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Télévision Par Câble: Distribution en Analogique Et Numérique

Le document traite de la télévision par câble, en abordant son histoire, sa structure générale, et les signaux analogiques et numériques. Il décrit les techniques de transmission, les dégradations des signaux, et l'introduction des signaux numériques dans les réseaux câblés. Enfin, il présente l'architecture des réseaux et les défis rencontrés dans le développement de la télédistribution en Europe.

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Télévision Par Câble: Distribution en Analogique Et Numérique

Le document traite de la télévision par câble, en abordant son histoire, sa structure générale, et les signaux analogiques et numériques. Il décrit les techniques de transmission, les dégradations des signaux, et l'introduction des signaux numériques dans les réseaux câblés. Enfin, il présente l'architecture des réseaux et les défis rencontrés dans le développement de la télédistribution en Europe.

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Télévision par câble

Distribution en analogique et numérique


par Pierre-Yves JÉZÉQUEL
Ingénieur ENSEEIHT
Responsable du laboratoire Introduction des canaux numériques dans les réseaux câblés
au Centre commun d’études de télédiffusion et télécommunications (CCETT)
et Mireille MATHIEU
Ingénieur de l’École supérieure d’électricité (ESE)
Ingénieur de recherche au sein du laboratoire Introduction des canaux numériques
dans les réseaux câblés au CCETT

1. Structure générale d’un réseau ........................................................... E 5 865 - 2


2. Signaux de télévision et multiplexage............................................... — 3
2.1 Signal de télévision analogique ................................................................. — 3
2.2 Signal de télévision numérique.................................................................. — 3
2.3 Multiplexage en fréquence ......................................................................... — 4
3. Techniques de transmission ................................................................. — 6
3.1 Supports de transmission........................................................................... — 6
3.2 Amplification large bande........................................................................... — 7
3.3 Autres matériels de transmission .............................................................. — 8
3.4 Matériels d’extrémité .................................................................................. — 9
4. Dégradations des signaux analogiques dans un réseau ............... — 10
4.1 Accumulation du bruit................................................................................. — 10
4.2 Accumulation des distorsions .................................................................... — 11
4.3 Autres sources de dégradation .................................................................. — 14
4.4 Cas des fibres optiques ............................................................................... — 15
5. Introduction de signaux numériques dans un réseau ................... — 16
5.1 Contraintes liées au numérique ................................................................. — 17
5.2 Contraintes liées à l’existant....................................................................... — 18
5.3 Règles d’introduction .................................................................................. — 18
6. Architecture des réseaux....................................................................... — 18
6.1 Structures de base....................................................................................... — 18
6.2 Réseaux en arbre ......................................................................................... — 18
6.3 Réseaux en étoile......................................................................................... — 19
6.4 Réseaux en arbre/étoile............................................................................... — 19
6.5 Réseaux en étoile/arbre ou réseaux HFC (Hybrid Fiber Coax ) ................ — 19
7. Conclusion ................................................................................................. — 19
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. E 5 865
8 - 1997

’origine de la télévision par câbles se confond avec celle de la télévision,


L puisqu’une des premières diffusions de programmes de télévision se fit en
1937 au Royaume-Uni, sur un réseau à paires symétriques installé initialement
pour la transmission de la radio.
Après la dernière guerre, au cours des années 50, la télévision par câbles, ou
E 5 865

télédistribution, se développa en Amérique du Nord – États-Unis et Canada –


pour prolonger les réseaux de radiodiffusion terrestre (émetteurs hertziens) qui
laissaient de nombreuses zones d’ombres.
Ensuite, au cours des années 70, ce fut leur capacité, 30 à 50 canaux, qui motiva
l’extension de leur installation aux États-Unis et permit le développement de
programmes spécifiques au câble.

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Au début, c’est pour mettre à la disposition du public des programmes radio-


diffusés frontaliers, qu’il n’aurait pas pu capter par une antenne sur le toit, que
les réseaux de câbles se développèrent en Europe, à partir de la fin des années 60,
essentiellement en Belgique et au Luxembourg, puis aux Pays-Bas, au Danemark
et en Autriche. Ensuite, le nombre et la qualité de réception des programmes
ainsi reçus entraîna la généralisation du câble dans ces pays, qui atteignent main-
tenant des taux de raccordement compris entre 60 et 90 % (par rapport au nombre
de foyers du pays).
Il fallut attendre le début des années 80 pour que de grands pays européens
– Allemagne, France, Royaume-Uni – se lancent dans la mise en œuvre de plans
de câblage importants. Parmi ces derniers, seule l’Allemagne a réussi à atteindre
au cours des années 80, et sous l’impulsion de la BundesPost, un taux de
raccordement important, de l’ordre de 30 %, ce qui correspond à 10,8 millions
de logements (au 31.07.92).
En France, après un démarrage catastrophique, on assiste depuis plusieurs
années à une progression lente mais régulière du nombre d’abonnés au câble.
On compte, en juin 1996, 1 400 743 abonnés pour 6 450 654 logements
commercialisables soit un taux de pénétration total de 31,36 % (d’après Avica).
Pourtant, la télédistribution est à l’ordre du jour dans notre pays depuis plus
de vingt ans :
— les premières antennes communautaires ont été installées dans l’Est à la
fin des années 60 (Montigny-les-Metz...) ;
— en 1973, le gouvernement Messmer avait lancé une première expérimen-
tation sur 7 villes pilotes (cf. § 1) ;
— cette expérience n’a pas été poursuivie par le gouvernement suivant, en
1974 et, à partir de 1976, les réseaux de câbles se sont presque exclusivement
développés sous forme de réseaux communautaires, soit pour résorber des
zones d’ombres, soit pour recevoir des programmes étrangers dans les zones
frontières. Télédiffusion de France (TDF) était chargée de la mise en œuvre exclu-
sive de ces réseaux ;
— depuis 1982, la volonté politique de développer les réseaux de télévision
par câbles existe, et des investissements considérables ont été engagés, de
l’ordre de 30 milliards de francs au total.
Malheureusement, un cadre réglementaire trop contraignant et peu réaliste,
et l’incohérence consistant à vouloir développer tous les supports audiovisuels
en même temps – réseaux de câbles, radiodiffusion terrestre et par satellites –
ont freiné le développement du câble.
Aujourd’hui, avec l’arrivée du numérique qui va permettre la multiplication du
nombre de programmes (plus de 200 chaînes !) et le développement de nouveaux
services [multidiffusion, paiement à la séance, vidéo à la demande (VOD)...] le
câble peut connaître un nouvel essor.

1. Structure générale ils sont ensuite traités par filtrage, alignement, modulation, multi-
plexage, pour pouvoir être transmis sur le réseau ;
d’un réseau — ces signaux sont ensuite « transportés » jusqu’aux zones à
desservir au moyen de lignes de transport, ou de transfert. Ces lignes
atteignent couramment plusieurs kilomètres, et peuvent aller
Un réseau de télédistribution est un réseau de diffusion : les jusqu’à 20 km ;
signaux émis depuis un point central, la tête de réseau, sont transmis — le réseau de distribution permet ensuite de répartir les signaux
à tous les usagers de la zone desservie, de façon simultanée et éga- le long de toutes les rues, et il passe devant tous les immeubles et
litaire, et ce sont ces derniers qui choisissent parmi tous les pro- logements susceptibles d’être raccordés.
grammes proposés. Dans ce sens, le terme de câblodiffusion, parfois Ces trois sous-ensembles, constituent le réseau structurant, qui
utilisé en Belgique ou au Canada, est plus proche de la fonction permet de « cercler » les abonnés :
technique d’un réseau. Entre la tête de réseau et les abonnés, les
réseaux de télévision par câbles sont conçus selon une structure hié- — le réseau de branchement, enfin, raccorde les terminaux de
rarchique (figure 1) : l’usager au réseau de distribution : c’est un réseau installé notam-
ment à l’intérieur des immeubles et des logements. Ce réseau peut
— la tête de réseau concentre et met en forme tous les signaux se réduire à une ligne de branchement si l’usager ne désire raccorder
distribués ; ces signaux sont soit reçus, soit produits localement ; qu’un seul récepteur à la fois.

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Le signal de TV numérique est défini à partir de la structure de


