Un Commerce Ouvert Sur L'avenir: W T O O M C O M C
Un Commerce Ouvert Sur L'avenir: W T O O M C O M C
Deuxième édition
Secrétariat de l’
Organisation mondiale du commerce
Genève, 1998
ii
Deuxième édition
Ecrit et publié par
l’
Organisation mondiale du commerce
Division de l’ information et des relations
avec les médias
© OMC 1995, 1998
Ce texte apparaît aussi sur le site web de l’
OMC
(http://www.wto.org
cliquez sur « A propos de l’OMC »),
qui est mis à jour régulièrement pour refléter les
développements à l’ OMC
1. Qu’
est-ce que
l’
Organisation mondiale du commerce?
L’ Organisation mondiale du
commerce (OMC) est le seul
organisme international qui Fiche signalétique
s’ occupe des règles régissant
le commerce entre les pays.
L’
OMC
Au coeur du système se trou-
vent les Accords de l’ OMC, Siège: Genève (Suisse)
négociés et signés par la Créée le: 1er janvier 1995
majeure partie des puissan-
Créée par: les négociations du Cycle d’
Uruguay (1986-
ces commerciales du monde.
94)
Ces documents constituent
les règles juridiques de base Nombre de membres: 132 pays (en octobre 1997)
du commerce international. Budget: SFr 116 millions (1997) (~$93 millions)
Ils sont essentiellement des Effectif du Secrétariat: 500 personnes
contrats, aux termes des-
quels les gouvernements sont Directeur général: Renato Ruggiero
tenus de maintenir leur politi- Fonctions:
que commerciale à l’ intérieur ♦ Administration des accords commerciaux de l’
OMC
de limites convenues. Bien
♦ Cadre pour les négociations commerciales
qu’ ils soient négociés et si-
gnés par des gouvernements, ♦ Règlement des différends commerciaux
leur objectif est d’ aider les ♦ Suivi des politiques commerciales nationales
producteurs de biens et de
♦ Assistance technique et formation pour les pays en
services, les exportateurs et
développement
les importateurs à exercer
leurs activités. ♦ Coopération avec d’
autres organisations
internationales
Trois principaux objectifs
L’objectif primordial du système est de contribuer à favoriser autant que possible la liberté des
échanges, tout en évitant les effets secondaires indésirables. Il s’ agit notamment de suppri-
mer les obstacles. Il s’agit aussi d’
informer les particuliers, les entreprises et les pouvoirs pu-
blics sur les règles commerciales en vigueur dans le monde et de leur donner l’ assurance qu’ il
n’y aura pas de changement soudain dans les politiques appliquées. En d’ autres termes, les
règles doivent être « transparentes » et prévisibles.
« [Le Cycle d’
Uruguay] renforcera Etant donné que les Accords ont été rédigés et signés par
l’
économie mondiale et conduira à une la communauté des puissances commerciales, souvent
plus forte croissance des échanges, des après de longs débats et controverses, l’
une des fonctions
investissements, de l’emploi et des essentielles de l’
OMC est de servir de cadre à des négo-
revenus dans le monde entier. » ciations commerciales.
Déclaration ministérielle marquant la fin du Un troisième volet important des activités de l’ OMC est le
Cycle d’
Uruguay en avril 1994 à Marrakech. règlement des différends. Les relations commerciales font
souvent intervenir des intérêts contradictoires. Les contrats
2 Un commerce ouvert sur l’
avenir
2. Les principes
qui inspirent le système commercial
Les Accords de l’ OMC sont longs et complexes car ce sont des textes juridiques portant sur un
large éventail de domaines d’ activité: agriculture, textiles et vêtements, activités bancaires,
télécommunications, marchés publics, normes industrielles, hygiène alimentaire, réglementa-
tions, propriété intellectuelle, et bien plus encore. Cependant, un certain nombre de principes
simples et fondamentaux constituent le fil conducteur de tous ces instruments. Ils sont le
fondement du système commercial multilatéral.
Voyons ces principes de plus près:
2. Traitement national:
égalité de traitement pour les étrangers et les nationaux
Les produits importés et les produits de fabrication locale doivent être traités de manière
égale, du moins une fois que le produit importé a été admis sur le marché. Il doit en aller de
même pour les services, les marques de commerce, les droits d’ auteur et les brevets étran-
gers et nationaux. Ce principe du « traitement national » (accorder à d’
autres le même traite-
ment que celui qui est appliqué à ses propres nationaux) figure aussi dans tous les trois prin-
cipaux Accords de l’OMC (article 3 du GATT, article 17 de l’ AGCS et article 3 de l’
Accord sur
les ADPIC), même si, là encore, il est énoncé en des termes légèrement différents d’ un ac-
cord à l’
autre.
Le traitement national s’ applique uniquement une fois qu’ un produit, service ou élément de
propriété intellectuelle a été admis sur le marché. Par conséquent, le prélèvement de droits
de douane à l’ importation n’est pas contraire à ce principe même lorsqu’ aucune taxe équiva-
lente n’est perçue sur les produits de fabrication locale.
A l’
OMC, lorsque des pays conviennent d’ ouvrir leurs marchés de marchandises ou de servi-
ces, ils « consolident » leurs engagements. Pour les marchandises, cette consolidation con-
siste à fixer des plafonds pour les taux de droits
de douane. Il arrive que les importations soient
Le Cycle d’ Uruguay a permis taxées à des taux inférieurs aux taux consolidés.
C’est souvent le cas dans les pays en dévelop-
d’accroître le nombre des pement. Dans les pays développés, les taux
effectivement appliqués et les taux consolidés
consolidations sont généralement les mêmes.
Pourcentages des droits de douane consolidés avant Un pays peut modifier ses consolidations, mais
et après les négociations de 1986-1994 seulement après avoir négocié avec ses parte-
naires commerciaux, ce qui pourrait impliquer
Avant Après
l’octroi d’une compensation pour la perte de
Pays développés 78 99 possibilités commerciales. Les négociations
Pays en développement 21 73 commerciales multilatérales du Cycle d’ Uruguay
ont permis notamment d’ accroître le volume du
Pays en transition 73 98
commerce visé par des engagements de conso-
(Il s’
agit de lignes tarifaires, de sorte que les pourcentages ne
sont pas pondérés en fonction du volume ou de la valeur du lidation (voir tableau). Dans l’ agriculture, tous
commerce.) les produits sont aujourd’ hui soumis à des tarifs
consolidés. Il s’ensuit que le marché est devenu
beaucoup plus sûr pour les négociants et les investisseurs.
Des efforts sont aussi faits pour renforcer la prévisibilité et la stabilité par d’
autres moyens. On
peut, par exemple, décourager le recours aux contingents et à d’ autres mesures de restriction
quantitative des importations: l’administration de contingents peut entraîner une aggravation
des lourdeurs bureaucratiques et donner lieu à des accusations de pratiques déloyales. On
peut aussi faire en sorte que les règles commerciales des pays soient aussi claires et accessi-
bles au public ( « transparentes ») que possible. Un grand nombre des Accords de l’ OMC font
obligation aux gouvernements de publier dans le pays ou de notifier à l’ OMC les mesures et
pratiques adoptées. La surveillance à laquelle sont soumises régulièrement les politiques
commerciales nationales par le biais du Mécanisme d’ examen des politiques commerciales
est un autre moyen d’ encourager la transparence aussi bien au niveau national que sur le
plan multilatéral.
Du point de vue économique, la justification d’ un système commercial ouvert fondé sur des
règles convenues au niveau multilatéral est fort simple et relève essentiellement du bon sens
commercial. Elle est cependant également étayée par les faits: l’ évolution du commerce in-
ternational et de la croissance économique depuis la seconde guerre mondiale. Les droits de
douane sur les produits industriels ont fortement fléchi et seront en moyenne inférieurs à
4 pour cent dans les pays industrialisés au 1er janvier 1999. Au cours des premières décen-
nies suivant la guerre, la croissance de l’
économie mondiale était de 5 pour cent par an en
moyenne, ce taux élevé étant en partie imputable à la réduction des obstacles au commerce.
La croissance du commerce mondial a été encore plus rapide, avec un taux moyen d’ environ
8 pour cent pendant cette période.
Les données montrent qu’ il y a un lien statistique indiscutable entre libéralisation du com-
merce et croissance économique. D’ après la théorie économique, ce lien s’ explique par de
bonnes raisons. Tous les pays, y compris les plus pauvres, ont des ressources — humaines,
industrielles, naturelles, financières — qu’ ils peuvent exploiter pour produire des biens et des
services destinés à être vendus sur le marché intérieur ou à l’ étranger. La science économi-
que nous enseigne que nous pouvons tirer parti du commerce de ces biens et services. Pour
dire les choses simplement, le principe de l’ « avantage comparatif » signifie que les pays pros-
pèrent d’ abord en tirant profit de leurs ressources pour concentrer leurs efforts sur ce qu’ ils
peuvent produire dans les meilleures conditions, et ensuite en échangeant ces produits contre
ceux que d’ autres pays produisent dans les meilleures conditions.
Eléments essentiels 7
C’est exactement ce que font les entreprises tout naturellement sur le marché intérieur. Mais
qu’en est-il du marché international? La plupart des entreprises sont conscientes du fait que,
plus les débouchés sont larges, et plus leur potentiel est grand: elles peuvent poursuivre leur
expansion jusqu’ à atteindre une taille optimale et elles ont accès à une nombreuse clientèle.
Autrement dit, des politiques commerciales libérales — celles qui garantissent la liberté de
mouvement des biens et des services — amplifient le bénéfice que l’ on peut retirer de la pro-
duction la meilleure, la mieux conçue et effectuée au meilleur prix.
Le succès dans le commerce, cependant, n’ est pas un phénomène statique. Telle entreprise
parfaitement compétitive pour un produit peut le devenir moins qu’ une autre lorsque le mar-
ché évolue ou lorsque des techniques nouvelles permettent de fabriquer un produit moins
cher et meilleur. L’ expérience montre que la compétitivité peut aussi passer d’ un pays à
l’
autre. Un pays qui a peut-être été favorisé par des coûts de main-d’ œuvre moins élevés ou
par d’ abondantes ressources naturelles peut perdre sa compétitivité pour certains biens ou
services à mesure que son économie se développe. Toutefois, grâce à l’ effet de stimulation
exercé par l’ ouverture de l’économie, il peut redevenir compétitif pour d’
autres biens ou servi-
ces. Il s’
agit là, en règle générale, d’
un processus graduel.
Lorsque le système commercial peut opérer à l’ abri des contraintes du protectionnisme, les
entreprises sont encouragées à s’ adapter progressivement et de façon relativement indolore.
Elles peuvent fabriquer des produits nouveaux, trouver un nouveau « créneau » dans leur
branche d’ activité existante ou se lancer dans des domaines nouveaux.
L’ autre terme de l’alternative — la protection contre la concurrence des produits importés et
les subventions perpétuelles de l’Etat — conduit à des entreprises hypertrophiées et ineffica-
ces offrant aux consommateurs des produits dépassés et peu attrayants. En définitive, malgré
la protection et les subventions, les usines doivent fermer leurs portes et les emplois dispa-
raissent. Si d’
autres gouvernements de par le monde appliquent eux aussi les mêmes politi-
ques, les marchés se contractent et l’ activité économique mondiale ralentit. L’
un des objectifs
de l’ OMC est d’ empêcher une telle dérive vers le protectionnisme, destructive et qui va à
l’encontre du but recherché.
8 Un commerce ouvert sur l’
avenir
Avantages comparatifs
Que voulait dire David Ricardo, économiste classique, lorsqu’
il a inventé l’
expression
« avantage comparatif »?
Supposons que le pays A soit plus doué que le pays B pour construire des automobiles et que
le pays B soit meilleur boulanger que le pays A. De toute évidence ( « c’ est trivial », diraient
les théoriciens), il serait dans l’
intérêt de l’
un et de l’
autre que A se spécialise dans la cons-
truction automobile et B dans la boulangerie et qu’ ils échangent leurs produits. C’ est
l’exemple de l’avantage absolu.
Mais que se passe-t-il si un pays n’
est doué pour rien? Le commerce va-t-il éliminer tous ses
producteurs du marché? Non, d’ après Ricardo. La raison en est le principe de l’ avantage
comparatif, que l’
on peut considérer comme la découverte la plus brillante de la science éco-
nomique.
Stanislaw Ulam, un mathématicien, a un jour mis au D’après le principe de l’ avantage com-
défi Paul Samuelson, lauréat du prix Nobel, de lui paratif, les pays A et B ont toujours inté-
énoncer une proposition, dans n’ importe quelle rêt à faire du commerce l’ un avec l’autre,
discipline des sciences sociales, qui soit vraie sans être même si A est le meilleur pour tout, pour
triviale. les automobiles comme pour le pain. S’ il
est très nettement supérieur comme
Il a fallu plusieurs années à Samuelson pour trouver la
constructeur automobile et juste un peu
réponse: l’ avantage comparatif. « Cette notion est
meilleur comme boulanger, A aurait tou-
logiquement vraie car elle n’ a pas besoin d’ être
jours intérêt à investir ses ressources là
démontrée à un mathématicien et elle n’ est pas triviale
où il excelle — construire des automobi-
puisque des milliers d’ hommes importants et
les — et à exporter ses produits vers B,
intelligents n’ ont jamais pu la comprendre d’ eux-mêmes
lequel devrait continuer à s’ investir dans
ou y croire une fois qu’ elle leur eut été expliquée. »
ce qu’ il sait le mieux faire — la boulan-
gerie — et vendre son pain à A, même
s’ il n’est pas aussi efficace que celui-ci. Le commerce resterait ainsi profitable pour l’ un et
pour l’ autre. Un pays n’ a pas besoin d’ être le meilleur dans un domaine quelconque pour pro-
fiter du commerce. C’ est l’
avantage comparatif.
Il s’
agit de l’
une des théories les plus largement acceptées parmi les économistes. C’ est aussi
celle qui donne lieu au plus grand malentendu chez les non-économistes, qui la confondent
avec l’avantage absolu. On entend souvent dire, par exemple, que certains pays ne possèdent
d’ avantage comparatif pour rien. Cela est pratiquement impossible. Réfléchissez-y …
4. Les racines de l’
OMC:
de La Havane à Marrakech
La création de l’OMC le 1er janvier 1995 a marqué la plus grande réforme du commerce in-
ternational depuis la seconde guerre mondiale. Elle a aussi concrétisé — sous une forme ac-
tualisée — l’ objectif visé sans succès en 1948 par le projet de création d’une Organisation
internationale du commerce (OIC). Jusqu’ en 1994, le système commercial était régi par le
GATT, rescapé de ce projet avorté. Le GATT a contribué à l’ établissement d’un système com-
mercial multilatéral solide et prospère, qui est devenu de plus en plus libéral à travers des
séries de négociations commerciales. Cependant, dans les années 80, une révision approfon-
die du système est devenue nécessaire; elle a donné lieu au Cycle d’ Uruguay, puis à la créa-
tion de l’
OMC.
Pendant près d’ un demi-siècle, les dispositions juridiques fondamentales du GATT sont restées
pour l’essentiel telles qu’ elles étaient en 1948. Des adjonctions y ont été apportées sous
forme d’ accords « plurilatéraux » (c’est-à-dire à participation volontaire), et les efforts se sont
poursuivis pour continuer à réduire les droits de douane. Pour une large part, les résultats
obtenus dans ce domaine ont été rendus possibles par des séries de négociations commer-
ciales dénommées « Cycles » ou « Rounds ». Les plus grands progrès réalisés dans la libérali-
sation du commerce international ont été accomplis à l’ issue de ces cycles de négociations
tenues sous les auspices du GATT.
Les premiers cycles de négociations commerciales étaient axés sur la réduction des droits de
douane. Vers le milieu des années 60, le Kennedy Round a abouti à l’ Accord antidumping du
GATT. Dans les années 70, le Tokyo Round a été la première tentative majeure visant à re-
médier aux obstacles au commerce autres que les droits de douane et à améliorer le sys-
tème. Le Cycle d’Uruguay, qui a duré de 1986 à 1994, est la huitième, la dernière en date et
la plus ambitieuse de toutes les séries de négociations. Il a débouché sur la création de l’
OMC
et l’
adoption d’un nouvel ensemble d’ accords.
sont les arrangements relatifs aux marchés publics, à la viande bovine, aux produits laitiers et
aux aéronefs civils.
Malgré les difficultés, les Ministres ont approuvé à la réunion de Montréal un ensemble de
premiers résultats, notamment des concessions concernant l’ accès aux marchés pour les
produits tropicaux — pour aider les pays en développement — ainsi qu’ une rationalisation du
système de règlement des différends et l’ institution d’
un Mécanisme d’ examen des politiques
commerciales qui permettait, pour la première fois, de soumettre à un examen complet, sys-
tématique et périodique les politiques et pratiques commerciales des membres du GATT. Les
négociations devaient s’ achever lors d’une nouvelle réunion des Ministres tenue en décem-
bre 1990 à Bruxelles, mais ceux-ci n’ arrivèrent pas à s’ entendre sur la réforme du commerce
des produits agricoles et décidèrent de prolonger les négociations. Le Cycle d’ Uruguay entra
alors dans sa période la plus sombre.
Malgré des perspectives peu favorables sur le plan politique, les travaux techniques se sont
poursuivis intensivement pour aboutir à la rédaction de l’ avant-projet d’
un instrument juridique
final. Le projet d’« Acte final » a été établi par M. Arthur Dunkel, alors Directeur général du
GATT, qui présidait les négociations au niveau des hauts fonctionnaires. Le texte a été pré-
senté aux participants à Genève en décembre 1991. Il était conforme en tous points au man-
dat défini à Punta del Este, à une exception près: il ne contenait pas les listes d’
engagements
des pays participants concernant la réduction des droits
d’entrée et l’ouverture de leurs marchés de services. Le
L’
ordre du jour projet est devenu la base de l’
accord final.
