0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
12 vues12 pages

Acv Step Fes1

Le document présente une analyse du cycle de vie (ACV) de la station d'épuration de Fès – Ain Bouali, en mettant l'accent sur la réglementation marocaine concernant la gestion de l'eau et l'assainissement. Il décrit les différentes étapes de traitement des eaux usées, ainsi que les matériaux et l'énergie impliqués dans la construction et l'exploitation de la station. L'objectif de l'ACV est d'évaluer les impacts environnementaux et de proposer des améliorations pour réduire l'empreinte écologique tout en maintenant la qualité du traitement des eaux usées.

Transféré par

Hiba Khalil
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
12 vues12 pages

Acv Step Fes1

Le document présente une analyse du cycle de vie (ACV) de la station d'épuration de Fès – Ain Bouali, en mettant l'accent sur la réglementation marocaine concernant la gestion de l'eau et l'assainissement. Il décrit les différentes étapes de traitement des eaux usées, ainsi que les matériaux et l'énergie impliqués dans la construction et l'exploitation de la station. L'objectif de l'ACV est d'évaluer les impacts environnementaux et de proposer des améliorations pour réduire l'empreinte écologique tout en maintenant la qualité du traitement des eaux usées.

Transféré par

Hiba Khalil
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Université Abdelmalek Essaâdi

Ecole Nationale des Sciences Appliquées d'Al-Hoceima

Département : Génie Civil, Énergétique &


Environnement
Filière : Génie de l’Eau et de l’Environnement

Analyse du Cycle de Vie (ACV) de la


Station d’Epuration de Fès – Ain
Bouali

Réalisé par :
• Khalil hiba
• ACHCHAK Siham

Année Universitaire : 2024/2025


I. Réglementation sur l’eau
Compte tenu des modifications climatiques (multiplication des sécheresses avec pour
conséquence la diminution des niveaux des nappes phréatiques) et de la croissance
démographique mondiale, la gestion de la ressource en eau constitue un enjeu majeur. Il devient
primordial de conserver « un bon état écologique et chimique » des milieux aquatiques.

La réglementation marocaine sur l’eau s’appuie principalement sur la loi n°10-95 relative à
l’eau, promulguée en 1995, et récemment révisée par la loi n°36-15. Ces textes ont pour objectif
de moderniser la gestion des ressources hydriques du pays en tenant compte des réalités
économiques, sociales et environnementales.

La loi n°10-95 établit que l’eau est un bien public appartenant au domaine hydraulique public,
englobant nappes, cours d’eau, lacs, sources et autres ressources. Elle pose ainsi le principe de
domanialité publique, interdisant toute appropriation privée sauf droits acquis limités, afin de
préserver cette ressource précieuse. Elle institue également une planification concertée entre
usagers et pouvoirs publics pour assurer une répartition équitable des ressources en eau,
protéger la santé publique à travers la réglementation de l’eau potable, lutter contre la pollution
et gérer rationnellement les ressources, en particulier en période de sécheresse. Cette loi prévoit
aussi une police de l’eau et des sanctions contre les exploitations illicites ou la dégradation de
la qualité de l’eau.

1. Eaux résiduaires :

Les eaux résiduaires entrant dans une station d’épuration urbaine sont différenciées par rapport
à leur origine (urbaines, industrielles ou pluviales).

Les eaux usées domestiques proviennent des différents usages de l’eau. Elles peuvent être
subdivisées en deux catégories :

• les eaux ménagères des salles de bain et des cuisines qui sont généralement chargées de
substances biodégradables (graisses, savons, ...), de détergents, de produits nettoyants,
désinfectants(hypochlorites, perborates, alcools, glycols, ammoniaque, aldéhydes, ...),
décapants et détartrants ainsi que d’engrais, de pesticides pour usage domestique et de
solvants pour le bricolage(xyloprotecteurs, peintures, vernis, colles, ...) ; ces eaux
peuvent également contenir des polluants cosmétiques et médicamenteux ;
• Les eaux « vannes » (rejets des toilettes) qui sont chargées de diverses matières
organiques azotées et de germes fécaux.
Les eaux usées industrielles peuvent également être introduites dans les systèmes
d’assainissement collectif publics uniquement avec l’autorisation des maîtres d’ouvrage
concernés (art. L. 35-8 du code de la santé publique). La pollution de ces eaux varie
fortement en fonction du type d’industrie et de l’utilisation de l’eau (métaux lourds,
micropolluants organiques, hydrocarbures, ...)

