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Visualisation D'images TV Sur Grand Écran: Henri TCHEN

Le document traite de la visualisation d'images télévisuelles sur grand écran, en abordant les caractéristiques techniques requises et les différentes techniques d'affichage disponibles. Il présente les dispositifs émissifs et non émissifs, ainsi que l'évolution des technologies de projection, notamment en France et aux États-Unis. Enfin, il souligne l'importance des nouvelles normes et systèmes de télévision dans le contexte actuel de transformation du secteur.

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Visualisation D'images TV Sur Grand Écran: Henri TCHEN

Le document traite de la visualisation d'images télévisuelles sur grand écran, en abordant les caractéristiques techniques requises et les différentes techniques d'affichage disponibles. Il présente les dispositifs émissifs et non émissifs, ainsi que l'évolution des technologies de projection, notamment en France et aux États-Unis. Enfin, il souligne l'importance des nouvelles normes et systèmes de télévision dans le contexte actuel de transformation du secteur.

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Visualisation d’images TV

sur grand écran

par Henri TCHEN


Docteur d’État
Ingénieur au Centre Commun d’Études de Télédiffusion et Télécommunications (CCETT)
et Raymond MELWIG
Ingénieur de l’École Nationale Supérieure de Télécommunications (ENST)
Adjoint au Directeur à la Direction Régionale Ouest, Télédiffusion de France (TDF)
Ancien Chef de Laboratoire au CCETT

1. Caractéristiques requises ...................................................................... E 5 665 - 2


1.1 Rappel sur les normes TV de production .................................................. — 2
1.1.1 Photométrie et colorimétrie............................................................... — 2
1.1.2 Définition spatiale et définition temporelle ...................................... — 3
1.2 Caractéristiques requises en restitution .................................................... — 3
1.2.1 Domaine de la télévision.................................................................... — 3
1.2.2 Domaines de l’infographie et de la simulation ................................ — 4
2. Techniques envisageables ..................................................................... — 5
3. Dispositifs émissifs ................................................................................. — 5
3.1 Dispositifs à tube cathodique ..................................................................... — 5
3.1.1 Dispositifs à tubes de projection ....................................................... — 5
3.1.2 Dispositif à tube couleur à indexation .............................................. — 7
3.1.3 Principaux facteurs de limitation....................................................... — 7
3.2 Systèmes utilisant des sources lasers ....................................................... — 11
3.2.1 Principe de fonctionnement............................................................... — 11
3.2.2 Sources à lasers et colorimétrie TV .................................................. — 11
3.2.3 Vidéoprojecteur couleur à laser ........................................................ — 12
3.3 Autres dispositifs ......................................................................................... — 12
3.3.1 Écrans muraux .................................................................................... — 12
3.3.2 Écrans géants...................................................................................... — 13
3.3.3 Écran à fibres optiques....................................................................... — 14
4. Dispositifs non émissifs dits à relais optiques ............................... — 15
4.1 Dispositifs par diffraction optique.............................................................. — 15
4.1.1 Dispositifs à membrane liquide......................................................... — 15
4.1.2 Autres matériaux déformables.......................................................... — 16
4.2 Dispositifs par diffusion optique ................................................................ — 18
4.2.1 Dispositifs à membrane céramique .................................................. — 18
4.2.2 Dispositifs à cristaux liquides ............................................................ — 18
12 - 1994

4.3 Dispositifs par biréfringence....................................................................... — 19


4.3.1 Dispositif à monocristal électro-optique : tube de projection Titus — 19
4.3.2 Dispositifs à cristaux liquides ............................................................ — 20
5. Conclusion ................................................................................................. — 23
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. E 5 665
E 5 665

epuis les prémices de la télévision, l’attrait de la visualisation des images


D télévisuelles sur un écran de grande taille, préfigurant la projection cinéma

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à domicile, a toujours constitué une préoccupation majeure dans les laboratoires


de recherche et développement. Elle s’était traduite aux États-Unis, dès 1948,
par l’apparition sur le marché grand public d’un appareil noir et blanc équipé
d’une optique réfractive et d’un tube cathodique ayant un écran de 70 cm de
base. Inévitablement, cet appareil peu performant, encombrant et coûteux, ne
suscita guère l’enthousiasme des téléspectateurs et le fameux rêve du cinéma
à domicile ne put se concrétiser. Il a fallu patienter près de quinze ans pour enfin
assister, toujours aux États-Unis et principalement par le biais du marché
institutionnel, au démarrage définitif de ce service. Le phénomène est concrétisé
par l’évolution rapide et continue du marché américain dont le chiffre annuel
de ventes, tous types d’appareils confondus, qui était de 20 000 unités en 1977
est passé à 200 000 en 1982. Actuellement, ce rythme des ventes est toujours
maintenu et ne devrait pas se ralentir surtout avec le développement des
nouveaux systèmes de télévision.
En dehors des États-Unis, l’avènement des grands écrans de télévision a connu
une évolution beaucoup plus timide. Ainsi, en France, après une période plutôt
morose (1983 à 1987) presque exclusivement orientée vers la vidéotransmission,
la vidéoprojection connaît actuellement une reprise prometteuse. Ce regain
d’activité est lié en grande partie à deux facteurs : l’utilisation sans cesse
croissante de la projection en informatique et en vidéographie, et le dévelop-
pement des nouveaux systèmes de télévision à haute définition et à qualité
améliorée. Ce démarrage paraît être définitif avec les hautes performances
atteintes par les technologies courantes [projecteurs et rétroprojecteurs à tubes
à rayons cathodiques (TRC), projecteurs à relais optiques par diffraction,
projecteurs à lasers] et surtout avec l’apparition de nouvelles technologies basées
sur l’utilisation des relais matriciels à cristaux liquides [projecteurs et rétro-
projecteurs à matrices LCD (Liquid Cristal Display)].
Ce document se propose de faire le point sur l’état de l’art à un moment où
la télévision est le centre de bouleversements considérables avec l’introduction
de nouveaux systèmes et services [EDTV (Enhanced Definition Television),
IDTV (Improved Definition Television), TVHD (Télévision à haute
définition), TV numérique, diffusion par satellite, distribution par câble, services
multimédias sur réseaux à large bande tel Numéris...]. Dans une première partie
sont rappelées quelques notions de base sur les caractéristiques techniques des
systèmes télévisuels y compris des nouveaux systèmes pour définir les perfor-
mances requises en restitution des images. Puis on décrira les principales
techniques utilisées pour l’affichage d’images sur grand écran tant au stade de
maquettes de laboratoire qu’à celui des produits commercialisés. Selon le type
de modulation adopté, ces techniques peuvent être réparties en deux grandes
familles : les dispositifs dits émissifs (à modulation directe) et les dispositifs dits
non émissifs (à modulation indirecte).

fonction de sensibilité bien connue V ( λ ) de l’œil humain. Le


1. Caractéristiques requises coefficient K = 683 résulte de la conversion entre unités énergétiques
et unités photométriques.
1.1 Rappel sur les normes TV Du point de vue colorimétrique, tout point d’image peut être
de production représenté dans un espace à trois dimensions défini par trois
couleurs primaires (en télévision : rouge (R), vert (V) et bleu (B)) et
par l’illuminant de référence (blanc). Plusieurs systèmes de repré-
1.1.1 Photométrie et colorimétrie sentation tridimensionnelle ont été proposés dans la littérature
parmi lesquels on peut citer :
Dans ce paragraphe, on rappellera de façon succincte les notions
— CIE 1931 (système XYZ ) ;
de base de photométrie et de colorimétrie en télévision. Pour obtenir
— CIE 1964 (système UVW ) ;
plus de détails, le lecteur pourra se reporter aux références biblio-
graphiques citées en fin de document. Le tableau 1 contient les — CIELUV (1976-système U’V’W’ ) ;
principales grandeurs photométriques liées à une source de lumière — CIELAB (1976) ;
ayant une distribution spectrale S (λ ) où λ désigne la longueur — NCS 1979 (National Color System, Suède).
d’onde. La définition de ces grandeurs photométriques implique la (0)
connaissance des propriétés de la vision humaine par le biais de la

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Tableau 1 – Principales grandeurs photométriques Tableau 2 – Systèmes colorimétriques pour la production


en télévision
Définition Unité
I. Système colorimétrique FCC pour le NTSC
Flux lumineux Φ lumen (lm)


Φ = K V(λ) S(λ) d(λ)
Couleur
primaire x
Coordonnées chromatiques
y u’ v’
avec K = 683 Rouge (R) 0,67 0,33 0,476 9 0,528 5
Efficacité lumineuse ε lumen par watt Vert (V) 0,21 0,71 0,075 7 0,575 7

Φ

V (λ) P (λ) dλ
(lm/W) Bleu (B)
Blanc C
0,14
0,310
0,08
0,316
0,152 2
0,200 9
0,195 7
0,461 0
ε = ------ = K --------------------------------------------