la couche système de la norme de codage d’images ISO MPEG-2.
Le flux de transport est formé de paquets de 188 octets (dont un
pour la synchronisation et trois pour le transport d’informations
concernant le flux utile) (figure 2). Ce flux peut contenir plusieurs
programmes.
Le codage et la modulation utilisés dépendent ensuite du support
utilisé. On ne décrira ici que la norme câble ETSI (ETS 300 429) issue
des recommandations DVB-C (Digital Video Broadcasting - Cable )
qui utilise une modulation de type MAQ (modulation d’amplitude
en quadrature). Le schéma blocs est donné (figure 3).
On effectue un brassage à l’aide d’une séquence pseudo-aléa-
toire sur 8 paquets de 188 octets consécutifs. L’octet de synchroni-
sation de chaque paquet n’est pas touché sauf tous les 8 où il est
inversé. Sur chaque paquet est ensuite appliqué un code de Reed-
Solomon raccourci (188,204). Le codage utilisé permet de ramener
le taux d’erreur binaire de 10 – 4 à un taux inférieur à 10 –11.
Un entrelacement convolutionnel de profondeur 12 suit. Il est
Figure 1 – Structure de principe d’un réseau de télévision par câbles
réalisé de manière à garder la structure en paquets de 204 octets,
les octets de synchronisation passent dans la branche sans délai
L’architecture du réseau de transport est toujours en arbre pour des raisons de synchronisation.
(architecture diffusante) ; celle des réseaux de distribution et de On procède ensuite à la conversion des octets en symboles de
branchement peut être en arbre ou en étoile. Nous reviendrons au la modulation (symboles de 6 bits pour la MAQ 64 par exemple).
paragraphe 4 sur l’architecture des réseaux.
Un codage différentiel (sur 2 bits de chaque symbole) est néces-
saire pour rendre la constellation invariante par rotation.
Avant la modulation MAQ proprement dite, les deux voies I et Q
2. Signaux de télévision à moduler en quadrature sont filtrées en racine de cosinus surélevé
(figure 4). Le même type de filtrage à la réception permet de garan-
et multiplexage tir le critère de Nyquist pour s’affranchir de l’IES (interférence entre
symboles).
La modulation peut être une modulation MAQ (modulation sur
2.1 Signal de télévision analogique deux voies I et Q en quadrature) à 16, 32, 64 états. La norme pré-
voit également l’extension à 128 ou 256 états. Pour l’instant, seules
On se bornera dans ce paragraphe à rappeler quelques caracté- les modulations MAQ 16 et 64 sont utilisées (figure 5).
ristiques du spectre d’un signal de télévision analogique essentielles
Le débit n’est pas spécifié dans la norme mais pour compatibilité
à la compréhension des paragraphes suivants. On pourra se reporter
avec la norme satellite, le même débit utile (en excluant le codage
à la référence [1], et à la norme NF C90-001, ou à l’article [E 6 448]
de Reed-Solomon) doit être utilisé. D’autre part, le débit brut doit
Télévision de ce traité si l’on désire plus de détails.
être cohérent avec les canaux de 8 MHz définis sur le câble
En bande de base, le signal de télévision analogique se présente (tableau 1) :
sous la forme d’un signal image, occupant une largeur de bande de 4 — largeur de bande occupée = débit symbole × (1 + roll-off ) ;
à 6 MHz, et d’un, voire de deux, signaux audio ayant une bande de — débit brut = débit symbole × nombre de symboles de la
15 kHz. modulation ;
D’autres signaux, tels que le D2MAC, utilisent un multiplexage — débit utile = débit brut × 188/204 (redondance due au code de
temporel entre l’image et le son, ce dernier étant codé sous forme Reed-Solomon). (0)
numérique. Dans ce cas, il n’y a qu’un seul signal en bande de
base, de largeur 8,4 MHz.
En radiofréquence, le signal de télévision se compose d’une por- Tableau 1 – Débits et largeur de bande
teuse vision, modulée en MA/BLR (modulation d’amplitude à bande en fonction de la modulation
latérale résiduelle), et d’une (ou deux) sous-porteuses son, ayant un
niveau de 10 à 16 dB plus faible, et modulée en amplitude (en France), Modulation Débit Débit brut Débit utile Largeur
ou en fréquence (ailleurs dans le monde). Le tout occupe un canal symbole de bande
ayant une largeur allant de 6 MHz [système M/NTSC (National Televi- (Mbaud) (Mbit/s) (Mbit/s) (MHz)
sion System Committee)] à 8 MHz [système L/SECAM (Sequentiel
à mémoire)]. MAQ 64 6,875 41,25 38 7,9
D’un point de vue spectral, l’énergie du signal est concentrée MAQ 16 6,875 26,75 24,19 7,9
à 95 % dans une bande de ± 250 kHz autour des porteuses vision et
son, ce qui conduit à simuler le canal de télévision en radiofréquence MAQ 64 6,9 41,4 38,15 7,935
par deux porteuses pures, ayant pour fréquences celles de l’image MAQ 16 6,9 27,6 25,43 7,935
et du son.

Le spectre d’un tel signal a, contrairement aux signaux de TV


2.2 Signal de télévision numérique analogique, une puissance répartie sur toute la largeur de bande
occupée (figure 6).
Contrairement aux signaux de TV analogiques, un signal de TV Un programme de TV est sur 3 à 5 ou 6 Mbit/s (dépendant de la
numérique est multiprogrammes. Il convient donc de bien distinguer qualité). Dans un canal, on peut donc passer de l’ordre de 4 à 8 pro-
le canal qui correspond au découpage en bande de 8 MHz (pour les grammes de qualité équivalente à du SECAM.
réseaux français) de son contenu qui peut être multiprogramme.

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Figure 2 – Structure du signal numérique

Figure 3 – Schéma-bloc du signal de TV numérique norme câble

Figure 4 – Schéma de principe de la modulation MAQ

Figure 6 – Allure du spectre d’un signal numérique

2.3 Multiplexage en fréquence


Pour transporter un grand nombre de canaux (jusqu’à 50 ou 60
canaux analogiques ou numériques), on utilise la technique du
multiplexage en fréquence : chaque canal (analogique ou numé-
rique) occupe un segment de fréquence défini (en France, la
largeur de ce segment pour les canaux SECAM/L ou numériques
est de 8 MHz), et les différents canaux sont placés en fréquence les
uns à la suite des autres (figure 7).
Dans les réseaux de télédistribution, les bandes de fréquences
transmises s’étendent de 47 MHz (limite inférieure de la bande) à
862 MHz ou même 1 750 MHz (limite supérieure de la bande) :
— depuis l’origine et jusqu’aux années 60, aux États-Unis, les
réseaux utilisaient une bande qui recouvrait les fréquences utilisées
en radiodiffusion terrestre de télévision, en VHF (Very High
Frequency ), soit les fréquences de 47 à 216 MHz ;
Figure 5 – Constellation de la MAQ 64

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Figure 7 – Principe du multiplexage


en fréquence

Figure 8 – Principe de constitution


d’un multiplex de canaux analogiques
et numériques

— ensuite, pendant les années 70, la limite supérieure de la bande bandes allant de 47 à 862 MHz, et les réseaux qui utilisent cette tech-
a été repoussée à 300, puis à 450 MHz, la demande en canaux aug- nique sont dits réseaux VHF + UHF. Ces réseaux sont mieux adaptés
mentant et la technologie des transistors s’améliorant. C’est avec aux récepteurs européens, mais ils ont une portée moindre que celle
cette technique que certains pays se sont câblés, ainsi la Belgique des « réseaux VHF » (cf. § 3.3) ;
ou l’Allemagne ; — tous ces réseaux transmettent des canaux de télévision modu-
— les bandes transmises dans ces réseaux, dits réseaux VHF, lés en MA /BLR ;
atteignent maintenant 550 ou 600 MHz, selon les constructeurs ; — il existe toutefois des réseaux transmettant la BIS (bande inter-
— d’autre part, en Europe, les récepteurs TV étaient également médiaire satellite) comprise entre 950 et 1 750 MHz en modulation
adaptés à la bande UHF (Ultra High Frequency : 470 à 862 MHz) ; de fréquence mais ceux-ci ont une portée très courte, de quelques
ainsi en était-il en France, aux Pays-Bas et en Autriche. Cela a conduit centaines de mètres.
à la mise au point d’équipements permettant la distribution de

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Ce sont plutôt des réseaux type antennes collectives que de véri- Le gain de ces amplificateurs est compris entre 20 et 30 dB, et on
tables réseaux câblés. peut en mettre jusqu’à 10 en cascade en VHF + UHF, et jusqu’à 20
Le multiplexage des canaux analogiques et numériques est obtenu en VHF (Des expériences ont même été menées avec 45 à 50 amplifi-
à l’aide d’une voie de traitement de canal qui enchaîne les cateurs en cascade à 300 MHz dans les années 70, mais cette tech-
opérations : nique de transfert est maintenant dépassée).
[Modulation FI (fréquence intermédiaire)] --> [Transposition en On arrive ainsi à des portées de 3 à 4 km en VHF + UHF, et de 10
fréquence] --> [Filtrage RF (radiofréquences)] (figure 8). à 12 km en VHF.
Les voies sont ensuite couplées pour former le multiplex
fréquentiel. 3.1.2 Paires symétriques

Ce fut, historiquement, le premier support de la télévision par


câbles. La paire symétrique est un support peu coûteux et peu
3. Techniques de transmission encombrant, très facile à poser et à raccorder. En contrepartie, sa
bande passante utilisable est très inférieure à celle des câbles
3.1 Supports de transmission coaxiaux.
En télédistribution, on utilise des câbles à paires de 4/10 pour
Trois supports de transmission sont utilisés dans les réseaux de des portées de 500 m, de 6/10 pour 1 000 m, et de 8/10 pour
télévision par câbles : les câbles coaxiaux, les fibres optiques et les 1 500 m ; l’isolation est au polyéthylène, et, pour des longueurs de
paires symétriques. transmission supérieures à 500 m, ou situées en milieu radio-
électriquement perturbé, on est conduit à utiliser des paires blin-
dées individuellement.
3.1.1 Câbles coaxiaux

Les câbles coaxiaux constituent le support le plus répandu dans


les réseaux de télédistribution. La norme UTE C 90-130 fournie la
description et les spécifications des câbles utilisés. Le tableau 2
donne les caractéristiques principales de quelques câbles représen-
tatifs. On voit que leur diamètre s’étage de 8 à 20 mm environ, et
que leur affaiblissement varie en fonction de la fréquence, selon une
loi proportionnelle à f pour les fréquences considérées. À 800 MHz
cet affaiblissement est compris entre 4 et 25 dB/ hm.
La transmission sur un tel support, pour compenser l’affaiblis-
sement des câbles, implique donc de régénérer le signal périodi-
quement à l’aide d’amplificateurs large bande (cf. § 3.4), implantés
en cascade à des intervalles compris entre 300 m, pour les réseaux Figure 9 – Principe de la mise en cascade d’amplificateurs
de distribution VHF + UHF, et 600 à 700 m pour les réseaux de et de sections de câble dans la transmission sur câbles coaxiaux
transfert VHF (figure 9).
(0)

Tableau 2 – Caractéristiques électriques de quelques câbles coaxiaux représentatifs


Type de câble (75 )
Caractéristiques
Transfert Distribution Branchement Intérieur
Constitution Polyéthylène noir Polyéthylène noir Polyéthylène noir PVC blanc
Gaine extérieure
Diamètre (mm) 20,5 10 9,5 7,5

Conducteur extérieur Constitution Ruban cuivre Ruban cuivre Ruban + tresse cuivre Ruban + tresse cuivre
e = 0,2 mm e = 0,1 mm
Constitution Polyéthylène aéré Polyéthylène aéré Polyéthylène plein Polyéthylène plein
Diélectrique
Diamètre (mm) 16 6,9 6,7 4,7
Constitution Cuivre Cuivre Acier cuivré Cuivre
Conducteur intérieur
Diamètre (mm) 4,1 1,7 1 0,75
10 MHz 0,45 1,1 1 0,75
100 MHz 1,6 3,6 5,6 8,1
200 MHz 2,2 5,1 8,2 11,8
Affaiblissement
linéique 300 MHz 2,8 6,3 10,4 14,6
en dB/100 m à
600 MHz 4 9 15,3 21,4
862 MHz 4,9 11 19 26,2
1 750 MHz 8 16,2 31,5 41

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La capacité de transmission d’une paire est limitée à un canal de


télévision, vidéo en bande de base, et sous-porteuses sons modu-
lés en fréquence à 6,5 et 6,75 MHz. Cela oblige à installer des
câbles multipaires pour distribuer plusieurs canaux, et à adopter
un réseau de branchement commuté et en étoile (cf. § 6).
L’amplification utilise des amplificateurs différentiels vidéo, avec
un émetteur et un récepteur ; il n’y a pas d’amplification en ligne.
La sélection d’un canal parmi N fait appel à des matrices de commu-
tation vidéo.

