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Dora Fin

Ce mémoire présente une étude rétrospective sur la prise en charge des fractures ouvertes de deux os de la jambe à l'Hôpital Militaire Central de Kinshasa entre janvier 2022 et janvier 2023. Les résultats montrent que les hommes, en particulier les militaires, sont les plus touchés, avec des accidents de trafic routier comme principale cause. Le traitement chirurgical par ostéosynthèse est le plus courant, bien que coûteux dans les pays en développement.

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Dora Fin

Ce mémoire présente une étude rétrospective sur la prise en charge des fractures ouvertes de deux os de la jambe à l'Hôpital Militaire Central de Kinshasa entre janvier 2022 et janvier 2023. Les résultats montrent que les hommes, en particulier les militaires, sont les plus touchés, avec des accidents de trafic routier comme principale cause. Le traitement chirurgical par ostéosynthèse est le plus courant, bien que coûteux dans les pays en développement.

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REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET UNIVERSITAIRE


UNIVERSITE CHRETIENNE DE KINSHASA
FACULTE DE MEDECINE
« [Link] »
B.P. 4742
Kinshasa II/Ngaliema

PRISE EN CHARGE DES FRACTURES OUVERTES DE DEUX OS


DE LA JAMBE A L’HOPITAL MILITAIRE CENTRAL /KOKOLO
JANVIER 2022 - JANVIER 2023


MATONDO MATIABA Dorea
Gradué en sciences biomédicales

Mémoire présenté et défendu en vue de


L’obtention du titre de Docteur en médecine

Directeur : Prof Dr MPUTU YAMBA Baptiste


Co directeur : Dr KAZADI BIDUAYA Deo Gracias

Année académique : 2021-2022


i

EPIGRAPHE
« La jouissance du niveau élevé de santé est l’un des droits fondamentaux de
tout être vivant sans distinction de race, sexe, religion, de tendance politique et
de conditions sociales »

MBAILWAKO Victoire2012
ii

IN MEMORIAM
La mort est certaine mais l’heure de la mort est incertaine. C’est en sachant
que nous sommes poussière et retournerons à la poussière que notre cœur
roule de larmes. A notre regretté père MATIABA MUANDA Charles, que vous
soyez immortalisé par ce travail. Vos empreintes restent à jamais marquées
dans le souvenir de nos pensées.
Hélas ! La mort vous a emporté très loin de nous ; sans vous laisser le temps de
récolter le fruit de votre sagesse. C’est aujourd’hui plus que jamais que nous
apprécions la valeur de vos efforts, la justesse de votre éducation et le
caractère précieux de vos conseils. Que votre âme se repose en paix.
Que la terre de nos ancêtres vous soit douce et paisible.
iii

DÉDICACE
Toutes les lettres ne sauraient trouver les mots qu’il faut, tous les
mots ne sauraient exprimer la gratitude, l’amour, le respect, la reconnaissance
que j’ai envers vous qui avez contribué à l’aboutissement de ce jour.
Je dédie ce travail à ma très chère et adorable Mère, MAYINDU
MBAMBI Antoinette, femme respectueuse et dévouée qui m’a comblée de ses
bienfaits et m’a inculquée les principes moraux et chrétiens d’une vie
équilibrée. Ton honnêteté, ton ardeur dans le travail et tes grandes qualités
humaines font de toi un exemple à suivre. En ce jour, ta fille, espère être à la
hauteur de tes espérances et sacrifices tant endurés pour que nous arrivions
jusqu’ici. Que ce travail soit l’exaucement de tes vœux et le fruit de tes
innombrables sacrifices consentis pour mes études et mon éducation. C’est ta
réussite avant d’être la mienne. Que le bon Dieu vous protège et vous garde
longtemps en vie ; car vous êtes une source intarissable d’inspiration pour moi.
A mes très chers frères et sœurs : Antoine NGOMA, Thierry
NGOMA, Syntiche NDELO, Merveille MBONGO, Merveille MUANDA, Dickson
MBAMBI, Britta MATIABA, Dieu-merci MATIABA et Dr. Justin KUMBU
MATIABA ; pour leur encouragement permanent et leur soutien moral. Avec
toute mon affection, je vous souhaite tout le bonheur du monde et beaucoup
de réussite.
A ma famille entière pour leur soutien tout au long de mon parcours
universitaire,
A vous tous qui m’ont encouragé et à qui je souhaite plus de succès
A tous ceux que j’aime,
Trouvez dans ce travail, mon estime, mon respect et mon amour.
iv

REMERCIEMENTS

Gloire à Notre DIEU, SEIGNEUR JESUS CHRIST pour la grâce et la patience


qu’il m’a donné d’aller jusqu’au bout de mon rêve !
Mes profonds remerciements à mon directeur le Professeur MPUTU
YAMBA, Vous avez marqué, cher maître, notre cursus médical par vos
compétences professionnelles et votre sagesse. L’honneur que vous nous faites
en acceptant de présider ce travail est pour nous, l’occasion de vous témoigner
notre profonde reconnaissance. Veuillez croire, cher maître, en l’expression de
notre grand respect.
Et à mon co-directeur Dr KAZADI BIDUAYA WA MUTUDI Deo gracias,
avec un grand plaisir que je me suis adressé à vous, votre bonté, votre
modestie, votre compréhension, ainsi que vos qualités professionnelles et
humaines ne peuvent que susciter ma grande estime.
Je remercie infiniment mon Maitre, Dr IKOKO ILENDELA Christian pour
avoir consacré à ce travail une partie de votre temps précieux et de m'avoir
guidé avec rigueur et bienveillance.
Ainsi je remercie toutes les autorités académiques et scientifiques de
l’université chrétienne de Kinshasa et celles de la faculté de médecine en
particulière pour avoir assurées ma formation académique, mes encadreurs de
l’hôpital militaire central/KOKOLO.
A mes compagnons de lutte : MATUKA Isaac, MAKIESE Elie, KAWAYA
Christine, MOBIALI Esther, KIBWANA Esther, MIAKANDA Joviet, BUESE Hans,
IBANDA Guylith, NZUZI Beldie, ZUMA Verité, BUKASA Priscille, INONGO Dedel…
Mes remerciements s’adressent : l’inspecteur Général de la Santé
KOMBA DJEKO, Révérend MPAMBU Levy, Ingénieur Simon, Ingénieur NVEMBA
Prince, MAFUANA Théo pour leur appui, leur encouragement et leur soutient
spirituel.
Aux belges HMC BOMOKO : LOKONDA Emmanuel, BAFUKA Valdy,
ATIWAO John, MPUTU John, MPOKE Jonas, MASAMBA Gustave, PASI Rogine,
BOMATSHA Marthe, MPETI Kevin, KASHAMA Henock, MANITU Ange, NSONI
Christian, IYENO Judith, KABADI Benie, BALU Jemima, KAPETA Dimès, BADIAYI
Joel, DIEUMUENI Isaie, ISUKUBU Kyria ...
Aux membres de ma famille, que cette œuvre soit pour vous un signe de
responsabilité manifeste à mon égard. Que mes collègues, compagnons de
lutte, ainsi que tous ceux qui de loin ou de près, d’une manière ou d’une autre
ont contribué à l’aboutissement de l’œuvre de ce jour se sent remerciés et
comprennent la rigidité académique qui nous place devant certaines
restrictions.
v

ABREVIATIONS

- ATR : Accident de Trafic Routière


- RDC : République Démocratique du Congo
- PEC : Prise En Charge
- G&A : Gustillo&Anderson
- HMC : Hôpital Militaire Central
- NAD : Non Ayant Droit
- CMEN : Centre Médical Evangélique de Nyankunde
- ORL : Oto-Rhino-Laryngologie
- VAT : Vaccin Anti-Tétanique
- SAT : Sérologie Anti-Tétanique
vi