P Relation de luminance : E Y = 0,299 E R + 0,587 E V + 0,114 E B
P (λ) dλ II. Système colorimétrique UER pour le PAL et le Secam
avec P (λ ) réponse énergétique Coordonnées chromatiques
Couleur
Exitance M d’une source surfacique lumen par mètre primaire x y u’ v’
M = dΦ /dS carré (lm /m 2 )
avec dS surface de la source Rouge (R) 0,64 0,33 0,450 7 0,522 9
Vert (V) 0,29 0,60 0,120 6 0,561 3
Luminance L d’une source surfacique candela par Bleu (B) 0,15 0,06 0,175 4 0,157 9
d2 Φ mètre carré
Blanc D 0,313 0,329 0,197 8 0,468 3
L = --------------------------------------- (cd/m 2 )
d Ω ⋅ dS cos θ
Relation de luminance : E Y = 0,222 E R + 0,707 E V + 0,071 E B
avec θ angle formé par la normale et la
direction d’émission, III. Système colorimétrique CCIR pour la TVHD (1)
d Ω angle solide
Couleur Coordonnées chromatiques
Éclairement E lumen par mètre primaire
E = dΦ /dS x y u’ v’
carré (lm/m 2 )
ou lux (lx) Rouge (R) 0,64 0,33 0,450 7 0,522 9
Vert (V) 0,30 0,60 0,125 0 0,562 5
Pour des raisons historiques de compatibilité avec le système TV Bleu (B) 0,15 0,06 0,175 4 0,157 9
existant en noir et blanc, les systèmes TV en couleurs décrivent le Blanc D 0,313 0,329 0,197 8 0,468 3
signal vidéo sous forme de deux composantes : la composante de Relation de luminance : E Y = 0,212 E R + 0,715 E V + 0,072 E B
luminance (Y ) et les composantes de chrominance (D R /D B , ou U/V,
(1) Le CCIR est remplacé par l’ITU (International Telecommunication
ou I/Q, respectivement pour les normes de codage en usage Secam, Union).
PAL, NTSC). Dans l’hypothèse vérifiée de la séparabilité des
composantes de luminance et de chrominance, les caractéristiques
colorimétriques de tout point d’image peuvent être décrites dans un
espace à deux dimensions. Depuis quelques années, en télévision,
1.1.2 Définition spatiale et définition temporelle
la tendance s’oriente de plus en plus vers l’utilisation du système
Les caractéristiques spatio-temporelles des systèmes de télévision
CIE-LUV, mieux adapté à la priorité d’uniformité de la chromaticité.
ont été définies en fonction des conditions jugées optimales d’obser-
Pour un système TV en couleurs donné, tant à la production qu’à
vation des images pour un observateur moyen. Le tableau 3 contient
la restitution, la colorimétrie est complètement définie par l’adoption
les principales caractéristiques spatiales et temporelles des
du jeu de trois primaires et de l’illuminant blanc de référence. En
systèmes actuels (525 /625 lignes) et des nouveaux et futurs
production, deux systèmes colorimétriques ont été adoptés : le
systèmes de télévision (environ 1 000 lignes). Ces derniers sont
système de la FCC (Federal Communications Commission) pour le
représentés par les deux systèmes effectivement opérationnels à ce
NTSC et le système de l’UER (Union Européenne de Radiodiffusion)
jour, le HIVISION mis au point par NHK et diffusé selon la norme
pour le PAL et le Secam. Le tableau 2 rappelle les coordonnées
analogique MUSE quotidiennement au Japon et le HDI développé
trichromatiques des primaires retenues et la relation de luminance
dans le cadre du projet Eurêka 95 dont est issue la norme de diffusion
pour les deux systèmes cités ainsi que les valeurs de la proposition
analogique HDMAC.
intérimaire du CCIR (Comité Consultatif International des Radio-
communications) pour les systèmes TVHD.
La définition de ces systèmes colorimétriques repose en grande
partie sur le fait qu’en matière de restitution seul le luminophore 1.2 Caractéristiques requises
avait été considéré comme transducteur électro-optique. Ce choix en restitution
des luminophores comme primaires de synthèse des couleurs
entraîne des limitations sur les possibilités de reproduction des 1.2.1 Domaine de la télévision
couleurs. De plus, la loi de transfert électro-optique en gamma du
luminophore n’est pas toujours valable lorsqu’il s’agit des autres Il est clair qu’en matière de restitution les performances requises
techniques de restitution (projecteurs à lasers, écrans à cristaux ne reflètent pas nécessairement les caractéristiques définies en
liquides, projecteurs par diffraction à film d’huile). Enfin, on notera production pour les raisons suivantes. À la source, la qualité des
que le système intérimaire proposé pour la TVHD est très proche signaux doit être la meilleure possible pour pouvoir subir sans dégra-
de celui de l’UER, résultat d’un compromis laborieux entre l’Europe dations notables des traitements complexes (codage-décodage,
(UER) d’un côté et le bloc États-Unis-Japon de l’autre, au sein des mélange, effets spéciaux...). Du côté réception, la transmission
groupes de normalisation. apporte des distorsions difficiles à supprimer totalement sans une
(0) répercussion prohibitive au niveau des coûts. De toute manière le
problème restera toujours de nature subjective de telle sorte que
la qualité des images reproduites dépendra essentiellement de

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l’appréciation individuelle des téléspectateurs. Cela conduit à définir précision géométrique tout en maintenant un flux lumineux
et à atteindre des caractéristiques moyennes de restitution en compatible avec un affichage en présence d’une lumière ambiante
fonction des applications visées. Dans le cas présent de la visuali- (éclairements pouvant atteindre fréquemment quelques centaines
sation sur de grands écrans, on peut retenir en premier lieu deux de lux et même davantage). Une haute résolution signifie des
domaines d’utilisation, le grand public et le professionnel. Le performances élevées à la fois du tube de projection (spot très fin,
tableau 4 reproduit pour chacun des domaines considérés les parfaite géométrie et convergence précise et stable) et des circuits
caractéristiques de restitution. Les valeurs de flux lumineux se de traitement vidéo (bande passante des amplis de 100 à 200 MHz,
réfèrent principalement à des systèmes de projection (rétro ou fréquence de balayage ligne de 15 à 120 kHz, fréquence de balayage
frontale) et sont déterminées avec l’hypothèse couramment admise trame /image de 50 à 120 Hz, grande stabilité des signaux de
d’un rapport 3 entre les deux valeurs maximale et moyenne de synchronisation). Ces contraintes techniques élevées sont
luminance. Pour les applications professionnelles, la référence prise parfaitement illustrées par la visualisation d’images médicales pour
est celle de la projection cinéma (éclairement de 120 lux sur un écran lesquelles la finesse et l’exactitude des détails, le respect des
de gain unitaire). géométries et le rendu des couleurs ne peuvent supporter la moindre
erreur sans conséquence fatale. Le tableau 5 contient les valeurs
caractéristiques des principaux paramètres pour ces deux types
1.2.2 Domaines de l’infographie et de la simulation d’applications. (0)

L’infographie et la simulation constituent des domaines particu-


liers qui requièrent à la fois une haute résolution et une grande

Tableau 3 – Principales caractéristiques des systèmes télévisuels

NTSC PAL/Secam HIVISION HDI


Caractéristiques
(FCC) (UER) (NHK) (Eurêka 95)
Format ................................................................................... 4:3 4:3 16:9 16:9
Nombre de lignes/image..................................................... 525 625 1 125 1 250
Nombre de lignes actives .................................................... 475 575 1 035 1 152
Nombre d’images/s ............................................................. 30 25 30 25
Mode d’entrelacement......................................................... 2:1 2:1 2:1 2:1
Bande passante vidéo :
Luminance Y ............................................................(MHz) 4,2 6 22 22
Chrominances C R , C B ........................................... (MHz) 1,3 et 0,4 2 × 1,5 2×7 2 × 10,5
Fréquence de ligne.......................................................(kHz) 15,734 26 15,625 33,75 31,250
Fréquence de trame ...................................................... (Hz) 59,94 50 60 50
Son ........................................................................................ analogique analogique numérique stéréo numérique stéréo

(0)

Tableau 4 – Caractéristiques en visualisation sur grand écran

Systèmes actuels Systèmes TVHD


Caractéristiques
Grand public Professionnel Grand public Professionnel
Format ......................................................................... 4:3 4:3 16:9 16:9
Distance d’observation .............................................. 6H (1) 6H 3H 3H
Taille d’écran ...................................................... (m 2 ) 1 > 10 1 > 10
Flux lumineux ...................................................... (lm) 100  300 100  300
Gain d’écran................................................................ 5 à 10 1à3 5 à 10 1à3
Luminance crête ............................................(cd/m 2) 250 50 250 50
Rapport de contraste.................................................. 100 > 50 100 > 50
Résolution ...................................................... (points) 575 × 720 575 × 720 > 750 × 1 000 1 000 × 1 500
Rendu colorimétrique ................................................ actuel actuel étendu étendu
Fréquence de ligne............................................ (kHz) 15,625 15,625 31,250 31,250
Fréquence de trame ............................................ (Hz) 50 à 100 50 à 100 50 à 100 50 à 100
Son .............................................................................. analogique analogique numérique stéréo numérique stéréo
(1) H désigne la largeur d’écran

(0)

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Pour pallier cet inconvénient, la solution consiste alors à utiliser trois


Tableau 5 – Caractéristiques requises tubes monochromes rouge, vert, bleu, de forte luminosité. L’absence
en informatique et en simulation du masque (ou de la grille) permet de plus d’obtenir une plus grande
résolution, et les dimensions des tubes sont nettement plus faibles
Caractéristiques Informatique Simulation (facteur 2 à 3), ce qui permet de réduire l’encombrement de l’appareil.
Format ................................... 4:3 4:3 Les tubes de projection les plus couramment utilisés ont une
Taille d’écran ............... (m 2 ) 5 à 10 10 diagonale de 12,5 à 17,5 cm (5 à 7’’), bien que la tendance actuelle
Flux lumineux ................(lm) > 300  1 000 s’oriente vers des tubes de 23 cm (9’’). L’utilisation de ces tubes
Gain d’écran.......................... 1à3 1à3 nécessite des précautions dans la réalisation des équipements.
Luminance crête ..... (cd/m 2 ) 30 30 D’abord, à cause de la très forte dissipation thermique (de l’ordre
Rapport de contraste............ > 50 > 50 de 0,30 W/cm 2 ) au niveau de la dalle de luminophores du tube, il
est impératif d’adjoindre à ce dernier un dispositif efficace de
Résolution ................(points) > 480 × 640 1 000 × 1 500
refroidissement. Ensuite, du fait de la présence d’une tension THT
Fréquence de ligne ...... (kHz) 15 à 120 15 à 120
très élevée de 30 à 35 kV, voire 40 kV, il faut se prémunir contre les
Fréquence de trame ...... (Hz) 50 à 120 50 à 120
rayonnements ionisants. La figure 1 montre la description d’un tel
tube équipé d’un aquarium pour le refroidissement (mélange liquide
eau-glycol) et d’un disque transparent au plomb contre les rayons
X. La circulation du mélange liquide est assurée par un phénomène
2. Techniques envisageables de convection naturelle avec la présence d’une bulle d’air pour
l’expansion du liquide.
Une liste non exhaustive des principales techniques utilisées pour Différentes versions d’appareils existent selon la disposition méca-
la vidéoprojection, solution la mieux adaptée à la visualisation nique relative des divers sous-ensembles. La figure 2 montre les
d’images sur grand écran, est donnée ci-après. Cette classification trois solutions les plus couramment adoptées.
fait apparaître cinq grands groupes d’appareils : Disposition dite en « arc de cercle » (figure 2a ) dans laquelle pour
— les dispositifs à projection directe ou arrière utilisant comme chaque voie les axes du tube de projection et de l’optique sont
source d’image le tube cathodique ; confondus : la réalisation mécanique peut être soignée et précise.
— les dispositifs à projection directe utilisant des sources lasers ; Néanmoins l’accès aux différents réglages n’est pas toujours facile ;
— les systèmes à relais optique basés sur la diffraction optique le plan image du canal vert se confond avec celui de l’écran de
par un réseau ; projection ; par contre, ceux des canaux rouge et bleu font un certain
— les systèmes à relais optique fonctionnant par diffusion à angle avec ce même plan. Cela se traduit par la présence de virages
travers un cristal ou une céramique ; colorimétriques sur les bords de l’image et de défauts géométriques
— les systèmes à relais optiques exploitant la biréfringence (effet (trapèze, non-linéarité).
Pockels) dans un cristal liquide ou un monocristal. Disposition dite « en ligne » (figure 2b ) dans laquelle les axes des
On voit que la combinaison de techniques de réalisation des tubes et des optiques ne sont plus confondus, mais parallèles entre
différentes fonctions peut conduire à une multitude de solutions pour eux : le montage mécanique est simplifié ainsi que l’accès aux
l’affichage des images sur grand écran. À ces techniques il convient réglages. Cette version n’est pas optimale et son efficacité dépend
d’ajouter les dispositifs particuliers permettant de réaliser ce qui est des conditions de projection (limitation de l’ouverture des optiques).
couramment appelé des murs d’images et des écrans géants. Les défauts observés sont les mêmes que dans le cas précédent.
Disposition dite en « delta » (figure 2c ) dans laquelle les trois
tubes sont disposés aux sommets d’un triangle équilatéral : elle a
l’avantage de ne nécessiter que la présence de deux miroirs
3. Dispositifs émissifs dichroïques et d’une seule optique de projection. Il en résulte un
encombrement réduit, mais l’utilisation d’éléments dichroïques pose
des problèmes délicats (transmission optique, réglage mécanique,
3.1 Dispositifs à tube cathodique défauts colorimétriques...).
Pour des raisons de simplicité de réalisation et de coût, la majorité
3.1.1 Dispositifs à tubes de projection des fabricants de vidéoprojecteurs ont adopté les deux premières
versions d’appareils (Barco, Sony, Hi-Beam, Thomson, Aquastar
[Link] Systèmes à optique réfractive Électrohome, Ampro) ; la dernière version (figure 2c ) a été fabriquée
■ Systèmes monotubes par la société canadienne Électrohome. Un modèle présenté sous
Le principe de fonctionnement des systèmes à projection directe la forme d’un meuble comportant un écran courbe à gain de 10 et
est simple et repose sur l’association d’un dispositif de visualisation deux optiques de projection au lieu des trois (figure 3) a été présenté
(récepteur TV, moniteur TV, tube de projection), d’une optique par Sony, réduisant sensiblement l’encombrement de l’appareil.
adéquate de projection et d’un écran. Il existe plusieurs versions
d’appareils en fonction des éléments constitutifs utilisés et de leur
disposition mécanique relative. Il s’agit avant tout d’appareils de bas
de gamme qui, dans la version la plus simple, combinent un récep-
teur TV à une lentille de Fresnel (par exemple le Beamscope ), élé-
ment optique souvent en plastique et ayant un facteur de
grandissement de 1,5 à 2. Les performances obtenues sont
médiocres : faible flux lumineux ne dépassant guère une dizaine de
lumens, distorsions géométriques et défauts colorimétriques impor-
tants, résolution médiocre. Cela explique le peu de succès qu’ont
connu ces dispositifs sur le marché.
■ Systèmes tritubes
Figure 1 – Structure détaillée d’un tube de projection
La limitation du flux lumineux dans les systèmes précédents est
essentiellement due au très faible rendement du tube cathodique,
qu’il s’agisse du tube shadow mask ou du tube à grille (Trinitron).

