Théorie Des Sommes Récursives Et Applications
Théorie Des Sommes Récursives Et Applications
23 mars 2025
Résumé
Cet article se propose de présenter une nouvelle théorie mathématique autour du concept que nous
appelons « somme récursive ». la notion de somme récursive à notre sens, est définie comme le processus
de réduction d’un entier à un chiffre unique compris entre 0 et 9 par l’addition répétée de ses chiffres. Une
fois définie, nous explorons les propriétés arithmétiques fondamentales de cette opération, notamment sa
périodicité, sa relation avec la congruence modulo 9 et la congruence modulo 3 et la détermination d’un
nombre premier. En outre nous définissons pour un entier a entre 0 et 9, un autre concept en relation avec la
somme récursive appelée « récursivité inverse » définie comme l’ensemble de tous les entiers dont la somme
récursive est égale à a. Nous discutons des implications théoriques de ces concepts et de leur relation avec
l’arithmétique des nombres. Enfin, nous présentons des exemples pratiques illustrant l’application de cette
théorie dans la résolution de problèmes mathématiques .
Introduction
Dans le domaine des mathématiques, les propriétés des entiers et leur manipulation jouent un rôle fon-
damental dans la compréhension des structures numériques. Parmi ces propriétés, la notion de somme
récursive des chiffres d’un entier que nous appelons « réduit », induit plusieurs résultats qui méritent d’être
étudiés. Dans cet article, nous introduisons notre théorie sur la somme récursive en mettant en lumière
quelques propriétés arithmétiques.
* e-mail:[email protected]
†
e-mail:[email protected]
‡
e-mail:[email protected]
1
La somme récursive des chiffres d’un entier, également connue sous le nom de “réduit d’un entier”, est
un concept qui trouve ses racines dans la théorie des nombres et l’arithmétique modulaire [5]. Ce processus
consiste à additionner les chiffres d’un nombre jusqu’à obtenir un résultat compris entre 0 et 9. Cette tech-
nique est souvent associée à la réduction numérique, une méthode utilisée en numérologie et en psychologie
pour interpréter les nombres. [4]
Plusieurs études ont exploré les propriétés arithmétiques de cette opération. Par exemple, la somme des
chiffres d’un nombre a été liée à sa congruence modulo 9, une propriété qui permet de déterminer si un
nombre est divisible par 9. Des chercheurs comme [9] ont examiné les implications de cette relation dans
le cadre des systèmes de vérification de la divisibilité.
D’autres travaux, tels que ceux de [7] ont abordé les implications combinatoires de la somme des
chiffres, en se concentrant sur les distributions de ces sommes dans divers ensembles de nombres.
Cependant, malgré l’intérêt croissant pour ce concept, peu d’études se sont concentrées spécifiquement
sur la notion de “somme récursive” telle que définie dans notre théorie [6].
Dans cet article, nous présentons une définition de deux concepts (somme récursive et récursivité in-
verse) et nous explorons outre les propriétés arithmétiques des sommes récursives, la liaison de ce concept
avec la congruence modulo 3 et l’identification d’un carré ou d’un cube parfait.
Par ailleurs, l’on définit des ensembles particuliers pour les chiffres compris entre 0 et 9. Ce concept
que nous désignons par “récursivité inverse” est définie pour un entier a compris entre 0 et 9 comme un
ensemble des nombres dont la somme récursive est a. Plusieurs propriétés de ces ensembles sont étudiés et
leur implications dans les calculs des puissances des nombres sont explorées.
