0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
14 vues22 pages

Cours

Le document traite de l'évolution de l'instruction publique dans les démocraties occidentales au 19e siècle, en se concentrant sur la Suisse et Genève. Il souligne les révolutions économiques, sociales et démographiques qui ont conduit à la reconnaissance de l'éducation comme un droit et un devoir de l'État, ainsi que l'importance de l'instruction pour la construction des États-Nations. Enfin, il aborde les tensions entre différentes confessions et l'émergence d'un système éducatif diversifié à Genève.

Transféré par

qv49mmr7d6
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
14 vues22 pages

Cours

Le document traite de l'évolution de l'instruction publique dans les démocraties occidentales au 19e siècle, en se concentrant sur la Suisse et Genève. Il souligne les révolutions économiques, sociales et démographiques qui ont conduit à la reconnaissance de l'éducation comme un droit et un devoir de l'État, ainsi que l'importance de l'instruction pour la construction des États-Nations. Enfin, il aborde les tensions entre différentes confessions et l'émergence d'un système éducatif diversifié à Genève.

Transféré par

qv49mmr7d6
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

La mise en place de l'instruction publique dans les

.
democraties occidentales au 19e siecle.

:
Zoom sur la Suisse et Genève

Rappel du cours précédent

Révolution française

Souveraineté du peuple
Universalité du suffrage -> universalité de l’accès au savoir

Des conceptions divergentes entres révolutionnaires

Autres révolutionnaires
Education nationale

:
AInstruction pour les élites ≠ éducation commune à tous et universelle -> doctrine
Condorcet
Instruction publique pour tous
Améliorer la société en armant tous les citoyens intellectuellement
Transmission de savoirs, connaissances et non de croyances

19e siècle

Mise en place de l’instruction publique


Florissement d’idées pédagogiques
1. Édification et généralisation de l’Etat enseignant par les
États-Nations occidenfaux
Contexte 19e siècle : une effervescence pédagogique .

Plusieurs éléments ont favorisé la mise en place de l’instruction publique

Trois formes de révolutions/bouleversements

- Révolutions économiques/industrielles
= Les exigences et les effets de la première révolution industrielle induisent le recours à
toujours plus de main d’oeuvre qualifiée
Rend de plus en plus sensible les décalages entre les besoins d’instruction et les
D

moyens dont on dispose pour satisfaire ces besoins


= Prise de conscience de la valeur marchande de l’enfance en tant que « capital à

faire fructifier »
L’enfant est vu comme un capital à faire fructifier
D

= Avec l’influence du siècle des lumières, la représentation de l’enfant va évoluer

progressivement
Controverses sur l’exploitation enfantine/autour du travail infantile
A

Prise de conscience qu’il faut protéger l’enfant en lui dédiant notamment


A

un espace spécifique (espace scolaire et non plus travail)


= Juridiction du droit du travail

Arrivée d’une loi qui limite le travail infantile


A

· Révolutions sociales/politiques
= Prise de conscience que la souveraineté est désormais l’affaire du peuple

= En reprenant les propos de Condorcet

Le peuple doit être instruit, éclairé pour exercer ses droits et ses devoirs
A

A Le peuple doit être éduqué, encadré pour garantir une paix au sein de la société
I Révolutions silencieuses : démographiques/sexuelles
= Révolution du statut de l’enfant

DEnfant longtemps considéré utile comme une source de revenu pour sa famille
D
L’image d’enfant utile s’efface progressivement derrière l’image d’un enfant précieux
qu’il faut éduquer, protéger et instruire
= D’un régime de haute mortalité et fécondité à un régime de basses mortalité et

fécondité
S Baisse du taux de naissance parait comme un facteur d’ascension sociale
DDe meilleures chances pour les nouvelles générations
=
Les parents doivent travailler, l’enfant non
D L’apport des enfants devient d’ordre émotionnel et non plus économique
-
Plus besoin d’avoir une famille nombreuse
D Contribue à faire évoluer la vision et la place de l’enfant

Évolution de la vision de l’enfant

&
L’enfant conçu « capital à faire fructifier » devient précieux, à protéger, avec
juridiction distincte
S
L’école et non le monde du travail constitue maintenant l’espace spécifique de l’enfant

Combat pour l’alphabétisation, la scolarisation -> nombreuses vertus
Qui sont les premiers acteurs du processus ? Qu’ambitionnent-ils ?