Les eaux pluviales se chargent d’impuretés au contact de l’air (fumées industrielles) et de


résidus (huiles, carburants, résidus de pneus, métaux lourds, ...) en ruisselant sur les toits et
les chaussées des villes. Ces eaux sont traitées dans une station d’épuration urbaine lorsque
le système d’assainissement est dit « unitaire ».

La variation du flux polluant entrant dans les STEP est liée à l’activité humaine (variations
journalière, hebdomadaire, saisonnière) même par temps sec et pour les installations ne traitant
ni les eaux pluviales et industrielles. Les différentes natures de pollution sont résumées dans le
tableau

2. Réglementation marocaine appliquée aux systèmes d’assainissement :

La réglementation marocaine relative à l’assainissement, notamment la Loi 36-15 sur


l’eau et ses textes d’application, impose aux services d’assainissement des obligations de
résultats : assurer une évacuation efficace des eaux usées et prévenir tout risque de
contamination des eaux de surface et souterraines.
Cette réglementation exige un traitement des eaux usées urbaines selon des normes de
rejet strictes, adaptées à la sensibilité du milieu récepteur.
Le décret n° 2-05-1533 précise les modalités de gestion de l’assainissement autonome et
collectif, organise la planification de l’assainissement dans les agglomérations, et définit
précisément les notions de zones d’assainissement collectif, d’assainissement non
collectif (autonome), ainsi que les zones sensibles nécessitant une attention particulière.
Les normes techniques marocaines (IMANOR) viennent compléter ce cadre en fixant les
exigences de conception, d’installation et de gestion des systèmes d’assainissement, afin
de garantir la protection de la ressource en eau et de l’environnement.
Tableau 1:Description des principales pollutions des eaux urbaines

3. Conditions de rejetdes effluents urbains

Au Maroc, les conditions de rejet des effluents urbains sont strictement encadrées par le décret
n° 2-04-553 qui impose que tout déversement dans les eaux superficielles ou souterraines fasse
l’objet d’une autorisation délivrée par l’agence de bassin hydraulique compétente. Cette
autorisation fixe notamment les valeurs limites de rejet (VLR) qui correspondent à des seuils
maximaux pour les paramètres physiques, chimiques, biologiques et bactériologiques des
effluents, afin d’éviter la dégradation de la qualité de l’eau.
II. Épuration des eaux urbaines
La réglementation impose une épuration des eaux usées urbaines dans une station dédiée avant
rejet dans le milieu naturel du fait des risques sanitaires et environnementaux (pollution des
eaux superficielles et naturelles, modification des milieux, risques pour les êtres vivants). Le
débit de ces effluents ainsi que la pollution présente sont variables selon la taille des
agglomérations, leur situation géographique, la saison et les conditions climatiques. Les
variations journalières sont également importantes. Les caractéristiques moyennes des eaux
usées urbaines marocaines arrivant en station sont rassemblées dans le tableau

La station d’épuration est installée généralement à l’extrémité d’un réseau de collecte sur
l’émissaire principal, en amont de la sortie des eaux vers le milieu naturel. Elle rassemble une
succession de dispositifs empruntés par les eaux usées. Ils sont conçus pour extraire au fur et à
mesure les différents polluants contenus dans les eaux usées. L’épuration se compose de
plusieurs étapes de traitement.

4. Traitement des eaux usées

La dépollution des eaux usées se décompose généralement en quatre étapes distinctes :


prétraitements, traitements primaires, secondaire et tertiaire.
1.1 Prétraitements

Les prétraitements visent à éliminer des eaux usées les matériaux solides ou particulaires
pouvant nuire aux traitements situés en aval : objets encombrants, graisses, huiles ou autres
matières flottantes, sables et matières facilement décantables. Ces traitements sont effectués par
les dégrilleur, dégraisseur/déshuileur (élimination de 80 à 90 % des graisses et matières
flottantes) et dessableur (élimination des particules de diamètre supérieur à 200 µm) qui
produisent des déchets envoyés soit en centre d’enfouissement technique de classe 2, soit en
incinération selon leur nature.

1.2 Traitement primaire

Le traitement primaire consiste à réaliser l’étape de décantation qui élimine jusqu’à 60 % des
matières en suspension (MES), et environ le tiers de la DBO5 entrante. Les boues produites
fortement organiques et fermentescibles sont acheminées vers l’unité de traitement des boues.
La phase aqueuse résultante, non conforme aux seuils de rejet, est acheminée vers le traitement
secondaire.
Si le traitement secondaire n’existe pas, comme c’est le cas dans de nombreuses villes côtières
ou riveraines d’un grand fleuve, la décantation est optimisée par ajout de coagulant et de
floculant qui améliorent notablement l’épuration.
La décantation a lieu dans des décanteurs circulaires raclés ou dans des décanteurs lamellaires.
Le traitement primaire est une étape facultative. Dans de nombreuses stations, le flux prétraité
est directement envoyé vers la phase de traitement secondaire.