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[Link] Systèmes à optique de Schmidt


■ Systèmes à optique séparée
L’optique de Schmidt est connue depuis fort longtemps, principa-
lement dans l’instrumentation astronomique. Avec une grande
ouverture optique, elle est bien adaptée à l’émission lumineuse des
luminophores qui, comme on le sait, suit une loi lambertienne
(isotropie dans l’espace). La figure 4 représente le schéma du
principe de fonctionnement du vidéoprojecteur à optique de Schmidt
séparée. Cette optique est formée par la combinaison d’un miroir
sphérique (ou parabolique) et d’une lentille de correction, le rôle de
cette lentille se limitant strictement à la correction des aberrations
géométriques apportées par le miroir. L’écran de luminophores du
tube de projection se trouve dans le plan objet du miroir, et la lentille
en sortie d’appareil face à l’écran de projection.
Avec un rendement optique d’environ 25 % (ouverture optique
courante de F/0.7 à F/1.0), un tel appareil équipé de tubes actuels
de projection (tubes de diagonale 7’’ pouvant atteindre des lumi-
nances crête de 70 000 cd/m2 pour le vert) est capable de délivrer
un flux lumineux de près de 500 lm. Une telle valeur de flux peut
parfaitement convenir à une projection sur un écran de 10 m2 dans
une salle de 200 à 300 personnes. Le vidéoprojecteur à optique de
Schmidt séparée n’a fait l’objet que de quelques rares réalisations
(Philips, Matsushita) pour les raisons suivantes :
— encombrement excessif en volume et en masse : ainsi les deux
composants miroir sphérique et lentille de correction ont pour carac-
téristiques mécaniques courantes : diamètre de 30 cm, épaisseur de
15 mm et masse de quelques kilogrammes ;
— mise au point et réglages difficiles, en particulier la super-
position des trois images rouge, vert et bleu ;
— coût plus élevé par rapport aux vidéoprojecteurs à optiques
réfractives.
La figure 5 représente deux vues, l’une de dessus et l’autre de face,
d’un vidéoprojecteur à optique de Schmidt séparée, mettant bien
en évidence les problèmes d’encombrement.
■ Systèmes à optique intégrée
Une version du dispositif de Schmidt de dimensions beaucoup
plus réduites, et intégrant l’optique dans le tube sous vide, a été
fabriquée par des constructeurs tels Advent, Sony et Matsushita.
La figure 6 montre la structure interne de ce tube. La lentille de
correction se trouve placée sur la face avant comme fenêtre de sor-
tie. Le faisceau d’électrons issus du canon du tube forme sur la
dalle de luminophores l’image qui est ensuite envoyée vers
l’arrière sur le miroir sphérique pour être réfléchie, puis projetée à
travers la lentille. La puissance thermique dissipée au niveau de la
dalle de luminophores est évacuée par l’intermédiaire d’une pla-
Figure 2 – Disposition des ensembles tube-optique que métallique.
Par rapport au système précédent, le volume est réduit d’un
facteur 3. Malheureusement, ce gain en volume est obtenu au
détriment de la puissance lumineuse. En effet, les vidéoprojecteurs
équipés avec ces tubes délivrent des flux inférieurs à 100 lm, ce qui
impose souvent l’utilisation d’un écran à gain avec tous les incon-
vénients connus. Ce type de vidéoprojecteur a été principalement
commercialisé par la société américaine Kloss Video Corporation
(appareil Novabeam ).

[Link] Dispositifs en rétroprojection


Dans le domaine du matériel grand public, un appareil à projection
frontale n’est pas toujours facile à disposer dans un salon. Une
alternative mieux adaptée et plus esthétique consiste à utiliser la
projection arrière. En associant à chaque triplet de tube-optique de
projection des miroirs et un écran de rétroprojection, on arrive à
Figure 3 – Système tritube réfractif à deux objectifs concevoir un design de meuble de dimensions raisonnables. La
figure 7 montre un exemple de rétrovidéoprojecteur tritube à deux
miroirs de repli optique et un écran de rétroprojection. Comme on
le verra par la suite, il s’agit d’écran à gain souvent doté d’une
structure à bandes noires (black stripes ) pour augmenter le contraste
des images. En optimisant les paramètres du système (dimensions
des tubes, nombre de miroirs, disposition mécanique des

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Figure 4 – Projection frontale à optique de Schmidt

Figure 7 – Rétrovidéoprojecteur tritube cathodique

3.1.2 Dispositif à tube couleur à indexation

Figure 5 – Aspect externe du vidéoprojecteur de Schmidt En 1985, la société Sony a lancé sur le marché américain un vidéo-
projecteur, le Vidimagic, remarquable par son très faible encom-
brement. L’appareil est présenté sous la forme d’un aspirateur et ne
pèse que 14 kg ! La nouveauté réside dans l’emploi du tube
cathodique trichrome à indexation de 5,25’’ de diagonale. La figure 8
montre la structure interne du tube ; l’écran est constitué par des
triplets de bandes verticales de luminophores, rouge, vert, bleu,
séparés par des bandes recouvertes d’un matériau électro-
luminescent qui servent à l’adressage des points d’image. L’optique
électronique associée est complexe, et la commutation des signaux
des trois faisceaux exige le développement de circuits très rapides
(centaines de mégahertz). Les performances obtenues restent
modestes (flux lumineux de 25 lm, résolution inférieure à 400 points
par ligne) et le destinent à des projections chez des particuliers avec
des écrans de moins de 1 m 2.

Figure 6 – Tube à optique de Schmidt intégrée 3.1.3 Principaux facteurs de limitation

éléments...), on peut réaliser un appareil relativement compact avec [Link] Expression du flux lumineux
une profondeur de meuble inférieure à 50 cm pour un écran de 1 m 2 Le flux lumineux Φ d’une source passant à travers une optique
de surface. est donné en première approximation par la formule suivante :

Φ = (τρ n τ d ) Φ 0 / [(2F/.)2 (1 + m –2 )2] (1)


avec τ et ρ respectivement facteurs de transmission et de
réflexion,

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Figure 8 – Structure interne d’un tube à indexation

n nombre de surfaces de réflexion,


τd facteur de transmission des éléments dichroïques,
m et F/. grandissement et ouverture de l’optique,
Φ0 , Φ flux d’entrée et de sortie.
On voit que le flux de sortie dépend essentiellement des deux
paramètres de flux lumineux incident et d’ouverture optique. Cela
est d’autant plus vrai que le grandissement est fort, ce qui est
généralement le cas. Le flux lumineux de sortie peut être aussi
exprimé en fonction des paramètres d’écran et de matriçage des
signaux primaires R, V, B. Dans l’hypothèse d’un diffuseur de type
lambertien, on a la relation suivante :
Φ = π LS (2)
L et S désignent respectivement la luminance et la surface du
diffuseur.
En tenant compte de la relation (2) et en prenant α V comme
coefficient de matriçage de la voie verte, la luminance L e perçue sur
l’écran est donnée par :

L e = (τρ n τ d ) Ge L V / [(2F/.)2 (1 + m 2 ) α V] (3)


avec G e gain de l’écran,
L V luminance du tube vert. Figure 9 – Réponses spectrales des luminophores
Cette formule montre l’influence du choix du type de matriçage,
non seulement dans le rendu des couleurs, mais aussi sur la valeur
de la luminance perçue. En effet, une petite variation des coefficients ZnS:Ag pour le bleu, Y2 O 3 : Eu 3 + pour le rouge, ZnS:CdS:Ag et
de matriçage permet d’obtenir un gain de lumière, mais elle entraîne Gd 2 O 2 S: Tb 3 + (P43) pour le vert. Avec un filtrage des raies latérales
en contrepartie des distorsions chromatiques. indésirables, ce dernier luminophore utilisé dans les tubes de
projection présente une meilleure chromaticité, mais sa rémanence
[Link] Luminophores est plus longue (quelques millisecondes) ;
— la réponse du transfert électro-optique L = f (V ), V tension
Les caractéristiques des luminophores déterminent en grande
d’excitation qui conditionne les possibilités de reproduction des
partie la qualité des images : puissance lumineuse, rapport de
niveaux de gris ;
contraste, résolution, rendu et fidélité des couleurs. Ces caractéris-
— le phénomène de saturation, principalement aux forts courants
tiques sont décrites par les paramètres suivants :
Ia d’excitation du faisceau d’électrons : la figure 10 montre les
— l’efficacité lumineuse ε exprimée en lm/W, qui détermine le flux courbes de variation de la luminance L = f (Ia ) en fonction du courant
maximal disponible : sa valeur peut varier dans de grandes de faisceau Ia pour les trois luminophores R, V, B. On voit que le
proportions d’un luminophore à un autre (par exemple, 8 lm/W pour luminophore bleu atteint très rapidement la saturation pour des
le bleu P22 et 45 lm/W pour le vert P43) ; valeurs I a inférieures à 0,5 mA (écrasement du spot du tube
— la réponse spectrale, qui traduit le caractère de chromaticité cathodique) ;
et la fidélité de reproduction des couleurs : la figure 9 représente — la rémanence, qui décrit la décroissance de l’émission lumi-
les réponses spectrales de luminophores P22 utilisés en télévision : neuse après une excitation brève. Elle est définie par le temps ∆t

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que met la lumière à décroître jusqu’à 10 % de sa valeur maximale


après l’arrêt de l’excitation. Ce paramètre agit sur la résolution dyna-
mique (objets en déplacement rapide) et le défaut observé se mani-
feste par l’apparition d’un traînage (queue de comète). La figure 11
montre les courbes de rémanence des trois luminophores R, V, B.
Pour le rouge et le vert, elle est de l’ordre de quelques millisecondes
et pour le bleu d’environ 10 µs en projection.
Les travaux actuels de recherche s’orientent davantage vers
l’amélioration des caractéristiques des luminophores actuels que
vers la mise au point de nouveaux matériaux électroluminescents.