Sr(n) = 9 − Sr(−n)
Remarque : On déduit de la définition précédente que pour tout entier n, Sr(n) + Sr(−n) = 9
2
Donc Sr(19) = 1 car 0 < 1 < 9
❖ Déterminons Sr(−19)
Par définition on a
Preuve
Soit n ∈ Z∗ , montrons que Sr(n + 9) = Sr(n)
→ Supposons dans un premier temps que n est un entier naturel
Procédons par récurrence sur n
• Pour n = 1, on a :
Sr(1) = 1
Sr(1 + 9) = Sr(10) = Sr(1 + 0) = Sr(1) = 1
• Soit n ∈ N∗ , supposons que Sr(n + 9) = Sr(n). Montrons que Sr((n + 1) + 9) = Sr(n + 1)
Il suffit pour cela de poser m = n + 1 et on a :
Puisque n ∈ N∗ , m > 1
D’où Sr((n + 1) + 9) = Sr(m + 9) = Sr(m) d’après l’hypothèse de récurrence
D’où Sr((n + 1) + 9) = Sr(n + 1)
Donc ∀ n ∈ N∗ , Sr(n + 9) = Sr(n)
C’est à dire que Sr est périodique de période 9
→ Supposons que n est négatif
Puisque Sr(n) = 9 − Sr(−n) et −n ∈ N∗ alors
3
3) Sr(an ) = Sr((Sr(a))n )
Preuve
Soient a, b ∈ Z∗ , n ∈ N∗
1) Montrons que Sr(a + b) = Sr(Sr(a) + Sr(b))
Par définition, on a :
0 ≤ Sr(a) ≤ 9 et 0 ≤ Sr(b) ≤ 9
D’où
a ≡ Sr(a)[9]
b ≡ Sr(b)[9]
=⇒ a + b ≡ Sr(a) + Sr(b)[9]
=⇒ ∃ k ∈ Z : a + b = Sr(a) + Sr(b) + 9k
=⇒ Sr(a + b) = Sr(Sr(a) + Sr(b) + 9k)
= Sr(Sr(a) + Sr(b)) car Sr est périodique de période 9
a ≡ Sr(a)[9]
b ≡ Sr(b)[9]
=⇒ a × b ≡ Sr(a) × Sr(b)[9]
=⇒ ∃ k ′ ∈ Z : a × b = Sr(a) × Sr(b) + 9k ′
=⇒ Sr(a × b) = Sr(Sr(a) × Sr(b) + 9k)
= Sr(Sr(a) × Sr(b)) car Sr est périodique de période 9
4
Montrons que Sr(an+1 ) = Sr((Sr(a))n+1 ). On a
Sr(an+1 ) = Sr(a × an )
= Sr(Sr(a) × Sr(an )) d’après 2
= Sr(Sr(a) × Sr((Sr(a))n ) d’après l’hypothèse de récurrence
= Sr(Sr(Sr(a)) × Sr((Sr(a))n )) car Sr(Sr(a)) = Sr(a)
= Sr(Sr((Sra) × (Sr(a))n ))
= Sr(Sr((Sr(a))n+1 ))
= Sr((Sr(a))n+1 )
Preuve
Soit (ai )0≤i≤n une famille d’entiers relatifs.
n
! n
!
X X
1) Montrons que Sr ai = Sr Sr(ai )
i=0 i=0
Procédons par récurrence
• Pour n = 2, c’est la propriété 1) de la proposition 1.2. ! !
X n Xn
• Soit n ≥ 2 un entier naturel. Supposons que Sr ai = Sr Sr(ai )
! ! i=0 i=0
n+1
X n+1
X
Montrons que Sr ai = Sr Sr(ai )
i=0 i=0
5
On a
n+1
! n
!
X X
Sr ai = Sr ai + an+1
i=0 i=0
n
! !
X
= Sr Sr ai + Sr(an+1 ) d’après la proposition 1.2
i=0
n
! !
X
= Sr Sr Sr(ai ) + Sr(an+1 ) d’après l’hypothèse de récurrence
i=0
n
! !
X
= Sr Sr Sr(ai ) + Sr(Sr(an+1 )) car Sr(Sr(a)) = Sr(a)
i=0
n
!
X
= Sr Sr(ai ) + Sr(an+1 ) d’après la proposition 1.2
i=0
n+1
!
X
= Sr Sr(ai )
i=0
n
! n
!
Y Y
2) Montrons que Sr ai = Sr Sr(ai )
i=0 i=0
Procédons une fois encore par récurrence
• Pour n = 2, c’est la propriété 2) de la proposition 1.2. ! !
Y n Yn
• Soit n ≥ 2 un entier naturel. Supposons que Sr ai = Sr Sr(ai )
n+1
! n+1
! i=0 i=0
Y Y
Montrons que Sr ai = Sr Sr(ai )
i=0 i=0
On a
n+1
! n
!
Y Y
Sr ai = Sr ai × an+1
i=0 i=0
n
! !
Y
= Sr Sr ai × Sr(an+1 ) d’après la proposition 1.2
i=0
n
! !
Y
= Sr Sr Sr(ai ) × Sr(an+1 ) d’après l’hypothèse de récurrence
i=0
n
! !