1.3 Traitement secondaire

À l’issue des traitements précédents, la majorité des polluants est présente à l’état dissous. Le
traitement secondaire de nature biologique a pour but d’éliminer les pollutions carbonées,
azotées et phosphorées. Il utilise la capacité auto-épuratrice de microorganismes dédiés dont
l’activité est améliorée en les plaçant dans des conditions optimales. De nombreux procédés
peuvent être utilisés: boues activées, lit bactérien, lagunage, biofiltration, disques biologiques,
... Selon le procédé choisi, les opérations de maintenance seront fortement différentes : par
exemple, tous les 10 ans pour un lagunage, tous les ans pour une phytoremédiation.

1.4 Traitement tertiaire

Ce type de traitement a pour but d’améliorer certains paramètres spécifiques de la qualité des
rejets dans un milieu naturel vulnérable. Parmi ces traitements, les plus importants sont les
suivants :
• Désinfection lorsque le rejet a lieu dans un milieu aquatique à usage balnéaire, pour
diminuer les risques de contamination (eau potable, conchyliculture...) ou pour réduire
• Les risques liés aux perturbateurs endocriniens. L’oxydation par les UV ou par l’ozone
est la plus utilisée actuellement ;
• Traitement de finition afin de diminuer au maximum les MES, la DBO5, la DCO (filtre
à sable), les teneurs en phosphore (précipitation chimique) ... ;
• Traitement sur charbon actif utilisé pour éliminer par adsorption les molécules
résistantes aux traitements biologiques (c’est le cas lorsque les STEP recueillent des
eaux usées industrielles). Les molécules résistantes aux traitements biologiques (c’est
le cas lorsque les STEP recueillent des eaux usées industrielles). Ce traitement élimine
également couleurs et odeurs des rejets.

1.5 Traitement des boues

Les boues à traiter sont constituées de la pollution particulaire provenant du décanteur primaire
et des boues biologiques en excès provenant du clarificateur. Différentes étapes sont alors
nécessaires afin de les éliminer ou éventuellement de les valoriser :
– Réduction de volume : épaississement gravitaire ou dynamique, déshydratation
(filtration, centrifugation), digestion anaérobie ou aérobie, séchage thermique ;
– Réduction des nuisances olfactives : compostage ;
– Réduction des germes pathogènes : chaulage, digestion aérobie ou anaérobie ;
– Incinération.
Il existe également des procédés innovants pour répondre aux nouvelles contraintes
environnementales, mais ces technologies n’offrent pas encore de retour d’expérience suffisant
pour conclure sur leur viabilité : stabilisation aux nitrites (alternative au chaulage), oxydation
par voie humide à température et pression élevées (alternative à l’incinération), pyrolyse
(alternative à l’incinération).
L’élimination des boues de STEP se réalise selon trois voies principales :
 L’épandage ;
 La mise en décharge ;
 L’incinération dans un four dédié ou en coincinération avec les ordures ménagères

III. Analyse de cycle de vie


Selon les normes ISO 14040 à 14043, une analyse de cycle de vie se déroule suivant quatre
étapes : la définition des objectifs, l’inventaire, l’analyse des impacts et l’interprétation

1. Définition de l’objectif et du champ d’étude

L’objectif principal de cette Analyse de Cycle de Vie (ACV) est d’évaluer les impacts
environnementaux associés à la station d’épuration urbaine de Fès (STEP Aïn Bouali). Cette
évaluation vise à :

• Identifier les phases du cycle de vie (construction, exploitation, fin de vie) les plus
contributrices aux impacts environnementaux.
• Quantifier les émissions de gaz à effet de serre, la consommation des ressources, la
pollution de l’eau et de l’air, et les autres impacts significatifs liés au fonctionnement
de la STEP.
• Proposer des pistes d’amélioration pour réduire l’empreinte environnementale globale,
tout en maintenant la qualité du traitement des eaux usées.
• Soutenir la prise de décision des gestionnaires et des autorités marocaines dans la
gestion durable des infrastructures d’assainissement.

La station de Fès est analysée pour une capacité nominale de traitement d’environ 150 000 m³
d’eaux usées par jour, ce qui correspond à une charge organique équivalente à environ un
million d’habitants.

L’unité fonctionnelle retenue pour la comparaison est le traitement de 1 kilogramme de


demande biochimique en oxygène (DBO5), permettant d’exprimer les impacts
environnementaux de manière normalisée, indépendante de la taille de la station.