Figure 10 – Principales fonctions d’un amplificateur


3.1.3 Fibres optiques coaxial large bande

On se reportera aux articles spécialisés de cet ouvrage pour ce


qui concerne les techniques de transmission par fibres optiques [3].
Pour la télévision par câbles, il faut distinguer les fibres optiques
multimodes et monomodes.
Les fibres optiques multimodes ont été utilisées lors de la construc-
tion des premiers réseaux câblés (réseau 1G ou 0G de France
Télécom).
Le développement des lasers à grande linéarité en parallèle au
développement de fibres optiques monomodes de grande qualité
ont rendu caduque l’utilisation des fibres multimodes.
Aujourd’hui, l’utilisation de lasers DFB d’une puissance comprise
entre 6 et 16 mW conjointement à la fibre monomode (type G 652)
permet des bilans optiques de 6 à 14 dB.
Malgré un relatif faible bilan, les performances des fibres optiques
sont telles que cela permet des liaisons de 10 à 20 km. On obtient,
en effet, un affaiblissement de 0,45 dB/ km à 1 300 nm, et de
0,35 dB/km à 1 550 nm pour une fibre câblée, épissurée, munie de
ses connecteurs, y compris les marges nécessaires aux réparations.
Cela représente deux ordres de grandeur de mieux que le câble
coaxial !

3.2 Amplification large bande


3.2.1 Amplification coaxiale
Outre les fonctions de protection mécanique et d’alimentation,
les amplificateurs large bande coaxiaux comprennent les fonctions
principales suivantes (figure 10) :
Figure 11 – Égaliseurs de câble en T ponté
— les cellules d’atténuation et d’égalisation, en partie enfichables,
en partie réglables, qui permettent d’ajuster la réponse de l’ampli-
ficateur de manière qu’il compense au mieux (on obtient couram-
ment ± 0,3 dB) la perte de la section de câble qui le précède. Les Un autre groupe issu de DVB (DVB-RC pour return channel ) tente
atténuateurs sont réalisés de manière classique en T ou en Π. Les de définir plus précisément les caractéristiques de cette voie de
égaliseurs utilisent des cellules en T ponté d’ordre 1 ou 2 (figure 11) ; retour et de les normaliser.
— le préamplificateur à faible bruit, et amplificateur de sortie à Il existe encore d’autres fonctions dans les amplificateurs
faible distorsion. Ces amplificateurs se présentent sous forme de coaxiaux : prises test, protections contre les surtensions,
modules hybrides, et sont réalisés à partir d’étages d’amplification « formeurs » de réponse amplitude/fréquence, sorties dérivées. On
à transistors bipolaires RF avec contre-réaction, souvent montés en aboutit ainsi au schéma plus complet de la figure 12.
push-pull pour réduire les distorsions d’ordre 2 ;
— les atténuateurs et égaliseurs variables permettent de compen-
ser les variations d’affaiblissement des câbles en fonction de la tem- 3.2.2 Amplification optique
pérature (0,2 % par oC) ; ils sont commandés à partir de deux
fréquences pilotes situées dans les parties inférieure et supérieure Les amplificateurs optiques développés pour la télévision par
de la bande transmise (pilote bas et pilote haut respectivement) ; câbles (ils sont également utilisables en transmissions numériques)
— les amplificateurs 47-862 MHz, ou 47-1750 MHz, amplifient sou- s’apparentent aux amplificateurs paramétriques (figure 13). De
vent une telle bande en deux modules : on trouve donc deux voies l’énergie en provenance d’un laser de longueur d’onde λ1 , jouant
d’amplification en parallèle, séparées par des filtres diplexeurs à le rôle d’oscillateur de pompage, est transférée au signal à amplifier,
l’entrée et à la sortie ; de longueur d’onde λ 0 , en traversant une fibre optique dopée à
— les amplificateurs de réseaux importants comportent souvent l’erbium ou au néodyme, agissant comme milieu non-linéaire. Des
un module dit de voie de retour, qui permet de remonter des infor- isolateurs optiques sont ajoutés sur la fibre principale, de manière
mations depuis les usagers vers la tête de réseau, dans la bande à supprimer les réflexions optiques, sources de réactions, et à dimi-
10-30 MHz (ou 5-55 MHz voie de retour étendue). Cette voie de retour nuer le bruit du système [4].
est séparée de la voie descendante par des filtres diplexeurs. Cette
voie de retour peu utilisée jusqu’ici est en plein essor aujourd’hui.

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Figure 12 – Schéma fonctionnel d’un amplificateur de ligne coaxial

3.3 Autres matériels de transmission


Outre les câbles et les amplificateurs, ou utilise également des déri-
vateurs et des répartiteurs dans les réseaux de télévision par câbles.
Ces fonctions existent aussi bien pour le coaxial que pour la fibre
optique, les techniques utilisées pour leur réalisation étant bien
entendu différentes. Il faut aussi mentionner les prises de sortie et
les terminaux.

3.3.1 Répartiteurs et dérivateurs coaxiaux

Les répartiteurs et les dérivateurs utilisés dans les réseaux


coaxiaux sont des organes passifs qui utilisent, dans la plupart des
cas, des transformateurs RF bobinés sur des noyaux de ferrites.
Une autre technique utilise des lignes de transmission microruban
Figure 13 – Schéma de principe d’un amplificateur optique couplées en mode TEM (transverse électrique magnétique) : la lon-
à fibre dopée à 1 550 nm gueur de couplage est égale à un quart de longueur d’onde à 660 MHz
et, si C est le coefficient de couplage à cette fréquence et q la longueur
Les longueurs d’onde λ 0 et λ1 ne sont pas quelconques : électrique des lignes couplées en regard, la puissance couplée à la
sortie est [5] :
si λ 0 = 1 300 nm --> λ1 = 795 nm Ps C 2 sin 2 q
et si λ 0 = 1 550 nm --> λ1 = 1 480 nm ------- = ------------------------------------
-
Pe 1 – C 2 cos 2 q
Les gains obtenus vont de 15 à 25 dB, et les puissances optiques
de saturation de 10 à 15 dBm (décibels par rapport à un milliwatt). Cette puissance est presque constante (à 0,5 dB près) entre 470
De telles performances servent à répartir le signal vers plusieurs et 860 MHz, puis elle décroît avec les fréquences décroissantes, ce
récepteurs, permettant d’adopter une structure arborescente (cf. § 6) qui permet de compenser dans une certaine mesure l’affaiblis-
potentiellement plus économique. sement des câbles coaxiaux en aval. Ces dérivateurs sont dits déri-
vateurs à pente.
La technique des amplificateurs optiques reste cependant trop
récente pour que l’on maîtrise complètement son utilisation : l’uni-
formité des performances en production industrielle pose encore des
problèmes.

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Le répartiteur répartit le signal, comme son nom l’indique, entre 3.4 Matériels d’extrémité
plusieurs lignes d’importances équivalentes. Il est utilisé dans les
réseaux de transfert et de distribution, et comprend deux, trois, ou
quatre sorties. Sa réalisation est basée sur l’utilisation d’un trans- Dans les matériels d’extrémités placés chez l’usager, on trouve
formateur différentiel (figure 14). les prises de sortie, et les terminaux d’adaptation.
Le dérivateur est principalement utilisé pour les branchements ; (0)
il prélève une faible partie (– 15 à – 30 dB) du signal de la ligne
principale. Il comprend une entrée, une sortie principale, et de une
à huit sorties dérivées, ou couplées. Ses principales qualités
doivent être :
Tableau 3 – Performances obtenues avec des coupleurs
à fibres optiques pour réseaux de TV par câbles
— un affaiblissement de passage aussi faible et régulier que
possible (± 0,5 dB constitue une bonne valeur) : il peut y en avoir Nombre d’accès 1+2 1+4 1+8
plusieurs en cascade, dont les pertes s’additionnent. Cet affaiblis-
sement dépend, bien entendu, du nombre de sorties et de leur Atténuation 4 dB 9 dB 14 dB
degré de couplage, mais également de la qualité de sa réalisation, entrée 1/sorties
et du choix des ferrites ; 2 à n entrée 3,5 dB 7 dB 10,5 dB
— un affaiblissement entre sorties dérivées aussi élevé que pos- 2 à n /sortie 1
sible (on obtient de 30 à 40 dB pour un couplage de – 15 dB) : une
perturbation provenant d’un usager ne doit pas se retrouver chez Directivité
les autres utilisateurs, et encore moins dans le réseau ; entrée 2 à n/
40 dB
— une bonne adaptation d’impédance sur ses accès, les désa- sortie 2 à n
daptations provoquant des distorsions amplitude/fréquence et des (accès 1 adapté)
échos (cf. § 5). L’affaiblissement de réflexion peut varier de – 20 dB
à 47 MHz, jusqu’à – 14 dB à 860 MHz et – 10 dB à 1 750 MHz.
La réalisation des dérivateurs fait appel à des coupleurs directifs
en cascade, eux-mêmes réalisés à partir de deux transformateurs
interconnectés (figure 14). Les deux rapports de transformation
permettent d’ajuster les caractéristiques du coupleur directif, et par
là-même, du dérivateur.
On trouve également des dérivateurs réalisés à partir d’un seul
coupleur directif sur la ligne principale, suivi d’un répartiteur à 2, 4
ou 8 directions, en cascade sur la sortie couplée. De tels dérivateurs
ont un affaiblissement de passage plus faible, mais une isolation
entre sorties dérivées également plus faible.