Au cours des deux années suivantes, les négociations se
Les 15 thèmes sur lesquels portait
sont poursuivies cahin-caha, entre échec imminent et
initialement le Cycle d’
Uruguay
succès annoncé. Des dates limitées étaient fixées puis
Droits de douane dépassées. D’ autres questions se sont ajoutées à celle de
Obstacles non tarifaires l’
agriculture pour devenir les principales sources de conflit:
Produits provenant des ressources les services, l’
accès aux marchés, les règles antidumping
naturelles et la création envisagée d’ une nouvelle institution. Les
Textiles et vêtements divergences entre les Etats-Unis et les Communautés eu-
Agriculture ropéennes (CE) devenaient l’ élément essentiel dont dé-
Produits tropicaux pendait le succès tant espéré des négociations.
Articles du GATT
Codes issus du Tokyo Round En novembre 1992, les Etats-Unis et la CE surmontèrent
Mesures antidumping la plupart de leurs divergences concernant l’ agriculture en
concluant ce qui était officieusement dénommé l’ Accord
Subventions
de Blair House. En juillet 1993, les pays de la Quadrilaté-
Propriété intellectuelle
rale (Etats-Unis, CE, Japon et Canada) annoncèrent des
Mesures concernant les
progrès notables dans les négociations sur les droits de
investissements
douane et les questions connexes ( « accès aux mar-
Règlement des différends
chés »). Il a fallu attendre le 15 décembre 1993 pour que
Système du GATT
toutes les questions soient réglées et que les négociations
Services
sur l’accès aux marchés des biens et des services soient
achevées (même si, pour ces dernières, la dernière tou-
che ne fut apportée que quelques semaines plus tard). Le 15 avril 1994, les accords furent
signés par les Ministres de la plupart des 125 pays participants lors d’ une réunion tenue à
Marrakech (Maroc).
Le retard accumulé a aussi eu du bon. Il a permis à certaines négociations d’ aller plus loin
qu’ il n’aurait été possible de le faire en 1990, en ce qui concerne, par exemple, certains
aspects des services et de la propriété intellectuelle, et la création de l’ OMC elle-même.
Cependant, la tâche avait été immense et les responsables des questions commerciales dans
les administrations nationales manifestaient leur lassitude à l’ égard des négociations. La
difficulté d’ arriver à un accord sur un vaste ensemble englobant la quasi-totalité des
problèmes commerciaux de l’ heure a incité certains à penser qu’ il ne serait plus jamais
possible de mener une négociation d’ une telle envergure. Or, les Accords du Cycle d’ Uruguay
prévoient des calendriers pour de nouvelles négociations sur plusieurs sujets. En 1996,
quelques pays ont clairement demandé l’ ouverture d’un nouveau cycle de négociations au
début du siècle prochain. Les réactions étaient mitigées mais l’ Accord de Marrakech énonce
Eléments essentiels 15
bel et bien des engagements en vue de la réouverture des négociations sur différents sujets à
la fin de ce siècle.
Il y a GATT et GATT
Il faut peut-être préciser tout de suite que l’
Accord général sur les tarifs douaniers et le com-
merce (GATT) était deux choses à la fois: 1) un accord international, c’ est-à-dire un document
énonçant des règles pour la conduite du commerce international, et 2) une organisation in-
ternationale créée par la suite pour administrer l’ Accord. On peut comparer le texte de
l’Accord à une loi et l’Organisation à un organisme jouant à la fois le rôle d’ un parlement et
celui d’un tribunal.
Comme il ressort de l’ histoire de l’
Organisation, la tentative de créer dans les années 40 un
organisme à part entière s’ occupant du commerce international a échoué. Les rédacteurs du
GATT sont cependant convenus qu’ ils souhaitaient utiliser les nouvelles règles et disciplines,
ne serait-ce qu’à titre provisoire. D’ailleurs les fonctionnaires des administrations nationales
avaient besoin de se réunir pour discuter des questions relatives à l’ Accord et pour mener des
négociations commerciales. Il fallait pour cela un secrétariat, et une organisation ad hoc a
donc été créée, qui a continué à exister pendant près d’ un demi-siècle.
Le GATT, en tant qu’organisation internationale, n’
existe plus. Il est aujourd’
hui remplacé par
l’
Organisation mondiale du commerce.
Le GATT, l’ accord, existe toujours, mais
Pour résumer, l’
OMC n’
est pas une simple extension du GATT mais beaucoup plus que cela.
1. Aperçu général:
un guide pour la navigation
Les accords de l’ OMC régissent les marchandises, les services et la propriété intellectuelle. Ils
énoncent les principes de la libéralisation et les exceptions autorisées. Ils reproduisent les
engagements pris par chaque pays pour réduire les droits de douane et d’ autres obstacles au
commerce, et
pour ouvrir et
En bref maintenir ouverts
La structure de base des accords d l’ OMC les marchés de
services. Ils défi-
Marchandises Services Propriété Différends
nissent les procé-
intellectuelle dures de règle-
ment des diffé-
Principes fon- GATT AGCS ADPIC Règlement des rends. Ils pré-
damentaux différends voient un traite-
Détails addi- Autres accords Annexes relatives ment spécial en
tionnels et annexes con- aux services faveur des pays
cernant les en développe-
marchandises ment. Ils font
obligation aux
Engagements Listes Listes gouvernements
en matière d’engagements d’engagements
d’assurer la
d’accès aux des pays des pays (et les
transparence de
marchés exemptions de
l’obligation NPF) leur politique
commerciale en
notifiant à l’OMC les lois en vigueur et les mesures adoptées, parallèlement aux rapports pé-
riodiques établis par le Secrétariat au sujet des politiques commerciales des pays.
La table des matières de l’ouvrage intitulé « Résultats des Négociations commerciales multi-
latérales du Cycle d’Uruguay — textes juridiques » est une liste impressionnante de quelque
60 accords, annexes, décisions et mémorandums d’ accord. En fait, les accords sont établis
suivant une structure simple.
Un schéma ternaire
Les accords régissant les deux principaux domaines d’
échange — marchandises et services —
sont établis suivant le même schéma ternaire, malgré des différences parfois notables sur les
points de détail.
♦ Ils commencent par énoncer des principes généraux: l’Accord général sur les tarifs doua-
niers et le commerce (GATT) (pour les marchandises) et l’
Accord général sur le commerce
des services (AGCS). Il en est de même pour l’Accord sur les aspects des droits de pro-
priété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC), lequel ne comporte cependant,
pour l’instant aucune partie additionnelle.
18 Un commerce ouvert sur l’
avenir
Accords additionnels
Il faut aussi mentionner deux autres catégories d’ instruments importantes qui ne sont pas
indiquées dans le diagramme: le texte relatif au Mécanisme d’ examen des politiques com-
merciales et les quatre accords « plurilatéraux » qui ne sont pas signés par la totalité des
membres (aéronefs civils, et marchés publics).
2. Droits de douane:
plus nombreux à être consolidés et plus proches de zéro
Le résultat le plus substantiel du Cycle d’Uruguay est constitué par les 22 500 pages qui re-
prennent les engagements contractés par les différents pays pour des catégories spécifiques
de marchandises et de services, notamment des engagements en vue de réduire et de
« consolider » les taux des droits perçus à l’
importation de marchandises. Dans certains cas,
les taux de droits sont ramenés à zéro — des engagements concernant des taux nuls figurent
Les accords 19
aussi dans l’accord de 1997 sur les produits des technologies de l’ information. Il y a eu aussi
une forte augmentation du nombre des droits « consolidés », c’ est-à-dire des droits dont les
taux font l’
objet d’
un engagement à l’ OMC et qu’ il est difficile d’
accroître.
Réductions tarifaires
La plupart des réductions tarifaires consenties par les pays développés sont actuellement
échelonnées sur cinq ans à compter du 1er janvier 1995. Il en résultera un abaissement de
40 pour cent des droits perçus par ces pays sur les produits industriels, qui passeront de
6,3 pour cent en moyenne à 3,8 pour cent. La valeur des produits industriels importés admis
en franchise dans les pays développés augmentera sensiblement en passant de 20 pour cent
à 44 pour cent.
Il y aura aussi moins de produits assujettis à des
Comment s’
appelle cet instrument? taux de droit élevés. Le pourcentage des produits
Il n’y a aucun accord juridiquement contraignant qui énonce importés par les pays développés en provenance de
les objectifs à atteindre en matière de réduction tarifaire toutes les sources sur lesquelles les droits exigibles
(c’ est-à-dire le pourcentage de réduction à appliquer à la suite sont supérieurs à 15 pour cent diminuera pour pas-
du Cycle d’ Uruguay).
ser de 7 pour cent à 5 pour cent. Le pourcentage
A la fin du Cycle d’
Uruguay, chaque pays a énuméré ses des produits exportés par les pays en développe-
engagements dans une liste annexée au Protocole de
Marrakech annexé à l’ Accord général sur les tarifs
ment qui sont passibles de droits supérieurs à
douaniers et le commerce de 1994. Ce texte constitue 15 pour cent dans les pays industrialisés passera de
l’
instrument juridiquement contraignant pour la réduction des 9 pour cent à 5 pour cent.
taux de droit.
Les résultats du Cycle d’ Uruguay ont encore été
améliorés. Le 26 mars 1997, 40 pays représentant plus de 92 pour cent du commerce mon-
dial des produits des technologies de l’
information sont convenus de supprimer d’ ici l’
an 2000
(2005 dans un petit nombre de cas) les droits d’ entrée et autres impositions perçus sur ces
produits. Comme dans le cas des autres engagements tarifaires, chaque pays participant ap-
plique de la même manière ses engagements aux exportations en provenance de tous les
membres de l’ OMC (c’ est-à-dire conformément à la clause de la nation la plus favorisée),
même dans le cas des membres n’ ayant pas pris d’
engagements.
Davantage de consolidations
Les pays développés ont accru le nombre des produits importés pour lesquels les taux de droit
sont « consolidés » (ceux qui font l’
objet
d’un engagement et qui sont difficiles à
relever), pour le porter de 78 à 99 pour « Consolidation » des droits de
cent des catégories de produits. Chez
les pays en développement, la progres- douane
sion a été considérable: de 21 pour
Les listes relatives à l’
accès aux marchés ne sont
cent à 73 pour cent. Les pays en tran-
pas simplement des barèmes de droits de douane.
sition, c’
est-à-dire ceux qui ont renoncé Elles représentent l’ engagement de ne pas
à l’ économie planifiée, ont porté le accroître les droits de douane au-delà des taux
nombre de leurs consolidations de indiqués, qui sont « consolidés ». Dans les pays
73 pour cent à 98 pour cent. Le mar- développés, les taux consolidés sont généralement
ché est ainsi devenu beaucoup plus sûr ceux qui sont effectivement appliqués. La plupart
pour les négociants et les investisseurs. des pays en développement ont consolidé leurs
taux à des niveaux légèrement supérieurs à ceux
des taux appliqués, de sorte que les taux
Et l’
agriculture …
consolidés servent de plafonds.
Les droits de douane sont aujourd’ hui Un pays peut rompre un engagement (c’ est-à-dire
consolidés pour la totalité des produits relever un droit de douane au-delà du taux
agricoles. Presque toutes les restric- consolidé), mais au prix de certaines difficultés.
tions à l’importation sous d’autres for- Pour cela, il doit négocier avec les pays
mes que les droits de douane, telles principalement concernés, ce qui peut l’ amener à
que les contingents, ont été converties compenser la perte de possibilités commerciales
en droits de douane — processus dé- subie par ses partenaires commerciaux.
20 Un commerce ouvert sur l’
avenir
nommé « tarification », qui a nettement renforcé la prévisibilité des marchés de produits agri-
coles. Auparavant, plus de 30 pour cent de ces produits étaient assujettis à des contingents
ou des restrictions à l’ importation. Ces mesures ont d’ abord été converties en droits de
douane représentant en gros le même niveau de protection, lesquels seront cependant pro-
gressivement réduits pendant six ans. Les engagements concernant l’ accès aux marchés dans
l’
agriculture entraîneront aussi la suppression des interdictions à l’importation visant certains
produits.
Les listes reprennent aussi les engagements des pays quant à la réduction du soutien interne
et aux subventions à l’exportation pour les produits agricoles.
3. Agriculture:
des marchés plus équitables pour les agriculteurs
Le GATT de 1947 s’ appliquait bien au commerce des produits agricoles mais il contenait des
lacunes. Par exemple, il permettait aux pays
Comment s’ appelle cet accord? d’appliquer certaines mesures non tarifaires tel-
les que des contingents d’ importation et
Pour la plupart des dispositions: Accord sur l’ agriculture.
Pour les engagements concernant les droits de douane, les d’accorder des subventions. Le commerce des
contingents tarifaires, le soutien interne, et les subventions à produits agricoles a été gravement faussé, no-
exportation: les listes annexées au Protocole de Marrakech
l’ tamment par le recours à des subventions à
annexé à l’ Accord général sur les tarifs douaniers et le l’
exportation qui n’ auraient pas été, en principe,
commerce de 1994. Voir aussi: Accord sur l’ application
des mesures sanitaires et phytosanitaires, et Décision autorisées pour les produits industriels. L’
accord
[ministérielle] sur les mesures concernant les effets du Cycle d’Uruguay marque un progrès apprécia-
négatifs possibles du programme de réforme sur les pays ble vers l’instauration de l’ ordre et d’ une con-
les moins avancés et les pays en développement currence loyale dans un secteur moins soumis à
importateurs nets de produits alimentaires. (Voir aussi
« Modalités de l’établissement d’ engagements contraignants et distorsions. Il est actuellement mis en œuvre sur
spécifiques s’inscrivant dans le cadre du programme de une période de six ans (dix ans pour les pays en
réforme »), (MTN.GNG/MA/W/24.) développement), à partir de 1995. Les partici-
pants sont convenus d’ engager des négociations
un an avant la fin de la période de mise en œuvre d 6 ans.
L’accord permet bien aux gouvernements d’ aider leur secteur rural, mais de préférence par
des mesures qui faussent le moins les échanges. Il ménage aussi une certaine souplesse
dans la mise en œuvre des engagements. Les pays en développement ne sont pas tenus de
réduire autant que les pays développés leurs subventions ou leurs droits de douane et bénéfi-
cient d’un délai supplémentaire pour s’ acquitter de leurs obligations. Des dispositions spécia-
les portent sur les intérêts des pays qui doivent importer les produits alimentaires dont ils ont
besoin et sur les pays les moins avancés.
L’
accord contient une clause « de paix » qui vise à diminuer le risque de différends ou de
contestations concernant des subventions agricoles pendant une période de neuf ans.
Droits de douane
Réduction moyenne pour tous les produits -36% -24%
agricoles
Réduction minimale par produit -15% -10%
Soutien interne
Réduction de la MGS totale pour le secteur -20% -13%
(période de base: 1986-1988)
Exportations
Valeur des subventions -36% -24%
Quantités subventionnées -21% -14%
(période de base: 1986-1990)
Les pays les moins avancés ne sont pas tenus de prendre des engagements en vue de réduire les droits de douane ou les
subventions.
Le niveau de base pour les réductions tarifaires est le taux consolidé avant le 1er janvier 1995 ou, pour les droits non
consolidés, le taux effectivement appliqué en septembre 1986, au moment du début du Cycle d’ Uruguay.
22 Un commerce ouvert sur l’
avenir
importations effectuées dans le cadre d’ un contingent tarifaire). Quatre pays ont fait appel aux
dispositions concernant le « traitement spécial » pour restreindre les importations de produits
particulièrement sensibles (principalement le riz) durant la période de mise en œuvre, sous
réserve cependant de conditions définies rigoureusement, notamment en ce qui concerne
l’
accès minimal pour les fournisseurs étrangers: ce sont le Japon, la République de Corée et
les Philippines (pour le riz), et Israël (pour la viande de mouton, le lait entier en poudre et
certains fromages).
Subventions à l’
exportation: limitation des dépenses et des quantités
L’Accord sur l’ agriculture proscrit les subventions à l’
exportation de produits agricoles, sauf
lorsqu’elles sont spécifiées dans les listes d’engagements des membres, auquel cas ceux-ci
sont tenus de réduire à la fois les montants des dépenses effectuées à ce titre et les quanti-
tés d’exportations subventionnées. En prenant les moyennes de 1986-1990 comme niveau
de base, les pays développés ont accepté de réduire de 36 pour cent la valeur des subven-
tions à l’exportation pendant une période de six ans à compter de 1995 (24 pour cent sur dix
ans pour les pays en développement). Ils sont aussi convenus de réduire de 21 pour cent en
six ans les quantités d’ exportations subventionnées (14 pour cent sur dix ans pour les pays en
développement). Les pays les moins avancés ne sont tenus de faire aucune réduction.
Pendant les six années de la période de mise en œuvre, les pays en développement sont au-
torisés, sous certaines conditions, à recourir au subventionnement pour réduire les coûts de
commercialisation et de transport des produits exportés.
Problème: que faire pour approvisionner le consommateur de votre pays en produits alimen-
taires qu’
il peut absorber en toute sécurité, d’après les normes que vous jugez appropriées?
En même temps, que faire pour empêcher que des réglementations sanitaires rigoureuses ne
servent de prétexte à la protection des producteurs nationaux?
Les règles fondamentales en la matière sont énoncées dans un accord distinct sur l’ innocuité
des produits alimentaires et les normes sanitaires pour les animaux et les végétaux (mesures
sanitaires et phytosanitaires).
L’accord permet aux pays d’ établir leurs propres normes mais il dispose aussi que les régle-
mentations doivent avoir un fondement scientifique. Celles-ci ne doivent être appliquées que
dans la mesure nécessaire pour protéger la santé et la vie des personnes et des animaux ou
pour préserver les végétaux. Elles ne doivent pas non plus entraîner de discrimination arbi-
traire ou injustifiable entre les pays où existent des conditions identiques ou similaires.
