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Vocabulaire de La Mesure: Jean-Claude COURTIER

Le document présente un vocabulaire relatif à la mesure, en se concentrant sur les grandeurs, leur définition, et leur classification. Il aborde également les méthodes de mesure, les instruments utilisés, ainsi que les caractéristiques et performances des instruments de mesure. Enfin, il souligne l'importance d'une terminologie normalisée en métrologie, issue de travaux internationaux, pour garantir la précision et la compréhension dans ce domaine complexe.

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Vocabulaire de La Mesure: Jean-Claude COURTIER

Le document présente un vocabulaire relatif à la mesure, en se concentrant sur les grandeurs, leur définition, et leur classification. Il aborde également les méthodes de mesure, les instruments utilisés, ainsi que les caractéristiques et performances des instruments de mesure. Enfin, il souligne l'importance d'une terminologie normalisée en métrologie, issue de travaux internationaux, pour garantir la précision et la compréhension dans ce domaine complexe.

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Vocabulaire de la mesure

par Jean-Claude COURTIER


Ingénieur de l’École supérieure de physique et chimie industrielles
Chargé de mission, Direction générale Association française de normalisation (AFNOR)

1. Grandeurs................................................................................................... R 113 - 2
1.1 Notion de grandeur ..................................................................................... — 2
1.2 Grandeurs conventionnelles....................................................................... — 2
1.3 Grandeurs physiques .................................................................................. — 3
1.4 Systèmes de grandeurs .............................................................................. — 3
1.5 Dimension d’une grandeur ......................................................................... — 3
1.6 Grandeur associée à un phénomène périodique...................................... — 4
1.7 Grandeur associée à un phénomène aléatoire ......................................... — 4
2. Mesurage d’une grandeur...................................................................... — 4
2.1 Mesure et mesurage.................................................................................... — 4
2.2 Unité de mesure .......................................................................................... — 5
2.3 Échelle de repérage ..................................................................................... — 5
3. Méthode de mesure................................................................................. — 5
3.1 Classement selon le principe de la méthode ............................................ — 5
3.2 Classement selon la nature du dispositif indicateur................................. — 6
3.3 Classement selon l’intervention de l’expérimentateur............................. — 6
3.4 Classement selon l’effet sur la grandeur mesurée ................................... — 6
4. Instruments de mesure et étalons ...................................................... — 7
4.1 Instrument de mesure et appareil de mesure ........................................... — 7
4.2 Chaîne de mesure........................................................................................ — 7
4.3 Termes associés à l’appareil de mesure .................................................... — 7
4.4 Étalon............................................................................................................ — 9
5. Caractéristiques et performances des instruments de mesure.. — 9
5.1 Caractéristiques relatives au domaine de mesure.................................... — 9
5.2 Caractéristiques relatives aux conditions de fonctionnement................. — 10
5.3 Caractéristiques métrologiques ................................................................. — 10
5.4 Erreurs dues aux instruments de mesure ................................................. — 11
6. Résultat de mesure, erreur et incertitude......................................... — 11
6.1 Résultat de mesure...................................................................................... — 11
6.2 Exactitude. Répétabilité. Reproductibilité.................................................. — 11
6.3 Erreur ............................................................................................................ — 12
6.4 Incertitude .................................................................................................... — 12
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. R 113
10 - 1994

ouloir établir une terminologie relative à la mesure et au contrôle paraît


V une tâche aisée au premier abord. Il existe d’excellents traités sur
l’instrumentation et sur les méthodes de mesure. Cependant, dès que l’on
approfondit un peu le sujet, on se heurte très vite à des notions premières appe-
lées phénomènes, propriétés, grandeurs, mesures, qui amènent à se poser des
R 113

questions fondamentales sur l’image que se fait l’homme de l’univers qui


l’entoure. Si l’on n’y prend garde, on dérive rapidement vers la métaphysique
en se posant le problème de l’existence du réel et de la conception de l’Univers.

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VOCABULAIRE DE LA MESURE ____________________________________________________________________________________________________________

Les fondements mêmes de la physique sont en cause, et l’on s’aperçoit que vou-
loir bâtir un système de grandeurs est une opération aussi compliquée que de
vouloir faire une théorie générale de l’univers physique [1].
La métrologie se veut être la science de l’exactitude ; or établir une terminologie
non contradictoire et non ambiguë en ce domaine est finalement une entreprise
redoutable.
Aussi nous limiterons-nous, dans ce vocabulaire, à présenter les notions qui
sont le plus couramment admises et normalisées.
Les notions présentées ci-après résultent, pour une large part, des travaux inter-
nationaux effectués dans un groupe de travail concernant le vocabulaire de la
métrologie, commun à quatre organisations [Bureau international des poids et
mesures (BIPM), Organisation internationale de métrologie légale (OIML), Orga-
nisation internationale de normalisation (ISO), Commission électrotechnique
internationale (CEI)] et présidé par le directeur du BIPM.
Le travail de ce groupe a abouti en mai 1984 à la publication par l’ISO du Voca-
bulaire international des termes fondamentaux et généraux de métrologie,
communément appelé, en abrégé, VIM. Ce vocabulaire a été révisé au début
des années 1990 en y associant trois autres organisations : la Fédération inter-
nationale de chimie clinique (FICC), l’Union internationale de chimie pure et appli-
quée (UICPA) et l’Union internationale de physique pure et appliquée (UIPPA).
Le VIM révisé est paru en 1993.
Les discussions, parfois très animées, ont abouti à des choix ou à des positions
qui ne représentent pas forcément l’opinion de l’auteur de ces lignes, bien qu’il
y ait participé activement, parfois avec passion.
C’est cependant l’expression du travail du groupe qui est présentée, parce
qu’elle reflète un consensus et il vaut encore mieux un langage adopté inter-
nationalement, même s’il ne paraît pas satisfaire pleinement toutes les idées
personnelles que l’on peut avoir sur le sujet, plutôt que de céder à la facilité
en inventant et en pratiquant ses propres variantes avec le risque de ne pas
être compris ou, ce qui est pire, d’être compris de travers.
Le présent texte doit également beaucoup au travail sur les incertitudes de
mesure effectué par un groupe composé d’experts des sept mêmes organisa-
tions précédemment citées. Comme le VIM, le Guide pour l’expression de
l’incertitude de mesure [7] a été publié en 1993 par l’ISO au nom des sept orga-
nisations. La version française a été établie par l’auteur du présent article.

1. Grandeurs Ces usages sont tous les deux légitimes et le contexte permet
d’éclairer s’il s’agit de l’une ou de l’autre signification.

1.1 Notion de grandeur


1.2 Grandeurs conventionnelles
La notion de grandeur est très large. Elle se rattache à l’expres-
sion quantitative des phénomènes, des propriétés ou des caracté- Ce terme grandeur conventionnelle est la première forme d’appli-
ristiques des corps. Notion première en métrologie, c’est-à-dire cation du terme « grandeur ». À partir de méthodes d’essais qui codi-
dans le domaine des connaissances relatives aux mesurages, il est fient en détail des modes opératoires et l’appareillage associé, on
difficile d’en donner une définition « en compréhension » et il paraît obtient des résultats quantitatifs qui décrivent par une seule expres-
préférable d’en présenter une typologie. sion des propriétés complexes de corps, d’objets, de phénomènes.
Tout d’abord, deux acceptions du terme « grandeur » sont inti- On peut citer, par exemple, l’indice d’octane des carburants, qui
mement liées : exprime le pouvoir antidétonant des mélanges air-essence. Il en est
— celle qui est utilisée pour une grandeur particulière, par de même pour l’expression de l’efficacité d’un filtre industriel destiné
exemple la longueur d’une tige déterminée, ou la capacité d’un à éviter le rejet de particules polluantes dans l’atmosphère. À la limite,
condensateur donné, ou encore la fugacité d’un constituant spéci- on pourrait aussi donner en exemple la grandeur qui exprime en
fié dans un mélange gazeux ; nombre de tours de clés la tenue d’une serrure à un usage normal.
— celle qui généralise la notion à l’ensemble des longueurs, à
l’ensemble des capacités, à l’ensemble des fugacités, un peu comme Ces méthodes d’essais font l’objet de nombreux documents de
lorsque l’on parle de l’Homme dans le langage courant pour désigner normalisation.
le genre humain, avec une majuscule par opposition à un homme
particulier.

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1.3 Grandeurs physiques 1.3.2 Grandeurs repérables

Pour d’autres classes de grandeurs, les deux opérations, interne


Les grandeurs précédentes sont en quelque sorte isolées des théo- d’addition et externe de multiplication par les réels, ne peuvent être
ries physiques décrivant le monde qui nous entoure. définies.
Le cerveau humain est ainsi fait qu’il cherche à organiser ce qu’il On parle alors de grandeurs repérables. On peut citer la dureté
perçoit, d’abord pour satisfaire son souci d’ordre et de logique, qui peut être évaluée par rapport à une échelle (échelle de Mohs)
ensuite pour assurer la communication des informations d’un indi- ou par un indice (Brinell, Vickers), alors qu’on ne peut pas parler de
vidu à l’autre. Cela ne peut se faire que par modélisation à partir « somme » de deux duretés. C’est aussi le cas de l’intensité des
de grandeurs physiques sous la forme de relations, établies par séismes, de la température Celsius, du potentiel électrique, etc.
l’expérience et l’observation, qui servent à bâtir des théories d’appli-
On assiste parfois à une évolution des concepts. C’est ainsi que la
cation plus ou moins large cherchant à représenter au mieux le réel.
température, grandeur repérable au sens des échelles Celsius,
Ces relations sont exprimées par des équations où les grandeurs Fahrenheit ou Réaumur, est maintenant définie en thermody-
sont habituellement symbolisées par des lettres (écrites en italique ). namique d’une manière telle qu’elle est une grandeur mesurable,
On les appelle des symboles de grandeur. Pour éviter une prolifé- appelée température thermodynamique (unité kelvin).
ration anarchique de ces symboles, l’ISO a publié une norme inter-
Une grandeur peut n’être que repérable (température Celsius,
nationale, ISO 31 (en 14 parties), qui donne les symboles acceptés
temps dans le sens de date, potentiel électrique, etc.), alors que ses
internationalement pour les grandeurs physiques usuelles (par
variations sont mesurables (différence ou intervalle de tempéra-
exemple, p pour la pression, C pour la capacité, etc.). Ces symboles
ture, durée, différence de potentiel électrique).
sont systématiquement utilisés dans le présent article.

