, mais libre de toute attache confession-
nelle. En Angleterre, des églises se sont constituées, où la médiumnité
joue le rôle le plus important; et cette nation peut être considérée
comme la terre d'élection du spiritualisme. En France, dans le même
courant d'idées, mais avec une variante, la médiumnité a été délaissée,
de façon à laisser au seul Paraclet le rôle d’instructeur et d'éducateur.
. Dans ces milieux, on se méfie beaucoup des incursions de ce « monde
mitoyen » dont parle Claude de Saint-Martin et des tromperies qui
en résultent. Précaution qui ne manque pas de sagesse, mais qui
interdit de pousser plus avant la recherche. Et ce n’est plus du spiri-
tisme. Chez les spirites rationalistes, au contraire, la méthode expéri-
mentale, scientifiquement appliquée, est requise pour l’étude-de tous
-les phénomènes psychiques sans exception. Des faits, encore des faits,
rien que des faits. Mais les faits demandent une interprétation, et c’est
là que deux camps se sont formés et s'affrontent pour l’élucidation
_ des problèmes posés. |
.… Dans le premier se trouvent des spirites scientistes; dans le second,
les métapsychistes. Pour les uns la question, dans l’essentiel, se ramène
“à une affirmation de la survie; pour les autres, une connaissance plus
“ "approfondie de l’homme prime toute autre recherche dans l'immédiat,
et c'est devant eux, d’abord, que l’éminent physicien anglais, Oliver
Lodge, avait donné, sans ambages, son opinion personnelle, « Je lance
un défi à mes adversaires, a-t-il écrit, s'ils veulent bien le relever; je
soutiens qu'il y a des preuves de la survie et qu’il y en a de parfaite-
ment bonnes. » À notre connaissance, le défi n’a pas été relevé. Les
métapsychistes se sont simplement cantonnés dans leurs hypothèses
de travail, dont on ne saurait d’ailleurs nier l'utilité, et la question
na pas avancé. Reconnaissons que les deux attitudes devant les faits
- ont leur raison d’être.
Laissons donc les hommes de science à leurs vérifications labo-
rieuses et faisons-leur confiance, tout en exprimant la crainte que la
base sur laquelle ils comptent pour édifier leurs théories n’ait pas
168 ATLANTIS
toute la solidité voulue; la pensée purement analytique n’est pas apte.
à poursuivre à elle seule une telle recherche. Une attitude stricte-
ment intellectuelle ne saurait suffireà élucider le problème) du psy-
chisme. C’est plutôt une attitude « existentielle » qui serait suscep-
tible de fixer des éléments suffisants de certitude, attendu que c’est
l’homme tout entier, et dans ce qu’il a de plus élevé, qui est en cause,
et que cette âme humaine, qui est une énigme devant la science,
demeure constamment soumise au mystérieux dynamisme de l'esprit.
Quand la science exotérique est arrivée à ses limites, la physique n’a.
d'autre prolongement que la métaphysique, car la pensée ne connaît
pas de barrière.
Sans préjuger de ce que la métapsychique peut apporter de nouveau,
il est équitable d'accorder au spiritisme ce que ses adversaires n’ont
pu lui retirer. Si la‘psychologie est devenue une science positive, Side
surnormal est devenu « un champ de la biologie humaine », le spiri-
tualisme expérimental y est pour quelque chose. Dans une « thèse »
relativement récente, le pasteur Roger Glardon, docteur en théologie,
reconnaît que le spiritisme a « déclenché dans les milieux scientifiques
tout un mouvement de recherches portant sur ces phénomènes qui,
interprétés selon leur origine véritable, peuvent avoir une réelle valeur
scientifique et même apologétique. Une valeur scientifique, dans ce
sens que les phénomènes psychiques permettent d'étudier, avec beau-
coup plus de précision que jusqu'ici, le labyrinthe riche en mystère de
la personnalité humaine, et en particulier du subconscient. Une valeur …
apologétique, dans ce sens que les phénomènes psychiques opposent
aux matérialistes l'évidence des réalités spirituelles, qui ne sont évi-
demment pas encore les réalités religieuses, mais qui en sont le chemin.
Disons, en terminant, que si le spiritisme parvient à se frayer un
passage à travers le psychisme, jusque dans l’expérience authenti-
quement spiritualiste, — et il y est arrivé en partie, — il apparaîtra de
plus en plus comme l’introduction même du christianisme johannique,
porteur de la lumière d'Occident.
Quelques opinions
Après des années consacrées à l'étude du monde invisible, a écrit Maurice
Magre(« Les interventions surnaturelles », 1939) ef parti de l'incrédulité la
plus absolue, je suis arrivé à la conviction profonde que ce monde était peuplé
d'une vie immense ef diverse qui réagissait sur notre monde et intervenait
dans certaines conditions. J’estime que toute personne de bonne foi et sans:
parti pris, qui consacrera le temps nécessaire à l'étude des ouvrages de toute
catégorie écrits sur les manifestations du monde invisible, est obligée d'arriver
aux mêmes conclusions que les miennes.
4 :
L2
1. Le spiritisme en face de l’histoire, de la science, de la religion, p. 251.
ATLANTIS 169
… Maurice Mæterlinck, dans « L’hôte inconnu », attache une haute impor-
- tance, lui aussi, à la phénoménalité métapsychique; il cite les 28 volumes des
. « Proceedings » de la « Sty for psychical research », les 25 années (en
1920) des « Annales des sciences psychiques », périodique excellent entre
tous, offrant des exemples de toutes les manifestations supranormales, écrit-il.
| (J'y ai collaboré vers 1918.)
Et Kant déclare : L’on démontrera un jour que l'âme humaine vit dès cette
existence en une communauté étroite avec les natures immatérielles du monde
des esprits.
