1.
Conception architecturale
La conception architecturale du projet doit répondre à des critères de fonctionnalité, de
durabilité et d’adaptabilité. Chaque logement devra offrir un confort optimal aux usagers, avec
une bonne répartition des espaces intérieurs (salon, chambres, cuisine, sanitaires), une ventilation
naturelle efficace, un éclairage naturel suffisant et une orientation adaptée au climat local (chaud et
humide).
Les plans doivent intégrer :
• Une modularité permettant l’évolution future des logements (ex. : extension verticale ou
horizontale),
• Le respect des normes d’urbanisme et d’hygiène,
• L’adaptation aux modes de vie locaux,
• Des considérations esthétiques valorisant l’identité culturelle togolaise,
• L’intégration harmonieuse dans le tissu urbain de Kpomé.
2. Matériaux
a) Études géotechniques préalables
Avant toute implantation, des études géotechniques approfondies doivent être menées sur
l’ensemble du site :
• Reconnaissance du sol par sondages à la tarière, carottages, et essais pressiométriques.
• Identification des couches de sol (nature, profondeur, résistance, portance).
• Essais de laboratoire sur échantillons prélevés : granulométrie, limites d’Atterberg,
Proctor, CBR, perméabilité, cisaillement direct.
• Détermination de la capacité portante et du type de fondation adapté (semelle filante,
radier, pieux si nécessaire).
• Vérification des risques géotechniques : tassements, gonflements, érosion, glissements, nappe
phréatique.
b) Choix des matériaux de construction
Les matériaux doivent être certifiés, testés et conformes aux normes en vigueur. Une
préférence est donnée aux matériaux locaux, pour favoriser l’économie locale et réduire
l’empreinte carbone :
• Béton : Dosages rigoureux (en kg/m³), granulats normalisés (0/5, 5/15, 15/25 mm), eau
propre, ciment conforme à la norme CE ou équivalente (CEM II 42.5R).
• Acier : Acier HA, torsadé ou lisse, contrôlé (résistance à la traction, identification par test
magnétique ou mesure de diamètre).
• Bois : Bois traités contre les insectes et les moisissures, pour les charpentes ou les coffrages
réutilisables.
• Enduits et mortiers : Sables propres (lavés si possible), liants de qualité, adjuvants selon les
besoins spécifiques.
c) Essais et contrôles qualité en laboratoire
Tous les matériaux doivent être soumis à des essais normalisés pour garantir leur conformité :
• Granulats : Granulométrie, équivalent de sable, densité.
• Bétons : Essais d’écrasement sur éprouvettes (résistance à 7, 14, 28 jours), affaissement
(essai au cône d’Abrams).
• Acier : Essai de traction, module d’élasticité, contrôle visuel et dimensionnel.
• Blocs/Briques : Résistance à la compression, absorption d’eau, dimensionnement.
• Sol et remblais : Proctor normal/modifié, CBR, perméabilité.
Un laboratoire géotechnique accrédité (public ou privé) doit être impliqué pour réaliser les
essais et émettre des rapports validés.
d) Contrôle à la réception des matériaux
Des procédures de contrôle rigoureuses doivent être instaurées :
• Fiches techniques et certificats de conformité à fournir par les fournisseurs.
• Essais de réception sur site pour les matériaux achetés en vrac ou fournis localement.
• Stockage des matériaux dans des conditions adéquates pour éviter leur détérioration
(humidité, contamination).
e) Traçabilité et suivi qualité
Un système de traçabilité des matériaux sera mis en place :
• Carnet de laboratoire pour chaque zone ou lot de construction,
• Archivage de tous les résultats d’essais,
• Suivi de la chaîne d’approvisionnement (transport, livraison, stockage).
3. Structure
Les structures des bâtiments doivent garantir :
• Une stabilité optimale face aux charges permanentes (poids propre) et variables (vent
etc....),
• Une résistance aux agressions climatiques, notamment aux pluies intenses et aux fortes
chaleurs,
• La conformité aux normes de dimensionnement des éléments porteurs (poteaux, poutres,
dalles, fondations) selon les règlements en vigueur (Eurocodes ou normes équivalentes au
Togo),
• Une étude de sol préalable pour adapter le système de fondation aux caractéristiques
géotechniques du site.
4. Environnement et sécurité
Le projet devra intégrer des dispositions respectueuses de l’environnement :
• Préservation de la biodiversité locale et des zones naturelles,
• Gestion des déchets de chantier (tri, recyclage, élimination contrôlée),
• Utilisation de sources d’énergie renouvelable (solaire pour l’éclairage public et partiellement
domestique),
• Plan de reboisement ou de végétalisation des abords des bâtiments.
Sur le plan sécurité :
• Application stricte des normes de sécurité incendie (accès pompiers, matériaux ignifugés,
issues de secours),
• Mise en œuvre de dispositifs de sécurité domestique (barrières, garde-corps, ventilation
des installations gaz),
• Sécurité sur chantier pendant les travaux (EPI, barrières, panneaux de signalisation).
5. Gestion de l’eau
La gestion intégrée de l’eau est cruciale :
• Conception de réseaux d’alimentation en eau potable efficaces, à partir de forages ou d’un
réseau de la TDE,
• Mise en place de systèmes de collecte et de traitement des eaux usées (fosses
septiques normalisées, canalisations adaptées),
• Dispositifs de gestion des eaux pluviales : caniveaux, bassins de rétention, pentes
naturelles favorables,
• Valorisation des eaux de pluie à travers des systèmes de récupération pour l’arrosage ou
les sanitaires.
6. Documents techniques
Les documents techniques à fournir doivent être exhaustifs, conformes et validés par les
autorités compétentes. Ils incluent :
• Les plans d’exécution détaillés (architecturaux, structurels, VRD, fluides),
• Les notices techniques (choix des matériaux, principes constructifs, sécurité),
• Les cahiers des charges (CCTP, BPU, DQE),
• Le planning d’exécution (PDM, PERT, Gantt),
• Les études de sol, études hydrologiques, et environnementales,
• Les fiches techniques des équipements et matériaux,
• Les attestations de conformité et les PV d’essais en laboratoire.