1.3.1 Grandeurs mesurables 1.3.3 Grandeurs de même nature

On peut mettre les grandeurs physiques dans des catégories de


Procédant par analogie avec les classes d’équivalence en théorie
grandeurs contenant chacune des grandeurs qui peuvent se compa-
des ensembles, on est capable de définir, pour certaines classes de
rer mutuellement. On peut par exemple constituer une telle catégorie
grandeurs et pour l’ensemble d’une classe donnée :
avec les diamètres, les distances, les hauteurs, les longueurs d’onde
— une équivalence (par superposabilité de deux longueurs, par et l’appeler la catégorie des longueurs. Ces grandeurs mutuellement
exemple) ; comparables sont appelées « grandeurs de même nature ». L’intérêt
— une relation d’ordre total qui permet de dire si une grandeur d’une telle typologie se retrouvera lorsque l’on bâtira les systèmes
est inférieure ou égale à une autre grandeur (par double pesée de d’unités (§ 2).
masses à l’aide d’une balance à bras égaux, par exemple) ;
— une opération interne, l’addition (par exemple l’addition, sous
certaines réserves, de deux angles de demi-droites) ;
— une opération externe, la multiplication par les réels positifs 1.4 Systèmes de grandeurs
(dire que l’énergie mécanique d’un moteur est le triple de celle
d’un autre moteur).
De telles grandeurs sont dites mesurables [2]. Les exemples de Les grandeurs physiques sont reliées entre elles par des relations
ces grandeurs abondent : la masse, la longueur, l’angle, l’énergie, qui permettent de les définir et de modéliser les phénomènes phy-
l’induction magnétique, la luminance, etc. siques qu’elles décrivent.
Pour des raisons en partie arbitraires, certaines grandeurs sont
[Link] Grandeurs directement mesurables choisies comme grandeurs de base, considérées conventionnelle-
ment comme indépendantes ; les autres grandeurs, appelées gran-
Pour toutes les grandeurs qui viennent d’être citées en exemple, deurs dérivées, se déduisent des grandeurs de base par les relations
on sait physiquement composer la somme de deux grandeurs carac- entre grandeurs. L’ensemble des grandeurs de base, des grandeurs
térisant deux objets, deux propriétés. Par exemple, deux conden- dérivées et des relations qui les lient forme un système de grandeurs.
sateurs de capacité C peuvent être associés (en parallèle) pour
obtenir une capacité 2C. Exemple : dans le système, habituellement appelé système de la
mécanique, qui a pour grandeurs de base la longueur, la masse et le
Les grandeurs de ce type sont dites directement mesurables et
temps, la vitesse est une grandeur dérivée définie par le quotient de
cela se rattache au fait qu’il s’agit de propriétés extensives au sens
la longueur par le temps.
de la thermodynamique.

[Link] Grandeurs indirectement mesurables


D’autres grandeurs ne peuvent subir le même traitement : il n’est
1.5 Dimension d’une grandeur
pas possible, par exemple, de fabriquer un élément de résistivité 2ρ
à partir de deux éléments de résistivité ρ. Les grandeurs de ce type L’expression d’une grandeur dérivée Q en fonction de grandeurs
sont dites indirectement mesurables. C’est le cas de la résistivité, de base consiste en général en un produit de puissances de
du module d’Young, de la permittivité, de l’indice de réfraction, etc. grandeurs de base et, éventuellement, d’un facteur numérique,
Dans l’exemple de la résistivité, on déduit sa valeur du mesurage c’est-à-dire :
de résistances et de caractéristiques dimensionnelles ( R = ρ  ⁄ s ). Q = ξ A α B β C γ...
Dans ces grandeurs se rangent les constantes caractérisant une
On appelle dimension de la grandeur Q ou encore produit de
matière ou un corps, ou des constantes universelles (constante de
dimensions de Q l’expression Aα Bβ Cγ..., où A, B, C... indiquent les
Planck, constante de gravitation, constante d’Avogadro). Noter, dans
dimensions des grandeurs de base A, B, C... et où α, β, γ... sont
ce cas, l’utilisation du terme « grandeur » dans son sens
appelés exposants dimensionnels de la grandeur Q [3].
particulier (§ 1.1).
Une grandeur dont tous les exposants dimensionnels sont nuls
est dite grandeur sans dimension.

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Exemple : dans le domaine de la mécanique, on définit un système On définit les moments d’une fonction aléatoire (calcul des
de grandeurs à partir des trois grandeurs de base : longueur, masse probabilités) et, en particulier :
et temps, de dimensions habituellement symbolisées respectivement — le moment du premier ordre, appelé moyenne, noté m (t ) ;
par L, M, T. — le moment du second ordre, appelé fonction de covariance,
La dimension d’une grandeur A s’écrit alors : noté γ (t1 , t1 + τ ), qui fait intervenir un intervalle (de temps) fixe τ.
Le phénomène est dit stationnaire (au sens strict) lorsque les pro-
dim A = A = Lα Mβ Tγ
priétés statistiques de la fonction aléatoire (définies à partir des fonc-
L’énergie E a ainsi comme dimension : tions de répartition) sont indépendantes de l’origine de la variable
d’évolution.
E = L2 M T –2
Un phénomène stationnaire au second ordre implique :
Dans ce même système de grandeurs, ML–3 est la dimension de la
γ (t1 , t1 + τ ) = γ (τ )
concentration en masse aussi bien que celle de la masse volumique.
L’angle est de plus en plus considéré comme une grandeur sans γ (τ ) est dite fonction de corrélation. C’est, sous certaines
dimension car il peut se définir comme le rapport de deux longueurs conditions, la fonction donnée par :


(longueur de l’arc et longueur du rayon dans le cas de l’angle de +T
vecteur). Cela revient à négliger l’orientation des deux vecteurs (ou 1
C ( τ ) = lim --------- X(t )X(t – τ)dt
des deux demi-droites) et le caractère physique de l’angle considéré T → ∞ 2T –T
comme portion de plan ; sinon cela conduirait à adopter une dimen-
sion « angle » indépendante de la dimension L. Cependant, par qui permet d’accéder au spectre de fréquence par transformation
simplification d’écriture, on confond souvent l’angle et sa valeur en de Fourier.
radians, ce qui a l’avantage d’éviter l’écriture du radian dans les for- La théorie des signaux aléatoires trouve une application magis-
mules (trigonométriques) où interviennent des angles. trale en métrologie. En effet, d’une manière générale, un signal
La dimension d’une grandeur (tout comme les unités) ne tient pas d’entrée est transformé en signal de sortie par passage à travers
compte du caractère vectoriel ou tensoriel des grandeurs. C’est ainsi un système. Dans le cas des mesurages des grandeurs où le signal
que l’on est amené à donner la même dimension au moment d’un est a priori inconnu, sa connaissance résulte de l’information que
couple et à une énergie. Leur différence de nature est cependant évi- l’on peut recueillir sur le signal de sortie et sur les caractéristiques
dente et l’analyse dimensionnelle trouve là une de ses limitations, du dispositif instrumental.
à moins de choisir judicieusement les grandeurs de base.

1.6 Grandeur associée 2. Mesurage d’une grandeur


à un phénomène périodique
2.1 Mesure et mesurage
Une telle grandeur est dite périodique. On lui associe une fonction
périodique ϕ qui reprend les mêmes valeurs pour des valeurs du Dans la langue française, le terme mesure possède de nombreuses
paramètre t différant d’une quantité constante T appelée période : acceptions. En se limitant à la métrologie, il peut signifier :
ϕ (t + T ) = ϕ (t ) a ) l’action de mesurer,
Les caractéristiques habituelles des fonctions périodiques, b ) le résultat de cette action (une mesure approchée à 5 % près),
telles que : c ) l’instrument qui reproduit une grandeur d’une manière per-

 T-----1  ϕ d t  ;
T manente (par exemple, une mesure de capacité),
— valeur moyenne d ) la valeur d’une grandeur (par exemple, dans l’écriture, incor-
0
— amplitude maximale ; recte, suivante : la « mesure » d’une longueur est de 20 cm),
— amplitude crête à crête ; e ) la valeur numérique d’une grandeur, une unité étant choisie
— valeur moyenne quadratique ou valeur efficace : (par exemple, dans l’écriture, correcte, suivante : la mesure en cen-

 ϕ 
T 1⁄2 timètres d’une longueur est de 20).
1 2
----- dt Pour mettre de l’ordre dans ces usages, après consultation de
T 0
l’Académie française et suivant les définitions normalisées, le terme
mesure ne sera jamais employé seul dans le présent article. On uti-
 
1
— fréquence f = ----- ; lisera mesurage en a ), résultat de mesure en b ), mesure matéria-
T
— pulsation ( ω = 2 π f ) ; lisée en c ), valeur d’une grandeur en d ), valeur numérique en e ).
— etc. On notera que ce terme « mesure » entre, en revanche, dans de
servent à décrire la grandeur périodique. nombreuses expressions où il ne prête généralement pas à confu-
sion, telles que instrument de mesure, appareil de mesure, méthode
On peut aussi procéder par analyse de Fourier de la fonction ϕ de mesure, unité de mesure... Si l’on craint malgré tout des confu-
en la décomposant en fonctions sinusoïdales avec une fonction sions, il est toujours possible de substituer le terme mesurage au
fondamentale et des harmoniques caractérisés par leur amplitude terme mesure dans ces expressions.
et leur différence de phase.
Un mesurage peut être qualifié de statique lorsque la grandeur
à mesurer, que l’on appelle aussi mesurande, peut être considérée
comme constante pendant la durée du mesurage.
1.7 Grandeur associée En sens inverse, un mesurage dynamique détermine la valeur
à un phénomène aléatoire instantanée d’un mesurande et, le cas échéant, ses variations dans
le temps.
Une telle grandeur est dite aléatoire. Pour la décrire, on lui associe Il faut noter que les qualificatifs de statique et de dynamique
sous certaines conditions une fonction aléatoire X (t ). La variable s’appliquent au mesurande et non à la méthode de mesure.
d’évolution t est la variable assujettie à la structure d’ordonnance-
ment. Le temps est la variable d’évolution le plus souvent rencontrée
en pratique.