Les frontières du système incluent la collecte des eaux usées à la STEP, leur traitement complet
dans les différentes unités (prétraitement, décantation, traitement biologique, traitement des
boues), ainsi que la gestion des produits et déchets associés.

Les impacts sociaux, économiques ou sanitaires ne sont pas inclus dans ce périmètre d’étude,
qui se concentre exclusivement sur les aspects environnementaux.

2. Analyse de l’inventaire (LCI – Life Cycle Inventory)

Phase de construction

• Matériaux utilisés :
o Béton : environ 15 000 tonnes, utilisé pour les bassins, fondations, et structures.
o Acier : environ 2 000 tonnes, pour les armatures et équipements mécaniques.
o Tuyauterie PVC et autres matériaux plastiques : 500 tonnes.
• Consommation d’énergie et émissions : énergie grise liée à l’extraction, la fabrication
et le transport des matériaux.
• Travaux de génie civil : impact lié à la mise en œuvre, utilisation d’engins (machines,
camions) consommant du carburant.

Phase d’exploitation

• Eau usée traitée : 150 000 m³ par jour, avec une charge moyenne de DBO5.
• Consommation d’énergie : environ 0,4 kWh/m³, soit environ 60 000 kWh/jour, utilisée
pour l’aération, le pompage, le fonctionnement des équipements.
• Produits chimiques : polyaluminium (floculant), chlore (désinfection), chaux
(régulation pH), charbon actif (odeurs), en quantités annuelles respectives : 100 t, 20 t,
15 t, quantité variable pour charbon actif.
• Gestion des boues : production annuelle d’environ 90 000 tonnes de boues humides,
séchées puis méthanisées pour production de biogaz.
• Emissions atmosphériques : liées à la consommation énergétique (indirectes) et aux
procédés (directes, ex. méthane).

Phase de fin de vie

• Démantèlement : consommation d’énergie et production de déchets liés à la démolition


des infrastructures.
• Recyclage : valorisation partielle des matériaux béton et acier.
• Elimination : mise en décharge contrôlée des déchets non recyclables.

3. Évaluation des impacts environnementaux (LCIA – Life Cycle Impact Assessment)

L’évaluation des impacts environnementaux traduit les flux inventoriés en indicateurs


représentatifs des effets sur l’environnement, selon plusieurs catégories d’impact. Pour la STEP
de Fès, les catégories retenues sont :

Changement climatique :

Les émissions de gaz à effet de serre (CO₂, CH₄, N₂O) liées à la consommation d’énergie
électrique (majoritairement produite à partir de combustibles fossiles) ainsi qu’aux émissions
fugitives lors du traitement des boues sont quantifiées en équivalent CO₂.

Épuisement des ressources naturelles :

Considération de l’utilisation de matériaux non renouvelables (granulats, minerais, énergie


fossile) durant la construction et l’exploitation.

Pollution de l’eau et eutrophisation :

Évaluation des rejets d’azote, phosphore et matières organiques dans les effluents, et de leur
potentiel à provoquer une eutrophisation des milieux aquatiques.
Acidification :

Mesure des émissions de composés soufrés (SO₂), d’oxydes d’azote (NOx) et d’ammoniac
(NH₃) pouvant acidifier sols et eaux.

Toxicité pour l’homme et l’écosystème

Impact potentiel des substances toxiques émises dans l’air, l’eau ou les sols, notamment issus
des produits chimiques utilisés et des boues.

4. Interprétation des résultats

Points positifs :

• Valorisation énergétique du biogaz (~50–70% des besoins énergétiques).

• Réduction significative de la pollution de l’oued Sebou.

• Réduction de 103 000 tonnes/an de CO₂ grâce au méthaniseur.

Points critiques :

• Absence de traitement tertiaire ⇒ risque d'eutrophisation.

• Pas de désinfection microbiologique ⇒ présence potentielle de germes pathogènes.

• Boue envoyée à la décharge sans valorisation agricole.


5. Propositions d’amélioration :

IV. Conclusion
L’Analyse du Cycle de Vie (ACV) de la Station de Traitement des Eaux Usées (STEP) de Fès
– Ain Bouali a permis de dresser un bilan global des flux environnementaux associés à cette
infrastructure essentielle pour la gestion des eaux usées au Maroc. En suivant les étapes définies
par les normes ISO 14040/14044, nous avons pu identifier les impacts environnementaux clés
ainsi que les leviers d’amélioration pour une gestion plus durable.

Vous aimerez peut-être aussi