TABLE DES MATIERES

EPIGRAPHE..............................................................................................................................................i
IN MEMORIAM.......................................................................................................................................ii
DÉDICACE..............................................................................................................................................iii
REMERCIEMENTS...................................................................................................................................iv
ABREVIATIONS........................................................................................................................................v
TABLE DES MATIERES.............................................................................................................................vi
LISTE DES TABLEAUX............................................................................................................................viii
LISTES DES FIGURES...............................................................................................................................ix
RESUME..................................................................................................................................................x
INTRODUCTION......................................................................................................................................1
Chapitre 1 : REVUE DE LA LITTERATURE.................................................................................3
1- DEFINITION..........................................................................................................................3
2- EPIDEMIOLOGIE [1].........................................................................................................3
3- RAPPEL ANATOMIQUE:..................................................................................................4
A. Les Artères........................................................................................................................7
B. Veines [7]...........................................................................................................................7
C. Lymphatiques [6,7].......................................................................................................8
4- ETIOLOGIE ET MECANISME.....................................................................................9
a)Etiologie [3]........................................................................................................................9
b) Mécanisme [10]..............................................................................................................9
5- ANATOMIE PATHOLOGIQUE........................................................................................9
6- CLINIQUE.............................................................................................................................11
7- Etude radiologique Les incidences radiologiques......................................11
8- TRAITEMENT : [20]........................................................................................................13
A- BUT.....................................................................................................................................13
B- Méthodes :.....................................................................................................................13
9- COMPLICATIONS [3,10].............................................................................................20
CHAPITRE II : MATERIELS ET METHODES...............................................................................23
A- Cadre d’étude..................................................................................................................23
B- Type d’étude....................................................................................................................25
C- Période d’étude..............................................................................................................25
D- Critères d’inclusion...................................................................................................25
E- Critères d’exclusion.....................................................................................................25
vii

F- Echantillonnage..............................................................................................................25
G- Variables d’intérêt....................................................................................................25
H- Matériel...........................................................................................................................26
I- Procédure...........................................................................................................................26
J- Gestion des données et Analyses statistiques.............................................26
K- Considération éthiques..............................................................................................26
CHAPITRE III : RESULTAT.......................................................................................................................27
I- IDENTITE...................................................................................................................................27
1- Sexe......................................................................................................................................27
2- Age.......................................................................................................................................28
3- Profession............................................................................................................................29
II- HISTOIRE DE LA MALADIE........................................................................................................30
1- Etiologie...............................................................................................................................30
III- CLINIQUE..............................................................................................................................31
1- Motif consultation...............................................................................................................31
2- Etat de la plaie.....................................................................................................................32
3- Classification de GUYSTILO & ANDERSON...........................................................................33
IV- EXAMEN PARACLINIQUE......................................................................................................34
A- Radiographie standard.........................................................................................................34
V- TRAITEMENT............................................................................................................................36
1- Délai de prise en charge.......................................................................................................36
2- Le traitement médical..........................................................................................................37
3- Le traitement chirurgical......................................................................................................38
VI- COMPLICATION....................................................................................................................40
1- Complication précoce..........................................................................................................40
2- Complication tardive............................................................................................................41
V- Evolution..............................................................................................................................42
CHAPITRE IV : DISCUSSION........................................................................................................43
CONCLUSION...................................................................................................................................46
RÉFÉRENCES....................................................................................................................................49
viii

LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1 : Répartition des patients selon leurs âges..........................................................................28

Tableau 2 : Répartition des patients selon l’étiologie...........................................................................30

Tableau 3 : Répartition des patients selon le motif de consultation....................................................31

Tableau 4 : Répartition des patients selon l’état de la plaie.................................................................32

Tableau 5 : répartition des patients selon la classification de GUYSTILO & ANDERSON.......................33

Tableau 6 : Répartition des patients selon le traitement médical........................................................37

Tableau 7 : Répartition des patients selon le type d’anesthésie..........................................................39

Tableau 8 : Répartition des patients selon les complications tardives.................................................41

Tableau 9 : Répartition des patients selon l’évolution.........................................................................42


ix

LISTES DES FIGURES


Figure 1 : Vue antérieure du Fibula et Tibia de la jambe droite [6]..................................5

Figure 2 : Myologie de la jambe [6]...............................................................................................6

Figure 3 : Drainage de la jambe, vue postérieure [7].............................................................8

Figure 4 : Caractéristiques anatomo-pathologique des fractures [10]...........................10

Figure 5 : Les déplacements élémentaires d'une fracture des os de la jambe [3]....12

Figure 6 : Ostéosynthèse par plaque vissée [20]...................................................................16

Figure 7 : Différents types d’enclouage centromédullaire [20]........................................17

Figure 8 : Les différents types des fixateurs externes [20]................................................18

Figure 9 : Fixateur externe monoplan [20]...............................................................................19

Figure 10 : répartition des patients selon le sexe.................................................................................27

Figure 11 : Répartition des patients selon la profession.......................................................................29

Figure 12 : Répartition des patients selon le type de fracture..............................................................34

Figure 13 : Répartition des patients selon les sièges des fractures......................................................35

Figure 14: Répartition des patients selon le délai de la prise en charge...............................................36

Figure 15: Répartition des patients selon le type de traitement..........................................................38

Figure 16: Répartition des patients selon les complications.................................................................40


x

RESUME
1. INTRODUCTION
Les fractures ouvertes de la jambe sont définies par
l’existence d’une communication entre le milieu extérieur
ambiant et la solution de continuité osseuse de la jambe
associée à des lésions de parties molles.
2. METHODOLOGIE
Il s’agit d’une étude rétrospective au près des patients
portant les fractures ouvertes de deux os de la jambe dans le
service de la chirurgie à l’HMC en période allant du mois de
janvier 2022 au mois de janvier 2023.
3. RESULTATS
Le sexe masculin a été le plus touché avec 80% de
l’échantillon ;
la tranche d’âge allant de 21-40 ans avec 44% de cas ;
La majorité de l’échantillon était les militaires avec 60,9%,
Cela s’explique par l’identité de l’hôpital qui a constitué
notre cadre d’étude destiné à la prise en charge de
militaire ;
Les ATR ont constitué 78,43% des causes des fractures
ouvertes de 2 os de la jambe à cause du nombre élevé des
motos et du non-respect des codes de la route ;
L’ostéosynthèse demeure le traitement le plus redoutable
des fractures de 2 os de la jambe 92,16% dans un bref
délai inférieur à 6 heures à 70%.

4. CONCLUSION
Le traitement chirurgical est le plus redoutable des fractures
de deux os de la jambe mais très couteux pour nos pays en voie
de developpement.
1

INTRODUCTION

1. Définition et Problématique
Les fractures de jambe sont des fractures diaphysaires ou
métaphyso-diaphysaires extra-articulaires d’un ou des deux os
de la jambe.[1]
Les fractures ouvertes de jambe sont définies par l’existence
d’une communication entre le milieu extérieur ambiant et la
solution de continuité osseuse de la jambe associée à des
lésions des parties molles [2]. Elles sont les plus fréquentes des
fractures ouvertes des os longs. Leur étiologie est dominée par
les ATR suivis des accidents de sport, des accidents de travail
et des traumatismes ballistiques [3]. Elles constituent d’urgence
la plus fréquente et la plus difficile à prendre en charge en
traumatologie orthopédique. Cette gravité tient à la situation
superficielle du tibia sous un revêtement cutané antérieur
particulièrement vulnérable, avec un risque d’ouverture
cutanée, d’évolution vers l’infection, les pseudarthroses et les
cals vicieux. [2]
Plusieurs études ont été menées dans le monde, en
Afrique et en RDC à propos de cette pathologie. En France,
Alain Charles Masquelet précise que les fractures de la jambe
occupent le premier rang de l’ensemble des traumatismes avec
une fréquence de 25%.[4] Au Maroc, plus précisément à
Casablanca, une étude menée par Chahid-Nazha en 2003, a
rapporté une série de 159 cas de fracture de la jambe à
l’hôpital HassanII durant une période de 4ans. Au Mali, une
étude en 2006 révèle que les deux os de la jambe se fracturent
au même moment en cas de fracture de la jambe. A
Lubumbashi (RDC), KAPE en 2006 a révélé dans son étude sur
87 patients admis pour fractures ouvertes des membres,
80,45% représentent les membres inférieurs et la jambe à elle
seule 50% de ces lésions. [2]
La classification de Cauchoix modifiée par Gustillo a une
valeur pronostique, mais elle nécessite une réévaluation au
cours du temps[1] Jadis traité par amputation pour éviter la
2

survenue de graves complications septiques, le pronostic des


fractures ouvertes s’est de nos jours complètement transformé
par l’apport de la fixation externe et de l’antibiothérapie[5].
La prise en charge thérapeutique des fractures ouvertes doit
répondre à des impératifs précis:
- La lutte contre l’infection;
- La primauté du recouvrement cutané;
- La nécessité d’une réduction et d’une contention efficaces.
Elles peuvent être graves d’emblée, quand elles sont associées
à des lésions vasculaires pouvant poser le problème de la
conservation du membre [3].
Les fractures ouvertes de jambe ont fait l’objet de plusieurs
études en RDC, nous proposons d’évaluer le traitement des
fractures ouvertes de jambe à l’HMC dans le service de
Chirurgie avec comme les objectifs qui seront décrits dans les
lignes qui suivent.
2. Choix et intérêt du sujet
La fréquence des fractures ouvertes de jambe ne cesse de
grandir dans la pratique orthopédique quotidienne, c’est
pourquoi nous avons porté notre choix à évaluer l’efficacité de
différente méthode utilisée dans la PEC des fractures ouvertes
de jambe.
3. Objectifs
 Général:
Evaluer le traitement des fractures ouvertes de jambe dans le
service de chirurgie de l’HMC.
 Spécifiques:
- Déterminer la fréquence hospitalière des fractures
ouvertes de jambe à l’HMC;
- Déterminer les aspects cliniques et thérapeutiques des
fractures ouvertes de Jambe à l’HMC;
- Analyser les résultats de la PEC et les complications des
fractures ouvertes de jambes à l’HMC;