3.3.2 Répartiteurs et dérivateurs à fibres optiques

■ Fabrication des coupleurs élémentaires en Y (1 + 2 accès)


— des fibres biseautées sont obtenues par polissage ; l’angle de
polissage est très faible et l’extrémité de chaque fibre est plus ou
moins réduite en fonction du couplage désiré ;
— deux fibres biseautées complémentaires sont placées l’une
contre l’autre et alignées en face d’une troisième préalablement frac-
turée en extrémité, dans la rainure déformable d’un centreur en
élastomère ;
— ces trois fibres sont solidarisées par polymérisation d’une
résine aux ultraviolets, à travers une lamelle de verre ;
— la résine n’adhérant pas au matériau élastomère du centreur,
l’ensemble lamelle de verre et fibres est aisément démoulé.
Cet ensemble constitue le coupleur élémentaire.
Le coupleur/dérivateur à 1 + 2 accès est obtenu par collage dans
un berceau en métal inoxydable. Les fibres d’entrées/sorties sont
protégées par un souplisseau solidarisé au berceau par sertissage.
■ Fabrication de coupleurs à 4 ou 8 sorties
Ils sont réalisés par la mise en cascade de plusieurs coupleurs
élémentaires.
Le tableau 3 résume les valeurs typiques obtenues pour des cou-
pleurs utilisés en réseau de télévision par câbles. Figure 14 – Schéma de principe des répartiteurs
et des coupleurs directifs pour dérivateurs

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3.4.1 Prises de sorties Considérons un quadripôle amplificateur alimenté par un géné-


rateur d’impédance interne R. Soit B th la puissance de bruit dispo-
Les sorties de réseaux se trouvant chez les usagers sont maté- nible à ses bornes :
rialisées par des prises encastrables dans le mur, et qui séparent B th = kTWR
les signaux de télévision des autres signaux sur deux connecteurs avec k constante de Boltzmann (1,374 × 10–23 J/K),
différents. On en trouve de deux types dans les réseaux coaxiaux :
T (K) température,
— les prises TV/MF classiques, constituées par un diplexeur
passe-bande/coupe-bande, séparant la bande radio MF, entre 87,5 W (Hz) bande passante,
et 108 MHz, de la télévision, entre 47 et 68 MHz d’une part, et entre R (Ω ) résistance interne de la source ;
120 et 860 MHz d’autre part ; — si l’amplificateur n’était pas bruyant, on aurait, à sa sortie, la
— les prises TV/numériques, pour grands réseaux, comprenant puissance de bruit disponible :
un diplexeur passe-bas/passe-haut, séparant d’un côté les signaux
de fréquence inférieure à 108 MHz (radio MF, voies de retour numé- B = GB th
riques), et de l’autre, les signaux TV compris entre 120 et 862 MHz,
ou 120 et 1 750 MHz. — l’amplificateur ayant un facteur de bruit F, cette puissance est,
en fait :
Dans les réseaux 1G, ces prises assurent la fonction de réception
optique, et elles amplifient le signal pour l’envoyer sur un câble Bs = FG B th = GB th + (F – 1) GB th
coaxial de distribution à l’intérieur du logement.
(F – 1) GB th peut donc être considéré comme la contribution au
bruit de l’amplificateur.
3.4.2 Terminaux Ainsi, si, à l’entrée d’un amplificateur, le générateur injecte une
puissance de bruit disponible Be , on aura à la sortie :
Ils dépendent du type de réseaux, et des services proposés ; on
Bs = GBe + (F – 1) GB th
peut citer :
— les sélecteurs de programmes, qui permettent d’adapter les Appliquons ces considérations à une cascade d’amplificateurs et
anciens récepteurs TV aux réseaux. Ces sélecteurs comportent de sections de câbles, supposés identiques (figure 15) et commen-
essentiellement un syntoniseur MA/BLR à accord continu entre 120 çant par une section de câble ; on aura, en appelant Be le bruit dis-
et 862 MHz, et ayant des performances suffisantes en sélectivité et ponible à l’entrée de cette cascade :
en intermodulation à large bande pour sélectionner et démoduler — à l’entrée du premier amplificateur :
un programme parmi 50 ou 60 canaux présents à son entrée ;
— à ces sélecteurs peuvent être associés des décodeurs pour sys- Be
+ B th  1 – ------
1
tèmes à contrôle d’accès, tels que le VISIOPASS de France Télécom, B e1 = -------
G G
ou les décodeurs de Canal+ ;
— les terminaux numériques qui effectuent les fonctions inverses — à la sortie du premier amplificateur :
du modulateur numérique (démodulation, démultiplexage, déco-
dage MPEG-2) avant d’envoyer au téléviseur via la prise péritel la Bs1 = GBe1 + (F – 1) GB th = Be + (FG – 1) B t
vidéo et le son du programme sélectionné.
— à l’entrée du n e amplificateur :
Be n
B en = ------- + ( n – 1 ) F + 1 – ----- B th
G G
4. Dégradations des signaux
— à la sortie du n e amplificateur :
analogiques dans un réseau Bsn = Be + n (FG – 1) B th
et la contribution au bruit de la cascade est :
Le bruit et les distorsions sont les deux types de dégradations qui
interviennent pour limiter les structures d’un réseau de télévision (Bs)n = n (FG – 1) B th ≈ nFG B th étant donné les ordres de gran-
par câbles. Pour l’étude détaillée de ces phénomènes, on se limitera deur de F (8 à 10) et de G (100 à 1 000) soit, en décibels :
ici au cas des réseaux coaxiaux. Pour les fibres optiques, on retrou- 10 lg (Bs)n = B th + F + G + 10 lg n
vera, aux formules de calcul près, les mêmes problèmes.
F, G et B th sont exprimés en dB.
Les valeurs de B th pour différents systèmes de télévision sont
4.1 Accumulation du bruit données ci-après : (0)

Considérons la cascade d’amplificateurs de la figure 9 : pour toute Système 1 MHz L/SECAM B-G/PAL M/NTSC D2MAC
fréquence comprise à l’intérieur de la bande transmise, l’amplifica-
B th (dBµV/75 Ω) (1) – 5,25 2,22 1,52 – 0,03 4,30
teur compense exactement l’affaiblissement de la section de câble
qui le précède. Soit G le gain de cet amplificateur ; le gain de la sec- (1) 0 dB µV/75 Ω = – 108,75 dBm
tion de câble est donc égal à 1/G.
Mais chaque amplificateur, en restaurant le niveau du signal, lui Le rapport signal à bruit, quant à lui, est donc égal à :
ajoute également du bruit ; il est donc nécessaire de calculer l’aug-
mentation du bruit le long de la cascade, et la diminution du rapport S
10 lg ---------------- = S – B th – F – G – 10 lg n
signal à bruit (S /B ). ( Bs )n
Soit F le facteur de bruit de l’amplificateur, défini comme le sup-
plément de bruit par rapport au bruit amplifié, quand il n’y a qu’une Or, pour conserver une qualité satisfaisante au signal, il faut res-
source de bruit thermique à l’entrée. pecter, notamment, une certaine valeur minimale du rapport signal
à bruit (45 dB pour les systèmes L et B, G ; 42 dB pour le M et le

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On considère généralement que les ordres supérieurs à 3 sont


négligeables, d’où :
3
S (t) = ∑ Kn e n ( t ) = K1 e ( t ) + K2 e 2 ( t ) + K3 e 3 ( t )
n=1

K1 , K 2 , K 3 étant des coefficients correspondant à :


Figure 15 – Bruit dans une cascade d’amplificateurs — K1 gain ;
— K 2 coefficient non linéaire d’ordre 2 ;
— K 3 coefficient non linéaire d’ordre 3.
D2MAC). Pour ce faire, on est obligé d’augmenter le niveau du signal Cette modélisation a l’avantage d’être simple, ce qui permet
à la sortie des amplificateurs à mesure que l’on augmente la taille d’effectuer rapidement des calculs d’ingénierie.
de la cascade. Mais sa faiblesse est aussi sa simplicité, en effet, si pour le gain
Si une ligne, dans un réseau, est composée de plusieurs types on peut considérer K1 comme pratiquement constant ; pour un
d’amplificateurs, on la découpera en tronçons homogènes, dont les amplificateur (ou une diode laser) l’ordre 2 et l’ordre 3 ne sont pas
bruits seront additionnés en utilisant la formule générale : des valeurs constantes mais dépendent des fréquences.
(Bs)n = Be + nFGB th Il devient alors nécessaire de pouvoir modéliser ces variations
des coefficients K 2 et K 3 .
Exemple : soit un réseau composé de deux types d’amplificateurs : La méthode utilisée s’appuie sur les séries de Volterra [9].
— dans les lignes de transfert, 20 amplificateurs avec : Si x (t ) et y (t ) représentent respectivement l’entrée et la sortie
Gt = 22 dB = 158,5 d’un filtre non linéaire, les séries de Volterra permettent de décrire
les réponses d’ordre n de cet élément :
Ft = 9 dB = 7,9

— dans les lignes de distribution, 5 amplificateurs avec : y (t ) = ∑ yn ( t ) (1)
Gt = 28 dB = 631 n=1

 
n
Ft = 8 dB = 6,3
et yn ( t ) = … k n ( θ 1 , …, θ n ) ∏ x ( t – θ i ) d θ (2)
Raisonnons dans le cas d’un canal L / SECAM (B th = 2,22 dBµ V   i=1
= 1,67) :
— à la sortie de la ligne de transfert, on a : avec K n (θ 1 , ..., θn ) pour 1  n  ∞ noyaux de Volterra d’ordre n.
Pour obtenir la réponse y (t ) d’un élément non linéaire à une
Bst = 1,67 + 20 × 7,9 × 158,5 × 1,67 = 41 822,8 attaque x (t ), il faut tout d’abord calculer les réponses impulsion-
— à l’entrée de la ligne de distribution : nelles d’ordre 1 à n de ce quadripôle puis revenir aux expressions (2)
et (1) pour calculer par intégration les yn (t ) et enfin y (t ).
Gd 631
B ed = 4 B st × ------- = 41 822,8 × ---------------
158,5
≈ 166 500 En pratique, il est souvent plus simple de suivre le même raison-
nement dans le domaine fréquentiel.
Gt
La transformée de Fourier de la réponse impulsionnelle d’ordre
et à sa sortie : n se calcule suivant :
Bsd = 166 500 + 5 × 6,3 × 631 × 1,67 = 199 693 = 53 dBµV
Pour respecter un rapport signal sur bruit de 45 dB, le niveau du K n ( f 1 , …f n ) =   … k n ( θ 1 , …, θ n )e –2 π j ( f1 θ1 + … + fn θn ) d θ 1 , … , d θ n
signal à la sortie des amplificateurs de distribution doit donc être au  
moins égal à : 53 + 45 = 98 dBµV ; il est donc égal à 92 dBµV pour les
La transformation de Fourier transforme les noyaux k n (θ 1 , ... θn ),
amplificateurs de transfert, et le rapport signal à bruit à la sortie de ces
exprimés dans le domaine temporel, en noyaux K n (f 1 , ... fn ), expri-
derniers est égal à :
més dans le domaine fréquentiel, clairement dépendants des fré-
 ----
S quences composant le signal d’attaque.
= 92 – 10 lg 41 822,8 = 45,8 dB
B  t Remarque : si les noyaux de Volterra K n (f 1 , ... fn ) exprimés dans le domaine fréquen-
tiel, sont indépendants de la fréquence, on a alors :

yn (t ) = kn x n (t )

4.2 Accumulation des distorsions d’où : y ( t ) = ∑ kn x n ( t )
n=1

4.2.1 Distorsion à large bande On retrouve alors le développement classique suivant les séries de Taylor.
dans un amplificateur (ou diode laser) ■ Dénombrement des battements non linéaires
Classiquement, on modélise la réponse d’un élément non linéaire Usuellement, dans le domaine des vidéocom, les non linéarités
par un développement en série de Taylor du type : d’ordre supérieur à 3 sont négligées si l’élément considéré travaille
dans une plage de fonctionnement normal.