S'il y à dans l'homme, en dehors de la matière, quelque chose qui survit
à la mort, a écrit Schopenhauer, on ne voit pas, tout au moins a priori, que
ce principe, auquel on doit le phénomène merveilleux de la vie, la vie terminée,
doive être tout à fait incapable d'action sur ceux qui vivent encore.
La métapsychique nous donnera peut-être sur la nature de l'être humain,
dit le Docteur Carrel, dans « L'homme, cet inconnu », des renseignements
plus importants que la psychologie normale.
. Et voici, pour terminer, ce qu'a écrit Bergson, qui fut président de la
-« Société for Psychical Research » de Londres, à la fin de « Les deux
sources de la morale et de la religion »:
Si lon admet les phénomènes signalés par la « science psychique » ou
du moins certains d’entre eux, on s'étonne du temps qu'il a fallu attendre
pour en voir entreprendre l'étude. Si l’on met en doute, par exemple, la
“réalité des manifestations télépathiques, par exemple après les milliers de
manifestations concordantes recueillies sur elles, c’est le témoignage humain
en général qu’il faudra déclarer inexistant aux yeux de la science; que devien-
… dra l'histoire ? La vérité est qu'il y a un choix à faire parmi les résultats que
la science psychique nous présente; elle-même est loin de les mettre tous
au même rang; elle distingue entre ce qui lui paraît certain et ce qui est
simplement probable ou tout au plus possible. Mais même si l'on ne retient
qu'une partie de ce qu’elle avance, comme certain, il en reste assez pour que
nous devinions l'immensité de la terra incognita dont elle commence seule-
ent l'exploration. Supposons qu'une lueur de ce monde inconnu nous arrive,
Sible aux yeux du corps. Quelle transformation dans une humanité généra-
lement habituée, quoi qu’elle dise, à n’accepter, pour existant, que ce qu’elle
voit et ce qu’elle touche ! L'information qui nous viendrait ainsi ne concer-
-nerait peut-être que ce qu'il y a d’inférieur dans les âmes, le dernier degré
de la Spiritualité. Mais il n’en faudrait pas davantage pour convertir en
réalité vivante et agissante une croyance à l'au-delà qui semble se rencontrer
chez la plupart des hommes, mais qui reste le plus souvent verbale, abstraite,
… inefficace.
Johannisme
CURIEUSES COMMUNICATIONS RELATIVES À SAINT JEAN.
II m'a été communiqué un certain nombre de messages concernant
nt Jean reçus les uns à Tours, de 1936 à 1939, les autres à Paris, en 1943;
chose fort curieuse, on y trouve des idées certainement étrangères aux
ums. En effet, elles contiennent l’annonce de Ja güerre de 1940-1944,
170 ATLANTIS
CN
l'identité des deux Jean, son caractère de Maître de la terre et de chef des »
initiés, son rapport avec Vénus-Lucifera ,avec Janus, sa prochaïne incor-
poration, le mot « bergerie >» employé par Dante pour désigner l’église nn
johannite, l’annonce du retour du Christ et de Jean, qui le précédera.
On y trouve également que Jean est le protecteur de la France, avec
Jeanne d’Arc qu'il suscita, et cependant, lors d’une grande manifestation
(devant Notre-Dame de Paris, en 1947, pour implorer le Ciel en faveur de la
France « qui est en perdition », selon l'expression employée par le prêtre
qui dirigeait les prières, on invoqua sainte Geneviève, la Vierge Marie,
mais on oublia totalement Jeanne d’Arc et saint Jean !
Voici l’une de ces communications reçue à Tours et attribuée au curé
d’Ars (elle date du 4 avril 1939):
L’élu de Dieu sortira du mystère à l’heure où se précipiteront les
événements, car Jean-Baptiste est le pylône de soutènement du
monde... Par son savoir et son rayonnement, il harmonise entre elles
les forces spirituelles de l’humanité et les relie au corps glorieux du
Christ, car il est le trait d'union entre Ciel et Terre.
Jean-Baptiste est le premier élu de la terre, celui à qui sont confiés
tous les autres élus de ce globe...
C’est lui qui a la charge de l'édification du Temple de lesprit.…
C’est lui qui forme les Apôtres et qui arrachera au Maudit son
sceptre noir.
C’est lui qui renversera les potentialités adverses parce qu'il apporte
aux hommes la clef de la science éternelle qui chassera les faux mages
de la bergerie.
Jean-Baptiste porte en lui le glaive de l’Eternel dont la puissance
éclatera au jour de la Justice.
En ce temps-là, il y aura des gémissements sur toute la terre parce
que la puissance des cieux sera ébranlée, l’épée de l’Archange sillon-
nera la nue et l'éclair jaillira de l’orient à l’occident et du couchant
au levant.
Nous trouvons ici un on qui rappelle celui de l’Apocalypse et des
prophètes1,
LES TROIS VOIX DE JEANNE D’ARC ET LES TROIS VOIES DU DEUXIÈME
DEGRÉ DE LA CONNAISSANCE.
Dans À la recherche d'un monde perdu, paru en 1931, je signalais que les
trois voies d'accès à la Connaissance hermétique (celle qui ont trait aux
manifestations du démiurge et correspondent aux trois portes de Notre-Dame
de Paris) étaient l'astrologie solaire, la hiérologie (science des lettres et des.
nombres grecs) et l’alchimie (rapports de la lumière et de la vie).
Or, il est fort curieux de constater que les trois voix de Jeanne d'Arc :
Michaël, Catherine et Marguerite, correspondent à ces trois voies.
Il est facile de voir déjà que Michaël correspond à l’alchimie; c’est le É
même mot inversé.
Pour Catherine, il y a lieu de remarquer que les consonnes K (ou C),
R, N et Th, appartiennent à la hiérologie. On les trouve dans le chrisme,
dans le mot Cathare, dans Agartha et aussi dans Aor-Ag-Ni.