4. Subdivision du travail
Notre travail a été subdivisé en 2 parties :
 1erPartie : partie théorique
Introduction
Chap.I : Revue de la littérature
3

[Link] : Matériel et Méthodes


 2èmePartie :Partie pratique
[Link] :Résultats
[Link] :Discussion
Conclusion et Perspectives d’avenir

Chapitre 1 : REVUE DE LA LITTERATURE

1- DEFINITION
Une fracture ouverte des os de la jambe est une solution de
continuité du tibia et ou du péroné située entre trois travers des
doigts en dessous de l’articulation fémoro-tibiale en haut et
trois travers des doigts au-dessus de l’articulation tibio-
tarsienne en bas, accompagnée d’une brèche de revêtement
cutanéo-muqueuse sus-jacent et mettant en contact les
fragments osseux et milieu ambiant. [2]

2- EPIDEMIOLOGIE [1]

Selon l’OMS, dans le monde, on estime près de 1,2 millions


de gens qui succombent chaque année suite aux accidents de
trafic routier. Par contre, environ 50 millions s’en sortaient avec
le problème de fractures ouvertes de deux os de la jambe.
Aux USA, MARIE P et Coll., dans un rapport mondial approuvé
par l’OMS sur la prévention des traumatismes dus aux accidents
de circulation signale que des efforts ont été fournis pour
assurer une sécurité routière afin d’éviter les accidents des
voies routières. Dans ce pays, la fréquence des fractures
ouvertes des os de la jambe est estimée à 12% des cas et ce
sont les accidents de trafic routier qui en constituent la
principale cause.
En Europe, plus particulièrement en France, les fractures
ouvertes des os de la jambe occupe le 1 er rang dans l’ensemble
des traumatismes avec une fréquence estimée à 25% des cas
des fractures de deux os de la jambe.
En ce qui concerne les pays en en voie de développement,
plusieurs facteurs entrent en jeu et maintiennent une fréquence
élevée des fractures ouvertes des os de la jambe, entre autre
4

les accidents de trafic routier, les travaux domestiques, les


exercices physiques et même l’insécurité grandissante qui bat
son plein.
En Afrique, plus précisément au Mali, il y a une étude qui a
été effectuée dans les services de chirurgie orthopédique et
traumatologique de l’hôpital GABRIEL TOURE en 2006 où les
fractures des os de la jambe avait occupé une première place
avec un taux qui était situé entre 21 et 29%. Au Maroc, plus
précisément à Casablanca, une étude menée par Chahid-Nazha
en 2003, a rapporté une série de 159 cas de fracture de la
jambe à l’hôpital Hassani II durant une période de 4 ans.
En RDC, une étude faite en 2006 par le professeur AHUKA
ONALOGOMBE au centre médical évangélique de Nyankunde
situé dans la province d’Ituri, sur les traumatismes de la jambe,
avait montré que sue 7405 cas d’opération de chirurgie
majeure, 745 cas soit 10,06% ont concernés les fractures
ouvertes de deux os de la jambe et dont la cause dominante
était l’avènement des guerres à répétition dans cette région,
mais aussi les accidents de trafic routier. A Lubumbashi, KAPE
en 2006 a révélé dans son étude sur 87 patients admis pour
fractures ouverte des membres, 80,45% représentent les
membres inférieurs et la jambe à elle seule 50% de ces lésions.
3- RAPPEL ANATOMIQUE:
 Ostéologie : [6]
Le squelette de la jambe comprend deux os : le tibia et le
péroné.
 Le tibia :
Il est situé en dedans du péroné, dont il est séparé par l‘espace
interosseux. Son axe forme avec celui du fémur un angle ouvert
en dehors. Il présente à décrire un corps et deux extrémités.
- Corps : rétréci à sa partie moyenne, prismatique,
triangulaire ; comprend trois faces et trois bords :
- Faces :
• Interne : présente deux parties : supérieure et inférieure
• Externe: présente deux parties : une partie supérieure
déprimée et une partie inférieure convexe
5

• Face postérieure : divisée en deux parties par la ligne


oblique du tibia.
Bords
• Antérieur : c’est la crête du tibia contournée en S italique
sous cutanée.
• Externe : c’est le bord interosseux bifurqué à sa partie
inférieure.
• Interne: donne insertion sur son tiers moyen au muscle
soléaire.
• Extrémités : supérieure et inférieure : ƒ
• Extrémité supérieure ou tubérosité tibiale :
Elle est volumineuse, allongée transversalement et présente
à décrire deux tubérosités latérales : tubérosités tibiales
externe et interne dont les faces forment les cavités
glénoïdes .Elle présente quatre faces :
Face antérieure (dont on trouve le tubercule de GERDY où
s’insère le jambier antérieur et tenseur du fascia – lata),
faces latérales, face postérieure (donne l’insertion au muscle
poplité) et Face supérieure (ce sont les plateaux tibiaux
comprenant trois parties : Les Cavités glénoïdes et l’espace
inter glénoïde).
• Extrémité inférieure ou le pilon tibial :
Il présente cinq faces : Face antérieure, postérieure, externe,
inférieure, et une face interne (qui se prolonge en avant par
la malléole interne).
 La fibula
Il est long et grêle, il présente un corps et deux extrémités :
Le corps est prismatique et triangulaire à la coupe, présente
comme le tibia trois faces (externe, interne et postérieure) et
trois bords (antérieure, interne et externe).
Les extrémités sont au nombre de 2 : supérieure et inférieure.
6

Figure 1 : Vue antérieure du Fibula et Tibia de la jambe


droite [6]

 Myologie
[6,7]
La jambe est
divisée en trois loges :
antérieure,
latérale et postérieure
séparées par
les deux cloisons

intermusculaires qui sont : les cloisons intermusculaires externe


et antérieure.
• Les muscles de la loge antérieure :
7

Sont : Le tibial antérieur, extenseur commun des orteils,


extenseur propre du l’hallux, et le fibulaire antérieur. Ce sont
des muscles extenseurs.
• Les muscles de la loge latérale : sont Long fibulaire et
Court fibulaire ;
• Les muscles de la loge postérieure :
Ils forment deux plans : profond et superficiel :
- Les muscles des plans profonds : sont le muscle poplité, le
jambier postérieur, long fléchisseur commun des orteils,
long fléchisseur de l’hallux.
- Les muscles du plan superficiel : sont le plantaire grêle et
le triceps sural (les deux jumeaux d’origine fémorale et le
soléaire d’origine jambière).

Figure 2 :

Myologie de la jambe [6]


 Vascularisation : [7]
8

A. Les Artères
La jambe reçoit sa circulation des branches terminales de
l’artère poplitée qui sont :
• l’artère tibiale antérieure
• le tronc péronier donnant : l’artère tibiale postérieure,
l’artère péronière constituant les trois axes du trépied
jambier.