[Link] Tube cathodique


Les problèmes posés par le tube cathodique sont bien connus et
concernent la luminosité et la résolution ainsi que le coût et
l’encombrement total du système. Un gain en luminosité implique
une augmentation soit de la tension THT d’accélération déjà élevée
Figure 10 – Variations de la luminance (V = 30 kV)
(30 à 35 kV), soit des dimensions du tube. La première solution
soulève les problèmes suivants :
— nouvelle conception, surtout au niveau du canon à électrons
(cathode à force dissipation, lentilles de préfocalisation et de
focalisation, correction d’astigmatisme) ;
— circuits annexes (amplificateurs vidéo de puissance, focus
dynamique, générateur THT, déviateurs, circuits de convergence,
système de refroidissement...) ;
— dispositifs de sécurité (implosion, marquage et brûlure du tube,
rayons X) ;
— et surtout limitation rapide de résolution du tube bleu aux fortes
puissances de fonctionnement.
Les tubes cathodiques de projection de 7’’ de diagonale sont
capables d’atteindre des luminances crêtes de 70 000 cd /m 2, ce qui
donne pour un appareil tritube à optique réfractive un flux maximal
d’environ 200 lumens (sur image blanche). L’emploi de tubes de
dimensions supérieures (diagonale de 9’’ et plus) permettrait à coup
sûr de résoudre la quasi-totalité des problèmes. Avec une même
taille de spot, on double pratiquement la résolution verticale pour
atteindre environ 1 000 lignes TV sur la hauteur d’image en plus du
gain de flux lumineux. Ces gains sont d’autant appréciés que, pour
les nouveaux systèmes TV, la vidéoprojection est considérée, au
moins dans une première phase, comme l’une des principales
techniques de visualisation. Des vidéoprojecteurs haute définition
sont déjà fabriqués (NHK, Ikegami, Sony, Barco, Seleco) avec des
tubes de projection de 9’’ et 12’’ de diagonale à focalisation magné-
tique. Le tableau 6 contient les principales caractéristiques de ces
appareils au format 16:9 qui sont tous associés à des écrans de
projection à gain.
Il faut rappeler que la présence de filtres dichroïques dans
certaines versions d’appareils est une source supplémentaire de
difficultés tant au niveau de la réalisation qu’à celui des performan-
ces (dépôt multicouche, précision de montage, perte de luminosité,
défauts de chromaticité). La figure 12 montre la réponse spectrale
d’un filtre dichroïque passe-haut. Un tel filtre est constitué par un
miroir nécessitant 15 couches de dépôt métallique. On voit que la
bande passante et le facteur de transmission dépendent fortement
de l’angle d’incidence du faisceau : pour une incidence de 70o , le
filtrage est quasi nul et la perte de luminosité près de 40 % ! Figure 11 – Temps de rémanence des luminophores

[Link] Écran de projection


mat, que l’on peut assimiler à un diffuseur lambertien, on a la relation
On distingue deux types de projection : la projection frontale, simple :
technique simple qui est adoptée sur la majorité des appareils E e = πL e
actuels, et la rétroprojection, technique plus délicate à mettre en
œuvre et qui devrait être de plus en plus utilisée surtout pour le Dans le cas général l’éclairement d’un diffuseur est donné par la
matériel grand public. En projection frontale le paramètre le plus relation suivante :
important est le gain d’écran G e , qui est défini par rapport au
diffuseur idéal de gain unité (surface plane de sulfate de baryum
BaSO 4 ) par la formule :
Ee =  L e ( d, α ) d –2 cos α dα (5)

Ge = E e /E 0 (4) avec d distance écran-observateur,


α angle formé par la direction d’observation et la normale
où E e et E 0 sont les éclairements incident sur l’écran et réfléchi par
au plan de l’écran.
l’écran (donc perçu par l’observateur). Pour un écran classique blanc
(0)

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Tableau 6 – Caractéristiques de vidéoprojecteurs haute définition


HDIH TPP1125 HD1200 HDFP
Caractéristiques
(Sony) (Ikegami) (Barco) (Seleco)
Luminance .................................................. (cd/m2) .................................... 150 .................................... 13
Flux lumineux ................................................... (lm) 130 .................................... 250
Diagonale écran.................................................. (’’) 60 à 230 100 160 160
Gain d’écran............................................................. 2 10 2 2
Directivité horizontale ........................................ ( ) o ± 60 ± 25 ± 60 ± 60
Directivité verticale............................................. (o ) ± 30 ± 10 ± 30 ± 20
Résolution ..............................................(lignes TV) 850 × 1 000 800 × 1 000 1 000 × 1 400 1 000 × 1 400
Bande passante .............................................(MHz) 30 30 60 54
Tension THT...................................................... (kV) 35 .................................... 35 35
Puissance consommée .....................................(W) 480 600 450 500
L × H × P ........................................................... (cm) 76 × 36 × 97 84 × 45 × 95 78 × 35 × 120 73 × 40 × 100
Masse ................................................................ (kg) 100 125 80 100

Les figures 13 et 14 représentent des diagrammes de diffusion


de la luminance et des courbes de variation du gain Ge pour diffé-
rents écrans. On voit que plus le gain est élevé, plus l’écran devient
directif. Cette forte directivité limite pratiquement l’emploi des
écrans à gain élevé à des projections du type intérieur d’apparte-
ment (gain de 5 à 10) ou du type institutionnel (gain de 2 à 3).
Comme il a déjà été souligné, la rétroprojection est une solution
mieux adaptée à un intérieur d’appartement. L’appareil comporte
alors un écran particulier. La structure de cet écran peut être simple
(lame de verre diffusante) ou complexe (association de plusieurs
éléments). Dans ce dernier cas, il s’agit en général d’une associa-
tion lentille de Fresnel-réseau de microlentilles, le premier élément
récupérant l’intensité lumineuse et le second déterminant la
résolution. La figure 15 montre les structures détaillées de deux
écrans, l’un plus classique (figure 15a ) et l’autre plus récent et étu-
Figure 12 – Réponse spectrale d’un filtre dichroïque
dié par Philips (figure 15b ). Les différences portent sur la disposi-
pour différentes incidences du faisceau
tion des deux éléments constitutifs et sur le mode de diffusion
(surface ou volume). Ces écrans ont des gains de 5 à 6. Les
figures 16 et 17 représentent respectivement les diagrammes de
diffusion (valeurs normalisées) et les écarts chromatiques δ V , B et
δ R , B mesurés le long de l’axe horizontal d’observation. L’écart
chromatique δ i , j entre deux voies primaires i et j est défini par la
relation :
δ i , j = lg (Li /Lj ) (6)
avec Li et Lj valeurs normalisées des luminances mesurées.

Figure 14 – Diffusion des écrans à projection frontale


Figure 13 – Diagrammes de diffusion des écrans

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Figure 15 – Structure de deux écrans de rétroprojection

Figure 17 – Variations des écarts chromatiques

du faisceau, des déviations aux vitesses de balayage télévisuel


peuvent être obtenues sans difficulté majeure soit avec des dispo-
sitifs mécaniques (miroir tournant, miroir vibrant), soit avec des
systèmes acousto-optiques (diffraction optique par un réseau de
phase induit par une onde ultrasonore dans un milieu liquide ou
solide). Le fonctionnement est simple dans son principe : le faisceau
du laser modulé en intensité par le signal d’image dans un cristal
est successivement dévié par un miroir multiface tournant à grande
vitesse (balayage ligne), puis par un miroir vibrant (balayage trame)
pour être finalement dirigé sur l’écran de projection.
Simple dans le principe, le système de projection à laser reste
Figure 16 – Diffusion de deux écrans de rétroprojection cependant très complexe à mettre en œuvre et, pour la télévision,
la reproduction des couleurs pose un sérieux problème.

L’écran Philips donne de meilleurs résultats avec une directivité


plus faible (angle de projection doublé) et des distorsions chroma- 3.2.2 Sources à lasers et colorimétrie TV
tiques moins importantes (et inversées). Le phénomène de points
chauds est plus visible sur cet écran tandis que les effets de La qualité de reproduction des couleurs est étroitement liée au
moirage sont atténués et le contraste amélioré avec la présence de choix des trois primaires rouge, vert, bleu définissant l’aire du
bandes verticales noires (black stripes ). triangle de reproduction. Pour les deux premières primaires, on peut
utiliser respectivement les raies rouge du laser à krypton
En guise de conclusion, compte tenu des performances relati- ( λ R = 647 nm) et verte du laser à argon ( λ V = 514,5 nm). Pour la
vement limitées tant en flux lumineux qu’en résolution, il est
primaire bleue, deux possibilités existent avec le laser à argon, une
raisonnable d’envisager l’exploitation des vidéoprojecteurs à tubes
première raie à λ B1 = 488 nm et la seconde à λ B2 = 476,5 nm. Les
cathodiques uniquement avec des écrans de faibles dimensions, ne
dépassant guère 10 m 2. efficacités lumineuses des deux raies sont dans un rapport de 10 en
faveur de la première. En tenant compte des coefficients du matri-
çage TV (αR = 0,30 ; αV = 0,59 ; αB = 0,11), l’efficacité globale du sys-
tème est égale à 0,2 lm/W et 0,06 lm/W respectivement pour les deux
3.2 Systèmes utilisant des sources lasers raies bleues. On constate que le choix de la raie à λ B1 = 488 nm est
plus efficace pour le rendement et que la raie à λ B2 = 476,5 nm
3.2.1 Principe de fonctionnement convient mieux pour la colorimétrie. La figure 18 montre respec-
tivement dans le système de coordonnées chromatiques CIE 1976
L’utilisation du laser comme source d’image dans un vidéo- (u ’, v ’ ) :
projecteur est connue depuis plus d’une vingtaine d’années avec des
travaux dans différents laboratoires de recherche et développement — le spectrum locus définissant le domaine des couleurs réelles ;
(Matsushita, Hitachi, Soro, Seso /Bertin, Dwight-Cavendish, — deux triangles de représentation des primaires, le premier
Sylvania, Zenith). Les avantages du laser sont liés aux propriétés défini par l’UER (Union Européenne de Radiodiffusion) et le second
de monochromaticité, de grande finesse et de forte directivité de son correspondant aux trois luminophores d’un tube cathodique
faisceau. On utilise des lasers à gaz avec des puissances de sortie (shadow mask ) ;
de 10 à 25 W. La modulation du faisceau lumineux par le signal vidéo — deux triangles de représentation des primaires de laser
est effectuée par un cristal électro-optique. La bande passante correspondant aux deux raies bleues du laser à argon.
obtenue avec ce type de modulation est élevée et peut atteindre On constate que si, par rapport à la référence UER, la reproduc-
plusieurs dizaines de mégahertz. Grâce à la finesse et à la directivité tion des couleurs est tout à fait correcte avec le tube cathodique,