1. Voir aussi L’Ere du Verseau, 3° édition, p. 174.
ATLANTIS | 171
( De plus, Catherine s’appuie sur une roue à huit rayons, symbole de
_ l’ennéade.
Quant à Marguerite (Margaritas, la, perle), l'identification est plus difficile.
. Il faut se rappeler que la Jérusalem céleste, dont il est question dans l’Apo-
… calypse, n’est autre que le zodiaque et qu’elle a 12 portes (les douze signes
_ zodiacaux), chacune de ces portes étant une perle.
Ainsi peuvent s'établir les rapports entre les trois voix de Jeanne d’Arc
et les trois voies de la gnose hermétique, deuxième degré de la Connaissance.
Nora. — Le mot Trismégiste, appliqué à Hermès, ne veut pas dire, comme
… on le prétend, « trois fois grand », ce qui ne signifie rien, mais « les trois
. magistères », les « trois enseignements » (magister dixit) que nous retrouvons
avec les trois voix de Jeanne d’Arc.
Livres et revues
de AU DIAPASON DU CIEL, — QUAND LES SOURCES CHANTENT, par
_ Marcelle de JOUVENEL.
… Ces deux ouvrages rentrent dans ce que j'appelle le spiritisme familial qui
… est, en quelque sorte, l’école primaire de la phénoménalité supranormale.
I! peut être nécessaire de passer par là, mais il est bon de ne pas s’y attarder
indéfiniment, car d’autres activités nous attendent,
Les rapports de M"° de Jouvenel avec son fils, mort à 15 ans et devenu
son guide spirituel, sont remplis de ces pieux encouragements, de ce mora-
lisme un peu enfantin qui caractérise ce genre de communications. Chose
… curieuse, et bien que l'Eglise condamne la pratique du spiritisme, le premier
… de ces ouvrages a été préfacé par le philosophe et métaphysicien catho-
lique Gabriel Marcel, lequel se montre convaincu de la réalité de ces
|A
… Signalons qu’en dehors de ceux-ci, M"° de Jouvenel a été le sujet de divers
hénomènes visuels ou auditifs qui constituent des faits troublants et assez
quiétants.
_ Il y a là des documents susceptibles de poser bien des problèmes en ce
qui concerne les rapports avec le monde invisible dans lequel il faut pénétrer
avec prudence en possédant ce don de discernement des esprits dont parle
Saint Paul, car il arrive, dit-il, que Satan se déguise en ange de lumière.
De ces messages ne se dégage d’ailleurs aucun élément de connaissance,
aucune lumière sur la vie dans l’autre monde.
LA VOCATION DE L'OCCIDENT, par Louis LALLEMENT (295 francs).
On retrouve dans cet ouvrage, paru il y a déjà quelque temps, toutes les
dées soutenues par Atlantis. L'homme moderne, y est-il dit, croit qu’il n’a
en à apprendre des anciennes civilisations, et il lui semble qu’il est impos-
ble que le primitif ait pu posséder une vie intérieure d’une richesse et d’une
dant, toutes les tradtions antiques situent à l’origine de l'humanité un âge
172 (74 ATLANTIS
d’or. Et c’est ainsi que nous ignorons ce qu'est le celtisme où plongent les
racines des civilisations occidentales.
On trouve partout l’affirmation d’une civilisation primitive, d’une tradition
primitive qui s’est ensuite fragmentée en traditions secondaires. Partout,
l'évolution religieuse manifeste une dégradation plutôt qu’un progrès:
S'appuyant sur les Védas et l’Avesta, l’auteur envisage qu'il existe des
vestiges d’un temps où les premiers ancêtres habitaient au delà du cercle”
polaire, Il rappelle, d’ailleurs, l’importance que les Grecs attribuaient aux
mystérieux hyperboréens.
Les linguistes parlent d’une même langue brbiatolie venue à du peuple
qui couvrit l’Europe, l'Asie Mineure, la Perse, le Turkestan et l’Inde.
Le même caractère se retrouve avec l'empire des Celtes, et l’auteur signale
l'importance du druidisme qui a délimité au point de vue spirituel, l’espace
européen. Il s'agissait d’une doctrine sacrée reçue de Dieu à l’aube des jours
et renfermant la loi universelle que les hommes doivent respecter pour
concourir à l'œuvre du créateur; les Gaulois, héritiers de la tradition cel-
tique, la portèrent à Rome, à Delphes, en Asie Mineure et jusqu'à Constan-
tinople. Par la suite, la Grèce et Rome contribuèrent à former l'esprit euro-
péen. Selon l’auteur, l’helléno-christianisme représente l’esprit même de
l'Occident, comme le bouddhisme représente celui de l'Orient.
D'autre part, Louis Lallement célèbre le moyen âge dans lequel il voit
fort justement une effloraison de la tradition immortelle, maïs il s'y arrête
et ne parle pas de ce xvI° siècle où eut lieu un autre jaillissement de cette
même source sacrée, Car il paraît ignorer la loi des cycles et qu’il y eut, à
cette époque comme au moyen âge, des manifestations importantes de,
l’hermétisme chrétien.
Louis Lallement envisage par ailleurs l’avènement du Christ-Roi réunissant
les deux pouvoirs spirituel et temporel; comme nous également, il considère
que le rationalisme aristotélicien de saint Thomas a ouvert la porte à La
subversion spirituelle donnant à la raison la primauté dans tous les domaines.
et aboutissant à la suppression de toute idée religieuse. j
Il exalte également l’idée de chevalerie dont la fin, dit-il, a coïncidé avec
la suppression de l'Ordre du Temple, mais il oublie Bayard, du Guesclin,
François Ier, Jeanne d’Arc.
En résumé, cet ouvrage est donc tout à fait dans la ligne d’Atlantis, et
nous ne pouvons que le recommander à nos lecteurs.
LA BIBLE, LIVRE CHIFFRE, par R. ABELLIO.