B. Veines [7]
Elles sont classées en veines profondes et en veines
superficielles ou souscutanées.
• Veines profondes :
Elles sont satellites des artères et sont homonymes aux
branches artérielles qu’elles suivent :
• La veine tibiale postérieure : naît de la fusion des petites
veines plantaires latérale et médiale.
• La veine tibiale antérieure : est le prolongement supérieur
de l’arcade veineuse dorsale du pied. Au genou, elle s’unit
à la veine tibiale postérieure et forme la veine poplitée.
• Veines superficielles : sont
• La veine grande saphène : débute sur le bord médial du
pied, monte médialement et s’abouche par le hiatus
saphène dans la veine fémorale.
• La veine petite saphène : naît du bord latéral du pied
et monte sur la face dorsale de la jambe jusqu’à la veine
poplitée.
9

Figure 3 : Drainage de la jambe, vue postérieure [7]

C. Lymphatiques [6,7]
• Lympho-noeuds inguinaux superficiels : situés dans le tissu
cellulaire souscutané de la région inguinale. Ils drainent la
lymphe superficielle de la jambe.
• Lympho-noeuds inguinaux profonds : situés sous le fascia
de la cuisse. Ils drainent la lymphe profonde de la jambe.
On trouve habituellement des Lympho-noeuds dans la fosse
poplitée où l’on distingue : des Lympho-noeuds poplités
superficiels à l’extrémité proximale de la veine petite saphène
et des Lympho-noeuds poplités profonds près de l’artère
poplitée. Il s’agit des filtres pour la lymphe du pied et de la
jambe.
10

 Innervation

Elle est assurée par les deux contingents du nerf sciatique : le


nerf fibulaire commun et le nerf tibial.

4- ETIOLOGIE ET MECANISME

a)Etiologie [3]

Les principales causes des fractures de jambe sont :


• Les accidents de la circulation routière
• Les accidents de travail
• Les accidents de sport
• La chute d’un lieu élevé
• Les accidents domestiques (sujets âgés)
• Traumatismes balistiques

b) Mécanisme [10]

On a essentiellement deux mécanismes :


• Direct : ici l’ouverture se fait de dehors en dedans. L’agent
vulnérant étant à l’extérieur, il provoque la lésion de la
peau et des parties molles puis la lésion osseuse,
apportant dans la plaie sa propre contamination.
• Indirect : l’ouverture se fait de dedans en dehors.
Généralement ce sont des fractures à trait simple et c’est
l’extrémité proximale, qui perforant la peau est
responsable de l’ouverture.

5- ANATOMIE PATHOLOGIQUE
On doit étudier les caractéristiques du trait de fracture et le
déplacement des fragments fracturaires.
 Trait de fracture [10]
• Nombre des traits : Le trait peut être unique, double ou
multiple.
La fracture est alors respectivement dite fracture simple,
complexe, ou comminutive.
11

• Siège du trait : La fracture peut siéger au niveau du tiers


proximal, moyen ou distal de l’os.
• Direction du trait :
Le trait de fracture peut être horizontal ou oblique court et la
fracture est dite stable, lorsque le trait est oblique long ou
spiroïde, la fracture est dite instable.
 Déplacement des fragments fracturaires [3]
La fracture peut avoir quatre types de déplacement qui se font
dans les trois plans de l’espace :
• Angulation : apparaît lorsque l’axe longitudinal de chaque
fragment n’est plus sur la même droite ;
• Déplacement transversal des fragments ou en baïonnette :
s’effectue perpendiculairement au grand axe de l’os ;
• Chevauchement : s’effectue le long du grand axe de l’os et
toujours dans le sens du raccourcissement ;
• Rotation ou décalage : se définit comme la rotation d’un
fragment par rapport à l’autre autour de l’axe longitudinal.
Dans la plupart des cas ces quatre déplacements sont
associés.

Figure 4 : Caractéristiques anatomo-pathologique des fractures


[10]
12

6- CLINIQUE

Le diagnostic est le plus souvent évidant devant un blessé


qui se plaint de douleur, d’impotence fonctionnelle et une
brèche de revêtement cutanéomusculaire plus ou moins large
d’un segment jambier. [8]
• Interrogatoire : précise :
L’heure du traumatisme, le mécanisme et son importance, les
sièges des douleurs car une autre douleur oriente vers d’autres
lésions associées, les antécédents du blessé.
• Inspection :
L’inspection est essentielle car permet non seulement d’évaluer
l’état musculo- cutané mais aussi permet de mettre en
évidence le siège de la fracture et le déplacement : une attitude
fréquente est la rotation externe associée à un
raccourcissement.
• Palpation : recherche :
- Les pouls périphériques : pédieux et tibial postérieur,
- Le déficit sensitif et/ou moteur en aval
NB : à éviter chez un blessé conscient la palpation du foyer qui
retrouverait une mobilité anormale très douloureuse avec des
crépitations osseuses. [9]
• L’examen des mobilités :
Cet examen est difficile à faire chez un blessé algique, mais il
faut rechercher surtout une atteinte du nerf péronier commun :
nerf sciatique poplité externe en testant le releveur des orteils.
Cet examen a une valeur médico –légale.
 Evaluation: on distingue :
- La Classification de CAUCHOIX et DUPARC
- La Classification de Gustilo et Anderson
- La Classification de L’AO (d’après Maurice MÜLLER) [8,9]

7- Etude radiologique Les incidences radiologiques


On réalise toujours un cliché radiologique de face et de profil
du segment osseux traumatisé de la jambe, mais aussi une
radiographie de l’articulation sus et sous-jacente à la fracture,
13

c’est à dire du genou et de la cheville. Sur la radiographie de la


jambe de face et de profil. On étudie :
- Le trait de fracture : son siège, son nombre, sa direction
- Le déplacement des fragments osseux : peut se faire en
angulation, en chevauchement, en baïonnette ou en décalage.

Figure 5 : Les déplacements élémentaires d'une fracture des os


de la jambe [3]

Légende :
A. Déplacement transversal ou « baïonnette »
B. Déplacement angulaire ou « angulation »
C : chevauchement.
D : Déplacement rotation ou « décalage ».
14

8- TRAITEMENT : [20]

A-BUT

Le but du traitement est :


- D’obtenir la consolidation sans sepsis,
- De rétablir l’intégrité du squelette de la jambe,
- Réduire au minimum l'incapacité de travail et les séquelles
fonctionnelles.

B- Méthodes :
 La prise en charge initial :
- Antibioprophylaxie : triple association contre les aérobies et
les anaérobies ; staphylococcie et gangrène gazeuse.
- Prophylaxie antitétanique
- Prévention de la maladie thromboembolique
- Lavage et parage : premier temps du traitement d’une
fracture ouverte.
Le premier nettoyage est fait en salle d’urgence sous couvert
d’une analgésie efficace, la plaie est ensuite isolée par un
Pansement pour éviter toute contamination supplémentaire
La préparation cutanée peut être réalisée en salle de pré
anesthésie ; elle comprend un savonnage avec rinçage et
séchage des zones saines au-dessus et au-dessous de la plaie.
La jambe est ensuite isolée dans un pansement stérile.
Le parage initial de la plaie est essentiel, il comporte l’ablation
des tissus contaminés, dévitalisés ou morts. Ce temps est aussi
important que l’antibiothérapie et l’ostéosynthèse, car la
persistance des tissus morts favorise la contamination
bactérienne exogène par des germes commensaux ou
environnementaux,
Le parage initial obéit aux règles de base suivantes :

• Toutes les fractures ouvertes nécessitent un parage


chirurgical ;
• Tous les plans atteints doivent être explorés ;
15

• Les extrémités osseuses doivent être systématiquement


examinées lors de plaies de dehors en dedans à la recherche de
corps étrangers (tissu, terre ...) ;
• Tous les tissus dévascularisés ou nécrotiques doivent être
excisés

 Parage de la peau et des parties molles :


Le parage concerne les tissus cutané et sous-cutané, les
fascias et les muscles. La fréquence des complications
résultant de l’atteinte des parties molles rend ce parage
obligatoire lors de fractures ouvertes type 2 ou 3 de Cauchoix.
Le parage semble plus discutable pour le type 1 de Cauchoix
car les tissus restent sains dans les mécanismes à basse
énergie.

 Réduction et immobilisation : Après le parage on fait une


traction trans-calcanéenne plus immobilisation du membre par
attèle postérieur cruro pédieuse
 Traitement orthopédique :
 Plâtre cruropédieux : La fracture est réduite sur un cadre
rigide, le genou étant légèrement fléchi ; l’alignement du
foyer fracturaire est obtenu grâce à une traction exercée par
un étrier ou une broche transcalcanéenne. On réalise un
plâtre cruropédieux fendu en son milieu pour une durée de 6
semaines, avec un relais par botte plâtrée pour 4 semaines.

 Traitement chirurgical
 Ostéosynthèse : a un triple but

- Réduire anatomiquement le foyer de fracture ;


- Maintenir solidement la réduction jusqu’à la consolidation ;
- Permettre la mobilisation la plus précoce des articulations sus
et sous-jacentes du foyer de fracture.