~
Églises et communautés philanthropiques
Assurent l’alphabétisation et la moralisation de la jeunesse
I 1ères « institutrices du peuple »
Rallient les fidèles
= Préservent les vertus religieuses et morales
j
Élites (intellectuelles, politiques, économiques)
= Convaincues que l’instruction garantit la paix sociale et est en vue d’une expansion

économique
= S’investissent dans la mission d’assurer le devenir du pays

I Classes populaires, industrielles, paysannes


= De plus en plus en demande d’instruction dans l’espoir d’une ascension sociale,
économique, culturelle

- Enseignants, savants de l’enfance (pédagogues)


= Convaincus des vertus du savoir, des bénéfices de sa transmission pour lui-même

= Relais culturels et médiateurs entre les différents acteurs sociaux

j
Les enfants - élèves
= Premiers acteurs du processus
= Ont un impact sur l’évolution des formes d’instructions qui vont être dispensées dès

le moment où l’instruction devient publique


Au cours des premières décennies du 19e siècle (avant la mise en place
de l’instruction publique)

↑ L’ensemble des acteurs sont investis d’une mission d’éducation, d’instruction


Moteurs de l’instruction publique avec des ambitions différentes et des visions
E différentes de l’enfant
= Diversité de points de vue qui va d’abord retenir puis précipiter le mouvement

= menant à la mise en place de l’instruction publique

Différentes finalités éducatives (et visions de l’enfant-élève)

S
Religieuse, morale
= Un enfant de Dieu, à évangéliser, sauver, redresser

= Écoles confessionnelles encore les principales institutions d’éducation au début du

= 19e siècle

-
Sociale, politique, civilisatrice
= Un enfant membre de la société, à intégrer, socialiser, normaliser

= Former les citoyens, les socialiser, les normaliser à l’image de la société

S
Citoyenne, politique, nationale, militaire
= Un enfant futur citoyen, lui inculquer le sentiment d’appartenance à la patrie

(territoire auquel l’enfant appartient), la nation


S
Économique, productive
= Un enfant futur travailleur, à rendre efficace, productif

= Finalité économique et productive

-
Culturelle, intellectuelle
= Un enfant individu libre, le rendre apte à raisonner, juger, décider

= Esprit critique, culture générale

A Ces éléments contextuels montrent qu’on va progressivement mere en


place l’instruction publique
Création des États-Nations en Europe au 19e siècle

- Construction des États-Nations


Processus : transformation des états territoriaux en
E États-Nations unifiés
= Volonté politique

= Unification sous diverses formes

A Économique, sociale d’un territoire donné


D
· Instauration d’un réseau bancaire, d’un système de
poids et de mesure commun, etc.
&Mise en place d’une autorité politico administrative

I
Définition de l’État-Nation (≠ État de l’Ancien Régime)
= Conception moderne de l’État

D Se substitue aux États que l’on connaissait lors de l’Ancien Régime


-

D Émerge à partir de la Révolution française lorsque justement on en vient à la


-

souveraineté du peuple
* = une entité politique qui fait coïncider un territoire avec une communauté politique
d’individus souverains se définissant par des caractéristiques communes (langue,
religion, histoire, etc.) et la conscience d’appartenir à une même communauté nationale

Mass-schooling - la scolarisation de masse, un phénomène lié à la construction


des démocraties et la consolidation des États-Nations

~
À travers l’école, avec la généralisation de l’éducation élémentaire au cours du
XIXe siècle
= Action unificatrice de l’Etat en manière de culture, élément fondamental de la

construction de l’Etat-Nation
= L’Etat va prendre à sa charge l’école/l’instruction publique vu qu’elle est

perçue comme un puissant unificateur culturel


Finalités de l’État en matière d’instruction

- Construire la nation
> État-Nation
-
-

= Coïncidence entre cadre politico-juridique et communauté d’appartenance

- Édifier la démocratie
= Bien commun intériorisé
= Citoyenneté éclairée-apte à raisonner

! Garantir la prospérité
= Instruction-formation comme moteur d’expansion économique