Dans cet ouvrage, l’auteur de Vers un nouveau prophétisme s’eftorce, après He
tant d’autres, de trouver une clef interprétative des textes bibliques en s'ap-.
puyant sur la valeur numérale des lettres hébraïques. Il utilise naturelle-
ment le Zohar, construction tardive 1, l’un des monuments les plus caracté-
ristiques de l’âme juive éprise des plus subtiles spéculations, des plus
invraisemblables interprétations, qui atteint son apogée dans la Kabbale, en
s'inspirant de la hiérologie hellénique et gnostique, comme l’indiquent déjà
1. Voir Atlantis, n° 141: Le judaïsme,
ATLANTIS ur
te 1 Nhbule, Ain ou Kether, as Le premier reproduit, en effet, le
nom de Kubélé, la mère des dieux (des initiésà la science du Verbe lumière
et.vie); le second rappelle la Sophia 1 gnosuqUe et l'ennéade; dans le
let Agartha). Salomon Reinach, de race juive, Mébarait que la Kabbale était
le la pire aberration de. l'esprit humain », et est-il nécessaire de rappeler que
" la science des lettres et des nombres ne comporte que neuf lettres-consonnes
“et neuf chiffres, comme toutes les manifestations du Verbe créateur1,
Dès lors, les 22 lettres hébraïques, avec leurs interprétations inimagi-
. nables, sont en dehors de la véritable hiérologie, la langue des mystères étant
le grec, dont les lettres sont des symboles, et non l’hébreu. Je plains R. Abellio
de s'être ainsi enfoncé dans le maquis inextricable de la Kabbale. Mais on
restera confondu devant la somme de travail et les efforts de l’auteur qui a
véritablement roulé le rocher de Sisyphe et tenté de remplir le tonneau des
… Danaïdes pour la gloire de laweh, dont le nom renfermerait, dit-il, toute
» connaissance, alors que celle-ci s’appuie sur deux lettres grecques, le Chi
et le Ro des Rose-Croix, associés dans le chrisme (« par ce signe, tu
| vaincras »).
… Et c’est pourquoi nous ne suivrons pas l’auteur quand il déclare que nous
He les héritiers des juifs et que les Sémites furent les initiateurs des
Aryens, alors que laryanisme est la science d’Aryane qui seule conduit à
_ travers les méandres du labyrinthe 2.
L'ESOTERISME DE DANTE.
On réédite actuellement ce petit ouvrage de René Guénon. Dante fut l’un
de ceux auxquels peut s'appliquer le titre de Rose-Croix qui concerne les
initiés appartenant à l’hermétisme chrétien rattachés à l'Eglise johannite.
C’est ce que René Guénon ne nous dit pas, encore qu’il considère saint Jean
mme le chef de l'Eglise intérieure. « L’épopée de Dante est johannite et
gnostique », a écrit Eliphas Lévi dans son Histoire de la magie; et il a
même ajouté, ce qui est parfaitement exact, que Béatrix (et non Béatrice)
eprésente l'Eglise johannite (comme la Joconde).
Par pie René Guénon ne semble pas avoir ir pourquoi Dante,
Le nombre mystérieux de 9, dont Béatrice (sic) est particulièrement
aimée..., est affecté à ce Vénérable entouré de 9 colonnes, de 9 flam-
“beaux à 9 branches et à 9 lumières, âgé de 81 ans, multiple (ou plus
exactement carré) de 9, quand Béatrice est censée mourir dans sa
81° année du siècle.
ailleurs, le nombre 9 est celui des cieux que Dante parcourt, tandis
Béatrix meurt à l’âge de 9 ans. <
trouve ce nombre dans les écrits de Jean, qui nous dit que le Christ
*
r Atlantis, n° 92 et 93: Les lettres sacrées; Les nombres sacrés.
Atlantis, n° 98: L’aryanisme.
174 ATLANTIS
est le nombre 9, étant l’alpha et l’oméga, dont le total forme le nombre 801,
c’est-à-dire 9. }
Saint Jean, disaient les sabéens, était né d’une vierge au bout de 9 mois, FRANS
9 jours et 9 minutes, ce qui place sa conception le 21 septembre. ë
Il en résulte que René Guénon est passé à côté de ce qui importe le plus
en ce qui a trait à ces doctrines traditionnelles dont il se flatte d’être le
représentant et, bien que son livre renferme d’intéressants renseignements,
il ne saurait apporter les éléments initiatiques qui ne se trouvent que dans
l’ésotérisme christique et johannite.
LE CREPUSCULE DES NATIONS, par Raoul AUCLAIR (540 francs).
Raoul Auclair, qui est tout imprégné des idées contenues dans mon Ere
du Verseau, car il parle de Ganymède, de l’aigle, emblème de Jean, de la
précession, des cycles zodiacaux et du retour du Christ, sans jamais citer
ses sources, est un écrivain catholique qui, dans ce livre, approuve le mas-
sacre des Albigeois et la destruction de la bibliothèque d'Alexandrie.
Il est de ceux qui pensent étayer les enseignements de l'Eglise judéo- di
chrétienne de Pierre par le symbolisme, comme le fit Huysmans. Or, ou bien
ils sortiront de l’orthodoxie, ou bien ils donneront des explications fantai- nl
sistes, à moins qu'ils ne restent dans l’allégorie (comme Huysmans). En,
effet, le symbolisme déborde le cadre de l’église exotérique de Pierre et se -
trouve uniquement dans la maçonnerie chrétienne qui constitue l’église de
Jean. Si bien qu’entraînés sur cette voie, les symbolistes chrétiens ou bien
ne diront que des enfantillages, ou bien tomberont dans le symbolisme maçon-
nique. C’est là que les attend Lucifer (qu’ils prennent pour Satan) dont ils.
deviendront les disciples, mais alors ils seront condamnés par le Vatican.