Avantage :
Elle assure une immobilisation durable, solide, sans risque de
déplacement [Link] cicatrisation de la plaie et des
parties molles se fait dans de meilleures conditions.
Inconvénients :
16

- Risque de non consolidation favorisée par la dévascularisation


des fragments par un dépériostage trop étendu,
- Le risque infectieux redoutable,
Contre-indication : l’infection avérée.

 Moyens :

- Le vissage simple: C’est l’indication de choix dans les fractures


spiroïdes, ne peut être envisagé que lorsque la hauteur de la
spire ou du trait de fracture est égale à deux fois la largeur du
fût osseux a ce niveau .les vis seront placés
perpendiculairement à l’axe de la diaphyse et parfaitement
centrés, la méthode est complétée par un plâtre.
- Plaque vissée:
Permet d'obtenir une bonne stabilité du foyer de fracture et
une réduction souvent anatomique. Elle nécessite une voie
d’abord étendue, évacue l'hématome périfracturaire et oblige à
un dépériostage (enlever le périoste pour appliquer la plaque
sur l'os, ce qui est nocif pour la vascularisation). De plus l'appui
n'est pas possible immédiatement
 Les voies d’abord:
Elles sont dangereuses, car la peau de la jambe est mal
vascularisée, surtout chez les sujets âgés.
- La voie interne : à l’avantage de respecter les attaches
musculo- périostées externes des fragments .Mais il y a le
risque de mise à nu du matériel, lors de nécrose cutanée
secondaire.
Ce risque étant écarté en cas de voie externe, mais le
dépériostage obligatoire de la face externe représente
l’inconvénient majeur.
- La voie postérieure : est réservé à certaines fractures
métaphysaires basses.
Avantage : La stabilité absolue du foyer de fracture, sans aucun
écart inter fragmentaire.
Inconvénients : sont multiples :
- Risque infectieux important ;
- Nécessité d’un grand dépériostage néfaste à la
consolidation ;
17

- Fragilisation du cortical sus–jacente qui ne reprend sa


structure normale qu’après ablation de matériel ;
- Les trous de vice diminuent la résistance corticale, et
favorisant les fractures itératives après ablation de
matériel…

Plaque vissée
Figure 6 : Ostéosynthèse par plaque vissée [20]

- L’enclouagecentromédullaire :
Elle consiste à introduire un clou (de 10mm de diamètre environ
et de la longueur du tibia) dans le canal médullaire enfoncé
par un trou réalisé au-dessus de la tubérosité tibiale
antérieure.
L'enclouage peut être réalisé dans de très nombreux types de
fractures, il respecte l'hématome périfracturaire, la
vascularisation périoste et permet dans de nombreux cas
l'appui précoce ce qui favorise la consolidation en mettant le
foyer en compression.
18

Dans certains cas, la fracture est insuffisamment immobilisée


par le clou, une rotation autour du clou est possible risquant
d'aboutir à un cal vicieux. Le verrouillage du clou (introduction
de vis dans le clou) permet de remédier à cela.
En fait, le verrouillage du clou permet d'étendre les indications
de l'enclouage aux fractures métaphysaires hautes et basses
et aux fractures comminutives.

Figure 7 : Différents types d’enclouage centromédullaire [20]

- Fixateur externe :
Permet l'immobilisation de la fracture en restant à distance du
foyer. Il comporte des fiches ou des broches introduites dans
l'os sain, à travers la peau, de part et d'autre de la
fracture et reliées entre elles par des tiges.
Indications : Il est indiqué dans les fractures ouvertes de type III
et type II souillées. Ii est aussi la seul solution lorsqu’il s’agit de
fracas osseux ouverts associes à de grand délabrements des
parties molles
Modalités : Il existe plusieurs types de fixateur externes, les
plus utilisés sont :
 Le fixateur externe de HOFFMAN qui a pour lui sa facilité
d’application et de montage ;
19

 Le fixateur externe de JUDET (des armées) à cornière


rigide qui nécessite une réduction préalable de la fracture
sans possibilité de retoucher abandonne ;
 L’orthofix ;
 Ilizarov Le montage comporte un des fragments et
solidarisées par une barre d’accouplement. Les fiches doit
être placées dans une zone de peau saine, à distance du
foyer et hors des lambeaux cutanés de vitalité douteuse ;
 Fixateur de Muller ou AO

Figure 8 : Les différents types des fixateurs externes [20]

Avantages :
 Stabilité du foyer de fracture ;
 Surveillance et cicatrisation dirigée des lésions cutanées ;
 Pas de matériel au niveau du foyer de la fracture ;
 Liberté articulaire ;
 Béquillage et lever précoce.
Inconvénients :
20

 Matériel lourd ;
 Risque de lésions vasculaires par fiches et transfusion
musculaire en cas de montage en cadre ;
 Risque d’ostéite surtout sur fiches avec embrochage
autour de celle- ci contribuant à l’instabilité du montage.

Figure 9 : Fixateur externe monoplan [20]

La couverture : La perte de substance expose l’os au niveau


du foyer de fracture au risque d’infection. Il ne faut pas
rechercher à refermer la plaie en suturant avec tension, car
cela risque d’étendre la perte de substance par nécrose des
berges cutanées.
La couverture va recouvrir le foyer avec un lambeau qui peut
être : cutané, fascia cutanée, musculaire ou cutanéo
musculaire.
Peut-être pédiculé ou libre (le pédicule vasculaire sectionné
21

puis anastomosé sur un autre pédicule de voisinage.


* ⅓supérieur du tibia : utilisation du jumeau.
* ⅓moyen du tibia : utilisation du soléaire.
- Exceptionnellement : greffe cutanée ou cicatrisation dirigée.

 Amputation : L'indication d'une amputation en urgence se


pose évidemment dans le stade 3C de Gustillo. Dans
certains cas, le but du traitement qui est le sauvetage du
membre n'apparaît ni raisonnable, ni réaliste et
l'amputation ne doit alors pas être considérée comme un
échec thérapeutique ; elle devient même parfois le
procédé électif qui donne les meilleurs résultats
fonctionnels. Des auteurs ont tenté de codifier les
indications des amputations.
Les indications absolues sont représentées par les fractures
entraînant une ischémie par lésion artérielle associée à une
rupture complète du nerf tibial postérieur ou des lésions
majeures d'écrasement datant de plus de 6 heures.
Les indications relatives naissent de l'association de
l'ischémie et de plusieurs facteurs comme l'existence d'autres
lésions majeures (poly traumatisme, lésions sévères du pied
homolatéral) et des difficultés prévisibles de couverture et de
reconstruction osseuse. L'âge, la profession, les habitudes de
vie sont également des critères à prendre en considération.
Indications thérapeutique :
 Fracture stade I :
Fermeture cutanée sur drainage aspiratif.
Considérée comme fermée : traitement orthopédique ou
enclouage centromédullaires (ECM).
 Fracture stade II :
Fermeture cutanée sur drainage aspiratif sans tension, si besoin
incision de décharge (aponévrectomie)
Délai avant les 6h + état local propre ou peu
souillé→ostéosynthèse interne (ECM).
Les ouvertures souillées > 6h →fixateur externe.
 Fracture stade III :
Utilisation des procédés plastiques de recouvrement par
lambeaux. Emploi du fixateur externe.
22

Amputation d’emblée : cas associés à des sections artérielles et


nerveuses

9- COMPLICATIONS [3,10]
a) Complications immédiates
a.1) Complications cutanées
 Ouverture cutanée De dimension et de profondeur
variables, l’ouverture cutanée peut s’infecter et provoquer
une infection générale ou locale.
 Décollement cutané Il donne à la peau un aspect normal
au début, mais, quelques jours après, il évolue vers une
nécrose cutanée. Cette peau nécrosée va tomber, et
laisser un os à nu et menacé d’infection.

a.2) Complications vasculaires: Elle se présente sous forme de


deux tableaux cliniques :
 Ischémie totale de jambe
 Ischémie partielle de la jambe

a.3) Complications neurologiques: Il peut s’agir d’une paralysie


du nerf fibulaire commun ou d’une paralysie du nerf tibial.

a.4) Complications osseuses: On peut assister à une luxation de


la cheville, une fracture des os du pied, de la patella et du
fémur.

a.5) Complications musculaires: Les muscles peuvent être


traumatisés et contus.

a.6) Complications générales :