Les pays membres sont encouragés à appliquer les normes, directives ou recommandations
internationales, dans les cas où il en existe. Ils peuvent cependant adopter des mesures qui
entraînent des normes plus élevées s’ il y a une justification scientifique. Ils peuvent aussi éta-
blir des normes plus élevées sur la base d’ une évaluation appropriée des risques, pour autant
que l’ approche suivie soit cohérente et non ar-
bitraire. Quelles sont ces normes
Aux termes de l’ accord, les pays sont toujours
autorisés à appliquer des normes différentes et internationales?
des méthodes différentes d’ inspection des pro- Une annexe de l’ Accord sur l’
application des
duits. Comment un pays exportateur peut-il mesures sanitaires et phytosanitaires précise
alors être certain qu’ il a adopté pour ses pro- qu’ il s’
agit des normes des organismes
duits des pratiques acceptables de l’ avis d’
un ci-après:
pays importateur? S’ il peut démontrer que les
♦ la Commission FAO/OMS du Codex
mesures qu’ il applique pour ses exportations
Alimentarius: pour les produits
assurent le même niveau de protection sanitaire alimentaires
que dans le pays importateur, celui-ci est censé
accepter les normes et méthodes de ♦ l’
Office international des épizooties:
l’
exportateur. pour la santé des animaux
Pays les moins avancés et pays tributaires des importations de produits alimentaires
L’Accord sur l’agriculture dispose que les membres de l’OMC doivent réduire leurs exportations
subventionnées. Cependant, certains pays sont fortement tributaires des produits alimentaires
bon marché et subventionnés importés des principaux pays industrialisés. Parmi eux, figurent
quelques-uns des pays les plus pauvres qui, malgré l’ effet favorable que pourrait avoir une
hausse des prix sur leur secteur agricole, pourraient avoir besoin d’une assistance temporaire
afin d’effectuer les ajustements nécessaires pour pouvoir financer des importations devenues
plus coûteuses et éventuellement exporter. Une Décision ministérielle spéciale énonce les
objectifs et certaines mesures concernant les apports d’ aide alimentaire et d’
aide au dévelop-
pement agricole. Elle mentionne aussi la possibilité d’une assistance fournie par le Fonds mo-
nétaire international et la Banque mondiale en vue de financer des importations commerciales
de produits alimentaires.
Les accords 25
4. Textiles:
retour au régime normal
Lors de chacune des trois premières étapes les produits à intégrer dans le cadre des règles du
GATT doivent provenir des quatre grandes catégories de textiles et de vêtements: peignés et
filés, tissus, articles confectionnés et vêtements. Toutes les autres restrictions ne relevant pas
de l’ Arrangement multifibres et contraires aux accords de l’ OMC devront être rendues confor-
mes avant 1996 ou supprimées d’ ici à 2005.
Si un dommage est de nouveau causé à une branche de production pendant la période tran-
sitoire, l’
accord autorise l’
imposition provisoire de restrictions additionnelles sous réserve de
conditions rigoureuses. Ces « mesures de sauvegarde transitoires » ne sont pas identiques aux
mesures de sauvegarde normalement autorisées en vertu du GATT car elles peuvent
s’ appliquer aux importations de pays exportateurs spécifiques. Le pays importateur doit ce-
pendant démontrer que sa branche de production nationale subit ou risque de subir un préju-
dice grave. Il doit aussi montrer que le préjudice résulte de deux facteurs: un accroissement
des importations du produit en question en provenance de toutes les sources, et un accrois-
sement soudain et substantiel des importations en provenance du pays exportateur concerné.
La mesure restrictive de sauvegarde peut être mise en œuvre soit par accord mutuel après
des consultations soit unilatéralement. Elle est examinée par l’ Organe de supervision des tex-
tiles.
Dans tout système de contingentement visant des pays exportateurs spécifiques, les exporta-
teurs sont parfois tentés de contourner les contingents en expédiant leurs produits par
Les accords 27
l’
intermédiaire de pays tiers ou en faisant de fausses déclarations sur le pays d’
origine du pro-
duit. L’
accord contient des dispositions pour y remédier.
L’accord prévoit un traitement spécial pour certaines catégories de pays, par exemple les nou-
veaux venus sur le marché, les petits fournisseurs et les pays les moins avancés.
Un Organe de supervision des textiles (OSpT) supervise la mise en œuvre de l’ accord. Il
est composé d’ un président et de dix membres qui siègent à titre personnel. Il surveille
l’
application des mesures prises dans le cadre de l’ accord pour s’ assurer de leur conformité et
fait rapport au Conseil du commerce des marchandises, qui examine le fonctionnement de
l’
accord avant chaque nouvelle étape du processus d’ intégration. L’
Organe de supervision des
textiles est aussi saisi des différends relevant de l’
Accord sur les textiles et les vêtements. S’ ils
ne sont pas résolus, les différends peuvent être soumis à l’ Organe de règlement des diffé-
rends de l’ OMC. Deux différends dans
lesquels les principaux arguments étaient Principes fondamentaux
fondés sur l’ Accord sur les textiles et les
vêtements ont été portés devant l’ Organe Tous les services sont visés par l’ AGCS
de règlement des différends en vue Le traitement de la nation la plus favorisée
d’être examinés par un groupe spécial. Ils s’applique à tous les services, sauf dans le cas
ont, par la suite, fait l’
objet d’un appel. d’exemptions temporaires et non extensibles.
Le traitement national s’applique dans les domaines
dans lesquels des engagements sont pris
Il doit y avoir transparence dans les réglementations
et grâce aux points d’
information
5. Services: Les réglementations doivent être objectives et
des règles pour la croissance raisonnables
Les paiements internationaux ne sont en principe
et l’
investissement pas soumis à restrictions
Les engagements des différents pays sont négociés
et consolidés
L’ Accord général sur le commerce et les La libéralisation progressive se fait par le biais de
services (AGCS) est le tout premier en- nouvelles négociations
semble de règles multilatérales, juridi-
quement contraignantes, qui régissent le commerce international des services. Il a été négo-
cié lors du Cycle d’Uruguay. Comme les accords relatifs aux marchandises, l’ AGCS fonctionne
sur trois niveaux: le texte principal énonce les obligations et principes généraux, et les an-
nexes contiennent les règles applicables aux différents secteurs ainsi que les engagements
spécifiques contractés par les différents pays en vue d’ assurer l’ accès à leur marché. Con-
trairement aux accords sur les marchandises, l’ AGCS a un quatrième élément particulier: les
listes indiquant les cas dans lesquels les pays renoncent provisoirement à l’ application du
principe de la non-discrimination qui est la clause de la « nation la plus favorisée ». Ces enga-
gements — comme les listes tarifaires dans le cadre du GATT — font partie intégrante de
l’accord. Il en va de même des retraits temporaires du traitement de la nation la plus favori-
sée.
Un organe de l’ OMC, le Conseil du commerce des services, supervise le fonctionnement de
l’accord. Des négociations sur les engagements concernant quatre thèmes ont eu lieu après
le Cycle d’Uruguay. Une nouvelle série complète de négociations sur les services devra débu-
ter au plus tard en l’
an 2000.
L’AGCS s’ applique à tous les services entrant dans le commerce international, y compris tous
les différents modes de fournitures d’ un service international. Il en définit quatre:
♦ fourniture de services d’
un pays à un autre (par exemple les appels téléphoniques interna-
tionaux), dénommée officiellement « fourniture transfrontières »
♦ utilisation d’
un service par des consommateurs ou entreprises dans un autre pays (par
exemple le tourisme), dénommée officiellement « consommation à l’
étranger »
♦ établissement de filiales ou de succursales par une entreprise étrangère en vue de la four-
niture de services dans un autre pays (par exemple les opérations de banques étrangères
dans un pays), dénommé officiellement « présence commerciale »
♦ déplacement de particuliers quittant leur pays pour fournir des services dans un autre (par
exemple les mannequins ou les consultants), dénommé officiellement « présence de per-
sonnes physiques »
Et le traitement national?
Le traitement national — égalité de traitement pour les étrangers et les ressortissants du pays
— s’ applique différemment dans le cas des services. Pour les marchandises (GATT) et la pro-
priété intellectuelle (ADPIC), c’
est un principe général. Dans l’
AGCS, il s’applique uniquement
lorsqu’ un pays a pris un engagement spécifique, et des exemptions sont autorisées. (Voir plus
loin.)
Transparence
D’ après l’
AGCS, les gouvernements doivent publier toutes les lois et réglementations perti-
nentes. Ils ont un délai de deux ans (jusqu’ à la fin de 1997) pour créer des points
d’information dans leurs administrations. Les sociétés et gouvernements étrangers peuvent
alors s’adresser à ces points d’
information pour se renseigner sur les réglementations régis-
sant tel ou tel secteur des services. Les gouvernements doivent aussi notifier à l’
OMC tout
changement apporté aux réglementations applicables aux services visés par des engagements
spécifiques.
Reconnaissance
Lorsque deux gouvernements (ou davantage) ont conclu des accords sur la reconnaissance
mutuelle de leurs systèmes de qualification (par exemple pour la délivrance de licences ou de
certificats aux fournisseurs de services), ils doivent, d’
après l’AGCS, ménager aux autres
membres la possibilité de négocier des arrangements comparables. La reconnaissance des
Les accords 29
systèmes de qualification d’
autres pays ne doit pas être discriminatoire ni équivaloir à un pro-
tectionnisme déguisé. Les accords de reconnaissance doivent être notifiés à l’OMC.
Engagements spécifiques
Les engagements contractés par les différents pays concernant l’ ouverture — et le degré
d’ ouverture — des marchés dans des secteurs spécifiques sont le résultat des négociations.
Ils sont repris dans des « listes » qui énumèrent les secteurs promis à l’ ouverture, le degré
d’ accès au marché accordé dans ces secteurs (les restrictions à la participation étrangère
étant indiquées, le cas échéant), et les limitations éventuelles du traitement national (lorsque
certains droits sont accordés à des sociétés locales mais non aux sociétés étrangères).
Les engagements sont « consolidés » : comme les droits de douane consolidés, ils ne peuvent
être modifiés ou retirés qu’après des négociations avec les pays affectés, qui aboutiraient
probablement à une compensation. Du fait qu’ il est difficile de les « déconsolider », les enga-
gements constituent pour ainsi dire la garanties des conditions d’ activité des exportateurs
étrangers et importateurs de services ainsi que des investisseurs dans ce secteur.
Libéralisation progressive
Le Cycle d’ Uruguay n’ était qu’un début. L’AGCS prévoit d’ autres négociations, dont les pre-
mières doivent débuter d’ ici cinq ans. Le but est d’
aller plus loin dans la libéralisation en ac-
croissant le niveau des engagements contenus dans les listes.
Services financiers
L’instabilité du système bancaire porte atteinte à l’ ensemble de l’ économie. Aux termes de
l’
annexe sur les services financiers, les gouvernements ont le droit de prendre des mesures
prudentielles, par exemple pour protéger les investisseurs, les déposants et les titulaires de
polices d’ assurance, et pour assurer l’
intégrité et la stabilité du système financier. Il est aussi
précisé que l’ accord ne s’applique pas aux services fournis dans l’ exercice du pouvoir gouver-
nemental sur le système financier, par exemple les services fournis par les banques centrales.
Les négociations sur les engagements spécifiques concernant les services financiers se sont
achevées à la fin de 1997.
30 Un commerce ouvert sur l’
avenir
Télécommunications
Le secteur des télécommunications joue un double rôle: il est à la fois un secteur d’ activité
économique distinct et un élément de l’ infrastructure au service d’autres activités économi-
ques (par exemple les transferts financiers électroniques). D’ après l’
annexe, les gouverne-
ments doivent assurer l’
accès sans discrimination des fournisseurs étrangers de services aux
réseaux publics de télécommunications. Les négociations sur les engagements spécifiques
concernant les télécommunications ont repris après la fin du Cycle d’
Uruguay. Elles ont abouti
à un nouvel ensemble de mesures de libéralisation convenu en février 1997.
Traitement national
Le traitement national signifie l’ application d’
un traitement égal aux ressortissants et aux
étrangers. Dans le domaine des services, cela veut dire qu’ une fois qu’une société étrangère
a été autorisée à fournir un service dans un pays, il ne devrait y avoir aucune discrimination
entre elle et les sociétés locales.
Dans le cadre de l’ AGCS, un pays est uniquement obligé d’ appliquer ce principe lorsqu’
il a
contracté un engagement spécifique concernant l’ accès de l’
étranger à son marché des servi-
ces. Il n’
est pas tenu de le faire dans les secteurs pour lesquels il n’
a pris aucun engagement.
Même dans les engagements, des limitations du traitement national sont autorisées au titre
de l’
AGCS.
Cette approche contraste avec la manière dont le principe du traitement national est appliqué
aux marchandises: ici, une fois qu’
un produit a traversé une frontière et qu’
il a été dédouané,
Les accords 31
Exemptions de l’
obligation NPF: temporaires et non extensibles
Les membres de l’ OMC ont aussi établi des listes séparées d’ exceptions au principe NPF de la
non-discrimination. Lorsque l’ AGCS est entré en vigueur, un certain nombre de pays avaient
déjà signé avec des partenaires commerciaux des accords préférentiels sur les services, soit
au niveau bilatéral soit dans le cadre de groupes restreints. Les membres de l’ OMC ont estimé
qu’ il était nécessaire de maintenir ces préférences pendant quelque temps. Ils se sont donné
le droit de continuer à accorder un traitement plus favorable à tel ou tel pays pour telle ou
telle activité de service en énumérant des « exemptions de l’ obligation NPF » parallèlement à
leurs engagements initiaux. Pour protéger le principe général NPF, il a été décidé que les
exemptions ne pouvaient être adoptées qu’ une seule fois et que rien ne pouvait être ajouté
aux listes. Celles-ci seront réexaminées après cinq ans (en 2000), et leur durée est en prin-
cipe limitée à dix ans. Les listes d’
exemptions font aussi partie de l’AGCS.
Télécommunications de base
Les gouvernements n’ ont pas offert de prendre des engagements pendant le Cycle d’ Uruguay
dans ce domaine, essentiellement parce que la privatisation des monopoles d’ Etat posait un
problème complexe dans beaucoup de pays. Nombre des listes annexées initialement à
l’
AGCS incluent néanmoins des services de télécommunications à valeur ajoutée de pointe,
qui sont habituellement fournis par des entreprises privées. Les négociations sur les télécom-
munications de base se sont achevées en février 1997 et de nouveaux engagements natio-
naux prendront effet à compter de janvier 1998.
Transports maritimes
Les négociations sur les transports maritimes devaient initialement s’ achever en juin 1996,
mais les participants n’ ont pas pu s’ entendre sur un ensemble d’ engagements. Les discus-
sions reprendront avec la prochaine série de négociations sur les services, qui doit débuter au
plus tard en 2000. Des engagements ont déjà été inclus dans les listes de certains pays con-
cernant les trois principaux domaines de ce secteur: accès aux installations portuaires et utili-
sation de ces installations; services auxiliaires; et transports en haute mer.
Services financiers
Les services financiers sont un autre domaine
Après le Cycle d’
Uruguay
dans lequel de nouvelles négociations ont été Les discussions ont repris dans le cadre de
prévues pour améliorer les engagements figu- l’
AGCS sur les thèmes indiqués ci-après. Une
rant dans les listes établies initialement lors du nouvelle série complète de négociations sur les
Cycle d’Uruguay. Ces négociations devaient offi- services commencera au plus tard en 2000.
ciellement prendre fin en juillet 1995, mais les Télécommunications de base: négociations
gouvernements ont décidé que de meilleurs achevées en février 1997
résultats pourraient être obtenus à l’ issue de
nouvelles discussions. Elles se sont achevées Services financiers: négociations achevées en
en décembre 1997. décembre 1997
Transport maritime: négociations suspendues
Autres questions Mouvement des personnes physiques:
L’AGCS énumère plusieurs autres questions qui négociations achevées en juillet 1995
doivent faire l’objet de négociations à l’avenir. Autres questions sur lesquelles porteront
Une série de négociations viserait à élaborer des les négociations futures: subventions,
règles qui ne figurent pas encore dans l’AGCS et marchés publics, sauvegardes, qualifications,
qui régiraient les subventions, les marchés normes techniques, régimes de licences.
publics et les mesures de sauvegarde.
Une autre série de négociations aurait pour objet d’ établir des règles sur les prescriptions que
les fournisseurs étrangers de services doivent respecter pour pouvoir opérer sur un marché. Il
s’agit d’
éviter que ces prescriptions ne soient utilisées pour constituer des obstacles superflus
au commerce. L’ accent est mis sur les aspects suivants: procédures et prescriptions en
matière de qualification, normes techniques et prescriptions en matière de licence.
Dans le cadre de ces travaux, un groupe de travail des services professionnels a été créé. La
première question à l’ ordre du jour du groupe est le secteur comptable, priorité définie par
les Ministres, mais tous les autres services professionnels seront également examinés. Ces
discussions ont donné un premier résultat en mai 1997 lorsque le Conseil du commerce des
services a adopté de nouvelles directives à l’intention des pays pour la négociation des ac-
cords de reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles dans le secteur compta-
ble. Ces directives ne sont pas contraignantes.
6. Propriété intellectuelle:
protection et respect des droits
Les idées et les connaissances représentent une part de plus en plus importante du com-
merce. La valeur des médicaments nouveaux et d’ autres produits de haute technicité tient
surtout aux efforts d’ invention, d’ innovation, de recherche et de conception ainsi qu’ aux opé-
rations d’ essai nécessaires à leur fabrication. Les films, les enregistrements musicaux, les
livres, les logiciels informatiques et les services en ligne sont vendus et achetés pour
l’information et la créativité qui y sont incorporées, et non, en général, pour les matières plas-
tiques, les métaux ou le papier utilisés dans leur production. Beaucoup de produits mar-
chands classés parmi les marchandises techniquement peu élaborées doivent aujourd’ hui une
plus grande part de leur valeur à l’ invention et à la conception: c’
est le cas, par exemple, des
vêtements de marque ou des variétés végétales nouvelles.