Y
= Sr Sr Sr(ai ) × Sr(Sr(an+1 )) car Sr(Sr(a)) = Sr(a)
i=0
n
!
Y
= Sr Sr(ai ) × Sr(an+1 ) d’après la proposition 1.2
i=0
n+1
!
Y
= Sr Sr(ai )
i=0
6
2 Calcul des sommes récursives
On présente dans cette section, quelques propriétés permettant de déterminer plus simplement la somme
récursive d’un entier
Preuve
Soit a ∈ Z
1) Supposons que Sr(a2 ) = 4
Montrons que Sr(a) = 7 ou bien Sr(a) = 2
Procédons par absurde. Supposons que Sr(a) ∈
/ {2, 7}
Alors
(Sr(a))2 ∈
/ {4, 49}
=⇒Sr((Sr(a))2 ) ∈
/ {4}
=⇒Sr((Sr(a))2 ) ̸= 4
=⇒Sr(a2 ) ̸= 4
Ce qui absurde car contredit l’hypothèse
2) similaire à 1)
3) similaire à 1)
Preuve
Soit a ∈ Z
(=⇒) Supposons que a est un multiple de 9.
Montrons que Sr(a) = 9 ou Sr(a) = 0
7
1) supposons que a est un multiple positif de 9
8
1) Si a est un carré parfait alors Sr(a) ∈ {1, 4, 7, 9}
Preuve
Soit a ∈ N∗
1) Supposons que a est un carré parfait.
Montrons que Sr(a) ∈ {1, 4, 7, 9}
Remarque
1) Les réciproques des deux propriétés de la proposition 3.1 sont fausses.
2) La proposition 3.1 précédente permet de montrer qu’un nombre n’est pas un carré ou un cube parfait.
En effet pour a ∈ Z, si Sr(a) ∈/ {1, 4, 7, 8, 9} alors il ne peut être un carré ou un cube parfait.
Preuve
Considérons a, b ∈ Z / Sr(a) = Sr(b)
Montrons que ∀ m, n ∈ N deux entiers naturels de même parité, on a : am ≡ bn [3].
Soient m, n ∈ N
• Supposons que m, n sont pairs
9
Alors ∃ p, q ∈ N/m = 2p, n = 2q
Ainsi am − bn = a2p − b2q
Puisque, par hypothèse Sr(a) = Sr(b), ∃ k ∈ Z∗ / a = b + 9k
Or 2
b
≡ 1[3] D’après la petit théorème de Fermat
Ou
b2 ≡ 0[3]
Donc 2 p
(b )
≡ 1[3]
Ou
(b2 )p ≡ 0[3]
D’où m n
a −b
≡ 1 − 1 + 0[3]
Ou
am − b n ≡ 0 − 0 + 0[3]
Finalement
am − bn ≡ 0[3]
C’est à dire
am ≡ bn [3]
10
D’où
b(b2p − b2q ) ≡ 0[3]
Donc
am − bn ≡ 0[3]
C’est à dire
am ≡ bn [3]
Preuve
Soient a un entier relatif qui n’est pas multiple de 3, m entier naturel.
Supposons qu’il existe n, k ∈ N tels que m = 6n + k.
Montrons que Sr(am ) = Sr(ak ).