 Etat de choc ;
 Traumatismes abdominaux ;
 Traumatismes thoraciques ;
 Traumatismes crâniens ;
 Traumatisme rachidien ;
 Traumatisme des autres membres ;
 Décompensation des tares associées.
23

b) Complications secondaires : Ces complications apparaissent


entre le troisième et le dixième jour. Elles se présentent sous
forme de :
b.1) Complications infectieuses :
 Complications locales sous forme d’infections de la plaie
opératoire, où la plaie traumatique peut évoluer vers une
ostéite ou une pseudarthrose suppurée.
 Complications générales : à type de tétanos et de
gangrène gazeuse.
b.2) Phlébite de jambe
b.3) Nécrose cutanée secondaire
b.4) Déplacement secondaire et migration du matériel
d’ostéosynthèse
b.5) Embolie graisseuse

c) Complications tardives
c.1) Retard de consolidation De diagnostic difficile, le retard de
consolidation présente des signes cliniques semblables à une
pseudarthrose de jambe, c’est-à-dire une douleur à l’appui
après quatre à six mois. Mais la radiographie de la jambe
montre des signes en faveur de la consolidation.
c.2) Pseudarthrose : C’est une absence de consolidation
osseuse de la fracture dans un délai qui dépasse six mois. Elle
se présente sous deux formes :
 Pseudarthrose aseptique de jambe. Elle est de pronostic
moins favorable et de traitement difficile.
 Pseudarthrose septique de la jambe :
La radiographie de la jambe montre un espace séparant les
deux fragments osseux. Ces fragments sont atrophiques.

c.3) Cal vicieux de la jambe Il s’agit d’une consolidation de la


jambe dans son délai habituel, mais dans une position anormale
de la jambe, c'est-à-dire une position vicieuse.

c.4) Ostéite fracturaire du tibia


24

CHAPITRE II : MATERIELS ET METHODES


A-Cadre d’étude
L’HMC est notre cadre d’étude.
Le choix du terrain est justifié par la situation géographique de
l’hôpital et de son accessibilité, afin d’avoir un échantillon
acceptable pour notre travail, compte tenu du fait
qu’actuellement, cette unité de santé enregistre bon nombre
des patients qui consultent en chirurgie orthopédique et
traumatologie.

A.1. Situation géographique de l’hôpital militaire


central

L’HMC est une propriété de l’état congolais ; sous la tutelle du


ministre de défense nationale, implanté dans l’enceinte du
camp lieutenant-colonel KOKOLO, situé dans la commune
administrative de BANDALUNGWA et délimité de la manière
suivante :

-Au Nord, par la commune de LINGWALA


-Au Sud, par la commune de NGALIEMA et de KINTAMBO
-A l’Est, par la commune de BANDALUNGWA
-A l’Ouest, par la commune de la GOMBE
25

A.2. Historique

Une institution telle que l’HMC, n’est pas le résultat d’un


fait spontané mais celui de tout un processus.
Ainsi, en 1920, il y eut création d’une infirmerie de la force
publique. Dans son évolution en 1972, l’infirmerie devint un
centre de santé pilote, CSP en sigle.
En 1985, il y eut ouverture de la salle d’opération et
construction de deux bâtiments abritant actuellement la
maternité et l’hôpital sous la dénomination : « Centre médico-
chirurgical militaire MAMAN BOBILADAWA », CMCM-MBL en
sigle.
En 1997, avec l’entrée de l’AFDDEL, il eut inauguration
d’un troisième bâtiment pour les consultations et quelques
services médicaux-techniques sous la dénomination :
« HOPITAL MILITAIRE DE REFERENCE », HMR en sigle, embryon
de l’HMC.
En 2007, on a procédé à l’inauguration d’un quatrième
bâtiment abritant les soins intensifs, la pharmacie, la médecine
interne et la chirurgie, dénommé.
Le 11Juillet 2007, création d’une unité médicale
d’intervention rapide, UMIR, sous commandement du colonel
Docteur BOKOLOMBE APANDA Médecin chef de staff.

Les commandants qui se sont succédé à la direction de


l’hôpital militaire de référence de Kinshasa depuis sa création
sont :
-Colonel Docteur MOZO de 1972 à 1985 ;
-Colonel Docteur SHAMBA de 1985 à 1997 ;
-Colonel Docteur KAKUDJI ILUNGA de 1997 à 2008 ;
-Colonel Docteur Jérémie BOBIKA MPUNGA de 2008 à ….
-Général Docteur Denis KIKOBYA actuellement

A.3. Situation socio-économique

L’HMC est une institution de l’armée. Il fonctionne sous les


frais de l’armée ; tout est presque gratuit.
26

Pour les NAD, il y a un comptable chargé par la réception


et l’achat de quelques outils. Le personnel est payé au frais de
l’Etat.

A.4. Organisation structurelle


A.4.1. Fonctionnement
Pour assurer le bon fonctionnement de l’HMC, il est organisé
avec les services suivants :
A) La direction : elle est dirigée par un commandant
avec un état-major ;
B) Service : les organes de service et d’application de
l’entreprise.
 Service médical
Ce service comprend les activités suivantes :
-Chirurgie ;
-Anesthésie & réanimation ;
-Pédiatrie ;
-Médecine préventive ;
-Gynéco-obstétrique ;
-Service de consultation externe
-Stomatologie ;
-Ophtalmologie ;
-Dermatologie
-ORL
 Service médical technique
-Kinésithérapie ;
-Laboratoire,
-Imagerie ;
-Pharmacie

 Service administratif
 Service général

B- Type d’étude
Il s’agit d’une étude rétrospective chez les patients portant des
fractures ouvertes de deux os de la jambe dans le service de
chirurgie à l’HMC.
27

C- Période d’étude
Elle s’est déroulée du Janvier 2022 au Janvier 2023

D-Critères d’inclusion
Tous les patients victimes d’un traumatisme ayant entrainé une
fracture ouverte de jambe aux urgences et suivis dans le
service.

E- Critères d’exclusion
Tous les patients ayant refusés les soins hospitaliers au profil
d’un traitement traditionnel.

F- Echantillonnage
Il s’agit d’une étude exhaustive des cas

G-Variables d’intérêt
 Fréquence : caractéristique sociodémographiques (âge,
sexe,…)
 Signes cliniques
 Diagnostic et indication
 Schéma thérapeutique
 Complications

H-Matériel
Afin de parvenir aux résultats escomptés, nous avons utilisé
comme moyen pratique en nous référant aux ouvrages, et
syllabus de cours. Pour constituer des données relatives, nous
avons utilisés :
-Fiche d’enquête établie par nous même
-Les registres d’hospitalisation
-Dossiers des malades
-Les protocoles-opératoire

I- Procédure
Nous avons élaborés les protocoles de recherche, approuvés
par le Directeur du présent travail, nous nous sommes rendus à
la coordination de stage de l’HMC pour l’autorisation de
recherche.
28

Après avoir obtenue l’autorisation de recherche, nous nous


sommes rendus au service de chirurgie pour sélectionner les
numéros des dossiers des patients ayant bénéficié d’une prise
en charge de fractures ouvertes de deux os de la jambe, ainsi
qu’au service d’archive pour la possession de ces dossiers.
J- Gestion des données et Analyses statistiques
Nos données ont été transcrites sur : Office 2016 (Word,
Excel) ; les variables quantitatives ont été exprimées sous
forme des tableaux et graphiques ; les variables qualitatives
sous forme de figures. Les variables ont été exprimées en
fréquence et effectif. Nous avons donc recourus aux
statistiques.
K-Considération éthiques
Au cours de notre étude, nous avons gardé et respecter les
principes déontologiques, dont la confidentialité de dossiers
médicaux de la manière stricte.

CHAPITRE III : RESULTAT

I- IDENTITE

1- Sexe

Figure 10 : répartition des patients selon le sexe


29

effectifs

feminin
20%

masculin
feminin

masculin
80%

Le sexe masculin est la majoritaire dans ce cas soit un pourcentage de 80%.

2- Age

Tableau 1 : Répartition des patients selon leurs âges

Age (année) Effectifs Pourcentage (%)

15 – 25 13 25,49

26 – 35 12 23,52
30

36 – 45 12 23,52

46 – 50 10 19,6

≥ 56 4 7,84

TOTAL 51 100

La tranche d’âge de 15 – 25 ans était la plus atteinte avec 25,49%.