Les créateurs peuvent obtenir le droit d’ empêcher que d’ autres utilisent leurs inventions, des-
sins et modèles ou autres créations. Ces droits sont appelés « droits de propriété intellec-
tuelle ». Ils revêtent plusieurs formes: droit d’
auteur, par exemple pour les livres, tableaux et
Les accords 33
films; brevets pour les inventions; marques de fabrique ou de commerce pour les noms de
marque et les logos de produits, etc.
A l’
origine: nécessité d’
une intégration dans le système commercial fondé sur des règles
Le degré de protection et de respect de ces droits variait beaucoup d’ un pays à l’ autre;
comme la propriété intellectuelle joue désormais un rôle plus important dans le commerce,
ces différences sont devenues une source de tensions dans les relations économiques inter-
nationales. L’ élaboration de nouvelles règles commerciales convenues au niveau international
pour les droits de propriété intellectuelle est apparue comme un moyen de renforcer l’ordre et
la prévisibilité et de régler les différends de manière plus systématique.
Le Cycle d’ Uruguay, qui a duré de 1986 à 1994, a permis ce résultat. L’ Accord de l’
OMC sur
les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC) a pour
objet d’ atténuer les différences dans la manière dont ces droits sont protégés de par le
monde et de soumettre ces droits à des règles internationales communes. En cas de diffé-
rends commerciaux concernant les droits de propriété intellectuelle, il est désormais possible
de faire appel au système de règlement des différends de l’ OMC.
L’
accord porte sur cinq grandes questions:
♦ Comment les principes fondamentaux du système commercial et des autres accords in-
ternationaux sur la propriété intellectuelle devraient être appliqués
♦ Comment assurer une protection adéquate des droits de propriété intellectuelle
♦ Comment les pays devraient faire respecter ces droits de manière appropriée sur leur
propre territoire
♦ Comment régler les différends sur la propriété intellectuelle entre les membres de l’
OMC
♦ Des arrangements transitoires spéciaux sont appliqués pendant la période de mise en
place du nouveau système.
♦ la Convention de Paris
Quelle est la différence? pour la protection de
la propriété industrielle
De toute évidence, le droit d’auteur, les brevets, les marques de (brevets, dessins in-
fabrique ou de commerce, par exemple, sont des notions qui dustriels, etc.);
s’appliquent à des types différents de créations ou d’ inventions. Ils sont
aussi traités différemment. ♦ la Convention de
Berne pour la protec-
Les brevets, les dessins et modèles industriels, les schémas de tion des œuvres litté-
configuration de circuits intégrés, les indications géographiques et les raires et artistiques
marques de fabrique ou de commerce doivent être enregistrés pour (droit d’auteur),
bénéficier d’
une protection. L’ enregistrement comporte une description
de ce qui est protégé — l’ invention, le dessin ou modèle, le nom de Certains domaines ne
marque, le logo, etc. — et cette description est rendue publique. sont pas visés par ces
conventions. Dans cer-
Le droit d’auteur et les secrets commerciaux sont protégés tains cas, les normes de
automatiquement conformément à des conditions spécifiées. Ils n’ ont protection prescrites ont
pas besoin d’ être enregistrés et il n’
est donc pas nécessaire de été considérées insuffi-
divulguer, par exemple, la manière dont un logiciel protégé par le droit santes. L’ Accord sur les
d’auteur a été conçu. ADPIC a donc permis d’ y
Il peut aussi y avoir des différences quant à d’
autres conditions, par ajouter un grand nombre
exemple la durée pendant laquelle s’ exerce chaque type de protection. de normes nouvelles ou
plus rigoureuses.
Droit d’
auteur
L’
Accord sur les ADPIC prévoit que les programmes d’ ordinateur seront protégés en tant
qu’œuvres littéraires en vertu de la Convention de Berne et indique comment les bases de
données devraient être protégées.
L’ accord étend aussi aux droits de location le champ d’ application des règles internationales
en matière de droit d’ auteur. Les auteurs de programmes d’ ordinateur et les producteurs
d’ enregistrements sonores doivent avoir le droit d’ interdire la location commerciale de leurs
œuvres au public. Un droit exclusif similaire s’
applique aux œuvres cinématographiques, dont
la location commerciale a conduit à la réalisation d’ innombrables copies qui empêchent les
titulaires du droit d’
auteur sur ces œuvres d’en tirer toutes les recettes potentielles.
D’après l’accord, les interprètes ou exécutants doivent aussi avoir le droit d’ empêcher
l’
enregistrement, la reproduction et la diffusion non autorisés de leurs prestations en direct
pendant au moins 50 ans. Les producteurs d’ enregistrements sonores doivent avoir le droit
d’empêcher la reproduction non autorisée de leurs enregistrements pendant une période de
50 ans.
Indications géographiques
Les noms de lieux sont parfois utilisés pour identifier un produit: « champagne », « scotch »,
« tequila » et « roquefort » en sont des exemples bien connus. Les producteurs de vins et de
spiritueux sont particulièrement concernés par l’ utilisation de noms de lieux pour
l’
identification de ces produits, qui font l’
objet de dispositions spéciales dans l’
Accord sur les
ADPIC, mais c’ est aussi une question importante pour d’autres types de marchandises.
L’
utilisation d’
un nom de lieu pour décrire un produit de cette manière — une « indication
géographique » — permet généralement d’ identifier à la fois son origine géographique et ses
Les accords 35
caractéristiques. Par conséquent, utiliser un nom de lieu alors que le produit a été fabriqué
ailleurs ou qu’il n’
a pas les caractéristiques habituelles peut induire les consommateurs en
erreur et aboutir à une concurrence déloyale. L’ Accord sur les ADPIC dispose que les pays
doivent empêcher l’ emploi abusif de noms de lieux.
Pour les vins et spiritueux, l’
accord prévoit des niveaux de protection plus élevés, c’
est-à-dire
même lorsqu’ il n’
y a aucun risque que le public soit trompé.
Quelques exceptions sont autorisées, notamment lorsque le nom est déjà protégé en tant que
marque de fabrique ou de commerce ou s’ il est devenu un terme générique. Par exemple, le
mot « cheddar » désigne aujourd’ hui un type particulier de fromage qui n’ est pas nécessaire-
ment fabriqué à Cheddar. Cependant, tout pays désireux d’ invoquer une exception pour ces
raisons doit être disposé à négocier avec les autres pays qui souhaitent protéger l’ indication
géographique en question. L’ accord prévoit de nouvelles négociations à l’ OMC en vue de
mettre en place un système multilatéral de notification et d’ enregistrement des indications
géographiques pour les vins.
Brevets
D’après l’accord, les inventions doivent pouvoir être protégées par des brevets pendant au
moins 20 ans. Cette protection doit être accordée aussi bien pour les produits que pour les
procédés, dans presque tous les domaines technologiques. Les gouvernements peuvent refu-
ser de délivrer des brevets si l’
exploitation commerciale de ces derniers est interdite pour des
raisons d’ordre public ou de moralité. Ils peuvent aussi exclure les méthodes diagnostiques,
thérapeutiques et chirurgicales, les végétaux et les animaux (autres que les micro-
organismes), et les procédés biologiques d’ obtention de végétaux ou d’animaux (autres que
les procédés microbiologiques).
Les variétés végétales doivent cependant pouvoir être protégées par des brevets ou par un
système spécial (comme le système de protection des droits de l’ obtenteur prévu dans les
conventions de l’
UPOV — l’ Union internationale pour la protection des obtentions végétales).
L’accord énonce les droits minimaux dont le titulaire d’ un brevet doit bénéficier. Il autorise
cependant aussi certaines exceptions. Il peut arriver que le titulaire d’
un brevet abuse de ses
droits, par exemple en ne fournissant pas le produit sur le marché. En pareil cas, les gouver-
nements peuvent, en vertu de l’ accord, délivrer des « licences obligatoires » autorisant un
concurrent à produire le produit ou à utiliser le procédé sous licence. Cette possibilité est ce-
pendant assujettie à des conditions visant à sauvegarder les intérêts légitimes du détenteur
du brevet.
Les droits conférés par un brevet délivré pour un procédé de production doivent s’étendre au
produit obtenu directement au moyen de ce procédé. Dans certaines conditions, les contre-
venants présumés peuvent être enjoints par un tribunal de prouver qu’ ils n’
ont pas utilisé le
procédé breveté.
l’
agriculture pendant la période transitoire, il doit, sous réserve de certaines conditions, accor-
der un droit exclusif de commercialisation du produit pour une durée de cinq ans ou jusqu’ à
ce qu’un brevet soit délivré pour le produit, si cette date intervient plus tôt.
Sous réserve de certaines exceptions, la règle générale est que les obligations énoncées dans
l’
accord s’appliquent aux droits de propriété intellectuelle existants ainsi qu’ aux nouveaux
droits.
Le Conseil des aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce suit le
fonctionnement de l’accord et vérifie que les membres s’ acquittent de leurs obligations.
Mesures antidumping
Si une entreprise exporte un produit à un prix inférieur à celui qu’ elle pratique normalement
sur son propre marché intérieur, on dit qu’ elle a eu recours au « dumping » pour ce produit.
S’agit-il d’
un cas de concurrence déloyale? Les opinions divergent, mais de nombreux gouver-
nements interviennent contre le dumping pour défendre
Comment s’ appelle cet accord? leurs branches de production nationales. L’ accord de l’
OMC
Accord sur la mise en œuvre de l’ article VI de ne se prononce pas. Il vise essentiellement à dire comment
l’
Accord général sur les tarifs douaniers et le les gouvernements peuvent ou ne peuvent pas réagir au
commerce de 1994 dumping: il discipline les mesures antidumping et est sou-
vent appelé « Accord antidumping ». (Cette approche, qui consiste à se préoccuper unique-
ment de la réaction au dumping contraste avec celle qui est suivie dans l’ accord sur les sub-
ventions et les mesures compensatoires).
Les définitions juridiques sont plus précises, mais on peut dire, en gros, que l’ accord de l’
OMC
permet aux gouvernements d’ intervenir contre le dumping lorsqu’ il existe un dommage vérita-
ble ( « important ») causé à la branche de production nationale concurrente. Pour cela, le
gouvernement concerné devra pouvoir montrer que le dumping a lieu, calculer l’ ampleur du
dumping (jusqu’ à quel point le prix à l’ exportation est inférieur à celui qui est pratiqué par
l’
exportateur sur le marché intérieur), et démontrer que le dumping cause un dommage.
Le GATT (article 6) permet aux pays de prendre des mesures contre le dumping. L’ Accord an-
tidumping précise et développe cet article, et les deux accords sont appliqués conjointement.
Ils autorisent les pays à agir d’
une façon qui serait, en temps normal, contraire aux principes
du GATT quant à la consolidation d’ un droit de douane et à la non-discrimination entre les
partenaires commerciaux. Le plus souvent, une mesure antidumping consiste à imposer un
droit d’importation supplémentaire sur le produit concerné en provenance du pays exportateur
38 Un commerce ouvert sur l’
avenir
Or l’
OMC est une organisation qui regroupe des pays et leurs gouvernements. Elle ne s’ occupe pas d’ entreprises
et ne peut pas réglementer leurs agissements tels que le dumping. L’ Accord antidumping vise donc uniquement
les mesures que les gouvernements peuvent prendre à l’ encontre du dumping. Dans le cas des subventions, les
gouvernements interviennent des deux côtés: ils subventionnent et ils réagissent contre les subventions des
autres. L’Accord sur les subventions soumet donc à des disciplines aussi bien les subventions que les mesures
prises en réaction.
Certaines des disciplines sont analogues à celles de l’ Accord antidumping. Un droit compen-
sateur (pendant du droit antidumping) ne peut être perçu qu’ une fois que le pays importateur
a effectué une enquête détaillée analogue à celle qui est requise pour une mesure antidum-
ping. Des règles détaillées régissent la détermination de l’ existence du subventionnement
d’un produit (le calcul n’
est pas toujours facile à faire), les critères à appliquer pour savoir si
les importations du produit subventionné portent atteinte ( « causent un dommage ») à la
branche de production nationale, les procédures à suivre pour ouvrir et conduire les enquêtes,
ainsi que la mise en œuvre et la durée (normalement limitée à cinq ans) des mesures com-
pensatoires. L’exportateur bénéficiant de la subvention peut aussi convenir de majorer ses prix
à l’
exportation pour éviter qu’
un droit compensateur ne soit perçu sur ses produits.
Les subventions peuvent jouer un rôle important dans les pays en développement et dans la
transformation des pays à économie planifiée en pays à économie de marché. Les pays les
moins avancés et les pays en développement dont le PNB par habitant est inférieur à
1 000 dollars sont exemptés des disciplines relatives aux subventions à l’ exportation prohi-
bées. Les autres pays en développement ont jusqu’ en 2003 pour supprimer leurs subventions
à l’
exportation. Les pays les moins avancés doivent supprimer d’ ici 2003 les subventions ac-
cordées en vue du remplacement des importations (c’ est-à-dire les subventions destinées à
aider la production nationale et à éviter les importations); pour les autres pays en développe-
ment, le délai va jusqu’ à l’
an 2000. Les pays en développement bénéficient aussi d’ un trai-
tement préférentiel lorsque leurs exportations font l’ objet d’enquêtes en matière de droits
compensateurs. Pour les pays en transition, les subventions prohibées doivent être éliminées
progressivement d’ ici 2002.
Comment s’
appelle cet accord?
Accord sur les sauvegardes
Les accords 41
s’agir d’un dommage grave. Les mesures de sauvegarde ont toujours été autorisées par le
GATT (article 19). Cependant elles ont été rarement appliquées, certains gouvernements pré-
férant protéger leurs branches de production nationales par des mesures de la « zone grise » :
lors de négociations bilatérales à l’
extérieur du GATT, ils incitaient les pays exportateurs à res-
treindre « volontairement » les exportations ou à accepter d’ autres moyens de répartir les mar-
chés. Des accords de ce type ont été conclus pour une large gamme de produits: automobi-
les, acier et semi-conducteurs, par exemple.
L’ accord de l’OMC a innové en interdisant les mesures de la « zone grise » et en instituant une
limite temporelle ( « clause d’ extinction ») pour toutes les mesures de sauvegarde. Il dispose
que les membres ne chercheront pas à prendre, ne prendront ni ne maintiendront de mesure
d’ autolimitation des exportations, d’ arrangement de commercialisation ordonnée ou toute au-
tre mesure similaire à l’ exportation ou à l’ importation. Ces mesures bilatérales doivent être
modifiées pour être rendues conformes à l’ accord, ou éliminées progressivement avant la fin
de 1998. Les pays sont autorisés à maintenir une de ces mesures jusqu’ à la fin de 1999. Un
seul membre l’ a fait: l’
Union européenne en maintenant ses restrictions sur les importations
d’ automobiles en provenance du Japon. Les mesures de sauvegarde adoptées — au titre de
l’article 19 du GATT de 1947 — avant la création de l’ OMC doivent prendre fin dans un délai
de huit ans à compter de la date à laquelle elles ont été appliquées pour la première fois ou
avant la fin de 1999, si ce délai expire plus tard.
Un « accroissement soudain » des importations justifiant l’adoption d’
une mesure de sauve-
garde peut être une progression réelle des importations (accroissement absolu), ou une aug-
mentation de la part des importations sur un marché en régression, même si la quantité des
importations n’a pas augmenté (accroissement relatif).
Les branches de production ou les entreprises peuvent demander au gouvernement du pays
de prendre une mesure de sauvegarde. L’ accord de l’ OMC énonce les prescriptions concer-
nant les enquêtes en matière de sauvegardes effectuées par les autorités nationales. L’ accent
est mis sur la transparence et le respect de règles et pratiques établies, ainsi que la nécessité
d’éviter les méthodes arbitraires. Les autorités chargées des enquêtes doivent annoncer pu-
bliquement quand les auditions publiques auront lieu et ménager aux parties intéressées
d’autres moyens appropriés de présenter des éléments de preuve, notamment des arguments
sur la question de savoir si l’ application d’une mesure de sauvegarde serait ou non dans
l’
intérêt public.
L’accord définit les critères à appliquer pour savoir s’
il y a « dommage grave » ou menace de
dommage grave, ainsi que les facteurs à prendre en compte pour évaluer l’ incidence des im-
portations sur la branche de production nationale. Une fois adoptée, une mesure de sauve-
garde ne doit être appliquée que dans la mesure nécessaire pour prévenir ou réparer un
dommage grave et faciliter l’ ajustement de la branche de production concernée. Lorsque des
restrictions quantitatives (contingents) sont imposées, elles ne doivent pas, en principe, ra-
mener les quantités importées au-dessous de la moyenne des trois dernières années repré-
sentatives pour lesquelles des statistiques sont disponibles, sauf s’
il est clairement démontré
qu’un niveau différent est nécessaire pour empêcher ou réparer un dommage grave.
En principe, les mesures de sauvegarde ne peuvent pas viser les importations en provenance
d’un pays déterminé. Cependant, l’ accord précise la manière dont les contingents peuvent
être répartis entre les pays fournisseurs, y compris dans le cas exceptionnel où les importa-
tions en provenance de certains pays ont augmenté rapidement et de façon disproportionnée.
Une mesure de sauvegarde ne doit pas rester en vigueur pendant plus de quatre ans, cette
durée pouvant cependant être portée à huit ans, si les autorités nationales compétentes dé-
terminent que la mesure est nécessaire et qu’ il y a des éléments de preuve selon lesquels la
branche de production procède à des ajustements. Les mesures imposées depuis plus d’ un
an doivent être progressivement libéralisées.
Lorsqu’ un pays restreint les importations pour sauvegarder ses producteurs nationaux, il doit
en principe donner quelque chose en échange. D’ après l’
accord, le ou les pays exportateurs
peuvent essayer d’ obtenir une compensation par voie de consultations. Si les parties
n’arrivent pas à s’entendre, le pays exportateur peut recourir à la rétorsion en prenant une
mesure équivalente. Par exemple, il peut accroître les droits de douane frappant les produits
42 Un commerce ouvert sur l’
avenir
exportés par le pays qui applique la mesure de sauvegarde. Dans certaines circonstances,
c’est-à-dire lorsque la mesure de sauvegarde est conforme aux dispositions de l’ accord et
qu’elle a été prise à la suite d’
un accroissement absolu de la quantité d’
importation en prove-
nance du pays exportateur, celui-ci doit attendre trois ans après l’
introduction de la mesure
pour pouvoir user de rétorsion.