S (t) = ∑ Kn e n ( t ) 3

n=1
y (t ) = ∑ yn ( t ) = y1 ( t ) + y2 ( t ) + y3 ( t )
n=1

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avec : y 1 ( t ) =  k 1 ( θ 1 ) x ( t – θ 1 ) dθ 1 ■ Pour simplifier les expressions, on note :


 — pour l’ordre 2 :

y2 ( t ) =  k 2 ( θ 1 , θ 2 ) x ( t – θ 1 ) x ( t – θ 2 ) d θ 1 dθ 2
• à la fréquence f i + f j :
K2 (f i , f j ) = K2 (f i + f j )
 
• à la fréquence f i – f j :
y3 ( t ) =  k3 ( θ1 , θ2 , θ3 ) x ( t – θ1 ) K 2 (f i , f j ) = K 2 (f i – f j )
  
x ( t – θ 2 ) x ( t – θ 3 ) dθ 1 d θ 2 dθ 3 — pour l’ordre 3 :
• à la fréquence f i ± f j ± f k :
Le premier terme y1 (t ) est la réponse linéaire de l’élément consi- K3 (f i , f j , f k ) = K 3 (f i ± f j ± f k )
déré. Le deuxième et le troisième terme sont les réponses non
linéaires respectivement de deuxième et troisième ordre. • à la fréquence 2f i ± f j :
On va simuler, ce qui est expérimentalement justifié, le multiplex K 3 (2 f i , f j ) = K 3 (2 f i ± f j )
de canaux TV par un ensemble de porteuses sinusoïdales de
fréquence f 1 , f 2 , ... fN ayant une tension A 1 , A 2 , ..., A N en valeur ■ La connaissance des fonctions K 1 (f i ), K 2 (f i , f j ) et K 3 (f i , f j , f k )
efficace, soit : permet de définir ainsi de manière précise la réponse de notre
élément non linéaire.
n
x (t ) = ∑ 2 A i cos ( 2 π f i t + α i ) ■ Cette modélisation beaucoup plus précise que le développement
i=1 en série de Taylor nécessite toutefois des calculs beaucoup plus
complexes et impose en pratique l’utilisation d’un logiciel de calcul
avec n nombre total de porteuses, couplé à un banc de mesures. Pour plus d’informations, on se repor-
fi fréquence de la porteuse, tera aux articles techniques référencés [6] [7].
Ai amplitude efficace, ■ L’approche simplifiée (K 1 , K 2 et K 3 constants) permet d’effectuer
ai référence de phase de la porteuse. Afin de rendre des calculs rapides avec des valeurs garanties (ou typiques) four-
compte de l’indépendance des phases des différentes porteuses, nies par le constructeur du matériel.
on considère que l’ensemble des ai forme une famille de variables Les coefficients K2 et K 3 sont déterminés, en module à partir des
aléatoires indépendantes de loi uniforme sur [0,2π]. rapports signal à intermodulation d’ordre 2 et 3, S/IM 2 et S/IM 3 :
D’après les formules précédentes, on obtient alors les dénom- S S
brements donnés dans le tableau 4. (0) ---------- = -----------------------------
IM 2 2 K2 Ai Aj

Tableau 4 – Dénombrement des battements Le niveau des porteuses étant supposé identique,
d’intermodulations
S
A i = A j = ------
Nombre K1
Intermodulations Fréquence Amplitude efficace
de raies S S
d’où ---------- = --------------------------
1er ordre IM 2 S2
2 K 2 ------2-
Amplification K1
linéaire fi K1 (f i ) Ai n
2
K1
2e ordre et K 2 = -------------------------------------
2 S ( S ⁄ IM 2 )
Composantes 2 2
continues 0 -------- K 2 ( 0 ) A i n ou, en dB :
2
20 lg (K2) = 2 K1(dB) – (S/IM2)dB – (SdBµV – 120) – 10 lg2
Harmoniques 2 2
d’ordre 2 2 fi -------- K 2 ( 2 f i ) A i n De même pour l’ordre 3 à partir des formules du tableau 4 on a :
2
3
Battements K1
d’ordre 2 fi ± fj 2 K2 ( fi ± fj ) Ai , Aj n(n – 1) S S
---------- = ------------------------------- = -------------------
-
IM 3 3 K3 Ai Aj Ak 3 K3 S 2
3e ordre 3
K1
Harmoniques 1 3 d’où : K 3 = ------------------------------------
-
3 fi ---- K 3 ( f i ) A i n 3 S ( S ⁄ IM 3 )
2
d’ordre 3 2

3 3 ou, en dB :
Automodulation fi ---- K 3 ( f i ) A i n
2 20 lg (K3) = 3 K1(dB) – (S/IM3)dB – 2 (SdBµV – 120) – 20 lg3
n Dans un plan de fréquences où les porteuses sont régulièrement

2
3 Ai K 3 ( f i – 2f i ) A j espacées, les battements produits par les distorsions s’accumulent
Transmodulation fi n
j = 1 donc à certains endroits du spectre. En fait, comme la fréquence des
j≠i porteuses est définie et stable à environ ± 10 kHz près, les battements
s’accumulent par petits « tas », larges de ± 30 kHz (figure 16) ; leur
Composantes 3 2
2 fi ± fj ---- K 3 ( 2f i ± f j ) A i A j 2n(n – 1) effet sur le canal TV est le même que celui produit par un bruit à
d’intermodulation 2 bande étroite, et la grandeur pertinente pour évaluer cet effet est
le rapport signal à intermodulation, défini comme le rapport entre
2/3
Battements triples fi ± fj ± fk 3 K3 (fi ± fj ± f k ) Ai Aj AK n(n – 1) la puissance du signal en crête de modulation à la puissance du
(n – 2)

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« bruit de battement » intégrée dans une bande de 30 kHz. On dis-


tingue le rapport (S / Σ IM 3), appelée CTB (Composite Triple Beat ),
et le rapport (S / Σ IM2) appelée CSO (Composite Second Order ).

4.2.2 Composition des distorsions


dans une cascade d’amplificateurs

D’une manière analogue à ce qui se passe pour le bruit, les


distorsions vont s’accumuler le long d’une cascade d’amplificateurs,
chacun d’eux apportant sa contribution. Pour déterminer les lois
d’accumulation de ces distorsions, considérons ce qui se passe dans
une cascade : l’ensemble (signaux + battements) produit par le
premier amplificateur va être présent à l’entrée du second, où les
mêmes signaux vont produire des battements qui vont tomber aux
mêmes fréquences que ceux dus au premier amplificateur ; ces
battements vont donc se composer vectoriellement suivant leurs
phases respectives.
Soit trois signaux à trois fréquences f 1 , f 2 , f 3 d’amplitude unité
pour simplifier l’écriture :
cos ω 1t ; cos ω 2t ; cos ω 3 t avec ωi = 2 πf i Figure 16 – Accumulation de l’intermodulation dans un canal TV

Considérons, par exemple, le battement d’ordre 2 du type f 1 + f 2 ,


et le battement triple f 1 + f 2 – f 3 .
Dans ce cas l’amplitude du battement est multipliée par
■ À la sortie du premier amplificateur, on va trouver les signaux : 1
2 cos ---- ( j 1 + j 2 – j 3 + j 1 + 2 – 3 ) .
cos [ω 1t + j 1(f 1)] 2
On trouverait des formules du même type pour les autres sortes
cos [ω 2t + j 2(f 2)]
de battement. La composition des battements le long d’une cas-
cos [ω 3t + j 3(f 3 )] cade dépend donc de la loi phase/fréquence des amplificateurs
considérés.
cos [(ω 1 + ω 2) t + f 12 (f 1 , f2)] Dans le cas d’un amplificateur large bande, cette loi de phase est
et cos [(ω 1 + ω 2 – ω 3 ) t + f 123 (f 1 , f2 , f 3 )] sensiblement de la forme :
j = ωt + j0
(on note j (f ) le déphasage de l’ordre 1, f ij (f i , fj ) le déphasage de
l’ordre 2, et f ijk (fi , fj , fk ) le déphasage de l’ordre 3) ; (ce n’est pas vrai dans le cas où l’amplificateur comporte des
filtres).
■ À la sortie du deuxième amplificateur, en négligeant, étant donné
les ordres de grandeur, les battements autres que ceux entre Et, dans ce cas, le battement d’ordre 2 est multiplié par 2 cos (j 0 /2)
signaux, on va trouver : et le battement triple par 2 ; la loi d’addition des battements triples
— pour l’ordre 2 : est donc systématiquement une loi d’addition en tension.
Le tableau 5, indique, en fonction du type de battement, le
cos [(ω 1 + ω 2) t + f 12 + j 1 + 2] déphasage entre battements produits par deux amplificateurs suc-
amplification du battement produit dans le premier amplificateur cessifs, et l’amplitude du battement résultant.
et cos [(ω 1 + ω 2) t + j 1 + j 2 + f 12] D’un point de vue pratique, pour calculer un réseau, on va addi-
tionner en tension les rapports S/ ΣIM 3 relatifs aux battements
battement produit dans le deuxième amplificateur ; d’ordre 3, et en puissance les rapports S/ ΣIM 2 relatifs à l’ordre 2.
ce qui va donner : ■ Pour l’ordre 3, si le rapport CTB0 est mesuré à un certain niveau
de sortie Ns0 , le CTB au niveau Ns différent sera :

1 1

2 cos ( ω 1 + ω 2 )t + f 12 + ---- ( j 1 + j 2 + j 1 + 2 ) cos ---- ( j 1 + j 2 – j 1 + 2 )
2 2 CTB = CTB0 + 2 (Ns0 – Ns) (CTB > 0)
l’amplitude du battement est multiplié par : et, au bout de N amplificateurs identiques, on aura :
1 (CTB)N = CTB – 20 lg N = CTB0 + 2 (Ns0 – Ns ) – 20 lg N
2 cos ---- ( j 1 + j 2 – j 1 + 2 )
2
Ce calcul est un calcul approché. En effet, ce sont les battements
— pour l’ordre 3 : élémentaires ai qui s’additionnent en tension et non leur somme
en puissance. (0)
cos [(ω 1 + ω 2 – ω 3) t + f 123 + j 1 + 2 – 3]
En notant ai,j le battement d’ordre 3 tombant à la fréquence f i
et cos [(ω 1 + ω 2 – ω 3) t + j 1 + j 2 – j 3 + f 123 ] généré par l’amplificateur j, entre l’amplificateur 1 et 2, on a à la
fréquence f i :
ce qui donne :
CTB = ∑ ( ai,1 + ai,2 ) 2