Cruel dilemme dont on ne voit guère le moyen de sortir.
Raoul Auclair, qui assimile le Christ à Yaveh, lequel deviendra roi sur.
toute la terre (p. 259), fait état des apparitions de La Salette2, de Fatima,
de Pontmain, de Pellevoisin, etc, ainsi que des prédictions des prophètes
hébreux. et il nous annonce que le tiers de l’humanité périra bientôt !
On trouve donc dans ce livre les idées les plus puériles, le symbolisme le plus.
fantaisiste, les superstitions les plus ridicules et des images qui visent à la
profondeur grâce à leur obscurité. En voici un exemple, tiré de la conclusion:
Le point de clôture (de l'univers), là où l'Oméga rejoint lAlpha.
Le point de clôture et qui n’est pas un point de soudure. Car entre le
point de départ et le point d'arrivée, qui sont un même point, s'ouvre
pourtant un abîme : la Connaissance, qui est dans l’Oméga et qui
n’était point dans l'Alpha.
Et il (l’être) saura qu'il est, dans l'Unique, une distinction dans qe
l'Unique, mais inséparable de l’Unique, vivant de la vie de l’Unique et
vivant pour l’Unique, comme son corps charnel sur cette terre, et cette,
terre charnelle dans le ciel charnel, qui vit de la vie compacte de
1. I1 dit notamment qu'il ne se trouve aucune trace d'éléments judaïques
dans La divine comédie. re
2. Qui, nous dit-il, parle de pommes de terre gâtées, ce qu'il trouve très
symbolique!
ne) a ATLANTIS 175
Doc et charnel Univers et qui reçoit charnellement des confins de
l'Univers et qui réfléchit charnellement aux confins de l'Univers.
_ Et il saura qu’il est l’Unique.
Et il saura qu'il est Dune dans l'Homme.
mprenne qui pourra ce style visant à imiter celui de ce « précieux
ule > qu'est Paul Claudel. I faut plaindre l'Eglise romaine d’avoir de
défenseurs qui l’abaissent en prétendant l’élever, car ils ont les yeux
ermés aux splendeurs du Verbe qui est lumière, beauté et vie.
DE LA BETE A DIEU, par M. et M"° CHASLES (180 francs).
… Nous connaissions déjà De la bête à l'homme, par notre ami Raoul Mon-
tandon, lequel nous montre l’évolution de l’animalité vers l'humanité. Ici, il
s’agit des liens de solidarité qui unissent les animaux à la divinité, tant par
s sacrifices que par le symbolisme,
— Il y est question du problème de la souffrance des animaux que les auteurs
ntent d’expliquer en disant que les animaux les plus évolués peuvent sur-
ivre et que cette croyance existait chez les Egyptiens qui embaumaient
tains animaux dans ce but.
e suis étonné que les auteurs semblent ignorer l'existence de ce Bestiaire
Christ de Charbonneau-Lassay qui fut l’un de nos collaborateurs, où ils
aient trouvé une abondante moisson sur les ROROPE symboliques des
maux et de la divinité.
… Et ils se heurtent au symbolisme du pes qui, disent-ils, pose un
Pine dont ils ne ges pas la clef.
dérable ouvrage paru aux Editions Véga, sous la direction du Doc-
oubhier, et portant ce titre : De l'architecture naturelle, dont l’auteur
| aut eur se
s) cach e sous le pseu dony me de Petr us Tale mari anus . Son
evé (40.000 francs), son format (grand in-folio), son poids (10 kilos),
dent diff icil emen t acce ssib le. Il n’est poin t d’ail leurs dest iné au gran d
n'ayant été tiré qu'à 252 exemplaires (nombre 9 adopté sans doute
irement, car tout y est déclaré basé sur le symbolise du grand œuvre :
at, longueur des lignes, signes typographiques, etc). Il contient de
S planches hors-texte et de nombreuses gravures. C’est tout ce ,
aurais dire, n'ayant pu que le feuilleter sommairement, et il sera
| FR d’en faire un service de presse, l’ensemble du mises
-CINQUIEME HEURE, par Us GEORGHIU, £
176 ATLANTIS
la solitude d’une chartreuse désaffectée (laquelle sera peut-être un jour l'un
des prieurés de la future chevalerie de saint Jean), j’ai lu le livre TE
ment émouvant de Virgil Georghiu où j'ai retrouvées, exprimées de da”
manière la plus tragique, les mêmes idées. -
- Après avoir montré l’horreur des camps de concentration où Phomme,
quelle que soit sa valeur individuelle, n’est plus qu’un animal, l’auteur rap- re
pelle, d’après Kayserling, l'immense danger du collectivisme russe ou amé-
ricain tendant à transformer les hommes en un type uniforme. Il envisage”
la prochaine guerre qui les mettra aux prises, après laquelle survivront, ji
quelques hommes, telle l’arche de Noé sur les flots du déluge. AT
Et ces survivants, ce seront les juifs, en raison de leur entraînement %
héréditaire de milliers d'années d’esclavage et d’humiliations, leur race ayant
pris cette habitude en Egypte, en Espagne, en Russie, en Allemagne !
Cette 25° heure sonnera le glas de la civilisation si rien ne survient, mais
toutes les-traditions nous disent que le monde n’est pas abandonné, et ce
conflit sera le grand événement précédant la venue de celui qui fera régner
l’ordre, la justice et la paix.
Par ailleurs, comme le dit Gabriel Marcel dans la préface, il y a lieu de
penser que l’idéalisme a tendu à devenir maléfique à partir du moment où
il a perdu le contact avec la révélation, qu’il s’est coupé de la doctrine |
johannite du Verbe et s’est orienté vers la divinisation de l’homme par ÿ
l’homme, ce qui est tout à fait conforme à ma pensée. re
o p“
i$en:
Archéologie
L'AMBRE.