Les exportations des pays en développement bénéficient d’ une certaine protection contre les
mesures de sauvegarde. Un pays importateur peut uniquement appliquer une mesure de sau-
vegarde à un produit provenant d’ un pays en développement si celui-ci fournit plus de 3 pour
cent des importations de ce produit ou si des pays en développement membres dont la part
des importations est inférieure à 3 pour cent contribuent collectivement pour plus de 9 pour
cent aux importations totales du produit considéré.
Le Comité des sauvegardes de l’ OMC supervise le fonctionnement de l’
accord et est chargé
de surveiller les engagements des membres. Les gouvernements doivent lui faire rapport, pour
examen, sur chaque phase d’ une enquête en matière de sauvegardes et sur les décisions
prises à ce sujet.
Enfin, plusieurs accords portent sur différents problèmes d’ordre technique, administratif ou
juridique qui pourraient constituer des obstacles au commerce.
♦ règlements techniques et normes
♦ régime de licences d’
importation
♦ règles d’
évaluation en douane des marchandises
♦ inspection avant expédition: un autre contrôle des importations
♦ règles d’
origine: fabriqué à/en …
♦ mesures concernant les investissements
normes internationales lorsque celles-ci sont appropriées, mais il ne les oblige pas à modifier
leurs niveaux de protection en conséquence.
L’accord contient un code de conduite pour l’ élaboration, l’
adoption et l’
application des nor-
mes par les institutions du gouvernement central. On y trouve aussi des dispositions sur la
façon dont les institutions publiques locales et les organismes non gouvernementaux doivent
appliquer leurs propres règlements: d’ une manière générale, ils doivent se conformer aux
mêmes principes que ceux qui sont applicables au gouvernement central.
L’accord dispose que les procédures d’ évaluation de la conformité des produits avec les nor-
mes nationales doivent être justes et équitables. Il décourage le recours à des méthodes qui
donneraient un avantage inéquitable aux produits fabriqués dans le pays. Il encourage aussi
les pays à reconnaître mutuellement les procédures d’ essai. Ainsi, un produit peut être sou-
mis à des essais dans le pays où il est fabriqué en vue de l’ évaluation de sa conformité avec
les normes du pays importateur.
Les fabricants et les exportateurs ont besoin de savoir quelles sont les dernières normes en
vigueur sur les marchés où ils cherchent à s’ implanter. Pour que ces renseignements soient
aisément disponibles, tous les gouvernements membres de l’ OMC sont tenus d’ établir des
points d’information nationaux.
Licences d’
importation: des procédures claires
Bien qu’ ils soient aujourd’hui moins largement utilisés que par le passé, les régimes de licen-
ces d’ importation sont soumis aux disciplines de l’ OMC. L’Accord sur les procédures de licen-
ces d’ importation dispose que ces régimes doivent être simples, transparents et prévisibles.
Par exemple, il prévoit que les gouvernements doivent publier des informations suffisantes
pour que les négociants sachent comment et pour
Comment s’ appelle cet accord? quelles raisons les licences sont délivrées. Il définit
aussi la manière dont les pays doivent notifier à l’
OMC
Accord sur les procédures de licences d’
importation
l’
établissement de procédures de licences ou les mo-
difications apportées aux procédures existantes. Il contient des indications sur la manière dont
les gouvernements devraient traiter les demandes de licences.
Certaines licences sont délivrées automatiquement dès lors que des conditions sont réunies.
L’
accord énonce les critères à appliquer dans ce cas pour éviter que les procédures suivies
n’
aient pour effet de restreindre le commerce.
D’autres licences ne sont pas délivrées automatiquement. L’ accord vise à réduire au mini-
mum la charge que représentent pour l’ importateur les formalités de demande de licences,
pour que l’administration du régime ne contribue pas en elle-même à restreindre ou à fausser
les importations. Le délai d’examen des demandes par les organismes responsables du ré-
gime de licences ne doit pas dépasser 30 jours ou 60 jours lorsque toutes les demandes sont
examinées simultanément.
L’accord actuel est une version modifiée du « code » (c’
est-à-dire accord signé par certains
signataires du GATT seulement) négocié lors du Tokyo Round (1973-1979). Il fait partie des
accords de l’OMC signés par tous les membres de l’
OMC.
Règles applicables à l’
évaluation en douane des marchandises
Pour l’ importateur, la procédure d’ évaluation en douane d’ un produit présente des problèmes
qui peuvent être aussi importants que le droit de
Comment s’ appelle cet accord? douane effectivement perçu. L’ accord de l’ OMC sur
l’
évaluation en douane vise à mettre en place un sys-
Accord sur la mise en œuvre de l’ article VII de l’
Accord tème équitable, uniforme et neutre d’ évaluation des
général sur les tarifs douaniers et le commerce de
1994 et Décisions [ministérielles] relatives à l’ Accord
marchandises à des fins douanières, qui soit conforme
sur la mise en œuvre de l’ article VII de l’
Accord aux réalités commerciales et qui interdise l’utilisation
général sur les tarifs douaniers et le commerce de de valeurs arbitraires ou fictives. Il énonce une série
1994 de règles d’ évaluation et élargit et précise les disposi-
tions correspondantes du GATT de 1947.
44 Un commerce ouvert sur l’
avenir
Règles d’
origine: fabriqué à/en …
Les « règles d’ origine » sont les critères appliqués pour définir l’
endroit où un produit a été
fabriqué. Elles sont un élément essentiel des règles commerciales en raison d’ un certain
nombre de mesures qui entraînent une discrimination entre les pays exportateurs: contin-
gents, droits de douane préférentiels, mesures antidumping, droits compensateurs (perçus
pour compenser les subventions à l’ exportation),
Comment s’ appelle cet accord? etc. Les règles d’origine servent aussi à
l’
établissement des statistiques commerciales, et
Accord sur les règles d’
origine pour la confection des étiquettes (Fabriqué
à/en … ) qui sont apposées sur les produits.
Le premier accord jamais conclu sur la question fait obligation aux membres de l’ OMC de faire
en sorte que leurs règles d’ origine soient transparentes; qu’
elles n’
aient pas d’effet de restric-
tion, de distorsion ou de désorganisation sur le commerce international; qu’ elles soient admi-
nistrées d’ une manière cohérente, uniforme, impartiale et raisonnable; et qu’ elles soient fon-
dées sur un critère positif (autrement dit, qu’ elles énoncent ce qui confère effectivement
l’origine et non ce qui ne la confère pas).
A plus long terme, l’ accord vise l’ établissement de règles d’ origine communes
( « harmonisées ») applicables entre tous les membres de l’ OMC, sauf pour certains courants
d’échanges préférentiels; par exemple, les pays instituant une zone de libre-échange sont
autorisés à appliquer des règles d’ origine différentes pour les produits entrant dans leur com-
merce mutuel). L’ accord établit un programme d’ harmonisation, qui doit s’ achever en juillet
1998, sur la base d’ une série de principes, notamment la nécessité de faire en sorte que les
règles d’origine soient objectives, compréhensibles et prévisibles. Ces travaux sont actuelle-
Les accords 45
9. Accords plurilatéraux:
pour un cercle plus restreint
Pour l’ essentiel, tous les membres de l’ OMC souscrivent à tous les accords de l’OMC. Il sub-
siste néanmoins quatre accords, initialement négociés lors du Tokyo Round, qui s’ appliquent à
un groupe plus restreint de signataires et qui sont donc connus sous l’ appellation d’« accords
plurilatéraux ». Tous les autres accords issus du Tokyo Round sont devenus des instruments
contraignants multilatéraux (c’ est-à-dire qui lient tous les membres de l’ OMC) lorsque
l’
Organisation mondiale du commerce a été créée en 1995. Les quatre accords plurilatéraux
portent sur les questions ci-après:
♦ commerce des aéronefs civils
♦ marchés publics
♦ produits laitiers
46 Un commerce ouvert sur l’
avenir
♦ viande bovine
été mieux gérés par les accords Agriculture et Sanitaire et Phytosanitaires. Certains aspects
de leur travail avaient été handicapé par le trop petit nombres de signataires. Par exemple,
certains exportateurs majeurs de produits laitiers n'avaient pas signé l'accord sur le secteur
laitier, et la tentative de coopération à propos de prix minimums avait donc échoué — la pra-
tique de prix minimums avait été suspendue en 1995.
Les personnes et les compagnies travaillant dans le commerce doivent en savoir le plus pos-
sible sur les conditions d'échange. Il est donc d'une importance fondamentale que les règles
et les politiques soient transparentes. A l'OMC, ceci est
Comment s’ appelle cet accord? fait de deux façons: les gouvernements doivent infor-
mer l'OMC et leurs collègues membres de mesures
Mécanisme d’examen des politiques commerciales
spécifiques, de politiques ou de lois à travers des
« notifications » régulières; et l'OMC examine régulièrement d'une façon individuelle les politi-
ques commerciales des pays — c'est la surveillance des politiques commerciales.
Ces examens font partie de l'accord de l'Uruguay Round, mais ils ont commencé quelques
années avant la fin du round — en tant que résultat précoce du round. Les participants déci-
dèrent de mettre en place le mécanisme d'examen à la réunion ministérielle de décembre
1988, réunion qui devait être l'évaluation à mi-chemin de l'Uruguay Round. Le premier exa-
men eut lieu l'année suivante.
Tout d'abord, les examens se sont faits dans le cadre du GATT et, comme le GATT, ils se con-
centraient sur le commerce des marchandises. Avec la création de l'OMC en 1995, leur por-
tée a été étendue, comme les accords de l'OMC, en incluant les services et la propriété intel-
lectuelle.
L'importance que les pays attachent à ce processus est mise en évidence par le degré de re-
présentation à l'Organe d'examen des politiques commerciales — il s'agit des mêmes person-
nes qui siègent au Conseil général de l'OMC.
Les objectifs sont:
♦ permettre une transparence accrue et une meilleure compréhension des politiques et pra-
tiques commerciales, grâce à une surveillance régulière;
♦ améliorer la qualité du débat public et du débat intergouvernemental au sujet des ques-
tions qui se posent;
♦ permettre une évaluation multilatérale des effets des politiques sur le système commercial
mondial.
Les examens portent surtout sur les politiques et les pratiques commerciales des membres.
Mais ils prennent aussi en compte d'une façon plus large leurs besoins économiques et de
développement, leurs politiques et objectifs, et l'environnement économique extérieur auquel
ils doivent faire face. Ces examens par les membres de l'OMC encouragent les gouvernements
à mieux suivre les règles et disciplines de l'OMC et à remplir leurs engagements. En pratique
les examens ont deux résultats généraux: ils donnent la possibilité aux autres membres de
comprendre les politiques et les circonstances d'un pays, et ils fournissent au pays examiné
des réactions à propos de ses performances dans le système.
Tous les membres de l'OMC doivent être examinés, dans un délai plus ou moins long. La fré-
quence des examens dépend de la taille du pays:
48 Un commerce ouvert sur l’
avenir
♦ Pour les quatre grandes puissances commerciales — Union européenne, Etats-Unis, Japon
et Canada (la « Quadrilatérale ») — l’
examen se fait tous les deux ans environ.
♦ Pour les 16 pays venant ensuite (par ordre d’
importance en termes de parts du commerce
mondial) il intervient tous les quatre ans.
♦ Pour les autres pays, il est effectué tous les six ans, un intervalle plus long pouvant être
fixé pour les pays les moins avancés.
Pour chaque examen, deux documents sont préparés: un exposé de politique générale établi
par le gouvernement intéressé et un rapport détaillé et indépendant élaboré par le Secrétariat
de l’OMC. Ces deux rapports, ainsi que le compte rendu des débats de l’Organe d’ examen des
politiques commerciales, sont ensuite publiés.
Chapitre 3
Règlement des différends
Sans un moyen de régler les différends, le système fondé sur les règles ne serait d’ aucune
utilité car les règles ne pourraient pas être appliquées. La procédure de l’ OMC consacre le
règne du droit et permet de rendre le système com-
Comment s’ appelle cet accord? mercial plus sûr et plus prévisible. Le système est fon-
dé sur des règles clairement définies, assorties d’ un
Mémorandum d’ accord sur les règles et procédures calendrier pour l’ examen d’ une affaire. Les décisions
régissant le règlement des différends
initiales sont rendues par un groupe spécial et approu-
vées (ou rejetées) par l’ ensemble des Membres de l’ OMC. Il est possible de faire appel sur les
points de droit.
Cependant, il ne s’ agit pas de rendre des décisions mais, en priorité, de régler les différends,
si possible par voie de consultations. Au début de 1997, 19 sur 71 affaires ont été réglées à
l’
amiable, sans passer par l’ ensemble de la procédure de groupe spécial.
ties au différend doivent discuter entre elles pour savoir si elles peuvent arriver à
s’entendre. Si ces discussions n’aboutissent pas, elles peuvent aussi demander au Direc-
teur général de l’
OMC d’ intervenir comme médiateur ou de toute autre manière.
♦ Deuxième étape: le groupe spécial (le délai prévu pour l’ établissement d’ un groupe
spécial est de 45 jours et le groupe a six mois pour achever ses travaux). Si les consulta-
tions n’aboutissent pas, le pays plaignant peut demander l’ établissement d’ un groupe spé-
cial. Le pays incriminé peut l’empêcher une première fois, mais lors d’ une deuxième réu-
nion de l’Organe de règlement des différends (ORD), il n’ est plus possible d’y faire opposi-
tion (sauf s’
il y a consensus contre l’établissement du groupe spécial).
Le groupe spécial a officiellement pour tâche d’ aider l’
ORD à énoncer des décisions ou re-
commandations, mais comme son rapport ne peut être rejeté que par consensus à l’ ORD, il
est difficile d’
infirmer ses conclusions. Les constatations du groupe doivent être fondées sur
les accords invoqués.
Le rapport final du groupe spécial doit en principe être communiqué aux parties au différend
dans un délai de six mois. En cas d’ urgence, notamment lorsqu’il s’
agit de produits périssa-
bles, ce délai est ramené à trois mois.
Le Mémorandum d’ accord énonce en détail les procédures de travail des groupes spéciaux.
Les principales étapes sont les suivantes:
♦ Avant la première réunion: chaque partie au différend expose par écrit au groupe spécial
ses arguments.
♦ Première réunion — les arguments du plaignant et ceux de la défense: le ou les pays
plaignants, le pays mis en cause, et ceux qui ont déclaré avoir un intérêt dans le différend,
présentent leurs arguments à la première réunion du groupe spécial.
♦ Réfutations: les pays concernés présentent des réfutations écrites et des arguments
oraux à la deuxième réunion du groupe spécial.
♦ Experts: si une partie soulève des questions de caractère scientifique ou technique, le
groupe spécial peut consulter des experts ou désigner un groupe d’
experts chargé d’
établir
un rapport consultatif.
♦ Avant-projet de rapport: le groupe spécial remet aux deux parties les sections descripti-
ves (éléments factuels et arguments) de son projet de rapport et leur donne un délai de
deux semaines pour présenter leurs observations. Ce rapport ne contient pas les constata-
tions et conclusions.
♦ Rapport intérimaire: Le groupe spécial soumet ensuite un rapport intérimaire comprenant
ses constatations et conclusions aux deux parties, qui disposent d’
un délai d’
une semaine
pour demander un réexamen.
♦ Réexamen: La phase de réexamen ne doit pas dépasser deux semaines. Pendant cette
période, le groupe spécial peut tenir d’
autres réunions avec les deux parties.
♦ Rapport final: Un rapport final est transmis aux deux parties et, trois semaines plus tard, il
est distribué à tous les Membres de l’ OMC. Si le groupe spécial conclut que la mesure
commerciale incriminée est effectivement contraire à un Accord de l’ OMC ou à une obliga-
tion dans le cadre de l’OMC, il recommande que la mesure soit rendue conforme aux rè-
gles de l’OMC. Il peut suggérer comment procéder à cette fin.
♦ Le rapport devient une décision: Le rapport devient, dans les 60 jours suivants, une
décision ou recommandation de l’ Organe de règlement des différends, à moins qu’ il n’
y ait
consensus pour le rejeter. Les deux parties peuvent faire appel du rapport (et il est arrivé
qu’elles le fassent l’
une et l’
autre).
Appels
Chaque partie peut faire appel de la décision d’un groupe spécial. Parfois l’ une et l’
autre le
font. L’
appel doit être fondé sur des points de droit tels que les interprétations du droit; il ne
52 Un commerce ouvert sur l’
avenir
L’
affaire est tranchée: que se passe-t-il maintenant?
Allez en prison. Avancez tout droit en prison. Ne passez pas par la case « Départ ». Ne recevez
pas … . Non, sérieusement, cela ne se passe pas tout à fait ainsi mais le principe est le
même. Si un pays a commis une faute, il doit la réparer sans tarder. Et s’ il persiste à violer un
accord, il doit offrir une compensation ou subir une punition assez sévère.
Même une fois que l’ affaire a été tranchée, on peut encore agir avant que des sanctions
commerciales (forme classique de la punition) ne soient imposées. A ce stade, l’ objectif prio-
ritaire est d’
obtenir que le « défendeur » désavoué mette sa mesure en conformité avec la
décision ou les recommandations. Le Mémorandum d’ accord précise que « pour que les dif-
férends soient résolus efficacement dans l’ intérêt de tous les Membres, il est indispensable
de donner suite dans les moindres délais aux recommandations ou décisions de l’ ORD ».