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En réalité, la très faible divergence du faisceau de sortie autorise des


projections dans des configurations très peu contraignantes ;
— une très bonne géométrie et de grandes facilités d’adaptation
des formats ;
— une résolution élevée avec plus de 2 000 lignes TV sur la
hauteur d’image grâce à la grande finesse du faisceau lumineux.
Une équipe de CNRS (Centre National de la Recherche Scienti-
fique) de l’université de Valenciennes a démontré la faisabilité d’une
maquette trichrome pour la télévision. Le système fonctionne avec
un balayage simultané de 8 lignes TV, les 8 faisceaux correspondants
étant générés par diffraction avec un cristal acousto-optique. Cette
solution permet de réduire considérablement la vitesse de rotation
du miroir multiface à moins de 10 000 tr/min. Elle génère, par contre,
des difficultés à résoudre d’uniformité de géométrie (structure
spatiale) et de photométrie (intensité lumineuse) dans chaque
paquet et entre les paquets de lignes. Une interface de conversion
de balayage est nécessaire pour adapter l’appareil aux sources
classiques d’images TV. Comme dans l’appareil précédent, on utilise
deux sources pour produire les faisceaux (laser de base à argon de
25 W). La résolution recherchée est de 1 250 × 2 500 points avec un
taux de modulation de 40 % pour des applications en TVHD et en
infographie. La figure 19 montre le synoptique général de
l’équipement dont le développement a été confié à la société
Seso/Bertin.
Figure 18 – Diagrammes de chromaticité des primaires des lasers En dépit de qualités appréciables, la vidéoprojection à laser est
une technique complexe dans sa mise en œuvre, elle reste réservée
par contre, pour les sources lasers, quelle que soit la raie bleue à des applications très spécifiques. Quelle que soit la solution
retenue, la surface des deux triangles des couleurs est plus petite adoptée (vibration d’écran, lame de verre dépoli, guides optiques
et n’intègre pas suffisamment la région dite zone des couleurs vibrants...), le problème de l’élimination de l’effet Speckle, défaut
pourpres. spécifique à la projection à laser (aspect brillant et satiné des images)
est loin d’être résolu. Face à ses concurrentes, cette technique est
fortement pénalisée par un rendement lumineux très faible, une
3.2.3 Vidéoprojecteur couleur à laser exploitation complexe et contraignante (encombrement excessif,
énergie du secteur de plusieurs dizaines de kVA, circuit de refroidis-
La première réalisation de vidéoprojecteur à laser est un appareil sement, sécurité) et un coût élevé (2 à 3 MF).
de laboratoire construit conjointement par NHK et Hitachi. Pour un
flux lumineux en sortie d’appareil de 100 lm, la consommation totale
atteignait 24 kW, soit une efficacité environ 100 fois plus faible que 3.3 Autres dispositifs
celle d’un vidéoprojecteur tritube 7’’. En France, la société d’électro-
optique Soro a étudié une maquette monochrome de laboratoire 3.3.1 Écrans muraux
dont les caractéristiques sont rappelées ci-après.
Il s’agit des grands écrans modulaires qui sont exploités pour des
projections devant un public nombreux et dans toutes les conditions
Caractéristiques du vidéoprojecteur Soro :
possibles (halls d’exposition, galeries marchandes, champs de
— taille d’image : 1,80 m × 1,10 m ; courses, stades...). Ils sont constitués par l’assemblage de N × M
— source laser : argon (5 W) ; petits écrans élémentaires dont le nombre est variable (de 4 à 256)
— couleur : vert (λ = 514,5 nm) ; et qui peuvent être soit des tubes cathodiques moniteurs (Space-
— nombre de demi-teintes : 8 ; vision de Synelec, Telewall de Eagle Production, Système 200 de
— flux lumineux :  100 lm ; Vidéac, Kreonscreen de Vidcom...), soit des rétrovidéoprojecteurs
— application : projection TV. (Vidiwall de Philips, Prism de Synelec). La décomposition de l’image
en zones nécessite, pour l’adressage des points d’image, l’adjonction
En 1985, la société anglaise Dwight-Cavendish à Londres a d’une mémoire d’image et des circuits de traitement numérique. Ces
commercialisé un vidéoprojecteur couleur à laser. Deux lasers de circuits permettent d’effectuer de nombreuses opérations :
puissance sont utilisés comme sources primaires : l’un ionique conversion de normes et interpolation, effets spéciaux (zoom,
(argon) fournit les faisceaux vert et bleu, et l’énergie restante sert enchaînement de séquences, inversion vidéo, pseudochromie,
à exciter un second laser à colorant pour le faisceau primaire rouge. corrections colorimétriques...), gestion et adaptation de différentes
La modulation du faisceau par le signal vidéo est faite par un cristal sources vidéo et infographiques, génération de mires internes. La
acousto-optique. Les balayages ligne et trame sont respectivement structure de l’écran et le grandissement de l’image entraînent des
effectués par des miroirs tournant (multiface à 40 000 tr /min) et contraintes mécaniques et électroniques. Dans le cas des murs à
vibrant (galvanométrique). À la restitution, des miroirs dichroïques tubes moniteurs, on peut atténuer la présence gênante des bandes
permettent de reformer le faisceau lumineux de projection. Le flux de séparation des tubes (largeur de 2 à 3 cm) en plaçant devant ces
lumineux de sortie est de 300 lm. Les principales caractéristiques de derniers un écran de diffusion. La figure 20 montre le système
cet appareil sont les suivantes : Kreonscreen dont l’écran de diffusion en acrylique est couplé aux
tubes moniteurs à l’aide de guides optiques de gain variable, pour
— une grande uniformité d’éclairement d’écran due à l’absence
corriger les défauts géométriques. Avec des vidéoprojecteurs, les
d’optique de projection. Les pertes de luminosité sur les bords de
liserés de séparation ne sont plus du tout gênants (largeur inférieure
l’écran sont inférieures à 5 % (50 % de vignettage dans le cas d’une
à 5 mm) et la planéité de l’écran est excellente tandis que subsiste
optique de projection) ;
le vignettage des optiques de projection.
— dans la mesure où le faisceau de sortie peut être considéré
comme parallèle, une profondeur de champ pratiquement infinie. Ces murs d’écrans permettent d’atteindre une très forte lumino-
sité avec des valeurs de luminance crête de 400 à 500 cd/m 2. Ils
sont excessivement encombrants et requièrent une consommation

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Figure 19 – Schéma synoptique


d’un projecteur à laser

Figure 20 – Schéma synoptique de l’écran


Kreonscreen

élevée d’énergie, comme on peut le constater à la lecture du Trois tailles de tubes sont disponibles de diamètre 18, 28 et 36 mm,
tableau 7, qui contient les caractéristiques techniques de trois permettant de réaliser des écrans de 10 m 2 à plus de 50 m 2.
dispositifs constitués chacun de 8 × 8 éléments. L’écran est connecté à une mémoire d’image qui autorise des trai-
tements sur les signaux, principalement l’adaptation de la loi de
transfert électro-optique sensiblement différente de celle du lumi-
3.3.2 Écrans géants nophore. Par modulation de la largeur d’impulsion, on arrive à
reproduire une échelle de 64 niveaux de gris.
[Link] Écrans à tubes à incandescence : Astrovision L’écran Astrovision projetant une image de 6,40 m × 8,80 m avec
une résolution de 200 × 200 points est capable de fournir une
Cet écran développé par Panasonic (groupe Matsushita) est luminance de crête de 1 000 cd/m 2 pour une consommation
constitué par une mosaïque de N × M petits tubes à incandescence d’énergie de 880 kW (efficacité lumineuse de 0,2 lm/W) ! À cause
rangés selon une disposition en delta et dont l’ampoule de verre de sa faible résolution, ce dispositif est surtout destiné à des pro-
est revêtue d’une peinture spéciale de couleurs respectivement jections d’images fixes ou faiblement animées (données graphi-
rouge, vert et bleu. Pour améliorer le contraste des images, les ques, séquences publicitaires).
tubes sont logés dans des étuis noircis intérieurement (figure 21).

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[Link] Écrans à tubes électroluminescents : Diamondvision l’utilisation de ces écrans géants est destinée aux manifestations de
et Jumbotron foule.
Ces deux écrans géants (Mitsubishi et Sony) utilisent l’électrolu-
minescence de luminophores excités par un faisceau d’électrons. Le
rendement est beaucoup plus élevé et identique à celui des tubes 3.3.3 Écran à fibres optiques
cathodiques. L’écran du Jumbotron est modulaire et formé par des
blocs (40 cm × 40 cm) de 24 triades appelées trini-lites (6 rangées de Cet écran modulaire est constitué par des modules de faisceaux
4 triades). La figure 22 montre la structure d’une trini-lite avec les de fibres optiques ayant des grandissements propres pour atteindre
trois luminophores rouge, vert et bleu. La tension THT d’accélération la taille d’image désirée. La figure 23 montre la structure d’un
des électrons est d’environ 10 kV. Lors de l’exposition universelle module élémentaire de 2 500 fibres qui comporte une face d’entrée
« Expo 85 », un écran colossal de 40 m × 25 m a été montré à Tsukuba plane (1’’ × 1’’) et une face de sortie taillée en biseau (6’’ × 6’’). Les
(Japon) avec des images visibles dans un rayon de 1 km ! Depuis, intervalles entre fibres sont noircis pour éviter les recouvrements
des écrans de taille plus réduite ont été construits et installés en poste et pour augmenter le contraste (black matrix ). Ce type d’écran est
fixe ou sur des véhicules de transport. L’écran Diamondvision utilise caractérisé par une résolution moyenne, une forte luminosité et un
des tubes cathodiques classiques miniatures de 2,86 cm de diamètre grand champ d’observation des images. Un prototype de 1,20 m de
et 13,2 cm de longueur dans une structure d’échantillonnage en base a fait l’objet d’une démonstration, couplé avec un projecteur
delta. La conception du système est aussi modulaire avec des blocs de diapositives utilisé comme source d’images. La qualité des
de 1 536 tubes (48 rangées de 32 tubes). Des surfaces d’écrans de images affichées reste très insuffisante et des améliorations sont
50 m 2 (24 576 triades) à 200 m 2 (98 304 triades) sont disponibles attendues pour répondre aux exigences de la télévision. (0)
pour des consommations de 80 et 300 kW. Comme on l’imagine,

Tableau 7 – Caractéristiques mécaniques et électriques des murs d’écrans


Spacevision Kreonscreen Vidiwall
Caractéristiques
(moniteurs) (moniteurs) (vidéoprojecteurs)
H × L × P ................................................................ (m) 4 × 4,88 × 0,75 3,90 × 5,50 × 1,00 6,40 × 5,60 × 1,35
Taille d’image ....................................................... (m) 3,70 × 4,70 3,60 × 4,80 6,00 × 4,50
Puissance consommée .....................................(kVA) 6,4 6,5 13
Masse ...................................................................... (t) 2,24 2,70 4,00

Figure 21 – Écran à tubes fluorescents : Astrovision

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phénomène exploité (diffraction, diffusion, absorption) ou le mode


de réalisation (milieu de modulation, type de relais, mode
d’adressage). Les principales réalisations vont être décrites dans les
paragraphes suivants.