Dans les régions lointaines du Nord, au sommet d’une côte abrupte, se
trouve un phare isolé dont les feux guident les vaisseaux qui voguent vers
Riga, Léningrad, Helsingfors. Les vagues déferlent sur les rocs; les pêcheurs,
vêtus de suroîts, bravent les tempêtes. À l’aide de grands filets à longs
manches, ils ramènent au rivage le varech détaché du fond de la mer et le
fouillent activement. Là se trouvent parfois, en effet, des morceaux d’'ambre,
cette matière étrange, laquelle, comme nous l’avons vu, fut recherchée de:
toute l'antiquité en raison de la force mystérieuse d’attraction qu’elle renferme
(attraction— amour).
Qu'est-ce que l’ambre ? La science répond : c’est la résine pétrifiée des
conifères de l’époque tertiaire, mais on ignore comment, par quel processus
elle s’est formée. A cette époque lointaine, les contrées du Nord avaient.un
climat presque tropical; il existait une flore luxuriante et grandiose. C'est
du tronc des conifères géants que s’écoulait la résine translucide. Ces forêts
furent englouties, et de temps à autre des tempêtes agitent les profondeurs
de la mer et rejettent sur les côtes des morceaux d’ambre. Ce
Dès l’époque de la pierre polie, les hommes en faisaient des colliers, des
amulettes. Les Phéniciens en firent des bijoux. La ligne Comm ENMSIESE
1, Dans notre n° 146.
CT ATLANTIS | 177
mbre longeait la Baltique, puis, de Brême, rejoignait le Rhin, remontait
la Moselle jusqu’à Metz et descendait jusqu'à Marseille par la Saône et le
Rhône. De là, l'ambre gagnait les divers rivages de la Méditerranée1,
… Les Assyriens, eux aussi, avaient des colliers d’ambre; dans une inscrip-
n datant de 950 avant Jésus--Christ, un roi assyrien raconte qu’au cours
lun long voyage dans les régions nordiques, il rencontra des caravanes
llant pêcher « le safran qui attire, dans la mer que domine l'étoile polaire vi
‘Chez les Romains, l’ambre fut également très recherché. Il avait la répu-
tation de porter bonheur en dégageant un fluide bénéfique puissant. Les
_ gladiateurs s’en paraient.
Même vogue à la cour des califes de Bagdad.
… Les Grecs lui attribuaient le don de guérir les affections pulmonaires et
_ Ja jaunisse,
… Au moyen âge, l’ambre fut utilisé en médecine; un dictionnaire médical
… ne contient pas moins de 220 formules différentes pour l'emploi de l’ambre
_ contre les maladies les plus variées.
à Du xvI° au xvVIrr° siècle, les œuvres d’art utilisèrent l’or, l'argent et l’ambre.
Les Musulmans utilisent des chapelets d’ambre; le passa-tempo des Grecs
… (sorte de chapelet) est souvent composé de grains d’ambre,
Aux Indes, il est d'usage de sceller une nouvelle amitié en échangeant
oïvent s'exercer aussi sur les âmes.
. Le sang ne se coagule pas dans une coupe d’ambre.
L’ambre change de couleur selon ceux qui le portent, et sa couleur jaune
peut devenir brun rouge.
Le nom de l’électricité vient du nom grec de l’ambre élektron.
À LA RECHERCHE DES VESTIGES DE L’ATLANTIDE.
Les journaux nous apprennent, d’après le Daily Telegraph du 1er avril
est peut-être un poisson d’avtil), que notre ami Egerton Sykes, Directeur
“d'Atlantean Research, rassemble des fonds pour entreprendre des sondages
u voisinage des Açores, afin de vérifier les dires de deux pilotes d’avions
“qui ont déclaré avoir aperçu, en traversant l'Océan, grâce à un éclairage
avorable du soleil, les ruines d’une ville submergée. :
. Attendons la vérification de cette information assez suspecte, car la revue
_Atlantean Research n’en parle pas.
UN SAVANT FRANÇAIS DÉCOUVRE DANS LA JUNGLE DE L’AMAZONE LES
VESTIGES D'UNE CIVILISATION DISPARUE.
de-Janeiro, 26 mars (U.P.). — La découverte, dans la jungle de l’Ama-
des vestig es d’un e civi lisa tion ava ncé e que l’on pen se être con tem po-
de celles de l'E gyp te et de la Pers e, a été sig nal ée par le sav ant
is Marcel Homet,
ans Les Argonautes et la toison d’or (n° 66 d'Atlantis), j'ai envisagé
re it in ér ai re pa r la Du na et le Dn ie pr .
178 40 AIDANT
Revenant d’une expédition dans l'Arhazône, M. ont a déclaré aux :
rités brésiliennes que ses découvertes pouvaient confirmer ce que l’on
depuis longtemps, à savoir qu’il existait un lien entre les civilisations dispar
de l’äncien et du nouveau monde.
Le savant français a trouvé des « dragons persans » sculptéset d’au
objets indiquant que la civilisation disparue « avait évidemment ses rac
en dehors de l'Amérique ». De plus, dans la chaîne de montagne Roraïma,
il a découvert des crânes et des squelettes humains présenant toutes le
caractéristiques de « l’homme de Cro-Magnon »: orbites de l'œil carrées,
pariétaux fortement développés et mâchoires puissantes.
DÉCOUVERTE DE MANUSCRITS GNOSTIQUES ET HERMÉTIQUES.
Au début de l'été dernier, fut annoncée la découverte, faite en Haute-.
Egypte, de manuscrits datant du 111° siècle, comportant plus de 1.000 pages.
rédigées en copte. On y trouve plusieurs évangiles apocryphes et cinq.
ouvrages attribués à Hermès Trismégiste. Il s’agit de la littérature à peu.
près complète de sectes griostiques sur lesquelles on ne possEes me Ies ne
réfutations des Pères de l'Eglise.