Si le pays visé par la plainte perd la partie, il doit mettre en œuvre les recommandations con-
tenues dans le rapport du groupe spécial ou le rapport de l’ Organe d’ appel. Il doit annoncer
son intention de le faire à une réunion de l’ Organe de règlement des différends tenue dans
les 30 jours suivant l’ adoption du rapport. S’ il ne peut se conformer immédiatement à la re-
commandation, un « délai raisonnable » pour le faire lui sera fixé. S’ il ne s’exécute dans ce
délai, il doit engager des négociations avec le ou les pays plaignants afin de trouver une com-
pensation mutuellement satisfaisante, par exemple des réductions de droits de douane dans
des domaines présentant un intérêt particulier pour la partie plaignante.
Si, à l’
issue d’un délai de 20 jours, aucune compensation satisfaisante n’ a été convenue, la
partie plaignante peut demander à l’ Organe de règlement des différends l’ autorisation
d’imposer des sanctions commerciales limitées ( « de suspendre … l’ application de conces-
sions ou d’autres obligations ») à l’encontre de l’autre partie. L’
ORD doit accorder cette autori-
sation dans les 30 jours suivant l’ expiration du « délai raisonnable », à moins qu’ il n’y ait con-
sensus pour rejeter la demande.
En principe, les sanctions devraient être imposées dans le même secteur que celui qui fait
l’
objet du différend. Si cela n’ est pas possible ou efficace, elles peuvent être imposées dans
un autre secteur visé par le même Accord. Si cela n’ est pas non plus efficace ou possible, et
si les circonstances sont suffisamment graves, la mesure peut être prise en vertu d’ un autre
accord. L’ objectif est de limiter autant que possible la probabilité que la mesure prise n’
ait des
répercussions sur d’ autres secteurs, tout en assurant son efficacité.
Règlement des différends 53
9 mois au maximum
depuis la date Rapport du groupe spécial communiqué à l’ORD
d’établissement du (Art. 12:9; Appendice 3, par. 12 k)
groupe spécial
Examen en appel 90 jours au maximum
(Art. 16:4 et 17)
60 jours pour le rapport
du groupe spécial, sauf L’ORD adopte le(s) rapport(s) du groupe TOTAL POUR L’ADOPTION
s’il est fait appel … spécial/de l’Organe d’appel, y compris toutes D’UN RAPPORT: en règle
modifications au rapport du groupe spécial apportées par … 30 jours pour le rapport de générale, au maximum neuf
le rapport de l’Organe d’appel (Art. 16:1, 16:4 et 17:14) l’Organe d’appel mois (pas d’appel) ou 12 mois
(avec appel) entre
l’établissement du groupe
« DELAI RAISONNABLE » spécial et l’adoption du rapport
Mise en œ uvre Différend à propos de
déterminé comme suit: le (Art. 20)
rapport de la partie perdante sur la mise en œ uvre la mise en œ uvre:
membre propose un délai,
l’ORD l’approuve; ou les proposée dans un « délai raisonnable » (Art. 21:3) possibilité d’engager une
parties au différend con- procédure, y compris un
viennent d’un délai; ou le renvoi au groupe spécial
délai est déterminé par un S'il n'y a pas mise en œ uvre, initial à propos de la mise
arbitre (approximativement les parties négocient une compensation en attendant la en œ uvre (Art. 21.5)
15 mois) mise en œ uvre intégrale (Art. 22:2) 90 jours
30 jours après
l’expiration du « délai Rétorsion Possibilité d’arbitrage
raisonnable » S’il n’y a pas accord sur la compensation, l’ORD autorise sur le niveau de la
les mesures de rétorsion en attendant la mise en œ uvre suspension et les procédures
intégrale (Art. 22) et principes en matière de
Rétorsion croisée: rétorsion
même secteur, autre secteur, autre accord (Art. 22:3) (Art. 22:6 et 22:7)
Règlement des différends 55
3. Etude de cas:
chronologie d’une affaire
Le 23 janvier 1995, le Venezuela a porté plainte devant l’ Organe de règlement des différends
en faisant valoir que les Etats-Unis appliquaient des règles qui entraînaient une discrimination
à l’encontre des importations d’ essence, et il a officiellement demandé l’ ouverture de consul-
tations avec les Etats-Unis. Un peu plus d’ un an plus tard (le 29 janvier 1996), le groupe spé-
cial chargé de l’affaire a achevé l’
élaboration de son rapport final. (A ce moment-là, le Brésil
était devenu partie au différend, après avoir déposé sa propre plainte en avril 1996. Le même
groupe spécial a examiné les deux plaintes.) Les Etats-Unis ont fait appel. L’ Organe d’ appel a
établi son rapport, que l’Organe de règlement des différends a adopté le 20 mai 1996, un an
et quatre mois après le dépôt de la première plainte.
Il a fallu ensuite six mois et demi aux Etats-Unis et au Venezuela pour s’ entendre sur ce que
les Etats-Unis devraient faire. Le délai convenu pour la mise en œuvre de la solution était de
15 mois à compter de la fin de la procédure d’ appel (20 mai 1996 à 20 août 1997).
L’ Organe de règlement des différends a surveillé cette mise en œuvre: par exemple, les Etats-
Unis lui ont présenté, les 9 janvier et 13 février 1997, des « rapports de situation ».
Le différend est né du fait que les Etats-Unis appliquaient à l’
essence importée des règles plus
rigoureuses concernant les particularités chimiques que celles qui régissaient l’ essence raffi-
née dans le pays. De l’ avis du Venezuela (et plus tard du Brésil), cela était inéquitable car
l’essence américaine n’ était pas assujettie aux mêmes normes; cette mesure était contraire
au principe du « traitement national » et ne pouvait être justifiée au titre des exceptions aux
règles normales de l’ OMC concernant les mesures sanitaires et les mesures de protection de
l’environnement. Le groupe spécial chargé du différend a donné raison au Venezuela et au
Brésil. Dans son rapport, l’ Organe d’ appel a confirmé les conclusions du groupe spécial (en
modifiant sur quelques points l’ interprétation du droit donnée par le groupe spécial). Les
Etats-Unis ont proposé d’ apporter des modifications à leurs règlements, qui ne sont cepen-
dant pas encore adoptées.
56 Un commerce ouvert sur l’
avenir
+ 3 mois 28 avril 1995 Le Groupe spécial est établi. (Le 31 mai, il est
également chargé d’ examiner la plainte du
Brésil.)
1. Aperçu général
Les travaux qui seront effectués ces prochaines années à l’ OMC comportent deux volets prin-
cipaux. Le premier est le « programme incorporé » dans les Accords du Cycle d’ Uruguay,
c’est-à-dire le programme d’ application des divers accords et engagements et, en particulier,
le calendrier prévu pour l’
ouverture ou la reprise de négociations sur différents sujets. L’
autre
volet englobe toute une gamme de questions, certaines déjà anciennes et d’ autres nouvelles
dans le cadre du GATT/de l’ OMC, qui sont actuellement à l’examen.
Aucun engagement n’ a été pris en ce qui concerne la reprise des négociations tarifaires, mais
du fait de leur importance dans le système, elles auront sans doute lieu à un moment ou à
un autre. Les questions ci-après ne sont pas traitées de manière approfondie dans les Ac-
cords actuels, mais ont été examinées récemment, sont en cours d’ examen ou devraient être
examinées dans les prochaines années:
♦ groupements économiques régionaux
♦ commerce et environnement
♦ commerce et investissement
♦ politique de concurrence
♦ transparence des pratiques de passation des marchés publics
♦ « facilitation » des échanges (simplifier les procédures commerciales, faciliter les flux com-
merciaux au moyen de mesures allant plus loin que la levée des obstacles tarifaires et non
tarifaires)
On a beaucoup parlé récemment d’
un autre thème à l’
OMC, à savoir:
♦ commerce et droits des travailleurs
Ce point n’
est pas inscrit dans le programme de travail de l’ OMC, mais, compte tenu de
l’
ampleur du débat sur ce sujet, il en sera question ici pour clarifier la situation.
2. Le « programme incorporé » :
déjà bien engagé
Un grand nombre des Accords du Cycle d’ Uruguay contiennent des calendriers pour les tra-
vaux futurs, dont certains ont été depuis complétés et modifiés. Ce « programme incorporé »
prévoit l’
ouverture de négociations dans certains domaines et l’
évaluation de la situation à des
dates précises dans d’ autres secteurs. Une partie du programme a déjà été réalisée (par
exemple, les négociations sur l’accès aux marchés dans le secteur des télécommunications
de base se sont achevées en février 1997). Voici les principaux points du programme de tra-
vail exécuté depuis 1995, année de l’entrée en activité de l’
OMC:
Le « Programme incorporé »
1995 ♦ OMC: création de l’Organisation, entrée en vigueur des nouveaux Accords
(1er janvier 1995)
♦ Mouvement des personnes physiques: fin des négociations (28 juillet 1995)
1996 ♦ Accord sur les marchés publics: entrée en vigueur (1er janvier 1996)
♦ Subventions: examen du recours aux dispositions concernant les subventions
accordées à la recherche-développement (avant le 1er juillet 1996)
♦ Services de transport maritime: fin des négociations sur l’
accès aux marchés
(30 juin 1996, négociations suspendues jusqu’
en l’
an 2000)
♦ Pays importateurs nets de produits alimentaires: examen lors de la Confé-
rence ministérielle de Singapour des effets négatifs que peut avoir le programme
de réforme du commerce des produits agricoles sur les pays les moins avancés
et les pays en développement importateurs nets de produits alimentaires (dé-
cembre 1996)
♦ Services et environnement: date limite pour la présentation du rapport du
groupe de travail sur les modifications de l’article 14 de l’
AGCS (relatif aux ex-
ceptions générales) (Conférence ministérielle, décembre 1996)
♦ Propriété intellectuelle: premier examen de l’ application des dispositions relati-
ves aux indications géographiques (avant la fin de 1996)
♦ Inspection avant expédition: premier examen triennal (par la Conférence mi-
nistérielle) du fonctionnement et de la mise en œuvre de l’
Accord (avant la fin
de 1996)
♦ Passation des marchés publics de services: ouverture de négociations (avant
la fin de 1996)
1997 ♦ Télécommunications de base: fin des négociations (15 février, date reportée
en 1996)
♦ Services financiers: fin des négociations (30 décembre, date reportée
en 1996)
♦ Obstacles techniques au commerce: premier examen triennal du fonctionne-
ment et de la mise en œuvre de l’
Accord (avant la fin de 1997)
♦ Propriété intellectuelle: négociations concernant l’
établissement d’
un système
multilatéral de notification et d’
enregistrement des indications géographiques
pour les vins (début en 1997)
♦ Textiles et vêtements: examen de la mise en œuvre de l’ Accord par le Conseil
du commerce des marchandises (avant la fin de 1997, une nouvelle étape
commençant le 1er janvier 1998. Transmission du rapport de l’
Organe de super-
vision des textiles au Conseil du commerce des marchandises avant la fin de
juillet 1997)
1998 ♦ Services (mesures de sauvegarde d’ urgence): entrée en application des ré-
sultats des négociations concernant les mesures de sauvegarde d’urgence (avant
le 1er janvier 1998)
♦ Antidumping: réexamen du critère d’ examen afin de voir s’ il est susceptible
d’
être appliqué en vue de l’
imposition de droits compensateurs (1er janvier 1998
ou plus tard)
♦ Règles d’ origine: achèvement du programme de travail pour l’
harmonisation des
règles d’
origine (20 juillet 1998)
♦ Mesures sanitaires et phytosanitaires: premier examen du fonctionnement et
de la mise en œuvre de l’
Accord (en 1998)
♦ Marchés publics: ouverture de nouvelles négociations pour l’
amélioration des
règles et procédures (avant la fin de 1998)
♦ Règlement des différends: examen approfondi des règles et procédures (avant
Au-delà des accords 59
la fin de 1998)
1999 ♦ Propriété intellectuelle: examen de certaines exceptions à la brevetabilité et de
la protection des variétés végétales (1er janvier 1999 ou plus tard)
♦ Propriété intellectuelle: examen de la portée et des modalités pour les plaintes
concernant des mesures prises qui ne sont pas contraires à des accords, mais
qui pourraient néanmoins compromettre les droits de la partie plaignante ( « non-
violation ») (avant la fin de 1999)
♦ Agriculture: ouverture de négociations (1 an avant la fin de la période de mise
en place de 6 ans)
2000 ♦ Services: début d’
une nouvelle série de négociations (avant le 1er janvier 2000)
♦ Exemption de l’ obligation NPF dans le secteur des services: premier réexa-
men (avant le 1er janvier 2000)
♦ Organe d’examen des politiques commerciales: évaluation du fonctionne-
ment du mécanisme d’
examen (avant le 1er janvier 2000)
♦ Mesures concernant les investissements et liées au commerce: examen du
fonctionnement de l’ Accord et de la question de savoir s’ il convient d’
y inclure
des dispositions relatives à la politique en matière d’
investissement et à la politi-
que en matière de concurrence (avant le 1er janvier 2000, mais établissement
de groupes de travail en 1997)
♦ Consolidations tarifaires: réexamen de la définition du « fournisseur principal »
ayant au titre de l’
article 28 du GATT des droits de négociateur sur la modification
des consolidations (1er janvier 2000)
♦ Propriété intellectuelle: premier examen bisannuel de la mise en œuvre de
l’
Accord (1er janvier 2000 ou plus tard)
2001 ♦ Textiles et vêtements: examen de la mise en œuvre de l’ Accord par le Conseil
du commerce des marchandises (avant la fin de 2001, une nouvelle étape dé-
butant le 1er janvier 2002. Transmission du rapport de l’
Organe de supervision
des textiles au Conseil du commerce des marchandises avant la fin de juillet
2001)
2004 ♦ Textiles et vêtements: examen de la mise en œuvre de l’ Accord par le Conseil
du commerce des marchandises (avant la fin de 2004, intégration totale dans le
cadre du GATT et expiration de l’ Accord le 1er janvier 2005. Transmission du rap-
port de l’
Organe de supervision des textiles au Conseil du commerce des mar-
chandises avant la fin de juillet 2004)
Echéances futures
Dates non ♦ Propriété intellectuelle: négociations en vue d’ accroître la protection
fixées d’
indications géographiques particulières pour les vins et les spiritueux
♦ Subventions aux services: négociations
L’une des questions qui revient le plus fréquemment est le point de savoir si ces groupements
régionaux renforcent ou entravent le système commercial multilatéral de l’ OMC. Un nouveau
comité surveille l’
évolution de la situation.
raient avoir les arrangements régionaux sur le système commercial multilatéral et les relations
qui pourraient exister entre les accords régionaux et multilatéraux.
4. L’
environnement: une nouvelle dimension
Il n’
existe pas dans le cadre de l’ OMC d’ accord portant spécifiquement sur l’environnement,
mais plusieurs des Accords de l’ OMC contiennent des dispositions touchant à des préoccupa-
tions environnementales. Le développement durable et la protection de l’ environnement sont
des objectifs inscrits dans le préambule de l’
Accord instituant l’
OMC.
La priorité accrue donnée aux politiques environnementales est un phénomène relativement
récent. A la fin du Cycle d’Uruguay en 1994, les ministres du commerce des pays participants
ont décidé d’ engager à l’ OMC un vaste programme de travail sur le commerce et
l’
environnement et ils ont créé le Comité du commerce et de l’ environnement. Les questions
relatives à l’environnement et au développement durable ont ainsi été intégrées dans les
activités principales de l’
Organisation.
problème à l’ OMC si les pays concernés ont signé ledit accord environnemental; même si la
question n’ est pas définitivement tranchée. Le Comité du commerce et de l’ environnement
s’intéresse davantage à ce qui pourrait arriver si un pays invoquait un accord environnemental
pour prendre une mesure à l’ encontre d’un autre pays non signataire de cet accord.
L’
affaire des thons et des dauphins
Cette affaire suscite encore beaucoup d’ intérêt en raison de ses incidences sur les différends relatifs à
l’
environnement. Elle a été examinée dans le cadre de l’ ancienne procédure de règlement des différends
du GATT. Les principales questions soulevées dans cette affaire sont les suivantes:
♦ Les règles commerciales permettent-elles de prendre des mesures visant la méthode de production
des produits (et non la qualité des produits eux-mêmes)?
De quoi s’
agit-il?
Dans la zone tropicale orientale de l’Océan Pacifique, des bancs de thons à nageoires jaunes se trouvent
souvent sous des bancs de dauphins. Lorsque les thons sont pêchés à la senne coulissante, des dau-
phins se prennent dans les filets et meurent s’
ils ne sont pas relâchés.
La Loi des Etats-Unis sur la protection des mammifères marins fixe des normes pour la protection des
dauphins à l’intention des bateaux de pêche nationaux et étrangers qui pêchent cette espèce de thon
dans la zone en question. Le gouvernement des Etats-Unis doit mettre l’ embargo sur toutes les importa-
tions de thon en provenance de tout pays incapable de lui prouver qu’ il se conforme aux normes de pro-
tection des dauphins fixées par ladite loi. Dans ce différend, le pays exportateur concerné était le Mexi-
que, dont les exportations de thon vers les Etats-Unis ont été interdites. Le Mexique a porté plainte en
1991 dans le cadre de la procédure de règlement des différends du GATT.
L’embargo vise également les pays « intermédiaires » par lesquels transite le thon provenant du Mexique
et destiné aux Etats-Unis, pays où le poisson est souvent transformé et mis en conserve. Dans ce diffé-
rend, le Costa Rica, l’
Espagne, l’
Italie et le Japon, et avant eux, les Antilles néerlandaises, la France et le
Royaume-Uni, étaient les pays « intermédiaires » frappés par l’ embargo. D’ autres pays, y compris le Ca-
nada, la Colombie, la République de Corée, ainsi que des membres de l’ Association des Nations de l’Asie
du Sud-Est, ont également été cités en qualité d’ « intermédiaires ».
Le Groupe spécial
♦ Les Etats-Unis ne pouvaient pas mettre l’embargo sur les importations de produits à base de thon en
provenance du Mexique du seul fait que les réglementations mexicaines concernant la méthode de
production du thon n’ étaient pas conformes à celles des Etats-Unis. (Mais les Etats-Unis pouvaient
appliquer leurs réglementations sur la qualité ou la composition des produits à base de thon impor-
tés.) C’
est ce que l’on a appelé l’
approche opposant « produit » à « procédé ».