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2.2 Unité de mesure On réserve le terme de processus de mesure à l’exécution du mode


opératoire, avec tout ce qui concerne les ressources utilisées pour
Pour déterminer quantitativement la valeur d’une grandeur mesu- cette exécution, qu’elles soient d’ordre humain ou matériel et y
rable, on choisit une grandeur particulière, de même nature, qui est compris tout ce qui est relatif aux grandeurs d’influence.
l’unité de mesure. La valeur d’une grandeur s’exprime alors comme On peut se placer de différents points de vue pour classer les
le produit d’un nombre réel, appelé valeur numérique, par l’unité méthodes de mesure et la liste ci-après (§ 3.1 à 3.4) n’est pas exhaus-
de mesure. tive. Les termes ne s’excluent pas et les exemples donnés peuvent
Il serait possible de choisir arbitrairement des unités différentes présenter un certain chevauchement.
pour différentes grandeurs dans une même classe, et c’est ce qui
s’est passé historiquement, par exemple aux États-Unis pour les
volumes où la dry pint applicable aux denrées sèches est différente 3.1 Classement selon le principe
de la pint applicable aux fluides. Un choix arbitraire des unités pour
les grandeurs des différentes classes conduirait à affecter de fac- de la méthode
teurs de proportionnalité les équations entre valeurs numériques
des grandeurs.
3.1.1 Méthode de mesure directe
Aussi, on bâtit un système d’unités en se donnant une série d’uni-
tés de base correspondant à chaque grandeur de base du système
de grandeurs de départ et, de là, les unités dérivées correspondant Une méthode de mesure directe est une méthode dans laquelle
aux grandeurs dérivées, de sorte que les équations entre valeurs la valeur de la grandeur mesurée est obtenue directement, par
numériques (facteurs numériques inclus) aient exactement la même exemple lors du mesurage d’une longueur avec une règle à traits
forme que les équations correspondantes entre grandeurs. Un tel ou lors du mesurage d’un volume de liquide avec une éprouvette
système d’unités est dit cohérent (cf. encadré 1, le système inter- graduée.
national SI). Dans le cas où il est nécessaire de déterminer des grandeurs
d’influence telles que température, hygrométrie, pression et, plus
généralement, des grandeurs caractéristiques des conditions
Encadré 1 – Le Système international d’unités, SI ambiantes qui influent sur la valeur de la grandeur à mesurer, la
méthode est encore appelée directe.
Le Système international d’unités, SI [4], est fondé sur les La détermination des grandeurs d’influence permet d’établir des
sept unités de base suivantes : corrections éventuelles.
— le mètre, unité de longueur ;
— le kilogramme, unité de masse ;
— la seconde, unité de temps ; 3.1.2 Méthode de mesure indirecte
— l’ampère, unité d’intensité de courant électrique ;
— le kelvin, unité de température thermodynamique ;
— la mole, unité de quantité de matière ; Le principe de mesure fait intervenir, dans ce cas, la liaison
— la candela, unité d’intensité lumineuse. fonctionnelle du mesurande avec d’autres grandeurs. Ce sont ces
Il est d’application obligatoire en France et dans la plupart autres grandeurs qui, directement mesurées, permettent de déter-
des pays du monde. Il est décrit dans la norme française miner la grandeur soumise à mesurage. C’est la raison pour laquelle
NF X 02-006 qui donne aussi les unités hors système qu’il est ce type de méthode est appelé méthode de mesure indirecte.
permis d’utiliser conjointement avec les unités SI. Les normes De très nombreuses méthodes de mesure procèdent de manière
NF X 02-001 et NF X 02-003 expliquent en détail les règles indirecte ; par exemple, mesurage d’une température avec un thermo-
d’utilisation des unités et de leurs symboles ainsi que l’emploi couple par effet thermoélectrique, mesurage d’une viscosité par déter-
des préfixes SI qui permettent l’adaptation de l’unité à la taille mination de la durée d’écoulement d’un volume de liquide à travers
de la grandeur mesurée. Voir également, dans le présent traité, un capillaire, mesurage de la résistivité d’un conducteur par détermi-
l’article Unités de mesure SI [8]. nation de sa résistance, de sa longueur et de sa section, etc.

3.1.3 Méthode de mesure selon définition


2.3 Échelle de repérage
Lorsque le principe de la méthode est fondé sur la définition de
Les valeurs des grandeurs repérables sont obtenues en utilisant l’unité correspondante, la méthode de mesure est dite selon défi-
des échelles de repérage définies par convention. nition.
Ces repères ordonnés peuvent être continus, par exemple pour Le mesurage d’une pression à l’aide d’un manomètre à piston par
l’échelle des indices d’octane pour les carburants, ou discrets, par détermination de la force appliquée et de la surface sur laquelle cette
exemple pour l’échelle de dureté de Mohs. force agit est un exemple de méthode de mesure selon définition.

3.1.4 Méthode de mesure fondamentale


3. Méthode de mesure
C’est une méthode de mesure dans laquelle la valeur de la gran-
Fondée sur un principe de mesure, une méthode de mesure décrit deur à mesurer est déterminée par mesurage des grandeurs de
d’une manière générique l’ensemble des opérations qui concourent base correspondantes.
à la réalisation du mesurage. On lui associe un mode opératoire qui
donne d’une manière spécifique les différentes opérations mises en
œuvre lors de l’exécution de la méthode de mesure. Le mode opé- Par exemple, une méthode de mesure fondamentale de
ratoire est habituellement décrit dans un document qui est quel- l’accélération due à la pesanteur est fondée sur l’intervalle de
quefois appelé lui-même « mode opératoire » et qui donne assez de temps mis par un corps pour parcourir une hauteur déterminée,
détails pour qu’un opérateur puisse effectuer un mesurage sans en chute libre, dans le vide.
avoir besoin d’autres informations.

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VOCABULAIRE DE LA MESURE ____________________________________________________________________________________________________________

Ces méthodes se rencontrent principalement dans les laboratoires 3.1.7 Méthode de zéro
de métrologie fondamentale situés le plus en amont dans les chaînes
d’étalonnage (exemples : Bureau international des poids et mesures, Dans la méthode de zéro, on oppose, par un artifice quelconque,
laboratoires primaires dans le système français géré par le Bureau la valeur du mesurande à une valeur réglable d’une grandeur de
national de métrologie). même nature ou de nature différente. On s’aperçoit de la compen-
sation exacte par un détecteur d’écart (palpeur mécanique ou
optique, indicateur coloré, galvanomètre, etc.), auquel on demande
3.1.5 Méthode de mesure par comparaison essentiellement d’être sensible.

Le principe de la méthode de mesure par comparaison fait appel Exemples : dans la pesée avec balance à bras égaux, dans la
à une même grandeur, de valeur connue voisine de celle de la mesure de résistance avec pont de Wheatstone, c’est une grandeur
grandeur mesurée, ou à une grandeur différente mais liée fonction- de même nature qui permet d’assurer l’équilibre (ou indication mini-
nellement à la grandeur mesurée et de valeur connue. male du détecteur d’écart). On parle alors de méthode d’opposition.
Dans le cas du tensiomètre de Leconte du Noüy, la grandeur qui
contrebalance la tension superficielle est de nature différente.
Dans le premier cas, on peut donner en exemple le mesurage
d’une longueur par comparaison directe avec une règle à traits ;
ressortit au second cas le mesurage d’une force au moyen d’un
peson par déformation élastique d’un élément métallique. 3.2 Classement selon la nature
du dispositif indicateur
[Link] Méthode de mesure par substitution
La valeur de la grandeur mesurée peut être déterminée par la
C’est une méthode de mesure par comparaison directe dans déviation d’un dispositif indicateur. On parle alors de méthode de
laquelle on remplace la grandeur à mesurer par une grandeur (de mesure par déviation. De très nombreux appareils de mesure sont
même nature) d’une valeur telle que les effets qui sont provoqués ainsi constitués et les exemples ne manquent pas : mesurage
sur le dispositif indicateur soient les mêmes. d’une pression à l’aide d’un manomètre de Bourdon, mesurage
d’une intensité de courant électrique à l’aide d’un ampèremètre
La méthode par double pesée à l’aide d’une balance et de analogique, mesurage de la vitesse de rotation d’un moteur à
masses marquées en est l’exemple classique. Cette méthode offre l’aide d’un tachymètre à cadran, etc.
l’avantage que l’appareil de mesure, la balance, peut ne pas être
juste, pourvu qu’il soit sensible et fidèle (voir § 5.3.4 sur les qualités Les progrès réalisés en électronique ont cependant entraîné une
métrologiques des instruments de mesure). évolution considérable en instrumentation et la présentation des
indications se fait de plus en plus sous forme numérique.
[Link] Méthode de mesure par transposition
C’est également une méthode de mesure par comparaison directe.
Elle consiste à comparer une grandeur de valeur inconnue x à une
3.3 Classement selon l’intervention
grandeur de valeur connue A, puis à remplacer la grandeur inconnue de l’expérimentateur
par la grandeur connue et de nouveau à la comparer à une grandeur
de valeur connue B. Lorsque l’indication est la même dans les deux Dans les méthodes de mesure subjectives, la valeur de la grandeur
cas, la grandeur x est une fonction de A et B. La méthode par double à mesurer est déterminée au moyen des organes des sens d’un ou
pesée de Gauss illustre ce type de méthode. C’est ainsi que, dans de plusieurs observateurs. On peut citer le mesurage du niveau d’iso-
ce cas et si les fléaux de la balance ont même longueur, l’on a sonie d’un bruit par comparaison à l’oreille avec un son étalon
x = AB . d’intensité réglable. Il en est de même pour le mesurage de la
rugosité d’une surface par comparaison avec une surface étalon au
moyen du sens du toucher.
3.1.6 Méthode de mesure différentielle Les méthodes de mesure objectives, à l’opposé, limitent la parti-
cipation de l’observateur aux observations des indications des ins-
Dans le cas de la méthode par substitution, on remplaçait le truments de mesure, aux réglages éventuellement nécessaires et à
mesurande par une grandeur de même nature de sorte que l’on ait tous calculs appropriés.
les mêmes effets sur le dispositif indicateur. Pour la méthode de
mesure différentielle, la grandeur de valeur connue a une valeur
peu différente de celle du mesurande et le mesurage porte sur la
différence des valeurs entre grandeur connue et grandeur inconnue
3.4 Classement selon l’effet
(comparaison de fréquences par battement, mesurage d’une lon- sur la grandeur mesurée
gueur avec des cales étalon et un micromètre, etc.).
Lorsque la différence très faible entre la valeur de la grandeur Une méthode de mesure peut être destructive ou non.
mesurée et la valeur de la grandeur de comparaison est mise en En analyse chimique, de nombreuses méthodes de mesure
évidence par coïncidence de certains repères ou signaux, on dit qu’il détruisent ou transforment le corps soumis à analyse. Aussi
s’agit d’une méthode par coïncidence (par exemple mesurage de la procède-t-on dans ce cas par échantillonnage.
longueur d’un objet à l’aide d’un pied à coulisse à vernier ou mesu-
rage de la marche d’une horloge par la coïncidence de signaux Exemple : on oppose également les méthodes de mesure par
horaires et des indications de l’horloge). contact (cas d’utilisation d’un palmer, d’un pied à coulisse) aux
méthodes de mesure sans contact (pyrométrie optique).