Puisque a n’est pas multiple de 3 alors a = 3p + 1 ou a = 3q + 2, p, q ∈ Z
→ Supposons que a = 3p + 1, on a
Sr(am ) = Sr (a)6n+k
= Sr Sr(a6n ) × Sr(ak )
= Sr(Sr((3p)6n + C6n
1
(3p)6n−1 + C6n
2
(3p)6n−2 + · · · + C6n
6n−1
(3p) + 1) × Sr(ak ))
= Sr(Sr((3p)6n + C6n
1
(3p)6n−1 + C6n
2
(3p)6n−2 + · · · + C6n
6n−1
(3p) + 1) × Sr(ak ))
= Sr(Sr(9λ + 1) × Sr((a)k ))
= Sr(1 × Sr(ak ))
= Sr(Sr(ak ))
= Sr(ak )
11
→ Supposons que a = 3p + 2, on a
Sr(am ) = Sr (a)6n+k
= Sr Sr(a6n ) × Sr(ak )
= Sr(Sr((3p)6n + C6n
1
(3p)6n−1 × 2 + C6n
2
(3p)6n−2 × 22 + · · · + C6n
6n−1
(3p) × 26n−1 + 26n )
× Sr(ak ))
= Sr(Sr(9λ′ + 26n ) × Sr((a)k ))
= Sr(26n × Sr(ak ))
= Sr(Sr(Sr(26 ))n ) × Sr(ak ))
= Sr((Sr(Sr(64))n ) × Sr(ak ))
= Sr((Sr(1))n × Sr(ak ))
= Sr(1 × Sr(ak ))
= Sr(Sr(ak ))
= Sr(ak )
M = 21 × q n + 9k + 17
= 3 × 7 × q n + 9k + 15 + 2
= 3(7q n + 3k + 5) + 2
= 3λ + 2 avec λ = 7q n + 3k + 5
12
Or Sr(3λ) ∈ {0, 3, 6, 9}
D’où Sr(3λ) + 2 ∈ {2, 5, 8, 11}
Et donc Sr(Sr(3λ)) ∈ {2, 5, 8}
Donc Sr(M 6n+1 ) ∈ {2, 5, 8}
Preuve
D’après la proposition 3.3, Sr(a6n ) = Sr(a6n+0 ) = Sr(a0 ) = 1
En utilisant la proposition 3.3, l’on peut déterminer le réduit de plusieurs nombres écris en exposant.
Un exemple de ces tableaux est le tableau 1 ci-dessous
n Sr((9k + 2)n )
6q 1
6q + 1 2
6q + 2 4
6q + 3 8
6q + 4 7
6q + 5 5
Grâce à la formule du biôme de Newton, Le calcul des réduits de plusieurs nombres est facilité. Ainsi,
le réduit des nombres de la forme (9k + 4)n est donné par tableau 2 ci-dessous
n Sr((9k + 4)n )
3q 1
3q + 1 4
3q + 2 7
Preuve
Il suffit de montrer que Sr((9k + 4)3q+m ) = Sr(4m ), ∀m ∈ N
13
Soient m, q ∈ N et k ∈ Z, on a :
Le réduit des nombres de la forme (9k + 5)n est donné par tableau 3 ci-dessous
n Sr((9k + 5)n )
6q 1
6q + 1 5
6q + 2 7
6q + 3 8
6q + 4 4
6q + 5 2
Preuve
De même, Il suffit de montrer que Sr((9k + 5)6q+m ) = Sr(5m ), ∀m ∈ N
14
Soient m, q ∈ N et k ∈ Z, on a :
Le réduit des nombres de la forme (9k + 7)n est donné par tableau 4 ci-dessous
n Sr((9k + 7)n )
3q 1
3q + 1 7
3q + 2 4
Preuve
Similaire aux cas précédents
Le réduit des nombres de la forme (9k + 8)n est donné par tableau 5 ci-dessous
15
TABLEAU 5 – Tableau de réduit des nombres de la forme (9k + 8)n
n Sr((9k + 8)n )
2q 1
2q + 1 8
Preuve
Similaire aux cas précédents
Proposition 3.4 Soient a et b deux entiers naturels de même parité tels que Sr(a) = Sr(b). Alors
∀ x ∈ Z, Sr(xa ) = Sr(xb )
Preuve
Soient a et b deux entiers naturels de même parité tels que Sr(a) = Sr(b).
Montrons que ∀ x ∈ Z, Sr(xa ) = Sr(xb )
Supposons d’abord que a, b pairs.
• Soit x ∈ Z tel que x non multiple de 3
Puisque a, b pairs, ∃ p, q ∈ N/a = 2p, b = 2q
Puisque Sr(a) = Sr(b) alors il existe k ∈ N/a = 9k + b
Ainsi a = 9k + b = 2p et b = 2q
En remplaçant b dans a on a donc a = 9k + 2q = 2p
Or 9k + 2q est pair si et seulement si k est pair.
Ainsi ∃ k ′ ∈ N tel que k = 2k ′
Finalement a = 9(2k ′ ) + 2q = 18k ′ + 2q = 6(3k ′ ) + 2q
′
Donc Sr(xa ) = Sr(x6(3k )+2q ) = Sr(x2q ) = Sr(xb ) D’après la proposition 3.3
• Maintenant si x = 3α avec α ∈ Z
′
Sr(xa ) = Sr((3α)18k +2q )
′
= Sr((3α)2(9k +q) )
= Sr((3α)2m ) m = 9k ′ + q
= Sr(32m × α2m )
= Sr(9m × α2m )
Or · Si m = 0 alors k ′ = 0, q = 0 et a = 18k ′ + 2q = 0, b = 2q = 0
D’où Sr(xa ) = Sr(x0 ) = 1 = Sr(xb )
· Si m ∈ N∗ alors On a Sr(xa ) = Sr(9m × α2m ) = 9 Car 9m × α2m est un multiple positif de 9.