♦ Les règles du GATT n’ autorisaient pas un pays à prendre des mesures commerciales en vue de faire
appliquer ses propres lois nationales dans un autre pays — même pour protéger la santé des ani-
maux ou des ressources naturelles non renouvelables. Le terme utilisé dans ce contexte est
« extraterritorialité ».
Sur quel raisonnement reposent ces conclusions? Si les arguments des Etats-Unis étaient acceptés,
n’importe quel pays pourrait interdire l’
importation d’un produit en provenance d’ un autre pays simple-
ment parce que celui-ci applique une politique différente de la sienne en matière d’ environnement et de
santé ou dans le domaine social. Cela donnerait des possibilités pratiquement illimitées à tout pays dé-
sireux d’
appliquer unilatéralement des restrictions au commerce — non seulement pour faire respecter
ses propres lois chez lui, mais aussi pour imposer aux autres pays ses normes nationales. Rien
n’empêcherait plus les abus à des fins protectionnistes de se multiplier. Cette situation irait à l’
encontre
Au-delà des accords 67
de l’
objectif fondamental du système commercial multilatéral, qui est d’
instaurer la prévisibilité au moyen
de règles commerciales.
La tâche du Groupe spécial se limitait à examiner comment les règles du GATT s’ appliquaient en la ma-
tière. Il n’
avait pas à déterminer si les mesures étaient correctes ou non d’un point de vue écologique. Il
a indiqué que la politique des Etats-Unis pouvait être mise en conformité avec les règles du GATT si les
membres acceptaient de modifier les règles ou décidaient d’ accorder une dérogation spéciale pour ce
cas. Les membres pourraient ainsi négocier sur les questions pertinentes et fixer des limites pour empê-
cher les abus à des fins protectionnistes.
Le Groupe spécial devait également statuer sur la prescription des Etats-Unis concernant l’ apposition sur
les produits à base de thon d’ étiquettes « dolphin-safe » (pêche sans risque pour les dauphins) — le con-
sommateur étant libre de choisir d’ acheter ou non le produit. Il a conclu que cette prescription n’
était pas
contraire aux règles du GATT, car elle avait pour objet d’ éviter la publicité mensongère en ce qui concer-
nait les produits à base de thon, qu’ils soient importés ou d’ origine nationale.
P.S. Le rapport n’
a jamais été adopté
Dans le cadre du système actuel de l’ OMC, si les Membres de l’ OMC (siégeant en tant qu’ Organe de
règlement des différends) ne rejettent pas par consensus un rapport de groupe spécial dans les 60 jours
suivant sa distribution, le rapport est automatiquement accepté ( « adopté »). Il n’en allait pas de même
dans l’ancien GATT. Le Mexique a décidé de ne pas poursuivre la procédure et le rapport du Groupe spé-
cial n’
a jamais été adopté malgré l’ insistance de certains des pays « intermédiaires ». Le Mexique et les
Etats-Unis ont procédé à des consultations bilatérales en vue de parvenir à un accord en dehors du cadre
du GATT.
En 1992, l’ Union européenne a déposé plainte à son tour. C’ est ainsi qu’un second rapport de groupe
spécial a été distribué aux membres du GATT au milieu de 1994. Le Groupe spécial y confirmait certaines
des constatations du premier Groupe spécial et en modifiait d’ autres. Bien que l’
Union européenne et
d’autres pays aient insisté pour que le rapport soit adopté, les Etats-Unis ont déclaré lors de plusieurs
réunions du Conseil du GATT et à la dernière réunion des Parties Contractantes (c’ est-à-dire les mem-
bres) du GATT qu’ ils n’avaient pas eu le temps d’
achever leur examen du rapport. Le consensus requis
dans le cadre de l’ ancien GATT n’ a donc pas été réuni en vue de l’ adoption du rapport. Le
1er janvier 1995, le GATT a cédé la place à l’ OMC.
5. Investissement, concurrence,
marchés publics, procédures simplifiées
Les Ministres des Etats membres de l’ OMC ont décidé à la Conférence de Singapour de 1996
d’établir trois nouveaux groupes de travail pour examiner les questions suivantes: commerce
et investissement, politique en matière de concurrence et transparence des pratiques de pas-
sation des marchés publics. Ils ont également chargé le Conseil du commerce des marchan-
dises de réfléchir aux moyens de simplifier les procédures commerciales, question qui est
parfois désignée par l’expression « facilitation des échanges ».
Transparence des pratiques de passation des marchés publics: vers des règles multilatérales
Il existe déjà à l’
OMC un Accord sur les marchés publics; il s’
agit d’un instrument plurilatéral,
c’ est-à-dire que seul un petit nombre de Membres de l’ OMC l’ ont signé jusqu’
à présent.
L’ Accord traite de questions comme la transparence et la non-discrimination.
La décision que les Ministres de l’ OMC ont prise à la Conférence de Singapour de 1996 a un
double effet: elle établit un groupe de travail multilatéral, qui rassemble tous les Membres de
l’
OMC, et charge ce groupe d’ effectuer une étude sur la transparence des pratiques de pas-
sation des marchés publics. Le groupe n’ examinera pas les traitements préférentiels accordés
aux fournisseurs locaux, pour autant qu’ ils ne correspondent pas à des pratiques occultes.
Au-delà des accords 69
Le groupe de travail s’emploiera dans un premier temps à effectuer une étude sur la trans-
parence des pratiques de passation des marchés publics, en tenant compte des politiques
nationales et s’
efforcera ensuite d’
élaborer des éléments à inclure dans un accord.
A vrai dire, cette question ne devrait pas être mentionnée ici parce que l’ OMC n’ a pas entre-
pris de travaux en la matière et il serait faux de penser qu’ elle le fera bientôt. Cependant, on
en a tellement parlé que quelques précisions s’ imposent. L’ expression clé dans ce domaine
est « normes fondamentales du travail », qui désigne les normes essentielles régissant la ma-
nière dont les travailleurs sont traités. Elle recouvre des questions très diverses, qui vont du
travail des enfants et du travail forcé au droit de créer des syndicats et de faire grève.
1. Aperçu général
Sur les quelque 130 membres que compte l’ OMC, une centaine sont des pays en dévelop-
pement. Ils devraient jouer un rôle de plus en plus important au sein de l’
Organisation en rai-
son de leur nombre mais aussi de leur part croissante dans l’ économie mondiale. L’ OMC
s’
efforce de répondre aux besoins spécifiques des pays en développement de trois manières:
♦ les accords de l’
OMC contiennent des dispositions spéciales en faveur des pays en déve-
loppement;
♦ le Comité du commerce et du développement supervise les travaux de l’
OMC dans ce do-
maine;
♦ le Secrétariat de l’ OMC fournit une assistance technique (principalement sous forme
d’activités de formation diverses) aux pays en développement.
L’
événement de 1997: la réunion de haut niveau des pays les moins avancés
L’un des résultats du Plan d’ action est la Réunion ministérielle des pays les moins avancés
qui doit avoir lieu à Genève en octobre 1997. L’ OMC organise la réunion conjointement avec
la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) et le Centre
du commerce international (CCI). D’ autres organisations économiques et financières interna-
tionales, comme la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et le Programme des
Nations Unies pour le développement y participeront également. L’ un des objectifs est
d’élaborer une approche intégrée commune pour aider ces pays à utiliser plus efficacement le
système commercial. Il s’ agit aussi de donner à davantage de pays développés la possibilité
d’améliorer l’accès à leurs marchés pour les pays les moins avancés.
2. Comités
Les activités concernant spécifiquement les pays en développement qui ont lieu à l’ OMC
même comportent deux grands volets: i) les travaux du Comité du commerce et du dévelop-
pement et de son organe subsidiaire, le Sous-Comité des pays les moins avancés; et ii) les
activités de formation menées à l’ intention des fonctionnaires des administrations nationales
(et d’autres personnes) par le Secrétariat de l’
OMC à la demande du Comité.
♦ faire en sorte que les pays les moins avancés bénéficient en priorité de la coopération
technique fournie par le Secrétariat de l’
OMC et que ces activités visent principalement à
aider ces pays à développer leur capacité pour se doter des institutions nécessaires et du
personnel qualifié dont ils ont besoin;
♦ élaborer un plan d’
action de l’
OMC en faveur des pays les moins avancés.
En 1997, les travaux du Sous-Comité ont essentiellement porté sur la Réunion de haut ni-
veau des pays les moins avancés.
4. Questions particulières
des nouvelles questions abordées à l’OMC, la frontière est toujours nette. Dans beaucoup
d’autres secteurs cependant, les pays en développement n’ ont pas forcément des intérêts
communs ni la volonté d’adopter des positions communes.
Voici les questions qui sont au coeur du débat de par le monde:
Ce n’ est qu’ un aperçu de quelques-unes des questions à l’ examen. (On
trouvera plus loin une série de
Les pays industrialisés, qui ne représentent que questions et réponses plus
20 pour cent des membres du GATT, recevront 70 détaillées sur ces sujets.)
pour cent des revenus additionnels qui résultent
de la mise en oeuvre des résultats du Cycle
d’ Participation au système: perspectives et
Uruguay.
inquiétudes
Luis Fernando Jaramillo
Ancien Président du Groupe des 77 Les accords de l’
OMC, issus des négociations
et Ambassadeur de la Colombie commerciales du Cycle d’
Uruguay qui se sont
… Pour que ces droits commerciaux multilatéraux se (plafonds faisant l’ objet d’ engagements
concrétisent en avantages commerciaux, il faudra bien qu’il est difficile d’
éliminer) garantira ce-
souvent une intervention des pouvoirs publics avec le pendant une plus grande sécurité aux
soutien actif des milieux d’
affaires. Pour beaucoup de pays exportations des pays en développement.
en développement et de pays en transition, les ressources
institutionnelles, humaines et financières disponibles à Dans le même ordre d’ idée, il faut men-
cette fin sont insuffisantes. tionner la « progressivité des droits » ,
pratique par laquelle un pays importateur
CNUCED/OMC
Renforcement de la participation des pays en développement au protège ses industries de transformation
commerce mondial et au système commercial multilatéral, 1996 ou son secteur manufacturier en taxant
moins les importations de matières pre-
mières et plus fortement celles de pro-
duits finis. La situation s’ améliore; la progressivité des droits n’
a pas disparu après le Cycle
d’Uruguay, mais elle est moins marquée, plusieurs pays développés y ayant renoncé pour
certains produits.
Parallèlement, les pays en développement participent de plus en plus activement au système
commercial multi-
latéral. Le rapport
de la CNUCED et de
l’OMC note une
« Crête tarifaire » et « progressivité des
augmentation
spectaculaire du
droits » : de quoi s’
agit-il?
nombre de consoli- Crête tarifaire: La plupart des droits d’ importation sont aujourd’ hui très
dations de droits faibles, notamment dans les pays développés. Mais pour quelques produits
appliqués par ces considérés sensibles par certains gouvernements — qui veulent protéger leurs
pays, le pourcen- producteurs nationaux — les droits de douane restent élevés. Ce sont les
tage des droits con- « crêtes tarifaires » , dont certaines affectent les exportations des pays en
solidés passant de développement.
13 pour cent à
61 pour cent pour Progressivité des droits: Si un pays veut protéger ses industries de
les produits indus- transformation ou son secteur manufacturier, il peut taxer plus légèrement les
triels, ce qui devrait matières premières importées par ses producteurs nationaux (dont les coûts
favoriser une expan- sont ainsi réduits) et plus fortement les produits finis pour protéger les
sion des exporta- marchandises produites dans le pays. C’ est ce que l’
on appelle la
« progressivité des droits » . Lorsque des pays importateurs y ont recours il est
tions mutuelles des
pays en développe- plus difficile pour les pays producteurs de matières premières de transformer
ment, notamment celles-ci et de fabriquer des produits à valeur ajoutée destinés à l’ exportation.
La progressivité des droits existe aussi bien dans les pays développés que dans
en Asie.
les pays en développement. Son importance diminue progressivement.
La capacité de s’
adapter: la question de
l’
offre
Quelques thèmes communs
Les pays en développement peuvent-ils
tirer parti de ces changements? Oui, La grande partie des réponses données reposent sur un
mais seulement si leur économie a une certain nombre de thèmes communs:
capacité de réponse. Celle-ci dépend Les règles commerciales sont importantes pour les
d’ une conjonction de mesures qui vont petits et moyens pays. L’ OMC, c’ est un système com-
de l’ amélioration de l’ élaboration des mercial multilatéral fondé sur des règles. Tous les mem-
politiques et de la gestion ma- bres ont à la fois des droits et des obligations. C’
est soit
cro-économique à la dynamisation de la cela soit des relations commerciales bilatérales fondées
formation et de l’ investissement. Il est sur le pouvoir économique et politique — les petits pays
particulièrement difficile pour les pays sont alors à la merci des grandes puissances commer-
les moins avancés de procéder à ces çantes. Naturellement, les différences entre les pays de-
ajustements, car ils souffrent d’ une pé- meurent pour ce qui est de leur influence, mais même le
nurie de ressources humaines et maté- plus petit des membres de l’ OMC a une large gamme de
rielles d’une infrastructure insuffisante, droits qu’il peut faire respecter dans le cadre des procé-
d’ un mauvais fonctionnement des insti- dures impartiales de règlement des différends de l’ OMC.
tutions et de l’instabilité politique.
Les économies ouvertes et axées sur le marché ont
plus de chances de succès. Les pays où il y a une
intervention massive de l’
Etat et de nombreux obstacles
au commerce ont moins de chances de promouvoir avec
Et l’
érosion des marges de préférence?
C’est là l’
un des deux principaux arguments qui font dire que les PMA sont perdants. Mais il
semble que, d’ un point de vue quantitatif, cette érosion des préférences aura tout au plus
une incidence modeste. Cela ne veut pas dire qu’ elle n’aura aucun effet. Il y aura certains
produits sur certains marchés déterminés qui auront du mal à conserver leurs parts de mar-
ché. Mais rien ne permet de penser que l’ érosion des marges de préférence se traduira glo-
balement par des pertes importantes pour l’Afrique et les PMA.
trouvent leur compte, puisque la plupart sont déjà membres de plein droit de l’
Organisation ou
souhaitent le devenir.
Comment les pays à faible revenu peuvent-ils faire entendre leur voix, défendre leurs
intérêts et influencer l’
évolution de L’
OMC?
Par une participation active. Mais il faut pour cela des ressources humaines et financières
dans les capitales et à Genève. C’
est un problème considéré prioritaire à l’
OMC.
Il s’
agit d’ un défi majeur à cause de la manière dont fonctionne l’ OMC. Le « moteur » de
l’OMC, ce sont les pays membres, parce qu’ ils jouent un rôle actif dans ses activités quoti-
diennes. Pour être efficace — c’ est-à-dire se faire entendre et défendre les intérêts de son
pays — dans cet environnement de travail, il faut de l’ argent et des gens. Pour surmonter
cette difficulté, les pays peuvent se regrouper afin de coordonner leurs efforts et de se répartir
les tâches.
Que fait l’
OMC à ce sujet?
En l’espace de deux ans, elle a organisé près de 200 activités de coopération technique, des
conférences, un soutien fourni par les membres de l’
OMC qui sont des pays riches pour aider
les pays les moins avancés à participer.
Deux programmes spécifiques continuent d’ être organisés dans une large mesure à l’
intention
de l’
Afrique: le Programme intégré d’ assistance technique dans certains des pays les moins
avancés et d’ autres pays d’Afrique et la série des séminaires régionaux organisés conjointe-
ment par l’OMC, le Secrétariat du Groupe des Etats ACP et l’ Union européenne.
En 1995, la Norvège a contribué d’ un montant de 2,5 millions de dollars EU pour la création
d’un fonds d’affectation spéciale de l’
OMC en faveur des pays les moins avancés. Des réu-
nions de haut niveau ont également été organisées.
L’un des résultats de la Conférence ministérielle de Singapour de 1996 a été la décision de
tenir à Genève, au début de 1997, une réunion de haut niveau destinée à encourager une
approche intégrée des aspects du développement économique des pays les moins avancés
qui sont liés au commerce.
Que pourraient faire les pays les moins avancés pour leur part?
Outre procéder à des ajustements d’ ordre interne ils pourraient également faire figurer les
préparatifs des négociations futures sur leur liste de priorités.
Pays en développement. 81
Il s’
agit de faire en sorte qu’
un pays puisse bien exprimer son point de vue, défendre ses in-
térêts à l’
OMC et en influencer l’
évolution future ainsi que les futures négociations.
Le moyen d’ y parvenir est de créer des institutions et de développer les ressources humaines
dans le domaine de la politique commerciale. Cela doit être un objectif prioritaire de
l’
assistance financière extérieure, de la coopération technique et, surtout, des efforts que dé-
ploiera chaque pays.
Il faut que les PMA définissent les questions qui présentent une importance particulière pour
eux, par exemple des négociations tarifaires visant à:
♦ réduire les crêtes tarifaires résiduelles (droits particulièrement élevés protégeant les sec-
teurs sensibles) dans les pays développés;
♦ réduire les niveaux de protection relativement élevés observés dans plusieurs des pays en
développement relativement plus avancés;
♦ réduire la progressivité des droits chez tous leurs partenaires commerciaux actuels et po-
tentiels.
Le Cycle d’
Uruguay a permis de progresser sur chacun de ces points, mais il reste encore
beaucoup de progrès à faire lors du prochain cycle de négociations.
Chapitre 6
L’
Organisation
1. A qui appartient l’
OMC?
L’OMC est dirigée par les gouvernements qui en sont membres. Toutes les grandes décisions
sont prises par l’
ensemble des membres, soit à l’ échelon des Ministres (qui se réunissent
tous les deux ans), soit au niveau des hauts fonctionnaires (qui se rencontrent régulièrement
à Genève). Les décisions sont normalement prises par consensus.