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■ Phase A
4. Instruments de mesure Le premier élément de la chaîne est le capteur. La grandeur à
et étalons mesurer lui est directement appliquée. On emploie également le
terme sonde en lui réservant plutôt une signification correspondant
à l’élément du capteur situé localement au point de mesurage.
4.1 Instrument de mesure Comme exemple de capteurs, citons le thermocouple d’un thermo-
mètre thermoélectrique, le flotteur d’un dispositif de mesure de
et appareil de mesure niveau, la sonde de Pitot pour mesurer la vitesse d’un fluide.
Le module de conditionnement est un transducteur qui trans-
De nombreux termes peuvent être utilisés en français pour décrire forme les signaux issus du capteur avec filtrage ou linéarisation,
le matériel utilisé lors des mesurages. Les deux termes d’emploi le assure les adaptations d’impédance nécessaires à la transmission,
plus courant sont instrument de mesure et appareil de mesure. Une alimente le capteur en énergie, etc.
nuance existe sur leur signification : l’instrument de mesure corres- ■ Phase B
pond au dispositif qui permet de faire un mesurage, qu’il soit seul
ou en conjonction avec d’autres équipements. L’appareil de mesure, Le multiplexage permet l’utilisation d’une seule ligne physique
on dit aussi appareil mesureur (Vocabulaire de métrologie légale) [5], pour transmettre plusieurs messages, par exemple par modulation
est une appellation réservée aux instruments qui ne reproduisent et partage des fréquences (plusieurs canaux) ou par échantillon-
pas, d’une façon permanente, une ou plusieurs valeurs d’une gran- nage temporel et partage des temps. Le signal doit être transformé
deur (dite grandeur fournie), c’est-à-dire qui ne sont pas des mesures (par exemple analogique en numérique) puis codé (codes binaire,
matérialisées (telles masse marquée, éprouvette, résistance élec- décimal, octal).
trique, etc.). ■ Phase C
L’ensemble des appareils de mesure et des mesures matérialisées La transmission a lieu par un transducteur qui assure le transfert
constitue, en principe, l’ensemble des instruments de mesure. des informations. Ce sera, par exemple, un ensemble émetteur-
La pratique courante fait fi de ces subtilités et la dernière version récepteur. La transmission peut se faire par fibres optiques, liaisons
du VIM a reconnu les deux termes « appareil de mesure » et « instru- hertziennes, etc.
ment de mesure » comme synonymes.
■ Phase D
Parmi les appareils de mesure, on distingue les appareils indica-
La phase enregistrement comporte tout d’abord une mise en
teurs (aussi appelés appareils afficheurs) des appareils enregis-
forme des signaux correspondant au type de support de stockage
treurs. Une deuxième subdivision a trait au mode d’indication ou
retenu. C’est le plus souvent un support d’enregistrement électro-
d’enregistrement, selon qu’il se fait sous forme numérique ou sous
nique ou magnétique, encore appelé mémoire. Le dispositif de
forme analogique. Par simplification de langage, un appareil de
lecture assure le transfert des informations stockées vers les moyens
mesure numérique doit s’entendre comme un appareil à affichage
de décommutation ou de décodage, autant que nécessaire en fonc-
numérique. Il en est de même pour l’appareil de mesure analogique,
tion du traitement de départ.
où c’est l’affichage qui est analogique, quel que soit le principe de
fonctionnement de l’appareil. ■ Phase E
Exemple : parmi les différentes classes d’appareils de mesure, on Elle assure l’opération inverse de la phase B.
peut citer aussi l’appareil totalisateur, tel qu’un pont-bascule ferro-
viaire, qui fait la somme des valeurs partielles d’un mesurande. On a ■ Phase F
également l’appareil intégrateur, comme le compteur d’énergie élec- Cette phase assure le traitement des informations tel que, d’abord
trique, qui intègre un mesurande en fonction d’une autre grandeur. linéarisation et filtrage, puis transformation du résultat brut en
résultat corrigé, calcul d’incertitude et, éventuellement, d’intervalle
Plusieurs instruments de mesure peuvent être assemblés pour réa- de confiance. Les résultats sont ensuite restitués sur écran, impri-
liser une tâche de mesurage spécifiée. Ce sont des systèmes de mante, table traçante, support de diagramme (papier portant des
mesure tels que l’appareillage pour l’étalonnage des thermomètres lignes imprimées), dispositif indicateur analogique qui fournit un
médicaux ou l’installation de mesure de débit avec boucle d’épreuve. affichage analogique avec index et échelle d’étendue déterminée
On réserve ce terme d’installation de mesure pour les systèmes ins- sur un cadran, ou dispositif indicateur numérique dans le cas où
tallés à demeure. l’affichage est numérique.
Le terme chaîne de mesure correspond à la suite d’éléments
d’un système de mesure considérés sous l’angle du chemin par-
couru par le signal de mesure depuis l’entrée (signal d’entrée) 4.3 Termes associés à l’appareil de mesure
jusqu’à la sortie (signal de sortie ou réponse).

4.3.1 Zéro
4.2 Chaîne de mesure
Le zéro d’un appareil de mesure correspond à la position de
l’index (ou du dispositif enregistreur) de l’appareil lorsque la valeur
L’exemple suivant (figure 1) présente une chaîne de mesure de la grandeur mesurée est nulle, l’appareil étant en état de fonc-
complexe. Il va permettre de donner quelques explications sur les tionnement, avec toute source d’énergie auxiliaire nécessaire.
différents types d’éléments qui peuvent figurer dans la chaîne. Celle- Dans le cas d’un appareil de mesure avec une source auxiliaire
ci est essentiellement composée de transducteurs qui font corres- d’énergie électrique, ce terme est habituellement appelé zéro élec-
pondre signal d’entrée et signal de sortie selon une loi déterminée trique. Il peut être différent du zéro mécanique qui correspond à la
caractérisée par la fonction de transfert H (p ), rapport entre la trans- position de l’index lorsque l’appareil n’est pas en service et que
formée de Laplace du signal de sortie et la transformée de Laplace son alimentation auxiliaire est coupée.
du signal d’entrée du transducteur à conditions initiales nulles.

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Figure 1 – Exemple d’un ensemble de chaîne


de mesure complexe

4.3.2 Étalonnage. Calibrage. Ajustage. Réglage appareil de mesure en fonction des valeurs correspondantes de la
grandeur mesurée. C’est, en principe, le travail du constructeur.
Ces termes ne sont pas synonymes. La confusion vient du terme
■ L’ajustage et le réglage sont deux opérations analogues. Elles
anglais calibration qui signifie seulement et uniquement étalonnage.
consistent à amener un appareil de mesure à un fonctionnement et
■ Étalonner un appareil de mesure, c’est établir la relation entre les à une justesse convenables pour son emploi. Ce qui les différencie,
valeurs qu’il indique et les valeurs correspondantes de grandeurs c’est que le réglage est fait par l’utilisateur habituel de l’instrument,
réalisées par un étalon. L’étalonnage permet d’estimer les erreurs en agissant sur les moyens mis à sa disposition. C’est le cas du
d’indication de l’appareil ; il peut être exprimé sous la forme d’un fac- réglage d’un pHmètre à partir de solutions tampons de pH connu en
teur d’étalonnage ou d’une courbe d’étalonnage. En analyse agissant sur les potentiomètres généralement accessibles sur la
chimique par méthodes physiques (spectrométrie par exemple), face avant. L’ajustage, par contre, est effectué par le fabricant de
l’utilisation de courbes d’étalonnage est habituelle. l’appareil ou par un laboratoire spécialisé. Il met en jeu des dispo-
sitifs qui ne sont pas normalement accessibles à l’utilisateur. La
■ Le calibrage correspond seulement au positionnement matériel mise au fil des couteaux d’une balance en est un exemple.
des repères, c’est-à-dire des traits sur le dispositif indicateur d’un