Cette découverte est donc d’une importance considérable, et il faut espére
avoir bientôt la traduction de ces textes miraculeusement tirés de l'ombre
après plus de 1500 ans. Ils peuvent, en effet, aiderà la restauration de cette.
gnose chrétienne qui constitue la véritable connaissance initiatique. ,
EN EGYPTE.
A Louksor se trouvent actuellement aux prises deux sortes de chercheu
d’une part, l’abbé Drioton, Directeur général des Antiquités Egyptien
auteur de ce Dictionnaire hiéroglyphique où j'ai trouvé le mot Krysf signifian
« le possesseur du secret »; d’autre part, MM. Schawler de Lubiez, aute :
de Le temple dans l’homme, et A. Varille.
Ces derniers prétendent trouver dans les constructions pharaoniques. "ee “
un ensemble de significations symboliques, et c’est ainsi que le temple«
Louksor serait, en “quelque sorte, une reproduction du corps humain, tandis
que les pierres existant dans les fondations auraient une valeur initiatique:
L'abbé Drioton déclare que ce sont là des théories fantaisistes. C'est assez
mon avis. J'ai eu entre les mains Le temple dans l’homme, et j’avoue.
avoir été convaincu. D'ailleurs, ce n’est pas là le véritable symbolisme
analogies, si elles existent, n’ont aucun rapport avec le symbolisme et enco
moins avec la symbolique.
LA TERRE N’EST PAS ENCORE ASSAGIE.
On signale qu’un séisme d’une rare violence a détruit récemment la ville,
de Cusco, au Pérou, ainsi que le temple du soleil datant des Incas q
trouvait à proximité. Nous avons ici un nouvel exemple de l’actio
force de répulsion contenue dans la matière que l’homme vient de ré ssi
capter pour des fins destructrices, “
D 0 )ATEANTE | (70
Symholisme
L Dans le numéro de juillet 1949 de la revue des Etudes (dites) tradition-
elles, M. René Guénon, qui se flatte, dans le numéro de janvier de la même
revue, de posséder le sens des symboles, alors qu’il nous dit que le swastika
t le signe du pôle (!), parle de l’octogone. Il nous apprend que l’octogone
ent le milieu entre le cercle et le carré (!) et représente, par suite, le monde
intermédiaire (?). Il constate, sans savoir pourquoi, que les baptistères sont
- octogonaux et s'étonne de l’expression « la rose » des vents, laquelle, en effet,
se rattache à l’octogone. Sa compréhension ne va pas plus loin.
Il ignore qu’il s’agit d’un des plus anciens et des plus universels symboles
concernant l’ennéade des manifestations démiurgiques (les huit lignes diver-
£ gentes avec le point central). Il ne voit pas son rapport avec la croix rouge
à huit pointes des Templiers et avec l’image du poulpe ou octopode qui
figurait en Pérou comme en Crète1.
IL ne voit pas le rapport qui existe entre le mot pulpe (ou poulpe) et le
:. ot latin Caro, que l’on trouve dans le Credo, où il est dit que « le Verbe
FRS est fait chair ».
6 Quant aux _baptistères, j'ai parlé déjà de la Tour des vents octogonale
la forme octogonale des baptistères chrétiens. Or, si les baptistères sont
togonaux, c’est que le baptême représente l’accession à la Connaissance de
2 de M. Guériff, de La Baule, la PÉCRERER d’une statue du
aissance qui a fait cette statue ? Que représente-t- -elle aux yeux des
dèles ? Pour nous, il y a là une association curieuse de la Vierge avec le
nbolisme de la rose des vents, et nous avons vu quels rapports peuvent
ALES
ans les prisons et les camps de concentration) ne doivent pas
illusion sur la sit uat ion de l'E gli se chr éti enn e dan s le mon de.
gravures de ce numéro,
180 ATLANTIS rs
En effet, d’après les documents fournis par des publications catholiques,
lorsque, le 28 juin 1949, eut lieu à Notre-Dame l’ordination de nouveaux
prêtres pour le diocèse de Paris, il n’y en eut que trois pour lé diocèse de
Meaux et aucun pour celui de Beauvais. Certains curés doivent desservir
jusqu’à dix paroisses.
PERSÉCUTIONS RELIGIEUSES.
En Mongolie, prêtres assassinés, chrétiens fusillés.
En Mandchourie, églises saccagées, messe interdite, prêtres fusillés.
En Chine, 31 trappistes massacrés, monastère brûlé, milliers de chrétiens
fusillés, milliers en prison, nombreux prêtres assassinés, missions, églises,
hôpitaux démolis,
En Yougoslavie, évêque en prison, ainsi que presque tout le clergé.
En Bulgarie et Pays Baltes, églises protestantes détruites, pasteurs
emprisonnés. Û
En Roumanie et en Ukraine, évêques en prison.
En Pologne, persécutions commencées, un évêque arrêté ainsi que cinq
cents prêtres.
En Hongrie, cardinal Mindszenty emprisonné, plusieurs jésuites et une
dizaine de curés arrêtés, trois députés catholiques emprisonnés.
LA TRADITION PERDUE.
Je me trouvais, il y a quelques mois, dans une église de Quimperlé
orientée rituellement avec le chœur à l’est. Il y avait là quelques vieilles
femmes en adoration devant l’ostensoir, image du soleil, rayonnant sur
l’autel. À ce moment, le soleil se couchait dans une apothéo$e de couleurs
et de lumière et ses adoratrices lui tournaient le dos.
SACRIFICES SANGLANTS DANS L'EGLISE ROMAINE.
On a lu dans les journaux du vendredi 19 mai 1950, à propos des fêtes
de « l'Année Sainte », à Rome :
Le Saint-Père dit la messe face à la foule; ensuite, ce fut l’offrande
d'oiseaux précieux. On tua des tourterelles bénies, puis les cardinaux
goûtèrent le vin avant que le Saint-Père de but, en souvenir du temps
où les papes mouraient empoisonnés.