A cet égard, l’
OMC est différente de certaines autres organisations internationales comme la
Banque mondiale et le Fonds monétaire international. A l’
OMC, il n’ y a pas de délégation des
pouvoirs à un conseil d’
administration et l’
appareil administratif n’a aucune influence sur les
politiques appliquées par les diffé-
rents pays (même si des observa-
tions analytiques sont formulées
Opinions dissidentes (?) lors des examens périodiques des
politiques commerciales).
« … L’OMC risque d’ être handicapée par la lenteur et la
lourdeur de ses procédures de prise de décisions et de son Les disciplines énoncées par les
mode d’ administration — une organisation de plus de règles de l’OMC et auxquelles sont
120 pays membres ne peut pas être dirigée par un « comité assujetties les politiques des pays
plénier ». Une administration collective ne permet tout
sont le résultat de négociations
simplement pas d’ assurer un fonctionnement efficace ni
menées entre les membres de
d’examiner sérieusement des questions de fond.
l’
OMC. Ce sont les membres
Le FMI comme la Banque mondiale ont un conseil eux-mêmes qui font respecter les
d’administration chargé de donner des instructions aux règles conformément à des procé-
administrateurs de l’ organisation, où siègent en dures convenues qu’ ils ont négo-
permanence les principaux pays industriels, qui disposent ciées. Pour que les règles soient
d’un droit de vote pondéré. L’ OMC devra se doter d’ une
respectées, il est parfois néces-
structure comparable pour être efficace … Or pour des
raisons politiques, les plus petits pays membres y restent
saire de brandir la menace de
farouchement opposés. » sanctions commerciales. Ces
sanctions sont cependant impo-
Jeffrey J. Schott sées par des pays membres et non
Institute for International Economics, Washington par l’Organisation. C’ est une ap-
proche sensiblement différente de
celles d’ autres organisations qui
sont, par exemple, habilitées à suspendre l’ octroi de crédits à un pays.
Il est parfois difficile à 131 pays membres ou plus, d’ adopter des décisions par consensus. Le
principal avantage du consensus, c’ est que les décisions ont alors plus de chances d’
être ac-
ceptées par tous les membres, et malgré les difficultés, des accords très importants ont été
conclus. Cela dit, l’ idée de créer un organisme exécutif de taille plus modeste — sous forme
peut-être d’ un conseil d’ administration dont chaque membre représenterait un des différents
groupes de pays — est régulièrement évoquée. Mais, pour l’ instant, l’
OMC demeure une or-
ganisation dirigée par ses membres et fidèle au principe du consensus.
Organisation 83
L’
Structure de l’
OMC
Tous les membres de l’ OMC peuvent participer à tous les conseils, comités, etc., à l’
exception de
l’
Organe d’ appel, des groupes spéciaux de règlement des différends, de l’ Organe de supervision des
textiles et des comités et conseils établis en vertu des Accords plurilatéraux.
Conférence ministérielle
Organe d’
appel
Groupes spéciaux de règlement
des différends
Légende
Présentation de rapports au Conseil général (ou à un organe subsidiaire)
Présentation de rapports à l’
Organe de règlement des différends
Les comités établis en vertu des accords plurilatéraux informent le Conseil général de leurs
activités, bien que ces accords n’
aient pas été signés par tous les membres de l’ OMC
Le Conseil général se réunit également en tant qu’
Organe d’
examen des politiques commerciales et Organe de
règlement des différends
84 Un commerce ouvert sur l’
avenir
L’
autorité suprême: la Conférence
ministérielle
Le vote est aussi possible
L’OMC perpétue la tradition du GATT qui consiste à
L’OMC appartient donc à ses membres.
adopter les décisions par consensus plutôt qu’ en les
Les pays prennent leurs décisions au sein mettant aux voix. Cette procédure permet à tous les
de différents conseils et comités, qui sont membres de veiller à ce que leurs intérêts soient
composés de représentants de tous les dûment pris en compte même si, à l’ occasion, ils
membres. L’ organe suprême est la Con- décident de s’associer à un consensus dans l’ intérêt
férence ministérielle qui doit se réunir au supérieur du système commercial multilatéral.
moins tous les deux ans. (Les ministres
Lorsqu’ un consensus n’ est pas possible, l’Accord sur
ont tenu leur première réunion à Singa-
l’
OMC prévoit la possibilité de mettre la question aux
pour, en décembre 1996, et leur pro- voix; la décision est alors prise à la majorité des
chaine réunion aura lieu en Suisse votants, sur la base du principe « à chaque pays une
en 1998.) La Conférence ministérielle est voix ».
habilitée à prendre des décisions sur
toutes les questions relevant de tout ac- L’Accord sur l’
OMC envisage quatre situations
différentes:
cord commercial multilatéral.
♦ Les membres de l’ OMC peuvent adopter, à la
Deuxième niveau: le Conseil général, qui majorité des trois quarts, une interprétation d’
un
des accords commerciaux multilatéraux.
exerce les fonctions de trois organes
♦ La Conférence ministérielle peut décider,
Les activités courantes menées entre les
également à la majorité des trois quarts,
réunions de la Conférence ministérielle d’accorder à un Membre une dérogation à une
relèvent des trois organes suivants: obligation imposée par un accord multilatéral.
♦ Le Conseil général ♦ Les décisions concernant l’ amendement de
dispositions des accords multilatéraux peuvent
♦ l’
Organe de règlement des différends
être adoptées si elles sont approuvées soit par
♦ l’
Organe d’ examen des politiques tous les membres, soit à la majorité des deux
commerciales tiers, selon la nature de la disposition
considérée. Toutefois, ces amendements ne
En réalité, ces trois organes n’ en font prennent effet qu’ à l’
égard des membres de
qu’ un; l’
Accord sur l’ OMC indique que l’OMC qui les acceptent.
leurs fonctions sont toutes exercées par le
♦ Les décisions concernant l’ admission d’ un
Conseil général, qui siège cependant en nouveau Membre sont adoptées par la
vertu d’ un mandat différent selon le cas. Conférence ministérielle, ou par le Conseil
Ces trois organes sont eux aussi compo- général entre les réunions de la Conférence, à la
sés de représentants de tous les mem- majorité des deux tiers.
bres de l’ OMC. Ils font rapport à la Con-
férence ministérielle. Le Conseil général
agit au nom de la Conférence ministérielle pour toutes les affaires relevant de l’ OMC. Il se
réunit en tant qu’Organe de règlement des différends et en tant qu’ Organe d’ examen des po-
litiques commerciales pour superviser la mise en œuvre des procédures de règlement des
différends entre les membres ou pour faire l’analyse des politiques commerciales des mem-
bres.
Comme leur nom l’ indique, ces organes sont chargés de veiller au fonctionnement de l’ accord
de l’
OMC qui régit leur domaine de compétence. Ils sont également composés de représen-
tants de tous les membres de l’ OMC et ont aussi des organes subsidiaires (voir plus loin).
Six autres organes relèvent du Conseil général. Leurs domaines d’
activités étant moins éten-
dus, ce sont des « comités ». Ils sont néanmoins composés de représentants de tous les
membres de l’ OMC. Ils s’ occupent notamment des questions suivantes: commerce et déve-
loppement, environnement, arrangements commerciaux régionaux et questions administrati-
ves. A la Conférence de Singapour en décembre 1996, les Ministres ont décidé de créer de
nouveaux groupes de travail pour examiner les questions suivantes: politique en matière
d’investissement et politique de concurrence, transparence des pratiques de passation des
marchés publics et facilitation des échanges.
Quatre autres organes subsidiaires s’ occupant des domaines visés par les accords plurilaté-
raux (qui n’ont pas été signés par tous les membres de l’
OMC) rendent régulièrement compte
de leurs activités au Conseil général.
Dans la pratique, ce ne sont pas les mêmes personnes qui siègent dans les différents conseils et
comités, car le niveau hiérarchique et les compétences nécessaires varient selon les organes.
Les chefs de mission en poste à Genève (qui ont souvent le rang d’ ambassadeur) représentent en
principe leur pays au niveau du Conseil général. Certains des comités traitent de questions très
spécialisées et les gouvernements envoient parfois des experts, détachés des administrations
nationales, participer aux réunions.
Même au niveau du Conseil du commerce des marchandises, du Conseil du commerce des services
et du Conseil des ADPIC, beaucoup de délégations se font représenter par des fonctionnaires
différents aux diverses réunions.
Au niveau du Conseil général, il convient de noter que l’ Organe de règlement des diffé-
rends a aussi des organes subsidiaires: d’ une part, les « groupes spéciaux » chargés du rè-
glement des différends, qui sont composés d’ experts et ont pour mission de statuer sur les
différends non réglés et, d’
autre part, l’
Organe d’appel qui connaît des appels.
2. Accession, alliances
et appareil administratif
♦ Enfin, « la décision est prise ». Le dossier final, constitué du rapport, du protocole et des
listes d’engagements, est présenté au Conseil général ou à
la Conférence ministérielle. Si les deux tiers des membres
La Quadrilatérale de l’ OMC votent pour, le gouvernement candidat peut si-
gner le protocole et accéder à l’ Organisation. Dans certains
Les négociations ont été cas, il faut que le Parlement ou l’ organe législatif national
particulièrement difficiles sur ratifie l’
accord pour que la procédure d’ accession soit ter-
certains points, et il a fallu minée.
débloquer d’ abord les discussions
entre les quatre principaux
participants, à savoir: Représentation des pays
le Canada Les travaux de l’ OMC sont menés par des représentants des
les Etats-Unis gouvernements membres, mais leur origine profonde réside
le Japon dans l’ activité industrielle et commerciale quotidienne. Les po-
l’
Union européenne litiques commerciales et les positions de négociation sont défi-
Ensemble, ils constituent la nies par les administrations centrales, habituellement après
« Quadrilatérale ». avoir consulté les entreprises privées, les organisations profes-
sionnelles, les agriculteurs, les consommateurs et d’ autres
groupes d’ intérêt.
La plupart des pays ont une mission diplomatique à Genève, parfois dirigée par un ambassa-
deur spécialement accrédité auprès de l’ OMC. Les membres de ces missions assistent aux
réunions des nombreux conseils, comités, groupes de travail et groupes de négociation, au
siège de l’
OMC. A l’ occasion, les gouvernements envoient directement des experts les repré-
senter pour exposer leurs vues sur des questions spécifiques.
Vu l’augmentation du nombre de questions traitées par l’ OMC et la technicité accrue de cer-
tains sujets, la plupart des pays les moins avancés ont des difficultés à trouver des fonction-
naires suffisamment qualifiés pour participer aux activités de l’ Organisation. Pour l’
OMC, c’ est
un problème à traiter en priorité. (Voir la section sur les pays en développement.)
tion et l’exprimer d’
une seule voix. La fonction de porte-parole est remplie à tour de rôle par
les différents membres de l’
ANASE et peut être assumée conjointement si le sujet l’ exige.
Parmi les autres groupements qui présentent parfois une position unifiée, il convient de men-
tionner le Système économique latino-américain (SELA) et le Groupe des Etats
d’ Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). Les efforts d’ intégration économique régio-
nale entrepris plus récemment n’ ont pas encore atteint le stade où les membres expriment
par la bouche d’ un porte-parole unique leurs positions sur les questions dont s’
occupe l’OMC.
On peut citer par exemple l’ Accord de libre-échange nord-américain, ALENA (Canada,
Etats-Unis et Mexique) et le MERCOSUR, ou Marché commun du Sud (Argentine, Brésil,
Paraguay et Uruguay).
L’alliance bien connue qu’ est le Groupe de Cairns est de toute autre nature. Elle s’ est for-
mée juste avant le début du Cycle d’ Uruguay en 1986 pour défendre la libéralisation du
commerce des produits agricoles. Le Groupe est devenu une troisième force avec laquelle il a
fallu compter dans les négociations agricoles et il est toujours en activité. Ses membres dif-
fèrent beaucoup les uns des autres, mais partagent un objectif commun, la libéralisation de
l’
agriculture, et l’
idée que leurs ressources sont insuffisantes pour rivaliser avec de plus grands
pays sur le terrain des subventions intérieures et des subventions à l’exportation.
Secrétariat et budget de l’
OMC
Le Secrétariat de l’
OMC se trouve à Genève. Com-
posé de 500 fonctionnaires environ, il a à sa tête le Le Groupe de Cairns
Directeur général, M. Renato Ruggiero, et quatre
Ses membres appartiennent à quatre
directeurs généraux adjoints. Il est chargé des
continents; certains font partie de l’
OCDE,
fonctions suivantes: alors que d’autres sont au nombre des
♦ Appui administratif et technique aux organes pays les moins avancés.
représentatifs de l’ OMC (conseils, comités, Argentine
groupes de travail, groupes de négociation) pour Australie
les négociations et la mise en œuvre des ac- Brésil
cords. Canada
Chili
♦ Appui technique aux pays en développement, en Colombie
particulier aux moins avancés d’
entre eux. Fidji
Hongrie
♦ Analyses de l’ activité et des politiques commer- Indonésie
ciales établies par les économistes et les statis- Malaisie
ticiens de l’
OMC. Nouvelle-Zélande
Paraguay (était devenu membre en
♦ Assistance fournie par les juristes lors du règle- 1997)
ment des différends commerciaux, notamment Philippines
sous forme d’ avis sur l’
interprétation des règles Thaïlande
de l’
OMC et des précédents. Uruguay
♦ Travaux concernant les négociations relatives à
l’
accession de nouveaux membres et fourniture d’ avis aux gouvernements qui envisagent
de demander leur admission à l’
Organisation.
Certaines divisions de l’
OMC sont chargées d’ assister des comités particuliers; la Division de
l’
agriculture, par exemple, joue ce rôle auprès du Comité de l’ agriculture et du Comité des
mesures sanitaires et phytosanitaires. D’autres divisions participent de façon plus générale
aux activités de l’
OMC: coopération technique, analyse économique, information, etc.
Le budget de l’ OMC est d’ environ 93 millions de dollars EU et les contributions de chaque
pays sont calculées sur la base de la part qu’il représente dans le volume total des échanges
des membres. Une partie du budget de l’ OMC va également au Centre du commerce interna-
tional.
90 Un commerce ouvert sur l’
avenir
3. Le Secrétariat
Directeur général Bureau du Directeur général (Appui administratif fourni (dans le cadre de
Renato Ruggiero différends) à l’
Organe d’
appel, à l’
Organe de supervision des textiles)
Division de l’
information et des relations avec les médias
Directeur général Division des finances et des services généraux (Budget, finances et
adjoint administration)
Warren Lavorel Division de la propriété intellectuelle et des investissements (ADPIC,
MIC, concurrence et marchés publics)
Division des affaires juridiques (Règlement des différends, etc.)
Division du commerce des services (AGCS, etc.)
Division du personnel
Directeur général Division de l’
agriculture (agriculture, mesures sanitaires et phytosanitaires,
adjoint etc.)
Anwarul Hoda Division de l’accès aux marchés (Conseil du commerce des marchandises,
accès aux marchés, évaluation en douane, mesures non tarifaires, licences
d’importation, règles d’
origine, inspection avant expédition, etc.)
Division des règles (mesures antidumping, subventions, sauvegardes,
commerce d’ Etat, aéronefs civils, etc.)
Division de la coopération technique et de la formation
Division du développement (commerce et développement, pays les moins
avancés, régionalisme)
Directeur général Division de la recherche et de l’
analyse économiques
adjoint Division des relations extérieures
Jesús Séade Division des statistiques et des systèmes d’
information
Division de l’
examen des politiques commerciales (y compris: questions
commerciales et financières, relations avec le FMI et la Banque mondiale)
Directeur général Division des accessions
adjoint Division des textiles
Chulsu Kim Division des traductions et de la documentation
Division du commerce et de l’ environnement (commerce et
environnement, obstacles techniques au commerce, etc.)
Division du Conseil (Conseil général, Organe de règlement des différends,
etc.)
Organisation 91
L’
4. Activités spéciales
Les principales fonctions de l’ OMC consistent à servir de cadre aux négociations commerciales
et à faire respecter les règles commerciales multilatérales qui ont été négociées (y compris
lors du règlement des différends). Dans l’exercice de ces fonctions, l’Organisation met en par-
ticulier l’
accent sur cinq activités:
♦ Assistance aux pays en développement et aux pays en transition
♦ Aide spéciale à la promotion des exportations
♦ Coopération pour l’
élaboration des politiques économiques mondiales
♦ Examens des politiques commerciales des membres
♦ Notifications courantes des nouvelles mesures commerciales adoptées par les membres
ou des modifications apportées à des mesures existantes
Rôle de l’
OMC dans l’
élaboration des politiques économiques mondiales
Un aspect important du mandat de l’ OMC est la coopération que l’ Organisation doit instaurer
avec le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et les autres institutions multila-
térales pour parvenir à une plus grande cohérence dans l’ élaboration de la politique économi-
que mondiale. Une Déclaration ministérielle distincte a été adoptée à la Réunion ministérielle
de Marrakech, en avril 1994, pour souligner l’
importance de cet objectif.
La Déclaration prévoit une contribution accrue de l’ OMC à une plus grande cohérence dans
l’
élaboration des politiques économiques au niveau mondial. Elle reconnaît que des liens
existent entre les différents aspects de la politique économique et encourage l’OMC à déve-
lopper sa coopération avec les organisations internationales compétentes dans les domaines
monétaire et financier, à savoir la Banque mondiale et le Fonds monétaire international.
Par ailleurs, il est reconnu dans la Déclaration que la libéralisation du commerce favorise la
croissance et le développement des économies nationales. Cette libéralisation est un élément
de plus en plus important pour le succès des programmes d’ ajustement économiques entre-
pris par beaucoup de pays, qui entraînent souvent, pendant la transition, des coûts sociaux
importants.
Octobre 1997
Sur le site web de l’
OMC, cette liste est régulièrement mise à jour:
http://www.wto.org/wto/french/aboutf/organsf6.htm