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Figure 2 – Chaîne d’étalonnage dont la gestion


et la coordination sont assurées
par le secrétariat permanent du Bureau
national de métrologie

4.4 Étalon Notion voisine, sinon confondue avec le concept d’étalon, les
matériaux de référence reproduisent une ou plusieurs propriétés
d’un matériau suffisamment bien définies pour pouvoir étalonner
L’étalon est la représentation matérielle de la grandeur choisie un appareil, évaluer une méthode de mesure.
comme unité (ou d’une valeur connue d’une grandeur). Il est utilisé Exemples de matériaux de référence : huiles de viscosité déter-
pour transmettre la valeur de cette grandeur à d’autres instruments minée, utilisées pour étalonner les viscosimètres, fer de très haute
de mesure. Ce peut être physiquement une mesure matérialisée, pureté analytique, etc.
par exemple un étalon de masse de 1 kg ou un étalon de résistance
de 100 Ω ou une pile étalon saturée de Weston (tension électrique). Tous renseignements sur les matériaux de référence peuvent être
Ce peut également être un système de mesure plus complexe tel obtenus par interrogation de la banque de données COMAR au
un étalon de fréquence à césium, pour la grandeur temps. Bureau national de métrologie.
On parle d’étalon collectif lorsque l’on utilise conjointement un Le Service des matériaux de référence est rattaché, en France, au
ensemble de mesures matérialisées ou d’instruments de mesure Bureau national de métrologie et il est localisé au Laboratoire natio-
semblables pour réaliser un étalon (par exemple, un ensemble d’hor- nal d’essais.
loges comme étalon de temps), alors que le terme série d’étalons
est réservé à un ensemble d’étalons de valeurs choisies qui, indi-
viduellement ou par combinaison, fournissent une série de valeurs
de grandeurs de même nature. C’est le cas, par exemple, de la clas-
sique boîte de masses marquées, dite boîte de poids.
5. Caractéristiques
Pour conserver aux étalons leurs propriétés métrologiques, il est et performances
nécessaire d’établir une hiérarchie entre les étalons d’une même
grandeur. des instruments de mesure
Prenons l’exemple de la masse : l’étalon international de la masse,
reconnu par accord international (Première Conférence générale des Dans ce paragraphe, le terme « instrument de mesure » est
poids et mesures en 1889), est le prototype international en platine employé pour couvrir les notions d’appareil de mesure, de mesure
iridié conservé au Bureau international des poids et mesures au Pavillon matérialisée et, plus généralement, de système de mesure.
de Breteuil à Sèvres. Il sert de base à la fixation des valeurs des autres
étalons nationaux de la grandeur masse.
Dans la chaîne métrologique d’un pays, on distingue l’étalon 5.1 Caractéristiques relatives
primaire (laboratoire primaire) qui est l’étalon national, l’étalon
secondaire, puis, au niveau de l’entreprise, l’étalon de référence et au domaine de mesure
l’étalon de travail.
La figure 2 présente le plan général de gestion et de coordina- Un instrument de mesure est utilisable sur une certaine plage de
tion des chaînes d’étalonnage assurées par le Bureau national de variation de la grandeur à mesurer. On définit le calibre d’un ins-
métrologie. trument comme l’ensemble des valeurs de la grandeur mesurée
La caractéristique essentielle des chaînes d’étalonnage se traduit pour lesquelles l’instrument de mesure présente une valeur à l’inté-
par le concept de « traçabilité » qui correspond à l’aptitude à relier rieur de son étendue d’échelle. Le calibre s’exprime en unités de la
des résultats de mesure aux étalons de haute qualité métrologique grandeur à mesurer, indépendamment de l’unité utilisée pour gra-
à travers une chaîne ininterrompue de comparaisons ayant toutes duer l’échelle. Lorsqu’un instrument possède plusieurs échelles sur
des incertitudes déterminées. son cadran (par exemple un multimètre pour mesures électriques),
il comporte plusieurs calibres.

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Le calibre d’un thermomètre s’exprimera, par exemple, sous la 20 oC que les caractéristiques métrologiques réelles de l’appareil
forme –10 oC à +110 oC (l’étendue d’échelle est alors de 120 oC). On seront vérifiées par rapport aux caractéristiques annoncées par le
a l’habitude de ne pas spécifier la limite inférieure lorsqu’elle est zéro. fabricant.
Par exemple, pour un voltmètre, un calibre de 0 V à 150 V est appelé
calibre de 150 V.
Le coefficient par lequel l’indication directe de l’instrument doit 5.3 Caractéristiques métrologiques
être multipliée pour obtenir la valeur du mesurande s’appelle
constante de l’instrument. Les instruments à calibres multiples ont, Elles sont nombreuses et nous nous contenterons d’énumérer
en conséquence, plusieurs constantes. les principales
Deux notions découlent de celle de calibre. L’intervalle de mesure
est le module de la différence entre les deux limites qui définissent
le calibre. Le thermomètre cité précédemment en exemple a un inter- 5.3.1 Sensibilité
valle de mesure de 120 oC. L’étendue de mesure spécifiée est définie
comme l’ensemble des valeurs de la grandeur à mesurer pour les- Pour une valeur donnée du signal d’entrée, la sensibilité est définie
quelles l’instrument de mesure présente des résultats à l’intérieur comme le quotient de l’accroissement de la réponse par l’accrois-
des limites d’erreur spécifiées. sement correspondant du signal d’entrée. Elle correspond à la pente
de la courbe d’étalonnage. Il ne faut pas confondre la sensibilité,
C’est ainsi qu’une balance classique du commerce peut, par exemple, qui s’exprime par un quotient, et la mobilité, décrite ci-après.
présenter un calibre de 1 kg et une étendue de mesure spécifiée de
50 g à 1 kg. Pour la balance, on parle de portée minimale et de portée
maximale pour les deux limites de l’étendue. Ces termes de portées 5.3.2 Mobilité, résolution, zone morte
maximale et minimale sont parfois utilisés, par analogie, pour d’autres
instruments. ■ La mobilité est l’aptitude d’un instrument de mesure à réagir aux
On notera que les deux termes d’intervalle et d’étendue sont petites variations du signal d’entrée.
employés en métrologie à l’inverse de ce qui est fait en mathéma- Le seuil de mobilité est la plus grande variation qui ne provoque
tique, ce qui est fort regrettable. pas une variation perceptible de la réponse de l’instrument. Ce seuil
La valeur nominale est la valeur arrondie ou approximative de mobilité peut être dû à diverses causes telles que le frottement,
d’une caractéristique d’un instrument de mesure (généralement l’amortissement (dans le cas d’instruments à équipage mobile), le
une mesure matérialisée) qui sert de guide pour son utilisation, par bruit interne ou externe, le pas de quantification (dans le cas d’ins-
exemple la valeur de 100 Ω marquée sur une résistance étalon, ou truments à principe numérique ou à affichage numérique).
la valeur 1 L marquée sur une fiole jaugée à un trait. ■ On parle de résolution pour la plus petite différence d’indication
d’un dispositif afficheur qui peut être perçue de manière significa-
tive. Pour un dispositif numérique, cela correspond au changement
5.2 Caractéristiques relatives d’une unité du chiffre le moins significatif.
aux conditions de fonctionnement ■ La zone morte est l’intervalle maximal à l’intérieur duquel on peut
faire varier le signal d’entrée dans les deux sens sans provoquer de
5.2.1 Conditions assignées variation de la réponse d’un instrument de mesure.

Les conditions assignées sont les conditions d’utilisation, tant


pour l’étendue de mesure spécifiée que pour les grandeurs d’inf- 5.3.3 Discrétion
luence, pour lesquelles sont données les spécifications des carac-
téristiques métrologiques de l’instrument. Ces conditions assignées La discrétion caractérise l’aptitude d’un instrument à ne pas modi-
font l’objet d’accord entre fournisseur et utilisateur et sont le plus fier la valeur de la grandeur mesurée. Le terme finesse a parfois été
souvent spécifiées par le fabricant. utilisé pour cette caractéristique.

5.2.2 Conditions limites 5.3.4 Constance. Justesse. Fidélité. Exactitude


Les conditions limites sont les conditions extrêmes, caractéri- ■ La constance est l’aptitude d’un instrument à conserver ses carac-
sées par des valeurs limites tant pour le mesurande que pour les téristiques métrologiques constantes au cours du temps.
grandeurs d’influence, qu’un instrument de mesure peut subir sans
qu’il y ait altération de ses caractéristiques métrologiques lorsqu’il ■ La justesse est l’aptitude d’un instrument à donner des indica-
est ensuite utilisé dans les conditions assignées. C’est ainsi qu’un tions qui, en moyenne, correspondent à la valeur vraie ou à la valeur
voltmètre numérique peut, par exemple, fonctionner dans des conventionnellement vraie de la grandeur mesurée.
conditions assignées de température de – 10 oC à + 60 oC et que la ■ La fidélité est l’aptitude d’un instrument à donner la même indi-
condition limite supérieure pour le stockage peut être de 80 oC. cation pour une même valeur de la grandeur mesurée. Un instru-
Un instrument qui comporte un dispositif limitant la valeur de la ment peut être fidèle sans être juste. Nous avons vu (§ [Link]) que
surcharge qu’il peut subir est dit protégé. la méthode de double pesée permet d’utiliser une balance qui n’est
pas juste, pourvu qu’elle soit sensible et fidèle ; encore faut-il que
les masses marquées soient justes. Un instrument peut ne pas être
5.2.3 Conditions de référence fidèle par dérive, c’est-à-dire lente variation de ses caractéristiques
métrologiques au cours du temps.
Les conditions de référence sont spécifiées pour vérifier les carac-
■ L’exactitude est la caractéristique qui combine les deux qualités
téristiques métrologiques d’un instrument et pour pouvoir comparer
précédentes. Le terme précision a été et est encore employé pour
leurs performances dans une même catégorie d’appareils. La
qualifier cette notion, mais il a tellement été utilisé à tort et à travers
température de référence pour le voltmètre numérique cité au para-
qu’il a perdu une signification dénuée d’ambiguïté et c’est le terme
graphe 5.2.2 sera, par exemple, de 20 oC. Cela signifie que c’est à
exactitude qui doit lui être préféré.