1

2 cos ( ω 1 + ω 2 – ω 3 )t + f 123 + ---- ( j 1 + j 2 – j 3 + j 1 + 2 – 3 )
2
i

1
cos ---- ( j 1 + j 2 – j 3 + j 1 + 2 – 3 )
2

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54 dB pour des canaux B-G/PAL,


Tableau 5 – Accumulation des battements
47 dB pour des canaux D2MAC,
le long d’une cascade
41 dB pour un canal D2MAC parmi des canaux L/SECAM,
Type Amplitude 50 dB pour un canal L/SECAM parmi des canaux D2MAC.
Fréquence Déphasage
de battement résultante (1)
Pour respecter ces spécifications, on est donc obligé de diminuer
2e ordre le niveau de sortie des amplificateurs à mesure que l’on augmente
la taille de la cascade : c’est la contrainte inverse de celle que l’on
2 sin ( N ϕ 0 ⁄ 2 ) avait pour le bruit ; on montre simplement qu’il existe un niveau opti-
Harmonique 2 2 fi ± ϕ0 -------- K 2 A 2 ---------------------------------
-
2 sin ( ϕ 0 ⁄ 2 ) mal pour lequel on peut mettre le plus grand nombre d’amplifica-
teurs d’un type donné en cascade.
Battements sin ( N ϕ 0 ⁄ 2 ) Exemple : reprenons le réseau décrit au paragraphe 3.1, et suppo-
fi ± fj ± ϕ0 2 K 2 A 2 ----------------------------------
d’ordre 2 sin ( ϕ 0 ⁄ 2 ) sons que les amplificateurs de transfert et de distribution aient les
performances suivantes vis-à-vis des distorsions :
3e ordre — amplificateurs de transfert pour 40 canaux et Ns0 = 100 dBµV :
3 CTB0 = 80 dB
Automodulation fi 0 ---- N K 3 A 3
2
CSO0 = 75 dB
Transmodulation fi 0 3 NK3 A 3 (n – 1)
— amplificateurs de distribution pour 40 canaux et
3 Ns0 = 100 dBµV :
Intermodulation 2 fi – fj 0 ---- N K 3 A 3
2
CTB0 = 75 dB
Battement triple fi + fj + fk 0 3 NK3 A 3
CSO0 = 70 dB
K sin ( N ϕ 0 )
Harmonique 3 3 fi 2 ϕ0 -----3- A 3 -------------------------
- Calculons les CTB et CSO obtenus avec les niveaux de sortie néces-
2 sin ϕ 0 saires au respect des performances en signal à bruit :
— transfert : Ns = 92 dBµV d’où :
3 sin ( N ϕ 0 )
Intermodulation 2 fi + fj 2 ϕ0 ---- K 3 A 3 -------------------------
-
2 sin ϕ 0 CTBt = 80 + 2 (100 – 92) – 20 lg 20 = 70 dB
CSOt = 75 + (100 – 92) – 10 lg 20 = 70 dB
sin ( N ϕ 0 )
Battement triple fi – fj – fk – 2 ϕ0 3 K 3 A 3 -------------------------- — distribution : Ns = 98 dBµV d’où :
sin ϕ 0
CTBd = 75 + 2 (100 – 98) – 20 lg 5 = 65 dB
sin ( N ϕ 0 )
Battement triple fi + fi + fk 2 ϕ0 3 K 3 A 3 --------------------------
sin ϕ 0 CSOd = 70 + (100 – 98) – 10 lg 5 = 65 dB

N nombre d’amplificateurs en cascade Les distorsions d’ordre 3 s’additionnent en tension, le CTB total sera
n nombre de porteuses alors égal à :
A amplitude des porteuses
(1) On utilise le résultat de la somme vectorielle de vecteurs tous égaux CTB = – 20 lg [10–0,05 × 70 + 10 –0,05 × 65] = 61,1 dB
en module, et déphasés de ϕ
Et la distorsion d’ordre 2 s’additionnant en puissance :

CSO = – 10 lg [10–0,1 × 70 + 10–0,1 × 65] = 63,8 dB


or avec l’équation précédente, on calcule :
Ces valeurs montrent que l’on dispose d’une certaine marge par
∑ ( ai,1 ) 2 + ∑ ( ai,2 ) 2
rapport aux exigences précédentes, qui pourra alors servir soit à
CTB =
i i
augmenter le nombre d’amplificateurs, soit à augmenter le niveau
des signaux (→ plus d’abonnés desservis par un amplificateur).
et d’après l’inégalité de Cauchy-Schwarz, on a :

∑ ( ai,1 + ai,2 ) 2  ∑ ( ai ,1 ) 2 + ∑ ( ai ,2 ) 2 4.3 Autres sources de dégradation


i i i

Le calcul effectué est donc un majorant de la réalité, mais il a


l’avantage de pouvoir être fait sans logiciel de calcul. 4.3.1 Échos
On voit des fois apparaître dans divers articles des formules d’addi-
tion en « 15 lg » ou « 17 lg » qui n’ont aucun sens mathématique Les échos les plus gênants se produisent dans le réseau de bran-
mais dont le but est de réduire la marge prise par ce calcul approché. chement. Ils sont dus aux doubles réflexions provoquées par les
désadaptations des équipements de distribution : dérivateur, répar-
■ Pour l’ordre 2, on aura de même, pour le CSO : titeur, prise d’usager et terminal (figure 17).
CSO = CSO0 + (Ns0 – Ns) (CSO > 0) Ces échos ont plusieurs effets :
— les échos longs provoquent l’apparition d’une image fantôme
(CSON = CSO0 + (Ns0 – Ns) – 10 lg N )
retardée, d’autant plus visible que l’écho est long ;
Les valeurs de CTB et CSO à respecter sont les mêmes et — les échos courts perturbent les transitions des signaux d’image,
dépendent de la norme du signal : et créent de l’intermodulation intersymbole dans les parties numé-
riques des signaux (télétexte, sons du D2MAC et, bien sûr, les canaux
47 dB pour des canaux L/SECAM, numériques MAQ) ;

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Figure 17 – Principe de production d’un écho

— ils provoquent des ondulations à courte période de la réponse


amplitude/fréquence :
Figure 18 – Rapport signal à écho tolérable
• période des ondulations : ∆f = 1/t
avec t retard de l’écho
• amplitude crête-à-crête : le rapport signal à brouilleurs, et l’objectif à atteindre est de main-
tenir ce rapport à un niveau suffisant pour assurer la qualité des
10 –0,05a
∆A ( dB ) = 20 lg  -----------------------------
-
1+ signaux [2].
1 – 10 –0,05a Le cas inverse est plus rare, mais peut conduire à supprimer
certains canaux : les défauts de blindage provoquent un certain
avec a amplitude de l’écho (en dB).
rayonnement du réseau, qui peut être suffisant pour perturber des
La figure 18 indique la valeur du rapport signal à écho à respecter liaisons sensibles, en particulier les liaisons fixes/mobiles.
en fonction de son retard.
Un autre problème apparaît également au niveau des
Pour les signaux DVB-C MAQ, un égaliseur présent dans tous les récepteurs TV terminaux, qui sont loin d’être conçus pour recevoir
récepteurs est capable de corriger jusqu’à une certaine limite des dizaines de canaux, étalés sur des centaines de mégahertz, en
(dépendante des performances de l’égaliseur et du type d’échos) présence de champs perturbateurs élevés (80 à 120 dBµV/m).
ces distorsions linéaires du canal.
Ceci conduit à aménager les plans de fréquences utilisés :
— en évitant les canaux trop perturbés par un émetteur externe ;
4.3.2 Voies de traitement — en ne distribuant pas le multiplex sous forme de canaux adja-
cents pour des services à faible valeur ajoutée, ne justifiant pas la
location d’un terminal spécialisé (cf. article [E 6 171] Télévision par
On appelle voie de traitement l’ensemble des équipements situés
câble Programmes et services ) ;
en tête de réseau, ou en station intermédiaire, qui assurent les fonc-
— en utilisant de préférence la bande UHF (470-862 MHz) pour la
tions de réception, démodulation, modulation et transposition de fré-
distribution des canaux constituant le service de base (cf. § 1) ;
quence consacrés à un programme TV ou radio.
— en prévoyant l’utilisation d’un terminal d’adaptation en dehors
Ces équipements vont introduire des dégradations de même type de cette bande.
que celles dues aux récepteurs ou aux émetteurs de télévision [1].

4.3.3 Compatibilité électromagnétique 4.4 Cas des fibres optiques

Le lecteur pourra utilement se reporter à l’article spécialisé dans 4.4.1 Bruit


le présent traité.
Pour une liaison optique comprenant un émetteur à diode laser,
Les problèmes de brouillages, aussi bien des canaux transportés une fibre optique monomode, et un récepteur optique composé
par le réseau brouillés par des émetteurs extérieurs que l’inverse d’une photodiode et d’un préamplificateur (figure 19), le rapport por-
constituent un problème permanent dans les réseaux : teuse à bruit pour une liaison analogique est [8] :
— car les niveaux véhiculés sont faibles (environ – 20 dBm à
l’entrée des amplificateurs de ligne, environ – 45 dBm au niveau de C m 2 i 2m
l’usager) ; ------- = -----------------------------------------------------------------------------
-
N 2 W ( B ph + B las + B th + B pra )
— parce qu’un réseau utilise des bandes de fréquences qui ne sont
pas allouées à la radiodiffusion, ce qui oblige, d’une part à assurer avec C = m 2 i 2m puissance optique utile détectée (au facteur Rc
la plus grande indépendance possible entre l’intérieur et l’extérieur près de la résistance de charge),
du réseau, et, d’autre part, à prévoir un interface avec des récepteurs
TV qui sont surtout adaptés à la radiodiffusion ; m taux de modulation relatif au canal considéré
— parce qu’un grand réseau peut compter des centaines de kilo- (m ≈ 3 à 5 %),
mètres de câbles, et des dizaines de milliers de boîtiers et de connec- im valeur moyenne du courant de la photodiode dû
teurs, et que, sur cette quantité, on trouve toujours des défauts de au signal (im = MSPr),
montage, ou des détériorations intempestives des conducteurs M gain de la photodiode (M = 1 pour une photo-
externes. diode PIN ; M ≈ quelques dizaines pour une pho-
Ces défauts de blindage se traduisent le plus souvent par l’intro- todiode à avalanche,
duction de brouilleurs externes qui viennent perturber les signaux
distribués. On mesure l’importance de ce type de perturbation par