Ce rite est un legs du judaïsme prescrivant de sacrifier des colombes lors.
de la présentation au temple du fils premier né (voir le numéro sur le
judaïsme). !
Or, le Christ est venu abolir les sacrifices sanglants !…
DE QUAND DATENT LES CRUCIFIX ?
Les premiers chrétiens figuraient le Christ sous l’image d’'Orphée. Dans ne
les basiliques byzantines il était représenté en majesté, comme à Daphni,
près Athènes.
Ce n’est que vers le vi* siècle que commencent quelques représentations
de crucifixion. A la fin de ce siècle, elles apparaissent à peine dans les.
églises.
ATLANTIS (81
DINER DU 20 MAI 1950.
Sous la présidence de M”*° Aurore Sand, petite-fille de George Sand, notre
diner du 20 mai fut particulièrement réussi. Il s’agissait de glorifier le compa-
gnonnage, cette chevalerie du peuple, auquel G. Sand a consacré un de ses
: uvrages sous le titre : Le compagnon du tour de France, auquel nous avons
nous-mêmes consacré le n° 123 d’Aflantis. Plusieurs compagnons, porteurs
e leurs « couleurs » distinctrices, étaient présents.
… M. Emile Ehlers, grand admirateur de George Sand, dans un discours
. plein de chaleur, parla éloquemment de George Sand et du compagnonnage.
La place manque malheureusement pour en publier le compte rendu qui a
été sténographié et pourra être consulté.
- Aurore Sand prononça quelques paroles émues de remerciement, et l’un
des représentants du compagnonnage parla de la vie de cette organisation
qui continue, en notre siècle prosaïque, le noble idéal des constructeurs de
cathédrales et des temples-palais de l’antiquité préchrétienne. Alors que l’on
ne nous parle que de droits et que la liberté existe de moins en moins,
ont-ils pas pour titre : Compagnons du devoir de la liberté ? Ce titre est
tout un programme qu’il suffirait d'appliquer pour réaliser une vie sociale
armonieuse dans l’ordre et la paix.
e dimanche 16 juillet, excursion à Nohant, avec Aurore Sand. Pour
riptions et tous renseignements, s'adresser à la Société George Sand,
rue Jean Ferrandi, Paris.
Questions et réponses
rquoi la femme, qui fut prêtresse chez les Gaulois, les Grecs et les
omains, ne l’est-élle pas dans le christianisme ?
réalité, en Grèce, la grande prêtresse d’Eleusis avait le premier rang
le sacerdoce; mais il n’en était pas de même chez les sémites, car la
e y était ravalée à un rang intermédiaire entre l’homme et l'animal
estique. I n’y avait donc pas de prêtresses. Or, l'Eglise de Rome s'étant
hée au judaïsme qu’elle prétend continuer, il est tout naturel qu’il n’y
s de femmes prêtresses dans notre christianisme.
TA. — Cette rubrique ayant fait l’objet de certaines critiques ne sera
De Poséidon à Iloannès
_ Le X X V ° a n n i v e r s a i r e d’ At la nt is
Le gérant : Paul Le Cour.
ns mprimerie Bière, 18, rue du Pe ug ue , Bo rd ea ux (F ra nc e) . N° 24 7 im pr .
5 Dépôt légal: 3° trimestre 1950.
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À la recherche d’un monde perdu, par P. LE COUR..... STE
L' Er e du Ve rs ea u: pa r P. /L E CO UR , 2 2 2 9 8 0 0
Manifestations posthumes, par P. LE COUR.............. see
L'Evangile ésotérique de saint Jean, par P. LE COUR LS AR Ne
(Ajouter 30 francs pour le port.) 4
Quand les sources chantent, par de JOUVENEL............ TS PA
Vers l'au-delà, par M. LEMOINE 0:10 ci CNE TAN
Qu'est-ce que la métapsychique ? par Fr. SAISSET............ "4
De l'utilité de la mort, par le Docteur RATTIER..............
Le Caodaisme, par Gab: GOBRON ::27 2 0e eee AT
La réincarnation, par le Docteur BERTHOLET................
(Port en sus.) s
Aftectueusernents par P: BASTAUX--2 200 PS RERO
Nous avons souvent attiré l’attention sur la nécessité, pour celui qui, veut
pénétrer dans les mystères du Verbe, d’avoir au moins des notions de gre
gogique de nos lycées et collèges.
Nous pouvons DLOCMSE ces cause us au moins les 23 premie
Revue Atlantis
Le n° 131 d’Aflantis contient la liste des numéros parus du n° 1;au Heu
la plupart sont épuisés et ne peuvent être consultés qu’à la Bibl
Nationale, au siège d'Aflantis ou à la Pignada d’Arès. ; &
Les n°° 102 à 120 (1942 à 1945) sont de modestes bulletins parts endant 14
l'occupation sans autorisation et en grande partie épuisés également. LÉ vd
Depuis ont paru les numéros suivants (vendus 50 francs): 121. L'Ouragar
(épuisé). — 122. Les vierges noires (épuisé). — 123. Le Compagnonnage
124. Le Maître de la terre. — 125. Rex mundi, — 126. Mens agitat Foi
130. Grands mystères. — ae Vingt années d'études atlantéennes. — 1
tères chrétiens. — 133. L’Ere atomique. — 134. Le cœur et lec
135. Evolution et fie — 136. Les îles saintes. — 137 à
recherche d’une doctrine :le brahmanisme, le bouddhisme, le.
l'islamisme, le judaïsme, le christianisme. — 143. Les Atlantes en
— 144. Solve et coagula. — 145, Celtisme et druidisme. — 148M
et Hyperborée. — 147. Deus absconditus.
Pour toute commande, indiquer seulement le numéro.
Utiliser le compte chèques postaux Atlantis 1159-91 Paris. .