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Les instruments qui présentent des caractéristiques métrolo-


giques conservant les erreurs dans des limites spécifiées peuvent 6. Résultat de mesure,
être caractérisés par leur classe d’exactitude (on dit encore, bien que
ce ne soit pas retenu par le VIM, classe de précision pour les appareils
erreur et incertitude
électriques et électroniques), habituellement indiquée par un
nombre ou symbole conventionnel, appelé indice de classe.
6.1 Résultat de mesure
5.3.5 Rapidité. Temps de réponse. Hystérésis
La séquence des opérations qui, partant de l’indication d’un ins-
Une grandeur d’entrée d’un instrument de mesure est généra- trument de mesure, permet d’aboutir au résultat final est variable
lement susceptible d’évolution. L’instrument est dit rapide s’il est selon l’instrument, la méthode et le traitement mathématique éven-
capable de suivre les variations de la grandeur d’entrée. La tuellement mis en jeu. Aussi est-il préférable de décrire une séquence
réponse individuelle à un échelon unitaire caractérise l’instrument. en exemple, tout en sachant que de nombreuses variantes sont pos-
On retrouve la notion de fonction de transfert déjà signalée au sibles. Cela permettra de préciser les termes qui s’appliquent aux
paragraphe 4.2. diverses étapes.
Le temps de réponse permet de caractériser l’instrument, en le Tout d’abord, ce qui apparaît sur l’échelle de l’instrument doit
définissant comme l’intervalle de temps entre un changement être appelé indication directe (ou valeur d’échelle) pour ne pas
brusque du signal d’entrée et le moment où le signal de sortie confondre avec l’indication proprement dite, exprimée en unité de
atteint, dans des limites spécifiées (5 % par exemple), sa valeur la grandeur à mesurer.
finale en régime établi et s’y maintient. Si le mesurage prévoit une seule indication, celle-ci constitue le
Lorsqu’un instrument présente une réponse qui dépend de la résultat brut. Le plus souvent, on est amené à faire une moyenne
séquence des signaux d’entrée précédents, on qualifie le phénomène (arithmétique, quadratique, harmonique, etc.) de plusieurs indica-
d’hystérésis. Il y a, en particulier, hystérésis lorsque la réponse de tions pour obtenir le résultat brut.
l’instrument est différente selon qu’une même grandeur d’entrée est Le résultat corrigé se déduit du résultat brut après avoir apporté
obtenue par valeurs croissantes ou par valeurs décroissantes. les corrections qui permettent de tenir compte des erreurs systé-
matiques présumées. Le signe des corrections est tel que :
résultat brut + corrections = résultat corrigé
5.4 Erreurs dues aux instruments
Enfin, l’expression complète du résultat comprend, normalement,
de mesure l’incertitude qui s’y rattache, obtenue, par exemple, par les méthodes
statistiques d’estimation ponctuelle ou d’estimation par intervalle,
ainsi que les valeurs des grandeurs d’influence.
Par définition, on appelle erreur d’indication d’un instrument de
mesure, ou encore erreur d’un instrument de mesure, la différence C’est alors que l’expérimentateur devra méditer sur le résultat
(algébrique) entre l’indication de l’instrument et la valeur (conven- final qu’il annonce. Il y a éventuellement des erreurs systématiques
tionnellement) vraie de la grandeur mesurée (c’est le poids lu dont l’existence est connue et qui n’ont pas été corrigées ; même
moins poids vrai enseigné pour les balances en métrologie légale). s’il y a eu correction, il y a incertitude sur la correction. De même,
un instrument ne mesure jamais directement la grandeur à laquelle
Comme la « valeur vraie » de la grandeur n’est jamais connue, on s’intéresse : une jauge de contrainte ne mesure pas la contrainte
on ne peut que procéder par estimation. en un point d’une structure mais l’allongement moyen de la surface
On retrouve différents types d’erreurs correspondant aux carac- sur laquelle elle est fixée ; « un thermomètre ne mesure jamais que
téristiques métrologiques définies au paragraphe 5.3 : sa propre température », disait le physicien Bouasse.
— l’erreur de justesse est la composante systématique de l’erreur Bien que ces divers aspects aient été en principe pris en compte,
d’indication ; il est nécessaire de procéder à une étude critique de la chaîne de
— l’erreur de fidélité en est la composante aléatoire ; mesure. L’expérimentateur méditera aussi sur la valeur vraie qui sert
— l’erreur de poursuite est l’erreur occasionnée par le retard de de référence pour les calculs d’erreurs et qui est toujours conven-
réponse de l’instrument ; tionnelle. Il importe d’en expliciter la définition.
— l’erreur d’hystérésis est l’erreur due au phénomène d’hysté-
résis.
On emploie également d’autres qualificatifs tels que erreur de
parallaxe, erreur de lecture, erreur de mobilité, erreur sur le zéro, 6.2 Exactitude. Répétabilité.
dont les significations sont claires. Reproductibilité.
L’erreur sur le zéro, qui correspond à un décalage du zéro sans
autre modification de la courbe d’étalonnage, ne doit pas être
confondue avec l’erreur à zéro qui est un cas particulier de l’erreur L’exactitude d’un mesurage est l’étroitesse de l’accord entre le
d’indication à un point de référence (appelée erreur au point de résultat de mesure et la valeur (conventionnellement) vraie de la
contrôle) lorsque la valeur spécifiée de la grandeur mesurée est grandeur mesurée. Comme pour les instruments de mesure (§ 5.3.4),
nulle. le terme précision est encore très utilisé dans le sens d’exactitude.
Mais il a été employé en de trop nombreuses circonstances pour
L’erreur intrinsèque est l’erreur d’indication dans les conditions conserver une signification... précise et on lui préférera le terme
de référence (§ 5.2.3). d’exactitude qui a été retenu internationalement.
Une notion fondamentale, particulièrement en métrologie légale, Deux concepts sont utilisés pour caractériser la dispersion des
est l’erreur maximale tolérée qui correspond aux valeurs extrêmes résultats en fonction des variations possibles des conditions de
de l’erreur (en plus ou en moins) tolérées par les spécifications ou mesurage.
réglementations relatives à l’instrument. On parle aussi de limites
d’erreur tolérées. ■ Le premier concept, la répétabilité, correspond à l’application de
la même méthode de mesure par le même observateur, avec le
même instrument de mesure, au même lieu, dans les mêmes