De même Sr((3α)b ) = Sr(32q × α2q ) = Sr(9q × α2q ) = 9 Car 9q × α2q est un multiple positif de 9.
D’où Sr(xa ) = Sr(xb )
Supposons cette fois que a et b sont impairs
Alors ∃ p, q ∈ N/a = 2p + 1, b = 2q + 1
Puisque Sr(a) = Sr(b) alors il existe k ∈ N/a = 9k + b
16
Ainsi a = 9k + b = 2p + 1 et b = 2q + 1
En remplaçant b dans a on a donc a = 9k + 2q + 1 = 2p + 1
Or 9k + 2q + 1 est impair si et seulement si k est pair.
Ainsi ∃ k ′ ∈ N tel que k = 2k ′
Finalement a = 9(2k ′ ) + 2q + 1 = 18k ′ + 2q + 1 et b = 2q + 1
• Si x n’est pas multiple de 3, on a :
′
Sr(xa ) = Sr(x18k +2q+1 )
′
= Sr(x6(3k )+2q+1 )
= Sr(x2q+1 ) d’après la proposition 3.3
= Sr(xb )
′
Sr(xa ) = Sr((3λ)18k +2q+1 )
′ ′
= Sr(99k × (3)2q+1 × λ18k +2q+1 )
(
0 si λ ≤ 0
=
9 si λ > 0
De même
Sr(xb ) = Sr((3λ)2q+1 )
= Sr(9q × (3)1 × λ2q+1 )
(
0 si λ ≤ 0
=
9 si λ > 0
Proposition 4.1
→ Tout entier naturel n s’écrit comme produit de deux autres entiers naturels a et b ;
17
→ Tout nombre premier strictement supérieur à 2 est impair ;
→ Le produit de deux entiers a et b est impair si et seulement si a et b sont tous deux impairs ;
→ Si n = a × b alors a/n et b/n ;
→ La somme deux entiers naturels a et b est impair si et seulement si a et b sont de parité différente.
c’est à dire soit a est pair et b impair ou bien a est impair et b est pair.
n
= k, k ∈ R
a
. ( )
n − Sr(n)
Ainsi, l’on cherche les valeurs de p ∈ 0, 1, 2, . . . , telles que
9
n
= k, k ∈ N
a
Sr(b) 1 2 3 4 5 6 7 8 9
Sr(a) × Sr(b) 1 2 3 4 5 6 7 8 9
Sr(a × b) 1 2 3 4 5 6 7 8 9
18
TABLEAU 7 – Tableau de réduit de Sr(a × b) en supposant que Sr(a) = 2
Sr(b) 1 2 3 4 5 6 7 8 9
Sr(a) × Sr(b) 2 4 6 8 10 12 14 16 18
Sr(a × b) 2 4 6 8 1 3 5 7 9
Sr(b) 1 2 3 4 5 6 7 8 9
Sr(a) × Sr(b) 3 6 9 12 15 18 21 24 27
Sr(a × b) 3 6 9 3 6 9 3 6 9
Sr(b) 1 2 3 4 5 6 7 8 9
Sr(a) × Sr(b) 4 8 12 16 20 24 28 32 36
Sr(a × b) 4 8 3 7 2 6 1 5 9
Sr(b) 1 2 3 4 5 6 7 8 9
Sr(a) × Sr(b) 5 10 15 20 25 30 35 40 45
Sr(a × b) 5 1 6 2 7 3 8 4 9
Sr(b) 1 2 3 4 5 6 7 8 9
Sr(a) × Sr(b) 6 12 18 24 30 36 42 48 54
Sr(a × b) 6 3 9 6 3 9 6 3 9
Sr(b) 1 2 3 4 5 6 7 8 9
Sr(a) × Sr(b) 7 14 21 28 35 42 49 56 63
Sr(a × b) 7 5 3 1 8 6 4 2 9
Sr(b) 1 2 3 4 5 6 7 8 9
Sr(a) × Sr(b) 8 16 24 32 40 48 56 64 72
Sr(a × b) 8 7 6 5 4 3 2 1 9
19
TABLEAU 14 – Tableau de réduit de Sr(a × b) en supposant que Sr(a) = 9
Sr(b) 1 2 3 4 5 6 7 8 9
Sr(a) × Sr(b) 9 18 27 36 45 54 63 72 81
Sr(a × b) 9 9 9 9 9 9 9 9 9
Ces différents tableaux sont utiles pour déterminer la forme d’écriture des entiers a et b et ainsi recher-
cher les valeurs possibles de p ou q.