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S sensibilité de la photodiode (= 0,8 à 0,95 A/ W à


1 300 nm),
Pr puissance optique reçue,
W bande équivalente de bruit du canal (cf. § 4.1),
Bph (= 2 qim M (2 + x)) bruit de la photodiode,
q charge de l’électron,
x = 0,3 pour une photodiode au silicium et 0,8 pour
une photodiode au germanium, Figure 19 – Schéma d’une liaison optique
B las ( = i 2 RIN) densité de bruit du laser,
RIN (relative intensity noise) facteur relatif au bruit pro-
duit par le laser. Pour les lasers destinés à la trans- 4.4.2 Distorsions
mission MA/BLR RIN ≈ – 145 à – 160 dB,
B th (= 4kT/Ri) bruit thermique dû aux résistances, La modélisation à base des séries de Volterra est tout à fait appli-
cable à une transmission optique à condition de ne pas dépasser
k constante de Boltzmann,
le seuil de saturation du laser.
T (K) température du récepteur,
En fait, on mesure expérimentalement le CTB et le CSO à l’aide
Ri = Ra // Rp // Rc : résistance d’entrée du préamplifica- d’un générateur multiporteuse simulant le multiplex MA/BLR.
teur // résistance de polarisation de la photodiode //
Bien entendu, pour un nombre de canaux déterminé, le CTB et
résistance de contre-réaction du préamplificateur,
le CSO diminuent quand on augmente l’indice de modulation des
Bpra = contribution au bruit du préamplificateur, indiqué porteuses : cet indice joue le même rôle que le niveau dans le cas
par le constructeur ou mesuré : cette valeur est sou- coaxial. On peut, en fait, retrouver les mêmes expressions en posant :
vent indiquée sous forme d’une densité de courant
équivalent de bruit iéq (pA/Hz1/2). m
A = -------- ( l 0 – l seuil )
2
Exemple : soit une liaison utilisant un préamplificateur à FET GaAs
à contre-réaction tension/courant, dit à transimpédance, monté derrière avec l0 courant de polarisation moyen du laser,
une photodiode PIN. On a, pour cette liaison :
l seuil courant de seuil à partir duquel l’effet laser apparaît.
m = 6,25 %
M=1 L’indice m est déterminé de la façon suivante :
B = 5,6 MHz (canal L/SECAM) — soit P0 (dBµV) la puissance d’attaque du laser (en général sur
RIN = – 155 dB à 500 MHz 50 ou 75 Ω ) qui module ce dernier à 100 %, c’est-à-dire entre l seuil
Bpra = ( /bruit )éq = 3,5 pA/Hz1/2 et (2 l 0 – l seuil ) (P0 ≈ 110 à 115 dBµV) ;
Pr = 380 µW — si P (dBµV) est la puissance de la porteuse considérée en
crête de modulation, l’indice m correspondant sera :
S = 0,8 A/W
Ri = 5 k 1/2 0,1 ( P – P 0 )
m ( % ) = 100 ⋅ 10
RIN = – 150 dB à 800 MHz
On calcule successivement
La somme des indices de modulation m i pour les n canaux
■ la puissance optique utile : peut dépasser 100 %, les n canaux n’étant pas en phase ; la loi
d’addition des indices de modulation est intermédiaire entre
C = m 2 (MSPr ) = 3,6 · 10 –10 une loi d’addition en tension et en puissance, et il est de bonne
■ le bruit de la photodiode : pratique de conserver un indice de modulation global inférieur
à 140 %.
Bph = 2qM 2,3 (MSPr ) = 9,7 10–23 Par exemple, pour 40 canaux, on pourra choisir un indice de
modulation m = 3 %.
■ le bruit dû au laser : L’accumulation des distorsions entre les tronçons utilisant des
fibres optiques et ceux utilisant des liaisons coaxiales est iden-
Blas = (MSPr )2 RIN tique à celles présentées entre deux amplificateurs.
– à 500 MHz : B las = 2,9 · 10–23
– à 800 MHz : B las = 9,2 · 10–23
■ le bruit thermique : 5. Introduction de signaux
Bth = 4kT/Ri = 3,2 · 10–24 numériques dans un réseau
■ le bruit du préamplificateur :
2
B pra = ( / bruit ) éq = 1,2 ⋅ 10 –23 Un des premiers objectifs à atteindre lors de l’introduction de
canaux numériques sur les réseaux câblés est évidemment la conti-
nuité du service existant sans dégradation de sa qualité. Le deuxième
et le rapport signal à bruit est :
est de permettre aussi une bonne réception des signaux numériques.
C Ceci nous oblige à une analyse des contraintes à la fois sur les
– à 500 MHz : ----- = 53,6 dB
N signaux analogiques existants et sur les signaux numériques à ajou-
C ter afin de définir des règles d’introduction.
– à 800 MHz : ----- = 52 dB
N

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5.1 Contraintes liées au numérique


5.1.1 Compatibilité satellite-câble
Dès l’introduction de la norme des signaux numériques sur le
câble, la compatibilité satellite-câble est évoquée et est considérée
comme passage obligé. La norme satellite ayant été définie la
première, la norme câble reprend une partie de la définition des
signaux : sauf en ce qui concerne le codage externe (le canal de trans-
mission câble est moins « difficile » que le canal satellite) et la
modulation.
D’autre part, le débit n’est pas défini dans la norme mais le débit
utile doit être le même (en Mbit/s) que pour le satellite afin de per-
mettre la réception puis la distribution de signaux satellite en tête
de réseau sans changement de débit du flux MPEG-2 transport.
En MAQ 64, le débit brut utilisé dépendra du débit utilisé sur le
satellite sachant que le maximum possible sur le câble est de
41,74 Mbit/s, ce qui correspond à l’occupation de la bande de 8 MHz
(soit 6,956 Mbaud). Les valeurs de débit choisies peuvent être
41,25 Mbit/s (6,875 Mbaud) ou 41,4 Mbit/s (6,9 Mbaud). Figure 20 – Courbe TEB = f (C/N ) pour de la MAQ 64 à 6,875 Mbaud

5.1.2 Taux d’erreur binaire.


Dégradation équivalente de bruit

Les mesures effectuées sur les signaux de TV numérique sont


des mesures de taux d’erreur binaire (en fonction du C/N ) avec C
la puissance moyenne du canal numérique et N la puissance de
bruit dans la même bande.
Le taux d’erreur (TEB) est mesuré avant le décodage de
Reed-Solomon ; en effet, celui-ci ramène un taux d’erreur de 10– 4
à un taux d’erreur inférieur à 10–11.
La dégradation équivalente de bruit est la différence entre le C/N
obtenu pour un TEB donné et le C/N théorique pour ce même TEB.
Ici, la dégradation équivalente de bruit est généralement donnée
pour un TEB de 10– 4.
La figure 20 montre un exemple de courbe. Généralement, on Figure 21 – Configuration idéale de la mesure du TEB fonction du C/N
donne le TEB en fonction du rapport Eb /N0 : on a la relation suivante
(C/N )bande = Eb /N0 + 10 lg (débit/bande).
Les valeurs théoriques du C/N (dans 8 MHz) pour un TEB de 10– 4 5.1.3 Bruit et distorsions en numérique
sont données dans le tableau 6 suivant le nombre d’états de la
modulation MAQ. Ces chiffres sont donnés pour un débit symbole Vis-à-vis du bruit, le signal de TV numérique est plus robuste que
de 6,875 Mbaud (cela correspond à un signal à 41,25 Mbit/s en le signal analogique. En effet, pour de la MAQ 64, un C/N de 23,7 dB
MAQ 64). (0) seulement est requis (en théorie, avec la dégradation due aux appa-
reils, il faut compter plutôt 26 dB) pour avoir un TEB de 10– 4. Même
avec une marge, nécessaire pour avoir une qualité stable, cette
Tableau 6 – Valeurs théoriques du C/N (8 MHz) à TEB valeur est nettement inférieure à celle requise pour un signal SECAM
(10–4) pour un débit symbole de 6,875 Mbaud de qualité 4.5 (équivaut à la limite de perceptibilité des défauts).
Pour les distorsions, on applique ce qui est exposé au
Modulation C/N (8 MHz) paragraphe 4.2. La puissance du signal numérique est répartie sur
une bande de fréquence, chaque produit d’intermodulation produit
MAQ 16 17,7 dB par trois canaux numériques va donc couvrir 3 fois la bande en
MAQ 32 20,7 dB fréquence de celui-ci, ceci est dû à la convolution à réaliser. En fait,
l’accumulation des intermodulations produites par plusieurs canaux
MAQ 64 23,7 dB numériques dans un réseau va être ce que l’on peut appeler du bruit
MAQ 128 26,7 dB d’intermodulation. La considération de l’intermodulation numérique
comme du bruit se confirme en mesurant le C /intermod numérique :
MAQ 256 29,7 dB pour obtenir un TEB de 10– 4, ce rapport est égal au C/N nécessaire
pour obtenir le même TEB.
Cette dégradation équivalente de bruit est une mesure qui intègre Ceci signifie, et c’est très important pour les possibilités d’intro-
toutes les distorsions subies par le signal (schéma idéal de mesure, duction des canaux numériques sur les réseaux câblés existants, que
figure 21). l’ajout du numérique dans un réseau va essentiellement affecter le
Étant donné que lorsque le TEB dépasse 10– 4, le décodeur de paramètre C/N du réseau et non le C/l comme cela est le cas lors
Reed-Solomon n’est plus efficace, la qualité d’un signal de TV numé- de l’ajout de canaux analogiques.
rique ne se dégrade pas du tout comme celle d’un signal analogique. Il faut tout de même signaler que les calculs simplifiés de distor-
Le passage d’une bonne qualité à une très mauvaise est très brutal sions possibles en analogique, ne sont plus utilisables en numé-
en moins de 1 dB sur le C/N. rique. L’utilisation de logiciels de simulation devient nécessaire.