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conditions d’emploi et en répétant le mesurage sur une courte Paramètre, associé au résultat d’un mesurage, qui caractérise la
période de temps. Elle se caractérise par l’étroitesse de l’accord entre dispersion des valeurs qui pourraient raisonnablement être
les résultats de mesure et elle peut s’exprimer, par exemple, par un attribuées au mesurande.
écart-type de répétabilité ou par un paramètre statistique caractéris- « NOTES 1. Le paramètre peut être, par exemple, un écart-type
tique de la dispersion des résultats. (ou un multiple de celui-ci) ou la demi-largeur d’un
■ Le second concept, la reproductibilité, correspond généralement intervalle de niveau de confiance déterminé.
à la variation de l’ensemble des conditions qui ont été énumérées 2. L’incertitude de mesure comprend, en général,
pour la répétabilité. Mais il arrive que certaines conditions soient plusieurs composantes. Certaines peuvent être éva-
fixées, par exemple la méthode de mesure, et il faut alors le préciser. luées à partir de la distribution statistique des résultats
La reproductibilité s’exprime quantitativement, comme la répétabi- de séries de mesurages et peuvent être caractérisées
lité, par un paramètre statistique de dispersion (écart-type de repro- par des écarts-types expérimentaux. Les autres
ductibilité, par exemple). composantes, qui peuvent aussi être caractérisées par
des écarts-types, sont évaluées en admettant des lois
de probabilité, d’après l’expérience acquise ou d’après
d’autres informations.
6.3 Erreur
3. Il est entendu que le résultat du mesurage est la
Les imperfections en général présentées par un processus de meilleure estimation de la valeur du mesurande, et
mesure occasionnent une inexactitude sur le résultat de mesure. que toutes les composantes de l’incertitude, y compris
La différence (algébrique) entre le résultat du mesurage et la valeur celles qui proviennent d’effets systématiques, telles
(conventionnellement) vraie de la grandeur est appelée erreur de que les composantes associées aux corrections et aux
mesure. Comme la valeur vraie (ou la valeur conventionnellement étalons de référence, contribuent à la dispersion. »
vraie) d’une grandeur n’est pas connue, le concept d’erreur est Les deux concepts d’erreur et d’incertitude ne sont pas syno-
idéal et les erreurs ne peuvent être connues exactement. nymes et méritent que l’on s’y attarde pour éviter de les confondre.
Traditionnellement, on considère qu’une erreur possède une Un exemple permettra de bien sentir leur différence :
composante aléatoire appelée erreur aléatoire et une composante Le résultat d’un mesurage, après correction, peut, sans qu’on le
systématique, appelée erreur systématique. sache, être très proche de la valeur vraie du mesurande et, en consé-
L’erreur aléatoire est due principalement aux variations tempo- quence, avoir une erreur négligeable (égale au résultat du mesurage
relles et spatiales stochastiques des grandeurs d’influence. Les effets moins la valeur vraie inconnue du mesurande), même s’il possède
aléatoires de ces variations entraînent des variations pour les obser- une incertitude élevée, estimée selon la méthode d’estimation de
vations répétées du mesurande. L’erreur aléatoire, qui ne peut être l’incertitude décrite dans le Guide [7].
compensée par une correction, peut être réduite en augmentant le Pour un mesurage, il existe de nombreuses sources possibles
nombre d’observations. d’incertitudes, qui vont de la définition incomplète du mesurande
L’erreur systématique, comme l’erreur aléatoire, ne peut pas être aux variations entre les observations répétées du mesurande dans
éliminée mais peut, elle aussi, être réduite le plus souvent. L’effet des conditions apparemment identiques, en passant par les pro-
reconnu d’une grandeur d’influence qui produit une erreur systé- blèmes liés à l’échantillonnage, le biais dû à l’observateur, la réso-
matique sur un résultat de mesure est appelé effet systématique. lution de l’instrument, les valeurs des constantes ou des matériaux
Il peut souvent être quantifié et, s’il est significatif par rapport à de référence, etc.
l’exactitude envisagée pour le mesurage, on peut appliquer une
correction au résultat de mesure.
6.4.1 Évaluation de type A, de type B
Exemple : il est possible d’appliquer une correction due à l’impé-
dance finie d’un voltmètre (effet systématique) utilisé pour déterminer Le traitement des composantes de l’incertitude s’effectue main-
la différence de potentiel aux bornes d’une résistance d’impédance tenant en classant des composantes en deux catégories fondées
élevée. Cependant, les valeurs des impédances du voltmètre et de la sur leurs méthodes d’évaluation, suivant en cela la Recommanda-
résistance connues à partir d’autres mesurages, ne sont pas forcé- tion du Comité international des poids et mesures de 1981.
ment connues avec une exactitude suffisante et la correction due à
l’effet systématique présente elle-même ce que l’on appelle une incer- ■ L’évaluation de type A de l’incertitude s’obtient par l’analyse
titude (voir § 6.4 suivant). statistique de séries d’observations. On parle alors de composante
de l’incertitude obtenue par évaluation de type A, c’est-à-dire par la
L’erreur de mesure s’exprime parfois par son rapport à la valeur répétition du mesurage et le calcul de paramètres statistiques sur la
(conventionnellement) vraie de la grandeur. On parle alors d’erreur base des valeurs obtenues, telles que estimation de l’écart-type.
relative, par opposition à l’erreur absolue qui est l’erreur de mesure
de départ. À noter que l’erreur absolue est une grandeur algébrique ■ L’évaluation de type B correspond à l’utilisation de tous les
à ne pas confondre avec son module, la valeur absolue de l’erreur. moyens autres que l’analyse statistique, tels que des résultats de
mesure antérieurs, des spécifications des fabricants, des données
fournies par des certificats d’étalonnage. On aboutit alors à une
composante de l’incertitude obtenue par évaluation de type B.
6.4 Incertitude
■ Ces catégories de composantes, type A et type B, s’appliquent à
L’incertitude sur le résultat d’un mesurage reflète le manque de la méthode d’évaluation de l’incertitude et la classification ne veut
connaissance exacte de la valeur du mesurande. pas indiquer qu’il existe une quelconque différence de nature entre
les deux types d’incertitude. Cela ne correspond nullement à des
Pour éviter toute confusion, la définition de l’incertitude, reconnue
substituts aux termes « aléatoire » et « systématique ». L’incertitude
internationalement et commune au VIM et au Guide sur l’expression
sur une correction pour un effet systématique reconnu peut être
de l’incertitude de mesure, est reproduite in extenso ci-après :
obtenue par une évaluation de type A dans certains cas et par une
« Incertitude de mesure [VIM 3.9] évaluation de type B dans d’autres cas. Il peut en être de même pour
l’évaluation de l’incertitude qui caractérise un effet aléatoire.

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Dans la pratique, l’évaluation des composantes de l’incertitude 6.4.2 Incertitude élargie


s’effectue à partir de l’estimation d’écarts-types (racines carrées de
variances), soit par une estimation statistique classique (type A), Pour certaines applications industrielles ou de sécurité par
soit par d’autres modes d’estimation (type B). L’incertitude ainsi exemple, les incertitudes ne sont pas directement exprimées en
exprimée sous forme d’écart-type est appelée incertitude-type. écart-type, mais on multiplie l’incertitude-type composée par un fac-
On obtient donc une incertitude-type évaluée par une méthode de teur d’élargissement k, habituellement compris entre 2 et 3. L’objectif
type A à partir d’une densité de probabilité déduite d’une distribu- poursuivi avec cette incertitude élargie est de fournir un intervalle
tion de fréquence, alors que l’on obtient une incertitude-type éva- autour du résultat de mesurage, dont on puisse s’attendre à ce qu’il
luée par une méthode de type B à partir d’une densité de comprenne une fraction élevée de la distribution des valeurs qui
probabilité supposée fondée sur le degré de croyance en ce qu’un pourraient raisonnablement être attribuées au mesurande.
événement se produise.
Noter que, dans l’expression d’un résultat de mesure donnée avec
Lorsque le résultat d’un mesurage est obtenu à partir des valeurs une incertitude élargie, il est toujours nécessaire de préciser la valeur
de plusieurs autres grandeurs, l’incertitude-type correspondante du facteur d’élargissement pour pouvoir retrouver aisément l’incer-
est appelée incertitude-type composée. titude-type sur la grandeur mesurée, car c’est l’incertitude-type qui
sera utilisée dans les calculs d’incertitude d’autres grandeurs qui
pourraient dépendre de cette grandeur mesurée.

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Index
L’index ci-après donne, par ordre alphabétique, les termes définis dans le présent article, suivis (entre parenthèses, en italique) de leur
traduction en langue anglaise et du numéro du paragraphe correspondant.

Affichage analogique (analogue indication ) 4.2 Écart-type (standard deviation ) 6.4 Grandeur (quantity ) 1.1
numérique (digital indication ) 4.2 d e r é p é t a b i l i t é (s t a n d a r d d e v i a t i o n o f aléatoire (random quantity ) 1.7
Ajustage (adjustment ) 4.3.2 repeatability ) 6.2 de base (base quantity ) 1.4
Amortissement (damping ) 5.3.2 de reproductibilité (standard deviation of conventionnelle (conventional quantity ) 1.2
reproducibility ) 6.2
Amplitude (amplitude ) 1.6 dérivée (derived quantity ) 1.4
Échantillonnage (sampling ) 3.4
crête à crête (peak to peak amplitude ) 1.6 directement mesurable (quantity directly
Échelle (scale ) 4.2 measurable ) [Link]
maximale (maximum amplitude ) 1.6
de repérage (reference-value scale ) 2.3 fournie (supplied quantity ) 4.1
Analyse dimensionnelle (dimensional
analysis ) 1.5 Échelon unitaire (unitary step ) 5.3.5 indirectement mesurable (quantity indirectly
de Fourier (Fourier analysis ) 1.6 Écran (screen ) 4.2 measurable ) [Link]
Angle (angle ) 1.5 Effet aléatoire (random effect ) 6.3 d’influence (influence quantity ) 3.1.1
Appareil afficheur (indicating instrument ) 4.1 Effet systématique (systematic effect ) 6.3 mesurable (measurable quantity ) 1.3.1
de mesure analogique (analogue indicating Erreur absolue (absolute error ) 6.3 à mesurer (measurand ) 2.1
instrument ) 4.1 aléatoire (random error ) 6.3 périodique (periodic quantity ) 1.6
de mesure numérique (digital indicating de fidélité (repeatability error ) 5.4 physique (physical quantity ) 1.3
instrument ) 4.1 d’hystérésis (hysteresis error ) 5.4 repérable (quantity corresponding to a refe-
enregistreur (recording instrument ) 4.1 d’indication d’un instrument de mesure [error rence-value scale ) 1.3.2
indicateur (indicating instrument ) 4.1 (of indication) of a measuring instrument ] sans dimension (dimensionless quantity ) 1.5
intégrateur (integrating instrument ) 4.1 5.4 Grandeurs de même nature (quantities of the
totalisateur (totalizing instrument ) 4.1 intrinsèque (intrinsic error ) 5.4 same kind ) 1.3.3
Appareillage (apparatus ) 4.1 d’un instrument de mesure (error of a measu-
ring instrument ) 5.4 Harmonique (harmonic ) 1.6
Binaire (binary ) 4.2 de justesse (bias error ) 5.4 Hystérésis (hysteresis ) 5.3.5
Bruit (noise ) 5.3.2 de lecture (reading error ) 5.4
maximale tolérée (maximum permissible Imprimante (printer ) 4.2
error ) 5.4 Incertitude élargie (expanded uncertainty ) 6.4.1
Cadran (dial ) 4.2
de mesure (measuring error ) 6.3 de mesure (uncertainty of measurement ) 6.4
Calibrage (gauging ) 4.3.2
de mobilité (discrimination error ) 5.4 Incertitude-type (standard uncertainty ) 6.4.1
Calibre (nominal range ) 5.1
de parallaxe (parallax error ) 5.4 Incertitude-type composée (combined standard
Capteur (sensor ) 4.2
au point de contrôle (datum error ) 5.4 uncertainty ) 6.4.1
Catégorie de grandeurs (categorie of
quantities ) 1.3.3 de poursuite (tracking error ) 5.4 Index (index ) 4.2
Chaîne d’étalonnage (calibration chain ) 4.4 relative (relative error ) 6.3 Indication (indication ) 6.1
de mesure (measuring chain ) 4.1 - 4.2 systématique (systematic error ) 6.3 directe (direct indication ) 6.1
Classe d’exactitude (accuracy class ) 5.3.4 à zéro (zero error ) 5.4 Indice de classe (class index ) 5.3.4
de précision (accuracy class ) 5.3.4 sur le zéro (error on the zero ) 5.4 Installation de mesure (measuring installation )
Comparaison directe (direct comparison ) 3.1.5 Étalon international (international standard ) 4.4 4.1
collectif (collective standard ) 4.4 Instrument de mesure (measuring instrument )
Composante de l’incertitude (component of 4.1
uncertainty ) 6.4.1 national (national standard ) 4.4
protégé (protected measuring instrument )
Conditions assignées (rated operating primaire (primary standard ) 4.4 5.2.2
conditions ) 5.2.1 de référence (reference standard ) 4.4 rapide (fast measuring instrument ) 5.3.5
limites (limiting conditions ) 5.2.2 secondaire (secondary standard ) 4.4 Intervalle de mesure (span ) 5.1
de référence (reference conditions ) 5.2.3 de travail (working standard ) 4.4
Constance de l’instrument (stability ) 5.3.4 Étalonner (to calibrate ) 4.3.2 Justesse (freedom from bias ) 5.3.4
Constante (instrument constant ) 5.1 Étendue d’échelle (scale range ) 4.2
Constante universelle (fundamental physical de mesure spécifiée (specified measuring Limites d’erreur tolérée (d’un instrument de
constant ) [Link] range ) 5.1 mesure) [limits of error (of a measuring
Correction (correction ) 3.1.1 - 6.1 - 6.3 Évaluation de type A de l’incertitude (type A instrument)] 5.4
Courbe d’étalonnage (calibration curve ) 4.3.2 - evaluation of uncertainty ) 6.4.1
5.3.1 Évaluation de type B de l’incertitude (type B eva- Matériau de référence (reference material ) 4.4
Covariance (covariance ) 5.3.3 luation of uncertainty ) 6.4.1 Mémoire (memory ) 4.2
Exactitude (accuracy ) 5.3.4 - 6.2 Mesurage (measurement ) 2.1
Décimal (decimal ) 4.2 Exposant dimensionnel (dimensional exponent ) dynamique (dynamic measurement ) 2.1
Densité de probabilité (probability density 1.5 statique (static measurement ) 2.1
function ) 6.4.1
Mesurande (measurand ) 2.1
Dérive (drift ) 5.3.4 Facteur d’élargissement (covering facteur ) 6.4.1
Mesure (measure ) 2.1
Détecteur d’écart (deviation detector ) 3.1.7 d’étalonnage (calibration factor ) 4.3.2
matérialisée (material measure ) 2.1 – 4.1
Différence de phase (phase difference ) 1.6 Fidélité d’un instrument de mesure (repeatibility
of a measuring instrument ) 5.3.4 Méthode de mesure (method of measurement ) 3
Dimension (dimension ) 1.5
Finesse (transparency ) 5.3.3 par coïncidence (coincidence method of
Discrétion (transparency ) 5.3.3 measurement ) 3.1.6
Dispositif indicateur analogique (analogue indi- Fonction aléatoire (random function ) 1.7
par comparaison (comparison method of
cating device ) 4.2 de corrélation (correlation function ) 1.7 measurement ) 3.1.5
numérique (digital indicating device ) 4.2 de covariance (covariance function ) 1.7 par contact (contact method of measurement )
Distribution de fréquence (frequency fondamentale (fundamental function ) 1.6 3.4
distribution ) 6.4.1 périodique (periodic function ) 1.6 différentielle (differential method of
Double pesée de Gauss (Gauss double weighing de transfert (transfer function ) 4.2 measurement ) 3.1.6
method ) [Link] directe (direct method of measurement ) 3.1.1
Fréquence (frequency ) 1.6