D Former les individus selon une logique économique


- Résoudre la « question sociale »
= Ajustement des contenus aux besoins de chacun

S Proposer des contenus et des cursus adaptés aux différents besoins, publics
scolaires qui vont se multiplier sur le temps
= Prendre en compte la diversité des classes sociales

· Préserver l’ordre et la paix sociale


= Éducation-moralisation des citoyens comme préservation du lien social

D En vue d’assurer une paix sociale


A Volonté d’encadrer
= Conjurer barbarie

·
L’État se porte garant de faire de l’instruction publique un droit-devoir
(gratuité-obligation) pour tous
= Instruction publique

D Gratuité et obligation
& Accès à tous
A Assurée de droit par la puissance publique
S Garantir l’égalité d’accès à l’instruction
= Justice sociale-justice scolaire

= Valorisation du mérite, voir école comme ascenseur social


-
Édification de l’État enseignant (instruction publique)
Puissance publique ayant pour mandat de garantir et gérer l’instruction publique qui
est pour cela dotée de lois, finances, professionnels

Caractéristiques de l’État enseignant

-Doit se structurer, s’organiser et promouvoir un certain nombre de principes car l’école


publique devient un enjeu politique national
·
La puissance publique a le droit et le devoir d’assurer la généralisation de
l’instruction publique
> Juridiction et administration scolaires
-
-

Il faut gérer l’école de manière efficace -> va nécessiter une puissante administration
D

scolaire
= Finances adéquates

Investissement financier important


D

= Offres scolaires pour tous (tous degrés, toutes origines)

Permet une forme d’unification de l’instruction publique


A
-

= Organigrammes et programmes structurés


Mise en place de filières qui vont de plus en plus se différencier et s’agencer dans
&

un système de plus en plus complexe


= Principes fondateurs : laïcité, gratuité et obligation
Critères primordiaux pour permere une égalité d’accès à tous en termes
A

d’instruction élémentaire
= Enseignants fonctionnaires formés
Instruction publique réunit en principe tous les élèves sur les mêmes
*

bancs -> transformation des enfants en écoliers


Un État enseignant qui donne naissance à la forme scolaire moderne

- Concept sur lequel beaucoup d’auteurs ont travaillé

= Un espace séparé pour l’enfance dans l’idée que à présent la place de l’enfant n’est
plus dans le monde du travail

= Organisation générale de l’école publique


D Enfants regroupés par âge, degré, dans des salles de classe

↑ Évolution de l’alphabétisation en France

= Du point 5 au point 1 : croissance modeste mais quand même continue qui se fait de
manière naturelle (sans qu’il n’y ait une quelconque promulgation de loi scolaire)

= La croissance du taux d’alphabétisation est en lien avec la mise en place d’une


instruction publique actée par une série de lois réduisant d’autant les discriminations
(hommes-femmes)
2. La Confédération suie, une « fédération d’États-enseignants » ?

Contexte helvétique : Constitutions de 1798 et de 1848

Éléments contextuels au sujet du cheminement du territoire helvétique vers sa

:
constitution en état national

Quête d’un État national - naissance de la Suisse moderne

·
Lorsque la Suisse sort de l’Ancien Régime, elle est incorporée à la France et devient la
République helvétique
-
Dans le cadre de cee République helvétique, un ministre est nommé et est chargé de
concevoir un plan d’éducation pour forger la République qui se doit d’être unifiée
Unifier la République
= Enjeu : aribuer par l’éducation une identité collective à cee juxtaposition
d’individus que tout sépare (langue, religion, culture, tradition)
= But : unifier, établir la structure scolaire au niveau national et harmoniser les
programmes/contenus pédagogiques mais aussi imaginer une formation à grande
échelle pour les enseignants
D Malheureusement le plan ne voit jamais le jour !!
- Constitution de 1798 : vaines tentatives de centralisation
= Processus de centralisation maximale

=
Les 19 cantons du territoire retrouvent finalement leur souveraineté également en
matière scolaire
i
Pacte fédéral de 1815
= Trois nouveaux cantons entrent dans la confédération notamment Genève

* Également souveraineté en matière scolaire


·
Constitution de 1848 : un État national dépourvu d’aributions scolaires
= Première constitution fédérale : transforme conférération de cantons en un État fédéral

* Existence de la Suisse moderne


= Les cantons conservent quasiment leur totale souveraineté en matière scolaire
- Paradoxe
= L’école reste sous la directive des cantons malgré que l’enjeu de

1848 soit d’instaurer un état fédéral puissant et un sentiment


d’appartenance à une même patrie (puisqu’avant la nationalité se
ressent au niveau cantonal)
= Les cantons veulent conserver leur spécificité linguistique,

culturelle, sociale, etc.