Selon les valeurs de p ∈ {0, 1, 2, . . . , 16}, on a les tableaux de division de 149 par a suivant :
p 1 3 5 7 9 11 13 15
a = 9p + 4 13 31 49 67 85 103 121 139
a = 9p + 2 11 29 47 65 83 101 119 137
149
11, 46 4, 8 3, 04 2, 22 1, 73 × × ×
9p + 4
149
13, 54 5, 13 3, 17 2, 29 1, 75 × × ×
9p + 2
p 2 4 6 8 10 12 14 16
a = 9p + 5 23 41 59 77 95 113 131 149
149
6, 47 3, 63 2, 5 1, 93 1, 73 × × 1
9p + 5
Les tableaux 15 et 16 permettent de voir que la seule valeur de a diviseur de 149 est a = 149 et donc
b = 1. D’où149 est un nombre premier
1. En tenant compte du fait que a et b jouent des rôles symétriques
20
5 Récursivité inverse d’un entier naturel (compris entre 0 et 9)
5.2 Propriétés
Proposition 5.1 Soient b ∈ N ∩ [0, 9] et λ ∈ Z. On a
Si Sr(λ) = b alors ∃ m, n ∈ Z/ Pb (n) = 9m + λ
Preuve
Soient b ∈ N ∩ [0, 9] et λ ∈ Z. Supposons que Sr(λ) = b
montrons que ∃ m, n ∈ Z/ Pb (n) = 9m + λ
Puisque, par hypothèse Sr(λ) = b
∃ k ∈ Z/λ = 9k + b
=⇒ ∃ k ∈ Z/λ = Pb (k)
=⇒ ∃ k ∈ Z/9k ′ + λ = 9k ′ + Pb (k) ∀ k′ ∈ Z
=⇒ ∃ k ∈ Z/9k ′ + λ = 9k ′ + 9k + b ∀ k′ ∈ Z
=⇒ ∃ k ∈ Z/9k ′ + λ = 9(k ′ + k)′ + b ∀ k′ ∈ Z
=⇒ ∃ k ∈ Z/9k ′ + λ = Pb (k + k ′ ) ∀ k′ ∈ Z
Preuve
Soient a, m, n ∈ Z
P9−Sr(a) (m) + PSr(a) (n) = 9(m + n + 1) = 9m + 9 − Sr(a) + 9n + Sr(a) = 9(m + n + 1)
Preuve
Soient a, b ∈ N ∩ [0, 9] et n ∈ Z
21
1) Cherchons m ∈ Z : Pa (n) + Pb (n) = PSr(a+b) (m)
On a
Pa (n) + Pb (n) = 9n + a + 9n + b
= 9(2n) + a + b
= 9(2n) + Sr(a + b) + 9k k ∈ Z
= 9(2n + k) + Sr(a + b) k ∈ Z
Pa (n) + Pb (n) = PSr(a+b) (2n + k)
Preuve
Soient a, b ∈ N ∩ [0, 9]
Supposons que a ≡ b[c] et Montrons que Pa (n) ≡ Pb (n)[c], ∀ n ∈ Z
Puisque, par hypothèse a ≡ b[c], ∃ k ∈ Z tel que a = b + ck
Ainsi ∃ k ∈ Z/a + 9n = b + 9n + ck, ∀ n ∈ Z
C’est à dire ∃ k ∈ Z/Pa (n) = Pb (n) + ck ∀ n ∈ Z
D’où Pa (n) ≡ Pb (n)[c] ∀ n ∈ Z
6 Discussion
La théorie des sommes récursives que nous avons développée repose sur deux concepts fondamentaux :
le réduit d’un entier et la récursivité inverse d’un entier. Ces notions nous ont permis d’explorer les pro-
priétés arithmétiques des entiers d’une manière nouvelle et enrichissante.