3- Profession

Figure 11 : Répartition des patients selon la profession


31

profession

70
60
50
40
30
20
10
0
Pourcentage(%)
Militaire
Motocycliste effectifs
Menagere
Etudiant

effectifs Pourcentage(%)

II- HISTOIRE DE LA MALADIE

1- Etiologie
32

Tableau 2 : Répartition des patients selon l’étiologie

Etiologie effectif Pourcentage


ATR 40 78.43
ACCIDENT DU TRAVAIL 9 17.64

ACCIDENT 1 1.96
DOMESTIQUE
ACCIDENT DU SPORT 1 1.96

TOTAL 51 100

L’ATR représente l’étiologie dominante de cette fracture, soit 78.43%.

III- CLINIQUE

1- Motif consultation
33

Tableau 3 : Répartition des patients selon le motif de consultation

Motif de consultation Effectifs Pourcentage(%)

Douleur 36 70,58

Impotence fonctionnelle 43 84,31

Plaie Hémorragique 31 31,37

Les patients présentent en majorité une impotence fonctionnelle, soit


84,31%.

2- Etat de la plaie

Tableau 4 : Répartition des patients selon l’état de la plaie

Etat de la plaie Effectifs Pourcentage(%)


34

Propre 12 23,53
Souillé 39 76,47
Total 51 100

La majorité des patients avait un état de la plaie souillée, soit 76,47%.

3- Classification de GUYSTILO & ANDERSON

Tableau 5 : répartition des patients selon la classification de GUYSTILO &


ANDERSON
35

Classification de Effectifs Pourcentage (%)


GUSTILO & ANDERSON
Type I 18 35,29
Type II 19 37,25
Type IIIa 4 7,84
Type IIIb 5 9,80
Type IIIc 2 3,92
Non classifié 3 5,88

La classification de GUSTILO & ANDERSON de type II était la plus représentée


soit 37,25%.

IV- EXAMEN PARACLINIQUE


36

A-Radiographie standard
1- Type de fracture

Figure 12 : Répartition des patients selon le type de fracture

type des fractures

60

50

40

30

20

10

0
transversale pourcentage(%)
oblique
spiroïde effectifs
bifocale
communitive

effectifs pourcentage(%)

La majorité des patients avait des fractures obliques, soit 52,94%.

2- Sièges des fractures


Figure 13 : Répartition des patients selon les sièges des fractures
37

Siège de la fracture
50
45
40
35
30
25
20
15
10
5
0
1/3 Superieur 1/3 moyen 1/3 inferieur

effectifs pourcentage%

La majorité des fractures des patients siégeait dans le 1/3 inférieur, soit
43,14%.

V- TRAITEMENT
38

1- Délai de prise en charge

Figure 14: Répartition des patients selon le délai de la prise en charge

< 6 heures > 6 heures

Les patients étaient pris en charge dans un délai inférieur à 6 h, soit 70%.

2- Le traitement médical
39

Tableau 6 : Répartition des patients selon le traitement médical

Traitement médical Effectifs Pourcentage %


Antalgique 50 98,04
Antibiotique 48 94,11
Anticoagulant 11 21,57
SAT/VAT 44 86,27

La majorité des patients avait reçu les antalgiques, soit 98%.

3- Le traitement chirurgical
40

a- Type de traitement

Figure 15: Répartition des patients selon le type de traitement

effectifs

osteosythèse orthopédique

L’ostéosynthèse est le traitement le plus recouru, soit 92,16%.

b- Type d’anesthésie
41

Tableau 7 : Répartition des patients selon le type d’anesthésie

Type d’anesthésie effectifs Pourcentage %

Anesthésie Locorégionale 14 27,45%

Anesthésie générale 37 72,55%

Total 51 100

La majorité des patients était sous anesthésie générale, soit 72,55%.

VI- COMPLICATION
42

1- Complication précoce
Figure 16: Répartition des patients selon les complications

COMPLICATIONS

80
70
60
50
40
30
20
10
0
ne té on on on
cu ili cti ati cti
a u tab f e lid du
s In o re
in ns
co i se
de va
rd au
ta M
R e

effectifs pourcentage%

La grande partie des patients n’avait pas une complication précoce, soit
70,59%.

2- Complication tardive
Tableau 8 : Répartition des patients selon les complications tardives
43

Complication tardive effectifs Pourcentage%


Pseudarthroses 7 13,73
Cal vicieux 8 15,69
Aucune 36 70,59
Totale 51 100

Les patients ne présentant aucune complication sont majoritaire, soit 70,59%.

V- Evolution

Tableau 9 : Répartition des patients selon l’évolution


44

Evolution effectifs Pourcentage %

Favorable 38 74,51

Défavorable 13 25,49

Total 51 100

L’évolution est majoritairement favorable avec un pourcentage de 74,51%.

CHAPITRE IV : DISCUSSION

La fracture ouverte de 2 os de la jambe est le diagnostic le


plus dominant dans le service de chirurgie orthopédie et
45

traumatologie de l’HMC du Janvier 2022 au Janviers 2023, cela


est dû à la fréquence élevée de la circulation routière par la
moto comme moyen de transport.
Le sexe masculin a été le plus touché avec 80% de
l’échantillon, ce qui va de pair avec l’étude de Ribaut L. et
collaborateurs [10] dans son intitulé « indication thérapeutique
des fractures ouvertes de jambe en zone sub-Sahielienne de
l’Afrique de l’Ouest en 1990 » ; avec une légère prédominance
chez les jeunes entre 15-25 ans à 25,49% puis, une égalité chez
les jeunes entre 26-35 ans et 36-45 ans à 23,52%. Ce qui est
assez proche de MOUNKORO D. [11] qui, dans son étude
menée à Bamako en 2010 sur un échantillon de 50 cas a trouvé
une prédominance des sujets âgés de 21-35 ans soit 31,14% de
cas; et de Ousmane Maiga [12] qui dans son étude, a trouvé
que ces fractures surviennent majoritairement dans la tranche
d’âge allant de 21-40 ans avec 44% de cas. Nos résultats sont
légèrement égaux du fait que, la jeunesse est la période de
l’hyperactivité, les jeunes sont influencés par les divers
mouvements.
La majorité de l’échantillon était les militaires avec 60,9%
ce qui est assez loin avec Ousmane Maiga [12] dont, toutes les
classes professionnelles étaient représentées avec une
prédominance des élèves et des étudiants qui ont constitués la
classe professionnelle la plus touchée avec 28%. Cela
s’explique par l’identité de l’hôpital qui a constitué notre cadre
d’étude destiné à la prise en charge de militaire.
Les ATR ont constitué 78,43% les causes des fractures
ouvertes de 2 os de la jambe à cause du nombre élevé des
motos et du non-respect des codes de la route. Ce constat est
aussi fait par Ousmane Maiga [12] dont les ATR ont constitué
88% des étiologies ; ce qui qui va de pair avec MOYIKOUA A. et
collaborateurs [13], qui ont trouvé que les ATR étaient en cause
dans 84%des cas.
La clinique est dominée par l’impotence fonctionnelle à
84,31%, ce qui collabore avec plusieurs études : DEMBELE M.
[14] dans son étude intitulée « prise en charge des fractures
ouvertes de la jambe 2017 à Bamako » montrant 87% de
l’impotence fonctionnelle, La Sunil SH [15] avec 80% de
46

l’échantillon et Ndayo Japhet 2020 [16], RDC/Kinshasa avec un


taux de 86,9%. L’impotence fonctionnelle est majoritaire à
cause du problème de ramassage avec une équipe non
approprié et des moyens de transport inadéquats.
La classification de G&A était utilisée dans 100% de
l’échantillon. Les fractures ouvertes classés type II ont été les
plus rencontrées avec 37,25% de cas dans notre étude, ce
résultat est affirmé par Mamadou NIANG [3] dans son intitulé
« prise en charge des fractures de 2 os de la jambe par double
enclouage de Ender » qui a trouvé 60% des cas de son
échantillon classé type II G&A par contre, Zehtab MT et All[17]
avaient trouvé 44,6% de type IIIa contre 14,3% de type II. Dans
la série de Sunil SH [15] , le type I était majoritaire avec 71,5%
suivi du type II 14,5%.
Dans notre étude, le trait de fracture est plus oblique à
59,94% suivi du trait transversal à 31,37% de l’échantillon. Ce
résultat va à l’encontre de Mamadou NIANG [3] qui dans son
étude, le trait transversal a été le plus représenté avec 65%,
suivi du trait oblique 30%.
Notre travail se rapproche de la série de Ghosh S et All [18]
dont le trait oblique était majoritaire à 46,30% suivi du trait
transversal 23,33%.
Dembélé M. [14] a trouvé dans son étude 63,8% de trait
siégeait au niveau de 1/3 moyen (10) et KEITA O. [19] a trouvé
50% des cas dont le trait siégeait au niveau du 1/3 moyen. Ce
qui diffèrent de notre travail qui révèle 43,14% de trait siégeant
au niveau du 1/3 inferieur.
Dans notre étude, la majorité de patients ont reçu le
traitement médicamenteux à base d’antalgique à 98,04%,
d’antibiotique 94,11%, SAT/VAT à 86,27% ; ce qui collabore
avec Mamadou NIANG[3] trouvant respectivement les mêmes
résultats que notre travail.
L’ostéosynthèse demeure le traitement le plus redoutable
des fractures de 2 os de la jambe 92,16% dans un bref délai
inférieur à 6 heures à 70% ; ces résultats sont similaires à celui
rapporté par Zehtab MT et All [17], et sont différents à celui de
Ghosh S et All [18] chez qui, les patients étaient traités après 2
voire 3 semaines. Ceci pourrait s’expliquer par le retard de
47

