Chapitre 4
Cours 8-9-10 : la Ville
I/ Partie L’urbanisation :
Elle est complète dans la plupart des pays du Nord et le taux d’urbanisation qui mesure la part
de la population habitant en ville dans un état dépasse fréquemment les 75%.
Le monde connait depuis le milieu du XXe siècle une très forte accélération de
l’urbanisation qui se traduit par l’accroissement de la taille et des activités des villes :
-En 1975, parmi les villes du monde de plus de 10M d’habitants, 10 étaient au nord et 10 au
sud.
-En 2004, 15 villes d’entre elles se trouvaient au sud et 5 au Nord.
-En 2006 avec 3.15 Milliards d’urbains la barre de 50% est presque atteinte.
De nos jours, sur 17 des villes les plus peuplées au monde 11 se trouvent dans les pays du
tiers monde.
Les pays en développement abritent aujourd'hui la majorité des urbains, plus de 2Md,
seulement l’importance de leur population + 5 Md fait que la part des ruraux y reste très forte.
2/3 de la population est rurale. Cette évolution a dépassé le taux de 50%
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En Asie et en Afrique, La croissance urbaine est plus récente et l’urbanisation est
généralement moins complète. Mais c’est bien sûr dans cet espace qu’aujourd’hui, la
croissance est la plus forte. L’urbanisation est incomplète et se poursuit donc à un rythme
rapide souvent très supérieur à la croissance naturelle du pays. Le taux moyen
d’accroissement urbain est supérieur à 3% et peut atteindre 6%. Avec de tels taux, le nombre
d’habitants en ville double dans un délai variant de 12 à 40 ans. Dans ces conditions, les villes
doivent faire face à des difficultés de gestion de l’accroissement.
II/ LA VILLE :
Définitions :
La ville se distingue par ses formes, la valeur de son sol, ses fonctions symboliques et
culturelles par son rayonnement culturel et l’exclusion dans la majorité des cas de l’activité
agricole.
1. La ville, un Lieu de concentration des hommes:
Elle repose sur le critère taille et celui de la densité. Les seuils démographiques à partir des
quels on qualifie un établissement humain de ville, sont conventionnels et relatifs car la
répartition des hommes dans l’espace dépend des conditions économiques, écologiques,
culturelles et technologiques.
2. La ville un lieu de pouvoir et centre de pouvoir :
Regroupant le pouvoir décisionnel fait que la ville ait ce caractère de centre de décisions
cependant et de nos jours, plusieurs agglomérations rurales ont été élevées au rang de ville. Ce
qui leur confère un rôle important ou particulier dans la hiérarchie administrative d’un
territoire. Exp: découpages administratifs après l’indépendance.
3. La ville produit du développement historique :
La ville demeure une création historique particulière, elle n’a pas toujours existé mais est
apparue à un certain moment de l’évolution de la société, et peut disparaître ou être
radicalement transformée à un autre moment. [Benevolo. L]
Cependant, il existe des villes sans histoire comme les villes nouvelles, les villes dédiées aux
loisirs ( Los Angles) et des villes d’exploitation pétrolières comme Hassi Messaoud.
4. La ville est un lieu structuré et réglementé
On fait intervenir la notion du paysage ( Landscape) La ville se reconnait à ses édifices, à ses
institutions, a son degré de structuration, l’aspect des rues.
La ville est un lieu où l’occupation du sol et les styles urbains sont réglementés par des codes.
Or, la ville reflet d’une organisation sociale complexe, ainsi que la ville par sa diversité
sociale et ethnique des populations qui l’habitent.
La ville comme un SYSTEME : une vision globale
Cette approche est intéressante dans la mesure où elle permet d’avoir une idée globale de la
ville. Les formes urbaines, les usages des citadins et les significations données aux différents
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espaces sont les effets résultants des interactions complexes qu’entretiennent les acteurs
déterminant que sont le développement historique, progrès techniques, réglementation,
organisation sociale, le pouvoir politique, conjonctures économiques, les références
culturelles, etc.
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III/Composantes de la ville :
1. Le centre :
Le centre est un lieu de convergence où la ville exerce et affirme sa puissance et d’où se
dégage une image qui exalte le rayonnement :
• Il réunit donc tout ce qui existe de plus avancé et plus diversifié.