4.1.1 Dispositifs à membrane liquide

[Link] Système en mode réflexion


Il s’agit de l’Eidophor, qui a étudié et mis au point par la société
suisse Gretag. Le principe de fonctionnement de la version mono-
chrome est montré sur la figure 25 : le faisceau incident d’une lampe
au xénon est réfléchi par un miroir à barres, puis dirigé vers un miroir
concave revêtu d’un mince film d’huile. En l’absence de diffraction,
le miroir forme l’image des fentes sur les barres même du miroir
et renvoie donc toute la lumière vers la source. Par déformation, on
inscrit par dépôt de charges électriques avec le faisceau électronique
un réseau optique à la surface de l’huile. Le faisceau diffracté est
alors modulé en intensité par modulation spatiale du dépôt de
charges. Le noir est obtenu en défocalisant légèrement le spot de
balayage pour avoir par recouvrement des lignes une répartition
Figure 22 – Structure de la cellule trini-lite
uniforme de charge sur le film d’huile qui se comporte donc comme
un miroir. Selon l’amplitude du signal appliqué, on réduit plus ou
moins la défocalisation laissant apparaître les sillons tracés par les
lignes de balayage. La cellule de relais optique fonctionne sous un
vide poussé. Le rendement de l’appareil approche 25 %, ce qui donne
pour un appareil noir et blanc avec une lampe de 2,5 kW un flux maxi-
mal de 4 000 lm (modèle 5180 ).
La version couleur de l’Eidophor utilise trois cellules identiques
rouge, vert et bleu. Les cellules sont reliées à un groupe de pompage
pour recréer le vide dans l’appareil avant chaque projection. On
utilise une seule lampe au xénon, deux miroirs dichroïques pour
produire les faisceaux primaires R, V, B, et trois objectifs de
projection. Avec des lampes à décharge de 2,5 kW et de 4,8 kW, les
flux obtenus sont de 3 600 lm (modèle 5170 ) et de 7 000 lm (modèle
5171 ).
En vidéoprojection, l’Eidophor est considéré comme l’appareil le
plus puissant, capable de répondre aux exigences d’une projection
sur un écran géant avec une surface atteignant jusqu’à 50 m 2 .
Cependant son exploitation et sa maintenance restent complexes et
fastidieuses, et son coût très élevé le réserve au domaine strictement
professionnel. Il existe aussi une version HD de l’Eidophor (modèle
Figure 23 – Structure d’un module de l’écran optique 5177 ) répondant aux normes TVHD 1250 / 50 /2 ou 1125 / 60 /2 au
format d’image 16:9. Avec une nouvelle lampe au xénon de 4,2 kW,
le flux obtenu est de 2 000 lm (1250/50) ou 3 000 lm (1125/60). La
résolution est limitée à environ 850 lignes sur la hauteur d’image,
4. Dispositifs non émissifs ce qui est insuffisant pour atteindre une qualité TVHD.

dits à relais optiques [Link] Système en mode transmission


General Electric (G.E.) a développé un appareil similaire
4.1 Dispositifs par diffraction optique fonctionnant en mode transmission. Le film d’huile est déposé sur
un disque en verre tournant à faible vitesse (3 révolutions/heure).
En version monochrome, le réseau optique est inscrit horizon-
La projection à relais optique (souvent appelé light valve ) est
talement sur la surface du film par les lignes du balayage TV. Le
connue depuis 1940. Elle est basée sur la modulation d’un faisceau
faisceau d’électrons du canon et la cellule du relais optique sont
de lumière par un signal externe par diffraction, diffusion ou
coaxiaux. Avec une lampe au xénon de 500 W, l’appareil délivre un
absorption optique. La figure 24 en rappelle le principe : le relais
flux de 1 000 lm pour une résolution de 600 points par ligne (modèle
(ici un film d’huile déformable) est associé à une optique de
PJ7050 ).
Schlieren. Celle-ci est formée par une lentille et deux filtres à barres
placés respectivement à l’entrée et à la sortie du dispositif. Elle trans- La version couleur présente une originalité intéressante qui utilise
forme la modulation d’amplitude du signal en modulation d’intensité une cellule unique au lieu de trois comme dans l’Eidophor. Trois
du faisceau lumineux. Un réseau de diffraction est inscrit par défor- réseaux sont inscrits simultanément à la surface du film d’huile : un
mation sur la surface du film d’huile. Sans signal de modulation, premier réseau, tracé par le balayage en trame, avec des sillons
la lentille forme l’image des fentes du filtre d’entrée sur les barres horizontaux (voie verte) comme dans l’appareil monochrome et deux
du filtre de sortie de telle manière qu’aucune lumière ne traverse autres inscrits par le balayage en ligne avec des sillons verticaux
le système. En présence de modulation, la lumière diffractée n’est (voies rouge et bleue). Les déformations du film d’huile sont induites
que partiellement arrêtée par le filtre en sortie, laissant passer un en superposant aux signaux de balayage des ondes porteuses hautes
faisceau d’intensité proportionnelle au taux de modulation. De fréquences (48, 16 et 12 MHz respectivement pour le vert, le rouge
nombreuses versions d’appareils ont été développées selon le et le bleu). La figure 26 montre comment il est possible de moduler

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séparément les deux signaux rouge et bleu à partir du seul balayage


ligne. L’angle de diffraction θ d’un réseau de pas p donné est égal
à θ = k ( λ /p ) où λ désigne la longueur d’onde. Le rapport des
longueurs d’onde du bleu et du rouge étant égal à 3/4, les réseaux
à 12 et 16 MHz vont dévier les faisceaux rouge et bleu d’un même
angle θ. Les barres du filtre de sortie de l’optique de Schlieren vont
donc bloquer le signal rouge pour le 12 MHz et le signal bleu pour
le 16 MHz, c’est-à-dire que le réseau à 12 MHz modulera uniquement
le faisceau bleu tout comme le réseau à 16 MHz le faisceau rouge.
Le signal vidéo est appliqué sur les plaques de déflexion. La figure 27
montre le synoptique de l’ensemble du vidéoprojecteur. On utilise
une source unique au xénon associée à un filtre coloré. La cellule
est scellée sous vide et une pompe interne à adsorption moléculaire
maintient le vide pendant toute la durée de vie. Figure 24 – Schéma de principe du relais optique

L’appareil G.E. est commercialisé sous plusieurs dénominations :


PJ, Talaria LV/MLV/ TLV et MP. Ce dernier modèle est plus parti-
culièrement réservé à des applications de type projection informa-
tique (ordinateurs, PC). Suivant la puissance de la lampe au xénon,
les flux obtenus vont de 1 000 lm (modèle LV 1000 E ) à 2 800 lm
(modèle LV 2800 ). La résolution limite de ces appareils est d’environ
600 points par ligne. Par rapport à l’Eidophor, ces appareils sont
moins coûteux et ont le gros avantage d’être très compacts. Il existe
une version de très forte luminosité (modèle MLV 4800 ) avec un flux
de 4 800 lm obtenu en couplant deux cellules optiques et en utilisant
deux sources au xénon. Un des relais module la voie verte avec un
réseau horizontal et l’autre voie magenta avec deux réseaux super-
posés, l’un horizontal (rouge) et l’autre vertical (bleu). Une version
à trois cellules est aussi disponible mais il est clair que ces
empilements d’appareils entraînent inévitablement d’énormes
difficultés de mise en œuvre et de réglage avec, en plus, une perte
de résolution.

4.1.2 Autres matériaux déformables


[Link] Membrane plastique
D’autres matériaux déformables ont été utilisés dans les relais
optiques, en particulier des membranes plastiques et en céramique. Figure 25 – Système monochrome à relais optique (par réflexion)
Il s’agit davantage d’appareils relevant du stade du laboratoire. Pour
les appareils à membrane plastique, on peut citer le Lumatron (CBS),
le DSDT (Deformographic Storage and Display Tube ) (IBM) à
adressage électronique et le Ruticon (Xerox Corporation) à
adressage optique.
Le Lumatron utilise une membrane thermoplastique qui présente
une température de passage à l’état vitreux T 1 à partir de laquelle
des déformations de la surface peuvent être inscrites par dépôt de
charges électriques. Au-delà d’une température T 2 supérieure à T 1 ,
il y a effacement des déformations. On peut donc employer le tube
de projection soit en mode mémoire (écriture avec une température
T comprise entre T 1 et T 2 , puis mémorisation avec T inférieur à T 1 ),
soit en mode temps réel (inscription continue avec T au voisinage
de T 2 ).
La figure 28 montre le principe de fonctionnement du tube DSDT.
La membrane en élastomère est posée sur une feuille de mica et
revêtue d’une couche métallique réfléchissante. Les charges élec- Figure 26 – Schéma de principe de la diffraction optique
triques, déposées par le faisceau électronique sur la face libre de
la feuille de mica, induisent par un phénomène d’attraction élec-
trostatique des déformations générant le réseau de diffraction. Une des faces de la membrane élastomère. Il est essentiel de réaliser un
optique de Schlieren convertit la modulation du signal en modulation isolement optique efficace entre les deux faces d’adressage et de
d’intensité du faisceau lumineux. L’appareil fonctionne en mode lecture du relais. La figure 29 montre le principe de fonctionnement
réflexion. Avec une lampe au xénon de 500 W, le flux est d’environ de l’appareil. Une électrode métallique flexible déposée sur la
150 lm, ce qui est suffisant pour projeter des données sur un écran membrane isole optiquement les deux faces du relais. Un filtre à
de moins de 1 m 2 . La résolution atteinte est élevée, environ barres induit par déformation de la membrane le réseau de
1 500 × 2 000 points, ce qui permet d’afficher près de 27 000 carac- diffraction. Le signal appliqué crée dans les parties éclairées du
tères. Comme pour le Lumatron, la vitesse de balayage de l’écran photoconducteur un champ électrique proportionnel, d’où une
est trop faible pour des applications en télévision. modulation du faisceau réfléchi par la surface métallique.
Les deux dispositifs précédents ont un mode classique d’adres-
sage par faisceau électronique. Quant au Ruticon, il utilise un mode
d’adressage optique à travers un revêtement photoconducteur d’une