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destructive (destructive method of Portée maximale (maximum capacity ) 5.1 de grandeurs (system of quantities ) 1.4
measurement ) 3.4 minimale (minimum capacity ) 5.1 de mesure (measuring system ) 4.1
p a r d é v i a t i o n ( d e fl e c t i o n m e t h o d o f Précision (accuracy ) 5.3.4 d’unités (system of units ) 2.2
measurement ) 3.2
Préfixe (prefix ) encadré 1
par double pesée (double weighing method Table traçante (flatbed plotter ) 4.2
of measurement ) [Link] Principe de mesure (principle of measurement ) 3
Processus de mesure (measurement process ) 3 Temps de réponse (response time ) 5.3.5
fondamentale (fundamental method of
measurement ) 3.1.4 Produit de dimensions (dimensional product ) 1.5 Traçabilité (traceability ) 4.4
indirecte (indirect method of measurement ) Propriété extensive (extensive property ) [Link] Transducteur (transducer ) 4.2
3.1.2 Pulsation (angular frequency ) 1.6
objective (objective method of measurement ) Unité de base (base unit ) 2.2
3.3 Réglage (user adjustment ) 4.3.2 dérivée (derived unit ) 2.2
d’opposition (opposition method of Repère (scale mark ) 4.3.2 hors système (out-of-system unit ) encadré 1
measurement ) 3.1.7 de mesure (unit of measurement ) 2.2
Répétabilité (repeatability ) 6.2
sans contact (without contact method of
measurement ) 3.4 Réponse (response ) 4.1
Réponse individuelle (individual response ) 5.3.5 Valeur absolue de l’erreur (absolute value of
s e l o n d é fi n i t i o n (d e fi n i t i v e m e t h o d o f error ) 6.3
measurement ) 3.1.3 Reproductibilité (reproducibility ) 6.2
conventionnellement vraie (conventionally
subjective (subjective method of Résolution (resolution ) 5.3.2 true value ) 5.3.4
measurement ) 3.3 Résultat brut (uncorrected result ) 6.1 d’échelle (scale value ) 6.1
par substitution (substitution method of corrigé (corrected result ) 6.1
measurement ) [Link] efficace (effective value ) 1.6
de mesure (result of measurement ) 2.1 - 6.1 d’une grandeur (value of a quantity ) 2.1
par transposition (transposition method of
measurement ) [Link] d’une grandeur mesurable (value of a measu-
Sensibilité (sensitivity ) 5.3.1 rable quantity ) 2.2
de zéro (null method of measurement ) 3.1.7
Série d’étalons (group standard ) 4.4 moyenne (mean value ) 1.6
Métrologie (metrology ) 1.1
Seuil de mobilité (discrimination threshold ) 5.3.2 moyenne quadratique (quadratic mean
Mobilité (discrimination ) 5.3.2
Signal (signal ) 4.1 value ) 1.6
Mode opératoire (measurement procedure ) 3
d’entrée (input signal ) 1.7 - 4.1 nominale (nominal value ) 5.1
Module de conditionnement (conditioning
module ) 4.2 de sortie (output signal ) 1.7 - 4.1 numérique (numerical value ) 2.1 - 2.2
Moment (moment ) 1.7 Sonde (probe ) 4.2 vraie (true value ) 5.3.4
Moyenne (mean ) 1.7 Stationnaire (stationary ) 1.7 Variable d’évolution (variable ) 1.7
Multiplexage (multiplexing ) 4.2 Support de diagramme (recording chart ) 4.2 Variance (variance ) 6.4.1
de stockage (recording device ) 4.2
Octal (octal ) 4.2 Surcharge (overload ) 5.2.2 Zéro (zero ) 4.3.1
Symbole de grandeur (symbol of a quantity ) 1.3 électrique (electrical zero ) 4.3.1
Pas de quantification (quantification step) 5.3.2 Système (system ) 1.7 mécanique (mechanical zero ) 4.3.1
Période (period ) 1.6 cohérent (coherent system ) 2.2 Zone morte (dead band ) 5.3.2

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P
O
U
Vocabulaire de la mesure R

E
par Jean-Claude COURTIER N
Ingénieur de l’École supérieure de physique et chimie industrielles
Chargé de mission, Direction générale Association française de normalisation (AFNOR)

S
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boles, unités et nomenclature en physique). 67 p,
L
Normalisation
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Normes concernant les grandeurs, les unités, leurs symboles NF X 06-044 mai 84 Traitement des résultats de mesure. Déter-
mination de l’incertitude associée au résul-
S
Sous-classe X 02 et notamment
tat final.
NF X 02-001 déc. 93 Grandeurs et unités. Principes généraux.
Normes concernant les signaux aléatoires
NF X 02-003 août 85 Principes de l’écriture des nombres, des
NF X 06-901 sept. 92 Vocabulaire des signaux aléatoires. Pro-
grandeurs, des unités et des symboles.
babilité et processus aléatoires.
NF X 02-006 août 85 Le système international d’unités. Descrip-
NF X 06-902 sept. 92 Vocabulaire des signaux aléatoires. Sta-
tion et règles d’emploi. Choix de multiples
tistique.
et de sous-multiples.
NF X 06-903 sept. 92 Vocabulaire des signaux aléatoires. Trans-
NF X 02-201 à 214 1992 à 1994 Grandeurs, unités et symboles par domaine
formation d’un signal.
physique (espace et temps – phénomènes
périodiques – mécanique...). NF X 06-904 sept. 92 Vocabulaire des signaux aléatoires. Ana-
lyse spectrale des signaux continus.
Normes identiques ou équivalentes aux
10 - 1994

normes ISO 31 parties 0 à 13 : Grandeurs et Normes concernant la métrologie


unités. NF X 07-001 déc. 94 Vocabulaire international des termes fon-
Normes concernant la statistique damentaux et généraux de métrologie.
Sous-classe X 06 et notamment Norme concernant l’organisation de la métrologie
NF ISO 3534-1 et 3534-2 déc. 93 Statistique. Vocabulaire et symboles. NF X 07-010 déc. 92 Métrologie. La fonction métrologique
NF X 06-042 févr. 71 Interprétation de résultats d’essais. Esti- dans l’entreprise.
mation de la moyenne. Intervalle de
Doc. R 113

confiance.

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O
U Organismes
R France États-Unis
Association française de normalisation AFNOR. National Institute for Science and Technology NIST.
Union technique de l’électricité UTE. Royaume-Uni
Sous-Direction de la Métrologie.
E Bureau national de métrologie BNM.
Service des matériaux de référence SMR.
British Standards Institution BSI.
Organismes internationaux
Organisation internationale de normalisation ISO.
N Allemagne
Deutsches Institut für Normung DIN.
Comité européen de normalisation CEN.

S
A
V
O
I
R

P
L
U
S

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