Le concept de “réduit d’un entier” correspond à la somme récursive des chiffres d’un entier, simplifiée
jusqu’à obtenir un chiffre unique compris entre 0 et 9. Ce processus est similaire à la réduction modulo 9,
qui a été largement étudiée dans la littérature mathématique. Cependant, notre approche met l’accent sur
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les propriétés nouvelles, sur la récursivité et l’itération des opérations de somme.
Nos résultats concernant la condition nécessaire et suffisante pour qu’un nombre soit multiple de 9 s’ins-
crivent dans le cadre des travaux antérieurs, notamment ceux de [10], qui a exploré la congruence modulo
9. Toutefois, notre démonstration apporte une perspective différente en reliant directement cette condition
à la notion de somme récursive, renforçant ainsi l’intuition derrière la divisibilité par 9.
La récursivité inverse d’un entier, définie comme l’ensemble de tous les nombres dont la somme ré-
cursive est égale à un chiffre, ouvre de nouvelles perspectives sur la structure des entiers. Bien que des
travaux antérieurs aient abordé des concepts similaires, tels que les classes d’équivalence en arithmétique
([2]), notre approche systématique permet une classification plus fine et une exploration des relations entre
les différents ensembles.
Nous avons également établi un lien entre la somme récursive et la congruence modulo 3. Alors que les
résultats dans la littérature se concentraient principalement sur la congruence modulo 9, notre travail montre
comment cette relation s’étend aux multiples de 3. Cette généralisation est particulièrement pertinente dans
le contexte de l’arithmétique modulaire et pourrait avoir des applications dans le domaine de la théorie des
nombres.
Un autre résultat significatif de notre théorie est l’établissement de critères pour identifier les carrés
parfaits et les cubes parfaits. Bien que des travaux antérieurs aient exploré les propriétés des carrés et cubes
parfaits ([1]), notre approche axée sur la somme récursive offre une méthode systématique qui pourrait
simplifier les vérifications dans ce domaine.
Nous avons démontré que la somme récursive de la somme et du produit d’une famille d’entiers suit
certaines propriétés prévisibles. Ce résultat s’inscrit dans la lignée des travaux de [3] sur les propriétés
additives des entiers, mais notre approche récursive apporte une nouvelle dimension à ces résultats en
élucidant les mécanismes sous-jacents
Enfin, notre exploration de la liaison entre somme récursive et nombres en exposant constitue une contri-
bution à la théorie des nombres. Bien que certains résultats aient été obtenus dans ce domaine par des au-
teurs comme [8], notre perspective basée sur les sommes récursives permet une meilleure compréhension
des relations entre les puissances et leurs représentations numériques.
Conclusion
En définitive, notre théorie des sommes récursives non seulement s’inscrit dans un cadre mathématique
déjà riche, mais elle apporte également des perspectives nouvelles et intéressantes sur des concepts bien
établis. Les résultats que nous avons obtenus offrent des outils supplémentaires pour l’analyse arithmétique
et ouvrent la voie à de futures recherches dans le domaine. Dans cette perspective, d’autres recherches
peuvent explorer ces idées et poursuivre l’étude des propriétés fascinantes des entiers à travers le prisme
des sommes récursives.
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Références
[1] T Bisztriczky. Richard guy et la géométrie. Bienvenue au numéro de septembre 2020des Notes de la
SMC, page 2009, 2020.
[2] PM Cohn and PM Cohn. Algebraic structures. Universal Algebra, pages 41–107, 1981.
[3] Pál Erdős. ... Quelques problèmes de la théorie des nombres. L’Enseignement Mathématique, 1963.
[4] Paul Erdős. A survey of problems in combinatorial number theory. Annals of Discrete Mathematics,
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[6] Donald Ervin Knuth. The art of computer programming, volume 3. Pearson Education, 1997.
[7] Alfred J Menezes, Paul C Van Oorschot, and Scott A Vanstone. Handbook of applied cryptography.
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[8] Jean-Louis Nicolas. Nombres hautement composés. Acta Arithmetica, 49(4) :395–412, 1988.
[9] Ivan Niven. Mathematics of Choice : Or, How to Count Without Counting, volume 15. MAA, 1965.
[10] Donald R Smith and James T Palmer. Universal fixed messages and the rivest-shamir-adleman cryp-
tosystem. Mathematika, 26(1) :44–52, 1979.
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