Contexte helvétique : Constitution de 1874

·Nouvelle constitution
= Contrôler que les cantons assurent bien une instruction publique

primaire suffisante, gratuité et obligatoire


La constitution a le droit de sanctionner les cantons qui ne remplissent pas ces
*

conditions
= L’obligation de l’instruction est inscrite pour la première fois dans la

constitution fédérale
·
Beaucoup de cantons avaient déjà inscrit le principe de l’instruction obligatoire dans
leur loi cantonale
= Principe tout de même pas effectif dans tous ces cantons

Vers une lente harmonisation avec l’adoption de la constitution de 1874

-- Instruction obligatoire, gratuite et sous l’autorité civile (publique)


Contrôle généralisé sur l’enseignement dispensé sur tous les territoires cantonaux
↓ Dès la fin du 19e siècle
Les enseignants puis les chefs DIP (directeurs cantonaux de l’instruction

:
publique) se concertent au niveau transcantonal
Conférences qui vont progressivement amener à une plus grande harmonisation
de l’enseignement sur le territoire helvétique
20e siècle : « L’espace suisse de la formation (CDIP, HARMOS, etc.) se concrétise
3. Zm sur Genè

Contexte des premières décennies du 19e siècle : Genève

~
1815 : Entrée de Genève dans la Confédération helvétique
= Des communes catholiques sont raachées à Genève

Provoque arrivée massive de catholiques dans la cité majoritairement protestante


*

Conflits car les catholiques ne vont pas accepter de scolariser leurs enfants
&

dans des écoles protestantes


Les catholiques vont créer leurs propres écoles pour résister à l’emprise du
*

protestantisme à Genève
= Concurrence dans le domaine scolaire entre catholiques et protestants qui ont leur

propre école
Stimulation de la scolarisation déjà avant que l’état prenne
*

en charge l’école
Une multiplicité d’offres scolaires, « une école en miees… »
= Loin d’une unification
= Des filières parallèles sans liens entre elles, sous la protection des

communauté confessionnelles ou philanthropiques


= Renvoyant chacun à son origine et ses appartenances sociales, sexuelles,

confessionnelles, ethniques, etc.


= Pour les élites : préceptorat, Collège Calvin, instituts privés (ex:

Institut Naville)
= Pour les enfants des milieux populaires : petites écoles vétustes

·
On n’est pas encore au moment où la puissance publique reprend en mains l’école
La régénération (1830’) : l’enfance, un bien d’État

↑ L’instruction, une alliée (politique, policière ?) et un devoir de l’État

Extrait d’un député


genevois au conseil
représentatif en 1835

· Évolution économique et expansion industrielle dans le canton


= Met en premier lieu les lacunes dans la formation des classes industrielles et

commerçantes à Genève
!
Au cours de cee régénération, les libéraux arrivent au pouvoir et vont
souhaiter distinguer le politique de l’Eglise
= Vont commencer à développer des établissements scolaires étatiques

-
Multiplication d’écoles publiques
= Grâce aux libéraux, idées répandue que l’avenir se joue dans l’école

*L’instruction doit forger une nouvelle citoyenneté


L’ État doit être le seul à diriger l’école pour accomplir cee mission
A

L’école doit désormais être publique donc accessible à tous


* Il en va d’une bonne harmonie de la société sur le territoire genevois
L’émergence de l’ État-enseignant genevois

Contexte : élargissement progressif des droits populaires, tensions


confessionnelles, industrialisation et pressions éducatives

I 1834 : administration de l’école confiée à l’État


-
1835 : loi sur l’école primaire : chaque commune a droit à son école primaire
(application partielle -> décalage principe-réalisation)
= L’Église va garder à ce moment-là le pouvoir sur l’enseignement de la religion
qui reste un enseignement à part
= Encore beaucoup d’écoles privées à côté qui continuent de se développer
-
1836 : réorganisation du secondaire (Collèges, filières classiques et françaises, école
industrielle
= Classes françaises pour répondre au besoin de l’industrie, existant parallèlement

aux études classiques déjà présentes


D Enseignement moderne mais pas d’accès aux études supérieures

= Élargissement des offres du secondaire (même si elles restent payantes)