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Figure 27 – Vidéoprojecteur couleur


à relais optique monocellule

Figure 28 – Relais optique à membrane élastomère


(adressage électronique et réflexion)

[Link] Membrane céramique


Un autre relais optique appelé Féricon emploie comme milieu Figure 29 – Relais optique à membrane élastomère
déformable une membrane en céramique ferroélectrique et pour (adressage optique et réflexion)
l’adressage optique un photoconducteur. La figure 30 montre le
principe de fonctionnement du dispositif. Dans l’état initial, l’orien- [Link] Autres types de membranes
tation des domaines ferroélectriques est perpendiculaire à la surface
de la membrane, et la polarisation P R est à sa valeur maximale. Le D’autres types de membranes ont été utilisés dans des dispositifs,
signal appliqué entre deux électrodes vient modifier la polarisation basés sur le principe de l’Eidophor, qui sont tous restés au stade
rémanente P ré jusqu’à la rendre nulle dans les zones exposées à du développement de laboratoire (Philips, RCA, Westinghouse, IBM).
la lumière à travers le photoconducteur. La lumière diffractée par Différentes structures de membranes ont été essayées : membrane
le réseau est ensuite révélée par une optique de Schlieren. L’appareil de béryllium tendue sur une grille, membrane segmentée, mem-
fonctionne en mode réflexion avec un bon isolement optique entre brane en forme de languettes... ; de même, différents matériaux ont
les deux faisceaux d’adressage et de lecture. Cependant, comme été étudiés comme le béryllium, le nickel et autres alliages ou encore
pour les dispositifs précédents, la vitesse de fonctionnement est trop la silice. Les performances obtenues (flux, contraste, résolution...)
lente pour envisager une utilisation télévisuelle. restent souvent très modestes et dans certains laboratoires les
travaux ne sont plus poursuivis.

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4.2 Dispositifs par diffusion optique


4.2.1 Dispositifs à membrane céramique
Les dispositifs précédents utilisent la diffraction de la lumière,
d’autres systèmes qui ont aussi fait l’objet d’importants travaux
fonctionnent selon un principe basé sur la diffusion dans une céra-
mique (Cérampic ) ou dans un cristal liquide dans différents modes
d’adressage : faisceau électronique, optique, laser infrarouge, matri-
ciel.
Le Cérampic, dont le principe de fonctionnement est rappelé sur
la figure 31, comporte une membrane en céramique avec un
adressage de type optique. Lorsque le matériau céramique est dans
son état de polarisation rémanente nulle (état initial), les domaines
ferroélectriques élémentaires sont orientés au hasard résultant en
une structure opaque du milieu. En présence du champ électrique
créé par le signal appliqué, il y a alignement des domaines ferro-
électriques avec formation d’une structure transparente au passage
de la lumière. Si l’ouverture du faisceau reste faible (inférieure à 2o ),le
rapport de contraste peut être élevé (supérieur à 100), mais un tel
résultat est obtenu au détriment du flux lumineux. Un dispositif Figure 30 – Relais optique à membrane céramique
analogue au Cérampic, et étudié par les laboratoires Bell, utilise un (adressage optique et réflexion)
mélange de CdS et ZnS comme élément photoconducteur et un
faisceau infrarouge pour l’inscription. À cause de sa faible cadence,
ce dispositif est uniquement destiné à la visualisation infographique.

4.2.2 Dispositifs à cristaux liquides

Des dispositifs utilisant la diffusion dans des cristaux liquides ont


été étudiés dans de nombreux laboratoires parmi lesquels on peut
citer entre autres Thomson-CSF, Bell, Hitachi, Fujitsu, IBM, Hughes
Aircraft. Le cristal liquide peut être un cholestérique ou un smectique
ou encore un mélange cholestérique-nématique dans lequel on
induit des variations de structure moléculaire en présence d’un
champ électrique. Une réalisation prometteuse pour la projection TV,
dont le principe de fonctionnement est indiqué sur la figure 32, a
été développée par le laboratoire central Thomson-CSF. Dans ce
dispositif, on commence par chauffer le cristal de sa phase initiale
smectique jusqu’à la phase isotrope, puis on arrête le chauffage et
la température du cristal peut alors décroître rapidement de deux
manières. Dans le premier cas où aucun champ électrique n’est
appliqué, on réalise une trempe en passant de l’état isotrope à l’état
smectique initial macroscopiquement désordonné, et la structure Figure 31 – Relais optique à membrane céramique
résultante est fortement diffusante. Dans le second cas, un champ (adressage optique et transmission)
électrique est appliqué entraînant une réorientation de la phase
nématique intermédiaire avant de retrouver une phase smectique
Hughes Aircraft a développé aussi un dispositif à adressage
avec alignement des molécules. Le cristal se trouve ainsi dans un
matriciel utilisant la diffusion dynamique dans un cristal nématique.
état transparent et l’intensité de la lumière transmise est fonction
À cause de son temps de réponse élevé (quelques millisecondes),
de l’amplitude du signal appliqué. L’adressage du dispositif en mode
le cristal ne permet pas d’adresser par multiplexage direct un très
ligne par ligne est obtenu à l’aide d’un réseau de 100 résistances
grand nombre de lignes. En effet, le nombre total N de lignes
électriques (balayage horizontal) et de 100 électrodes de commande.
adressables et la dynamique K = V on /V off sont reliés par la formule :
Les résistances de lignes servent en même temps à chauffer le cristal
et le signal est appliqué sur les électrodes (colonnes) à travers des N +1 1 1
registres. K = -------------------- ≈ 1 + ---------- + ---------- (7)
N –1 N 4N
Pour fonctionner à la cadence TV, il faut pendant la durée de 64 µs
de la ligne porter la température initiale du cristal qui est d’environ On voit que pour N = 400 lignes, la dynamique K n’est plus que
35 o C jusqu’à plus de 40 o C et revenir à cette température initiale. 1,05. Pour remédier à ce problème, la commande de l’écran est
À cet effet, on dépose les résistances de lignes sur un substrat de transférée à une matrice de composants électroniques rapides.
silicium (bon conducteur thermique) qui sert en même temps de Chaque composant, formé par une paire transistor FET-capacité
support d’intégration de l’électronique de commande. La figure 33 mémoire MOS (figure 34), commande un point donné de l’écran.
montre la disposition des différents éléments optiques de l’appareil La matrice comporte donc autant de commutateurs « transistor-
qui fonctionne en mode réflexion. Il est difficile d’obtenir à la fois capacité » que de points d’image. Grâce à cette technique de
un bon contraste et un flux élevé, à moins d’utiliser une association commande communément appelée à matrice active, on atteint des
optique de Schlieren-objectif de projection à grande ouverture. Un vitesses de fonctionnement compatibles avec une utilisation en
dispositif ayant une surface utile de 10 × 12 mm 2 et une résolution télévision. Un dispositif avec une matrice de dimensions
de 256 × 256 points a été expérimenté en fonctionnement à la 19 mm (V) × 25,3 mm (H) et une résolution de 240 × 320 points a été
cadence TV. Le contraste des images projetées sur un écran de 1 m 2 mis au point et il est dédié à une application particulière pour une
de surface est faible (12:1). Les circuits d’adressage du système pour observation d’images à l’intérieur d’un cockpit d’avion.
le fonctionnement à la cadence TV consomment environ 10 W.

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Figure 32 – Principe du relais optique


à cristaux liquides

place le cristal entre deux polariseurs de directions de polarisation


parallèles aux axes Ox et Oy, la lumière, dont le vecteur électrique
E est initialement orienté selon Ox, se divise en deux composantes
portées par les bissectrices OX et OY et qui se propagent à des
vitesses différentes. En sortie du cristal, la lumière résultante des
deux composantes déphasées d’un angle ϕ présente une polari-
sation elliptique. Le facteur de transmission τ après passage à travers
le second polariseur est égal à :

τ = sin 2ϕ = K sin 2 (πV /2V λ /2 ) (8)


avec K facteur de proportionnalité,
V tension appliquée entre les faces du cristal,
V λ /2 tension correspondant au maximum de transmission.
La figure 37 montre la structure interne du tube Titus. La lame
monocristalline, placée entre deux polariseurs croisés P 1 et P 2 , est
recouverte d’une couche conductrice transparente sur la face avant
Figure 33 – Projecteur à relais à cristaux liquides (par réflexion) et d’un miroir diélectrique sur la face arrière. Un faisceau d’électrons
à courant constant adresse séquentiellement une grille placée
derrière le miroir. Tant que le potentiel de la cible reste inférieur à
celui de la grille, le faisceau se comporte comme un simple court-
Récemment, Matsushita a développé un système similaire (rétro- circuit entre la grille et la lame. L’application du signal vidéo entre
vidéoprojecteur) en mode réflectif pour des applications TV et TVHD. la grille et l’électrode conductrice fait apparaître une charge
Le système optique (figure 35) comporte trois miroirs dichroïques, proportionnelle en chaque point de la cible. Jusqu’au passage
trois séparateurs polarisants, trois matrices à cristaux liquides et trois suivant du faisceau de balayage, cette charge reste inchangée, d’où
objectifs. L’écran d’un mètre de diagonale a un gain de 5. La version un effet de mémoire. L’utilisation du cristal KD 2 PO 4 , qui présente
h a u t e d é fi n i t i o n u t i l i s e d e s m a t r i c e s d e d i m e n s i o n s une ferroélectricité, permet d’obtenir un gain d’environ 12 en
28,8 mm (V) × 49,8 mm (H) et de résolution 960 × 1 422 pixels. sensibilité de modulation. Le cristal fonctionne à une température
Nota : rappelons que pour les systèmes couleurs un point d’image est la combinaison
de 3 pixels élémentaires R, V, B.
voisine de celle de Curie (– 50 o C), ce qui permet d’abaisser la tension
de 3,6 kV à 300 V.
Le vidéoprojecteur couleur SVS utilise trois tubes Titus en
association avec une lampe à arc au xénon, un séparateur polarisant,
4.3 Dispositifs par biréfringence deux miroirs dichroïques et deux objectifs de projection (figure 38).
Le faisceau de lumière blanche, après traversée du séparateur, est
4.3.1 Dispositif à monocristal électro-optique : divisé en trois faisceaux primaires rouges, vert, bleu, qui sont
tube de projection Titus modulés par les tubes et recombinés pour former le faisceau de
projection. Avec une lampe de 6,5 kW, le flux obtenu est de 2 500 lm
Le concept de modulation de la lumière à partir de l’effet biré- et la résolution de 800 lignes TV. Par rapport aux premières versions,
fringent (effet Pockels) est connu depuis fort longtemps (1934), et des améliorations ont été apportées, principalement sur le mode
de nombreux laboratoires ont développé des dispositifs de d’écriture et de dépôt des charges entre les faces de la lame, et la
projection qui utilisent cet effet. En particulier, en France, les travaux résolution du tube atteint 1 000 lignes TV. Comme l’Eidophor, le
des deux laboratoires (le LEP et le Sodern) du groupe Philips ont vidéoprojecteur SVS est un appareil d’exploitation complexe et d’un
abouti à la production du tube de projection bien connu, le Titus (Tube coût élevé, destiné aux applications professionnelles.
image à transparence variable spatio-temporelle).
La figure 36 rappelle, dans le cas des cristaux cubiques ou
quadratiques, les variations de l’indice de réfraction dans le plan (x,y )
des axes cristallographiques Ox et Oy lorsque l’on applique un
champ électrique E parallèlement à l’axe Oz de propagation. Si l’on