consultation des patients et/ou leur faible pouvoir d’achat des


matériels d’ostéosynthèse.
Dans notre étude, 72,55% des patients ont été opérés
sous anesthésie locorégionale contre 27,45% d’anesthésie
générale, ce qui se rapproche de Mamadou NIANG [3] dont 95%
des patients étaient opérés sous anesthésie locorégionale
contre 5% sous anesthésie générale.
La majorité de patients ont évolué sans complication soit
70,59% ; comme celui de Mamadou NIANG [3] 70%. Ailleurs on
notait 11,76% d’infection. Ce résultat s’éloigne de celui trouvé
par Ghosh S. [18] à 2,25% (14).
Durant notre étude, 7 cas de pseudarthrose ont été trouvé, 8
cas de cal vicieux et 6 cas de retard de consolidation. Ces
résultats sont différents de celui trouvé par Ghosh S. [18] qui a
trouvé 4 cas de pseudardrose, Mamadou Niang [3] 3 cas de
pseudarthrose, Zehtab MT. [17] 1 cas de retard de
consolidation; cela s’expliquerait par l’immobilisation inadéquat
du foyer de fracture, qui est un problème technique.
L’évolution a été favorable chez 74,51% des patients de
notre effectif tandis que 25,49% de cas ont évolué vers des
complications. Cette réalité est partagé par Ousmane Maiga
[12] qui, dans son étude 63,64% de cas ont évolué
favorablement ; tandis que 36,36% vers les complications. Ces
complications pourraient s’expliquer par :
 L’environnement où se déroule le choc traumatique
 Les conditions du transport du blessé
 L’inadéquation du plateau technique
48

CONCLUSION

A la fin de notre recherche à l’HMC, nous avons fait les


constants ci-après :
Les fractures ouvertes de 2 os de la jambe constituaient le
diagnostic le plus dominant dans le service de chirurgie-
orthopédie de l’HMC
La tranche d’âge la plus atteinte d’une fracture de 2 os de
la jambe était celle de 15-25 ans soit 25,49% de
l’échantillon de sexe masculin soit 80% de l’échantillon
La majorité des patients hospitalisés pour fractures
ouverte de 2 os de la jambe était les militaires soit 60,9%
de l’échantillon ; car l’HMC est destiné à la prise en
charge des militaires congolais
L’étiologie est dominée par les ATR à 78,43% de
l’échantillon. On note une prédominance des fractures
classé type II de G&A soit 37,25%
L’impotence fonctionnelle était le maitre symptôme et
était retrouvé dans 84,31% de l’échantillon
La radiographie montrait que la majorité des traits de
fracture était oblique à 59,94%, puis transversal à 31,37%
siégeant au niveau du 1/3inférieur soit 43,14%
La majorité des patients a reçu un traitement médical, fait
des antalgiques à 98,04%, antibiotique 94,11% et un
traitement préventif antitétanique soit 86,27%
Le traitement chirurgical a été le plus utilisé à 92,16%
sous anesthésie locorégionale à 72,55%
49

L’évolution était favorable chez 74,51% des patients de


notre effectif avec 11,76% ; des complications émailler
par l’infection prolongeant ainsi le délai de consolidation
et de séjour à l’hôpital permettant une bonne prise en
charge des fractures.

PERSPECTIVES D’AVENIR

Au terme de cette étude, nous formulons les recommandations


suivantes :
Aux autorités sanitaires de l’HMC :
 De conscientiser et de suivre les aident soignant dans
le service de chirurgie traumatologique pour les suivis
des recommandations post opératoire, afin d’éviter la
survenue de certaines complications,
 De veiller sur les strictes mesures d’asepsie avant,
pendant et après l’ostéosynthèse,
 D’améliorer les conditions de travail dans le service
de chirurgie traumatologie pour une prise en charge
optimale des patients c’est-à-dire, de doter le service
orthopédique et traumatologique de l’HMC des
matériels technique (matériels d’ostéosynthèse, table
orthopédique,…)

A la population :
 De respecter les codes de la route,
 Proscrire le traitement traditionnel en cas des
fractures,
 Ne jamais conduire en état d’ivresse,
 Réprimander les motocyclistes en cas d’excès de
vitesse,
50

 D’avoir une notion de secourisme pour le meilleur


transport des traumatisés

Au ministère de transport et de travaux publics :


 De mettre en place et de vulgariser une bonne
politique de prévention des ATR par :
 L’aménagement des points
noirs c’est-à-dire, des
carrefours non éclairés à
réparer et/ou mal signalé
 Aménagement des anciennes
routes et perfectionner les
panneaux de signalisation
 Exiger les ports des casques obligatoires pour
les motocyclistes,
 Exiger un permis de conduire livré par les
autorités compétentes même pour les motos.
51

RÉFÉRENCES

1. Manga Otomba J D D1, Fataki Assumani2, Bero


Adubang’o3, Fataki Babali4, Amisi Kitoko4, Wami W’ifongo.
Profil épidémiologique et clinique des fractures de la
jambe à Kisangani-RDC.

2. M. Djoubalo TRAORE THESE FRACTURES OUVERTES DE


JAMBE A L’HOPITAL SOMINE DOLO DE MOPTI

3. M. Mamadou NIANG THESE Prise en charge des fractures


ouvertes des deux os de la jambe par le double enclouage
de Ender

4. MASQUELET AC ; COURT. C ; BEGUE. T Les fractures


ouvertes de jambe EMC (Elsevier paris) 14-086-A20-1995

5. PATZAKIS M.J., HARVEY JP J.R., IVLER D. The role of


antibiotics in the management of open fractures. J Bone
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6. Frankh. Netter MD. Atlas d’anatomie humaine, 4éme


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52

7. Rouviere H. Anatomie humaine descriptive, topographie et


fonctionnelle. Paris, Masson, 11ème édition, tomme 3, p.
262-481.

8. LE NEN D, LEFEVRE C, RIOT O, CABROLE Fractures : lésions


associées. In: Encycl. Med-Chir. (Ed.) Appareil locomoteur,
14-031- A70 Paris Elsevier: 1992; 7 [interref

9. CAUCHOIX J., DUPARC J., BOULEZ P. Traitement des


fractures ouvertes de jambe. Mémo .[Link].83 :811,1957.

10. RIBAULT L, VERGOS.M, KONAN.P; les fractures


ouvertes de jambe: indications thérapeutiques à propos de
47 cas traités dans un centre hospitalier regional en zone
sub-sahélienne de l’Afrique de l’Ouest. Médecine d’Afrique
Noir 1990,37(6)

11. MOUNKORO D. Fractures de la jambe: service


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12. OUSMANE MAIGA, étude épidemiologique et Clinique


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de chirurgie orthopédique et traumatologique de l’hopital
Gabriel Touré- BAMAKO 2005
13. MOYIKOU A., NGATSE-OKO, BOUITY-BUANG,
ONDZOTO J.M., KAYA J.M, PENA-PITRA B. Résultats du
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17. ZEHTAB MT, AHAD K, SADAT MM. Ender nail; is the old
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18. GHOSH S, SIRDAR BK, CHAUDHURI A, DATTA S,
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population of a developing country. Saudi J Sports Med
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19. KEITA O. Etude épidemiologique et Clinique des
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Thèse médecine: Bamako; 2009,n°33
20. DJALT HOUARI BADREDDINE et KHODJA BOCHRA
BAKHTA, Fracture ouverte de la jambe 2015

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