D Autres écoles professionnelles (horlogerie, industrielle)


Des lois (droits et devoirs) pour l’école de la démocratie

Contexte : adoption de la démocratie, révolution radicale et laïcisation des


institutions
1840’ : Genève accède véritablement à la démocratie

&
1842 : liberté d’enseignement
= Nouvelle constitution -> fait du canton une démocratie représentative avec la
consécration du suffrage universel (mais seulement pour les hommes)
& L’ État s’octroie le droit de réglementer la liberté d’enseignement
↓ 1847 : nouvelle constitution : gratuité primaire
= Les radicaux imposent leur vision d’une école démocratique et

promulguent une nouvelle constitution cantonale


↑ 1847 : une École secondaire pour jeunes filles
& 1848 : première loi générale sur l’instruction publique
= Le pouvoir en matière d’éducation va être remis aux mains du département de

l’instruction (DIP) qui se crée durant cee période


& Le DIP se charge notamment de nommer les enseignants
Réunir tous les élèves sur les mêmes bancs d’école
E Laïcisation des contenus et élargissement des programmes

-
Réelle égalité de l’action du savoir ?
La gratuité ne veut pas forcément dire que le monde est égal face au savoir
E Le but n’est pas encore de permere de favoriser une mobilité sociale mais
plutôt de laisser chacun à sa place pour ne provoquer aucun bouleversement
social
= Gratuité seulement au primaire

D Le secondaire reste payant


Contribue à reproduire les hiérarchies sociales
D
Conclusion

- Contexte du 19e siècle

= Transformation du statut de l’enfant, d’un enfant utile à un enfant précieux, avec


un espace protégé (école) pour l’instruire et le former à son rôle de futur citoyen,
mais aussi en tant que « capital à faire fructifier » (future main d’œuvre)

= Instauration des États-nations en Occident et de leur régime démocratique qui


considèrent l’école comme un puissant unificateur culturel pour les consolider

-
Prise en charge de l’instruction par l’État constitution de l’État enseignant,
basé sur 3 principes fondateurs: la laïcité, la gratuité de l’école publique et
-

l’obligation de l’instruction
-

- En Suisse, pas un seul État enseignant mais des États enseignants cantonaux, dans
un cadre défini par la Constitution de 1874: l’État fédéral doit s’assurer que, dans
tous les cantons, l’instruction est obligatoire et que les écoles publiques soient
gratuites et respectent la liberté de croyance de chacun

· Exemple de l’instauration de l’État enseignant genevois

= Années 1830: sécularisation de l’école, Loi sur les écoles primaires (1835),
réorganisation du secondaire

= Années 1840: adoption de la démocratie, gratuité du primaire (1847), laïcisation des


contenus, 1ère Loi sur l’instruction publique (1848)
Genève, comme d’autres États occidentaux, tente de faire coïncider
école et démocratie

Débats, rapports, Constitution et loi adoptés en 1847 et 1848

I Centralisation : écoles sous la direction du DIP et administration


↑ Démultiplication des écoles primaires (gratuites) et des filières secondaires
commerciales, industrielles (payants)
Programmes élargis, laïcisés

I
Essor des enseignants qui vont progressivement prendre le statut de fonctionnaires
Pari des radicaux au pouvoir : asseoir la démocratie par l’éducation d’un peuple
souverain, instruit, qui respecte l’ordre et l’autorité, conscient de ses droits et
devoirs
Objectif : Réunir tous les enfants sur les mêmes bancs d’école

Au Début des années 1870, l’État enseignant genevois s’impose progressivement…

Genève complète l’infrastructure juridique et quadrille son canton d’écoles

1872 : obligation de l’instruction (6-13 ans) : laïcité des programmes et des enseignants
Ce n’est pas l’école élémentaire publique qui est rendue obligatoire mais
l’instruction élémentaire
Instruction dans écoles privées reste autorisée mais sous la
surveillance de l’État
1872-1875 : religieux ont interdiction d’enseigner
Dès 1872 : démultiplication des filières post-primaires, professionnelles, coordination
générale de l’enseignement
· Les familles sont obligées de confier leurs enfants à l’État
Les finalités poursuivies par l’instauration de l’obligation

Pourquoi instaurer l’école obligatoire à Genève ?