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Figure 34 – Structure de la matrice


de commande

Figure 35 – Projecteur à relais à matrices


de cristaux liquides (réflexion)

4.3.2 Dispositifs à cristaux liquides se traduit par une polarisation elliptique de la lumière. Un analyseur
placé en sortie et correctement orienté laisse alors passer la
L’effet de biréfringence peut être aussi induit dans un relais optique composante de même direction.
à cristaux liquides. Hughes Aircraft a été l’un des premiers labo- La figure 40 montre le synoptique du vidéoprojecteur couleur
ratoires à l’utiliser avec des cristaux liquides nématiques en hélice Hughes Aircraft. L’appareil comporte trois matrices à cristaux
TN (Twisted Nematic ) adressés optiquement. La figure 39 montre liquides en combinaison avec des filtres colorés, un miroir
le principe de fonctionnement qui est analogue à celui du tube Titus. dichroïque rouge, un séparateur polarisant et une optique de pro-
Dans l’état normal l’orientation des molécules du cristal subit une jection. Dans chaque canal primaire la matrice à cristaux liquides
rotation de π/4 en passant de la face d’entrée (côté lecture) à l’autre est adressée par un tube cathodique monochrome à travers un
face recouverte d’un miroir diélectrique (côté adressage). La lumière faisceau de fibres optiques. Avec une lampe au xénon de 1,6 kW,
incidente, polarisée parallèlement à l’axe des molécules sur la face le flux délivré est de 1 000 lm. Deux versions ont été développées
d’entrée, suit cette rotation de telle sorte qu’après réflexion sur le pour l’infographie et pour la vidéo. Les performances en télévision
miroir et nouvelle traversée du cristal elle ressort avec une polari- sont acceptables, néanmoins des améliorations sont attendues sur
sation identique. En présence du champ appliqué E, la rotation des certains points (contraste faible, superposition des trois images,
molécules subit une torsion entraînant une anisotropie du milieu qui colorimétrie, stabilité).

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Figure 38 – Vidéoprojecteur couleur à tubes Titus

Figure 36 – Principe de l’effet Pockels de biréfringence

Figure 39 – Principe du relais optique à cristaux liquides


biréfringents

Actuellement, la grande majorité des constructeurs utilisent plutôt


l’adressage électronique et la commande d’écran à matrice active
Figure 37 – Structure détaillée du tube de projection Titus ainsi qu’un mode de fonctionnement par transmission. La figure 41
montre le schéma synoptique classique d’un tel système dans lequel
La société Greyhawk a développé un appareil qui est basé sur ce on utilise comme source de lumière blanche une lampe à halogène
même principe pour l’affichage d’écrans de stations de travail (CAO, ou à halogène à vapeurs métalliques. Ces lampes ont un spectre
PAO). Le dispositif utilise quatre matrices à cristaux liquides d’émission proche de celui de la lumière du jour (blanc D 65 ) et des
(5 cm × 7,5 cm) pour la quadrichromie (rouge, vert, bleu, noir/blanc), puissances de 150 W à 250 W permettant des projections jusqu’à des
un seul objectif et un écran 40’’ de rétroprojection pour une résolution tailles respectables (10 m 2).
remarquable de 3 400 × 2 200 pixels. La vitesse d’écriture est de
41 500 pixels/s, soit environ 3 min pour le chargement d’une image
complète.

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Différentes technologies de réalisation sont étudiées et


développées : type de commutateur électronique (transistor, diode),
nature du support [a-Si ou p-Si (silicium amorphe ou polycristallin),
CdSe, céramique], technologie et procédé de fabrication (nombre de
couches de dépôt). Le marché des vidéoprojecteurs (ou rétro) à relais
matriciels à cristaux liquides est en pleine effervescence avec
presque exclusivement des appareils japonais. Matsushita, Seiko
Epson, Toshiba, Sharp, Sanyo, NEC, JVC proposent des appareils
couleur aux normes des systèmes actuels. Les matrices utilisées ont
des diagonales de 1,27’’ à 5’’ et des résolutions 350 × 240 pixels. En
Europe, les laboratoires Philips, Thomson-TCE et Planécran (asso-
ciation CNET-Sagem) ont formé un consortium pour le dévelop-
pement de matrices de projection à partir de leurs propres
technologies.
Des appareils à haute définition pour des applications graphiques
et TVHD commencent à apparaître sur le marché. Le tableau 8
contient les principales caractéristiques des projecteurs Sharp,
Sanyo et Barco, les deux premiers destinés à la TVHD et le dernier
à la projection graphique.
Les travaux actuels sont orientés dans deux directions : d’une part Figure 40 – Vidéoprojecteur couleur à matrices à cristaux liquides
l’amélioration des performances des dispositifs existants et (adressage optique)
l’abaissement des coûts de production et d’autre part les études de
base sur les matériaux utilisés pour le cristal liquide. Un défaut,
inhérent au système et qu’il convient de réduire, subsiste avec la
visibilité de la structure matricielle sur l’image projetée. À part ce
défaut, l’amélioration des performances concerne surtout le
rendement lumineux global (rendement actuel de 2 % à 3 %) et les
efforts sont portés sur tous les éléments de la chaîne optique :
rendement de la lampe source, efficacité du collecteur de lumière
et des dichroïques, transparence de la matrice à cristaux liquides,
des dichroïques et de l’optique de projection, utilisation de réseaux
de microlentilles, récupération et utilisation des faisceaux
complémentaires de polarisation inverse.
Malgré les nombreux procédés utilisés, le rendement dans la
fabrication de la matrice active de commutateurs électroniques reste
encore très faible, à tel point qu’aucun fabricant n’accepte de
communiquer ses chiffres. Les études en amont concernent plus par-
ticulièrement la recherche de nouveaux matériaux tels les cristaux
liquides ferroélectriques, les cristaux liquides à polymères dispersés
(PDLC ou PLC).
(0)

Figure 41 – Vidéoprojecteur à relais matriciel à cristaux liquides


(transmission)

Tableau 8 – Caractéristiques des projecteurs à matrices à cristaux liquides à haute résolution


XH-L100 LH-1000 Barcodata 5000
Caractéristiques
(Sharp) (Sanyo) (Barco)
Format d’écran .............................. 16:9 16:9 4:3
Taille d’écran .............................(’’) 40 à 200 100 25 à 500
Matrices à cristaux liquides......(’’) 5,5 5,5 5,8
Résolution ..........................(pixels) 3 × (1 000 × 1 200) 3 × (1 024 × 1 440) 3 × (556 × 756)
Optique de projection ................... F/4.5 F/4.5 4 optiques au choix
(f = 180 à 360 mm) (+ zoom 1,4 x) (+ zoom 1,5 x à 3 x)
Flux lumineux ......................... (lm) 180 – 1 000
Lampe............................................. halogène à vapeurs métalliques halogène à vapeurs métalliques halogène à vapeurs métalliques
Puissance de la lampe ............ (W) 250 250 575
Puissance consommée ........... (W) 550 380 850
L × H × P ..................................(cm) 41 × 79 × 96 33 × 60 × 100 63 × 36 × 116
Masse .......................................(kg) 78 60 76

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___________________________________________________________________________________________ VISUALISATION D’IMAGES TV SUR GRAND ÉCRAN

5. Conclusion film d’huile) et surtout vers le développement de nouvelles techno-


logies (cristal liquide, plasma). En particulier, au vu des récents tra-
vaux de développement très encourageants sur les écrans TV à
plasma (NHK, Mitsubishi, Thomson, Photonics), cette technologie en
Dans le présent article, les différentes techniques et technologies principe plus simple peut s’avérer être dans le moyen terme un
associées que l’on peut utiliser pour l’affichage d’images télé- sérieux concurrent pour les écrans de l’ordre du mètre carré de sur-
visuelles sur grand écran ont été décrites avec leurs performances face. Toutefois à travers le nombre important et sans cesse croissant
et leurs limitations respectives. Ces techniques sont soit déjà des conférences et des publications sur le sujet, le cristal liquide en
exploitées sur les appareils du marché, soit encore en cours d’étude projection doit constituer la solution la plus prometteuse en termes
sous forme de maquette de laboratoire ou de prototype de dévelop- de caractéristiques techniques (taille d’image, résolution, géométrie,
pement. flux lumineux...) et d’encombrement (dimensions, poids, esthéti-
Tant pour le matériel grand public qu’institutionnel et profes- que). La projection frontale utilisant des matrices à cristaux liquides
sionnel, l’affichage d’images télévisuelles sur grand écran connaît a une vocation plus spécifiquement orientée vers les matériels ins-
depuis les cinq dernières années une intense activité. Ce déploie- titutionnels et professionnels avec des appareils de forte puissance
ment d’efforts est suscité à la fois par le développement de nouveaux lumineuse qui devraient à terme dépasser les appareils à tubes de
systèmes (TV améliorées, TVHD, TV numérique) et par un besoin projection et à film d’huile. Pour le grand public, il y a une forte pro-
nouveau des téléspectateurs (cinéma à domicile associé à l’écran babilité pour que très rapidement le même phénomène soit vérifié
mural). Les travaux effectués sont orientés vers l’amélioration des et que le marché des grands écrans (  1 m 2 ) soit majoritairement
performances des techniques bien établies (tube de projection, laser, représenté par des projecteurs à cristaux liquides.

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P
O
U
Visualisation d’images TV R
sur grand écran
E
N
par Henri TCHEN
Docteur d’État
Ingénieur au Centre Commun d’Études de Télédiffusion et Télécommunications (CCETT)
S
et Raymond MELWIG
Ingénieur de l’École Nationale Supérieure de Télécommunications (ENST)
A
Adjoint au Directeur à la Direction Régionale Ouest, Télédiffusion de France (TDF)
Ancien Chef de Laboratoire au CCETT V
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P VISUALISATION D’IMAGES TV SUR GRAND ÉCRAN ___________________________________________________________________________________________
O
U Fabricants de vidéoprojecteurs
R (Cette liste n’est pas exhaustive)

Belgique Italie

E Barco
Canada
Seleco
Vidikron
Electrohome Japon
N États-Unis Eiki
Hitachi
Advent
Ampro Ikegami
Aquastar JVC

S General Electric (film d’huile)


Hughes Electronics
Matsushita
NEC

A Kloss Video Corporation


France
Panasonic
Sanyo

V Seso/Bertin (laser)
Thomson
Sharp
Sony

O Grande-Bretagne
Hi-Beam
Pays-Bas
Philips
Suisse
I Laser Creations (laser)
Synelec UK Gretag (film d’huile)

P
L
U
S

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