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5.2 Contraintes liées à l’existant

■ Vis-à-vis des signaux analogiques


Lors de l’introduction de nouveaux signaux sur un système
existant, la contrainte de base est la non-dégradation du service
existant. Ici, l’ajout de signaux numériques sur le câble ne doit pas
apporter de dégradations supplémentaires aux signaux analogiques
existants.
On ne doit pas dégrader les canaux adjacents si l’on place les
signaux numériques entre les canaux analogiques (dans les trous
du plan de fréquences) d’une part, ni les autres canaux (par phé-
nomène d’intermodulation essentiellement) d’autre part.
■ Vis-à-vis du réseau
Les spécifications des réseaux concernent essentiellement les rap-
ports C/N et C/l : les limites de spécification sont telles qu’en prise
d’abonné, la qualité des signaux est bonne. Vu la charge des réseaux
actuellement – une grande partie est à 40 canaux analogiques – il Figure 22 – Emplacement fréquentiel des canaux numériques
n’est généralement plus possible d’ajouter des canaux analogiques
étant donné l’ingénierie. L’ajout de canaux numériques doit être tel
que les spécifications en prise d’abonné sont toujours respectées. La fréquence centrale du canal numérique est alors placée à
Comme expliqué précédemment, les signaux numériques utilisés 4,625 MHz au-dessus de la fréquence de la porteuse son du canal
vont produire du bruit d’intermodulation et dont influer sur le C/N analogique adjacent inférieur et donc à 4,875 MHz en dessous de
(et non le C/l ) : ceci est intéressant car en général, sur les réseaux, la fréquence de la porteuse image du canal SECAM adjacent
on est près de la limite de spécification en C/l plus qu’en C/N. supérieur.

5.3 Règles d’introduction


6. Architecture des réseaux
5.3.1 Définition du recul
6.1 Structures de base
Dans un réseau, tous les canaux analogiques sont placés au même
niveau de signal, or il s’avère que les contraintes sur les signaux On trouve deux types de structures utilisées dans les réseaux de
numériques étant différentes, ceux-ci n’ont aucune raison d’être pla- télévision par câble :
cés au même niveau que les canaux analogiques. On définit alors
ce que l’on appelle le recul (back-off en anglais). — la structure en arbre (figure 23a ) ;
— la structure en étoile (figure 23b ).
Le recul pour un signal de TV numérique est défini par la différence
entre la puissance en crête de modulation du signal analogique et Et l’on peut, bien entendu, combiner ces structures, aboutissant
la puissance moyenne du signal numérique. ainsi :
— au réseau en étoile/arbre, avec une structure en étoile depuis
En effet, la mesure classique pour un canal analogique est la
la tête de réseau, pour le réseau de transfert, puis en arbre, pour
mesure de puissance en crête de modulation, or ce type de mesure
le réseau de distribution (figure 24a ) ;
n’a aucune pertinence pour un canal numérique et pour celui-ci,
— au réseau en arbre/étoile, avec une structure en arbre pour le
seule la puissance moyenne du signal est significative.
réseau de transfert, et une étoile pour le réseau de distribution
L’analyse des contraintes décrites précédemment montre que le (figure 24b ).
recul pour l’introduction d’une vingtaine de canaux numériques sur
les réseaux de France Télécom existants doit être de l’ordre de 8 dB.
Remarque : la puissance moyenne d’un signal SECAM est environ 6,2 dB inférieure à
la puissance en crête de modulation habituellement mesurée (statistiques effectuées sur 6.2 Réseaux en arbre
des canaux réels), ceci signifie donc que la différence entre la puissance moyenne du
signal SECAM et celle du signal numérique est en fait de l’ordre de 2 dB.
Cette structure est naturellement la mieux adaptée à un réseau
câblé de diffusion : les signaux issus d’un point central sont progres-
sivement distribués à tous les usagers par des embranchements suc-
5.3.2 Emplacement fréquentiel
cessifs. Elle est adoptée par tous les réseaux coaxiaux traditionnels :
des canaux numériques/analogiques
— antennes collectives et communautaires ;
— réseaux VHF ;
Le découpage en bande utilisé revient à placer la porteuse image — réseaux VHF + UHF : transfert en VHF, et distribution en
des canaux analogiques sur le bord inférieur de la bande de 8 MHz. VHF + UHF, le passage du multiplex de transfert à celui de distri-
Le placement du canal numérique entre deux canaux analogiques bution étant assuré par une station intermédiaire de reconversion.
doit perturber le moins possible les canaux analogiques ainsi que
lui-même. En ce qui concerne l’optimisation du placement par Ces réseaux existent en toutes tailles, depuis les antennes col-
rapport à la dégradation des canaux analogiques, une étude sur lectives de quelques prises desservant un petit immeuble, jusqu’au
différentes TV a été effectuée pour le SIMAVELEC [9]. En fait, on étu- réseau de 100 000 prises et plus, couvrant toute une
die le brouillage du canal numérique sur le son du canal SECAM agglomération.
adjacent inférieur et sur l’image du canal SECAM adjacent supérieur. Dans ces réseaux, les éventuelles fonctions de contrôle d’accès
Le schéma joint montre le placement optimal (figure 22). L’optimi- sont assurées par des systèmes d’embrouillage des signaux
sation vis-à-vis du numérique a été calculée et est très proche de (Eurocrypt, Canal +) ou, plus simplement, par des filtres disposés aux
l’optimisation vis-à-vis de l’analogique : le placement fréquentiel est sorties des dérivateurs d’usagers.
fait suivant cette dernière.

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optiques multimodes pour la partie distribution et branchement. La


portée de l’étoile est de 1 200 m, et sa taille, de 200 à 1 000 logements
suivant la densité des habitations. Ces réseaux sont intrinsèquement
plus chers que leurs concurrents, à cause de la longueur de câbles,
et donc d’infrastructures, structurellement plus importante que dans
le cas des réseaux en arbre.
En contrepartie, le contrôle d’accès est assuré à travers celui de
la fonction de commutation, comme pour le téléphone ;
— les réseaux coaxiaux en mini-étoile ont une structure étoilée
beaucoup plus modeste, limitée au réseau de branchement : de 8
à 16 logements, et moins de 100 m. La mini-étoile contient des équi-
pements de sélection, à base de syntoniseurs dits « sélecteurs
déportés », qui permettent de contrôler les programmes envoyés
aux abonnés. Ils sont plus coûteux en investissement que les réseaux
classiques, et ne se justifient que si les abonnements à la TV payante
Figure 23 – Structures de base d’un réseau de télédistribution sont choisis en majorité par les usagers (cf. article [E 6 171] Télévi-
sion par câble. Programmes et services ).

6.5 Réseaux en étoile/arbre


ou réseaux HFC (Hybrid Fiber Coax )

Ce sont les réseaux actuels, hybrides fibre optique mono-


mode/coaxial.
En effet, avec l’évolution rapide des performances des liaisons
optiques, il devient de plus en plus intéressant économiquement
de prolonger le transport optique le plus loin possible.
On peut alors décomposer la structure de tels réseaux en trois
parties :
— transport en fibre optique monomode ;
— distribution primaire en fibre optique monomode, réalisée soit
avec la même liaison que le transport, soit avec une nouvelle liaison
(on parlera alors de double bond optique) ;
— distribution secondaire avec des amplificateurs coaxiaux,
Figure 24 – Structures de réseaux mixtes dont le nombre varie entre 5 et 0.
Avec 0 amplificateur, on parle de FTTH (Fiber To The Home ), la
fibre va jusqu’à chez l’abonné (réseau tout optique). Ce type de
6.3 Réseaux en étoile réseau n’est pas encore aujourd’hui économiquement rentable.
De 1 à 3 amplificateurs, on emploie aussi les termes de FTTB
(Fiber To The Building ) ou FTTC (Fiber To The Curb ).
C’est l’architecture adoptée par les réseaux téléphoniques, les
fonctions de commutation et de contrôle d’accès étant primordiales
dans ces réseaux.
Pour les réseaux de télédistribution, ces fonctions sont secon-
daires et, d’autre part, il faut assurer l’accès simultané de chaque
7. Conclusion
abonné à au moins deux canaux et parfois plus ; cette structure étant
plus coûteuse que celle en arbre, elle y est donc beaucoup moins Après le développement des techniques utilisant la fibre optique
répandue. monomode qui ont permis de réduire considérablement les coûts
En fait, sous la forme d’une pure étoile, il n’existe que les réseaux de construction et de maintenance des réseaux câblés, arrive
collectifs à paires symétriques installées dans des hôtels, des hôpi- aujourd’hui le numérique.
taux ou des stations de vacances. En effet, dans ce cas particulier, Par l’explosion du nombre de programmes possibles (à terme, on
leur fonction intrinsèque de contrôle d’accès est particulièrement pourra envisager plus de 500 programmes), mais surtout par l’explo-
appréciable, et la limitation à un canal par paire n’est pas gênante sion des services rendus économiquement et /ou techniquement
dans le cas d’une chambre d’hôtel. possibles avec le numérique, tels que :
— le paiement à la séance ;
— la multiplication des chaînes à thèmes ;
6.4 Réseaux en arbre/étoile — la multidiffusion d’un même programme décalé dans le temps ;
— téléachat, jeux interactifs ;
— téléchargement de logiciels ;
On rencontre dans cette catégorie les réseaux 1G et les réseaux — accès à Internet, etc.
coaxiaux à branchement en mini-étoile : le réseau câblé pourra trouver enfin sa rentabilité économique et
— les réseaux 1G ont été construits avec une structure coaxiale avoir sa place entre le satellite et les chaînes hertziennes.
en arbre pour la partie transfert, et une structure en étoile à fibres

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© Techniques de l’Ingénieur, traité Télécoms E 5 865 − 19
P
O
U
Télévision par câble R
Distribution en analogique et numérique E
par Pierre-Yves JÉZÉQUEL N
Ingénieur ENSEEIHT
Responsable du laboratoire Introduction des canaux numériques dans les réseaux câblés
au Centre commun d’études de télédiffusion et télécommunications (CCETT)
et Mireille MATHIEU
Ingénieur de l’École supérieure d’électricité (ESE)
S
Ingénieur de recherche au sein du laboratoire Introduction des canaux numériques
dans les réseaux câblés au CCETT
A
V
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U
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CEI 728-1 Antennes individuelles ou collectives pour la réception
de la radiodiffusion.
Union technique de l’électricité (UTE)
UTE C 90 125 04-96 Spécifications techniques d’ensemble applicables aux
UTE C 90 122 07-91 Réception et distribution des programmes radiodif- réseaux distribuant par câbles des services de radiodif-
fusés ou transmis par satellite. fusion sonore et de télévision.
UTE C 90 123 05-96 Recommandations pour les systèmes de distribution
par câble, y compris la voie de retour, à l’intérieur des
locaux de l’usager.
8 - 1997
Doc. E 5 865

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