• On peut distinguer trois grands types de centres (centre historique, centre topologique,
centre des affaires.
« Le centre est lieu dont l’étendue et l’importance relative varient suivant certaines
conditions. Les caractéristiques du centre peuvent être visuelles, structurelles et/ou
fonctionnelles. Elles sont variables dans le temps suivant l’évolution économique,
technique et des conditions politiques ». [ Choay.F, Merlin. P, 1988]
Certains parlent de l’attractivité du centre, cad la relation de force qu’entretient le centre avec
sa périphérie
La puissance du centre peut être appréciée de différentes manières : le nombre absolu de sa
population.
Par le niveau d’équipements en nombre et/ ou en variété et/ ou en sophistication.
Par l’existence et l’importance des commerces et des activités rares.
Par les rôles qu’il peut jouer au niveau urbain, il peut être économique, social ou encore avoir
un rôle culturel et symbolique de par son passé historique.
En plus d’être un lieu de concentration des activités, des emplois et autour duquel s’organise
généralement le réseau des transports; il est aussi le lieu de production et de représentation des
valeurs socioculturelles.
2) Centre - Périphérie
Le centre est avant toute chose, un élément qui se démarquait par rapport à son lieu : la
périphérie. Cette dernière semble se définir par rapport à un point fixe qui est ‘le centre’
La différenciation se fait également de part la morphologie urbaine, le type de constructions et
nombre des équipements. Centre et périphérie se définissent l’un par rapport à l’autre
a) La centralité
Dans le dictionnaire de l’urbanisme et de l’aménagement, Choay et Merlin définissent la
centralité comme étant ce qui qualifie l’action du centre sur sa périphérie’
• La centralité n’est donc pas le centre
• Elle dépend du pouvoir d’attraction ou de diffusion de cet élément qui repose à la fois sur
l’efficacité du pole central et son accessibilité. Cet élément peut être un centre urbain ou un
équipement polarisant plus spécialisé ( centre commercial, culturel…) du centre à la
centralité, l’écart est celui qui oppose le lieu à la fonction’
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3) Le Quartier
L’espace urbain se subdivise en éléments des tailles différentes. L’ilôt est l’unité de base dont
le périmètre correspond aux voies publiques ou aux limites naturelles qui l’entourent.
Un groupement d’ilots forme, sous certaines conditions, un quartier.
Une autre manière de diviser l’espace urbain consiste à distinguer le centre, le péricentre et la
banlieue qui ont chacun leurs caractéristiques
a)Le quartier est un cadre de vie: tous les éléments constitutifs de la structure urbaine,
l’habitat, la voirie et les espaces verts, etc.
b)Un espace social:
a) le peuplement: la densité brute de la population varie dans l’espace urbain entre des valeurs
maxima dans les quartiers centraux et des valeurs minima caractéristiques des quartiers
périphériques avec les intermédiaires. L’âge des habitants aussi, joue un grand rôle, dans le
sens ou il permet de repérer le niveau de renouvellement et les besoins des populations.
c) le niveau de ségrégation: en plus du relief, rivière, autoroute qui peuvent isoler un quartier.
Les appartenances ethniques ou confessionnelles font que certains cherchent à se regrouper
par famille ou ethnies au sein d’un quartier: Chinatown à San Francisco…
La ségrégation existe aussi au niveau de l’échelle sociale en raison des modes d’accès aux
logements et des effets de prestige qui se répercutent sur les valeurs foncières et immobilières.
d)Les activités dans la ville:
La population d’une ville est liée à la fonction que celle-ci accomplit. La structure
économique des villes est souvent complexe parce qu'elles exercent un rôle commercial,
assurent des services et possèdent des industries.
• L’importance de ces taches varie selon la portée de leur action: locale, régionale,
nationale.
Les villes peuvent être des villes spécialisées : villes administratives, villes touristiques, etc.
Leur paysage et la structure sociale de leurs habitants diffèrent profondément. La répartition
des fonctions dans l’espace urbains répond à des données générales simples qui dépendent en
partie de la facilité des déplacements et de l’organisation des transports
On prendra à titre d’exemple les facteurs qui déterminent la localisation de l’activité
commerciale et des services :