1. Transformer les masses tumultueuses (classe ouvrière, catholiques) en


citoyens utiles et raisonnables pour éviter tout problème qui pourrait
s’avérer dangereux pour le pouvoir

Citation d’un député genevois


Au cours de cee période, principalement deux populations visées par le
principe d’obligation (classe ouvrière, catholique)
= Les étrangers (en constante augmentation à Genève au fil du 19e siècle)
A L’arrivée massive de cee population (induite principalement par la Révolution
industrielle) inquiète beaucoup les autorités car elle est principalement d’origine
ouvrière et catholique
Les enfants des ces populations étaient déjà scolarisés dans des écoles qui ne
relevaient pas de l’ État -> crainte qu’on y transmee des messages qui soient
contraires au régime républicain
1Avec l’instauration de l’obligation + l’interdiction aux religieux d’enseigner
= But : amener les populations étrangères à fréquenter l’école publique
·
But : pas alphabétisation mais s’assurer que le message républicain soit transmis au
plus grand nombre
2. Influence des autres législations cantonales, pressions économiques pour une meilleure
formation

Les autres législations cantonales adoptent elles aussi le principe de

i
l’obligation (certains cantons l’ont même fait très tôt comme Fribourg)

3. Vision de l’enfance comme temps de l’apprentissage

Vision de l’enfance change : enfance = temps d’apprentissage et non plus travail

4. Garantir l’égalité d’accès à l’instruction et former les futurs citoyens qui doivent
assurer la cohésion de la République

Former les citoyens à des principes démocratiques mais aussi les rassembler au sein
d’une même société pour la paix sociale
S Toujours l’idée d’une forme de contrôle, encadrement par l’État

Mais un principe qui trouve aussi des contradictions lors des débats

- L’État doit outrepasser le principe du droit parental


Si un père ne laisse pas ses enfants aller à l’école, l’ État se permet
d’intervenir contre les décisions des parents
-
Mais les familles qui ne respectaient pas ce principe de l’obligation étaient des
familles issues de milieux modestes qui avaient besoin de l’aide de leurs enfants hors
de l’école et donc le fait de les sanctionner en leur demandant de payer une amande
étaient anti-démocratique
Écarts entre principes et pratiques. Laïcité : disparités régionales, confessionnelles

h À Genève : enseignement religieux facultatif et maîtres laïques


I
Disparités en fonction des endroits : la religion n’aura pas la même place partout
= La religion décrétée comme facultative dans certains endroits

= Mais dans certains cantons, la religion est obligatoire et conseillée

* Valais

Des heures doivent être dégagées pour permere aux enfants de se préparer à
leur première communion
L’enseignement religieux est dans le programme et n’est pas facultatif
Importance de la religion même si ce n’est plus l’Eglise qui la contrôle

Écarts entre principes et pratiques. Temps scolaire : disparités régionales,


sociales, sexuelles

I Taux d’absentéisme
= Progressivement, l’obligation fait son chemin mais suscite des controverses car pour

certains c’est une aeinte aux libertés individuelles, au droit sacré des familles
D Certains parents décident de ne pas envoyer leurs enfants à l’école parce qu’ils

ont besoin de leur main d’œuvre


Bilan général années 1830-1870 : Construction d’une instruction publique, une
école primaire pour tous et plus accessible

& Dissociation Église-État : laïcité

s Écolages réduits puis gratuité complète


Droit à l’instruction garanti : obligation
= Réduit l’absentéisme même si à cee époque il y a encore des résistances à ce propos

↓ L’école primaire va contribuer à faire de l’instruction complémentaire, un


droit pour tous

I L’instruction publique pour éclairer le citoyen mais aussi préserver


l’ordre social

I Barrières et ségrégations réduites mais des discriminations et distinctions perdurent


sous d’autres formes : filles-garçons, accès au secondaire, etc.

Vous aimerez peut-être aussi